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TEMPS CLIMAT EAU

BULLETIN DE L’OMM SUR LES GAZ


À EFFET DE SERRE Bilan des gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère,
d’après les observations effectuées à l’échelle du globe en 2020

N° 17 | 25 octobre 2021
ISSN 2078-0796

De nos jours, environ la moitié du dioxyde de carbone Les changements climatiques en cours et leurs
(CO2) d’origine humaine demeure dans l’atmosphère. répercussions, telles que la multiplication des sécheresses
Le reste est absorbé par les océans et les écosystèmes et l’augmentation connexe du nombre et de l’intensité des
terrestres. La fraction des émissions qui demeure dans incendies [2], pourraient limiter l’absorption de CO2 par
l’atmosphère, aussi appelée fraction transportée par l’air les écosystèmes terrestres. Il est également possible que
ou fraction atmosphérique, est un indicateur précieux l’absorption océanique diminue à cause du réchauffement
du rapport qui existe entre les sources et les puits. Elle des eaux de surface, de la baisse du pH provoquée
varie beaucoup d’une année à l’autre et, ces 60 dernières par l’absorption de CO2 [3] et du ralentissement de la
années, sa moyenne annuelle, relativement incertaine, a circulation méridienne océanique dû à la fonte accélérée
oscillé entre 0,2 (20 %) et 0,8 (80 %). Cependant, l’analyse des glaces de mer [4]. Il est indispensable de disposer
statistique montre qu’il n’existe aucune tendance d’informations récentes et exactes sur les variations de la
significative de la valeur moyenne (0,42) de la fraction fraction transportée par l’air pour anticiper les éventuelles
transportée par l’air sur le long terme (environ 60 ans) (voir modifications du rapport entre les sources et les puits.
la figure 1). Cela signifie que seulement 42 % des émissions
anthropiques de CO 2 demeurent dans l’atmosphère. Fort heureusement, on dispose d’informations tirées
Les puits de CO2 terrestres et océaniques augmentent des observations du CO2 atmosphérique effectuées dans
proportionnellement à l’augmentation des émissions. des endroits stratégiques du monde entier au titre du
On ignore encore la manière dont la fraction transportée Programme de la Veille de l’atmosphère globale (VAG)
par l’air va évoluer à l’avenir, compte tenu de l’influence de l’OMM. Ces observations fiables réalisées sur de
déterminante qu’exercent le climat et les changements longues périodes aident à mieux comprendre l’évolution
d’affectation des terres sur les processus d’absorption. de la concentration atmosphérique du CO2 et des autres
gaz à effet de serre (GES), comme on peut le voir dans la
Les variations de la fraction transportée par l’air auront présente édition et les éditions précédentes du Bulletin. Ces
une incidence majeure sur la possibilité de réaliser les données peuvent être associées à d’autres observations
objectifs de l’Accord de Paris, notamment de contenir le (concernant par exemple le rapport entre isotopes stables et
réchauffement mondial bien en deçà de 2 °C, et exigera le rapport oxygène/azote (O2/N2)) et à des modèles inverses
des ajustements du calendrier et/ou de l’ampleur des (qui utilisent des modèles de transport d’indicateurs
engagements en matière de réduction des émissions. atmosphériques). Elles peuvent également permettre

1
Fraction transportée par l’air

TA (estimation)
0,8 AF(1) (données)
AF(2) (données)

0,6

0,4

0,2

0
1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020

Figure 1. Estimation ajustée de la tendance linéaire de la fraction transportée par l’air (TA) sur la période 1960–2016 [1].
Des estimations distinctes de la valeur moyenne annuelle de la fraction transportée par l’air sont représentées par des
lignes en tirets fondées sur deux méthodes, l’une correspondant à un déséquilibre du budget carbone nul (AF(1)) et l’autre
à un déséquilibre du budget carbone non nul (AF(2)). Le fait que la tendance estimée soit légèrement à la hausse n’est pas
statistiquement significatif.
1
d’obtenir des informations quantitatives sur l’intensité des capacités de détection à distance, particulièrement
principaux processus d’absorption de CO2 au sein du cycle dans les régions actuellement sous-échantillonnées
global du carbone et d’analyser la fraction transportée telles que l’Afrique ou d’autres régions tropicales.
par l’air et les facteurs responsables de ses variations [5].
Le dernier rapport sur l’état d’avancement du SMOC
Ces informations fondées sur des observations directes (2021) [6] fait état des récentes améliorations concernant
permettent d’obtenir des projections plus fiables des la disponibilité des observations, notamment grâce
niveaux de CO2 pour les scénarios d’émissions attendus au réseau de surveillance des GES relevant de la VAG
et d’améliorer ainsi les projections climatiques. La figure et des observations par satellite; il indique cependant
2 fournit un exemple d’analyse relative à des observations quatre domaines qui doivent encore être améliorés et
réalisées sur une longue période dans une même station qui consistent à:
qui peuvent servir à déterminer la répartition des émissions
de CO2 émanant de combustibles fossiles entre puits • assurer la durabilité des observations,
terrestres et puits océaniques. Cette analyse se fonde • remédier aux lacunes du système,
sur le fait que, dans le cas de la respiration et de la • assurer un accès permanent, libre et gratuit aux
photosynthèse, le CO2 et l’O2 covarient, tandis qu’ils ne observations,
le font pas pour les échanges gazeux océaniques. Il est • apporter un soutien accru aux politiques découlant
à noter que l’analyse porte sur une période différente de de l’Accord de Paris de la CCNUCC.
celle de la figure 1 et qu’elle ne tient pas compte de toutes
les sources d’incertitude, telles que la représentativité Ce dernier objectif nécessiterait un plus grand nombre
de la station et les incertitudes d’étalonnage. d’observations régionales (grâce à des réseaux urbains
ou participants tels que le Système intégré d’observation
Une durabilité accrue de l’actuel réseau de surveillance du carbone) sur l’ensemble du globe. La VAG de l’OMM
in situ ainsi que des données in situ supplémentaires y contribue, notamment par l’intermédiaire du Système
sont nécessaires pour mieux étayer les politiques mondial intégré d’information sur les gaz à effet de serre
de gestion des GES par des analyses des puits (IG3IS) ([Link] voir également le Bulletin
naturels et des émissions émanant de combustibles sur les gaz à effet de serre – N° 12), où il est indiqué
fossiles et les transposer au niveau régional ou qu’une norme internationale pour la surveillance des
local. Cela va de pair avec un développement des GES en milieu urbain est en cours d’élaboration.

