Intoxication par Plantes Cyanogènes
Intoxication par Plantes Cyanogènes
Chaouali Nadia
THESE
En vue de l’obtention du diplôme national
de
DOCTEUR EN PHARMACIE
PHARMACIENS HOSPITALO-UNIVERSITAIRES
PROFESSEUR EMERITE
MICROBIOLOGIE…………………………………………………………………….. Moncef JEDDI
HEMATOLOGIE……………………………………………………………………… Kamel BOUKEF
PROFESSEURS
MICROBIOLOGIE…………………………………………………………………….. Chédlia FENDRI
Noureddine BOUJAAFAR
Noura Leïla SLIM
Mohamed KHEDER
Ridha BEN AISSA
Abdelhalim TRABELSI
Ridha M’ZOUGHI
Fériel MESSAADI
Leïla BACCAR ép. BAKIR
Farouk BARGUELLIL
Afef MASMOUDI
Sophia BOUHALILA-BESBES
IMMUNOLOGIE ………………………………………………………………………. Faouzi JENHANI
Ibtissem GHEDIRA
Salma FEKI
A S S I S TA N T S
PROFESSEURS
PHARMACOLOGIE………………………………………………………………….. Abderrahman BOURAOUI
Letaïef REKIK
PROFESSEURS
BIOCHIMIE………………..……………………………………………………...……. Jemni BEN CHIBANI
Khira MAAROUFI
Maître de Conférences
PHYSIOLOGIE ………………………………………………………………………. Hassen BEN ABDENNABI
MAITRES ASSISTANTS
CHIMIE ORGANIQUE……………………………………………………………… Abdelmagid MEMMI
BOTANIQUE, PHYSIOLOGIE VEGETALE………………………………………. Zohra MARZOUK
Saïda CHAKROUN
ASSISTANT
CHIMIE ………………………………………………………………………………… Hager TRAD
_____________________________
Liste arrêtée le 24 Avril 2012
Serment de Galien
Je jure, en présence des Maîtres de la Faculté, des Conseillers
de l’Ordre des Pharmaciens et de mes Condisciples :
D’honorer ceux qui m’ont instruit dans les préceptes de mon
art et de leur témoigner ma reconnaissance en restant fidèle à
leur enseignement.
D’exercer, dans l’intérêt de la santé publique, ma profession
avec conscience et de respecter non seulement la législation en
vigueur, mais aussi les règles de l’honneur, de la probité et du
désintéressement.
De ne jamais oublier ma responsabilité et mes devoirs envers
le malade et sa dignité humaine, et de respecter le secret
professionnel.
En aucun cas, je ne consentirai à utiliser mes connaissances
et mon état pour corrompre les mœurs et favoriser des actes
criminels.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes
promesses.
Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si
j’y manque.
Dédicaces
A Mes Très Chers Parents
Tous les mots du monde ne sauraient exprimer l’immense amour que je vous
porte, ni la profonde gratitude que je vous témoigne pour tous les efforts
et les sacrifices que vous n’avez jamais cessé de consentir pour mon instruction
et mon bien-être.
C’est à travers vos encouragements que j’ai opté pour cette noble profession,
et c’est à travers vos critiques que je me suis réalisée.
J’espère avoir répondu aux espoirs que vous avez fondé en moi.
Je vous rends hommage par ce modeste travail en guise de ma reconnaissance
éternelle et de mon infini amour.
Que Dieu tout puissant vous garde et vous procure santé, bonheur
et longue vie pour que vous demeuriez le flambeau illuminant le chemin de vos
enfants.
A toute ma famille
Veuillez accepter l’expression de ma profonde gratitude pour votre soutien,
encouragement et affection.
J’espère que vous trouvez dans la dédicace de ce travail, le témoignage de mes
sincères sentiments et de mes vœux de santé et de bonheur.
A ma meilleure amie Ziadi Emna
Merci pour ton amitié, tu étais toujours là pour me soutenir, m’aider
et m’écouter. Que Dieu te procure joie et bonheur et que notre amitié dure
à jamais.
A
Notre maître et juge
Mademoiselle le professeur Agrégé
Amira Dorra
A
Notre maître et directeur de mémoire
Monsieur le professeur
Hedhili Abderrazek
Professeur Hospitalo-universitaire en Toxicologie
Faculté de Pharmacie de Monastir
Chef Service Du Laboratoire de Biologie-Toxicologie
CAMU-Tunis
Sommaire
Introduction ……..…………………..…………….…………………………….1
Partie théorique
1. Historique…….…………………………………………..…………………3
2. Définition de la cyanogenèse …………………….…………………….…..4
3. Principales plantes renfermant des glycosides cyanogénétiques…………..…5
4. Plantes cyanogènes appartenant à la flore de la Tunisie…………..………….8
4.1. Familles des Rosacées………………….…….…………..…………….8
4.1.1. Sous famille desPrunoidés …………………....……………….....…8
4.1.2. Sous famille desMaloidés…………...…………………….…….….10
4.2. Famille des Linacées................................................................................11
4.3. Famille des Poacées……….………….……………………..…………12
5. Structure chimiques des cyanoglycosides…………..………………….....…13
6. Classifications des glycosides cyanogénétiques……………………. ………14
6.1. Classification selon l’acide aminé précurseur………………..…………14
6.1.1. α-hydroxynitriles glycosides…………...………………………….14
6.1.2. β-hydroxynitrile glycosides…………………………...……………16
6.1.3. γ-hydroxynitrile glycosides ……...…………………...……………16
6.2. Classification selon le produit d’hydrolyse...…………………………..16
6.2.1. Hétéroside libérant par hydrolyse une cétone……………………..16
6.2.2. Hétéroside libérant par hydrolyse un aldéhyde…..…….…………18
7. Biosynthese des glycosides cyanogénétiques……………………….............19
8. Propriétes physicochimiques des glycosides cyanogénétiques ……………..20
9. Mécanisme de libération du cyanure……………….. ....................................22
9.1. Notion de compartimentation ou séparation compartimentale …………22
I
Sommaire
II
Sommaire
III
Sommaire
Partie pratique
Conclusion ……………………………………………………………………..73
Références bibliographiques
IV
Liste des abréviations
Introduction
L
e cyanure d'hydrogène (HCN) a été isolé pour la première fois
par Scheele (1742-1786),un chimiste suédois, en 1782.
Ce dernier illustra la très grande toxicité de cette nouvelle
substance, en décédant, quatre ans plus tard, des suites du bris accidentel d'un
flacon d'acide prussique.
Le terme "cyanure" dérive de la couleur bleue de la solution de
ferrocyanure ferrique ou "Bleu de Prusse" à partir de laquelle l'acide
cyanhydrique ou "acide prussique" fut synthétisé.
Toute substance comportant le radical –CN ou « cyanée » n’est pas susceptible
de libérer des ions cyanures. Cette libération est fonction des conditions
physicochimiques ou physiologiques du milieu.
Par ailleurs, il peut sembler étrange que des plantes synthétisent
naturellement des composés chimiques capables de libérer de l’acide
cyanhydrique, l’archétype du poison par excellence, néanmoins, plus de 60
composés différents dénommés hétérosides cyanogénétiques, sont synthétisés
naturellement par plus de trois milles espèces de plantes supérieures
et distribués parmi plus de cent dix familles différentes d’angiospermes et de
gymnospermes.
En plus des feuilles, des tiges et des tubercules, les plantes accumulent
également des glycosides cyanogénétiques dans leurs fruits et graines.
La toxicité de ces hétérosides varie en fonction de leur capacité à libérer l'ion
cyanure plus ou moins facilement, en quantité plus ou moins importante,
notamment dans les conditions physiologiques ou dans des conditions physico-
chimiques particulières, celles-ci pouvant être à l'origine d'une réelle
intoxication par l'ion cyanure.
1
Introduction
2
Partie théorique
Partie bibliographique
1. Historique :
La libération de l’acide cyanhydrique (HCN) à partir de certaines plantes
dites cyanogènes, est un processus connu depuis l’antiquité.
En effet, dans l'ancienne Egypte, les prêtres traîtres de Memphis et de
Thèbes étaient empoisonnés avec des graines de pêches riches en glycosides
cyanogènes.
La première détection de l’HCN libéré par les tissus de plante endommagée a
été faite en 1802 par le pharmacien « Bohm » à Berlin, lors de la
distillation d'amandes amères.
En 1830, Robiquet et Boutron-Chalard deux chimistes français, étaient les
premiers à découvrir la structure chimique du composé responsable de la
libération de l’ HCN dans les amandes amères. Ce composé a été isolé à partir
du Prunus amygdalus d’oỦ son appellation d’ « amygdaline ».
L’amygdaline a, par la suite ,été extraite à partir des graines de plusieurs
autres plantes de la famille des Rosacées, comme les pommes (Malus
spp.), les pêches (Prunus persica), les abricots (Prunus armeniaca),les cerises
noires (Prunus serotina) et les prunes Prunus spp… [1]
La propriété de synthèse de ces glycosides s’inscrit parmi les acquisitions
de l’évolution des espèces végétales concernées et aurait favorisé la
domestication par l’Homme grâce à une meilleure résistance aux parasites.
Ainsi, un nombre important de plantes alimentaires cultivées s’avèrent
cyanogènes. [2]
3
Partie bibliographique
2. Définition de la cyanogenèse :
La cyanogenèse est la capacité des plantes et autres organismes vivants, à
libérer de l’acide cyanhydrique (HCN). [3]
De nombreuses espèces végétales synthétisent et accumulent activement
des composés cyanogènes qui ont la capacité de libérer le cyanure d'hydrogène
(HCN) jusqu'à des seuils toxiques en réponse à la désintégration des cellules.
