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Introduction à la philosophie moderne

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Chapitre 1: Qu’est-ce que la philosophie ?

Introduction

I- Amour de la sagesse ou recherche de savoir


II- Métaphysique, anthropologie, philosophie
III- Tous les hommes sont-ils philosophes ?
IV- Une origine et une histoire
V- La philosophie et les sciences
VI- De la méditation à l’action

Conclusion

Bibliographie

Reproduction et diffusion interdite.


Reproduction et diffusion interdite.

A l’origine, la philosophie regroupait tout un ensemble de discipline, aussi


bien les sciences comme les mathématiques, l’astronomie ..., que la
mythologie, ou bien encore la politique. Rappelons-nous la mention portée
sur le frontispice de l’Académie, fondée par Platon à Athènes, en 388-387 av.
J.C. : « Que nul n’entre ici s’il n’est déjà géomètre ». La philosophie a
toujours regroupé un certain nombre de champs de réflexion, de démarches
ou d’attitudes pratiques que nous sommes mieux en mesure de distinguer
aujourd’hui que par le passé, au moins jusqu’à un certain point. L’énoncé du
programme de classe de Terminale, par exemple, nous invite à dissocier la
métaphysique, les sciences comme l’anthropologie et la philosophie, et nous
pensons qu’une telle distinction, quoique problématique, est en effet possible
et nécessaire.
Si nous regardons l’étymologie du nom, nous pouvons décomposer la
philosophie en philein, « aimer », et sophia, « sagesse ». Mais que peut bien
signifier l’amour de la sagesse ? Cette sagesse est-elle quelle que chose que l’on
peut posséder, ou bien n’est-on condamner qu’à la chercher sans jamais la
trouver ?

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I- Amour de la sagesse ou recherche du savoir


Rappelons tout d’abord qu’en grec, il existait deux types de sagesse : la
sophia, spéculative et contemplative, et la phrônésis, c’est à dire le bon
jugement entraînant une bonne conduite. En français le terme de sagesse renvoie
tantôt à l’une tantôt à l’autre de ces notions.
Si la philosophie est l’amour de la sagesse, il semble aussi qu’elle soit
l’effort pour acquérir une conception d’ensemble de l’univers, ou de
l’universalité des choses. Sans doute, le premier aspect, pratique, n’est pas
dissociable du second : tout effort pour élaborer une règle de vie, pour adopter
une attitude réfléchie et responsable implique une réflexion critique et une
interrogation sur les conditions de possibilité d’un savoir. Il y a néanmoins un
contraste flagrant entre la sagesse dite socratique, indissociable de la
personnalité, de l’esprit, de l’ironie même de Socrate, et la définition
aristotélicienne de la philosophie, par exemple. Pour Aristote, elle est la science
des premiers principes et des premières causes, soit la métaphysique (ce qui
vient après ou au-delà de la physique), mais elle est aussi la science de
l’Universel. Et pour lui la connaissance de toutes les choses appartient
nécessairement à celui qui possède la science de toutes les choses. La
philosophie aristotélicienne est donc une science dominatrice. C’est donc au
sage de donner des lois, et non d’en recevoir (cf. Métaphysique).

Reproduction et diffusion interdite.


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II- Métaphysique, anthropologie, philosophie

Aujourd’hui, le terme de science est réservé à un certain nombre de


disciplines qui n’ont plus grand chose à voir avec la philosophie. La pensée
contemporaine distingue également la métaphysique de l’anthropologie et de la
philosophie. La première, qui a pour objet l’étude de « l’Etre en tant qu’être » et
la recherche des principes et des causes premières de toutes choses, n’est qu’une
partie de la philosophie, longtemps appelée aussi « philosophie première » par
opposition à la philosophie seconde, soient les sciences de la nature.
L’anthropologie qui pose la question de la nature de l’homme tend parfois à
coïncider avec la philosophie. Il ne faut cependant pas oublier qu’il appartient à
la seule philosophie de développer un regard critique sur l’anthropologie,
d’expliciter plus avant un certain nombre d’ambiguïtés liées à ce concept, et
éventuellement de remettre en question certaines prétentions de la discipline
scientifique. Il revient aussi à la philosophie de délimiter le domaine de la
métaphysique. Une philosophie n’est jamais en effet un simple savoir sur une
certaine catégorie d’être ou d’idées ; elle est toujours aussi un retour réflexif de
ce savoir sur lui-même, c’est-à-dire sur ses origines, sur sa valeur et, bien
entendu, sur ses limites. On ne saurait donc confondre sagesse et omniscience.
Contrairement aux anciens sages, Socrate et Platon se sont en effet définis eux-
mêmes comme ceux qui aspirent à la sagesse, sans prétendre la posséder : ils ne
se définissaient pas comme des sages mais tentaient de le devenir.

