9782403060508
9782403060508
L'EQUIPEMENT HÔTELIER
CONSTRUCTIONS
INSTALLATIONS - MATÉRIELS
Nouvelle édition
FLAMMARION
Cet ouvrage a été établi avec le concours d'hommes de
l'art et de techniciens de toutes disciplines, spécialistes
des équipements en usage dans les entreprises d'hôtels,
de restaurants et de cafés.
Il comporte des informations d'ordres administratifs,
économiques et financiers qui se réfèrent à des
situations existantes au 1erjanvier 1980.
I.S.B.N. 2-08-200048-6
Droits de traduction, de reproduction et d'adaptation
réservés pour tous les pays.
Copyright 1980 text and illustration by FLAMMARION
Printed in France.
NOTE DES ÉDITEURS
Les Éditions Flammarion ont publié en 1955 un Traité Pratique d'Industrie Hôtelière de
M. Marcel BOURSEAU, complété en 1962par un additif.
Cet ouvrage ayant été largement diffuséenFrance et à l'étranger, après qu'il eut été épuisé à
la suite de l'audience quel'on sait, nous avons demandéà M. BOURSEAUdebien vouloirétablir
la refonte des diversesparties de ce Traité.
C'est ce que l'auteur a réalisé par nos éditions de L'Équipement Hôtelier, en 1966, puis
ensuite de La Gestion Hôtelière en 1974.
L'Equipement Hôtelier de 1966est aujourd'hui épuisé à son tour après qu'un vifintérêt lui
eut été porté.
C'est pourquoi nous avons souhaité et obtenu de M. BOURSEAUqu'il soit procédé à une
réédition de l'ouvrage de 1966par cette nouvelle publication de L'Équipement Hôtelier 1980.
Sesdéveloppementssontactualisésenfonction del'évolution decette vastegammed'éléments
techniques qui conditionnent l'exploitation rationnelle des établissements concernés, supports
fondamentaux de ce secteur d'activités considérable en constante expansion.
Noussommesconvaincus que, venant d'un professionnel dont l'action collective et privée, de
plus de 40 ans de réflexion et d'expérience, fait autorité auprès despraticiens et dans les milieux
nationaux et internationaux du Tourisme, l'ensemble de ces informations sera un guide concret
pour tous ceux qui is'tiattachent aux réalisations modernes de l'industrie hôtelière.
PRÉAMBULE
A l'époque où les déplacements de toute nature s'accroissent dans le même temps que
l'opinion, traduisant le goût dujour, impose des modalités nouvelles d'hébergement, se pose
avec acuité le problème de l'équipement hôtelier.
Un effort d'adaptation indispensable a déjà été appliqué à des établissements dont la
construction remonte, en moyenne, à une époque où les problèmes de gestion étaient bien
différents et leur permet encore de figurer honorablement dans une concurrence internationale
active, mais demeure trop limité par nature pour se retrouver gagnant demain dans cette
compétition.
Il y a lieu de souligner à cet égard la situation, dans cette lutte pour une reconversion
nécessaire, de certaines entreprises anciennes dont les bâtiments furent construits au début du
siècle. Il arrive que leurs immeubles, conçus en fonction de positions dépassées, interdisent par
eux-mêmes toute possibilité d'adaptation rationnelle de l'ensemble. Sans généraliser cette
servitude inéluctable qui n'affecte, dans l'instant, que quelques établissements particulièrement
défavorisés, leur cas n'en souligne pasmoinsla gravité d'une question qui s'impose auxesprits :
quel sera dans dix ou vingt ans le sort des entreprises hôtelières qui déjà suivent, avec quelque
peine parfois, l'évolution de toutes choses malgré un constant souci de rénovation de leurs
équipements?
Il est certainement indispensable de poser ce problème et de proposer les éléments de sa
solution.
Les objectifs de l'équipement hôtelier sont, dès l'abord, à fixer dans leurs lignes générales.
Cesobjectifs, à la vérité, souvent soulignés dans lesmilieuxextérieurs ànotre profession ne sont
nullement desnouveautéspar rapport auprogrammequeleshôteliers cherchentà suivredans la
constante recherche de l'équilibre de leurs entreprises.
La simplicité dans les aménagements et pour les prestations s'impose, certes, mais en
observant desélémentsdeconfort suffisant, dela prise derasoir électrique, facilementréalisable
d'ailleurs, à la plomberie évoluée, plus coûteux celui-là, sans que soient, au surplus, omis ceux
relatifs à un service de qualité, à la netteté bien entendu et à la compression des interventions
humaines dans le fonctionnement de l'ensemble.
Cette simplification nécessaire ne doit pas cependant conduire à la conclusion simpliste de
la disparition imposée d'un type d'hôtels dont les équipements, bien que rationalisés, doivent
être luxueusement conçus. Il a été dit hâtivement que l'ère des palaces était révolue alors qu'ils
fontl'objet desseulesconstructions nouvelles dans laplupart despays. Alors, au surplus, queles
statistiques indiquent l'accroissement declientèle dans la grande hôtellerie. Certes, unemenace
pèsesurelle, mais elle tient àla lourdeurdeséquipements d'exploitations anciennes et nonpas à
unepénuriedeclientèle internationale deleur ordredont lesfaits démontrent quesielle setrouve
périodiquement renouvelée, elle ne décroît pas pour autant, bien au contraire.
C'est pourquoi il faut, à l'occasion de cette constatation, souligner une fois de plus que la
démocratisation du tourisme ne signifie nullement que l'heureuse apparition dans ce
mouvement de classes sociales qui n'y participaient pas autrefois en a chassé aujourd'hui les
hôtes précédents.
Dans cesconditions, les méthodes d'équipements deshôtels modernes doivent s'appliquer
aussi à résoudre le problème de la rentabilité par la ràtionalisation des hôtels de premier ordre
sans lesquels les nations à vocation touristique se priveraient d'une attraction dont ils sont les
pavillons prestigieux.
