0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
214 vues35 pages

Module - Methodologie s5 MGD

Transféré par

ismaelkonkobo728
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
214 vues35 pages

Module - Methodologie s5 MGD

Transféré par

ismaelkonkobo728
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNIVERSITE NAZI BONI - BOBO - DIOULASSO (UNB) - 2021 -2022

UFR - SJPEG - DEPARTEMENT SEG

MODULE DE METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE


EN SCIENCES SOCIALES - L3S5

Enseignant : Dr. Bruno Nicaise MILLOGO


1
Avril 2022
OBJECTIFS ET STRATEGIE D’EVALUATION

Code : …….. Crédit : 1


Code classe : L3S5 UE : Méthodologie de recherche CM : 24h TD : 0h TPE :
Initier les étudiants aux méthodes de recherche en science économique
Objectif général
et de gestion
A l’issue du cours les étudiants doivent être capables de :
 utiliser des méthodes de recherche cohérentes dans le cadre de
la rédaction de leurs rapports de stage et mémoires de fin de
Objectifs spécifiques cycle ;
 organiser, planifier et rédiger les composants de leurs projets de
recherche ;
 rédiger des plans de rédaction cohérents et des références
bibliographiques.
 Identification et rédaction de projets de recherche en groupe ne
Stratégie d’évaluation dépassant pas 15 étudiants.
 Rédaction de projets de recherche sur des thèmes proposés.

2
Avril 2022
PLAN DU MODULE
INTRODUCTION GENERALE 04
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LE PROJET DE RECHERCHE 06
CHAPITRE II : LE CHOIX DU SUJET ET LA CONSTRUCTION DE LA LITTERATURE 11
CHAPITRE III : LA FORMULATION DE LA PROBLEMATIQUE 16
CHAPITRE IV : CADRE OPERATOIRE ET MODE D’INVESTIGATION 21
CHAPITRE V : LA STRATEGIE DE VERIFICATION DES HYPOTHESES 24
ANNEXE : GUIDE DE REDACTION DE RAPPORT DE STAGE

3
Avril 2022
Introduction générale

Les réponses personnelles aux évènements ou phénomènes qui peuvent se présenter à


nous dans de nombreuses situations sont d’une très grande diversité :

 les unes sont le fruit de l’habitude ;


 les autres de l’application technique de solutions ;
 certaines s’ajustent à l’environnement sociologique et aux conditions culturelles
d’existence ;
 d’autres trouvent encore leurs solutions dans des idéologies, des religions, des
philosophies ;
 etc.

Ces diverses méthodes utilisées pour fonder nos croyances sont bien peu
convaincantes :

 la tradition peut être juste, mais elle peut aussi être fondée sur une longue série
d’erreurs et d’illusions répétées de génération en génération.
 même les personnes d’expérience peuvent se tromper ou être limitées par leurs
préjugés, leurs valeurs ou leur subjectivité.

A titre d’exemples :

 Les Grecs de l’antiquité croyaient que la foudre était l’expression de la colère de


Zeus. Cependant, les météorologues nous apprennent par la suite qu’il s’agit plutôt
de phénomènes électriques nés de la collision entre les nuages.
 Galilée a été condamné parce qu’il prétendait que la terre était ronde et tournait
autour du Soleil. Cependant, nous savons par la suite que Galilée avait raison, que la
terre n’a jamais été plate et qu’elle n’a jamais été le centre de l’univers. Les gens qui
ont cru ces choses se trompaient.

Mais, il existe une manière objective d’expliquer ces phénomènes pour accroitre notre
connaissance du monde, c’est celle de la recherche. Cette manière qui intègre un caractère
systématique et rigoureux est exigée pour la rédaction de projets de recherche (mémoire,
thèses, articles scientifiques …).

La rédaction d’un projet de recherche, d’un mémoire de recherche ou professionnel en


science économique et de gestion est un exercice d’une durée limitée dans le temps,
relativement difficile, les savoir-faire à acquérir étant nombreux. Cela implique aussi bien la
capacité à faire la synthèse de littératures parfois contradictoires, à formuler un objet de
recherche pertinent et cohérent, à collecter, traiter et interpréter des données de manière
rigoureuse, et à écrire de façon claire, concise et précise. Elle nécessite également une

4
Avril 2022
préparation et une planification méticuleuse, à l’image de la stratégie déployée par un
constructeur d’immeuble, un investisseur ...

Elle repose sur des attentes et des critères d’évaluation et de validation comparables.
Les meilleures productions scientifiques sont le plus souvent le résultat d’une préparation
minutieuse de construction de l’objet d’étude et de planification des étapes de la
démonstration.

Ainsi, sans prétendre traiter le processus d’acquisition de connaissances nouvelles


étudiées par la diversité des disciplines existantes (champ de la connaissance), le présent cours
vise les objectifs suivants :

 Objectif général : il vise à initier les étudiants aux méthodes de recherche en science
économique et de gestion.

 Objectif spécifique : à l’issue du module, les étudiants doivent être capable de :


 utiliser les méthodes cohérentes de recherche dans le cadre de la rédaction de leurs
rapports de stage et mémoires de fin de cycle ;
 organiser et planifier et rédiger les composants de leurs projets de recherche ;
 rédiger des plans de rédaction et des références bibliographiques.

5
Avril 2022
Chapitre I : Généralités sur le projet de recherche

Un constructeur de bâtiment, avant la construction de celui-ci trace le plan. Les


investisseurs les plus prospères sont ceux qui planifient méticuleusement leur stratégie
d’acquisition, d’investissement ou de commercialisation. Il va de même pour la recherche, ou
les meilleures productions scientifiques sont le plus souvent le résultat d’une préparation
minutieuse de structuration de l’objet d’étude et de planification de la démonstration.
Cependant, il arrive régulièrement que les étudiants négligent cette étape importante de la
recherche et soumettent souvent des travaux incohérents et incomplets sur le plan du
développement logique de l’argument.

Qu’est ce qu’un projet de recherche ?


Quel type de recherche se prête à la rédaction d’un projet ?
Pourquoi rédiger un projet de recherche ?
Quelles sont les fonctions d’un projet de recherche ?
Quelles sont les composantes d’un projet de recherche ?
Le présent chapitre à pour objectif d’apporter des éléments de réponse aux questions
posées.

I. Le projet de recherche : définition


Les ouvrages de méthodologie utilisent différentes expressions pour qualifier ce que l’on
appelle un projet de recherche. Cela conduit souvent à une confusion de terminologie dont les
conséquences peuvent être la référence :
 soit à l’ensemble du processus de recherche,
 soit à une étape particulière de la recherche.
De ce fait, il convient d’utiliser « l’expression projet de recherche », car le mot projet
indique clairement ce que l’on cherche à comprendre, à démontrer, à expliquer … et la
méthode que l’on utilisera pour ce faire ; ce sont les étapes de la recherche au niveau
desquelles sont définis les paramètres de la recherche.
Ainsi, un projet de recherche peut être définit comme étant un document écrit qui présente
les étapes organisationnelles de la recherche, c’est un outil d’orientation et de cadrage de
l’objet d’étude. Il impose au chercheur la précision quand à la réalisation de chacune des étapes
de la recherche.
6
Avril 2022
Le projet de recherche implique le respect des règles de la méthode scientifique choisies,
une organisation et une planification minutieuse, permettant d’éviter des errements et des
pertes de temps.
II. Quel type de recherche se prête à la rédaction d’un projet ?
Les ouvrages de méthodologie ont tendance à établir souvent des typologies de
recherche. Bien que ces distinctions ne fassent pas toujours l’unanimité, on reconnait
habituellement l’existence d’au moins deux grands types de recherches :

 la recherche expérimentale (expérimentation ou vérification) : on la retrouve en


science de la nature et en science pure. Le chercheur est en mesure de vérifier
les facteurs qui influencent ou peuvent influencer l’objet d’étude.
 la recherche non expérimentale ou ex post (conceptualisation) : le chercheur ne
maîtrise pas les facteurs qui influencent son objet d’étude, il est obligé d’étudier
des comportements ou des évènements qui se sont déjà produits.