[4]
Cette capacité connue sous le nom de cyanogènese a été élucidée depuis
plusieurs siècles dans des plantes tels les abricots, les pêches, les amandes
amères et autres plantes alimentaires importantes. [5]
En effet, les amandes des noyaux de fruits ou certains pépins contiennent
des concentrations non négligeables de glycosides cyanogéniques : c'est le cas
des pépins de pomme, des amandons des noyaux de pêches, de prunes, de
cerises et des amandes.
Ces substances protègeraient la plante des phytophages consommateurs
potentiels. Plusieurs cas d'intoxications sont décrits dans la littérature. [6]
La cyanogenèse est actuellement décrites chez plus de 3000 espèces de
plantes supérieures, réparties dans 110 familles différentes de fougères et de
gymnospermes, mono et dicotylédones. En revanche, la cyanogenèse n'est pas
exclusive à ces espèces végétales qui accumulent les cyanolipides et les
glycosides cyanogénétiques, en effet, toutes les plantes forment de faibles taux
d’ HCN comme un coproduit de la voie de biosynthèse de l’éthylène.
Cela pourrait expliquer que, même les plantes acyanogéniques,
contiennent des taux significatifs en β -cyanoalanine synthase, [3] enzyme
mitochondriale impliquée dans la détoxification du cyanure dans la plante. [7]
Toutefois, 300 espèces végétales uniquement ont été retenues comme étant
source d’ HCN. [3]
4
Partie bibliographique
3. Principales plantes renfermant des glycosides cyanogéniques :
Les glycosides cyanogènes sont distribués au sein de plus de 2500 plantes
appartenant à des familles différentes telles que la famille des Rosacées, des
Euphorbiacées, des Linacées, des Fabacées … [8]
Le tableau suivant illustre une liste non exhaustive des principales familles
de plantes cyanogènes appartenant à la flore mondiale.
Tableau I: Liste indicative des principales plantes renfermant des
glycosides cyanogénétiques. (D’après [9,10]).
5
Partie bibliographique
Rosacées Malus
Malus Pommier Crab apple Pépins
sylvestris sauvage
6
Partie bibliographique
7
Partie bibliographique
4. Plantes cyanogènes appartenant à la flore de la Tunisie :
Les hétérosides cyanogènes sont rencontrés dans divers végétaux de la
flore de la Tunisie, mais le groupe principal constituant un ensemble
botaniquement homogène, correspond à la famille des Rosacées, plus
précisément aux sous familles des prunoidées et pomoidées.
4.1. Famille des Rosacées :
4.1.1. Sous famille des prunoidés :
Cette sous famille ne renferme qu’un seul genre Prunus, qui est un
ensemble remarquablement homogène défini par son unique carpelle biovulé à
l’origine d’un fruit charnu à noyau (drupe) tout à fait caractéristique des
différentes espèces. [11]
Parmi les espèces concernées, les arbres fruitiers à graines amères :
4.1.1.1. Amandier amère :
La variété amara diffère essentiellement de la variété dulcis par la présence
de 2 à 3% d’un hétéroside cyanogènique (amygdaloside ou amygdaline) auquel
les amandes doivent leur amertume [1].
Nom commun : amandier amère
Nom scientifique : Prunus amygdalus var. amara.
Famille : Rosacée
Genre : Prunus
Description botanique:
Arbre de hauteur de 6 à 12m, à feuilles entières, lancéolées et dentées.
Fleures blanches ou rosées, solitaires ou par2.S’épanouissent en février, mars.
Fruit : drupe oblongue, épicarpe vert claire velouté.
Moins cultivés que l’amandier doux, plutôt cultivé comme porte greffe.
Grain plus petit que celui de la variété dulcis, de saveur très amère. [12]
Répartition géographique :
L’amandier amère est cultivés principalement à Sfax et Makther. [13]
8
Partie bibliographique
Parties toxiques :
Les amandes amères (cotylédons de la graine).
Principe toxique :
L’amygdaline [14].
Six à dix amandes amères pourraient occasionner une intoxication grave. [15]
4.1.1.2. Pêcher :
Nom commun : le pêcher
Nom scientifique : Prunus persica
Famille : Rosacée
Genre : Prunus
Description botanique :
Arbre à rameaux élancés ; feuilles elliptiques ; lancéolées ; dentées en
scie ; noyau ovoïde creusé d’anfractuosités profondes.
Au début du printemps, les fleurs roses, solitaires, à 5 pétales, apparaissent
avant les feuilles. La drupe contient une seule graine dure. [16]
Répartition géographique:
Le pécher est une espèce indigène de la chine, qui est maintenant cultivé
dans les climats tempérés.
Le pêcher occupe en Tunisie 16.5 mille hectares, ainsi répartis [17] :
*54% au nord
*39% au centre
*7% au sud.
Partie toxique :
Amendon du fruit.
Principe toxique :
L’amygdaline, qui représente un taux de 40à 60mg pour100g de grains
secs. Ce qui correspond à 250-300mg d’HCN. [11]
9
Partie bibliographique
4.1.1.3. Abricotier :
Nom commun : l’abricotier
Nom scientifique : Prunus armeniaca
Famille : Rosacée
Genre : Prunus
Description botanique :
Arbuste non épineux à feuilles ovales, acuminées, dentées, et glabres
à calice rouge violacée. Le noyau est lisse, à 2carènes [13].
Répartition géographique :
L’abricotier est cultivé abondamment dans toute la Tunisie. Il occupe 8.5
mille hectares, ainsi répartis [17]:
*17% au nord,
*74% au centre,
*9% au sud.
Principes toxiques :
L’amygdaline, à une teneur de 0.05-4mg/g de grains secs. [18+14]
10
Partie bibliographique
Description botanique:
Arbre ou arbuste non épineux à jeunes rameaux glabres ; feuille glabre ou
légèrement pubescent en dessous. Les fleurs naissent avant les feuilles. [19]
Répartition géographique :
Le pommier est un arbre originaire des montagnes d’Asie centrale,
maintenant largement cultivé à travers le monde. En Tunisie, Il occupe 25.8
mille hectares ainsi répartis [17] :
*46% au nord,
*41% au centre,
*13% au sud.
Principe toxique :
L’amygdaline ; qui libère prés de 600mg d’HCN par kg de matière sèche. [18]
11
Partie bibliographique
Etats-Unis. On le récolte quand ses graines sont mûres, à la fin de l'été ou au
début de l'automne. [21]
Principes toxiques :
Des glycosides cyanogénétiques de type linamaroside et lotaustraloside [22],
qui libèrent une quantité totale d’ HCN entre 50-860mg/kg de grains secs [23].
12
Partie bibliographique
5. Structure chimique des glycosides cyanogénétiques :
Les glycosides cyanogénétiques sont des métabolites secondaires de la
plante, ils dérivent de cinq acides aminés hydrophobes ; L-valine (val),
L-isoleucine (ile), L-leucine (leu), L-phénylalanine (phe), L-tyrosine (tyr), les
composés Cyclopentenoides proviennent vraisemblablement d’un acide aminé
non protéique l’acide L-2-(20-cyclopentenyl) glycine (cpg). [3]
Leur structure chimique de base, comme le montre la figure suivante, est
composée ; d’une partie osidique branchée sur le carbone central par une liaison
éther, d’une partie non osidique : aglycone, et d’un groupement cyanure –C≡N.
13
Partie bibliographique
6. Classification des glycosides cyanogénétiques :
Environ 75% des glycosides cyanogénétiques étudiés sont des dérivés
α-hydroxynitrile glycosides.
A cotés des α -hydroxynitrile glycosides, il existe des composés de structures β-
et γ -hydroxynitrile glycosides qui sont structuralement liés aux α-hydroxynitrile
glycosides mais ces derniers ne libèrent pas l’acide cyanhydrique après
hydrolyse enzymatique.
En fonction de leurs acides aminés précurseurs, les cyanoglycosides
peuvent être classés en cyanoglycosides aliphatiques, aromatiques ou de nature
cyclopentoide. [3]
Deux types de classifications sont proposés par les auteurs, selon l’acide
aminé précurseur, ou en fonction du produit d’hydrolyse.
6.1. Classification selon l’acide aminé précurseur :
Il s’agit de la classification la plus utilisée.
6.1.1. α-hydroxynitriles glycosides :
Nous illustrons ci-dessous les cyanoglycosides, associés de leurs structures
chimiques correspondantes.
6.1.1.1. Glycosides cyanogénétiques dérivés de phénylalanine :
Ex : Prunasine, Sambunigrine, Amygdaline, Vicianine, Lucumine... [5]
14
Partie bibliographique
6.1.1.2. Glycosides cyanogénétiques dérivés de tyrosine :
Ex : Taxiphylline, Dhurrine, p-glucosyloxymandélonitrile, Proteacine. [5]
15
Partie bibliographique
6.1.2. β-hydroxynitrile glycosides :
6.1.2.1. β- hydroxynitrile glucoside dérivés de la valine, leucine et
isoleucine :
Ex : Rhodiocyanoside D, RhodiocyanosideE, Ribesuvanine, Epidermine
[24]
16
Partie bibliographique
Selon les auteurs, les β-et γ- hydroxynitrile glycosides pourraient servir
comme composés de stockage de l’azote, qui ne libèrent pas de l’acide
cyanhydrique toxique pendant la ré-assimilation de l’azote par la plante.
