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Table D'émeraude - Wikipédia

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Table d'émeraude

texte alchimique et hermétique

La Table d’émeraude (Tabula Smaragdina en latin) est un des textes les plus célèbres de la
littérature alchimique et hermétique. C’est un texte très court, composé d'une douzaine de
formules allégoriques et obscures, dont la plus célèbre : « Ce qui est en bas est comme ce
qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. »

Planche représentant une version latine de la Table d’émeraude gravée sur


un rocher dans une édition de l’Amphitheatrum Sapientiae Eternae (1610) de
l’alchimiste allemand Heinrich Khunrath.

Selon la légende, elle présente l’enseignement d'Hermès Trismégiste, fondateur mythique de


l'alchimie, et aurait été retrouvée dans son tombeau, gravée sur une tablette d’émeraude. La
plus ancienne version connue se trouve en appendice d’un traité arabe datant au plus tard du
début du ixe siècle. Elle a été largement commentée au Moyen Âge et surtout à la
Renaissance.

Malgré le discrédit scientifique de l'alchimie et le développement de la chimie moderne au


xviiie siècle, elle a continué à fasciner occultistes et ésotéristes.

Historique
À partir du iiie ou du iie siècle av. J.-C., on voit apparaître dans l'Égypte hellénistique des
textes grecs attribués au personnage mythique d'Hermès Trismégiste, détenteur de toutes
les connaissances. Il s'agit d'un ensemble hétéroclite de textes (les Hermetica) à caractère
parfois alchimique, mais aussi magique, astrologique ou médicinal, qui culmine avec les
traités mystico-philosophiques du Corpus Hermeticum du iie ou iiie siècle. Dans l'un d'eux, la
Koré Kosmou (la « pupille du monde »), Hermès grave et cache ses enseignements avant de
remonter au ciel « afin qu'eût à les chercher toute génération née après le monde »[1].

En 640, l'Égypte, devenue entre-temps chrétienne et byzantine, est conquise par les Arabes
qui vont perpétuer la tradition hermétique et alchimique dans laquelle s'inscrit la Table
d'émeraude.

Jusqu'au début du xxe siècle, on ne connaissait que des versions latines de la Table
d’émeraude, les plus anciennes remontant au xiie siècle. Ce sont l’historien des sciences
anglais E.J. Holmyard (1891-1959) et l’orientaliste allemand Julius Ruska (1867-1949), qui en
ont retrouvé les premières versions arabes[2].
Les versions arabes

Une page du Secret des secrets (Kitâb


Sirr al-asrâr), avec deux tableaux
permettant de déterminer si un
patient va vivre ou mourir en fonction
de la valeur numérique de son nom.

La Table d'émeraude a été retrouvée sous différentes versions dans diverses œuvres arabes
anciennes. La plus ancienne version figure en appendice d’un traité qui aurait été composé
au ixe siècle[3], le Livre du secret de la Création, Kitâb sirr al-Halîka. Ce texte se présente
comme une traduction d’Apollonius de Tyane, sous son nom arabe Balînûs[4]. L’hypothèse
d'un original grec est vraisemblable, même si aucun manuscrit n'a été retrouvé[5] ; l'attribution
à Apollonius, quoique fausse (pseudépigraphique), est courante dans les textes arabes
médiévaux de magie, d’astrologie ou d’alchimie.

L’introduction du Livre du secret de la Création est un récit qui explique notamment que
« toutes choses sont composées de quatre principes élémentaires, le chaud, le froid, l’humide
et le sec » (les quatre qualités d'Aristote), dont les combinaisons expliquent les « rapports de
sympathie et d’antipathie entre les êtres ». Balînûs « maître des talismans et des merveilles »
pénètre dans une crypte sous la statue d’Hermès Trismégiste et y trouve la tablette
d’émeraude entre les mains d’un vieillard assis, et un livre. Le cœur de l’ouvrage est pour
l'essentiel un traité alchimique où on trouve notamment pour la première fois l'idée que tous
les métaux sont constitués à partir du soufre et du mercure, théorie fondamentale de
l’alchimie au Moyen Âge[6]. Le texte de la Table d’émeraude vient en dernier, comme en
appendice[7], et la question s'est longtemps posée de savoir s’il s’agissait d’une pièce
rapportée, de portée uniquement cosmogonique, ou bien s’il forme un tout avec le reste de
l'ouvrage, auquel cas il a dès l'origine une signification alchimique[8]. Il a été récemment
avancé qu'il s'agit en fait d'un texte de magie talismanique, et que la confusion vient d'une
erreur de traduction de l'arabe au latin[9].

