Torah
Torah
Elle est composée de cinq livres désignés en hébreu par un des premiers mots du texte et
traditionnellement en français : la Genèse (Berēshīṯ : Au Commencement), l'Exode
(Shemōṯ : Noms), le Lévitique (Vayyiqrā : Et il appela), les Nombres (Bamiḏbar : Dans
le désert) et le Deutéronome (Devarim : Paroles). Elle contient, selon la tradition
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rabbinique, 613 commandements [réf. incomplète] et comporte, outre la composante écrite
(hébreu : תורה שבכתב, Tōrā sheBikhtāḇ : « Torah écrite »), une dimension orale
(hébreu : תורה שבעל פה, Tōrā sheBeʿal Pe : « Torah orale »), ultérieurement compilée
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dans le Talmud et la littérature midrashique , contrairement à la tradition juive karaïte qui
ne prend en compte que la Torah écrite.
Présentation
La Torah désigne stricto sensu la première section du Tanakh — anagramme de l'incipit
des cinq premiers livres de la Bible hébraïque — mais le terme est également employé
pour désigner tant la loi écrite (Tōrā sheBikhtāv) que la loi orale (Tōrā sheBeʿal Pe), qui
contient un ensemble d'enseignements religieux juifs, incluant le Talmud (étude), lui-
même formé de la Mishnah (répétition), de la Guémara, du Midrash (récit), et d'autres.
Composition
La Torah fut, selon la tradition, dictée à Moïse par Dieu sur le mont Sinaï. Pour les juifs,
elle a traditionnellement été acceptée comme telle : la parole littérale de Dieu au peuple
juif tout entier au mont Sinaï.
Toutefois, cette affirmation est remise en cause dès le xiie siècle, notamment par certains
Pentateuque de Damas, Bibliothèque
érudits et philosophes comme Isaac ibn Yashush, Maïmonide et Abraham ibn Ezra, qui nationale d'Israël.
dressent la liste des « post-mosaica » — textes ou éléments rédigés après l'époque
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mosaïque — sans remettre pour autant en cause la tradition reçue . Cependant, le
premier à rejeter l'idée que Moïse a écrit les cinq livres est Andreas Bodenstein (1486-1541), un théologien protestant qui
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examine aussi dans son ouvrage la possibilité qu'Esdras soit le véritable auteur du Pentateuque pour finalement la repousser . Le
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pas est franchi par Baruch Spinoza dans son Tractatus theologico-politicus, où il souligne l'unité organique entre la Torah et les
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livres « historiques » (de Josué aux Rois) et en attribue la rédaction à Esdras .
Aujourd'hui, après avoir connu un consensus dans les années 1970 autour de l'hypothèse
documentaire, diverses autres théories ont refait surface pour expliquer l'origine de la
Torah, dont la théorie des fragments et la théorie des compléments. Malgré leurs
divergences, ces théories s'accordent toutefois sur le fait que la Torah est une collection
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de textes mis en commun par des scribes autour de la période de l'Exil et après . La
publication de cette littérature de compromis, qui ne cherche pas à gommer les
divergences des options théologiques, peut se comprendre comme la mise en place d'une
matrice identitaire du judaïsme naissant, une réponse aux changements politiques,
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économiques et religieux auxquels celui-ci se trouve confronté .
Illustration pour Sim'ha Torah, France
La critique radicale biblique reçoit peu de soutien chez les Juifs orthodoxes. La critique (v. 1930).
des livres bibliques hors la Torah (Neviim et Ketouvim) est tolérée, quoique d'un
mauvais œil, mais l'appliquer à la Torah elle-même est considéré comme erroné, voire
hérétique. L'hypothèse documentaire, combattue par l'érudit Umberto Cassuto, a cependant fait l'objet de commentaires du
Malbim et du rabbin Samson Raphael Hirsch.
