1
0. INTRODUCTION GENERALE
La fiscalité s'impose comme une préoccupation majeure de l'Etat et des
entreprises tant nationales qu'internationales. Depuis le début du 20ème siècle, l'impôt
est la source principale de financement de l'Etat et l'instrument essentiel de la politique
économique et sociale des pays à travers le monde. L'impôt permet de couvrir les
dépenses publiques et d'assurer une certaine redistribution de la richesse pour
maintenir la paix sociale et favoriser le développement humain.
Ainsi, le vrai développement de l'homme, c'est l'homme lui-même. C'est
pourquoi le développement d'un peuple est surtout une question de mentalité et non
seulement une question purement économique.
Etant donné que le sol et le sous-sol appartiennent à l’État, celui-ci a une
main mise sur les patrimoines de toute personne tant physique que morale. C’est dans
cette logique que toute propriété bâtie ou non bâtie en République Démocratique du
Congo est soumise à un prélèvement à caractère fiscal. D’où, l’apparition de « l’Impôt
Foncier ».
Ceci étant, il a fallu toute une étude pour arriver à établir les obligations du
contribuable et le rôle de l’État dans le cycle du développement socio-économique.
1.1. ETAT DE LA QUESTION
L’état de la question est défini comme un inventaire des publications
existantes dans le domaine et qui permet au chercheur de situer son apport à ses
travaux.1
NTUMBA NGANDU Paulin, affirme que l’état de la question est un tour
d'horizon des connaissances acquises et des recherches au moment de la rédaction du
travail.2
1
BULAMBA NYAMI D., rédaction de TFC en sciences sociales, Presse universitaire de Kananga, UNIKA, 2016,
P.34
2
NTUMBA NGANDU P., Guide de rédaction d'un travail de recherche scientifique, éd. De l'ISP/Kananga, 2011,
CREDOP, p.38
2
L'état de la question est une étape à laquelle un chercheur est passionné de
connaitre comment les autres chercheurs ont posé, décomposé, analysé ou solutionné
un problème analogue sous d'autres cieux, horizons ou certaines époques.3
Selon notre entendement, l’état de la question, c’est parler des autres
auteurs qui ont abordé dans le même domaine que nous dans l’objectif de donner notre
originalité ou un plus que nous voulons apporter dans notre recherche.
Certes, nous ne sommes pas le premier à traiter un sujet sur l’Impôt
Foncier, plusieurs personnes qui nous ont précédés en ont parlé en diverses formes.
Pour rédiger ce présent Travail de Fin de notre premier Cycle, nous nous
sommes référés à certains travaux publiés par nos prédécesseurs. Tel est le cas de :
Jean Pierre MUKALA, « l’Impôt Foncier comme facteur majeur de
développement socio-économique de la ville de Kananga ». L’auteur a posé sa
problématique telle que : l’impôt foncier contribue-t-il au développement socio-
économique de la ville de Kananga ? A travers cette question principale, il a
donné les hypothèses en estimant que l’impôt foncier aura été pour
l’amélioration des conditions de vie de la population Centre-kasaïenne et
parfois pour le bon fonctionnement de la province.4
Il a conclu pour dire que, l’impôt foncier contribue effectivement au
développement socio-économique de la ville de Kananga et que la DGRKAC
occupe une place très importante au sein de la province parce qu’elle finance le
gouvernement provincial et à partir de ce financement, le gouvernement
parvient à répondre aux besoins de sa population et exécuté son plan d’actions.
MPUTU BENDEBENDE, « l’apport de l’Impôt Foncier dans la maximisation
des recettes du Trésor public », l’auteur a posé son problème et est arrivé à la
conclusion selon laquelle l’impôt foncier contribue à la maximisation des
3
MPALA MBABULA, La dialectique d’Héraclite à Georges Gurvitch, éd. MPALA, Lubumbashi, 2000, P. 15
4
Jean Pierre MUKALA : « l’impôt foncier comme facteur majeur du développement économique » TFC,
économie, UNIKAN, 2022.
3
recettes considérant son taux de participation, pour pouvoir renflouer la Caisse
de l’État.5
En ce qui concerne cette étude et dans le souci de compléter nos
prédécesseurs, nos recherches visent à vérifier si réellement l’impôt foncier « IF » en
sigle participe aux recettes générées par la DGRKAC au niveau provincial.
Dans le cadre de notre recherche, l'originalité de ce travail repose sur la
détermination de la participation de l’impôt foncier dans la maximisation des recettes
de la DGRKAC. Sa particularité est que nous voulons connaitre le poids ou la part de
l’impôt foncier dans les recettes générées par la DGRKAC.
1.2. PROBLEMATIQUE ET HYPOTHESES
1.2.1. PROBLEMATIQUE
Tout travail scientifique, toute analyse ou étude dans le domaine
scientifique est un arsenal d’une série des points d’interrogation ou encore mieux
d’une question que le chercheur se pose du sujet de l’objet de sa recherche.
La problématique se définit comme étant l'ensemble des problèmes que
suscitent une science, un sujet d'étude. Elle peut être présentée de façon affirmative ou
interrogative.6
La problématique est l'ensemble des idées qu'on se fait sur une étude
avec toutes les questions que celles-ci posent auxquelles on pourra tenter d'y proposer
des solutions.7
5
MPUTU BENDEBENDE : « apport de l’impôt foncier dans la maximisation des recettes dans le trésor public »
TFC, UPRECO 2014
6
PINTO R. et GRAWITZ M., Méthodes de recherche en sciences sociales, Vol II, éd. Dalloz, Paris 1971, P. 289
7
SCOTW & MITCHELL T, Organisations et structure d'une entreprise, analyse du comportement, Public-Union,
Paris, 1973, P. 361.
4
En effet, les finances publiques constituent une de meilleures voies par le
fait qu’elle permet à l’Etat de couvrir ses charges. Les paroles de Monsieur Friedrich
HAYEK nous montrent que l'impôt joue un rôle très important dans la redistribution
des richesses afin d'assurer le bon fonctionnement du pays8.
Dans tous les pays du monde, la fiscalité constitue l’un des sources des
recettes de l’Etat. Au démarrage dans les Etat moderne, elle est la source principale et
la plus saine du financement des dépenses de l’Etat de même qu’elle est aussi un
instrument de politique économique entre les mains du gouvernement dans la mesure
où elle permet des régulations de l’économie selon les nécessités du moment et suivant
les aspirations du peuple. Ainsi toutes les économies dans le monde sont assises sur les
recettes fiscales et parafiscales; celles- ci couvrent près de 90% des dépenses
budgétaires dans les pays développés et 60 à 70% dans les pays en voie de
développement9.
La RDC ne peut vouloir échapper à cette réalité des temps modernes, elle
doit faire face à des défis majeurs de reconstruction et de développement. Cependant,
l’absence d’une politique d’identification des ménages et la mise en place des quartiers
fiscaux, joue un rôle très important dans la maximisation des recettes fiscales. Il est
donc clair que pour le moment, l’impôt est devenu une source régulatrice pour l’Etat
en RDC en général et en particulier dans la province du Kasaï central.
Toutes les provinces en générale et particulièrement celle du Kasai
Central ont besoin des ressources nécessaires pour couvrir les dépenses publiques.
Pour que ces ressources soient effectives, l’impôt doit atteindre tout le
monde sans aucune exception. Cette réalité est encore loin d’être vécue dans la
province du Kasaï Central car l’évasion fiscale et la fraude pénalisent grandement le
Gouvernement provincial de couvrir ses charges.
Cet impôt frappe tous les propriétés bâtis et non bâtis sous réserve de
certaines exceptions prévues par la loi. Le fait générateur de cet impôt est la détention
8
Friedrich HAYEK, Citation économique
9
A.LANA , Droit fiscal zairpois, Kinshasa, éd. Caducec-unipas, 1989
5
des titres fonciers qui fait du propriétaire de la parcelle, l’appartement, d’une
concession ou du terrain une personne physique ou morale, redevable vis-à-vis du
fisc. Il est dû pour l'année entière.
Cependant, la fiscalité revêt une importance en République
Démocratique du Congo et particulièrement dans la province du Kasaï Central qui ne
sait pas exploiter ses ressources naturelles d’où les charges de l’Etat sont presque
financées par les impôts et taxes.
C’est ainsi dans province du Kasaï central, nous constatons que l’impôt
foncier est négligé par la régie financière chargée de sa perception, car elle s’occupe
seulement des contribuables qui se trouvent dans certains quartiers de la ville et
pourtant nous avons dans notre province beaucoup d’assujettis qui ont leurs parcelles,
concessions et les terrains bâtis et non bâtis, dont le fait générateur est la détention des
titres de propriété.
Voilà autant des préoccupations qui nous poussent aujourd'hui à jeter le
regard sur La question principale de recherche est de savoir l’appart qu’à l’impôt
foncier dans la maximisation des recettes de la Direction Provinciale du Kasaï
Central.
De cette question principale découle les questions spécifiques suivantes
1) A quel taux l’impôt foncier participe-t-il dans les recettes recouvrées par la
DGRKAC ?
2) Quelle est la politique que la DGRKAC utilise pour un recouvrement adapté de
l’Impôt Foncier ?
3) Quelles sont les difficultés liées à la perception de cet impôt ?
1.2.2. HYPOTHESES
6
Elle est une proposition admise et destinée à être soumise au contrôle
d’expériences, une idée anticipée qui est le point de départ nécessaire de tout
raisonnement.10
L’hypothèse de travail est une idée directrice, une tentative d'explication
des faits formulés au début de la recherche, destinée à guider l'investigation et à être
abandonné.11
Selon notre compréhension, les hypothèses sont des réponses qu'on donne
avant à une problématique et qu'on viendra par la suite confirmer ou infirmer après
l'évolution et l'analyse de la recherche.
Ainsi, au regard de la problématique de cette recherche nous pensons que :
1) Le taux de participation de l’impôt foncier dans les recettes recouvrées par la
DGRKAC serait estimé à 40% lorsque son recouvrement atteindrait le plus grand
nombre d’assujettis qui s’acquitteraient sans faille;
2) La DGRKAC, pour recouvrer ses recettes en général, et en particulier celles de
l’impôt foncier, ferait recours à la politique de mobilisation des recettes qui
consisterait à :
Organiser les campagnes de sensibilisation des contribuables et les matinées
fiscales précédées du recensement des ménages en vue d’identifier tous les
détenteurs des propriétés imposables ;
Intensifier les séances de formation des agents, la mise en place des quartiers
fiscaux dans chaque commune, quartier et expliquer les contribuables le bien
fondé du paiement de l’impôt ;
Actionner la procédure de recouvrement forcé envers les défaillants
récidivistes par l’application des fortes sanctions fiscales (pénalités et
amandes)
10
NTUMBA NGANDU, OP-CIT, P.39
11
F. KITABA KYA GHOANYS, Cours des méthodes de recherche en sciences sociales, G2 SPA, UNILU, 2011-2012,
p17
7
3) Les difficultés liées à la perception de l’IF seraient d’une part, l’insuffisance des
notions de calcul de l’Impôt Foncier par les agents taxateurs et d’autre part
l’opposition au paiement par les assujettis (contribuables) dû à l’incivisme fiscal
qui se vit dans la province du Kasaï Central. Telles sont les réponses provisoires
que nous allons affirmer, infirmer ou nuancer après l’analyse des données.
1.3. CHOIX ET INTERET DU SUJET
1.3.1. CHOIX DU SUJET
Le choix de ce sujet n’est pas un hasard, mais plutôt un constat fait sur
terrain, sur base de la mobilisation des recettes fiscales en général, et de l’impôt
foncier en particulier au niveau de la DGRKAC. Sur ce, nous avons constaté que la
Province a de multiples besoins en terme des charges publiques qui doivent être
couvertes afin d’aspirer au développement, et cela peut être possible grâce aux
ressources financières dont l’impôt fait partie et est considéré comme source par
excellence de financement de l’Etat.
Voilà pourquoi nous avons choisi ce sujet pour voir la participation de
l’Impôt Foncier dans les recettes réalisées par la DGRKAC.
