Chap7 2010
Chap7 2010
Chapitre 7. Intégration
•Si f admet une primitive F sur I, toute fonction G telle que G − F est constante
est une primitive de f sur I.
Théorème 1 :
• Pour tout couple (x0 , y0 ) de I × R, il existe une unique primitive H de f sur I
telle que H(x0 ) = y0 .
1
Exemple : La fonction ln est la primitive de x 7→ sur R+∗ qui prend la valeur 0 en 1.
x
Théorème 2 : Toute fonction continue sur un intervalle I admet une primitive sur cet intervalle I. (ad-
mis)
L’intégrale d’une fonction continue f sur un intervalle [a, b] est le nombre réel :
Z b
Définition 2 :
f (t)dt = F (b) − F (a) où F est une primitive de f sur [a, b].
a
Remarques :
• La continuité de f sur [a, b] garantit l’existence de la primitive F sur [a, b].
• L’intégrale ne dépend pas de la primitive choisie, puisque la différence entre deux primitives de f est
constante.
• Il existe des fonctions composées de fonctions usuelles qui n’admettent pas de primitive pouvant s’exprimer
à l’aide de fonctions usuelles : cependant l’intégrale existe, et on peut éventuellement en calculer une valeur
approchée.
2
Exemple : la fonction f : x 7→ e−x , qui est continue sur R, admet une primitive sur R, mais on ne peut
exprimer cette primitive à l’aide des fonctions usuelles.
uα+1
f = u0 uα (α 6= −1) F =
α+1
u0
f= F = ln|u|
u
f = u0 eu F = eu
Remarque : Il faut que u et v soient de classe C 1 pour que les produits de fonctions u0 v et uv 0 soient continus,
et donc intégrables sur [a, b].
Soit ϕ une bijection continue de [a, b] vers [ϕ(a), ϕ(b)] (ou [ϕ(b), ϕ(a)]) et f continue sur [a, b], alors :
Z b Z ϕ(b)
Théorème 5 :
ϕ0 (t)f (ϕ(t))dt = f (x)dx
a ϕ(a)
En pratique :
• Repérer la fonction ϕ telle que ϕ(t) apparaı̂t de façon évidente dans l’intégrale à calculer.
1
• Poser x = ϕ(t), alors dx = ϕ0 (t)dt (ou : t = ϕ−1 (x) et dt = 0 −1 dx)
ϕ (ϕ (x)
• Remplacer dans la fonction à intégrer tout ce qui dépend de t par la quantité égale en x.
• Changer les bornes : Si t = a, x = ϕ(a), et si t = b, x = ϕ(b).
• Calculer la nouvelle intégrale obtenue.
Application : Intégrales de fonctions paires et impaires sur des intervalles [−a, a]
Z a a] (a 6= 0)
Soit f continue surZun intervalle [−a,
a
• Si f est paire, f (t)dt = 2 f (t)dt
Théorème 6 : −a
Z a 0
Z 1 p
Exemple d’application : (x3 − 4x) x2 + 1dx = 0
−1
Soient f et g deux fonctions intégrables sur [a, b], λ et µ deux réels, alors :
Z b Z b Z b
Théorème 8 :
(λf + µg)(t)dt = λ f (t)dt + µ g(t)dt
a a a
Si f est intégrable sur [a, b], et que ∀t ∈ [a, b], f (t) ≥ 0, alors
Z b
Théorème 9 :
f (t)dt ≥ 0
a
Attention ! Il faut que “les bornes soient dans le bon sens” (a < b).
En particulier :
Si f est intégrable sur [a, b], et s’il existe deux réels m et M tels que : ∀t ∈ [a, b] m ≤ f (t) ≤ M alors :
Z b
m(b − a) ≤ f (t)dt ≤ M (b − a)
a
Z b Z b
Théorème 11 : Si f est intégrable sur [a, b], (a < b) , alors f (t)dt ≤ |f (t)|dt.
a a
n−1 n
b−a X b−a b−a X b−a
Soit f continue sur [a, b], Sn = f (a + k ) et Sn0 = f (a + k ), alors :
n n n n
Théorème 12 : k=0 k=1
Z b
lim Sn = lim Sn0 = f (t)dt
n→+∞ n→+∞ a
n−1 n
1X k 1X k
Cas particulier : Quand a = 0 et b = 1 : Sn = f( ) et Sn0 = f ( ) et la limite commune
n n n n
k=0 k=1
Z 1
de ces deux sommes est : f (t)dt.