Étymologie et sens
L'étymologie du mot Torah est la même que celle de Mōrē, מורה, « l'enseignant » :
Līrōṯ, לירות, « tirer », « lancer » au sens de « viser à un objectif », qui est ici celui de la
sagesse en empruntant le bon chemin conduisant (à) sa vie, ou, inversement, en
empruntant le chemin conduisant à une vie bonne. La Torah trace donc une direction,
une ligne de conduite [réf. nécessaire].
Le terme étant polysémique, Torah peut être traduit selon les passages bibliques et les Rouleau de Torah, Musée Kazerne
traducteurs par « loi », « enseignement », « instruction » voire Dossin Mémorial, Malines, Belgique
« révélation » [réf. nécessaire]. (cliquer pour voir la vidéo).
Quelques traductions de ּתֹוָרה
Langues Traduction
amharique ኦሪት
anglais, basque, corse, français, italien, islandais, malgache, occitan, suédois, vietnamien Torah
araméen ܐܘܪܝܬܐ
arménien Թորա
azerbaïdjanais Tövrat
cantonais, chinois, wu 妥拉
coréen 토라
esperanto Torao
géorgien თორა
hindi तौरात
japonais トーラー
javanais Torèt
kabyle Tawrat
kazakh Тәурат
kurde Tewrat
marathi तोराह
néerlandais Thora
pendjabi ਤੌਰਾ
swahili Torati
tadjik Таврот
tamoul தோரா
tchéchène Товрат
thaï โทราห์
turc Tevrat
turkmène Töwrat
L'enseignement de la Torah
Parmi les enseignements relatés dans le Tanakh, on peut trouver :
le Monde fut créé en six jours et le septième jour (Shabbat), Dieu cessa
toute création et le sanctifia (Genèse) ;
au début, Dieu juge sa création comme excellente (Genèse) ;
Dieu est désigné parfois par le nom d'Elohim (« Lui-les dieux » selon la
traduction du Rav Askénazi), parfois sous le Tétragramme YHWH, et
parfois sous d'autres noms, comme El Shaddaiï, El Elyon, etc. ;
l'Adam, qui désigne dans l'au-delà les couples originels avant de se
restreindre à l'Homme [réf. nécessaire], est installé dans le Gan Eden (le
jardin des délices) mais en est chassé pour avoir outrepassé le seul
interdit. Par la suite, l'humanité déchoit au point que Dieu décide d'effacer
la création terrestre en l'engloutissant sous les eaux des mers et des
cieux. (Genèse) ; Élèves et professeur au Talmud
les descendants de Noé, seul survivant avec les siens, s'égarent à leur Torah de Samarcande (1909-15).
tour, sauf l'un d'eux, Abraham, qui redécouvre sa foi et, vivant en accord
avec cela, sera un modèle de bienveillance et de sincérité. Dieu établit
une Alliance avec lui, dont la circoncision sera un acte rituel démonstratif de la soumission à Dieu, se
perpétuant dans les nouvelles générations de descendants, qui seront nombreux comme les étoiles. Son fils
Isaac sera un modèle de rigueur, le fils de celui-ci, Jacob, un modèle de miséricorde. Malgré leurs faiblesses
et défaillances humaines, ils parviennent à s'améliorer et à vivre dans la vertu, ainsi que leurs descendants,
ce qui mène l'un d'eux, Joseph, du statut d'esclave à celui de ministre du Pharaon ;
la population se plaît en Égypte, jusqu'à ce qu'un pharaon décide de mécroire [pas clair]. Se révélant alors à
Moïse qui a vécu comme un maître en Égypte et sera le guide des descendants d'Israël, Dieu libère le peuple
de Moïse afin qu'il le serve sur la terre de Canaan, où a habité Abraham (Exode).
