Contrats Administratifs : Clés et Enjeux
Contrats Administratifs : Clés et Enjeux
CONTRATS
ADMINISTRATIFS
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Sommaire
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INTRODUCTION
A/ Un procédé ancien
Il y a fort longtemps que le contrat occupe, parmi les activités de l’administration, une
importance stratégique. La passation de contrats entre royaumes et ressortissants a enrichi ce
phénomène marqué par l’extension de l’interventionnisme économique. En réalité il y a
toujours eu des contrats passés par les personnes publiques. Les personnes publiques n’ont
jamais eu capacité d’assumer toutes les tâches dont elles étaient chargées dans un but d’intérêt
général. En France, plusieurs accords de construction de canaux furent conclus avec des
particuliers, conformément à la technique moderne de concession d’ouvrage public (Prière
Laurent FRIER, Précis de droit administratif, éd. Montchrestien, Paris, 2001, p. 323, n°
556). L’existence de contrats impliquant l’administration est donc ancienne alors que sa
conceptualisation ne l’est pas dans la plupart des régimes juridiques.
Il y a fort longtemps que le contrat occupe, parmi les activités de l’Administration, une
importance stratégique. La passation de contrats entre royaumes et ressortissants a enrichi ce
phénomène marqué par l’extension de l’interventionnisme économique. Au-delà des
frontières, l’histoire de l’État contractant (CISTAC Gilles, « Une histoire juridique de
l’État contractant dans le commerce international », Annales de l’Université de Toulouse,
T. XLIII, 1995, pp. 172-193) remonte à l’époque de la France ancienne, de la civilisation
romaine et de l’Égypte pharaonique. D’innombrables accords d’exploitation de marchandises
(Les Pharaons exploitaient les huiliers, les empereurs romains commercialisaient les arsenaux
et les Rois de France des manufactures d’art. (Fouad RIAD, « Les entrecours pour excès de
pouvoirrises publiques et semi-publiques en Droit International Privé », RCADI, 1963,
V. III, Tome 108, p. 565), d’emprunts (Divers contrats d’emprunts passés par des monarques
et des étrangers se sont rencontrés de façon régulière. Les emprunts conclus par le Roi
Salomon, qui au Xe siècle avant J.C. devait de l’argent à Hiram, roi de Tyr, ont été reglés par
la cession de territoires en Galilée (Gilles CISTAC, op. cit., spéc. pp. 173-74. ) et d’échanges
se sont succédé, enrichissant ainsi la connaissance juridique. Tout au long du Moyen-âge,
l’Europe a démarré des activités d’exploitation des ressources royales par l’intermédiaire
d’hommes d’affaires afin de gérer au mieux ces rapports économiques. Le XIII e siècle
annonça l’émergence du capitalisme occidental, marquant le commencement d’un nouvel
essor dans le commerce juridique. Au cours de cette période, des opérations d’échanges ont
régulièrement eu lieu entre les grandes villes. Il y a toujours eu une nécessité pour les
personnes publiques de déléguer certaines missions ou encore de demander à des personnes
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plus habilitées de réaliser certaines infrastructures.
Ainsi dès l’Ancien Régime, on trouve des systèmes de marché de travaux publics. On
va demander également à des concessionnaires la réalisation d’ouvrages publics. On a déjà à
l’époque l’idée de contracter, même si le nom contrat administratif n’apparait pas encore.
Le système de concession qui est un système de délégation de service public rencontre
un succès grandissant au XIXe siècle au moment où la France va se doter de grandes
infrastructures notamment ferroviaires, la puissance publique n’a pas les liquidités disponibles
pour les réaliser et va donc joindre à ces réalisations des personnes privées qui se
rémunéreront sur l’exploitation de ces infrastructures.
Très tôt, l’on voit apparaître l’existence de règles spécifiques dans le cadre de ces
contrats. Ces contrats sont affranchis des règles prévues pour les contrats passés de particulier
à particulier. C’est-à-dire qu’on ne peut les passer dans les mêmes conditions que les
personnes privées. Mais, il faut attendre la fin du 19e pour que le juge fixe certains grands
principes attachés aux contrats passés par les personnes publiques et systématise l’existence
d’un droit dérogatoire. On va avoir possibilité par la voie du contrat d’affirmer ses
compétences.
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règles de passation des marchés pour permettre la concurrence entre les prestataires nationaux
et les autres (cf. Directive N°04/2005/CM/UEMOA du 9 décembre 2005 portant
procédures de passation, d’exécution et de règlement des marchés publics et des
délégations de service public dans l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine ;
Directive N°05/2005/CM/UEMOA du 9 décembre 2005 portant contrôle et régulation
des marchés publics et des délégations de service public dans l’Union Économique et
Monétaire Ouest Africaine. En Europe voir également : Directive 92/50/CEE - Marchés
publics de services dans le secteur des télécommunications - Directive 93/38/CEE -
Concession de service public).
Il y a une influence également de la jurisprudence internationale, elle est intervenue
pour édicter des grands principes en matière de contrat. Une illustration nous est donnée avec
la Cour de justice de l’Union Européenne dans son arrêt Téléaustria (CJCE, 7 décembre
2000, Telaustria et Telefonadress, affaire C-324/98). Cet arrêt consacre le principe d’égalité
de traitement et de transparence. Le principe de non-discrimination « implique, notamment,
une obligation de transparence qui permet au pouvoir adjudicateur de s’assurer que ledit
principe est respecté » (CJCE, 7 décembre 2000, Telaustria et Telefonadress, op. cit., n°
61). Cette abondance de sources fait du droit des contrats administratifs un droit évolutif.
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contrat public. Ainsi, le contrat de droit privé et de droit public deviennent semblables.
Il y a une part irréductible de spécificité qui demeure : il y a toujours une inégalité
entre l’administration et son cocontractant. Même quand on utilise le droit de consommation
on va l’utiliser mais pas de manière totalement calquée, on va l’adapter à la circonstance du
droit administratif. Ce droit a perdu son caractère de pure administrativité. Tout cela explique
l’éclatement du régime juridique, on ne parle pas du contrat administratif mais des contrats
administratifs.
Les développements qui précèdent apparaissaient nécessaires pour que l’on se fasse
une idée, ne serait-ce qu’approximative, de la matière, c’est-à-dire du droit des contrats
administratifs. On peut dès lors, maintenant, descendre au-dedans du droit des contrats
administratifs pour en découvrir les règles, les mécanismes, les dédalles, les méandres, les
délices, circuler dans ses rues et avenues et pourquoi pas y demeurer. Nous le ferons à travers
trois parties dont la première sera consacrée aux grands principes régissant la matière
contractuelle (première partie), la deuxième au régime juridique à chaque type de contrat
administratif (deuxième partie) et la troisième au contentieux du contrat (troisième partie).
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PARTIE 1 : THÉORIE GÉNÉRALE DES CONTRATS
ADMINISTRATIFS
Il importe de cerner la notion de contrat administratif (chapitre 1) avant d’examiner le
régime général du contrat en droit public (chapitre 2).
1) L’accord de volonté
Il y a accord de volonté dès qu’il y a échange de consentements. Les contrats de
l’administration et, plus particulièrement, les contrats administratifs se présentent, soit sous
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différentes formes, soit par la confection des cahiers de charges (voir infra sur les marchés
publics).
Cependant, dans la conclusion des contrats de l’administration, il y a une fréquence de
la forme écrite, qui contraste avec la rareté de la forme non écrite (René Dégni-Ségui, Droit
administratif général, Tome 2, op. cit., p. 385). On peut y voir des contrats verbaux (CE, 20
avril 1956, Epoux Bertin), ce peut aussi être des échanges de lettres. Par exemple, dans
l’arrêt Époux Bertin précité, le juge a admis le « contrat verbal passé avec l’Administration »
que les Époux Bertin se sont engagés à assurer la nourriture des ressortissants étrangers
hébergés dans un centre de rapatriement. Toutefois, ce contrat, admis comme valide, pose des
problèmes de preuve. La charge en incombe à la partie qui s’en prévaut. Elle peut le faire par
tous moyens, dont le témoignage (CE, 22 mars 1950, Territoire de St-Pierre et Miquelon,
Rec. 177).
Il y a des actes qui ont l’apparence de contrat ou qui sont qualifiés de contrats mais où
il n’existe en réalité aucun accord de volonté. C’est ce que l’on appelle les contrats types. Ce
sont des modèles de contrats, mais ce sont des actes administratifs unilatéraux. En effet, on ne
peut négocier les termes du contrat, ils s’imposent de facto. Il faut les distinguer des contrats
d’adhésion. Ceux-ci sont des contrats dont on ne négocie pas le contenu, si on accepte on ne
peut négocier. On peut penser qu’ils ressemblent à des contrats type car ils sont imposés, mais
on peut choisir ne pas contracter contrairement aux contrats types. Par exemple, dans une
concession funéraire, l’immense majorité des stipulations n’est pas ouverte à la négociation.
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Cela permet de distinguer les contrats des déclarations d’intention ou des
concertations.
Il y a aussi certaines clauses dans les contrats qui sont interdites, cela vaut pour les
personnes privées et les personnes publiques. Il en est ainsi des clauses illicites (Voir en ce
sens l’article 6 du Code civil ; « On ne peut déroger, par des conventions particulières, aux
lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes mœurs » et 1108 alinéa 4 « Quatre
conditions sont essentielles pour la validité d’une convention : le consentement de la partie
qui s’oblige ; sa capacité de contracter ; un objet certain qui forme la matière de
l’engagement ; une cause licite dans l’obligation »). Des clauses sont prédéterminées à
l’avance notamment par des textes législatifs et réglementaires. Cela signifie qu’on aura
toujours des passages obligés dans le contenu du contrat. C’est le cas des cahiers des charges
types en matière de marchés publics.
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de difficulté) comme des actes unilatéraux (réglementaires), et non comme des contrats, les
documents dits « contrats types », dont les prescriptions s’imposent aux signataires des
contrats à venir ». (René Chapus, Droit administratif général, Tome 1, Paris,
Montchestien, 15e éd., 2001, p. 492). (CE, 13 mai 1987, Synd. nat. profess. des médecins
du travail, DA 1987, n° 362, Dr. Soc. 1987, p. 749, J. de Clausade). Manifestant bien qu’il
ne faut pas s’en tenir aux dénominations ou aux apparences, voici une solution relative à la
qualification d’un document déterminant le régime des autorisations d’occupations
temporaires (par les forains) du jardin des tuileries, appartenant à l’État mais géré en vertu
d’une convention conclue ne 1991) par l’établissement public du Grand Louvre : intitulé
« cahier de charges particulières » (comme pourrait l’être un document contractuel) et signé
tant par le ministre que par le président de l’établissement, il est cependant apprécié comme
« un acte unilatéral et réglementaire émanant du seul ministre (CE, sect., 23 juin 1995, Ass.
Défense Tuileries, p. 268 CJEG 1995, p. 376, concl. J. Arrighi de Casanova).
D’autres hypothèses peuvent être dégagées. Il s’agit des contrats qui ont un contenu
réglementaire. Il peut arriver d’être confronté à des contrats qui auront un contenu
réglementaire. Il y a des actes administratifs unilatéraux qui sont à la périphérie du contrat,
qui gravitent autour du contrat mais seront considérés comme détachables du contrat. Ce sont
des actes préparatoires ou exécutoires. C’est l’exemple d’une délibération du conseil
municipal qui autorise le maire à signer une convention. Ici, nous ne sommes pas dans le
contrat ; c’est du préparatoire au contrat, c’est détachable. Parfois dans le contrat lui-même, il
va y avoir des clauses réglementaires. Elles sont très courantes dans les délégations de service
public.
Ces clauses doivent obligatoirement être insérées dans certains types de contrats. Elles
sont réglementaires car elles vont créer des droits et obligations non seulement pour les
parties au contrat mais également pour les tiers. Ces clauses réglementaires fixent souvent les
rapports entre le délégataire de service public (l’administration) et les usagers. Lorsqu’on
signe une délégation du service public, il y a des cahiers des charges à respecter. Ces clauses
ont le caractère particulier de s’adresser à autrui. La question qui a pu se poser est celle de
savoir s’il est possible de contester ces clauses en tant qu’usager ? En d’autres termes, est-il
possible d’utiliser le recours pour excès de pouvoir vis-à-vis de ces clauses ? Pour contester la
décision du concessionnaire de tramways de refus de dessertes, les usagers se sont appuyés
sur les clauses réglementaires dans le contrat de concession. Le Conseil d’État français a
accepté que des usagers s’appuient sur le contrat de concession (CE, 1906, Syndicat des
propriétaires et contribuables du quartier Croix – de – Séguey – Tivoli, Rec. Lebon p.
962). Il a fallu attendre plus longtemps pour attaquer directement ces clauses par la voie du
recours pour excès de pouvoir. La réponse positive est intervenue 90 ans plus tard à travers la
jurisprudence Cayzeele (CE, ass., 10 juill. 1996, M. Cayzeele, AJDA 1996.732, chron.
D. Chauvaux et T.-X. Girardot, RFD adm. 1997.89, note P. Delvolvé, Quot. jur. 24 oct.
1996, note Moreno, Petites affiches 18 déc. 1996, note Viviano, CJEG, nov. 1996, p. 382,
note P. Terneyre).
Mais alors, quand on annule une clause réglementaire dans un contrat que devient-il ?
Le juge administratif français a jugé que ces clauses sont divisibles du contrat. Par
conséquent, leur annulation n’a pas d’effet sur l’ensemble du contrat (CE, 8 avril 2009,
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Association Alcaly, req. n° n° 290604).
Les précisions ci-dessus vont apparaitre comment la netteté de la distinction entre acte
unilatéral et contrat peut se trouver plus ou moins atténué. Toutefois, tous les contrats de
l’administration ne sont pas des contrats administratifs. Une distinction capitale oppose aux
contrats administratifs proprement dits les contrats de droit privés (ou de droit commun) de
l’administration (André DE LAUBADÈRE (†), Jean-Claude VENEZIA, Yves
GAUDEMET, Traité de droit administratif, Tome 1, Paris, LGDJ, 16ème Edition, 2001, p.
735).
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par une personne publique dans le cadre d’une mission de service public.
Ces marchés de travaux publics feront l’objet de contrats particuliers. La loi du 28
pluviôse an VIII a attribué compétence aux conseils de préfecture pour connaître de ces
marchés. Cela a été le point de départ d’une jurisprudence très attractive pour la jurisprudence
administrative, attractivité de la notion de travaux publics, dès qu’il y a marchés de travaux
publics même conclu entre deux personnes privées ; le marché relevait de la compétence du
juge administratif (TC 8 juillet 1963 SARL « Entreprise Peyrot » c/ SAEM Société de
l’Autoroute Estérel Côte d’Azur, req. n° 01804, Rec. CE p. 787 ; GAJA 19e éd., 2013, n°
80, p. 552). La solution est aujourd’hui nuancée.
A. Le critère organique
En vertu de ce critère, un contrat ne peut être administratif que si une personne
publique y est partie, que la personne ait conclu elle-même directement le contrat ou qu’elle
ait agi par l’intermédiaire d’un mandataire (Conseil d'État 18 décembre 1936, Prade, D.
1938, III, p. 370 ; CE, 24 février 1954, Secrétaire d'État à la production industrielle, Rec.
p. 125). Le mandat peut d’ailleurs être soit conventionnel (explicite : art.1984 du Code
civil : CE, 27 mai 1957, Artaud, Rec. p. 350 ; ou tacite : CE, 18 décembre 1936, Prade, S.
1938, 3, 59) soit légal (TC, 27 mars 1952, Office National de la navigation, Rec. 623).
