Mathématiques pour ingénieurs : Analyse et Algèbre
Mathématiques pour ingénieurs : Analyse et Algèbre
et Algèbre
Christophe BOURLIER
Chargé de Recherche CNRS au laboratoire IETR, Site de Nantes
Cours ETN3
Département ETN, Polytech’Nantes
25 juillet 2012
ii
Table des matières
iii
iv TABLE DES MATIÈRES
3 Analyse vectorielle 31
3.1 Champs scalaire et vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.2 Circulation d’un champ vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.3 Flux d’un champ vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.4 Gradient et potentiel scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.5 Rotationnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.6 Divergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.7 Laplacien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.8 Opérateurs en coordonées cylindriques et sphèriques . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.8.1 Coefficients métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.8.2 Expression des opérateurs vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4 Calcul matriciel 43
4.1 Matrices rectangulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.1.2 Addition matricielle et multiplication par un scalaire . . . . . . . . . . . . 44
4.1.3 Multiplication matricielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4.1.4 Transposée d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.1.5 Matrice et systèmes d’équations linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.1.6 Résumé des propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2 Cas des matrices carrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.2.1 Diagonale, trace d’une matrice, matrice identité . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.2.2 Puissance d’une matrice, polynômes de matrices . . . . . . . . . . . . . . 49
TABLE DES MATIÈRES v
A TDs du chapitre 1 I
A.1 Développement limité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I
A.2 Limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I
A.3 Primtive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . II
A.4 Intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . II
A.5 Equation différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . II
B TDs du chapitre 2 V
B.1 Dérivées partielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . V
B.2 Différentation des fonctions composées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . V
B.3 Intégrale Curviligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI
B.4 Intégrale double . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VII
B.5 Extrema . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VII
C TDs du chapitre 3 IX
C.1 Rotationnel et intégrale curviligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX
C.2 Equation de propagation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX
C.3 Opérateurs vectoriels en coordonnées sphériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . X
D TDs du chapitre 4 XI
D.1 Addition matricielle et multiplication scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XI
D.2 Produit de matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XI
D.3 Transposée d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XII
0 TABLE DES MATIÈRES
Bibliographie XXXI
Table des figures
1
2 TABLE DES FIGURES
1 Fonction d’une seule variable
réelle
Exemple 1.1 Si
1
f (x) = ln ,
(x − 1)(x − 3)
alors Df =] − ∞; 1[∪]3; +∞[. C’est l’ensemble ou le dénominateur est positif et non nul. Soit
(x − 1)(x − 3) > 0.
Exemple 1.2 Si
f (x) = − ln(x − 1) − ln(x − 3),
alors Df =]3; +∞[. C’est l’ensemble pour lequel chacun des arguments des fonctions logarith-
miques est strictement positif. Soit x − 1 > 0 et x − 3 > 0.
Définition 1.2 Image. On appelle image de f , If , l’ensemble de toutes les valeurs possibles de
f (x).
p
Exemple 1.3 Si f (x) = |x|, alors Df =] − ∞; +∞[ et If = [0; +∞[.
√
Exemple 1.4 Si f (x) = x, alors Df = [0; +∞[ et If = [0; +∞[.
Définition 1.3 Bijective. Soit l’application f de E dans F , alors f est bijective si tout élément
de F (arrivée) admet alors un antécédent et un seul dans E (départ).
Définition 1.4 Fonction Réciproque. Si f est une bijection de E dans F , alors pour tout y de
F , il existe un unique x de E tel que y = f (x). On peut donc définir x comme l’image de y
par l’application réciproque de f notée f −1 . Dans un repère orthonormé, le graphe de f −1 est
symétrique de celui de f par rapport à la bissectrice d’équation y = x.
3
4 CHAPITRE 1. FONCTION D’UNE SEULE VARIABLE RÉELLE
Exemple 1.5 Par exemple la fonction “racine carrée” est une bijection de Df = [0, +∞[ sur
lui même (If = Df ), dont la réciproque est la fonction “carrée”, mais prise uniquement sur
[0, +∞[.
Définition 1.5 Paire. Une fonction est dite paire, si ∀x ∈ Df , −x ∈ Df , f (−x) = +f (x).
Définition 1.6 Impaire. Une fonction est dite impaire, si ∀x ∈ Df , −x ∈ Df , f (−x) = −f (x).
Exemple 1.6 La fonction f (x) = x2 est une fonction paire tandis que la fonction f (x) = x3
est une fonction impaire.
Théorème 1.1 “Théorèmes des gendarmes”. Si au voisinage de a, fini ou non, h(x) ≤ f (x) ≤
g(x) et si lim h = lim g = L alors lim f = L.
x→a x→a x→a
Théorème 1.3 Opération sur les limites. Avec les conventions de calcul sur ±∞, et surtout
lorsque le membre de droite de ces égalités ne conduit pas à une forme indéterminée, on montre
les résultats suivants (toutes les limites sont au même point) : lim(f + g) = lim f + lim g,
lim(f g) = lim f lim g, lim(f /g) = lim f / lim g.
Exercice 1.2 Calculer la limite de f (x) = 2x3 − 5x pour x → +∞. Montrer pour un polynôme
de degré n défini par f (x) = an xn + an−1 xn−1 + . . . + a1 x + a0 avec an réel est différent de zéro,
que lim f = lim an xn .
x→±∞ x→±∞
Théorème 1.4 Limite d’une fonction rationnelle. Lorsque x tend vers ±∞, une fonction ra-
tionnelle a la même limite que, le quotient de ses termes de plus haut degré.
1.3. CONTINUITÉ 5
0 ∞
, , 0 × ∞, 1∞ , +∞ − ∞ , (1.1)
0 ∞
f (x) f 0 (a)
lim = lim 0 . (1.2)
x→a g(x) x→a g (a)
1.3 Continuité
Définition 1.7 Continuité. Une fonction f , définie au voisinage d’un réel a, est dite continue
en a, si lim = f (a) = L où L est un nombre fini.
x→a
Théorème 1.5 Continuité d’une fonction polynôme. Toute fonction polynôme est continue sur
l’ensemble des réels.
Théorème 1.6 Continuité d’une fonction rationnelle. Une fonction rationnelle est continue sur
son domaine de définition.
Théorème 1.7 Si f est continue sur [a; b] et si f (a)f (b) < 0, alors l’équation f (x) = 0 admet
au moins une solution dans ]a; b[.
Exercice 1.5 Montrer que l’équation f (x) = x4 + 5x3 − x2 + x − 1 admet au moins une solution
dans ]a; b[.
6 CHAPITRE 1. FONCTION D’UNE SEULE VARIABLE RÉELLE
Théorème 1.8 Si f est continue et strictement monotone (croissante ou décroissante) sur [a; b]
et si f (a)f (b) < 0, alors l’équation f (x) = 0 admet une solution unique dans ]a; b[.
Théorème 1.9 Si f est continue et strictement croissante (resp. décroissante) sur [a; b], alors
f réalise une bijection de [a; b] sur [f (a); f (b)] (resp. [f (b); f (a)]).
Définition 1.8 Prolongement par continuité. Si f n’admet pas de valeur en a mais admet une
6 a, pour que cette
limite finie L en a, il suffit de poser f1 (a) = L et f1 (x) = f (x) pour x =
nouvelle fonction f1 soit continue en a. On dit alors que f1 est un prolongement par continuité
de f en a.
sin(x)
Exercice 1.6 Prolonger par continuité en zéro la fonction f (x) = .
x
1.4 Dérivée
Définition 1.9 Dérivée en un point. Une fonction f est dérivable en x0 si et seulement si le
taux d’accroissement de f en x, admet une limite finie quand x tend vers x0 et on note
Exercice 1.7 Donner une interprétation physique de la dérivée et donner l’équation de la tan-
gente en x0 à la courbe correspondante à f .
Définition 1.10 Dérivée à droite, dérivée à gauche. Il se peut que le taux d’accroissement
f (x)−f (x0 )
x−x0 ait une limite à gauche seulement, on dit alors que f est dérivable à gauche, mais
pas dérivable. On définit de même la dérivée à droite. Si les dérivées à droite et à gauche sont
différentes, alors la fonction n’est pas dérivable.
Théorème 1.11 Croissance et décroissance d’une fonction. Si f est une fonction dérivable sur
l’intervalle [a; b], alors f est croissante sur [a; b], ssi ∀x ∈ [a; b], f 0 (x) ≥ 0 et f est décroissante
sur [a; b], ssi ∀x ∈ [a; b], f 0 (x) ≤ 0.
Théorème 1.12 Point d’inflexion. Si f est une fonction deux fois dérivable sur un intervalle
[a; b], alors f est convexe sur [a; b] ssi et f 00 (x) ≥ 0 est concave sur [a; b] ssi et f 00 (x) ≤ 0 . Si
f 00 (x) s’annule et change de signe en x0 , alors f présente en x0 un point d’inflexion.
Fonctions Dérivées
cos(x)
sin(x)
tan(x)
f (x) + g(x)
f (x)g(x)
f (x)/g(x)
ln[f (x)]
exp[f (x)]
[f (x)]g(x)
f −1 (x)
arctan(x)
arccos(x)
p
f (x)
[f (x)]p
(x − x0 )n (n)
f (x) = f (x0 ) + (x − x0 )f 0 (x0 ) + . . . + f (x0 ) + o [(x − x0 )n ] . (1.4)
n!
y(x)
Notation de Landau : on note y(x) = o [(x − x0 )n ] si lim est nulle. La formule de
(x − x0 )n
x→x0
Mac-Laurin est obtenue pour x0 = 0. Le tableau ci-dessous donne les développements limités de
quelques fonctions.
Fonctions Dérivées
x2 x4 x2n
cos(x) 1− + − . . . + (−1)n + o(x2n )
2! 4! (2n)!
x3 x5 x2n+1
sin(x) x− + − . . . + (−1)n + o(x2n+1 )
3! 5! (2n + 1)!
x2 xn
exp(x) 1+x+ + ... + + o(xn )
2! n!
1
1 − x + x2 − x3 + . . . + (−1)n xn + o(xn )
1+x
1.6 Intégrale
Définition 1.11 Intégrale définie. Soit un axe orienté (Ox) sur lequel on place deux points A1
et A2 d’abscisses respectives a1 et a2 (a2 > a1 ). Divisons le segment [A1 A2 ] en petits segments
1.6. INTÉGRALE 9
à l’aide des points arbitraires d’abscisses successives x1 , x2 , . . ., xn−1 et considérons les abs-
cisses ξ1 , ξ2 , . . ., ξn situées respectivement dans les intervalles [a1 ; x1 ], [x1 ; x2 ], . . ., [xn−1 ; a2 ].
