"Cours sur les Plans de Sondage"
"Cours sur les Plans de Sondage"
Enquête et sondage
Université Rennes 2
Place du Recteur H. le Moal
CS 24307 - 35043 Rennes
Tel : 02 99 14 18 21
Mel : [Link]@[Link]
Préambule
Mots clés : plan de sondage aléatoire - estimateur - biais - variance - plan simple - plans
stratifiés.
Objectifs d’apprentissage
• Etre capable de choisir un échantillon de manière judicieuse avant de réaliser le plan
de sondage
• Savoir présenter les résultats d’un sondage, donner par exemple des marges d’erreurs
(ou un niveau de confiance)
Conseils méthodologiques
• Les notations utilisées peuvent paraître complexes. Travailler toujours avec un exemple
en tête et relier les notations avec l’exemple que vous avez choisi.
• Refaire chacun des exemples présentés dans le cours avant de passer aux exercices.
• Le fait d’avoir les corrections des exercices peut s’avérer dangereux. Regarder les uni-
quement pour vérifier vos réponses ou lorsque vous avez passé un temps suffisamment
long sur la question.
• Venez aux stages... Il est en effet difficile de faire des mathématiques uniquement sur
un polycopié. Lors des stages, j’essaie de résumer chacun des chapitres en une heure
et quart environ avant de passer à des exercices “types”.
Tabledesmatières
1 Introduction 3
1.1 Qu’est-cequ’unsondage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Modélisationetnotation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Lesestimateurssontdesvariablesaléatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 Plandesondageetqualitéd’unestimateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2 Sondagealéatoiresimple 9
2.1 Définitionduplandesondagealéatoiresimple . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.1 Plansavecousansremise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2 Planaléatoiresimple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.3 Récapitulatif-Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 Estimationdelamoyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2.1 Estimationponctuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2.2 Estimationparintervalledeconfiance. . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.3 Estimationd’uneproportion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.1 Estimationponctuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.2 Estimationparintervalledeconfiance. . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.4 Tailled’échantillon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.4.1 Casdelamoyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.4.2 Casdelaproportion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.5 Exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3 Sondagesstratifiés 23
3.1 Principeetjustification. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Plandesondagestratifié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.3 Estimateurdelamoyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.3.1 Unexemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.3.2 Casgénéral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.4 Répartitiondel’échantillon. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.4.1 Planavecallocationproportionnelle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.4.2 Planavecallocationoptimale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5 Exercices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4 Commentrealiseruneenqueteparquestionnaire´ 39
B Correctiondesexercices
AES-Sondage LaurentRouvière
Chapitre 1
Introduction
Exemple 1.1 Je désire connaître l’âge moyen de TOUS les étudiants de l'ESSECT.
• Recensement : je demande l’âge à tous les étudiants et je calcule la moyenne... ça
risque d’être long ! ! !
• Sondage : je choisis une partie des étudiants (échantillon), je calcule la moyenne des
âges sur cette partie en espérant que cette moyenne soit “proche” de l’âge moyen de
tous les étudiants.
Nous voyons sur cet exemple que la mise au point d’un sondage nécessite plusieurs choix
pour le statisticien :
• comment choisir les étudiants ?
• combien d’étudiants doit-on choisir ?
• comment doit-on formuler la réponse :
— sous la forme d’une valeur, c’est à dire que l’on donne une estimation de l’âge
moyen sous la forme d’un réel (24.8 ans par exemple) ;
— sous la forme d’un ensemble de valeurs. On pourra par exemple donner une
fourchette ou un intervalle ([23.4 ;26.3] par exemple).
• est-ce que l’estimation est satisfaisante ? Dit autrement suis-je capable de donner
une estimation de l’erreur commise par la prédiction. On pourra par exemple dire
“l’âge moyen des étudiants de l'ESSECT se trouvent dans l’intervalle [23.4 ;26.3] avec
un niveau de confiance de 95%.”.
2
4 Introduction
L’objectif de ce cours consiste à étudier des procédures de sondage pour lesquelles nous
pourrons répondre à ces questions. Nous allons dans ce chapitre présenter le contexte, les
notations ainsi que les critères permettant d’évaluer la qualité d’un sondage. Nous propo-
serons dans les chapitres 2 et 3 différentes méthodes de sondage permettant d’estimer des
moyennes et proportions.
On peut également s’intéresser à une proportion d’individus qui vérifie un certain critère.
Dans ce cas, Xi prendra deux valeurs :
• 1 si l’individu Ui satisfait le critère ;
• 0 sinon.
La proportion d’individus appartenant à la catégorie qui nous intéresse sera alors :
N
1 X
p= Xi .
N i=1
Pour différentes raisons (coûts, temps...), on ne peut pas mesurer la caractéristique sur tous
les individus. Par conséquent les paramètres µ, T ou p sont inconnus. On sélectionne alors
un sous ensemble de la population U constitué de n unités de la population (n ≤ N) (voir
Figure 1.1). Ce sous-ensemble est appelé échantillon et sera noté E.
1
0
0
1
1
0
0
1
1
0
0
1
1
0
0
1
1
0
1
0 0
1
1
0
1
0
0
1
Exemple 1.4 Nous disposons d’une population composée de N = 5 individus. Nous nous
posons le problème de connaître l’âge moyen µ de ces individus. Pour certaines raisons, on
ne peut demander l’âge qu’à n = 2 individus qui constitueront l’échantillon (bien entendu,
une telle situation ne se produit jamais en réalité...). Le statisticien propose d’estimer l’âge
moyen des 5 étudiants par l’âge moyen µ̂ des deux étudiants de l’échantillon.
Supposons que l’âge des 5 étudiants soit : 15, 25, 18, 14, 20. Si l’échantillon est constitué par
les deux premiers individus, l’estimation de µ sera 15+25
2
= 20. Si maintenant l’échantillon
est constitué des deux derniers individus alors l’estimation vaudra 14+202
= 17. Nous voyons
clairement que la valeur de µ̂ va dépendre des individus présents dans l’échantillon. C’est en
ce sens que nous affirmons que l’estimateur µ̂ est une variable aléatoire (il peut prendre
différentes valeurs suivant l’échantillon choisi).
Ce qui est aléatoire dans un sondage est le fait qu’un individu donné appartienne
ou non à l’échantillon.
Dans la suite, pour les différents plans de sondage que nous étudierons, nous noterons les
estimateurs avec des “chapeaux” (voir la tableau suivant).
U = (U1 , . . . , UN )
E = (u1 , . . . , un )
Eléments de réponse :
• si n est proche de N, alors l’échantillon est proche de la population. n joue donc un
rôle dans la réponse.
• E doit “représenter” U. Si par exemple µ est le revenu annuel moyen de la population
française et que l’échantillon est constitué d’un groupe d’étudiants, il sera difficile
de construire un estimateur µ̂ qui sera proche de µ.
1.4 Plan de sondage et qualité d’un estimateur 5
Figure 1.3 – Deux exemples d’estimateur sans biais : à gauche la variance est faible, à droite
elle est élevée.
• à gauche, la variance est faible → les différentes valeurs de µ̂ sont faiblement disper-
sées autour de µ.
