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1

ÉPIGRAPHE

«« Voluntas coacta, voluntas est », (Même contrainte, une volonté

n’en est pas moins une volonté). Jean-Paul DOUCET1


2

Dédicace
3

INTRODUCTION

1. Présentation du sujet

L’homme sur la terre est considéré comme un être social qui trouve une vie favorable et stable
à côté de son semblable. Il se sent aussi complet quand il fonde une famille avec la femme.
Cette vie de couple entre l’homme et la femme se réalise par le mariage. Celui-ci n’est autorisé
que lorsque les deux partenaires ont atteint l’âge nubile, ou mieux l’âge requis pour contracter
mariage. Mais l’âge requis ne suffit pas ; plusieurs autres conditions sont requises dont le
consentement libre et éclairé de deux conjoints qui souhaitent se prendre pour mari et femme.

C’est ainsi que lorsqu’un mariage qui a été célébré soit devant l’officier de l’Etat civil, soit en
famille, sans le consentement libre et éclairé des futurs époux ou lorsque ce consentement a
été obtenu par l’usage des menaces, violences ou ruse de la part des père et mère ou de celui
qui exerce l’autorité parentale ou tutélaire sur l’un des futurs époux, cet état de chose est érigé
en infraction de mariage forcé prévu par l’article 174 f du code pénal congolais livre II tel que
modifié et complété par la loi n°06/018 du 20 juillet 2006 et l’article 189 de la loi n°09/001 du
10 janvier 2009 portant protection de l’enfant. Cependant, cette loi du 20 juillet 2006, laquelle
porte principalement sur les violences sexuelles, est une tentative de solution au contexte
général de crises créées par les conflits successifs dont la République Démocratique du Congo
est victime depuis 19961. Dans ce cas, pour ses multiples innovations, la loi de 2006
couramment appelée loi sur les violences sexuelles constitue un pas important vers la lutte
contre l’impunité dans le domaine des infractions de violences sexuelles qui s’avèrent être de
plus en plus fréquentes dans nos sociétés2. Tout en intégrant de nouvelles infractions
empruntées au droit international humanitaire, dont notamment l’infraction de mariage forcé,
la loi sur les violences sexuelles a pour vocation de contribuer au redressement de la moralité
publique, de l’ordre public et de la sécurité dans notre pays. Par ailleurs, il revient de signaler
qu’en République Démocratique du Congo, le mariage de filles mineures perdurent malgré
l’interdiction de la loi surtout dans les milieux ruraux, ce genre d’unions est souvent contracté
en famille et ce, selon les clauses traditionnelles ou coutumières. Dans le même ordre d’idées,
le mariage d’enfant constitue une pratique fortement répandue dans les coins de la ville de
Kalemie, les estimations, selon les avis de certains chercheurs en la matière et selon notre
propre investigation, varient et font consommer l’infraction de mariage forcé.
4

Outre cet aspect consistant pour les parents ou tuteurs de marier leurs filles encore mineurs
d’âge, il y a lieu d’ajouter le fait que le mariage forcé se vit aussi dans le chef des parents ou
tuteurs qui obligent à leurs « enfants » majeurs de se marier aux personnes ne relevant pas de
leur choix. Et ce, même s’ils n’y ont pas consenti.

Référencement : 1 Exposé des motifs de loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et


complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais4

Devant cet état de chose, notre thématique s’explique ou se conçoit dans le fait que nous avons
constaté une léthargie dans le chef des autorités judiciaires chargées de réprimer l’infraction de
mariage forcé. Ces autorités judiciaires (OPJ et OMP) ont tendance à favoriser les poursuites
contre les infractions de viol, d’attentat à la pudeur et parfois du harcèlement sexuel qui sont
les plus mises en application et poursuivies sévèrement alors que l’infraction de mariage forcé
dont il sera question dans ce travail est écartée purement et simplement alors qu’elle fait partie
des infractions de violences sexuelles.Par ailleurs, cette léthargie que nous avons constatée
dans le chef des autorités judiciaires chargées de réprimer l’infraction de mariage forcé est de
nature à donner aux coutumes et usages la chance ou le privilège de favoriser ce genre de
mariage surtout dans les milieux ruraux, les croyances superstitieuses et la situation socio-
économique des femmes et des jeunes filles sont des facteurs prépondérants qui sont à la base
de la commission de l’infraction de mariage forcé.