Pour ces entreprises, en particulier, qui emploient un personnel nombreux, d'aucuns
invoquent surtout l'application des notions encore bien incertaines de la productivité et
rappellent lesprogrès techniques foudroyants obtenus par l'usagedela mécanisation àoutrance
et de l'« automation » par l'électronique.
Il va sans dire que l'hôtellerie ne repousse nullement aucune des inventions mécaniques et
des découvertes scientifiques qui tendent à bouleverser aujourd'hui le monde industriel; elle est
bien trop convaincue des allègements qu'elles apportent dans le prix de revient de certaines
productions.
Elle se refuse, quant à elle, à penser « statistique »et repousse cette funeste habitude de
considérer que rien ne doitjamais changer. Mais, il ne suffit pas d'affirmer la valeur générale de
ces principes si l'on néglige hâtivement les circonstances d'exploitation d'entreprises
particulières à base, par nature, de prestations de services humains où de telles applications,
d'ordre purement technique, ont des limites dont il apparaît qu'elles sont bien étroites si l'on
connaît la profession pour la pratiquer chaque jour.
Certes, dans l'hôtellerie de demain la simplification du service sera de rigueur, aidée très
partiellement, du reste, par un automatisme rapidement plafonné dont seul le self-service peut
constituer unesolution, non pasdeprolongement proprement dit, maisdevéritable transfert de
charge du prestataire auclient, observation étant faite d'ailleurs qu'il n'est pasencore démontré
que ce dernier s'en trouvera généralement satisfait.
Quantàla simplificationdesaménagementsde toute nature, elle s'imposeévidemmentet se
pratique au surplusjournellement dans le cadre de la modernisation. Cette expérience effective
démontre que ses bornes sont rapidement atteintes par les nécessités d'un confort en principe
sans luxe, mais en fait obligatoirement évolué.
Il n'en reste pas moins, dans ce plan de l'hôtel de demain, un vaste champ d'étude dont
l'essentiel se situe dans la rationalisation de ses équipements matériels.
Lefinancement des équipements, tels qu'ils sont dans l'heure couramment à notre portée,
pose des problèmes de rentabilité inéluctables. Mais, à cet égard, de quoi demain sera-t-il fait
lorsque les hôtels nouveaux eux-mêmes, qui sont en ce moment en construction, vont se trouver
démodés avant que d'être amortis, par l'application accélérée de multiples inventions de toute
nature suscitant impérativement de la part du public tant et tant de changements d'habitudes et
d'exigences inopinées?
N'est-ce pas là le drame financier de l'aéronautique, par exemple, tel qu'il peut être aperçu
aujourd'hui où les « Jets » à réacteurs subsoniques, après avoir surclassé les tout récents « super
Constellations » à pistons, vont se trouver, bien avant leur fin de course, dépassés par les fusées
commerciales supersoniques ?
Dans cette courbe ascendante des progrès dans les équipements, l'électronique,
singulièrement, prend une accélération foudroyante qui tend à résoudre nombre de cas
compliquéset à faciliter des interventions humainescoûteuses, grâce àsatrès grande rapidité et à
sesmémoires. Or, l'utilisation de l'électron, cet événement du mondemoderne, n'est nullement
dans son principe sans rapport avec toute une gamme d'équipements hôteliers.
Aussi bien, cette évocation de l'électronique, et celle au surplus d'autres techniques moins
spectaculaires, pose le problème de la fourchette prix-progrès, dans le cadre des entreprises
hôtelières françaises, commeaussi, dureste, danscelles desdivers paysdenotre vieuxcontinent.
Certains équipements àla pointe du progrès, dont la plupart d'ailleurs ressortent plus de la
mode du « gadget » que d'une nécessité fondamentale, pourront doter nos hôtels le jour où
ils ne feront plus figure de prototypes.
Ce jour est venu aux États-Unis spécialement, car des techniques particulières, certes
connuesen France pouryavoir été parfois inventées, ytrouvent des applications surunmarché
de vaste ampleur continentale, cette circonstance conditionnant des prix de grandes séries.
La France, l'Europe elle-même jusqu'à l'heure économiquement divisée, se trouve à cet
égard en position d'infériorité dont l'hôtellerie ne peut être incriminée de ne l'avoir pu, à elle
seule, surmonter.
Mais, l'avenir apportera des améliorations à cet égard qui doivent convaincre les hommes
debonnevolonté et parmi euxles professionnels de l'hôtellerie, de réunir dèsmaintenant toutes
les informations sur les progrès des techniques et leurs applications de demain, souhaitables
dans des entreprises d'accueil faites pour un monde meilleur.
Le plan de cet ouvrage est arrêté en fonction du processus naturel de réalisation des
équipements hôteliers dont l'ensemble étendu et complexe ressort successivement, du gros
œuvre, dusecondœuvre, dedotations enmatériels lourds et légers, commeaussi dela protection
et de la réglementation de ces équipements.
C'est pourquoi, les développements de ceplan, destinés à apporter quelques concours aux
professionnels de l'industrie hôtelière dans les choix qu'impliquent leurs outils de travail, sont
groupés de la manière suivante :
Chapitre 1 : Le bâtiment
Chapitre II : Les installations techniques
Chapitre III : Les installations de cuisines
Chapitre IV : L'aménagement
Chapitre V : Les matériels professionnels
Chapitre VI : Les installations annexes
Chapitre VII : Les formes nouvelles
Chapitre VIII : La protection des équipements
Chapitre IX : La réglementation des équipements
Appendice —L'évaluation en moyenne générale des investissements hôteliers.
Il est mentionné que L'Équipement Hôtelier de 1966 traitait dans son chapitre IX du
financement des Équipements. Ce sujet n'est pas évoqué dans la nouvelle édition du présent
ouvrage car il est exposé par l'auteur, dans La Gestion Hôtelière des Éditions Flammarion, au
chapitre XIII —Les questions financières, pages 1095 et suivantes.
