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Dollarisation et efficacité de la politique monétaire

L’économie est peut être une science, mais elle semble obéir aux caprices de la modeste

La dollarisation c’est-à-dire l’utilisation d'une monnaie étrangère, généralement les dollars des États-
Unis à des fins de transactions , était il y a quelques années seulement un thème brûlant des
conférences économiques. Maintenant que les coûts et les risques de la dollarisation apparaissent
plus clairement, les économistes jouent davantage la prudence . Néanmoins, la dollarisation reste
chose courante et s’est même intensifié dans certains pays . Plus récemment, d’autres monnaies,
telle que l’euro , sont utilisées à cet effet . Même s’il s’agit en fait d’une euroïsation , le terme
dollarisation est souvent utilisé dans ce cas aussi

L’utilisation croissante du dollar pour les transactions réelles et financières est souvent une réaction
des citoyens ou des pouvoirs publics d’un pays à l’instabilité de la monnaie nationale. Cependant , si
l’usage du dollar peut donner lieu à une plus grande stabilité macro-économique, il peut aussi
rendre le système financier plus vulnérable aux crises de liquidités et de solvabilité . En outre , il peut
être très difficile de dédollariser , même si le pays a continué d’utiliser en parallèle sa propre
monnaie et s’il en a stabilisé la valeur . En conséquence la prudence est de mise

 Définition de la dollarisation
Cfr mémoire

 Formes de dollarisation

La dollarisation peut prendre des formes multiples :

1. Dans une dollarisation totale ou officielle, une monnaie étrangère dans ce cas, le dollar
américain est adoptée par un pays comme monnaie légale principale ou exclusive.
2. Dans une dollarisation partielle ou de fait, un pays gardé sa monnaie nationale en
circulation , mais permet aussi d’effectuer librement des paiements et de transactions en
dollars.

Il est utile de distinguer 3 types de dollarisation :

 La dollarisation de paiement : le dollar est utilisé essentiellement comme moyen de


paiement
 La dollarisation financière : les résidents détiennent des actifs financiers en dollars
 La dollarisation réelle : Les prix et les salaires intérieurs sont fixés en dollars.

Il n’existe qu’une poignée d’économies totalement dollarisées ( El Salvador, Équateur et Panama)


mais la dollarisation partielle est très répandue . La ratio dépôts en monnaie étrangères à augmenté
ces dernières années en Amérique Latine , en Asie , en Afrique et dans les pays en transition
d’Europe. La RDC fait partie des 14 pays qui connaissent une dollarisation partielle.

 Facteurs à la base de la dollarisation

La dollarisation tient souvent à des antécédents d’instabilité macro-économique . En général, la


population préfère détenir une monnaie dont le pouvoir d’achat est relativement stable. C’est
pourquoi les résidents de pays où à toujours règne une inflation élevée et instable préféreront sans
une monnaie étrangère dont la valeur est plus stable.

Les facteurs institutionnels jouent un rôle important dans la détermination des raisons pour
lesquelles certains pays ayant des antécédents d’instabilité macro-économique sont dollarisés et
d’autres pas. Certains pays cherchent à limiter la baisse d l’épargne qui peut résulter de l’inflation en
autorisant l’utilisation d’une monnaie étrangère, d’autres essaient de résister à la dollarisation en
promouvant des systèmes d’indexation financière ou en recourant au contrôle des capitaux. Cela dit,
l’absence de marchés financiers profonds a l’appui d’un marché liquide d’instruments indexés ainsi
que la simplicité, la transparence et la crédibilité des instruments en dollars sont peut-être les
facteurs qui font pencher la balance en faveur d’une dollarisation partielle dans certains pays.

