1.
0 ÉVALUATION DES CONDITIONS DE STABILITÉ DU TALUS À
L’ÉTUDE
Les analyses de stabilité globale de la pente ont été effectuées en conditions statiques. Lesdites
analyses ont été réalisées à l’aide des méthodes de « Morgenstern-Price » et « Bishop
simplifiée ». Celles-ci permettent de déterminer le facteur de sécurité (F.S.) associé au degré de
stabilité du talus. La première méthode a été utilisée pour calculer le facteur de sécurité par
rapport à un plan de rupture (glissement de type planaire) au droit du talus, tandis que la
deuxième méthode a été utilisée pour déterminer le facteur de sécurité par rapport à un cercle de
rupture (glissement de type circulaire) qui passe par le sommet et le pied du talus. Le logiciel
SLOPE/W de la compagnie GEOSLOPE INTERNATIONAL LTD a été utilisé à cet effet. Ainsi, un
facteur de sécurité F.S. = 1,0 correspond à un équilibre précaire entre les forces résistantes et
les forces déstabilisantes. Soulignons que selon les règles de l'art, un coefficient de sécurité
minimal F.S. = 1,3 est nécessaire pour considérer un talus stable. Toujours selon les règles de
l’art, un facteur de sécurité d’au moins F.S. = 1,5 doit être respecté pour considérer le talus
comme étant sécuritaire lorsque la vulnérabilité de biens ou de personnes est élevée.
Selon les règles de l’art, l’identification des zones sujettes à des risques de glissement de terrain
au niveau du sommet du talus est effectuée en fonction du degré de stabilité de la paroi du talus
et ce, pour les conditions rencontrées sur le site au moment de la réalisation de la
reconnaissance des sols. Afin de s’assurer qu’une construction ou un aménagement localisé au
sommet du talus ne soit pas menacé par un éventuel glissement de terrain, des zones de
contrainte à l’aménagement doivent être respectées, notamment une marge de précaution et/ou
une marge de recul. La marge de précaution est associée à un degré de stabilité du talus
considéré minimal (F.S. = 1,3), ce qui implique que des signes d’instabilité ou de décrochements
de sols pourraient survenir à l’intérieur de cette zone. Par conséquent, aucun aménagement ne
doit donc être effectué à cet endroit. La marge de recul correspond à une zone présentant un
degré de stabilité jugé satisfaisant selon les règles de l’art (F.S. = 1,5) pour la réalisation
d’ouvrages générant une surcharge. À l’intérieur de la marge de recul, certains aménagements
générant peu ou pas de surcharge sont permis pourvu qu’ils se localisent au-delà de la marge de
précaution.
1.1 Paramètres d’analyse
Les modèles mathématiques utilisés pour les analyses de stabilité ont été préparés à partir de la
géométrie disponible du talus à l’étude et des paramètres des sols définis en fonction des
caractéristiques des échantillons issus du forage F-1. La géométrie du talus à l’étude est
présentée dans les coupes B-B’, D-D’ et G-G’ montrées à l’annexe I. Rappelons que les profils
des coupes correspondent à la surface du terrain obtenue selon les données « LiDAR »
préparées par le MRN. Dans le cas présent, les paramètres géotechniques utilisés dans les
analyses sont présentés au tableau IV et sur les figures 1, 2 et 3 insérées à l'annexe V.
Tableau IV : Paramètres géotechniques des sols identifiés au droit du forage F-1.
Dépôt argileux Dépôt granulaire Dépôt granulaire
Paramètres Remblai (1)
naturel (2) naturel dense (3) naturel très dense (4)
Poids volumique Ɣ 18,0 kN/m3 18,0 kN/m3 21,0 kN/m3 22,0 kN/m3
Angle effectif de
28,0o 30,0o 38,0o 40,0o
frottement interne ϕ’
Cohésion effective c’ 0 kPa 7,5 kPa 0 kPa 0 kPa
Notes :
(1)
Terre végétale et remblai généralement constitué de sable avec un peu de silt et des traces de silt et de gravier (section Error: Reference
source not found et section Error: Reference source not found)
(2)
Dépôt argileux généralement constitué de silt avec un peu d’argile et des traces de sable (section Error: Reference source not foundError:
Reference source not found)
(3)
Dépôt granulaire dense généralement constitué de sable avec un peu de silt (section Error: Reference source not found)
(4)
Dépôt granulaire très dense généralement constitué de blocs et cailloux dans une matrice sableuse (section Error: Reference source not
found)
Les conditions d’eau souterraine utilisées dans les analyses de stabilité ont été modélisées à
partir des observations effectuées durant la visite du site et la réalisation du forage ainsi que des
données recueillies à l’endroit du tube d’observation. De cette manière, le niveau de l’eau
souterraine a été fixé sécuritairement à une élévation géodésique minimale de 165 mètres.
