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Philemon Fillion

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r;3:1

EPITRE

A PHILÉMON
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INTRODUCTION1

'10Époque de la composition. - Cettepetite lettre est une de celles que saint


Paul écrivit à Rome durant sa première captivité, comme nous l'avons briève-
ment démontré dans l'Introduction à l'épitre aux Éphésiens'. Il est certain
qu'elle date de la méme époque que la lettre aux Colossiens, puisqu'elle fut
confiée aux mémesporteurs 3. Elle fut donc aussi composéeen 62.
20 Nous avons toutes les garanties possiblesen faveur de son authenticité et
de sa canonicité. Et d'abord, les garanties extrinsèques, c'e~t-à-dire, les
témoignagesdes anciens auteurs. Sans doute, cette épitre est moins souvent
citée que les autres par l~s premiers Pères, à cause de sa brièveté et de son
caractèretout à fait privé; mais elle fait partie de toutes les versions, elle est
mentionnée dans toutes les listes officielles des écrits du NouveauTestament,
et Tertullien4, Origène", Eusèbe6, saint Jérôme7, etc" la rangent parmi les
livres universellementadmis dans le canon sacré. Marcion lui-même la regar-
dait comme canonique8. Quelques doutes furent soulevésau IVeet au ve siécle
contre son authenticité, iOUS.16très faible prétexte que le SUj6ttraité dans cette
petitelettre était trop ordinaire1 trop profane,pour que saint Paul s'en ~oit
occupé, 011pour qu'il ait été inspiré en cela; mais saint JeaQCtIrysostome9 et
saint Jérôme10 prot6itaient aViCénergie contre cette prétendue preUV6.
Les arguments intrinsèques sont si frappants, que de nombreux écrivains
rationalistes les regardent commesuffisants. « Peu de pages1 disent-ils, ont un
accent de sincérité aussi prononcé;' Paul seul, autant qu'il semble, a pu écrire
ce petit chef-d'œuvre. » Partout, en effet, dans cette pagesi intéressante, nous
trouvons « la manière de paul», sa finesse et sa dé[Link] pensées,les
- -
1 Pour les commentaires catholiques, voyez 6 Bist. eccl" ill, 3; -' ,~
la p. 12. 7 In Philem., Prolo :~ ii\
, Page 324. ~ Voyez Tertullien, 1. /J. ;: :C;~
3 Cf. Col. IV, 7-9. 9 In Phtlem,. Argum. :"'~\';\A
4 Aàv. Marc., V, 21. 10 L. C. "ë""
"""';'fj~
5 Bom. XIX tn Jerem,; 2. ",!il!
532 ÉPITREA PHILÉMON
sentiments, les expressions elles-mêmes, c'est-à-dire, tout ce qui fait recolt,.
naître un auteur, parlent en faveur de l'apôtre.
30 Le fond même de la lettre nous en fait connaître clairement l'occasion. et
l'objet. Onésime, esclave d'un chrétien nommé Philémon, qui était domicilié il
Colosses, ayant offensé un jour gravement son maître, prit la fuite pour échapper
au châtiment qu'il avait mérité. «( Afm de se dérober aux poursuites, le fugitif
ne crut pouvoir mieux faire que d'aller se perdre à Rome, dans le vaste récep-
tacle de toutes les infamies du monde et de toutes ses misères. La Providence
voulut qu'il y rencontrât, on ne sait comment, saint Paul. L'apôtre ouvrit ses
bras avec un miséricordieux empressement au malheureux que sa condition et
sa faute rejetaient hors de la société.Il l'instruisit, le baptisa, et lui reconnais-
sant des qualités qui le rendaient propre au service de l'Église, résolut de se
l'attacher. Il ne voulut toutefois le faire qu'avec le consentementde Philémon,
et c'est pour l'obtenir qu'il lui écrivit. » Tychicus allait précisémentpartir pour
Colosses1; Paul lui adjoignit Onésime, pour qu'ils fissent ensemble ce long
voyage.
Trois parties: 10 .l'introduction accoutumée,vers. 1-7, qui se composed'une
salutation (vers. 1-3) et d'une action de grâces à Dieu (vers. 4-7); 20 le corps
de la lettre, vers. 8 - 21, où l'apôtre intercède en faveur d'Onésime(vers. 8-16,
l'exposé des faits; vers. 17-21, la demandeproprement dite); 30 la conclusion,
vers. 22-25, qui consiste en salutations diverses et en une bénédiction aposto-
lique.
40 Ce petit écrit a son importance spéciale, et il est renYarquableaussi par
son caractère esthétique. - « On peut désigner à bon droit l'6pître :i Philémon
. comme le premier manifestequi ait paru en faveur de l'abolition de l'esclavage,
- comme un prélude de ce systèmeplein de sagessepar lequel l'Église chrétienne
a opéré et opère encore aujourd'hui, sans révolution, une immense transfor-
mation dans le monde2. » En vérité, elle jette une vive lumière sur cette ques-
tion si agitée3; elle est donc sousce rapport « un des plus précieux monuments
que nous ait légués l'antiquité chrétienne ».
D'autre part, elle est au-dessus de tout éloge au point de vue de la beauté
littéraire, de la délicatesse,de l'habileté, de l'urbanité attique. De l'aveu una-
nime, Paul s'est acquitté de sa tâche avecune finesseet un tact qu'on ne saurait
surpasser4.