Tout type de recherche donnera de meilleurs résultats s’il a fait l’objet au préalable d’un
projet. Le contenu du projet variera en fonction de la discipline ou de l’objet de l’étude. L’objet
de recherche sera construit différemment selon qu’il s’agisse de la science politique, du droit,
de l’histoire, de la gestion, de l’économie … on procédera aussi de façon différente selon qu’on
privilégie telle ou telle méthode. Enfin, le contenu du projet de recherche variera en fonction
de l’objet d’étude selon qu’on veuille faire une grande enquête sur le vieillissement de la
population, une analyse de la prise de décision dans l’entreprise …

Dans tous les cas, l’étude parviendra davantage à convaincre si elle a été préparée
soigneusement à l’aide d’un projet de recherche. Le projet n’est pas seulement un exercice de
structuration de la recherche, il est aussi un exercice de structuration de la pensée à propos de
la recherche. L’exercice intellectuel qu’il suppose n’est pas seulement utile pour la réalisation
des travaux universitaires, mais il prépare aussi à un marché du travail de plus en plus complexe
et inondé d’informations. Dans un tel environnement, les personnes qui réussissent seront
celles qui auront acquis une autonomie intellectuelle pour évaluer correctement l’information
disponible et prendre les décisions appropriées.

Le projet de recherche aide à structurer la pensée en amenant le chercheur à poser trois


questions de base relative à l’objet d’étude :

 Quel est le problème de recherche ?


 Qu’est-ce que je veux démontrer au sujet de ce problème ?
 Comment procéder pour le démontrer ?

7
Avril 2022
La réponse à la première question établit la rupture avec le sens commun, avec les
impressions que l’on avait à propos de notre objet d’étude. La réponse à la deuxième question
mène à la conceptualisation, à la construction de l’explication. Enfin, la réponse à la troisième
question oriente la vérification en traçant les limites de la démonstration. L’ensemble de ces
réponses illustre à quel point le projet de recherche constitue un moment de création à
l’intérieur du processus de recherche.

Le projet de recherche oblige le chercheur avant même d’entreprendre la recherche, à


réfléchir à chacune des étapes du travail à venir, à prévoir les difficultés éventuelles et à
envisager des solutions possibles. Un projet de recherche bien conçu oblige à faire des choix et
à justifier ces choix. De cette façon, le projet de recherche favorise le respect des règles de base
de la démarche scientifique que sont la transparence et le raisonnement scientifique.

III. Pourquoi rédiger un projet de recherche ?

Le projet de recherche est un instrument de travail qui permet de préciser les


étapes d’un travail de recherche à réaliser ; c’est donc un précieux instrument
d’organisation de la pensée qui aide à structurer logiquement l’objet d’étude et à
effectuer une analyse plus efficace. Ce travail préparatoire est nécessaire pour ne pas
s’égarer dans l’analyse et présenter une démonstration confuse ou incomplète qui
réduirait la portée explicative du travail.
Illustration : Admettons que le gouvernement donne à un Architecte le mandat
d’ériger une structure comme l’Hermitage de Moscou ou le Pentagone des USA. Celui-ci
ne se met pas immédiatement au travail pour dessiner ses plans. Il doit d’abord
s’assurer d’avoir bien compris les exigences du client, puis analyser les caractéristiques
du quartier ou le bâtiment sera érigé afin de connaitre l’architecture des bâtiments
voisins et éventuellement la vocation du quartier. Il doit également étudier
méticuleusement les fonctions dévolues à la nouvelle structure et consulter les plans
d’édifices similaires construits dans le monde. Ce n’est qu’après ce travail préparatoire
pouvant s’étaler sur plusieurs semaines ou plusieurs mois que l’architecte sera en
mesure de dessiner ses premières ébauches.

C’est un peu de la même façon que le chercheur en science économique et de


gestion doit procéder. Ses travaux de recherche seront de peu de valeur s’il ne s’est pas
adonné à une préparation minutieuse avant d’entreprendre le gros de ses recherches.
Cette préparation lui permettra entre autre, de déterminer dès le départ ce qu’il veut
démontrer à propos de son objet d’étude et la manière de procéder pour effectuer la
démonstration.

8
Avril 2022
En conclusion, le projet de recherche sert essentiellement à ce travail
préparatoire qui peut constituer facilement la moitié de l’effort global à fournir. On ne
dira jamais assez de l’importance de la planification de départ.

IV. Quelles sont les fonctions d’un projet de recherche ?


Un projet de recherche remplit essentiellement les fonctions suivantes :

 Il aide à mieux préciser l’objet de la recherche.


 Il Permet de planifier les étapes de la recherche.
 Il aide à sélectionner les stratégies et les méthodes de recherche les plus
appropriées compte tenu de ce que l’on veut démontrer.

V. Distinction entre projet de recherche et rapport de recherche

Il convient de distinguer clairement un projet de recherche d’un rapport de recherche.


La différence entre ces deux types d’exercices est semblable à celle qui existe entre le plan de
l’architecture et la structure une fois achevée. Un rapport de recherche est un document écrit
dont la fonction principale est de présenter les résultats de la recherche une fois terminé.

Le rapport de recherche reprend naturellement plusieurs éléments du projet de


recherche, mais son rôle central consiste à présenter les résultats de l’analyse dont les étapes
et procédures ont été énoncées dans le projet de recherche. Un rapport de recherche bien fait
comprend habituellement une partie introductive ou l’auteur reprend de façon succincte les
principaux éléments du projet de recherche. La partie centrale du rapport de recherche
consiste à présenter et à discuter les résultats de l’analyse. La conclusion fait le point sur la
vérification des hypothèses, critique la méthode utilisée et enfin dessine de nouvelles pistes de
recherche.

Le projet de recherche est également un document écrit qui, au lieu de présenter les
résultats de la recherche, annonce plutôt la procédure à suivre pour effectuer la recherche. Le
projet de recherche prépare le rapport de recherche et en améliore la qualité. Il constitue un
appui indispensable non seulement pour le rapport de recherche, mais également pour la
réussite de l’ensemble du processus. Il comprend généralement huit parties correspondant à
chacune des grandes étapes du processus de recherche.

1. Le choix du sujet et la construction de la bibliographie ;


2. La formulation du problème ;
3. L’énonciation de l’hypothèse ;
4. Construction du cadre opératoire ;

9
Avril 2022
5. Le choix de la stratégie de vérification ;
6. Le choix de la ou des méthodes de collectes de l’information ;
7. Le choix de ou des méthodes d’analyse des données ;
8. La présentation des conclusions anticipées.

10
Avril 2022
Les principales composantes du rapport de recherche et du projet de recherche

PROJET DE RECHERCHE RAPPORT DE RECHERCHE


1 Choix du sujet et construction de la 1 Partie introductive : reprise en abrégé
bibliographie des points 1 à 8 du projet
2 Formulation du problème 2 Partie centrale
3 Énonciation des hypothèses Présentation et discussion des principaux
4 Construction du cadre opératoire résultats de l’analyse selon le cadre
5 Choix de la stratégie de vérification opératoire établi dans le projet
6 Choix de la ou des méthodes de collecte 3 Conclusion
de l’information Discussion des résultats de l’analyse par
7 Choix de la ou des méthodes d’analyse rapport à la vérification de l’hypothèse,
des données retour critique de la méthode utilisée et
proposition de piste de recherche
éventuelles
8 Présentation des conclusions anticipées Bibliographie du rapport de recherche

11
Avril 2022
CHAPITRE II : LE CHOIX DU SUJET ET LA CONSTRUCTION DE LA BIBLIOGRAPHIE

Quelles sont les conditions à respecter en opérant le choix du sujet de recherche ?


Quelles distinctions faire entre la bibliographie du projet de recherche et la bibliographie du
rapport de recherche ? Comment construire et présenter une bibliographie ? Les éléments de
réponse sont traités dans le présent chapitre.