Généralement, trois types de contrats sont à distinguer : les contrats conclus entre deux
personnes publiques, les contrats conclus entre les personnes privées et les contrats conclus
entre une personne publique et une personne privée. Pour les derniers types, le critère
organique est rempli ; il y a au moins une personne publique au contrat. Tout dépend alors de
la présence ou non du critère matériel. C’est pourquoi ici, nous nous limiterons à analyser les
contrats conclus entre deux personnes publiques (1), les contrats conclus entre les personnes
privées (2)
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1. Les contrats conclus entre personnes publiques
Pour ces contrats, le respect du critère organique est évident. La question qui se pose
est alors de savoir si ces contrats obéissent à un statut particulier, qui diffèrerait de celui des
autres contrats administratifs, qu’ils soient passés entre deux personnes privées, ou entre une
personne privée et une personne publique. Plus précisément, il s’agit de déterminer si la
présence au contrat de deux personnes publiques suffit à qualifier ces contrats de contrats
administratifs.
Dans son arrêt du 21 mars 1983 (TC, 21 mars 1983, Union des assurances de
Paris (UAP), requ. n° 02256, Rec., p. 537, AJDA 1983, p. 356, concl. Labetoulle ; D. 1984,
jurispr. p. 33, note Auby et Hubrecht ; Rev. adm. 1983, p. 368, note Pacteau), le Tribunal
des conflits semble s’être prononcé en faveur du statut particulier des contrats conclus entre
deux personnes publiques. Il a en effet posé une présomption selon laquelle « un contrat
conclu entre deux personnes publiques revêt en principe un caractère administratif ».
Cependant, la jurisprudence ultérieure a démontré que cette présomption n’avait
aucune valeur juridique. La formule de l’arrêt UAP établit une sorte de constat : il est logique
de présumer, en effet, qu’un contrat conclu entre deux personnes publiques est un contrat
administratif. Cependant, comme pour tous les autres contrats, ces conventions n’ont un
caractère administratif que si le critère matériel de qualification est également satisfait. Dans
le cas contraire, elles seront qualifiées de contrat de droit privé.
Il en est ainsi de l’arrêt Bureau d’aide sociale de Blénod-lès-Pont-à-Mousson du 11
mai 1990 (CE, 11 mai 1990, requête numéro 60247, Bureau d’aide sociale de Blénod-lès-
Pont-à-Mousson, Rec. p. 123 ; CJEG 1990, p. 347, concl. Hubert). Aux termes d’une
« convention de location » passée entre un office public d’HLM et un bureau d’aide sociale, le
premier a donné à bail au second pour une durée d’un an renouvelable un ensemble de
bâtiments moyennant une redevance fixée en fonction de la législation sur les HLM, et la
convention stipulant que le bureau d’aide sociale aurait « la responsabilité entière et exclusive
de tous les services… fonctionnant dans les lieux loués ». Dès lors, eu égard à son objet, le
contrat n’a fait naître entre l’office et le bureau que des rapports de droit privé ».
Il en est également de l’arrêt du 5 juin 2001 rendu par la Cour administrative d'appel
de Paris (CAA Paris, 5 juin 2001, Union des groupements d'achats publics, requête
numéro 00PA02972, Contrats Marchés publ. 2001, p. 20). Dans cette affaire, le litige portait
sur un contrat conclu entre l’État et l’Union des groupements d’achats publics (UGAP), qui
est une autre personne publique, pour la fourniture de véhicules destinés à appartenir au
domaine privé de l’État. Eu égard à son objet, un tel contrat, qui par ailleurs ne comprend
aucune clause exorbitante du droit commun, ne peut faire naître que des relations de droit
privé. Les illustrations que voilà impliquent clairement qu’en dépit de la rédaction de l’arrêt
UAP, les contrats conclus entre deux personnes publiques ne sont pas soumis à un régime
particulier. Le critère matériel est également requis.
Un raisonnement inspiré par la jurisprudence UAP a récemment été adopté par le
Tribunal des conflits à propos des contrats conclus par les établissements publics industriels et
commerciaux avec une personne privée (TC, 7 avril 2014, Société d´édition de ventes
publicitaires (SEVP) c/ Office du tourisme de Rambouillet, req. n° 3949, Dr. adm. 2014, 49,
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note Sée). Il résulte de cet arrêt que sauf disposition législative contraire, le contrat est un
contrat de droit privé « à l’exception de ceux comportant des clauses exorbitantes du droit
commun ou relevant d’un régime exorbitant du droit commun ainsi que de ceux relatifs à
celles de ses activités qui ressortissent par leur nature de prérogatives de puissance publique ».
Là encore, il s’agit plus d’un constat : normalement ces contrats sont de droit privé, mais ce
ne sera pas le cas si, le critère organique étant respecté, les autres critères de qualification des
contrats administratifs sont également satisfaits..
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i. Contrats conclus par des associations transparentes
Une association est transparente lorsqu’elle est créée à l’initiative d’une personne
publique qui en contrôle l’organisation et le fonctionnement et qui lui procure l’essentiel de
ses ressources. Il en résulte que « que les contrats qu’elle conclut pour l’exécution de la
mission de service public qui lui est confiée sont des contrats administratifs » (CE, 21 mars
2007, Commune de Boulogne-Billancourt, Rec. p. 130 ; BJCP 2007, p. 230, concl.
Boulouis, note Ch. M. ; AJDA 2007, p. 915, note Dreyfus ; RJEP 2007, p. 270, note N. E).
Voir également CAA Nancy, 22 mars 2012, Si Abdallah, req. n° 11NC00238, LPA 22
avril 2013, p. 10, note Tifine).
ii. Mandat
Avant d’évoquer précisément la question du mandat administratif il faut relever que
les juges ont longtemps considéré que l’objet du contrat, c’est-à-dire la nature de certaines
prestations réalisées par une personne privée, pouvait permettre de reconnaître le caractère
administratif d’un contrat. Plus précisément, le juge estimait, dans certains cas, que la
personne privée concernée a agi sans mandat mais pour le compte d’une personne publique, et
le critère organique était alors indirectement satisfait.
Cette hypothèse avait été dégagée par le Tribunal des conflits dans son arrêt Société
entreprise Peyrot du 8 juillet 1963 (Rec. p. 787 ; AJDA 1963, p. 463, chron. Gentot et
Fourré ; D. 1963, jurispr. p. 543, concl. Lasry, note Josse ; JCP G 1963, II, 13375,
note Auby ; RDP 1963, p. 766, concl. Lasry ; RDP 1964, p. 767, note Fabre et Morin).
Dans cette affaire, les juges relèvent que « la construction des routes nationales et des
autoroutes appartient par nature à l’État ». Toutefois, elle peut être concédée à des sociétés
d’économie mixte, lesquelles sont assimilables à des personnes privées. Mais puisque le
concessionnaire agit « pour le compte de » l’État, « les marchés passés par le maître de
l’ouvrage pour cette exécution sont soumis aux règles du droit public ». La solution retenue
permettait ainsi de soumettre au seul juge administratif ce type de contrats, que l’autoroute ait
été directement construite par l’État ou que sa construction ait été concédée. Cette
jurisprudence avait été étendue à d’autres hypothèses assez proches.
Ainsi, le Tribunal des Conflits considère comme présentant une nature administrative
présentent une nature administrative les contrats passés par le concessionnaire d’une
autoroute, fût-ce avec d’autres personnes privées, dès lors que leur objet est d’édifier les
ouvrages principaux ou accessoires de l’autoroute (TC, 4 novembre 1996, Espinosa, req. n°
02990, Rec., p. 553). Cette règle s’applique aux contrats dont l’objet est de permettre la
réalisation des travaux nécessaires pour lutter contre le bruit provoqué par cette infrastructure
de transports terrestres, et cela même si ces travaux doivent être réalisés hors de l’emprise de
l’autoroute ou sur un immeuble privé. Ceci étant, cette jurisprudence avait vocation à
s’appliquer peu fréquemment, la notion de travaux « appartenant par nature à l’État » étant
entendue de façon très restrictive. Par ailleurs, une association chargée de sélectionner
l’artiste qui devra édifier une œuvre d’art sur la place publique d’une commune ne saurait être
considérée comme agissant au nom et pour le compte de cette commune (TC, 17 décembre
2001, Hartmann et Association PRISME, req. n° C3274, Contrats Marchés publ. 2002, 66,
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RFDA 2002, p. 43). Le fait même que la jurisprudence Peyrot était demeurée isolée et
cantonnée à une hypothèse précise remettait en cause sa pertinence : si l’on peut admettre
l’idée selon laquelle certaines activités appartiennent par nature à l’État – alors même que l’on
serait bien embarrassé de devoir définir exactement le contenu de ces activités – on ne voit
pas pourquoi cette notion ne s’appliquerait qu’au type d’activités visées par l’arrêt Peyrot.
Finalement, le Tribunal des conflits a opéré un revirement de jurisprudence à
l’occasion de son arrêt du 9 mars 2015, Rispal c/ Société des Autoroutes du Sud de la France
(TC, 9 mars 2015, Rispal c/ Société Autoroutes du Sud de la France, req. n° 3984, AJCT
2015, p. 403, obs. Dreyfus, AJDA 2015, p. 1204, chron. Lessi et Dutheillet de Lamothe et p.
601, tribune Clamour, Dr. adm. 2015, 34, note Brenet, Contrats-marchés publ. 2015, 110,
note Devillers, JCP A 2015, 2157, note Sestier et 2157, chron. Hul, RFDA 2015, p. 265,
concl. Escaut et p. 273, note Canedo-Paris, RTD com. 2015, p. 247, chron. Orsoni. Voir
également CE, 17 juin 2015, req. n° 383203, Société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône
(APRR), JCPA 2015, 2359, note Martin). Il résulte de cet arrêt « qu’une société
concessionnaire d’autoroute qui conclut avec une autre personne privée un contrat ayant
pour objet la construction, l’exploitation ou l’entretien de l’autoroute ne peut, en l’absence
de conditions particulières, être regardée comme ayant agi pour le compte de l’État » et
« que les litiges nés de l’exécution de ce contrat ressortissent à la compétence des juridictions
de l’ordre judiciaire ».
Notons toutefois que, eu égard aux conséquences de ce revirement, le Tribunal des
conflits a décidé de moduler ses effets : la qualification des contrats signés avant le 9 mars
2015, soit la date de lecture l’arrêt Rispal, n’est pas remise en cause. Le revirement ne vaut
donc que pour l’avenir.
Ce revirement de jurisprudence ne remet pas en cause le cas où une personne privée,
en concluant un contrat, agit en tant que mandataire d’une personne publique. Dans cette
hypothèse, ce n’est pas l’objet particulier du contrat, mais c’est le lien de l’une des personnes
privées contractante avec une personne publique qui justifie le caractère administratif du
contrat. L’hypothèse du mandat administratif est un cas de figure très proche de celui du
mandat en droit civil. Dans ce cadre, le mandataire a le pouvoir de faire un ou des actes
juridiques au nom et pour le compte du mandant.
Le mandat peut être exprès, et dans ce cas il n’y a aucun obstacle à considérer que le
critère organique est satisfait puisque le mandataire ne fait que représenter une personne
morale de droit public qui est partie au contrat. Cette hypothèse est notamment visée par
l’article 3 de loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses
rapports avec la maîtrise d’œuvre privée, qui prévoit que dans la limite du programme et de
l’enveloppe financière prévisionnelle qu’il a arrêtés, le maître de l’ouvrage peut confier à un
mandataire tout ou partie de ses attributions. Cette hypothèse a été envisagée pour la première
fois par le Conseil d’État, le 30 mai 1975, a ensuite admis la possibilité d’un mandat implicite
dans certaines hypothèses (CE, 30 mai 1975, Société d’équipement de la région
montpelliéraine, req. n° 86738, Rec. p. 326 ; AJDA 1975, p. 345, chron. Franc et Boyon ;
D. 1976, jurispr. p. 3, note Moderne ; RDP 1976, p. 1730. Voir également TC, 7 juillet
1975, req. n° 02013, Commune d’Agde, Rec. p. 798).
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Les juges estiment en l’espèce que présente un caractère administratif le contrat par
lequel une société, concessionnaire de l’aménagement d’une zone à urbaniser en priorité, a
confié à une entreprise la construction des voies publiques traversant cette zone au motif
qu’elle « agissait non pas pour son propre compte, ni en sa qualité de concessionnaire mais
pour le compte des collectivités publiques auxquelles les voies devaient être remises ». Si les
juges se réfèrent également à des contrats conclus « pour le compte » d’une personne
publique, ce n’est donc pas le seul objet du contrat, comme dans la jurisprudence Peyrot, qui
permet de conclure à son caractère administratif, mais différents indices tirés des relations très
étroites entre l’une des parties au contrat et une personne publique extérieure à ce contrat.
Cette différence est patente dans l’arrêt du 1 er juillet 2010, Société Bioenerg. (CE, 1er
juillet 2010, Société Bioenerg, req. n° 333275, JCPA 2010, 2359, note Pacteau). Étaient en
cause dans cette affaire un contrat conclu entre EDF, société anonyme de droit privé et des
producteurs d’électricité privés. Les juges relèvent que ces contrats « contribuent au service
public de l’électricité ». Cependant, « les contrats conclus entre eux ne peuvent être regardés
comme conclus pour le compte d’une personne publique, alors que la production d’électricité
ne relève de l’État ou d’une autre personne publique, ni par nature ni par détermination de la
loi, et est au contraire une activité économique exercée par des entreprises privées … ». Il en
résulte que « EDF n’exerce donc dans ce domaine aucune mission pour le compte d’une
personne publique et n’est pas placée, pour la mission de service public à laquelle elle
contribue, sous l’autorité de l’État ou d’une autre personne publique ». Le contrat litigieux
est donc un contrat de droit privé.
Contrairement à la jurisprudence Peyrot, qui est demeurée limitée au domaine des
travaux routiers et autoroutiers, la jurisprudence Société d’équipement de la région
montpelliéraine s’est étendue à d’autres hypothèses. Elle a vocation, tout d’abord, à
s’appliquer à d’autres travaux que les travaux routiers et autoroutiers (TC, 10 mai 1993, req.
n° 02840, Société Wanner Isofi Isolation et Société Nersa, Dr. adm. 1993, 349 ; RFDA
1994, p. 181 ; CJEG 1994, p. 86, concl. Martin, note Delpirou).
Le marché passé par la société Nersa a pour objet la construction d’un ouvrage public concourant à la réalisation des mêmes
objectifs que ceux d’Électricité de France. Les juges relèvent dans cette affaire plusieurs indices. Tout d’abord, la constitution de la société
Nersa a été autorisée par un décret en application d’une loi prévoyant la création d’entreprises exerçant en France une activité d’intérêt
« européen » en matière d’électricité et en conformité avec la loi du 8 avril 1946 sur la nationalisation de l’électricité et du gaz. Ensuite,
l’exploitation des centrales doit se faire dans les conditions prévues par la loi du 8 avril 1946. De même, le personnel français de la société
Nersa est soumis au même statut que celui d’Electricité de France. Enfin, Electricité de France – qui est à l’époque une personne publique –
détient 51 % des actions de la société Nersa. Compte tenu de ces indices, le marché passé par cette société a pour objet la construction d’un
ouvrage public concourant à la réalisation des mêmes objectifs que ceux d’Electricité de France. La société Nersa doit donc être regardée
comme agissant pour le compte de cet établissement public. Dès lors, le marché litigieux est un marché de travaux publics .