,~~'i'."J:-
1 Cf, Epb. VI, 21-22; Col. IV, 7.9. 4 Comparez, parmi les lettres de Pline 18
2 J. Belser, Einlettung in das N. T., Frl- Jeune (Ep. IX, 21), celle dans laquelle J'Illustre
[Link]-Brisgau, 1901, p. 545. écrivaIn Implore la clémence d'un ami pour un
:1 Voyez II. Wallon, HistOtT" de l'esclavage affrancbi rebelle; elle est fort belle au,;sl,.mal~
da1~sl'antiquité, 28 édit., Pari,;, 1879; Paul certainement inférieure à celle de saint Paul.
Allard, les Esclaveschrétiens, Pari,;, 1876.

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1;"3'3

ÉPITRE

A PHILÉMON

1. Paul, prisonuier du Christ Jésus, 1. Paulus,vinctusChristi Jesu, et Ti-


et le frère Timothée,au bien aiméPhi- - motheus frater, Philemoni dilecto, et
lémon, notre collaborateur, adjutori nostro,
2. et à Appia, notre sœurtrès chère, 2. et Appire, sorori carissimre1et
et à Archippus,notrecompagnon d'armes, Archippo, commilitoni nostro, et eccle~
et à l'église qni est dansla maison, sire qurein don1otua est.
3, Quela grâce et la paix vous soient 3. Gratia vobis et pax a Deo Patre
donnéespar Dieu notre Père et par le nostro, et Domino Jesu Christo.
SeigneurJésus-Christ.
::~:':~:; :-:' . :
[Link],1-7. (cf, [Link], 8). Ce mot ne signifIedoncpas
1-8. La salutation.
- Paulus." Au lieude nOOesFairement
quePhilémon
fat alorsprêtreou
Joindre à son uom son titre d'apôtre, comme évêqne: son ministère avait peut - être consisté
dans les épitres aux Éphésiens et aux Colos- surtout dans son zèle pour la cause chrétienne,
siens, écrites en même temps, Paul se dit slm- - App1œ(vers, 2). C'était saus doute la femme
- plemeut vinctus Christ!, par allusion Il ses de Philémon, comme le supposait déjà saint Jean
chajues de prisonnier (comp. les vers. 9 , 10, 18 Chrysostome, - Sorori carissimt8. La leçon
et 23, où Il revient sur cctte pensée).Celatient
soit a~ caractère Intime et personnel de cette
, - à l'almée,
œyœ1t'1j'r~,
.,
. est une varlaute mal garan- .
la plus accréditéeest 'rr; &ôeÀ~r;, à la sœur; 'r'?j