L’émeraude est la pierre traditionnellement associée à Hermès, comme le mercure est son
métal, Mars étant associée aux pierres rouges et au fer, Saturne aux pierres noires et au
plomb[10]. Dans l'Antiquité, Grecs et Égyptiens désignaient comme émeraude la plupart des
minéraux de couleur verte (jaspe vert et même granit vert), et au Moyen Âge c'était le cas
pour des objets en verre coloré, comme la « Table d'émeraude » des rois wisigoths[11] ou la
Sacro Catino de Gênes (un plat dont s'emparèrent les croisés lors du sac de Césarée en 1011,
et qui passait pour avoir été offert par la Reine de Saba à Salomon et avoir servi lors de la
Cène)[12].

Cette version de la Table d’émeraude se retrouve aussi dans le Kitab Ustuqus al-Uss al-Thani
(Livre élémentaire du fondement) attribué à l’alchimiste du viiie siècle Jâbir ibn Hayyân, connu
en Europe sous le nom de Geber.

Une autre version se trouve dans un livre hétéroclite du xe siècle, le Secretum secretorum
(Secret des secrets, Sirr al-asrâr), qui se présente comme une pseudo-lettre d’Aristote à
Alexandre le Grand pendant la conquête de la Perse, et qui traite de politique, de morale, de
physiognomonie, d’astrologie, d’alchimie, de médecine, etc. Le texte est là-aussi attribué à
Hermès mais sans le récit de la découverte de la tablette.

Le topos littéraire de la découverte de la sagesse cachée d'Hermès se retrouve dans d'autres


textes arabes des environs du xe siècle. Notamment dans le livre de Cratès : alors qu'il se
trouve en prière dans le temple de Sérapis, Cratès, un philosophe grec, a la vision d'« un
vieillard, le plus beau des hommes, assis dans une chaire ; il était revêtu de vêtements blancs
et tenait à la main une planche de la chaire, sur laquelle était placé un livre […]. Quand je
demandais quel était ce vieillard, on me répondit : C'est Hermès Trismégiste, et le livre qui est
devant lui est un de ceux qui contiennent l'explication des secrets qu'il a cachés aux
hommes. »[13]. C'est aussi le cas dans le texte connu sous le nom latin de Tabula Chemica de
Senior Zadith, c'est-à-dire l'alchimiste arabe Ibn Umail, dans lequel une table de pierre, repose
sur les genoux d'Hermès Trismégiste, dans la chambre secrète d'une pyramide[14]. Ici la table
n'est pas gravée d'un texte mais de symboles « hiéroglyphiques ».
adaptationes mirabiles, quarum modus est hic. Itaque vocatus sum Hermes Trismegistus,
habens tres partes philosophiae totius mundi. Completum est quod dixi de operatione Solis. »

La Table d’émeraude d’Hermès Trismégiste, père des Philosophes (traduction de l’Hortulain)

« Il est vrai, sans mensonge, certain, & très véritable : Ce qui est en bas, est comme ce qui est
en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une
seule chose. Et comme toutes les choses ont été, & sont venues d’une, par la médiation
d’une : ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation. Le soleil
en est le père, la lune est sa mère, le vent l’a porté dans son ventre ; la Terre est sa nourrice.
Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle
est convertie en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec
grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, & il reçoit la force
des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; et
pour cela toute obscurité s’enfuira de toi. C'est la force forte de toute force : car elle vaincra
toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a été créé. De ceci seront
& sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici. C’est pourquoi j'ai été
appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que
j’ai dit de l'opération du Soleil est accompli, et parachevé. »

Les commentaires

La découverte de la Table d'Hermès


dans l’Aurora consurgens.
La Table d'émeraude et sa découverte légendaire sont citées pour la première fois dans son
De essentiis (1143) par Herman de Carinthie, ami de Robert de Chester, le traducteur en 1144
du Liber de compositione alchimiæ considéré comme le premier traité d'alchimie en
occident[19].

Un commentateur anonyme du xiie siècle explique que « "le père de tout le télesme" signifie
"de tout le secret". En effet, la divination chez les Arabes se dit "télesme" ; cette divination est
donc supérieure à toutes les autres » ; par la suite seul le sens de secret fut retenu[18].

On la retrouve dans le De mineralibus d’Albert le Grand, vers 1256[20].

Vers 1275-1280, Roger Bacon traduit et commente le Secret des Secrets[21], et par une
interprétation entièrement alchimique de la Table d’émeraude, en fait un résumé allégorique
du Grand Œuvre[22].

