Méthanisation M2
Méthanisation M2
la Recherche Scientifique
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UE : BIOMASSE ENERGETIQUE
SUPPORT DE COURS
SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE……………………………………………………2
1
I/ La méthanisation…………………………………………………………............
II/ Aspects biochimiques et Microbiologiques de la méthanisation …………………………..
II.1.1.L’hydrolyse……………………………………………………………………
II.1.2.L’acidogénèse…………………………………………………………………………….
II.1.3.L’acétogénèse…………………………………………………………………………….
II.1.3.1. Les acétogènes productrices obligées d’hydrogène …………………………………...
II.1.4. La méthanogénèse………………………………………………………………………
II.1.4.1. les méthanogènes hydrogénophiles (ou hydrogénotrophes) …………………………..
II.1.5.1 La sulfato-réduction……………………………………………………………………
III.1. La température…………………………………………………………………………….
III.2.Le pH………………………………………………………………………………………
III.5.1 Broyage
…………………………………………………………..
………..
VII.1. Avantages………………………………………………………………………...
VII.2. Inconvénients…………………………………………………………………….
INTRODUCTION :
L`homme est dans certaine mesure maître de son destin. De part son comportement il peut se
rendre heureux ou malheureux ou même anéantir sa vie.
Depuis un demi-siècle surtout, l`activité humaine entraîne des modifications à grande échelle
de l`environnement. Il y va de l`urbanisation, de l`industrialisation et de l`agriculture
moderne. Cet équilibre a profondément changé avec la première révolution agricole, au
néolithique, qui a favorisé l`érosion du sol et la régression de la végétation naturelle.
La montée puissante et rapide du volume des déchets biodégradables qui prolifère dans les
pays du tiers monde est l`un des problèmes de l`environnement parmi les plus alarmants du
monde actuel ; citons : la pollution de l`eau, de l`atmosphère, du sol... (Encyclopédie
Encarta, 2006). Les déchets biodégradables, lorsqu'ils sont déversés dans des décharges, ils
se décomposent dans des conditions anaérobies non contrôlées. S'ils ne sont pas exploités, du
gaz d'enfouissement se dégage et s'échappe dans l'atmosphère. Le gaz d'enfouissement
contient du méthane, un gaz à effet de serre plus dangereux que le dioxyde de carbone
(http://fr.wikipedia.org/wiki/D%A9chet_biod%C3%A9gradable).
Selon Paul ERHLICH, (1968) la population mondiale s`accroît rapidement d`une façon quasi
exponentielle de 6,5 milliards d`hommes sur la terre et certaines régions sont surpeuplées. Les
besoins en terre cultivables, en matières premières et en sources d`énergie croissent
constamment et les moyens techniques permettant de modifier ou même de détruire le milieu
ont une puissance considérable (Encyclopédie Encarta, 2006).
Aujourd'hui, sur la Terre, la moitié des adultes ne savent ni lire ni écrire ; un homme sur cinq
est mal nourri ; un homme sur six ne possède pas d'habitation correcte ; un homme sur quatre
ne dispose pas d'eau potable (Encyclopédie Encarta, 2006).
La dégradation de la biosphère qui en résulte a déjà, et aura des conséquences de plus en plus
préoccupantes. L`explosion démographique inquiète les scientifiques d`une telle menace que
fait peser sur l`humanité et les fragiles écosystèmes alors que les infrastructures de traitement
des déchets ne croissent pas.
Les villes de l`Afrique s`accroissent, le problème urbain de gestion des déchets (en particulier
de l`assainissement, de collecte et de stockage) est appelé à se développer
(SPENTELLIGENT, 2002).
L`insalubrité de l`environnement explique tout un tas des maladies évitables dans le monde.
Les problèmes de pollution tels que la contamination de l`eau et du sol ; l`élevage dans des
maisons d`habitation, la pullulation des moustiques et d`autres vecteurs des maladies
demeurent une préoccupation d`une mauvaise santé liés à l`environnement (O.M.S., 1995).