Considérons maintenant une fonction f (x) définie et continue sur [a1 ; a2 ] ; au point d’abscisse
ξn , elle prend la valeur yn = f (xn ).
A la fonction f , on associe la somme Sn (qui est une somme de Riemann)
i=n
X
Sn = y1 (x1 − a1 ) + y2 (x2 − x1 ) + . . . + yn (a2 − xn1 ) = yi ∆xi ,
i=1
Z a2 i=n
X
I= f (x)dx = lim yi ∆xi , (1.5)
a1 n→+∞
i=1
Si f est une fonction définie et continue sur [a; b] (a < b), alors
Z b Z a
f (x)dx = − f (x)dx.
a b
Si λ ∈ R (constante), alors
Z b Z b
λf (x)dx = λ f (x)dx.
a a
1.6.3 Primitive
où la primitive de la fonction φ(t) est connue. Pour les intégrales bornées on a
(
Z b Z β Z β
0 a = g(α)
f (x)dx = f [g(t)] g (t)dt = φ(t)dt avec . (1.8)
a α α b = g(β)
Z 1 p
Exercice 1.14 Calculer l’intégrale I = 1 − x2 dx. On pourra poser x = cos(t).
−1
Théorème 1.15 Intégration par partie. Soient u et v deux fonctions dérivables de x telles que
f (x) = u(x)v 0 (x), alors
Z b Z b Z b
f (x)dx = 0
u(x)v (x)dx = [u(x)v(x)]ba − u0 (x)v(x)dx . (1.9)
a a a
xn+1
Z
xn dx = C + avec n + 1 6= 0 et C ∈ R . (1.11)
n+1
• Cas où la fonction D possède des racines simples et réelles. Dans le cas où les N
racines {xn } de D(x) sont simples et réelles alors
n=N
R(x) X An
= . (1.12)
D(x) x − xn
n=1
Les éléments de la somme sont appelés éléments simples de première espèce. Les
constantes {An } sont calculées soit en identifiant les puissances égales à x où en calculant
la limite suivante
R(x)
lim (x − xn ) = An .
x→xn D(x)
12 CHAPITRE 1. FONCTION D’UNE SEULE VARIABLE RÉELLE
R(x)
La primitive D(x) s’écrit alors
Z n=N
R(x) X
dx = C + An ln |x − xn | . (1.13)
D(x)
n=1
• Cas où la fonction D possède une racine multiple et réelle. Dans le cas où la racine
x1 de D(x) = 0 est réelle, unique mais multiple d’ordre M alors
m=M
R(x) X Bm
= . (1.14)
D(x) (x − x1 )m
m=1
Les constantes {Bm } sont calculées soit en identifiant les puissances égales à x où en calculant
les limites suivantes
R(x) M
BM = lim (x − x1 ) ,
x→x1 D(x)
d R(x) M
BM −1 = lim (x − x1 ) ,
x→x1 dx D(x)
dm R(x)
1 M
BM −m = lim (x − x1 ) .
m! x→x1 dxm D(x)
(x − x1 )1−m
Z
1
dx = C + avec m 6= 1 et C ∈ R . (1.16)
(x − x1 )m 1−m
x
Exercice 1.17 Décomposer en éléments simples la fonction f (x) = (x−2)2
et en déduire une
primitive.
• Cas où la fonction D possède des racines simples et complexes. Si D(x) = 0 admet
des racines complexes et simples, elles sont obligatoirement conjuguées deux à deux. Pour N
racines {xn = αn + jβn , x̄n = αn − jβn }, la décomposition prend alors la forme
n=N n=N
R(x) X xAn + Bn X xAn + Bn
= = . (1.17)
D(x) (x − xn )(x − x̄n ) x2 + αn2 + βn2 − 2xαn
n=1 n=1
Les éléments de la somme sont appelés éléments simples de seconde espèce. De plus on
peut écrire " 2 #
x − α n
x2 + αn2 + βn2 − 2xαn = (x − αn )2 + βn2 = βn2 1 + .
βn
1.6. INTÉGRALE 13
x−αn dx
Par conséquent le changement de variable t = βn où dt = βn conduit à
Z Z Z Z
R(x) 1 An (tβn + αn ) + Bn tdt An αn + Bn dt
dx = = An + .
D(x) βn 1 + t2 1+t 2 βn 1 + t2
Soit
x − αn
Z
R(x) An An αn + Bn
dx = C + ln 1 + t2 + arctan(t) avec t= . (1.18)
D(x) 2 βn βn
x
Exercice 1.18 Calculer une primitive de f (x) = .
x2 − 4x + 5
Dans le cas général, où l’équation possède à la fois des racines réelles, complexess et multiples,
la décomposition résultante est une combinaison des décompositions précédentes.
1
Exercice 1.19 Calculer une primitive de sin(x) en utilisant deux méthodes
– La règle de Bioche.
– En posant t = tan x2 .
dy d2 y dn−1 y
F x, y(x), , 2 , . . . , n−1 = 0 , (1.20)
dx dx dx
Exercice 1.21 Donner un “nom” (linéaire ou pas, ordre, coefficients constants ou pas, avec ou
sans second membre) aux équations différentielles suivantes :
1. xy 0 (x) + y(x) = 0.
2. y 0 (x) + y(x) = 2x.
3. y 00 (x) + y 2 (x) = 0.
4. x2 y 0 (x)y 00 (x) = exp(x).
Définition 1.15 Equation différentielle linéaire du premier ordre. Une équation différentielle
linéaire du premier ordre à coefficients variables est définie par
Dans tout intervalle, où la fonction a(x) ne s’annule pas, l’équation précédente prend la
forme
b(x) f (x)
y 0 (x) + B(x)y(x) = Φ(x) avec B(x) = et Φ(x) = .
a(x) a(x)
Φ(x) désigne le second membre de l’équation complète (ou équation avec second
membre). L’équation y 0 (x) + B(x)y(x) est l’équation homogène associée (ou équation sans
second membre).
La solution générale de l’équation différentielle complète s’écrit :
Au final
Z
yH (x) = C × u(x) avec u(x) = exp − B(x)dx et C = exp(C1 ) ∈ R . (1.23)
On peut remarquer que yH 6= 0 car la fonction exponentielle est toujours différente de zéro.
En portant cette équation dans l’équation différentielle complète, y 0 (x) + B(x)y(x) = Φ(x)
avec y(x) = yP (x), il vient
Ainsi Z
Φ(x)
yP (x) = C(x)u(x) = dx + K u(x). . (1.24)
u(x)
16 CHAPITRE 1. FONCTION D’UNE SEULE VARIABLE RÉELLE
Définition 1.16 La forme générale d’une équation différentielle linéaire du second ordre à co-
efficients constants s’écrit
ay 00 (x) + by 0 (x) + cy(x) = Φ(x) , (1.26)
où (a, b, c) ∈ R. La fonction Φ(x) désigne le second membre de l’équation complète (ou équation
avec second membre). Le membre ay 00 (x) + by 0 (x) + c est l’équation homogène associée (ou
équation sans second membre).
On cherche alors des solutions de la forme yH (x) = erx avec r ∈ R. L’équation homogène
devient alors erx (ar2 +br+c) = 0. Comme erx est toujours différent de zéro, la relation précédente
n’est satisfaite, quelque soit x, que si r est racine de l’équation du second degré
ar2 + br + c = 0,
appelée équation caractéristique de l’équation différentielle. On distingue alors trois cas selon le
signe du discriminant ∆2 = b2 − 4ac (tableau 1.3).
La solution de l’équation homogène précédente peut, dans les trois cas, s’écrire sous la forme
générale yH (x) = C1 y1 (x) + C2 y2 (x), où C1 et C2 sont des constantes et y1 (x), y2 (x) sont deux
solutions linéairement indépendantes de l’équation homogène. La recherche de la solution
particulière yP (x) s’effectue en utilisant la méthode de la variation de la constante. Ainsi on
peut montrer que les fonctions C1 (x) et C2 (x) vérifient le système différentiel à deux inconnues
suivant
(
y1 (x)C10 (x) + y2 (x)C20 (x) = 0
.
a [y10 (x)C10 (x) + y20 (x)C20 (x)] = Φ(x) + c
Table 1.3 – Expression de yH pour une équation différentielle linéaire du second ordre à coef-
ficients constants.
Pour des signaux causaux, c’est-à-dire définis pour x ≥ 0 (dans ce cas la variable x est notée
t correspondant au temps et donc à des signaux rencontrés en physique), la transformée de
Laplace est un outil très puissant pour résoudre les équations différentielles. Dans cette partie,
nous donnerons uniquement les résultats principaux nécessaires à la résolution d’une équation
différentielle, car la transformée de Laplace sera étudiée en détail dans les cours de signal et
d’analyse fonctionnelle.
Définition 1.17 Transformée de Laplace monolatérale. Pour une fonction f définie pour t ≥ 0,
la transformée de Laplace monolatérale, notée L, s’écrit
Z ∞
L (f (t)) = F (p) = f (t)e−pt dt, (1.28)
0
où p est appelée variable de Laplace. Dans la suite, on supposera que l’intégrale est convergente.
Ainsi à partir de la définition, on montre les résultats donnés dans le tableau 1.5.
Exercice 1.24 Résoudre l’équation différentielle y 00 (t) − 4y 0 (t) + 3y(t) = tet avec y(0) = y 0 (0) =
0 en utilisant la transformée de Laplace.
18 CHAPITRE 1. FONCTION D’UNE SEULE VARIABLE RÉELLE
Table 1.4 – Forme de la solution particulière pour une équation différentielle linéaire du second
ordre à coefficients constants.
1
1 (Fonction échelon)
p
n!
tn
pn
1
e−at
p+a
ω
sin(ωt)
p2 + ω 2
p
cos(ωt)
p + ω2
2
dn F
tn f (t) (−1)n
dpn
Exemple 2.1 Le produit des facteurs x1 et x2 est fonction de deux variables x1 et x2 . Les
valeurs de x1 et x2 peuvent être arbitraires. On note alors f (x1 , x2 ) = x1 x2 .
Définition 2.2 Domaine. Si f est une fonction on appelle domaine de définition l’ensemble
des réels x1 et x2 pour lesquels la fonction f existe.
p
Exercice 2.1 Donner le domaine de définition de la fonction f (x1 , x2 ) = x21 + x22 .
Définition 2.3 Limite. Le nombre L est appelé limite de la fonction f au point M0 (x10 , x20 ) si
f se rapproche indéfiniment de L chaque fois que le point M (x1 , x2 ) se rapproche indéfiniment
du point M0 . On note
Exercice 2.2 Donner la limite au point M0 (0, 0) des fonctions f (x1 , x2 ) = sin x1 sin x2 et
f (x1 , x2 ) = x1 x2 ln x1 ln x2 .