27
Dans une autre espèce, le Tribunal des conflits paraît vouloir donner une place plus
importante à la théorie de l’accessoire, le considérant de principe de cet arrêt visant
expressément cette hypothèse comme une dérogation possible à l’exigence du critère
organique. Ainsi, « les contrats conclus entre personnes privées sont en principe des contrats
de droit privé, hormis le cas où l’une des parties agit pour le compte d’une personne publique
ou celui dans lequel ils constituent l’accessoire d’un contrat de droit public ». (TC, 8 juillet
2013, Société d’exploitation des énergies photovoltaïques, req. n° 3906, Contrats-Marchés
publ. 2013, 241, note Devillers ; Dr. rur. 2013, 14, note Tifine).
Il est vrai que le critère organique est nécessaire, absolument indispensable, mais ce
critère est insuffisant parce que les personnes publiques concluent aussi des contrats de droit
privé. Ainsi, pour que le contrat soit administratif, il est fait appel, en outre, à des critères
matériels.
B. Le critère matériel
Ce critère se cumule au critère organique, mais il se présente sous une forme
alternative. Pour déterminer le contrat comme administratif, le juge se réfère au contenu du
contrat qui sont : tantôt de l’objet du contrat (1), tantôt le contenu du contrat (2).
1. L’objet du contrat
Ce critère a été dégagé par le Conseil d’État dès l’arrêt Thérond du 4 avril 1910 (Rec.
p.193 ; D. 1912, III, p.57, concl. Pichat, note Hauriou ; RDP 1910, p.249, note Jèze). Dans
l’affaire Thérond, la ville de Montpellier avait confié le service public de capture et de mise
en fourrière des chiens errants et d’enlèvement des animaux morts à une personne privée. Le
Conseil d’État a alors considéré que l’objet du contrat, ajouté au fait qu’une des parties était
une personne publique, lui conférait un caractère administratif.
La solution dégagée par de l’arrêt Thérond a cependant été abandonnée à l’occasion de
l’arrêt Société des granits porphyroïdes des Vosges au profit du critère tiré de l’existence de
clauses exorbitantes du droit commun. Ce n’est qu’avec les arrêts de Section du 20 avril
1956, Epoux Bertin et ministre de l’Agriculture c/ Consorts Grimouard (Rec. p. 167 et p.
168 ; AJDA 1956, II, p.272, concl. Long, chron. Fournier et Braibant, RDP 1956, p.869,
concl. Long, note Waline ; D. 1956, p.433, note de Laubadère, Rev. Adm. 1956, p.496,
note Liet-Veaux) que le Conseil d’État a réhabilité le critère de l’objet du contrat, tout en
conservant l’autre critère dégagé en 1912. Les arrêts de 1956 visent deux hypothèses. Celle,
tout d’abord où le contrat confie au cocontractant privé « l’exécution même du service
public » (a) et celle où le contrat constitue « une modalité d’exécution » (b).
29
c. Le contrat entrainant une participation à l’exécution du service public
Malgré sa proximité avec les deux précédents critères, celui-ci ne se confond pas avec
eux. La jurisprudence lui réserve une place à part. S’agissant des contrats faisant participer
« directement le cocontractant à l'exécution du service public », ce ne sont pas des contrats
administratifs, mais des contrats de droit commun. Ces contrats, qui ont plus précisément pour
objet de confier au cocontraçtant des fonctions le faisant participer à l'exécution du service
public, sont des contrats de droit privé par détermination de la loi (Code du travail : Loi du 15
décembre 1952 et Loi du 1er août 1964 et 12 janvier 1995). Par exemple, il en va ainsi des
contrats de recrutement de personnels dans les services publics, particulièrement des agents
temporaires régis par le décret du 12 juin 1965 et, désormais, des agents contractuels par le
décret du 24 mai 2000.
Le critère de la participation à l’exécution du service public a connu une sensible
atténuation puisqu’il concernait essentiellement les contrats d’engagement d’agents
contractuels dans les services publics administratifs et qu’il était autrefois distingué entre les
agents qui participaient directement à l’exécution du service public (qui bénéficiaient d’un
contrat de droit public) et les agents simplement engagés pour les besoins du service (qui
bénéficiaient d’un contrat de droit privé) (CE, sect., 4 juin 1954, Affortit et Vingtain, Rec.
CE, 1954, p. 342, concl. Chardeau ; TC, 25 novembre 1963, Dame Veuve Mazerand, Rec.
CE, 1963, Rec. p. 792).
Désormais, à la suite d’une simplification bienvenue, sont invariablement considérés
comme « des agents contractuels de droit public, quel que soit leur emploi », « les personnels
non statutaires travaillant pour le compte d’un service public administratif » (TC, 25 mars
1996, Préfet de la région Rhône-Alpes, Préfet du Rhône c/ Conseil des Prud’Hommes de
Lyon, dit « Berkani », Rec. CE, 1996, p. 535, AJDA 1996, p. 355). On doit à cet égard
rappeler, à l’inverse, que les agents des services publics industriels et commerciaux sont
toujours des salariés de droit privé, à l’exception du directeur et de l’agent comptable s’il a la
qualité de comptable public (CE, 26 janvier 1923, Robert Lafreygère, Rec. CE, 1923, p. 67).
La participation à l’exécution du service public a par ailleurs été reconnue en de multiples
autres hypothèses, à propos des contrats conclus par des sociétés :
- exploitant la gestion d’un service de garantie de paiement (CE, sect., 5 févr. 1986,
Sté Sogam, Rec. CE, 1986, p. 604)
- recevant une aide financière pour l’acquisition d’équipements de dépollution (CE,
sect., 16 déc. 1992, SA International Décor)
Ce critère a également été retenu par le Tribunal des conflits, à propos d’un contrat
ayant pour objet la promotion de l’image d’un département par divers procédés de
communication et de publicité à l’occasion d’une rencontre sportive. Il a été jugé que ce
contrat faisait participer le cocontractant à l’exécution même d’un service public administratif
(TC, 5 juill. 1999, Sté International Management Group c/Département de l’Ain). Dans le
même sens a été qualifié « d’administratif » le contrat par lequel une région finançait un
navigateur, à charge pour lui d’assurer la promotion de son sponsor à l’occasion des
événements nautiques auxquels il participait (TC, 22 janvier 2001, Préfet de la Seine-
30
maritime c/Tribunal de grande instance de Rouen et Sté Multicom c/ Conseil régional de
Normandie, Contrats et marchés publ., 2001, n 63, p. 12, note soler-Couteaux P.). De
même, le Tribunal des conflits a encore qualifié « d’administratifs » les contrats qui « avaient
pour objet et ont eu pour effet de faire participer directement la société Transcet au
fonctionnement du service public » (TC, 27 septembre 1999, Sté TRANSDEV c/ Régie
départementale des transports du Jura).
2. Le contenu du contrat
Le contenu du contrat peut être la présence de clauses exorbitantes (a) ou le régime exorbitant
(b).
31
diffèrent par leur nature de celles qui peuvent être stipulées dans un contrat analogue de droit
privé » (Cass. 1re civ., 18 février 1992, pourvoi numéro 90-18.826, Compagnie
d’assurances La Mondiale : Bull. civ. 1992, I, n° 59) ou qui imposent au cocontractant des
« obligations particulières … dans un intérêt public » (CE Sect., 17 décembre 1954, Grosy,
Rec. p. 674 ; CE, 19 novembre 2010, Office national des forêts, req. n° 331837 (Contrats-
Marchés publ. 2011, 36, note Devillers).
32
exorbitante du droit commun, ce qui est lié à l’évolution du droit civil des obligations qui
admet aujourd’hui qu’une telle clause peut être stipulée dans un contrat de droit privé.
Ainsi, lorsqu’est en cause une convention d’occupation temporaire du domaine privé,
une clause permettant à la personne publique de reprendre la jouissance de l’immeuble à tout
moment et pour tout motif n’est pas considérée comme une clause exorbitante du droit
commun (TC, 20 février 2008, Verrière c/ Courly, requête numéro 08-03623, Contrats –
Marchés publ., 2008, 122, note Eckert). En effet, la juridiction judiciaire admet la
conclusion de conventions d’occupation précaire, exonérées du régime des baux
commerciaux, à condition que leur caractère provisoire soit justifié par des circonstances
spéciales connues des deux parties (Cass. 3e civ., 14 novembre 1973 : D. 1974, p. 139. –
Cass. 3e civ., 25 mai 1977 : Bull. civ. 1977, III, n° 220).
D’autre part, les juges ne procèdent pas à une analyse clause par clause du contrat,
mais ils prennent en compte l’équilibre général de la convention. En d’autres termes, le critère
ne sera pas satisfait dès lors qu’une clause imposant une sujétion au cocontractant privé est
contrebalancée par un avantage qui lui est concédé et qui est également inusuel dans un
contrat de droit privé. Ainsi, dans l’arrêt Verrière c/ Courly du 20 février 2008 précité, si le
contrat permet au bailleur d’utiliser librement le bien, l’ensemble des dépenses liées à
l’entretien sont à sa charge, ce qui fait que la première clause n’est pas considérée comme
étant exorbitante du droit commun.
C’est pour tenter de résoudre les difficultés liées à la définition « en creux » de la
notion de clause exorbitante que le Tribunal des conflits à fait évoluer sa jurisprudence en
imposant une définition positive du critère des clauses exorbitantes. Dans ses conclusions sur
l’arrêt SA Axa IARD, le commissaire du gouvernement Desportes est revenu sur les difficultés
liées à la notion de clause exorbitante en insistant sur le fait qu’en « se bornant à désigner
cette clause comme celle qui ne se trouve pas dans les contrats de droit privé, la définition
donne peu d’indications permettant de déterminer, de manière positive, l’élément objectif
caractérisant l’existence d’une relation de droit public ». Le commissaire du gouvernement a
alors proposé de « revenir à ce qui fait la spécificité de l’action administrative :
l’accomplissement d’une mission d’intérêt général par la mise en œuvre de prérogatives de
puissance publique ».
C’est cette nouvelle approche qui a été choisie par le Tribunal des conflits, les clauses
exorbitantes se définissant alors « comme celles qui, dans un but d’intérêt général, soit
confèrent à la personne publique, des prérogatives ou des avantages exorbitants, soit
imposent à son cocontractant des obligations ou des sujétions exorbitantes ». Ainsi, deux
conditions cumulatives sont désormais nécessaires pour considérer qu’une clause est
exorbitante du droit commun : elle doit nécessairement s’exercer dans un but d’intérêt
général et, soit conférer « à la personne publique, des prérogatives ou des avantages
exorbitants », soit imposer « à son cocontractant des obligations ou des sujétions
exorbitantes ».
Cette nouvelle approche permet de mieux comprendre des solutions jurisprudentielles
qui, comme on l’a évoqué plus haut, sont souvent très nuancées. Si l’on revient sur l’arrêt
Verrière c/ Courly du 20 février 2008 (préc.), on peut ainsi considérer que c’est aussi
33
l’absence d’une telle finalité d’intérêt général dans une convention d’occupation précaire du
domaine privé qui a conduit les juges à considérer qu’une clause dotant la collectivité
publique contractante d’un pouvoir de résiliation unilatérale n’était pas exorbitante.
Il semble toutefois que cette évolution ne soit pas de nature à dissiper toutes les difficultés
liées à l’utilisation du critère des clauses exorbitantes, notamment parce que le juge fait
référence à la notion éminemment imprécise « d’intérêt général ». L’intérêt pratique de la
jurisprudence SA Axa IARD apparaît limité et il est probable que son application au cas par
cas n’emportera pas d’évolutions notables sur la qualification des contrats soumis au juge
administratif.
35
Chapitre 2 : Le régime général du contrat en droit public
Il y a parfois une transcendance malgré la diversité : des règles qui s’appliqueront quel
que soit le contrat administratif en cause. Il y a toujours des contraintes de forme et de fond
qui pèsent sur les contractants. Ainsi, l’objet du contrat administratif doit toujours être
déterminé avec précision. Il doit toujours être licite (article 1108 du code civil) ; ou encore le
consentement des parties doit être clair et ne doit pas être vicié (articles 1108 et 1109 du code
civil). Se jouera entre les parties le principe de loyauté de contractuelle au moment de
l’exécution du contrat (article 1108 du code civil). Le contrat administratif n’y est pas
étranger. Dans l’exécution du contrat administratif, il y a au sein même du contrat, un certain
nombre de droits et d’obligations qui vont peser soit sur le cocontractant (Section 1) soit sur
l’administration (Section 2) et qui vont se retrouver quel que soit le contrat en cause.
On touche ici au régime général du contrat administratif. Ce régime renvoie parfois à
un régime exorbitant dès lors que ; les cocontractants ne sont pas forcément placés sur un pied
d’égalité.
36
Les contrats des collectivités locales sont signés par leur organe exécutif. Par
exemple : le Président du Conseil Général pour le département (Loi du 9 août 2001, art.
114), le Maire pour la commune (Charte municipale, art. 61 alinéas 7 et 8).
2. Les approbations
Les approbations sont des mesures de contrôle a posteriori qui, exercées par certaines
autorités, et emportent certains effets.
39
1. Les marchés sur mémoires ou de factures.
Les marchés sur mémoires ou factures : le Code des marchés publics, en son article 4,
dispose que « les dépenses de fournitures, prestations ou travaux, dont les montants sont
inférieurs aux montants » fixés par arrêté du Ministre de l’Économie et des Finances, «
peuvent être réglées sur simples factures ou mémoires ». Ainsi, le marché se forme, soit par la
livraison de la fourniture (facture), soit par l’accomplissement de l’ouvrage (mémoire).
A. Le droit à rémunération
La rémunération peut prendre plusieurs formes : paiement d’un prix par la personne
publique, rémunération tirée de l’ouvrage ou du service.
Le principe : l’administration ne peut modifier unilatéralement cette rémunération. La
rémunération en principe est intangible.
B. Un droit à indemnisation
Le cocontractant a droit à l’équilibre financier du contrat et peut être indemnisé
lorsque des charges supplémentaires interviennent.
42
1. En cas de modification unilatérale du contrat
Si les modifications supposent des charges nouvelles au détriment du cocontractant il
faudra rétablir l’équilibre financier et indemniser le cocontractant.
3. L’indemnisation de l’imprévision
C’est une théorie développée par le juge administratif dans un arrêt 1916 compagnie
générale d’éclairage de Bordeaux.
En 1916, pendant la guerre mondiale, un contrat avait été passé entre la ville de
Bordeaux et un concessionnaire pour l’éclairage de la ville, éclairage basé sur le charbon.
Problème : lors de la guerre hausse spectaculaire du charbon. L’équilibre financier du
concessionnaire était bouleversé. Dans le cadre de cet arrêt de 1916 le juge a développé cette
théorie qui va permettre une indemnisation du cocontractant sous condition.
D’abord c’est la condition d’imprévisibilité. Il faut un événement imprévisible
déjouant tous les calculs qu’ont fait les parties au contrat. On retrouve bien la force majeure :
imprévisibilité, extériorité, irrésistible. Enfin un élément bouleversant l’équilibre économique
du contrat.
Quand ces trois (3) conditions sont réunies on applique une indemnité d’imprévision
qui ne va pas couvrir toutes les pertes du cocontractant. En pratique souvent l’administration
endosse 90% du déficit et laisse 10% à la charge du cocontractant. C’est la part de risque qu’il
devait assumer les 10%. Tout cela c’est pour assurer la continuité de l’intérêt général.
Si l’imprévision se prolonge, on peut faire jouer ce que l’on appelle la force majeure
administrative. Finalement on ne va pas faire durer infiniment un contrat et on va décider de
sa résiliation. Contrairement à la force majeure classique ici il y a indemnisation du
cocontractant.
Aujourd’hui, cela se faire rare, il y a des clauses d’indexation dans les contrats, cela
permet la révision des prix.