• à droite, la variance est élevée → les différentes valeurs de µ̂ sont fortement dispersées
autour de µ.
Le tableau ci-dessous résume la mesure de la qualité de l’estimateur en fonction de son biais
(espérance) et de sa dispersion (variance).
Pour des plans de sondage aléatoires, la difficulté consiste à rechercher des estimateurs sans
biais (éventuellement de biais faible), et de variance minimale.
Chapitre 2
Définition 2.2 Un plan de sondage est dit sans remise si un même individu ne peut
apparaître qu’une seule fois dans l’échantillon.
N!
Dans le cas d’un plan sans remise, il y a CNn = échantillons possibles.
n!(N − n)!
La plupart du temps, nous nous intéresserons aux plans sans remise : interroger deux fois le
même individu n’apporte pas d’information supplémentaire. Cependant, il n’est pas ininté-
ressant de considérer parfois des plans avec remise, ne serait-ce que pour servir d’élément
de comparaison et de référence.
Exemple 2.2 Dans le cas d’un plan simple sans remise, un échantillon de taille fixe n a
1 n!(N − n)!
donc une probabilité égale à n = d’être tiré au sort. Si N = 5 et n = 2, cette
CN N!
2×3×2 1
probabilité est donc égale à = .
5×4×3×2 10
Propriété 2.1 (Probabilité d’inclusion) Tous les individus ont la même probabilité d’être
sélectionnés dans l’échantillon et cette probabilité est égale à Nn .
Population U Échantillon E
inconnu, déterministe connu, aléatoire
Taille N n
N n
1 X 1X
Moyenne µ= Xk x̄ = xk
N k=1
n k=1
N
X n
X
Total T = Xk = Nµ t= xk = nx̄
k=1 k=1
N
1 X
Variance σ2 = (Xk − µ)2
N
k=1
N n
2 1 X 1 X
Variance corrigée S = (Xk − µ)2 2
s = (xk − x̄)2
N − 1 k=1 n − 1 k=1
N
= σ2
N −1
√
Ecart-type = Variance
On rappelle que l’écart-type donne une idée de la dispersion des données autour de la
moyenne.
Remarque 2.2 (très importante) La moyenne x̄ observée sur l’échantillon est une va-
riable aléatoire qui prend des valeurs différentes d’un échantillon à un autre. On peut donc
calculer son espérance et sa variance (à ne surtout pas confondre avec la variance du ca-
ractère dans la population notée σ 2 ou dans l’échantillon notée s2 ).
Exemple 2.3 On dispose de N = 5 jetons portant les valeurs -1, 2, 4, 10, 20.
1. Calculer la moyenne et la variance de la valeur sur toute la population (µ = 7,
σ 2 = 55.1, σ = 7.43).
2. On souhaite estimer la moyenne µ calculée précédemment par un sondage aléatoire
simple (ça n’a aucun sens, juste mieux comprendre le problème). On tire un échan-
tillon de taille n = 2 sans remise. Établir la liste de tous les échantillons possibles,
et calculer la moyenne pour chacun d’eux.
Ech µ̂ ou x Ech µ̂ ou x
{−1, 2} 0.5 {2, 10} 6
{−1, 4} 1.5 {2, 20} 11
{−1, 10} 4.5 {4, 10} 7
{−1, 20} 9.5 {4, 20} 12
{2, 4} 3 {10, 20} 15
3. Calculer l’espérance de la variable aléatoire ainsi obtenue.
Soit xi (i = 1, 2) la variable aléatoire correspondant à la valeur du ième jeton dans
l’échantillon. La moyenne empirique des xi est l’estimateur µ̂
x1 + x2
µ̂ = x = .
2
Cet estimateur est une variable aléatoire dont la loi est donnée par :
10 Sondage aléatoire simple
Exemple 2.4 Une société bancaire souhaite mener une étude approfondie auprès des par-
ticuliers ayant un compte chez elle : il s’agit de préparer le lancement d’un nouveau produit
financier. La société dispose d’un fichier de N (N grand) clients et l’étude par sondage
doit porter sur n (n < N) d’entre eux. Pour illustrer les propriétés du SAS, nous allons
simplifier à l’extrême : supposons que le fichier comporte N = 5 titulaires de comptes et
prélevons un échantillon d’effectif n = 2. A la date de l’étude, les dépôts sur ces 5 comptes
sont, en millier de francs : 13, 15, 17, 25, 30. La moyenne de ces 5 valeurs est égale à
µ = 20. On suppose que l’organisme chargé de l’enquête ignore ces montants et se fixe pour
objectif d’évaluer leur moyenne à partir de deux valeurs qu’il constatera sur l’échantillon.
1. Établir la liste de tous les échantillons possibles et calculer la moyenne pour chacun
d’eux.
Ech x Ech x
{13, 15} 14 {15, 25} 20
{13, 17} 15 {15, 30} 22.5
{13, 25} 19 {17, 25} 21
{13, 30} 21.5 {17, 30} 23.5
{15, 17} 16 {25, 30} 27.5
2. Calculer l’espérance et la variance de la variable aléatoire ainsi obtenue.
Soit xi (i = 1, 2) la variable aléatoire correspondant à la valeur du i-ème compte
prélevée. La moyenne empirique des xi
x1 + x2
x=
2
est une variable aléatoire dont la loi est donnée par :
Valeurs de x 14 15 19 21.5 16 20 22.5 21 23.5 27.5
Probabilités 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1
On déduit ainsi l’espérance et la variance de X.
Nous remarquons que pour les exemples 2.3 et 2.4, l’estimateur µ̂ est sans biais. Le théorème
suivant montre que ceci est toujours le cas pour un plan de sondage aléatoire simple.
Théorème 2.1 Soit µ̂ l’estimateur d’une moyenne µ pour un plan de sondage aléatoire
simple défini par (2.1). On a alors
E(µ̂) = µ.
Dit autrement, µ̂ est un estimateur sans biais de µ, c’est à dire qu’il “tombe” en moyenne
sur sa cible µ.
2.2 Estimation de la moyenne 11
On peut utiliser ce résultat pour calculer directement l’espérance de µ̂ dans les exemples
2.3 et 2.4.
Il est aussi utile de savoir comment l’ensemble des résultats possibles (l’ensemble des
moyennes des échantillons) se répartit autour de la cible µ, s’ils en sont proches, ou s’il
y a un risque de tomber sur une combinaison malheureuse (sur un mauvais échantillon).
Pour cela, nous rappelons que la variance de µ̂ est un indice qui permet de mesurer cette
dispersion.
S2 n S2
V(µ̂) = (1 − f ) = 1− . (2.2)
n N n
On peut aussi écrire
σ2 N − n
V(µ̂) = .
n N −1
On peut vérifier à l’aide de ce résultat les calculs de variance de µ̂ pour les exemples 2.3 et
2.4.
N 5
S2 = σ 2 = 7.432 = 69.
N −1 4
Par conséquent, d’après le Théorème 2.2
S2
2 69
V(µ̂) = (1 − f ) = 1− = 20.7.
n 5 2
Remarque 2.3 La formule (2.2) permet de caractériser la précision d’un SAS (plus la
variance est faible, plus l’estimateur est précis).