1.2 Méthodologie d’analyse
La méthodologie suivie pour la réalisation des analyses de stabilité du talus à l’étude est la
suivante :
Construction du modèle mathématique des sections jugées représentatives des conditions en
place, soit les coupes B-B’ pour les talus Est et Sud, D-D’ pour le talus Ouest et G-G’ pour
le talus Sud-Ouest (figures 1, 2 et 3);
Évaluation de surfaces de rupture critiques associés au degré de stabilité actuel du talus à
l’aide des méthodes « Bishop simplifiée » pour les sols à prédominance argileuse
(glissement de type circulaire) et « Morgenstern-Price » (glissement de type planaire) pour
les sols à prédominance sableuse;
Détermination des plans de rupture et des cercles de rupture (figures 1, 2 et 3) associés au
facteur de sécurité critique, à ceux pour considérer le talus stable (F.S. = 1,3) ainsi que ceux
pour juger le talus sécuritaire lorsque la vulnérabilité de biens ou de personnes est élevée
(F.S. = 1,5);
Définition des zones de contrainte à l’aménagement à respecter au sommet du talus à l’étude
en fonction de la localisation des plans et des cercles de rupture identifiés au droit des
coupes B-B’, D-D’ et G-G’.
1.3 Résultats des analyses de stabilité
La représentation graphique des analyses de stabilité est présentée aux figures 1, 2 et 3
insérées à l’annexe V. Lesdites figures présentent la localisation des surfaces de rupture
obtenues, alors que le tableau V suivant présente le facteur de sécurité minimal (F.S. critique)
associé aux conditions actuelles de la stabilité du talus :
Tableau VI : marges de précaution sécuritaire et marges de recul
Coupe Tronçon F.S. critique
B-B’ Talus Est et Sud 1,24
D-D’ Talus Ouest 1,27
G-G’ Talus Sud-Ouest 1,32
Rappelons que pour juger un talus comme stable, le facteur de sécurité minimal à respecter est
de 1,3. Ainsi, selon les valeurs de présentées dans le tableau VI précédent, il en ressort que la
stabilité actuelle des talus Est, Sud et Ouest est jugé instable avec des « F.S. critique » de 1,24
et 1,27. De cette manière, des modifications des conditions de la paroi des talus à cause de
facteurs d’origine naturelle ou anthropique risquent de déclencher un glissement de terrain ayant
sont point d’amorce au pied desdits talus. Dans le cas du talus Sud-Ouest, le facteur de sécurité
calculée est de 1,32. Ainsi, le risque de déclenchement d’un glissement de terrain ayant son point
d’amorce au pied du talus à cet endroit est jugé faible.
Mentionnons également que lors de la visite du site la présence de certains éléments pouvant
nuire aux conditions de la stabilité du talus à l’étude ont été observés, notamment les suivants :
Un muret de soutènement bordant la crête du talus Est ainsi que des matériaux de remblai
associés à la construction dudit muret (photos 4 et 5) et un escalier en bois (photos 5 et 6);
Des pentes abruptes présentant des marques d’érosion au droit de la paroi du talus Est
(photos 6, 7, 8, 9, 12 et 16);
Présence de remblai et débris au droit de la paroi des talus Ouest et Sud-Ouest (photos
14, et 17).
En effet, les conditions de la stabilité actuelle du talus sont plus susceptibles de s’aggraver en
présence facteurs d’origine naturelle ou anthropique. Mentionnons que les effets de la présence
de l’escalier en bois sur la stabilité du talus Est (photos 5 et 6) est négligeable. Ceci en tenant
compte que ledit escalier repose sur des colonnes en bois dont leurs fondations ont été
vraisemblablement installées sans effectuer de rehaussement de la paroi du talus par remblai.
