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Ajustement de la Balance de Paiement

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Finance Internationale

Chapitre 4 : Ajustement de la Balance de Paiement – Partie 2

Ajustement par effet-prix (Approche par l’élasticité)

Selon cette approche, un pays peut corriger un déficit par un mouvement du taux de change en régime de
change flottant ou par les variations du prix des biens et services (inflation) en régime de change fixe (comme
le système de l’étalon-or1). La correction d’un surplus demandera des opérations inverses. Le réajustement est
automatiquement restauré.
Comme ce concept se base sur les flux commerciaux et que la rapidité de l’ajustement dépend de la mesure
dans laquelle les importations et les exportations sont sensibles aux changements de prix, on l’appelle aussi
approche par le commerce ou par l’élasticité.

1. Les mécanismes d’ajustement


Nous partons ici de la même situation fictive. On suppose que le monde se résume à deux pays : la France
(pays domestique) avec une balance commerciale déficitaire et les Etats-Unis (pays étranger, ou reste du
monde) avec une balance commerciale excédentaire2.

1.1. Ajustement par effet-prix en régime de change fixe

Aux Etats-Unis, l’excédent de la balance commerciale produit une entrée de devises tandis que le déficit
entraine une sortie de devises en France. Ce qui implique une augmentation de la masse monétaire aux Etats-
Unis et une baisse de celle-ci en France. Par la théorie quantitative de la monnaie (M.V = P.T), qui suppose V
et T constantes, la variation de la masse monétaire induit une variation proportionnelle au niveau des prix.
Ainsi, les prix aux Etats-Unis s’élèvent tandis que les prix en France baissent. Cette modification de prix
stimule la demande pour le produit français et freine la demande pour le produit américain contribuant ainsi à
ajuster les déséquilibres des échanges.

1.2. Ajustement par effet-prix en régime de change flottant

En régime de change flexible, les déséquilibres des échanges sont rétablis sans modification des prix intérieurs.
L’excédent américain provoque une demande excédentaire sur le dollar et une offre excédentaire sur l’euro.
Le dollar s’apprécie et l’euro se déprécie. La dépréciation de l’euro élève le prix en euros des produits
américains ce qui réduit les importations françaises des Etats-Unis. Le déficit de la Balance commerciale de la
France se réduit. Tant que la balance des paiements entre les deux pays n’est pas réequilibrée, la dépréciation
de l’euro par rapport au dollar se poursuit jusqu’à ce que le rééquilibre se rétablit.

1
Ce mécanisme d’ajustement a été décrit à l’origine par David Hume, liant l’évolution des prix au flux de métaux
précieux.
2
Nous choisissons ici d’exprimer tous les prix en devise étrangère ($), bien qu’il est possible de les exprimer dans d’autres
monnaies. L’intérêt que nous avons à determiner l’offre et la demande de devises justifie notre choix.

S. Bakhit, 2022 1
2. Les limites de cette approche

En neutralisant les effets liés au revenu et aux encaisses monétaires, la demande de biens importés et exportés
est essentiellement fonction de leurs prix. L'effet final des modifications de prix sur le courant des échanges
ne dépend plus alors que de leurs élasticités. Cet effet sera d'autant plus favorable que les élasticités seront
fortes. En excluant la modification directe des prix des biens, l'ajustement, dans l'optique des élasticités, se fait
essentiellement par la modification de change (dévaluation). C'est alors l'occasion de repréciser les effets
attendus d'une dévaluation de la monnaie avant de présenter les limites possibles à son succès.

2.1. Les effets attendus de la dévaluation


Le pays qui dévalue sa monnaie table généralement sur trois effets :
- l'effet de détérioration des termes de l'échange ;
- l'effet volume ;
- les rentrées de capitaux.
Pour ce qui concerne le premier effet, l'effet de détérioration des termes de l'échange, il provient du fait
que la dévaluation modifie le prix relatif des importations qui tend à s'élever en monnaie nationale et celui
des exportations qui tend à diminuer en monnaie étrangère.
S'agissant du second effet, l'effet volume, il est le résultat de la dépréciation du cours de change (∂S⁄S >
0 à l'incertain). Cette dévaluation permet - toutes choses égales par ailleurs-d'obtenir :
- un accroissement des quantités exportées, ∂X⁄X > 0 ;
- une baisse des volumes importés, 𝜕𝑀 ⁄𝑀 < 0,

avec :
S le cours de la monnaie (cotée à l'incertain) ;
∂X, la variation dans les quantités exportées ;
∂M, la variation dans les quantités importées.