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III- Tous les hommes sont-ils philosophes ?


La philosophie prend donc deux sens. Le premier est celui d’une
conception générale de l’univers, un ensemble plus ou moins cohérent de
préceptes et d’opinions, une sagesse individuelle ou collective. Selon le
deuxième sens, la philosophie, c’est-à-dire la recherche de la vérité, n’est pas un
système clos ni même une quelconque sagesse mais un dialogue permanent. Une
philosophie implicite, c’est-à-dire qui ne se pense pas elle-même, n’est pas une
philosophie. Seuls un débat de l’esprit avec lui-même, ou encore une histoire
dans laquelle chaque personnalité, chaque auteur intervient et prend parti,
peuvent être tenus pour « philosophiques » au sens strict du terme.
Avant même que d’être un effort de synthèse de tous les savoirs, la
philosophie serait née d’un étonnement de la diversité des choses, des opinions,
des connaissances et des hommes. Et si certains auteurs prétendent que tous les
hommes sont philosophes, tous s’accordent pour dire que cela ne dispense pas
d’un effort conséquent et soutenu pour élaborer soi-même une conception
critique du monde.

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IV- Une origine et une histoire


Tout comme la science mathématique, tout comme une certaine forme de
débat politique, la philosophie occidentale a une histoire dont l’origine se situe
en Grèce antique. Elle fut non seulement une réflexion théorique et
systématique, tirée de l’expérience, mais aussi une tâche sans cesse à renouveler,
un but jamais atteint. C’est pourquoi toutes les époques ont vu apparaître des
philosophies différentes.
Et parce que la philosophie étudie l’ensemble des choses, on peut
admettre, à la suite de Hegel, qu’il y a une véritable unité de la philosophie au-
delà de la diversité des philosophies. Bien que particulières par leurs approches
et par leurs démarches, chacune d’entre elles renvoie par son contenu, la
recherche de la vérité, à l’aspect universel de toute philosophie. Dès lors, récuser
une philosophie n’est plus possible. Et même si chacune est propre à son
époque, il y a toujours quelque chose à réactiver, quelque chose de jamais
dépassé et de toujours intemporel.

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V- La philosophie et les sciences


La philosophie cartésienne fut l’un des moments clés de l’histoire
philosophique occidentale puisque la réflexion de Descartes porte à la fois sur
l’essence des mathématiques et sur la question des fondements de la
philosophie. On saisit mieux dès lors le lien entre mathématiques et
philosophie : ce qui caractérise les premières est l’effort pour se fonder elles-
mêmes, c’est-à-dire pour mettre en évidence leurs propres normes de vérité et
ériger les règles qui en découlent. Quant à la philosophie, elle fut conçue par
Descartes comme une science universelle, unique et normative, sur laquelle tout
savoir doit se régler. Cependant si les Méditations métaphysiques demeurent le
prototype de toute démarche rationnelle et philosophique, ce n’est pas tant parce
que Descartes a tenté d’établir un savoir total et indubitable, désormais
impossible à atteindre, que parce qu’il a commencé par renverser toutes les
connaissances admises.

Reproduction et diffusion interdite.