• Plus la taille n de l’échantillon est grande, plus la variance de µ̂ diminue et donc plus
l’estimateur est précis. A l’extrême, si n = N la variance est nulle. Ceci est “normal”,
car dans ce cas on a réalisé un recensement et on connaît de façon certaine la vraie
moyenne.
• La précision dépend également de la variance de la variable d’intérêt σ 2 (ou S 2 ) dans
la base de sondage. C’est une condition naturelle : plus une population est homogène
(variance faible), plus le sondage y est efficace. A l’extrême, si la variance σ 2 est nulle
(tous les individus ont le même âge), la variance de l’estimateur est nulle et nous
aurons besoin d’une seul individu pour connaître µ de manière parfaite. A l’inverse,
sonder dans une population très hétérogène nécessite des tailles d’échantillons de
taille importante, ou un découpage au préalable en sous populations homogènes (c’est
le principe des sondages stratifiés que nous verrons dans le chapitre 3).
Exemple 2.5 Reprenons l’exemple de la société bancaire. La société dispose d’un fichier
de N = 50 000 clients et l’étude par sondage doit porter sur n = 200 d’entre eux. On note µ
12 Sondage aléatoire simple
le montant moyen des comptes des 5000 clients. On suppose que la variance σ 2 du montant
est connue et vaut 41.6. On a alors
Exemple 2.6 Si une enquête montre que l’on peut affirmer avec un niveau de confiance
de 95% que le temps moyen passé par jour par les français à regarder la télévision se situe
entre 1h30 et 3h00, on dit que [1, 5; 3] est un intervalle de confiance à 95% pour la durée
moyenne passée par jour par les français à regarder la télévision.
Notations :
(1 − α) : niveau de confiance
α : risque
z1− α2 : quantile d’ordre 1 − α2 de la loi normale centrée réduite.
Preuve : voir Annexe A pour un rappel sur le Théorème central limite et la construction
de cet intervalle de confiance.
Récapitulatif : L’estimation d’une moyenne µ d’un caractère sur une population de taille
se réalise de la manière suivante :
• On prélève “au hasard” n individus parmi les N sur lesquels on mesure le caractère.
On obtientPalors une suite de variables aléatoires x1 , . . . , xn (échantillon).
• µ̂ = x = n1 ni=1 xi est l’estimateur ponctuel de µ.
2
• Son espérance vaut µ et sa variance vaut 1 − Nn Sn .
r r
n S2 n S2
• µ̂ − z1−α/2 1 − N n , µ̂ + z1−α/2 1 − N n est un intervalle de confiance de
niveau 1 − α pour µ.
2.3 Estimation d’une proportion 13
Les 200 comptes sondés ont un montant moyen µ̂ = 22.5 et une variance s2 = 42.2.
Calculons l’intervalle de confiance de niveau 1 − α = 0.95. L’intervalle est donné par :
r r
n s2 n s2
µ̂ − z1−α/2 1− , µ̂ + z1−α/2 1− .
N n N n
z1−α/2 est la quantile d’ordre 1 − α/2 de la loi N (0, 1). Ici 1 − α = 0.95 donc α = 0.05 et
1 − α/2 = 0.975. z1−α/2 est donc le quantile d’ordre 0.975 de la loi N (0, 1) que l’on lit dans
la table. On trouve z1−α/2 = 1.96.
Remarque 2.4 Donner une estimation par intervalle de confiance est doublement pru-
dent ; d’une part, on ne fournit pas une valeur ponctuelle, mais une plage de valeur pos-
sibles ; d’autre part, on prévient qu’il existe un risque faible que la vraie valeur soit en dehors
de la fourchette.
Construisons la variable aléatoire xi qui au ième client interrogé fait correspondre la valeur
suivante :
• xi = 1 si le client i a l’intention de souscrire au produit ;
• xi = 0 sinon.
Remarquons que xi suit une loi de Bernoulli de paramètre p. La proportion p de clients favo-
rables est naturellement estimée par la proportion p̂ de clients interrogés (sondés) favorable.
On remarque que
n
1X
p̂ = xi = x.
n i=1
Sondage aléatoire simple
E(p̂) = p
et
S2 Np(1 − p)
V(p̂) = (1 − f ) = (1 − f ) .
n n(N − 1)
avec
S2 Np(1 − p)
V(p̂) = (1 − f ) = (1 − f ) .
n n(N − 1)
D’où l’IC r r
h S2 S2 i
p̂ − z1−α/2 (1 − f ) ; p̂ + z1−α/2 (1 − f ) . (2.3)
n n
Remarque 2.5 V(p̂) dépend de la proportion p qui est inconnue. En pratique dans la
formule (2.3), on remplace V(p̂) par son estimateur
s2 p̂(1 − p̂)
V̂ (p̂) = (1 − f ) = (1 − f ) ,
n n−1
ce qui donne l’intervalle
r r
h p̂(1 − p̂) p̂(1 − p̂) i
p̂ − z1−α/2 (1 − f ) , p̂ + z1−α/2 (1 − f ) . (2.4)
n−1 n−1
Exemple 2.9 (Calcul d’un IC pour une proportion) La banque possède N = 1 000
clients. Sur n = 200 clients interrogés, 30 se déclarent favorable à souscrire au nouveau
produit financier. Déterminer un IC de niveau 0.95 pour p.
1 − α = 0.95 donc z1−α/2 = 1.96. Sur les 200 clients interrogés, 30 sont favorables donc
la proportion de personnes favorable sur l’échantillon est p̂ = 200
30
= 0.15. Un IC de niveau
0.95 est :
s s
0.15(1 − 0.15) 0.15(1 − 0.15) i
h 200 200
0.15 − 1.96 1− , 0.15 + 1.96 1−
1 000 200 1 000 200
≈ [0.106, 0.194]
2.4 Taille d’échantillon
p p
−z1−α/2 V(µ̂) +z1−α/2 V(µ̂)
µ̂
IC
Figure 2.1 – Intervalle de confiance.
ou encore
r
p n S2
z1−α/2 V(µ̂) = z1−α/2 1−
r N n
S2
≈ z1−α/2
n
on considère que le taux de sondage n/N est proche de 0.
r
σ2
≈ z1−α/2
n
on approche la variance corrigée par la variance.
Problème : cette demi longueur dépend de la variance de tous les individus qui est incon-
2
nue. Une solution consiste à utiliser un majorant σmax de cette variance σ 2 (ce majorant
16 Sondage aléatoire simple
sera en général déterminé sur la base d’une enquête précédente). La demi longueur de l’IC
sera alors au plus égale à r
σmax
2
z1−α/2
n
2
(on se place dans le pire des cas, c’est à dire celui où la variance vaut σmax ). Par conséquent
la taille d’échantillon minimum n0 telle que la demi longueur de l’IC ne dépasse pas h0 sera
la solution de l’équation s
σmax
2
z1−α/2 = h0 ,
n0
c’est-à-dire
2 2
z1−α/2 σmax
n0 = .
h20
2.5 Exercices
Exercice 1
Soit une caractéristique X définie sur une population de N = 4 unités.