L'effet d'accroissement des exportations et de diminution des importations doit être suffisamment fort pour
que le solde obtenu en valeur (∂X - ∂M) puisse compenser l'effet précédent de détérioration des termes de
l'échange. C’est à dire il faut que l’élasticité de 𝑋⁄𝑃 et l’elasticité de 𝑀⁄𝑃 soient tel que 𝑋⁄𝑀 augmente
𝑋 𝑀
𝑃𝑋
plus vite que la baisse de ⁄𝑃 .
𝑀

Quant au dernier effet, la rentrée des capitaux, les rentrées de capitaux sont généralement affectées avant
la dévaluation par des sorties spéculatives. Après la dévaluation, les capitaux devraient revenir après avoir
profité de la prime de dévaluation. C'est pour cela que certains auteurs admettent que la dévaluation agit
beaucoup sur le bas de la balance (compte financier).

S. Bakhit, 2022 2
Mais l’impact positif de ces trois effets normaux d’une dévaluation peut être contrecarrer par des
limites situées à court et à plus long terme.

2.2. Les limites de court terme

2.2.1. La courbe en J et la condition de Marshall-Lerner

A. La courbe en J

Définition
On observe que la balance courante d’un pays se détériore immédiatement après la dépréciation réelle de sa
monnaie. Elle ne commence à s’améliorer que quelques mois à un an plus tard. Ce phénomène est connu sous
le nom de courbe en J.

La description du phénomène
L’illustration suivante permet de mieux saisir le phénomène de la courbe en J. Le niveau de la balance courante
est placé en ordonné et le temps écoulé en abscisse. On se place dans la situation d’une dépréciation instantanée
(ou une dévaluation dans un système de changes fixes) de la monnaie nationale.

Figure 1. Dynamique de la dévaluation : La courbe en J

Au moment de la dépréciation (à t0), la balance courante se détériore brusquement (déplacement de A à B),


puis met un certain temps à se rétablir jusqu’à son ancien niveau en t1 (déplacement de B à C) avant de connaître
une amélioration (en t2). Ce phénomène a plusieurs causes :

S. Bakhit, 2022 3
- Le déplacement de A à B est une conséquence de la dépréciation monétaire à to. La majeure partie des
exportations et des importations sont commandées des mois à l’avance de sorte que les quantités ne
s’ajustent pas immédiatement aux fluctuations des prix. Les exportations n’augmentent pas en valeur
et les importations deviennent plus coûteuses. La dépréciation va donc accroître automatiquement la
valeur des importations et réduire la balance courante. C’est l’effet-prix de la dépréciation, que l’on
peut jugé instantané.
- À t1, les contrats sont renégociables. Le redressement de la balance commerciale commandé par la
dégradation des termes de l’échange TE nécessite un certain délai. Les exportateurs doivent mettre en
place de nouvelles capacités de production et embaucher pour faire face à l’excédent de demande
étrangère pour leurs produits. De même, la réduction de la consommation des biens importés devenus
plus coûteux oblige les producteurs locaux à accroître leur offre de produits substituts. Cette
réallocation des ressources productives aboutit à l’effet-volume de la dépréciation.

B. La condition de Marshall – Lerner (Théorème des élasticités critiques)


La condition de Marshall-Lerner énonce donc qu’une dépréciation réelle (appréciation réelle) de la monnaie
améliore (détériore) la balance commerciale d’un pays à la condition que la somme des valeur absolues des
élasticités-prix de l’offre d’exportation et de la demande d’importation soit supérieure à l’unité : |εX | + |εM | >
1. Ce qui revient à affirmer que l’effet – volume positif engendré par une dépréciation doit être suffisamment
intense pour compenser l’effet-prix négatif.

2.2.2. Le comportement de marge

Ce principe énonce que non seulement il y a retard dans la réponse de la balance commerciale à une
dépréciation/ dévaluation mais aussi que l’accroissement des prix intérieures des biens importés peut être
moindre que le montant de la dépréciation même après un certain délai.

Par exemple, une dépréciation de 10% de l’euro par rappot au dollar, peut se traduire par une augmentation
des prix des biens importés des Etats-Unis de moins de 10% si les firmes américaines baissent leurs prix pour
garder leur part de marché. Cela a pour conséquence de contrecarrer les effets attendus de la dévaluation.