La description qui est faite de ces équipements, des moyens rationnels de les mettre en
œuvre et de les utiliser, illustrée par des reproductions de plans, de figures, de photographies, a
été facilitée par le concours de M. Georges-Henry WILLARD, organisateur du Salon
International de l'Équipement Hôtelier (« Équip'Hôtel/Collectivité ») et celui de ses services
techniques qui ont bien voulu apporter leur aide dans la réunion des éléments d'informations.
L'aspect technique de ces descriptions a été soumis au contrôle d'hommes de l'art et de
spécialistes de firmes connues qui s'attachent aux nécessités de progrès de nos entreprises, en
pleine connaissance de nos besoins professionnels.
Quechacun et tous soient ici remerciés pour leur collaboration animée d'un esprit réaliste
de nature à proposer dans cet ouvrage des renseignementsd'utilisationpratique sur l'équipement
hôtelier.
CHAPITRE PREMIER
LE BÂTIMENT
Le bâtiment dans les entreprises d'industrie hôtelière, surtout dans celles d'hôtellerie
proprement dite, constitue l'élément de base d'une activité qui, par nature, fait profession
d'héberger, d'assurer le logement.
C'est aussi lepluscoûteux par l'ampleurdesinvestissementsque nécessitent les installations
immobilières.
L'immeuble, dans le mêmetemps, est lapartie laplus rigide de l'équipement hôtelier, celle
qui offre le moins de souplesse aux transformations et aux adaptations qu'impose, cependant,
l'évolution des mœurs, des techniques et des conjonctures économiques.
Cette caractéristique inéluctable et ses conséquences défavorables dans la constante
recherche del'équilibre desentreprises d'hôtels, explique, essentiellement, lesdifficultés, parfois
insurmontables, qui s'opposent à la rénovation fondamentale d'hôtels dont les bâtiments
construits autrefois en fonction de situations aujourd'hui dépassées interdisent toute
adaptation rationnelle de l'ensemble.
Ces précédents soulignent d'autant la nécessité d'éviter, dans le moment, les écueils de ce
genre et l'effort qui doit être fait pour prévoir, dans toute la mesure du possible, les
assouplissements indispensables et les adaptations de demain dans lesconstructions nouvelles.
L'objet duprésentchapitreest, danscetesprit, de rappeler lesimpératifs professionnels qui
doivent conduire les intéressés dans la conception d'un plan général de construction.
Atitre d'information, sont exposés desplans-types d'hôtels et de leurs cellules principales.
Quelques exemples sont soumis de réalisations récentes, indicatives de conditions
rationnelles à réunir dans des bâtiments d'hôtels.
Lespossibilités detransformations àcaractèreimmobilier, dans lecadredemodernisations
fondamentales, demeurent nombreuses, singulièrement dans lesmoyenneset petites entreprises
d'hôtels. Aussi bien, en ce qui concerne ces plans de transformations et d'extensions, des
observations générales sont présentées, assorties d'illustrations en ce qu'elles peuvent suggérer
de solutions effectivement trouvées dans des cas correspondants.
Des indications d'ordre général seront données sur lapréfabrication pour laquelle certains
moyens sont en voie d'expérimentation qu'il est utile de poursuivre mais dont l'efficacité est
encore incertaine.
La réglementation en vigueur concernant la construction, comme aussi les installations
techniques, nécessaire à observer dans les réalisations du gros œuvre et du second œuvre, est
mentionnée au chapitre IX : « La réglementation des équipements ».
PLAN GÉNÉRAL DE CONSTRUCTION
Seul un plan conçu, étudié et réalisé méthodiquement permet de réaliser une construction
d'hôtel dans les conditions de confort et d'esthétique appropriées, en assurant la meilleure
rentabilité possible des capitaux investis.
Pour ce qui concerne le gros œuvre proprement dit, les hôtels présentent de nombreuses
analogies avec les constructions courantes.
Cependant, cesédifices doiventcorrespondre àdesimpératifsprofessionnels etcomportent
l'aussi des installations industrielles spéciales dont il doit être tenu le plus grand compte, dès
abord.
Enbref, leplan général deconstruction d'un hôtel, dans ses divers aspects, seprésente sous
une forme spécifique et appelle des connaissances particulières de la part de son auteur.
COLLABORATION DU PROFESSIONNEL
ET DES HOMMES DE L'ART
Ce programme ayant été établi suivant la formule qui vient d'être proposée, avec,
naturellement, toutes variantes et modulations qu'imposent les cas d'espèce, une véritable
collaboration doit s'instituer entre le professionnel, maître de l'ouvrage, et les hommes de l'art
qui vont élaborer l'avant-projet, le projet et les plans d'exécution.
L'architecte, maître d'œuvre, a le rôle de s'informer attentivement des nécessités de servir et
de rétablir lesplans del'ouvrage enfonction des impératifs derentabilité del'établissement. Il est
certes plus facile de parvenir à de belles réalisations sans avoir ce souci constamment présent à
l'esprit et, trop légèrement parfois, des chefs d'entreprise ont été conduits à des surcharges
d'investissements par le fait de conseillers techniques qui ne tiennent pas suffisamment compte
de la destination commerciale de l'édifice à réaliser.
Ledécorateur, s'il lui est fait appel, cequi est fort souhaitable, responsable del'architecture
intérieure, devra être sensibilisé sur cesmêmesimpératifs et ne point suivre certaines habitudes,
d'optique toute différente, d'installations pour les appartements des particuliers.
Il est à recommander que le décorateur, sur les indications prévues dumaître de l'ouvrage,
élabore son avant-projet en relation très directe avec l'architecte et dès l'abord mêmede la toute
première conception de l'ouvrage, tant il est vrai que l'architecture proprement dite et
l'architecture intérieure dépendent étroitement l'une de l'autre. Cette précaution évitera des
malentendus, des fausses manœuvres, des pertes de temps par conséquent, et jusqu'à des
démolitions partielles en cours d'exécution avec tout ce que cela compte de retards et de
dépenses superflues, ce qui est autant de pénalités pour le maître de l'ouvrage.