Les descendants d'Israël n'en jouiront cependant qu'en le servant, en respectant ses prescriptions, sans quoi, ils en seront chassés
comme Adam fut chassé du Jardin d'Éden. On peut (artificiellement) subdiviser le service en :
prescriptions envers Elohim, le Dieu créateur : le reconnaître et le proclamer, ce qui conduit à refuser le
polythéisme et l'idolâtrie, respecter un jour de repos hebdomadaire, sanctifier sa nourriture en ne mangeant
que des animaux « purs », sanctifier ses rapports conjugaux en refusant des unions interdites (par ex.
l'inceste) ou « contre nature » (homosexualité, zoophilie, etc.), lui réserver les prémices de sa récolte, de ses
fruits, de son vin, etc. ;
prescriptions envers 'Adō-nāï, le Dieu providentiel et garant du libre arbitre : respect et amour de son
prochain, et de l'étranger, comportement rigoureusement moral et éthique, refus des excès (excès « par
excès » comme excès « par défaut »), refus de l'enrichissement personnel s'il appauvrit l'autre, ou ne
participe pas à l'enrichissement collectif, etc. ;
cependant, cette subdivision est totalement artificielle, 'Adō-nāï est Elohim, il est 'Adō-nāï Elohim, et ce n'est
pas un hasard si la phrase « Je Suis 'Adō-nāï votre D.ieu » ponctue tant les prescriptions « éthico-sociales »
que les prescriptions « rituelles et sacerdotales ». C'est aussi la phrase à proclamer biquotidiennement soit
« Écoute Israël, 'Adō-nāï est (notre) Dieu, 'Adō-nāï est Un, soit en hébreu Shemaʿ, Israël, 'Adō-nāï Elohenou,
'Adō-nāï Ehad' » : tout le reste en découle, pour qui réfléchit à ces paroles, y compris « Tu aimeras ton
prochain comme toi-même » : ton prochain, c'est l'homme, mais c'est aussi, à tout moment et en tout lieu, le
Dieu omniprésent et éternel.
Le peuple croyant que Moise est mort, une petite partie du peuple se fabrique un nouvel intermédiaire par un veau d'or. Surtout,
les habitudes contractées en Égypte ont la vie dure : tandis que Moïse se trouve sur le Sinaï, une partie du peuple souhaite se
construire une statue en or pour l'honorer comme son dieu. Il faudra errer dans le désert durant 40 ans, le temps que meure la
génération qui a connu l'Égypte, jusqu'à Moïse lui-même, le temps qu'Israël apprenne à vivre selon la Torah. Moïse préfère le lui
rappeler au seuil de Canaan, avant de mourir en un lieu indéterminé.
Les cinq livres contiennent donc un système de lois et d'éthique, à la fois complet et ordonné (selon la tradition rabbinique, la
Torah comporte 613 « Commandements » distincts, positifs — « Fais » — ou négatifs — « Ne fais pas », chacun appelé
mitzvah, « prescription »), ainsi qu'une description historique des débuts de ce qui deviendrait le judaïsme.
Les cinq livres (en particulier Bereshit/Genèse, la première partie de Shemot/Exode, et une grande partie de Bamidbar/Nombres)
apparaissent à première vue plutôt comme un ensemble de narrations apparemment historiques que comme une énumération de
lois ; pourtant, beaucoup de concepts, d'idées et de commandements toraïques sont contenus dans ces « histoires », au point que
certains disputent leur historicité (cf. infra).
Le Deutéronome est différent des livres précédents : il est écrit à la première personne. Il s'agit en fait, comme indiqué plus haut
du dernier discours et des dernières recommandations de Moïse aux « enfants d'Israël », avant de mourir.
« Dieu a donné la Torah en cadeau au peuple juif… Dieu a fait un plus grand cadeau en leur faisant savoir à
quel point elle est précieuse »
— Mosheh Rabbeinu, Pirkei Avot
Beaucoup de lois ne sont cependant pas directement mentionnées dans la Torah : elles en ont été déduites par exégèse et
traditions orales, avant d'être compilées dans la Mishna, le Talmud, la Mekhilta de Rabbi Ishmaël et autres traités moins souvent
étudiés (Baraïta). Les Karaïtes ne reconnaissant pas l'autorité des rabbanim (maîtres), ils ne suivent tout simplement pas ces lois.