lettre, soit au but que l'auteur se proposait. Ce tle, La Vulgate a uni les deux leçons. - Ar-
qu'il va demander, Il ne veut point l'obtenir chippo, Saint JérÔmea coBjecturé, d'après Col,
par son autorité apostolique, mals au nom de IV, 17,que ce troisième personnageétait évêque
la charité (comp. les vers. 8 et 9); d~ là ce de Colosse.. Il est fort possible qu'II fat aussi
ton modeste du début, D'ailleurs, rien n'était le IIls de Philémon et d'Appia, - Le trait com-
plus capable de toucher Onéslme que le souv~- mllitoni (IJ\JVIJ'rp~'rtw'r'~)confIrme l'hypothèse
nir des chaines dont son illustre ami était de saint JérÔme,Ce titre, emprunté au langage
chargé; tout le long de la lettre elles p]alde- militaire, convient fort bien aux chefll des
ront éloquemment ]a cause d'Onésime. - Et chrétientés, dont les fonctions, 11cette époque
Timothe11s", Cf. II Cor. I, 1; Phil, I, 1; Col. I, dlfllolle, étal~nt vraiment une campagneperpé-
1, etc. Tlmothéc était sans donte lui-même ami' tnelle. Cf. Phil, It, 25 et II Tlm. Il, 3, - Et
de Philémon et en relatlous affectueusesavec eccles!œquœ,., Voyez Rom. xv, 15 et le com-
lui. - Philemoni. Nous ne le conualssonsque mentaire; l Cor. XVI, 19 et Col. IV, 15. Ce der-
par cette épltre. Il résidait alors à Colosses, nier passagenous apprend que la ville de Co-
ville florissante de l'Asie proconsulaire (voyez losses avait alors au moins deux églises de
[Link].I, 1 et les notes). La lettre entière suppose ce genre. - Gratta... et pax... (vers. 8). Llt-
que c'était un homme riche et Inflnent, Ii un téralement comme dans Eph. I, 2; Phil. I, 2 et
noble spécimendu christianisme primitif. j) On Col. l, 2.
. croit généralement, d'après le vers. 19, qu'il 4-7. Action de grâces 11Dieu pour les vertus
devait sa conversion' 11saint Paul lui- même.- solides et très agissantesde Philémon, en par-
Adjutori nostro. Paul emploie parfois le titre tlculler pour sa fol et sa charité, Ce n'est pas
de collaborateur (lJ\Jvepy~) dans un sen~large seulement par adresseoratoIre, Il c'est bien du
534 .,
PHILEM.
4~9.
4. Gratias ago Deo meo, semperme- 4. 'Je rends grâcesà mon Dieu,fai-
moriamtrii faciens in orationibusmeis, sant sanscessementionde toi dansmes
prières, .
5. audienscaritatem tuam, et fidem, 5. parce que j'apprends quelle est tà
quamhabesin DominoJesu,et in omnes charité et ta foi pour le SeigneurJésus
sanctos; et enverstous les saints.
6. ut communicatiofidei ture evidens 6. Je demandeque ta libéralité, qui
Hat,in agnitioneomnisoperisboni, quod provient de la foi, deviennemanifeste,
est in vobis in Christo Jesu. se faisant connaîtrepar toute sorte de
bonnes œuvres
'loue dans qui Jésus.
le Christ se pratiquent . chez

7. Gaudium enim magnumhabui, et 7. Car j'ai ressentiune grandejoie et


consolationemin caritate tua, quia vi- une grande consolationau sujet de ta
scera sanctorum requievernnt per te, charité, parce que les cœursdes saints
frater. ont été soulagéspar toi, frère.
8. Propterquod, multam fiduciamha- .8. C'est pourquoi, bien qu'ayant en
bensin ChristoJesuimperandititi quod Jésus-Christune entièreliberté de t'or-
ad rem perti!let, . donnerce qui conviem,
9. propter caritatem magis obsecro! 9. c'est !ie-préférenceau nom de la
; ~