Ils permettraient également de réduire la valeur nutritive des plantes pour
les parasites qui ont développé leurs capacités d’exploiter l’HCN dans leurs
métabolismes. [25]
17
Partie bibliographique
6.2.2. Hétéroside libérant par hydrolyse un benzaldéhyde:
6.2.2.1. Ose : Glucose :
Dhurrine :
C’est le p-hydroxy-(S)-β-mandélonitrile-D-glucoside, cyanoglucoside
rencontré principalement dans le sorgho, en tant que substrat de son système
défensif secondaire, capable de libérer du cyanure d'hydrogène suite à des
lésions tissulaires. [23].Sa structure comprend un oligoside : β-D-glucoside
et l’isomère D du mandélonitrile formé d’un benzaldéhyde lié à un cyanure
comme le montre la figure ci-dessous :[26]
Prunasine :
La prunasine est un cyanoglucoside mono saccharidique, qui constitue le
métabolite principal de l’amygdaline. [27]
La figure 4 illustre la structure chimique de la prunasine qui est constituée
D’un β-D glucose lié à un benzaldéhyde et au cyanure.
18
Partie bibliographique
6.2.2.2. Ose : Gentibiose :
Amygdaline :
L’amygdaline (du mot grec amygdale : amande) ou amygdaloside est
le premier composé à être isolé parmi cette nouvelle classe de produits
naturels ; les glycosides cyanogénétiques. [11]
Communément appelé laetrile [28], l’amygdaline est un di glucoside
cyanogènique ; sa structure, illustrée par la figure 5, comprend un oligoside :
gentibiose (β-D-glucosido-1,6-β-D-glucoside) et l’isomère D du mandélonitrile
formé d’un benzaldéhyde lié à un cyanure. [29]
19
Partie bibliographique
20
Partie bibliographique
Tableau II : Récapitulation des propriétés physicochimiques des principaux
cyanoglycosides. (D’après [30,14]).
Composés Formule Points Coefficient Solubilité
+ de de rotation
Masse moléculaire fusion optique
g/mol °C
Acacipetalin 176-177 [α]26D - 36.6°
21
Partie bibliographique
9. Mécanisme de libération du cyanure à partir des plantes cyanogènes :
Les glycosides cyanogénétiques restent peu dangereux en absence
d'hydrolyse. Cependant, l’hydrolyse peut survenir in situ, dans la graine, sous
l'action d'enzymes endogènes ou sous l’action des enzymes libérés par le tube
digestif des mammifères suite à la mastication. [31]
La libération de l’HCN à partir des glycosides cyanogènes nécessite deux
étapes: Tout d'abord, le clivage du cyanoglycoside en glucide et cyanhydrine.
Puis la décomposition de la cyanhydrine en HCN et le composé carbonylé
correspondant. Le clivage du glycoside a besoin de l’action enzymatique d’une
β –glucosidase, tandis que la décomposition de la cyanhydrine peut se produire
spontanément ou par voie enzymatique par le biais d’une hydroxynitrile-lyase
(HNL). [32]
9.1. Notion de compartimentation ou séparation compartimentale :
Vu que l’HCN est généralement toxique pour tous les eucaryotes, y
compris pour la plante elle-même, il est essentiel que ce toxique soit présent
sous forme de précurseur inactif (glucoside cyanogénétique), pour prévenir
l’auto toxicité des végétaux cyanogènes. [4]
En effet, il est généralement admis, que la plante intacte ne libère pas
d’HCN, l’hydrolyse du glycoside cyanogène ne se produit à un taux significatif,
qu’après la lyse et la rupture des tissus, par les herbivores, les
attaques fongiques, ou par des moyens mécaniques.
Bien que d'autres explications soient possibles, il est admis que
les glycosides et leurs enzymes cataboliques sont localisés dans des
compartiments séparés au niveau de la plante intacte. [33]
La dhurrine, le principal glycoside cyanogène du Sorghum spp, est
séquestrée au niveau des vacuoles des cellules épidermiques de la plante, tandis
que la β -glycosidase et hydroxynitrilase sont présentes presque entièrement
dans les cellules du chloroplaste et dans le cytosol, respectivement.
22
Partie bibliographique
Il semble donc probable que l'hydrolyse à grande échelle de la dhurrine, se
produit seulement après la lyse des tissus et donc après le contact direct entre
les enzymes et leurs substrats. [ 33]
Une étude basée sur des techniques immunocytologiques ,effectuée sur
le S.bicolor et le L.usitatisimum a confirmé cette hypothèse de
compartimentation , ces techniques ,utilisant des anticorps monoclonaux
spécifiques ,ont détecté un niveau d’accumulation important de l’hydroxynitrile
lyase dans le cytoplasme des cellules des deux espèces et plus exactement au
niveau des cotylédons des graines , et un niveau d’accumulation très bas au
niveau des autres organites notamment au niveau de la vacuole et les parois
cellulaires oỦ le substrat correspondant été séquestré.
23
Partie bibliographique
9. 2. Hydrolyse des monosaccharides cyanogènes :
Le catabolisme des glycosides cyanogénétiques mono saccharidique est
initié par le clivage du groupement glucidique par une β-glucosidase,
et libération du D-mandélonitrile (α-hydroxynitrile) qui s’hydrolyse à son tour
en acide cyanhydrique (HCN) et en un benzaldéhyde ou une cétone, comme le
montre la figure suivante: [11,34]
24
Partie bibliographique
25
Partie bibliographique
deux résidus de β-glucose et le benzaldéhyde ; responsable de l’amertume de
l’amande de variété « amara », en plus de l’ HCN. [ 39]
La réaction est lente en milieu acide, mais rapide en milieu alcalin. [1]
AH
s
- Glucose
e
Amygdaline prunasine
-Glucose PH
MDL
Mandelonitrile
Figure 9: Schéma de l’hydrolyse séquentielle de l’amygdaline.
(D’après [1])
AH : Amygdaline hydrolase
PH : Prunasine hydrolase.
MDL : Mandélonitile lyase.
27
Partie bibliographique
9.4. Différents types d’enzymes hydrolytiques :
9.4.1. β-glucosidases :
Les β –glucosidases sont des enzymes responsables de la dégradation du
glucoside cyanogène, en hydroxynitrile plus un ou deux oses.
La plupart des enzymes existantes au niveau des plantes cyanogènes se
sont avérées être des mélanges d’enzymes ayant des activités différentes
et aucune n'est absolument spécifique.
Par exemple, la linamarase isolée à partir du lin (L.usitatissimum) est
capable d’ hydrolyser la plupart des composés ayant un noyau aromatique.
Tandis que l’enzyme isolée à partir du sorgho, hydrolyse aussi bien la
dhurrine, la taxiphylline et la prunasine.
Certains des composés tels que l’acacipetaline et cardiospermine sont
hydrolysés à la fois par l’émulsine d’amande et la linamarase. [5]
Deux bêta-glucosidases, linustatinase et linamarase, ont été isolés et purifiés à
partir des graines de L. ussitatissimum. Elles catalysent l'hydrolyse séquentielle
de linustatine et néolinustatine pour donner la cyanhydrine cétonique
et la méthyléthylcétone, respectivement. [22]
Le tableau III récapitule les principales β-glucosidases responsables de la
dégradation enzymatique des cyanoglycosides.
Certaines bactéries intestinales humaines possèdent également une activité
β-glucosidase de telle sorte que l’ingestion d’amygdaline même en l’absence de
son émulsine, peut causer l’intoxication par le cyanure. [5]
28
Partie bibliographique
Tableau III: Les principales β-glucosidases responsables de la dégradation
enzymatique des cyanoglycosides. [5]
Composés Enzyme
Acacipetaline Linamarase
29
Partie bibliographique
9.4.2. α-hydroxynitrile lyases :
Les α-hydroxynitrile-lyases sont des enzymes qui, comme déjà mentionné,
catalysent la dissociation de l’α-hydroxynitrile en HCN et un aldéhyde ou une
cétone.
Ces enzymes se répartissent en deux grands groupes: les HNL I et II,
classification basée sur la présence ou l'absence de la flavine adénine
dinucléotide (FAD), un cofacteur qui fournit une stabilité structurelle à la
structure de l’enzyme. Les HNL I pourvues de FAD, sont isolés à partir de
plantes appartenant à la sous famille des prunoidées et maloidées de la famille
des Rosacées, les HNL II, dépourvues de FAD, se trouvent dans le Sorgho
(S.bicolor), le lin (L.usitatissimum) et le manioc (Manihot esculenta). [29]
Les deux groupes d’enzymes différents par leurs propriétés physico-chimiques,
la spécificité de substrat, la masse, le pH isoélectrique ainsi que par la séquence
d'acides aminés [41] .
30
Partie bibliographique
La liaison de l'amygdaline aux protéines plasmatiques est minime. [16]
10.1.1.2. Exemple de la Linamarine :
La consommation fréquente des aliments dérivés du manioc, riche en
Linamarine (principal cyanoglucoside du manioc Manihot spp), augmente
sensiblement les concentrations plasmatiques de thiocyanate qui est
le métabolite majeur du cyanure, malgré les faibles concentrations de
cyanure dans ces aliments.
Des données de pharmacocinétique montrent qu'environ la moitié de la
Linamarine est convertie en cyanure et ensuite en thiocyanate suite à
l’ingestion d’aliments riches en ce cyanoglucoside.