43
Sous-section 2 : les règles générales applicables à l’administration
Il n’y a pas besoin d’avoir mis une clause dans le contrat pour que l’administration
puissent les utiliser, ces pouvoirs sont présents en dehors de toute stipulation expresse dans le
contrat. L’autorité contractante a des pouvoirs sur tout le contrat et des pouvoirs sur
l’exécution du contrat.
2. Le pouvoir de sanction
44
– Interdiction de modifier les clauses financières du contrat notamment pour la
rémunération du cocontractant.
– La modification doit toujours répondre à un motif d’intérêt général.
45
revanche, en cas de disparition ou décès du cocontractant : ces deux types de causes peuvent
également entraîner l’expiration prématurée du contrat.
Ces causes n’affectent que le cocontractant, mais non l’Administration, en raison de la
continuité de l’État. Celui-ci ne peut, en effet, disparaître ou mourir. Il n’en irait ainsi, sous
certaines réserves, que dans l’hypothèse exceptionnelle de la mutation territoriale ou
succession d’États. Par ailleurs, il n’est pas inutile de préciser que la disparition ou le décès du
cocontractant de l’administration doit être dûment constaté.
47
PARTIE II : LE RÉGIME SPÉCIFIQUE À CHAQUE CONTRAT
Il y a aujourd’hui 3 grandes familles : les marchés publics, les délégations de services publics
et les marchés de partenariat. En France depuis l’ordonnance de 2015, les marchés de
partenariat entrent dans la catégorie des marchés publics mais sous l’égide de règles
dérogatoires.
Les marchés publics sont des contrats écrits conclus à titre onéreux avec une ou des
personnes physiques ou morales par l’État, les établissements publics, les collectivités
territoriales et plus généralement par les personnes morales de droit public ainsi que par les
sociétés d’État en vue de répondre à leurs besoins en matière de travaux, de fourniture ou de
prestation.
1- Un contrat écrit
Un contrat écrit suppose qu’un acte résulte d’un accord de volonté entre deux
personnes juridiques. Il faut nécessairement un écrit en matière de marché public. Ce qui
sous-entend qu’il ne peut y avoir de marché verbal. Dans tous les cas de figure, les règles de
la comptabilité publique imposent l’établissement d’un acte écrit.
L’une des parties au contrat doit être une personne morale de droit public ou une
personne assimilée à celle-ci en raison du fait qu’elle dépense des deniers publics. Ainsi
toutes les personnes morales de droit public ou catégories d’institutions citées plus haut, sont
assujetties aux dispositions du Code des Marchés Publics (ensemble de textes et règlements
auxquels sont assujettis tous les acteurs du système des marchés publics).
48
Les procédures d'appels d'offres publics doivent se conformer au code des marchés
publics. Toutes les personnes morales de droit privé sont cependant assujetties dès lors
qu’elles dépensent des deniers publics.
Il s’agira de déterminer avec précision la nature des besoins à satisfaire. En somme, les
rapports entre les parties porteront sur l’exécution de travaux, la fourniture de biens ou une
prestation de service.
1- Le marché de travaux
49
ouvrage, l’installation d’équipement ou de matériels, la décoration de la finition ainsi que les
services accessoires ou connexes.
2- Le marché de fournitures
Plusieurs types de contrats ressemblent à bien des égards aux marchés publics mais le
Code des Marchés publics ne leur est pas strictement applicable.
- Les contrats qui ont pour objet l’acquisition ou la location de terrains, de bâtiments
existants et d’autres biens immeubles. (Quand l’État doit acquérir un terrain, il n’y a
pas d’appel d’offres).
50
Paragraphe 2. Les sources de la règlementation des marches publics
Le droit des Marchés publics ivoiriens puise l’essentiel de ses règles dans le Code des
Marchés publics qui prescrit les procédures applicables en matière de préparation, de
passation, d’approbation, d’exécution et de contrôle d’un marché public. Ces règles de base
sont complétées par celles qui sont définies par les cahiers de charges types prenant en compte
la spécificité de certains secteurs.
Le Code des Marchés publics est un texte à caractère règlementaire. Bien qu’étant un
Décret, ce texte a un caractère d’ordre public en ce sens qu’il affirme le caractère obligatoire
du respect des règles qui sont prescrites. L’obligation de passer un marché est édictée à
l’article 2 du Code des Marchés publics et précisée par arrêté du Ministre en charge des
Marchés publics. Le Code en vigueur est le décret N°2009-259 du 06 août 2009 pris par le
Gouvernement au terme d’une réforme sur la transposition des directives de l’UEMOA.
Le premier Cahier des Clauses et Conditions Générales (CCCG) ivoirien fixant les
dispositions administratives générales à tous les marchés de travaux a été adopté par le décret
n°86-261 du 9 Avril 1986. Trois projets de CCAG en instance d’approbation ont été élaborés
à la suite du Code de 2009. Ils se rapportent aux marchés de travaux, de fournitures et de
prestation intellectuelle.
51
3- Les documents particuliers
Les documents particuliers contiennent des clauses propres à chaque marché. Ils sont
rédigés par les personnes publiques qui passent le marché. Ils font partie du dossier de mise
en concurrence. Ils doivent être communiqués aux candidats au moment de l’appel d’offres.
Ils rassemblent l’ensemble des clauses techniques d’un marché particulier. Ils
comprennent une description détaillée et précise des prestations à exécuter. Il s’agit donc de
documents déterminants pour une compétition équitable en ce sens qu’ils ne doivent pas
contenir des spécifications qui auraient pour conséquence d’écarter des candidats ou d’en
favoriser d’autres.
Les CCTP précisent également les articles des CCTG applicables auxquels il sera
dérogé dans le cadre de ce marché particulier.
Ces sources sont de diverses natures et de diverses origines. Certaines sont applicables
directement aux opérations de passation de marchés tandis que d’autres, celles de référence à
des réformes du droit national en en intégrant les dispositions pertinentes.
52
1- L’accord sur les marchés publics de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)
Cet accord a été adopté à Marrakech (Maroc) le 15 Avril 1994 dans le cadre des
négociations de l’Uruguay Round. Il est entré en vigueur le 1 er Janvier 1996. Cet accord vise à
permettre aux fournisseurs de biens et de services étrangers d’avoir accès, dans les mêmes
conditions que les fournisseurs nationaux, aux marchés publics.
À cet égard, l’accord fixe des règles précises en matière de procédure d’attribution, de
spécifications techniques, de délai de soumission, de délai de livraison, etc.
Elle a été adoptée en 1993. Elle constitue un recueil des meilleures pratiques
constatées au niveau international en matière de passation des marchés publics de biens, de
travaux et de services.
Il s’agit notamment des règles fixées ou des orientations données aux pays membres
d’une organisation régionale ou sous-régionale. C’est le cas de l’harmonisation des
règlementations nationales dans les pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest
Africaine (UEMOA) qui a conduit à l’adoption de deux directives sur les marchés publics :
53
- la directive N°05/2005/CM/UEMOA du 9 Décembre 2005, portant Contrôle et
régulation des marchés publics et des délégations de Service public dans
l’UEMOA.
- Le principe de l’universalité
- Le principe de la neutralité
- Le principe de la légalité
- Le principe de l’égalité
- Le principe de la mutabilité
- Le principe de l’adaptation
54
- le principe de l’unité budgétaire :principe de droit budgétaire dont la portée est
double : comme règle de fond, il exige que soit soumise à l’approbation du Parlement
la totalité des ressources et des charges prévisibles de l’Etat pour l’année à venir ;
comme règle de forme, il postule qu’elles lui soient toutes présentées simultanément,
afin qu’il puisse arrêter ses options en pleine connaissance de cause, et qu’elles soient
groupées dans un même document (loi de finances) afin qu’il puisse apprécier
l’équilibre ou le déséquilibre réel de leurs masses.
Le caractère de denier public des ressources impose que la passation des commandes
soit portée préalablement à la connaissance de tout candidat potentiel. Le libre accès à la
commande est donc véhiculé par des vecteurs comme la publicité dans le cadre des appels
d’offres ouverts, de l’information des candidats dans d’autres cas, enfin la limitation des
restrictions à la libre concurrence. Ce principe appelle également la nécessité de la clarté dans
la définition des besoins à satisfaire et l’application stricte de règles de sélection permettant
une compétition loyale.
C. L’ECONOMIE ET L’EFFICACITE
55
En faisant un appel à concurrence, l’Administration vise à acheter au meilleur rapport
qualité-prix. Ceci doit également conduire à optimiser les délais liés à la fois aux procédures
de sélection et à l’exécution des prestations.
La transparence dans les procédures suppose aussi la transparence des procédures. Elle
résulte de la capacité à assurer une mise en concurrence ouverte sur une base loyale
permettant au meilleur candidat de l’emporter. Elle impose donc le respect du formalisme des
opérations, la collégialité des décisions, la traçabilité des procédures et la diffusion des
résultats.
Dans ce chapitre, sont présentés les principaux intervenants dans les opérations
d’acquisition de biens et services tant au stade de la préparation, de la passation,
Il s’agit ici des acheteurs publics, des services de coordination et d’appui et des
organismes payeurs.
Le régime des Marchés publics est obligatoire, quasiment partout où il y a des deniers
publics. En cela il s’impose aux entités publiques ou privées responsables de la gestion de ces
deniers. A ce titre, le régime des Marchés publics s’applique à l’Etat, aux établissements
publics nationaux, aux collectivités décentralisées, aux sociétés d’Etat et aux sociétés à
participation publique majoritaire.
56
1- L’Etat
Tous les marchés passés par l’Etat sont soumis au Code des Marchés publics, qu’ils le
soient par l’Administration centrale ou par les services déconcentrés. Il en est de même des
marchés passés par les organismes qui, tout en bénéficiant par nature d’une certaine
autonomie de gestion, ne disposent pas d’une personnalité juridique distincte de l’Etat
(Projets PACOM, BETP…).
Ce sont des personnes morales publiques de droit privé. Leur capital est entièrement
détenu par l’Etat mais elles fonctionnent selon les règles de droit privé semblables à celles
applicables aux sociétés anonymes. Elles sont dotées de Conseil d’Administration, de
Commissariat central aux Comptes … (Exemple : la RTI, le Port Autonome d’Abidjan, la
SODEFOR, l’ANADER…).
57
b- Les sociétés à participation financière publique majoritaire (SPFPM)
Il s’agit d’une catégorie d’économie mixte dont l’Etat est le principal actionnaire. Tout
comme les sociétés d’Etat, ces sociétés sont régies par les règles de droit privé. (Exemple : la
SOTRA, la PETROCI…).
Il s’agit ici des personnes morales de droit privé agissant pour le compte d’une
personne publique soumises à la réglementation des Marchés publics. (Exemple : SIGOGERE
chargée de la gestion de l’immeuble CIAM abritant le Ministère de l’Economie et des
Finances).
La réglementation des Marchés publics s’applique enfin aux marchés passés par des
personnes de droit privé bénéficiant du concours financier, de la garantie de l’Etat ou d’une
personne morale de droit publique soumise à cette réglementation.
Ce sont des services qui interviennent à divers niveaux des procédures et dont l’action
est indispensable à l’exécution de l’ensemble de la chaîne de passation des marchés.
C’est une direction centrale rattachée à la direction générale du budget et des finances
(Ministère de l’économie et dans finances). Elle est chargée d’élaborer la réglementation et de
faire respecter l’application de celle-ci par les acheteurs publics. Il faut comprendre la notion
d’élaboration ici, par extension à la prise en compte et à l’intégration des procédures propres
aux organismes de financement extérieur. Elle assure également des missions de coordination,
de surveillance et de contrôle du système.
58
2- Les cellules de passation des marchés publics
Il s’agit ici des organismes spécialisés dans différents domaines ayant pour mission
principale d’apporter leur appui technique au service public. Cet appui s’exerce en matière
d’étude, de contrôle d’exécution, d’expertise en matière de normalisation. Il s’analyse
également comme une mission d’assistance à la réalisation des opérations d’achat public.
- Le contrôle d’Etat est assuré par l’Inspection générale d’Etat, institution rattachée à la
Présidence de la République.
59
- Le contrôle de l’exécution de la dépense publique qui est du ressort de l’Inspection
générale des finances qui partage cette compétence avec l’Inspection générale d’Etat et le
Contrôle financier (au sein de chaque ministère et département dans le cadre de la
circonscription administrative).
- Pour les dépenses des collectivités décentralisées, il existe un contrôle plus léger qui se
fait principalement a posteriori et il est de la compétence de la Direction des opérations des
collectivités décentralisées.
En matière de marchés publics plus particulièrement, le Code des marchés publics institue un
contrôle a priori, un contrôle à posteriori et un contrôle d’audit relevant de la compétence de
la Directions des Marchés Publics (DMP).
60
avec les opérateurs privés. Mais dans des cas particuliers, ils peuvent aussi être passés avec
des personnes morales de droit public.
Dans la plupart des cas, les marchés publics sont passés entre un acheteur public avec
un fournisseur privé (entreprise quelle que soit sa forme, ou prestataire de services).
C’est le cas particulier des Conventions de prestation entre personnes publiques. Elles
sont régies par un arrêté du Ministre en charge des marchés publics. Ces conventions sont
passées par entente directe, c’est-à-dire sans mise en concurrence préalable. Mais elles sont
toujours soumises à l’approbation du Ministre chargé des marchés publics comme les autres
contrats passés par appel d’offres. Il s’agit en général de conventions de prestations de
services. Ceci n’exclut pas a priori de leur champ d’application les travaux ou les fournitures.
61
- Le patrimoine de l’organisme doit être juridiquement disponible pour permettre
aux garanties de prospérer.
Les procédures de passation des marchés sont des modalités d’exécution du budget par
des règles spécifiques et des mécanismes propres.
Les marchés publics naissent d’une obligation posée par l’article 2 du Code des
marchés publics. En effet, dès que le montant des commandes envisagées atteint un seuil fixé
par arrêté du Ministre en charge des marchés publics, est déclenchée toute la procédure
spécifique indiquée plus haut. Les années antérieures, ce seuil était fixé en fonction de chaque
type de structure contractante. Le seuil de déclenchement de la procédure est atteint chaque
fois que le cumul d’un ensemble de commandes d’une même nature atteint le chiffre critique
requis dans le cas d’espèce. Lorsqu’elles sont prévues dans un programme sous forme
cohérente et groupée, ces commandes (d’une même nature) ne peuvent échapper à la
procédure des marchés publics par simple scission en plusieurs ou par une répétition de
plusieurs commandes identiques ou assimilables sur plusieurs périodes, notamment annuelles.
62
B. SEUILS ET MODES D’APPLICATION
Aux termes du Code des marchés publics, « Les seuils sont des limites de dépenses à
partir desquelles pèse sur tout assujetti une obligation de se conformer à une procédure
ou de respecter la prééminence d’une compétence définie par ledit code. »
Les seuils en vigueur sont fixés comme suit par l’arrêté N° 200/MEF/DGBF/DMP du 21
avril 2010 portant Fixation des seuils de passation, de validation et d’approbation dans
la procédure des marchés publics:
C. L’ALLOTISSEMENT
63
L’allotissement d’un marché public est un procédé par lequel l’acheteur public
décompose en plusieurs lots le montant global de la commande, chaque lot faisant l’objet de
la passation d’un marché distinct. Les lots peuvent être attribués et exécutés séparément.
L’allotissement permet de faciliter l’accès des entreprises, notamment les petites et moyennes
entreprises (PME) aux marchés publics en mettant les conditions techniques et financières de
qualification à leur portée. Il n’y a cependant pas d’obligation à faire un allotissement à un
appel d’offres. Ce choix répond à la fois à des exigences techniques, à la volonté d’ouvrir la
concurrence ou à des exigences de délai de réalisation.
Ce sont là les trois (3) objectifs globaux que nous tenterons d’expliquer.