fond du cœur que l'apôtre, dès ses premiers slUlCeplus parfaite (Èlttyvooat;) de la puissance
mots, rend hommage aux grandes qualités de de l'évangile et des grands biens que nous pos-
Philémon. }) - Gratias ago... Il ya de nouveau sédonsgrâce à Jé[Link]. - In vobis. En
une coYncldencefrappante entre ce passageet nous, d'après)a meilleure leçon du grec. - In
Eph. 1,15-16; phil. t, 3-4; Col. l, 3-4; Ce fait Christo: e!; Xptl1-r6v 11l'accusatif; par rap-
est tout naturel, puisque les quatre épltres sont port au Christ, qui doit être, en el1et,le but de
"peu près coIitemporalnee.- Deo [Link]- tontes les bonnes œuvres des IIdèles. - Gau-
sion chère à saint Paul. Cf. Rom. l, s; l Cor, àium enim... (vers. 7). Epanchatlt son Ame dans
J, 4; Phil. J, 3, etc. - Memoriam tut... Selon celle de Philémon, Paul lui dit la Iole person-
la très juste remarque de saint JérÔme,à par- neile qu'Il a ressentie de sa conduite si charl-
tir d'Ici jmqu'au vers. 24, Paul n'adressela pa- table. ~ Quia viscera... Ce terme expressif
role qu'à Philémon: Appia et Archlppus dlspa- revient jusqn'à trois fois dans l'ép!tre (voyez les
missent; Il n'y a plus qu'un cœllr-à.cœur intime vers. 12 et 20). Les anciens regardaient les en-
de deux anciens amis. - Auàiens.., (vers. 5). trallles comme le siège de l'émotion, de l'a1fec-
Motif de la pieuse action de grâces de l'apôtre: tlon. - Les mots per te, ,rater, renvoyés à la
tous les chrétien!! qui venaient de Colossesou lin de la phrase, sont d'un bel e1fet.
des environs vantaient la charité géuéreuseet 2° Le corps de l'épltre. Vers. 8.j1.
la foi ton jours active de Philémon. - Quam Après ces prél1mlnaires, Paul croit le mo-
habes in... et in... Il y a ici ce que les anciens ment venu d'exposer sa requête; il la présente
I1ttérateurs nommaient nn croisement. Paul a en des termes très simples, et en même temps
voulu dire, commeIlle fait en réàl1té Col. 1, 4 : très capablesde gagner Philémon à sa cause.
La foi que tu as en Notre-Seigneur Jésus- S.16. Exposé des flirtS. Trois pensées sont
Christ, et ta charité envers tous les saints. Il a tour à tour développées: l'apôtre se place lui-
interverti l'ordre de son petit développement, même, avec l'esclave coupable,sous les yeux de
alin de compléter d'abord ce qui regardBlt la Philémon, vers. 8-12; 11décrit un projet qu'II
foi, mentionnée en dernier l1eu. - Au lieu de avait formé au sujet d'Onésime,mals auquel 11
in Domino..., Il faudmlt, d'après le grec: II in a renoncé, vers. 13.14; Il marque l'Intention
Dominum Jesum j); la fol dont Jésus est le que la Providence avait eue peut. ~tre, en per-
terme (ltpo,>. - ln (el;)... sanctos. C.-à-d., mettant la fuite de l'esc]ave, vers. 15-16. --
envers les chrétiens. - Ut... (vers. 6). L'apÔtre Propter quoà : à cause de toutes les preuves
Indique ce qu'lI demandait à DIeu lorsqu'il que Philémon avait données de sa fol et de sa
priait pour Philémon. Par les mots communi- charité. ~ Multam fttluciam (It~PP'1a{~v, la
catio ftdei tllre, il désigne les .libéralités, les I1berté de tout dire) habens...En tant qu'apôtre,
aumÔnes,que la foi suggérait à son saint ami. Paul aurait eu le droit de donner à son ami des
Sur ce sens du substantif xot'i"'v{~, voyezRom. ordres forll1els sur le point en question. - La
xv, 26; II Cor. VIII, 4 et JX, 13; Hebr. XIII, 16, formule in Ohristo Jesu dépend du verbe tmpe-
etc. - Eviàens. Dans le grec: lvepyr,;, éner- ranàt, qll'elle qualille : commander « dans la
gique, efllcace. - In agn;t!one...oper;s... sphèredu Christ}), C.-11
- d., en tant que son
Le grec dit seulement: dans la connaissance envoyé et son mInistre. - Quoà aà rem...; -rà
de tout bien. Ces mots expl1quent le résultat œv""xov,ce qui convient. Ce mot n'est employé
que Paul désirait voir effectué par les saintes que dans les ép!tres composées durant le premier
aumônes dc philémon: ceux qui en étalent les emprisonnement de saint Paul 11Rome. Cf. Eph.
témoins ou l'objet obtiendraient une connais- v, 4 et Col. Ill, 18. - Propter caritatem (ver.