Individu 1 2 3 4
Valeur de X 11 10 8 11
Exercice 2
Sur la population {1, 2, 3}, on considère le plan de sondage suivant :
n=2
1 1
P({1, 2}) = (c’est-à-dire que l’échantillon {1, 2} a une probabilité d’apparaître)
2 2
1
P({1, 3}) =
4
1
P({2, 3}) =
4
1. Est-ce un sondage aléatoire simple ?
2. Calculer la probabilité pour que l’individu 1 fasse partie de l’échantillon. Même
question pour les individus 2 et 3.
3. Calculer la valeur de l’estimateur de la moyenne pour chaque échantillon possible.
4. Vérifier que cet estimateur est biaisé.
Exercice 3
On veut estimer la superficie moyenne cultivée dans les fermes d’un canton rural. Sur les
2010 fermes que comprend le canton, on en tire 100 par sondage aléatoire simple. On mesure
(en hectares) la surface cultivée xk par la ferme numéro k de l’échantillon et on trouve :
100
X 100
X
xk = 2907 et x2k = 154593.
k=1 k=1
Exercice 4
Un pépiniériste souhaite estimer la taille moyenne de ses arbustes d’une même variété. Sur
les 10000 plantes de la serre, on en sélectionne 200 par sondage aléatoire simple, puis on
mesure la hauteur de chacune de ces plantes. Les résultats sont les suivants (en m) :
200
X 200
X
xk = 248, x2k = 331.
k=1 k=1
Exercice 5
On souhaite estimer la quantité d’eau moyenne (exprimée en m3 ) consommée annuellement
par les habitants d’une ville donnée de 100 000 habitants. On sélectionne par un plan simple
un échantillon de 250 habitants. Les résultats obtenus sont les suivants :
n
X n
X
xi = 15 125 x2i = 921 310.
i=1 i=1
n
X
1. Traduire en quelques mots l’information contenue dans la formule : xi = 15 125.
i=1
Exercice 6
Dans une région qui possède 250 hôtels, on souhaite estimer la proportion d’hôtels deux
étoiles qui ont un parking. On sélectionne par plan simple 50 hôtels deux étoiles de la région.
Parmi les 50 hôtels de l’échantillon, 34 possèdent un parking. Donner une estimation par
intervalle de confiance à 95% de la proportion d’hôtels deux étoiles de la région possédant
un parking. Même question avec un intervalle de confiance à 90%.
Exercice 7
Quelle taille d’échantillon doit-on retenir, si on choisit un sondage aléatoire simple, pour
donner un intervalle de confiance à 95% ayant une demi-longueur d’au plus 2% pour la
proportion de parisiens qui portent des lunettes ?
Indications
1. La taille de la population de la ville de Paris étant très grande, on suppose que le
taux de sondage est négligeable.
2.5 Exercices 19
Sondages stratifiés
Plus concrètement, dans l’étude du lancement d’un nouveau produit financier, on peut
supposer des différences de comportement entre les “petits” et les “gros” clients de la banque.
Il serait malencontreux que les hasards de l’échantillonnage conduisent à n’interroger que les
clients appartenant à une seule de ces catégories, ou simplement que l’échantillon soit trop
déséquilibré en faveur de l’une d’elles. S’il existe dans la base de sondage une information
auxiliaire permettant de distinguer, a priori, les catégories de petits et gros clients, on
aura tout à gagner à utiliser cette information pour répartir l’échantillon dans chaque sous-
population. C’est le principe de la stratification : découper la population en sous-ensembles
appelés strates et réaliser un sondage dans chacune d’elles.
L’intérêt de cette méthode, en comparaison des plans simples, est qu’elle permet d’améliorer
la précision des estimateurs. Elle nécessite l’utilisation d’une information auxiliaire connue
pour l’ensemble de la population.
Exemple 3.1 Reprenons l’exemple initial où nous souhaitions estimer l’âge moyen de
toutes les personnes évoluant sur le site de l'ESSECT. La base de sondage est composée
de l’ensemble des personnes de l'ESSECT. Supposons que nous disposions de la répartition
des éléments de la base suivant les catégories :
• étudiants ;
• enseignants ;
• Administrations.
Dit autrement nous connaissons la répartitions des personnes de l'ESSECT suivant ces 3
catégories (voir Figure 3.1). Il y a fort à parier que la variable âge ne se comporte pas
de la même manière dans ces trois classes (“en moyenne”, on peut en effet penser que la
21 Sondages stratifiés
Administrations
Enseignants
Etudiants
population enseignant ou administrations est plus âgée que la population étudiante). Il paraît dés
lors pertinent d’essayer de prendre en compte cette information dans le plan de sondage.
La répartition des personnes de l'ESSECT fournit une information auxiliaire à nôtre problé-
matique. L’objectif principal consiste donc à mettre à profit cette information pour obtenir
des résultats précis. L’information auxiliaire peut être utilisée à deux moments :
• à l’étape de la conception du plan de sondage ;
• à l’étape de l’estimation des paramètres.
Dans ce chapitre, nous utiliserons cette information uniquement pour bâtir le plan de son-
dage.
• taille de la strate h : Nh ;
1 X
• moyenne de la strate h : µh = Xi .
Nh i∈P
h
1 X
• variance de la strate : σh2 = (Xi − µh )2 ;
Nh i∈P
h
1 X Nh
• variance corrigée de la strate h : Sh2 = (Xi − µh )2 = σ2 .
Nh − 1 i∈P Nh − 1 h
h
Propriété 3.1
1. Réécriture de µ :
N N
1 X 1 X
µ= Xi = Nh µh .
N i=1 N i=1
2. Réécriture de σ 2 :
N H H
2 1 X 2 1 X 2 1 X
σ = (Xi − µ) = Nh σh + Nh (µh − µ)2
N i=1 N h=1 N h=1
= Variance intra-strate + Variance inter-strate.
Le premier terme représente la moyenne des variances des strates. Le second est dû aux
différences entre strates : si par exemple l’échantillon est stratifié entre étudiant, enseignant,
IATOS, ce terme représente le contraste d’âge entre ces différentes catégories.
Nous sommes maintenant en mesure de définir un plan stratifié.
Définition 3.1 Un plan de sondage est dit stratifié si dans chaque strate on sélectionne un
échantillon aléatoire de taille fixe nh et que les sélections sont réalisées indépendamment
d’une strate à une autre. On suppose en outre dans ce cours qu’au sein de chaque strate les
plans sont simples et sans remise.
H
X
Les nh doivent vérifier nh = n.
h=1
P1
E1
E2
P2
E3
P3
3.3.1 Un exemple
Reprenons l’exemple précédent. Pour i = 1, . . . , n, on note xi l’âge du ième individu présent
dans l’échantillon E. Cet échantillon E est divisé en trois sous-ensembles :
• E1 contient les étudiants de l’échantillon ;
• E2 contient les enseignants de l’échantillon ;
• E contient les personnels de l'administration de l’échantillon.