La Bosnie-Herzégovine, Israël, le Mexique, la Pologne et la Slovénie ont dedollarisé leur économie


après avoir appliqué une politique crédible de lutte contre l’inflation. Dans certains de ces pays , la
dédollarisation a été soutenue par des réglementations, et meme69ar une conversion forcée en
monnaie nationale des actifs ou passifs en dollars. Mais pour des raisons qui ne sont pas bien
comprises, la dollarisation a bien persisté, voire progressé, dans de nombreux pays mêmes après la
stabilisation de la monnaie nationale. Pour les pays tentés par la dollarisation forcée, la fuite des
capitaux peut être considérable ( en 1982, au Mexique, elle a été estimé à 6,5 milliards USD ) et elle
n’assure pas toujours un recul soutenu de la dollarisation, comme en témoignent la Bolivie (1982) et
le Pérou (1985)

 Coûts de la dollarisation

Si une dollarisation peut accroître l’intermédiaire financière dans certains pays, elle expose aussi
davantage le système financier aux risques de liquidités et solvabilité. Lorsque ces risques ne sont pas
bien évalués et maîtrisés par les institutions financières et autres opérateurs, ils peuvent être source
de turbulences et même les aggraver en provoquant des retraits massifs de dépôts bancaires et
crises financières. Dans un système dollarisé , il y a risque de liquidités lorsque la couverture des
passifs en dollars des banques est insuffisante.

Une augmentation supposée du risque- pays ou du risque bancaire pourrait pousser les déposants ou
autres créanciers à convertir leurs dépôts ou lignes de crédit en dollars liquides, où à les transférer à
l’étranger. Les passifs en dollars doivent être réglés au pair contre des monnaies étrangères. Si ces
passifs ne sont pas couverts par un niveau suffisant d’actifs liquides en dollars à l’étrangers, les
banques pourraient manquer de réserves liquides en dollars et épuiser alors les réserves de change
de la banque centrale. Les ruées sur leurs passifs en dollars peuvent être provoquées par une
détérioration de la situation macroéconomique, comme au Mexique en 1982 , en Argentine et en
Uruguay en 2001 et en Bolivie en 2003

Dans les systèmes financiers partiellement dollarisés , les risques de solvabilité résultant d’un
déséquilibre entre les actifs et les passifs en monnaies étrangères ainsi que des effets que de fortes
dépréciations de la monnaie nationale peuvent ainsi avoir sur la valeur nette. Ce manque de
concordance existe lorsque les actifs en monnaies étrangères ne correspondent pas aux passifs en
ces monnaies. Quand les passifs en monnaies étrangères d’une banque sont plus élevées que ces
actifs en monnaie, une dépréciation de la monnaie nationale réduira sa valeur nette et pourrait
compromettre sa solvabilité. C’est ce qui se passe lorsqu’une banque accepte des dépôts en
monnaies étrangères et accordé des prêts en monnaie nationale. Elle s’exposé à ce qu’on appelle le
risque de change. Lorsqu’une banque prête à des entreprises ou à des ménages dont les actifs et les
passifs différent, elle peut subir des pertes indirectement à la suite d’une dépréciation de la monnaie
nationale, même s’il y a concordance de ses propres actifs et passifs en monnaies étrangères. En
raison de la dépréciation, l’emprunteur non couvert subit une perte qui pèse sur sa capacité
d’assurer le service du prêt, d’où un risque de défaut de paiement. Lorsqu’une grande partie du
portefeuille de prêts du système bancaire est concentrée sur le crédit à ce type d’emprunteurs, les
banques sont exposées à un risque de crédit qui résulte du risque de change de leurs emprunteurs ,
ces pertes peuvent menacer la solvabilité des banques.

 Maîtrise des risques liés à la dollarisation

Les gouvernements de certaines économies dollarisées appliquent des mesures complémentaires


pour réduire la vulnérabilité de leur système financier : Des mesures prudentielles visant à maîtriser
les risques de liquidités et de solvabilité de la dollarisation vont de pair avec des mesures destinées à
rendre la monnaie nationale plus attrayante et à réduire la dollarisation