Définition 2.4 Continuité en un point. La fonction f est dite continue au point M0 (x10 , x20 )
si
lim f (x1 , x2 ) = f (M0 ) = L où L est un réél à valeur finie . (2.2)
M →M0
2x −x 2 2
Exercice 2.3 La fonction f est définie par f (0, 0) = 0 et f (x1 , x2 ) = √ 12 22 pour x21 + x22 6= 0.
x1 +x2
Donner le domaine de définition de f et étudier sa continuité en 0.
19
20 CHAPITRE 2. FONCTION DE PLUSIEURS VARIABLES RÉELLES
∂f
Définition 2.6 Dérivée partielle seconde. Lorsque la fonction f admet une dérivée ∂xi x =x
i i0
en tout point de xi0 de Df ⊂ Rn , on définit une nouvelle fonction à n variables dont on peut
examiner les dérivées partielles notées
∂2f
∂f ∂f
= . (2.5)
∂xj ∂xi ∂xj xi
On a alors une dérivée partielle d’ordre 2.
On peut ainsi calculer des dérivées successives, appelées dérivées partielles ; l’ordre p de la
dérivée est le nombre de dérivations successives effectuées.
Définition 2.7 Classe d’une fonction. Une fonction f définie sur Df ⊂ Rn est dite de classe
C p sur Df si elle admet des dérivées partielles d’ordre p continues.
Théorème 2.1 Théorème de Schwarz. Si une fonction f définie sur Df ⊂ Rn est de classe C 2 ,
alors l’ordre des dérivations n’intervient pas. En d’autres termes
∂2f ∂2f
= . (2.6)
∂xi xj ∂xj xi
2.4. FORMULE DE TAYLOR 21
∂f
Définition 2.8 Forme différentielle. Sous condition d’existence des dérivées partielles { ∂x i
} de
la fonction f ,on appelle forme différentielle de la fonction la quantité
i=n
X ∂f
δf = dxi . (2.7)
∂xi
i=1
La quantité δf représente les variations de f pour des petits déplacements {dxi } (formule
utilisée par exemple en physique pour le calcul d’erreur).
Exercice 2.6 Aux bornes d’une résistance de valeur R = 1 ± 10% kΩ, la valeur du courant
mesurée vaut I = 1 ± 0.05 A. Quelle est alors l’incertitude ∆U sur la valeur de la tension U .
Soit f une fonction à deux variables x1 et x2 , pour lesquelles elles dépendent des variables
u1 et u2 , soit xi = xi (u1 , u2 ) avec i = {1, 2}. On cherche alors à calculer la dérivée partielle de
f selon les variables u1 et u2 . Sous la condition d’existence des dérivées partielles on peut alors
montrer que
∂f ∂x1 ∂f ∂x2 ∂f
= +
∂u1 ∂u1 ∂x1 ∂u1 ∂x2
. (2.9)
∂f ∂x ∂f ∂x ∂f
1 2
= +
∂u2 ∂u2 ∂x1 ∂u2 ∂x2
Exercice 2.7 Soit f une fonction à deux variables x et y exprimée en coordonnées cartésiennes.
On cherche alors à exprimer cette fonction en coordonnées polaires (r, θ), où x = r cos θ et
y = r sin θ. On suppose que la fonction f est de classe C 2 . Montrer alors que le laplacien de f
vérifie
∂2f ∂2f ∂2f 1 ∂f 1 ∂2f
∆f = + = + + .
∂x2 ∂y 2 ∂r2 r ∂r r2 ∂θ2
Théorème 2.3 Formule de Taylor-Lagrange. Soit f une fonction définie sur Df ⊂ Rn ouvert,
à valeurs dans R de classe C p . Si xi0 et xi0 + h sont deux points tels que les segments [x10 +
h1 ], . . . , [xn0 + hn ] soient contenus dans Df , alors
" i=n #
X ∂f
f (x10 + h1 , . . . , xn0 + hn ) = f (x10 , . . . , xn0 ) + hi (x10 , . . . , xn0 )
∂xi
i=1
" i=n #[2]
1 X ∂f
+ hi (x10 , . . . , xn0 ) + ...
2! ∂xi
i=1
" i=n #[k]
1 X ∂f
+ hi (x10 , . . . , xn0 )
k! ∂xi
i=1
k/2
+ O h21 + . . . + h2n . (2.10)
Exercice 2.8 Ecrire un développement limité jusqu’à l’ordre 2, d’une fonction f (x10 + h1 , x20 +
h2 ) à deux variables au voisinage de x10 et x20 .
2.5 Extremum
Soit f une fonction définie de Df ouvert de Rn dans R.
Le signe de f (x10 + h1 , . . . , xn0 + hn ) − f (x10 , . . . , xn0 ) est donc donné par le signe de
i=n j<i
i=n X
X ∂2f X ∂2f
h2i 2 (x10 , . . . , xn0 ) +2 hi hj (x10 , . . . , xn0 ),
∂xi ∂xi xj
i=1 i=1 j=1
2.6. INTÉGRALE CURVILIGNE 23
si cette somme garde un signe constant pour h21 + . . . + h2n suffisamment petit.
Soit la quadrique
i=n j<i
i=n X
X ∂2f X ∂2f
Q(h1 , . . . , hn ) = h2i 2 (x 10 , . . . , x n0 ) + 2 hi hj (x10 , . . . , xn0 ) , (2.11)
∂xi ∂xi xj
i=1 i=1 j=1
si celle-ci demeure :
– Positive, la fonction f présentera un minimum relatif au point a.
– Négative, la fonction f présentera un maximum relatif au point a.
Dans le cas où elle ne garde pas un signe constant nous ne pourrons pas conclure.
Pour une fonction à deux variables, une autre méthode consiste à utiliser le théorème suivant ;
Exercice 2.9 Etudier les extrema relatifs de la fonction f définie par f (x, y) = x3 +y 3 −3xy+1.
Pour une fonction à plusieurs variables, le théorème précédent peut être généralisé. On forme
alors la matrice [H] Hessienne de f , dont les éléments sont définis par
∂2f
hij = (a),
∂xi ∂xj
et on détermine les valeurs propres ; celles-ci sont réelles car la matrice [H] est réelle symétrique.
– Si elles sont toutes strictement positives, on a un minimum.
– Si elles sont toutes strictement négatives, on a un maximum.
Dans tous les autres cas (valeurs propres de signes différents, valeurs propres nulles) on ne
peut conclure.
Définition 2.10 Intégrale curviligne d’une fonction scalaire. La limite, lorsqu’elle existe, de Sn
quand n tend vers l’infini et que tous les ∆li du partage de AB d tendent vers zéro est appelée
intégrale curviligne de f sur AB ; on la note
d
Z Z i=n
X
I= f (x, y, z)dl = f (M )dl(M ) = lim f (xi , yi , zi )∆li . (2.13)
AB
d AB
d n→∞
i=1
Définition 2.11 Intégrale curviligne d’une forme différentielle. On appelle intégrale curvi-
ligne le long de AB
d de la forme différentielle δf = P (x, y, z)dx + Q(x, y, z)dy + R(x, y, z)dz, le
réel I tel que
Z Z
I= δf = [P (x, y, z)dx + Q(x, y, z)dy + R(x, y, z)dz] . (2.14)
AB
d AB
d
Si la courbe Γ admet une représentation paramétrique x(t), y(t) et z(t), où le paramètre t
est égal à tA et tB respectivement aux points A et B, l’intégrale curviligne précédente s’écrit
Z tB
P1 (t)x0 (t) + Q1 (t)y 0 (t) + R1 (t)z 0 (t) dt
I =
tA
0 dx
P1 (t) = P (x(t), y(t), z(t))
x (t) =
dt
dy
avec Q1 (t) = Q (x(t), y(t), z(t)) et y 0 (t) = dt
. (2.15)
0 dz
R1 (t) = R (x(t), y(t), z(t)) z (t) =
dt
2.6.1 Propriétés
1. Pour une forme différentielle donnée, la valeur de I dépend du chemin suivi pour aller de
A à B. On note Z
I= δf = fAB .
AB
d
Lorsque l’intégrale curviligne se calcule sur un contour fermé, il est nécessaire de préciser le
sens de parcours choisi car I I
δf = − δf.
Γ+ Γ−
Si aucune précision n’est donnée, le sens de parcours est défini dans le sens inverse des
aiguilles d’une montre.
Définition 2.12 Différentielle totale exacte. Une forme différentielle est dite exacte si les fonc-
tions P , Q et R vérifient les équations suivantes
∂P ∂Q ∂Q ∂R ∂R ∂P
= = = . (2.16)
∂y ∂x ∂z ∂y ∂x ∂z
On écrit alors
∂f ∂f ∂f
P dx + Qdy + Rdz = δf = df = dx + dy + dz . (2.17)
∂x ∂y ∂z
L’intégrale curviligne d’une différentielle totale exacte est alors indépendante du chemin
suivi pour aller de A à B. Elle ne dépend que du point de “départ” A et du point “d’arrivée”
B. Cette propriété est fondamentale en physique pour les fonctions potentiels scalaires.
26 CHAPITRE 2. FONCTION DE PLUSIEURS VARIABLES RÉELLES
D’une manière générale la calcul d’une intégrale curviligne d’une forme différentielle s’ef-
fectue :
– En paramétrant la courbe Γ ; on est ainsi ramené au calcul d’une intégrale simple.
– Si la courbe Γ est plane et d’équation y = f (x), en utilisant le paramétrage habituel x = x
et y = f (x) nous avons alors
Z xB
P (x, f (x)) + Q (x, f (x)) f 0 (x) dx .
I= (2.20)
xA
a) Le long du segment [AB], orienté de A vers B et tel que A(1; 0) et B(0; 1).
b) Le long d’un arc de cercle, orienté de A vers B en effectuant un paramétrage. Conclure.
2.7.1 Définition
L’espace est rapporté au repère plan cartésien (Ox, Oy) dans lequel on considère un domaine
D limité par une courbe fermée Γ (figure 2.2). Décomposons D en n domaines élémentaires ∆Di
d’aire ∆Ai (i = {1, 2, . . . , n}) et soit Mi (xi , yi ) un point quelconque de ∆Di . Soit une fonction
f (x, y) donnée définie et continue sur D. Au point Mi ∈ ∆Di elle prend la valeur f (xi , yi ).