C’est ainsi que, dans le souci de lutter contre la non application de la loi en la matière, nous
avons préféré parler à la fin de notre parcours scientifique en Droit d’un sujet problème dont le
contenu s’articule autour de : « L’insuffisance de la répression de l’infraction de mariage forcé
et ses conséquences socio-juridiques en Droit positif congolais4

2. Choix et intérêt du sujet

Dans un travail scientifique, il paraît parfois très difficile à tout chercheur, des domaines
confondus, d’énoncer les raisons qui l’auraient poussé à opter pour tel ou tel autre sujet de
travail. C’est le choix du sujet. Mais à coter de ce choix, encore faudra-t-il préciser ou
déterminer l’apport que le travail fait en faveur de la science et de la société contemporaine et
future. C’est l’intérêt du sujet. Dans le cadre de ce travail, nous avons opéré notre choix sur ce
sujet dont le contenu a été énoncé ci-haut, parce que, nous avons fait un constat selon lequel, à
l’heure actuelle, la République Démocratique du Congo se voit butée à des nombreux
problèmes qui ont trait surtout aux violences sexuelles basées sur le genre et dont les victimes
les plus visées dans ce genre d’atrocités seraient souvent les femmes et les jeunes filles qui sont
envoyées en mariage contre leurs grés.Quant à ce qui cadre avec l’intérêt du sujet, nous, en
tant que chercheuse en Droit, dans le présent travail, poursuivons trois principaux intérêts qui
s’expliquent en ces termes :
5

1° Sur le plan personnel

Nous avons opté pour ce sujet parce que, d’une part, étant aussi femme, nous nous sommes
sentie être la première concernée par ces maux qui avilissent la femme. En outre, nous avons
estimé que les réflexions par nous développées dans le présent travail pourront tant soit peu
contribuer à mettre fin aux mariages forcés, ou à tout le moins, à les réduire sensiblement.5

2. Sur le plan scientifique

Le choix de ce sujet par nous dans cette étude, après mise aux points de toutes les
problématiques y afférentes, permettra à tout chercheur du domaine juridique d’obtenir ou
d’acquérir des capacités essentielles en vue de perpétuer cette étude de l’infraction de mariage
forcé dans les jours à venir car étant recrudescente dans notre pays et faisant preuve d’une
énorme discrimination quant à sa répression qui est due à la léthargie qui entoure l’appareil
judiciaire congolais. Notre souci est aussi celui de permettre aux autres chercheurs du domaine
d’avoir des connaissances efficaces. Et ces connaissances et capacités qu’acquerront les autres
chercheurs leur permettront de prendre en considération les autres aspects nouveaux que
notre étude n’aura peut-être pu pas développer ou analyser.

3. Problématique

Après une longue observation faite par nous dans les milieux ruraux et urbains de la

République Démocratique du Congo, il se remarque une recrudescence de plusieurs cas des


mariages forcés dont sont victimes les femmes et les jeunes filles. Ces mariages forcés sont à la
base de l’analphabétisme et de la déscolarisation de ces enfants alors que conformément à la
constitution congolaise du 18 février 2006 ; celle-ci dispose en son article 43 : « toute personne
a droit à l’éducation scolaire. Cette éducation doit être assurée par les parents selon leurs
moyens pécuniaires ».Or, face à cette thématique, à cause de la pauvreté et de certaines
circonstances exceptionnelles, catastrophes naturels, guerres, calamités,… beaucoup de
parents préfèrent donner leurs filles majeures comme mineures en mariage sans pour autant
obtenir leur consentement préalable. Il suffit que les prétendants se fassent présenter comme
des personnes qui ont assez des moyens financiers. Ceci permet aux parents ou tuteurs de
percevoir le prix de la dot et une assistance qui améliorerait leur situation économique.

C’est pourquoi, devant cette situation alarmante, le législateur congolais a érigé en infraction
de mariage forcé le fait pour toute personne qui exerce l’autorité parentale ou tutélaire en
droit sur une personne mineure, de l’avoir donné en mariage ou en vue de celui-ci, ou sur une
personne majeure, de l’avoir contrainte à se marier. Cette incrimination est prévue et punie par
les articles 174f du code pénal congolais livre II tel que modifié et complété par la loi n°006/018
du 20 juillet 2006 et 189 de la loi portant protection de l’enfant.
6

Toutefois, face à ce qui précède, nous pensons que ces différentes dispositions ci-haut citées ne
sont pas du tout mises en application par les autorités chargées de poursuivre et de réprimer
cette incrimination de mariage forcé dans la ville de Kalemie.