-50
Déviation de la fraction molaire de l’O2 [ppm]

F
-75 2005

Date

-100
Moyenne horaire

αF • F
Ob
se

-125
rv
at
ion
s

2020
-150 Dégazage thermique Z
LUC
Photosynthèse
/Respiration αB • B αLUC • LUC
-175

ΔCa/Δt B O
Photosynthèse
Carbochimie
-200 /Respiration
4.7 ± 0.03 Gt C y-1 2.9 ± 0.68 Gt C y-1 3.1 ± 0.65 Gt C y-1

(44 ± 0.3 %) (27 ± 6.3 %) (29 ± 6.0 %)

-225
360 380 400 420 440 460 480
Fraction molaire du CO2 [ppm]

Figure 2. Analyse du budget carbone mondial à partir des observations du CO2 et de l’O2 réalisées dans la station mondiale
de la VAG de l’OMM établie au Jungfraujoch, en Suisse [7]. L’encadré en haut à droite présente la série chronologique horaire
sous-jacente pour le CO2 et le rapport O2 /N2 de 2005 à 2021. Le résultat final de l’analyse montre que, sur cette période
de 16 ans, le pourcentage des émissions demeurant dans l’atmosphère est de 44 % (ΔC a /Δt = 0,44), celui correspondant
à l’absorption par la biosphère mondiale (B) est de 27 % et celui correspondant à l’absorption océanique mondiale (O) est
de 29 %. La ligne rouge décrit les variations théoriques des niveaux de CO2 et d’O2 sous l’effet des émissions émanant de
combustibles fossiles (F) et des émissions liées aux changements d’affectation des terres (LUC). (Z) représente les variations
du niveau d’O2 dues au dégazage thermique des océans.

2
Résumé
La toute dernière analyse des données d’observation recueillies
par le réseau d’observation in situ du Programme de la VAG
de l’OMM révèle que les fractions molaires1) en surface
moyennées à l’échelle du globe ont atteint de nouveaux pics
en 2020, s’établissant à 413,2 ± 0,2 ppm2) pour le dioxyde
de carbone (CO2), à 1 889 ± 2 ppb3) pour le méthane (CH4)
et à 333,2 ± 0,1 ppb pour l’oxyde nitreux (N2O). Ces valeurs
représentent respectivement 149 %, 262 % et 123 % des niveaux
préindustriels (avant 1750). Le taux d’accroissement du CO2
entre 2019 et 2020 a été légèrement plus faible que le taux
observé entre 2018 et 2019, mais cependant supérieur au taux Station au sol Aéronef Navire Station de comparaison
d’accroissement annuel moyen portant sur les dix années pour les gaz à effet de serre
précédentes, et ce malgré la baisse d’environ 5,6 % des émissions Figure 4. Réseau mondial de la VAG mesurant le CO2 depuis dix ans.
de CO2 provenant des combustibles fossiles en 2020 en raison La surveillance du CH4 est assurée par un réseau similaire.
des restrictions liées à la pandémie de COVID-19. S’agissant du
CH4, son taux d’accroissement de 2019 à 2020 a été supérieur à
celui observé entre 2018 et 2019 et également supérieur au taux autres GES. Avec le dichlorodifluorométhane (CFC-11)
d’accroissement annuel moyen pour les dix années précédentes. et le trichlorofluorométhane (CFC-12), ces trois gaz sont
Quant au NO2, son taux d’accroissement de 2019 à 2020 a été responsables d’environ 96 %(4) [8] du forçage radiatif induit
supérieur à celui observé entre 2018 et 2019 et également par les gaz à effet de serre persistants (figure 3).
supérieur au taux d’accroissement annuel moyen pour les dix
années précédentes. Selon l’indice annuel d’accumulation Toutes les contributions en pourcentage au forçage radioactif
des gaz à effet de serre dans l’atmosphère (AGGI) publié par citées dans le présent Bulletin sont calculées à l’aide de la
l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère méthodologie employée dans [8], utilisent 1750 comme
(NOAA) [8], le forçage radiatif induit par les gaz à effet de serre période de référence et ne prennent en compte que les gaz
persistants s’est accru de 47 % entre 1990 et 2020, le CO2 étant à effet de serre persistants.
à l’origine d’environ 80 % de cette augmentation.
Le Programme de la VAG de l’OMM coordonne les observations
Récapitulatif des observations réalisées par le et les analyses systématiques des gaz à effet de serre et autres
réseau d’observation in situ de la VAG en 2020 éléments à l’état de traces. La figure 4 montre l’emplacement
des stations qui ont servi à mesurer les gaz à effet de serre
Le présent Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre, depuis une décennie. Les données communiquées par les
le dix-septième de la série, rend compte de l’évolution de pays concernés sont archivées et distribuées par le Centre
la concentration atmosphérique et du taux de variation mondial de données relatives aux gaz à effet de serre (CMDGS)
des principaux gaz à effet de serre persistants (CO2, CH4 de l’OMM, qui est hébergé par le Service météorologique
et N2O) et présente un récapitulatif de la contribution des japonais.

