Agriculture en Afrique de l'Ouest 2030-2063
Agriculture en Afrique de l'Ouest 2030-2063
TRANSFORMATION DE L’AGRICULTURE
EN AFRIQUE DE L’OUEST
DÉFIS ET OPPORTUNITÉS
2030-2050-2063
Synthèse des études organisées
par le Hub FIDA Afrique de l’Ouest
Ateliers octobre 2019 et novembre 2020
HUB FIDA Afrique de l’Ouest Décembre 2020
Version 1.0
1
Étude réalisée en 2020 et publiée en 2021.
~~ The views expressed in this publication are those of the authors and do not necessarily represent the views of the
International Fund for Agricultural Development (IFAD). The designations employed and the presentation of material in
this publication do not imply the expression of any opinion whatsoever on the part of IFAD concerning the legal status of
any country, territory, city or area or of its authorities, or concerning the delimitation of its frontiers or boundaries. The
designations of «developed» and «developing» countries are intended for statistical convenience and do not necessarily
express a judgement about the stage reached in the development process by a particular country area.~~
Ouvrage collectif rédigé par le Groupe Gestion des Savoirs du Hub FIDA1 – sous
la direction de Benoit THIERRY
Suite aux Ateliers Régionaux 2019 et 2020, tenus avec les projets des pays du Hub FIDA Afrique de l’Ouest, et à la présentation que nous
avions fait des enjeux des 10, 30 et 50 prochaines années dans la région face à la croissance démographique, aux changements économi-
ques, alimentaires et climatique, nous avions décidé de poursuivre cet effort d’analyse prospective sur l’agriculture.
Cet exercice permet de mieux comprendre les tendances à l’œuvre, les opportunités à saisir et les politiques et actions à entreprendre
pour nourrir le milliard de personnes supplémentaires qui peupleront l’Afrique en 2050 et évaluer les changements nécessaires dans la
transformation des systèmes agraires (diversification, accroissement de la productivité, etc…) pour cela, tout en créant des emplois pour
la jeunesse et permettre un revenu décent aux producteurs de l’agriculture familiale.
Ainsi l’Atelier Régional 2020, a permis d’approfondir l’analyse et déterminer les enjeux actuels et futurs (quantifiés), et les dynamiques de
transformation des agricultures des 7 pays concernés : le Sénégal, le Mali, la Mauritanie, la Gambie, la Guinée Conakry, la Guinée Bissau
et le Cap Vert (Cabo Verde) pour aboutir à différents scenarii d’engagement des gouvernements, du secteur privé et des organisations
paysannes.
L’Atelier a cherché notamment à dégager les défis majeurs qui attendent ces pays et les perspectives de réponses à apporter à la question
récurrente de la sécurité alimentaire aux horizons 2030 (Objectifs Nations Unies), 2050 (doublement population) et 2063 (Agenda Union
Africaine) voire 2100 (avant le debut du Vingt Deuxieme siècle), sur la base des diagnostics de leurs situations agricoles et alimentaires
respectives.
La présente synthèse est le fruit des résultats des travaux des ateliers, enrichis de données qualitatives issues des documentations complé-
mentaires issues des bases de données nationales et internationales. Elle est soumise à l’examen critique des responsables des projets du
FIDA des pays concernés et des experts ayant participé à l’atelier. Ces échanges interactifs ont été organisés et étroitement coordonnés
par le Bureau Sous Regional du FIDA afin de présenter les scénarios possibles pour discussion aux groupes de coordination des partenaires
techniques et financiers (PTF) dans les pays concernés et pouvoir reviser et améliorer ces premieres versions des études par pays.
Les monographies prospectives par pays (powerpoint et texte pdf) présentant l’essentiel des contributions sont disponibles sur https://
[Link]/view/fidafrique-ifadafrica/project-management/atelier-r%C3%A9gional-2020/jour-2 .
Par ailleurs les simulations de croissance démographique, changement climatique et production agricole (modèles extensifs, intensifs, cul-
tures sèches, irrigation, élevage) ont été transcrite dans un module en ligne « SIMAGRI » accessible sur : [Link]
com/simagri/ . Ce module permet à tout un chacun, d’estimer les données 2030, 2050 et 2064, et « la prospective étant un art difficile
», d’élaborer différents scenarios de croissance tant pour la sécurité alimentaire, que pour les investissements nécessaires dans chaque
pays concerné.
Nos remerciements vont à toutes les équipes FIDA des pays qui ont rédigé ces études de cas sous notre direction méthodologique, au
groupe gestion des savoirs du Hub Afrique de l’Ouest qui a coordonné les productions et Assefa Woldeyes qui a re-écrit et harmonisé
l’ensemble des documents d’accompagnement.
Notre souhait le plus vif est que ces documents soient utilisés par les groupes de dialogue de politique agricole dans les pays concernés,
étendus ensuite a d’autres pays et améliorées par les autorités nationales et institutions sous régionales CEDEAO/ECOWAP/OECD/
CILSS/UA afin de planifier les investissements indispensables à moyen et long terme (10, 20, 30 ans) qui permettront à l’agriculture
africaine de surmonter les défis du doublement puis triplement de la production agricole pour répondre à la croissance démographique et
permettre aux producteurs agricoles, pasteurs, et pêcheurs de se nourrir, de créer des emplois, et de générer un revenu décent pour leur
famille.
Benoit THIERRY
Représentant Régional Afrique de l’Ouest,
Fonds International pour le Developpement Agricole - FIDA
1
Équipe de rédaction des 7 études de cas: Ba, Helene Aminatou, Harada Takuro, Cisse, Ibrahima Tonton, Ibrahima Diallo, Bah, Safiatou, Tossou, Sèlidji Hermann, Neyra Gabriel, Flamengo, Bianca et
Arnaud Rouillard (2019). Réécrites et éditées par Assefa Woldeyes – revues par Joelle Onimus Pfortner.
Sommaire
Page
Executive summary 1
2. Dynamic demographics
The demographic growth of Sub-Saharan Africa (SSA) was very slow until the mid-20th
century, before accelerating from the 1980s onwards, as mortality decreased and fertility
remained high (an average of 5 children / woman). With an annual growth rate of 2.5-3%,
SSA’s population doubled over the past 30 years and will do so again in the next 30 years. Despite a demographic
shift that began in the 1990s, the current population of nearly one billion people in Africa will continue to grow to reach
2 billion in 2050 and 4 billion in 2100.
• The demographic shift induces five major changes: i) structural changes in the age pyramid where the 15–34-year-old group
makes up 44% of the population in average, and up to 57% in The Gambia and 60% in Mauritania; ii) a gradual urbanisation
of the population, with a still growing rural population, but at a slower pace.; iii) changes in income, lifestyles and eating habits;
iv) continuous internal migrations further concentrating the population in urban centres and specific regions; v) strengthening of
rural / urban links, thereby integrating sectors and economic actors in line with the ongoing structural transformation of national
economies.
• This three pronged movement - population growth, urbanisation and migration - has implications in terms of opportunities and
challenges : the high proportion of young people could translate in higher economic productivity for the country but only if they are
properly integrated in the labour market. Focusing on their professional integration should be a policy priority, targeting vocational
training which provides them with necessary skills to succeed in a dynamic, modern and diversified rural economy. Focusing on the
agri-food and manufacturing sector is an option increasingly put forward to offer young people formal and informal employment
opportunities along the food value chains resulting from evolving food systems.
Urbanisation and strengthening urban/rural links increase urban demand and the supply of agricultural products. They stimulate
agricultural activities and increase the access of urban consumers to agricultural products. Small rural producers are already
involved in urban markets and operate commercially. Targeting urban markets creates opportunities to increase their incomes, in
turn enhancing their access to urban products, infrastructure and services.
Fuelled by a growing and still dominant rural population, rural migration is the result of poverty, food insecurity and other adverse
conditions or the wish to diversify activities and incomes or access new opportunities. The majority of rural migrants are mostly
young people with limited education and professional skills, and come from agriculture dependant households.
Starchy products (cereals, roots, tubers), which account for a large part of the caloric value, make the bulk of food consumption,
followed by animal products (meat, fish, dairy products, etc.), sauce products (vegetables, legumes, vegetable oil, animal fat),
1
fruits and sweet products. Food diets are transitioning towards more quantity, quality and nutritional balance. However, diets will
also become increasingly rich in animal fat and sweet products, leading to a shift in public health concerns (obesity, diabetes,
cardiovascular diseases, etc.).
The evolution of food consumption puts agrifood industries at the centre of food systems. Their role is decisive both in terms of
their contribution to diversified diets and as providers of activities, jobs and income in the non-agricultural segments of food value
chains, in both rural and urban areas, benefiting women and young people in particular. They are an important lever to access a
wider range of local transformed food products and to reduce imports.
Geography, which is very uneven between countries and within the same country, influences the availability of land and its use. For
example, livestock rearing is important in Mauritania as it has limited agricultural potential, the scarcity of agricultural land (10%)
has led to a focus on secondary and tertiary sectors, and Guinea Bissau has opted for cashew nuts for its advantageous prices on
international markets. Intensive agriculture is found in areas with irrigation water, while extensive agriculture takes place in drier
areas with scarce rainfalls. The reserves of available agricultural land are densely populated, aggravating the over-exploitation of
land and inter-community tensions.
Increases in production are generally due to extension of surfaces with limited productivity (less intensive agrarian systems). Often,
increase of available labour force leads to the cultivation of new areas which are not always suitable to agriculture or which impinges
on forests and protected areas. This usually results in land degradation and erosion of natural capital.