À cet égard, les recommandations présentées à la section suivante devront être respectées pour
assurer la sécurité et la stabilité du site à long terme.
2.0 RECOMMANDATIONS GÉOTECHNIQUES
Parmi les facteurs déstabilisant d’origine naturelle qui risquent d’aggraver les conditions d’un
talus dont la stabilité est jugée précaire (F.S. < 1,3), on retrouve notamment les effets érosifs des
cours d’eau, alors que ceux d’origine anthropique sont associés surtout à la réalisation des
travaux pouvant remanier les sols en place, produire des vibrations ou appliquer des surcharges
à proximité de la crête d’un talus ou sur sa paroi.
Dans le cas présent, il est recommandé d’effectuer des travaux de protection contre l’érosion afin
de contrôler les effets des facteurs déstabilisants d’origine naturel et respecter des zones de
contrainte à l’aménagement en vue de restreindre les effets nuisibles des facteurs déstabilisants
d’origine anthropique. Ainsi, dans le but d’assurer que les constructions et aménagements en
place ainsi que toute nouvelle construction ne seront pas menacés par un glissement de
terrain, n’agiront pas comme facteur déclencheur en déstabilisant les tronçons de talus à
l’étude et les terrains adjacents, en diminuant indûment les coefficients de sécurité qui y
sont associés, les recommandations présentées aux sous-sections suivantes devront être
respectées.
4.1.1 Contrôle des facteurs déstabilisants d’origine naturel
Pour s’assurer que les constructions ou aménagements projetés ne seront pas menacés par un
glissement de terrain ayant son point d’amorce au niveau de la base du talus, des travaux de
protection contre l’érosion ou des travaux de stabilisation devront être effectués.
TRAVAUX DE PROTECTION CONTRE L’ÉROSION
Pour ce qui est des travaux de protection contre l’érosion, ceux-ci permettront d’éviter la
progression de la dégradation des sols qui constituent la surface de la paroi du talus et d’assurer
le maintien des conditions actuelles de la stabilité du site. À noter toutefois que lesdits travaux
n’auront par effet l’augmentation du facteur de sécurité associé à la stabilité du talus. Lesdits
travaux pourront consister à l’utilisation de techniques du génie végétal et pourraient inclure les
interventions suivantes :
Installation de fascines ou la réalisation de travaux de tressage au niveau du pied du talus
pour contrer les effets des variations des niveaux de l’eau dans la rivière (Talus Est) et le
ruisseau (Talus Sud, Ouest et Sud-Ouest);
Installation de fagots aux sections de la paroi du talus présentant des pentes abruptes ou
des signes d’érosion (photos 7, 8 et 9);
Réalisation de travaux de végétalisation au droit de la paroi du talus (Talus Est, Sud, Ouest
et Sud-Ouest) en favorisant une végétation herbacée et arbustive. Ainsi, lesdits travaux de
végétalisation pourront inclure la réalisation d’un ensemencement hydraulique protégé avec
un matelas anti-érosion ainsi que la plantation d’arbustes.
La définition des zones à protéger contre l’érosion, l’identification des techniques à mettre en
œuvre ainsi que les caractéristiques des végétaux à utiliser ne sont pas incluses dans le cadre
du présent mandat. Ainsi, celles-ci devront être effectuées par un spécialiste dans le domaine
dans le cadre d’un autre mandat.
TRAVAUX DE STABILISATION
Dans le cas ou il serait souhaité de réduire la largeur des zones de contrainte à l’aménagement, il
sera possible d’effectuer des travaux de stabilisation mécanique conjointement avec les travaux
de protection contre l’érosion. Ceux-ci pourront consister en la réalisation de travaux
d’enrochement et/ou la mise en place de caissons végétalisés dans la paroi du talus afin
d’augmenter le facteur de sécurité associé à la stabilité du talus concerné.
Le dimensionnement desdits ouvrages n’est pas inclus dans le cadre du présent mandat. Ainsi,
ceux-ci devront être conçus par un spécialiste dans le domaine dans le cadre d’un autre mandat.
À cet effet, des sondages complémentaires pourront être requis afin de déterminer les
paramètres des sols nécessaires pour la conception.