1.3.2. INTERET DU SUJET
Ce sujet présente un intérêt sur trois plans, à savoir :
Sur le plan personnel
Nous avons choisi ce sujet afin de nous permettre de maitriser les calculs de
l’impôt foncier, à travers sa base imposable, les différents taux applicables relatifs à la
nature des propriétés, au regard des localités ainsi qu’à la superficie déterminée dans
l’objectif de compléter notre bagage intellectuel.
Sur le plan scientifique
8
Ce travail constituera une banque des données pour les futurs chercheurs
qui aborderont les sujets conformes au nôtre. Ils trouveront des éléments fiables et
capables d’enrichir leurs études.
Sur le plan social
La société est la base sur laquelle toutes choses sont assises, elle est la
finalité de toute recherche ou toute étude. Ainsi ce travail pourra amener la population
Centre-Kasaïenne au civisme fiscal en ayant une culture de payer volontairement
l’impôt foncier sans contrainte, en vue de doter le gouvernement provincial des
moyens financiers suffisants, conduisant à l’amélioration des conditions de vie sociale
de la population.
1.4. METHODOLOGIE DU TRAVAIL
A. METHODES
Etymologiquement, le concept Méthode vient de deux mots grecs « meta »
qui signifie vers ou d’après, et « odas » qui signifie voie, chemin ou route. D’une
manière générale, la méthode est définie aujourd’hui comme une voie, un chemin ou
une démarche intellectuelle que le chercheur emprunte dans la saisie, l’analyse et
l’explication de l’objet de son étude12
La méthode se définit comme une voie ou un chemin qui mène vers ou
d’après lequel on arrive à une certaine vérité.13
La méthode en soi peut être considérée comme un ensemble concerté
d'opérations mis en œuvre pour atteindre un ou plusieurs objectifs. Un corps de
principe présidant à toute recherche organisée, un ensemble de normes permettant de
sélectionner et de coordonner les techniques14
12
KABEMBA TUBELANGANE B-A, cours inédit, méthodes des recherches des sciences sociales, G2 GRF, ISES
KANANGA, Année académique 2021-2022, P4
13
MUTSHIPAYI, PETU E., « Notes de cours d’initiation à la recherche scientifique », ISC/KGA, G1 Comptabilité et
marketing, 2020, inédites.
14
OKOMBO W., Méthodologie de recherche en science sociale et technique d'investigation en communication
institutionnelle, IFASIC, Kinshasa 1996
9
Dans le cadre de notre travail, nous avons fait recours à la méthode
fonctionnelle qui, Selon RONGERE « la méthode fonctionnelle consiste à expliquer
les faits politiques par le rôle, la fonction qu’ils assument dans le système social
auquel ils appartiennent ».15
Ainsi, selon cette approche, « les faits sociaux ne sont pas totalement
explicables ou compréhensibles sans la référence à la fonction qu’ils remplissent dans
un ensemble plus vaste pour son harmonie, son équilibre, sa continuité et sa
permanence, et le mot fonction signifie utilité d’un élément dans un ensemble et
renvoie à la participation, l’impact, incidence, l’apport, l’implication, la contribution,
le rôle, etc… ».16
Cette méthode nous a permis de saisir la DGRKAC comme structure de
l’État fonctionnant à Kananga pour connaitre son organisation dans la collecte de
l’impôt foncier.
B. TECHNIQUES
Pierrette RONGER définit les techniques comme les procédés opératoires
rigoureux bien définis, transmissibles, susceptibles et d’être appliqués dans les mêmes
conditions et adoptés au genre du problème et phénomènes en cause ou encore un outil
mis à la disposition d’une méthode pour atteindre l’objectif poursuivi.17
La technique est définie comme un ensemble des outils mis à la disposition
de la méthode pour mener à un bon point l’action de la résolution des problèmes.18
Selon notre entendement, la technique est l’ensemble des procédés et
mesures de repérage considérés comme des récoltes des données.
Pour arriver à ceci, nous avons fait recours aux techniques ci-après :
15
RONGERE ; méthodes des sciences, paris, éd. Dalloz p.18
16
Prof Bien-Aimé KABEMBA, IDEM
17
Pierrette RONGER, Manuel de Sociologie générale, édit, Lushi, 2010, P.43
18
Dictionnaire illustré du cinquantenaire, RDC, 2011, P.932
10
1) TECHNIQUE DOCUMENTAIRE
Selon MULUMBATI, N. :« la technique documentaire est une fouille
systématique de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche19
Cette technique nous a permis d'accéder à un certain nombre des documents
qui nous ont permis de recueillir les informations indispensables à notre étude.
2) TECHNIQUE D’INTERVIEW
Elle est une technique qui a pour but d'organiser un rapport de
communication verbale entre deux personnes l'enquêteur et l'enquêté afin de permettre
à l'enquêteur de recueillir certaines informations de l'enquête concernant un sujet
précis.
Grâce à celle-ci nous avons récolté des données nécessaires de ce travail par
des entretiens que nous avons eu avec le personnel de la DGRKAC impliqué dans la
perception de l’impôt foncier et tant d’autres droits dus à l’État en général.
0.5. DELIMITATION DU TRAVAIL
Tout travail scientifique doit être circonscrit dans le temps et dans l’espace :
En ce qui concerne la délimitation temporaire, nos investigations couvrent
une durée de trois ans, soit de 2020 à 2022. Période à travers laquelle nous avons eu
les données fiables pour la rédaction de notre travail.
En ce qui concerne la délimitation spatiale, notre recherche est réalisée au
sein de la Direction Générale des Recettes du Kasaï Central (DGRKAC).
En nous basant sur la participation de l’impôt foncier au regard des
assignations. Notre choix est porté sur cette régie car elle est celle qui est habileté à
générer les recettes dues à l’IF au niveau provincial.
19
MULUMBATI N.: manuel de sociologie générale, Lushi, éd Africa, coll connaitre et savoir, 1980, P26
11
0.6. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Hors mis l’introduction et la conclusion générale, ce présent travail est
subdivisé en trois grands chapitres :
1) Le premier chapitre fait l’état des considérations générales et contient deux
sections dont la première parle de la définition des concepts de base et la
seconde parle de la présentation du milieu d’études ;
2) Le deuxième chapitre parle des généralités sur l’impôt et a aussi deux sections
dont la première parle des notions sur les impôts et la seconde se focalise sur
l’impôt foncier ;
3) Le troisième chapitre parle de la participation de l’impôt foncier dans la
maximisation des recettes de la DGRKAC.
0.7. DIFFICULTES RENCONTREES
CHAPITRE I : CONSIDERATIONS GENERALES
Dans cette partie du travail nous voulons situer nos lecteurs sur le vrai
sens de notre expression ou vocabulaire, sur la sémantique de notre étude, pour
l’intangibilité de cette dernière. Et après présenter le cadre de notre étude qui est la
Direction générale des recettes du Kasaï central DGRKAC en sigle.
12
SECTION 1 : DEFINITION DES CONCEPTS DE BASE
I.1.1. PARTICIPATION
La participation est le fait de prendre part à ou dans quelque chose.20
Selon nous, la participation, c’est l’action d’avoir une appartenance dans ce terme nous
a aidé pour connaitre la part de l’IF dans les recettes recouvrées par la DGRKAC. Et
cette part pour être beaucoup plus scientifique, doit être exprimée en valeur absolue et
en valeur relative.
I.1.2. IMPOT
Etymologiquement, le mot impôt vient du latin « imposuim » qui signifie
« placé sur », ici l’impôt est pris comme une contribution exigée pour assurer le
fonctionnement de l’État et des collectivités sociales.
Le sens de l’impôt a évolué dans le temps, plusieurs définitions ont donc
marqué ce concept :
Selon KABANGE NTABALA, l’impôt est une prestation pécuniaire,
opérée par le citoyen d’une nation par voie d’autorité à titre définitif et sans
contrepartie visible, en vue de couvrir les charges publiques et permettre à l’État
d’effectuer certaines interventions dans le domaine économique et social.21
C’est aussi un prélèvement pécuniaire à caractère obligatoire, effectué en
vue des prérogatives de puissance publique, à titre définitif sans contrepartie
déterminée, en vue d’assurer le financement des charges publiques de l’État, des
collectivités territoriales et des établissements publics administratifs.22
Selon notre entendement, il s’agit d’un prélèvement qui a le caractère
obligatoire, réalisé par les administrations publiques, directe à des services fournis par
la collectivité d’une manière gratuite.
20
Dictionnaire Universel éd. Kinshasa 2006 page
21
KABANGA NTABALA, op. cit 2007, P.37
22
CT Theo SHAMBA, Note de cours de Techniques fiscales, G2 GRF/ISES KANANGA
13
Dans le cadre de notre étude, notre accent est mis sur l’impôt qui fait partis
des impôts collectés par la régie financière provinciale.
I.1.3. FONCIER
Le terme foncier signifie ce qui a rapport à une propriété immobilière ou
qui va jusqu’au fond d’une chose.23
Le foncier désigne ce qui est relatif à un fond de terre, à son exploitation,
à son imposition. Il désigne généralement le terrain qui sert de support à une
construction immobilière où a une exploitation donnée.24
I.1.4. IMPOT FONCIER
C’est un système fiscal qui exige de la part des locataires, des
propriétaires et des occupants de bâtiments qu’ils payent une somme d’argent calculée
en fonction de la valeur de leurs terres ou de leurs bâtiments.25
Selon nous, l’impôt foncier c’est une somme d’argent qu’un individu
verse au propriétaire d’une terre ou d’un bien pour avoir droit à l’exploitation.
I.1.5. MAXIMISATION
Étymologiquement, la maximisation vient du mot latin « maximum »
qui signifie plus grand dans le haut niveau que la chose puisse atteindre.26
La maximisation est le fait d’atteindre le maximum. Il est important de
signaler que la maximisation est un concept très étendu qui a plusieurs aspects et sa
mesure est très délicate.27
Selon nous, la maximisation est une action qui pousse à réaliser de plus
grandes valeurs, ça signifie réaliser plus que ce qu’on avait prévu. Ce terme est lié à
notre étude par le fait qu’il nous a permis de connaitre si les recettes générées par
l’impôt foncier ont été au-delà des assignations.
23
Dictionnaire Universel Page 510
24
NKASHAMA BULOKO A ; Notes de cours de Droits foncier L2 GAP ISES-KGA 2021-2022
25
www.fin.gov.ca service impôt foncier définition (en ligne consulté le 25 Avril 2023 à 16h10’
26
KAYEMBE. E., « Impôts et leurs impacts sur la maximisation des recettes », mémoire, ISP KANANGA, 2014
27
KABANGE, N., Grands services publics et entreprises publiques, en droit congolais, éd. PUC, Kinshasa, P. 78.
14
I.1.6. RECETTES
Les recettes désignent un total des sommes d’argent perçu et payé qui sont
entrés en caisse à un moment donné.28
Les recettes désignent les sommes perçues par les administrations publiques
provenant des impôts et taxes. Elles n’incluent pas les cotisations sociales.
D’après notre compréhension, les recettes désignent les sommes perçues
parles administrations publiques provenant des impôts et taxes. Et ici, il va s’agir des
recettes de l’IF collectées par la DGRKAC.
SECTION 2 : PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE
II.2.1. APERÇU HISTORIQUE
Cette régie financière provinciale appelée jadis Brigade des mobilisations
des recettes BMR en sigle a vu jour en 2008 par l’édit provincial N°6/20008 le créant
A cause de son inefficacité et sa qualité inefficiente, après 5 ans de
fonctionnement lesquelles étaient due aux facteurs d’ordre structurel et humain, il s’est
avéré impérieux et indispensable d’opérer une profonde réforme vers la transformation
de la Brigade de mobilisation des recettes (BMR)à une structure appropriée et bien
outillée et disposant d’un personnel compétant ,qualifié ,motivé ,le tout reposant sur
les méthodes de gestion moderne dans l’ objet de permettre au gouvernement
provincial d’ exécuter son programme d’action et d’ améliorer le niveau de vie du
peuple Kasaïen
Notons que la brigade de mobilisation des recettes a été transformée en
Direction Générale des Recettes du Kasaï Occidental (DGRKOC) par l’édit provincial
N°17 du 24 mai 2013 afin de corriger les inefficacités et les insuffisances dans la
mobilisation des recettes en s’ engageant de doter à la province des moyens de sa
politique et compter beaucoup et véritablement sur ses propres ressources pour ne pas
dépendre totalement de la rétrocession et des recettes exceptionnelles .