Le commentaire le plus connu est celui de l'Hortulain, alchimiste dont on ne sait presque rien,
dans la première moitié du xive siècle : « Moi donc Hortulain, c'est-à-dire jardinier, […] j'ai voulu
mettre en écrit la déclaration et explication certaine des paroles d'Hermès, père des
philosophes, quoiqu'elles soient obscures ; et déclarer sincèrement toute la pratique de la
véritable œuvre. Et certes il ne sert de rien aux philosophes de vouloir cacher la science dans
leurs écrits, lorsque la doctrine du Saint Esprit opère ». Ce texte se situe dans la lignée de
l'alchimie symbolique qui se développe au xive siècle, avec notamment les textes attribués au
médecin catalan Arnaud de Villeneuve, qui poussent la comparaison allégorique entre les
mystères chrétiens et les opérations alchimiques. Dans le commentaire de l'Hortulain,
dépouillé de considérations pratiques, le grand œuvre est une imitation de la création divine
du monde à partir du chaos : « “Et comme toutes choses ont été et sont venues d'un par la
méditation d'un” : Il [Hermès Trismégiste] donne ici un exemple disant : comme toutes choses
ont été et sont sorties d'un, c'est à savoir, d'un globe confus “par la méditation”, c'est-à-dire,
par la pensée et création d'un, c'est-à-dire, de Dieu tout-puissant. » Le soleil et la lune
représentent l'or et l'argent alchimiques[23]. L'Hortulain interprète le "télesme" comme
« secret » ou « trésor » : « On lit ensuite : "Le père de tout le télesme du monde est ici", c’est-à-
dire : dans l’œuvre de la pierre se trouve la voie finale. Et notez que le philosophe appelle
l’opération ‘père de tout le télesme’, c’est-à-dire de tout le secret ou tout le trésor du monde
entier, c’est-à-dire de toute pierre découverte en ce monde »[18].

La Tabula Chemica de Senior, dans laquelle la table est gravée de symboles, est traduite dès
le xiie siècle ou le xiiie siècle[24]. Et à partir de 1420, de larges extraits en sont repris dans un
texte illuminé, l’Aurora consurgens, qui est l'un des tout premiers cycles de symboles
alchimiques. Une des illustrations montre la découverte de la table d'Hermès, dans un temple
surmonté d'aigles sagittaires (représentant les éléments volatils). Ce motif est fréquemment
repris dans les imprimés de la Renaissance, et est l'expression visuelle du mythe de la
redécouverte du savoir antique — la transmission de ce savoir, sous forme de pictogrammes
hiéroglyphiques lui permettant d'échapper aux déformations de l'interprétation humaine et
verbale[25].

De la Renaissance aux Lumières

1er emblème de l’Atalanta Fugiens : le


vent l’a porté dans son ventre.

2e emblème de l’Atalanta Fugiens : sa


nourrice est la terre.

À la Renaissance s'impose l'idée qu'Hermès Trismégiste est le fondateur de l'alchimie, en


même temps que la légende de la découverte évolue et s’entremêle aux récits bibliques. C'est
notamment le cas à la fin du xve siècle dans le Livre de la philosophie naturelle des métaux du
pseudo-Bernard le Trévisan[26] : « Le premier inventeur de cet Art ce fut Hermès le Triple : car
il sut toute triple philosophie naturelle, savoir Minérale, Végétale et Animale ». Il retrouve
après le déluge, dans la vallée d’Hébron, celle où Adam vivait après avoir été chassé du
paradis terrestre, sept tables de marbre sur lesquelles sont gravés les principes des sept arts
libéraux. Il en tire un bref ouvrage (qui reproduit le début de la Table d’émeraude), qui passe à
son disciple Pythagore, puis à Platon, Aristote et enfin à Alexandre le Grand. Ainsi, la sagesse
antédiluvienne s’est transmise, indépendamment de la révélation faite à Moïse au Sinaï[27].

Elle évolue encore avec Jérôme Torella, dans un livre d’astrologie Opus Praeclarum de
imaginibus astrologicis (Valence, 1496), où c’est Alexandre le Grand qui, en se rendant à
l’oracle d’Amon en Égypte, découvre une Tabula Zaradi dans le tombeau d’Hermès. Cette
histoire est reprise par Michael Maier, médecin et conseiller de l’« empereur-alchimiste »
Rodolphe II dans son symbola aureae mensae (Francfort, 1617), et qui se réfère à un Liber de
Secretis chymicis attribué à Albert le Grand[28]. La même année, il publie le célèbre Atalanta
Fugiens (Atalante fuyante), illustré par Théodore de Bry de cinquante emblèmes alchimiques,
chacun accompagné d’un poème, de la partition d'une fugue et d’explications alchimiques et
mythologiques. Les deux premiers emblèmes illustrent un passage de la Table d’émeraude :
« le vent l’a porté dans son ventre ; la terre est sa nourrice », et le texte explicatif commence
par « Hermès, le plus diligent explorateur de tout secret naturel, dans sa Table d’émeraude,
décrit parfaitement, bien que brièvement, l’œuvre de la nature. »[29]

La Table d’émeraude - version latine,


édition princeps - Extrait du De
Alchimia, Nuremberg 1541 -
l'introduction en latin et grec dit : « La
Table d’émeraude d’Hermès
Trismégiste sur l’alchimie, par un
traducteur inconnu. Secrets d’Hermès
qui étaient écrits en ces termes sur la
table d’émeraude trouvée entre ses
mains dans un antre obscur où fut
découvert son corps inhumé »
En 1541 paraît la première édition imprimée, dans le De alchemia publié par Johann Petreius
et édité par un certain Chrysogonus Polydorus, qui est probablement un pseudonyme du
théologien luthérien Andreas Osiander (Osiander édite en 1543, chez le même imprimeur, le
De revolutionibus orbium coelestium de Copernic). Il s'agit de la version dite « vulgate »,
accompagnée du commentaire de l'Hortulain.