On calcule ensuite l’âge moyen des individus de l’échantillon strate par strate :
P
• x̄1 = Pi∈Eh xi : âge moyen des individus de la strate 1 ;
• x̄2 = Pi∈Eh xi : âge moyen des individus de la strate 2 ;
• x̄3 = i∈Eh xi : âge moyen des individus de la strate 3 ;
On rappelle que N1 est le nombre d’individus présents dans la strate 1 (dans la population
entière), par conséquent N1 x̄1 est un estimateur de l’âge total de la population étudiante
(strate 1). De même N2 x̄2 est un estimateur de l’âge total de la population enseignante
(strate 2) et N x ̄ est un estimateur de l’âge total de la population de l'administration(strate 3). Par
conséquent :
X3
Ni x̄i = N1 x̄1 + N2 x̄2 + N3 x̄3
i=1
est un estimateur de l’âge total de la population. Pour obtenir un estimateur de l’âge moyen
µ il suffit donc de diviser par le nombre d’individus dans la population. L’estimateur µ̂ est
3.4 Répartition de l’échantillon 24
donc
3
1 X 1
µ̂ = Ni x̄i = (N1 x̄1 + N2 x̄2 + N3 x̄3 ) .
N i=1 N
Application numérique : les résultats du sondage sont donnés dans le tableau suivant :
Strate 1 2 1 3 1 1 2 3 2 1
Age 20 50 25 42 23 22 35 44 38 26
Population P Echantillon E
inconnu, déterministe connu, aléatoire
Taille N n
Moyenne µ x̄
Totale
Variance σ2
Variance Corrigée S2 s2
Taille Nh nh
Moyenne µh x̄h
Strate
Variance σh2
Variance Corrigée Sh2 s2h
Strate Nh
Etudiant 6000
Enseignant 2500
IATOS 1500
Alors un plan stratifié avec allocation proportionnelle de taille n = 100 consistera à sonder :
• n1 = 60 étudiants ;
• n2 = 25 enseignants ;
• n = 15 administration.
Définition 3.2 Dans un plan stratifié avec allocation proportionnelle, on choisit les nh de
telle sorte que la proportion d’individus provenant de la strate h dans l’échantillon soit la
même que dans la population, c’est-à-dire :
nh Nh
= ,
n N
3.4 Répartition de l’échantillon 26
d’où
Nh
nh = n .
N
Attention : Cette procédure ne donne généralement pas de résultat PH entier. Il faut alors
recourir à une procédure d’arrondi (et vérifier que l’on a toujours h=1 nh = n).
Propriété 3.2 Soit µ̂ l’estimateur construit pour un plan avec allocation proportionnelle.
On a :
H
1 n 1 X
V(µ̂) = 1− Nh Sh2 . (3.3)
n N N h=1
Remarque 3.1 Dans le cas d’un plan avec allocation proportionnelle on aura le choix entre
cette formule et (3.2) pour calculer la variance de l’estimateur µ̂.
Si les tailles Nh de chaque strate h sont grandes, on a Sh2 ≃ σh2 . On peut donc écrire d’après
(3.3) :
1 n 2
V(µ̂) ≃ 1− σintra .
n N
Dans le cas d’un plan simple (chapitre précédent), si N est grand, on rappelle que :
1 n 2
V(µ̂) = 1− σ .
n N
On a donc remplacé, grâce à la stratification le terme σ 2 intervenant dans la variance de
2
l’estimateur par le terme σintra . Comme
2
σintra ≤ σ2 ,
on en déduit que la stratification avec allocation proportionnelle donne presque toujours
de meilleurs résultats qu’un plan simple puisque l’on supprime la variance inter-strate dans
l’expression de la variance de l’estimateur. Les résultats seront d’autant plus satisfaisants
lorsque la variance inter-strate est grande. Celle ci est grande quand la variable de strati-
fication est fortement liée à la variable d’intérêt. C’est pourquoi il faut toujours stratifier
avec une variable très dépendante de la variable d’intérêt.
Exemple 3.3 On donne dans le tableau pour chaque individu de l'ESSECT :
• son âge ;
• sa catégorie : 1 si étudiant, 2 si enseignant, 3 si administration ;
• sa couleur de cheveux : a si brun, b si blond, c si châtain.
Pour simplifier les calculs, on considère une population de 20 individus.
Age Cat Che Age Cat Che
24 1 c 22 1 c
52 2 a 48 2 a
42 3 b 24 1 a
19 1 c 38 3 a
38 3 a 26 1 b
26 1 b 36 3 b
45 2 c 46 2 b
23 1 a 23 1 c
39 2 a 39 2 a
24 1 b 18 1 c
37 Sondages stratifiés
1. On souhaite estimer la moyenne µ à l’aide d’un plan simple. Quel est la variance de
l’estimateur ?
D’après le chapitre précédent
n S2
10 115.305
V(µ̂) = 1 − = 1− = 5.77.
N n 20 n
24
19 26
P1
24
23
22
23
24 26 18
52 45
P2 39
48 46
39
42
38
P3
38
36
52
38 23
A
48
39
24
38
24 39
26
26
B 42 36
46
24
45
19
22
C 23
18
On voit que les deux plans stratifiés possèdent des variances inférieures au plan simple. Le
gain de la stratification par la catégorie est significatif comparé à celui de la couleur des
cheveux. Ceci vient du fait que la variable d’intérêt (âge) dépend plus de la catégorie que
de la couleur de cheveux. Il sera donc beaucoup plus pertinent de stratifier par rapport à la
catégorie que par rapport à la couleur de cheveux (on pouvait s’y attendre...)
Nous avons vu qu’en terme de variance de l’estimateur, le plan avec allocation proportion-
nelle est plus précis que le plan simple. Peut-on faire encore mieux ?
Définition 3.3 Dans un plan stratifié PH avec allocation optimale, on choisit les tailles
d’échantillons n1 , . . . , nH telles que h=1 nh = n et telles que la variance de l’estimateur
V(µ̂) soit minimale. La solution de ce problème est
Nh Sh
nh = n × H
.
X
Nh Sh
h=1
Par définition, l’estimateur construit avec un plan d’allocation optimale possède la plus
petite variance possible (parmi tous les plans stratifiés). Le prix à payer est que pour
construire un tel estimateur (pour choisir les tailles d’échantillons dans chaque strate), il
nous faut connaître la variance corrigée du caractère dans chaque strate de la population.
La variance de l’estimateur associé à ce plan est toujours donnée par (3.2). On ne peut par
contre pas utiliser la formule (3.3) qui est valable uniquement pour un plan avec allocation
proportionnelle.
Remarque 3.2 1. Là encore, les nh ne sont pas nécessairement entiers, il faut recourir
à une procédure d’arrondi. De plus la formule précédente peut parfois conduire à des
choix de nh tels que nh > Nh . Dans ce cas, on fait un recensement dans les strates
où le problème se pose et on recalcule les valeurs de nh pour les strates restantes.
2. La formule précédente nécessite de connaître les variances corrigées de chaque strate
Sh (ou plutôt leurs racines carrées). En pratique, il faut donc les estimer. En sondage,
on utilise souvent les résultats d’enquêtes précédentes.