The agricultural sector remains extremely vulnerable to the effects of climate change: i) climate variability characterized by the
difference between the extremes and the degree of instability; ii) an increased frequency and magnitude of natural hazards, in
particular droughts and floods; iii) erosion of coastal areas as a result of rising ocean levels. Due to its impact on water resources,
crops, livestock, forests, fisheries and the ecosystems as a whole, climate change makes production more volatile and increases the
risk of food shortage. Vulnerable populations are the most affected.
The agricultural sector remains the main job provider. A majority of the working population is still employed in agriculture despite
low labour prices. On average, nearly 60% of the population lives in rural areas and derive their income from agricultural activities.
The slim majority of agricultural workers are women. Agriculture is based on family farming, mainly using family labour on small
areas (less than 5 ha). Production systems focus on diversified food and cash crops. Small animal breeding is strongly integrated:
livestock systems range from pastoral farming in the vast semi-arid areas to peri-urban cattle, sheep, goat and poultry farming
specifically targeting urban markets. In addition, cross-border trade in live animals is an important part of regional transactions in
animal products, strengthening the regional economic integration.
Climate change seriously affects the four dimensions of food security by: reducing availability of quantities of food products,
increasing food prices, reducing food quality and unstable supplies. Particularly vulnerable to the effects of climate change, small
family producers are a priority due to their fundamental role in food security. They have always developed strategies to cope with
climatic hazards and adapt to difficult production conditions. However, the scale and speed of climate change requires more resilient
agricultural models.
2
• New demand and markets. Thanks to the vitality of local, national and regional markets, food crop cultivation is becoming more
dynamic. The growth of urban markets is a key driver of staple food value chain growth and an opportunity for local production
systems. All HUB countries are adapting their production to meet demand, however countries resort to imports to fill their gaps:
Cape Verde and Mauritania are the largest importers (especially for cereals) due to their limited production.
Cereals increasingly fall under a mixed model of public-private partnerships that supports investments. Stimulated by the rise in the
prices in recent years, producers are structuring and organizing themselves to improve the quantity and quality of products. Cereals
have benefited from technological and institutional innovations. This is particularly the case for rice and corn, the producers having
been able to take advantage of research, efficient local processing and commercial and financial intermediation.
Root and tuber are sparking growing interest due to their high productivity, food and processing. Through their accessibility and
lower sensitivity to market shocks, they are becoming options to replace/complement cereals. Their food and economic potentials
increasingly compete with those of cereals.
Significant increases in production have also taken place for vegetables, in particular on the outskirts of cities, meeting the growing
urban demand for diversified food. Vegetable plots are expanding in rural areas for self-consumption and local markets, including in
the more arid Sahelian areas, where water catchment or collection systems enables irrigation.
Fruits are specifically grown for local processing and export. Contract farming is becoming more common thanks to several
integrated initiatives linking producers and private companies.
Livestock is benefitting from rising markets, driven by growing urban demand for animal proteins, closely correlated with improved
incomes, taking place in extensive and intensive systems maintained by small, medium and large breeders. Modern supply chains
rely more and more on peri-urban breeding of short-cycle species (poultry, sheep / goats, pigs) in semi-intensive and intensive
systems. Dairy production is supported by artisanal and industrial processing units which produce a wide range of by-products, but
is not yet able to fully meet demand.
Fishery (maritime, inland fishing and aquaculture) has high potential to strengthen economic development. Demand for fishery
products remains strong and sustained. Aquaculture is developing as an alternative to the overexploitation of fishery resources. It
provides additional food and income for small fishermen and processors.
Agri-food businesses are involved in the processing of local primary products and the local production of processed foods. They
participate in creating added value and jobs in non-agricultural segments along food value chains.
Producer organizations are becoming better organized and autonomous, playing an active role, for the benefit of their members,
in the management of sectors. They participate in the regulation of product market management within the framework of inter-
professional organisations. Regional integration and sectoral policies have accelerated the linking of organizations at the regional
level and strengthened their capacity for negotiation, advocacy and proposals towards inclusion of small producers in the regulation
of food markets.
At the current stage, the National Plans have enabled: i) a commitment to allocate at least 10% of public expenditure to the
agricultural sector to achieve growth of 6%/year, in line with the Maputo commitment; ii) a multi-stakeholder dialogue favoring
an investment approach; iii) consensual agricultural models combining the modernization of family farming with capital-intensive
agricultural enterprises; iv) integration of emerging issues such as risk management, building resilience and food and nutrition
security into national programs; v) and alignment of international donors to the framework of national and regional dialogues.
3
6. Food needs
• Surface area and production needs between 2020 and 2030. Cereals make up the bulk of food consumption, with roots and tubers
emerging as alternatives. Projections show, that for cereal production to meet the growing needs by 2030, new cultivated areas
would need to be multiplied by 30 for Cape Verde, by 4 for Mauritania, by 3 for Senegal, by 1,2 for Mali and Guinea Conakry and
by 1,3 for The Gambia. Such pressure on agricultural land is unbearable for Cape Verde and, to a lesser extent, for Mauritania. The
other five countries seem to have sufficient farmland to meet the increased production needs. The priority solutions are, however,
to extend and develop irrigable land and, at the same time, to improve the productivity of already irrigated land, using gravity-fed
and micro-irrigation systems, at large and small scale.
• Investment [Link] investments focused on growing productions and the competitiveness of value chains. According to
projections public investment needs will be huge, while local and external resources to cover them are scarce. Most of the financial
costs of investments will have to be covered by the countries themselves. These costs imply: i) prioritising and sequencing
investments with regard to the strategic sectors to be promoted according to previously established criteria (economic, social,
financial, food security, etc.); ii) significant resource reallocation at the national budget level; iii) measures to incite producers and
other private national and foreign investors to increase their investments; iv) pooling public resources involving other public sectors
that benefit from the investments; v) inter-sectoral coordination and cohesion; vi) stable long term policies and strategies, avoiding
disturbing effects of ad hoc interferences induced by crisis or political motivations.
7. Main lessons
Agricultural performance is the result of public incentives, various constraints, market dynamics and levels of sector development.
Globally, the competitiveness of food sector has significantly increased. Public-private partnerships in which producer organizations
participate in an inter-professional framework have significantly improved the effectiveness and efficiency of food markets.
Local markets pull productions. Despite important imports for some products (rice, sugar), the vast majority of products consumed
by urban population are provided by local agriculture. Small producers improve the supply and quality of their products to enter
urban markets.
Population growth, urbanisation, dietary diversification and increased incomes provide a fantastic opportunity to ground agricultural
development in rapidly growing, increasingly diverse and less volatile domestic markets. Taking this opportunity implies developing
agri-food industries through small and large, formal and informal enterprises, which connect supply and demand for food products.
Contract farming options offer the opportunity to link family agriculture and small farmers to the value chains and the agro-
industries in win-win partnerships.
The increase in the number of young people opens up prospects for entrepreneurs linking rural economy to urban economy through
the non-agricultural segments of the food value chains. Developing their skills and professional integration implies targeted policies
and means.
Agricultural policies and incentive frameworks have enabled the increase in investments in the agricultural sector, focusing on
strategic staple production. The CAADP1/ECOWAP2 process has given agricultural policies greater visibility and greater coherence
to programmes at both national and regional levels. Food security and nutrition issues are incorporated into national policies, with
cross-sectoral and cross-cutting approaches. The outlook for agriculture is generally positive, but it could be much better if policies
were more stable, objectives in line with available resources, and investments prioritized.
Projections help to better grasp the central role of agriculture with regards to rapidly evolving food systems. They outline prospects
for agricultural production in the decades to come, given the major trends of climate change, population growth, rapid urbanisation,
changes in food habits and markets. Prospects are generally achievable if investments are made in sustainable, technical, and
environmental friendly inputs, and by drawing the gains made along the diverse agricultural productions and their value chains.
1
Comprehensive Africa Agriculture Development Programme
2
Regional Agricultural Policy for West Africa
4
I. DIAGNOSTIC ET MESSAGES CLÉS
5
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
6
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
décent : la formation et l’emploi des jeunes constituent donc la question centrale des décennies à venir.
Se préoccuper de leur insertion professionnelle impose des politiques publiques ciblant une formation
adaptée à une économie rurale dynamique, moderne et diversifiée, et un appui aux secteurs à forte
main-d’œuvre. Miser sur le secteur agro-alimentaire (Agripreneurs) et manufacturier est une option
de plus en plus avancée pour offrir aux jeunes des opportunités d’emplois, formels et informels, le
long des filières et de leurs chaînes de valeur, induites par l’évolution des systèmes alimentaires1.
7
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
économique, etc. Elles ont d’importantes répercussions sur la contribution de l’agriculture au PIB. Celle-
ci varie de 4% du PIB (Mauritanie) à 52% (Guinée Bissau), en passant par le Mali (30%), le Sénégal
(17%), la Gambie (17%), la Guinée Conakry (24%) et le Cap Vert (13%).