En 1583 est publié à Francfort chez Christophe Corvinus un commentaire de Gérard Dorn.
Dans le De Luce naturae physica, ce disciple de Paracelse fait un parallèle détaillé entre la
Table et le premier chapitre de la Genèse attribuée à Moïse.

Aux xve et xvie siècles, des versions en vers apparaissent, dont un sonnet anonyme remanié
par le poète alchimiste Clovis Hesteau de Nuysement dans son Traittez de l'harmonie, et
constitution generalle du vray sel, secret des Philosophes, & de l'esprit universel du monde
(1621) :

C'est un point assuré plein d'admiration,


Que le haut & le bas n'est qu'une même chose :
Pour faire d'une seule en tout le monde enclose,
Des effets merveilleux par adaptation.

D'un seul en a tout fait la méditation,


Et pour parents, matrice, & nourrice, on lui pose,
Phœbus, Diane, l'air, & la terre, où repose,
Cette chose en qui gît toute perfection.
Si on la mue en terre elle a sa force entière :
Séparant par grand art, mais facile manière,
Le subtil de l'épais, & la terre du feu.

De la terre elle monte au ciel, & puis en terre,


Du Ciel elle descend, recevant peu à peu,
Les vertus de tous deux qu'en son ventre elle enserre.

Mais à partir du début du xviie siècle, un certain nombre d'auteurs contestent l'attribution de
la Table d'émeraude à Hermès Trismégiste, et à travers elle, attaquent l'Antiquité et la validité
de l'alchimie. C'est d'abord un alchimiste « repenti », le médecin lorrain Nicolas Guibert, en
1603. Mais c'est le jésuite et génie des langues Athanasius Kircher qui porte l'attaque la plus
forte dans son monumental Oedipus Aegyptiacus (Rome, 1652-53). Il note qu'aucun texte ne
parle de la Table d'émeraude avant le Moyen Âge et que sa découverte par Alexandre le Grand
n'est évoquée par aucun témoignage antique. En comparant le vocabulaire utilisé avec celui
du Corpus Hermeticum (dont il avait été prouvé par Isaac Casaubon en 1614, qu'il datait
seulement du iie ou iiie siècle apr. J.-C.), il affirme que la Table d'émeraude est un faux d'un
alchimiste médiéval. Quant à l'enseignement alchimique de la Table d'émeraude, il ne se
résume pas à la pierre philosophale et à la transmutation des métaux, mais porte sur « la
substance la plus profonde de chaque chose », la quintessence des alchimistes. Dans une
autre perspective, Wilhelm Christoph Kriegsmann publie en 1657 un commentaire, dans
lequel il essaie de montrer, avec les méthodes linguistiques de l'époque, que la Table
d’émeraude n'était pas originellement écrite en égyptien mais en phénicien. Il poursuit ses
études des textes anciens, et en 1684 soutient qu'Hermès Trismégiste n'est pas le Thot
égyptien, mais le Taaut des Phéniciens, de surcroît fondateur du peuple germanique sous le
nom du dieu Tuisto, cité par Tacite[30].

Entretemps, les conclusions de Kircher sont discutées par l'alchimiste danois Ole Borch dans
son De ortu et progressu Chemiae (1668), où il essaie de séparer les textes hermétiques entre
les écrits tardifs et ceux véritablement attribuables à l'ancien Hermès égyptien, parmi
lesquels il penche pour classer la Table d'émeraude. Les discussions continuent, et les traités
d'Ole Borch et de Kriegsman sont réédités dans la compilation Bibliotheca chemica curiosa
(1702) du médecin suisse Jean-Jacques Manget. Même si la Table d'émeraude est encore
traduite et commentée par Isaac Newton[31], l'alchimie perd progressivement tout crédit
scientifique au cours du xviiie siècle, avec l'avènement de la chimie moderne, et les travaux
de Lavoisier.
L’emblème hermétique de la Tabula
Smaragdina Hermetis

La Tabula Smaragdina Hermetis.

À partir de la fin du xvie siècle, la Table d’émeraude est souvent accompagnée d’une figure
symbolique, appelée Tabula Smaragdina Hermetis.