Référencement : Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée par la n°11/002 du 20


janvier 2011portant révision de certains articles de la constitution de République
Démocratique du Congo, Article 43, in JORDC, Kinshasa, Numéro Spécial du 5 février 2011.6

6c'es ainsi beaucoup de parents, ignorants de la loi, l’enfreignent en contraignant leurs filles à
se marier contre leur volonté, ou donnent leurs filles mineures en mariage avant que celles-ci
n’atteignent l’âge légal pour contracter mariage, lequel âge est relevé à 18 ans révolus. Face à
tout cela, nous nous sommes posé un nombre constant des questions sous forme de
problématique. Ces questions s’enchainent de la manière que voici :

Nonobstant interdiction de la loi, est-ce que le mariage forcé continue-t-il à être appliqué dans
nos sociétés ?

Si oui, pourquoi la justice ne poursuit ni ne punit-elle pas les auteurs de l’infraction de mariage
forcé ?

Quelles sont les causes sous-jacentes et les conséquences que peut engendrer cette
incrimination ?

Quel remède pouvons-nous proposer face à ces situations du reste déplorables ?

Telles sont nos préoccupations majeures auxquelles nous répondrions provisoirement dans nos
hypothèses et qui seront approfondies par nous tout au long de ce travail.

4. Hypothèses

Malgré le fait que le législateur congolais ait prévu dans son arsenal juridique l’incrimination de
mariage forcé et que cet état de chose fait l’objet d’une interdiction formelle au niveau
international et ce, conformément aux instruments juridiques internationaux dont la
déclaration universelle des droits de l’homme, la charte africaine des droits et du bien-être de
l’enfant, le protocole de Maputo sur les droits de la femme, le droit international humanitaire ;
nous pensons que l’infraction de mariage forcé continue à exister ou à s’appliquer et à se
commettre en République Démocratique du Congo en général,, surtout dans les milieux ruraux
de cette contrée parce que la loi étant complètement méconnue de la population. Dans cette
même lancée, nous estimons que les autorités judiciaires (OPJ et OMP) ne poursuivent pas et
ne punissent pas non plus cette infraction car selon nous, la justice congolaise étant animée
d’une grande léthargie ou négligence par rapport à l’application des textes légaux incriminant
l’infraction de mariage forcé, et à cet effet, les Officiers de Police Judiciaire (OPJ) et l’Officier du
7

Ministère Public (OMP) étant garants de la loi, appliquent ou font application du principe selon
lequel l’accessoire suit le principal pour signifier à titre exemplatif lorsqu’un OMP ou un OPJ
reçoit une information selon laquelle un Monsieur X se marie à une jeune fille Y, laquelle n’a
pas encore atteint l’âge légal pour contracter mariage, l’OPJ ou le MP ne poursuivra ou
n’instruira que le dossier judiciaire de l’infraction de viol à l’égard du mari de la jeune fille et se
désintéressera des parents de ladite fille qui auront perçu la dot et qui, conformément à la loi,
seraient également complices du viol commis à l’égard de leur fille et lesquels parents doivent
être passibles des sanctions pour avoir donné leur

fillemineure en mariage ; d’où ces parents sont coupables du mariage forcé à l’égard de leur
enfant.7Et pour les majeurs, surtout les femmes qui sont contraintes à se marier contre leur
propre volonté, elles ne sont pas capables de dénoncer leurs parents ou leurs tuteurs qui les
contraignent à se marier, par peur, par résignation, par abus d’autorité que font preuve les
parents…

Ainsi, les pratiques de mariage forcé en RDC sont parfois favorisées par : l’inégalité des sexes ;
la pauvreté ; les us et coutumes ou certaines pratiques traditionnelles ; les croyances
superstitieuses ; la non-application des lois ; les situations d’urgence ; etc.