AGGI (2020): 1,47 Tableau. Concentrations moyennes annuelles à la


Indice annuel d’accumulation des gaz à effet de serre (AGGI)

3 HFCs* 1,4
HCFCs surface du globe (en 2020) et évolution des principaux
2,5
CFCs*
N2O
1,2 gaz à effet de serre d’après les données transmises par
CH4 le réseau d’observation in situ de la VAG. Les valeurs
1
sont exprimées en fractions molaires d’air sec et les
Forçage radiatif (W.m-2)

CO2
2

0,8 incertitudes correspondent à un intervalle de confiance


1,5 de 68 %. La méthode de calcul de la moyenne est décrite
0,6
dans le rapport N° 184 de la série consacrée à la VAG [11].
1
0,4

0,5
CO2 CH4 N2O
0,2

0 0
Concentration moyenne 413,2±0,2 1889±2 333,2±0,1
mondiale en 2020 ppm ppb ppb
2003

2005

2007

2009
2001
1979

1981
1983

1985

1987

1989

1991

1993

1995

1997

1999

2015
2013

2017

2019
2011

Figure 3. Forçage radiatif atmosphérique (par rapport à 1750) dû aux Concentration en 2020
149 % 262 % 123 %
gaz à effet de serre persistants correspondant à l’actualisation pour par rapport à 1750a
2020 de l’indice AGGI de la NOAA [8]. Il est à noter que les nouveaux
calculs publiés dans le rapport de 2021 du Groupe de travail I du Augmentation en valeur
2,5 ppm 11 ppb 1,2 ppb
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat absolue entre 2019 et 2020
(GIEC) [9] n’ont pas été intégrés dans cette estimation. En plus des
chlorofluorocarbones (CFC), le groupe des «CFC*» comprend d’autres Augmentation en %
gaz à longue durée de vie (CCl4, CH3CCl3, halons, etc.), mais ce sont 0,61 % 0,59 % 0,36 %
entre 2019 et 2020
les CFC proprement dits qui assurent la plus grande part (95 % en
2020) de ce forçage radiatif. Le groupe des «HCFC» comprend les Augmentation annuelle
trois hydrochlorofluorocarbones (HCFC) les plus abondants (HCFC-22,
2,40 8,0 0,99
moyenne en valeur
ppm/an ppb/an ppb/an
HCFC-141b et HCFC-142b). Quant au groupe des «HFC*», il comprend absolue depuis 10 ans
les hydrofluorocarbones (HFC) les plus abondants (HFC-134a, HFC-23,
HFC-125, HFC-143a, HFC-32, HFC-152a, HFC-227ea et HFC-365mfc)
a Selon l’hypothèse d’une fraction molaire préindustrielle de
ainsi que l’hexafluorure de soufre (SF6) dans un souci d’exhaustivité, 278 ppm pour le CO2, de 722 ppb pour le CH4 et de 270 ppb
bien que le SF6 ait été à l’origine d’une petite fraction seulement du pour le N2O. Nombre de stations utilisées pour les analyses:
forçage radiatif imputable à ce groupe en 2020 (13 %). 139 pour le CO2, 138 pour le CH4 et 105 pour le N2O.

3 (Suite page 6)
CarbonWatchNZ: utiliser les mesures atmosphériques à long terme du CO2 pour
mieux comprendre l’absorption du carbone par les forêts en Nouvelle-Zélande.

En Nouvelle-Zélande, les forêts compensent 30 %


des émissions de gaz à effet de serre. Cependant,
les estimations de l’absorption du carbone par les
forêts restent très incertaines. Le rapport national
d’inventaire, qui évalue les progrès accomplis dans
la réalisation des objectifs de réduction des émissions
fixés par la Convention-cadre des Nations Unies sur
les changements climatiques (CCNUCC), utilise, pour
estimer le taux d’absorption du carbone par les forêts,
des mesures du diamètre et de la hauteur des arbres
effectuées par un réseau national de stations [25]. Cette
approche suit les lignes directrices des meilleures
pratiques internationales [26], mais ne permet pas
toujours de rendre compte de l’ensemble des processus
de l’écosystème forestier de manière adéquate.

Des estimations indépendantes établies à partir de


mesures et de modèles relatifs au CO2 atmosphérique
suggèrent que l’absorption du carbone par les forêts
pourrait être fortement sous-estimée, tant par le
–3 –2 –1 0 1 2 3
rapport national d’inventaire que par les modèles de
la biosphère terrestre [27]. Les tout derniers résultats, kg CO2 m an -2 -1

étayés par des mesures et des sorties de modèle


additionnelles, confirment l’existence de ce puit et
montrent qu’il persiste depuis au moins une dizaine Figure 11. Absorption moyenne de la biosphère terrestre de Nouvelle-
Zélande entre 2011 et 2020, établie à partir de mesures et de modèles
d’années (figure 10).
atmosphériques.

Cette absorption de carbone supplémentaire a lieu de nombreuses retombées positives sur le plan
dans un des endroits les plus surprenants du pays, environnemental [27].
à savoir le sud-ouest de l’île Sud, une région qui
regorge de forêts naturelles anciennes (figure 11). La Commission néo-zélandaise sur le changement
On pense depuis longtemps que les forêts naturelles climatique a dernièrement recommandé l’abandon
de Nouvelle-Zélande absorbent moins de carbone progressif de la foresterie de plantation et conseillé
que la foresterie de plantation, qui se compose au pays de se tourner vers la plantation de forêts
principalement d’essences exotiques à croissance naturelles afin de favoriser le stockage du carbone.
rapide. Ces résultats pourraient mener à une nouvelle Cependant, on sait très peu de choses sur la sensibilité
manière plus durable de gérer l’absorption de des forêts naturelles uniques en leur genre de la
carbone par les forêts du pays et qui pourrait avoir Nouvelle-Zélande face aux changements climatiques

100 Données antérieures – modèle Biome-BCG


Inversion - descendante
50

0
Tg CO2 an-1

–50

–100

–150

–200

–250

–300
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Année

Figure 10. Flux de carbone moyen annuel de la biosphère terrestre de Nouvelle-Zélande établi à partir du modèle Biome-BGC (gris) et de mesures et
modèles relatifs au CO2 atmosphérique (vert) [27].