Pour Brigitte BROZIO (2003), la réglementation est la méthode à choisir pour tous les cas de
pollution environnementale grave et pour toutes les compromissions de la santé du
consommateur. Le principe de précaution est à prendre en considération. « Il vaut mieux
prévenir, que guérir » est une maxime de la santé environnementale, une discipline qui doit
avoir son mot à dire dans ce domaine (www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/pollution.htm). A en
croire, l`observation de SANE (1999), est que la collecte et l`élimination des déchets solides
dans les villes du Tiersmonde constituent à notre avis la plus grande difficulté. Le problème
que l`on connaît est technique, et cela a donné les résultats que l`on connaît : collecte partielle
des déchets, l`augmentation de décharges sauvages, odeurs nauséabondes, prolifération des
mouches et des rongeurs...
Les événements de ces deux décennies ont mis en évidence que le problème de
l`environnement est le problème numéro un de l`humanité et qu`une stratégie de la survie à un
niveau global est nécessaire. Il convient donc de jeter un coup d`oeil à la situation écologique
et humaine mondiale enfin d`inciter à affronter et préparer une meilleure gestion de l`avenir à
notre planète terre.
Mais l`on s`aperçoit rapidement d`une part que soustraire des sites intéressant à tout influence
humaine ne suffisait pas dans certains cas et qu`il fallait au contraire le gérer, d`autres part
l`homme étant l`un de composant de la création, il convenait de l`intégrer dans cette démarche
et donc de ne plus protéger la nature contre lui mais de la protéger avec lui (RIBAUT., 1993).
Ainsi donc notre préoccupation majeure sera centrée sur la problématique de la gestion des
déchets d`élevage et ménagers biodégradables pour la seule raison prépondérante sur la santé
publique
CHAPITRE I : LA METANISATION DANS LA PROBLEMATIQUE
ENERGETIQUE ET ENVIRONNEMENTATLE
1. La méthanisation
La méthanisation ou digestion anaérobie est la transformation de la matière
organique en un biogaz composé principalement de méthane et de gaz
carbonique par un consortium microbien fonctionnant en anaérobiose. C’est une
transformation naturelle qui se réalise dans tous les milieux où l’on trouve de la
matière organique en absence d’oxygène, et où les conditions physico-chimiques
sont compatibles avec celle du vivant.
Elle se produit dans les écosystèmes naturels: les marais, les intestins des
animaux et des insectes, les rizières, le fond des lacs, le fond des barrages
hydroélectriques; les cimetières …
C’est une transformation qui permet d’éliminer la matière organique pour faire un
biogaz énergétique, via le méthane qu’il contient.
Alessandro volta (1745-1827) montra en 1776 que le gaz produit dans les marais
était combustible. Lavoisier notamment, en 1787, mit en évidence que le gaz
inflammable de volta était du «gaz hidrogenium carbonatrum». Ce n’est qu’en
1865 que le terme méthane fut proposé.
2. Apport de la méthanisation
Le premier digesteur fut construit en 1859 à Bombay dans une léproserie. En
1895 furent développés dans la ville d’Exeter (en Angleterre) des réservoirs
anaérobie afin d’utiliser le biogaz comme source d’énergie pour l’éclairage. Le
processus de la méthanisation fut également appliqué au traitement des déchets
agricoles et d’élevage, pendant les années 1940, afin de produire de l’énergie à
partir du fumier. Ceci était notamment réalisé dans des digesteurs. Dans les années
1970, la première crise pétrolière entraîna une forte augmentation du coût
de l’énergie. Cette crise contribua à un large développement des recherches
fondamentales et appliquées dans ce domaine. Dans cette mouvance, ce
processus fut de nouveau appliqué à la production de biogaz à partir de résidus
agricoles et de déchets, ainsi qu’au traitement de la pollution organique des
effluents industriels ou urbain.
2.1. Dépollution des eaux usées
Pour le traitement des eaux usées industrielles, l’application de la méthanisation
a permis, non seulement de produire de l’énergie (le biogaz), mais d’en
économiser.
Un mètre cube de digesteur (réacteur anaérobie) est capable, pour un même
espace de temps «d’éliminer» 10 fois plus de pollution qu’un système aérobie.
Ceci est principalement dû aux importantes concentrations microbiennes mises
en œuvre, mais aussi au fait que produire un métabolite, le méthane, est moins
complexe que produire une biomasse qui doit comporter un grand nombre de
molécules différentes. Ceci explique l’important de la digestion anaérobie
comme outil de dépollution des effluents industriels mais aussi des effluents
urbains dans les pays chaud.