C’est pourquoi, par rapport aux conséquences de l’infraction de mariage forcé, nous estimons
que cette incrimination entraine des graves conséquences sur la vie des couples et surtout sur
celle des victimes. Et par-là, nous trouvons que les mariages forcés lorsqu’ils sont célébrés, ils
sont mécaniques, artificiels et sans fondement solide, d’où ces mariages engendrent le manque
d’amour, les divorces, le manque de conviction et du ferme engagement, de violences et abus
sexuels, les risques pour la santé lorsqu’il s’agit d’un mariage d’une fille mineure, etc. Pour finir
avec la dernière préoccupation, nous proposerons au législateur congolais de revoir son code
de la famille et y insérer une notion qui ne traiterait uniquement que du consentement libre et
éclairé comme condition primordiale du mariage et sans laquelle les autres conditions ne
peuvent pas être possibles et qui conduirait à l’annulation du mariage.

Nous proposerons également aux autorités judiciaires de poursuivre et punir sévèrement


l’incrimination du mariage forcé tel que prévue dans l’arsenal juridique et ce, conformément
aux articles 174f du code pénal livre II, 189 de la loi portant protection de l’enfant.

Dans la même perspective, nous demanderons également aux femmes et aux jeunes filles,
victimes de l’infraction de mariage forcé, de dénoncer leurs infracteurs par-devant la justice
sans peur ni résignation pour faire valoir leurs droits et libertés tels que prônés par les
instruments juridiques internationaux.

7
8

5. Méthodes et techniques de recherche

5.1. Méthodes

Dans le souci de parvenir à élaborer un travail scientifique, il est indispensable au chercheur de


recourir à des méthodes et techniques qui lui permettrons de mieux appréhender son sujet
d’étude et aboutir à des résultats vérifiables. C’est dans ce cadre que nous avons jugé bon de
faire recours à des différentes méthodes telles que : juridique, génétique et sociologique. Ces
trois méthodes nous serviront tout au long de notre travail8

5.1.1. la méthode juridique ou exégétique

Elle consiste à identifier et à définir le sujet d’étude, puis observer les faits suivis de la
description du fait juridique à ses différents éléments.

Elle nous sera utile en ce sens que nous ferons plus souvent recours aux dispositions légales ou
à l’interprétation des différents textes juridiques en vigueur dans notre pays et lesquels
instruments juridiques ont trait à notre sujet d’étude qu’est l’infraction de mariage forcé. Ces
textes légaux sont notamment la loi n°16/008 du 15 juillet 2016 modifiant et complétant la loi
n°87/010 du 1ier août 1987 portant code de la famille, le décret du 30 janvier 1940 portant
code pénal congolais tel que modifié et complété par la loi n°006/018 du 20 juillet 2006 et la loi
n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant.

Mis à part ce qui précède, nous ferons aussi recours à certains instruments juridiques
internationaux qui protègent les femmes et les jeunes filles victimes de l’infraction de mariage
forcé dont notamment le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples,
relatif aux droits de la femme en Afrique(protocole de Maputo) ; la Déclaration Universelle des
droits de l’homme…

5.1.2. La méthode génétique ou historique

Elle repose sur l’idée selon laquelle chaque fait social a une origine, une genèse ou un
commencement.21 Elle nous sera d’une grande utilité en ce sens qu’elle nous aidera à

remonter aux origines du mariage forcé dans le temps, surtout pendant la période ancestrale
où les femmes étaient contraintes à se marier à bas âge.

Elle nous aidera en outre de ressortir les faits ayant été à la base de l’émergence de

l’infraction de mariage forcé dans le temps et à ses effets dans l’espace.

5.1.3. la méthode sociologique


9

Cette méthode consiste quant à elle à définir rigoureusement les phénomènes étudiés et à
rechercher les causes dans les faits sociaux antérieurs.22 Elle nous sera utile pour confronter
les données obtenues dans nos investigations à la réalité sociale en vue d’éclairer l’opinion sur
les causes et conséquences du mariage forcé dans la société congolaise en

6. Techniques

Tout travail scientifique, pour être bien réalisé, doit comporter à son sein des techniques
réalisées par son rédacteur. C’est pour cette raison que nous utiliserons quelques techniques
pour donner sens à notre travail :

Référencement SANGO MUKALAY A., Notes de cours d’Initiation à la Recherche Scientifique,


Deuxième Graduat, UNIKAL, Faculté de Droit, 2016-2017, p.37, inédit.

DURKHEIM E., les règles de la méthode sociologique, coll. Petite bibliothèque Payot, Payot,
Paris, p.23.9

91. la technique documentaire

Elle consiste en un parcours soigneux des documents soit sous seing privé ou authentiques. Elle
nous permettra de consulter des ouvrages, des notes des cours, des articles et revues, des
doctrines, y compris les différents travaux scientifiques ayant trait à notre sujet d’étude.