Considérons la somme
i=n
X
Sn = f (xi , yi )∆Ai .
i=1
2.7. INTÉGRALE DOUBLE 27
Définition 2.13 Intégrale double. La limite lorsqu’elle existe, de Sn quand n → ∞ et que tous
les ∆Di tendent vers zéro est appelée intégrale double ordinaire f (x, y) de f sur le domaine D ;
elle s’écrit
ZZ i=n
X
I= f (x, y)dxdy = lim f (xi , yi )∆Ai . (2.22)
D n→∞
i=1
représente une valeur approchée du volume V compris entre le plan (Ox, Oy), la surface Σ et
les droites parallèles à l’axe (Oz) s’appuyant sur le contour Γ de D. Lorsque n → ∞, la limite
correspond exactement au volume V ; ainsi
ZZ i=n
X
I= z(x, y)dA = lim z(xi , yi )∆Ai = V . (2.23)
D n→∞
i=1
2.7.3 Propriétés
Il faut ensuite prendre en compte l’ensemble des ∆Di par un mécanisme logique de “ba-
layage”. Si d’une part y1 (x) et y2 (x) sont les coordonnées des points d’intersection de la droite
d’équation x = xi ∈ [a1 ; a2 ] avec Γ et si d’autre part x1 (y) et x2 (y) sont les abscisses des
points d’intersection de la droite d’équation y = yi ∈ [b1 ; b2 ] avec Γ, l’intégrale double peut se
transformer en deux intégrales successives par les deux types de balayage suivants :
Dans le cas 1, on effectue successivement :
– Un balayage parallèlement à (Oy) (c.a.d. que x est fixé) et on intègre f (x, y) par rapport
à y de y1 (x) à y2 (x) ; le résultat est une fonction de x (figure 2.4).
– Puis une intégration de la fonction précédente de a1 à a2 . On a donc
"Z #
ZZ Za2 y2 (x)
I= f (x, y)dxdy = dx f (x, y)dy . (2.24)
D a1 y1 (x)
Exercice 2.12 Calculer I où D est le domaine intérieur au rectangle (ABCD) tel que A(1; 1),
B(3; 1), C(3; 4) et D(1; 4). ZZ
x2 + y 2 dxdy.
I=
D
avec
∂x ∂x
∂u ∂v
∂x ∂y ∂x ∂y
J = det = − . (2.27)
∂u ∂v ∂v ∂u
∂y ∂y
| ∂u {z ∂v }
Matrice jacobienne
2 2
Exercice 2.13 Calculer I où D est défini par xa2 + 4y
b2
≤ 1 avec x ≥ 0 et y ≥ 0.
ZZ
I= 2 (x − y) dxdy.
D
Exercice 2.14
R ∞ Calculer I où D est défini par le plan (Ox, Oy) avec x ≥ 0 et y ≥ 0. En déduire
−x 2
la valeur de 0 e dx.
ZZ
2 2
I= e−ax −bx dxdy avec (a, b) ∈ R+∗ × R+∗ .
D
30 CHAPITRE 2. FONCTION DE PLUSIEURS VARIABLES RÉELLES
3 Analyse vectorielle
Ce champ scalaire peut être également fonction d’autres variables et en particulier du temps
t (noté alors f (M, t)).
Définition 3.2 Champ vectoriel. Si à tout point de l’espace, on peut associer une grandeur locale
→
− →
− →
−
vectorielle F (x, y, z), on définit une fonction de point à valeur vectorielle F (M ) = F (x, y, z).
→
−
L’ensemble des valeurs prises par F (M ) en tout point de l’espace constitue un champ vectoriel.
→
−
Exemple 3.2 Champ électrostatique E (M ) et champ de pesanteur →
−
g (M ).
Ce champ vectoriel peut être également fonction d’autres variables et en particulier du temps
→
−
t (noté alors F (M, t)).
→
−
où Mc est un point appartenant à Γ et dl le vecteur déplacement élémentaire tangent au point
Mc (figure 3.1).
→
−
Soit un champ vectoriel F (M ) et une courbe orientée Γ quelconque. Dans un repère
orthonormé direct cartésien (0, →
−e x, →
−
e y, →
−
e z ), si on définit le point Mc (x, y, z) alors
( →−
F (Mc ) = Fx →
−e x + Fy →−e y + Fz →− Z
ez
→
− et Γ = Fx dx + Fy dy + Fz dz . (3.2)
dl (M ) = dx→−e + dy → −e + dz → − AB
c x y e
z AB d
31
32 CHAPITRE 3. ANALYSE VECTORIELLE
La circulation ΓAB est donc une intégrale curviligne. Les propriétés propres à la circulation
sont celles de l’intégrale curviligne.
En général la circulation dépend du chemin suivi pour aller de A à B. Dans ce cas la
− →
→ −
circulation élémentaire est une forme différentielle qui s’écrira F · dl ; ainsi
− →
→ −
Z Z
CAB = F · dl = δl.
AB
d AB
d
→
−
Par exemple, en électrostatique, la circulation du vecteur champ électrique E , appelée f.e.m
(force électromotrice), a pour expression
− →
→ −
Z Z
eAB = − E · dl = δE.
AB
d AB
d
− →
→ −
Z Z
F · dl = df = f (B) − f (A) . (3.3)
AB
d AB
d
f (A) et f (B) sont les valeurs aux points A et B d’une fonction f (M ) (définie à une constante
près) appelée fonction potentiel. En coordonnées cartésiennes, on aura successivement
∂f
Fx =
∂x
− →
→ −
F · dl = Fx dx + Fy dy + Fz dz
∂f
∂f ∂f ∂f ⇒ Fy = . (3.4)
= dx + dy + dz ∂y
∂x ∂y ∂z
∂f
F =
z
∂z
3.3. FLUX D’UN CHAMP VECTORIEL 33
→
−
Définition 3.4 Flux d’une surface ouverte. Soit un champ vectoriel F (M ) et une surface ou-
→
−
verte orientée S. On appelle flux de F M à travers S le scalaire Φ représenté par l’intégrale de
surface (figure 3.2)
→
− −
→
ZZ
Φ= F (Ms ) · dS(Ms ) avec Ms ∈ S . (3.5)
S
Définition 3.5 Flux d’une surface fermée. Soit une surface S fermée et un point Ms ∈ S. Les
−
→
vecteurs →
−e n et dS sont dans ce cas orientés par convention de l’intérieur vers l’extérieur. Le
→
−
flux de F M à travers une surface fermée s’écrit
→
− −
→
ZZ
Φ= F (Ms ) · dS(Ms ) . (3.6)
S
34 CHAPITRE 3. ANALYSE VECTORIELLE
Exercice 3.2 L’espace étant rapporté au repère cartésien (Ox, Oy, Oz), on considère un cy-
lindre droit de bases circulaires, symétrique par rapport au plan (Ox, Oy). Si P est un point
→
− −
−→
OP
quelconque de la surface cylindrique, calculer le flux du champ vectoriel F (P ) = k OP 3 (k étant
une constante) à travers la surface fermée S constituée par la surface latérale Sl et les surfaces
des bases inférieures Sm et Sp .
i=n
→
− −−→ X ∂f
F (x) = grad(f ) = (x)→
−
e i. (3.7)
∂xi
i=1
Les vecteurs {→
−
e i } sont les vecteurs unitaires définissant l’espace euclidien.
En physique, les champs scalaire et vectoriel rencontrés dépendent en général des coordonnées
spatiales (x, y, z). Le gradient s’écrit alors
−−→ ∂f →
− ∂f →
− ∂f →
−
grad(f ) = ex+ ey+ ez . (3.8)
∂x ∂y ∂z
−−→ →
− →
− ∂ →− ∂ →− ∂ →−
grad(f ) = ∇f où ∇= ex+ ey+ ez . (3.9)
∂x ∂y ∂z
→
−
Pour un petit déplacement élémentaire dl = dx→
−
e x + dy →
−
e y + dz →
−
e z on a
−−→ →
− ∂f ∂f ∂f
grad(f ) · dl = dx + dy + dz.
∂x ∂y ∂z
La circulation de ce champ vectoriel le long de la courbe Γ entre les points A et B est donc
−−→ →
−
Z Z
grad(f ) · dl = δf.
AB
d AB
d
Exemple 3.3 Si la circulation d’un champ vectoriel le long d’un contour fermé est conser-
vative, alors
− →
→ − − →
→ −
I
F · dl = 0 et F · dl = −dU.
3.5. ROTATIONNEL 35
−−→ →
− →
− −−→
Comme par définition, dU = grad(U ) · dl , par idendification on en déduit F = −grad(U ).
→
−
C’est le cas, par exemple, du champ électrostatique E qui dérive du potentiel électrostatique
→
− −− →
V , E = −grad(V ).
L’opérateur gradient n’agit que sur les coordonnées spatiales de la fonction scalaire f (M ).
Si le champ scalaire est non stationnaire (dépend du temps) alors
3.5 Rotationnel
→
−
Définition 3.7 Rotationnel. Soit F une fonction vectorielle définie sur un domaine Df ⊂ R,
→
− −→→−
de classe C 1 , on appelle rotationnel de F au point x = (x, y, z) ∈ Df le vecteur rot F de R3 de
composantes
−→→− ∂Fz ∂Fy →
− ∂Fx ∂Fz →
− ∂Fy ∂Fx →
−
rot F = − ex+ − ey+ − ez . (3.11)
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
→
−
L’opérateur rotationnel transforme donc un champ vectoriel F en un champ également
−→→
−
vectoriel rot F .
−→ −−→ →
−
Exercice 3.3 Démontrer à l’aide de deux méthodes que rot[gradf ] = 0 avec f une fonction
scalaire de classe C 2 sur Df ⊂ R3 .
−→→− →
−
Si rot F = 0 , alors d’après l’équation (3.11)
∂Fz ∂Fy ∂Fx ∂Fz ∂Fy ∂Fx
= = = .
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
→
−
Théorème 3.1 Un champ de vecteur F défini dans R3 , de classe C 1 , dérive d’un potentiel
scalaire f (à une constante près) s’il est de rotationnel nul.
Par conséquent si le rotationnel d’un champ vectoriel est nul alors le champ est à circulation
convervative.
→
−
Exercice 3.4 Soit le champ de vecteur défini sur R3 par F (M ) = 2xz → −
e x + yz →
−
e y + (x2 +
−→ →
− →
−
y 2 /2)→
−
e z . Montrer que rot F = 0 et en déduire la fonction scalaire f associée.
L’opérateur rotationnel n’agit que sur les coordonnées spatiales d’une fonction vectorielle.