2.2. Traitement des déchets
Les déchets, qu’ils soient d’origine urbaine, industrielle ou agricole, peuvent être
aussi des sources de matière très intéressantes pour cette transformation :
soit parce qu’il faut éliminer un produit pouvant créer une pollution, soit parce
que c’est sa transformation en énergie qui motive son application et souvent les
deux aspects concourent à choisir la méthanisation.
3. Environnement et énergie
Deux éléments ont récemment modifié la perception des questions
d’environnement. Tout d’abord, l’idée que le climat change, et que le
réchauffement climatique est dû à l’activité humaine, est maintenant largement
acceptée. Deuxièmement, le fait que les réserves de pétrole ne sont pas infinies
et que, dans un avenir proche, elles devront être complétées par des
biocarburants, est devenu une évidence.
Dans le contexte du réchauffement de la planète, les processus relatifs à la
digestion anaérobie (méthanisation) joueront un rôle majeur. En effet, les
digesteurs anaérobies en milieu naturel produit du méthane qui est souvent
dissipé dans l’environnement. La libération de méthane par les marais, les
rizières, les décharges… mais aussi les digesteurs qui n’exploitent pas le biogaz,
contribuent à la problématique de l’effet de serre.
Par conséquent, tous les scientifiques et les technologues traitant de la digestion
anaérobie doivent être fortement préoccupés par cet aspect et doivent intégrer le
fait qu’il faille réduire au minimum les émissions dans l’atmosphère. En utilisant le
digesteur anaérobie pour traiter des effluents et des déchets, non seulement on
économise de l’énergie fossile mais on produit une énergie renouvelable car faite à
partir de la biomasse. Cette approche permet donc de supprimer la quantité
correspondante de gaz carbonique (d’origine fossile qui aurait été utilisée) qui
aurait été émise dans l’atmosphère
4. Place de la méthanisation dans les politiques énergétiques de demain
4.1. Les différentes filières de biocarburants
Dans le contexte de biocarburants renouvelables, à l’heure actuelle, l’attention est
principalement axée sur le bioéthanol (essence) et biodiesel (gazole).
En effet, toute une série de programmes de recherche est lancée dans le monde
entier pour favoriser ces deux productions. La principale caractéristique est que
ces combustibles répondent directement à nos besoins pour assurer notre
mobilité avec des véhicules à moteur. Seules les parties très riches en glucides à
savoir les plantes riche en sucres (betteraves ou cannes à sucre) ou en amidon
(blé, maïs…) ou alors en huiles (colza, tournesol, soja, palme …) peuvent être
fermentées en éthanol. Ce produit doit être distillé à partir du milieu de
fermentation et rectifié avant d’être utilisé
- Le biocarburant sous forme de bois ne nécessite pas de travailler la terre. Le bois
est complétement brulé et bien gazéifié.
-Le biogaz peut être généré par la fermentation de toutes les parties de la plante.
Figure 1 : Les principales filières de production des biocarburants liquide
Conclusion :
La méthanisation apporte déjà beaucoup à notre société : en économisant de
l’énergie, en la produisant et en mettant en œuvre des outils de dépollution très
performants. Le fait que ce soit un processus naturel encourage son application.
Son utilisation peut être facilement dissémilée avec des technologies rustiques.
À l’heure actuelle, nous sommes tous conscients du fait que nous devons réduire
notre contribution à l’émission de gaz à effet de serre. Nous devons accroître nos
efforts pour contenir et minimiser si possible la dissipation de méthane produit
par les écosystèmes naturels. En outre, la technologie des réacteurs permet de
réduire les émissions de méthane sauvage en recyclant, de manière structurée,
les déchets organiques vers notamment la production d’énergie
LA METHANISATION
La transformation du carbone organique en gaz carbonique et méthane, en
condition anaérobie, par des organismes vivants, est un des plus anciens
métabolismes. Cette réaction joue et continu à jouer un rôle essentiel dans le
biogéochimique, notamment dans celui du carbone mais aussi ceux du soufre et de
l’hydrogène. Cette fermentation se réalise spontanément dans des écosystèmes
naturels, où la matière organique est présente dans un milieu anaérobie et dans des
conditions compatibles avec l’expression du vivant. Ces communautés
microbiennes méthanogènes se retrouvent ainsi les marais, les rizières, les
sédiments lacustres et marins, le sol, l’intestin de mammifères, le tractus intestinal
de certains termites.