L'augmentation de la concentration plasmatique de cyanure suite à l’ingestion
d'un seul repas à partir de racine de manioc bien traité est faible avec retour
des concentrations plasmatiques de cyanure aux valeurs moyennes basales au
bout de 7 ± 2h. [44]
Dans une étude récente, des volontaires ont ingéré un repas de Gari (farine
du manioc) contenant de la cyanhydrine à une quantité équivalente à 128
µmoles de cyanure. L'analyse du plasma de ces volontaires a démontré de
faibles quantités de cyanure, ce qui suggère que le cyanure peut s'accumuler
dans le plasma après l'ingestion du manioc. [44]
10.1.2. Adsorption de l’acide cyanhydrique :
Une fois le cyanoglucoside absorbé par le tube digestif, il ya une libération
spontanée ou enzymatique de l’HCN dans l’organisme.
L’apparition de pics de concentration de cyanure sanguin après administration
par voie orale de glycosides cyanogénétiques dépend du taux des enzymes
hydrolytiques. [16]
Par ailleurs, il est admis que l’ion cyanure se distribue dans tous les
organes et tissus à partir du compartiment sanguin.
31
Partie bibliographique
En effet, la molécule d’HCN dispose d’un faible poids moléculaire
(27 Da), et d’une neutralité électrique, favorables au franchissement des
barrières de l’organisme et permettant d’avoir une distribution proche de celle
de l’eau libre. [45]
Yacoub se propose d’expliquer ce phénomène par la richesse respective des
différents tissus en pigments porphyriques pour lesquels l’ion cyanure a une
forte affinité et par la vascularisation des différents tissus.
L’affinité des cyanures s’établirait de façon décroissante entre les molécules
Suivantes : hydroxocobalamine, methémoglobine, cytochrome-oxydase
et pigments respiratoires mitochondriaux et l’hémoglobine.
La demi-vie d’élimination sanguine du cyanure a été évaluée dans certaines
études à 60 minutes alors que d’autres auteurs considèrent que l’ion cyanure
n’est plus détectable dans le sang total circulant après un court intervalle de
seulement 20 minutes suivant l’exposition.
Le volume de distribution de l’ion cyanure est estimé à environ 1,5 L/kg
pour un sujet n’ayant pas bénéficié de traitement antidotique. [45]
32
Partie bibliographique
Cette enzyme est largement distribuée dans les tissus, surtout dans le foie
et les reins .Ainsi la toxicité aigue se produit uniquement lorsque la quantité de
cyanure dépasse largement la concentration minimale nécessaire pour inhiber le
cytochrome oxydase. [48]
Certains auteurs considèrent que la Rhodanèse de Lang est responsable à
elle seule de 80 % de la détoxification du pool d’ions cyanures absorbés. Avec
des estimations du taux de détoxification chez les humains varient de 0,5 μg/kg
à 170 μg/kg par minute. [46]
10.2.1.2. β-mercaptopyruvate-sulfure-transférase :
La β-mercaptopyruvate-sulfure-transférase (E.C.2.8.1.2.) fut mise en
évidence par SÖRBO en 1962 ; qui montra la catalyse indirecte du transfert
d’un atome de soufre de la cystéine sur un ion cyanure pour former du
thiocyanate et un acétate. [49]
La β-mercaptopyruvate-sulfure-transférase est majoritairement présente
dans le foie et dans les reins, disposant d’une distribution proche de celle de la
Rhodanèse de Lang.
Egalement présente dans les hématies, la β-mercaptopyruvate-sulfure transférase
dispose d’une distribution intracellulaire relativement ubiquitaire. [50]
33
Partie bibliographique
Les capacités de détoxification de l’organisme sont multiples, néanmoins,
en cas d’exposition aiguë, ces voies endogènes se trouvent rapidement
dépassées. [96]
Le schéma suivant illustre les principales voies physiologiques de détoxification
de l’ion cyanure :
34
Partie bibliographique
Des voies de détoxifications secondaires, incluent la fixation de l’ion
cyanure sur l’hydroxycobalamine endogène (vitamine B12) et son élimination
urinaire sous forme de cyanocobalamine. [52]
10.3. Phase d’élimination :
10.3.1. Elimination de l’amygdaline :
Les études animales indiquent que l'élimination de l'amygdaline est
rapide et que la majorité de la dose absorbée (62-96%) est excrétée dans l'urine
sous forme inchangée au cours des 24 premières heures après l’ingestion.
[53,54]
L'excrétion hépatique de l'amygdaline est relativement faible par rapport
à l’excrétion rénale. [42]
Après administration intraveineuse de 500mg d’amygdaline à des patients
atteints de cancer, le temps de demi-vie d’élimination était d'environ 2
heures, avec une clairance plasmatique moyenne d’environ 100 ml/min. [55]
10.3.2. Elimination de l’ion cyanure :
Une partie du cyanure absorbé est éliminée dans les urines, les fèces, la
sueur et l’air expiré sous forme inchangée.
La majore partie est éliminée sous forme de thiocyanates au niveau urinaire.
Une partie des carbones de l’ion cyanure est éliminée par voie alvéolaire.[56 ]
11. Toxicodynamie des cyanoglycosides :
Chaque année, les plantes à potentiel cyanogène, appartenant à la famille
des Rosacées, des Euphorbiacées (Manioc spp), et des Poacées (Sorgho spp),
se trouvent à l’origine d’intoxications humaines accidentelles. [57]
11.1. Toxicité due à l’ion cyanure :
Le cyanure est un poison à multiple facette, qui peut avoir plusieurs
mécanismes toxiques, dont certains n'ont pas été établis avec certitude.
L'action la mieux établie et probablement la plus importante, est l’inhibition de
l'utilisation de l'oxygène par la cellule, entraînant une asphyxie cellulaire. [58]
35
Partie bibliographique
En effet, l’intoxication est causée par l'incapacité des cellules à utiliser
l'oxygène plutôt que par un défaut d’apport ou d’approvisionnement en celui-ci.
[52]. L’effet toxique du cyanure sur l’être humain dépend de la taille, de
l’état de santé, de la dose ingérée ainsi que de la durée d’exposition.
La dose létale aigue d’ HCN pour les humains est estimée entre
0.5 - 3.5mg/kg de poids corporel. [59]
11.1.1. Inhibition du cytochrome oxydase :
L’action de l’ion cyanure sur le cytochrome c oxydase a été démontrée par
WARBURG en 1927[60] et reste le mécanisme toxicodynamique le plus
souvent cité et le mieux documenté. [45,61]
Le cyanure qui a une structure chimique similaire à celle de l’oxygène,
empêche les cellules d’utiliser ce dernier en inhibant la fonction d’oxydation du
cytochrome oxydase, une enzyme de la chaîne respiratoire mitochondriale,
impliquée dans le transport d’électrons et la production aérobie de l’énergie.
[52]
36
Partie bibliographique
L’inhibition de l’oxydation du cytochrome c par l’ion cyanure bloque
l’oxydation des autres complexes enzymatiques situés en amont dans la chaîne
respiratoire. C’est donc tout le fonctionnement de la chaîne respiratoire qui se
retrouve ainsi inhibé, annulant par conséquent tout gradient protonique et toute
synthèse d’ATP par phosphorylation oxydative. Le cycle de Krebs se trouve
alors bloqué et la respiration cellulaire arrêtée. [63]
Par aileurs, il semblerait que l’ion cyanure ait une grande affinité pour les ions
fer et cuivre au sein du site actif du cytochrome oxydase aa3. [45]
CN-
Figure 14 : Blocage du transfère des électrons dans la chaine respiratoire
par CN-. [45]
L’atome de carbone de l’ion cyanure se lie à l’atome de fer tandis que
l’atome d’azote se lie à l’atome de cuivre comme le montre la figure ci-
dessous : [64].
37
Partie bibliographique
Une autre conséquence de ce processus toxique est à noter, c’est
l’augmentation du taux de glycolyse anaérobie de façon marquée au niveau
cellulaire, d’oỦ l’accumulation du pyruvate et sa réduction en lactate, qui aboutit
à son tour à une acidose métabolique. Ainsi, l’ion cyanure diminue de manière
significative l’ATP au niveau des cellules et augmente la concentration en
lactate.[46, 65]
11.1.2. Formation de cyanohémoglobine :
L’hémoglobine est une hétéroprotéine à groupement prosthétique
héminique à base de fer ferreux (Fe2+), ce pigment respiratoire est situé dans les
hématies et il est impliqué dans le transport du dioxygène aux tissus et dans le
retour du dioxyde de carbone vers l’alvéole pulmonaire.
Dans les conditions physiologiques, le dioxygène se fixe sur le fer bivalent,
sans changement de valence de ce dernier. [66]
La fixation du cyanure à l’hémoglobine donne la cyanohémoglobine [56]:
l’ion cyanure entre en compétition avec le dioxygène en se liant sur le même site
que ce dernier et empêche ainsi sa fixation. L’altération du transport du
dioxygène a pour conséquence une hypoxémie tissulaire. [45]
11.2. Toxicité dues aux autres composés libérés :
Le benzaldéhyde libéré en parallèle avec l’acide cyanhydrique par certains
types de cyanoglycosides (ex : amygdaline), peut s’avéré narcotique à forte
concentration. [30]
38
Partie bibliographique
12. Aspects toxicologiques des cyanoglycosides:
12.1 Toxicité aigue:
Le tableau clinique associé à l’ingestion de glycosides cyanogénétiques,
imite pratiquement celui d’un empoisonnement classique par l’ion cyanure, il
associe atteintes neurologiques, respiratoires et cardiovasculaires à des degrés
divers selon la dose absorbée. [56]
Au début de la symptomatologie, on observe des vomissements, des
douleurs abdominales, une faiblesse, une dyspnée, une hypersudation et une
sensation de tête légère.