D'autre part, selon la tradition rabbinique du moins, les histoires dans la Torah ne se déroulent pas nécessairement dans l'ordre
chronologique, mais parfois par ordre de concept (« le futur expliquant le passé », par exemple). Cette vue est résumée par la
maxime talmudique (traité Pessa'him 7a) : « Ein moukdam ou'meou'har baTorah » : « [Il n'y a] pas de « [plus] tôt » et « [plus]
tard » dans [la] Torah ».
s'il est rituel, c'est-à-dire pour la lecture lors des offices, la forme du livre
est celle de la Torah à l'origine : un parchemin fixé à deux poignées de
bois, que l'on déroule au fur et à mesure de sa lecture (et qui, étant donné
la plus grande commodité à tenir et dérouler ce rouleau au moyen de la
main droite, la majorité de l'espèce humaine étant droitière, se lit de droite
à gauche). Ce parchemin est appelé Sefer Torah (« Livre [de] Torah ») ;
depuis l'imprimerie, le texte de la Torah a été industriellement reproduit
pour l'usage quotidien et particulier. Ces versions imprimées sont
connues sous le nom de Houmash (plur. Houmashim) (« Cinquième des
Cinq Livres »). Elles contiennent généralement des traductions en
français, anglais, allemand, russe, etc., ainsi que des commentaires en
marge : classiquement, un Houmash contient le Targoum d'Onkelos et le
commentaire de Rachi. Certains Houmashim, réunissant plusieurs
commentaires classiques (Rachi, Rashbam, Rambam, Ramban, Ibn Ezra,
Keli Yakar, Sforno, etc.) sont dénommés Miqraot Guedolot (« Grandes
Lectures »).
L'écriture des Sifrē Tōrā, ou Sefārīm, se fait selon des règles extrêmement contraignantes
et précises, et ne sont confiées en conséquence qu'à des scribes professionnels hautement
qualifiés. C'est en vertu de ces règles que ce texte plurimillénaire nous est arrivé Présentation de la Loi, E. Moyse,
inchangé, et que des copies datant de plusieurs siècles, voire de millénaires, sont (1860) - Musée d'art et d'histoire du
virtuellement identiques entre elles. L'accent a été mis sur ce souci de précision au point judaïsme.
de dire que chaque mot, chaque lettre, chaque signe même est d'origine divine, et que s'il
1
en manquait un seul, le monde s'écroulerait .
Il est vrai qu'en hébreu, certaines lettres se ressemblent fortement, et que la vocalisation peut changer le sens d'un mot. Dans un
système basé sur l'analyse jusqu'aux plus subtiles nuances de ces mots, une erreur de lecture peut conduire à une erreur de
compréhension et une perversion du message. L'analogie avec la récente notion de code génétique a maintes fois été évoquée.
Les Sefārīm sont considérés comme l'un des plus grands trésors d'une communauté, et l'acquisition d'un nouveau sefer est
prétexte à des célébrations festives. Tous les Sifrē Tōrā sont rangés dans l'endroit le plus saint de la synagogue : l'Arche sainte
( ֲארֹון הֹקדׁשaron hakodesh en hébreu) appelé Hēkhāl.
Les versions imprimées de la Torah sont traitées avec grand respect, mais leur sainteté est considérée comme inférieure à celle
des Sefārīm qui sont manuscrits ; par exemple, une lettre effacée rend un Sefēr Tōrā impropre à l'usage (passoul), ce qui n'est pas
le cas des Ḥoummashīm.