Les mesures qui visent à limiter les risques de liquidités sont courantes dans les économies très
dollarisées, mais leur portée et leur nature varient. Un volume élevé d’actifs liquides en monnaies
étrangères en espèces ou déposés à l’étranger sert souvent de volets de sécurité. Cela permet de
réduire la probabilité d’un épuisement de liquidités en cas de retraits massifs de dépôts bancaires,
ainsi que celle des retraits massifs proprement dits. Dans certains pays , une grande partie de ces
actifs liquides correspond aux réserves de change de la banque centrale. Dans d’autres, les
institutions financières déposent aussi une grande quantité d’actifs liquides à l’étranger, soit
volontairement, soit en application de la réglementation prudentielle ( sous forme de liquidités ou
de réserves obligatoires) . L’objectif de cette règlement est d’assurer que les banques partagent le
coût de rétention de liquidités élevées et internalisent donc les risquez inhérents à une économie
dollarisée. D’autres pays disposent de mécanismes explicites qui permettent à la banque centrale de
fournir des liquidités en monnaies étrangères. La crédibilité de ces mécanismes est accrue si le
réserves de change officielles sont abondantes.

Quoique encore rares, les mesures visant à maîtriser le risque de crédit lié au change se répandent.
Leur principal objectif est d’encourager les créanciers et les débiteurs à internaliser les coûts de
fonctionnement dans une économie dollarisée. Parmi le large éventail de mesures possibles figurent
l’interdiction ou le plafonnement de prêts en monnaies étrangères à des emprunteurs non couverts
(Argentine, Chili, Liban ) et le relèvement des provisions ou des exigences de fonds propres pour les
prêts non couverts. Certains pays ont établi des règles pour la gestion des risques de crédit qui
obligent explicitement les institutions financières à évaluer le risque de crédit lié au change de leurs
emprunteurs potentiels et effectifs (Pérou).

Les mesures ayant pour objectif de rehausser l’attrait de la monnaie nationale visant en général à
réduire les risques et les coûts liés à son utilisation .il s’agit de maintenir l’inflation à un faible niveau,
d’éliminer le plafonnement administratif des taux d’intérêts, de réduire les coefficients élevés de
réserves obligatoires non rémunérées sur les dépôts en monnaie nationale , d’adopter le ciblage de
l’inflation et des régimes de changes plus flexibles, de développer le marché des titres publics libellés
en monnaie nationale et de rendre plus efficace le système de paiement national.

En Amérique Latine , la Bolivie, le Pérou, l’Uruguay ont tous connu une réduction progressive de leur
dollarisation au cours des années 2000. En 2011, García-Escribano et Sosa ont examiné les facteurs
favorisant la dédollarisation des dépôts et des crédits dans ces quatre pays (Garcia-Escribano, 2011).
Ils ont trouvé que des fondamentaux solides et la stabilité macroéconomique, qui apportent une
inflation faible et stable et une appréciation du taux de change , sont des facteurs clés qui ouvrent la
voie de la dédollarisation. Un autre facteur clé est la gestion active des réserves obligatoires. En fait ,
les 4pays ont mis en œuvre une gestion active de leurs réserves obligatoires. En particulier,
l’augmentation de l’écart entre les ratios de réserves obligatoires requises sur les dépôts en devises
étrangères et les dépôts en monnaie nationale semble avoir favorisé la dédollarisation des dépôts et
des crédits. Un troisième facteur déterminant pour la dédollarisation est le développement de
marchés de capitaux en monnaie locale. Les marchés de capitaux en monnaie nationale dans les
quatre pays sont encore étroits mais leur développement continu permettrait de réduire davantage
ma dollarisation. Selon les auteurs, cela implique l’approfondissement des marchés en monnaie
nationale aussi bien pour le titres publics que pour les obligations privées.

 Dollarisation et politique monétaire en RDC

Des degrés élevés de dollarisation sont généralement non pas une cause mais plutôt un symptôme
des déséquilibres et de faiblesses financières sous jacinthes. En RDC, la dollarisation ne relève pas
d’une décision officielle mais est plutôt une réaction spontanée des agents économiques à la perte
continue de la valeur de la monnaie. Dans une économie soumise à une forte inflation, les agents
économiques cherchent à protéger leur patrimoine et sont alors incités à en réduire la part détenue
sous formes de titres de créance libellés en monnaie nationale.