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Aujourd’hui la philosophie n’est plus ni une science ni l’unité


systématique de toutes les Sciences ; mais une « épistémologie », c’est-à-dire
une réflexion sur le savoir, une « science » de l’esprit conçue avant tout comme
une connaissance de ses propres limites.
Voici la première vérité philosophique : la philosophie n’est pas une
science au sens strict de ce terme. Tandis que les sciences admettent des
solutions certaines et universellement tenues pour vraies, la philosophie reste
enfermée dans un cercle de problèmes qui restent au fond toujours les mêmes et
qui ont pour point commun de ne pas être vérifiables empiriquement. Le rôle de
la philosophie est de maintenir ces problèmes en discussion et de les approfondir
ou d’en renouveler les données, mais sans jamais prétendre pouvoir en venir à
bout. Quant à la philosophie conçue comme un savoir universel, un système
achevé, nous pouvons affirmer qu’elle n’existe plus. Mais le projet d’unifier
tous les savoirs n’a pas pour autant été abandonné. Et parce qu’il est toujours en
réalisation mais jamais achevé, il pousse la philosophie à se renouveler sans
cesse.
Ce que l’on peut dès lors attendre de la lecture d’œuvres philosophiques
est notamment l’acquisition de certains outils conceptuels, mais aussi les
éléments d’une réflexion pertinente sur des questions sociales, politiques et
éthiques.

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VI- De la méditation à l’action


Mais au-delà de cette interrogation d’ordre moral ou politique, la
philosophie ne livre ni consignes ni modèles : pas même l’indication d’un
chemin à suivre. Chaque quête est individuelle, toute personne doit d’abord
passer par des méditations, ce qui en retour aura des effets sur l’action. La
recherche philosophique en effet n’exclut pas l’action, mais l’éclaire sous un
jour particulier.
On se souviendra à cet égard de l’attitude paradoxale de Socrate vis-à-vis
des institutions athéniennes. A la veille de sa mort, alors que le moyen de fuir lui
est offert, il refuse l’évasion et l’exil. Pour justifier son choix, il donne la parole
aux lois athéniennes et plaide leur cause avec une ferveur inattendue. Dans le
Criton, Socrate exprime une dernière fois le respect du citoyen mais aussi la
réserve du philosophe à l’égard de la vie politique. C’est d’ailleurs cette
indifférence, tantôt respectueuse, tantôt ironique, à l’égard de la cité qui lui fut
vivement reproché. Pour ses accusateurs il corrompait la jeunesse en se livrant à
des bavardages, et les détournait par-là des véritables occupations de la Cité. En
fait il portait atteinte à l’ordre public et remettait surtout en cause la politique
athénienne.

Reproduction et diffusion interdite.


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Conclusion :

L’opinion courante donne parfois raison à ceux qui tiennent la philosophie


pour une activité frivole, un jeu intellectuel plus déroutant que subversif.
Toutefois, une condamnation aussi vive de la philosophie ne peut-être que hâtive
et injustifiée. Toute argumentation tendant à récuser la philosophie est en effet
soit trop philosophique, elle se réfute alors elle-même, soit trop peu
philosophique, elle ne peut alors prétendre à aucune légitimité « intellectuelle ».
C’est pourquoi la philosophie ne cherche pas à se faire valoir auprès de
l’opinion. Elle reconnaît même volontiers qu’elle n’est pas utile, puisqu’elle
n’existe que pour elle-même, qu’elle se pratique sans but préétabli. Ce qui ne
signifie pas qu’elle est inutile. Parce qu’elle est un cheminement individuel et
une recherche de sagesse effective, la philosophie trouve en elle-même sa fin.
Elle est désintéressée et peut aussi être fort déroutante.

Bibliographie :

ARISTOTE : Métaphysique, trad. Tricot, 2 vol., Vrin 1953


DESCARTES : Principes de la philosophie, Gallimard, coll. La Pléiade
Méditations métaphysiques, GF - Flammarion
HEGEL : Précis de l’encyclopédie des sciences philosophiques, trad.
Gibelin, Vrin, 1952
HUSSERL : La philosophie comme science rigoureuse, PUF, 1993, coll.
Epiméthée
PLATON : République
Apologie de Socrate
Criton
Phédon
Tous les autres dialogues platoniciens sont intéressants pour
la démonstration de maïeutique chacune portant sur des thèmes différents.
On peut tous les trouver dans des éditions de poche comme GF -
Flammarion

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