La minéralisation du carbone est le fruit d’un extraordinaire travail collectif et
successif de nombreuses populations de micro-organismes. C’est, un point de
vue biochimique, une succession de réactions chimiques catalysées par des
enzymes produits par différents organismes vivants.
Ce procédé biologique essentiel a été et est encore utilisé de façon empirique.
Pour mieux comprendre, il faut décrire les réactions chimiques, identifier les
microorganismes qui les réalisent, enfin comprendre les interactions qui règlent
la vie de ces micro-organismes.
1. Les réactions enzymatiques (la biochimie) et microbiologiques
1.1. L’hydrolyse
● Les lipides : Les formes les plus courantes de lipides rencontrées dans la
nature sont les triglycérides. Il s’agit de molécules de glycérol (une molécule à 3
carbones comprenant chacun une fonction alcool) sur laquelle chacune des
fonctions alcools est reliée à un acide gras par une liaison ester. Les acides gras
sont des acides organiques à longue chaîne linéaire. Le nombre de carbone des
acides gras varie de 4 à 22. L’hydrolyse d’une molécule de type triglycéride
(lipolyse) libère une molécule de glycérol et 3 molécules d’acide gras sous
l’action de Anaerovibrio lipolytica, Syntrophomonas spp…
Réaction d’homoactétogénèse
4 H2 + 2 CO2 acétate + 2H2O - 95 KJ
1.4. La méthanogénèse
Lors de cette dernière étape de minéralisation, les produits de l’acétogénèse
(acétate, formate, dioxyde de carbone, hydrogène…) sont transformés en
méthane. Deux types de réaction peuvent être distingués : la transformation du
dioxyde de carbone et de l’hydrogène par les méthanogènes hydrogénophiles et
celle de l’acétate et de l’hydrogène par les acétoclastes. 1.4.1. les méthanogènes
hydrogénophiles (ou hydrogénotrophes)
1.5.1 La sulfato-réduction
Un certain nombre de molécules organiques produites par l’acidogenèse (en
particulier les acides organiques comme l’acétate, le propionate ou le butyrate,
ainsi que l’hydrogène) sont consommées en présence de sulfate, l’utilisant
comme source d’énergie. Cette voie métabolique, la sulfato-réduction, est plus
énergétique que l’acétogenèse, avec laquelle elle est en compétition pour les
mêmes substrats : c’est pourquoi la sulfato-réduction se produit toujours à partir
du moment où du sulfate est présent au détriment de la production de méthane.
La réduction des sulfates conduit à la production d’ions sulfure HS -, et
d’hydrogène sulfuré H2S, qui n’est pas sans effet sur les procédés à différents
niveaux :
•Inhibitions : il semble que la molécule d’H 2S agisse comme un composé toxique
qui affecte l’ensemble de la chaîne trophique ;
ΔGo
(KJ/réaction)
Lorsqu’il est présent sous forme organique (protéines), l’azote se retrouve sous
forme ammoniacale (NH3 ou NH4+). En revanche, lorsqu’il est présent sous
forme oxydée (nitrite NO2-ou nitrate NO 3), il peut également servir d’accepteur
d’électron et contribuer à la compétition pour les acides organiques au même
titre que la sulfato-réduction, pour donner du diazote N 2 : c’est la dénitrification
(Paracoccus denitrificans…).
2 NO3- + 5 H2 + H+ N2 + 6 H20
21
Réactions Energie libre ΔGo
(KJ/réaction)
4CH3NH2 + 2H2O + 4H+ 3CH4 + CO2 + -101,6
4NH4+
2 (CH3)2 NH+ H2O + 2H+ 3CH4 + 3 HCO-3 -86,3
4 (CH3)3N- + 6H2O + 4H+ 9CH4 + 3CO2 + 4NH4+ - 80,2
22
● Les thermophiles qui se développent dans une gamme de températures
comprise entre 55 et 75°C.
Aux températures élevées, la décomposition et la production de biogaz sont plus
rapides mais le processus est aussi plus sensible à la variabilité des substrats et
de la température. Certaines enzymes spécifiques fonctionnent dans des plages
de températures bien déterminées et l'activité enzymatique augmente avec une
élévation de la température jusqu’à une valeur optimale. Au-delà de cette
température commence le processus de dénaturation de l'enzyme et le taux de
croissance diminue rapidement.