2. la technique d’observation

Cette technique implique de la part du chercheur une immersion totale dans son terrain, pour
tenter d’en saisir toutes les subtilités, au risque de manquer de recul et de perdre en
objectivité. Elle nous permettra de vivre la réalité de nos études observées sur l’infraction de
mariage forcé et de pouvoir comprendre certains mécanismes difficilement décryptables pour
quiconque demeure en situation d’extériorité pour pousser les autorités habilités à réprimer les
infractions (OPJ et OMP) à prendre des mesures idoines aux fins de lutter contre la
recrudescence de cette incrimination dans la société congolaise en général

7. Délimitation du sujet

Etant dans l’obligation de nous conformer aux exigences scientifiques, nous limiterons notre
travail dans une dimension spatio-temporelle.

1° Délimitation du sujet dans le temps


10

En faisant l’analyse de notre sujet d’étude, nous nous sommes proposé de considérer la
période allant de 2006 à nos jours pour la simple raison que c’est à partir de cette dernière
année que le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais a été modifié et complété
par la loi n°006/018 du 20 juillet 2006, laquelle loi est relative aux violences sexuelles parmi
lesquelles se trouve l’infraction de mariage forcé qui est l’objet de notre étude.

2° Délimitation du sujet dans l’espace

Par rapport à la délimitation spatiale de notre champ d’étude, nous pensons que l’espace
d’étude dans lequel se limiteront nos recherches scientifiques par rapport à ce travail est toute
l’étendue de la République Démocratique du Congo. 10
11

11Chapitre Premier

DU MARIAGE EN DROIT CONGOLAIS

Nous examinerons dans ce chapitre d’une part, la définition, le but et la nature juridique du
terme mariage, lequel, au vu de la société et surtout du code de la famille, apparaît être la seule
base légale d’existence d’un coupe et de l’autre part, nous entamerons également les
conditions de fond et de forme de l’existence du mariage, sans le respect desquelles, le mariage
paraît, dans une certaine mesure, être frappé d’une nullité absolue qui, de surcroît, conduirait
directement et simplement à l’annulation du mariage. Au finish, nous bouclerons ce chapitre
ayant trait au mariage par épingler les effets ou les différentes conséquences que peut
engendrer le mariage après sa conclusion

Section Première : Définitions, but et nature juridique du mariage

Paragraphe 1. Notions du mariage

Point 1. Définitions

De manière traditionnelle, le mariage est défini comme une union légitime d’un homme et
d’une femme. C’est l’acte officiel et solennel qui institue, entre les époux ou partenaires, une
communauté de patrimoine et de renommée appelée « foyer » dont le but est de façon durable
un cadre de vie commune aux parentes et enfants pour leur éducation. A Rome, le mariage
s’aperçoit comme une union de l’homme et de la femme destinée à durer toute la vie. C’est
ainsi que Portalis décrit le mariage comme « la société de l’homme et de la femme qui
s’unissent pour perpétuer leur espèce, pour s’aider par les secours mutuels à porter le poids de
la vie et pour partager leur commune destinée ».

Le mariage est également perçu, de manière générale, comme l’union d’un homme et d’une
femme dans l’intention de vivre ensemble. Mais c’est une institution solennelle qui s’articule
autour des règles préétablies bien qu’elle implique une part importante de volontés
individuelles. De ce fait, il nous paraît important voire indispensable de signaler à ce stade
qu’en Droit congolais, la définition du mariage est donnée par l’article 330 du code de la famille
qui dispose « le mariage est l’acte civil, public et solennel par lequel un homme et une femme,
qui ne se sont engagés, ni l’un ni l’autre, dans les liens d’un précédent mariage enregistré,
12

établissent entre eux une union légale et durable dont les conditions de formation, les effets et
la dissolution sont déterminés par la loi. »

Référencement sur https://www.legavox/boysson.com consulté le 2 juin 2024 à 21h03min.