Cette figure est entourée d’un acrostiche en latin « Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies
Occultum Lapidem » (« visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée »),
dont les sept initiales forment le mot VITRIOL (ancien nom de l’acide sulfurique). En haut le
soleil et la lune se déversent dans une coupe au-dessus du symbole du mercure. Autour de la
coupe mercurielle, les quatre autres planètes, association classique entre les sept planètes et
les sept métaux : Soleil/Or, Lune/Argent, Mercure/mercure, Jupiter/étain, Mars/fer,
Vénus/cuivre, Saturne/plomb, qui étaient aussi reliés par des couleurs traditionnelles (or,
argent, gris, bleu, rouge, vert, noir) aux sept mots de l’acrostiche dans les premières versions
du symbole. Au centre, figurent un anneau et un globe impérial, et en bas les sphères du ciel
et de la terre (autant d’allusions au macrocosme et au microcosme). Trois écussons
représentent d'après le poème les trois principes (tria prima) de la théorie alchimique de
Paracelse par les associations Aigle/Mercure/Esprit, Lion/Soufre/Âme et Étoile/Sel/Corps[32].
Enfin deux mains prophétiques encadrent l’image et « attestent par serment le vrai
fondement et la vraie doctrine ».
L'emblème de la Tabula Smaragdina
Hermetis au frontispice du traité
alchimique de La Toyson d'or (1613)

La plus ancienne reproduction connue est la copie datée de 1588-89 d'un manuscrit circulant
alors de façon anonyme et écrit probablement dans la seconde moitié du xvie siècle par un
paracelsien allemand. L’image était alors accompagnée d’un poème alchimique didactique en
allemand, intitulé Du secret des sages[33], probablement du même auteur. Le poème en
explique la symbolique en relation avec le Grand Œuvre, et les objectifs classiques de
l'alchimie : fortune, santé et longue vie[34]. Elle était seulement secondairement
accompagnée du texte de la Table d’émeraude. Mais très rapidement, au cours du xviie siècle,
le poème d’accompagnement disparaît dans les reproductions imprimées, et l’emblème
devient, jusqu'à l'époque moderne, sous le nom de Tabula Smaragdina Hermetis, le symbole,
ou la représentation graphique, de la Table d’émeraude, aussi antique qu’elle.

Ainsi par exemple en 1733 selon l’alchimiste Ehrd de Naxagoras (Supplementum Aurei
Velleris), on fit à la mort d’Hermès une « plaque d’émeraude précieuse », gravée d’inscriptions
et du symbole, et retrouvée dans la vallée de l’Ébron par une femme nommée Zora[28]. On
situe cet emblème dans la tradition mystérieuse des hiéroglyphes égyptiens, et dans l’idée
des platoniciens et alchimistes de la Renaissance que les « secrets les plus profonds le
nature ne pouvaient être exprimés de façon appropriée que suivant un mode de
représentation obscur et voilé »[35].
xixe et xxe siècles : de l'occultisme à
l'ésotérisme et au surréalisme
L'alchimie et son prétendu « texte fondateur » continuent néanmoins à intéresser les
occultistes. C'est le cas du mage Éliphas Lévi : « Rien ne surpasse et rien n'égale comme
résumé de toutes les doctrines du vieux monde les quelques sentences gravées sur une
pierre précieuse par Hermès et connues sous le nom de table d'émeraude. [...] c'est toute la
magie en une seule page. »[36], de la « curieuse figure »[37] de l’allemand Gottlieb Latz qui
publie à ses frais un monumental Die Alchemie en 1869[38], ainsi que de la théosophe Helena
Blavatsky[39] et du pérennialiste Titus Burckhardt[40].

Au début du xxe siècle, la pensée alchimique trouve un écho chez les surréalistes[41], et André
Breton reprend l'axiome principal de la Table d'émeraude dans le Second manifeste du
surréalisme (1930) : « Tout porte à croire qu'il existe un certain point de l'esprit d'où la vie et la
mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut
et le bas cessent d'être perçus contradictoirement. Or, c'est en vain qu'on chercherait à
l'activité surréaliste un autre mobile que l'espoir de détermination de ce point »[42], même si
plusieurs commentateurs y voient surtout l'influence de la pensée de Hegel[43]. Toutefois la
pensée du philosophe allemand a été elle-même influencée par Jakob Böhme[44].