Temporalité et scripteur(s)
Diverses opinions circulent dans la littérature rabbinique sur le moment où elle fut
révélée entière :
pour certains [Qui ?], elle fut donnée d'un bloc sur le mont Sinaï. Dans cette
Sefer Torah et son yad.
vision, dite « maximaliste », Moïse eut non seulement connaissance de
toutes les paroles de Dieu (« et Dieu dit à Moïse ») mais aussi tous les
évènements ultérieurs au mont Sinaï jusqu'à sa mort, voire au-delà ;
d'autres sources pensent que la Torah fut révélée sur le Sinaï jusqu'au Sinaï même, et que le reste serait
venu « par épisodes » et ne se serait conclu qu'à la mort de Moïse ;
une autre école de pensée (dont le Rav Avraham ibn Ezra est le tenant le plus connu, mais il fut précédé
dans cette voie depuis la Haute Antiquité) est que la Torah, bien qu'ayant été écrite par Moïse dans sa quasi-
totalité, fut complétée après sa mort par Josué.
Selon le Talmud de Babylone, Moïse a écrit son propre livre (soit la Torah), la partie de Balaam dans la Torah
et le livre de Job. Josué a écrit son propre livre et huit versets de la Torah (dont la description de la mort de
Moïse). Samuel a écrit son propre livre, le livre des Juges, et le livre de Ruth. David a écrit le livre des
Psaumes « par l'intermédiaire de dix anciens des générations précédentes, rassemblant une collection qui
comprenait des compositions d'autres personnes en plus des siennes ». Il a inclus des psaumes écrits par
Adam (premier homme), par Melchizédek (roi de Salem), par Abraham, par Moïse, par (en)Héman l'Ezrachite,
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par (en)Jeduthun, par (en)Asaph, et par les trois fils de Koré. »
D'une manière générale, les tenants du judaïsme orthodoxe s'accordent sur l'origine entièrement (ou quasi entièrement) mosaïque
et tout à fait divine de la Torah. En revanche, le judaïsme massorti (ou conservative) accepte la critique biblique en soulignant
que si la Torah n'a pas été écrite dans sa totalité par Moïse, elle est néanmoins d'origine divine, les scribes ayant été inspirés par
14
Dieu .
Message infini
D'après cette même tradition, le message de la Torah est infini, ne s'arrêtant pas aux
mots. La moindre lettre, la plus petite préposition, voire la cédille de la lettre youd
(koutzo shel youd קוצו של יוד, le youd étant la lettre )י, les marques décoratives, les
répétitions de mots, furent placées là par Dieu afin d'y celer un enseignement. Ceci est
valable quel que soit l'endroit où cela apparaît.
Exemples :
dans le cas de koutzo shel youd, le youd apparaît dans « Je Suis l'Éternel
ton Dieu » ou l'occurrence fréquemment répétée « et Dieu parla à Au centre de cette partie,
Moïse » ; tétragramme YHWH dans un Sefer
on dit que Rabbi Akiva avait déduit une nouvelle loi de toutes les Torah (Nb 18:27-30)
occurrences de la particule ett ( )אתdans la Torah (Talmud, traité
Pessa'him 22b) ; or ett est une particule accusative sans signification
propre. Pourtant, « s'il n'avait été écrit « créa Dieu ett les cieux et ett la terre », on aurait pu croire que
« cieux » était le nom de Dieu » dit-il dans le traité Haguiga (14a). Mais non, lui répond Rabbi Ishmaël, « ett
les cieux pour y inclure tout ce qui s'y trouve, les étoiles et les sphères célestes, ett la terre pour y inclure ce
qui la peuple ». Autrement dit, ett marque « l'essence de la chose ».
Contre-exemples :
le Talmud, rapporte (traité Mena'hot 49) que Moïse, résidant sur le Sinaï, voit Dieu ajouter aux lettres de la
Torah des marques graphiques qui n'en modifient pas la lecture. S'étonnant de cette apparente futilité, il
s'entend répondre que dans quelques siècles, un sage nommé Akiva ben Joseph en déduira le sens et les
règles.