Pour les estimateurs construits par plans stratifiés, on peut calculer des intervalles de
confiance comme pour les plans simples. Un intervalle de confiance de niveau 1 − α est
donné par h i
p p
IC = µ̂ − z1−α/2 V(µ̂); µ̂ + z1−α/2 V(µ̂) ,
où z1−α/2 désigne le quantile d’ordre 1 − α/2 de la loi normale centrée réduite. Nous termi-
nons par un exemple sur les plans stratifiés, nous rappelons que tout ce qui a été vu dans
ce chapitre peut s’adapter à l’estimation d’un total ou d’une proportion.
Exemple 3.4 Une grande entreprise veut réaliser une enquête auprès de son personnel
qui comprend 10000 personnes. Elle s’intéresse à l’évolution de l’âge de ses employés et
souhaitent commencer par estimer l’âge moyen. Des études préliminaires ont montré que
la variable que l’on cherche à analyser est très contrastée selon les catégories de personnel
et qu’il y a donc intérêt à stratifier selon ces catégories. Pour simplifier, on considérera
qu’il y a trois grandes catégories qui formeront les strates. On va donc proposer des plans
d’échantillonnage, on dispose des renseignements suivants :
On désire estimer l’âge moyen noté µ à partir d’un échantillon de n = 100 personnes.
1. On réalise d’abord un plan simple, proposer un estimateur de µ et calculer sa va-
riance.
2. Un sondage stratifié est ensuite envisagé. Proposer un estimateur pour µ. Quels
effectifs doit on sélectionner dans chaque strate si on réalise un plan avec allocation
proportionnelle. Calculer la variance de l’estimateur construit.
3. Reprendre la question précédente pour un plan avec allocation optimale.
Eléments de correction :
1. n = 100, on note xi , i = 1, . . . , n l’âge de la ième personne interrogée. L’estimateur
de µ est
n
1X
µ̂ = xi .
n i=1
La variance d’un d’un tel estimateur est donnée par
n S2
V(µ̂) = 1 − .
N n
Ici S 2 est inconnu mais on connaît σ 2 , donc
N 10000 2
S2 = σ2 = 16 = 256.03.
N −1 9999
On déduit
100 256.03
V(µ̂) = 1− = 2.53.
10000 100
2. Plan stratifié : soit nh , h = 1, 2, 3 le nombre de personnes interrogées dans chaque
strate. L’estimateur est donné par :
H
1 X
µ̂ = Nh x̄h ,
N h=1
où x̄h est l’âge moyen des personnes interrogées dans la strate h. Pour un plan avec
allocation proportionnelle, les effectifs sont choisis suivant :
Nh
nh = n .
N
Par conséquent,
2000 3000 5000
n1 = 100 × = 20, n2 = 100 × = 30, n3 = 100 × = 50.
10000 10000 10000
N
Calculons les variances corrigées par strate Sh2 = σ2
N −1 h
:
3. Pour un plan avec allocation optimale, les effectifs sont choisis suivant :
Nh Sh
nh = n × H
.
X
Nh Sh
h=1
On calcule
H
X √ √ √
Nh Sh = 2000 × 324.03 + 3000 × 124.01 + 5000 × 12.96 = 87409.6
h=1
On déduit
√ √
2000 × 324.03 3000 × 124.01
n1 = 100 × = 41.18, n2 = 100 × = 38.22,
87409.6 87409.6
√
5000 × 12.96
n3 = 100 × = 20.59.
87409.6
On arrondit
n1 = 41, n2 = 38, n3 = 21
en vérifiant que la somme fait bien 100. On peut maintenant calculer la variance à
l’aide de la formule (3.2)
H
1 X Nh − nh 2
V(µ̂) = 2 Nh Sh
N h=1 nh
1 2000 − 41 3000 − 38 5000 − 21 i
= 2000 324.03 + 3000 124.01 + 5000 12.96
100002 41 38 21
= 0.75.
3.5 Exercices 32
3.5 Exercices
Exercice 9
Soit une population P = {1, 2, 3, 4} et X1 = X2 = 0, X3 = 1, X4 = −1 les valeurs prises
par la variable à laquelle on s’intéresse.
1. Calculer la variance de l’estimateur de la moyenne pour un plan aléatoire simple
sans remise de taille n = 2.
2. Calculer la variance de l’estimateur de la moyenne pour un plan aléatoire stratifié
pour lequel une seule unité est prélevée par strate, les strates étant données par :
Exercice 10
Dans une grande ville, on s’intéresse au nombre moyen de clients que peut avoir un médecin
pendant une journée de travail. On part de l’idée a priori que plus le médecin a d’expé-
rience, plus il a de clients. On classe donc la population de médecins en trois groupes : les
"débutants" (classe 1), les "confirmés" (classe 2), et les "très expérimentés" (classe 3). Par
ailleurs, on suppose que l’on connaît, dans la base de sondage des médecins, la classe de
chacun d’entre eux. On tire par sondage aléatoire simple 200 médecins dans chaque classe.
On obtient les résultats suivants :
h=1 h=2 h=3
x̄h 10 15 20
s2h 4 7 10
Nh 500 1000 2500
2. Le directeur suppose désormais que les dispersions de poids n’évoluent pas sensible-
ment d’une année sur l’autre (ce type d’hypothèse reste ici très raisonnable et se
rencontre couramment en pratique quand on répète des enquêtes dans le temps).
Si le directeur procède à un tirage aléatoire simple de 10 éléphants, quelle est la
variance de l’estimateur du poids total du troupeau ?
3. Si le directeur procède à un tirage stratifié avec allocation proportionnelle de 10
éléphants, quelles tailles d’échantillon doit-on retenir dans chaque strate ? Quelle est
alors la variance de l’estimateur du poids total du troupeau ?
4. Si le directeur procède à un tirage stratifié optimal de 10 éléphants, quelles tailles
d’échantillon doit-on retenir dans chaque strate ? Quelle est alors la variance de
l’estimateur du poids total du troupeau ?
Exercice 12
Sur les 7500 employés d’une entreprise, on souhaite connaître la proportion p d’entre eux
qui possèdent au moins un véhicule. Pour chaque individu de la base de sondage, on dispose
de la valeur de son revenu. On décide alors de constituer trois strates dans la population :
individus de faible revenu (strate 1), individus de revenu moyen (strate 2), individus de
revenu élevé (strate 3). On note p̄h la proportion d’individus possédant au moins un véhicule
dans l’échantillon issu de la strate h. Les résultats obtenus sont les suivants :
Exercice 13
Dans une population de très grande taille N = 10000, on souhaite estimer l’âge moyen
µ des individus. Pour cela, on stratifie la population en trois catégories d’âge, et on tire
un échantillon par sondage aléatoire simple dans chaque catégorie. De plus, grâce à une
enquête précédente, on dispose d’estimations pour les variances corrigées de chaque strate.
L’ensemble des informations dont on dispose sont résumées dans le tableau suivant :
Exercice 14
La variable d’intérêt est ici le chiffre d’affaire moyen réalisé par un ensemble de 1060 en-
treprises. Celles-ci étant de tailles très différents, on a constitué cinq strates en fonction
du nombre de salariés dans chaque entreprise. De plus, grâce à une enquête précédente, on
dispose d’estimations pour les variances corrigées Sh2 de chaque strate. On considère donc
que :
S11 = 1.5, S22 = 4, S32 = 8, S42 = 100, S52 = 2500.