4
Les observations font la lumière sur le cycle du carbone des régions tropicales:
l'Amazonie est une source nette de CO2

4 000 2
2010: 0,51 ppm

Flux climatologique (gC m-2 jour-1)


3 500 2011: 0,52 ppm
3 000 2012: 1,00 ppm 1
Hauteur (m)

2013: 0,87 ppm


2 500
2014: 0,29 ppm
2 000
2016: 1,70 ppm 0
1500 2017: 1,14 ppm
1000 2018: 1,35 ppm
Moyenne: 0,88 ppm −1
500

0
–4,0 –3,0 –2,0 –1,0 0,0 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0
CO 2 – BKG (ppm) −2
Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juill. Août Sept. Oct. Nov. Déc.

Figure 12. Profils verticaux moyens annuels établis à partir des mesures Figure [Link] mensuelle des flux de carbone sur le site ALF, établie
collectées à l’aide d’aéronefs sur le site ALF au Brésil [28]. à partir des données moyennes de la période 2010-2018. La bande grise
indique l’écart type des moyennes mensuelles et la ligne pleine correspond
à la moyenne sur neuf ans du flux de carbone climatologique du sud-est
de l’Amazonie [28].

à venir. Les mesures effectuées actuellement aideront budget carbone mondial, un programme de mesures
à mieux comprendre la sensibilité de ces forêts effectuées à partir d’aéronefs a été lancé en 2010
au changement climatique et la manière dont leur sur quatre sites différents de la région: Alta Floresta
capacité d’absorption du carbone réagira à un monde (ALF), Rio Branco (RBA), Santarém (SAN) et Tabatinga/
en mutation. Tefé (TAB/TEF). Les profils verticaux s’étendent de la
proche surface à environ 4,5 km au-dessus du niveau
Les régions tropicales comme l’Amazonie jouent de la mer, et les données rassemblées permettent
un rôle important dans le bilan carbone mondial. d’établir le bilan du flux de surface d’une large partie
L’Amazonie abrite la plus grande forêt tropicale de la de l’Amazonie (environ 80 % du bassin de l’Amazone
planète, mais comme c’est le cas pour d’autres régions en Amérique du Sud). Au total, 600 profils verticaux
tropicales, on y réalise un nombre limité d’observations du CO2 et du CO ont été collectés à l’aide d’aéronefs
in situ, pourtant nécessaires pour déterminer les entre 2010 et 2018 [28].
flux de carbone à grande échelle. Afin d’améliorer
les estimations de la contribution de l’Amazonie au La figure 12 montre les profils verticaux moyens
annuels qui ont été obtenus. C’est la région du
sud-est, prise en compte par le site ALF (8,80° S,
10˚

56,75° W; voir la figure 13), qui rejette le plus de CO2


dans l’atmosphère (figure 14), suivie de la région du
nord‑est. Au contraire, les gradients verticaux des
sites de la partie ouest (non représentés ici) indiquent

un bilan carbone presque neutre ou la présence


de puits de carbone. D’après les gradients de CO2
des profils verticaux moyens annuels et les flux de
-10˚

carbone estimés de ces sites, les zones qui sont les


plus touchées par les changements dans l’utilisation
et la couverture des sols sont aussi celles qui rejettent
davantage de carbone dans l’atmosphère. Les régions
-20˚

de la partie est de l’Amazonie connaissent de très


fortes hausses de températures pendant la saison
sèche, une diminution des précipitations ainsi qu’une
importante déforestation depuis une quarantaine
-30˚

d’années. À l’opposé, les régions de la partie ouest


-80˚ -70˚ -60˚ -50˚ -40˚ -30˚ sont sujettes à des perturbations d’origine humaine
Figure 13. Empreinte établie à partir des mesures collectées à l’aide
relativement limitées et à une évolution climatique
d’aéronefs sur le site ALF (surface moyennée entre 2010 et 2018). plutôt modérée durant la saison sèche.

5
Les résultats du CMDGS relatifs aux concentrations moyennes 420
et aux taux d’accroissement à l’échelle du globe dont il est a)

Fraction molaire du CO2 (ppm)


410
fait mention ici diffèrent légèrement, pour les années
considérées, de ceux communiqués par la NOAA [10] car 400
les stations utilisées, les méthodes de calcul des moyennes
390
et les périodes auxquelles se rapportent les chiffres ne sont
pas exactement les mêmes. Le CMDGS applique la procédure 380
décrite en détail dans la publication intitulée GAW Report
370
No. 184 [11]. Les résultats relatifs à la concentration de CO2
diffèrent légèrement de ceux figurant dans les précédents 360
numéros du Bulletin sur les gaz à effet de serre (d’environ
350
0,2 ppm), car les données sont désormais transmises selon
la nouvelle échelle d’étalonnage du CO2 adoptée par l’OMM 340
(WMO-CO2-X2019) [12]. Les données historiques ont donc été 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020
converties selon la nouvelle échelle pour assurer la cohérence Année
des tendances rapportées. 4,0

Taux d’accroissement du CO2 (ppm/an)


b)