.
PHrLEM.10-14. 535
charité que je t'adrésseune prière, tel cum sis talis,. ut Paulus~eneJÇ,
nunc3U-
que je suis, moi, Paul, vieillard, et tem et vinctus Jesu Christi.
de plus maintenantprisonnierde J ésus-
Christ.
10. Je te. prie pour mon fils, que j'ai 10. Obsecro te pro meo filio, quem ge.
engendré dans les chaînes, pour Oné. nui in vinculis, Onesimo j
sime,
11. qui t'a été autrefois inutile, mais 11. qui tibi aliquando inutilis fuit,
qui maintenantestutile et à moi,et à toi, nunc autem et mihi et tibi utilis,
12. et que je te [Link]-le [Link] remisi tibi. Tu autem ilium.,
commemon propre cœur. ut mea viscera, suscipe.
13. Je voulais .le retenir auprès de 13. Quem ego yolueram mecum deti-
moi, pour qu'il me servît à ta place nere, ut pro te mihi ministraret in vin.
dans les chaînes que je porte pour culiB evangelii j
l'évangile;
14: mais je n'ai rien voulu faire sans' 14. sine consilio autem tuo nihil ~o,
--
set g). Au lIou d'intImer dos ordros, l'apôtre en faveur duquel il supplie, c'est BOn fils (tour
préfère convaincre BOn amI ola ~v a,yœ1tYjv charmant donné tout à coup à la pensée), et
(c per carltatem », au lieu de prl>pter carita- ce fils, Il l'a engendré, c.-à-d, converti et bap.
tem), au nom de la charité chrétlennc, dont il tisé, dans sa prison: détail qui le luI rend plus
a donné tant de prenves. - Obsecro. Le grec cller encore. - Onesimo, Le nom du coupable
sIgnifie plutôt: J'exhorte. - Avec une exquise est enfin prononcé. AInsI présenté, Il ne pouvaIt
délicateMe, Paul donne quelques détails soIt sur pluS être désagréable Il Philémon. - Qui tibl.,.
le suppliant, vers, 9b,soltsur l'esclave coupable quI (vers. 11) En grec, 'OV~GI~Oç sIgnifie Il utile»;
est l'objet de la requête, vers. 10 et [Link] lieu de ce quI permet à l'apOtre de faIre un Intéres.
cum SiB, Il faudraIt ({ cum sim »; car il n'est pas sant jeu de mots, qui dIsposera plus favorable-
douteux que les mots 'rOIOV'rOç wv se rapportent ment encore Philémon. - InutiliB /llit. En
Il l'apÔtre luI-même: étant tel qu'Il va le dIre. prenant la fuite, Onésime avait faIt à son
Chacnne de ses expressIons sera fortement maltreun tort consIdérable, et avait agi tout à
accentuée. - Ut Paulus. Ce simple nom dit faIt contre la signification de son propre nom.
beaucoup en cet endroIt: Mol Paul, dont tu Mals voicI qu'Il Ta la vérl1ier parfaItement à
connais l'alTectlon et les tItres. - Sene",. Ce l'égard soIt de Paul, soIt de Philémon (nunc
autem et.,., et,..). Pour Paul, Il sera fon titre
de gloIre à cause de sa conver~lon, et il sera
,- désormaIs
le servIr deutile
son àmieux.
son martre,
- Quemcarremisi...
Il est prêt
(ver-à

set 12). Le verbe a,v~1tô!J.o/cxest à l'aoriste épIs-


tolaIre, qui a le sens du présent. En e!fet, Il est
évIdent; d'après Col. IV, 7, 9, qu'Onésime accom-
pagnait la lettre. - Les mots lu autem ilium
et suscipe pourraient bien n'être pas authen-
tiques, car il n'y a rien qui leur corresponde
daps plusIeurs mapuscrlts grecs très Jmpor-
tapts. Daps ce cas, la Petite phrase Incidente
'rov'r 'EGTtV 'rèx É!J.èxG1tÀcXyxcxvœ(Vulg., ut mea
viscfra; pllIS exactement: ({ Id est; mea
vlscera ») se rapporterait à la proposition qlIl
précède: Je te l'al renvoyé, c.-II-d., mes propres
entrailles (mon propre cŒlIr). Mauière de dire :
Prisonnier ènchalné. ReçoIs -le comme s'Il était la melllelIre partie
(Ba. -relief de la colonne de Marc- Aurèle,) de moi-même. - Quemego... (vers. 13). L'apÔtre
expose lIn projet qu'Il avait momentanément
formé au sujet d'Onéslme : il avait pensé à le
PalIl était déjà presqlIe lIn vieillard (il appro- garder à Rome alIprès de llIl, et à en faire son
chalt de soixante ans); circonstance qlIl don- homme de confiance. Paul ne pouvaIt rien dire
nait plus de poids encore à sa prière. C'est à tort de plus avantagelIx en favelIr de l'esclave con-
que divers Interprètes contemporai1Is donnent vertl. - Pro te. C.-à- d. ci vice tua» : en ton
Ici au substantif 1tpea6u'r1]ç le sens d'ambassa- nom, à ta place, pUISqlI'1l est ta propriété. -
rieur (du Christ). - De plus, Palii se trouvaIt Vinculi8 evangelii: les fers dont l'apôtre ava1t
dans une situation dIgne de pitié: nunc au- été chargé en défendant la noble cause de
lem... ",inctus... - Ob8ècro..,. pro... t'auteur l'évangile. - Sine consilio... (vers. 14). RaIson
arrive eptln à l'objét dIrect rie Ea lettre.. Celpl pour laqlIelle ce proj!!t n'avait pas été mis à
-,
1

