Integ 2013-2
Integ 2013-2
CALCUL INTÉGRAL
I NOTION DE PRIMITIVE
1. Notion de primitive
2. Le cas des fonctions continues
3. Quelques résultats utiles pour calculer des primitives
4. Quelques formules de trigonométrie utiles pour calculer des primitives
5. Primitives usuelles
IV FORMULES DE TAYLOR
V SOMMES DE RIEMANN
1. Définition
2. Le théorème fondamental
J.F.C. p. 2
IX COMPLÉMENTS
1. Généralités
2. Méthode des rectangles
3. Le point moyen
4. La méthode des trapèzes
5. Simpson
J.F.C. p. 3
CALCUL INTÉGRAL
I Si vous trouvez quelques ”coquilles” dans ces feuilles merci de me les signaler ([email protected]).
P Mentionne des résultats particulièrement utiles dans la pratique des séries, souvent oubliés...
⋆ Mentionne des erreurs à ne pas faire où des hypothèses importantes ou des mises en garde.
SD Mentionne des résultats qu’il serait bon de savoir démontrer.
! Notions ou résultats qui ne semblent pas toujours très importants mais qui figurent explicitement dans le pro-
gramme donc qui sont exigibles.
A partir de programme des concours 2015 la construction de l’intégrale est hors programme. On revient donc à la
notion de primitive suivie de la notion d’intégrale.
Dans la suite les fonctions considérées sont des fonctions numériques de la variable réelle.
Sauf mention du contraire, dans tout ce qui suit, I est un intervalle de R non vide et non réduit à un point. Nous
ne le dirons pas à chaque fois.
De même lorsque nous écrirons [a, b], et sauf cas particulier, il sera entendu que a et b sont deux réels tels que
a < b.
Conformément au programme nous donnerons (le plus souvent) des énoncés pour des “fonctions définies sur un
intervalle de R”. Clairement beaucoup de résultats s’étendent à des fonctions dont le domaine de définition est une
réunion finie (ou infinie et non pathologique) d’intervalles.
I PRIMITIVES ET INTÉGRALES
I 1. Notion de primitive
Déf. 1 I est un intervalle de R et f une application de I dans R.
Une primitive de f sur I est une application dérivable F de I dans R telle que : ∀x ∈ I, F ′ (x) = f (x).
1. Si F est une primitive de f sur I, pour tout réel λ, F + λ est encore une primitive de f sur I.
2. Si F est une primitive de f sur I, toutes les primitives de f sur I diffèrent de F d’une constante.
Autrement dit on obtient toutes les primitives de f sur I en ajoutant à F les constantes.
1
⋆⋆ Le premier résultat vaut si I n’est pas un intervalle mais pas le second ! x → a sur R∗ des primitives qui
x
ne différent pas néccessairement d’une constante.
Th. 2 I est un intervalle de R. f est une application de I dans R possèdant une primitive sur I. c est un
élément de I et λ un réel.
Il existe F1 une primitive de f sur I et une seule qui prend la valeur λ en c (∀x ∈ I, F1 (x) = F (x)+λ−F (c)).
Th. 3 Soit f une application continue d’un intervalle I de R. c est un élément de I et λ est un réel.
⋆⋆ Il existe des fonctions qui possèdent des primitives sans être continue.
1 1 1
Posons f (0) = 0 et ∀x ∈ R∗ , f (x) = 2 x sin − cos · F (0) = 0 et ∀x ∈ R∗ , F (x) = x2 sin est une primitive de
x x x
f sur R mais n’est pas continue en 0.
Th. 5 u est une application dérivable de I dans R qui ne s’annule pas sur I.
u′
• ln |u| est une primitive de sur I.
u
1
• Si n appartient à Z et si n est diférent de −1, un+1 est une primitive de u′ un sur I.
n+1
u′
P Pour trouver une primitive de f = il est fortement conseillé de partir de f = u′ u−β , lorsque β ̸= 1...
uβ
⋆⋆⋆ Il est essentiel de savoir par coeur les formules de trigonométrie et de maı̂triser la technique de linéarisation
pour calculer des intégrales faisant intervenir des fonctions circulaires.