0
n n
X k2 1X k 2
Exemple : Soit Sn = = ( ) .
n3 n n
k=1 k=1
Z 1
1
2
La fonction f : x 7→ x est continue sur [0, 1] donc lim Sn = x2 dx =
n→+∞ 0 3
Soit f continue sur ]a, b] ; f admet un prolongement par continuité sur [a, b]
si et seulement si f admet une limite finie quand x tend vers a.
Définition 3 : Le prolongement par continuité de f sur [a, b] est alors la fonction g définie par :
∀x ∈]a, b] g(x) = f (x) et g(a) = lim f (x)
x→a
Remarque : On définit de même , pour f continue sur [a, b[, un éventuel prolongement par continuité de f
sur [a, b] en prenant la limite de f en b.
Soit f continue sur ]a, b] admettant un prolongement par continuité sur [a, b] noté f˜,
alors f admet une intégrale sur ]a, b] et :
Théorème 13 : Z b Z b Z b
f (t)dt = lim f (t)dt = f˜(t)dt
a x→a x a
(Analogue si f est continue sur [a, b[, admettant un prolongement par continuité sur [a, b].)
f est continue par morceaux (ou par intervalles) sur [a, b] si, et seulement si,
il existe une subdivision [x0 , x1 , . . . , xn ] (avec x0 = a et xn = b) de l’intervalle [a, b] telle que :
Définition 4 : • f est continue sur chaque intervalle ]xi , xi+1 [ (0 ≤ i ≤ n − 1)
• La restriction fi de f à ]xi , xi+1 [ admet un prolongement
par continuité f˜i sur [xi , xi+1 ] pour tout i tel que 0 ≤ i ≤ n − 1.
Si f est continue par morceaux sur [a, b], f admet une intégrale sur [a, b] définie par :
Z b n−1
X Z xi+1 n−1
X Z xi+1
Théorème 14 :
f (t)dt = f˜i (t)dt = fi (t)dt
a i=0 xi i=0 xi
Z b
Soit f continue sur ]a, b], et F (x) = f (t)dt, pour tout réel x de ]a, b].
x
• Si F admet une limite finie en a, on dit que l’intégrale de f sur ]a, b] est convergente, et on note :
Définition 6 : Z b Z b
f (t)dt = lim f (t)dt
a x→a x
• Si F n’a pas de limite finie quand x → a, l’intégrale de f sur ]a, b] est divergente.
1
Exemple 3 : Soit f (t) = . L’intégrale de f sur ]0, 1] est-elle convergente ?
t
Z 1
1
dt = − ln x, or lim ln x = −∞, donc l’intégrale de f sur ]0, 1] est divergente.
x t x→0
Remarque : Dans la définition 5, la fonction F est une primitive de f alors qu’elle ne l’est pas dans la
définition 6.
1
Exemple 4 : Soit α un réel strictement positif , α 6= 1, et fα (t) = .
tα
L’intégrale de fα sur ]0, 1] est-elle convergente ?
Z 1 Z 1
1 t−α+1 1 1 x−α+1
α
dt = t−α dt = [ ]x = −
x t x −α + 1 −α + 1 −α + 1
1
• Si α > 1, lim x−α+1 = lim α−1 = +∞ : l’intégrale est donc divergente.
x→0 x→0 x
Z 1
1 1
• Si α < 1, lim x1−α = 0, donc lim α
dt = : l’intégrale est convergente.
x→0 x→0 x t 1−α
Z 1
1
Théorème 15 : dt est convergente si, et seulement si, α < 1
0 tα
Z +∞
1
Théorème 16 : dt est convergente si, et seulement si, α > 1
1 tα
Remarque 1 : Le résultat du théorème 16 est à rapprocher du théorème sur les séries de Riemann : la série
1
de terme général α est convergente si, et seulement si, α > 1. Voir le paragraphe 7.
n
Remarque 2 : Dans les exemples précédents, on a pris des fonctions dont la limite en +∞ est 0. Soit f
une fonction telle que lim f (x) = `, avec ` > 0.
x→+∞
On a alors : ∀ > 0 ∃A ∈ R/
x > A ⇒ ` − < f (x) < ` + .