!
!
536 PHILEM.15-17.

lui facere, uti ne velut ex necessitate ton avis, afin que ton bienfait ne fftt

bonum tuum esset, sed voluntarium. pas forcé, mais spontané.

15. Forsitan enim ideo discessit ad 15. Car peut-être n'a-t-il été séparé

horam a te, lit œternum ilIum recipe- de toi pour un temps, qu'afin que tll Je

res, recouvres pour J'éternité,

16. jam non lit servum, sed pro ser- 16. non plus désormais comme un

vo carllisimum fratrem, maxime mihi 1 escJave, mais comme celui qui d'esclave

quanto autem magis tibi, et in carne, est devenu un frère bien-aimé, pour moi

et in Domil\o. en particulier, 11, pJus forte raison pour

toi, soit dans Ja chair, soit dans le Sei-

gneur.
17. Si ergo habes me socium; suscipe 17. Si donc tu me regardes comme

ilIum sicutme ; uni à toi, accueille-le comme moi-même;

exécution. Paul auraIt pu supposer le consente- celui de la qualité. - Mazime..., quanta...

meut tacite de sou amI; mals Il Il préféré ne Comme si l'apôtre craignait d'avoir frolsBë Phl-

pas prendre cette liberté sans lui en parler: lémon en lui préseutant comme uu frère sou

~utrement, Il aurait semblé vouloir lui Imposer esclave rebelle, Il revleut sur Ba penséc, pour

une bonne œuvre, et Il lui en aul-alt enlevé en dire que c'est luI, Paul, qui avait le premier

partie le mérite (mi ne œlut...). - Forsl/an trouvé un nouveau frère grâce à la conversion

enim... (vers. 15). L'auteur suggère un autre d'Onéslme. - Magis tibi: puisque Philémon

motif dc sa décisIon, et il excuse d'une façon étaIt le propriétaire de l'esclave. - Et ln carne,


Imprévue la faute d'Ouéslme, C'est peut-Gtre la et in.., C.-à-d., au double poInt de vue naturel

ProvIdence, dIt-II, quI a mystérieusement agi en et surnatnrel. Onésime tenaIt à Philémon par

tout cela, car, sans son acte coupable, ton esclave les liens extérieurs de la nationalité et de la do-

ne serait probablement pas devenu chrétien. mesticlté, comme auB81 par ceux de la fol (in

- [Link] ad horam est un bel euphémIsme: Domino).

pour une heure, pour un temps très court, par 11.21. La requGte proprement dite. - Elle

comparaison avec l'éternIté (ut in œternum...). découle très naturellement de tout l'exposé qui

- Jaln non ut... (vers. 16). Non seulement précède: Si ergo... - Sot'ium. Le grec XQtvw-

Philémon recouvrait à jamais Onésime, mais vov marque plutôt l'union créée par la particl-

Antique prisou de !tome (le Tullialium)

[Link] étant devenu chrétieu dans l'Intervalle,


11 trouvaIt en lui, au lieu d'un esclave (pro 1 tié.
patlou La penséc
à la mGme
est donc:fol que Je l'IntImité
t'en prie par
de l'ami-
uotre

.ervo,. d'après le grec: plus [Link] esclave), un commune religion. - Sicut me. C'edt été pour

frère dans le ChrIst. Il gagnait donc ainsI tout Philémon une grande Iole de recevoir la vIsite

à la fois et sous le rapport du temps et sous de Paul; l'apôtre lui envoyait du moins son