I. Le choix du sujet : Critères à respecter

Une recherche universitaire débute normalement par le choix du sujet. Ce choix doit
être fait en tenant compte d’un certain nombre de considérations qui augmenteront les
chances de succès. Ces considérations peuvent être regroupées en quatre principales que sont :

 L’intérêt porté au sujet ;


 L’ampleur et la qualité du corpus nécessaire à la recherche ;
 La pertinence sociale et politique du sujet ;
 Les instruments de recherche disponibles.

L’intérêt porté au sujet : La considération la plus importante est de s’assurer de l’intérêt porté
sur le sujet. Le travail de recherche est un exercice difficile. Une période de grande productivité
peut être suivie d’une période de découragement par ce qu’on bute sur la formulation du
problème ou sur la construction du cadre d’analyse, par ce que les sources qu’on avait prévu
utiliser ne fournissent pas suffisamment d’informations nécessaires ou encore parce que
l’analyse des données se révèle beaucoup plus ardue qu’envisagée au départ. Le risque
d’abandon est élevé en ce moment si l’intérêt porté sur le sujet de l’étude est faible.
L’expérience montre qu’un fort degré d’intérêt pour son sujet de recherche est une source
d’inspiration profonde et un gage de succès.

L’ampleur et la qualité du corpus nécessaire à la recherche : ce corpus est composé de travaux


existant sur le sujet, et deuxièmement de l’information brute dont on aura besoin pour faire
l’analyse. Dans le premier cas on doit se demander si des études ont déjà été produites sur le
thème choisi et à quelles conclusions elles ont abouti. Il est rare pour ne pas dire impossible de
formuler un problème de recherche sur un sujet entièrement nouveau ou original. Toute
recherche prend racine dans des recherches antérieures, soit pour en confirmer ou en amplifier
les résultats, soit pour les réviser ou même les contredire. Dans les deux cas, il faut tirer profit
des travaux antérieurs pour identifier le problème de recherche sans toutefois les reproduire.
Comme un sujet peut être abordé sous plusieurs angles, il est profitable de voir comment les
autres ont procédés afin de choisir une façon originale de mener l’étude et d’évaluer les
chances de succès de l’approche à privilégier.

12
Avril 2022
On doit ensuite vérifier la disponibilité et la qualité des sources d’informations qui fourniront les
données pour l’analyse. Toute recherche universitaire repose sur l’observation qui est le pilier
empirique de l’approche scientifique. L’observation empirique de la recherche scientifique se
distingue des autres modes de connaissance, comme la philosophie ou les mathématiques.
Pour s’assurer que la recherche reposera sur l’observation empirique, le chercheur doit dès,
l’étape du choix du sujet, vérifier la disponibilité de l’information à traiter pour faire l’analyse.
L’information est-elle disponible et comment se présente –t-elle ? C’est toute la faisabilité de la
recherche qui est en cause. Dans plusieurs cas, l’information qu’on prévoyait utiliser n’est pas
complètement accessible ou est de qualité inégale. Cela oblige à revenir sur la cadre d’analyse
pour changer une variable ou remplacer un indicateur. Dans d’autres cas plus rares,
l’information se révèle inexacte ou inaccessible, ce qui remet en cause l’ensemble de la
recherche. Il est donc extrêmement important de s’assurer dès le départ de la disponibilité de
l’information par ce que c’est elle qui fournit le principal critère de décision en matière de
faisabilité d’un projet de recherche.

La pertinence sociale et politique du sujet : c’est une considération particulièrement


importante pour car les résultats d’une recherche ne sont intéressant que par leur utilité
sociale et politique. Il est important de se convaincre soi-même et de convaincre le lecteur du
mérite de la recherche et du bien-fondé des efforts réalisés. De plus, les organismes donataires
et subventionnaires de bourse de recherche demandent de nos jours qu’on en fasse état par ce
qu’ils en tiennent compte au moment de l’allocation des fonds.

Les instruments de recherche disponibles : ces instruments constituent le pilier


méthodologique de l’approche scientifique permettant de faire le lien entre l’attente logique
de certains résultats (la théorie) et l’observation empirique. C’est l’utilisation d’une méthode
qui permet de dire avec un certain degré de certitude si l’on s’est trompé ou non. La
disponibilité des instruments de recherche a un caractère moins urgent que les facteurs qui
précède à l’étape du choix du sujet, par ce que, dans bien des cas, le chercheur aura la
possibilité de tailler ces instruments à la mesure de la recherche à entreprendre. Les
instruments de recherche peuvent se révéler un facteur déterminent du choix du sujet pour
certains types de recherche.

II. Les facteurs qui guident l’étudiant dans le choix du sujet

Le succès de la recherche peut dépendre des considérations qui interviennent dans le


choix du sujet d’étude, autrement dit, du choix du sujet peut dépendre le succès de la
recherche. Ce choix est souvent influencé par certains facteurs dont une liste non exhaustive
est ci-dessous fournie :

13
Avril 2022
 L’idée peut venir d’une observation,
 L’idée peut venir des expériences personnelles dans la vie courante ou
professionnelles,
 L’idée peut venir des écrits se rapportant au domaine de l’étude,
 L’idée peut venir de l’insatisfaction par rapport à un domaine particulier.
 Etc.,

III. La construction de la bibliographie du rapport de recherche

Comment s’assurer que le sujet choisi et la recherche que l’on projette effectuer
remplissent les quatre critères, à savoir, l’intérêt porté au sujet ; l’ampleur et la qualité du
corpus nécessaire à la recherche ; la pertinence sociale et politique du sujet ; les instruments de
recherche disponibles ? La seule méthode pour s’en assurer est la lecture. C’est pourquoi il est
important, dès que le sujet de recherche a été choisi, de constituer la bibliographie la plus
exhaustive possible et d’entamer un effort de lecture des principaux titres. Au moment de la
phase préparatoire du choix du sujet, le chercheur doit préparer à peu près tous les documents
éventuellement utiles à sa recherche. Certains documents peuvent être ajoutés à la liste et
d’autres retranchés entre l’étape initial et l’étape finale du projet.

La bibliographie d’un projet de recherche est différente de celle que l’on soumet au
moment de la présentation du rapport de recherche. La bibliographie du rapport de recherche
ne recensera que les textes ayant servi directement au travail d’analyse tandis que la
bibliographie du projet de recherche est habituellement plus volumineuse par ce qu’elle
contient des textes qui n’ont directement servi au travail d’analyse.

La bibliographie du projet de recherche remplie un double rôle :

 Elle permet de savoir s’il existe un matériel suffisant pour mener la recherche à
terme. Il est important de le savoir dès le départ et constituer la bibliographie du
projet de recherche avec méthode en consultant en priorité les ouvrages généraux
et spécialisés.
 Elle informe sur le type et les catégories de documents disponibles par rapport au
sujet à traiter.

Il est important de posséder ces informations dès le départ avant d’orienter facilement
sa recherche.

Comment s’assurer d’avoir la bibliographie la plus complète possible ? Comment établir


la qualité du matériel disponible dans un univers de documentations qu’Internet a rendu de
plus en plus accessible, mais aussi de plus en plus complexe et diversifié ? Peut-on

14
Avril 2022
raisonnablement faire confiance aux sources officielles, aux articles des revues spécialisées et
aux ouvrages produits par les presses universitaires et les grands éditeurs privés ? Qu’en est-il
d’autres documents que l’on trouve sur internet comme les blogues, les infolettres
(newsletters) et d’autres sources comme Wikipédia ? Les documents ont-ils tous la même
valeur ? Si non, comment quelqu’un qui débute en recherche peut parvenir à les départager et
ne retenir que les plus fiables ?