Dans ce contexte, la dollarisation est considérée comme une réponse endogène des agents
économiques domestiques qui cherchent à éviter la taxe inflationniste et les pertes en capital sur les
actifs libellés en monnaie nationale .Cette taxe est d’autant plus élevée que le taux d’inflation est
élevé. Au même moment, la dollarisation répond aux besoins de diversification de portefeuille, qui
peuvent exister même à des taux d’inflation relativement bas. A cet égard, elle est décrite comme la
conséquence de la faible mise en œuvre des politiques économiques occasionnant ainsi un réflexe
normal des agents en face d’une monnaie instable et en perte de crédibilité

La préférence des agents économiques pour les devises étrangères s’est manifesté sous des formes
diverses en RDC. Comme le niveau d’inflation demeurait élevé, érodant ainsi la valeur de la monnaie
nationale, la préférence de résidents et agents économiques s’est tourné progressivement et
spontanément vers les devises étrangères pour remplir les 3 fonctions économiques de la monnaie.
Ainsi , la dollarisation est apparue en RDC d’abord pour un motif de thésaurisation, par précaution ou
comme moyen de protection du patrimoine financier des agents économiques. Elle a vite pris la
forme d’unité de compte dans la fixation des prix des biens et services et/ou dans la conclusion des
contrats. Et avec la persistance de l’inflation ,l’usage des devises étrangères comme instrument
direct de paiement dans les transactions intérieurs s’est généralisé rapidement, même pour le
paiement d’impôts et taxes. Dans un contexte d’effondrement de l’activité économique et de faillite
du système bancaire, le développement d’un marché de change parallèle n’à fait qu’aggraver la forte
dépendance du pays aux devises étrangères

Une dédollarisation progressive de l’économie la RDC pourrait diminuer la dépendance à l’égard des
réserves de change, augmenter les revenus de seigneuriage, et restaurer le rôle de la politique
monétaire dans la gestion économique. Les réserves de change de la banque centrale couvrent
actuellement jusqu’à 57% de la valeur des dépôts en devises étrangères. Toutes choses égales par
ailleurs, une moindre dollarisation pourrait augmenter ce taux de couverture, ou permettrait de
maintenir le taux actuel, avec un plus faible montant de réserves. En outre, une diminution de la
dollarisation stimulerait les revenus de seigneuriage du gouvernement, qui pourrait atteindre jusqu’à
2 % du PIB. Enfin, avec des niveaux inférieurs de dollarisation, la politique monétaire et de taux
d’intérêts domestiques serait en mesure de jouer un rôle plus important dans la gestion
macroéconomique et de chocs. Cela réduirait en partie les contraintes pesant sur les politiques
budgétaires.

Rétablir le rôle de la politique monétaire dans la gestion de chics et des vulnérabilités : Les
avantages/désavantages de la dédollarisation

Les devises étrangères sont utilisées dans les transactions commerciales en RDC depuis les
décennies. Ces devises, notamment le dollar américain, continuent à être utilisées pour libeller les
prix des biens et services sur le marché intérieur, effectuer des paiements et constituer une épargne,
laissant une marge limitée à la monnaie nationale. Ainsi les frais scolaires, et médicaux sont souvent
libellés en dollars, et la majeure partie des dépôts ainsi que les crédits bancaires sont effectués et
octroyés en devises étrangères. La monnaie nationale a , au fil du temps, perdu ses fonctions
économiques. La monnaie nationale est concurrencée par plusieurs monnaies étrangères jugées plus
fortes stables et convertibles, avec en tête le dollar américain.

Le volume exact des monnaies étrangères dans l’économie congolaise n’est pas connu de pouvoirs
publics. Le degré de pénétration de devises étrangères dans l’économie congolaise est difficile à
évaluer. Les dépôts bancaires en monnaies étrangères représentent plus de 80 % du total des dépôts
bancaires et plus de 60 % de la masse monétaire. Bien que ces niveaux traduisent un degré élevé de
dollarisation, ceux ci ne prennent pas en compte pas en compte les billets étrangers en circulation et
hors circuits bancaire , ce qui conduit dans le faits à une sous- estimation de la dollarisation. La
difficulté d’estimer la taille des liquidités étrangères en dehors du système bancaire est due à la fois à
la faiblesse de l’appareil statistique du pays, à l’importance de l’économie informelle et aux
mécanismes incontrôlés de circulation de la monnaie et de sa thésaurisation ( Muadimanga, 2014)