Notes et références

1. (Faivre 1988, p. 34)


2. Holmyard, E.J. The Emerald Table
Nature, no 2814, vol. 112, 1923,
p. 525-6. - Julius Ruska Tabula
Smaradigna. Ein Betrag zur
Geschichte der hermetischen
Literatur (1926)
3. Kraus, Paul 1942-1943. Jâbir ibn
Hayyân: Contribution à l'histoire des
idées scientifiques dans l'Islam. I. Le
corpus des écrits jâbiriens. II. Jâbir et
la science grecque. Cairo: Institut
français d'archéologie orientale, vol.
II, p. 274-275; Weisser, Ursula 1980.
Das Buch über das Geheimnis der
Schöpfung von Pseudo-Apollonios
von Tyana. Berlin: De Gruyter, p. 46.
4. (Kahn 1994, p. XII-XV)
5. (Kahn 1994, p. XV) qui reprend les
travaux de Ursula Weisser Das Buch
über das Geheimnis der Schöpfung
(1980)
6. (Kahn 1994, p. XIV)
7. « C'est ici le livre du sage Bélinous
[Apollonius de Tyane], qui possède
l'art des talismans : voici ce que dit
Bélinous. […] Il y avait dans le lieu que
j'habitais [Tyane] une statue de
pierre, élevée sur une colonne de
bois ; sur la colonne, on lisait ces
mots : Je suis Hermès, à qui la
science a été donnée…. Tandis que je
dormais d'un sommeil inquiet et
agité, occupé du sujet de ma peine,
un vieillard dont la figure ressemblait
à la mienne, se présenta devant moi
et me dit : Lève-toi, Bélinous, et entre
dans cette route souterraine, elle te
conduira à la science des secrets de
la Création…. J'entrai dans ce
souterrain. J'y vis un vieillard assis
sur un trône d'or, et qui tenait d'une
main une tablette d'émeraude…
J'appris ce qui était écrit dans ce
livre du Secret de la Création des
êtres… [Table d'émeraude :] Vrai, vrai,
indiscutable, certain, authentique !
Voici, le plus haut vient du plus bas,
et le plus bas du plus haut ; une
œuvre des miracles par une chose
unique… »
8. (Kahn 1994, p. XVI-XVII)
9. Didier Kahn, Le Fixe et le volatil,
CNRS Éditions, 2016, p. 23-23, qui
reprend Mandosio 2003, p. 682–683.
10. (Kahn 1994, p. XVII) qui cite Julius
Ruska op. cit.
11. Voir Rachel Arié Études sur la
civilisation de l'Espagne musulmane,
Brill Archive, 1990 p. 159 [1] (https://
books.google.com/books?id=0-QUA
AAAIAAJ&hl=fr) [archive]
12. Jack Lindsay, Les origines de
l'alchimie dans l'Égypte gréco-
romaine (1986) p. 202
13. Le livre de Cratès, traduction
française d'Octave Houdas du
manuscrit arabe 440 de la
bibliothèque universitaire de Leyde in
Marcellin Berthelot, Histoire des
sciences. La chimie au Moyen Âge, t.
III : L'alchimie arabe (1893)
14. H.E. Stapleton, 1933, Three Arabic
Treatises on Alchemy by Muhammad
bin Umail (10th Century A.D.).
Memoirs of the Asiatic Society of
Bengal, XII, Calcutta. : « I saw on the
roof of the galleries a picture of nine
eagles with out-spread wings […] On
the left side were pictures of people
standing … having their hands
stretched out towards a figure seated
inside the Pyramid, near the pillar of
the gate of the hall. The image was
seated in a chair, like those used by
the physicians. In his lab was a stone
slab. The fingers behind the slab
were bent as if holding it, an open
book. On the side viz. in the Hall
where the image was situated were
different pictures, and inscriptions in
hieroglyphic writing [birbawi] » « je
vis sur le haut de la galerie l'image de
neuf aigles aux ailes déployées […]
Sur la gauche il y avait des
personnages debout, leurs mains
tendues vers une figure assise dans
la pyramide, près du pilier de la porte.
La figure était assise sur un siège
semblable à ceux des médecins. Sur
ses genoux il tenait une tablette de
pierre comme un livre ouvert. Sur le
côté opposé de la salle on voyait
d'autres images et des inscriptions
hiéroglyphiques »
15. Le Liber De secretis naturae du Ps.
Apollonius de Tyane, traduction latine
par Hugues de Santalla du Kitæb sirr
al-halîqa. Édition et présentation par
Françoise Hudry, in: Chrysopoeia, 6,
p. 1-154
16. exemplaire de la bibliothèque
nationale (https://www.qantara-med.
org/public/show_document.php?do_i
d=385#) [archive] (Manuscrits
occidentaux, inv. Latin 11118 vers
1220)
17. (Kahn 1994, p. XIX)