,
PHILEM.18.25. 537
18. et s'il t'a fait qllelqlle tort, 011s'il 18. si alltem aliqllid noollit tibi, allt
tedoitqllelqlle chos~,inets-ie sllr mon debet, hoc mihi impllta.
compte.
19. Moi, Palll, je t'écris de ma propre 19. Ego Pallllls scripsi mea manu;::
main: je te le rendrai, polir ne pas te ego reddam, ut non dicam tibi quod et
dire que tu te dois toi- même il, moi. teipsum mihi debes.
20. Olli, frere, qlle je reçoive de toi 20. Ita, frater, ego te fI'uar in Do'-
cette joie dans leSeignellr; tranqllillise mino; refice viscera meR in Domino.
mon cœurdansle Seigneur.
21. C'est en comptant Sllr ton obéis- 21. Confidens in obedientia tlla scripsi
sance qlle je t'écris, sachant que tu tibi, sciens qnoniam et super id qllod
feras encore ,plus qlle je ne dis. dipo facies.
22. En mêmetemps, prépare-moiun 22. Simnl autem et para mihi hospi-
logemellt; car j'espereVOIIS être rendu, tinm; nam spero per orationesvestraR
grâce il, vos Plières. donari me vobis.
23. Épaphras, mon compagnonde 23. Sallltat te Epaphras,concaptiVIIS
captivité dansle CjIrist Jésus,te sallie, meusin Christo Jesn,
24. ainsi qlle Marc, Aristarqlle, Dé- 24. MarcIIs, Aristarchlls, Demas et
mas et LIIC, mescollaboratellrs. Lucas, adjlltores mei.
25. Qlle la grâce de notre Seignellr 25. Gratia Domini nostri Jesll Christi
J é[Link] soit avec votre esprit. cum spiritu vestro. Amen.
Am~n.!
"

représentant. - Si autem... (vers. 18). n y mots couverts. lorsqu'II aJoute: sciens quo.
avait encore un point à traiter, celui du «da. niam et super,..
mnum emergens 1>; Paul J'aborde avec une 3° Épilogue. [email protected].
grâce parfaite. n est prêt à endosserla TeS. 22. Une bonne nouvelle. - Simul autem...
pousabllité des dommagescausésà son ami par C'est une requête tonte personnelle que saint
la fuite d'Onéslme. et Il accepte de les payer: Paul [Link] maintenant à Philémon: para
hoc miki, (mets cela sur mon compte). - n miki. .. Il lui demandeJ'hospitalitépour une
écrit ce détail de sa propre main (E,lJo... scri. époque rapprochée,car II espèrerecouvrer bien.
psi..., vers. 19). pour donner plus de forcé tôt sa liberté. - Le trait per oraUones "estras
à sa parolc :Vois. tu as malntenannt ma slgna- est d'une grande délicatesse. - Donari : leur
ture, egoPaulus. - Mals Il ajoute en souriant: atre donné comme un pr~sent du Christ.
ut non dlcam,.. quod... En réalité, c'est donc 23.24. Salutations diverses. Nous y retrou.
Philémon qui demeure le débiteur de J'apôtre, vons les uoms de presque tous ceux des colla-
auquel il devait sa propre personne (teipsum, borateurs de Paul qui étalent auprès de lui
miki...), c.- à. d., sa régénération par la fol et lorsqu'il composa sa lettre aux Colossiens.
ses espérancesde salut éternel. - lta./rater Voyez Col. IV, 1,0.17et le commentaire. Jésus le
(vers, 20). L'affaire est maintenant arrangée: jUste est seul omis, - OoncaptilnlS. Voye~
Philémon fera à On~slmeun accueil affectueux, Col. IV, 10 et les notes. - Adjutores, O"uvepyol.
et Paul sera remplI d'une sainte joie (ego te Comme au vers. 1.
fruar.. .), - R'J/'ie... : ainsi que cela avait eu 25. La bénédiction apostolique. - Gratia
lieu pour les simples cbrétiens de [Link]. Domini.,. Comp. Gai. VI, 18. où la formule est
vers. 7". - Oonftdens(vers. 21). Reprenant un Identlquement la même. .:.- Oum spiritu "estro.
ton plus grave, J'apôtre exprime sa parfaIte Paul emploie le pluriel, parce qu'II réunit, avec
conJlanceen Philémon. C'est sansdoute J'affran. Philémon, toutes les pérsonnesqu'il a mentlon-
chlssement formel d'Onéslme qu'il demande à nées au vers. 2.

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