Il n’existe pas de guide ou de règle universelle prescrivant les étapes à franchir pour
construire une bibliographie. Il y a différentes façons de procéder exemple : (Keynes, 1936)
selon différentes disciplines et les cultures scientifiques. Toutefois, le chercheur débutant
devrait pouvoir tirer profit des principes suivants :

 délimiter son sujet le plus possible dès le départ de façon à restreindre la recherche
bibliographique. Plus le sujet est large plus le corpus à exploiter sera volumineux.
 Le principe de triangulation selon lequel il ne faut pas se fier à une seule source
d’information. Un moteur de recherche aussi performant soit il ne permettra pas
d’identifier toutes les sources bibliographiques concernant un sujet donné. Il faut
utiliser d’autres sources comme les index et bibliographies auxquelles on peut
accéder directement ou par l’entremise des bibliothèques universitaires.
 Il faut privilégier les documents qui ont fait l’objet d’évaluation comme les articles
des revues spécialisées, les publications officielles, les ouvrages de maisons
d’édition reconnues.
 La consultation d’ouvrages de référence tels que les dictionnaires, encyclopédie et
articles ou ouvrages de synthèse facilitent souvent le repérage des sources.

Procéder méticuleusement à la construction d’une bibliographie constitue un


investissement qui facilite la suite de la recherche. C’est la meilleure façon d’avoir le portrait le
plus complet possible du corpus avec lequel il faudra travailler pour mener la recherche à
terme. Cela permet d’éviter des oublis majeurs que ne manqueront de repérer des lecteurs
aguerris, particulièrement dans les jurys de soutenance.

1. La présentation de la bibliographie

La bibliographie constitue un outil proposé aux lecteurs désireux d’en savoir plus sur tel
ou tel aspect abordé dans le travail. Le chercheur a donc l’obligation de fournir
systématiquement une information complète sur les sources utilisées. La présentation de la
bibliographie doit respecter à cet égard les règles d’usage.

Il existe quatre principaux systèmes de présentation des citations et bibliographies


utilisés dans le monde, toutefois les sciences sociales et les sciences humaines privilégient le

15
Avril 2022
format Harvard et le format Chicago ou leurs variations selon les universités et les maisons
d’édition.

La méthode Harvard : appelée aussi système auteur-date ou encore système abrégé, est
généralement utilisée dans le réseau universitaire nord-américain. On indique entre
parenthèses dans le texte le nom du ou des auteurs auxquels on fait référence, suivi de la date
de publication et du numéro de la ou des pages, le cas échéant. Exemple : DEULCEUX M. (1996),
les grandes politiques Européennes, les publications du CETAI, Ecole des Hautes Etudes
Commerciales, Montréal. L’information complète à propos de la publication apparaît alors dans
la liste des ouvrages cités en fin de chapitre ou plus généralement en fin du rapport ou du
mémoire.

Le format Chicago : nommé parfois système classique utilisé depuis une centaine d’années,
c’est un système où la référence apparaît dans une note de bas de page ou de fin de chapitre.
On indique alors, dans le nom de l’auteur, le titre du document, le lieu de publication, la maison
d’édition et la date de publication : Exemple : DEULCEUX M., les grandes politiques
Européennes, Ecole des Hautes Etudes Commerciales, Montréal, les publications du CETAI,
(1996). On regroupe toutes les références dans une bibliographie placée en fin de chapitre ou,
plus généralement, en fin du rapport.

Certaines universités utilisent des variations de ces formats. La règle diffère selon les
institutions et il est préférable de s’informer auprès de son département ou de sa faculté.

Certains départements mettent à la disposition de leurs étudiants un Guide de


présentation des travaux écrits. Peu importe le format utilisé, la règle à respecter est
l’uniformité. On doit demeurer fidèle au même format tout au long du travail.

La façon la plus répandue de présenter une bibliographie est de placer tous les titres par
ordre alphabétique d’auteurs sans classer les titres par catégorie. Une deuxième façon, plus
scolaire, mais aussi plus utile pour le lecteur, consiste à classer les titres en grandes rubriques à
l’intérieur desquelles on respecte l’ordre alphabétique. On suggère les cinq rubriques de
classement suivantes :

 Documents officiels ;
 Ouvrages spécialisés, monographies et thèses ;
 Périodiques spécialisés (revues scientifiques) ;
 Autres périodiques (quotidiens, hebdomadaires…) ;
 Autres documents (rapports de recherche, blogues) ;
 Infolettres [newsletters], etc.).

Les documents électroniques sont aujourd’hui monnaie courante et occupent une place
de plus en plus grande dans les bibliographies ou dans les listes de références. Contrairement
aux sources imprimées qui doivent habituellement franchir les étapes de validation, de
vérification et d’approbation avant publication, le contenu des sources Internet est rarement
validé et approuvé par une autorité extérieure. Il appartient donc au chercheur de vérifier
l’objectivité de l’information, la qualité et la fiabilité des sources Internet qu’il cite.

16
Avril 2022
2. La revue de littérature

Elle permet de faire le point, l’état ou l’inventaire de la connaissance sur la question (ou
le sujet). Elle évite de refaire ce qui a été déjà bien fait. Elle permet de connaître les différents
auteurs qui ont travaillé sur la question et leurs angles d’attaques (leurs problématiques). La
revue de littérature consiste donc à faire le point sur les apports antérieurs en mettant en
évidence leur orientation (problématique) la méthodologie utilisée, les résultats obtenus, les
critiques des autres auteurs. Elle est souvent critique parce qu’on va essayer de mettre en
évidence les acquis et les insuffisances de ces études.

17
Avril 2022
CHAPITRE III : LA FORMULATION DE LA PROBLEMATIQUE ET DES HYPOTHESES

Une fois le sujet choisi, l’étudiant s’attaque à la formulation du problème de recherche


qui constitue l’étape initiale du processus de recherche. Ce chapitre traitera des raisons et des
étapes de formulation de la problématique.

I. Pourquoi formuler une problématique

La problématique est à l’origine de tout travail de recherche. C’est la question qui


suscite ou motive la réalisation d’un projet ou d’une recherche.

Il s’agit ici d’identifier le problème de recherche : ce qui crée le malaise, l’insatisfaction,


ce qui fait problème ?

La problématique comporte deux éléments importants du sujet (mots clés). Il s’agit de


trouver un lien entre ces mots clés : Le lien formulé peut être une explication (ceci
explique cela), une transformation (ceci entraîne cela), une comparaison (ceci est plus
que cela).

Mot clé 1 Mot clé 2


ou I interactions? Ou
concept concept

La rédaction de la problématique se fait toujours à la forme affirmative, selon le modèle


où l'un des mots clés est le sujet de la phrase, le lien supposé est le verbe de la phrase et le
deuxième mot clé le complément.

II. Les étapes de formulation de la problématique

On peut décomposer la formulation de la problématique deux étapes.

 Etape 1 : Disséquer le sujet :

 Lire attentivement le sujet ;


 Souligner et définir les mots clés,
 Si vous trouvez immédiatement un lien entre les mots clés, posez-vous la
question suivante :

- En quoi le lien trouvé est-il l’objet d’un problème ? ou quel est le


problème inhérent à ce lien ?
 La réponse à cette question sera votre problématique.

18
Avril 2022
Au cas où vous ne trouvez pas un lien entre les mots clés, passez à la deuxième étape.

 Etape 2 : Mobilisez vos connaissances pour formuler la problématique :

 Se rappeler que s’il n’y a pas de problème, il n’y a pas de raison de traiter le
sujet.
 Se poser les questions suivantes sur le sujet :

- Quel lien existe-t-il entre les mots clés (pourquoi ce lien) ?


- Que s’est-il passé pendant la période en question (pourquoi s’est-il
passé ?) ? Quel est le fait saillant de la période ?
- Quand est ce que ce phénomène ou évènement a eu lieu ? (Pourquoi en
ce moment et pas un autre ?)
- Ou est-ce que ce phénomène ou évènement a eu lieu ? (Pourquoi en ce
lieu et pas ailleurs ?)
- Comment ce phénomène ou évènement est-il arrivé ? (Pourquoi de cette
façon et pas autrement ?

En fonction de vos connaissances, la réponse à l’une de ces questions vous permettra


d’identifier le lien entre les deux mots clés de votre sujet, donc de formuler votre
problématique.