28
Petit robert, 2006, P.376
15
Au fur et à mesure que les choses ont évolué, avec l’avènement de
découpage territorial de 2016, Kasaï occidental démembré en deux provinces ; la
province du Kasaï et celle du Kasaï central.
A ce niveau chaque province devrait avoir sa propre régie financière, raison
pour laquelle la direction générale des recettes du Kasaï occidental a été transformée
en Direction Générale des recettes du Kasaï central DGRKAC en sigle par l’arrêté
provincial n°01 /14/CAB/KC/MKM/034/2019 du 10 juin 2019 en vue de doter à la
province d’une régie financière devant lutter contre le coulage des recettes et donner
au gouvernement provincial les moyens d’exécuter son programme d’action.
II.2.2. CADRE GEOGRAPHIQUE
La DGRKAC exerce ses activités dans la province du Kasaï Central et son
siège administratif se trouve dans la ville de Kananga, Commune du même nom,
quartier Malandji, avenue Luakabuanga ex Kinkole, au n°6.
Elle est bornée :
Au nord par la Maison Communale de Kananga,
Au sud par la DGRAD
A l’Est par l’ONG Femme plus,
A l’ouest par la DGM et l’Immo Kasaï
II.2.3. OBJET SOCIAL
La DGRKAC a été créée en vue d’améliorer les conditions de vie de la
population Centre-Kasaïenne.
Elle poursuit les objectifs socio-économiques suivants :
Combattre le chômage en fournissant de l’emploi à la population ;
Contribuer à la mobilisation et la maximisation des recettes de la province ;
Favoriser l’accroissement du pouvoir d’achat au profit du panier de la
ménagère, etc.
16
II.2.3. MISSIONS ET PREROGATIVES
II.2.3.1. MISSONS
La Direction Générale des Recettes du Kasaï Central a pour mission de
mobiliser et maximiser les recettes propres à la province en vue de permettre au
gouvernement provincial d’exécuter son programme d’action, amener la population à
la culture fiscale et améliorer leur mode de vie.
II.2.3.2 PREROGATIVES
Elles sont relatives à :
L’assiette, le contrôle, le recouvrement et le contentieux fiscal ;
Relatif à l’impôt encadré par la province ;
L’assiette, le contrôle, l’ordonnancement et le contentieux lié aux recettes non
fiscales convention ;
La tenue de la statistique des recettes de la province ;
Au renforcement des capacités de personnel aux techniques modernes et
gestion, notamment dans les domainesfiscal et non fiscal ;
L’étude et la prestation aux autorités provinciales de projet de l’édit ou de
l’arrêté en la matière, cfr l’arrêté provincial portant création et fonctionnement
de la DGRKAC.
II.2.4. ORGANISATION STRUCTUROFONCTIONNELLE
II.2.4.1. ORGANISATION STRUCTURELLE
LE PERSONNEL
Le personnel est l’ensemble des personnes attachées à un service public, à
une entreprise privée, à une maison ; par opposition en matériel, qui se disent des
effets, des objectifs et affectés à ce même service. De notre part, le personnelc’est
l’ensemble des personnages embauchés dans une société ou dans uneorganisation pour
17
travailler en ayant un objectif commun, mais en remplissant des tâches différentes
pour atteindre ses objectifs.
Ainsi au sein de la DGRKAC il existe les types des personnels ci-après :
Les hauts fonctionnaires : composé de trois personnages ; Le Directeur
Général, le Directeur général adjoint et le Directeur technique
Les cadres supérieurs : composés de 30 personnages dont ; 7 chefs des
divisions ,16 chefs des bureaux et 7chefs de centres.
Agents de collaboration et exécution : composés de 220 personnes dont
chacune exécute sa tâche dans son lieu d’affectation pour la meilleure marche
de la DGRKAC.
II.2.4.2. ORGANISATION FONCTIONNELLE
II.2.4.2.1. LA DIRECTION GENERALE
Elle est composée du Directeur Général, du Directeur Général Adjoint et du
directeur technique. Les précités représentent l’organe décisionnel de la régie. Ils ont
pour mission de coordonner les activités administratives et financières.
2. LE DIRECTEUR GENERAL
Le directeur général supervise et coordonne l’ensemble des activités de la
DGRKAC notamment :
La gestion de personnel, des crédits des biens matériels et immeubles présent
et avenir mis à la disposition de la DGRKAC ;
La disposition des tous les pouvoirs reconnus par la loi et des règlements en
vigueur pour l’accomplissent des tâches définies dans les arrêts portant
création de la DGRKAC y compris le job description ;
La liaison de gouverneur de la province et les services de la DGRKAC ;
La liaison de ministre de tutelle (finance) et le service de la DGRKAC
N.B : Les autres attributions relatives à ce dernier sont fixées dans l’arrêt portant la
création et le fonctionnement de la DGRKAC.
18
2. DIRECTEUR GENERAL ADJOINT
Il assiste le directeur général dans l’exécution des taches notamment :
Il est chargé de l’administration des finances et de la gestion des matériels ;
Il rend compte régulièrement au directeur général de toutes les activités.
En cas d’absence du directeur général ou d’empêchement, il le remplace
provisoirement dans ces fonctions ;
Il a dans sa compétence la législation des ressources humaines.
3. DIRECTEUR TECHNIQUE
Il joue aussi le rôle d’assistant de deux Directeurs avec la technicité en
matière fiscale.
II.2.4.2.2. LES DIVISIONS
La DGRKAC compte en son sein les divisions ci-après :
1. DIVISION DES RESSOURCES HUMAINES, ADMINISTRATION ET
SERVICES GENERAUX
Cette Division est dirigée par un Chef de Division, assisté par quatre Chefs
de Bureaux et ses Agents de collaboration. Elle est composée de quatre Bureaux, entre
autres :
Bureau des Gestion de personnel, Paie et Formation ;
Bureau Affaires Sociales et Relations publiques ;
Bureau Administration ;
Bureau Gestion budgétaire et Matériel.
Ladite Division est chargée de :
Gestion du personnel de la DGRKAC et suivi du régime disciplinaire ;
Assistance sociale et prise en charge en soins médicaux ;
Contrôle de l’exécution des tâches et prise et tenue des dossiers des agents;
Rédiger des rapports d’activités.
19
2. DIVISION D’ASSIETTE
Cette division s’occupe de la gestion des tous les impôts tels que l’IF, IRL, et l’IVA ;
Pour l’accomplissement de ses tâches, cette division travaille avec deux
bureaux :
- Bureau taxation, recherche et recoupement
- Bureau de documentation et gestion des dossiers
Ce service est chargé de toutes les missions et prérogatives concernant
l’assiette et le contrôle de l’impôt qui relève de la compétence exclusive de la
province.
Elle a pour attributions :
Rechercher et regrouper les données fiscales et parafiscales ;
Distribution de déclarations, dépouillement des déclarations et taxations de
redevables
Elaboration et coordination des procédures d’assiette sur l’ensemble de la
province.
3. DIVISION D’AUDIT OU INSPECTION DE SERVICE
Elle fonctionne avec trois (3) à savoir :
Le bureau d’audit de service
Le bureau de suivi et encadrement de service
Enquête de contre-vérification fiscale et parafiscale
A ce titre elle a pour tâche :
Contrôler avant l’émission du titre de perception, la régularité de toutes les
opérations de la constatation et de liquidation ainsi que de mener les cas
20
échéant des enquêtes et investigation qui appellent la motivation de toute
décision qui revoit pour redressement de dossier non confirmer ;
Analyser et exploiter le rapport périodique des lois et règlements en vigueur.
4. DIVISION DE RECOUVREMENT
Elle est chapotée par un chef de division ou receveur principale et
fonctionne avec 4 bureaux : Bureau véhicule, bureau apurement, bureau à recettes et
bureau poursuite.
Elle a comme attributions :
Définir les statistiques et les objectifs quantitatifs et qualitatifs en matière
fiscale ;
Percevoir les sommes dues au trésor au titre de l’ impôt, taxe et autre droit
relevant de la compétence de la province ;
Etablir et analyser les recettes et à définir la politique en matière de
recouvrement des créances jugées et recouvrables ;
Emettre et gérer les imprimés relatifs aux opérations de recouvrement ;
Procédé à l’apurement de compte courant des redevables, des impôts ; taxes,
redevances et autres droits ;
Elaborer les statistiques des recettes recouvrées et non recouvrées ;
Mener les opérations de poursuite de reste à recouvrer et de livrer les acquis
libératoires.
5. DIVISION D’ETUDE, PLANIFICATION, DOCUMENTATION,
LEGISLATION ET CONTENTIEUX
Cette division est dirigée par un chef de division et secondé par deux
bureaux : Bureau des procédures contentieuses, bureau législation
Elle a pour tâches :
21
o Mener des études et réflexions de nature à améliorer l’organisation et le
fonctionnement de la DGRKAC, ainsi que le circuit de procédure de collecte
des recettes fiscales et non fiscales de la province.
o Centraliser et exploiter les éléments périodiques et annuels de la direction pour
l’élaboration de rapport ;
o Centraliser les statistiques ordonnancées et nivelées ;
o Donner les avis sur tout projet de régime fiscal et non fiscal d’exception
o Prévoir les projets des lettres d’accusé de réception
o Vérifier les conditions de recevabilité de réclamation et proposer les décisions
et dégrèvement.
6. DIVISION DE CONTROLE FISCAL ET ORDONNANCEMENT
Cette division s’occupe nécessairement des taxes, elle travaille en synergie
avec les services techniques ou taxateurs qui sont notamment : (division des
infrastructures et travaux publics, division de l’environnement, division de PME etc…
Elle s’occupe des recettes non fiscales (taxes, droits et redevances et
fonctionne avec trois (3) : Bureau vérification, bureau programmation et bureau
recettes constatés et ordonnancées.
Etant comme toute les autres divisions, chapeautée par un chef de division
et elle a comme attributions :
Etablissement après contrôle fiscal des avis d’imposition ou de redressement
selon le cas pour l’ordonnancement des taxes parafiscales
Elaboration de la programmation de contrôle fiscal et parafiscal sur toute
l’étendue de la province.
22
I.2.5. ORGANIGRAMME
DIRECTEUR GENERAL
DIRECTEUR GENERAL ADJOINT
DIRECTEUR TECHNIQUE
SECRETARIAT
INSPECTION DE R.H.ADM
SERVICES& SERVICES GENERAUX
ETUDES ET CONTENTIEUX
SUIVI DE CENTRE DE RECETTE ASSIETTE CONTROLE FISCAL & ORDON
RECOUVREMENT
CENTRE KANANGA 1 CENTRE KANANGA 2
CENTRE DE RECETTE DEMBA
CENTRE DE RECETTE DIMBELENGE CENTRE DE RECETTE DIBAYACENTRE DE RECETTE KAZUMBA CENTRE DE RECETTE LUIZA
ANTENNES ANTENNES ANTENNES ANTENNES
ANTENNES
Source : Archive de la DGRKAC division des ressources humaines 2023.
Source : Archive de la DGRKAC division des ressources humaines 2023.
[23]
CHAPITRE II : GENERALITES SUR L’IMPOT
SECTION 1 : NOTION DE L’IMPOT
II.1.1. FONDEMENT
L’obligation de payer l’impôt est à la fois divine et légale. Son fondement
divin tire son origine dans la bible qui nous enseigne que jésus répondant à une
question dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Marc
12 : 17) c’est ainsi pour une personne qui ne paie pas l’impôt, commet un péché.