La géographie agricole, très inégale entre les pays et même à l’intérieur d’un même pays, influe sur la
disponibilité des terres et leur mode d’exploitation. Elle dicte des trajectoires de développement agricole
par contrainte ou par choix. A titre d’exemple, la Mauritanie s’oriente vers l’élevage en raison de son
potentiel agricole limité, le Cap Vert est contraint de s’orienter vers des secteurs secondaires et tertiaires
en raison de l’exiguïté des terres agricoles (10%) et d’une pluviométrie propre aux archipels (au vent,
sous le vent), la Guinée Bissau a opté pour la culture de la noix de cajou pour ses prix avantageux
sur les marchés internationaux. L’agriculture intensive est orientée vers les zones plus arrosées et sous
irrigation, tandis que l’agriculture extensive se trouve principalement dans les zones plus sèches à
pluviométrie déficitaire. Les réserves de terres agricoles disponibles concentrent ainsi les populations
agricoles, aggravant la surexploitation des terres et créant des tensions inter-communautaires dans
l’occupation de l’espace.
Les accroissements de production se sont opérés, en tendance générale, sur la base d’une augmentation
des surfaces et d’une productivité limitée par simple réplication des systèmes de production pre-existants4.
Souvent, l’augmentation de la main-d’œuvre disponible pousse à la mise en culture de nouvelles surfaces,
qui ne sont pas toujours favorables à l’agriculture, ou qui se fait au détriment de forêts et de zones
protégées. Il s’ensuit généralement une dégradation des terres et une érosion du capital naturel.
Le secteur agricole demeure extrêmement vulnérable au changement climatique ; celui-ci se manifeste
(entre autres) par : i) une variabilité du climat caractérisée par l’écart entre les extrêmes et le degré
d’instabilité pluviométrique ; ii) une fréquence et une amplitude accrues des événements climatiques
extrêmes, en particulier des sécheresses et des inondations ; iii) l’érosion des zones côtières suite à la
montée du niveau de l’océan. De par son incidence sur les ressources en eau, les cultures, l’élevage, les
forêts, les pêches et le fonctionnement des écosystèmes dans leur ensemble, le changement climatique
rend les productions plus volatiles et accroit les risques de pénurie alimentaire.
8
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
et contribuant plus largement au développement économique. Or, l’agriculture fait face à un dilemme
: produire plus pour satisfaire des besoins alimentaires croissants et en même temps produire mieux
en veillant à ménager le capital naturel. Les gains de productivité comme réponse aux besoins des
consommateurs et des producteurs devront associer l’impératif de préserver les ressources naturelles . La
contribution de l’agriculture à la sécurité alimentaire proviendra en majeure partie d’un renforcement de
l’efficience des productions agricoles et de l’amélioration de l’ensemble des chaînes de valeur agricoles.
• Des productions tirées par les nouveaux contextes de demandes et de marchés. Bénéficiant de la vitalité
des marchés locaux, nationaux et régionaux, les productions vivrières deviennent plus dynamiques. La
croissance des marchés urbains représente un moteur clé pour la croissance des chaînes de valeur de
produits alimentaires de base et une opportunité pour les systèmes de production locaux. L’ensemble
des pays du Hub adaptent leurs conditions de production pour répondre à la demande, avec toutefois
une vitalité très variable selon les contextes. Le Cap Vert et la Mauritanie recourent largement aux
importations (notamment de produits céréaliers) en raison de leurs productions limitées. Pour le Sénégal
et le Mali, la production domestique répond le mieux à la demande intérieure, la Guinée Conakry, la
Guinée Bissau et la Gambie y répondent moins pour diverses raisons (gouvernance moins efficace,
conjoncture politique compliquée).
Les filières céréalières relèvent de plus en plus d’un modèle mixte de partenariats public-privé qui
soutient les investissements dans ces filières. Les producteurs agricoles se structurent et s’organisent
pour améliorer la quantité et la qualité des produits mis sur des marchés stimulés par la hausse des
prix des produits vivriers des dernières années. Les filières ont bénéficié d’innovations technologiques,
organisationnelles et institutionnelles. C’est notamment le cas pour le riz et le maïs, tirant les bénéfices
de recherches variétales, de la diffusion de moyens efficaces de transformation locale et d’intermédiation
commerciale et financière.
Les racines et tubercules suscitent un intérêt croissant en raison de leur haut potentiel productif,
alimentaire et de transformation à usages variés dans les secteurs agroalimentaire et industriel. Ainsi,
les racines et tubercules passent du rang de simples produits marginaux et secondaires à de véritables
alternatives aux céréales. Elles pallient les situations de pénurie alimentaire par leur accessibilité et leur
moindre sensibilité aux chocs sur les marchés. Leurs potentiels alimentaires et économiques rivalisent de
plus en plus avec ceux des céréales.
D’importants accroissements de production sont également observés dans les filières maraîchères, en
particulier à la périphérie des villes, afin de répondre à la demande urbaine croissante et la diversification
des régimes alimentaires. La production maraîchère s’est aussi développée en milieu rural pour
l’autoconsommation et les marchés locaux, y compris dans les zones sahéliennes plus arides, dès que
des systèmes d’irrigation via le captage ou la collecte des eaux ont été mis en place.
Il en est de même des filières fruitières spécifiquement destinées à la transformation locale et à l’exportation.
L’agriculture contractuelle progresse sur ces filières7. La mise en place de plusieurs initiatives intégrées à
vocation industrielle a induit plus de concentration, avec des stratégies d’alliance entre les producteurs et
les entreprises privées. Au-delà des débouchés nationaux, ces dispositifs permettent d‘exporter diverses
7
De nombreux urbains s’adonnent à ces filières.
9
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
Les filières d’élevage jouissent également de marchés porteurs, tirés notamment par une plus grande
demande urbaine en protéines animales, étroitement corrélée à l’amélioration des revenus. Elles se
développent en systèmes extensif et intensif, et entretiennent des petits, moyens et grands éleveurs.
La production laitière est prise en charge par des unités de collecte et de transformation artisanales
et industrielles, qui produisent une large gamme de produits dérivés. Les filières d’approvisionnement
moderne reposent de plus en plus sur les élevages péri-urbains d’espèces à cycle court (volailles, ovins/
caprins, porcins) en systèmes semi-intensifs et intensifs. Les productions augmentent, mais, à de rares
exceptions près, ne sont pas encore en mesure de répondre à la demande.
Les filières halieutiques (pêche maritime, continentale et aquaculture) présentent un potentiel élevé.
Elles sont parmi les principaux secteurs porteurs sur lesquels les pays comptent asseoir ou renforcer leur
développement économique. La demande en produits halieutiques reste forte et soutenue. L’aquaculture
se développe comme alternative à la surexploitation des ressources halieutiques en milieu naturel, elle
est en passe de s’intégrer aux pratiques productives, où elle apporte un complément de nourriture et
constitue une source de revenus pour les petits pêcheurs et les transformateurs.
Les productions vivrières alimentent le développement d’entreprises agro-alimentaires. Celles-ci
s’impliquent dans la transformation des produits primaires locaux et la production locale d’aliments
transformés. Elles participent à la captation de valeur ajoutée et la création d’emplois dans les segments
non agricoles, le long des chaînes de valeur alimentaire. Elles assurent la connexion entre villes et
campagnes.
Pour l’ensemble des filières, des organisations de producteurs de mieux en mieux organisées, de plus en
plus autonomes et structurées par filière (interprofessions) jouent un rôle actif, au profit de leurs membres,
dans la gestion des filières. Elles participent avec le secteur public et les partenaires privés à la régulation
de l’offre des produits, la gestion des marchés et le pilotage des filières dans le cadre d’organisations
interprofessionnelles. Le rôle public est resserré, centré sur la facilitation des processus partenariaux, en
vue d’atteindre les objectifs politiques. L’intégration régionale et l’élaboration de politiques sectorielles
ont accéléré la structuration des organisations en réseau à l’échelle régionale et renforcé leur capacité de
négociation, de plaidoyer et de propositions, permettant d’orienter les politiques agricoles vers l’inclusion
et le rôle des petits producteurs dans la régulation des marchés vivriers.
A partir de 2020, les conséquences de la pandémie du Covid-19 ont renforcé le besoin de sécuriser les
approvisionnements de produits vivriers locaux. Elles ont brutalement rappelé la nécessité de relocaliser
les productions vivrières pour desserrer les contraintes d’approvisionnement extérieur. Elles ont posé le
défi de reconfigurer les politiques agricoles nationales dans le sens d’un renforcement des appareils de
productions et des chaînes d’approvisionnement locales en mesure de répondre aux besoins locaux des
marchés alimentaires. Elles ont également soulevé la question cruciale des stocks de sécurité alimentaire.
8
Avec principalement melon, pastèque, tomate cerise, haricots vert, maïs doux et mangue, aubergines, piment, ananas, etc.
9
Foncier agricole, crédit agricole, aménagements agricoles, intrants et équipements agricoles, infrastrutures d’accès, marchés, …
10
Renforcement institutionnel, formation, recherche et vulgarisation agricole, professionnalisation agricole, décentralisation, partenariats public-privé, dimensions genre, envi-
ronnementale et sociale.
10
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
Au stade actuel, les PNIA-SA ont permis : i) l’ engagement d’allouer au moins 10 % des dépenses
publiques au secteur agricole pour atteindre une croissance de 6%/an conformément à l’engagement de
Maputo ; ii) l’instauration d’un dialogue multi-acteurs privilégiant une approche par les investissements
; iii) une vision consensuelle du modèle agricole misant principalement sur la modernisation des
exploitations familiales associée aux entreprises agricoles de type capitalistique ; iv) l’intégration des
thèmes émergents comme la gestion des risques, le renforcement de la résilience et de la sécurité
alimentaire et nutritionnelle dans les programmes nationaux ; v) et un alignement des partenaires
techniques et financiers dans le cadre de dialogues qui soutiennent les démarches nationales et régionales.