1 + cos(2 a) 1 − cos(2 a)
Prop. 1 ∀a ∈ R, cos2 a = ∀a ∈ R, sin2 a =
2 2
1( ) 1( )
cos a cos b = cos(a + b) + cos(a − b) sin a sin b = cos(a − b) − cos(a + b)
2 2
J.F.C. p. 5
θ
Prop. 3 θ est un réels tel que t = tan soit défini c’est à dire tel que θ ̸≡ π [2 π].
2
2t 1 − t2 2t π
sin θ = cos θ = tan θ = si θ ̸≡ [2 π]
1 + t2 1 + t2 1 − t2 2
I 5. Primitives usuelles
1
x→ R∗ x → ln |x|
x
1 √
x→ √ R∗+ x→ x
2 x
1
α ∈ R − {−1} x → xα R∗+ x→ xα+1
α+1
1 x
a ∈ R∗+ − {1} x → ax R x→ a
ln a
ln x 1 2
x→ R∗+ x→ ln x
x 2
1
x→ R∗+ − {1} x → ln | ln x|
x ln x
x → ln x R∗+ x → x ln x − x
x → cos x R x → sin x
x → sin x R x → − cos x
1
x→ Dtan x → tan x
cos2 x
1
x→ Dcot x → − cot x
sin2 x
1
(a, b) ∈ R∗ × R x → cos(ax + b) R x→ sin(ax + b)
a
1
(a, b) ∈ R∗ × R x → sin(ax + b) R x→− cos(ax + b)
a
J.F.C. p. 6
Et encore...
1 x
x→ Dcot x → ln | tan |
sin x 2
1 ( √ )
a ∈ R∗+ x→ √ R x → ln x + x2 + a
x2 + a
1
x→ √ ] − 1, 1[ x → arcsin x
1 − x2
1 1 x
a ∈ R∗+ x→ √ ] − a, a[ x→ arcsin
a − x2
2 a a
I 1. Définition
Th. 7 et déf. 2 Soit f une application continue de I dans R. Soient a et b deux élément de I.
Soit f une application continue de I dans R. Si F et G sont deux primitives de f sur I :
F (b) − F (a) = G(b) − G(a).
On appelle intégrale de f de a à b le réel F (b) − F (a) où F est une primitive quelconque de
f sur I.
∫ b ∫ b ∫ b ∫ b
Cette intégrale se note f (t) dt = f (u) du = f (y) dy = · · · = f (♣) d♣
a a a a
∫ b
⋆ Dans f (t) dt, t est une variable muette d’où les autres notations...
a
Th. 9 SD I et J sont deux intervalles de R. f est une application continue de I dans R. u est une application
dérivable de J dans R à valeurs dans I . F est une primitive de f sur I et c est un élément de I.
∫ u(x)
1. ∀x ∈ J, f (t) dt = F (u(x)) − F (c).
c
∫ u(x)
2. φ : x → f (t) dt est dérivable sur J et pour tout x dans J :
c
( )
φ′ (x) = u′ (x)f u(x) .
Th. 10 SD I et J sont deux intervalles de R. f est une application continue sur I dans R. u et v sont deux
applications dérivables de J dans R à valeurs dans I . F est une primitive de f sur I.
∫ v(x)
( ) ( )
1. ∀x ∈ J, f (t) dt = F v(x) − F u(x) .
u(x)
∫ v(x)
2. ψ : x → f (t) dt est dérivable sur J et pour tout x dans J :
u(x)
( ) ( )
ψ ′ (x) = v ′ (x)f v(x) − u′ (x)f u(x) .
⋆⋆⋆ Les points 2 de ces deux derniers résultats ne sont pas dans le programme. On les redémontrera en partant
du point 1. Ne pas oublier de justifier la dérivabilité en utilisant par exemple le théorème de composition des
fonctions dérivables. On évitera de dire que φ (resp. ψ) est dérivable comme intégrale d’une fonction continue ! !
I 2. Relation de Chasles
Th. 11 Relation de Chasles f est une application continue de I dans R. a, b et c sont des éléments de I.
∫ b ∫ c ∫ b
f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt.
a a c
I 3. Linéarité de l’intégrale
Th. 12 Linéarité f et g sont deux applications continues de I dans R. a et b sont deux éléments de I. λ est un
réel. ∫ ∫ ∫
b b b
(λf + g)(t) dt = λ f (t) dt + g(t) dt.
a a a
Cor. C([a, b], R) est l’espace vectoriel des applications continues de [a, b] dans R.