Son fondement légal tire son origine exclusivement de la loi, c’est le cas de
la constitution de la RDC qui stipule dans ces articles :
- 65 : tout Congolais est ténu de remplir loyalement ses obligations vis-à-vis de
l’Etat. Il a en outre le devoir de s’acquitter des impôts et taxes auxquels il est
assujettis ;
- Article 122 point 10 : « les règles relatives à l’assiette, aux taux et aux
modalités de recouvrements des impositions de toute nature sont fixés par la
loi » ;
- 174 : « il ne peut être établis l’impôt que par la loi « la contribution aux charges
publics constitue un devoir pour toute personne vivant en République
Démocratique du Congo. Il ne peut être établi d’exemption ou d’allégement
fiscal qu’en vertu de la loi.29
Bref : étant donné que l’impôt est une obligation légale pour chaque citoyen ou
habitant d’un pays ne pas payer l’impôt appelle nécessairement à une sanction qui peut
être soit une pénalité pécuniaire à payer en sus de l’impôt dû ; soit une prison a
effectuer en guise de répression de certains manquements à l’égard de l’impôt que la
loi a érigé en terme d’infraction.
29
C.T. Théo SHAMBA, Notes de cours de techniques Fiscales ISES-KANANGA G2 2021-2022
[24]
II.1.2. DEFINITION DE L’IMPOT
La doctrine en matière fiscale propose plusieurs définitions de l'impôt, selon
que l'on met un accent sur l'un ou l'autre de ses aspects. La définition la plus élaborée,
jamais contredite sur le plan du fond par les auteurs modernes, est celle de Gaston
JEZE, l'un des plus grands financiers du 18é Siècle, « L'impôt est une prestation
pécuniaire requise des particuliers par voie d'autorité, à titre définitif et sans
contrepartie, en vue de la couverture des charges publiques.30
L’impôt est une prestation pécuniaire requise des personnes physiques ou
morales de droit public ou privé, d’après leurs facultés contributives par voie de
contrainte, à titre définitif et sans contrepartie directe en vue de la couverture des
charges publiques ou de l’intervention de l’Etat.31
II.1.3. CARACTERISTIQUES DE L’IMPOT32
Il ressort de cette définition les caractéristiques ci-après :
L’impôt est une prestation pécuniaire : c’est-à-dire que de nos jours l’impôt se
paie en argent et non en nature ;
Les caractéristiques obligatoires ou forcées : comme le mot l’indique, ce
caractère exclut l’accord du contribuable.
A ce niveau, l’impôt est une contrainte et réside dans la souveraineté de
l’Etat. Ce qui justifie du reste que les contribuables sont appelés des « assujettis ».
L’absence de contrepartie directe : c’est-à-dire qu’après avoir payé l’impôt, le
contribuable ne doit rien exiger de direct à l’Etat. Il n’y a donc aucune corrélation
visible et bien déterminée entre l’impôt payé et les services rendus par l’Etat.
C’est ici que réside la différence fondamentale entre l’impôt et la taxe.
30
Gaston JEZE, Finances publiques, 5e édition, GUJAS, 1995, P. 85
31
MUHINDUKA, cité par VANLIERDE, Notion de législation sociale, des finances publiques, et de Droit fiscal, éd.
CPR, Kinshasa, 1983, P71
32
Idem
[25]
Le caractère définitif de l’impôt : une fois payé, en principe le contribuable ne se
verra plus restitué la somme versée, à la différence du souscripteur de l’emprunt
par exemple, à qui son prêt est ultérieurement remboursé ;
L’absence d’une affectation automatique : en règle générale, la totalité des
sommes perçues dans le cadre de l’impôt est consacrée à la couverture de
l’ensemble des dépenses publiques bien déterminées d’avances.
Caractère contributif : l’impôt est dû par les individus en raison du fait qu’ils font
partie d’une communauté politique organisée. L’obligation de payer l’impôt
existe non parce qu’on bénéficie des services publics mais parce qu’on est
membre d’une communauté politique organisée.
II.1.4. ROLES DE L’IMPOT33
Les rôles de l’impôt se diversifient. Il joue à la fois le rôle financier, social
et économique.
a) Rôle Financier ou la collecte des fonds nécessaires à l’accomplissement des
missions de l’État.
Les charges de l’État s’étant accrues par la multiplication des interventions
de l’État dans la vie financière, sociale et économique, se fait par le paiement de
l’impôt. C’est ainsi qu’on reconnait à l’impôt comme première fonction de la
couverture des charges publiques, l’impôt est un moyen d’assurer l’équilibre
budgétaire.
b) Rôle Economique ou la régulation conjoncturelle
L’impôt est un moyen que détiennent les pouvoirs publics pour intervenir
dans l’économie. Il peut également modifier la demande de certaines catégories des
biens au profit ou au détriment des autres. Un moyen d’orienter l’ensemble des
activités économiques du pays en s’efforçant de ne pas entraver une action
économique. Ainsi le note Christian : « Les impôts sont un moyen efficace de
33
C.T. SHAMBA T. Op.cit., P. 13-14
[26]
politique économique en encourageant tel investissement, telle exploitation ou telle
activité économique ».
c) Rôle Social ou la distribution sociale
L’impôt est perçu avec une intensité confiscatoire sur les contribuables
riches d’une part afin qu’ils deviennent moins riche et d’autre part que les sommes
ainsi collectées soient affectées à améliorer le sort des citoyens économiquement
faibles. L’impôt permet à la distribution des revenus. Il est le moyen par excellence
pour niveler les différents revenus et établir ainsi une plus grande égalité entre les
citoyens.
II.1.5. TECHNIQUE DE L’IMPOT34
Quand on parle de la technique de l’impôt, on pense directement à
l’ensemble des opérations par lesquelles l’impôt est établi et perçu. Il s’agit de :
1. LA DETERMINATION DE LA MATIERE IMPOSABLE
Cette opération consiste à déterminer le fait générateur de l’impôt, la base
imposable ou assiette de l’impôt.
La matière imposable est un élément économique sur lequel l’impôt est
établi : un bien, un service ou un produit.
Fait générateur : c’est l’acte qui donne naissance à la dette fiscale.
Il est aussi défini comme le fait ou l’acte juridique qui donne naissance à la
dette fiscale, par le simple fait de sa réalisation ; le fait générateur place le
contribuable dans le champ d’application de la loi fiscale et donne en même
temps naissance à la créance de l’impôt au profit de l’État.
La base imposable est la quantité des matières qui est prise en considération
par le calcul de l’impôt.
34
LABY MPIANA BOKETSHU WA BARUTI BAMEYA, Cours de Fiscalité G3, 2015-2016, UNIKAN, P. 12-14
[27]
2. L’EVALUATION DE LA MATIERE IMPOSABLE
Cette opération consiste à mesurer pour chaque contribuable la quantité de
la matière imposable qu’il détient. Les contribuables ont souvent tendance à dissimuler
la matière imposable, ce qui rend l’opération d’évaluation délicate. Cette opération se
fait par quatre méthodes, à savoir :
La méthode indiciaire
Ici le montant de la matière imposable est évalué en se basant sur certains
signes extérieurs de richesse : nombre des voitures, les restaurants fréquentés,
grandeur de la maison, le loyer appliqué dans le quartier que l’on habite. A partir de
ces signes, on définit de manière approximative le montant du revenu de contribuable.
Il est admis que l’exactitude des évaluations par cette méthode n’est pas certaine, elle
n’est utilisée que pour vérifier les valeurs des évaluations obtenues par d’autres
méthodes.
La méthode de forfait
Suivant cette méthode, l’évaluation de la matière imposable ne se base pas
sur le montant réel du revenu imposable, mais sur un montant fixé par accord
(convention) entre les contribuables et l’administration fiscale.
La déclaration par un tiers
Ici c’est une tierce personne qui déclare la quantité de la matière imposable
auprès du fisc. C’est le cas notamment des employeurs qui déclarent les revenus de
leurs travailleurs, de même que les locataires le font pour les loyers payés chaque
mois.
Cette méthode paraît être la meilleure car le fait que ça soit une autre
personne qui déclare la quantité de matière imposable, la fraude semble être exclue.
[28]
La déclaration par le contribuable
Dans ce cas, c’est le contribuable lui-même qui déclare au fisc la quantité
de la matière imposable qu’il détient.
Vu que certains contribuables dissimulent la matière imposable (réduisent)
et donc fraudent, cette méthode est complétée par la méthode indiciaire pour vérifier
plus ou moins l’exactitude de la déclaration du contribuable.
Suivant cette méthode, elle est utilisée pour une certaine catégorie des
contribuables notamment les entreprises, les commerçants, les artisans ainsi que tous
ceux qui exercent une fonction libérale.
3. LA LIQUIDATION
L’opération de liquidation consiste à calculer l’impôt et donc à déterminer
la dette fiscale du contribuable. On applique alors le taux de l’impôt en le multipliant
par l’assiette de l’impôt. C’est à ce stade qu’interviennent les éléments qui
personnalisent l’impôt : l’abattement à la base, la prise en charge des charges
familiales.
II.1.6. PRINCIPES DE L’IMPOT
Quant aux principes de base de l’impôt, trois principes de base sous
entendent la mise en œuvre d’un impôt. C’est-à-dire que l’impôt répond à trois
principes à savoir :
Principe de rendement
Principe d’Egalité, et
Principe d’interventionnisme
[29]
II.1.6.1 Principe de rendement
Ceci veut dire que le but premier de l’impôt est de pouvoir rapporter le
maximum des ressources possibles à l’Etat. Le rendement de l’impôt est fonction des
critères suivants :
L’universalité : l’impôt doit être payé par tous et sur toute la matière
imposable c’est-à-dire non arbitraire. Son mode de paiement et son tarif
doivent être clairs et sans équivoque pour le contribuable ;
L’absence de fraude : l’impôt rapporte le maximum des ressources à l’Etat, il
doit être établi et recouvré selon les mécanismes susceptibles de contenir
l’évasion et la fraude fiscale ;
L’invisibilité : l’impôt est d’autant plus rentable que le contribuable ne le
remarque pas. Raison pour laquelle, les impôts indirects sont généralement
plus rentables que les impôts directs ;
La modération de taux : l’impôt ne doit être trop fort, confiscatoire ; si non,
il incite le contribuable à l’éviter ;
La stabilité : un impôt est stable lorsqu’il n’est pas très affecté par l’évolution
de la conjoncture, c’est-à-dire lorsque son rendement est le même quel que
soit le moment auquel il est recouvré.
II.1.6.2. Principe d’égalité
C’est le principe de la justice fiscale ou de la justice de répartition de la
charge fiscale. En d’autre terme, l’impôt doit être équitable, doit être personnalisé le
plus possible.
II.1.6.3. Principe d’interventionnisme
Suivant la conception moderne, l’impôt a pour fonction, non seulement de
pourvoir aux ressources dont l’Etat a besoin pour fonctionner, mais également il est de
plus en plus utilisé comme instrument de politique économique et social de l’Etat.
[30]
Il existe plusieurs formes d’interventionnisme :
L’interventionnisme par redistribution : il s’agit pour l’Etat d’imputer les gros
revenus et en utiliser le produit pour accroitre les subventions aux revenus
faibles.
C’est donc un interventionnisme à but égalitariste qui vise à égaliser les
niveaux de vie des individus et à redistribuer la richesse entre citoyens.
L’interventionnisme par pression ou dépression :
La pression : s’utilise en cas de prospérité. Lorsqu’il faut profiter de la
croissance économique pour collecter davantage des ressources ou quand il
faut tempérer une activité économique donnée, par une imposition plus
lourde ;
La dépression : est utilisée généralement en temps de crise, lorsqu’il est
question de réduire le poids des impôts de façon à créer les conditions
favorables à la reprise économique ;
L’interventionnisme par discrimination :
La discrimination de l’impôt consiste à créer des inégalités dans
l’imposition en distinguant les matières imposables et en leur appliquant d’après leur
origine ou leurs caractères, des tarifs plus ou moins élevés.
Par cette forme d’interventionnisme, il y a lieu de diminuer ou d’augmenter
un impôt particulier afin d’encourager ou de décourager telle activité, tel produit ou tel
opération économique.
I.7. CLASSIFICATION DES IMPOTS35
Les impôts sont classifiés selon plusieurs critères, entre autres :
35
THEOPHILE SHAMBA, op.cit. 16-18
[31]
1) Classification Administrative, nous distinguons :
Impôts du Pouvoir central : qui sont ceux perçus au profit du gouvernement
central ;
Impôts des Provinces : ce sont des impôts perçus au profit des provinces ;
Impôts des Entités Territoriales Décentralisées : ce sont des impôts perçus au
profit des ETD.