Face à la complexité d’un ouvrage, d’une fourniture ou d’une prestation, il peut être
décidé de séparer les différentes natures de spécialité ou de décomposer l’ensemble des
prestations, objet de la commande en unités autonomes de façon à recevoir des prestataires
spécialisés dans les différents domaines.
L’importance des commandes dans certains cas est telle que peu de candidats sont
aptes à répondre à la commande dans sa globalité. L’allotissement apparaît alors comme une
opportunité d’accès à la commande des petites et moyennes entreprises (PME) qui en tant que
telles ne peuvent prétendre à exécuter la prestation dans sa globalité.
Toute commande publique, quel que soit son mode de sélection, impose
nécessairement un délai d’exécution. Par conséquent, le délai peut apparaître dans certains cas
comme un critère déterminant pour le choix des postulants.
On peut entendre par modes de passation les procédures ou modalités de choix mises
en application par l’acheteur public pour désigner un prestataire chargé de la couverture d’un
besoin.
64
Il existe trois modes de passation :
L’appel d’offres est dit ouvert lorsque tout candidat répondant aux conditions
posées par le Code des marchés publics et précisées dans le dossier d’appel d’offres peut
participer à la mise en concurrence et déposer une offre. Par principe, les marchés publics
sont passés par appel d’offres ouverts, appelé encore appel public à candidature. Les autres
modes de passation sont dits dérogatoires et soumis à autorisation préalable du Ministre
chargé des marchés publics.
L’appel d’offres restreint comporte également des variantes. Une procédure de consultations
peut prévoir par exemple un appel public à manifestation d’intérêts suivi d’une pré-
qualification. Ceci permet de retenir, à la fin du processus, une liste de candidats auxquels il
sera demandé de répondre à la commande. Cette procédure considérée comme une
consultation ouverte ne requiert pas d’autorisation préalable.
L’élément fondamental du gré à gré est le caractère discrétionnaire de ce choix. Pour cette
raison, ce mode de passation est fortement encadré dans un formalisme rigoureux.
Le dossier d’appel d’offres est un document réalisé sur la base des dispositions
pertinentes du Code des marchés publics. Il est rédigé par l’autorité contractante, le maître
d’ouvrage ou le maître d’œuvre et mis à la disposition des candidats pour servir de base à la
préparation de leurs offres.
Le dossier d’appel d’offres doit comporter au minimum les Données Particulières de l’Appel
d’offres (DPAO) ainsi que les pièces particulières indiquant notamment les clauses
administratives, juridiques et financières, la description détaillée des travaux, fournitures ou
prestations, leur consistance et leurs spécifications techniques.
Il s’agit :
L’avis d’appel d’offre constitue le support légal de publicité obligatoire dans le cadre d’un
appel d’offres ouvert.
Cette Section fournit aux candidats les informations utiles pour préparer leurs soumissions.
Elle comporte aussi des renseignements sur la soumission, l’ouverture des plis et l’évaluation
des offres, et sur l’attribution des marchés. Les dispositions figurant dans cette Section I ne
doivent pas être modifiées.
Cette Section énonce les dispositions propres à chaque passation de marché, qui complètent
ou modifient les informations ou conditions figurant à la Section I, Instructions aux candidats.
Section III. Critères d’évaluation et de qualification (marchés de travaux)
Cette Section contient tous les facteurs, méthodes et critères que l’Autorité contractante
utilisera pour s’assurer qu’un candidat possède les qualifications requises. Le Candidat
fournira tous les renseignements demandés dans les formulaires joints à la Section IV,
Formulaires de soumission
Section IV. Formulaires de soumission
Cette Section contient les modèles des formulaires à soumettre avec l’offre : (i) la lettre de
soumission de l’offre, (ii) les bordereaux de prix, (iii) le cautionnement provisoire et (iv)
l’autorisation du fabricant lorsque celle-ci est demandée par l’Autorité contractante.
67
Section V. Pays éligibles
Cette Section contient les principes régissant l’éligibilité des pays pouvant
participer aux appels d’offres lancés par la Côte d’Ivoire.
Dans cette Section figurent la liste des Fournitures et le cas échéant, des
Services connexes, le calendrier de livraison et d’achèvement, les Cahiers des
Clauses techniques générales et particulières, les plans décrivant les
Fournitures et Services connexes devant être fournis, les Plans et les Inspection
et Essais relatifs à ces fournitures.
Cette Section qui présente les conditions administratives dans lesquelles le marché
sera exécuté et géré, contient les dispositions générales applicables à tous les marchés.
La formulation des clauses de la présente Section ne doit pas être modifiée. Il
s’agit des obligations contractuelles des différents acteurs intervenant dans l’exécution
du marché.
Cette Section énonce les clauses propres à chaque marché et modifie ou complète la Section
V, Cahier des Clauses Administratives Générales. Le CCAP prévaut sur le CCAG en cas de
contradiction.
68
Seul l’attributaire du marché sera concerné par l’utilisation effective des
formulaires constitués de:
Modèles de lettres de marchés;
Modèle d’acte d’engagement;
Modèles de Garantie bancaire de bonne exécution;
Modèle de garantie bancaire de restitution de l’avance.
Modifications non requises; des changements pourraient engendrer des
incohérences avec les autres sections/dispositions du marché.
1- Conditions d’accès
Les marchés publics ne peuvent être passés qu’aux candidats (personnes physiques ou
morales) qui ont les capacités juridiques, techniques et financières exigibles selon les types de
marchés et l’objet de la commande. Sont donc exclues les catégories de personnes ci-après :
2- La cotraitance
69
Le terme cotraitance ou groupement d’entreprises désigne la situation dans laquelle
l’administration est liée par un marché avec plusieurs prestataires dits cotraitants. Cela
implique qu’au stade de l’appel d’offres, les entreprises se sont mises ensemble pour présenter
une offre.
Le groupement ici formé est dit solidaire lorsque chaque membre est engagé pour la totalité
du marché.
Il est conjoint lorsque chaque membre fait une offre distincte pour un lot ou une tranche de
marché. La responsabilité des entreprises dans ce cas est conjointe et exclut la solidarité.
Dans tous les cas, le groupement désigne un mandataire qui est l’interlocuteur de
l’Administration. Le mandataire pourra donc signer le marché pour tous et accomplir les actes
juridiques y afférents pour le compte de tous. Dans le cas du groupement conjoint, toutefois,
le mandataire n’est solidaire de tous que si le marché le prévoit.
3- La sous-traitance
La sous-traitance est l’opération par laquelle le titulaire d’un marché confie sous sa
responsabilité et avec l’autorité contractante ou du maître d’ouvrage, l’exécution de certains
des éléments du marché à un tiers. La sous-traitance, lorsque cela est possible, doit être
prévue au moment du lancement d’appel d’offres dans le dossier d’appel à la concurrence. Le
code interdit la sous-traitance pour la totalité du marché et limite à 60% la part du marché
susceptible d’être sous-traitée.
Le fait pour l’autorité contractante de donner son agrément pour le choix d’un sous-traitant ne
décharge pas pour autant le titulaire principal du marché de sa responsabilité de réaliser toutes
les opérations auxquelles il s’est engagé dans le contrat. Le titulaire est avant tout
personnellement responsable de l’exécution de tous les termes de la convention.
- un chèque de banque (chèque tiré par une banque sur elle-même et émis au profit de
l’autorité contractante),
- un chèque de voyage en monnaies convertibles en franc CFA,
70
- une consignation d’espèce au Trésor public accompagnée d’une lettre par laquelle le
consignataire reconnaît à l’autorité contractante le droit de retirer la consignation à
son profit en cas de manquement du candidat,
- une caution solidaire délivrée par une banque ou une institution financière agréée par
le Ministre chargé des Finances.
Il importe de noter qu’il ne peut être fait dispense de l’obligation de cautionnement provisoire
que par arrêté du Ministre chargé des marchés publics si cette dispense est permanente. Le
Directeur des marchés publics est compétent pour donner cette dispense si elle est ponctuelle
par décision.
Dans des cas particuliers, il peut être exigé des garanties spécifiques en rapport avec l’objet de
la commande et les conditions de son exécution.
Toute mise en concurrence dans le cadre d’un appel d’offres ouvert doit être
obligatoirement précédée d’un appel public à la concurrence. A cet effet, l’avis d’appel
d’offres doit être inséré dans le bulletin officiel des marchés publics de la République de Côte
d’Ivoire. La publicité peut prendre ensuite d’autres formes au choix de l’acheteur ou selon la
portée de l’opération, objet de l’appel d’offres (national ou international). Dans ce cas, l’avis
d’appel d’offres peut être publié dans un quotidien national à grand tirage, dans un journal ou
une revue internationale, par affichage, annonce radio ou par Internet, etc. Le délai de
publication est fixé par le code à 30 jours minimum pour un appel d’offres ouvert
national et à 45 jours minimum pour un appel d’offres international. Lorsqu’une autorité
contractante souhaite appliquer un délai plus court, l’autorisation préalable du Ministre chargé
des marchés publics est requise sous peine d’irrégularité de l’appel d’offres.
Les opérations de dépouillement des propositions faites par les candidats sont confiées
à une commission, en principe, pluridisciplinaire dont nous verrons la composition plus bas.
Cette commission est de formation collégiale pour des raisons administratives et techniques.
La composition de la commission varie selon le statut de l’autorité contractante. Ainsi, de
façon générale, quatre (4) types de commissions sont appliqués dans les procédures des
marchés publics en Côte d’Ivoire :
71
- les commissions ministérielles
- les commissions locales
- les commissions d’entreprises publiques
- les commissions mixtes
Les membres de la commission ayant voix délibérative sont les représentants des
structures réglementairement énumérées par le Code des marchés publics. De manière
générale, il s’agit :
Selon les opérations, le besoin de faire appel à des tiers peut s’avérer indispensable
pour éclairer les membres de la commission sur des sujets particulièrement pointus. Ainsi,
peuvent assister aux séances de la commission, avec voix délibérative, toute personnalité,
expert ou sachant, désigné par le président de la commission pour ses compétences
techniques, juridiques ou financières (article 38 du Code des Marchés publics).
Elle commence par la planification des opérations par l’autorité contractante. Elle
prend en compte l’élaboration du projet de dossier d’appel d’offres précédé par la réalisation
des études nécessaires en vue de préparer les cahiers de charge. Elle s’achève avec la
validation du projet de dossier d’appel d’offres par la Direction des Marchés Publics.
73
3- L’ouverture des plis
A cette séance, sont autorisés les soumissionnaires ayant déposé un pli. Le président de la
commission procède au dépouillement des offres, à la vérification des pièces administratives
(attestation de régularité fiscale, attestation de mise à jour de la CNPS) ainsi que le
cautionnement provisoire.
L’absence ou la non validité de l’une de ces pièces sera constatée à la séance d’ouverture des
plis et la commission décidera du sort des soumissionnaires concernés au stade de l’évaluation
des offres. Lorsque le dossier d’appel d’offres le prévoit, les opérations d’ouverture des plis
s’arrêteront à cette étape. C’est le cas des appels d’offres dits « en deux temps ». Cette
procédure est uniquement adoptée de façon réglementaire pour les appels d’offres de
prestation intellectuelle. Pour tous les autres appels d’offres, la commission est tenue de
procéder à l’ouverture des plis techniques et des plis financiers successivement et à la lecture
à haute voix de la proposition financière de chaque candidat et, pour chacun des lots.
En ce qui concerne les prestations intellectuelles, l’ouverture des plis financiers n’est opérée
qu’après évaluation des plis techniques. Seuls les soumissionnaires dont la proposition
technique est jugée recevable et acceptable auront leurs plis financiers ouverts.
La séance de la commission est sanctionnée par un procès-verbal qui doit être signé, séance
tenante, par les membres à voix délibérative présents.
a- Conformité administrative
74
soumissionnaires ainsi que le cautionnement provisoire. Ces vérifications pouvant conduire
au rejet de l’offre doivent se faire de façon formelle et écrite.
c- Analyse financière
L’opération d’analyse des offres se termine par le classement des offres techniquement
conformes ou qualifiées selon les seuls critères définis au règlement particulier d’appel
d’offres. Généralement, le classement se fait du moins disant au plus disant. Mais dans
certains cas, lorsque l’évaluation se fait par pondération, le classement peut procéder d’une
combinaison entre score technique et score financier.
Le jugement doit être entendu comme l’examen du projet de rapport d’analyses réalisé
par le rapporteur et soumis à la commission. Il est sanctionné par la décision d’attribution ou
de non attribution des marchés pour chaque lot. Le rapport d’analyses définitif est celui qui
75
prend en compte les observations des membres de la commission sur les résultats des
évaluations et vérification. La décision d’attribution prend en compte différents critères qui
sont présentés ci-après :
C’est l’offre qui, en plus d’être la moins coûteuse pour l’acheteur, répond à toutes les
spécifications techniques ainsi qu’au critère de classement retenu dans le règlement particulier
d’appel d’offres. Lorsque le règlement particulier d’appel d’offres le prévoit, l’évaluation et le
classement peuvent tenir compte, en sus du prix des prestations, travaux et fournitures, entre
autres, du coût d’utilisation, du coût et de la qualité du service après-vente, du coût de
l’assistance technique (exemple : cas des véhicules ou des équipements de bureautique).
Dans un appel d’offres à plusieurs lots, la possibilité d’attribuer plus d’un lot à un
soumissionnaire doit découler d’une analyse de ce dernier à exécuter simultanément
l’ensemble des lots qui lui seront attribués. Ces critères doivent être précisés dans le
règlement particulier d’appel d’offres. Il s’agit notamment des moyens humains, matériels et
financiers cumulés pour exécuter ces lots sans cumul de délais. Parmi les soumissionnaires
qui répondent à ces critères, le choix tiendra compte de la combinaison qui permet à
l’acheteur de dégager des économies budgétaires.
c- Offre variante
Une variante est une solution technique qui diffère de la solution de base,
généralement dans le sens de l’amélioration de celle-ci. Lorsque l’appel d’offres le prévoit, le
cahier de charges doit définir les caractéristiques de la variante. Dans ce cas, le règlement
particulier d’appel d’offres précise que le mode de comparaison des offres concernant la
solution de base et la variante. Dans le cas contraire, la commission d’ouverture ne peut tenir
compte d’une proposition d’offre variante pour le choix de l’attributaire.
La commission peut constater que parmi les offres reçues, aucune n’est jugée
recevable ou ne répond aux critères de qualification précisés dans le règlement particulier
d’appel d’offres. Dans ce cas, l’appel d’offres ou le lot concerné est jugé infructueux.
1- L’autorisation préalable
L’acheteur public qui souhaite utiliser cette procédure doit en faire la demande
motivée. L’autorisation ne sera donnée par le Ministre qu’après acceptation du recours à la
procédure et validation de la liste des candidats proposés. L’instruction de la requête est de la
compétence de la commission consultative des marchés publics (CCMP) qui donne un avis au
Ministre.
- Télécopie (fax)
- Remise contre émargement
- Accusé de réception
Tous les candidats doivent disposer du même délai de préparation des offres fixés dans la
lettre d’invitation à soumissionner. Le délai minimum requis est de 15 jours.
77
3- Vérification à l’ouverture des offres
Aux termes des dispositions de l’article 96.2 du Code des Marchés publics, trois(03)
cas d’ouverture sont autorisés pour le recours à la procédure de gré à gré :
2- Autorisation préalable
La demande de gré à gré rédigée par l’autorité contractante ou le maître d’œuvre doit
répondre aux conditions cumulatives d’opportunité de l’ouverture et du juste prix.
a- L’opportunité
La demande d’autorisation doit être motivée avec preuve à l’appui par au moins un des
huit cas précisés ci-dessus.
b- Le juste prix
78
3- Instruction et autorisation de la demande de gré à gré
Un marché de gré à gré, pour être régulier, doit être autorisé par le Ministre en charge
des Marchés publics après avis consultatif de la Commission consultative des marchés
publics.