4.1.2 Contrôle des facteurs déstabilisants d’origine anthropique
Afin de s’assurer que les constructions ou aménagements projetés au niveau du sommet du talus
n’agiront pas comme facteurs déclencheurs en déstabilisant les tronçons de talus à l’étude, des
zones de contrainte à l’aménagement devront être respectées. À cet effet, la localisation de la
marge de recul et de la marge de précaution à respecter est montrée dans le plan de localisation
inclus à l’annexe I, alors que leurs largeurs sont présentées dans le tableau VI suivant :
Tableau VI : marges de précaution sécuritaire et marges de recul
Tronçon Marge de précaution Marge de recul
Talus Est et Sud 3,0 m 4,0 m
Talus Ouest 8,0 m 13,0 m
Talus Sud-Ouest 3,0 m 7,0 m
Il est à noter que le respect des zones de contrainte présentées dans le tableau VI
précédent permettra d’assurer la pérennité des constructions projetés pourvu que les
recommandations présentées pour le contrôle des facteurs déstabilisants d’origine
naturel (section 4.1.1) soient respectées. Notamment des travaux de protection contre
l’érosion devront être effectués. Par ailleurs, dans le cas où des travaux de stabilisation soient
effectués, il sera possible de réévaluer à la baisse les largeurs des zones de contrainte à
l’aménagement présentées dans ledit tableau et dans l’annexe I.
4.1.3 Recommandations géotechniques d’ordre général
Afin d’assurer le maintien des conditions de stabilité actuelle des talus à l’étude ainsi que la
pérennité des constructions et des aménagements projetés, les recommandations géotechniques
d’ordre général suivantes devront être respectées :
Se conformer aux règlements municipaux et provinciaux. La présente étude géotechnique
ne constitue pas une exemption de votre responsabilité à respecter la réglementation en
vigueur;
Retirer les débris, les cailloux, les blocs et les matériaux de remblai lâches (photos 14, 16 et
17) identifiés au droit de la paroi du talus. Par la suite, ces endroits devront faire l’objet de
travaux de végétalisation ou de protection contre l’érosion (section 4.1.1) afin de protéger
adéquatement les zones dénudées de végétation.
La marge de recul présentée dans le plan inclus à l’annexe I, dont les largeurs sont montrées
au tableau VI, devront être respectées pour la réalisation de toute intervention pour laquelle la
vulnérabilité des biens ou de personnes est élevée (bâtiment principal) ainsi que pour toute
intervention générant une surcharge (rehaussement du terrain par remblai de plus de 300 mm
d’épaisseur, piscine hors terre, garage avec fondations, etc.);
Sauf indication contraire dans le présent document, aucune intervention ne devra être
effectuée dans les parois du talus ou à l’intérieur de la marge de précaution présentée dans
le plan inclus à l’annexe I, dont les largeurs sont montrées au tableau VI. Ainsi, tout
aménagement résidentiel générant peu ou pas de surcharge comme piscine creusée,
remises, trottoir, patio, galerie, places de stationnement, entre autres, devra être localisé à
l’extérieur de la marge de précaution. De plus, il faudra éviter de circuler avec de la
machinerie lourde à l’intérieur de cette dernière;
Une nouvelle inspection
En attendant les travaux recommandés pour assurer le contrôle des facteurs déstabilisants
d’origine naturel (section 4.1.1), il est recommandé d’effectuer des inspections
complémentaires, dans le cadre d’un autre mandat, afin de recueillir des informations
visuelles. Lesdites inspections visuelles devront être effectuées au moins deux (2) fois par
année, notamment à la fin de la période de dégel et durant la période des fortes pluies
automnales.
Aucun matériel d’excavation ne devra être mis en piles dans la marge de précaution et la
surface du terrain ne devra pas être rehaussée de plus de 300 mm à cet endroit;
Éviter d’évacuer les eaux de ruissellement, de drains ou de pompage dans la pente du talus,
mais plutôt les diriger vers le bas de la pente tout en protégeant les sols à l’extrémité aval
contre l’érosion;
Le couvert végétal (herbacées, arbustes, arbres) devra être maintenu dans la pente et à la
base du talus, tout en favorisant une végétation arbustive;
Advenant la nécessité de couper des arbres dans la paroi du talus ou dans les zones de
contrainte à l’aménagement, si les règlements municipaux et provinciaux le permettent,
ceux-ci devront être coupés à ras le sol et les racines devront rester en place.