La progression des besoins alimentaires est encore très largement dominée par la question céréalière,
secondée par les racines et tubercules qui émergent comme compléments ou alternatives alimentaires.
C’est donc l’évolution de la production de ces produits stratégiques fournissant une part centrale de la
ration alimentaire qui fait l’objet d’attention de la part des politiques et des opérateurs économiques
11
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
qui se sont multipliés au travers des filières de transformation, commercialisation et distribution de ces
produits.
Les projections des productions de céréales par les surfaces montrent qu’à l’horizon 2030, les besoins
en nouvelles surfaces cultivées (selon les système agraires préexistants) seront multipliés par 30 pour le
Cap Vert, 4 pour la Mauritanie, 3 pour le Sénégal, 1,2 pour le Mali et la Guinée Conakry et 1,3 pour
la Gambie (tableau 1).
Une telle pression sur les terres agricoles exploitables est difficilement envisageable pour le Cap Vert
et, dans une moindre mesure, pour la Mauritanie. Les cinq autres pays disposent de terres agricoles
exploitables suffisantes pour satisfaire l’augmentation des besoins en productions.
Les solutions prioritaires sont cependant de transformer les systèmes agraires pour améliorer leur
productivité (rendements, diversification des variétés, qualité des semences), d’étendre et valoriser
les terres cultivables et, en même temps, d’améliorer la productivité des terres irrigables, à l’aide de
systèmes d’irrigation sur des modes gravitaires et de micro-irrigation, à grande et à petite échelle.
Ces transformations induisent des investissements massifs devant être soutenus par les Etats
(aménagements de terroirs, forages) et dont la maintenance et la mise en production doivent être
assurées par les producteurs et le secteur privé.
• Besoins en investissements
Les projections en investissements, résumées dans
le tableau ci-contre, sont clairement définies dans les
PNIA-SA ; elles sont centrées sur les productions avec
la poursuite soutenue des investissements productifs
et l’amélioration de la productivité agricole et de la
compétitivité des filières. Les projections montrent
que les besoins d’investissements publics seront
très importants11, alors que les ressources locales
et extérieures pour les couvrir seront insuffisantes.
L’essentiel des coûts financiers d’investissements devra
être couvert par les pays eux-mêmes.
11
D’un autre côté, ces projections traduisent aussi le besoin de rattraper le retard des dernières décennies de désinvestissements dans le secteur agricole au profit d’autres
secteurs de l’économie et de combler les importations massives de nourriture existant déjà à l’échelle du continent.
12
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
7. Principaux enseignements
Les performances du secteur agricole sont le fruit d’incitations publiques différentes, de contraintes
variées, de dynamiques de marchés hétérogènes ou encore de niveaux de développement des filières. La
compétitivité des filières vivrières s’est significativement accrue. Les partenariats public-privé auxquels
participent les organisations de producteurs dans un cadre interprofessionnel ont sensiblement amélioré
l’efficacité et l’efficience des marchés vivriers.
Les marchés locaux tirent les productions. Malgré le recours ponctuel aux importations pour certains
produits, la grande majorité des produits consommés par les populations urbaines est fournie par les
agricultures locales. Le recours aux marchés pour s’approvisionner n’est pas l’apanage des urbains.
Les populations rurales y ont de plus en plus recours pour couvrir leurs besoins alimentaires. Les petits
producteurs agricoles s’insèrent dans marchés, pour commercialiser leurs produits ; ils s’organisent pour
améliorer l’offre et la qualité des produits. Cette dynamique est provoquée par la hausse des prix des
produits vivriers observée ces dernières années.
L’augmentation du nombre de jeunes ouvre des perspectives de rajeunissement des forces de travail, de
renouvellement des générations, d’entrepreneuriat liant l’économie rurale à l’économie urbaine dans les
segments non-agricoles des chaines de valeur alimentaires participant à l’objectif de sécurité alimentaire.
Le développement de leurs compétences et leur insertion professionnelle impliquent la mise en œuvre
de politiques ciblées.
Les politiques agricoles et les cadres incitatifs ont permis de rehausser les niveaux d’investissements
centrés sur les filières vivrières stratégiques. Le processus du PDDAA/ECOWAP a donné aux politiques
agricoles une plus grande visibilité et une plus grande cohérence aux programmes au double plan national
et régional. Les thèmes de la sécurité alimentaire et de la nutrition sont incorporés progressivement
dans les politiques nationales, y compris les stratégies et politiques intersectorielles, sans pour autant
se traduire concrètement par une collaboration intersectorielle au niveau de la mise en œuvre. Les
perspectives de l’agriculture sont globalement positives, mais elles pourraient être bien meilleures si
les politiques menées étaient plus stables, les objectifs en phase avec les ressources disponibles, les
investissements priorisés.
Les projections ont aidé à mieux appréhender le rôle central de de l’agriculture au regard de la complexité
des systèmes alimentaires. Elles ont tracé des perspectives d’évolution des productions agricoles dans
les décennies à venir, compte tenu des tendances lourdes du changement climatique, de croissance
démographique, d’urbanisation rapide, d’évolution des habitudes alimentaires et des marchés. Les
projections sont globalement réalisables aux conditions d’investir dans des moyens techniquement et
écologiquement durables et de tirer pleinement parti de la diversification des productions agricoles et des
chaînes de valeur alimentaires, économiques et commerciales générées par la complexité des systèmes
alimentaires.
13
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
I. MISE EN CONTEXTE
POURQUOI et que VISE le chantier d’étude sur le futur de l’Agriculture
en Afrique ?
De près d’un milliard d’habitants actuellement, la population d’Afrique Subsaharienne continuera de
croître dans les années à venir pour atteindre 2 milliards d’habitants en 2050 et 4 milliards en 2100. Le défi
de subvenir aux besoins alimentaires de la population est plus que jamais au centre des préoccupations.
Y parvenir prescrit une vision claire des chemins à suivre, qui soit partagée entre les diverses parties
prenantes du développement agricole et de la sécurité alimentaire.
La question de l’autosuffisance alimentaire des pays en voie de développement a toujours été au centre
des préoccupations du Fonds international de Développement Agricole (FIDA), depuis sa création en
1977. Elle devient d’autant plus cruciale au moment où les crises se succèdent et la remettent à l’ordre
du jour des agendas internationaux. Depuis 2020, la crise liée au Covid-19 a exacerbé à court terme
la sécurité alimentaire, en fragilisant et poussant les systèmes alimentaires dans leur ensemble près de
leur point de rupture (fermeture des marchés locaux, des flux transfrontaliers, arrêt de la transhumance
des animaux et donc de leur commercialisation, etc…). Contrairement à la crise des prix des produits
alimentaires de 2007/2008 où des phénomènes spéculatifs étaient en jeu, c’est davantage une crise de
la demande solvable consécutive à la réduction de l’activité économique qui est crainte. Le changement
climatique constitue un autre facteur aggravant qui impacte la sécurité alimentaire et nutritionnelle, en
particulier des catégories de population vulnérables.
Face à ces défis, il est devenu urgent de reconsidérer le développement agricole des produits alimentaires
de base, en remettant l’accent sur la sécurité alimentaire, en termes d’autosuffisance, de recours accru à
la production nationale de ces produits de base et de dépendance réduite aux importations. Une stratégie
centrée sur une intensification durable et une diversification accrue des productions agricoles de base
devrait recevoir une plus grande attention, en tenant compte de la diversité des conditions agricoles
et des systèmes de production. La diversification prendra en compte les cultures commerciales et les
exportations selon les avantages comparatifs proposés, afin de générer des revenus supplémentaires en
dépit des incertitudes du marché international.
Les projections visent à mieux appréhender les faits marquants et les grandes tendances de transformation
des systèmes alimentaires et de leurs incidences sur les politiques agricoles en termes de défis et
d’opportunités. Elles tentent d’éclairer sur l’importance des différents produits alimentaires dans la
consommation selon leur rôle calorique, alimentaire et nutritionnel. Elles renseignent également sur
l’importance du recours aux productions agricoles nationales et aux importations, ainsi que sur
l’importance des investissements nécessaires aux filières vivrières.
Les résultats sont présumés nourrir des dialogues de politiques entre les divers acteurs techniques,
politiques et institutionnels, impliqués sur les choix de spéculations fondés sur les potentiels de production,
qui garantissent un approvisionnement régulier, de qualité et à moindre coût au plus grand nombre, et
assurent des systèmes alimentaires à l’abri des chocs structurels et conjoncturels.
14
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
Les résultats mettent en exergue les efforts importants à accomplir pour la transformation de l’agriculture :
i) l’amélioration de l’efficience des filières vivrières et leurs marchés afin d’offrir une alimentation diversifiée,
suffisante, accessible et de qualité ; ii) la transition vers des modèles d’intensification et de diversification,
compatibles avec les contraintes environnementales et les demandes des marchés ; iii) l’amélioration sensible
des cadres de gouvernance des politiques publiques traitant de l’agriculture, l’alimentation, la nutrition et le
développement rural.