Les incertitudes liées à l’inflation ainsi qu’à sa volatilité sont les causes principales de la persistance
de la dollarisation en RDC

Des années d’inflation forte et volatile sont la cause principale de la dollarisation en RDC

Des années d’inflation forte et volatiles sont la cause principale dollarisation en RDC. Depuis des
années 1970 et jusqu’aux année 1990, l’Etat a recouru à la planche à billets pour financer ses déficits
publics successifs. Cela a mené l’économie dans un processus autoentretenu d’hyperinflation et de
dépréciation continue de la monnaie nationale. La dollarisation d’est développée parallèlement à la
hausse de l’inflation Ngonga et Mussusa, 1998). L’inflation est passée de 5% en 1970 à 15 % en 1972.
Puis la hausse annuelle des prix à la consommation à rapidement progressé pour atteindre environ
50% vers fin 1980 et 265% en 1990. La décennies fut celle de l’hyperinflation en RDC, la hausse
annuelle des prix atteignant plus de 9700% à fin 1994. Un record historique de 90 000 % à même été
atteint entre Août 1993 et Septembre 1994(Beaugrand, 1997). Dans un contexte de contraction
sensible de la production domestique des biens et services, ce processus d’hyperinflation à été
entretenu directement par la croissance de la masse monétaire et indirectement par les anticipations
inflationnistes que cette croissance avait contribué à créer

En période de forte inflation , la dollarisation est une réponse rationnelle qui favorise le maintien des
équilibrés macroéconomiques et la stabilité des prix intérieurs. C’est dans des circonstances où il
devenait difficile de rétablir rapidement la stabilité de la monnaie nationale que la dollarisation a été
acceptée comme solution. En effet, face à l’instabilité économique persistante des années 1990, les
agents économiques ont trouvé dans les devises étrangères en l’occurrence le dollar américain, une
réponse rationnelle pour préserver la valeur de leurs actifs. Ainsi, les autorités politiques de la RDC
décidèrent au début des années 2001 d’autoriser la libre circulation des devises étrangères sur le
territoire national. Grâce à leur crédibilité, ces devises étrangères ont favorisé la stabilité
macroéconomique du pays, et ont aussi encouragé une certaine discipline budgétaire en réduisant la
possibilité de battre la monnaie pour financer les déficits budgétaires chroniques de l’époque.

Tout en permettant de préserver le pouvoir d’achat des agents privés, la dollarisation a limité la
démonstration de l’économie congolaise qui aurait pu freiner les échanges intérieurs et donc
occasionner une contraction supplémentaire de la production. La dollarisation a aussi permis
d’assurer la continuité de la chaîne des paiements de transactions au niveau national ainsi que la
répartition des revenus. En plus de rémonetiser l’économie, la dollarisation a permis de rétablir
l’intermédiation dans le pays et d’inverser la fuite des capitaux.

Les implications et conséquences d’une forte dollarisation dans un contexte de stabilité


macroéconomique

Le contexte de stabilité macroéconomique actuel révèle les limites de la dollarisation. La dollarisation


est adoptée comme solution dans un environnement instable. Cependant lorsque l’environnement
macroéconomique se stabilise, la dollarisation devient un fardeau pour la mise en œuvre des
politiques économiques. En effet dans une économie dollarisée, les décideurs politiques disposent
de peu marges de manœuvre pour la conduite de politique monétaire et de change et perdent leur
aptitude à user de la politique de la change pour faire face aux chics exogènes. La dollarisation
conduit également à perdre l’instrument de seigneuriage. Enfin, la dollarisation devient un fardeau
supplémentaire pour la banque centrale, en tant que dernier recours en devises. En somme, en
limitant le champs d’action des autorités, la dollarisation finit par augmenter la fragilité du système
bancaire sur le long terme, ce qui devient évident lorsque les perturbations macroéconomiques se
réduisent et que la stabilité est restaurée.