Z x Z A Z x
Prenons tel que ` − > 0, alors : f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt
Z x a Z x a Z AA
et si x > A, f (t)dt > (x − A)(` − ), donc f (t)dt > f (t)dt + (x − A)(` − ), et comme lim (x −
A a a x→+∞
A)(` − ) = +∞, l’intégrale diverge.
En utilisant la fonction opposée, on obtient le même résultat lorsque ` < 0.
Z +∞
Théorème 17 : Si f (t)dt est convergente, alors lim f (x) = 0.
a x→+∞
1
Attention ! la réciproque est fausse : par exemple l’intégrale de x 7→ sur [1, +∞[ est divergente, alors
x
1
que lim = 0.
x→+∞ x
Z b
Soit f continue sur ] − ∞, b], et F (x) = f (t)dt, pour tout réel x de ] − ∞, b].
x
• Si F admet une limite finie en −∞, on dit que l’intégrale de f sur ] − ∞, b] est convergente,
Définition 8 : Z b Z b
et on note : f (t)dt = lim f (t)dt
−∞ x→−∞ x
• Si F n’a pas de limite finie quand x → −∞, l’intégrale de f sur ] − ∞, b] est divergente.
Z 0 Z 0
αt 1
e dt est convergente si, et seulement si, α > 0, et alors : eαt dt =
Z−∞ −∞ α
Théorème 18 : +∞ Z +∞
−αt 1
e dt est convergente si, et seulement si, α > 0, et alors : e−αt dt =
0 0 α
3.4 Intégrale d’une fonction continue sur un intervalle ouvert ]a, b[, sans prolon-
gement par continuité
Soit f une fonction continue sur ]a, b[. L’intégrale de f sur ]a, b[ est convergente si, et seulement si,
pour un certain réel c de ]a, b[ les intégrales de f sur ]a, c] et sur [c, b[ sont toutes deux convergentes.
Z b Z c Z b
Définition 9 :
Dans ce cas : f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt.
a a c
Si au moins une de ces deux intégrales est divergente, l’intégrale de f sur ]a, b[ est divergente.
Remarque 1 : cette définition s’étend aux intervalles du type ]a, +∞[, ] − ∞, b[, ] − ∞, +∞[.
Remarque 2 : La convergence de l’intégrale et sa valeur ne dépendent pas du “point de coupure” c choisi, à
cause de la relation de Chasles sur les intégrales. On choisira donc le réel c le plus simple possible.
x
Exemple 9 : Soit f (x) = √ . La fonction f est définie et continue sur ] − 1, 1[.
1 − x2
Pour étudier la convergence de l’intégrale de f sur ] − 1, 1[, on étudie séparément les convergences des intégrales
Z xf sur [0, 1[ et surp] − 1, 0].
de
t p
√ dt = [− 1 − t2 ]x0 = 1 − 1 − x2
0 1 − t2
Donc l’intégrale de f sur [0, 1[ est convergente et vaut 1.
Z 0 p
f (t)dt = −1 + 1 − x2 donc la deuxième intégrale converge et vaut −1.
x Z 1 Z 0 Z 1
Conclusion : l’intégrale de f sur ] − 1, 1[ est convergente et : f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt = −1 + 1 = 0.
−1 −1 0
• Si f est continue sur ]a, b[, sans PPC, problème aux deux bornes. (On “coupe” l’intervalle en un point c
et on étudie séparément les convergences des deux intégrales.)
4.2 Linéarité
La linéarité reste valable pour les intégrales généralisées convergentes, en particulier la somme de deux
intégrales convergentes sur un même intervalle est une intégrale convergente.
4.3 Positivité
La positivité de l’intégrale reste valable pour les intégrales généralisées convergentes, et en particulier, si f
et g sont deux fonctions dont les intégrales sur [a, +∞[ sont convergentes telles que : ∀t ∈ [a, +∞[ f (t) ≤ g(t)
alors : Z Z +∞ +∞
f (t)dt ≤ g(t)dt
a a
La démonstration se fait à l’aide d’un changement de variable (voir les intégrales définies).
(Théorème admis)
Si f est continue
Z xet positive sur [a, b[ (resp. sur [a, +∞[) et s’il existe un réel M tel que
Théorème 21 : ∀x ∈ [a, b[ f (t)dt ≤ M
a
alors l’intégrale de f sur[a, b[ est convergente.