15
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
16
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
Le potentiel de terres agricoles est encore important mais très inégalement réparti. La répartition spatiale
laisse entrevoir d’importants potentiels dans les franges forestières, le long des cours d’eau et dans les zones
soudanienne et humide. Elles présentent une véritable opportunité au regard de leur aptitude à la production
d’une large gamme de spéculations et font l’objet d’une forte emprise foncière. A ce potentiel s’ajoutent les
terres de la bande sahélienne favorable au développement de l’élevage pastoral extensif. Elles constituent une
ressource importante pour les pays concernés et, moyennant des adaptations, représentent encore une voie
d’avenir pour les productions animales, avec des coûts de production relativement faibles. Au Cap-Vert, les
réserves foncières représentent 10% des surfaces cultivables ; des voies et moyens sont mis en œuvre pour
valoriser au mieux les potentiels existants avec la construction d’infrastructures de captage et de retenue
d’eau, l’introduction des techniques d’irrigation efficientes comme la micro-irrigation et la production de
produits à haute valeur ajoutée (légumes, fruits, élevages à cycle court).
Les différences structurelles et les écarts de développement que présente l’agriculture des pays du d’Afrique
de l’Ouest reflètent les grandes disparités agroécologiques, économiques, politiques et culturelles. Fondées
sur de multiples systèmes productifs à base très majoritairement familiale, les productions agricoles sont
fortement diversifiées. Elles sont essentiellement tirées par la demande urbaine. On constate une forte
croissance des productions de céréales depuis le début des années 80. Elles ont permis de répondre à la
croissance démographique du Mali, du Sénégal, et de la Guinée Conakry. Cette progression est surtout
observable pour le riz et le maïs. Contrairement aux augmentations passées, globalement dues à l’extension
des superficies, la croissance des productions est de plus en plus liée à l’amélioration des rendements.
La hausse de la production des tubercules et racines est également notable en particulier pour le manioc,
l’igname et la pomme de terre. Étant accessibles et riches sur le plan nutritionnel, les racines et tubercules
sont une composante importante des régimes alimentaires, sa consommation concurrence celle des produits
céréaliers. Grâce à leur adaptation aux environnements à rendement marginal et à leur flexibilité dans les
systèmes d’exploitation mixte, les racines et tubercules contribuent grandement à la sécurité alimentaire et
au revenu des ménages, en particulier chez les pauvres en milieu rural. Ces aliments étant périssables, leur
commercialisation se fait sous forme transformée et mélangée à d’autres aliments.
La percée des légumineuses est remarquable, elles représentent un formidable potentiel pour réduire la
malnutrition par leur apport en protéines. Étant des légumes secs, elles peuvent être entreposées longtemps
sans perdre leur valeur nutritionnelle, ce qui offre une flexibilité et améliore la disponibilité de la nourriture
entre les récoltes. Les résidus de récolte peuvent également servir à nourrir les animaux, dont la santé se
trouve améliorée par la teneur élevée en protéines de ces produits. Les légumineuses sont une culture de plus
en plus importante pour les petits exploitants. La popularité des légumineuses s’explique par le faible coût
des intrants et par l’impact positif de ces cultures sur la qualité des sols lorsqu’elles sont associées ou en
alternance avec d’autres cultures.
17
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
La production d’oléagineux est assurée essentiellement par l’arachide et le palmier à huile, même si la
production d’arachide a subi une forte baisse en raison des difficultés rencontrées dans la filière arachidière
sénégalaise et gambienne. Etant donné le nombre d’usines de transformation des oléagineux ayant des
difficultés d’approvisionnement, les importations d’huile végétale représentent une bonne part de la
consommation totale.
D’importantes croissances de production sont également observées dans les productions maraîchères, en
particulier à la périphérie des villes, répondant à la demande urbaine croissante et à la diversification des
régimes alimentaires. La production maraîchère s’est aussi développée en milieu rural pour l’autoconsommation
et les marchés locaux, y compris dans les zones sahéliennes arides, dès que des systèmes de captage ou de
collecte des eaux ont permis l’irrigation. Il en est de même des productions de certaines espèces de fruits
et de légumes spécifiquement destinées à la transformation locale et à l’exportation. Des pays producteurs
comme le Sénégal, le Mali et la Guinée Conakry sont compétitifs et exportent régulièrement des fruits et
légumes. Ces produits peuvent permettre aux agriculteurs de ne plus se cantonner aux cultures vivrières
habituelles. Ils peuvent aussi être une source d’emplois potentiels.
Le secteur de la pêche et de l’aquaculture contribue également de différentes façons aux économies nationales.
Les pays disposant d’importantes ressources halieutiques, dans leurs eaux marines et continentales, se
distinguent par la diversité de leurs communautés de pêcheurs. Les petites entreprises de pêche, comme les
entreprises industrielles, ciblent une grande variété d’espèces destinées aux marchés locaux et internationaux.
L’amélioration et la diversification de la nutrition et la sécurité alimentaire, des moyens de subsistance, des
emplois et des revenus sont les avantages générés par le secteur encore sous-exploité. Il fait face à des défis
immenses et présente de graves lacunes qui menacent sa durabilité et sa rentabilité, liées notamment à :
une gestion inadaptée des stocks de poisson, un potentiel inexploité des entreprises de pêche artisanale, un
manque d’infrastructures et de services adaptés, une inefficacité des cadres juridiques et institutionnels.
Les organisations de producteurs de l’ensemble des filières sont de mieux en mieux organisées, de plus en plus
autonomes et structurées ; elles jouent un rôle actif, au profit de leurs membres, en améliorant la gestion
des filières. Elles participent avec le secteur public et les partenaires privés à la régulation de l’offre des
produits, la gestion des marchés et le pilotage des filières dans le cadre d’organisations interprofessionnelles.
L’intégration régionale et l’élaboration de politiques sectorielles ont accéléré la structuration des organisations
de producteurs en réseaux à l’échelle régionale et renforcé leur capacité de négociation, de plaidoyer et de
proposition, permettant d’orienter les politiques agricoles vers l’inclusion et le rôle des petits producteurs
dans la régulation des marchés vivriers.
18
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
Le nombre croissant des jeunes actifs représente un atout bénéfique en terme d’augmentation du ratio actif/
inactif, mais présente le défi de leur intégration dans le marché du travail. Le développement des chaînes de
valeur alimentaires autour des filières vivrières fournit un cadre propice pour relever ce défi, en créant des
activités le long de ces chaînes pour absorber de telles forces de travail, notamment dans les segments non
agricoles.
Des liens multiples unissent milieu rural et milieu urbain et se renforcent. L’urbanisation joue un rôle
structurant sur la géographie de l’offre de produits agricoles, elle allège la pression sur les terres agricoles et
permet de développer une demande solvable. Elle présente, pour la sécurité alimentaire, des défis à relever et
des opportunités à saisir dans le cadre d’activités complexes liées aux systèmes alimentaires, notamment en
: i) stimulant les activités agricoles et accroissant l’accès des consommateurs urbains aux produits agricoles
; ii) créant des emplois et des revenus décents grâce à l’augmentation des productions, aux activités non
agricoles générées, et une plus grande proximité des marchés ; iii) facilitant l’accès à des produits plus
diversifiés ; iv) et facilitant l’accès à de meilleurs services et infrastructures. Ainsi la complémentarité des
échanges villes-campagnes est propice à une transformation inclusive du milieu rural.
19
Chapitre 1 : Diagnostic et messages clés
20
II. ENJEUX, DÉFIS, PERSPECTIVES
ET SCÉNARIOS ENVISAGÉS
21
Chapitre 2 : Enjeux, défis, perspectives et scénarios envisagées
Globalement, les projections confirment et accentuent les tendances actuelles de consommation alimentaire.
Elles produisent des perspectives en termes de disponibilité des produits, de disponibilité et d’accessibilité et
d’équilibre alimentaire du point de vue énergétique, alimentaire et nutritionnel. Elles reflètent une transition
des habitudes alimentaires subordonnée à l’argument économique qui prime sur les préférences alimentaires.
Dans le détail, les tendances convergent vers la prédominance de consommation de céréales, dont le riz
, se substituant aux céréales traditionnelles comme le mil et le sorgho, et une forte augmentation de
consommation de racines et tubercules.
Des hausses de consommation sont observées, relatives aux légumineuses (haricot), fruits et légumes, huile
végétale et produits animaux (poisson, volaille, produits laitiers, viande rouge) (voir annexe). Ces produits
sont consommés soit intégrés en petites quantités dans les sauces qui accompagnent les aliments de base,
soit occasionnellement selon leur disponibilité saisonnière.
Les céréales, les racines et les tubercules sont prépondérantes dans la consommation, surtout les céréales,
avec une croissance quasi-régulière. Parmi les céréales, il est fort probable que le riz tienne une place de
choix, surtout en milieu urbain. Les racines et tubercules, dont le manioc, suscitent de l’intérêt en raison
de leur culture dans des environnements agro-écologiques marginaux, de leur résilience climatique, leur
apport énergétique et nutritionnel, leur disponibilité, accessibilité et sensibilité moindre aux spéculations
commerciales sur les marchés.
L’augmentation des productions par les surfaces montre que dès 2030, les besoins en nouvelles surfaces
cultivées mettent une pression sur le foncier difficilement envisageable voire impossible dans les pays comme
la Gambie, le Cap Vert et la Mauritanie mais acceptable au Mali, Guinée et Sénégal ou les ressources
foncières inexploitées existent. Dans tous les cas l’exploitation à grande et à petite échelle du potentiel
hydrique disponible permettra de réaliser des gains de productivité à la fois dans les systèmes déjà irrigués
et par l’extension de terres irrigables.