2.3. Le pH
23
Tableau IV : Concentration en ions provoquant la stimulation ou l’inhibition de la
méthanisation
24
L’azote ammoniacal est indispensable aux métabolismes microbiens et stimule
l’activité méthanogène à des concentrations de 50 à 200 mg/L. Cependant, les
effets inhibiteurs de l’ammonium (NH4+) et de l’ammoniac libre (NH 3) ont été
relevés dans de nombreuses études. L’inhibition des émissions de méthane due à
l’ammonium semble apparaître seulement à de fortes concentrations. Des
concentrations tolérées jusqu’à 1500 mg.L-1 puis toxiques à 3000 mg.L-1 ont
été mises en évidence. Les microflores méthanogènes acétotrophes sont moins
sensibles à l’ammonium que celles méthanogènes hydrogénotrophes
Concernant l’ammoniac libre, des teneurs de 700 mg/L sont estimées être
inhibitrices. L’inhibition due à l’ammoniac libre affecterait directement les deux
populations d’Archaea méthanogènes. En effet, une diminution de la
température de 37°C à 29°C, à une valeur fixe de pH 7, améliore le taux de
croissance des populations méthanogènes hydrogénotrophes pas une moindre
sensibilité aux augmentations de concentrations en ammonium total. Le même
constat est dressé au sujet des microflores d’Archaea méthanogènes
acétotrophes. Enfin, les autres populations bactériennes de la chaîne trophique ne
sont pas sensibles à l’ammoniac libre.
2.7. DCO (Demande Chimique en Oxygène)
La mesure de la DCO permet d’estimer la charge organique polluante d’une eau
usée. Sa mesure avant et après un traitement physique, chimique (DCO) ou
biologique (DBO) permet également de contrôler le bon fonctionnement de
l’épuration ou d’évaluer l’activité des micro-organismes anaérobies dans un
digesteur. La digestion anaérobie est avantageuse pour les effluents fortement
chargés en matières organiques, avec des concentrations supérieures à 50 mg
DCO/L
25
2.8 Autres Critères à respecter pour bien méthaniser
26
Une attention particulière concerne les risques liés aux déjections animales qui
comporteraient des antibiotiques résiduels des traitements de ces animaux. Se
renseigner avant car certains éleveurs ‘’abusent’’ de ces traitements. Bien
entendu la présence d’antibiotiques peu notablement perturbé voire inhiber les
différentes phases de la méthanisation. 2.8.4. Rapport carbone/azote (C/N) :
Ce rapport représente la proportion massique du carbone par rapport à l’azote
dans un substrat donné. Il varie en fonction de la disponibilité du carbone et
surtout d’azote contenus dans le substrat traité. La valeur optimale du rapport
carbone/azote se trouve entre 20/1 et 30/1 pour une digestion anaérobie. La
diminution du rapport C/N dans les digesteurs montre la consommation du
carbone.
27
eucaryotes, champignons) peuvent être présents dans les effluents alimentant les
digesteurs.
5. Digesteurs anaérobies
Le digesteur (encore appelé fermenteur ou réacteur) anaérobie est généralement
constitué d’une cuve fermée, étanche à l’air et de préférence isolée
thermiquement de l’extérieur. Les réactions chimiques ou biologiques peuvent
être mises en œuvre de diverses manières.
Nous distinguerons les procédés continus et discontinus.
29
ayant un caractère plutôt piston). Comme les fermentations humides ont
tendance à former 3 couches, avec au-dessus les flottants et en dessous les
lourds, les agitations qui sont mises en place créent une boucle. Le tri est donc
essentiel ici et doit être particulièrement poussé lorsque les intrants sont, par
exemple, des ordures ménagères brutes. Les systèmes d’agitation peuvent être
mécaniques avec ou sans agitateur latéral ou réalisés par l’introduction de biogaz
(procédé Linde).
La dilution par l’eau permet de mieux maîtriser des problèmes d’inhibition qui
peuvent apparaître comme par exemple le maintien d’une concentration
d’ammoniac au-dessous de 3g/l.
Les procédés de digestion humide sont généralement précédés d’une étape de
préparation des déchets (mélangeur, pulpeur) avant l’entrée dans le réacteur de
méthanisation proprement dit (voir figure 3.3)
- les procédés de digestion sèche : c’est une technique qui permet de
maintenir les résidus dans leur état d’origine sans d’importants ajouts d’eau. Elle
se caractérise par une teneur en eau comprise entre 20 et 40 % ce qui confère au
milieu de fermentation une consistance.