A. LA SIGNATURE
Après attribution d’un marché, quel que soit son mode de passation, il est soumis aux
formalités substantielles de signature des parties. Le titulaire est le premier signataire après
lecture et approbation de toutes les clauses du projet de marché. Le second signataire est
l’autorité contractante ou le maître d’ouvrage.
Une fois apposées les signatures des parties au contrat, une autre formalité consiste à
l’approuver.
B. L’APPROBATION DU MARCHE
L’approbation est une spécificité des contrats de marchés publics. C’est cette formalité
qui donne au marché sa validité. Par conséquent, n’est exécutoire qu’un marché régulièrement
approuvé par l’autorité compétente. Les obligations qui en découlent seront dès lors
opposables au titulaire et aux tiers dès la notification de l’ordre de service de démarrer les
travaux, d’exécuter les prestations ou de livrer les fournitures, objet du marché.
2- L’autorité approbatrice
Le pouvoir d’approuver les marchés a été démocratisé à travers le nouveau Code des
Marchés publics en son article 77. Ainsi, du pouvoir exclusif détenu autrefois par le Ministre
en charge des Marchés publics, l’on note une diversité d’autorités investies de ce pouvoir.
79
section 5. L’EXECUTION DES MARCHES PUBLICS
Cette exécution s’apprécie tant au niveau technique qu’au niveau financier et elle permet de
déployer les rôles de l’ensemble des acteurs.
Le marché est passé intuitu personae avec le titulaire. Il a donc l’obligation d’exécuter
personnellement l’engagement résultant de sa soumission et du marché signé. En
conséquence, il ne peut y avoir de cession du marché à un tiers tant que la personnalité morale
du titulaire reste la même. Selon une décision du Conseil d’Etat français en date du 8 Juin
2000, les cas de cession qui sont admis sont ceux résultant de la dissolution de la personne
morale titulaire du marché et qui donne naissance à une nouvelle personne avec transmission
du patrimoine.
80
Le maître d’œuvre est compétent pour veiller au respect des spécifications techniques.
3- La résiliation unilatérale
Le titulaire est assuré de percevoir une rémunération pour la prestation effectuée. Les
travaux, fournitures ou prestations faisant l’objet du marché sont réglés soit par des prix
unitaires appliqués aux quantités réellement exécutées dans les conditions du marché, soit par
des forfaits, soit en rémunération d’une dépense contrôlée. En cas de sous-traitance, il peut
être payé au sous-traitant directement le montant équivalant à la part du marché exécutée par
ses soins à condition que cette valeur soit égale ou supérieure à 10%.
81
Il s’agit d’incidents non prévus dans le marché initial qui emportent modifications de
certaines clauses substantielles du marché empêchant son exécution en l’état.
1- L’ajournement
L’ajournement est une décision notifiée par ordre de service au titulaire pour ordonner
la suspension de l’exécution du marché. Une telle décision a pour effet de suspendre le délai
d’exécution qui est reporté à la fin de l’ajournement. Le titulaire a droit dans ce cas à une
indemnité payée sur justificatifs des préjudices subis du fait de cet ajournement.
2- Retard et sanction
En cas de retard dans le paiement du prix dû au titulaire, l’Administration est tenu de payer
les intérêts moratoires au titulaire et exigibles sur les sommes dues à titre de paiement des
prestations réalisées. Les intérêts moratoires sont calculés au taux maximum d’escompte de la
BCEAO majoré d’un point. Les intérêts moratoires courent du jour suivant l’expiration du
délai de paiement fixé au marché. Ce délai minimum de paiement est fixé à 90 jours.
Le marché est passé en principe à prix fermes mais parfois à prix révisables. Un prix
est réputé ferme lorsqu’il ne peut être modifié avant le terme du marché. Mais il peut être
actualisable selon les circonstances. Le marché est conclu à prix révisable lorsque cela est
prévu dans les clauses de paiement. Dans ce cas, l’on appliquera une formule représentative
de l’évolution du coût des prestations. Le prix ne peut être révisable que pour les marchés
dont la durée d’exécution contractuelle dépasse un an.
4- L’avenant
82
Toute modification des clauses contractuelles d’un marché approuvé fait l’objet d’un
avenant entre les parties contractantes. Un avenant ne peut en aucun cas modifier l’objet du
marché, ni entraîner une variation cumulée du niveau des prestations et de leurs montants au-
delà de 30% du montant global du marché. L’avenant est soumis à autorisation préalable du
Ministre en charge des Marché publics après avis de la Commission consultative des Marchés
publics. Il est signé et approuvé dans les mêmes conditions que le marché de base.
1- Le principe
Tout marché public peut faire l’objet de résiliation. Les dispositions y afférentes sont
toujours prévues au cahier des clauses administratives particulières. Elle est prononcée par la
Commission consultative des Marché public et homologuée par arrêté du Ministre en charge
des Marchés publics. Les motifs de résiliation sont divers. Il peut s’agir d’un cas de force
majeure, un cas d’inexécution par l’une des parties de ses obligations contractuelles. Dans ce
dernier cas, elle se présente comme une sanction résolutoire définitive lorsque les conditions
d’exécution ont été jugées peu satisfaisantes et préjudiciables aux intérêts de l’Administration.
Enfin, il est admis la résiliation pour motif d’intérêt général au titre des prérogatives de
puissance publique reconnues à l’Administration.
2- L’initiative de la résiliation
L’une des parties au contrat peut prendre cette initiative visant à rompre le lien
contractuel :
La résiliation pour faute est une sanction prise à l’encontre du titulaire pour
manquements graves à ses obligations contractuelles (inexécution, mauvaise exécution, refus
d’exécuter les ordres de service, non-respect des délais, etc.). Lorsque l’un de ces motifs est
avéré, la résiliation est prononcée après une mise en demeure notifiée par ordre de service au
titulaire de se conformer aux obligations dans un délai déterminé. En pratique, la Commission
83
consultative des Marchés publics ne doit être saisie qu’après deux mises en demeure
infructueuses.
La résiliation pour faute a pour effet l’interdiction du titulaire de participer aux marchés
publics pour une durée de deux ans en tant que candidat, attributaire ou titulaire sauf
autorisation expresse du Ministre en charge des Marchés publics.
Le titulaire d’un marché public a droit au paiement du prix convenu après l’exécution
des prestations auxquelles il est tenu au titre de ses obligations contractuelles (principe
comptable du paiement après service fait). Il a également droit à des paiements avant la fin
des travaux. Toutefois, il peut être prévu des paiements avant même le commencement
d’exécution du marché. Il faut bien noter cependant qu’aucun paiement ne peut être effectué
avant la constitution du cautionnement définitif. Les modalités de règlement d’un marché sont
toujours prévues au cahier des clauses administratives particulières.
1- L’avance
L’avance est une facilité offerte au titulaire du marché en vue de créer les conditions
d’une bonne exécution du marché. Il peut être payé au titulaire une avance forfaitaire et, le cas
échéant, une avance facultative dans des conditions précises prévues au cahier des clauses
administratives particulières :
84
L’avance forfaitaire peut être accordée pour tous les marchés d’un montant égal ou supérieur
à 100millions de FCFA. Ce montant ne peut dépasser 15% du montant du marché initial.
L’avance facultative quant à elle, peut être accordée au titulaire en raison d’opérations
préparatoires à l’exécution du marché nécessitant l’engagement de dépenses préalables
importantes. Elle ne peut excéder 10% de la valeur du marché.
2- Le décompte
C’est un document établi par le titulaire du marché pour déterminer avec précision le
montant des sommes qui lui sont dues au titre de la part du marché déjà exécutée. Ce
document est validé contradictoirement avec le maître d’œuvre.
3- L’acompte
A. Missions de contrôle
85
- assurer en relation avec l’organe de régulation, la formation, l’information et le
conseil de l’ensemble des acteurs de la commande publique sur la
réglementation et les procédures applicables ;
[Link] de contrôle
Sans préjudice des dispositions législatives et réglementaires relatives au contrôle des
dépenses respectivement applicables aux autorités contractantes, le contrôle des marchés
publics est assuré par :
Elle assure le contrôle des procédures de passation de marchés. A ce titre, elle émet un avis
sur :
En plus des contrôles ci-dessus, cette Structure effectue des contrôles a posteriori sur la mise
en œuvre des procédures de passation.
86
Paragraphe 2 : REGULATION DU SYSTEME DES MARCHES PUBLICS
A. Missions de régulation
La régulation du système des marchés publics comporte principalement les missions ci-
après :
- formuler des avis au ministre chargé des marchés publics pour la définition et
l’amélioration des politiques en la matière ;
- assurer le suivi de la mise en œuvre des résultats des audits, des décisions sur les
plaintes des soumissionnaires et des actions de réforme des marchés publics ;
B. Autorité de régulation
L’exercice des pouvoirs de régulation du système des marchés publics est dévolu à une
autorité administrative indépendante dénommée, Autorité de régulation.
87
1. Principes des recours préalables
Ce recours doit être exercé dans les dix (10) jours ouvrables de la publication ou de la
notification de la décision ou du fait contesté.
Les décisions rendues au titre du recours visé à l’article précédent peuvent faire l’objet d’un
recours effectif devant l’Autorité de régulation dans un délai de cinq (05) jours ouvrables à
compter de la publication ou de la notification de la décision faisant grief.
L’Autorité de régulation rend sa décision dans les dix (10) jours ouvrables à compter
de la déclaration de recevabilité de la requête, faute de quoi l’effet suspensif est levé.
88
Les décisions de l’Autorité de régulation ne peuvent avoir pour effet que de corriger la
violation alléguée ou d’empêcher que d’autres dommages soient causés aux intérêts
concernés
Elle est saisie, soit par l’autorité contractante, soit par les structures ou organes administratifs
compétents pour le marché considéré, au moyen d’une réclamation écrite adressée au
président de la commission.
Le délai de saisine de cette structure est de cinq (5) jours ouvrables à compter de la
notification de la décision contestée à l’autorité contractante et/ou aux structures ou organes
administratifs compétents pour le marché considéré.
L’avis de règlement de la CAC est donné dans un délai de sept (07) jours ouvrables à
compter de la déclaration de recevabilité de la requête.
Cet avis doit faire l'objet d’une décision d’homologation du ministre chargé des marchés
publics ou son délégué dans un délai de sept (07) jours ouvrables.
L’absence de réponse du ministre dans le délai requis, vaut homologation de cet avis.
La décision du ministre chargé des marchés publics est susceptible de recours juridictionnel.
B. RECOURS JURIDICTIONNELS
89
1. Recours devant les juridictions arbitrales
Ces litiges relatifs aux marchés publics peuvent également être soumis à un tribunal
arbitral dans les conditions prévues par l'Acte Uniforme de l'OHADA relatif à l'arbitrage.
- des auteurs de fractionnement des dépenses tel que défini à l’article 6 du code ;
- des fonctionnaires ayant des intérêts de nature à compromettre leur indépendance
vis-à-vis d'une entreprise soumise au contrôle de leur administration ou en relation
contractuelle avec celle-ci, qui ne se sont désistés au moment d’examiner les dossiers
qui leur sont confiés ;
- des agents publics ou privés au sens de l'article premier du code qui, en l’absence
de toute dérogation, passent des marchés avec des entrepreneurs, fournisseurs ou
prestataires de services exclus conformément aux dispositions ci-dessus ;
- des agents qui interviennent dans l’exécution de marchés non approuvés par
l’autorité compétente ;
- des agents qui établissent une fausse certification de la qualité/quantité des biens et
services fournis par le cocontractant, au détriment de l’intérêt de l’Administration;
- des agents qui autorisent, ordonnent ou qui contribuent à quelque titre que ce soit à
tout paiement qui ne correspond pas aux biens ou services effectivement fournis, ou
alors dont les prestations y relatives ne sont pas achevées et n’ont pas fait l’objet
d’une réception régulière.
90
B. Irrégularités, actes de corruption et pratiques frauduleuses
En complément des sanctions prévues à l’article 183 du code, les fonctionnaires, agents
publics ou privés visés à l’article 2, auteurs d’irrégularités, de pratiques frauduleuses ou
d’actes de corruption commis dans le cadre de la procédure des marchés publics, sont
passibles de sanctions pécuniaires, disciplinaires et pénales prévues par les textes en
vigueur.
- l’agent qui prend, soit en pleine connaissance de cause, soit par une négligence
inadmissible une décision manifestement irrégulière ;
- l’agent qui sollicite ou reçoit une rémunération en espèces ou en nature pour
accomplir un acte dans le cadre de ses fonctions, ou bien pour ne pas agir alors qu’il
lui est fait obligation d’agir ;
- l’agent qui manipule l’offre d’un candidat en vue de la rendre conforme ou non
conforme aux critères définis dans le dossier de mise en concurrence ;
- le comptable assignataire qui a effectué des paiements irréguliers.
A. Inexactitudes délibérées
Les inexactitudes délibérées dans les attestations ou justifications contenues dans une offre
entraînent l’élimination du soumissionnaire de la concurrence en cours et son exclusion
temporaire ou définitive de toute participation aux marchés publics, de même que
l’annulation de la décision d’attribution si celle-ci avait été déjà prise.
Lorsque de telles inexactitudes contenues dans une offre sont constatées après notification du
marché, l’autorité contractante signataire peut, sans mise en demeure préalable et aux torts,
frais et risques du titulaire, demander soit en complément de la sanction:
- la résiliation du marché ;
B. Pratiques frauduleuses
91
Sans préjudice des sanctions pénales prévues par les lois et règlements en vigueur,
l’entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de services ayant :
- fait une présentation erronée des faits afin d’influer sur la passation ou l’exécution
d’un marché ;
- procédé à des pratiques de collusion entre soumissionnaires afin d’établir les prix
des offres à des niveaux artificiels et non concurrentiels et de priver l’autorité
contractante des avantages d’une concurrence libre et ouverte ;
- fait recours à la surfacturation et/ou à la fausse facturation ;
- sous-traité au-delà du plafond fixé à l’article 53.3 ci-dessus, encourt les sanctions
suivantes qui, selon le cas, peuvent être cumulatives :
- établissement d’une régie, suivie, s’il y a lieu, de la résiliation du marché aux frais
et risques du titulaire ;
- exclusion des marchés publics, soit définitivement, soit pour une durée
déterminée, en fonction de la gravité de la faute commise par l’entrepreneur, le
fournisseur ou le prestataire de services coupable y compris, en cas de collusion
prouvée, toute entreprise qui possède la majorité du capital de l’entreprise
concernée, ou dont l’entreprise accusée possède la majorité du capital.
C. Actes de corruption
Sans préjudice des sanctions pénales encourues, toute tentative faite par un soumissionnaire
pour influer sur l’évaluation des offres ou sur les décisions d’attribution, y compris en
proposant des présents, ou tout autre avantage, entraîne :
- l’exclusion des marchés publics, soit indéfiniment, soit pour une durée déterminée
en fonction de la gravité de la faute commise par l’entreprise coupable, y compris,
en cas de collusion prouvée, toute entreprise qui possède la majorité du capital de
l’entreprise concernée, ou dont l’entreprise accusée possède la majorité du capital.
92
Un arrêté pris par le ministre chargé des marchés publics, définit les modalités d’application
des sanctions visées dans les dispositions présentes.
93
Chapitre 2 : les contrats de concession
La refonte est très récente, a été publiée une ordonnance du 30 janvier 2016 relative aux
contrats de concession qui a été immédiatement suivie de l’adoption de son décret
d’application, 2 février 2016.
Ces textes entendent procéder à une simplification et une rationalisation de l’architecture du
droit des concessions.