∫ b
L’application qui à tout élément f de C([a, b], R) associe f (t) dt est une forme linéaire sur C([a, b], R).
a
I 4. Croissance de l’intégrale
Th. 13 Croissance f est une application continue de I dans R. a et b sont deux éléments de I.
On suppose que :
1. a 6 b
Cor. 1 f et g sont deux applications continues de I dans R. a et b sont deux éléments de I. On suppose que :
1. a 6 b
2. ∀t ∈ [a, b], f (t) 6 g(t)
∫ b ∫ b
Alors : f (t) dt 6 g(t) dt.
a a
Cor. 2 f est une application continue de I dans R. a et b sont deux éléments de I. m et M sont deux réels tels
que : m 6 M . On suppose :
1. a 6 b
2. ∀t ∈ [a, b], m 6 f (t) 6 M .
∫ b
Alors : m(b − a) 6 f (t) dt 6 M (b − a).
a
PP Ce dernier résultat rend alors aisé l’encadrement de l’intégrale d’une fonction monotone. Qu’on se le dise
et qu’on se l’utilise. Voir à ce propos les compléments.
⋆ P Dans les résultats précédents des inégalités strictes dans les hypothèses donnent des inégalités strictes
dans les conclusions. Voir mieux dans les compléments.
Notons que l’on a encore le résultat suivant. SD f est une application continue de I dans R. a et b sont deux
éléments de I.
∫ b ∫ b
On suppose que : a 6 b . Alors : f (t) dt 6 |f (t)| dt 6 (b − a) Max |f (t)|.
a a t∈[a,b]
⋆⋆⋆ Il est indispensable avant d’intégrer une inégalité de vérifier que les bornes d’intégration sont dans l’ordre
croissant. Il est également indispensable de mentionner cette hypothèse dans sa solution.
⋆⋆⋆ La première chose à faire avant toute majoration ou minoration d’une intégrale est de regarder la position
relative des bornes et de se ramener au cas où elles sont dans l’ordre croissant.
P Pour majorer la valeur absolue d’une intégrale la première étape consiste à vérifier que les bornes sont dans
l’ordre croissant et à faire “passer la valeur absolue à l’intérieur ” de l’intégrale.
∫ b ∫ b
P L’inégalité f (t) dt 6 |f (t)| dt (avec f continue sur [a, b] et a 6 b) s’utilise le plus souvent de la gauche
a a
vers la droite mais on n’oubliera pas, si nécessaire, de l’utiliser de la droite vers la gauche.
J.F.C. p. 9
Th. 14 SD f est une application continue de I dans R. a et b sont deux éléments distincts de I.
∫ b
On suppose que f garde un signe constant sur le segment d’extrémités a et b et que f (t) dt = 0 .
a
⋆⋆⋆ On se gardera de penser et d’écrire qu’une fonction d’intégrale nulle est nulle.
Cor. 1 f est une application continue de I dans R. a et b sont deux éléments de I tels que a < b.
∫ b
Si ∀t ∈ [a, b], f (t) > 0 et si ∃t0 ∈ [a, b], f (t0 ) > 0 alors f (t) dt > 0.
a
Cor. 2 f et g sont deux applications continues de I dans R. a et b sont deux éléments de I tels que a < b.
∫ b ∫ b
Si ∀t ∈ [a, b], f (t) 6 g(t) et si ∃t0 ∈ [a, b], f (t0 ) < g(t0 ) alors f (t) dt < g(t) dt.
a a
I 6. Inégalité de Cauchy-Schwarz
Th. 15 Inégalité de Cauchy-Schwarz
f et g sont deux applications continues de I dans R et a et b sont deux éléments de I tels que a < b.
√ √
∫ b ∫ b ∫ b
f (t) g(t) dt 6 f 2 (t) dt g 2 (t) dt .
a a a
f prend au moins une fois sa valeur moyenne sur [a, b]. Autrement dit :
∫ b
1
∃c ∈ [a, b], f (c) = f (t) dt.
b−a a
PP De la même manière on peut trouver une primitive pour les fonctions du type t → P (t) eαt , t →
P (t) sin(αt), t → P (t) cos(αt), t → cos(βt) eαt , t → sin(βt) eαt ... (P étant une fonction polynôme).