Si le champ vectoriel est non stationnaire (dépend du temps), alors
i −→ ∂ →
" − #
∂ h−→→− F (M, t)
rot F (M, t) = rot . (3.13)
∂t ∂t
Théorème 3.2 Théorème de Stokes (figure 3.3) : passage d’une intégrale curviligne à une
intégrale surfacique. Soit Γ une courbe fermée orientée sur laquelle s’appuie la surface S. Soit
→
−
un champ vectoriel F (M ) défini dans le domaine spatial contenant S et de classe C 1 . De plus,
si MΓ ∈ Γ et Ms ∈ S alors
→
− →
− →→− −→
I ZZ
−
F (MΓ ) · dl (MΓ ) = rot F (Ms ) · dS(Ms ) . (3.14)
Γ S
∂Φ →
−
Exercice 3.5 A partir de la loi de Lentz e = − où Φ est le flux du champ magnétique B ,
→
− ∂t
−→→− ∂B
montrer que rot E = − .
∂t
3.6. DIVERGENCE 37
3.6 Divergence
→
−
Définition 3.8 Divergence. Soit F une fonction vectorielle définie sur un domaine Df ⊂ Rn
→
− →
−
et de composantes (F1 , F2 , . . . , Fn ), de classe C 1 . On appelle divergence de F , notée div F , au
point x = (x1 , x2 , . . . , xn ) le scalaire de R tel que
i=n
→
− X ∂Fi
div F = (x) . (3.15)
∂xi
i=1
→
−
L’opérateur divergence transforme donc un champ vectoriel F en scalaire. Pour une fonc-
tion à trois variables, la divergence s’écrit
→
− ∂Fx ∂Fy ∂Fz
div F = + + . (3.16)
∂x ∂y ∂z
→
− →
− → − →
− ∂ →− ∂ →− ∂ →−
div F = ∇ · F où ∇= ex+ ey+ ez . (3.17)
∂x ∂y ∂z
−→→− →
−
Exercice 3.6 Montrer que div(rot F ) = 0 par deux méthodes avec F une fonction vectorielle
de classe C 2 .
→
− →
− −→→− →
−
Par conséquent si div F = 0 alors F = rot A ; on dit que le vecteur F dérive d’un potentiel
→
− →
− →
− − −−→
→
vecteur A . En fait le vecteur A est défini à un gradient près car si A 0 = A + gradf , il vient
−→→ − − −−→ −→→
−→ → − −→ −−→ −→→ −
rot A 0 = rot A + gradf = rot A + rot gradf = rot A .
| {z }
−
→
0 ∀f
Théorème 3.3 Théorème d’Ostrogradski (figure 3.4). Passage d’une intégrale surfacique à
une intégrale volumique. Soit S une surface qui délimite le volume V et un champ vectoriel
→
−
F (M ) défini dans le domaine V et de classe C 1 . De plus, si Ms ∈ S et Mv ∈ V alors
→
− −
→ h→
−
ZZ ZZZ i
F (Ms ) · dS(Ms ) = div F (Mv ) dV (Mv ) . (3.18)
S
→
−
En d’autres termes : le flux du champ vectoriel F (M ) à travers une surface fermée quel-
→
−
conque S est égale à l’intégrale triple du champ scalaire div F (M ) étendue au volume V délimité
par S.
→
−
Exercice 3.7 Montrer à partir du théorème de Gauss que div E = ρ/0 où ρ est la densité
volumique de charge et 0 la permittivité du vide.
38 CHAPITRE 3. ANALYSE VECTORIELLE
3.7 Laplacien
→
−
C’est un opérateur du second ordre, noté ∇ 2 , qui peut agir sur un champ scalaire ou
vectoriel.
Définition 3.9 Laplacien scalaire. Le laplacien d’un champ scalaire f (M ) défini sur R3 et de
classe C 2 s’écrit
→
−
Définition 3.10 Laplacien vectoriel. Le laplacien d’un champ vectoriel F (M ) défini sur R3
et de classe C 2 s’écrit
→
− −−→ h → − i −→ h−→→ −
∇2 F (M ) = grad div F (M ) − rot rot F (M ) = ∇2 Fx →
−
e x + ∇2 Fy →
−
e y + ∇2 Fz →
−
i
ez . (3.20)
∂ 2 Fx ∂ 2 Fx ∂ 2 Fx →
→
− 2→
− −
∇ F (M ) = + + ex
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
2
∂ 2 Fy ∂ 2 Fy →
∂ Fy −
+ + + ey
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
2
∂ 2 Fz ∂ 2 Fz →
∂ Fz −
+ + + e z.
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
3.8. OPÉRATEURS EN COORDONÉES CYLINDRIQUES ET SPHÈRIQUES 39
Soit (x, y, z) les coordonnées rectangulaires d’un point quelconque exprimées comme des
fonctions de (q1 , q2 , q3 ) par
x = x(q1 , q2 , q3 )
y = y(q1 , q2 , q3 ) .
z = z(q1 , q2 , q3 )
Les fonctions x, y, z, q1 , q2 et q3 sont supposées prendre une seule valeur en chaque point et
posséder des dérivées continues, de sorte que la correspondance entre (x, y, z) et (q1 , q2 , q3 ) soit
unique.
Etant donné un point de coordonnées rectangulaires nous pouvons lui associer un seul en-
semble de coordonnées (q1 , q2 , q3 ) appelées les coordonnées curvilignes du point M (x, y, z). Les
deux équations ci-dessous définissent un changement de coordonnées.
Les coefficients {hi } (i = {1, 2, 3}) sont appelés coefficients métriques ou coefficients
multiplicateurs, qui dépendent du système de repérage utilisé. Ils peuvent être déterminés
géométriquement ou analytiquement par
s 2 2 2
∂x ∂y ∂z
hi = + + . (3.21)
∂qi ∂qi ∂qi
Pour les systèmes de coordonnées cylindrique et sphérique nous obtenons alors le tableau
3.1.
Exercice 3.9 Calculer les coefficients métriques {hi } en coordonnées cylindriques et sphériques.
40 CHAPITRE 3. ANALYSE VECTORIELLE
Base locale →
− →
− →
−
( e r, e θ, e z) ( e r, →
→
− −
e θ, →
−
e φ)
h1 = hr = 1
h1 = hr = 1
Coefficient métriques h2 = hθ = r h2 = hθ = r
h = hz = 1 h = hφ = r sin θ
3 3
dx = dr
dx = dr
Déplacement élémentaires dy = rdθ dy = rdθ
dz = dz dz = r sin θdφ
i=3
−−→ X 1 ∂f
→
−
gradf = ei . (3.22)
hi ∂qi
i=1
i=3
→
− 1 X ∂ Fi
div F = h1 h2 h3 . (3.23)
h1 h2 h3 ∂qi hi
i=1
Exercice 3.10 Montrer que l’opérateur laplacien scalaire s’écrit dans un système de coor-
données curvilignes orthogonales comme
2 1 ∂ h2 h3 ∂f ∂ h3 h1 ∂f ∂ h1 h2 ∂f
∇ = + + .
h1 h2 h3 ∂q1 h1 ∂q1 ∂q2 h2 ∂q2 ∂q3 h3 ∂q3
3.8. OPÉRATEURS EN COORDONÉES CYLINDRIQUES ET SPHÈRIQUES 41
Exercice 3.11 A l’aide du tableau 3.1, montrer que l’opérateur gradient s’écrit en coordonnées
cylindriques comme
−−→ ∂f →
− 1 ∂f →
− ∂f →
−
gradf = er+ eθ+ e z.
∂r r ∂θ ∂z
Exercice 3.12 A l’aide du tableau 3.1, montrer que l’opérateur divergence s’écrit en coor-
données sphériques comme
→
− 1 ∂ 2
1 ∂ ∂Fφ
div F = 2 r Fr + (Fθ sin θ) + .
r ∂r r sin θ ∂θ ∂φ
42 CHAPITRE 3. ANALYSE VECTORIELLE
4 Calcul matriciel
4.1.1 Définition
Définition 4.1 Définition d’une matrice. Une matrice dans le corps des réels R est un tableau
rectangulaire de nombres réels aij de la forme
a11 a12 ... a1n
a21 a22 ... a2n
[A] = .. .. .. .. .
. . . .
am1 am2 . . . amn
Dans ce cours, une matrice sera notée entre crochets et ses éléments seront notés aij .
Les m n−uplets (éléments) horizontaux
(a11 , a12 , . . . , a1n ) , (a21 , a22 , . . . , a2n ) , . . . , (am1 , am2 , . . . , amn ) ,
sont les lignes de la matrice et les n m−uplets (éléments) verticaux
a11 a12 a1n
a21 a22
, . . . , a2n ,
,
... ... ...
am1 am2 amn
43
44 CHAPITRE 4. CALCUL MATRICIEL
Une matrice à une ligne peut être considérée comme un vecteur ligne, et une matrice à
une colonne peut être considérée comme un vecteur colonne. Un élément du corps des réels
peut être interprété comme une matrice 1 × 1.
Soit [A] et [B] deux matrices de même format, i.e., ayant le même nombre de lignes et de
colonnes ; c’est à dire deux matrices m × n
a11 a12 . . . a1n b11 b12 . . . b1n
a21 a22 . . . a2n b b22 . . . b2n
et [B] = 21
[A] = . . . .. . . .. .. .. .
. .. . ..
.
. . . .
am1 am2 . . . amn bm1 bm2 . . . bmn
Définition 4.2 Somme de deux matrices. La somme de [A] et [B], écrit [A]+[B], est la matrice
obtenue en ajoutant les éléments correspondants des deux matrices. Soit
a11 + b11 a12 + b12 ... a1n + b1n
a21 + b21 a22 + b22 ... a2n + b2n
[A] + [B] = .. .. .. .. . (4.1)
. . . .
am1 + bm1 am2 + bm2 . . . amn + bmn
Définition 4.3 Produit d’une matrice avec un réel. Le produit d’une matrice [A] par un réel k,
noté k[A], est la matrice obtenue en multipliant chaque élément de la matrice [A] par k. Soit
ka11 ka12 ... ka1n
ka21 ka22 ... ka2n
k[A] = .. .. .. .. . (4.2)
. . . .
kam1 kam2 . . . kamn
A noter que [A] + [B] et k[A] sont des matrices m × n. On définit aussi
La matrice nulle est définie par ∀i ∈ [1; m], ∀j ∈ [1; n], aij = 0. Elle est notée [0]. Par
conséquent
[A] + [0] = [0] + [A] = [A].
Le produit de deux matrices [A] et [B], écrit [A][B], est plus compliqué. Pour cette raison,
étudions un cas particulier.
La produit matriciel [A][B] d’une matrice ligne [A] par une matrice colonne [B], ayant le
même nombre d’éléments est défini par
b1
i=n
b2
X
[a1 , a2 , . . . , an ] .. = a1 b1 + a2 b2 + . . . + an bn = ai bi . (4.3)
.
i=1
bn
Remarquons que le produit [A][B] est un réel (ou une matrice 1 × 1). Le produit matriciel
[A][B] n’est pas défini lorsque [A] et [B] ont un nombre différent d’éléments.