Le tableau présente les concentrations atmosphériques,


moyennées à l’échelle du globe, des trois principaux gaz à effet 3,0
de serre en 2020 et l’évolution de ces concentrations depuis
2019 et depuis 1750. Ne sont pas prises en compte pour cette
analyse mondiale les données provenant de stations mobiles 2,0
(représentées par des triangles bleus et des losanges orange
sur la figure 4), à l’exception des données d’échantillonnage
de la NOAA concernant le Pacifique oriental. 1,0

Les trois gaz à effet de serre du tableau sont étroitement liés


aux activités humaines et interagissent par ailleurs fortement 0,0
1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020
avec la biosphère et les océans. Pour prévoir l’évolution des
Année
concentrations atmosphériques de ces gaz, il est nécessaire
de disposer de données quantitatives sur leurs multiples Figure 6. Évolution, à l’échelle du globe, de la valeur moyenne de la
sources et puits ainsi que sur leurs transformations chimiques fraction molaire du CO2 a) et de son taux d’accroissement b) de 1984
qui se produisent dans l’atmosphère. Les observations de à 2020. Les colonnes ombrées b) font apparaître les différences entre
les moyennes annuelles successives. La ligne rouge a) correspond à
la VAG livrent de précieuses informations sur les limites la moyenne mensuelle, abstraction faite des variations saisonnières;
dans lesquelles s’inscrivent les bilans de ces gaz et des les points et la ligne en bleu correspondent aux moyennes mensuelles.
autres gaz à effet de serre persistants. Elles servent aussi Cette analyse repose sur les observations de 139 stations.
à améliorer les estimations des émissions et à évaluer les
données satellitaires sur les gaz à effet de serre persistants
moyennés sur la colonne correspondante. L’IG3IS fournit des contributions relatives des autres gaz au forçage radiatif total
informations supplémentaires sur les sources de gaz à effet depuis l’époque préindustrielle sont indiquées dans la figure 5.
de serre aux niveaux national et infranational.
Dioxyde de carbone (CO2)
L’indice AGGI de la NOAA mesure l’augmentation du forçage
radiatif total causé par l’ensemble des gaz à effet de serre Le dioxyde de carbone est le gaz à effet de serre d’origine
persistants depuis 1990 [8]. Il s’est établi à 1,47 en 2020, ce humaine le plus abondant dans l’atmosphère, puisqu’il
qui représente une augmentation du forçage radiatif total de contribue pour quelque 66 % 4) au forçage radiatif induit par
47 %4) depuis 1990 et de 1,8 % entre 2019 et 2020 (figure 3). La les gaz à effet de serre persistants. De plus il contribue pour
valeur de ce forçage radiatif en 2020 (3,18 W/m2) correspond 82 % 4) environ à l’augmentation de ce forçage depuis une
à une fraction molaire de 504 ppm en équivalent CO2 [8]. Les décennie et également pour 82 % environ à l’augmentation
observée ces cinq dernières années. La fraction molaire
préindustrielle de 278 ppm représentait une situation
d’équilibre des flux entre l’atmosphère, les océans et la
biosphère terrestre. En 2020, la fraction molaire moyenne
de CO2 à l’échelle du globe s’est établie à 413,2 ± 0,2 ppm
(figure 6). L’augmentation de la moyenne annuelle entre
2019 et 2020 (2,5 ppm) a été légèrement plus faible qu’entre
2018 et 2019, mais cependant légèrement supérieure à la
moyenne du taux d’accroissement annuel des dix années
précédentes (2,40 ppm/an), malgré la diminution d’environ
5,6 % des émissions de CO2 provenant des combustibles
fossiles en 2020 par suite des restrictions liées à la pandémie
de COVID-19 [13]. Il est à noter que la concentration moyenne
de CO2 à la surface du globe pour 2019 mentionnée dans le
seizième Bulletin sur les gaz à effet de serre a été modifiée,
passant de 410,5 ppm à 410,7 ppm, par suite de la remise
à niveau de toutes les données selon la nouvelle échelle
d’étalonnage CO2-X2019 [12].
Figure 5. Contributions des principaux gaz à effet de serre persistants
à l’augmentation du forçage radiatif mondial depuis l’époque En 2020, la teneur de l’atmosphère en CO2 s’établissait à 149 %
préindustrielle jusqu’en 2020 [8]. de ce qu’elle était à l’époque préindustrielle, essentiellement

6
1950 335
Fraction molaire du CH4 (ppm) a) a)

Fraction molaire du N2O (ppb)


1900 330

1850 325

1800 320

1750 315

1700 310

1650 305

1600 300
1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020
Année Année
20 2,0

Taux d’accroissement du N2O (ppb/an)


Taux d’accroissement du CH4 (ppb/an)

b) b)

15
1,5

10
1,0
5

0,5
0

-5 0,0
1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020
Année Année

Figure 7. Évolution, à l’échelle du globe, de la valeur moyenne de la Figure 8. Évolution, à l’échelle du globe, de la valeur moyenne de la
fraction molaire du CH4 a) et de son taux d’accroissement b) de 1984 fraction molaire du N2O a) et de son taux d’accroissement b) de 1984
à 2020. Les colonnes ombrées b) font apparaître les différences entre à 2020. Les colonnes ombrées b) font apparaître les différences entre
les moyennes annuelles successives. La ligne rouge a) correspond à les moyennes annuelles successives. La ligne rouge a) correspond à la
la moyenne mensuelle, abstraction faite des variations saisonnières; moyenne mensuelle, abstraction faite des variations saisonnières; sur
les points et la ligne en bleu correspondent aux moyennes mensuelles. ce graphique, la ligne rouge chevauche les points et la ligne en bleu
Cette analyse repose sur les observations de 138 stations. qui correspondent aux moyennes mensuelles. Cette analyse repose
sur les observations de 105 stations.