I 2. Changement de variable
Th. 18 I et J sont deux intervalles de R. f est une application continue de I dans R et φ est une application de
J dans R, de classe C 1 et à valeurs dans I.
Remarques • D’après le programme les changements de variable non affines devront être indiqués. Hum ? ?
• La connaissance de ce résutat est nécessaire mais pas suffisante. Il faut surtout en avoir une bonne pratique .
→ On écrit du = φ′ (t) dt ; on remplace alors φ′ (t) f (φ(t)) dt par f (u) du. C’est la phase délicate car il faut
faire apparaı̂tre φ′ (t) f (φ(t)).
→ On cherche a et b tels que φ soit C 1 sur l’intervalle défini par a et b et tels que : α = φ(a) et β = φ(b).
PP • Des considérations de bijection sur φ permettent opportunément de passer d’un cas à l’autre.
∫
PP Quelques morales pour les intégrales du type f (cos θ, sin θ) dθ.
Prop. 6 f est une application de R dans R, continue et périodique de période T . a et b sont deux réels.
∫ b+T ∫ b ∫ a+T ∫ T
f (t) dt = f (t) dt et f (t) dt = f (t) dt .
a+T a a 0
V FORMULES DE TAYLOR
∫
(x − a)2 ′′ (x − a)n (n) x
(x − t)n (n+1)
∀x ∈ I, f (x) = f (a) + (x − a)f ′ (a) + f (a) + · · · + f (a) + f (t) dt.
2! n! a n!
Ou encore :
∑
n ∫ x
(x − a)k (k) (x − t)n (n+1)
∀x ∈ I, f (x) = f (a) + f (t) dt.
k! a n!
k=0
Cor. I est un intervalle de R qui contient 0 et f est une application de I dans R de classe C n+1 .
∑
n ∫ x
xk (k) (x − t)n (n+1)
∀x ∈ I, f (x) = f (0) + f (t) dt.
k! 0 n!
k=0
J.F.C. p. 12
I 2. L’inégalité de Taylor-Lagrange
∑
n
(x − a)k (k) |x − a|n+1
∀x ∈ I, |f (x) − f (a)| 6 Max |f (n+1) (u)|.
k! (n + 1)! u∈[a,x] ou u∈[x,a]
k=0
P Après avoir écrit l’inégalité de Taylor-Lagrange on essaie le plus souvent de trouver le max ou plus modeste-
ment d’en trouver un majorant raisonnable.
I 3. La formule de Taylor-Young
Ainsi f possède un développement limité d’ordre n au voisinage de a dont la partie régulière est :
∑
n
f (k) (a)
x→ (x − a)k .
k!
k=0
Cor. I est un intervalle de R qui contient 0 et f est une application de I dans R de classe C n .
Au voisinage de 0 :
∑
n
f (k) (0) k
f (x) = x + o(xn ).
k!
k=0
Ainsi f possède un développement limité d’ordre n au voisinage de 0 dont la partie régulière est :
∑
n
f (k) (0) k
x→ x .
k!
k=0
∑
n
(−1)k x2k+1 ∑
n
(−1)k x2k
sin x = + o(x2n+1 ) ou o(x2n+2 ) cos x = + o(x2n ) ou o(x2n+1 )
(2k + 1)! (2k)!
k=0 k=0
∑
n
α(α − 1) · · · (α − k + 1) k
(1 + x)α = x + o(xn ) Soit encore, au voisinage de 0 :
k!
k=0
J.F.C. p. 13
x2 xn x2 x3 xn
ex = 1 + x + + ··· + + o(xn ) ln(x + 1) = x − + − · · · + (−1)n−1 + o(xn )
2! n! 2 3 n
x3 x5 x2n+1
sin x = x − + − · · · + (−1)n + o(x2n+1 ) ou o(x2n+2 )
3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 x2n
cos x = 1 − + − · · · + (−1)n + o(x2n ) ou o(x2n+1 )
2! 4! (2n)!
α(α − 1) 2 α(α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + x + ··· + x + o(xn )
2! n!
I 4. Remarques
I 1. Définition
Déf. 5 Une subdivision pointée de [a, b] est un couple (σ, ξ) ou σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) est subdivision de [a, b] et
ξ = (ξ0 , ξ1 , . . . , ξn−1 ) une famille de points de [a, b] telle que ∀k ∈ [[0, n − 1]], ξk ∈ [xk , xk+1 ].