Exauçant la prière de Moïse de comprendre cela, Dieu l'expédie au huitième rang de la Yeshiva de Rabbi
Akiva, où précisément, celui-ci enseigne ces lois. Devant l'exposé ardu, Moïse se sent épuisé, lorsqu'un
élève se risque à demander d'où Rabbi Akiva tire ces enseignements. Et celui-ci de répondre : « C'est une loi
donnée à Moïse sur le Sinaï » !
bien qu'on ne discute pas de la validité du koutzo shel youd, celui-ci est devenu synonyme de « vétille » en
français. Dire de quelqu'un qu'il est le koutzo shel youd est une des formulations de mépris les plus
marquées.
Une interprétation kabbalistique de ce principe enseigne que la Torah ne constituait qu'un seul long Nom de Dieu, qui fut brisé
en mots afin que les esprits humains puissent le comprendre. Par ailleurs, bien que cette façon de décomposer le Nom soit
efficace, puisque nous parvenons à l'appréhender, ce n'est pas la seule.
Selon les juifs rabbanites, descendants des Pharisiens, et dont les juifs orthodoxes
maintiennent fidèlement l'idéologie, une loi orale (Torah SheBe'al Pe) fut donnée au
peuple en même temps que la Loi écrite (Torah SheBeKtav), ainsi que le suggèrent
de nombreux versets, notamment Ex 25,40. Il s'agissait probablement à l'origine,
outre d'explications quant aux prescriptions, de paraphrases orales du texte,
explications d'un tel mot, discussion autour de telle idée dans tel verset, mais en tout
cas intimement liées à la loi écrite, et la complétant : de nombreuses notions ne sont
pas clairement définies dans le texte. Ce souci de se remémorer les paroles des
maîtres alla de pair avec une scrupuleuse exactitude dans le respect et l'application
des lois.
Le premier à systématiser les lois en catégories fut rabbi Akiva. Son disciple rabbi
Meïr y contribua grandement. Toutefois, le gros du travail est le fait de rabbi Juda
Hanassi, qui acheva cette compilation, et la nomma Mishna (« Répétition »). Les
traditions non incluses dans la Mishna furent consignées comme Baraïtot L'arche contient les Sifrei Torah.
([enseignements] « extérieurs ») ou dans la Tosefta (« Supplément »). Des traditions
plus tardives furent également codifiées comme Midrashim.
Au cours des quatre siècles qui suivirent, ce petit corpus de lois et enseignements éthiques suffit à fournir les signes et codes
nécessaires pour permettre la continuité de l'enseignement des traditions mosaïques, tout en maintenant leur dynamisme, et leur
transmission aux communautés principalement dispersées entre Babylone et la terre d'Israël (devenue la province romaine de
Syria Palestina).
Toutefois, les circonstances historiques contraignirent les communautés galiléennes d'abord, babyloniennes ensuite, à compiler le
corpus de commentaires de la Mishna, dont les allusions, leçons, traditions, etc. synthétisées en quelques centaines de pages
furent développées en milliers de pages, appelées Guemara. Important changement, alors que la Torah et la Mishna sont rédigées
en hébreu (bien que l'hébreu mishnaïque ne soit plus identique à l'hébreu biblique), la Guemara l'est en araméen, ayant été
compilée à Babylone. La notion de Guemara est à peu près équivalente à celle de Talmud en hébreu, terme bien plus connu.
Deux « versions » du Talmud existent, le Talmud de Babylone et celui de Jérusalem, en réalité le résultat des compilations des
discussions tenues dans les académies babyloniennes d'une part et galiléennes de l'autre. Le Talmud de Jérusalem ayant été
terminé à la hâte, sous la pression des circonstances historiques, deux siècles avant celui de Babylone, c'est ce dernier qui fait
autorité lorsque les deux se contredisent (y compris deux versions différentes de l'enseignement d'un rabbi).