1. A l’intérieur de chaque strate, on réalise un sondage aléatoire simple avec les tailles
d’échantillon suivantes :
2. L’impact de la démarche
Si l'enquête peut apporter des éclaircissements utiles et servir de base à des choix,
elle se traduit également par une interaction avec les répondants. La démarche peut
donc avoir certaines conséquences en termes de communication et entraîner des
réactions de la part des personnes concernées par l'objet de l'enquête. Ainsi, une
enquête de satisfaction des clients/usagers peut être perçue en interne comme une
critique, une remise en question, un signe de défiance vis à vis du personnel. A
l'inverse, cette même enquête peut être perçue de manière très positive par les clients,
contents de voir que l'on s'intéresse à leurs opinions.
Une bonne conscience des enjeux et des conséquences possibles est donc
indispensable avant même d'aborder les phases techniques du processus d'enquête.
3. La préparation de l’enquête
Une enquête par questionnaires est un vrai projet : elle implique des objectifs clairs,
une méthodologie et une organisation rigoureuse, une planification précise.
3.1 S’informer sur l’entreprise qui souhaite réaliser l’enquête
Une enquête de qualité repose sur des objectifs précis. Pour les
déterminer, vous devez vous informer sur l’entreprise qui réalise
l’enquête.
Il existe d’information ; les informations internes et externes
A. Les informations internes :
Toutes ces informations internes sont parfois suffisantes pour tracer une image
précise de la clientèle ou de l’usager, de ses demandes, de son évolution… Cette
image permettra de modifier le cahier des charges d’un produit existant, voir de
rédiger celui d’un nouveau produit ou service.
36
B. Les informations externes :
4. Réaliser le questionnaire :
Faire une enquête consiste à interroger les individus de la population à laquelle on s’intéresse,
à l’aide d’un questionnaire établi en fonction des objectifs visés. Ce questionnaire traduit sous
la forme d’une liste de questions, la liste des informations à recueillir lors de l’enquête.
4.1 Les différentes sortes de questions : On peut distinguer 3 grandes familles de questions
- Les questions ouvertes : La personne interrogée y répond librement en utilisant ses propres
mots, les réponses sont spontanées et approfondies sur tous les sujets. Par contre, le
dépouillement est très difficile à mettre en oeuvre, car les réponses peuvent être trop variées.
Exemple : Comment concevez-vous vos loisirs ?
- Les questions quantitatives : Ce sont des questions qui demandent une réponse exprimée
sous la forme d’une valeur numérique. Ce qui est intéressant, c’est qu’il est possible à partir
de chiffres fournis de faire une moyenne, mais ce résultat reste insuffisant.
Exemple : Combien avez-vous d’enfants ? .
1 enfant 2 enfants + de 2 enfants aucun
37
- Les questions fermées : La personne interrogée répond en choisissant parmi les questions
qui lui sont soumises. On distingue 4 types de questions fermées :
La question fermée à choix exclusif binaire : La réponse est simple, à condition que la
question ne soit pas trop complexe.
Exemple : Possédez-vous un autoradio ? . oui non
La question fermée à choix multiples : C’est une question qui permet plusieurs choix pour
l’enquête, ce qui est facile à dépouiller. En revanche, c’est une question qui a tendance à
Toutefois, ce type de questions exige d’avoir prévu à l’avance toutes les réponses possibles à
la question.
38
Le type numérique
Les questions numériques attendent une réponse chiffrée. Il peut s’agir d’une quantité, d’un
âge, d’un prix, d’une note... Il est indispensable, pour obtenir une réponse valable, de bien
indiquer l’unité attendue et, lorsqu’il s’agit d’une note, le sens retenu (1 pouvant être la
meilleure note ou la moins bonne).
Attention : avant de retenir le type numérique pour une question, il faut se demander si la
personne interrogée pourrait ou voudrait bien donner une valeur précise à cette question. S’il
s’agit d’une note, ce sera sans doute le cas. En revanche, pour des questions comme l’âge, le
revenu ou la fréquence d’un comportement, il est préférable de proposer des tranches. Il
s’agira dans ce cas d’une question qualitative et non plus numérique.
Le type texte
Les questions de type texte correspondent aux questions complètement ouvertes, qui
proposent au répondant de répondre librement à la question, par une ou plusieurs phrases.
Ces questions sont très souvent employées par les utilisateurs occasionnels d’enquêtes, qui
pensent ainsi capter plus d’éléments en laissant la liberté complète de réponse aux personnes
interrogées. Or on s’aperçoit vite, à l’usage, que des questions fermées bien posées apportent
beaucoup plus d’éléments exploitables que ces questions ouvertes. Nous vous conseillons
donc d’en faire un usage modéré, en les réservant notamment à un commentaire libre en fin de
questionnaire.
En effet, vous pourrez comprendre les jugements et les comportements des personnes
interrogées en fonction de leurs caractéristiques signalétiques.
Lorsqu’il s’agit de consommateurs, d’usagers, les questions signalétiques sont généralement
le sexe, l’âge, la profession (CSP = Catégorie Socio-Professionnelle), la région, etc.
Lorsqu’il s’agit d’entreprises, vous pouvez demander le secteur d’activité, l’effectif, la région,
etc.
"entonnoir” en partant des questions les moins engageantes aux questions les plus
personnelles et du général au particulier.
39
La rédaction des questions
Maintenant que vous connaissez les thèmes à aborder et l’organisation générale de votre
questionnaire, il est temps de vous atteler à la rédaction des questions et à la mise en forme de
votre questionnaire.
Enfin, il est conseillé d’éviter les questions très engageantes personnellement : religion,
argent, santé, sexe, alcool, conflits familiaux. Si de telles questions sont vraiment
indispensables, il vaut mieux les aborder le plus tard possible dans le questionnaire.
Dans les deux cas, les différentes parties doivent être clairement identifiées. Le questionnaire
doit avoir un encombrement réduit, grâce à une mise en page optimisée qui devra s’attacher,
dans le même temps, à garder la place nécessaire pour l’indication des réponses.
40
6. Le test du questionnaire
Malgré toute l'attention portée à sa conception, le questionnaire doit être testé en réel. Il faut
le faire sur un petit échantillon, différent de celui constitué pour l'enquête pour ne pas
"gâcher" des contacts bien identifiés, avant de passer à la phase d'administration. C'est une
phase clé car rien ne peut remplacer la réalité du terrain. La qualité du traitement des données
et des résultats en dépendent.
- La collecte indirecte : Le questionnaire peut être mis à disposition des individus, par
exemple, à l’entrée d’un immeuble, d’un magasin, d’un lieu public. Il peut être déposé dans
les boîtes aux lettres. Il peut aussi être adressé par courrier.
Synthèse :
41
ENQUETE DE SATISFACTION CLIENTS
Afin de pouvoir nous aider à améliorer le cas échéant, notre démarche qualité.Merci de bien vouloir remplir le
questionnaire satisfaction client.
Salutations
VOTRE RAISON SOCIALE
Très Assez Pas
VOTRE APPRECIATION Bien
Bien
Bien
Passable
concerné
1°) ACCUEIL
TELEPHONIQUE *Amabilité
*Rapidité
2°) SERVICE
COMMERCIAL *Relations
*Informations
*Documentations
3°) TECHNICO *Compétences
COMMERCIAL techniques
*Capacité à répondre à
vos besoins
*Disponibilité
*Notre gamme répond-
4°) PRODUITS telle à vos besoins ?