Pour des doses plus importantes, on observe l’installation de convulsions,
de stupeur, de désorientation, d’hypotension, de coma et d’un collapsus
cardiovasculaire associé à une acidose métabolique. [67]
Les symptômes apparaissent généralement une demi-heure après la
consommation et s’aggravent rapidement. [63]
L'intoxication au cyanure produit inévitablement une acidose
métabolique qui résulte d’une concentration élevée de lactate sérique produit
par le métabolisme anaérobie.
L’absence d'une acidose métabolique chez un patient symptomatique
suggère un autre diagnostic que l'empoisonnement au cyanure. [68]
Seuls quelques cas d’intoxications aigues par les glycosides cyanogènes ont
été élucidés par les auteurs.
Le premier cas d’empoisonnement au cyanure a été rapporté aux Etats-Unis
depuis 1979, chez une femme de 41ans ayant ingéré environ 30 noyaux
d'abricot achetés dans un magasin d’aliments naturels, la victime avait présenté
au bout de 20 minutes, une faiblesse généralisée, une dyspnée et une dysphagie,
traités efficacement par du nitrile de sodium et du thiosulfate de sodium par voie
injectable. [69]
Par ailleurs, l’ingestion de 20 ou 40 noyaux d'abricot par une jeune femme
aurait entrainé une intoxication aigue au cyanure, qui s’est manifesté par une
39
Partie bibliographique
désorientation et une confusion. Cet incident fut efficacement résolu par
l'administration de nitrile de sodium et thiosulfate de sodium comme antidote.
[70]
Des vomissements, des maux de tête, des bouffés de chaleur, et une
sensation de tête légère, sont apparus chez un homme et une femme, une heure
après avoir consommé un « milkshake » aromatisé par 48 noyaux d'abricots
pulvérisés, les symptômes se sont résolus rapidement sans séquelles. [71]
Dans la littérature, il est décrit aussi, que treize patients ont été admis à
l'unité des soins intensifs pédiatriques (USIP) en Turquie, entre 2005 et 2009
avec un tableau d'intoxication aigue au cyanure suite à l'ingestion de graines
d'abricots.Le temps moyen d'apparition des symptômes était de 60 minutes.
Lors de leurs admissions, tous les patients ont subi un lavage gastrique et ont
reçu du charbon activé. Le tableau clinique été très polymorphe en fonction de la
dose ingérée (hypotension, convulsions, coma…).
L'acidose métabolique due aux lactates a été détectée chez la majorité des
patients qui ont été traités efficacement avec du bicarbonate de
sodium. L'hyperglycémie est survenue chez neuf patients. Six patients ont reçu
un traitement antidote: hydroxycobalamine à forte dose. Tous les patients se sont
rétablis et ont quitté l'USIP au bout de 2à 6 jours.
Donc l'intoxication au cyanure associée à l'ingestion d’amendons d'abricot peut
être grave, surtout chez les enfants, en effet, beaucoup ont nécessité des soins
intensifs. [72]
Un cas d’intoxication mortelle au cyanure suite à l’ingestion d’amandes
amères a été rapporté dans la littérature, les résultats de l’examen en post
mortem de la victime fournissent des preuves convaincantes que les amandes
amères peuvent être en effet une source d’une dose létale de cyanure.
La victime, un homme de 40 ans qui a été retrouvé mort prés de son lit, la
bouche pleine d’écume rougatre. L’analyse du sang et de l’urine a montré
l’absence d’alcool, par contre l’analyse du contenu gastrique a montré la
40
Partie bibliographique
présence d’environ 150ml d’un produit blanc semi liquide sentant fortement
l’odeur des amandes amères. L’analyse des tissus corporels et des fluides a
confirmé la présence de cyanure avec une concentration plasmatique de
312µg/100ml (calculé en tant qu’anion).
Des quantités mesurables ont également été détectées dans le liquide
gastrique (4380µg/100ml), les reins (69.3µg/100g), le foie (7.4µg/100g), le
cerveau (24.7µg/100g), les muscles (122.9µg/100g) et l’urine (11µg/100ml).
Ces résultats, ainsi que la présence de coques d’amandes amères dans
l’estomac et la présence de benzaldéhyde et de l’acide benzoïque laissent peu de
doute quant à la cause de la mort et la source du cyanure. [73]
Un autre cas bien documenté a été publié en 1982 en Californie, il s’agit
d’un homme de 67ans, qui a du être placé sous soins intensifs (oxygène,
ventilation assisté, nitrile et thiosulfate de sodium) à la suite d’ingestion de 12
amandes amères. [74]
D’après les auteurs, la consommation de 50 amandes amères est mortelle
pour un adulte, tans disque 5à10 sont suffisamment toxiques pour les jeunes
enfants. [75]
12.2 Toxicité chronique :
Un grand nombre de personnes sont exposés quotidiennement à de faibles
concentrations de composés cyanogènes dans les aliments qu’ils consomment.
Bien que le corps soit capable de détoxifier efficacement et rapidement de
grandes quantités d’HCN, ceci ne peut empêcher l’apparition de manifestations
pathologiques en rapport avec la consommation chronique d’aliments riches en
cyanure. [5].
L’exposition à long terme au cyanure et / ou à son principal métabolite, le
thiocyanate, est associée à l’installation de certaines anomalies comme le goitre,
le diabète pancréatique et plusieurs troubles neurologiques. [48]
41
Partie bibliographique
L’intoxication chronique par les glycosides cyanogéniques a été largement
décrite, principalement celle en rapport avec la consommation chronique de
manioc. [2]
Le manioc, (Manihot esculenta Crantz), est une plante originaire
d'Amérique du Sud, plus particulièrement du sud-ouest du bassin amazonien.
Il est aujourd'hui largement cultivé et récolté comme plante annuelle dans les
régions tropicales et subtropicales, et c’est de loin la culture vivrière et la source
d'énergie alimentaire la plus importante pour les habitants de ces régions.[76, 2]
42
Partie bibliographique
Le Konzo et l’ataxie neuropathique tropicale (TAN), sont deux pathologies
secondaires à l’exposition chronique au cyanure, elles affectent principalement
les personnes qui consomment des aliments à bases de manioc et dérivés. [35]
La faible teneur en protéine dans les racines de manioc et la carence en acides
aminés soufrés favorisent l’installation de ces pathologies chez les
consommateurs réguliers. [79]
12.2.1. Konzo :
Le Konzo (syndrome des jambes fatiguées) est une entité neurologique
distincte, caractérisée par une dégénérescence progressive et sélective des
neurones moteurs supérieurs [80], il en résulte, l’apparition brutale d’une tétra
parésie irréversible. [37]
Cette entité se manifeste surtout chez les enfants et chez les femmes en âge
de procréation ayant un régime alimentaire hypo protéique, dans l'Est de Afrique
et l’Afrique centrale. [81]
Ce trouble neurologique moteur, spastique et permanant, touche les zones
rurales du Mozambique, Tanzanie, république Centrafrique, le Cameroun
et le Congo…
Environ la moitié des patients atteints de Konzo souffrent également de
neuropathie optique caractérisée par la baisse de l’acuité visuelle et l’altération
du champ visuel, un petit nombre de patient présente un nystagmus pendulaire
constitué de mouvements oculaires involontaires et latéraux avec une vitesse
égale dans les deux directions.
Malgré sa gravité, le Konzo reste une maladie négligée. Les études
confirment que la maladie est associée à une forte consommation alimentaire de
cyanogène à partir de racines de manioc amer insuffisamment traitées combiné
avec un régime déficient en protéines. Les épidémies se produisent lorsque ces
conditions coïncident en période de pénurie alimentaire grave. Jusqu'en 1993,
les flambées dans les zones rurales pauvres en Afrique ont contribué à plus de
3.700 cas de konzo. Le nombre de personnes touchées est sous-estimé.
43
Partie bibliographique
D'après les rapports non officiels, le nombre de cas a été estimé à au moins
100.000 en 2000, en contraste avec les 6,788 cas signalés jusqu'en 2009 à partir
des documents publiés. [37,82]
12.2.2. Ataxie polyneuropathique tropicale (TAN) :
L’ataxie polyneuropathique tropicale (TAN) est une maladie aussi bien
sporadique qu’endémique, provoque une ataxie, une poly neuropathie sensitive,
une atrophie optique et une surdité neurosensorielle, ainsi qu’une instabilité à la
marche, des paresthésies dans les mains et de la faiblesse chez les
personnes âgées, principalement au Nigeria, qui ont consommé du gari et
d'autres produits dérivés du manioc depuis de nombreuses années.[63,81]
Cette maladie est rare chez les patients de moins de 40 ans, les femmes
étant touchées beaucoup plus souvent que les hommes. La forme endémique se
produit principalement dans les collectivités du sud –ouest du Nigeria.
Des études épidémiologiques réalisées dans les années1950 et 1960
associent l’apparition de cette maladie à une forte consommation de manioc.
Des études récentes confirment qu’une consommation relativement élevée de
manioc par la communauté nigérienne est corrélée avec les nouveaux cas de
l’ataxie poly neuropathique endémique. [81]
12.2.3. Risque goitrigène :
De nombreux cas de mal fonctionnement thyroïdien ont été constatés chez
les populations qui consomment beaucoup de produits à base de manioc [150].
