Géométrie Analytique Simplifiée
Géométrie Analytique Simplifiée
1 Préliminaires.
Les propriétés géométriques classiques des gures du plan et de l'espace (telles que
les théorèmes de Thalès et de Pythagore, ou le fait que les médiatrices d'un triangle
se coupent en un même point) seront rappelées (et parfois redémontrées) à partir du
chapitre 21. Ici, nous allons seulement nous intéresser aux outils de calcul permettant
d'obtenir ces résultats en pratique, dans le but de pouvoir rapidement traiter, par
exemple, les propriétés géométriques du plan complexe, ou encore en vue des applica-
tions à la physique et à la technologie. Nous supposons acquises les notions de vecteur,
de repère (cartésien), et de coordonnées (une approche rigoureuse de ces notions sera
faite à partir du chapitre 16), et nous conviendrons,
d'une part, de représenter (dans
x
−
→
l'espace) le vecteur v = x~ı + y~ + z k par v = y , et d'autre part le point M de
z
xM
−−→ −→
coordonnées (xM , yM , zM ) (c'est-à-dire que OM = xM~ı + yM ~ + zM k = yM )
zM
¯ µ ¶
¯ xM
¯ x
par la notation M ¯ yM . Bien entendu, dans le plan, nous noterons seulement v =
¯ y
zM
¯
¯x
et M ¯ M , mais il nous arrivera souvent, dans les formules qui suivent, de convenir
yM
qu'un point ou un vecteur du plan est en fait un objet de l'espace dont la troisième
µ ¶
x
coordonnée est nulle, autrement dit d'identier, par exemple, les deux vecteurs
y
x
et y .
0
L'objectif principal des méthodes de la géométrie analytique est alors de remplacer
la résolution d'un problème de géométrie par la résolution de systèmes d'équations
codant ce problème (un exemple sera traité en 4. 3). Cela suppose qu'on sache
représenter les objets les plus courants (points, droites, plans ; cercles, sphères, etc.).
Il y a essentiellement deux manières d'y parvenir : décrire l'ensemble des points d'une
droite, par exemple, par des formules donnant leurs coordonnées en fonction d'un
paramètre (on peut se les représenter comme donnant la description d'un mouvement
(c'est l'interprétation cinématique), mais ce n'est½nullement obligatoire) ; on parle alors
x = 2t + 1
de système d'équations paramétriques, tel que . L'autre représentation
y = 3t − 2
consiste à donner une condition entre les coordonnées (telle que xy = 1), telle que cette
condition est vériée si et seulement si le point appartient à la courbe; on parle alors
d'équation cartésienne (de la courbe). Nous ne traiterons d'abord que les cas des droites
et des cercles du plan, pour lesquels n'apparaissent pas de dicultés particulières, mais
on verra dans le dernier paragraphe, ainsi qu'aux chapitres 21 et 23, que la description
des courbes et des surfaces de l'espace est plus délicate.
Rappels de géométrie analytique p. 2
Nous aurons également besoin de quelques outils de calcul à partir des coordonnées,
par exemple de formules donnant l'angle de deux droites, ou la distance de deux
points; il s'avère que le moyen le plus ecace de les obtenir consiste à introduire le
produit scalaire (dont nous justierons rigoureusement les propriétés au chapitre 21) ;
un autre outil de calcul plus spécialisé, le produit vectoriel (qui sera lui aussi introduit
en technologie), demanderait à ce stade que l'on admette trop de choses, aussi nous
ne le construirons et ne justierons ses propriétés qu'au chapitre 21.
−→
De même, (AB) et (CD) sont parallèles (ou confondues) si les deux vecteurs AB et
−→ −→ −→
CD sont colinéaires, c'est-à-dire que AB = k CD (protons-en pour rappeler que v =
k u n'autorise nullement à écrire k = v/u : il n'existe pas de division vectorielle).