−1
En utilisant la définition précédente, nous pouvons définir la multiplication des matrices dans
le cas général.
Définition 4.4 Supposons que [A] et [B] soient des matrices dont le nombre de colonnes de [A]
soit égal au nombre de lignes de [B] ; c’est à dire que [A] est une matrice m × p et [B] est une
matrice p × n. Alors le produit matriciel [A][B] est une matrice m × n où le ij−ième élément
est obtenu en multipliant la i−ième ligne de [A] par la j−ième colonne de [B]. Soit
46 CHAPITRE 4. CALCUL MATRICIEL
b11 . . . b1j . . . b1n
c11 ... c1n
a11 ... a1p
.. .. .. .. . . .. .. . . .. ..
. .. ..
. . .
. . . . .
.
..
[A][B] = ai1 ...
aip .. . . .. .. . = ..
. ..
cij . = [C] ,
. . .
.. .. ..
.
. .. . . .. .. . . .. ..
. . . . .. . . .
. .
am1 ... amp
bp1 . . . bpj . . . bpn cm1 ... cmn
(4.4)
où
k=p
X
cij = ai1 b1j + ai2 b2j + . . . + aip bpj = aik bkj . (4.5)
k=1
Il est important de remarquer que le produit [A][B] n’est pas défini si [A] est une matrice
n × p et [B] une matrice q × n avec p 6= q.
Définition 4.5 Transposée d’une matrice. La matrice transposée d’une matrice [A], notée [A]T ,
est la matrice obtenue en écrivant les lignes de [A] en colonnes. Soit
T
a11 a12 ... a1n a11 a21 . . . am1
a21 a22 ... a2n a12 a22 . . . am2
.. .. .. = .. .. .. . (4.6)
.. ..
. . . . . . . .
am1 am2 . . . amn a1n a2n . . . amn
En d’autres termes, si [A] est une matrice m × n, alors [A]T = [B] est une matrice n × m,
dont les éléments bij = aji pour tout i et j.
Remarquons que la transposée d’un vecteur ligne est un vecteur colonne et vice versa.
4.1. MATRICES RECTANGULAIRES 47
a11 x1 +a12 x2 +... +a1n xn = b1
a21 x1 +a22 x2
+... +a2n xn = b2
.. . . . . .
. + .. + .. + .. = ..
am1 x1 +am2 x2 + . . . +amn xn = bm
x1
a11 a12 ... a1n b1
x2
a21 a22 ... a2n b2
.. .. .. ..
x3 =
.. ou [A][X] = [B],
. . . . .. .
.
am1 am2 . . . amn bm
xn
où la matrice [A] est appelée la matrice des coefficients, [X] la matrice colonne (vecteur
colonne) des inconnues et [B] la matrice colonne (vecteur colonne) des constantes.
Exercice 4.7 Mettre sous forme matricielle le système d’équations linéaires suivant
(
2x + 3y − 4z = 7
.
x − 2y − 5z = 3
Soit [A], [B] et [C] trois matrices de même dimension et k1 , k2 deux réels alors
([A] + [B]) + [C] = [A] + ([B] + [C])
[A] + [0] = [A]
[A] + (−[A]) = [0]
[A] + [B] = [B] + [A]
, (4.7)
k1 ([A] + [B]) = k1 [A] + k1 [B]
(k1 + k2 ) [A] = k1 [A] + k2 [A]
1 × [A] = [A]
0 × [A] = [0]
48 CHAPITRE 4. CALCUL MATRICIEL
([A][B]) [C] = [A] ([B][C])
[A] ([B] + [C]) = [A][B] + [A][C]
([B] + [C]) [A] = [B][A] + [C][A]
. (4.8)
k ([A][B]) = (k[A]) [B] = [A] (k[B])
[A] [B] 6= [B][A]
[0] [A] = [A][0] = [0]
([A] + [B])T = [A]T + [B]T
[A]T T = [A]
. (4.9)
(k[A])T = k[A]T
([A][B])T = [B]T [A]T
Rappelons que l’addition et la multiplication ne sont pas définies pour des matrices quel-
conques. Cependant, si on considère uniquement des matrices carrées d’ordre n, alors les
opérations d’addition, de multiplication, de multiplication par une réel et de transposée de
matrices sont définies et leurs résultats sont encore des matrices carrées d’ordre n.
5 6 7 1 2 −4
Définition 4.7 Matrices commutantes. On dit que les matrices [A] et [B] commutent si
[A][B] = [B][A], condition qui exige que les deux matrices [A] et [B] soient des matrices carrées
de même ordre.
Définition 4.8 Diagonale et trace d’une matrice. Soit [A] une matrice carrée d’ordre n. La
diagonale (ou diagonale principale) de [A] est constituée des éléments {a11 , a22 , . . . , ann }. La
trace de [A], qu’on note Tr[A], est la somme des éléments diagonaux de [A]. Soit
i=n
X
Tr[A] = a11 + a22 + . . . + ann = aii . (4.10)
i=1
La matrice d’ordre n ayant des 1 sur la diagonale et des 0 partout ailleurs se note [I] et
s’appelle matrice identité ou matrice unité. La matrice [I] est semblable au scalaire 1 en
ceci que pour toute matrice [A] (du même ordre)
Définition 4.9 Puissance d’une matrice. Soit [A] une matrice carrée d’ordre n sur le corps des
réels. Les puissances de [A] sont définies de la manière suivante
[A]2 = [A][A] [A]3 = [A]2 [A] [A]n+1 = [A]n [A] et [A]0 = [I] . (4.12)
f (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + . . . + an xn ,
où les ai sont des réels, le polynôme de la matrice [A] associé s’écrit
A noter que f ([A]) s’obtient à partir de f (x) en remplaçant la variable x par la matrice [A]
et le réel an par la matrice scalaire an [I] = an δij .
Dans le cas où f ([A]) est la matrice nulle, la matrice [A] est dite un zéro ou une racine du
polynôme f (x).
Théorème 4.1 Soit f (x) et g(x) deux polynômes et soit [A] une matrice carrée d’ordre n (sur
tout R). Alors
– (f + g) ([A]) = f ([A]) + g ([A]).
– (f g) ([A]) = f ([A]) g ([A]).
– f ([A]) g ([A]) = g ([A]) f ([A]).
Définition 4.11 Matrice diagonale. Une matrice carrée [D] est dite diagonale si tous
les éléments non diagonaux sont nuls. Une telle matrice est fréquemment notée [D] =
Diag (d11 , d22 , . . . , dnn ), où certains ou tous les réels dii peuvent être égaux à zéro.
Exemple 4.2
6
3 0 0 " #
4 0 0
0 −7 0 .
0 −5 −9
0 0 2
1
Définition 4.12 Matrice triangulaire supérieure. Une matrice [A] est dite triangulaire
supérieure si tous les éléments situés en dessous de la diagonale sont nuls ; si aij = 0 pour
i > j.
Comme pour les matrices diagonales, les blocs de zéros ont été supprimés.
Théorème 4.2 Soit [A] et [B] deux matrices triangulaires supérieures d’ordre n. Alors
– [A] + [B] est une matrice triangulaire supérieure avec la diagonale a11 + b11 , a22 + b22 , . . .,
ann + bnn .
– k[A] est une matrice triangulaire supérieure avec la diagonale ka11 , ka22 , . . ., kann .
– [A][B] est une matrice triangulaire supérieure avec la diagonale a11 b11 , a22 b22 , . . ., ann bnn .
– Pour tout polynôme f (x), la matrice f ([A]) est une matrice triangulaire supérieure avec
la diagonale f (a11 ), f (a22 ), . . ., f (ann ).
D’une manière analogue, une matrice est dite triangulaire inférieure si tous des éléments
situés au-dessus de la diagonale sont nuls. On peut énoncer l’analogue du théorème ci-dessus
pour les matrices triangulaires inférieures.
Définition 4.13 Matrice orthogonale. Une matrice [A] est dite orthogonale si [A][A]T = [I].
c1 c2 c3
c1 c2 c3 a3 b3 c3 0 0 1
Ce qui donne
a21 + a22 + a23 = 1 a1 b1 + a2 b2 + a3 b3 = 0 a1 c1 + a2 c2 + a3 c3 = 0
b1 a1 + b2 a2 + b3 a3 = 0 b21 + b22 + b23 = 1 b1 c1 + b2 c2 + b3 c3 = 0 .
c1 a1 + c2 a2 + c3 a3 = 0 c1 b1 + c2 b2 + c3 b3 = 0 c21 + c22 + c23 = 1
En d’autre termes
→
− → − →
− → − →
− → −
u1· u1 = 1 u1· u2 = 0 u1· u3 = 0
→
−
u2·→−
u1 = 0 →
−
u2·→−
u2 = 1 →
−
u2·→−
u3 = 0 ,
→
− →
− →
− →
− →
− →
−
u3· u1 = 0 u3· u2 = 0 u3· u3 = 1
52 CHAPITRE 4. CALCUL MATRICIEL
où →
−
u 1 = [a1 a2 a3 ], →
−
u 2 = [b1 b2 b3 ], →
−
u 3 = [c1 c2 c3 ] sont les lignes de la matrice [A] (vecteurs
lignes). Par conséquent, les vecteurs lignes →−u 1, →
−
u 2 et →−u 3 sont orthogonaux deux à deux et de
normes unitaires. En d’autres termes, les vecteurs u 1 , u 2 et →
→
− →
− −
u 3 forment une base orthonormée.
T
La condition [A][A] montre également que les vecteurs colonnes forment une base orthonormée.
De manière très condensée, on peut alors écrire que
→
−
ui·→
−
u j = δij . (4.14)
A chaque matrice carrée [A] d’ordre n on peut associer un nombre réel appelé le déterminant
de [A], noté habituellement det[A], |[A]|, ou encore
a11 a12 ... a1n
a21 a22 ... a2n
.. .. .. .
..
. . . .
am1 am2 . . . amn
Ainsi, le déterminant d’ordre 2 est égal au produit des éléments de la diagonale principale,
affecté du signe plus, moins le produit des éléments de l’anti-diagonale, affecté du signe moins
(règle du “gamma”).
Une application directe du déterminant est la résolution d’un système linéaire de deux
équations à deux inconnues. Si
( " #" # " #
a1 x + b1 y = c1 a1 b1 x c1
⇔ = .
a2 x + b2 y = c2 a2 b2 y c2
| {z }
[A]
4.2. CAS DES MATRICES CARRÉES 53
est x = 2 et y = −1.