En effet, les effets goitrigènes produits par l'exposition prolongée au
manioc par l'homme et les animaux sont bien définis et il est largement connu
que le manioc contient un agent goitrigène potentiel qui peut aggraver les
troubles de carence en iode, tel que le goitre et le crétinisme .Cet agent est le
thiocyanate, le principal métabolite de l’ion cyanure, qui a un poids moléculaire
proche à celui de l’iode et avec lequel il entre en compétition lors de la captation
de l’iode par la glande thyroïde. Son effet imite tout à fait la carence en
44
Partie bibliographique
iode. L'effet goitrigène du manioc peut cependant être corrigé par un apport
croissant de l'iode. [75]
Malgré l'absence d’hyperplasie, d'hypertrophie des follicules thyroïdiens
et d’élévation des hormones thyroïdiennes, certaines études ont révélé une
augmentation du nombre de vacuoles de réabsorption et une plus grande activité
de la captation de la colloïde par les cellules folliculaires de la glande thyroïde.
Par conséquent, ces vacuoles pourraient représenter la première étape dans le
développement du goitre. [45]
13. Traitement d’une intoxication aigue aux cyanoglycosides:
L’intoxication par le HCN issue des plantes cyanogénénes nécessite un
traitement similaire à celui de l'empoisonnement au cyanure.
13.1. Traitement symptomatique :
En cas d’ingestion importante et récente de cyanoglycosides, une
évacuation gastrique doit être préconisée.
Les mesures de décontamination ne sont pas habituellement nécessaires en
raison de la faible capacité d’adsorption du charbon activé vis-à-vis du
cyanure. Les ingestions faibles à modérées n’exigent habituellement qu’un
traitement symptomatique. [ 16]
Le traitement symptomatique associe l’oxygénothérapie normobare à la
correction de l’acidose métabolique et aux traitements anticonvulsivants en cas
de convulsion [15].
45
Partie bibliographique
Les différents antidotes classés en fonction de leurs mécanismes d’action sont :
13.2.1. Donneurs de radicaux soufrés :
Le principal donneur de radicaux soufrés est le thiosulfate de sodium qui
aboutit à la production de thiocyanate, métabolite moins toxique et rapidement
éliminé au niveau urinaire, la réaction est la suivante:
Thiosulfate + cyanure thiocyanate+sulfite. [56]
Tétra thionate, éthane-thiosulfate, propane thiosulfate et p-toluène-thiosulfate
sont des substances donneuses de radicaux soufrés estimés comme antidotes
potentiels de l’ion cyanure. [84]
13.2.2. Agents méthémoglobinisants :
Les agents méthémoglobinisants comme les nitrites, sont des substances
qui transforment l’hémoglobine en méthémoglobine en oxydant le fer Fe2+ en
Fe3+. c’est grâce à la méthémoglobine que l’ion cyanure est fixé et transformé
en complexe stable et très peu toxique sous forme de cyanméthémoglobine. [85]
13.2.3. Antidotes à base de cobalt :
13.2.3.1. EDTA dicobaltique :
L’EDTA dicobaltique lie l’ion cyanure, auquel il a une affinité plus élevé
que le cytochrome oxydase, par une liaison covalente et stable, donnant ainsi du
cyanure de cobalt et de l’EDTA mono cobaltique, tous deux éliminés sous forme
inchangées au niveau urinaire. [86,87]
13.2.3.2. Hydroxocobalamine :
C’est une forme naturelle de la vitamine B12 humaine, qui comporte dans
sa structure un atome de cobalt, capable d’assurer une liaison –quasi-irréversible
avec l’ion cyanure. [88]
Les signes cliniques qui reflètent une réponse appropriée aux antidotes
sont les suivants:
La normalisation des paramètres vitaux (pression artérielle, pouls),
la disparition des crises convulsives, une respiration spontanée et la
résolution de l’acidose métabolique. [89]
46
Partie bibliographique
La persistance de l’acidose métabolique peut exiger une perfusion continue de
thiosulfate de sodium (2 g / h) pendant 24 heurs. [69]
14. Méthodes d’analyse qualitatives des glycosides cyanogéniques:
14.1 Extraction des cyanoglycosides :
Les glycosides cyanogéniques sont habituellement isolés à partir de
matières végétales par broyage suivi d’une extraction par des solvants
organiques tels que l’éthanol (EtOH) ou le méthanol (MeOH), ou des solvants
inorganiques tel que l’eau ou des mélanges de ceux-ci.
Si un échantillon végétal est utilisé à l’état frais, il est alors souhaitable de le
congeler avec de l’azote carbonique pour faciliter le broyage.
Une fois broyé et mélangé avec le solvant d’extraction (habituellement
20% eau+ 80% éthanol ou méthanol) le mélange est chauffé pendant plusieurs
minutes à 80°C afin d’inactiver complètement les enzymes hydrolytiques.
La suspension obtenue après chauffage est centrifugée ou filtrée à température
ambiante, afin d’enlever les particules et les débris en suspension.
Le solvant est ensuite éliminé sous vide et l’échantillon est redissout dans
de l’eau distillée .Tout précipité formé à ce stade doit être éliminé par filtration.
Si le matériel végétal n'a pas été initialement extrait avec un solvant non
polaire pour éliminer les lipides, la solution aqueuse obtenue, doit alors
être extraite avec l'éther de pétrole ou le chloroforme. [5]
14.2.Méthodes de Purification :
Pour la purification des extraits de cyanoglycosides, de nombreux auteurs
ont eu recours à un traitement par l'acétate de plomb suivi du sulfure
d’hydrogène pour éliminer les composants acides indésirables.
D’autres, ont utilisé des méthodes chromatographiques afin d’éliminer les
composés phénoliques indésirables, ou des résines échangeuses d’ions, afin de
supprimer les impuretés acides, basiques, ou ioniques.
La terre de diatomées ou des Bacillariophycées (des algues microscopiques
unicellulaires ayant la particularité de posséder un squelette siliceux), le charbon
47
Partie bibliographique
de bois, de carbone, de cellulose ou des combinaisons de ceux-ci permettent une
purification supplémentaire.
A ce stade de purification, la plupart des composés cyanogéniques sont
stables, mais ils doivent être conservés au réfrigérateur et en milieu
inerte comme mesure de précaution.
Les fractions purifiées sont fréquemment contaminées par des sucres
et autres composés glucosidiques, donc plusieurs méthodes de purification
supplémentaires sont souvent nécessaires ; tel que l’extraction liquide-liquide
continue par l’acétate d’éthyle. Le gel de silice est utilisé généralement pour
une purification finale de ces composés. [5]
14.3. Méthodes de détection :
Les différentes procédures d’isolement et de purification doivent être
complétées par la détermination des fractions contenants les glycosides
cyanogéniques.
Plusieurs techniques sont possibles, une des plus simples, est l’hydrolyse
d’une petite partie de la fraction extraite, à partir d’une colonne ou de couche de
silice, avec une enzyme, un acide ou une base, un test colorimétrique simple
et spécifique est ensuite réalisé afin de détecter l’HCN.
La détection des glycosides cyanogéniques se pratique directement sur le
papier de chromatographie ou sur les plaques de silice, par la pulvérisation du
nitrobenzaldehyde 0.1M et O-dinitrobenzène 0.1M. Après séchage, le papier est
pulvérisé par une solution de β-glucosidase 0.1M à pH7-9.
30minutes après, le papier ou la plaque de silice doit être pulvérisé par
une solution de soude à 2% et séché à 80°C. L’apparition de coloration violette
caractérise la présence de cyanoglycosides. [5]
Par ailleurs, plusieurs méthodes ont été décrites dans la littérature pour
détecter l’amygdaline. Elles comprennent la chromatographie sur couche mince
(CCM), la chromatographie liquide à haute performance (HPLC) et la
48
Partie bibliographique
chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse
(GC/MS). [90]
Les méthodes de détection de l’acide cyanhydrique dans les échantillons
biologiques incluent l’analyse électrochimique utilisant une électrode sélective
des ions cyanures, la GC/MS et HPLC/MS, ces dernières méthodes sont
couramment utilisées pour la quantification du cyanure.
Des méthodes de détection plus récentes et plus rapides ont vu le jour,
comme la chromatographie en phase gazeuse sur colonne capillaire avec
piégeage cryogénique (limite de détection 2ng/ml) et l’électrophorèse capillaire
avec détection par fluorescence (limite de détection0.1ng/ml).[91]
15. Méthodes d’analyse quantitatives des cyanoglycosides :
Dans la littérature, plusieurs méthodes de dosage sont illustrées, elles
permettent de déterminer le potentiel cyanogénique total dans différents
substrats (graines de lin, de pêche, de prune, d’abricot et dans les pépins de
pomme), comme la méthode de l’hydrolyse acide, méthode au picrate ou la
méthode au résorcinol et picrate. [92]
15.1. Méthode de l’hydrolyse acide :
Cette méthode est basée sur l’hydrolyse de différents échantillons par
l’acide phosphorique 0.1M puis centrifugation et récupération du surnageant
dans de l’acide sulfurique 4M. Un chauffage à 100°c permet d’accélérer l’étape
d’hydrolyse et la libération du cyanure qui est aussitôt piégé dans une solution
d’hydroxyde de sodium 3.6M. Le milieu doit être tamponné à pH5.L’ajout
successif dans le milieu de 0.4ml de Chloramine T ,1.6ml d’acide iso
nicotinique et 1.6ml d’acide barbiturique permet la formation d’un composé
coloré, qui peut être quantifié par un dosage colorimétrique à 600nm après une
heure. L’intensité de la coloration est proportionnelle à la concentration de
l’échantillon en HCN.