Les juifs pratiquants (rabbanites) suivent les explications traditionnelles de ces textes. Les Karaïtes, eux, ne suivent que la Miqra,
c'est-à-dire la Torah.
Dans l'Église anglicane, la confession de foi de Westminster (1646), par exemple, divise les lois mosaïques en catégories civile,
morale et cérémoniale, les seules obligatoires étant les morales. Si le reconstructionnisme chrétien voulut les rétablir toutes en vue
de construire une théocratie moderne, d'autres estiment qu'aucune loi civile ne s'applique à eux, celles-ci ayant été rédigées en
des temps et circonstances révolus, ce qui n'est pas le cas des obligations morales, ni des principes religieux.
Depuis la fin du xxe siècle, certains groupes chrétiens, inspirés par le judaïsme messianique, ont affirmé que les lois de la Torah
devaient être suivies par les chrétiens, dans une optique et une perspective chrétiennes. Les lois alimentaires, le septième jour, et
les jours de fête bibliques sont observés (voir Quartodécimanisme), avec toutefois des variations par rapport aux rites juifs, mais
pour la raison que Jésus fut crucifié ce jour [Lequel ?].
Ces chrétiens ne voient pas la Torah comme un moyen d'accomplir la rédemption, mais comme un moyen d'obéir plus
complètement à Dieu.
La Tawrat (Torah) est, avec l'Injil (Évangile) et le Zabur (Psaumes de David), l'un des trois Livres qui furent révélés par Dieu
avant le Coran, lequel se veut un « rappel » de ces trois livres. Le mot Tawrat est cité en de nombreux endroits du Coran et
désigne l'ensemble des livres révélés à Moïse. [réf. nécessaire]
15
L'islam affirme donc que Moïse reçut une révélation, la Tawrat . L'islam fustige toutefois les modifications [Lesquelles ?] qui
auraient été apportées [Quand ?] par les personnes [Qui ?] responsables de la conservation des écrits et par certains scribes et
prédicateurs [Lesquels ?], afin de « servir leurs desseins » [Lesquels ?]. D'après la foi islamique, les Écritures juives actuelles ne
seraient donc pas la révélation originelle donnée à Moïse, mais contiendraient plusieurs altérations [Lesquelles ?].
La Torah est la seule partie de la Bible hébraïque que les Samaritains considèrent comme d'autorité divine, à l'exception peut-être
du Livre de Josué. Tous les autres livres de la Bible juive sont refusés. Les Samaritains refusent aussi la tradition orale juive (telle
qu'exprimée dans la Mishna, puis la Gémara et le Talmud). Le Pentateuque samaritain comporte environ 2 000 versets différents
de la version massorétique.
La Bible samaritaine est rédigée en abjad samaritain, la forme primitive de l'alphabet
hébreu, dite proto-cananéenne, que les Judéens ont abandonnée pour l'écriture carrée
assyrienne. On considère cet alphabet comme fidèle à celui utilisé avant la captivité
babylonienne.
Notes et références
1. (en) Stephen M. Wylen, Settings of Silver : An Introduction to Judaism,
Paulist Press, 2001 (ISBN 0-8091-3960-X, lire en ligne (https://books.googl
e.com/books?id=pAkE0GkHCoEC&pg=PA16&lpg=PA16&dq=%22The+wor
d+Torah+means%22&source=web&ots=bV3kpjKQV5&sig=TsvW10lMX4DO
XcheUoySMQ_Q2zg&hl=en&sa=X&oi=book_result&resnum=3&ct=result#P
PA16,M1)), p. 16. Cependant, l'adéquation des concepts grecs et hébreux
fait débat : voir Philip Birnbaum (en), Encyclopedia of Jewish Concepts,
Hebrew Publishing Company, 1964, p. 630 ; Richard J. Coggins,
Introducing the Old Testament, Oxford University Press, 1990, p. 3.