−−→ −→
En particulier, M appartient à la droite (AB) si, et seulement si, AM = k AB ; on
en déduit la représentation paramétrique
canonique de la droite (AB) : les points
¯
¯ xM xM = xA + k(xB − xA ) = (1 − k)xA + kxB
¯
M ¯ yM de cette droite sont donnés par yM = yA + k(yB − yA ) = (1 − k)yA + kyB ,
¯
zM zM = zA + k(zB − zA ) = (1 − k)zA + kzB
Rappels de géométrie analytique p. 3
3 Le produit scalaire.
3. 1 Rappels de trigonométrie.
On va seulement ici rappeler la dénition des fonctions trigonométriques usuelles
et quelques formules utiles ; nous verrons au prochain chapitre comment utiliser les
nombres complexes pour obtenir des résultats plus élaborés.
y↑
...............
.................... ......... ..............................
.......... .........
......... .... .......
....... ..
M .
. .....
.... ... .......
......
.. ... ..•
.
...
.. .......
.
.. ... ...
.
....................................................................
sin α.
.
.
.
.
......
.....
.....
.....
.
.... . .... . .....
.
.. .
... .
.
...
. ...
... .
.
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....
...
.
.. ... ... .
. ...
..
. ... . .
. ...
.
. . ... .
. ...
.
.. .
... ... .
.
...
...
.
. ..
.
...
....
...
....
~ α
.
.
.
.
.
.
...
...
...
.. .
. ... .
. ...
... .... . . ...
....
.......................... ...
.. . ............. .
. ......
. ...
... . .....
.... ..... ... ... ....
.
...
... .... .... .
. .... ...
.. .... .. .
. ... ...
... ... ... . ...
.. . . ...
.. ... .. . .
. ... .......................................................................................................................
....
...
. ...
...
.
.. .. →
...
... cos α O
...
... ~ı ..
...
x
... ...
... ...
... ...
. .
....
... ...
... ... ...
... ... ...
... ...
.. .
....
... ... .
... ... ...
... ... ...
...
...
...
... .....
... ... ..
..... ... ...
..... ... ....
..... ...
........
...
.....
..... ... .........
.
...... .......
......
....... ............ .....
........ ....... ...
......... ... ...
............ ......... ...
......................................................... ...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
..
tan α
La dénition historique de sin, cos et tan part des rapports de côtés de triangles rec-
tangles, dont le théorème de Thalès montrre qu'ils ne dépendent que de l'angle consi-
déré (cos  : côté adjacent à A/hypoténuse, sin  : côté opposé/hypoténuse, tan  :
côté opposé/côté adjacent); cela permet déjà d'obtenir les valeurs remarquables
des sinus, cosinus et tangentes des angles de π/6, π/4 et π/3, comme on le retrouvera
en classe. Une analyse élémentaire montre alors que le point M du cercle trigonomé-
d
trique (le cercle de centre O et de rayon 1) tel que (Ox, OM ) = α (si α est un angle aigu
positif) a pour coordonnées cos α et sin α, ce qui permet de dénir ainsi cos et sin pour
tout α (et tan par tan α = sin α/ cos α, quand α 6= π/2 + kπ ; le point d'intersection de
la droite (OM ) et de la droite d'équation [X = 1] a pour ordonnée tan α); l'étude de la
notion d'arc (algébrique) permet enn de généraliser à tout α réel : on dénit d'abord
dv) par l'arc AB_
la mesure de l'angle (orienté) (u, découpé sur le cercle trigonométrique
Rappels de géométrie analytique p. 4
−→ −→
par les deux vecteurs OA = u/kuk et OB = v/kvk, et on dénit une unité d'angle,
_
dv) = AB
le radian, telle que si les angles sont exprimés en radians, on a (u, (si on mesu-
dv) 180 _
rait en degrés, par exemple, on obtiendrait (u, degrés = π AB ). Remarquant alors
que, réciproquerment, l'angle de mesure α est le même que l'angle de mesure α + 2π ,
on obtient des fonctions trigonométriques dénies sur R tout entier, et qui sont de
période 2π (nous les étudierons plus précisément au chapitre 5).
d −−→
On peut enn montrer aisément que si u est un vecteur unitaire, si α = (u, OM ),
et si H est le projeté orthogonal de M sur l'axe (O, u), on a (formule de projection
sur un axe) OH = OM. cos α.