La problématique est formulée de manière explicite (avec point d’interrogation) ou


implicite (sans point d’interrogation). Le premier cas est beaucoup plus utilisé dans le monde
anglo-saxon.

III. Les questions de recherche

Une fois le problème de recherche identifié et formulé dans la forme d’énoncé


affirmatif, le chercheur procède à un retournement (conversion) du problème sous forme
d’énoncé interrogatif écrit au présent de l’indicatif. Il s’agit de soulever et de poser
explicitement la question principale ou centrale et les questions complémentaires ou
secondaires (autant que nécessaires pour compléter et clarifier la principale ou pour exprimer
intégralement le problème de recherche).

Les questions permettent d’agiter le problème sous tous les angles ou aspects pour
l’expliciter et mieux l’appréhender. Sans question, il n’y a pas de recherche.

Pour savoir si une question de recherche est précise, claire, non confuse et
opérationnelle, il faut la tester en la posant à plusieurs personnes ou groupes de personnes

19
Avril 2022
sans l’interpréter soi-même devant ces personnes. Recueillir ensuite les différents avis et les
confronter à la question de recherche.
Si les réponses données convergent vers le sens que le chercheur donne à sa question
de recherche alors et seulement alors celle-ci peut-être retenue.

La question de recherche joue un rôle de fil conducteur pour deux raisons :


 Parce que le thème que le chercheur a choisi n’est pas encore en tant que tel un objet
de recherche.
 Parce que la question de recherche va servir plus tard de soubassement à la formulation
de l’hypothèse.

Au regard de ces deux raisons essentielles, la question de recherche doit avoir les
qualités suivantes :

 La clarté et la précision : cette première qualité suppose que la question de recherche


ne soit ni longue ni ambiguë, ni vague. C’est quelque chose de précis, de lisible et de
cohérent ;
 Il faut que la question de recherche soit réaliste et pratique : cette deuxième qualité
indique que le chercheur en formulant sa question de recherche doit tenir compte d’un
certain nombre de contraintes comme par exemple :
- Son niveau de connaissance et de compétence. Il doit se poser la question suivante :
suis-je suffisamment formé et informé sur le domaine concerné ?
- Les ressources en temps, en moyen matériel et financier : le chercheur doit résoudre
la question de leur disponibilité.
- Une question de recherche doit être pertinente : elle doit éviter les confusions de
domaine de compétences ; elle doit permettre d’éviter par exemple les questions
morales ou les prises de positions religieuses-idéologiques-philosophique. Une
question de recherche ne devra aborder que l’étude de ce qui existe, de ce qui est
constaté en vue d’une explication.

IV. Les objectifs de recherche

Les objectifs sont des déclarations affirmatives qui expliquent ce que le chercheur vise,
cherche à atteindre. Ils expriment l’intention générale du chercheur ou le but de la recherche et
spécifient les opérations ou actes que le chercheur devra poser pour atteindre les résultats
escomptés.
Les objectifs se formulent avec des verbes d’action pouvant conduire à des
observations, tels que : observer, étudier, décrire, définir, énumérer, vérifier, identifier,
construire, mesurer, évaluer, analyser, comparer.

20
Avril 2022
1. L’objectif général

L’objectif général indique le but ou la finalité globale visée par la recherche.

2. Les objectifs spécifiques

Ils précisent l’objectif général en insistant sur les points ou les aspects du problème
étudiés et les opérations à mener par le chercheur pour atteindre l’objectif général formulé.

V. Les hypothèses de recherche

Le problème de recherche explicité par des questions précises conduit à faire des
propositions, des réponses anticipées ou provisoires aux questions. Ce sont des hypothèses.

L’hypothèse est un énoncé affirmatif écrit au présent de l’indicatif, déclarant


formellement les relations prévues entre deux variables ou plus. C’est une prédiction fondée
sur la logique de la problématique et des objectifs de recherche définis. C’est la réponse
anticipée ou provisoire à la question de recherche posée. La formulation d’une hypothèse
implique la vérification d’une théorie ou précisément de ses propositions. L’hypothèse
demande à être confirmée, infirmée ou nuancée par la confrontation des faits, de la réalité.

a. Les facteurs à prendre en compte dans la formulation des hypothèses :


 L’énoncé de relations : relation entre deux variables, deux phénomènes, deux concepts
ou plus. Cette relation peut être causale (de cause à effet ; par exemple : « ceci cause
cela », « ceci explique cela », « ceci a une incidence sur cela ») ou d’association (par
exemple : « ceci a un lien avec cela », « ceci est en relation avec cela »). Dans la plupart
des hypothèses, on considère deux principaux types de concepts : les causes (ou
facteurs) qui ont des effets (ou des conséquences). Les causes sont aussi nommées
variables indépendantes tandis que les effets, variables dépendantes. Dans une relation
entre deux variables d’une hypothèse, la variable à expliquer, c’est la variable
dépendante, et le facteur explicatif c’est la variable indépendante.

 Le sens de la relation : il est indiqué par des termes tels que « moins que », « plus grand
que », « différent de », « positif », « négatif », etc.
 La vérifiabilité : l’essence d’une hypothèse réside en ce qu’elle peut être vérifiée. Elle
contient des variables observables, mesurables dans la réalité et analysables.
 La plausibilité : l’hypothèse doit être plausible, c’est-à-dire qu’elle doit être pertinente
par rapport au phénomène à étudier.

21
Avril 2022
b. Quelques éléments à ne pas oublier :
 On peut avoir une hypothèse principale et des hypothèses secondaires ou
opérationnelles. Celles-ci doivent s’articuler autour de la principale et s’appeler les unes
les autres dans une logique imposée par la problématique de la recherche.
Pour vérifier une hypothèse, l’attitude de départ doit être celle de l’infirmer. Ce qui
renforce le doute et crée les conditions de l’objectivité scientifique en réduisant les risques
d’interprétations et d’orientations subjectives. L’hypothèse n’est confirmée que dans la mesure
où aucune des données recueillies ne l’invalide.

VI. Les variables et les indicateurs


L’indicateur est ce qui permet de reconnaître une variable. Par exemple le diplôme est
un indicateur du niveau d’instruction. Le chiffre d’affaires est un indicateur de performance
commerciale.

Il est nécessaire de traduire les concepts ou notions en indicateurs mesurable pour


rendre l’étude opérationnelle.

22
Avril 2022
CHAPITRE IV : LE CADRE OPERATOIRE ET LES MODES D’INVESTIGATION

I. Le cadre opératoire

Encore appelé « Méthodologie de recherche », « Cadre conceptuel », cette partie de la


recherche présente les fondements de la stratégie de recherche choisie et du modèle qui sous-
entend la recherche.
C’est l’ensemble des connaissances théories, qui ont un rapport quelconque avec le
sujet de la recherche.
Il s’inspire largement de la revue de littérature pour construire la partie théorique de
l’étude mais aussi pour identifier le modèle (économétrique, statistique) qui répond à la nature
et aux objectifs de l’étude.
Dans les premières étapes, le cadre conceptuel oriente, enrichit la problématique. Il
féconde les hypothèses pour leur donner toute l’envergure de leur signification. Il détermine
l’idée ou les idées directives. Il est le lieu de l’articulation de sens contenu dans les variables. II
ne procure pas d’explication aux phénomènes, mais il aide à leur compréhension en donnant
accès à des références connues, telles que les lois, théories, déjà découvertes sur le sujet.