2) Classification relative à la situation temporelle de la matière imposable, nous
distinguons :
Impôt Direct : c’est celui qui frappe directement :
Soit les revenus du contribuable, tels que les revenus professionnels et
les revenus locatifs ;
Soit la fortune du contribuable ou le capital du contribuable.
Impôt Indirect : c’est celui qui frappe la dépense ou la consommation.
Autrement dit, les revenus et la fortune du contribuable ne sont pas frappés
directement mais indirectement, à l’occasion de leur emploi.
3) Classification relative à la base fiscale, ici nous distinguons :
Impôt Personnel : est celui dont l’établissement tient compte de l’état civil de la
personne imposable ou est celui dont le taux varie en fonction de la situation
personnelle et familiale du contribuable, célibataire ou marié avec personnes à
charge ou de sa situation patrimoniale : riche ou personne à revenu modeste ;
Impôt Réel : c’est celui pour lequel seule la matière imposable est prise en
considération, sans que soit tenu compte de la personne du contribuable, de sa
situation ou de son degré d’aisance.
4) Classification relative à l’évaluation de la matière imposable, nous avons :
Impôt Spécifique : est celui dont la base imposable est évaluée sur base d’une
mesure qui peut être par exemple la superficie, la longueur ;
Impôt Ad valorem : est celui dont la base imposable est évaluée en tenant
compte du prix, de la valeur de la marchandise ou du bien.
5) Classification relative au taux applicable à la matière imposable, nous citons :
Impôt Fixe : est celui dont le montant à payer est déterminé à l’avance d’une
manière forfaitaire ;
[32]
Impôt Proportionnel : est celui pour lequel le taux à appliquer à la base
imposable est uniforme pour l’ensemble des redevables de l’impôt et quelle que
soit l’importance des revenus imposés.
Signalons que l’impôt proportionnel n’est pas équitable. Pour l’être, l’impôt
doit être établi de façon à représenter un sacrifice identique pour tous les
contribuables, or ce n’est pas le cas pour ce dernier.
Impôt Progressif : est celui pour lequel il existe plusieurs taux à appliquer à la
base imposable et ce, selon la capacité contributive de chaque contribuable. Cas
de l’IPR soumis au barème à taux progressifs.
Le bien-fondé du taux progressif est basé sur la théorie économique de
l’utilité marginale, que chaque fraction supplémentaire de revenus touchés par une
personne représente pour elle une utilité moindre que la fraction précédente.
6) Classification relative au mode de liquidation de l’impôt, nous avons :
Droit Spontané : est le droit dont la liquidation (calcul) de l’impôt, est faite par
le redevable ;
Droit Constaté : est le droit dont la liquidation est faite par l’Administration
fiscale.
7) Classification relative au mode d’établissement de l’impôt, nous distinguons :
Impôt de quotité : est celui dont le taux, et non le montant global, est déterminé
à l’avance. Son application est plus simple et plus équitable, mais le montant
global qui sera perçu n’est pas connu à l’avance ;
Impôt de répartition : est celui dont le montant global à percevoir est fixé à
l’avance par le fisc et réparti ensuite entre les différentes divisions
administratives du pays. Son avantage est que le fisc connait à l’avance le
montant qu’il va percevoir. L’inconvénient est qu’il crée des inégalités entre les
contribuables des différentes zones, car chaque zone fixe un taux d’imposition
qui lui est propre.
[33]
1.8. LES IMPOTS EN VIGUEUR EN RDC
Tableau n°01 : Les impôts en vigueur en RDC
NATURE DE L’IMPOT FONDEMENT LEGAL CONTENU DU REGIME
1. Impôts réels : Ordonnance loi n° 69/006 du 10 Assujettissement de
Février 1969 relative aux impôts propriétés (concessions)
Impôt foncier ;
réels (modifiée et complétée à bâties (bâtiments) et non
Impôt sur les véhicules ;
ce jour) bâties (terrains) suivant
Impôt sur la superficie de
leurs superficies au mètre
concessions minières et
carré;
hydrocarbures.
Assujettissement des
véhicules à moteur
suivant leur puissance
fiscale (cheval vapeur) ;
Assujettissement des
concessions ayant pour
objet la recherche ou
l’exploitation des
minerais ou substances
hydrocarbures.
2. Impôts cédulaires sur les Ordonnance loi n° 69/006 du 10 Assujettissement de loyer
revenus : Février 1969 relative aux Impôts immeuble (revenu de la
cédulaires sur les revenus location de bâtiment et
Impôt sur le revenu
terrain ;
locatif ;
Assujettissement de
Impôt sur le revenu
dividendes, intérêt,
mobilier ;
tantième et redevance au
Impôt sur le bénéfice
moment du paiement du
et profit ;
revenu ;
Impôt professionnel
Assujettissement des
sur la rémunération ;
bénéfices (revenu en
Impôt exceptionnel
caractère commercial) ;
sur la rémunération.
Assujettissement de
salaires des travailleurs
(nationaux et expatriés).
Source : code des impôts 2022
Ainsi, de tous les impôts énumérés ci-haut, nous allons beaucoup plus étendre notre
étude sur l’impôt foncier qui fait l’objet recherche.
[34]
SECTION II : APPROCHES THEORIQUES SUR L’IMPOT FONCIER
L’impôt foncier ou l’IF en sigle est un composant des impôts réels, qui
avait été établi autrefois sur plusieurs bases et avait été institué à l’époque coloniale
par le décret-loi du 16 Mars 1950. Ce décret a subi par la suite, plusieurs modifications
réduisant successivement sa base.
La réforme de Février 1969 avait amené cette catégorie d’impôt (impôt
réel), à savoir : l’impôt foncier, l’impôt sur les véhicules, l’impôt sur la superficie des
concessions minières et hydrocarbures.
Jadis perçu au profit de l’administration centrale, l’impôt foncier a été cédé
aux entités administratives décentralisées en vertu des dispositions du décret-loi n° 089
du 10 juillet 1998 portant fixation de la nomenclature des impôts et taxes autorisés aux
entités administratives décentralisées des modalités et répartition des recettes
administratives d’intérêts communs et des recettes fiscales cédées par l’État au
bénéfice des entités territoriales décentralisées. Il est devenu un impôt provincial
depuis la promulgation de la constitution de la RD Congo du 18 Février 2006 et la loi
n°08/012 du 31 Juillet portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration
des provinces, et a fait l’objet d’une perception à partir de l’année 2008 à travers la
création d’une régie financière locale chargée de la matière.
II.1. DEFINITION
L’impôt foncier est un système fiscal qui exige de la part des locataires, des
propriétaires et des occupants de bâtiments qu’ils payent une somme d’argent calculée
en fonction de la valeur de leurs terres ou de leurs bâtiments.36
L’impôt foncier frappe un élément économique en tant que tel sans
considération de la situation personnelle du contribuable.
Partant de sa base l’impôt foncier est généralement assis sur :
36
www.fin.gov.ca service impôt foncier définition (en ligne consulté le 25 Avril 2023 à 16h10’
[35]
La superficie des propriétés foncières bâties : bâtiments et constructions
diverses ;
La superficie des propriétés foncières non bâties : terrains non bâtis, toutes ces
propriétés sont appliquées dans les circonscriptions urbaines prévues par la loi
en vigueur.
Notons que de tout ce qui précède, la superficie foncière est différente de la
superficie des concessions minières et hydrocarbures. L’esprit du législateur se précise
dans la constitution de la République Démocratique du Congo au terme de l’article
204 alinéas 16. Les impôts, les taxes et les droits provinciaux ainsi que les locaux,
notamment : l’impôt foncier, l’impôt sur les véhicules automoteurs et l’impôt sur les
revenus locatifs sont de la compétence exclusive des provinces.
Le législateur congolais a prévu des dispositions se rappelant notamment,
l’exemption et l’exonération, à la déclaration, au redevable, au taux de l’impôt ainsi
qu’à la période imposable.37
II.2. FAIT GENERATEUR
Le fait générateur de l’impôt foncier est l’existence de l’immeuble
(maison) ou du terrain au 1er Janvier de l’année de l’imposition. L’administration des
impôts ne reconnait que le propriétaire comme redevable de l’impôt foncier et non le
locataire.
En cas de démembrement de la propriété, c’est la personne qui a la
jouissance du bien qui est assujetti à l’impôt foncier des propriétés bâties.
II.3. REDEVABLES
L’impôt foncier est dû par les titulaires du droit de propriété, de possession,
d’emphytéose, de superficie, de possession ou d’usufruit des biens imposables ainsi
que par les personnes occupant d’un bail, des biens immobiliers faisant partie soit du
domaine privé de l’État ; des provinces, des villes, des communes, des secteurs ou des
chefferies, soit du patrimoine des entités territoriales décentralisées.
37
Code des impôts de la RDC 2021, P. 18
[36]
L’article 9 du code des impôts stipule que l’impôt foncier est dû par les
propriétaires, même si par la convention de bail, le locataire s’est engagé à le payer et
si cette circonstance a été portée à la connaissance de l’administration.
L’article 10 du code des impôts stipule que le paiement intégral de l’impôt
foncier incombe aux propriétaires. L’administration n’intervient pas pour effectuer la
répartition éventuelle de l’impôt entre propriétaires et locataires.
En cas de mutation d’une propriété par suite de vente ou de toute autre
cause le nouveau propriétaire est tenu d’en faire la déclaration à l’administration des
impôts dans un délai d’un mois prenant cours à la date de ladite mutation. A défaut, le
nouveau propriétaire est tenu au paiement de tous les impôts fonciers restant dus
relatifs à l’immeuble, solidairement avec l’ancien propriétaire.
La déclaration visée au paragraphe doit être appuyée de la copie, certifiée
conforme à l’original du document apportant la preuve à la satisfaction de
l’administration, du changement de titulaire des biens imposables.
Le recouvrement de l’impôt foncier compris dans l’avis de mise en
recouvrement au nom de l’ancien propriétaire d’un immeuble ayant changé de titulaire
peut être poursuivi en vertu du même avis de mise en recouvrement à charge du
débiteur effectif.
Ce débiteur reçoit un nouvel exemplaire de l’avis de mise en recouvrement
portant qu’il est délivré en vertu de la présente disposition
II.4. EXEMPTION ET EXONERATION
II.4.1. EXEMPTION
Sont exemptées de l’impôt foncier les propriétés appartenant à :
L’État, aux provinces, aux villes, aux communes, aux secteurs, aux chefferies,
aux entités territoriales décentralisées ainsi qu’aux offices et aux autres
établissements publics de droit congolais n’ayant d’autres ressources que celles
provenant des subventions budgétaires ;
[37]
Aux institutions religieuses, scientifiques ou philanthropiques et satisfaisantes
aux conditions requises par le décret-loi du 18 Septembre 1965 relatif à
exemption et exonération de l’impôt foncier.
Aux associations privées ayant pour but de s’occuper d’œuvres religieuses,
scientifiques ou philanthropiques qui ont reçu la personnalité civile par
l’application de l’article 2 du décret du 28 Décembre 1888 et visé à l’article 5
du décret-loi du 18 Septembre 1965.
II.4.2. EXONERATION
L’exonération de l’impôt foncier est consentie aux immeubles ou parties
d’immeubles :
Affectés par les propriétaires, exclusivement à l’agriculture ou à l’élevage, y
compris les bâtiments ou parties de bâtiments qui servent à la préparation des
produits agricoles ou d’élevage, à la condition que ceux-ci proviennent de
l’exploitation du contribuable dans une proportion au moins égale à 80% de
l’ensemble des produits traités ;
Qu’un propriétaire ne poursuivant aucun but de lucre, aura affectés :
a. Soit à l’exercice d’un culte public, soit à l’enseignement, soit à la
recherche scientifique, soit à l’installation d’hôpitaux, d’hospices, de
cliniques, de dispensaires ou d’autres œuvres analogues de bienfaisance ;
b. A l’activité normale des chambres de commerce qui ont obtenu la
personnalité civile ;
c. A l’activité sociale des sociétés naturalistes et des unions
professionnelles qui ont obtenu la personnalité civile, à l’exception des
locaux servant au logement, à un débit de boissons ou à un commerce
quelconque
L’impôt foncier n’est établi en ce qui concerne la superficie des terrains
qu’un propriétaire, ne poursuivant aucun but de lucre, aurait affecté à l’une des fins
visées.