Lechoixdesentrepreneurs est également très important et il ya lieu à cet égard de préférer
résolument auxcourtiers en travaux, trop répandus aujourd'hui, lesvéritablesconstructeurs des
différents corps d'État qui nevendent pas seulement leurs matériaux et leur main-d'œuvre, mais
aussi leurs connaissances.
Il faut bien être persuadé quel'élaboration d'un plan d'hôtel nécessite uneffortméthodique
de la part de l'équipe qui vient d'être évoquée. Dans ce domaine il ne peut s'agir, comme dans
l'automobile oul'aviation, parexemple,delancerune série aprèsessais rassurants deprototypes
ayant fait l'objet de nombreuses modifications. Lescorrections, les changements de modèle ne
sont pas permis ici et il s'agit de réussir dès l'abord.
PLANS-TYPES
La conception du plan ayant été établie suivant la formule qui vient d'être rappelée, les
renseignements ainsi rassemblés et coordonnés doivent apporter à l'architecte des éléments
suffisants pour entreprendre l'étude de son projet.
PLANS-TYPES DE CHAMBRES
Lacellule-chambre aétédiversement projetée dans lesplansci-contre, tant dans saformeet
sesdimensions quepar rapport auxautres chambreset parties d'un mêmeétage. Chaquecellule-
chambre comprend à la fois la partie logement et la partie sanitaire qui en dépend.
(Doc. C.C.C.h.c.i.)
FIG. 11. —Plan-type de chambres, catégorie 3 ou 4 étoiles.
FIG. 12. —Plan-type de chambres à 3 lits (Hôtel Frantel, Guadeloupe, 4 étoiles, Tropical).
Quelques plans-types de salle d'eau sont ci-contre donnés; les figures necomportent pas de
W.C., dont la dimension classique est d'environ 1,60 x 0,85 m.
Les précédents plans-types de chambres comportaient la figuration complète des salles
d'eau attenantes aux chambres.
NOTA. —Pour complément des plans-types de salles d'eau, voir aussi « Les surfaces
minimad'utilisation desappareilssanitaires »auchapitre II :« Lesinstallations techniques » —
« Sanitaire ».
FIG. 30.
Cellule chambre avec douche.
Surface chambre 12,02 m2.
Une tablette qui court sur trois faces
de la cellule assure les fonctions
suivantes :
—appui-tête de lit et chevet,
—secrétaire-coiffeuse,
—tablette vide-poches,
—bibliothèque et porte-documents.
Cette solution permet d'obtenir une
certaine continuité de la composition et
du mobilier de la chambre.
FIG. 31.
Cellule chambre avec bain.
Surface chambre 14,05 m2.
Mêmes caractéristiques d'ameu-
blement que dans la cellule douche.
La superficie supérieure de la
chambre permet d'envisager un coin
salon côté façade.
FIG. 32. —Façade sur rue.
Façade très ouverte, traitée en bandes horizontales, que souligne le plan vertical de la cage d'escalier.
L'accent est porté sur l'entrée de l'hôtel par un auvent à usage de descente à couvert.
IMPÉRATIFS DU PLAN
Un bon plan est toujours inspiré par la simplicité des notions et des lignes, génératrice, au
surplus, d'économie et d'utilisation pratique. Les formes carrées ou rectangulaires sont les
meilleures. L'angle doit être à la base de toute composition équilibrée.
C'est à partir d'éléments immobiliers par nature et par destination et essentiellement sur la
basedescellules-types dechambre, ainsi qu'il aété souligné précédemment, quedoit êtreconçue
la composition des plans d'hôtels. Une trame régulière correspondant au modèle-type de la
chambre doit en constituer le fond.
Style duplan. —Toute entreprise doit avoir son visage. Elle doit être vue, reconnue et
connue, au meilleur sens du terme, pour acquérir une certaine notoriété.
Cet impératif est essentiellement vrai pour les hôtels où une très grande importance doit
être donnée au contact avec le public sous forme, dès l'abord, d'une identification visuelle de
l'établissement, aperçu dans son ensemble extérieur. Al'aspect matériel de l'immeuble s'ajoute
l'élément immatériel, psychologique de ce qui transparaît par l'édifice de l'ambiance que l'on
suppose y trouver à l'intérieur.
Cette allure générale de qualité, résultant d'un plan bien fait et avec talent, doit ressortir
d'une simplicité élégante delignes, qu'elles soient d'inspiration traditionnelle oumoderne, cequi
est dans le moment préférable. Aussi, notre sens de la mesure et notre distinction dans le goût
doivent-ils se manifester dans nos réalisations.
La grandiloquence et le faux luxe sont à proscrire. Le style de l'immeuble, comme aussi
l'architecture intérieure, doivent être la sobre ponctuation d'une composition coordonnée.
Lesfaux styles, du genrenéo-basques ou néo-normands par exemple, dont il aété fort usé,
sont à écarter résolument. Des pastiches de cette nature manifestent une indigence
d'imagination qu'il n'est pas souhaitable d'afficher.
Les ressources et les productions locales mises en œuvre par les artisans du pays offrent
presque toujours des possibilités intéressantes dont le plan aura à tenir compte dans la fixation
de son style.
Il est, au sujet de ces impératifs d'esthétique de bâtiment, jusqu'à l'attention qui devra être
portée aux inscriptions qui y figurent : leur graphisme compte et singulièrement l'enseigne de
l'hôtel, ainsi que la bonne tonalité de son entrée.
Rationalisation des locaux de service. —Les éléments du service doivent être étudiés avec
un soin tout particulier : la réduction du personnel, facteur important d'économie, est fonction
d'une organisation bien conçue. Or, l'organisation du service est, la plupart dutemps,le point
faible des exploitations hôtelières.
FIG. 36. - Étude d'un hôtel-type de bon confort (2 étoiles) sans service de restauration.
1, Plan de rez-de-chaussée.
2, Plan d'étage.
L'avenir d'uneexploitation peutsetrouver, dès sacréation, compromispar desservicesmal
placés, mal proportionnés, qui peuvent être une gêne pour l'exploitant et pour l'usager.