On appelle vecteur unitaire un vecteur u tel que kuk = 1 ; on peut remarquer que quel
que soit v non nul, v/kvk et −v/kvk sont unitaires (et ce sont les deux seuls vecteurs
unitaires colinéaires à v).
À partir de ces formules, on voit qu'il est possible de calculer l'angle de deux
u.v
vecteurs dont on connaît les coordonnées (puisque cos α = ), si du moins on
[Link]
peut retrouver α connaissant cos α, ce qui est facile en théorie grâce à la fonction
arc cos que nous verrons au chapitre 5. . . et en pratique grâce aux calculettes, tant
qu'on ne se préoccupe pas de questions de signes, puisque cos(−α) = cos α. Cette
dernière diculté ne sera levée qu'au prochain chapitre; en pratique (et sans aucuneµ ¶
d x
justication pour le moment), il nous sura de retenir que si (u, v) = α, et u = ,
µ 0¶ y
x
v= , α est du signe de xy 0 −yx0 (le déterminant de (u, v), que nous apprendrons
y0 ¯ ¯
¯ x x0 ¯
à noter (au chapitre 20) ¯¯ ¯ ; certains auront peut-être aussi reconnu là un certain
y y0 ¯
produit vectoriel. . . ).
Concluons ce paragraphe par un exemple élégant de démonstration géométrique
utilisant le produit scalaire (mais bien d'autres méthodes sont possibles) : soit [AB]
le diamètre d'un cercle de centre O (milieu de [AB], donc) et M un point du cercle.
−−→ −−→ −→ −−→ −−→ −→ −−→ −−→
On a AM .M B = (AO + OM ).(M O + OB), donc (posant M O = −OM = −u et
−→ −→ −−→ −−→
AO = OB = v), AM .M B = (v − u).(v + u) = v2 − u2 = OB 2 − OM 2 = 0 (en
utilisant la distributivité du produit scalaire). On en déduit donc que le triangle AM B
est rectangle en M (les triangles incrits dans des demi-cercles sont rectangles),
propriété que nous utiliserons à plusieurs reprises.
Représenter un cercle sous forme paramétrique n'a pas de solution aussi naturelle
que pour les droites. On retiendra½ la représentation trigonométrique standard du
x = a + R cos t
cercle C(C, R) étudié ci-dessus : , mais on verra aussi au prochain
y = b + R sin t
chapitre, par exemple, une
représentation inattendue du cercle unité (ou presque :
2
1 − t
x =
il en manque un point) : 1 + t2 .
y = 2t
1 + t2
Rappels de géométrie analytique p. 7
Exercices
1 Trigonométrie.
3 (??) Déterminer le côté d'un polygone régulier (à n côtés) inscrit dans un cercle
de rayon 1 ; vérier en particulier qu'on retrouve bien les valeurs remarquables des
sinus pour n ∈ {3, 4, 6}.
4 (???) Généralisant l'exercice précédent, soit OAM un triangle inscrit dans le cercle
d
unité, avec A = (1, 0) et (OA, OM ) = 2α. Calculer AM , puis, par deux méthodes
diérentes, l'aire du triangle OAM . En déduire que sin 2α = 2 sin α cos α (on
pensera à discuter selon α).
2 Produit scalaire.
5 (?) Calquant la démonstration du cours sur les triangles rectangles inscrits dans
les demi-cercles, montrer que les diagonales d'un losange sont perpendiculaires.
−→ −→ −→ −→
6 (???) Soit 4 points quelconques A, B , C et D. Montrer que [Link] + [Link] +
−→ −→
[Link] = 0. Prenant pour D l'intersection de deux des hauteurs du triangle ABC ,
en déduire que les trois hauteurs d'un triangle sont concourantes.