Parmi les procédés de digestion sèche, nous retrouvons trois types de
technologies : deux systèmes à réacteurs verticaux (le procédé DRANCO, à
recirculation de digestat), et le procédé VALORGA, mélangé par recirculation
de biogaz), et les procédés horizontaux (KOMPOGAS, BRV) dans lesquels
l’écoulement est piston et où des agitateurs à vitesse lente confèrent un
mouvement de rotation à la matière en cours de digestion. Les principaux
procédés fonctionnant selon ce principe sont le procédé WAASA, le procédé
BTA et le procédé LINDE-KCA. La société espagnole ROS-ROCA
commercialise également un digesteur par voie humide (procédé BIOSTAB)
(figure 3.4)
30
31
6. Les paramètres opérationnels des réacteurs
32
Ce temps correspond à la masse du solide dans le digesteur divisé par le flux
massique du composé sortant du réacteur.
6.1.3. Le rendement
Pour caractériser les performances d’une transformation, il est nécessaire
d’introduit la notion de rendement. Il est possible de calculer Le rendement
global de la réaction en comparant l’entrée et la sortie du système.
33
CHAPITRE III : TRAITEMENT ET VALORISATION DU BIOGAZ ISSU
1. Composition du biogaz.
Le biogaz est un gaz qui tout comme l’air est formé d’un certain nombre de gaz
(Tableau ). La composition du biogaz est le suivant : méthane (CH 4), dioxyde
de carbone (CO2), hydrogène (H2), hydrogène sulfuré (H2S) et de la vapeur d’eau
(H2O).
Le dioxyde de carbone et les autres gaz ont une influence sur l’état combustible
du biogaz. En effet, le CO 2 gène la combustion mais ne l’empêche pas.
L’hydrogène sulfuré (H2S) quant à lui est combustible, mais fortement corrosif
des surfaces métallique à la fois en raison de ses propriétés acides et par la
formation d’oxyde de soufre (SOX). D’autre part, il convient de souligner
également la nuisance olfactive et la toxicité pour l’homme : une exposition
d’une demi-heure à une concentration de 0,005 % en volume dans l’air est
mortelle. L’hydrogène (H2) est combustible et ne pose pas de problème. Les
autres gaz sont en trace et ne gênent pas la combustion.
34
Tableau V : Composition du biogaz selon ses origines
CO (%) 0 - 0,1
H2 (%) 1-3
6 6 6 6 5
H2O à 30°C
(%)
35
Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) permet la comparaison entre différents
systèmes parce qu’en fonction du combustible utilisé (gaz naturel, bois, mazout,
charbon...), les produits de combustion présentent une teneur différente en
vapeur d’eau (Tableau V).
36
Figure 4 : Equivalence énergétique du méthane avec divers combustibles.
37
Tableau VII : Technique de purification du gaz
microaération
38
• Elimination presque totale des odeurs : les composés organiques soufrés
sont minéralisés : les odeurs disparaissent.
• Hygiénisation : la méthanisation permet de réduire les germes pathogènes
ainsi que les graines d'adventices (pour les agriculteurs, plantes qui se
développement à un endroit où on ne le souhaite pas) présentes dans les
déjections.
• Valeur amendante conservée : la fraction ligneuse qui contribue à la
formation de l'humus n'est pas attaquée.
• Valeur fertilisante conservée : la valeur fertilisante est améliorée par
rapport à un compost. Les teneurs en N (Azote), P (Phosphates), K (Potasse)
total des intrants sont conservées.
39
Avantages Environnementaux
• Le biogaz issu par la méthanisation est source d’énergie renouvelable car
VII.2. Inconvénients
Cependant, la digestion anaérobie comporte aussi quelques inconvénients :
● Une forte sensibilité aux variations de charges organiques et aux composés
toxiques ;
●Les investissement sont assez lourds bien qu’il y ait des subventions possibles
●L’entretien des installations doit être régulier et demande du temps. La
réaction biologique est à contrôler pour plusieurs raisons : éviter les
problèmes et optimiser la production. Le gaz est un élément inflammable, il
faut donc s’assurer des bonnes conditions de production (température et
pH), tout en respectant des procédures de sécurité
Références bibliographiques
40
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