Z x
dém : Il suffit d’appliquer le théorème 20 à la fonction x 7→ f (t)dt.
a
Z x Z x Z b
dém :Dans le premier cas, pour tout x de [a, b[, f (t)dt ≤ g(t)dt ≤ g(t)dt
a a a
donc en appliquant le théorème 21, l’intégrale de f sur [a,
Z xb[ est convergente.
Z x
Dans le deuxième cas, comme pour tout x de [a, b[ f (t)dt ≤ g(t)dt,
Z x Z x a a
f (t)
dém :• Si f = ◦(g), alors lim =0
b t→b g(t)
f (t)
donc : ∀ > 0 ∃A ∈ [a, b[ / A<t<b⇒0< <
g(t)
donc sur [A, b[, on a l’inégalité : f (t) < g(t)
et d’après le théorème 22, si l’intégrale de g sur [a, b[ est convergente, celle de g sur [A, b[ converge également,
donc celle de f sur [A, b[ converge, et d’après le théorème 23, l’intégrale de f sur [a, b[ est convergente.
f (t)
• f (t) ∼ g(t) ⇔ lim =1
b t→b g(t)
f (t)
donc ∀ > 0 ∃A ∈ [a, b[ / A < t < b ⇒ 1 − < <1+
g(t)
donc sur l’intervalle [A, b[, on a : (1−)g(t) < f (t) < (1+)g(t). Les théorèmes 22 et 23 permettent de conclure.
Z +∞
1
Exemple 2 : On veut étudier la convergence de l’intégrale : dt
0 1 + t + t2
1
La fonction t 7→ est continue sur R (car ∆ < 0) et donc en particulier sur [0, +∞[.
1 + t + t2 Z +∞ Z +∞
1 1 1 1
On a : 2
∼ 2
, et comme 2
dt est convergente, il en est de même pour dt
1 + t + t +∞ t t 1 + t + t2
Z1 +∞ 1
1
puis, d’après le théorème 23, pour dt.
0 1 + t + t2
Z +∞
Exemple 3 : On veut étudier la convergence de l’intégrale : t2 e−t dt.
0
La fonction à intégrer est continue comme produit de fonctions continues sur [0, +∞[.
1
On sait que, pour tout réel α, lim tα e−t = 0, c’est-à-dire : e−t = ◦( α )
t→+∞ +∞ t
Z +∞
−t 1 2 −t 1 1
en particulier pour α = 4 : e = ◦( 4 ) d’où t e = ◦( 2 ) donc comme l’intégrale dt est conver-
+∞ t +∞ t 1 t2
Z +∞ Z +∞
gente, il en est de même pour t2 e−t dt puis pour t2 e−t dt.
1 0
Généralisation :
Z +∞ Z +∞
n −t
Théorème 25 : ∀n ∈ N t e dt est convergente, et tn e−t dt = n!
0 0
Z +∞
1 1
dém : On sait que e−t = ◦ , d’où t n −t
e = ◦ , donc tn e−t dt est convergente, et comme
+∞ tn+2 +∞ t2 1
Z +∞
n −t n −t
t 7→ t e est une fonction continue sur [0, 1], t e dt est convergente.
Z x 0 Z +∞
Pour calculer cette intégrale, posons In (x) = tn e−t dt et In = tn e−t dt.
0 0
Comme on a le produit de deux fonctions de classe C 1 sur R, on peut effectuer une intégration par parties :
Z x
−t n x
In (x) = −e t 0 + n tn−1 e−t dt
0
= −e−x xn + nIn−1 (x)
Soit f une fonction continue sur [a, b[. On dit que l’intégrale de f sur [a, b[ est
Définition 10 : absolument convergente si, et seulement si, l’intégrale de |f | sur [a, b[
est convergente.
Si f est une fonction continue, positive et décroissante sur [a, +∞[, alors la série
Z +∞
Théorème 27 :
de terme général f (n) est de même nature que l’intégrale f (t)dt.
a
dém : Soit un entier naturel N tel que N ≥ a. Comme f est décroissante sur [a, +∞[,
La fonction F est donc majorée par S, donc l’intégrale de f sur [N, +∞[ est convergente, et comme f est
continue sur [a, N ] l’intégrale de f sur [a, +∞[ est également convergente.
On a bien démontré que l’intégrale et la série sont de même nature.
D’après le théorème 16 et le théorème 27, on peut donc considérer comme démontré le théorème sur les
séries de Riemann :
1
La série de terme général est convergente si, et seulement si, α > 1.
nα