Prop. 7 f est une application de [a, b] dans R et (σ, ξ) est une subdivision pointée de [a, b].
∑
n−1
Si σ = (x0 , x1 , . . . , xn ) et ξ = (ξ0 , ξ1 , . . . , ξn−1 ), le réel (xk+1 − xk ) f (ξk ) est la somme de Riemann
k=0
de f associée à la subdivision pointée (σ, ξ) de [a, b].
b−a
Prop. 8 f est une application de [a, b] dans R. n ∈ N∗ . Pour tout élément k de [[0, n]] on pose xk = a + k ·
n
Pour tout élément k de [[0, n − 1]], ξk est un élément de l’intervalle [xk , xk+1 ]. ξ = (ξ0 , ξ1 , . . . , ξn−1 ).
• σ = (xk )k∈[[0,n]] est une subdivision de [a, b] à pas constant.
b−a ∑
n−1
• Les sommes de Riemann de f associées à la subdivision pointée (σ, ξ) de [a, b] est : f (ξk ).
n
k=0
J.F.C. p. 14
b−a
Prop. 9 f est une application de [a, b] dans R. Pour tout élément k de [[0, n]] on pose xk = a + k ·
n
( )
• La somme de Riemann de f associée à la subdivision pointée σ, (x0 , x1 , . . . , xn−1 ) est :
( )
b−a ∑
n−1
b−a
f a+k .
n n
k=0
( )
• La somme de Riemann de f associée à la subdivision pointée σ, (x1 , x2 , . . . , xn ) est :
( )
b−a ∑
n
b−a
f a+k .
n n
k=1
I 2. Le théorème fondamental
P Ces résultats sont très précieux pour obtenir des limites de suites. Même en probabilités...
∑ ( ) ∫ b ( )
b−a ∑
n n−1
b−a b−a b−a
Si f est décroissante, f a+k 6 f (t) dt 6 f a+k .
n n a n n
k=1 k=0
J.F.C. p. 15
Déf. 6 Soit f est une application de [a, b] dans R. f est continue par morceaux sur [a, b] s’il existe une
subdivision σ = (xk )k∈[[0,n]] de [a, b] (a = x0 < x1 < · · · < xn = b) telle que, pour tout k dans [[0, n − 1]] :
• f est continue en tout point de ]xk , xk+1 [
• f admet une limite finie à droite en xk et une limite finie à gauche en xk+1 .
(le tout revient à dire que la restriction de f à ]xk , xk+1 [ se prolonge en une fonction continue sur [xk , xk+1 ]).
I 2. Une caractérisation
Th. 25 Soit f est une application de [a, b] dans R. f est continue par morceaux sur [a, b] si et seulement si : il
existe une partie finie D de [a, b] (éventuellement vide) telle que f soit continue en tout point de [a, b] − D
et possède une limite finie à droite et à gauche en tout point de D (où cela est raisonnable... penser aux
bornes).
I 3. Quelques propriétés
Prop. 10 Toute application continue de I dans R est continue par morceaux sur I.
Prop. 11 Toute application de [a, b] dans R, continue par morceaux sur [a, b], est bornée sur [a, b].
Prop. 12 Si f et g sont des applications de [a, b] dans R continues par morceaux sur [a, b], il existe une subdivision
de [a, b] adaptée à la fois à f et à g.
Th. 26 λ est un réel, f et g sont deux applications de I dans R continues par morceaux sur I.
|f |, f n (n ∈ N), λf + g, f × g, Max(f, g) et Min(f, g) sont des fonctions continues par morceaux sur I.
( ( ) )
Cor. CM I, R , +, · est un espace vectoriel sur R (... et même une algèbre).
J.F.C. p. 16
Th. 27 et déf. 8 Soit f une application de [a, b] dans R continue par morceaux sur [a, b].
Soit σ = (x0 , x1 , · · · , xn ) une subdivision adaptée à f . Pour tout k dans [[0, n − 1]] on note fk
le prolongement par continuité de la restriction de f à ]xk , xk+1 [.
∑ ∫ xk+1
n−1
La somme fk (t) dt ne dépend pas de la subdivision σ, de [a, b], adaptée à f choisie.
k=0 xk
∫ b
On l’appelle l’intégrale de f entre a et b et on la note encore f (t) dt.
a
Si f est continue sur [a, b] cette intégrale coı̈ncide avec celle définie plus haut.