Les services doiventêtre d'importance et de composition essentiellement variables suivant
la classe de l'établissement et le genre de clientèle.
Des développements particuliers sont présentés sur cette question des plans de locaux de
service dans le chapitre III, « Les installations de cuisines » et dans le chapitre IV,
« L'aménagement ».
Les exigences essentielles sont les suivantes :
—la cuisine et le restaurant doivent être au même niveau et reliés par deux portes, va-et-
vient, à sens unique;
—le bar et la caféterie doivent être reliés à l'office de cuisine;
—la cuisine et le restaurant à l'étage doivent être évités;
—il ne doit pas y avoir de chambres sous le plancher d'un restaurant;
—un réseau de gaines desservant chacune deux chambres et s'ouvrant sur les couloirs
doit permettre, outre le passage discret des tuyauteries de sanitaire et de chauffage, leurs
réparations sans avoir à pénétrer dans les appartements privés;
—les accès sur la rue ne doivent comporter que deux issues : une pour les clients, l'autre,
placée sous contrôle, pour le personnel et les marchandises;
—la largeur et les dédales de couloirs doivent être limités;
—si possible, un monte-charge pour les bagages doit être prévu pour éviter
l'encombrementdel'ascenseurdesclients. Lacirculation verticale autonome decesbagagesdoit
être complétée au rez-de-chaussée par une circulation horizontale également autonome
aboutissant àl'extérieur par uneporte spéciale accédant autrottoir par unepente doucepourles
chariots. Une réserve de valises vides doit être ménagée.
Servitudes techniques. —L'intervention de l'ingénieur ne doit pas s'ajouter, après coup, à
celle de l'architecte. Celui-ci, dans son projet, doit déjà prévoir les exigences des installations
industrielles et en tenir compte.
Danscebut, leplan devra prévoirdes salles de bains et desW.C. aérés, sans complications,
en ménageant la visite et l'entretien facile des canalisations. A cet effet, les tuyaux encastrés
devrontêtre écartés, pouréviter les fuites inaccessibles, les taches d'humidité, les oxydations, les
difficultés dedébouchage. Unegaineverticale sera créée quirecevra tous les tubes, fils et tuyaux,
ventilera les locaux et permettra l'entretien. Entre deux nervures de plancher, il sera pratiqué
une trémie qui se répétera à chaque étage. Une prise d'air sera ménagée au bas, complétée par
une évacuation à la partie supérieure.
La ventilation des eaux polluées devra être assurée.
Une évacuation au sol des salles de bains devra être prévue pour recevoir l'eau d'une
baignoire débordante.
Dans les sous-sols, devra être prévue une trappe ou une large porte pour le remplacement
des chaudières et des ballons d'eau chaude.
L'emplacement des moteurs devra être choisi de telle sorte que les locaux accessibles à la
clientèle ne soient gênés ni par leur bruit, ni par leurs vibrations.
L'isolation de l'installation électrique devra être étudiée, dans le plan de l'architecte, pour
éviter l'attaque des tuyauteries et canalisations par les courants vagabonds, qui proviennent le
plus souvent de l'extérieur et spécialement des lignes à haute tension de trolleybus,
d'électromotrices, etc.
La normalisation devra être la condition de toute réalisation économique et rationnelle.
Elle sera la base de la construction. L'hôtellerie doit s'insérer dans le cadre et dans l'esprit de
cette nécessité. Lors del'établissement duprojet, le souci de l'économie devra être constant, car
les exploitations ne seront viables qu'autant qu'elles seront rentables.
Il nepeutêtre question deréduire lescommoditésqui doiventêtre offertes auxclients, car il
est indispensable de trouver à l'hôtel un chauffage et une distribution d'eau convenablement
assurés, des bains, des doucheset W.C. particuliers engrande quantité. Cesont desinstallations
qu'il convientderendre durableset résistantes. L'économienesaurait doncêtre recherchéedans
ce compartiment.
Parcontre, il yapeudecas, saufdans leshôtels deséjourprolongéet dans leshôtels decure,
où le client ait à séjourner dans sachambre. Laréduction dela surface dela chambre àcequiest
nécessaire au sommeil, à l'habillage, au déshabillage, à la toilette, au rangement du linge et des
vêtements, à la lecture et à la correspondance, paraît donc possible.
La dimension réglementaire minima des chambres a été précédemment rappelée au
cours du présent chapitre sous le titre « Plans-types de chambres ».
La fabrication en grande série est un facteur d'économie.
L'intervention desélémentspréfabriquésaccélérera laréalisation, facilitera l'entretien et les
remplacements ultérieurs. Lesinstallations sanitaires et lesmobiliers doivent être prévus sousla
mêmeoptique. Les meubles incorporés, tels que les placards-armoires, dégageront les surfaces
utilisables.
Possibilités de modifications. —Il est souhaitable que les aménagements d'un hôtel
puissent être facilement rénovés, transformés ou reconvertis au bout d'une certaine période. Il
peut eneffet arriver que legenre de la clientèle d'une exploitation changeet que la contexture de
l'entreprise, du bâtiment lui-même, doive être profondément remaniée.
Laconstruction en pan de béton armé offre à cet égard des possibilités de transformations
intéressantes, les murs n'étant alors que des remplissages légers, faciles à abattre sans
modification de gros œuvre.
Dans le cadre de la construction réalisée devront être prévus, dans toute la mesure du
possible, des systèmes de compartimentages d'exploitation, souvent commandés par la
construction elle-même, qui permettent de réduire la marche de l'entreprise en périodes creuses.
TRAITEMENT ACOUSTIQUE
Ledéveloppement de nos techniques et l'évolution de nos mœurs nous rendent de plus en
plus générateurs de bruits et de plus en plus avides de silence quand il s'agit de notre confort
personnel.
L'habitation est l'endroit où le besoin de silence est le plus affirmé,de même que l'hôtel,
habitation provisoire. Toutefois, sil'individu n'a pastoujours unhabitat conforme àsesdésirs il
est plus libre sur le choix d'un hôtel et, de ce fait, y montre plus d'exigence, pour le confort
acoustique notamment.