Une gamme d’étalonnage est préparée en parallèle à partir d’une solution
mère de KCN 1g/l diluée à différentes concentrations par l’acide phosphorique
49
Partie bibliographique
0.1M puis l’acide sulfurique 4M, cette série de solution permet le traçage d’une
courbe d’étalonnage à partir de laquelle se détermine la concentration en HCN
des différents échantillons.
L’inconvénient de la méthode réside en la perte de l’HCN par évaporation lors
de l’étape de chauffage à 100°c. Cette perte peut toutefois être corrigée par une
extrapolation de la courbe à T0. [93]
Le procédé d’hydrolyse acide est applicable à toutes les plantes cyanogènes
mais il est beaucoup plus difficile à utiliser, moins précis et moins reproductible
que la méthode au picrate qui reste la méthode de choix pour doser le cyanure
total contenu dans les plantes cyanogènes consommées par l’Homme. [94]
15.2. Méthode au picrate :
Cette méthode est basée sur l’hydrolyse enzymatique des cyanoglycosides
en cyanohydrine par une β-glucosidase exogène, puis la dégradation de la
cyanohydrine en acide cyanhydrique, qui réagit aussitôt avec le picrate afin de
former un composé coloré quantifiable par spectrophotométrie à 510nm. [94]
Elle se réalise comme suit :
Suite à un broyage rigoureux des échantillons à analyser, une quantité
précisément mesurée de poudre est placée au fond d’un flacon en plastique à
fond plat avec 0.5ml de tampon phosphate afin d’avoir un pH entre4-10.
Une β- glucosidase exogéne est ajoutée dans le milieu afin d’hydrolyser les
cyanoglycosides par voie enzymatique.
Une bande de papier picrate obtenue à partir de papier chromatographique
« Whatman » de 3cm de longueur et 1cm de largeur est collé sur des bandes en
plastique, Puis immergé dans le flacon, immédiatement fermé. [95]
Le papier doit être traité avec le picrate de sodium dans 2% de
Na2CO3 avant de l’utiliser.
Après environ 16 h à 30 ° C, le papier picrate est retiré puis plongé dans
5,0 ml d'eau pendant au moins 30 min afin d’éluer. L'absorbance(A) de la
solution obtenue est mesurée à 510 nm.
50
Partie bibliographique
La teneur totale du cyanure libéré est déterminée par l'équation suivante :
HCN (mg/kg) = 381* A *100/pe
Avec pe=la prise d’essai ou poids (mg) de poudre broyée.
La méthode au picrate est plus reproductible et plus précise que
le procédé d'hydrolyse acide. [92]
Une nouvelle méthode encore plus sensible a été développée, il s’agit de la
méthode au picrate sensitif.
15.3. Méthode au picrate sensitif :
La sensibilité de la méthode classique au picrate, utilisée pour la
détermination de HCN dans les plantes cyanogènes a été améliorée, en utilisant
un petit papier picrate de 1*1 cm à la place de 3*1cm qui est immergé après
réaction avec HCN, dans 0.5ml d’eau au lieu de 5ml, afin d’éluer. L’absorbance
est mesurée par spectrophotométrie en utilisant une cuve de 2mm de largeur
et 10mm de longueur au lieu de 1*1cm comme dans la méthode classique.
La teneur totale en HCN mg/Kg d’échantillon est calculée à partir de
l’absorbance (A) par l’équation suivante :
HCN (mg/kg) =A*45.7
Ce procédé est 10 fois plus sensible que la méthode classique. [ 81]
15.4 Méthode au Résorcinol :
Dans cette methode, l’échantillon à analyser est broyé et mélangé dans un
tube à essai avec 10ml d’eau ou de tampon phosphate.
L’hydrolyse spontanée des glycosides cyanogènes contenu dans l’échantillon
peut être amorcée en ajoutant 1mg de β-glucosidase pour100mg d’homogénat.
Cet ajout s’impose dans les situations oỦ les échantillons ont été préalablement
inactivés par chauffage ou quand ils contiennent une faible quantité d’enzyme.
Il est considéré que 200µg de β-glucosidase suffisent pour hydrolyser environ
3mg d’amygdaline au bout de 10min.
L’acide cyanhydrique libéré est aussitôt piégé au sein d’une solution de
bicarbonate de sodium 1%.le mélange ainsi obtenu réagit ensuite avec 1ml de
51
Partie bibliographique
réactif dit de travail contenant (160mg resorcinol+320mg acide picrique+30mg
carbonate de calcium) puis chauffé dans un bain d’eau bouillante
pendant10 min. un changement spécifique de la coloration (rouge foncé) prouve
la présence de cyanure.
L’absorbance est mesurée par méthode spéctrophotometrique à 488nm
dans une cuve de 1 cm à température ambiante.
La méthode obéit à la loi de BEER LAMBERT elle est linéaire pour des
concentrations de HCN comprises entre 0-5µg/ml.
Un blanc réactif est préparé dans les mêmes conditions avec 1 ml d'eau bi
distillée. La courbe d'étalonnage est préparée par une gamme de concentration
de 0-5 µg CN /ml. [92]
La méthode au résorcinol est considérée comme étant six fois plus sensible
que la méthode au picrate.la limite de détection est d’environ 0.05µg HCN/ml.
Le procédé au résorcinol a l’avantage d’être facile à réaliser et permet un
énorme gain de temps par rapport aux autres méthodes proposées. [92]
En revanche, l’amygdaline et son métabolite majeur la prunasine, sont
quantifiables dans les échantillons biologiques d’urines et de plasma, par HPLC
en phase inversée couplée à un spéctrophotométre 215nm ou à la spectrométrie
de masse. [96] ou par analyse électrochimique utilisant une électrode sélective
des ions cyanure. [16]
15.5. Dosage par chromatographie en phase gazeuse (CPG):
Une étape préliminaire d’extraction est nécessaire, consiste à broyer et
traiter les échantillons avec l’eau chaude dans un bain d’eau bouillante durant
5min. A chaque extrait, une quantité connue de lactose (étalon interne) est
ajouté. Ces extraits sont par la suite déshydratés et dissouts dans 50µl de
pyridine,puis traités avec 50µl N-N bis trimethyl silyl trifluoro acetamide et
20µl triméthylchlorosilane (dérivatisation).
Un ml d’extrait ainsi traité est injecté au niveau de l’appareillage de CPG
muni d’une colonne capillaire en verre de 30m et 0.75mm diamètre interne,
52
Partie bibliographique
couplée à un détecteur par ionisation de flamme. Le gaz vecteur doit avoir un
débit de 5ml/min. le calcul se fait à partir des hauteurs des pics des solutions de
cyanoglycosides de concentrations connues. [97]
15.6. Dosage par chromatographie liquide haute performance (CLHP) :
Les échantillons sont extraits par du méthanol durant une nuit sous
agitation, à une température entre 25°et 28°C. Après déshydratation, les extraits
sont remis en suspension dans l’eau et centrifugés à12000g/3min.
Le surnageant est filtré à travers un micro filtre (0.45µm), une fraction est
injectée dans la colonne.
Les glycosides cyanogènes aliphatiques sont élués avec un solvant constitué
d’eau+4% acetonitrile (v/v) à 2ml/min de débit puis détecté par un moniteur
d’indice de réfraction.
Les glycosides aromatiques sont élués avec un solvant constitué d’eau+6%
acetonitrile (v/v) à 3ml/min de débit puis détectés par un spectrophotomètre à
218nm. [97,98]
15.7. Autres méthodes :
Bien qu'il existe différentes méthodes pour détecter l'amygdaline dans les
extraits alimentaires, une méthode de dosage immuno enzymatique a été
récemment mise au point par une équipe de chercheurs coréens, par le
développement d’anticorps poly clonaux anti-amygdaline couplés à une enzyme,
qui permettent la détection et le dosage de l’amygdaline dans les solutions
aqueuses et les extraits alimentaires.
Cette technique a été capable de détecter efficacement le contenu
anormalement élevé d’amygdaline dans diverses graines et noyaux. Cette
méthode permettra dans l’avenir une analyse automatisée avec un débit plus
élevé. [99]
53
Partie pratique
Partie pratique
1. But du travail :
Au cours de ce travail, on se propose de déterminer la teneur en acide
cyanhydrique, dans différents échantillons appartenant à la flore de la Tunisie,
afin d’apprécier leurs potentiels toxiques, et ceci en se basant sur la norme
internationale NT ISO 2164-1975 relative au dosage des hétérosides
cyanogénétiques dans les légumineuses. [100]
2. Matériels et méthodes :
2.1. Matériels :
2.1.1. Echantillons :
Nous avons choisi pour ce travail, trois échantillons différents d’amandes
amères de deux origines différentes (deux échantillons différents de Sfax et un
échantillon du nord de la Tunisie).
Trois échantillons d’amandes douces de variétés différentes (Baldi 36, Punto
et Barlèze).
Les noyaux d’abricots sont issus de cinq régions différentes de la Tunisie ;
Monastir, Sfax, Morneg, Tastour et Sbiba.
2.1.2. Appareillage :
Pour parvenir aux résultats que nous présentons, nous avons utilisé les
matériels suivants :
54
Partie pratique
2.1.3.Réactifs :
Les réactifs suivants ont été préparés au sein du laboratoire :
2.2. Méthodes :
Pour déterminer quantitativement le taux de cyanure dans les échantillons
choisis, nous avons utilisé la méthode argentimétrique, en nous inspirant de la
norme NT ISO 2164-1975 relative au dosage des hétérosides cyanogénétiques
dans les légumineuses.