Déf. 9 f est une application de I dans R continue par morceaux. a et b sont deux éléments quelconques de I.
∫ b
Si a < b, f (t) dt est l’intégrale sur [a, b] de la restriction de f à [a, b] !
a
∫ b ∫ b ∫ a
Par convention si a = b : f (t) dt = 0 et si a > b : f (t) dt = − f (t) dt.
a a b
Remarque Beaucoup de propriétés de l’intégrale des fonctions continues sont encore vraies pour les fonctions
continues par morceaux. En particulier :
Th. 28 Relation de Chasles f est une application de I dans R continue par morceaux. a, b et c sont des
éléments de I. ∫ b ∫ c ∫ b
f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt.
a a c
Th. 29 Linéarité f et g sont deux applications de I dans R continues par morceaux. a et b sont deux éléments
de I. λ est un réel. ∫ b ∫ b ∫ b
(λf + g)(t) dt = λ f (t) dt + g(t) dt.
a a a
Cor. CM([a, b], R) est l’espace vectoriel des applications continues par morceaux de [a, b] dans R.
∫ b
L’application qui à tout élément f de CM([a, b], R) associe f (t) dt est une forme linéaire sur
a
Th. 30 Croissance f est une application continue par morceaux de I dans R. a et b sont deux éléments de I.
On suppose que :
1. a 6 b
Cor. 1 f et g sont deux applications continues par morceaux de I dans R. a et b sont deux éléments de I. On
suppose que :
1. a 6 b
2. ∀t ∈ [a, b], f (t) 6 g(t)
∫ b ∫ b
Alors : f (t) dt 6 g(t) dt.
a a
Cor. 2 f est une application continue par morceaux de I dans R. a et b sont deux éléments de I. m et M sont
deux réels tels que : m 6 M . On suppose :
1. a 6 b
2. ∀t ∈ [a, b], m 6 f (t) 6 M .
∫ b
Alors : m(b − a) 6 f (t) dt 6 M (b − a).
a
Cor. 3 f est une application continue par morceaux de I dans R. a et b sont deux éléments de I.
On suppose que : a 6 b .
∫ b ∫ b
Alors : f (t) dt 6 |f (t)| dt.
a a
f et g sont deux applications continues par morceaux de I dans R et a et b sont deux éléments de I tels
que a < b.
√ √
∫ b ∫ b ∫ b
f (t) g(t) dt 6 2
f (t) dt g 2 (t) dt .
a a a
⋆ Le cas d’égalité de ”Cauchy-Schwarz intégral” ne vaut plus pour les fonctions continues par morceaux.
Prop. 13 f et g sont deux applications de I dans R continues par morceaux. a et b sont deux élément de I.
∫ b
1. On ne change pas f (t) dt en modifiant f en un nombre fini de points de l’intervalle d’extrémité a
a
et b.
2. Si f et g coı̈ncident sur l’intervalle d’extrémité a et b sauf peut-être en un nombre fini de points alors
∫ b ∫ b
f (t) dt = g(t) dt.
a a
Th. 33 I est un intervalle de R. f est application de I dans R continue par morceaux. c est un élément de I.
∫ x
1. h : x → f (t) dt est dérivable en tout point ou f est continue.
c
• Montrer et utiliser Cauchy-Schwarz. Étudier le cas d’égalité pour des fonctions continues.
• Utiliser des sommes de Riemann pour calculer des limites de suites.
• Maı̂triser la technique de linéarisation pour calculer des intégrales faisant intervenir des fonctions circulaires.
J.F.C. p. 19
X COMPLÉMENTS
(t − α)2 t2
Il est souvent préférable de “primitiviser” t → t − α en t → plutôt qu’en t → − αt.
2 2
I 2. Une banalité bien utile
∫ 1
Th. 34 PP SD Soit f une application continue de [0, 1] dans R. lim tn f (t) dt = 0 .
n→+∞ 0
Prop. 14 P f une application continue ou continue par morceaux de I dans R. a et b sont deux éléments de I.