*Qualité globale de nos
produits ?
5°) LIVRAISON *Respect des délais
*Respect des
références
commandées
*Respect des quantités
commandées
*Précision et clarté des
Bons de livraison
*Etat des
conditionnements à leur
réception
*Etat des produits à leur
réception
*Précision et clarté des
6°) FACTURATION factures ou avoirs
*Relation avec le
Service Comptable
7°) VOTRE IMPRESSION
GENERALE SUR
…………………….
42
SONDAGE A L’EGARD DE LA SATISFACTION FACE A LA SOCIETE
………….
Confidentialité
Consignes
Infrastructure
Les produits
43
Le service
Appréciation générale
Pour vous aider à mieux comprendre nos questions, nous tenons à préciser ce que nous
entendons par fidélité à ……………... Être fidèle à ………………….est :
• retourner y acheter
• choisir en premier lieu ……… plutôt qu’un autre magasin (ex……………, etc.) pour
effectuer ses achats
• acheter chez ……………… des produits que vous achetiez autrefois ailleurs
44
Si, au cours du prochain mois, vous êtes fidèle à ……………….,
croyez-vous personnellement que vous allez :
45
C) Pour chacun des énoncés, encerclez le chiffre correspondant
à votre réponse.
46
D) Pour chacun des énoncés, encerclez le chiffre correspondant
à votre réponse.
47
3. Combien de fois vous arrive-t-il de manquer de temps pour
magasiner ?
48
9. Si vous n’avez pas la patience pour magasiner, ça sera beaucoup
plus difficile pour vous d’être fidèle à ...................... au cours du
prochain mois
49
F) Pour chacun des énoncés, encerclez le chiffre correspondant
à votre réponse.
G) Questions signalétiques.
51
Annexe A
Théorème A.1 (Théorème central limite) Pn Soit x1 , . . . , xn une suite de n variables aléa-
toires i.i.d telles que E(xi ) = µ. Soit x = n i=1 xi la moyenne empirique des xi . Alors on
1
peut approcher la loi de x par la loi normale N (µ, V(x)). Ou encore, on peut approcher la
loi de la variable aléatoire
x−µ
Z=p
V(x)
par la loi N (0, 1).
On appellera intervalle de confiance pour µ de niveau 1−α un intervalle aléatoire [x−h, x+h]
tel que
P [x − h, x + h] ∋ µ = 1 − α.
Calculons un intervalle de confiance pour µ de niveau 1 − α. On remarque que :
P [x − h, x + h] ∋ µ = P(x − h ≤ µ ≤ x + h)
= P(−h ≤ µ − x ≤ h)
= P(−h ≤ x − µ ≤ h)
h x−µ h
=P −p ≤p ≤p .
V(x) V(x) V(x)
h
2F p −1 =1−α
V(x)
h α
F p =1− .
V(x) 2
h
Avec z1−α/2 le quantile d’ordre 1 − α/2 de la loi N (0, 1), on obtient p = z1−α/2 et
V(x)
donc p
h = z1−α/2 V(x).
Un intervalle de confiance de niveau 1 − α est donc donnée par
p p
x − z1−α/2 V(x), x + z1−α/2 V(x)
avec n S2
V(x) = 1 −
N n
pour un plan de sondage aléatoire simple. L’IC de niveau 1 − α s’écrit alors
r r
n S2 n S2
x − z1−α/2 1− , x − z1−α/2 1− .
N n N n
Un dernier problème...
On réalise une enquête pour évaluer le salaire moyen des employés d’une entreprise. L’en-
treprise est composée de 20 salariés, on connaît la répartition des salariés suivant deux
catégories : ouvrier (O) ou cadre (C). Les salaires ainsi que les catégories se trouvent dans
le tableau H.1.
1. Moyenne :
N
1 X
µ= Xi = 1959.4.
N i=1
Variance corrigée :
N
2 1 X
S = (Xi − µ)2 = 399 906.7.
N − 1 i=1
n S2
8 399 906.7
V(µ̂) = 1 − = 1− = 11 997.2
N N 20 20
(a) L’allocation proportionnelle propose de choisir les tailles d’échantillon dans les
strates de manière à ce que la proportion d’individus dans les strates de l’échan-
tillon soit la même que dans les strates de la population. On choisit donc nC tel
que
nC NC NC 10
= ⇐⇒ nC = n =8∗ = 4.
n N N 20
De même
NO 10
nO = n =8∗ = 4.
N 20
(b) Calculons d’abord la variance corrigée pour les deux strates :
CN
1 X
SC2 = (Xi − µC )2
NC − 1 i=1
(2225 − 2463.9)2 + (1616 − 2463.9)2 + . . . + (2618 − 2463.9)2
= = 271 397.7 ,
10 − 9
et
NO
1 X
SO2 = (Xi − µO )2
NO − 1 i=1
(1415 − 1454.9)2 + (1415 − 1454.9)2 + . . . + (1484 − 1454.9)2
= = 7 249.211.
10 − 1
La variance de µ̂ pour un plan stratifié avec allocation proportionnelle est donnée
par :
H
1 n 1 X
V(µ̂) = 1− Nh Sh2
n N N h=1
1 8 1
= 1− (10 ∗ 271 397.7 + 10 ∗ 7 249.211) = 10 449.26.
8 20 20
6. Pour un sondage avec allocation optimale, on choisit les tailles d’échantillon de ma-
nière à minimiser la variance de l’estimateur µ̂.
(a) Les tailles d’échantillon sont données par :
Nh Sh
nh = n × PH .
h=1 Nh Sh
Par conséquent
10 ∗ 520.9584
nC = 8 × = 6.87,
10 ∗ 520.9584 + 10 ∗ 85.1423
10 ∗ 85.1423
nO = 8 × = 1.13.
10 ∗ 520.9584 + 10 ∗ 85.1423
Il faut arrondir nC = 7 et nO = 1.
(b) La variance de µ̂ se calcule à partir de
H
1 X Nh − nh 2
V(µ̂) = 2 Nh Sh
N h=1 nh
10 − 7 10 − 1
1
= 2 10 × 271 397.7 + 10 × 7 249.211 = 4 538.905.
20 7 1
plans V(µ̂)
Simple 11 997.2
Alloc. prop 10 449.26
Alloc opti 4 538.9
Les plans simple et stratifié avec allocation proportionnelle conduisent à des estima-
teurs possédant des variances similaires. Le plan stratifié avec allocation optimale
permet de réduire la variance de manière significative. En regardant les données, on
s’aperçoit que ceci vient du fait que les disparités sont beaucoup plus importantes
chez les cadres que chez les ouvriers (SC2 = 271 397.7 et SO2 = 7 249.211), il est donc
nécessaire d’interroger plus de cadres que d’ouvriers pour estimer au mieux le sa-
laire moyen dans chacune des catégories. C’est ce que propose l’allocation optimale
puisque qu’on interroge 7 cadres et un seul ouvrier.