[38]
Les exonérations de l’impôt foncier peuvent être accordées en vertu des
dispositions du code des investissements ou par des conventions spéciales (article 5).
L’exonération mentionnée à l’article précédent ne dispose pas les
bénéficiaires des obligations opposées par la présente ordonnance-loi et notamment de
celles relatives à la déclaration.
II.5. DETERMINATION DU TAUX DE L’IMPOT FONCIER
Il est institué à titre de l’impôt foncier sur les propriétés bâtis et non bâtis,
un impôt forfaitaire annuel dont le montant varie suivant la nature des immeubles et le
rang des localités.
Toutefois, en ce qui concerne les villas situées dans les localités de 2 e, 3e et
4e rang, l’impôt foncier est imposé en fonction de la superficie. Les fonctions de
mètres carrés sont négligées pour l’assiette de l’impôt. La superficie imposable est
celle qui est déterminée par les parois extérieures du bâtiment ou de la construction.
A l’absence de parois extérieures, la superficie imposable est déterminée en
fonction des limites fictives résultant de la projection orthogonale sur le sol de bords
qui surmontent le bâtiment ou la partie du bâtiment.
Est également compris dans la superficie imposable, la superficie des
vérandas, des perrons, des galeries, des balcons, des terrasses. La superficie de
chacune des parties d’un bâtiment ou d’une construction, soit caves, rez-de-chaussée,
étages, combles, entrent en ligne de compte pour la détermination de la superficie
imposable totale du bâtiment ou au-delà de la construction.
II.6. FIXATION DE TAUX DE L’IMPOT FONCIER AU KASAI CENTRAL
[39]
Lors de démembrement des provinces en RD Congo, les membres du
Gouvernement Provincial avaient eu l’autonomie d’élaborer les arrêtés fixant les taux
des impôts, taxes, et autres droits relevant de la compétence de leur province.38
En ce qui concerne la province du Kasaï Central, l’arrêté établi portait le
n°01/14/CAB/GP/KC/5 Bis du 15 mars 2018.
1. Taux de l’impôt foncier des propriétés bâties
Retenons que un (1) Franc fiscal (Ff) est égal à 1$ converti en francs
congolais au taux budgétaire de la province.
Pour une villa de 2e rang, son taux est de 1Ff/m2
Pour une villa de 3e rang, son taux est de 0,50Ff/m2
Pour une villa de 4e rang, son taux est de 0,30Ff/m2
Immeubles en étage et appartenant aux :
Personnes morales de 2e rang, son taux est de 38 Ff/étage
Personnes physiques de 2e rang, son taux est de 20 Ff/étage
Personnes morales de 3e rang, son taux est de 30 Ff/étage
Personnes physiques de 3e rang, son taux est de 7 Ff/étage
Personnes morales de 4e rang, son taux est de 4 Ff/étage
Personnes physiques de 4e rang, son taux est de 23 Ff/étage
Rez-de-chaussée, m2/rang
Cave, m2/rang
Exemple pratique : monsieur X possède un immeuble en étage qui 3 niveaux. Sa
Longueur est de 23 m, sa largeur est de 17 m, avec un taux de 20
Ff/étage et un taux budgétaire de 2300Fc, quel sera le montant à
payer ?
Résolution
38
Arrêté n°01/14/CAB/GP/KC/ 05 du Bis 15 mars 2018 portant fixation des taux des impôts, taxes, droits et
redevances, à percevoir dans la province du Kasaï Central.
[40]
Base imposable= superficie de l’immeuble
S= L×l, 23m × 17m= 391 m2
Taux budgétaire= 20×2300= 46.000FC
Montant à payer= 46.000×391= 17.986.000FC
Appartements
Pour l’appartement du 2e rang, son taux est fixé à 1,28 Ff/ m2
Pour l’appartement du 3e rang, son taux est fixé à 0,98 Ff/ m2
Pour l’appartement du 4e rang, son taux est fixé à 0,66 Ff/ m2
Prenons un exemple pratique : Monsieur KABONGO possède un
appartement du 2è rang qui vaut 30 m de longueur et 20 m de largeur, son taux est fixé
à 1,28 Ff/m2, sachant que le taux budgétaire est de 2300 FC. Quel sera le montant à
payer ?
Résolution
base imposable : superficie de l’appartement
L= 30 m et l= 20 m, S= 30m × 20m= 600m2
Taux budgétaire= 1,28×2300= 2944
Montant de l’impôt = 600×2944= 1.766.400 FC
Autres immeubles
Pour les immeubles du 2e rang, son taux est 7 Ff/immeuble
Pour les immeubles du 3e rang, son taux est 0,48 Ff/immeuble
Pour les immeubles du 4e rang, son taux est 1,5 Ff/immeuble
Autres constructions
Pour les constructions du 2e rang, son taux est 0,64 Ff/m2
Pour les constructions du 3e rang, son taux est 0,48 Ff/m2
Pour les constructions du 4e rang, son taux est 0,32 Ff/m2
3. Taux de l’impôt foncier pour les propriétés non bâties
[41]
Pour les terrains qui sont situés dans les localités de 2 e rang, son taux est
de 4,50 Ff/terrain
Pour les terrains qui sont situés dans les localités de 3 e rang, son taux est
de 2 Ff/terrain
Pour les terrains qui sont situés dans les localités de 4 e rang, son taux est
de 1,86 Ff/terrain
4. Taux de l’impôt foncier pour les superficies des concessions forestières
Terrains à usage agropastoral
De 1 à 10 ha, 15 Ff/terrain
De 11 à 20 ha, 23 Ff/terrain
De 21 à 30 ha, 32 Ff/terrain
De 31 à 40 ha, 48 Ff/terrain
De 41 à 50 ha, 45 Ff/terrain
Plus de 50 ha, 100 Ff/terrain
Concernant les localités dans la province du Kasaï Central, nous comptons :
A. Localités du deuxième rang
Pour les localités du deuxième rang
Commune de kananga;
Commune ndesha ;
Commune de katoka.
B. Localités du troisième rang
Pour les localités du troisième rang, nous comptons les quartiers reculés de la
commune de Ndesha, Katoka, Ngaza et Lukonga
C. Localités du quatrième rang
Ici nous comptons tous les territoires qui composent la province du Kasaï Central.
NB : Avec ses exemples pratiques donnés ci-haut pour le calcul de l’impôt foncier, si
la DGRKAC se mettait au travail en parcourant toutes les localités citées selon les
[42]
dispositions mis en vigueur, cet impôt pourrait avoir une grande participation dans
les recettes qu’elle mobilise.
II.7. PERIODE IMPOSABLE ET LA DEBITION DE L’IMPOT FONCIER
II.7.1. Période imposable de l’impôt foncier
L’impôt foncier est dû pour l’année entière sur la superficie imposable
existant au 1er Janvier de l’année qui donne son nom à l’exercice fiscal sans que la
mutation des propriétés dans le cours de ladite année puisse donner lieu à
dégrèvements, l’exercice fiscal coïncide avec l’année civile.
Les immeubles nouvellement construits ou notamment modifiés sont
imposables d’après leurs superficies nouvelles à partir du 1 er Janvier qui suit leur
occupation ou leur transformation.
Le propriétaire est tenu de déclarer l’occupation ou la transformation des
immeubles nouvellement construits, reconstruits ou notablement modifiés dans le délai
d’un mois prenant cours à partir de la date de cette occupation ou transformation de
joindre à sa déclaration le plan de l’immeuble nouvellement construit, reconstruit ou
notablement modifié.
II.7.2. Débition de l’impôt foncier
Pour l’application de ce qui précède, sont considérées comme modifications
notables celles qui sont susceptibles d’entrainer une augmentation ou une diminution
de la superficie imposable d’au moins 20%.
Le dégrèvement proportionnel de l’impôt foncier est accordé sur
réclamation du contribuable introduite avant l’expiration des délais de réclamations
dans le cas où un immeuble bâti, non meublé est resté totalement occupé et totalement
improductif de revenus pendant au moins 180 jours consécutifs dans le courant de
l’année de l’imposition et pour autant que le contribuable ait avisé l’administration des
impôts dans les deux mois de début des vacances.
[43]
Lorsque la date de l’expiration du délai de réclamation se situe avant la fin
de l’année pour laquelle l’impôt est levé ; la déclaration visée précédemment peut être
valablement introduite dans le mois qui suit l’expiration de ladite année.
Pour l’application de la disposition faisant l’objet de dégrèvement
proportionnel de l’impôt foncier, le terme « immeuble » doit être interprété dans le
sens de « partie immeuble indépendante pouvant faire l’objet d’un contrat de location
distinct » ceci vise le cas des buildings, maisons jumelles et immeubles à appartements
multiples.
En cas de changement de propriétaire en cours de l’année, par la suite des
ventes, dotations, héritages, les périodes éventuelles d’inoccupation ou
d’improductivité totale dans le chef de chacun de propriétaires sont à additionner, la
situation de l’immeuble devrait pour l’application du dégrèvement être examinée dans
le cadre de l’année entière.
Le titulaire du droit de propriété au 1 erJanvier est seul habileté à constater la
cotisation, et sa réclamation peut viser la période de l’année pendant laquelle il exerce
plus le droit de propriété sur l’immeuble. Le dégrèvement éventuel est à ordonner en
sa faveur, même si les causes du dégrèvement ont été appréciées en tout ou partie,
dans le chef du nouveau du nouveau titulaire.
II.8. DECLARATION DES ELEMENTS IMPOSABLES
Toute personne physique ou juridique est tenue de souscrire chaque année
une déclaration énonçant tous les éléments imposables ou exemptés, visés par le
présent titre. La déclaration remplie, datée et signée doit être remise au vérificateur des
impôts dans le ressort duquel se trouvent les éléments imposables avant le 1 er Avril de
l’exercice pour les éléments dont le redevable est propriétaire au 1er Janvier
Les redevables de l’impôt foncier doivent souscrire une déclaration par
localité et par ressort de vérification. Cette déclaration doit mentionner39 :
39
Code des impôts, article 37, 2021
[44]
Tous les bâtiments, imposables ou non, situés sur une même
parcelle ;
La superficie de chaque parcelle.
Les formulaires de déclaration sont distribués aux contribuables en temps
opportun. Toutefois, la non-réception de formulaires ne dispense pas les contribuables
de souscrire les déclarations requises dans les délais prescrits. Ils doivent dans ce cas,
demander les formulaires nécessaires à l’administration des impôts.
II.9. RECOUVREMENT DE L’IMPOT FONCIER
C’est un ensemble des procédures financières par lesquelles l’impôt passe
du patrimoine du contribuable vers la caisse de l’Etat. Le recouvrement de l’impôt
foncier s’effectue toujours en deux phases:
1. phase de recouvrement à l’amiable ;
2. phase de recouvrement forcé.
II.9.1. Recouvrement à l’amiable de l’impôt foncier
C’est un recouvrement qui s’effectue selon le système fiscal congolais
par la réception d’une déclaration auto-liquidative c’est-à-dire que l’impôt est payé
au même moment de la déclaration et quand il s’agit de l’appel du montant par
l’administration fiscale. La division du recouvrement peut inviter ou s’approcher du
contribuable pour le sensibiliser de s’acquitter de l’obligation mise à sa charge.
II.9.2. Recouvrement forcé de l’impôt foncier
En cas d’échec de recouvrement à l’amiable de l’impôt, il fait recourt
aux mécanismes de recouvrement par voie de rôle ou le recouvrement forcé.