• Projections des besoins en investissements pour les produits de base. Le tableau 8 montre l’évolution
des besoins en investissements publics. Bien qu’il soit difficile d’établir une comparaison entre pays ou d’une
année à l’autre, les besoins projetés apparaissent très importants. A titre d’exemple, pour les céréales, les
investissements représenteront 20 fois plus que les investissements actuels pour le Mali, 8 fois pour la Guinée,
5 fois plus pour le Sénégal et 3 fois plus pour la Mauritanie. Pour ce dernier pays, les besoins d’investissements
représenteront 15% du PIB prévu en 2030, 31% en 2050 et 8% en 2100. Ces investissements sont tout à
fait gérables et mobilisables à l’échelle des budgets nationaux et de l’aide internationale.
22
Chapitre 2 : Enjeux, défis, perspectives et scénarios envisagées
23
Chapitre 2 : Enjeux, défis, perspectives et scénarios envisagées
Le cadre programmatique des investissements est inscrit dans les Plans Nationaux d’Investissement Agricole
et de sécurité alimentaire (PNIA-SA) élaborés par chaque pays. Le cadre institutionnel est fourni par la
CEDEAO et l’UEMOA, qui veillent à une plus grande intégration économique. Le cadre stratégique est défini
par le processus PDDAA1 et sa stratégie agricole régionale. Ces cadres visent une plus grande cohérence,
une harmonisation des initiatives de développement, des complémentarités et des coopérations régionales en
vue de s’affranchir de l’insécurité alimentaire.
1 Le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) Lien extérieur à l’ONU définit le cadre de la politique de l’Afrique pour la transformation de
l’agriculture, la création de richesse, la sécurité alimentaire et la nutrition, la croissance économique et la prospérité pour tous. C’est lors du Sommet de l’Union africaine
organisé en 2003, à Maputo, en Mozambique, que le PDDAA s’est vu déclaré partie intégrante du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) pour la
première fois.
24
Chapitre 1 : Contextualisation
Bien qu’il soit trop tôt pour prendre la mesure de toutes les incidences, la crise a d’ores et déjà révélé des effets
systémiques sur les chaînes de valeur alimentaires dans leur ensemble. Elle soulève des questions sur: i) les systèmes
de production agricole qui deviennent désormais dommageables pour la santé humaine et environnementale; ii) le
besoin pressant de donner la priorité à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance des plus vulnérables;
iii) la primauté de maintenir les chaînes de valeur alimentaires « vivantes » en s’appuyant d’abord sur les chaînes
de valeur locales ; iv) une approche équilibrée et complémentaire entre sauver des vies et rouvrir l’économie; v)
et la prise en compte des risques alimentaires au même titre que les autres risques.
Opportunités :
• Les efforts devraient d’abord converger vers des actions qui entretiennent les chaînes d’approvisionnement
alimentaires par: i) un soutien à la production comprenant des intrants et équipements, ainsi qu’un soutien à
l’irrigation; ce soutien se concentrera sur les productions à cycle court pour répondre aux besoins immédiats
et générer des revenus; ii) un soutien à l’amélioration des infrastructures de stockage et de transport des
produits agricoles périssables (poissons et produits aquatiques, fruits et légumes); iii) des soutiens appropriés
aux familles touchées pour qu’elles puissent répondre aux besoins critiques; iv) et le maintien des programmes
de filets de sécurité.
• Les organisations paysannes joueront un rôle de premier plan. Leur rôle est encore plus crucial pour
maintenir les chaînes de valeur, assurer l’accès aux marchés urbains et contribuer à répondre aux besoins des
consommateurs.
• Un autre secteur qui devrait attirer l’attention est celui des entreprises agroalimentaires et leur rôle dans
la relance des chaînes de valeur alimentaires. Les micro- et petites entreprises agroalimentaires, à statut
souvent informel, seront prioritaires, du fait de leur grande représentativité dans le tissu entrepreneurial et de
leur empreinte sur l’emploi urbain et rural. Les mesures de restriction, entrainant une baisse de la demande,
causent des dommages à ces entreprises peu résilientes aux chocs, et une stratégie audacieuse et volontariste
de soutien financier leur sera nécessaire.
• Le renforcement des capacités des jeunes et des femmes est essentiel pour qu’ils puissent participer aux
chaînes d’approvisionnement alimentaires. Ils contribuent à capter des valeurs ajoutées, à créer des productions
supplémentaires, de nouvelles ressources, de nouvelles activités et de nouveaux emplois. En outre, les jeunes
ont montré un certain nombre d’initiatives spontanées pour soutenir les populations à risque ou touchées par
la pandémie. Ces initiatives prennent la forme d’entreprises sociales et de pôles d’innovation technologique
qui constituent autant de filières d’emplois potentielles.
• La destruction de la biodiversité a généré une maladie zoonotique telle que la COVID-19. L’intégration dans
les paquets techniques de la biodiversité est donc de la plus haute priorité pour préserver la santé humaine
et environnementale, et par la suite la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Du même coup, les actions
d’adaptation au changement climatique seront intensifiées, étant donné que ce dernier est reconnu comme
un multiplicateur de risque menaçant les systèmes alimentaires, les moyens de subsistance et la santé.
• Une planification proactive liant les actions d’urgence et le rétablissement à long terme sera établie, selon
les principes opérationnels suivants : i) elle vise à contenir la propagation de la pandémie et à atténuer ses
conséquences dans les communautés concernées, en tenant compte de l’évolution potentielle de la situation
sur le terrain ; ii) elle se conformera aux directives officielles et coordonnera les actions avec celles d’institutions
spécialisées des Nations Unies telles la FAO, le PAM et l’UNICEF, ainsi qu’avec d’autres initiatives ; iii) elle
impliquera les acteurs locaux pour parvenir à des solutions durables, gérables et appropriables localement; iv)
un système de suivi-évaluation sera mis en place afin d’organiser, coordonner et suivre les actions mises en
œuvre, et évaluer dans quelles mesures les conséquences de la pandémie sont atténuées et tirer des leçons
pour d’éventuelles résurgences de la COVID-19 et d’autres épidémies liées aux virus à venir ; v) et un système
de communication entre les parties prenantes impliquées, utilisant autant que possible des plates-formes en
ligne intégrant des outils TIC favorisant un travail, une collaboration et une coordination à distance.
26
Chapitre 1 : Contextualisation
IV. CONCLUSION
27
Chapitre 4 : Conclusion
Conclusion
L’agriculture fait face à un dilemme : produire plus pour satisfaire une demande alimentaire en pleine
croissance et en même temps ménager les ressources naturelles. En d’autres termes, l’ensemble des acteurs
du domaine agricole devra investir pour combler les déficits de productivité et surmonter les contraintes
structurelles qui affaiblissent actuellement sa compétitivité. Les gains de productivité comme moyen de
satisfaire simultanément les besoins des consommateurs et des producteurs devront combiner l’intensification
durable, la résilience face au climat et le développement des chaînes de valeur inclusives.
Des marchés dynamiques de produits vivriers tirés par une demande croissante et diversifiée offrent une
formidable opportunité de croissance de la production agricole. La tendance réelle des approvisionnements
de produits vivriers sur les marchés locaux, nationaux et régionaux représente des débouchés beaucoup moins
volatils et même plus attractifs que les marchés à l’exportation pour les producteurs.
Les entreprises agro-industrielles constituent une part essentielle du secteur agroalimentaire. Elles représentent
une majorité des emplois sur les segments non agricoles de la chaine de valeur alimentaire. Une diversité
d’entreprises participe dans l’agro-industrie - allant des micro-, petites, moyennes aux grandes entreprises -
le long des chaînes de valeur. Les politiques investissent pour soutenir la place et les rôles de ces entreprises
dans leur diversité.
D’importants progrès sont réalisés pour rendre les cadres de politique agricole plus cohérents à l’échelle
nationale et régionale . Ils ont pris la mesure des enjeux alimentaires en rehaussant les niveaux d’investissements
dans les filières vivrières stratégiques et leurs chaînes de valeur impliquant le secteur public et l’ensemble des
opérateurs économiques, y compris les organisations de producteurs. Les politiques sont marquées par des
mesures conçues dans l’urgence où les investissements ont notamment servi à des subventions très coûteuses
des biens privés - tels les intrants et les équipements agricoles - pour atteindre à court terme les objectifs
de productions ; mais ces subventions font courir le risque de retarder l’installation durable de marchés privés
de ces biens, de fausser l’allocation de ressources et même de rendre indisponibles des investissements dans
des biens publics déterminants pour la croissance à long terme. L’autre problème récurrent reste celui du
hiatus persistant entre intention et mise en œuvre, lié à une propension fréquente à fixer des objectifs hors
de portée des ressources (notamment financières) disponibles et à de fréquentes interventions ad hoc qui
brouillent l’efficience des politiques.
Les projections ont éclairé l’importance des productions agricoles et la contribution des divers produits
selon leur rôle calorique, alimentaire et nutritionnel. Elles ont permis de mieux saisir l’enjeu de l’évolution
des besoins alimentaires pour l’agriculture. Elles renseignent également sur l’intérêt à accorder à la place et
au rôle des secteurs de transformation des produits agricoles, en particulier au regard de leur contribution
à la diversification alimentaire et à l’emploi, ainsi que sur l’importance des investissements nécessaires.
Les perspectives d’évolution des productions agricoles dans les décennies à venir sont un compromis entre
l’augmentation de la productivité et l’extension des superficies des ressources agricoles ; elles sont globalement
réalisables aux conditions d’investir dans des moyens techniquement et écologiquement durables et de tirer
pleinement parti de la diversification des productions agricoles et des chaînes de valeur alimentaires générées
par la complexité des systèmes alimentaires.