Cet impératif professionnel d'un traitement acoustique attentif dans les constructions
hôtelières a conduit la Caisse Centrale de Crédit hôtelier, commercial et industriel à examiner
cette question par son Service de Recherches techniques qui a communiqué, pour cet ouvrage,
le résumé de ses recherches.
Avec la multiplication des sources de bruit, nous avons assisté, dans le domaine de
l'isolation acoustique, à un amoindrissement des performances de la construction où,pour des
raisons économiques, il a été recherché un allègement du poids des matériaux utilisés afin
d'économiser à la fois la matière et les temps de main-d'œuvre. Malheureusement, la perte de
poids entraînait une perte d'isolation phonique, la masse étant le meilleur obstacle à la
propagation des bruits aériens: aussi, assistons-nous à un retour auxstructures lourdes pour les
éléments devant créer l'isolation phonique (dalle pleine en béton armé pour les planchers,
cloisons épaisses en béton pour la séparation des logements ou des chambres d'hôtel), ces
procèdes étant les plus efficaces, les plus faciles à réaliser et les moins onéreux dans le bâtiment
compte tenu des techniques actuelles.
Toutefois, le problème n'est pas résolu pour autant; le traitement acoustique est un
domaine où chaque élément doit être étudié en fonction des autres et où les détails ont une
grande importance : par exemple, tel type de cloison qui aura donné d'excellents résultats en
laboratoire sera décevant, mis en œuvre, parce qu'il a été posé entre planchers trop légers, ou
traversé par des canalisations ou qu'un poste téléphonique mural y aura été accroché dont la
sonnerie alertera avec la mêmeefficacité et l'occupant de la chambre et son voisin. Le résultat
sera d'autant plus désastreux que par ailleurs le traitement acoustique aura été bien réussi.
Enfin, c'est aussi un domaine où les erreurs coûtent cher, quand elles peuvent être
rattrapées.
Aussi, conseillons-nous vivement de soumettre les projets de construction aux spécialistes
enla matière. Signalons àcet effet quela divisionacoustiqueduCentrescientifique et techniquedu
Bâtiment (4, avenue du Recteur-Poincaré, Paris, 16e)est habilitée à examiner les projets qui lui
sont présentés et à délivrer uncertificat d'examen acoustique et quela CaisseCentrale de Crédit
hôtelier, commercial et industriel, par son Service de Recherches techniques, donne
gratuitement des conseils aux hôteliers désirant construire ou modifier.
Cependant, la spécialisation du traitement acoustique de la construction n'empêche pas
chacun d'avoir quelques notions sur le sujet, ne fût-ce que pour apprécier les différents aspects
du problème dans un projet de construction et les solutions apportées par les techniciens.
Lutte contre le bruit. —La lutte contre le bruit doit être développée sur deux plans :
—réduction des bruits à la source d'une part,
—traitement acoustique du bâtiment d'autre part.
La réduction des bruits à la source résulte de l'application de consignes diverses qui sont
rappelées dans La Gestion Hôtelière, au titre de « L'organisation de l'exploitation ».
Le traitement acoustique du bâtiment est l'ensemble des dispositions prises à la
construction ou les travaux à faire sur un bâtiment existant pour obtenir le confort acoustique
cherché;
Les bruits qu'il est nécessaire de supprimer ou d'atténuer sont :
—les bruits aériens : par exemple, bruits de la circulation à l'extérieur du bâtiment, bruits
de conversation à l'intérieur, radio, etc.
—lesbruits d'impact oudechoc:par exemple, bruits depas, déplacement demeubles, etc.
—lesbruits de l'équipement :parexemple, chassed'eau, craquements descanalisations de
chauffage, etc.
Les opérations du traitement acoustique peuvent être divisées en deux parties : l'absorption
acoustique et l'isolation phonique.
Absorption acoustique. —La première partie, l'absorption acoustique, est la plus facile à
réaliser : pour ce qui intéresse l'hôtel, elle a comme but, notamment, defaire baisser les bruits,
dans un local, par ailleurs convenablement isolé phoniquement, du niveau gênant au niveau
acceptable, sinon agréable.
Les ondes sonores émises dans un local sont perçues soit directement, soit après réflexion
(réverbération) sur les parois (murs, sol, plafond); les ondes réverbérées le sont aussi longtemps
que l'énergie qui leur aété communiquée àl'émission et quiest partiellement absorbée à chaque
réflexion n'est pas tombée au-dessous d'une certaine valeur pour laquelle elles sont inaudibles.
Letempsmisàperdre cetteénergie est letempsderéverbération. Sicetempsesttrop grand,
ondes directes et réverbérées se superposent, rendant la conversation, par exemple (salle de
restaurant), bourdonnante ou même incompréhensible. L'auditeur est gêné et le plaisir de la
table, pour reprendre l'exemple ci-dessus, contrarié.
Lephénomènedépendduvolumedulocalet delanature desparoiset seseffets sont différents
suivant que ce local est vide ou meublé et occupé. L'ameublement et la décoration (tapis,
rideaux) ont une part importante dans l'affaire et l'appréciation d'un temps de réverbération ne
doit être faite qu'après mise en service du local en cause.
Letraitement consiste à rendre lesparois, en totalité oupartiellement, non réfléchissantes,
c'est-à-dire denature àdévier lesondessonoresouàenabsorberaumaximuml'énergie gênante.
Lesol, quand ilestenpierreouencarrelage, est unbonréfléchissantet soneffet sera atténué
par l'emploi detapis. Traité autrement :moquette, matières plastiques, linoléum, caoutchouc, il
peut suffire à rendre le temps de réverbération acceptable tout en atténuant les bruits d'impact
(marche, déplacement de meubles).