Chaque terme de l’hypothèse est retenu comme rubrique analytique. Celles-ci sont
examinées à la lumière du cadre conceptuel. Elles sont affinées, précisées, développées ou
modifiées.
Dès le début de la recherche, le cadre conceptuel a une fonction d’organisation, dans la
mesure où il oriente la démarche de pensée et la logique des différentes étapes.
Au cours du travail, le chercheur teste la validité conceptuelle de la recherche. Il va faire
référence au cadre conceptuel qu’il a bâti.
Pour mettre en évidence un nouveau concept, une nouvelle connaissance, il doit
analyser les relations que celui-ci entretient avec les lois, théories et phénomènes connus. On
ne fait progresser le savoir qu’en construisant à partir de connaissances existantes, une
démarche d’analyse adéquat.
Dans les dernières étapes, le cadre conceptuel est indispensable pour évaluer les
résultats. On peut lui comparer les contenus significatifs recueillis par les outils de recherche et
ayant déjà été soumis à une première étude. Plus le cadre conceptuel est adapté et complet,
plus l’analyse est fine et subtile.
Il n’y a pas de recherche valable sans cette double confrontation de l’hypothèse, puis de
l’analyse au cadre conceptuel. « Le travail sur le réel implique toujours une position théorique
scientifique de départ »

23
Avril 2022
II. Les modes d’investigation

Les stratégies d’investigations sont déterminées par les paradigmes de recherche et les
objectifs du chercheur. Ce dernier a le choix entre trois modes d’investigation : l’approche
quantitative, l’approche qualitative et l’approche mixte.

1. L’approche quantitative

Cette approche vise à recueillir des données observables et quantifiables. Ce type de


recherche consiste à décrire, à expliquer, à contrôler et à prédire en se fondant sur
l’observation de faits et événements « positifs », c’est-à-dire existant indépendamment du
chercheur, des faits objectifs.
Cette méthode s’appuie sur des instruments ou techniques de recherche quantitatives
de collecte de données dont en principe la fidélité et la validité sont assurées. Elle aboutit à des
données chiffrées qui permettent de faire des analyses descriptives, des tableaux et
graphiques, des analyses statistiques de recherche de liens entre les variables ou facteurs, des
analyses de corrélation ou d’association, etc.
Pour rapprocher les propositions théoriques de la réalité, ou pour confronter les
hypothèses à l'observation, il faut opérationnaliser les concepts, c'est-à-dire établir une relation
systématique entre les concepts et la réalité observable, au moyen d'indicateurs. On peut
définir les indicateurs comme des « signes, comportements ou réactions directement
observables par lesquels on repère au niveau de la réalité les dimensions d'un concept »
Opérationnaliser un concept, c'est donc lui associer un ou plusieurs indicateurs qui
permettront de distinguer avec exactitude les variations observées dans la réalité par rapport
au concept. Distinguer les variations, cela veut dire mesurer : l'opérationnalisation d'un concept
conduit donc à le mesurer.

2. L’approche qualitative

Dans l’approche qualitative, le chercheur part d’une situation concrète comportant un


phénomène particulier qu’il s’agit de comprendre et non de démontrer, de prouver ou de
contrôler. Il veut donner sens au phénomène à travers ou au-delà de l’observation, de la
description de l’interprétation et de l’appréciation du contexte et du phénomène tel qu’il se
présente.
Cette méthode recourt à des techniques de recherche qualitatives pour étudier des faits
particuliers (études de cas, observation, entretiens semi-structurés ou non-structurés, etc.). Le
mode qualitatif fournit des données de contenu, et non des données chiffrées.

24
Avril 2022
3. L’approche mixte

Cette approche est une combinaison des deux précédentes. Elle permet au chercheur
de mobiliser aussi bien les avantages du mode quantitatif que ceux du mode qualitatif. Cette
conduite aide à maitriser le phénomène dans toutes ses dimensions.
Les deux approches ne s’opposent donc pas. Elles se complètent : L’approche
qualitative, par observation, par entretien, par protocoles (etc.…) permet de récolter
énormément d’informations. Certaines d’entre elles n’étaient pas attendues. Elles font
progresser la recherche. Cependant la durée d’une enquête qualitative limite son recours à des
sujets de recherche pour lesquelles on dispose de peu d’informations. L’enquête qualitative
sera choisie dans une phase exploratoire d’un nouveau sujet de recherche. Elle permet de
développer une théorie et relève donc d’un processus inductif.

L’approche quantitative repose sur un corpus théorique qui permet de poser des
hypothèses. La phase empirique d’une telle recherche se réalise souvent en conduisant une
enquête par questionnaires. Le questionnaire permet d’interroger un plus grand nombre
d’individus. Mais le format de l’enquête ne permet de recueillir que les informations relatives
aux questions.

25
Avril 2022
CHAPITRE V : LES STRATEGIES DE VERIFICATION DES HYPOTHESES

La stratégie de vérification est le choix fait par le chercheur par rapport au nombre de
cas à utiliser et au type de recherche à réaliser pour assurer la vérification la plus complète
possible de l’hypothèse. Ce choix est important dans la mesure où la nature de l’analyse, le type
d’information à recueillir et le type de traitement de données à effectuer en dépendent.

I. Les stratégies les plus utilisées dans les sciences sociales

1. L’enquête

Dans cette stratégie le chercheur ne contrôle aucune des variables en cause. En général,
l’enquête est une quête d’information réalisée par interrogation systématique de sujets d’une
population. Elle favorise l’utilisation du questionnaire, du sondage et de l’entretien. Cette
stratégie permet de connaitre des ensembles statistiques.

2. L’étude de cas

Dans cette stratégie le chercheur n’agit pas non plus sur les variables en cause, il
cherche seulement à observer des interrelations possibles entre ces variables. Au lieu de porter
son investigation sur un grand nombre de personnes ou de fait, il étudie un nombre limité de
cas considéré comme significatifs. L’objectif est de prendre en profondeur une situation sociale,
un fait social, un groupe de personnes, un individu, etc. le chercheur peut décrire un cas unique
(le processus de prise de décision dans l’entreprise), ou un cas complexe (le processus de prise
de décision dans les entreprises burkinabè). C’est une étude de description et de
compréhension d’un fait.

II. Construction du modèle d’analyse

Cette étape est nécessaire dans les recherches "hypothético-déductives" ou


"expérimentales", c'est-à-dire dans celles dans lesquelles on doit représenter les phénomènes,
en les simplifiant, pour étudier les effets de certains facteurs sur d'autres (exemple : les effets
de la quantité d'information sur les décisions prises, les effets de l’investissement sur la
croissance, les effets de la spécialisation sur les performances de l’entreprise, les effets de la
normalisation comptable sur la qualité de l’information financière et comptable, etc.). Ces
facteurs sont appelés "variables". Il y a la ou les variables "à expliquer" (l'objet de la recherche)
et les variables "explicatives" (les facteurs qui influent sur l'objet de la recherche). On les
appelle aussi "variables dépendantes" (celles qui dépendent d'autres ou les effets supposés) et
"variables indépendantes" (celle qui ne dépendent pas d'autres, dans cette recherche ou les
causes).

Variables Variable
independents, Dépendante
explicatives À expliquer

26
Avril 2022
Il est donc indispensable de bien voir ce que l'on cherche à expliquer et les facteurs que l'on
prend en compte pour l'expliquer (le plus souvent, il faudra faire un choix car on ne peut
prendre en compte tous les facteurs explicatifs, on n'en retiendra que quelques-uns). Pour
certains sujets, et dans certaines disciplines des SHS, le chercheur va donc établir ce modèle
d'analyse et regarder quels ont été jusqu'à présent les explications proposées par les
chercheurs précédents. Il va ainsi pouvoir utiliser des "hypothèses" de recherche. Qu'est-ce
qu'une hypothèse ? C'est une conjecture sur l'explication du phénomène. C'est le plus souvent
le résultat d'une recherche précédente ayant établi (provisoirement) que telle variable avait un
impact sur le phénomène à expliquer. Parfois, sur certains sujets nouveaux, le chercheur
élaborera lui-même une hypothèse. Comment choisir les hypothèses de sa recherche ?

 Il faut qu'elles soient liées à une théorie, une explication générale précédemment
proposée (on ne la sort pas de sa poche par hasard) ;
 qu'elle soit vérifiable, contestable (cf. Popper plus haut) ;
 qu'elle soit assez générale, non liée seulement à un cas particulier ;
 s'il y en a plusieurs, il faut qu'elles restent en nombre limité.