2.3. Les limites de long terme

2.3.1. L’effet d’hystérésis

Il y a hystéréris lorsqu’un phénomène persiste alors que sa cause initiale a disparu. On observe ce phénomène
sur la balance commerciale suite à des variations du change assez longues : le solde ne réagit pas à un retour
du taux à son niveau initial.

Le phénomène d’hystérésis permet notamment d’expliquer la persistance des déséquilibres extérieurs


américain. On considère notamment que l’appréciation du dollar intervenue dans la moitiée des années 1980
a élevé de façon permanente le niveau des importations nettes des Etats-Unis. Ainsi, la dépréciation du dollar

S. Bakhit, 2022 4
observé à partir de 1985 n’a pas permi le retour à une balance commerciale équilibrée bien que le dollar a
retrouvé des niveaux inférieurs à ceux de 1980.

Illustration du phénomène :
On peut expliquer cette persistance des déséquilibres de la façon suivante :
L’appréciation durable du dollar permet aux entreprises étrangères de s’installer en accroissant leurs ventes
sur le marché du pays dont la monnaie s’apprécie. Ainsi, elles amortissent leurs coûts fixes d’entrée sur le
marché (installation d’un réseau commercial, achat de matériel, etc). Lorsque la monnaie se déprécie, les
entreprises étrangères ne se retirent pas du marché étant donné l’importance des coûts fixes d’installation et
qui sont par nature irrécupérables. Ces entreprises vont donc tenter de fidéliser leur clientèle et de comprimer
leurs marges.

Le renforcement de la concurrence lié à l’appréciation intiale ne peut donc pas être éradiqué par une
dépréciation équivalente. Le nombre d’offreur sur le marché augmente denfaçon irrémédiable et justifie un
effet d’hystérésis. La situation américaine avec la concurrence des firmes japonaises est de ce point de vue très
éclairante.

2.3.2. Les effets inflationnistes

L’inflation est l’autre effet négatif lié à la dépréciation/ dévaluation et qui intervient à long terme. Cette
inflation est qualifiée d’importée dans le sens où elle vient de la hausse du prix des importations consécutive
à la dépréciation/dévaluation. Cette hausse de prix impacte à la fois directement et indirectement l’inflation du
payx considéré et peut déboucher sur une spirale inflationniste.

Le schéma suivant résume ce mécanisme.


Figure 2. Les effets inflationnistes d’une dévaluation/ dépréciation

Dévaluation/dépréciation

Hausse du prix des biens importés

Hausse des coûts des entreprises

Hausse des prix à la consommation

Hausse des salaires

S. Bakhit, 2022 5
L’effet inflationniste direct et mécanique de la dévaluation/dépréciation vient de ce que les biens importés sont
pour partie des biens de consommation finale (effet 1 sur le schéma). L’importance de cet effet peut être
contrecarrée partiellement par les comportement de marge des exportateurs étrangers. Mais d’autres facteurs
indirects vont également renforcer le processus inflationniste. En premier lieu, l’augmentation du prix des
matières premières intermédiaires importés repreéente une hausse du coût des entreprises nationaux. Ces
hausses des coûts sont repercutées sur le prix des biens finals, ce qui participe à l’infmation (effet 2).
En second lieu, la hausse du prix des biens importés crée un relâchement de la concurrence pour les entreprises
nationales. Celles –ci peuvent augmenter leurs prix afin d’accroître leurs profits immédiats (effet 3). En
troisième lieu, la hausse de l’inflation par les mécanismes décrits risque de s’auto entretenir à cause de
l’indexation des salaires au niveau général des prix. Les revendications salariales finiront par apparaître et
induiront une hausse des salaires accroissant le coût des entreprises et in fine les prix à la consommation.
Le cercle vicieux de l’inflation (spirale inflationniste) se met donc en place.

Remarque :
L’approche en terme d'élasticité présente l'inconvénient d'avoir un contenu exagérément statistique qui
complique les calculs et biaise les données. De même, elle ne fait pas suffisamment ressortir les effets négatifs
d'une dévaluation. Outre son action sur la résorption du déficit, la dévaluation, augmentant les exportations et
substituant des produits locaux aux importations, se traduit par une hausse de la production, du revenu et de
l'emploi. C'est sur cet effet revenu que s'appuie Alexandre Sidney (1952, 1959) pour proposer une nouvelle
approche, fondamentalement différente tant dans sa construction que dans ses enseignements.

S. Bakhit, 2022 6

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