2. (en) « The Written Law - Torah (https://www.jewishvirtuallibrary.org/the-writte
n-law-torah) », sur www.jewishvirtuallibrary.org (consulté le
29 novembre 2023). Pentateuque samaritain (synagogue
3. (en) Philip Birnbaum (en), Encyclopedia of Jewish Concepts, Hebrew samaritaine du mont Gerizim)
Publishing Company, 1964, p. 630.
4. T.B. Makkot 23b.
5. (en) Richard J. Coggins, Introducing the Old Testament, Oxford University
Press, 1990, p. 1.
6. (en) John L. Esposito, What Everyone Needs to Know about Islam, New
York, Oxford University Press, 2002, p. 7-8.
7. Jean-Daniel Macchi, Introduction à l'AT, p. 68.
8. Albert de Pury et Thomas Römer, Le Pentateuque en question : les origines
et la composition des cinq premiers livres de la Bible à la lumière des
recherches récentes, Labor et Fides, 2002, 429 p.
(ISBN 978-2-8309-1046-9, lire en ligne (https://books.google.fr/books?id=iB-
Ii9_ZeBMC&printsec=frontcover)), p. 13.
9. (en) Paula Goder, The Pentateuch : A Story of Beginnings, Continuum
International Publishing Group, 2005, p. 10-11.
10. Jean-Daniel Macchi, Introduction à l'AT, p. 68 ; voir aussi (en) Roger
Norman Whybray, Introduction to the Pentateuch, Wm. B. Eerdmans
Publishing, 1995, p. 12-28.
11. Thomas Römer, Introduction à l'AT, p. 150-153.
12. Félix García López, Comment lire le Pentateuque, Labor et Fides, 2005,
p. 9.
13. Talmud de Babylone, Baba Batra 14b (traduction incluant les commentaires
du rabbin Adin Steinsaltz)
14. Louis Jacobs (trad. de l'anglais), La religion sans déraison, Paris, Éditions
Albin Michel, 2011, 200 p. (ISBN 978-2-226-22044-8)
15. « Al-Baqara-53, Sourete La vache Verset-53 / Le Saint Coran (lire Coran en
français, écouter Coran) (http://fr.noblequran.org/coran/sourate-al-baqara/ay
at-53/) », sur Le Saint Coran (lire Coran en français, écouter Coran)
(consulté le 26 décembre 2019)
Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
Torah (https://commons.wikimedia.org/wik
i/Category:Torah?uselang=fr), sur
Wikimedia Commons
Thora, sur le Wiktionnaire
Pentateuque, sur Wikisource
Bibliographie
Jean-Christophe Attias, Les Juifs et la Bible, Fayard, 2012
Albert de Pury (éd.) et Thomas Römer (éd.), Le Pentateuque en question : les origines et la composition des
cinq premiers livres de la Bible à la lumière des recherches récentes, Labor et Fides, 2002, 429 p.
(ISBN 978-2-8309-1046-9, lire en ligne (https://books.google.com/books?id=iB-Ii9_ZeBMC&printsec=frontcover))
Israël Finkelstein et Thomas Römer, Aux origines de la Torah. Nouvelles rencontres, nouvelles perspectives,
Bayard, 2019, 262 p.
Félix García López, Comment lire le Pentateuque, Labor et Fides, 2005, 377 p. (ISBN 978-2-8309-1163-3, lire en
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Sous la direction de Hershel Shanks, l'Aventure des manuscrits de la mer Morte, chapitre 10 : Le Rouleau du
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Hartmut Stegemann, éditions du Seuil 1996, (ISBN 2-02-021417-2)
Articles connexes
Bible et Bible hébraïque (Tanakh)
La fête du don de la Torah
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Florilège hébraïque du nord de la France
Histoire de la recherche sur le Pentateuque
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