¯ ¯
13 ¯ 21 −→d −→
7 (??) Soit A¯¯ , B ¯ . Calculer (à la calculatrice) l'angle (OA, OB). Pourquoi ne
21 34
peut-on pas se servir d'une gure pour trouver son signe ? Comment le déterminer
si on ne connait pas le truc du produit vectoriel ?
3 Équations cartésiennes.
¯ µ ¶
¯a −
→ cos α
8 (?) Soit ∆ la droite passant par A¯ , et orthogonale au vecteur n = ;
b sin α
¯
¯x −−→ →
Si M ¯ est un point quelconque de ∆, monter qu'en écrivant que AM .− n = 0,
y
d ∆) ?
on retrouve une équation cartésienne de ∆. Que vaut l'angle α = ((Ox),
Rappels de géométrie analytique p. 9
T 3 Montrer analytiquement que les trois médiatrices d'un triangle sont concourantes.
10 (???) Soit A et B deux points xés du plan. Déterminer l'ensemble des points M
tels que M A = 2M B . Comment ce résultat se généralise-t-il dans l'espace ?
Plan
1 Préliminaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 1
3 Le produit scalaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 3
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 8
3. RAPPELS DE GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE
(Formulaire)
Les résultats qui suivent sont valables en dimension 2 et 3 (il sut pour revenir au
plan de remplacer la troisième coordonnée par 0).
Géométrie plane élémentaire : formulaire p. 2
¯ ¯
¯ xP ¯ xQ
2. 1. Si P et Q sont des points de coordonnées P = ¯¯ yP et Q = ¯¯ yQ , on a
¯ ¯
zP zQ
xQ − xP
−→ −→ −→ −→
P Q = yQ − yP . La relation de Chasles, dans ce cas, est P Q + QR = P R.
zQ − zP
¯ xP + xQ
¯
¯ 2
¯
y + yQ
2. 2. Le milieu M des points P et Q précédents a pour coordonnées M = ¯¯ P .
¯ 2
¯ zP + zQ
¯
2
0
x x
2. 3. On dénit le produit scalaire de u = y et v = y 0 par la formule
z z0
0 0 0
u.v = xx + yy + zz .
2. 4. On note u.u = x2 + y√
2
+ z2 p
par l'écriture u2 (carré scalaire), et on appelle
norme de u le nombre kuk = u = x2 + y 2 + z 2 .
2
2. 5. On a alors
dv) = kuk × OH,
u.v = xx0 + yy 0 + zz 0 = kuk × kvk × cos (u,
2. 6. u.v = 0 ⇐⇒ u = −
→ −→
0 ou v = 0 ou u ⊥ v (u et v sont dits orthogonaux).
−→ p
2. 7. On a P Q = kP Qk = (xQ − xP )2 + (yQ − yP )2 + (zQ − zP )2 (avec les nota-
tions de 2. 1).
3 Angles.
_
dv) par l'arc AB
3. 1. On mesure l'angle (orienté) (u, découpé sur le cercle trigo-
−→ −→
nométrique par les deux vecteurs OA = u/kuk et OB = v/kvk. Quand les angles
Géométrie plane élémentaire : formulaire p. 3
_
dv) = AB
sont exprimés en radians, on a (u, (si on mesure en degrés, par exemple,
dv) 180 _
on obtient (u, degrés = π AB ).
dv),
3. 2. En réalité, le nombre déni en 3. 1 est la mesure principale de l'angle (u,
dv)) (en
et on devrait, en toute rigueur, utiliser une notation telle que α = m((u,
radians); on appelle mesure de l'angle (u,dv) tout réel β tel que (β − α)/2π ∈ Z :
on dit que les (mesures des) angles sont dénies à 2π près.
dv) + (v,
3. 3. On a la relation de Chasles (u, d d
w) = (u, w), à 2π près.
3. 4. Tout triangle inscrit dans un demi-cercle (autrement dit tout triangle (ABC)
tel que OB = OA, où O est le milieu de AC ), est rectangle en B .