1 −2 −3
est 5.
Définition 4.14 Cofacteur. Considérons une matrice [A] d’ordre n. Appelons [M ] la sous ma-
trice d’ordre n − 1 de [A], obtenue en supprimant la i−ème ligne et la j−ième colonne de [A].
Le déterminant de la matrice [M ] est appelé le mineur de l’élément de aij de la matrice [A]. Le
cofacteur de aij , noté cij , est le mineur mij affecté de sa signature défini par
54 CHAPITRE 4. CALCUL MATRICIEL
Notons que les “signes” (−1)i+j des mineurs forment un arrangement en échiquier, avec les
signes + sur la diagonale principale. Soit
+ − + − ...
− + − + ...
.
+ − + − ...
.. .. .. .. ..
. . . . .
8 9 1
Théorème 4.3 Déterminant d’ordre n. Le déterminant de la matrice [A] est égal à la somme
des produits obtenus en multipliant les éléments d’une ligne (resp. d’une colonne) quelconque
par leurs cofacteurs respectifs. Soit
j=n
X
a c + a c + . . . + a c = aij cij
i1 i1 i2 i2 in in
j=1
|[A]| = j=n . (4.19)
X
a c + a2j c2j + . . . + anj cnj = aij cij
1j 1j
j=1
Une application directe du déterminant est la résolution d’un système linéaire de n équations
à n inconnues. Soit
a11 x1 +a12 x2 + . . . +a1n xn = b1
a21 x1 +a22 x2 + . . . +a2n xn = b2
.. . . . . .
. + .. + . . + .. = ..
an1 x1 +an2 x2 + . . . +ann xn = bn
Ce système peut s’écrire sous forme matricielle comme [A][X] = [B], où [A] est une matrice
d’ordre n dont les éléments sont aij , [X] un vecteur colonne contenant les inconnues xi et [B] le
vecteur colonne contenant les constantes bi .
4.2. CAS DES MATRICES CARRÉES 55
Soit [M ] la matrice obtenue à partir de la matrice [A] en remplaçant la i−ème colonne par
le vecteur colonne [B]. Soit
a11 a12 . . . b1 . . . a1n
a21 a22 . . . b2 . . . a2n
[M ] =
.. .. .. . .. .. .
. . . .. . .
an1 an2 . . . bn . . . ann
Soit D = det[A] et soit Di = det[M ]i pour i = {1, 2, . . . , n}. La relation fondamentale entre
les déterminants et la solution du système précédent est donnée par le théorème suivant.
Théorème 4.4 Le système précédent admet une solution unique si, et seulement si D 6= 0.
Dans ce cas la solution unique est donnée par
D1 D2 Dn
x1 = x2 = . . . xn = . (4.20)
D D D
Le théorème précédent est connu sous le nom de règle de Cramer pour la résolution des
systèmes d’équations linéaires. Cependant, ce théorème s’applique uniquement à un système
qui a autant d’équations que d’inconnues, et il donne uniquement une solution dans le cas où
D 6= 0. En fait, si D = 0, le théorème ne nous dit pas si le système admet ou non une solution.
Cependant, dans le cas d’un système homogène, nous avons le résultat suivant qui s’avère d’un
grand intérêt.
Théorème 4.5 Le système homogène [A][X] = [0] admet une solution non nulle si, et seulement
si D = det[A] = 0.
est x = 2, y = −1 et z = 0.
Définition 4.15 Matrice adjointe. Considérons une matrice [A] d’ordre n sur le corps des réels.
La matrice adjointe de [A], notée Adj[A], est la transposée de la matrice des cofacteurs [C] des
éléments aij de [A]. Soit
T
c11 c12 . . . c1n c11 c21 . . . cn1
c21 c22 . . . c2n c12 c22 . . . cn2
Adj[A] = .. .. .. .. = .. .. .. .. . (4.21)
. . . . . . . .
cn1 cn2 . . . cnn c1n c2n . . . cnn
56 CHAPITRE 4. CALCUL MATRICIEL
2 3 −4
[A] = 0 −4 2 .
1 −1 5
−18 −11 −10
Adj [A] = 2 14 −4 .
4 5 −8
Définition 4.16 Inverse d’une matrice. Soit [A] une matrice d’ordre n sur le corps des réels.
L’inverse de la matrice [A], notée [A]−1 , s’écrit alors
1 1
[A]−1 = Adj[A] = [C]T , (4.22)
det[A] det[A]
si det[A] 6= 0.
Si [A]−1 existe alors la matrice [A] est dite inversible ou non singulière.
Si [A] est une matrice orthogonale, soit [A][A]T = [I], alors [A]−1 = [A]T .
1 −1 5
9 11 5
23 46 23
[A]−1 = 1
− 23 7
− 23 2
.
23
2 5 4
− 23 − 46 23
4.2. CAS DES MATRICES CARRÉES 57
Définition 4.17 Valeurs et vecteurs propres. Soit [A] une matrice carrée arbitraire. Un scalaire
λ est appelé valeur propre de [A] s’il existe un vecteur (colonne) non nul [v] tel que
Le vecteur [v] vérifiant cette relation est appelé vecteur propre correspond à la valeur propre
λ.
On peut remarquer que tout multiple k[v] d’un vecteur propre est encore vecteur propre
pour la même valeur propre λ.
Théorème 4.6 Diagonalisation d’une matrice. Une matrice d’ordre n est diagonalisable, donc
représentable par une matrice diagonale [D], si et seulement si elle possède n vecteurs propres
linéairement indépendants. La matrice diagonale [D] ainsi définie a pour éléments les valeurs
propres de [A], et la matrice [P ] (de passage) telle que [D] = [P ]−1 [A][P ] a pour colonnes les
composantes des vecteurs propres correspondants.
58 CHAPITRE 4. CALCUL MATRICIEL
Si une matrice [A] est diagonalisable, soit [P ]−1 [A][P ] = [D], où la matrice [D] est diagonale,
la formule suivante est particulièrement utile pour mettre [A] sous forme diagonale, et est appelée
décomposition diagonale de [A]. Soit
On peut alors remplacer tout calcul où intervient la matrice [A] par un calcul sur une matrice
diagonale, qui est beaucoup plus simple. Par exemple, en posant [D] = Diag (k1 , k2 , . . . , kn ), on
a m
[A]m = [P ][D][P ]−1 = [P ][D]m [P ]−1 = [P ]Diag (k1m , k2m , . . . , knm ) [P ]−1 . (4.27)
1. Montrer que les vecteurs [v1 ] et [v2 ] sont des vecteurs propres de la matrice [A] et
déterminer leur valeur propre respective, λ1 et λ2 .
2. En déduire la matrice de passage [P ] associée et montrer que
" #
1
−1 3 − 31
[P ] = 2 1
.
3 3
Définition 4.18 Polynôme caractéristique. Soit [A] une matrice d’ordre n. Considérons la ma-
trice [M ] = [A] − λ[I], où [I] est la matrice identité et λ un nombre réel indéterminé. La matrice
4.2. CAS DES MATRICES CARRÉES 59
Théorème 4.7 Théorème de Cayley-Hamilton. Toute matrice [A] est racine de son polynôme
caractéristique. Soit D([A]) = [0].
où les réels {cii } sont les cofacteurs des éléments {aii } de [A].
Cette section fournit un algorithme de calcul des valeurs propres et des vecteurs propres
d’une matrice et établit, ou non, l’existence d’une matrice régulière (inversible) [P ] telle que la
matrice [P ]−1 [A][P ] soit diagonale.
Beaucoup de matrices réelles ne sont pas diagonalisables. Il existe en particulier des matrices
réelles n’ayant aucune valeur propre. Mais ce n’est jamais le cas si la matrice est symétrique.
Théorème 4.8 Soit [A] une matrice réelle symétrique. Alors toutes les racines de son polynôme
caractéristique sont réelles.
Théorème 4.9 Soit [A] une matrice réelle symétrique. Si [u] et [v] sont deux vecteurs propres
de [A], alors [u] et [v] sont orthogonaux.
Théorème 4.10 Soit [A] une matrice réelle symétrique. Alors il existe une matrice orthogo-
nale [P ] telle que la matrice [D] = [P ]−1 [A][P ] soit diagonale avec [P ]−1 = [P ]T .
Comme nous allons le voir, la matrice orthogonale [P ] s’obtient en normalisant une base
de vecteurs propres orthogonaux.
CHAPITRE 4. CALCUL MATRICIEL
1
5. Calculer le développement limité en 0 à l’ordre 3 de f (x) = (1 + x) x .
x
6. Calculer le développement limité en 0 à l’ordre 4 de f (x) = .
sin x
A.2 Limite
1 − cos x
1. Calculer lim .
x→0 x(2 − x) tan(2x)
(1 − ex ) sin x
2. Calculer lim .
x→0 x2 + x3
ln [cos(ax)]
5. Calculer lim avec a et b réels.
x→0 ln [cos(bx)]
ax − bx
6. Calculer lim avec (a, b) ∈ R+,∗ × R+,∗ .
x→0 x
x2 sin x
7. Calculer lim .
x→0 x − sin x
I
II ANNEXE A. TDS DU CHAPITRE 1
A.3 Primtive
Soit Df l’ensemble de définition de la primivite.
Z
1. Calculer Df et x ln xdx.
Z p
2. Calculer Df et ln x + a2 + x2 dx.
Z
dx
3. Calculer Df et .
a2 − x2
Z
dx
4. Calculer Df et dx.
(a − x)(b − x2 )
sin2 θdθ
Z
5. Calculer Df et .
cos θ
Z
dθ
6. Calculer Df et avec D > R.
D + R cos θ
Z
7. Calculer Df et tan2 θ.
Z
8. Calculer Df et sin3 θ cos2 θdθ.
A.4 Intégrale
0 √
Z
1. Calculer I = ex 1 − ex dx. On pourra poser t = ex .
−1
Z +1 p
2. Calculer I = 1 + x2 1 − x2 dx. On pourra poser x = sin t.
−1
Z π/4
tan x
3. Calculer I = dx.
−0 1 + cos x
1
x3 + 2x2 + 1
Z
4. Calculer I = dx.
0 x2 + x + 1
3. Déterminer l’ensemble des solutions de l’équation y 0 (x) − By(x) = A sin ωx. Quelle est la
solution correspondant
√ à la condition initiale y(0) = 0. En déduire la solution complète
pour A = 6, B = 3 et ω = 1.
A.5. EQUATION DIFFÉRENTIELLE III
4. Résoudre l’équation y 00 (x) − ω02 y(x) = 0 avec ω0 réel. Que devient la solution générale si
ω0 = 2 et si y(0) = y0 ∈ R et y 0 (0) = 0.