III. Les méthodes scientifiques usuelles

L’induction permet de partir d'une observation qui, si elle se répète, permettra


d'émettre une loi générale (méthode "inductive"). Les Sciences de la nature ont commencé par
être inductives avant de pouvoir émettre des lois générales, que l'on a cherché ensuite à
solidifier en les testant dans de nombreux cas spécifiques. En répétant l'expérience, on
s'aperçoit que le phénomène est identique et donc on peut proposer une "loi" scientifique. Les
sciences telles que l’histoire, l’ethnologie par exemple sont essentiellement inductives : elles
privilégient l'observation spécifique et ne cherchent que prudemment des régularités.

La déduction au contraire part d'une théorie ou d'une règle générale et cherche à


vérifier si celle-ci s'applique dans la situation observée. Les disciplines, comme la psychologie,
l'économie, la gestion, plus rarement la sociologie, confiantes dans l'existence de lois ou de
règles déjà élaborées au cours de leur histoire, procèdent principalement par l'émission
d'hypothèses que l'on cherche à valider (ou invalider) dans la réalité étudiée. Cette démarche
est dite "hypothético-déductive".

On constate ainsi la complémentarité des deux procédés au fil de la recherche. Mais il


n'est pas toujours possible de parcourir tout le processus (induction puis déduction). Le
chercheur devra donc choisir le procédé le plus adapté à son sujet et à l'état de développement
de son domaine. Certaines disciplines, certains centres de recherches privilégient clairement
l'une ou l'autre (méthodes inductives ou hypothético-déductives).

27
Avril 2022
IV. Les techniques d'échantillonnage probabiliste

Une étude de recherche n’existerait pas sans un échantillonnage. Les principales


méthodes de formation d’échantillon sont :

1. Echantillonnage aléatoire simple.

Le but de l'inférence statistique est de tirer des conclusions concernant certaines


caractéristique d'une population à partir des informations contenues dans un échantillon.
Citons deux situations dans lesquelles un échantillon est construit afin de fournir aux
responsables des informations sur la population.

Un fabricant de pneus a conçu un nouveau type de pneus permettant d'accroître le


kilométrage effectué comparativement au nombre de kilométrage effectué avec les pneus
actuellement fabriqués par la firme. Pour estimer le nombre moyen de kilométrage effectué
avec les nouveaux pneus, le fabricant a sélectionné un échantillon de 120 nouveaux pneus dans
le but de les tester. D'après les résultats du test, la moyenne de l'échantillon, est égale à 36 500
km. Par conséquent une estimation du kilométrage moyen pour la population de nouveaux
pneus est de 36 500 km.

Les membres d'un parti politique sont supposés soutenir un candidat particulier aux
élections présidentielles et les leaders du parti voudraient estimer la proportion des électeurs
favorables au candidat. Contracter tous les électeurs générerait un coût et nécessiterait un
temps trop long. Par conséquent, un échantillon de 400 électeurs a été sélectionné et 160 de
ces 400 électeurs ont indiqué être en faveur du candidat. Une estimation de la population des
électeurs favorable au candidat est donc 160
= 40%
400

2. Echantillonnage aléatoire stratifié

La population est divisée en groupe d'éléments appelé Strate de façon à ce que chaque
élément de la population appartienne à une et une seule strate. L'échantillon de base qui
définit la strate est : le lieu géographique, le sexe, l'âge etc.
Après la formation des strates, un échantillon aléatoire simple est sélectionné dans
chaque strate.

L'échantillonnage aléatoire stratifié, fonctionne mieux lorsque la variance parmi les


éléments de chaque strate est relativement faible (homogénéité des éléments dans une strate).

3. Echantillonnage par grappes

La population est divisée en groupe d'éléments séparés appelés grappes. Chaque


élément de la population appartient à une et une seule grappe. L'échantillonnage par grappe
fonctionne mieux lorsque chaque grappe fournit une représentation à plus petite échelle de la
population. (Les éléments dans une grappe sont hétérogènes c'est à dire dissemblables).

28
Avril 2022
L'une des applications principales de l'échantillonnage par grappe est l'échantillonnage
de région où les grappes sont les quartiers d'une ville ou d'autres régions bien définies.
L'échantillonnage par grappes nécessite un échantillon total de taille plus importante
que l'échantillon aléatoire simple ou stratifié.
Cependant, il peut générer des économies de coûts, à cause du fait que lorsqu'une
personne sonde une grappe sélectionnée par exemple un quartier, beaucoup d'observation
peuvent être obtenues en un temps relativement court.
Par conséquent, un échantillon de taille plus importante, peut être obtenu avec un coût
significativement plus faible.
Echantillonnage systématique
Lorsque la population est très importante, il est coûteux en temps de sélectionner un
échantillon aléatoire simple. Une alternative à l'échantillonnage aléatoire simple est
l'échantillonnage systématique. Par exemple, si on souhaite sélectionner un échantillon de
taille 50 parmi une population de 5 000 éléments, cela revient à sélectionner un élément tous
les 5 000
= 100
50
éléments de la population. Constituer un échantillon systématique dans ce cas, consiste à
sélectionner aléatoirement, un élément parmi les 100 premiers de la liste de la population ; les
autres éléments sont identifiés de la façon suivante :

 Le second élément correspond au 100ème élément qui suit le 1er élément


sélectionné ;
 Le 3ème correspond au 100ème élément qui suit le 2nd élément sélectionné et ainsi
de suite.

V. Les techniques d’échantillonnage non probabilistes

1. Echantillonnage de commodité.

L'échantillon est principalement identifié par commodité.

Par exemple : un professeur qui mène une expérience à l'Université, peut utiliser des
étudiants volontaires pour constituer un échantillon, simplement parce qu'ils sont déjà
disponibles et participent en tant que sujet à l'expérience, pour un coût très faible ou même
nul. De même un inspecteur peut échantillonner une cargaison d'oranges en sélectionnant les
oranges au hasard parmi plusieurs caisses. Etiqueté chaque orange et utiliser une méthode
probabiliste d'échantillonnage serait impraticable.

Un échantillon de commodité a l'avantage d'être facilement constitué. Cependant, il est


impossible d'évaluer le degré de représentativité de l'échantillon dans la population. Un
échantillon de commodité peut fournir de bon résultats aussi bien que des mauvais ; aucune
procédure statistique bien fondée ne permet de faire une analyse probabiliste ou de l'inférence
sur la qualité des résultats de l'échantillon.

29
Avril 2022
2. Echantillonnage subjectif

Dans cette approche, la personne la mieux documentée sur le sujet de l'étude,


sélectionne des éléments de la population qu'elle pense être les plus représentatifs de la
population. Souvent cette méthode est une manière relativement facile de sélectionner un
échantillon et la qualité des résultats dépend des croyances de la personne qui sélectionne
l'échantillon.

3. L’échantillonnage par quotas

Il est largement utilisé dans les enquêtes d’opinion et les études de marché notamment
parce qu’il ne suppose pas de liste des individus de la population. On parle aussi
d’échantillonnage dirigé ou par choix raisonné. On demande aux enquêteurs de faire un
nombre d’entrevues dans divers groupes établis en fonction du secteur géographique, de l’âge,
du sexe ou d’autres caractéristiques … L’enquêteur doit respecter son quota.

VI. La taille de l’échantillon

La première difficulté à surmonter lorsqu’on doit mener une enquête à dimension


quantitative est celle du nombre d’individus à interroger. Deux types d’arguments sont à
considérer dans la définition de la taille de l’échantillon : statistique et pratique. Mais quelques
soient ces arguments, il convient de respecter les conditions suivantes :

 aucun échantillon ne doit comporter moins de 30 individus.


 par rapport à la «population mère», l’échantillon représente une proportion
d’autant plus faible que cette population est importante.
 un échantillon ne se définit pas en général au départ par un seul caractère de la
«population mère». Ce sui veut dire qu’on doit calculer la taille d’un échantillon en
fonction des différents critères successifs.
 les théories statistiques ne doivent pas être appliquées à la lettre.

Une fois l’échantillon constitue, le chercheur procède à la collecte des données auprès
de celui-ci à l’aide des instruments de collecte appropriés, dont quelques uns sont présentés
dans les pages qui suivent.