L'architecture moderne est caractérisée notamment par l'emploi de la glace qui a un
excellent pouvoir réfléchissant et qui nepeut recevoir aucun traitement direct :lesvoilageset les
rideaux peuvent alors être utilisés ou à défaut le muropposé doit être traité : peinture d'aspect
Lesespaces séparant les éléments du double mur ou de la cloison doivent être remplis d'un
matériau absorbant très peu rigide (fibres minérales ou végétales) renforçant l'isolation donnée
par le système et empêchant, entre les deux éléments, les contacts qui sont une source de
nombreux échecs.
PAROISHORIZONTALES
—dalle en béton plein de 16 cm d'épaisseur compris plafond et chape d'usure;
—plancher en corps creux ou autres d'une masse égale à 220 kg/m2 au moins supportant
unparquet en bois surlambourdes flottantes avecmatelas defibres deverre ouautre revêtement
sur dalle flottante.
Lesbruits d'impact sont lesbruits provoqués par unchoc(marche, chuted'objet, etc.) sur le
plancher supérieur et perçus à l'étage inférieur. Ils sont transmis au plancher par le revêtement
de sol qui reçoit le choc et leur effet dépend de la nature de ce revêtement.
La qualité acoustique du revêtement est caractérisée par l'« indice alpha » qui mesure
suivant un essai normalisé de laboratoire la diminution de bruit assurée par ce revêtement.
Plus l'indice est élevé, plus grande est la diminution de bruit de choc qui peut être attendue
d'un revêtement de sol. Il doit être au moins de :
—21décibels (dB)si le revêtement est posé sur un plancher pesant 350kgau moins aum2,
—24 décibels (dB) si la masse du plancher est inférieure à 350 kg/m2.
Lesfichestechniques établies par les fabricants donnent la valeur decet indice mesuré dans
les laboratoires du Centre scientifique et technique du Bâtiment qui, d'autre part, publie
régulièrement le résultat des essais qu'il effectue.
Un bruit de choc peut-être plus particulièrement produit dans l'hôtel est celui de la
fermeture brutale desportes. Onle combat efficacement en fixant en feuillure de petits plots de
caoutchouc qui amortissent le contact de la porte et de l'huisserie.
L'atténuation desbruits deséquipementspeut être obtenue par lechoixdeceux-ci, par leur
emplacement et par leur mode de fixation.
Le choix doit, évidemment, porter sur les appareils les plus silencieux (interrupteurs
électriques, W.C., robinetterie, gaines de ventilation en boisseau de faible hauteur —bien
remplir les joints —plutôt qu'en éléments préfabriqués de hauteur d'étage, à moins de traiter
spécialement la paroi intérieure); en outre il ne faut pas hésiter à prendre des sections de
canalisation excédentaires pour réduire, au maximum, la vitesse d'écoulement des fluides
compte tenu des exigences du bon fonctionnement.
L'emplacement del'équipement doit être situé aussi loin que possible des zones de repos et,
s'il est fixé à une cloison, celle-ci doit avoir au moins 10 cm d'épaisseur quand elle risque de
rayonner le bruit dans la cellule voisine.
Malgrécesprécautions, il est indispensable desoigner lesdispositifs defixation et depose. Il
est bon d'intercaler un matériau mou (feutre, liège, etc.) entre les canalisations et les fourreaux
oulesanneauxdescolliers; la patte deceux-ci sera flexible ouscellée par unsystèmeantivibratile
quand l'épaisseur du mur qui supporte le collier sera suffisante. Les appareils seront posés sur
dessystèmes anti-vibratiles d'autant plus élaborés que l'appareil sera plus générateur debruits :
simples plots de caoutchouc ou de liège sous les pieds des baignoires, massifs lourds avec
scellement spéciaux pour les moteurs.
FIG. 41. —Protection contre le bruit par glace épaisse de 8,7 mm;
indice d'affaiblissement acoustique moyen : 37,5 dB.
FIG. 42. —Traitement acoustique et isolation thermique par double vitrage isolant,
étanche et préfabriqué.
Il convientdenoter pour resterdans lacomparaisondel'isolation phoniqueetdel'isolation
thermique que les solutions techniques apportées à l'une ou à l'autre ne sont pas valables pour
les deux et qu'elles peuvent même parfois être opposées.
L'analyse du problème des échanges thermiques ducorps humain a montré que le confort
n'est pas seulement dû à la température intérieure du local mais aussi à l'écart de température
entre les parois de ce local et l'air ambiant intérieur.
Les conditions de confort ont pu ainsi être fixées par les valeurs suivantes :
Température de Fair 18 à 20°C
Écart maximum de température de l'air et des parois :
plafonds 2°C
murs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3"e
Il apparaît ainsi que lesparois d'un local à chauffer doivent, d'une part, opposer leplus de
résistancepossible à l'écoulement des calories del'intérieur versl'extérieurt,d'autre part, donner
à cet écoulement une allure telle que la température de leurface intérieure reste à 2 ou 3°C au
maximum inférieure à celle de l'intérieur.
Pour créer de telles conditions dans un climat de caractéristiques moyennes, pour la
France, comme celui du Centre, il faut une épaisseur de mur de 1,50 à 3,00 mavec des pierres
naturelles suivant leur dureté, de 1,30 mavecdu béton armé, de 0,60 mavecde la brique pleine
et 0,40 mavec de la brique creuse.
Pour réduire ces épaisseurs, économique-
ment impossibles à réaliserai convient d'incorpo-
rer au mur un élément mauvais conducteur de la
chaleur. Cet élément est l'air, à condition qu'il
soit au repos. Toutefois, pris entre deux
épaisseurs de murs il est le siège de courants qui
limitent son efficacité et il est préférable de
l'inclure dans des compositions qui l'emprison-
nent en petits volumes discontinus. Ce sont des
matériaux isolants : béton cellulaire, béton de
vermiculite, bois, fibres minérales, matériaux
polastiques : polystyrène, polyuréthane, etc.