18. Mandosio 2005
19. Antoine Calvet L’alchimie médiévale
est-elle une science chrétienne ?
Dossiers du GRIHL (http://dossiersgri
hl.revues.org/document321.htm
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20. Sources alchimiques (http://www.biu
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21. Roger Bacon, Opera hactenus inedita,
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Stelle, Oxford, Clarendon Press, 1920.
22. (Kahn 1994, p. 23-29).
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médiéval in Dictionnaire critique de
l'ésotérisme sous la direction de
Jean Servier, p. 35
24. (Faivre 1988, p. 49)
25. Barbara Obrist Visualization in
Medieval Alchemy International
Journal for Philosophy of Chemistry,
Vol. 9, No.2 (2003), p. 131-170 en
ligne (http://www.hyle.org/journal/iss
ues/9-2/obrist.htm) [archive]
26. Imprimé dans l’Opuscule tres-
excellent de la vraye philosophie
naturelle des métaulx, traictant de
l’augmentation et perfection d’iceux...
par Maistre D. Zacaire,... Avec le
traicté de vénérable docteur allemant
Messire Bernard, conte de la Marche
Trevisane, sur le mesme subject.
(Benoist Rigaud, Lyon 1574). copie
scannée (http://alfama.sim.ucm.es/d
ioscorides/consulta_libro.asp?ref=x5
33904802) [archive]
27. Joachim Telle, L’art symbolique
paracelsien : remarques concernant
une pseudo-Tabula smaradigne du
xvie siècle in (Faivre 1988, p. 186)
28. (Faivre 1988, p. 38)
29. (Kahn 1994, p. 59-74)
30. Conjectures sur l'origine du peuple
germanique et son fondateur Hermès
Trismégiste, qui pour Moïse est
Chanaan, Tuitus pour Tacite, et
Mercure pour les Gentils Tübingen
1684, cité par (Faivre 1988, p. 42)
31. B.J.T. Dobbs Newton's Commentary
on the Emerald Tablet of Hermes
Trismegistus - Its Scientific and
Theological Significance in Merkel, I
and Debus A.G. Hermeticism and the
Renaissance. Folger, Washington
1988.
32. ' Joachim Telle L’art symbolique
paracelsien : remarques concernant
une pseudo-Tabula smaragdine du
xvie siècle in (Faivre 1988, p. 189)
33. ce poème est reproduit dans les
Geheime Figuren der Rosenkreuzer,
aus dem 16. und 17. Jahrhundert
emblème (http://digicoll.library.wisc.
edu/cgi-bin/HistSciTech/HistSciTech
-idx?type=turn&entity=HistSciTech00
1603290099&isize=M) [archive],
poème (http://digicoll.library.wisc.ed
u/cgi-bin/HistSciTech/HistSciTech-id
x?type=turn&entity=HistSciTech0016
03290101&isize=
M) [archive]traduction anglaise sur
levity.com (http://www.levity.com/alc
hemy/emer_gf.html) [archive]
34. Joachim Telle L’art symbolique
paracelsien : remarques concernant
une pseudo-Tabula smaragdine du
xvie siècle in (Faivre 1988, p. 184-
235)
35. Joachim Telle L’art symbolique
paracelsien : remarques concernant
une pseudo-Tabula smaragdine du
xvie siècle in (Faivre 1988, p. 187)
36. Éliphas Lévi, Histoire de la Magie,
Germer Bailliere, 1860, p. 78-79 [2] (h
ttps://books.google.fr/books?id=i20T
RasMGWIC&pg=PA77) [archive]
37. (Kahn 1994, p. XXI)
38. (en) secret of the emerald tablet (http://
www.alchemylab.com/latz.ht
m) [archive] extrait traduit en anglais
de Die Alchemie (1869)
39. H.P. Blavatsky Isis Unveiled
Theosophical University Press, 1972.
p. 507-14.
40. Titus Burckhardt, Alchemy Stuart and
Watkins, Londres, 1967 p. 196 -201
41. Voir par exemple les commentaires
de Jean-Marc Mandosio sur les
rapports entretenus par André Breton
avec l'alchimie dans ses écrits in
Dans le chaudron du négatif, op. cit.,
p. 22-25.
42. André Breton, Œuvres complètes – I,
Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade,
1988, p. 781. Cité par (Kahn 1994,
p. XXII)
43. Sur ce point voir Mark Polizzotti,
André Breton, Gallimard, 1999,
p. 368-369 et la note 3 p. 1594-1595
dans les Œuvres complètes – I de
Bibliothèque de la Pléiade. Henri
Béhar pour sa part parle à propos de
cette phrase d'une « quête [...]
voisine, toutes proportions gardées,
de celle de l'alchimiste » in André
Breton. Le grand indésirable,
Calmann-Lévy, 1990, p. 220.
44. Jean-Marc Mandosio, op. cit.,
p. 103-104.