à cause des émissions résultant de la combustion des à l’augmentation de 8 ppb enregistrée entre 2018 et 2019 et
combustibles fossiles et de la production de ciment. Selon au taux d’accroissement annuel moyen des dix dernières
l’Agence internationale de l’énergie, les émissions de CO2 années. Après avoir atteint quelque 12 ppb par an à la fin
provenant des combustibles fossiles ont atteint 31,5 GtCO25) des années 80, le taux d’accroissement annuel moyen du
en 2020, en baisse par rapport aux 33,4 GtCO2 en 2019 [14]. CH4 a diminué pour se stabiliser à une valeur proche de zéro
Selon l’étude menée en 2020 dans le cadre du Projet mondial entre 1999 et 2006. Depuis 2007, la concentration de CH4
sur le carbone (GCP), la déforestation et autres changements atmosphérique a augmenté jusqu’à atteindre, en 2020, 262 %
d’affectation des terres sont responsables de 5,7 GtCO2 /an du niveau qu’elle avait à l’époque préindustrielle du fait de
(moyenne pour la période 2010–2019). Sur l’ensemble des l’accroissement des émissions anthropiques. D’après des
émissions qui ont résulté des activités humaines entre 2010 études fondées sur les mesures du CH4 effectuées dans le
et 2019, 46 % environ se sont accumulées dans l’atmosphère, cadre de la VAG, cette augmentation récente est probablement
23 % dans les océans et 31 % sur les terres émergées; le solde due à une hausse des émissions de méthane provenant des
non attribué est de 0,4 % [15]. La fraction du CO2 résultant de terres humides des régions tropicales ainsi que de sources
la combustion des combustibles fossiles qui demeure dans anthropiques aux latitudes moyennes de l’hémisphère Nord.
l’atmosphère (la fraction transportée par l’air) varie d’une
année à l’autre en raison de la forte variabilité naturelle des Des études récentes ont par ailleurs mis en évidence les
puits de CO2, sans tendance générale discernable (voir aussi avantages climatiques à court terme et la rentabilité des
l’article en couverture). mesures de réduction des émissions de méthane [17].
Quelques mesures correctives sont présentées dans
Méthane (CH4) l’évaluation mondiale du méthane menée par le Programme
des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) [18].
Le méthane contribue pour quelque 16 % 4) au forçage
radiatif induit par les gaz à effet de serre persistants. Oxyde nitreux (N2O)
Environ 40 % des rejets de méthane dans l’atmosphère
sont d’origine naturelle (zones humides, termites, etc.) et L’oxyde nitreux contribue pour quelque 7 % 4) au forçage
environ 60 % d’origine humaine (élevage de ruminants, radiatif induit par les gaz à effet de serre persistants, ce qui le
riziculture, exploitation de combustibles fossiles, décharges, place au troisième rang des facteurs du forçage combiné. Ses
combustion de biomasse, etc.) [16]. Moyennée à l’échelle du émissions dans l’atmosphère sont d’origine naturelle (environ
globe, la teneur de l’atmosphère en CH4, calculée à partir 60 %) et humaine (environ 40 %) et proviennent notamment
d’observations in situ, a atteint un nouveau pic en 2020 des océans, des sols, de la combustion de biomasse, des
– 1 889 ± 2 ppb –, soit une augmentation de 11 ppb par rapport engrais et de divers procédés industriels. Moyennée à l’échelle
à l’année précédente (figure 7). Cette hausse est supérieure du globe, la fraction molaire du N2O a atteint 333,2 ± 0,1 ppb

7
30 600
a) SF 6 et halocarbures b) halocarbures

25 500
Fraction molaire (ppt)

Fraction molaire (ppt)


CFC-12
20 HCFC-141b 400

15 300 CFC-11
HCFC-142b

10 200 HCFC-22
CH3CCl3
SF6
5 100 CCl4

HFC-152a
CFC-113 HFC-134a
0 0
1995 2000 2005 2010 2015 2020 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020
Année Année

Figure 9. Évolution des valeurs de la fraction molaire mensuelle moyenne du SF6 et des principaux halocarbures: (a) SF6 et halocarbures à faible
fraction molaire; (b) halocarbures à fraction molaire plus élevée. Nombre de stations utilisées pour les analyses de chaque gaz: SF 6 (87), CFC-11 (23),
CFC-12 (25), CFC-113 (22), CCl4 (22), CH3CCl3 (25), HCFC-141b (10), HCFC-142b (15), HCFC-22 (14), HFC-134a (11), HFC-152a (10).