En effet l’ordonnance met fin à la dualité traditionnelle qui existait entre les concessions de
travaux et les délégations de SP.
Les concessions de travaux été soumises à une ordonnance de 2009, les DSP étaient régies par
la loi Sapin de 1993.
1) La concession de travaux
La définition a été donnée par l’ordonnance du 15 juillet 2009, été considérée comme
concession de travaux publics « les contrats dont l’objet est de faire réaliser tout travaux de
bâtiment ou de génie civil par un concessionnaire dont la rémunération consiste soit dans le
droit d’exploiter l’ouvrage soit dans ce droit assorti d’un prix ».
Les concessions de travaux se sont développées notamment au 19eme pour les chemins de fer.
La situation s’était compliquée, car s’est développée la notion de SP au 19eme, 20eme. S’est
développée un type de concession : les concessions mixtes, à la fois de travaux et de SP. Les
travaux conduisent à la réalisation d’un ouvrage qui sera ensuite la condition d’exécution du
SP. On a considéré que ces concessions relevaient des DSP.
La concession de travaux entendue par l’ordonnance de 2009 est une concession de travaux
pure. Elles n’ont pas pour objet par la suite l’exploitation d’un SP, sinon ce sont des DSP.
Les concessions de travaux pures sont devenues plus rares, souvent on exploite l’ouvrage par
la suite, tout est SP.
Il existe parfois la possibilité de confier la construction à un opérateur puis l’exploitation à un
autre, on dissocie les contrats.
Il peut y avoir des concessions dont on estime que l’objet principal est de faire les travaux, la
94
mission de service est accessoire.
A) L’objet de la concession
Deux objets distincts peuvent être pris en compte :
– la concession de travaux : a pour objet la conception et l’exécution de travaux dont al
liste est fixée au JO soit la réalisation ou la conception réalisation par quelque moyen
que ce soit d’un ouvrage répondant aux exigences fixées par l’autorité concédante
– la concession de service : a pour objet la gestion d’un service, ils peuvent consister à
déléguer la gestion d’un SP le concessionnaire peut être chargé de construire un
ouvrage ou d’acquérir des biens nécessaires au service
C) Le critère de la rémunération
La notion de risque n’était pas présente dans les textes.
La jurisprudence avait rattrapé cet oubli : CE 2008 département de la Vendée, il faut que la
rémunération soit liée à l’exploitation du service et qu’on constate un transfert de risque.
Désormais le texte de 2016 souligne expressément la nécessité d’un véritable transfert de
risque. Cela implique une réelle exposition aux aléas du marché.
Le concessionnaire, n’est pas assuré d’amortir les investissements ou les coûts qu’il a
supporté liés à l’exploitation de l’ouvrage ou du service.
99
Chapitre 3 : les marchés de partenariat
Ils découlent en partie des contrats de partenariat qui étaient issus d’une ordonnance du 17
juin 2004.
Il avait été décidé de créer un tiers contrat distinct des MP, et des DSP de l’autre.
Cette typologie ne correspondait pas à la dimension binaire des contrats en droit de l’UE.
L’ordonnance du 23 juillet 2015 tranche la question en classant le contrat de partenariat, qui
devient marché de partenariat dans la catégorie des MP sous un titre spécifique qui marque
bien le caractère toujours dérogatoire de ce type de marché.
Art 67 de l’ordonnance donne la définition du marché de partenariat, c’est un MP qui permet
de confier a un opérateur économique une mission globale. On énumère ensuite ces missions.
Le marché de partenariat permet d’associer des Pp au financement d’investissements lourds
dans le cadre des partenariats publics privés.
Face à ces contraintes les collectivités avaient commencé à recourir à des contrats complexes,
cherchaient des voies dérivées.
100
Constatant cette évolution le législateur est intervenu.
Des lois dérogatoires avaient instauré des contrats particuliers notamment pour la construction
d’hôpitaux.
Ces dernières années le contrat de partenariat avait fait l’objet de critiques très importantes. Il
y avait eu un rapport sénatorial sur la pratique des contrats de partenariat « les contrats de
partenariats une bombe à retardement ».
La jurisprudence en ce qui concerne l’appréciation des conditions de recours aux contrats de
partenariat s’était révélée incapable de déterminer avec précision les critères d’appréciation de
ces conditions. Le JA n’arrivait pas a avoir une jurisprudence claire.
Il était donc temps de rénover le contrat de partenariat, chose faite avec l’ordonnance du 23
juillet 2015. Finalement les conditions de recours à un tel contrat n’étaient pas directement
utilisables.
B) Un recours encadré
101
– l’urgence qui s’attache à rattraper un retard préjudiciable
– tenir compte des caractéristiques techniques, fonctionnelles ou économiques d’un
équipement ou d’un service
À coté de ces deux motifs, le CC dans une décision de 2008 a ouvert une 3eme possibilité de
recours : utiliser le contrat de partenariat lorsque ce dernier présente un avantage certain par
rapport aux autres contrats de la commande publique.
→ c’était la situation de 2015, les collectivités ont été séduites par ce type de contrat,
notamment pour ne pas avoir à débourser le montant du projet au début de la construction. La
Cour des Comptes avait alerté sur l’utilisation des contrats de partenariat par les collectivités
locales (pas assez de réflexion sur l’utilisation de l’outil).
2) La définition matérielle
C’est un contrat global. Il y a des missions globales, on retrouve toujours la dérogation au
principe de l’allotissement des MP.
Cependant le périmètre des missions confiées au cocontractant évolue.
Dans le cadre du contrat de partenariat, le contrat devait comprendre 3 types de prestations :
– le financement
– la construction ou transformation de l’ouvrage ou équipement
– l’entretien, la maintenance, l’exploitation ou la gestion
103
de partenariat. Ce peut être les missions de conception, l’entretien, la maintenance, la gestion
du SP attaché aux ouvrages ou biens (le marché de partenariat ressemblera alors à une
concession de SP).
Est ajoutée une seconde condition : une condition de seuil financier art 75§2, en dessous de ce
seuil il n’est pas possible de recourir aux marchés de partenariat.
Ce seuil sera fixé par voie réglementaire. C’est notamment pour réserver ce type de contrat
aux grosses dépenses.
104
partenariat quelque soit leur montant. Tout marché de partenariat fera l’objet d’une évaluation
préalable avant la passation.
Sur ce point l’ordonnance n’innove pas, cette évaluation préalable était déjà nécessaire
auparavant. C’est sur la base de cette évaluation préalable que sera recherchée si la condition
au recours de marché de partenariat est remplie.
On vérifie quelles sont les caractéristiques du projet en cause, les différents modes de
réalisation du projet, quelles sont les analyses de coûts.
Cette évaluation préalable recours pour excès de pouvoirose finalement sur une recherche du
rapport coût / performance de chacun des contrats de la commande publique.
L’évaluation sera relativement libre dans son contenu, mais elle pourra être soumise au
contrôle du juge qui appréciera l’évaluation du bilan avantageux de cette condition de recours
au marché de partenariat.
Une fois ces deux études réalisées, elles sont soumises pour avis à un organisme spécialisé.
L’évaluation préalable est transmise à un organisme qui sera la continuité de la mission
d’appuie du projet de partenariat.
En ce qui concerne l’étude de soutenabilité budgétaire ce sera l’administration du budget qui
prendre compte cette vérification.
Il y a désormais un contrôle pour l’État et les collectivités locales pour anticiper certaines
problématiques.
Il est supposé qu’il y a deux types de modalités de passation qui s’adaptent bien à ces
marchés :
– la procédure concurrentielle avec négociation
105
– la procédure de dialogue compétitif
Quelque soit la procédure utilisée ce sera l’offre économiquement la plus avantageuse qui
devra être retenue.
106
PARTIE III : LE CONTENTIEUX CONTRACTUEL
Il y a eu sur ce point des évolutions très importantes sous l’impulsion du JA.
2) Un contrôle préventif
C’est un référé qui est censé permettre de corriger le risque de certaines violations dans la
passation. L’art 551-1 : le juge est saisi avant la conclusion du contrat.
Cela signifie que si le contrat est signé avant la saisine du juge la demande est irrecevable.
107
Si le contrat est signé après la saisine du juge, le juge est obligé de prononcer un non lieu a
statuer.
Ainsi certains essaient d’accélérer la phase de signature. Ainsi ont été imposés des délais de
standstill.
Il y a deux précautions qui renvoient à cette idée de standstill :
– Entre le moment où il y a eu choix d’une offre et donc rejet et notification du rejet au
candidat évincé et le moment de signature du contrat on doit respecter un délai d’au
moins 10 jours.
– À partir du moment où le TA a été saisi d’une procédure de référé précontractuel et
jusqu’à la notification de la décision juridictionnelle le contrat ne peut pas être signé
en principe.
1) Célérité de la procédure
Le président du tribunal statue seul en premier et dernier ressort avec possibilité de cassation
devant le CE. Le juge des référés doit statuer une fois qu’il est saisi dans les 20 jours.
1) Le champ d’application
C’est le même champ d’application que pour le référé précontractuel : les contrats qui sont
intéressés sont les mêmes. Ce référé intéresse des contrats signés.
109
Sachant que cette fois la décision Smirgeomes n’est pas applicable. La lecture de l’intérêt lésé
est moins stricte que dans le référé précontractuel.
Cette souplesse est compensé par une condition limitative supplémentaire : la personne n’est
recevable à présenter un référé contrcutel que si elle n’a pas pu présenter utilement un référé
précontractuel.
Ainsi elle se trouve dans deux situations :
1. Hypothèse 1, elle n’a pas pu former un référé précontractuel car elle n’a pas été
informée de la décision d’attribution du marché et donc sur le rejet de son offre. Elle
n’a pas pu parce que le délai de standstyle n’a pas été respecté par le pouvoir
adjudicateur
2. Hypothèse 2, la personne a formé un référé précontractuel mais le pouvoir
adjudicateur a tout de même signé le contrat.
1) Célérité de la procédure
La juridiction doit être saisie au plus tard le 31eme jour suivant la publication d’un avis
d’attribution et s’il n’y a pas avis d’attribution dans un délai de 6 mois à compter de la
conclusion du contrat.
Le juge statue en 1er et dernier ressort.
110
inconvénients l’emporteraient sur les avantages.
– Mesures définitives : annuler le contrat en cas de manquements graves qui se définit
par deux conditions encore ici cumulatives.
Manquement grave : le demandeur a été privé de la possibilité d’exercer un référé
précontractuel il a affecté les chances de l’auteur du recours d’obtenir le contrat. Si ces
conditions sont réunies il doit annuler. Si elles ne le sont pas il le choix : il peut l’annuler, le
résilier, proposer une pénalité financière.
1) Le champ d’application
Les contrats concernés sont tous les contrats administratifs. Le champ d’application de ce
recours est donc très large.
En ce qui concerne les requérants, dans le cadre de Tropic le recours est ouvert aux
concurrents évincés de la conclusion du contrat, c’étaient les contractants potentiels.
Le CE dans un avis de 2012 société Gouelle, a précisé ce qu’il fallait entendre par concurrent
évincé : tout requérant qui auraient eu intérêt à conclure le contrat alors même qu’il n’aurait
pas présenté sa candidature, qu’il n’aurait pas été admis à présenter une offre ou qui aurait
présenté une offre inappropriée irrégulière ou inacceptable.
L’appréciation du concurrent évincé est large dans cet avis de 2012.
Ne pouvait être concernées par le recours Tropic que les personnes qui pouvaient être
intéressées par la passation du marché, les autres tiers restaient exclus de la passation de ce
recours.
C’est ici que Tarne et Garonne a ouvert la possibilité de recours Tropic : il est désormais
ouvert à tous les tiers susceptibles d’être lésés dans leur intérêt de manière suffisamment
directe et certaine, par la passation du contrat.
Aujourd’hui finalement 3 catégories de tiers :
– le recours pour excès de pouvoirrésentant de l’État (le préfet) et les membres des
assemblées délibérantes des collectivités territoriales
– les concurrents évincés
– tous les autres tiers à la condition d’être susceptibles d’être lésés dans leur interêt de
manière suffisamment directe et certaine
112
– les préfets et membres des assemblées délibérantes peuvent toujours agir
– les concurrents évincés : ils doivent pouvoir montrer qu’ils avaient une chance de
conclure le contrat qui lui a été enlevée
– les tiers : sur ce point cela n’a pas été très utilisé. On peut supposer ce seront plus des
problèmes d’exécution du contrat que de passation
A) Le RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR contre les actes détachables : une solution
bouleversée
L’acte détachable est satellite au contrat.
114
1) La solution antérieure : le principe du RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR contre à
l’encontre des actes détachables
a) La théorie
Finalement le contrat est une somme d’opérations complexes où l’on va distinguer des actes
administratifs unilatéraux le contrat.
Les actes détachables peuvent intervenir en amont : décision de signer un contrat, le choix du
cocontractant par la commission d’appel d’offre.
Durant la procédure de passation : des mesures d’exécution, modification unilatérale du
contrat.
La condition c’est la détachabilité. Il ne faut pas que la décision soit intimement liée à la
relation contractuelle.
La possibilité d’attaquer les actes détachables par la voie du RECOURS POUR EXCÈS DE
POUVOIR date de l’arrêt Martin.
Pendant longtemps cette possibilité était intéressante pour les tiers au contrat, c’était la seule
voie de recours qui leur été ouverte.
b) effet de l’annulation sur le contrat
Il n’y a pas d’effet automatique le contrat ne va pas forcément disparaître si un acte
détachable est annulé, logique rappelée par l’arrêt Martin. Elle posait clairement le rappel de
la distinction des contentieux. Le juge du RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR ne
pouvait pas décider ensuite du sort du contrat.
Pour qu’un effet soit constaté il fallait que le requérant saisisse le juge du contrat.
Pour les tiers il leur été impossible de saisir ce juge.
Une évolution jurisprudentielle s’est faite jour en 1993 et 1994 par deux arrêts :
– société le Yacht club international de Bornes les Mimosa 1993
– Lopez 1994
Dans ces arrêts le juge du RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR annule un acte
détachable et se mue en juge de l’exécution dans la suite de son arrêt et va ordonner sous
astreinte à l’administration partie au contrat de saisir le juge du contrat.
Le juge du contrat est venu précisé en 2011 les rôles respectifs du juge de l’exécution et du
juge du contrat dans deux arrêts société Ophrys et société Véolia propreté.
Le JA rappelle que l’annulation d’un acte détachable n’entraine pas forcément la nullité du
contrat.
Il expose par ailleurs les conséquences de la décision d’annuler un acte détachable d’un
contrat sur le contrat lui même.
Ce qui compte pour le JA ce n’est pas véritablement la nature de l’acte mais la nature de
l’illégalité.
Plusieurs hypothèses peuvent s’offrir au juge.
115
L’illégalité peut entrainer l’annulation de l’acte détachable sans avoir d’influence sur le
contrat, dans ce cas là il se poursuit purement et simplement.
L’illégalité a entrainé l’annulation de l’acte détachable mais le contrat se poursuit sous réserve
d’une mesure de régularisation.
Si l’illégalité est considérée comme ayant eu une influence sur le contrat les alternatives sont
plus resserrées pour le juge.
Le juge de l’exécution peut enjoindre à la PP de résilier le contrat ou demander aux parties si
l’illégalité est d’une particulière gravité à ce que l’on appelle « résoudre leurs relations
contractuelles ».
Si les parties n’arrivent pas à s’entendre le juge de l’exécution peut enjoindre aux parties de
saisir le juge du contrat. Le juge du contrat une fois saisi a une plénitude de compétences. Il
n’est pas lié par la décision qui a été prise en amont par le juge de l’exécution.