Bibliographie

Le texte et ses versions

Hermès Trismégiste, La table


d'émeraude et sa tradition alchimique -
(préface de Didier Kahn (http://www.cell
f.paris-sorbonne.fr/annuaire/chercheur.
php?idr=7&idc=77) [archive]), Les Belles
Lettres, coll. « Aux sources de la
tradition », 1994 (présentation en ligne (htt
p://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=225
10100997930&CFID=1718234&CFTOKEN=546
65108) [archive])
Françoise Hudry (édi.), Cinq traités
alchimiques médiévaux (dont le De
secretis naturae), Paris et Milan, Archè,
coll. « Chrysopeia », 2000, 352 p.

Commentaires alchimiques

Roger Bacon, Secretum secretorum


cum Glossis et Notulis (Le Secret des
secrets, avec gloses et notes) (1275-
1280), R. Steele édi. : Opera hactenus
inedita Rogeri Baconis, Oxford,
Clarendon Press, 1909-1940, t. 5, 1920,
p. 1-172.
L'Hortulain (Ortulanus), vers 1350 : La
table d'émeraude d'Hermès Trismégiste,
avec les commentaires de l'Hortulain,
Éditions Traditionnelles, 2000 [lire en
ligne (http://hdelboy.club.fr/Table_hermes.htm
l) [archive] (page consultée le 6 juin 2009)]

Jean Trithème, lettre de 1505.


Johannis Trithemii abbatio
spanheimensis epistolarum familiarum,
79 lettres, 157 p., rééd. Amsterdam
1730
Gérard Dorn, Physica Trismegisti (1568)
- De natura lucis philosophicae,
Francfort, 1583, Trad française in:
Caroline Thuysbaert (éd.), Paracelse
Dorn Trithème, Beya Éditions, Grez-
Doiceau, 2012.
Michael Maier, L'Atalante fugitive (1617)
[lire en ligne (http://www.alchemywebsite.co
m/atalanta.html) [archive] (page consultée le 6
juin 2009)]

Clovis Hesteau de Nuysement, Traictez


du vray sel (1621)
Athanase Kircher, Oedipus Aegyptiacus
(1653)
Hermann Tictuld, Turba philosophorum
(1763)
Paul Chevalier, Biologie médicale, vol.
XXXVII, 1948. (Pour qui ce serait la
recette de l'acide sulfurique).

Études

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hermetischen Literatur. Winter
Heidelberg, 1926. [PDF] (http://juliusrusk
a.digilibrary.de/q137/q137.htm
l) [archive] recension (https://www.pers
ee.fr/doc/rbph_0035-0818_1928_num_
7_1_6492_t1_0280_0000_3) [archive]
(en) Eric John Holmyard, Alchemy,
Penguin Books Ltd, 1957 (réimp. 1990
(https://books.google.com/books?id=7
Bt-kwKRUzUC&r) [archive]) - (fr)

L'alchimie trad. Fayard, 1979).


G.-E. Monod-Herzen, L'Alchimie
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Paris, 1963
Antoine Faivre (dir.), Présences
d'Hermès Trismégiste, Albin Michel,
coll. « Cahiers de l'Hermétisme », 1988
Irene Caiazzo, « Note sulla fortuna
della Tabula smaragdina nel Medioevo
latino », dans Paolo Lucentini, Ilaria
Parri et Vittoria Perrone Compagni,
Hermetism from late antiquity to
humanism, Brepols, 2003, p. 697–711
Jean-Marc Mandosio, « La Tabula
smaragdina e i suoi commentari
medievali », dans Paolo Lucentini, Ilaria
Parri et Vittoria Perrone Compagni,
Hermetism from late antiquity to
humanism, Brepols, 2003, p. 681–696
Jean-Marc Mandosio, « La création
verbale dans l’alchimie latine du Moyen
Âge », ALMA (Archivum Latinitatis Medii
Aevi), vol. 63 « I - Actes du Colloque de
Barcelone - 2004 »,‎2005 (lire en ligne (htt
p://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handl
e/2042/51728/ALMA_2005_63_137.pd

f) [archive])

Dans la culture
contemporaine

Dans la bande dessinée Percevan, la


Table d'Émeraude est le titre du
huitième album de la série. [réf. nécessaire]
Dans le cycle de l'Incal, bande
dessinée de Moebius et Alejandro
Jodorowsky, les troisième et quatrième
tomes s'appellent respectivement Ce
qui est en bas et Ce qui est en haut,
citations directes du texte. [réf. nécessaire]
Dans La machine universelle, l'un des
volumes de BPRD, comics américains
de Mike Mignola, John Arcudi et Guy
Davis, l'un des personnages, le Dr.
Corrigan est à la recherche d'une
transcription de la Table d'émeraude.
[réf. nécessaire]

Dans la série allemande Dark produite


et diffusée par Netflix. [réf. nécessaire]
La série télévisée Ancient Aliens
aborde ce sujet dans le 1er épisode de
la 6e saison.
Diverses références à la table
d'émeraude sont présentes dans la
série Kamen Rider Gotchard dont le
thème principal est l'alchimie.

Articles connexes

Hermétisme | Hermès Trismégiste |


Corpus Hermeticum
Alchimie | Grand Œuvre

Liens externes

Hermes - La Table d'Emeraude (http://h


delboy.club.fr/Table_hermes.htm
l) [archive]
(en) versions et commentaires sur
www.sacred-texts.com (http://www.sa
cred-texts.com/alc/emerald.ht
m) [archive]

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