THERY I. et BIET C., Portalis ou l’esprit des siècles, cité par MALAURIE P. et FUCHIRON, Droit
civil, la famille, 2ième éd., Defrenos, Paris, 2006, p.52, cité par KIFWABALA TEKILAZAYA J.-P.,
p. 190

En effet, nous remarquons avec consternation dans les définitions ci-haut indiquées, des
auteurs précités et surtout du code de la famille une incohérence ou pour mieux dire un
manque d’un élément important et capital que devrait contenir la définition du concept
mariage. Il s’agit ici du consentement que doivent émettre personnellement l‘homme et la
femme qui souhaiteraient devenir partenaires ou époux unis par les liens du mariage car,
lorsque le législateur congolais indique à l’article 330 du code sus-évoqué que le mariage est
une union entre l‘homme et la femme, il ne fait que confirmer l’une des conditions naturelles
de l’existence du mariage prévue par la loi. Cette condition dont fait montre le législateur
congolais n’est autre que la différence de sexe entre les deux époux et dans ce cas, il ne fait pas
du tout allusion ou référence à la condition préalable qu’est le consentement au mariage alors
que cette dernière condition étant indispensable devrait, à tout prix, être reprise dans les
prescrits de l’article 330 du code de la famille. C’est dans ce sens que nous définissons le
mariage comme une union entre deux individus de sexes opposés, ayant atteint l’âge de dix-
huit (18) ans accomplis qui, ayant personnellement émis leur consentement libre et éclairé,
s’obligent à s’unir par les liens d’un mariage légal et durable bien réglementés par la loi.

Point 2. Liberté du mariage ou droit au mariage

Le mariage est une liberté fondamentale et étant comme telle, les atteintes à la liberté du
mariage doivent être strictement nécessaires et contrôlées, mais elles peuvent tout de même
exister si elles sont justifiées par un intérêt essentiel, suffisamment important pour justifier une
atteinte à une liberté fondamentale. Il existe plusieurs exemples d’atteintes à la liberté de se
marier : l’âge, la protection des majeurs incapables, l’interdiction de la polygamie… il existe
aussi des exemples d’atteintes à la liberté de choisir son conjoint : les empêchements en raison
des liens de parenté ou d’alliance, la nécessité de la différence de sexe qui interdit le mariage
homosexuel… En revanche, il n’existe aucune restriction à la liberté de se marier tenant à la
nationalité ou même au séjour irrégulier. Un étranger en situation irrégulière a parfaitement le
droit de se marier, et l’en empêcher constitue une atteinte à une liberté fondamentale.

La liberté du mariage suppose aussi la liberté de ne pas se marier. C’est pourquoi, en principe,
une clause de célibat dans un contrat est nulle car contraire à l’ordre public. Seules des
circonstances exceptionnelles peuvent la justifier (ex. : Affaire du cours Sainte-Marthe, Cour de
13

cassation, Assemblée plénière du 19 mai 1978 : les juges ont estimé que les convictions
religieuses ont été un élément important lors du recrutement. De ce fait, le licenciement de
l’enseignante divorcée qui s’était remariée n’était pas abusif). La liberté de ne pas se marier
justifie aussi la qualification des fiançailles de fait juridique. La jurisprudence refuse de voir dans
les fiançailles un contrat, car cela supposerait une obligation de se marier qui irait à l’encontre
de la liberté de ne pas se marier. Dans le même ordre d’idée, les juges considèrent que la
rupture de fiançailles n’est pas une faute. Toutefois, afin de pouvoir accorder des dommages et
intérêts lorsque la situation est particulière, les juges admettent que les circonstances de la
rupture peuvent être fautives. La rupture en elle-même n’est pas une faute, mais elle peut avoir
été l’occasion de commettre une faute. C’est le cas par exemple lorsque l’un des fiancés
disparaît sans explication la veille du mariage, laissant les frais de cérémonie à la charge de
l’autre.

13 DIONISI PEYRUSSE A., Droit civil : les personnes, la famille, les biens, Tome 1, CNFPT, Paris,
2007, p.52.

1313Paragraphe 2. But du mariage

Parler du but du mariage revient à se poser la question de savoir pour quel motif ou finalité
l’homme et la femme se marient-ils ? Et pour y répondre, nous estimons, en effet, que la loi
précise le but du mariage entre l’homme et la femme pour leur union dans le mariage.

Ainsi, l’article 349 du code de la famille dispose que : « le but du mariage est de créer une union
entre l’homme et la femme qui s’engagent à vivre ensemble jusqu’au décès de l’un d’entre eux,
pour partager leur commune destinée et perpétuer leur espèce ».En effet, le mariage entre
l’homme et la femme a une symbolique bien ancrée. De nos jours, les futurs mariés ne se
marient plus par obligation sociale ou religieuse. Néanmoins, les traditions se perpétuent dans
le temps. En plus de se présenter l’amour entre deux personnes, le mariage, est un réel
engagement dans une vie commune qui implique des droits et des obligations.