Ce recouvrement forcé ne peut jamais s’exécuter par le scellage d’une
maison d’habitation du contribuable assujetti à l’impôt foncier, il a été négligé
depuis le régime de Mobutu soit disant que s’était la tracasserie sur la population de
[45]
basse classe, le fait qui a rendu la faible réalisation de l’impôt foncier sur la
maximisation de recettes de l’Etat. Et pourtant s’était une bonne méthode d’intimider
la population à s’acquitter de l’impôt foncier.
Pour procéder au recouvrement forcé, il y a des procédures à suivre qui
peuvent nous amener à la saisie exécutoire ou la saisie arrêt.
Ainsi, les procédés suivants peuvent s’appliquer :
Après le dépôt d’avis de redressement ou de taxation d’office de l’impôt
auprès du contribuable, 20 jours après, la cellule poursuite est obligée de
déposer un avis de mise en recouvrement émanant du rôle signé par le
Directeur Général de la Régie Financière. Cet avis de l’extrait de rôle signé
par le receveur principal avec un délai de 15 jours.
Après 15 jours et que le contribuable ne s’est pas acquitté de l’obligation
fiscale, le receveur doit procéder par le dépôt de la contrainte à sa signature et
le commandement signé par le huissier de poursuite assermenté suivant le
principe annonçant quem : S« la poursuite s’exerce en vertu de la contrainte
décernée par le receveur principal de la régie financière »
Cas derniers exploits constituent les derniers mis en demeure ou les derniers
avertissements qui poussent le receveur principal à procéder à un recouvrement
forcé.
Huit (8) jours après le dépôt de ces avertissements, le receveur principal doit
procéder à un recouvrement forcé ordonné par un huissier de poursuite
assermenté accompagné d’une équipe de la cellule poursuite des
établissements du contribuable ou par la saisie conservatoire des biens de
contribuable en lui dressant un procès verbale qui confirme l’opération
exécutée.
Huit (8) jours après, si le contribuable ne s’est pas prononcé, l’ordre est donné
à l’huissier de poursuite de procéder à la vente publique ou vente aux enchères
ensemble avec le parquet de grande instance
[46]
II.9.3. SCHEMATISATION DE LA PROCEDURE DE RECOUVREMENT DE
L’IMPOT FONCIER
Schéma n° 01 : Procédure de recouvrement de l’impôt foncier
CONTRIBUABLE DGRKAC
(titre foncier) (service percepteur ou
gestionnaire)
BANQUE DIVISION D’ASSIETE
(bordereau de versement) (Note de perception)
DIVISION DE
RECOUVREMENT
(Contrôle)
SOURCE : Elaboré d’après nos analyses
CHAP III : LA PARTICIPATION DE L’IMPOT FONCIER DANS LA
MAXIMISATION DES RECETTES DE LA DGRKAC
Dans ce chapitre, il est question de présenter, d’une part les données
recueillies sur terrain en vue d’une analyse, et d’autre part leur conciliation avec notre
sujet d’étude dans l’objectif de déterminer le résultat de la recherche.
[47]
III.1. PRESENTATION DES DONNEES
Dans cette partie du travail, nous allons présenter les données telles qu’elles
ont été récoltées sur terrain sans pouvoir les analyser totalement, étant donné que la
section suivante s’occupera de leur traitement.
Les données présentées ici concernent les assignations budgétaires et les
réalisations des recettes durant la période allant de 2020 à 2022.
Tableau N°2 : Relatif aux Assignations Budgétaires de 2020 en Fc
Nature de
droit
Période IRL IF IVA TSCR TOTAL
JANVIER 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
FEVRIER 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
MARS 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
AVRIL 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
MAI 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
JUIN 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
JUILLET 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
AOÛT 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
SEPTEMBRE 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
OCTOBRE 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
NOVEMBRE 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
DÉCEMBRE 17 500 000,00 17 083 333,33 7 083 333,00 7 083 333,00 48 749 999,33
TOTAL 210 000 000,00 204 999 999,96 84 999 996,00 84 999 996,00 584 999 991,96
Source : Rapport annuel de la DGRKAC, 2020
Commentaire : Le tableau ci-haut présente les assignations budgétaires de la DGRKAC pour
l’année 2020 par période et par nature d’impôts et taxes collectés par ladite structure. Comme
nous pouvons le constater, les assignations des recettes à l’IRL sont un peu supérieures à
celles des autres droits perçus par la DGRKAC tels que l’IF, l’IVA et la TSCR. Ce qui nous
laisse dire que c’est l’IRL qui paraît comme un prélèvement faisant la fierté de cette Régie
Financière.
Tableau N°3 : Relatif aux Assignations Budgétaires de 2021, en Fc
Nature de droit
Période IRL IF IVA TSCR TOTAL
JANVIER 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
FEVRIER 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
MARS 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
[48]
AVRIL 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
MAI 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
JUIN 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
JUILLET 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
AOÛT 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
SEPTEMBRE 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
OCTOBRE 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
NOVEMBRE 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
DÉCEMBRE 17 111 600,00 17 121 000,00 17 121 200,00 17 182 220,00 68 536 020,00
TOTAL 205 339 200,00 205 452 000,00 205 454 400,00 206 186 640,00 822 432 240,00
Source : Rapport annuel de la DGRKAC, 2021
Commentaire : Le tableau ci-dessus qui présente les assignations budgétaires de l’année
2021 reprenant les mêmes impôts et taxes gérés par la DGRKAC indique que la part de la
TSCR a été revue à la hausse par rapport à l’année 2020 de 7 083 333 Fc à 17 182 220 Fc
avec un taux d’accroissement des recettes attendues de 142,57 %.
Tableau N°4 : Relatif aux Assignations Budgétaires de 2022, en Fc
Nature de D
Période IRL IF IVA TSCR TC TOTAL
JANVIER 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
FEVRIER 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
MARS 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
AVRIL 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
MAI 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
JUIN 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
JUILLET 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
AOÛT 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
SEPTEMBRE 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
OCTOBRE 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
NOVEMBRE 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
DÉCEMBRE 85 800 730,00 62 600 040,00 10 087 200,00 10 912 100,00 72 050 000,00 241 450 070,00
TOTAL 1 029 608 760,00 751 200 480,00 121 046 400,00 130 945 200,00 864 600 000,00 2 897 400 840,00
Source : Rapport annuel de la DGRKAC 2022
Commentaire : Au regard de ce tableau, nous remarquons que les assignations sont revues à
la hausse, y compris l’apparition d’une taxe appelée « Taxe Conventionnelle » en sigle TC,
qui n’était pas prise en compte dans les recettes des années 2020 et 2021. Ce relèvement
d’assignations à grande échelle est dû, d’une part, au changement des animateurs de cette
régie financière (mutation et permutation) et d’autre part au réajustement des chiffres en
[49]
tenant compte du taux de change ou de conversion entre la monnaie locale et celle étrangère,
qui sont sous l’inflation depuis une certaine période.
Tableau N°5 : Relatif à la Réalisation des Recettes, en 2020
Nature de droit
Période IRL IF IVA TSCR TOTAL
JANVIER 31 353 858,00 25 514 822,00 37 570,00 56 616,00 56 962 866,00
FEVRIER 37 162 650,00 27 060 007,00 161 280,00 191 270,00 64 575 207,00
MARS 31 967 880,00 12 110 485,00 2 411 305,00 1 840 676,00 48 330 346,00
AVRIL 27 886 250,00 3 733 311,00 4 753 895,00 3 982 362,00 40 355 818,00
MAI 31 696 541,00 3 990 100,00 4 500 770,00 2 926 120,00 43 113 531,00
JUIN 37 569 266,00 1 789 340,00 2 584 221,00 2 771 199,00 44 714 026,00
JUILLET 27 440 510,00 6 296 364,00 1 641 797,50 1 296 504,50 36 675 176,00
AOÛT 22 891 860,00 4 853 200,00 1 924 230,20 2 390 020,80 32 059 311,00
SEPTEMBRE 19 868 158,00 2 161 912,00 793 458,00 739 872,00 23 563 400,00
OCTOBRE 25 690 481,00 1 398 921,00 7 157 459,30 5 765 141,70 40 012 003,00
NOVEMBRE 28 104 883,00 9 695 484,00 2 208 995,80 2 042 385,20 42 051 748,00
DÉCEMBRE 26 841 683,00 0,00 1 441 975,00 1 419 681,25 29 703 339,25
TOTAL 348 474 020,00 98 603 946,00 29 616 956,80 25 421 848,45 502 116 771,25
Source : Rapport annuel de la DGRKAC, 2020
Commentaire : Ce tableau nous présente les réalisations par nature d’impôts et taxes
dont le détail indique que l’IRL vient à la tête avec un total annuel réalisé de
348 474 020,00 Fc, par rapport à l’IF, l’IVA et la TSCR qui ont participé dans les
réalisations avec respectivement les montants de 98 603 946,00 Fc, 29 616 956,80 Fc
et 25 421 848,45 Fc. Ces réalisations par nature ont dégagé un montant total des
recettes réalisées par la DGRKAC qui s’élèvent à 502 116 771,25 Fc.
Tableau N°6 : Relatif à la Réalisation des Recettes, en 2021
Colonne1 IRL IF IVA TSCR TOTAL
JANVIER 52 315 866,30 43 876 083,36 288 496,00 224 350,50 96 704 796,16
FÉVRIER 46 901 413,90 22 073 431,65 1 016 132,95 826 205,31 70 817 183,81
MARS 33 110 250,00 3 044 814,00 627 524,40 390 218,60 37 172 807,00
AVRIL 23 622 445,00 1 280 614,50 233 289,00 218 742,00 25 355 090,50
MAI 25 738 823,60 8 778 970,55 313 096,00 360 999,80 35 191 889,95
[50]
JUIN 38 748 605,00 12 900,00 647 230,00 161 710,00 39 570 445,00
JUILLET 44 800 626,40 73 150,00 51 695,00 107 558,00 45 033 029,40
AOÛT 21 746 593,60 147 890,00 132 339,20 32 861,40 22 059 684,20
SEPTEMBRE 24 055 436,60 0,00 232 768,00 316 450,40 24 604 655,00
OCTOBRE 32 256 383,09 0,00 332 915,80 165 442,60 32 754 741,49
NOVEMBRE 32 129 317,51 20 000,00 407 378,60 314 573,20 32 871 269,31
DÉCEMBRE 22 493 174,62 0,00 78 576,40 103 382,50 22 675 133,52
TOTAL 397 918 935,62 79 307 854,06 4 361 441,35 3 222 494,31 484 810 725,34
Source : Rapport annuel de la DGRKAC 2021
Commentaire : Au regard de ce tableau, nous constatons qu’il s’agit de réalisation des
recettes par nature d’impôts et taxes perçu par la DGRKAC tout au long de l’année
2021 dont nous remarquons que c’est IRL qui participe à grande échelle avec des
réalisations considérable par rapport aux autres prélèvements à caractère fiscal et non
fiscal.
Tableau N°7 : Relatif à la Réalisation des Recettes, en 2022
Nature
période IRL IF IVA TSCR TC TOTAL
JANVIER 69 156 244,40 51 003 552,79 617 120,00 409 340,81 17 998 251,00 139 184 509,00
FÉVRIER 72 663 953,60 56 978 111,33 788 428,00 1 722 668,07 29 421 500,00 161 574 661,00
MARS 70 608 462,78 55 139 403,55 906 002,00 2 215 760,09 33 390 379,72 162 260 008,14
AVRIL 98 183 614,99 67 205 491,63 6 334 987,14 8 991 996,81 67 339 422,54 248 055 513,11
MAI 80 404 551,72 54 032 141,08 2 543 316,74 4 887 231,22 27 159 015,24 169 026 256,00
JUIN 78 106 480,85 51 233 699, 00 3 805 000,00 3 818 031,53 26 111 217,62 111 840 730,00
JUILLET 149 061 240,97 81 922 146,35 9 128 314,21 11 142 747,61 145 068 539,86 396 322 989,00
AOÛT 138 157 008,36 72 040 200,00 10 122 733,42 13 403 720,05 109 174 467,17 342 898 129,00
SEPTEMBR
E 121 169 602,12 56 000 712,13 8 906 241,03 10 050 210,00 59 095 249,61 255 222 014,89
OCTOBRE 108 788 826,74 49 122 688,40 5 264 921,00 7 881 244,68 67 984 041,18 239 041 722,00
NOVEMBRE 111 243 608,20 46 331 287,06 5 419 904,39 6 404 728,04 55 215 268,31 224 614 796,00
DÉCEMBRE 120 061 817,88 12 033 420,61 11 758 922,00 17 442 908,62 73 343 040,79 234 640 109,90
TOTAL 1 217 605 412,61 601 809 154,93 65 595 889,93 88 370 587,53 711 300 393,04 2 684 681 438,04
Source : Rapport annuel de la DGRKAC, 2022
Commentaire : Ce tableau des réalisations nous montre une amélioration du
comportement des recettes de la DGRKAC pour l’année 2022 ayant atteint
2 684 681 438,04 Fc par rapport aux années 2020 et 2021 qui ont réalisé
respectivement 502 116 771,25 Fc et 484 810 725,34 Fc. Ces performances visibles
sont dues à des efforts consentis par l’exécutif provincial qui a mis en jeux les moyens
[51]
nécessaires (humains, financiers et matériels) en vue d’une bonne canalisation des
recettes sans oublier l’appui extérieur en matière de formation des agents et cadres
chargés de la mobilisation des recettes. Malgré ces efforts fournis par l’ensemble des
services de la DGRKAC, les réalisations n’ont pas atteint le maximum, soit 100%.