La forte dollarisation limite la portée des actions de la banque centrale du Congo . En effet,
l’efficacité du canal de transmission du taux d’intérêt est diluée lorsque la majeure partie de
l’intermédiation se fait en dollars. De plus, mes autorités monétaires ne contrôlent plus qu’une partie
réduite de l’agrégat monétaire, dont une partie importante est composée de billets et de dépôts en
devises étrangères. La dollarisation affecte ainsi le choix des actifs qui devraient servir d’indicateurs
des conditions monétaires ou de variables cibles pour les agrégats monétaires. Ces agrégats qui
incluent les liquidités et dépôts étrangers peuvent déformer le lien entre la monnaie nationale et
l’inflation. En effet, la faibel3 composante de la monnaie nationale dans la base monétaire rend
difficile le contrôle de la variation de la masse monétaire, ce qui réduit l’efficacité de la politique
monétaire comme instrument de stabilisation de l’économie et de ciblage de l’inflation.

La dollarisation implique la perte de revenus de seigneuriage, car la demande de la base monétaire


nationale devient plus faible. Le revenu du seigneuriage constitue des recettes que peut tirer
l’autorité monétaire de son droit de battre la monnaie. Ces recettes correspondent à la différence
entre la valeur de l’argent et le coût de sa production. A cause de la dollarisation, aussi bien que
l’aptitude que la nécessité de battre la monnaie s’estompent, et la banque centrale perd sa capacité
de recueillir les revenus de seigneuriage. Quand la planche à billets se me à tourner, les effets positifs
en termes de revenus de seigneuriage sont largement effacés par l’hyperinflation et l’instabilité
macroéconomique. Cependant, une fois l’inflation maîtrisée, le maintien d’une forte dollarisation
implique les autorités monétaires renoncent aux gains que leur aurai procurés chaque année la
frappe de nouvelle monnaie. Le manque à gagner en termes de revenus de seigneuriage pour la RDC
serait important et certains l’estiment à 600 millions USD par an ou près de 2% du PIB( Tshiani, 2013)

La dollarisation réduit les capacités de la BCC à agir comme préteur en dernier recours et accroît la
vulnérabilité du système financier. Avec la dollarisation, une grande partie de dépôts sont effectués
en devises étrangères, mais les capacités de la BCC à agir comme prêteur en dernier recours et
accroît la vulnérabilité du système financier. Avec la dollarisation, une grande partie des dépôts sont
effectués en devises étrangères, mais les capacités de la BCC à fournir des liquidités en devises
étrangères, mais les capacités de la BCC à fournir des liquidités en devises étrangères en cas de crise
bancaire sont limitées. En effet, les dépôts en dollars américains dans les banques commerciales en
RDC représentaient 86% du total des dépôts en 2014 et 174% des réserves internationales brutes de
la BCC. Ainsi, alors qu’en cas de besoin, la BCC pourrait fournir au secteur bancaire un financement
en monnaie nationale, son intervention en monnaie étrangère reste fortement limitée. Par
conséquent, la dollarisation amplifie les risques d’une crise de liquidité en devises parce qu’elle
accroît la demande potentielle de prêts de derniers recours en devises étrangères alors que les
réserves en devises de la BCC restent limitées.

La dollarisation a engendré une forte corrélation de long termes entre le taux de change nominal et
le niveau de prix. L’élasticité des prix à long terme par rapport au taux de change nominal est firte en
RDC et se situe à 0,8 selon Fischer et Jahjah (2013) . Cette élasticité élevée est une conséquence de la
dollarisation de l’économie congolaise et explique l’impact élevé du taux de change sur les prix
intérieurs. Dans ce contexte de dollarisation élevée et de sensibilité de l’inflation aux fluctuations du
taux de change, le choix du régime de change devient crucial. En effet, avec la dollarisation, une
volatilité du taux de change se traduit par une volatilité de l’inflation qui a un impact négatif sur
l’économie nationale