C’est pourquoi, outre l’importance du mariage aux yeux des mariés, plusieurs raisons poussent
deux individus à s’engager ensemble. D’abord, pour célébrer leur amour aux yeux de tous car le
mariage est avant tout un acte d’amour réunissant deux personnes de sexes opposés qui vivent
une réelle complicité et qui souhaitent s’engager sur le long terme. Le mariage est également le
moment propice pour réunir tous les proches des mariés et ainsi exposer leur amour au grand
jour. Ensuite et enfin, le mariage a pour finalité de créer une alliance éternelle entre les deux
partenaires. Les deux aimés s’engagent à rester soudés et unis dans les bons comme dans les
pires moments. Par ailleurs, de tout ce qui précède, nous pensons que le but ultime entre
l’homme et la femme serait celui de vivre ensemble sous un même toit conjugal. C’est-à-dire
chacun des époux après célébration du mariage doit quitter le toit parental pour regagner le
14

toit conjugal et y vivre avec son partenaire dans le simple objectif pour les deux conjoints, de
partager leur commune destinée et de perpétuer leur espèce c’est-à-dire faire des
enfants.Toutefois, cet objectif entre l’homme et la femme ne pourrait être atteint que
lorsqu’avant la célébration dudit mariage, il y a eu accord de volonté bien éclairé entre les deux
futurs conjoints qui se sont décidés d’eux-mêmes c’est-à-dire en émettant leur propre
consentement exempt de vices à se prendre pour mari et femme. Cela revient à dire que
lorsque les deux partenaires ont subi des violences ou menaces ou ont été contraints de se
marier, même le but pour lequel l’homme et la femme parviennent à se marier ne pourrait
jamais être réalisé et de surcroit, il n’y aurait guère d’amour, à proprement parler, entre les
deux conjoints contraints 14au mariage et le foyer conjugal pourrait se trouver buté à des
graves problèmes conjugaux qui

conduiraient, par la suite, au divorce.

Paragraphe 3. Nature juridique du mariage

Pour mieux comprendre cette notion de la nature juridique du mariage, il serait

impérieux voire important d’analyser les deux concepts : le contrat et l’institution.

En effet, le mariage est à la fois un contrat et une institution. Il existe donc des arguments

permettant de considérer que le mariage est un contrat et des arguments permettant de

considérer qu’il s’agit d’une institution. Sans doute faut-il donc admettre que c’est à la fois un

contrat et une institution.


15

Point 1. Le mariage est un contrat, un accord ou un engagement

Le contrat est un acte juridique résultant de l’accord des volontés pour donner

naissance à un lien de Droit d’obligation entre parties. Le principe de l’autonomie

contractuelle offre une grande latitude aux cocontractants quant à la détermination des

modalités de leur engagement dès lors que cela ne contrarie pas aux lois qui intéressent les

bonnes mœurs et l’ordre public. Les volontés interviennent également pour opérer une

modification du contrat et y mettre un terme. Si l’une des parties ne respecte pas les

obligations souscrites, elle engage sa responsabilité contractuelle.

Dans la même optique, la définition du mariage faite par l’article 330 du code de la famille vise
l’acte constitutif du mariage. Sous cet angle, le mariage est un contrat que l’homme et la
femme concluent. Il est fondamentalement un engagement que chacun des époux prend à
l’égard de l’autre : engagement de vivre ensemble ; engagement de fidélité ; engagement
d’assistance ; bref, un engagement pour la vie. C’est pourquoi, le mariage suppose
nécessairement un accord de volonté entre les époux pour sa formation.

En clair, le mariage est un contrat dans la mesure où il est créé par la volonté.31 La volonté est
fondamentale dans la formation du mariage. Elle est aussi fondamentale dans la dissolution du
mariage puisque, aujourd’hui, la volonté commune est la principale cause permettant le
divorce. Le développement du divorce par consentement mutuel a renforcé l’aspect

contractuel du mariage.
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Le mariage est également un contrat solennel. Le contrat solennel est celui pour la validité
duquel la loi exige que le consentement soit donné en certaines formes consistant souvent à la
rédaction d’un acte notarié.32 Mais dans le cadre du mariage, ce contrat se conclut devant
Ql’Officier de l’Etat Civil.

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