1
3. Montrer que U (x, y, x) = (x2 + y 2 + z 2 )− 2 avec x, y et z différents de zéro satisfait
2 2 2
l’équation aux dérivées partielles de Laplace ∂∂xU2 + ∂∂yU2 + ∂∂zU2 = 0.
x ∂2f
4. Si f (x, y) = x2 arctan y , calculer ∂x∂y au point M0 (1, 1).
5. La capacité d’un condensateur plan est donné par C = Sd où S est la surface de l’armature,
la permittivité du diélectrique et d la distance entre les deux armatures. Calculer la
variation de C, notée ∆C, lorsque et d subissent respectivement des petites variations
∆ et ∆d.
∂2Y 2
2. Démontrer que la fonction Y = f (x + at) + g(x − at) satisfait la relation ∂t2
= a2 ∂∂xY2 , où
f et g sont deux fois dérivables et a ∈ R.
3. On considère une fonction à deux variables f (x, y) de classe C 1 de Df dans R. Soit les
fonctions u(x, y) et v(x, y) de classe C 1 et définie de Df dans R.
a) Calculer la différentielle δf de f selon le couple (x, y).
V
VI ANNEXE B. TDS DU CHAPITRE 2
Z Z
(P (x, y)dx + Q(x, y)dy) = df = f (B) − f (A) . (B.1)
AB
d AB
d
Z
(x2 − y)dx + (y 2 + x))dy le long des chemins Γ
1. Calculer l’intégrale curviligne I =
Γ
suivants :
a) D’une ligne droite joignant le point A(0, 1) au point B(1, 2).
b) D’une ligne droite joignant le point A(0, 1) au point C(1, 1) et d’une ligne droite joignant
le point C au point B(1, 2).
c) De la parabole paramétrée par x = t et y = t2 + 1.
→
− →
− →
− →
− →
− →
Z
2. Si A = (3x2 − 6yz) i + (2y + 3xz) j + (1 − 4xyz 2 ) k , calculer A · d−
r du point A(0, 0, 0)
au point B(1, 1, 1) le long des chemins Γ suivants :
a) x = t, y = t2 et z = t3 .
b) Les segments de droite joignant le point (0, 0, 0) au point (0, 0, 1), puis du point (0, 0, 1)
au point (0, 1, 1) et enfin du point (0, 1, 1) au point (1, 1, 1).
c) La ligne droite allant du point (0, 0, 0) au point (1, 1, 1).
3. Calculer le travail effectué en déplaçant une particule une seule fois le long d’une ellipse Γ
dans le plan (Ox, Oy), sachant que l’ellipse a pour centre l’origine, pour demi-grand axe
et pour demi-petit axe, respectivement 4 et 3 et sachant que le champ de force est donné
par
→
− →
− →
− →
−
F = (3x − 4y + 2z) i + (4x + 2y − 3z 2 ) j + (2xz − 4y 2 + z 3 ) k .
Z B
6xy 2 − y 3 dx + 6x2 y − 3xy 2 dy est indépendant du chemin
4. Démontrer que
A
joignant le point A(1, 2) au point B(3, 4) et calculer alors de deux façons différentes cette
intégrale.
H 2
x y cos x + 2xy sin x − y 2 ex dx + x2 sin x − 2yex dy
5. Calculer sur un contour fermé
2 2 2
sur l’hypocycloı̈de d’équation x 3 + y 3 = a 3 avec a > 0.
B.4. INTÉGRALE DOUBLE VII
où D est le domaine du plan (Ox, Oy) limité par les courbes d’équations x2 + y 2 = 4 et
x2 + y 2 = 9.
avec α 6= 0, β 6= 0 et (a, b) ∈ R2 .
B.5 Extrema
1. Ecrire le polynôme de Taylor d’ordre 2 en (0, π/2) de la fonction définie par
f (x, y) = ex sin(x + y).
4. Soit une boı̂te rectangulaire d’un volume de 32 m3 . Quelle doivent être ses dimensions
pour que la surface totale soit minimale ?
VIII ANNEXE B. TDS DU CHAPITRE 2
C TDs du chapitre 3
IX
X ANNEXE C. TDS DU CHAPITRE 3
1. Calculer [A]+[B].
2. Calculer 2[A]-3[B].
XI
XII ANNEXE D. TDS DU CHAPITRE 4
Calculer [A][B].
E) Calculer les produits suivants :
" #" # " #" # " #
1 6 2 2 1 6 1 6
a) b) c) [2 − 7] .
−3 5 −7 −7 −3 5 −3 5
Calculer
1. [A]2 .
2. [A]3 .
3. f ([A]).
4. g([A]).
C) Soit " #
1 3
[A] = .
4 −3
1. Trouver un vecteur colonne non nul [u]T = [x y] tel que [A][u] = 3[u].
2. Déterminer tous les vecteurs vérifiant cette équation.
D.5. MATRICES DIAGONALES ET TRIANGULAIRES XIII
soit symétrique.
C) Soit [A] une matrice arbitraire 2 × 2, réelle et orthogonale définie par
" #
a b
[A] = .
x y
1 2 1 1 5 −2 1 −2 1
C) Soit
1 1 1
[A] = 2 3 4 .
5 8 9
Déterminer
1. det[A].
2. Adj[A].
3. [A]−1 à l’aide de Adj[A].
D) Soit
1 1 1
[A] = 0 1 2 .
1 2 4
Calculer
1. [A]−1 en écrivant [A][A]−1 = [I].
2. [A]−1 à l’aide de Adj[A].
E) A l’aide des déterminants, résoudre le système
3y − 2x = z + 1
3x + 2z = 8 − 5y .
3z − 1 = x − 2y
F) Soit le système
kx + y + z = 1
x + ky + z = 1 .
x + y + kz = 1
6 4 5 0 3 −4
C) Soit " #
3 −4
[A] = .
2 −6
D) Soit " #
2 2
[A] = .
1 3
Trouver une matrice orthogonale [P ] telle que la matrice [D] = [P ]−1 [A][P ] soit diagonale.
F) Problème
1. Calculer les coordonnées du point M1 (x1 , y1 ) ayant subi une rotation d’une angle θ > 0 en
fonction des coordonnées du point initial M (x, y).
2. Exprimer les deux relations obtenues sous forme matricielle. En déduire la matrice de
rotation [R] associée.
3. Vérifier que la matrice de rotation [R] est orthogonale.
• Soit la conique Γ dans le plan (x, y) définie par
x2 y 2
q(x, y) = + 2 = 1. (D.1)
a2 b
XVI ANNEXE D. TDS DU CHAPITRE 4
∂f
1. Calculer ∂r (3 points).
∂f
2. Calculer ∂θ (2 points).
XVII
XVIIIANNEXE E. EXAMEN “MATHÉMATIQUES DE BASE : ANALYSE ET ALGÈBRE”
XIX
XX ANNEXE F. EXAMEN “MATHÉMATIQUES DE BASE : ANALYSE ET ALGÈBRE”
−→→− − →
Z Z
3. A l’aide du théorème de Stokes en déduire l’intégrale I = rot F · dS (2 points).
S
G Examen du cours “Mathématiques de base
pour les ingénieurs : Analyse et Algèbre”, mercredi
29 septembre 2010 - Durée 1H15 avec cours
uniquement
ln [1 + sin(ax)]
f (x) = ,
ln [1 + sin(bx)]
avec a et b réels.
3. Soit la primitive suivante :
x 2x2 − 8x + 17
2x3 − 8x2 + 17x
Z Z
F (x) = dx = dx.
x2 − 4x + 8 x2 − 4x + 8
a) Donner l’ensemble de définition de F (1 point).
b) Calculer F (5 points).
4. Soit l’équation différentielle (E) suivante :
avec x > 0.
a) Donner un “nom” à (E) (1 point).
b) Résoudre (E) (4 points).
Rappels :
x3 x5
sin(x) = x − + + O(x5 ).
3! 5!
x2 x3 x4
ln(1 + x) = x − + − + O(x4 ).
2 3 4
1
= 1 − x + x2 − x3 + x4 + O(x4 ).
1+x
XXI
XXII ANNEXE G. EXAMEN “MATHÉMATIQUES DE BASE : ANALYSE ET ALGÈBRE”
H Examen du cours “Mathématiques de base
pour les ingénieurs : Analyse et Algèbre”, lundi 18
octobre 2010 - Durée 1H15 avec cours uniquement
avec a ∈ R.
1. Représenter Γ et caculer I dont le chemin Γ est le segment [AB] avec A(0; 0) et B(1; 1).
(2 points)
2. Donner la condition sur a afin que I ne dépende pas du chemin suivi. (2 points)
3. Pour un contour Γ quelconque, proposer alors une méthode pour le calcul de I. Comparer
alors la valeur obtenue avec celle de la question 1. Conclure. (2 points)
XXIII
XXIVANNEXE H. EXAMEN “MATHÉMATIQUES DE BASE : ANALYSE ET ALGÈBRE”
sont vecteurs propres de [A] et donner leur valeur propre associée. (2 points)
5. A quelle condition les vecteurs [v1 ] et [v2 ] sont orthogonaux ? (1 point)
1. Sans calculer explicitement I, montrer que la valeur de I est différente de zéro (1 point).
2. Le contour Γ est défini par Γ = Γ1 ∪ Γ1 avec
– Γ1 = x = 1 + cos t, y = 1 + sin t, t ∈ 0, π2 ,
XXV
XXVI ANNEXE I. EXAMEN “MATHÉMATIQUES DE BASE : ANALYSE ET ALGÈBRE”
b 0 b
– A quelle condition la matrice [A] est inversible (2 points).
– Calculer [A]−1 (4 points).
J Examen du cours “Mathématiques de base pour
les ingénieurs”, jeudi 29 septembre 2011 - Durée
1H15 avec cours uniquement
x2
Z
f (x) = dx
x−1
Rappels :
x2 x3 x4
ln(1 + x) = x − + − + O(x4 ).
2 3 4
1
= 1 − x + x2 − x3 + x4 + O(x4 ).
1+x
XXVII
XXVIIIANNEXE J. EXAMEN “MATHÉMATIQUES DE BASE : ANALYSE ET ALGÈBRE”
K Examen du cours “Mathématiques de base
pour les ingénieurs”, lundi 17 octobre 2011 - Durée
1H15 avec cours uniquement
x2 y2
Γ= + = 1, x ≥ 0, a > 0 .
4a2 a2
c) Calculer la fonction P afin que I soit nulle où Γ est un chemin quelconque (2 points).
XXIX
XXX ANNEXE K. EXAMEN “MATHÉMATIQUES DE BASE : ANALYSE ET ALGÈBRE”
XXXI