Les leçons du passé et les cas réussis de dédollarisation

La stabilité macroéconomique obtenue à force d’efforts et de disciplines suggère que la RDC est
prête à prendre le chemin de la dollarisation . Au cours de la dernière décennie, la RDC a enregistré
les performances macroéconomiques les plus remarquable de son histoire. Depuis 2001, la
gouvernement a réussi à se débarrasser de l’hyperinflation des années 1990 en mettant en œuvre
des politiques macroéconomiques prudentes et mieux coordonnée. L’inflation en fin de période à
baissé de manière spectaculaire, passant plus de 500% en 2000 à 135% en 2001, puis à moins de 10%
en 2004, avant de remonter à 46% en 2009 à la suite d’une crise financière internationale.
Depuis 2012, l’inflation a atteint le niveau le plus bas de son histoire passant de 2,1% en 2012 à
1,25% 3n 2014. Malgré cette performance, la confiance en la monnaie nationale et dans la système
bancaire n’est pas encore gagnée et la dollarisation reste élevée avec 85,7% du total de dépôts
libellés en dollars américains en 2014. Une dollarisation forcée peut comporter des risques, surtout
dans un contexte d fragilité du système financière. Vers la fin de la décennie 90, les autorités
congolaises avait décidé d’interdire de libeller et d’effectuer des opérations en monnaies étrangères
sur le territoire national et en Septembre 1999, de detenir des devises, Ell3s ordonnent la fermeture
des bureaux de change( Kabuya et Tshiunza). Ces mesures visaient à dedollariser l’économie, mais
ont immédiatement provoqué une désintermédiation financière, une situation déjà observée en
Bolivie dans les années 1980(FMI, 2014). La part de la monnaie scripturale dans les liquidités
monétaires et quasi monétaires baissa sensiblement de 51% en 1995 à 24,8% en 1999, avant de
remonter à 32,2% 3n 2000. Ces tentatives ratées de dédollarisation sont venues s’ajouter à une
longue histoire de réformes monétaires, souvent non réussies. La RDC pourrait s’inspirer des
expériences d’autres pays qui ont su rehausser l’attrait de leur monnaie nationale. Bien des pays ont
tenté de mettre en œuvre une stratégie pour réduire la dollarisation et en ont récoltés les
dividendes. Au Pérou, l’une des retombées positives de la dédollarisation est la restauration des
revenus de seigneuriage, en même temps que la stabilisation des prix et le recours à l’intermédiation
financière en monnaie nationale. Sur la même période, les revenus de seigneuriage en RDC
baissaient alors que la dollarisation restait élevée. La plupart des pays qui ont réussi réduire la
dollarisation de leur économie n’y sont parvenus que partiellement. Même si la Bolivie, le Pérou et
l’Uruguay peuvent être cités comme des exemples réussis de dédollarisation, le niveau de la
dollarisation dans ces pays est resté supérieur à 40%. En effet, d’après le FMI (2014), aucun des pays
qui ont des niveaux de dollarisation supérieurs à 80% n’à été capable de la faire baisser en dessous
de 20%. Cette inertie à la baisse paraît ne pas avoir des justifications macroéconomiques, mais des
fondements macroéconomiques
Pour une économie comme celle de la RDC, le s mesures d’incitation pour une dédollarisation
progressive comportent moins de risques qu’une dédollarisation forcée. Les autorités sont
conscientes qu’une dédollarisation à cœur terme ne serait pas réaliste et ont pris depuis 2012 une
série de mesures s’inscrivant sur le long terme. Ces mesures s’inspirent du rapport du FMI sur
l’efficacité de la politique monétaire en RDC mettant en exergue lés mesures d’incitation(ou pull) qui
agissent au niveau macroéconomique et qui doivent être privilégiées pour accroître l’attrait de la
monnaie nationale. Ces mesures s’appuient sur les comportements de marché plutôt que sur des
mesures contraignantes de dédollarisation (push).

Parmi ces mesures d’incitations figurent :


1. L’élimination du plafonnement administratif de taux d’intérêts
2. La réduction du taux élevé de réserves obligatoires non rémunérées sur les dépôts
en monnaie nationale
3. L’adoption du ciblage de l’inflation et de régimes de changes plus flexibles
4. Le développement d’un marché pour les titres publics libellés en monnaie nationale
5. L’accroissement de l’efficacité du système de paiement national. Ces mesures sont
compatibles avec les expériences réussies de dédollarisation conduites en Amérique
Latine

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