Lycée La Prat’s Pour le vendredi 28 novembre 2014
Classe de PT
Devoir de Mathématiques numéro 3
Exercice 1
On considère l’espace vectoriel R2 , on note id l’endomorphisme identité de R2 . On note B = (e1 , e2 ) la base
canonique de R2 . Le but de cet exercice est de trouver les couples (u, v) d’endomorphismes de R2 vérifiant
les 4 assertions suivantes :
(A1 ) : u2 = − id (il faut comprendre u ◦ u = − id ).
(A2 ) : v 6= id .
(A3 ) : (v − id )2 = 0.
(A4 ) : Ker (u + v − id ) 6= {0}.
! !
0 −1 1 1
1) Étude d’un exemple. Soit les matrices U = et V =
1 0 0 1
Vérifier que les endomorphismes u et v dont les matrices dans B sont respectivement U et V sont des
solutions du problème posé.
On revient au cas général et on considère un couple (u, v) solution du problème.
2) a) Montrer que u et v sont des automorphismes de R2 , puis donner les expressions de u−1 et v −1
en fonction de u, v et id .
b) Soit n ∈ N. Montrer qu’il existe deux polynômes Qn et Rn ∈ R[X] tels que
X n = (X − 1)2 Qn + Rn et deg Rn < deg(X − 1)2
On précisera l’expression de Rn en fonction de n.
Exprimer v n comme combinaison linéaire de v et id .
3) Établir que Im (v − id ) = Ker (v − id ).
4) Montrer que dim Ker (u + v − id ) = 1.
5) Soit (ε2 ) une base de Ker (u + v − id ), on pose : ε1 = −u(ε2 ).
a) Montrer que (ε1 , ε2 ) est une base de R2 .
b) Donner les matrices U et V de u et v dans cette base.
6) Donner la conclusion de cet exercice.
Exercice 2
Partie 1 (Décomposition de Dunford : généralités)
Pour n ∈ N∗ , on note In et 0n respectivement la matrice identité et la matrice nulle de Mn (R).
Soit A ∈ Mn (R), s’il existe ∆, N ∈ Mn (R) telles que :
i) A = ∆ + N ,
ii) ∆ est diagonalisable,
iii) N est nilpotente (i.e. il existe p ∈ N tel que N p = 0n ),
iv) ∆N = N ∆, autrement dit les matrices ∆ et N commutent,
alors on dira que le couple (∆, N ) est une décomposition de Dunford de A.
1
DL 3
! !
3 2 3 1
1) Soient A1 = et A2 = .
0 3 0 2
! !
3 0 0 2
a) Soient ∆ = et N = , montrer que (∆, N ) est une décomposition de Dunford de
0 3 0 0
A1 .
! !
3 0 0 1
b) Soient ∆ = et N = , montrer que (∆, N ) n’est pas une décomposition de Dunford
0 2 0 0
de A2 .
2) Soit A3 une matrice diagonalisable de Mn (R), montrer que A3 admet une décomposition de Dunford
que l’on donnera.
3) De même, soit A4 une matrice nilpotente de Mn (R), montrer que A4 admet une décomposition de
Dunford que l’on donnera.
4) Vérifier que si (∆, N ) est une décomposition de Dunford de A, alors ∆ et N commutent avec A.
Partie 2 (Étude d’un exemple)
3 −1 1 2 0 0 1 −1 1
Soit A = 0 2 2, on pose ∆ = −1 3 1 et N = 1 −1 1 .
−1 1 3 −1 1 3 0 0 0
1) Étude de ∆
a) Déterminer le spectre de ∆, en déduire que ∆ est inversible.
b) Montrer que ∆ est diagonalisable et la diagonaliser sous la forme P −1 ∆P = D,
avec P ∈ M3 (R) inversible que l’on précisera et
2 0 0
D = 0 2 0 .
0 0 4
c) En déduire, de manière élémentaire, que ∆−1 est diagonalisable, et exprimer ∆−1 en fonction de
P , P −1 et d’une matrice diagonale D1 à déterminer.
2) Décomposition de A
a) Montrer que A n’est pas diagonalisable.
b) Montrer que N est nilpotente.
c) Vérifier que N ∆ = ∆N .
d) En déduire que (∆, N ) est une décomposition de Dunford de A.
3) Décomposition de Dunford de A−1
On pose N1 = ∆−1 N .
a) À l’aide de 2.2.c montrer que ∆−1 N = N ∆−1 .
b) En déduire que N1 est nilpotente.
c) Développer (I3 + N1 )(I3 − N1 ). En déduire que I3 + N1 est inversible et donner son inverse en
fonction des matrices précédente (on ne cherchera pas à déterminer ses coefficients).
d) Justifier l’existence de A−1 .
e) Montrer que A−1 = (I3 + N1 )−1 ∆−1 et en déduire une décomposition de Dunford de A−1 .
4) Décomposition de Dunford des puissances de A
Soit p ∈ N.
a) À l’aide de la décomposition de Dunford (∆, N ) de A, montrer que
Ap = ∆p + p2p−1 N.
2
DL 3
b) Vérifier que (∆p , p2p−1 N ) est une décomposition de Dunford de Ap .
c) Calculer ∆p . En déduire que :
2+p −p p
Ap = 2p−1 1 + p − 2p 1 − p + 2p p − 1 + 2p .
p p p
1−2 −1 + 2 1+2
5) Décomposition de Dunford de R vérifiant R2 = A, R s’appelle une racine carrée de A
a) Déterminer les matrices U ∈ M3 (R) diagonales vérifiant U 2 = D.
b) À l’aide des matrices P et P −1 , déterminer alors une matrice S à valeurs propres positives
telle que S 2 = ∆.
c) Déterminer deux réels a et b, tels que S = a∆ + bI3 , en raisonnant sur les formes diagonalisées.
En déduire que S et N1 commutent.
1
d) On pose M = I3 + N1 . Montrer que M 2 = I3 + N1 .
2
e) En remarquant que A = ∆(I3 + ∆−1 N ), déterminer une matrice R telle que R2 = A.
f) Donner une décomposition de Dunford de R.