Ils permettent la construction de murs
composites de faible épaisseur : par exemple une
paroi composée d'un mur de briques pleines de
11 cmd'épaisseur, d'un isolant (fibre de verre) de
5cmd'épaisseur, d'une contre-cloison enbriques
creuses de 4 cm d'épaisseur et d'un enduit de
FIG. 43. —Isolation thermique plâtre, soit 22 cm au total, est équivalente à un
entre chevrons. mur eh briques pleines de 0,88 md'épaisseur.
Ils sont utilisés sous forme de plaques ou mis en œuvre directement sur le chantier par
répandage (béton de vermiculite) ou par projection (polyuréthane).
Ils peuvent être employés dans toutes les parois en contact avec l'extérieur ou formant
l'enceinte de locaux pas ou peu chauffés (cave, garage).
Dans les murs, ils sont placés, en général, vers la face intérieure. Il semble que cette
localisation ne soit pas toujours la plus judicieuse. En effet, les murs d'un local chauffé
accumulent de la chaleur et forment un « volant thermique » qui atténue les variations de
température. Quand l'isolant est versla faceinterne de la paroi, levolant thermique est réduit et
son rôle est nul, condition qui convient mieux dans un local où le chauffage est intermittent.
Dans les combles, l'isolant (fibres minérales) est placé à la partie supérieure du dernier
plancher si le comble est inaccessible, contre la charpente dans le cas contraire.
En terrasse, il est en général' placé entre la dalle et la forme de pente recevant l'étanchéité.
Lorsque l'isolant est dans la zone des condensations (mur,terrasse),il doit être protégé par
un pare-vapeur —voile s'opposant au passage de l'air —s'il est de nature à s'imprégner d'eau
(fibre minérale, béton), ce qui lui ferait perdre ses qualités d'isolant.
Un autre aspect de l'isolation thermique est le traitement desfenêtres.
La fenêtre est le siège de déperditions importantes, à la fois par le bâti et par les vitres.
L'étanchéité des joints entre les parties fixes et mobiles est en général imparfaite, ce qui
contribue à la ventilation nécessaire du local. Toutefois, cette ventilation n'est pas contrôlée et
perturbe lerégimedechauffage. Il estplusindiquéd'assurer unebonneétanchéitédela fenêtreet
laventilation par uneentrée situéederrière unradiateur quiréchauffera, au passage, l'air aspiré.
En ce qui concerne le vitrage, les double ou triple glaces emprisonnant une ou deux lames
d'air de faible épaisseur entre deux ou trois glaces permettent de réduire sensiblement les
déperditions, et le supplément d'investissement qu'elles nécessitent est bien compensé par
l'amélioration du confort qu'elles procurent et les économies sur les dépenses de chauffage,
surtout en pays de climat rigoureux.
Il est signalé, à ce sujet, qu'une étude de chauffage d'un bâtiment à construire n'est pas
complète si elle n'estpasfaite en mêmetemps quecelle de l'isolation thermique de ce bâtiment. Il ne
s'agit pas seulement de savoir si tel combustible est plus économique qu'un autre, mais aussi de
choisir entre les différents modes de construction celui qui assurera la plus faible dépense de
combustible en réduisant les déperditions calorifiques et de faire un bilan thermique général.
RÉALISATIONS RÉCENTES
Des informations, sous forme de figures essentiellement, sont exposées ci-après sur une
série d'hôtels de création récente rationnellement conçus et exécutés suivant les techniques
modernes, dans un style au goût du jour et adaptés aux lieux de leurs implantations.
Ces informations sont nécessairement schématiques. Elles ont, cependant, le propos de
situer en lignes générales ces réalisations et de suggérer par leur exemple des solutions-types
qu'il serait, d'évidence, nécessaire de remodeler dans chaque cas d'espèce de projets de même
genre.
Lesrenseignements quivont suivre s'efforcent d'offrir, dans uncadre réduit, une gammede
différentes catégories d'hôtels à diverses destinations d'exploitation.
PARIS, HÔTEL CONCORDE LA FAYETTE(4 étoiles-Luxe)
Caractéristiques générales
SITUATION
Implantation intégrée au Centre International de Paris, à la Porte Maillot.
ARCHITECTURE
Première tour-hôtel d'Europe.
Hauteur de 140 mètres.
32 niveaux de chambres dominant Paris.
Architectes : Guillaume GILLET, Grand Prix de Rome, Membre de l'Institut,
Henry GUIBOUTet Serge MALOLETENKOV.
CATÉGORIE
4 étoiles.
CAPACITÉ
1000 chambres à 2 lits.
1000 dont 168 chambres communicantes.
21 suites.
4 appartements « Président ».
FIG. 47. —Hôtel Cosmos, à Moscou. Façade interne du bâtiment en arc de cercle.
Grande unité étrangère de conception et de réalisation françaises.
Cet édifice de 1821 chambres (3642 lits), de type 4 étoiles à 26 étages, est le plus grand
hôtel français du monde. Construit par la Société d'Etudes financières et de Réalisations, de
Paris (S.E.F.R.I.), maître d'oeuvre, pour le compte russe de « Sojuzvneslitrof-Impost ». Il sera
géré par « Intourist ».
La S.E.F.R.I. a fait appel pour l'engeneering hôtelier au bureau d'études OMEGA qui a
conçu la mise en place et les voies et moyens de marche de l'établissement. Ce bureau d'études
français de conseil hôtelier, dont les interventions sont de notoriété internationale, a établi les
inventaires de surfaces préliminaires, les plans de détail de tous les services professionnels et le
descriptif des locaux correspondants. Il a fixé, également, l'organigramme de fonctionnement
avec lesdétails detous lespostesdetravail, ainsi que lediagrammedetempspour chacun d'eux.
Il a rédigé un manuel d'utilisation de l'hôtel et déterminé les conditions de sa gestion et de son
contrôle par système informatisé.
Le bâtiment se développe sur plus de 200 mde façade de murs-rideaux en aluminium sur
structure en béton armé. Il s'élève à 100 m et la surface de tous les niveaux représente
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sein des collections de la Bibliothèque nationale de France, notamment au titre du dépôt légal.
Elle peut donc reproduire, au-delà du texte lui-même, des éléments propres à l’exemplaire
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