III.2 : ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS
Dans cette section, il est question de traiter les données présentées ci-
haut afin d’arriver à tirer des conclusions en rapport avec notre recherche tout au long
de ce travail. L’objectif principal ici est celui d’interpréter les différentes données et
sortir la performance de l’IF dans l’ensemble des recettes réalisées par la DGRKAC
durant la période allant de 2020 à 2022.
Pour y arriver, nous comparons les assignations aux réalisations d’une
part et mesurons les recettes de l’IF par rapport aux autres impôts en vue de déterminer
son taux de participation d’autre part.
Tableau N°8 : Comparaison des réalisations aux assignations de 2020
Nature d’impôt Réalisations Assignations Ecarts (+) ou (-)
IRL 348.474.020, 00 210.000.000,00 138.474.020,00
IF 98.603.946,00 205.000.000,00 -106.396.054,00
IVA 29.616.956,80 85.000.000,000 -55.383.000,20
TSCR 25.421.848,45 85.000.000,00 -59.578.151,55
TOTAL 502.116.771,25 585.000.000,00 -82.883.228,75
Source : Tracé par nous-même à partir des tableaux n°2 & 5.
Commentaire : L’analyse du tableau ci-dessus nous laisse voir que les recettes à
l’IRL ont dépassé les assignations, tandis que l’IF et les autres impôts et taxes sont en-
dessous de leurs assignations budgétaires.
Tableau n°9 : Comparaison des assignations aux réalisations de 2021
Nature d’impôt Réalisations Assignations Ecarts (+) ou (-)
IRL 397.918.935,60 205.339.200,00 192.579.735,60
[52]
IF 79.307.854,06 205.452.000,00 -126.144.145,94
IVA 4.361.441,35 205.454.400,00 -201.092.958,15
TSCR 3.222.494,35 206.186.640,00 -202.964.145,65
TOTAL 484.810725,36 822.432.240,00 -337.621.514,64
Source : Tabulation personnelle sur base des données des tableaux n°3 & 6.
Commentaire : Les données du tableau ci-haut nous décrivent pratiquement le même
constat que l’année 2020 où les recettes à l’IRL ont dépassé les assignations
budgétaires par rapport à celles des autres impôts et taxes qui n’ont pas atteint leurs
assignations.
Tableau n°10 : Comparaison des assignations aux réalisations de 2022
Nature d’impôt Réalisations Assignations Ecarts (+) ou (-)
IRL 1.217.605.412,61 1.029.608.760,00 187.996.652,61
IF 601.809.154,93 751.200.480,00 -149.391.325,07
IVA 65.595.889,93 121.046.400,00 -55.450.510,07
TSCR 88.370.587,53 130.945.200,00 -42.574.612,47
TC 711.300.393,04 864.600.000,00 -153.299.606,26
TOTAL 2.684.682.438,04 2.897.400.840,00 -212.718.401,96
Source : Confectionné par nous à partir des tableaux n°4 & 7.
Commentaire : La lecture de ce tableau nous montre que l’IRL a fait un dépassement
des recettes avec un écart favorable de 187.996.652,61 tandis que l’IF, l’IVA, la TSCR
et la TC présentent des écarts défavorables.
Tableau n°11 : Récapitulation des réalisations et assignations des recettes de 2020
à 2022
Années Assignation Réalisation Taux de
participation
2020 584.999.991,26 52.116.771,25 85,83%
2021 422.432.240,00 484.810.725,34 58,94%
2022 2.897.400.940,00 2.684.681.438,04 92,65%
[53]
Source : Nous même à partir de tableau n°8, 9 et 10.
Commentaire : Ce tableau nous présente les comportements de recettes réalisées, comparées
aux assignations pour chaque année. Nous remarquons que l’année 2022 et celle qui a marqué
la différence avec les taux de 92,65%. Malgré cela, la DGRKAC n’a pas atteint ces
assignations budgétaires et que les années 2020 et 2021 n’ont réalisé que 85,83% et 58,94%,
toujours en dessous des assignations.
Graphique n°1 : Evolution de taux de réalisation de 2020 – 2022.
100
92.65
90 85.83
80
70
58.94
60
50
40
30
20
10
0
2020 2021 2022
Source : Nous-même à partir du tableau n°11
Commentaire : Ce graphique nous donne l’évolution des recettes de la DGRKAC en
valeur relative. Nous remarquons que seule l’année 2022 a fait des bonnes réalisations
suite à une bonne canalisation des recettes de tous les impôts en général et en
particulier celles de l’IF.
III.3 LA PERFORMANCE DE L’IMPOT FONCIER DANS LA
REALISATION DES RECETTES DE LA DGRKAC DE 2020 A 2022
Pour arriver à la détermination de la performance de l’IF et dégager sa
contribution dans les recettes réalisées par la DGRKAC pour chaque année, nous nous
sommes d’abord basés sur le taux de participation de chaque impôt ayant fournis les
recettes à la DGRKAC.
[54]
Ainsi, le taux de participation est calculé en utilisant la formule :
¿
fi = N X 100
fi = taux de participation
ni = Réalisation par nature d’impôt
N = Réalisation globale de tous les impôts.
Alors, la participation de l’IF dans la réalisation de recette se présente de
la manière que voici dans le tableau ci-après :
Tableau N°15 : Performance de l’IF dans les recettes de la DGRKAC de 2020 -
2022.
Nature 2020 % 2021 % 2022 %
d’impôt
IRL 348.474.020 69,40 397.918.935,62 82,10 1.917.605.412,61 45,35
IF 98.603.946,00 19,63 79.307.854,06 16,35 61.809.154,93 22,41
IVA 29.616.956,80 5,89 4.361.441,35 0,89 65.595.889,93 2,44
TC 0,0 0,0 0,0 0,0 711.300.393,04 26,49
TSCR 25.421.848,25 5,08 3.222.494,31 0,66 88.370.587,53 3,31
Total 502.116.771,25 100,0 484.810.725,34 100,0 2.684.681.438,04 100
Source : Confectionné par nous-mêmes sur base des données tableau n°7,8 et 9.
Graphique n°2 : Evolution de la performance de l’IF dans les recettes de la
DGRKAC de 2020 – 2022
[55]
25
22.41
19.65
20
16.35
15
10
0
2020 2021 2022
Source : Tracé par nous-même sur base du tableau n°15
Commentaire : Au regard de ce graphique, nous remarquons que l’IF a participé à
19,63% dans les réalisations totales de 2020 et que l’année 2021 présente de taux de
participation à 16,35% tandis que l’année 2022 a marqué la différence avec 22,44%.
De toutes ces années sous étude, l’IF a participé assez fortement aux recettes de la
DGRKAC car il occupe toujours la deuxième place dans la participation après l’IRL.
[56]
CRITIQUES ET SUGGESTIONS
A travers l’analyse de notre sujet d’étude basé sur la participation de l’impôt
foncier dans les recettes de la DGRKAC, nous avons relevé ce qui suit à titre de
critiques à l’égard de notre préoccupation :
Insuffisance des assujettis à l’impôt foncier due à la non actualisation du
répertoire des contribuables ;
Faible taux de recouvrement de l’IF dû au manque des stratégies et de la rigueur
en matière de perception de l’impôt ;
Manque de la connaissance et maitrise de la matière imposable ainsi que le
procédé de calcul de l’IF par les agents de la DGRKAC ;
Manque de culture fiscale de la part de certains responsables des propriétés
bâties et non bâties ;
Détournement des recettes à travers les arrangements et négociations avec les
contribuables ;
Manque des moyens de transport pour atteindre tous les contribuables assujettis
à l’IF et autres impôts et taxes de la DGRKAC.
Au regard de ces critiques formulées, il y a lieu de suggérer à la DGRKAC ce
qui suit :
Accroitre l’assiette fiscale à travers l’actualisation du répertoire de l’IF par
l’atteinte de tous les détenteurs des propriétés bâties et non bâties concernées
par le paiement de cet impôt ;
Appliquer la rigueur de la loi dans la perception de l’impôt et procéder au
recouvrement forcé en cas de non-paiement à l’amiable ;
Renforcer les capacités des agents à travers la formation ;
Motiver les agents régulièrement et au temps convenable pour éviter toute
tentative de détournement ;
Doter des moyens de transport aux agents mobilisateurs des recettes.
[57]
CONCLUSION GENERALE
Au terme de notre recherche dont la thématique a porté sur « Participation de
l’Impôt Foncier dans la maximisation des recettes de la DGRKAC », il a été de notre
devoir d’analyser l’apport de l’IF dans les recettes totales réalisées par la régie
financière précitée.
De ce fait, nous avons cherché à connaitre tout au long de notre étude,
comment ont évolué les recettes de l’IF durant la période couverte par notre étude en
mesurant le taux de participation et connaitre également la politique de mobilisation
des recettes à la DGRKAC.
Pour y parvenir, non seulement que notre travail a été subdivisé en trois
chapitres précédés d’une introduction générale et suivie de la présente conclusion
générale ; mais nous nous sommes servis de la méthode fonctionnelle appuyée des
techniques documentaire et d’interview.
Ainsi, l’analyse de nos données recueillies du terrain révèle que la DGRKAC
n’a pas maximisé ses recettes durant la période couverte par cette étude par le fait que
le taux de réalisation est toujours inférieur à 100% soit 85,83% en 2020 ; 58,94% en
2021 et 92,65% en 2022. Il s’agit de la contreperformance.
De toutes ces réalisations, la participation de l’IF était faible, car il a contribué
à 19,63% en 2020 ; 16,35% en 2021 et 22,41% en 2022. Ce qui démontre que la
grande part des recettes de la DGRKAC provient d’un autre impôt (IRL). Raison pour
laquelle, nos hypothèses de départ sont infirmées dans notre travail.
Enfin, nous ne prétendons pas avoir tout décortiqué au sujet de l’Impôt
Foncier, car étant une œuvre humaine, ce travail ne peut faire exception
d’imperfections. Nous restons ouverts toutes critiques, remarques et suggestions de
manière constructive de la part de nos lecteurs, afin de parfaire à nos recherches.
[58]
BIBLIOGRAPHIE
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[59]
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G2 SPA, UNILU, 2011-2012, p17
- LABY MPIANA BOKETSHU WA BARUTI BAMEYA, Cours de Fiscalité G3,
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- MUTSHIPAYI, PETU E., « Notes de cours d’initiation à la recherche scientifique »,
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- Professeur KABIMBA TUBELANGANE B.A, Cours de méthodes de recherche en
sciences sociales, G2 GRF, ISES-Kananga 2021 – 2022.
IV. DICTIONNAIRES
- Dictionnaire illustré du cinquantenaire, RDC, 2011
- Dictionnaire Universel éd. Kinshasa 2006
V. WEBOGRAPHIE
- www.fin.gov.ca service impôt. Foncier, consulté le 25/04/2023 à 16h10’