VII. Les techniques de collecte des données

Le processus de la collecte de données nécessite des démarches préliminaires telles que


la préparation et l’organisation de questionnaires et des fiches d’enquête, les stratégies de
conduite de la collecte des données, la gestion des problèmes potentiels, etc.

1. L’observation

Elle consiste à observer le fait et à découvrir tous les facteurs qui le composent ou qui
l’influence. Elle est pratiquée à l’aide des sens de perception ou d’instruments spécifiques.

30
Avril 2022
L’observation possède une double nature, toutefois, nous retenons celle utilisée en
science sociale :

 L’observation comme stratégie particulière d’interaction avec le terrain : l’exercice


déborde le simple cadre du « voir et d’entendre » pour impliquer la personne de
l’observateur. L’accent est mis sur le choix du type de relation que le chercheur
entretien avec son terrain afin d’accéder au phénomène étudié puis d’en rendre compte
et de l’analyser.

2. L’enquête

Elle consiste à interroger des individus pour collecter des données qualitatives ou
quantitatives. Une première phase qualitative permettra d’explorer l’objet étudié. Une
deuxième phase quantitative permettra de confirmer les propositions ou hypothèses formulées
suite à la phase exploratoire. Cependant, dans certains cas, la phase qualitative peut se
dérouler après la phase quantitative pour expliquer les résultats obtenus ou explorés un aspect
spécifique. Les deux phases peuvent se dérouler simultanément.

La mise en œuvre d’une enquête impose qu’une grande attention soit portée à la
réduction des écueils, appelés « biais », nés de l’interaction qui s’établit entre l’enquêteur et le
répondant.

2.1. L’entretien

C’est une méthode qualitative de collecte de données, elle peut être vue comme une
conversation avec un objectif, un dispositif de face à face ou en ligne, ou un enquêteur a pour
objectif de favoriser chez un enquêté la production d’un discours sur un thème défini dans le
cadre d’une recherche.
L’entretien se caractérise par une rencontre interpersonnelle qui donne lieu à une
interaction essentiellement verbale ; les données collectées sont donc coproduites. Par ailleurs,
ces données se fondent sur des représentations stockées en mémoire du répondant : elles sont
donc reconstruites lors de leur verbalisation.

Ainsi, elles nous renseignent d’abord sur la pensée de la personne qui parle et
secondairement sur la réalité qui fait l’objet du discours. Cette interaction entre le chercheur et
un répondant suppose une organisation particulière pour pouvoir atteindre les objectifs de la
recherche (forme de l’entretien, échantillon, lieu, guide, mise en situation, stimuli, mode
d’enregistrement des données, etc.).

31
Avril 2022
Les formes de l’entretien varient selon le nombre de répondants en interaction avec
l’enquêteur (individu ou groupe), l’explicitation ou non de l’objet de l’étude (affiché ou
masqué), l’objectif de la recherche (appréhension de représentations, freins et motivation,
analyse de processus, créativité, évaluation de stimuli, etc.), le caractère plus ou moins guidé de
la discussion, etc. A une forme donnée correspond des objectifs, des caractéristiques,
(répondants, acteurs, environnement, etc.) et des règles d’animation particulières.

2.2. Le questionnaire

L’enquête est mise en œuvre au moyen d’un questionnaire qui sert d’outil de recueil
des données. Il est administré auprès d’une population ou d’un échantillon représentatif de
cette population. Les données recueillies sont analysées, soit dans une optique descriptive, soit
dans une optique explicative.

La qualité du questionnaire est donc capitale pour la qualité du processus dans son
ensemble. Il n’existe pas de procédure clairement établie conduisant avec certitude à la
rédaction d’un bon questionnaire. Plusieurs recommandations peuvent cependant être
formulées.

La valeur du questionnaire est ainsi sensible :

 à la qualité de la formulation des questions : questions ouvertes ou questions


fermées ;
 à la qualité de la formulation des modalités de réponse : réponses non précédées ou
réponses précédées ;
 à la qualité d’organisation du questionnaire.

VIII. La présentation des résultats

Il s’agit d’ordonner, de classer et de regrouper les données pour pouvoir les analyser.
Les informations ou faits doivent être isolés, regroupés et classés dans des catégories, dans des
tableaux, dans des graphiques, etc. C’est la seule manière de permettre à la quantité
importante d’informations de prendre sens en laissant découvrir les liens qui n’étaient pas
toujours évidents ou existants. Il faut donc traiter les informations ou les faits pour les
transformer en données analysables.

Ces traitements peuvent être assistés par ordinateur à l’aide de logiciels appropriés.

Exemple de présentation des résultats : Le tri à plat en recherche quantitative

32
Avril 2022
Le tri à plat est une opération consistant à déterminer comment les observations se
répartissent sur les différentes modalités que peut prendre une variable à modalités discrètes.
Le résultat de cette opération est donc un simple tableau, « tableau de fréquences ». Ce
tableau peut faire apparaître simplement le nombre d'individus dans chaque modalité, la
fréquence d'individus par modalité, ou le pourcentage.

Illustration :

Soit une variable classique, le sexe. Elle a deux modalités, homme et femme. Le tri à plat
des données selon cette variable consistera donc simplement à compter combien
d'observations tombent dans la catégorie Homme et combien tombent dans la catégorie
femme. Par exemple, 52 hommes, 65 femmes, ou encore 44,4% d'hommes pour 55,6% de
femmes. Il faut noter que si l'on inscrit le pourcentage seul, il manque une idée de l'effectif
concerné et il faut au moins indiquer l'effectif total sur lequel est calculé le pourcentage.
Réciproquement, le nombre d'individus seuls est peu informatif s'il s'agit ensuite de comparer
la distribution de la variable considérée avec la distribution d'une autre variable.

Prenons maintenant une autre variable, l'âge, qui aurait divisé en cinq classes pour
quelque bonne raison théorique, disons par exemple,

1°) moins de 20 ans;


2°) 20-29 ans;
3°) 30-39 ans ;
4°) 40-49 ans;
5°) 50 ans et plus

Exemple de présentation de résultats en recherche qualitative :

Les données d’une recherche qualitative fondées sur l’analyse de documents, l’analyse
d’entretiens, sur une étude de cas, etc., le chercheur établit des catégories susceptibles de
produire du sens pour la situation. L’objectif est de mettre en évidence le sens global des
données, donc d’identifier des unités de significations, de développer le contenu des unités de
significations et de synthétiser l’ensemble des unités de significations.

Il faut toutefois retenir que les tris peuvent être utilisés dans les études qualitatives. Des
logiciels permettent de nos jours de faire des analyses de données qualitatives.

33
Avril 2022
IX. La discussion des résultats

Il s’agit de procéder à l’évaluation du processus entier de la recherche et démontrer la


pertinence ou la validité des résultats par rapport au problème de recherche et aux questions,
aux hypothèses, au cadre de référence, de mettre les résultats en relation avec d’autres travaux
et d’apprécier la question des limites de la généralisation des résultats. En bref, le chercheur
discute les résultats de son étude à la lumière des travaux antérieurs, du cadre de référence et
des méthodes utilisées dans le travail. Il tente, en fait de proposer de nouvelles interprétations
d’un sujet connu ou une interprétation originale d’un nouveau sujet.

Le chercheur s’attèle à l’authentification des résultats obtenus en s’assurant qu’ils sont


conformes aux questions posées ou aux hypothèses formulées. Ensuite il procède à la
discussion de la nature des relations entre les différentes variables.

34
Avril 2022
BIBLIOGRAPHIE

MARIE-Laure et al. (2012), Méthodologie de la recherche : réussir son mémoire ou sa thèse,


France, PEARSON (2e édition).
N’DA Paul (2006), Méthodologie de la recherche, 3e édition, Abidjan, EDUCI.
ASSIE Guy Roger et KOUASSI Roland Raoul, initiation à la méthodologie de recherche.

35
Avril 2022

Vous aimerez peut-être aussi