2.2.1. Principe :
La méthode est basée sur l’hydrolyse acide des hétérosides
cyanogénétiques, l’acide cyanhydrique libéré par cette hydrolyse est distillé par
entrainement à la vapeur d’eau puis récupéré au sein d’une solution de nitrate
d’argent.
La quantité de cyanure dans l’échantillon est déterminée par titrage en
retour de l’excès de la solution de nitrate d’argent, à l’aide d’une solution de
thiocyanate d’ammonium, en milieu acide nitrique, en présence de solution
saturée de sulfate double de fer III et d’ammonium comme indicateur du point
d’équivalence.
55
Partie pratique
56
Partie pratique
2.2.2.3. Distillation :
2.2.2.4. Dosage :
On arrête la distillation lorsqu’on atteint environ 100ml de distillat.
Le distillat est immédiatement transvasé dans une fiole de 500ml puis ajusté au
trait de jauge avec de l’eau distillée. On filtre la solution par un papier filtre, en
récupérant le filtrat dans un Erlen sec. On ajoute 2ml d’indicateur coloré à
250ml de filtrat mesuré au moyen d’une fiole jaugée et on titre avec
la solution de thiocyanate d’ammonium0.02 N, en agitant, jusqu’à coloration
brun-rouge persistante de la solution.
Essai à blanc :
On effectue un essai à blanc dans les mêmes conditions que l’échantillon tout
en remplaçant le distillat par de l’eau distillée. On note les chutes de burettes à
l’équivalence.
3. Résultats et discussion :
3.1. Calculs :
La teneur en hétérosides cyanogénétiques est exprimée en milligrammes
d’acide cyanhydrique par kilogrammes d’échantillons (ppm) selon la formule
suivante :
HCN (mg/kg)=0.54 (V2-V1)* 500 * 1000
250 M
V1=chute de burette en millilitre de la solution de thiocyanate d’ammonium
utilisée lors du dosage de la prise d’essai.
V2= chute de burette en millilitre de la solution de thiocyanate d’ammonium
utilisée lors de l’essai à blanc.
M=masse en gramme de la prise d’essai.
58
Partie pratique
(Barléze)
Echantillon3 12.3ml 12.4ml 16.20
(Punto)
59
Partie pratique
60
Partie pratique
3.2. Discussion :
3.2.1. Teneurs en acide cyanhydrique dans les différents échantillons
analysés :
Les valeurs du dosage de l’acide cyanhydrique dans les 11 échantillons
d’amandes douces, d’amandes amères et de noyaux d’abricots sont consignées
dans l’histogramme suivant :
1400
1200
1000
800
echantillon1
600 echantillon2
echantillon3
400 echantillon4
echantillon5
200
0
Amande douce Amande amère Noyaux d'abricots
A la lumière de ces résultats, on constate que les teneurs en HCN dans les
différents échantillons analysés, sont variables et fluctuent en fonction de
l’espèce végétale et de sa répartition géographique, de moins de 20 à plus de
1000 mg/kg de matière sèche.
Selon la norme ISO 2164-1975 relative au dosage des hétérosides
cyanogénétiques dans les légumineuses, un échantillon est considéré exempt
d’acide cyanhydrique s’il renferme un taux inferieur à 10mg par kg.[100]
61
Partie pratique
1400
1215
1200
1053
1000 918
800
600
Teneurs en HCN
400
200
0
échantillon1 échantillon2 échantillon
Sfax sfax Regions du Nord
1200
1000
800
Teneurs en HCN
600 (ppm)
400
200
0
Tastour Sfax Sbiba Monastir Morneg
Les teneurs en HCN notées dans les cinq échantillons d’amandes d’abricots
analysés, varient considérablement entre les différentes régions du pays.
Les taux les plus bas (540ppm et 583.20ppm) sont enregistrés respectivement
aux niveaux des échantillons en provenance de Testour et de Sfax.
Notons qu’ils n’y a pas de différences significatives entre ces deux régions
du Nord ouest et du Sud Est du pays. En outre, les teneurs sont intermédiaires
au centre de la Tunisie (Sbiba) avec 804.60ppm, tandis que les teneurs les plus
élevées (1134 et 1193.40ppm) sont notées respectivement aux niveaux des
échantillons issus du Sahel (Monastir) et du Nord du pays (Morneg).
Cette variabilité inter-régionales des teneurs en HCN dans les différents
échantillons traités, s’explique principalement par les conditions climatiques
63
Partie pratique
64
Partie pratique
1200
1000
800
600
Teneurs en HCN
400
200
0
Amande douce Amande amère Noyaux d'abricots
65
Partie pratique
66
Partie pratique
67
Partie pratique
Teneurs
Etudes Espèces HCN Méthode de Référence
(ppm) dosage
1 Noyaux 1130- Méthode [105]
Echantillons d’abricots 1220 proposée par
Algériens (P.armeniaca) BIPEA (Bureau
Interprofessionnel
d'Etudes analytiques)
Noyaux 785-813 Hydrolyse acide
d’abricots
2 (P.armeniaca)
Noyaux de 710-720 Hydrolyse acide
Echantillons pêches [94]
Australiens (P.persica)
Pépins de 690-790 Hydrolyse acide
pommes
(Malus spp)
Grains de lin 360-390 Hydrolyse acide
L.usitatissimum
3 Méthode de [106]
Echantillons Manioc 91-1515 Cook modifiée
de (M.esculenta) par O'Brien et
Cameroun al.
Nos Amande amère 913-1210 Argentimetrie -
Echantillons
Noyaux 547-1154 Argentimetrie
d’abricots
68
Partie pratique
69
Partie pratique
On note, d’après les résultats présentés par le tableau, que les teneurs
d’HCN dans nos échantillons d’amandes amères (913-1210ppm) et de noyaux
d’abricots (547-1154ppm) sont deux fois plus élevées que celles obtenues à
partir des échantillons de lin dans l’étude Australienne (360-390ppm). En effet,
le lin (L.usitatissimum), qui constitue un produit alimentaire très intéressant en
raison de sa teneur élevée en acide linolénique et en fibres alimentaires, présente
le moins de toxicité parmi tous les aliments cyanogènes. En 1978, la FDA
« Food and Drug Administration » considérait le lin comme aliment cyanogène
à risque pour la santé .Ce n’est qu’en 1982 que le lin a été autorisé dans les
aliments à des niveaux de 10-12 %. La FDA a déclaré qu’il n’y avait pas
d’inquiétude qu’il n’y aurait pour l’exposition au cyanure à partir d’autres
aliments comme le manioc, les amandes ou les noix d’acajou. [108]
70
Partie pratique
71
Partie pratique
72
Conclusion
Conclusion
Conclusion
L
argement utilisés en Tunisie pour l’aromatisation des confiseries
et la préparation du sirop d’orgeat, les amandes amères et les noyaux
d’abricots figurent parmi les plantes cyanogènes dont le danger
potentiel est pratiquement méconnu par le grand public.
A travers notre travail, nous avons pu mettre en évidence dans les échantillons
tunisiens d’amandes amères et de noyaux d’abricots analysés, la présence de
composés cyanogènes capables de libérer de l’acide cyanhydrique à des teneurs
suffisamment élevées pour induire des intoxications de conséquences
dramatiques surtout chez les enfants.
En effet, les amandes amères et les noyaux d’abricots , à des teneurs en acide
cyanhydrique allant respectivement de 913 à 1210 ppm et de 547à 1154ppm, se
montrent pourvus de pouvoir cyanogène et de risque toxique aussi élevé que
celui du manioc (100-1500ppm) considéré comme chef de fil des aliments
cyanogènes.
De ce fait, il est important de mettre au point des mesures préventives afin de
limiter l’intoxication de l’homme par ce type d’aliment.
La prévention passe tout d’abord par la connaissance des mécanismes
chimiques impliqués dans la libération du cyanure à partir de certaines plantes
cyanogènes et l’estimation du risque d’intoxication au cyanure lié à la
consommation de produits à base de ces plantes cyanogènes ou d’aliments
provenant d'animaux nourris par ce type de plantes.
Ensuite, le développement de méthodes simples de détermination de la
teneur en cyanure dans les plantes et les produits alimentaires, semble être
nécessaire pour la sélection de génotypes agricoles à faible teneur en acide
cyanhydrique.
73
Conclusion
74
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fra.php
XI
UNIVERSITE DE MONASTIR
FACULTE DE PHARMACIE DE MONASTIR
Abstract:
Under normal environmental conditions, many plants synthesize compounds
which are able to release hydrogen cyanide upon hydrolysis.This ability, known
as cyanogenesis, has been recognized for centuries in such plants as apricots,
peaches, almonds and other important food plants.
The first part of the present work involved analysing the caracteristics of some
cyanoglycosides synthesized by cyanogenic plants and demonstrating their
toxic impacts on the health of consumers in the short and long term.
The next part of the work involved determining hydrocyanic acid content in
different samples selected among the Tunisian flora, in order to evaluate their
toxic potentials, according to the international ISO 2164-1975 NT standard,
relating to the determination of cyanogenic heterosides in leguminous plants.
Mots clé : glycosides cyanogénétiques, cyanure, toxicité, Flore de Tunisie…
Keywords : cyanogenic glycoside, cyanide, toxicity, Tunisian flora…