en 2020, soit 1,2 ppb de plus que l’année précédente (figure 8) programme d’observation de la VAG, avec le soutien des
et 123 % du niveau qu’elle avait à l’époque préindustrielle Membres de l’OMM et des réseaux participants [22].
(270 ppb). La hausse enregistrée entre 2019 et 2020 a été
supérieure à celle survenue entre 2018 et 2019 ainsi qu’au Remerciements et sites Internet
taux d’accroissement moyen calculé sur les dix dernières
années (0,99 ppb/an). Les émissions mondiales de N 2 O Cinquante-cinq Membres de l’OMM ont transmis des données sur
d’origine humaine, qui sont principalement dues aux apports le CO2 et d’autres gaz à effet de serre au CMDGS relevant de la VAG.
d’engrais azotés, ont augmenté de 30 % au cours des quatre Environ 40 % des relevés communiqués au CMDGS proviennent de
dernières décennies pour atteindre 7,3 (fourchette: 4,2-11,4) stations qui font partie du réseau coopératif d’échantillonnage d’air
millions de tonnes d’azote par an. L’agriculture, par l’emploi relevant du Laboratoire de recherche sur le système terrestre (ESRL)
d’engrais azotés et de fumier, est responsable de 70 % de de la NOAA. Pour les autres réseaux et stations, voir le rapport N° 255
toutes les émissions anthropiques de N2O. L’augmentation de la série consacrée à la VAG [23]. Les données d’observation du
de la teneur de l’atmosphère en N2O est principalement due réseau AGAGE (Advanced Global Atmospheric Gases Experiment)
à cette progression [19]. ont également été utilisées. Les stations d’observation de la VAG
qui ont fourni des données utilisées pour établir le présent Bulletin
Autres gaz à effet de serre (voir la figure 4) apparaissent dans la liste des stations participantes
figurant sur le site Web du CMDGS ([Link] [Link]/).
Les chlorofluorocarbones (CFC) destructeurs d’ozone Elles sont par ailleurs décrites dans le système d’information sur
stratosphérique, qui sont réglementés par le Protocole de les stations de la VAG (GAWSIS) ([Link] [Link])
Montréal, et les gaz halogénés mineurs contribuent à hauteur administré par MétéoSuisse (Suisse). Le présent Bulletin est rédigé
d’environ 11 % 4) au forçage radiatif induit par les gaz à effet sous la supervision du Groupe consultatif scientifique pour les gaz
de serre persistants. Si les CFC et la plupart des halons sont à effet de serre de la VAG.
en baisse, certains hydrochlorofluorocarbones (HCFC) et
hydrofluorocarbones (HFC), qui sont également de puissants Comité de rédaction
gaz à effet de serre, augmentent à un rythme relativement
rapide, même si les concentrations relevées sont encore Alex Vermeulen (Système intégré d’observation du carbone –
faibles (de l’ordre de la ppt6)). Le réseau d’observation actuel Consortium pour une infrastructure européenne de recherche
des CFC ne permet pas de détecter les principales sources (ICOS ERIC)/ Université de Lund, Suède), Yousuke Sawa (Service
d’émissions en temps opportun [20]. Bien que sa concentration météorologique japonais, CMDGS, Japon) et Oksana Tarasova (OMM)
soit tout aussi faible, le SF6 est un gaz à effet de serre persistant
extrêmement puissant. Produit par l’industrie chimique,
il est surtout utilisé comme isolant dans les systèmes de Auteurs (par ordre alphabétique)
distribution électrique. Sa fraction molaire représente plus
du double aujourd’hui de ce qu’elle était vers le milieu des Luana Basso (Institut national de recherches spatiales, Brésil),
années 90 (figure 9 a)). Andy Crotwell (ESRL NOA A, Institut coopératif de recherche
en sciences de l’environnement, Université du Colorado à Boulder,
Le présent Bulletin traite principalement des gaz à effet de serre États‑Unis d’Amérique), Han Dolman (Université libre d’Amsterdam,
persistants. L’ozone troposphérique, qui a une durée de vie Pays-Bas), Luciana Gatti (Institut national de recherches spatiales,
relativement courte, provoque un forçage radiatif comparable Brésil), Christoph Gerbig (Institut Max Planck de biogéochimie,
à celui qu’induisent les halocarbures [21]. Beaucoup d’autres Allemagne), David Griffith (Université de Wollongong, Australie),
polluants, tels que le monoxyde de carbone (CO), les oxydes Bradley Hall (ESRL NOAA, États-Unis d’Amérique), Armin Jordan
d’azote et les composés organiques volatils, bien qu’ils ne (Institut Max Planck de biogéochimie, Allemagne), Paul Krummel
soient pas assimilés à des gaz à effet de serre, ont une légère (Organisation de re cherche scientif ique e t indus trielle du
influence – directe ou indirecte – sur le forçage radiatif [9]. Commonwealth, Australie), Markus Leuenberger (Université de
Les aérosols (particules en suspension) sont des substances Berne, Suisse), Zoë Loh (Organisation de recherche scientifique et
éphémères qui ont aussi une incidence sur le bilan radiatif. industrielle du Commonwealth, Australie), Sara Mikaloff-Fletcher
Tous les gaz mentionnés dans le présent Bulletin ainsi que (GNS Science, Manaaki Whenua – Landcare Research, et Université de
les aérosols font l’objet d’une surveillance dans le cadre du Waikato, Nouvelle-Zélande), Yousuke Sawa (Service météorologique