28
Chapitre 4 : Conclusion
Annexe
Evolution des besoins alimentaires nationaux en fonction des habitudes alimentaires entre 2020 et 2100
Cap-Vert Sénégal
Mauritanie
Mali Guinée
Gambie
Guinée Bissau
29
Chapitre 1 : Contextualisation
Presentation Objectives
• Participants will learn about current How are we preparing today for the
challenges of tomorrow?
and future challenges to the
agricultural sector in Africa with
global and country-specific data.
31
Presentation Outline
I. Demography
V. Production projection
VI. The Role of IFAD Projects This Photo by Unknown Author is licensed under CC BY-SA-NC
I. Demography
A young population…
32
They are healthier,
better educated,
living longer…
33
The Population of Sub-Saharan Africa
2016
- 950 million people
- 13 % of the world population
2050
- 2 billion people
- 22 % of the world population
2100
- 4 billion people
- 33% of the world population
34
They are urban and rural
Urban Population
27% in 1999
38% in 2015
42% from now to 2025
Source: [Link]
Africa in 2100
• 40% of the world’s active population
• 20 million young people entering the job
market each year
• 420 million new jobs will need to be created
to absorb this workforce between now and
2050
35
II. Economic Challenges
36
$18 000,00 PIB total en volume
$16 000,00 en milliards de $ PPA 2005
25000
En milliards de $ PPA 2005
$14 000,00
80000
En milliards de
$12 000,00
20000
$10 000,00 Average worldwide GDP
500 7
1980 1990 2000 2010 2020 2030 2040 2050 1980 1990 2000
38
Population Density by administrative district in West Africa (2015)
39
Supporting economic development through
agriculture will require:
40
HORIZON 2030-2040
41
Food Security
2025
Riz
2013-15
2025
Blé
2013-15
2025
céréales
second.
Autres
2013-15
2025
Maïs
2013-15
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 Mt
Source : OCDE/FAO (2016), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
10.1787/agr-data-fr.
1 2 [Link]
Production Importations
Viande porcine
Viande ovine
Viande bovine
Viande de volaille
2. L’AGRICULTURE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : PERSPECTIVES ET ENJEUX DE LA DÉCENNIE À VENIR
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8
Mt
Les produits laitiers représentent une source majeure de protéines pour les
Source : OCDE/FAO (2016), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
consommateurs de l’ASS et les produits laitiers frais comptent pour plus de 90 % de la
10.1787/agr-data-fr.
consommation totale de produits laitiers. La demande de produits 1laitiers a crû de 1.8 %
2 [Link]
par an ces dix dernières années et compte tenu de l’urbanisation et de la hausse constante
des revenus, cette
Après croissance
avoir devrait
progressé s’accélérer
de près de 4 % pour
par anatteindre
ces dix 2.6 % par anannées,
dernières sur la période
la production
de projection.
d’œufs en ASS augmentera encore de 750 kt d’ici 2025, soit un taux de près de 3 du
En Afrique orientale, la consommation est nettement supérieure à celle % par an.
resteLa
decroissance
l’ASS (graphique
devrait2.25), soutenue par unesoutenue
être particulièrement consommation par orientale
en Afrique habitant dépassant
(4 % par an) et en
100 kg en Somalie,
Afrique au Soudan
occidentale (3 % etpar
auan),
Kenya.
quiNon seulement ces
représenteront niveaux
toutes sont
deux nettement
plus de 70 % de la
supérieurs à ceux du reste de la région,
production d’œufs en ASS d’ici 2025. mais ils sont également bien au-dessus de la
moyenne mondiale. Pourtant, si la consommation reste faible dans plusieurs pays, la
Du fait des abondantes ressources en pâturages, la production extensive de viande
croissance prévue pour la décennie à venir est vigoureuse (2.6 % par an).
bovine constitue une perspective intéressante en ASS, et en Afrique australe, cette viande
est également un produit d’exportation important, notamment en raison de l’accès
Consumption of dairy
Graphique
préférentiel products
Botswana et deinlade
[Link] Sub-Saharan
produits
Namibie Africa
au laitiers
marché en from
Afrique
lucratif 2013-2015
europé[Link]
subsaharienne
de l’Union 2025
L’ASS
comptabilise
Fromage 18 % du cheptel
Beurre Lait écrémébovin
en poudremondial,
Lait de
entiersorte
en poudrequ’une Produits
grande partie
laitiers de la viande
frais (droite)
consommée est produite dans la région. L’augmentation du cheptel a entraîné une hausse
Mt Mt
0.6 25
0.4
15
0.3
10
0.2
5
0.1
0 0
2013-15 2025 2013-15 2025 2013-15 2025 2013-15 2025
Afrique centrale Afrique orientale Afrique australe Afrique occidentale
Source : OCDE/FAO (2016), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
10.1787/agr-data-fr.
1 2 [Link]
Cereal
4 4
Europe
Sud
Asie Sud
Yields:
3 3
3 Monde 3
Significant 2
Monde
2
Growth
Océanie Nord
2 2
Afrique Océanie Nord
Potential
Est
Afrique Ouest
1 1 Est
Centre
9/10/2019 12:41 - © De Boeck Supérieur
1 Ouest
1
Centre
/2019 12:41 - © De Boeck Supérieur
Afrique (moyenne)
Afrique (moyenne)
1961 1970 1980 1990 2000 2009 1961 1970 1980 1990 2000 2009
1961 1970 1980 1990 2000 2009 1961 1970 1980 1990 2000 2009
Source: FAO, FAOSTAT, [Link] * regroupements de la FAO
Superficie Rendement
%
2.5
2.0
1.5
1.0
0.5
0.0
Maïs Autres céréales second. Blé Riz
Source : OCDE/FAO (2016), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
10.1787/agr-data-fr.
1 2 [Link]
Mt %
16 60
14
100 50
12
40
90 10
8 30
80
70
6
4
Dependence 20
imports (%)
0 0
50 Nigeria Afrique du sud Ethiopie Gambie
Tanzanie Zambie Ouganda
Source : OCDE/FAO (2016), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
Guinée
(3-Year
40 10.1787/agr-data-fr.
Conakry1 2 [Link]
Guinée
30
Average)
Bissau secondaires est concentrée en
L’augmentation de la production des autres céréales
Mali
20 Afrique orientale et occidentale, où le sorgho et le millet sont courants dans le panier de
consommation de céréales. Ensemble, l’Afrique orientale et l’Afrique occidentale
10 représentent plus de 90 % de l’augmentation de la production. À elle seule, l’Éthiopie sera
à l’origine de près de 40 % de la production supplémentaire d’ici 2025, devant le Nigeria
0 (14 %) et le Soudan (10 %). Le rendement devrait nettement s’améliorer dans ces trois pays,
2003 mais la2006 2009
forte hausse de 2012
la production en Éthiopie et au Soudan sera encore renforcée par
un accroissement des surfaces cultivées de respectivement 18 % et 22 % d’ici 2025.
46
Other Opportunities 2030-2050 :
47
48
V. The Role of IFAD Projects
49
Chapitre 1 : Contextualisation
Face à cette réalité du monde moderne, plusieurs questions s’imposent aux États, aux populations, aux
différents partenaires techniques, dont le FIDA en tant que partenaire de développement: face à la situation,
les pays sont-ils en mesure de nourrir leur population? Combien devront-ils investir pour répondre à la
demande croissante? Comment organiser les plans d’action à long terme et la gestion des données pour une
bonne information des décideurs ?
La recherche de réponses à ces interrogations à motiver la mise en place d’une plateforme numérique de big
data : « SimAgri » accessible en ligne ici et gratuitement.
SIMAGRI permet d’effectuer des simulations et de prospections sur les besoins alimentaires futurs, les
besoins en productions, la transformation des systèmes agro-sylvo-pastorales, la disponibilité des terres
arables, l’impact du changement climatique, et leurs répercussions sur les implications budgétaires liées aux
différents changements prévus (investissement publics et privés).
SimAgri est une plateforme développée par la FIDA et mise à la disposition des chercheurs, acteurs du
développement et d’autres acteurs permettant et facilitant l’accès à une information sur la prédiction de
la demande alimentaire et l’investissement nécessaire pour répondre à la demande en Afrique de l’Ouest
(Et applicables à d’autres pays, à la demande). Elle permet également de faire une simulation des données
en ajustant le taux de chaque paramètre dans le but d’une meilleure prise de décisions par rapport aux
investissements futurs.
Les analyses de production (céréales, légumes, élevage,…) et des surfaces cultivées découlent des plans de
production et d’investissement (secteur public et privé) pour les horizons 2030 (Objectifs ONU), 2050 et
2063 (Agenda Union Africaine) des pays .
L’objectif de cet outil est avant tout d’informer les décideurs politiques sur les tendances actuelles et futures,
et sur les investissements nécessaires afin de répondre aux enjeux de demain. Les études reposent sur les
sources internationales (FAO, ONU, Banque Mondiale,etc.) et des postulats qui sont :
Cet outil réduit à la croissance démographique, aux changements climatiques et aux nécessaires évolutions
du monde agricole est certainement simplifié pour les modalités de l’exercice et des calculs, mais donne
néanmoins les grandes orientations à moyen et long terme pour l’autosuffisance alimentaire des pays
concernés ainsi que le renforcement des filières agricoles.
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
Cliquer sur le bouton [Se connecter] pour ouvrir la page principale du back office comme le montre la figure
suivante :
• Pays : pour accéder la page « Liste des pays » où on peut gérer les informations (population, besoin
alimentaire, production, texte et images des différentes pages Evolution démographique, situation
économique…) concernant chaque pays faisant partie du projet SIMAGRI.
