Guilhem ROBINET-FABREGUETTES 1ère G 2
HGGSP, Avril 2024
ETUDE DE DOCUMENT
« le thème »
1. Le code de l'indigénat donne aux administrateurs civils un grand pouvoir sur les colonisés.
Ils peuvent juger les infractions sans passer par les tribunaux habituels, ce qui signifie qu'ils
décident des peines à infliger aux indigènes. De plus, ils contrôlent les déplacements des
colonisés en exigeant une autorisation pour quitter leur commune. Cela leur permet de
restreindre la liberté de mouvement des indigènes selon leur propre jugement. En somme,
ce code accorde aux administrateurs un pouvoir quasi judiciaire et un contrôle strict sur la vie
quotidienne des colonisés.
2. Les indigènes peuvent être punis par les administrateurs pour diverses raisons, selon les
lois du code de l'indigénat. Par exemple, s'ils sont jugés coupables d'actes d'insécurité ou de
marginalité en zone urbaine, tels que des comportements considérés comme perturbateurs
ou menaçants pour l'ordre public. De même, le non-respect des règles concernant les
pèlerinages à La Mecque en dehors des années autorisées peut entraîner des sanctions.
Des infractions contre les auxiliaires de l'administration française ou des actes d'opposition à
l'autorité de l'État peuvent également entraîner des punitions sévères. De plus, les conflits
sur les terres et les forêts peuvent entraîner des sanctions si les indigènes sont jugés
responsables de troubles ou de violations des lois coloniales. En résumé, les indigènes
peuvent être punis par les administrateurs pour une variété de raisons liées à la sécurité, à
l'ordre public et à la stabilité du contrôle colonial
3. Le code de l'indigénat a rencontré des obstacles à sa diffusion dans les colonies
françaises, ce qui a retardé son expansion. Initialement instauré en Algérie en 1881, il a été
introduit progressivement dans d'autres territoires coloniaux. Par exemple, il a fallu six ans
avant que le code ne soit étendu au Sénégal en 1887, le Cambodge en 1898, et l'Annam et
le Tonkin en 1897. Cette lenteur dans la propagation du code de l'indigénat peut être
attribuée à divers facteurs, notamment des résistances locales, des défis logistiques liés à
l'administration coloniale, et des contestations métropolitaines quant à sa légitimité et à son
caractère oppressif. Ainsi, la diffusion du code de l'indigénat dans l'ensemble de l'empire
colonial français a été un processus graduel qui a pris plusieurs décennies.
4. Le journaliste du Temps explique que le code de l'indigénat avait sa raison d'être au
lendemain de la conquête car il était nécessaire pour les colons de maintenir le contrôle sur
les populations indigènes nouvellement soumises. Après la conquête, les administrateurs
coloniaux devaient établir un système de lois qui leur permettait de gouverner efficacement
les territoires conquis. Le code de l'indigénat a été utilisé pour exercer un contrôle strict sur
les indigènes, en instaurant des règles et des punitions spécifiques pour maintenir l'ordre
colonial. Ainsi, le code de l'indigénat a été considéré comme nécessaire pour établir et
consolider la domination coloniale après la conquête initiale des territoires
5. On peut dire que le pouvoir exercé à travers le code de l'indigénat est arbitraire car il
permet aux administrateurs coloniaux de prendre des décisions sans une véritable
procédure judiciaire équitable. Par exemple, les administrateurs ont le pouvoir de juger et de
punir les indigènes sans leur accorder un procès équitable devant un tribunal. De plus, le
code permet l'utilisation de sanctions telles que l'internement administratif, décidé par simple
décision du gouverneur général, sans que les indigènes aient la possibilité de contester
légalement leur détention. Ce système est en désaccord avec les valeurs de la IIIe
République, qui prônait l'égalité devant la loi et les droits de l'homme pour tous les citoyens.
En donnant un pouvoir arbitraire aux administrateurs coloniaux et en privant les indigènes de
leurs droits légaux, le code de l'indigénat va à l'encontre de ces principes républicains
fondamentaux de justice et d'égalité.
Synthèse
Le code de l'indigénat, instauré dans les sociétés coloniales françaises au XIXe
siècle, a été un instrument clé de domination coloniale. Né en Algérie en 1881, il
a progressivement été étendu à d'autres colonies, instaurant un régime pénal
distinct pour les indigènes. Ce régime accordait aux administrateurs coloniaux un
pouvoir arbitraire, leur permettant de juger et de punir les indigènes sans recours
à une procédure judiciaire équitable. Cette injustice était en désaccord avec les
valeurs républicaines de la IIIe République française, ce qui a suscité des
critiques et des appels à la réforme, notamment de la part de figures telles que
Albin Rozet. Ces contestations ont contribué à remettre en cause le caractère
oppressif du code de l'indigénat et ont finalement conduit à son abolition dans les
colonies françaises.