8
japonais, CMDGS, Japon), Michael Schibig (Université de Berne, Nairobi, PNUE, [Link]
Suisse), Oksana Tarasova (OMM), Jocelyn Turnbull (GNS Science, methane-assessment-benefits-and-costs-mitigating-methane-
Nouvelle-Zélande/Institut coopératif de recherche en sciences de emissions.
l’environnement, Université du Colorado à Boulder, États-Unis [19] Tian, H. et al., 2020: A comprehensive quantification of
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bg-16-3651-2019. [Link]/[Link]?lvl=notice_display&id=20668#.
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Laboratory, 2020: Trends in atmospheric carbon dioxide,
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[11] Tsutsumi, Y. et al., 2009: Technical Report of Global Analysis Division de la recherche sur l’environnement atmosphérique
Method for Major Greenhouse Gases by the World Data Département des sciences et de l’innovation
Center for Greenhouse Gases (WMO/ TD-No. 1473). GAW Genève, Suisse
Report No. 184. Genève, OMM, [Link] Courriel: gaw@[Link]
php?lvl=notice_display&id=12631. Site Web: [Link]
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s41558-020-0797-x.
[14] International Energy Agency, 2021: Global energy review:
CO 2 emis sions in 2020, ht tp s: // w w [Link] /ar tic le s /
Notes:
global-energy-review-co2-emissions-in-2020. 1) L’expression «frac tion molaire» est employée de préférence à
[15] Friedlingstein, P. et al., 2020: Global Carbon Budget 2020. Earth
«concentration» lorsqu’on parle d’un mélange de gaz ou de fluides.
System Science Data, 12(4): 3269–3340, [Link] En chimie atmosphérique, elle sert à exprimer la concentration comme
essd-12-3269-2020. étant le nombre de moles d’un composé par mole d’air sec.
[16] Saunois, M. et al., 2020: The Global Methane Budget 2000- 2) ppm = nombre de molécules du gaz considéré par million (10 6) de
2017. Earth System Science Data, 12(3): 1561–1623, [Link] molécules d’air sec.
3) ppb = nombre de molécules du gaz considéré par milliard (10 9) de
org/10.5194/essd-12-1561-2020.
[17] Nisbet, E.G. et al., 2020: Methane mitigation: methods to molécules d’air sec.
4) Ce pourcentage correspond à la contribution relative du gaz mentionné
reduce emissions, on the path to the Paris Agreement.
à l’accroissement du forçage radiatif mondial dû à l’ensemble des gaz
Reviews of Geophysics, 58(1): e2019RG000675, [Link] à effet de serre persistants depuis 1750.
org/10.1029/2019RG000675. 5) 1 GtCO2 = 1 milliard (10 9) de tonnes de dioxyde de carbone
[18] UNEP and Climate and Clean Air Coalition, 2021: Global Methane 6) ppt = nombre de molécules du gaz considéré par billion (1012) de molécules
Assessment: Benefits and Costs of Mitigating Methane Emissions. d’air

9
Quelques stations d’observation des gaz à effet de serre

Mont Kenya (MKN) Barrow (BRW)

Photo: NOAA
Officiellement établi en 1973, le Barrow Atmospheric
Baseline Obser vator y (Obser vatoire de référence

Photo: OMM
atmosphérique de Barrow) (BRW) est la station de la
NOAA qui se situe la plus au nord et qui est le plus ancien
observatoire du climat atmosphérique fonctionnant sans
interruption de l’Arctique. Située à 8 km au nord‑est
d’Utqiaġvik (anciennement Barrow) en Alaska, la station
La station de la VAG au mont Kenya (identifiant de station: BRW est établie à dessein au vent des habitations
MKN) est établie sur le versant nord-ouest du mont Kenya, humaines, dans une zone isolée qui permet de surveiller
à proximité de la route Sirimon et à environ 5 km au la composition d’un air non altéré par des sources de
sud‑ouest et 200 m au-dessous de Timau Hill [24]. Elle est pollution atmosphérique régionales.
exploitée par le Service météorologique kényan de Nairobi.
La station a pour but d’effectuer des mesures sur le long Le bâtiment original de l’observatoire, d’une superficie de
terme des gaz à effet de serre et des aérosols en Afrique 74 m2, a été construit en 1973 et a accueilli de nombreuses
équatoriale, ainsi que de déterminer la contribution des activités de mesure des variables climatiques à long terme
brûlis et des activités de déboisement sur l’accumulation et des expériences de plus courte durée au cours de son
d’ozone dans la région. Le mont Kenya est une montagne existence. Après 47 ans, la bâtisse ne répondait plus aux
d’origine volcanique isolée et de forme presque conique, besoins des chercheurs et a été remplacée en 2020 par un
qui se détache légèrement de l’avant-pays qui l’entoure nouveau bâtiment principal complété par des structures
(1 800-2 000 mètres au-dessus du niveau de la mer) et portantes, pour une surface totale de 273 m2. La nouvelle
s’élève à environ 4 300 mètres au-dessus du niveau de la infrastructure comprend une plateforme emménagée sur
mer. La zone est protégée et fait partie du Parc national le toit, une tour d’échantillonnage de 30 m de haut, une
du mont Kenya depuis 1949 et a été désignée comme site plateforme permettant de loger deux conteneurs de 6 m
classé au patrimoine mondial en 1997. pour les missions scientifiques de courte durée ainsi qu’une
connexion en fibre optique à haut-débit reliée au reste des
Le bâtiment de la station est composé de deux conteneurs équipements voisins fournis par les États-Unis, qui ont été
mobiles entièrement équipés et mis en service en Allemagne transférés dans le nouveau bâtiment à la fin de l’année
par l’Institut de météorologie et de recherche sur le climat 2020. Aujourd’hui, la station BRW permet d’effectuer plus
– recherche sur l’environnement atmosphérique du Centre de 200 mesures et de mener ainsi des recherches sur la
de recherche de Karlsruhe (FZK). La station a été expédiée composition de l’atmosphère, le climat, le rayonnement
au Kenya d’un seul bloc et a été inaugurée en octobre 1999. solaire, les aérosols et l’ozone stratosphérique.
Elle fait partie du réseau d’échantillonnage en flacons du
Global Monitoring Laboratory de la NOAA, qui analyse
des échantillons de CO, CO2, N2O, CH4, H2, SF6 ainsi que
les isotopes d’hydrogène et d’oxygène. L’étalonnage
des instruments est effectué tous les deux ans par le
Laboratoire fédéral suisse d’essai des matériaux et de
recherche (EMPA). La station est alimentée par une ligne
électrique terrestre de 26 km qui traverse la forêt tropicale.

Emplacement Emplacement
Pays: Kenya Pays: États-Unis d’Amérique
Latitude: 0,0622° S Latitude: 71.323° N
Longitude: 37.2922° E Longitude: 156.611° W
Altitude: 3 644 mètres au-dessus Altitude: 11 mètres au-dessus
JN 211369

du niveau de la mer du niveau de la mer


Fuseau horaire: Heure locale = UTC + 3 Fuseau horaire: Heure locale = UTC – 9

10

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