• Produit agricole : pour accéder la page de la liste des produits agricoles permettant de créer, modifier
ou supprimer un produit agricole.
• Produit Animal : pour accéder la page de la liste des produits animaux permettant de créer, modifier ou
supprimer un produit animale.
• Standardisation Coût : pour accéder à la page de Standardisation des coûts permettant de définir/modifier
les coûts de production pour chaque type de produit agricole (maraichage, céréales, arboriculture…).
• Calcul Production : pour accéder à la page de simulation du back office permettant de lancer la
simulation sur chaque pays en fonction des données saisies et de voir et imprimer tous les tableaux de
production et d’investissement générés ainsi que les graphes correspondants.
• Retour au Site : Cliquer sur ce lien pour revenir au site Simagri (Front office)
• Se déconnecter : Cliquer sur ce lien pour se déconnecter et revenir à la page d’authentification
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
I. Pays
De la page principale, cliquer sur le bouton [Pays] pour accéder la page « Liste Pays » comme le montre
la figure suivante :
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
Cliquer sur le bouton [Remplir] pour remplir les colonnes « Besoin par an en kg et Besoin par an en Tonne
» à partir des données de base des besoins alimentaire par g/pers/jour pour le pays sélectionné comme le
montre la figure suivante :
Vous pouvez modifier les données de base sur la colonne de couleur verte et/ou les besoins en production
animal puis cliquer sur le bouton [Calculer] pour remplir les colonnes « Besoin par an en kg et Besoin par an
en Tonne » à partir des nouvelles données saisies.
Après avoir modifié les données de la colonne verte, nous avons les valeurs ci-dessous :
Cliquer sur le bouton [Graphe] pour afficher un graphe des besoins alimentaires.
5. Dans le tableau ‘Production Agricole’ est affichée la liste des produits agricoles du pays avec
la production en tonne et la Superficie en millier hectare. C’est à ce niveau qu’il faut
saisir ou modifier la production et la superficie de chaque production agricole du pays pour
l’année de base.
6. Le bouton [Sélection Produit Agricole] est actif uniquement en mode modification et ce bouton est
inactif en mode création de la fiche. Il faut donc sauvegarder la fiche d’un nouveau pays avant de
pouvoir l’utiliser.
Ce bouton permet d’ouvrir la page avec la liste de tous les produits agricoles existants permettant
de sélectionner les produits agricoles existant dans le pays en cours de modification. Comme le
montre la figure ci-dessous :
55
Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
Il faut donc dans un premier temps sélectionner l’ensemble des produits agricoles, valider la sélection en
cliquant sur le bouton [Valider], puis saisir pour chaque produit la valeur de production et de superficie.
7. Dans le tableau ‘Production Animale’ est affichée la liste des produits animaux du pays avec la
production en tonne et le cheptel en tête. C’est à ce niveau qu’il faut saisir ou modifier la
production et le cheptel de chaque production animal du pays pour l’année de base. Si le
cheptel n’est pas saisi mais uniquement la production, le calcul de l’investissement se fera
uniquement sur la production (besoin en production - évolution de la production x coût de
production)
8. Le bouton [Sélection Produit Animal] est actif uniquement en mode modification et ce bouton est
inactif en mode création de la fiche. Il faut donc sauvegarder la fiche d’un nouveau pays avant de
pouvoir l’utiliser.
Ce bouton permet d’ouvrir la page avec la liste de tous les produits animaux définis permettant de
sélectionner les produits animaux existant dans le pays en cours de modification. Comme le montre la figure
ci-dessous :
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
Il faut donc dans un premier temps sélectionner l’ensemble des produits animaux du pays, valider la sélection
en cliquant sur le bouton [Valider], puis saisir pour chaque produit la valeur de production et de cheptel.
9. [Calcul Production] : Ce bouton est actif lorsque la fiche pays est en mode modification mais
inactif en mode création de la fiche. Il permet de lancer la simulation sur le pays en cours en
fonction des données saisies et de voir et imprimer tous les tableaux de production et
d’investissement générés ainsi que les graphes correspondants.
10. Afficher le pays : cocher cette option pour rendre un pays visible sur le site public (front office du
site). Décocher cette option permet de travailler sur un pays et de ne pas le rendre visible sur le
site public (front office) tant que toutes les données n’ont pas été validées.
11. [Valider] : cliquer sur ce bouton pour enregistrer les informations saisies
12. [Retour] : cliquer sur ce bouton pour fermer la page en cours et revenir à la page principale du
back office sans sauvegarder la saisie.
• Évolution Démographique
Par défaut, on accède au contenu de l’évolution démographique du pays en cours. Pour passer aux autres
informations du pays, il suffit de cliquer sur les différents boutons [Evolution démographique], [Situation
économique], [Changement climatique], [Besoin alimentaire] et [Conclusion et limites]
En passant d’un contenu à l’autre en cliquant sur les boutons, le système sauvegarde automatiquement le
contenu en cours.
[Sauver images]: Permet de sauvegarder toutes les images au format binaire en une image au format jpeg
en créant un fichier image jpeg.
Il est recommandé d’importer les images en fichier jpeg plutôt que des images au format binaires et de
donner un nom significatif aux fichiers images.
[Effacer tout] : Efface tout le contenu du champ, cela permet de nettoyer le contenu de la page si un code
html invisible affecte l’affichage de la page.
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
• Situation économique
• Changement climatique
• Besoin alimentaire
Au niveau de l’onglet « Besoin alimentaire », les données et les graphes sont affichés automatiquement
cependant il est possible de mettre des textes avant ou après les données et graphes. Il suffit de renseigner
les champs « Entête » et « Bas de page »
Si par exemple, nous avons ceci au niveau du Back Office :
Au niveau du front office, nous avons ceci :
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
• Conclusions et limites
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
Pour pouvoir être utilisé au niveau d’un pays, tout produit agricole doit être créé dans cette liste, même si
ce dernier n’est utilisé que pour un seul pays. Au niveau du pays l’utilisateur sélectionnera à partir de cette
liste, la liste des produits agricoles dont il a besoin pour le pays en cours.
Cliquer sur le bouton [Nouveau] pour ouvrir la page permettant de créer un nouveau produit agricole comme
le montre la figure suivante :
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
Pour pouvoir être utilisé au niveau d’un pays, tout produit animal doit être créé dans cette liste, même si
ce dernier n’est utilisé que pour un seul pays. Au niveau du pays l’utilisateur sélectionnera à partir de cette
liste, la liste des produits animaux dont il a besoin pour le pays en cours.
Pour créer un nouveau produit animal, cliquer sur le bouton [Nouveau] dans la page « Liste des produits
animaux » pour ouvrir la fiche produit animal comme le montre la figure suivante :
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
Contrairement à la production agricole, où les coûts sont définis au niveau de la standardisation des
coûts, l’utilisateur doit définir le coût au niveau de chaque produit animal. A noter que ce coût est défini
pour tous les pays.
Les coûts sont définis en USD et par hectare. Attention ces coûts sont définis identiques pour tous les pays.
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
V. Calcul Production
Cliquer sur ce bouton pour accéder à la page « Calcul Production » pour la simulation du calcul de
production et des investissements pour chaque pays comme le montre la figure ci-dessous:
• Besoin alimentaire
Sélectionner le pays dans la liste déroulante Pays pour lancer la simulation et afficher dans les différents
tableaux les valeurs du pays sélectionné.
Il est possible de modifier les besoins alimentaires, le % des besoins en céréales pour la production animal,
l’évolution des superficies et productions pour une simulation différente. Tous les champs avec un fond vert
sont modifiables.
Une fois la ou les valeurs modifiées, il faut cliquer sur [Calculer] pour afficher les résultats dans tous les
tableaux.
Si on clique sur le bouton [Graphe] le graphe sera affiché en dessous du tableau des besoins alimentaires.
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
NB : pour enlever un produit du graphe, il suffit de cliquer sur ce produit sur la légende du graphe. Pour
réafficher le même produit, il suffit de recliquer sur ce dernier sur le graphe.
• Production agricole
Si on clique sur le bouton [Graphe], on a la possibilité de voir le graphe de la production agricole sélectionnée
dans le tableau. On peut également voir le graphe du total d’un type de production en sélectionnant la ligne
total puis en cliquant sur le bouton [Graphe].
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
• Production animale
Si on clique sur le bouton [Graphe], on a la possibilité de voir le graphe de la production animale sélectionnée
dans le tableau.
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
• Projections
Le tableau de projection calcule et affiche la projection des surfaces agricoles en millier d’hectares pour
chaque production agricole pour 2030, 2050 et 2100.
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
• Investissements
Le tableau d’investissement calcule et affiche les investissements a réalisé pour couvrir les besoins pour 2030,
2050 et 2100. Si une valeur est négative, le pays a une production supérieure au besoin de la population.
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Chapitre 4 : Outil SIMAGRI
Pour enregistrer les graphes en format image, il faut cliquer sur le bouton rond en haut à droite de chaque
graphe. Ceci permet d’afficher plusieurs options pour traiter le graphe y compris la sauvegarde du graphe
comme le montre la figure suivante :
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Volume I, des études de cas réalisées en novembre 2020 :
1. Cap-Vert,
2. Gambie,
3. Guinée,
4. Guinée-Bissau,
5. Mali,
6. Mauritanie,
7. Sénégal,
8. Synthèse régionale.
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