À partir de 2007 et l’avènement du recours Tropic qui permet aux tiers de contester le contrat
le recours contre l’acte détachable était supplanté. Mais ce recours est réservé au concurrent
évincés.
Mais en 2014 Tarn et Garonne ouvre le recours à tous les concurrents évincés mais également
à tous les autres tiers, d’ou une approche bouleversée pour la théorie de l’acte détachable.
Il y a encore des exceptions qui sont toujours en cours. C’est lorsque le tiers en question ne
répond pas aux conditions du recours Tropic et département du Tarn et Garonne.
Une autre exception, lorsque c’est le préfet qui lance un déferré préfectoral : il va pouvoir
déferrer des actes détachables devant le juge du RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR.
La survie de possibilité de contrôle des actes détachables lorsque des contrats sont de droit
privé. Effectivement il y a des contrats qui sont passés par les personnes publiques et qui ne
sont pas administratifs, CE octobre 2015 Arrou.
Ex : la délibération avant de passer un contrat de droit privé.
Lorsque l’on a un contrat de droit privé, une fois le juge du RECOURS POUR EXCÈS DE
116
POUVOIR intervenu, qui tire les conséquences de l’annulation ?
Le juge de l’exécution doit rechercher si il peut y avoir régularisation ?
S’il pas de régularisation possible, si l’illégalité est suffisamment important on peut enjoindre
à la PP de saisir le juge du contrat judiciaire pour qu’il tire les conséquences de l’annulation
de l’acte détachable. Il n’y a pas forcément de conséquences à l’annulation d’un acte
détachable de droit privé.
L’arrêt Martin a encore des possibilités d’existence mais c’est très limité.
Il est toujours possible d’utiliser la voie du RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR contre
les actes détachables qui ne se rapportent pas à la passation d’un contrat : le recours Tropic est
lié à la passation.
Si des actes sont liés à l’exécution du contrat le recours contre l’acte détachable perdure.
117
Elles ne sont pas déterminantes dans la passation du contrat.
Traditionnellement on considère que leur annulation n’a pas d’effet particulier sur le contrat.
CE 2009 Alcaly cette décision sera ici prise en compte.
Parfois dans le cadre du RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR on a des recours directs,
on va alors faire un RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR contre le contrat.
118
Chapitre 2 : le contentieux de l’exécution du contrat administratif
Le contentieux de l’exécution est parfois inexistant : on privilégie les règlements non
juridictionnels des litiges.
119
Il faut que la résiliation n’ait aucun fondement pour qu’il y ait recours pour excès de
pouvoirrise.
120
Table des matières
INTRODUCTION...........................................................................................................................3
I/ Le développement du contrat dans la sphère publique............................................................4
A/ Un procédé ancien...................................................................................................4
B/ Un procédé développé à partir du XXe siècle : la période du phénomène
contractualiste...............................................................................................................5
II/ Le développement du droit des contrats administratifs..........................................................6
A/ Un éclatement du régime juridique des contrats administratifs...............................6
1/ Une diversification des types de contrats et des règles applicables...............6
2/ Une diversification des sources du droit des contrats administratifs............7
B/ Un droit au caractère évolutif..................................................................................8
1/ Une instabilité chronique..................................................................................8
2/ La perte d’exorbitance du droit des contrats administratifs ?......................9
PARTIE 1 : THÉORIE GÉNÉRALE DES CONTRATS ADMINISTRATIFS..................................11
Chapitre 1 : La notion de contrat administratif..............................................................................11
Section 1 : Le contrat : moyen d’action administrative............................................................11
Paragraphe 1 : la définition du contrat........................................................................11
A) Un accord de volontés distinctes....................................................................11
1) L’accord de volonté.....................................................................................11
2) Des volontés distinctes................................................................................12
B) La création d’effets de droit...........................................................................12
Paragraphe 2 : La distinction entre contrat et acte unilatéral......................................13
A) Un libre choix offert à l’administration........................................................13
1) Le principe de liberté contractuelle des personnes publiques................13
a) Un principe à valeur constitutionnelle.................................................13
b) Des implications variées.........................................................................14
2) Les limites de la liberté contractuelle........................................................14
a) L’interdiction de recourir au contrat....................................................14
b) L’encadrement du recours au contrat..................................................15
B) Une distinction parfois difficile......................................................................16
Section 2 : L’identification du contrat administratif.................................................................18
Paragraphe 1 : Les qualifications législatives.............................................................18
A) Les marchés de travaux publics....................................................................18
B) Les contrats domaniaux..................................................................................19
C) Les marchés publics........................................................................................19
D) Les marchés de partenariat............................................................................20
Paragraphe 2 : Les qualifications jurisprudentiels......................................................21
A. Le critère organique........................................................................................21
1. Les contrats conclus entre personnes publiques.......................................22
2. Les contrats conclus entre personnes privées...........................................23
a. Le principe du caractère non administratif des contrats conclus entre
personnes privées........................................................................................23
b. Les exceptions au principe.....................................................................23
B. Le critère matériel...........................................................................................28
1. L’objet du contrat........................................................................................28
a. Le contrat confiant l’exécution même du service................................28
b. Le contrat constituant une modalité d’exécution du service public. .29
c. Le contrat entrainant une participation à l’exécution du service
121
public............................................................................................................30
2. Le contenu du contrat.................................................................................31
a. La clause exorbitante du droit commun....................................................31
ii. Le régime exorbitant du droit commun....................................................34
Chapitre 2 : Le régime général du contrat en droit public.............................................................36
Section 1 : La conclusion des contrats......................................................................................36
Paragraphe 1 : Les règles de compétences.................................................................36
A. La compétence tenant à la conclusion du contrat administratif.................36
1. Les autorités compétentes pour la conclusion du contrat administratif.
...........................................................................................................................36
2. Les effets juridiques résultant de la conclusion du contrat.....................37
B. La compétence tenant au contrôle de la procédure de conclusion du
contrat administratif............................................................................................37
1. Les autorisations préalables.......................................................................37
a. Les autorités compétentes en matière de contrôle....................................37
b. Les effets juridiques du contrôle................................................................38
2. Les approbations.........................................................................................38
b. Les effets de l’approbation du contrat......................................................38
Paragraphe 2 : Les règles de formes...........................................................................39
A. Les différentes formes.....................................................................................39
1. La fréquence de la forme écrite..................................................................39
2. La rareté de la forme non écrite.................................................................39
a. Les marchés sur mémoires ou de factures.................................................40
b. Les contrats verbaux...................................................................................40
Section 2 : Les règles générales applicables au cocontractant de l’administration...................40
Paragraphe 1 : Les obligations du cocontractant........................................................40
A. L’obligation de réaliser les prestations convenues.......................................40
B. L’obligation d’exécution personnelle du contrat..........................................41
C. L’obligation d’exécution dans les délais impartis.........................................42
D. Une exception à l’obligation d’exécution : la force majeure.......................42
Paragraphe 2 : Les droits du cocontractant.................................................................42
A. Le droit à rémunération.................................................................................42
B. Un droit à indemnisation................................................................................42
1. En cas de modification unilatérale du contrat..........................................43
2. L’indemnisation du fait du prince.............................................................43
3. L’indemnisation de l’imprévision..............................................................43
Section 2 : les règles générales applicables à l’administration.................................................44
Paragraphe 1 : les pouvoirs de l’administration.........................................................44
A. Les pouvoirs sur l’exécution du contrat........................................................44
1. Un pouvoir de direction et de contrôle...........................................................44
2. Le pouvoir de sanction.....................................................................................44
B. Les pouvoirs sur l’ensemble du contrat........................................................44
1. Le pouvoir de modification unilatérale du contrat.......................................44
2. Le pouvoir de résiliation unilatérale de l’administration.............................45
Paragraphe 2 : Les obligations de l’administration....................................................45
PARTIE II : LE RÉGIME SPÉCIFIQUE À CHAQUE CONTRAT..................................................46
Chapitre 1 : les marchés publics....................................................................................................46
Section 1 : la définition du MP.................................................................................................46
Paragraphe 1 : le champ d’application organique du droit des MP............................46
A) Le pouvoir adjudicateur....................................................................................47
1) Avant l’ordonnance du 23 juillet 2015..........................................................47
122
a) Le pouvoir adjudicateur en droit interne..................................................47
b) Le pouvoir adjudicateur en droit de l’UE.................................................47
2) Dans le cadre de l’ordonnance du 23 juillet 2015.........................................47
a) Pour les pouvoirs adjudicateurs................................................................47
b) Les entités adjudicatrices.........................................................................48
B) Le prestataire cocontractant de l’administration...............................................49
1) Les marchés passés avec une PP...................................................................49
2) Les contrats soustraits au droit des MP en considération du cocontractant..50
a) Les relations « in house » ou quasi-régie.................................................50
b) Les contrats organisationnels : les partenariats public-public ou
coopération public-public.............................................................................54
c) La présence d’un droit exclusif................................................................54
Paragraphe 2 : le champ d’application matérielle du droit des MP............................55
A) L’objet du SP.....................................................................................................55
1) Les MP de travaux....................................................................................55
2) Les MP de fournitures..............................................................................55
3) Les MP de services...................................................................................55
B) Les exclusions tenant à l’objet du contrat.........................................................56
Paragraphe 3 : le mode de rémunération du MP.........................................................56
Section 2 : les modalités de passation du MP.............................................................56
Paragraphe 1 : principes et règles générales de passation des MP.........................57
A) Les principes fondamentaux de passation d’un MP.....................................57
1) Liberté d’accès à la commande publique......................................................57
2) L’égalité de traitement des candidats............................................................57
3) L’impératif de transparence des procédures..................................................58
B) Les règles générales de passation d’un MP......................................................58
1) La détermination des besoins........................................................................58
2) L’allotissement..............................................................................................58
3) L’étape de la publicité...................................................................................59
4) Détermination des critères de sélection des offres........................................60
Paragraphe 2 : les principales procédures de passation..............................................62
A) Les MP passés selon une procédure formalisée................................................62
1) L’appel d’offre..............................................................................................62
2) Autres marchés formalisés............................................................................64
B) Les marchés publics passés selon une procédure allégée : la procédure adaptée
................................................................................................................................64
1) Les obligations de mise en concurrence.......................................................65
2) Le choix de l’offre.........................................................................................65
Chapitre 2 : les contrats de concession..........................................................................................66
Section 1 : la notion de concession...........................................................................................66
Paragraphe 1 : une notion jusqu’alors parcellisée......................................................66
A) Une distinction interne entre concession de travaux et DSP............................66
1) La concession de travaux..............................................................................66
2) La délégation de service public.....................................................................67
B) La concession en droit de l’UE.........................................................................67
Paragraphe 2 : une refonte dans le cadre de l’ordonnance du 30 janvier 2016..........67
A) L’objet de la concession....................................................................................68
B) La définition organique de la concession..........................................................68
C) Le critère de la rémunération............................................................................68
D) Les contrats exclus du champ d’application de l’ordonnance..........................68
Section 2 : règles de passation des contrats de concession.......................................................69
123
Paragraphe 1 : les différentes étapes de la passation..................................................69
A) La détermination des besoins............................................................................69
B) Une publicité préalable.....................................................................................69
C) La sélection des candidats.................................................................................70
Paragraphe 2 : la soumission et le choix des offres....................................................70
Chapitre 3 : les marchés de partenariat..........................................................................................72
Section 1 : un contrat rejoignant la sphère des MP...................................................................72
Paragraphe 1 : les contours originels du contrat de partenariat..................................72
A) Le contexte de création du contrat de partenariat.............................................72
1) Des modalités classiques parfois inadaptées.................................................72
2) Un recours au contrat de partenariat polémique...........................................73
B) Un recours encadré............................................................................................73
1) Des conditions dégagées par le Conseil Constitutionnel..............................73
2) La difficulté d’appréciation des conditions posées.......................................74
a) L’urgence..................................................................................................74
b) La complexité du projet............................................................................74
c) Le bilan avantageux..................................................................................75
Paragraphe 2 : l’avènement du marché de partenariat................................................75
A) La notion de marché de partenariat...................................................................75
1) La définition organique donnée du marché de partenariat............................75
2) La définition matérielle.................................................................................75
3) L’approche financière du marché de partenariat...........................................76
4) Une répartition des risques............................................................................76
B) Un recours toujours conditionné.......................................................................76
Section 2 : la procédure de passation du contrat de partenariat................................................76
Paragraphe 1 : le principe d’une évaluation préalable................................................76
Paragraphe 2 : l’étude de la soutenabilité budgétaire.................................................77
Paragraphe 3 : une passation sous l’égide des règles générales.................................77
PARTIE III : LE CONTENTIEUX CONTRACTUEL......................................................................79
Chapitre 1 : le contentieux de la passation....................................................................................79
Section 1 : les recours en référé................................................................................................79
Paragraphe 1 : le référé précontractuel.......................................................................79
A) Les conditions de mise en œuvre du référé précontractuel...............................79
1) Un champ d’application large.......................................................................79
2) Un contrôle préventif....................................................................................79
3) Les personnes habilitées à agir......................................................................80
4) Les moyens invocables.................................................................................80
B) L’office du juge du référé précontractuel..........................................................81
1) Célérité de la procédure................................................................................81
2) Les pouvoirs du juge des référés...................................................................81
Paragraphe 2 : le référé précontractuel.......................................................................81
A) Conditions de mise en oeuvre...........................................................................81
1) Le champ d’application.................................................................................81
2) Les personnes habilitées à agir......................................................................81
3) Les moyens invocables.................................................................................82
B) L’office du juge du référé contractuel...............................................................82
1) Célérité de la procédure................................................................................82
2) Les pouvoirs du juge du référé contractuel...................................................82
Section 2 : les recours devant le juge du contrat en plein contentieux.....................................83
Paragraphe 1 : le contentieux ouvert aux parties........................................................83
Paragraphe 2 : le contentieux ouvert aux tiers : tropic & Tarn et Garonne................83
124
A) Les conditions de mise en œuvre......................................................................84
1) Le champ d’application.................................................................................84
2) Les moyens invocables.................................................................................85
3) Les délais de recours.....................................................................................85
B) L’office du juge dans le cadre du recours tropic...............................................85
Section 3 : les recours devant le juge de l’excès de pouvoir.....................................................86
Paragraphe 1 : les recours indirects contre les contrats..............................................86
A) Le RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR contre les actes détachables :
une solution bouleversée........................................................................................86
1) La solution antérieure : le principe du RECOURS POUR EXCÈS DE
POUVOIR contre à l’encontre des actes détachables.......................................87
a) La théorie..................................................................................................87
b) effet de l’annulation sur le contrat............................................................87
2) Une solution largement bouleversée.............................................................88
B) Le RECOURS POUR EXCÈS DE POUVOIR contre les dispositions
réglementaires insérées dans le contrat..................................................................89
1) La solution développée par l’arrêt Cayzeele.................................................89
2) Les effets de l’annulation des clauses réglementaires..................................89
Paragraphe 2 : recours direct contre certains contrats................................................90
A) L’hypothèse du déféré préfectoral : du RECOURS POUR EXCÈS DE
POUVOIR au PC...................................................................................................90
B) Les contrats de recrutement des agents publics............................................90
Chapitre 2 : le contentieux de l’exécution du contrat administratif...............................................91
Section 1 : le contentieux de l’exécution des contrats devant le juge des contrats...................91
Paragraphe 1 : le principe : l’irrecevabilité des recours en nullité contre les mesures
d’exécution.................................................................................................................91
Paragraphe 2 : une dérogation : le recours en recours pour excès de pouvoirrise de
relations contractuelles par l’arrêt Bézier 2................................................................91
Section 2 : le contentieux de l’exécution devant le juge de l’excès de pouvoir........................92
Table des matières..............................................................................................................................93
125