∫ b
Si f est croissante sur I et si a 6 b alors (b − a) f (a) 6 f (t) dt 6 (b − a) f (b).
a
∫ b
Si f est décroissante sur I et si a 6 b alors (b − a) f (b) 6 f (t) dt 6 (b − a) f (a).
a
Prop. 15 P f une application continue ou continue par morceaux de I dans R. On suppose que k est un
élément de I tel que k + 1 soit encore dans I.
∫ k+1
Si f est croissante sur I alors f (k) 6 f (t) dt 6 f (k + 1).
k
∫ k+1
Si f est décroissante sur I alors f (k + 1) 6 f (t) dt 6 f (k).
k
P Ce résultat est très utile pour encadrer des sommes partielles de séries, des restes de séries convergentes,...
I 5. Lemme de Riemann-Lebesgue
Du banal.
Prop. 19 f est une application continue de I dans R. a et b sont deux éléments de I. On suppose que :
1. a < b
2. f est strictement positive sur [a, b]
∫ b
Alors : f (t) dt > 0
a
Prop. 20 f et g sont deux applications continues de I dans R. a et b sont deux éléments de I. On suppose que :
1. a < b
2. ∀t ∈ [a, b], f (t) < g(t)
∫ b ∫ b
Alors : f (t) dt < g(t) dt.
a a
Il existe un élément Q de Rn [X] (que l’on peut obtenir par identification) tel que
Il existe deux constantes A et B (que l’on peut obtenir par identification) telles que
Si g garde un signe constant sur l’intervalle déterminé par a et b alors il existe un élément c de cet intervalle
tel que :
∫ b ∫ b
f (t)g(t) dt = f (c) g(t) dt.
a a
Déf. 10 Le pas de la subdivision (xk )k∈[[0,n]] de [a, b] est le réel Max (xk+1 − xk ).
06k6n−1
Th. 38 Les sommes de Riemann d’une fonction continue sur un segment convergent vers l’intégrale de la fonction
sur le segment lorsque le pas de la subdivision tend vers 0. Précisons.
Soit f une application continue de [a, b] dans R. Pour tout réel ε strictement positif il existe un réel η
strictement positif tel que pour toute subdivision σ = (xk )k∈[[0,n]] de [a, b] de pas strictement inférieur à η
et pour toute famille (ξk )k∈[[0,n−1]] de réels telle que ∀k ∈ [[0, n − 1]], ξk ∈ [xk , xk+1 ] :
∫ b ∑
n−1
f (t) dt − (xk+1 − xk ) f (ξk ) < ε.
a k=0
Les résultats de cette section concernent plus le chapitre calcul différentiel mais leurs démonstrations utilisent la
notion de primitive. Notons que ces résultats ont été supprimés à partir des concours 2015.
Th. 39 SD Soit f une application de [a, b[ dans R de classe C 1 . On suppose que f ′ admet une limite finie en b.
⋆⋆ On est prié de faire la différence entre ces deux résultats. Dans le second f est définie en b mais pas dans le
premier.
Th. 40 SD p est un élément de N et f une application de [a, b[ dans R de classe C p . On suppose que f (p)
admet une limite finie en b.
⋆ Il est clair que l’on peut extrapoler ce résultat en remplaçant [a, b[ par ]a, b], ou ]a, b[ ou encore I − {x0 }. Dans
le dernier cas cela donne :
Th. 41 p est un élément de N. x0 est un élément de I. f est une application de I − {x0 } dans R.
Si f est de classe C p sur I − {x0 } et si f (p) admet une limite finie en x0 alors f admet un prolongement
de classe C p sur I.
J.F.C. p. 23
⋆ La formule de Taylor-Young vaut encore en supposant simplement que f est n fois dérivable en a ; c’est à dire
que f est n − 1 fois dérivable sur un voisinage de a et que f (n−1) est dérivable en a.
La formule de Taylor-Lagrange vaut encore en supposant simplement que f est de classe C n sur I et n + 1 fois
dérivable sur l’intérieur de I.
Les résultats de cette section concernent plus le chapitre calcul différentiel mais leurs démonstrations utilisent la
notion de primitive. Notons que ces résultats ont été supprimés à partir des concours 2015.
Th. 43 SD a est une application continue de l’intervalle I de R, dans R et A est une primitive de a sur I.
Une application f de I dans R est solution de l’équation différentielle y ′ + a y = 0 si et seulement si il existe
un (unique) réel λ tel que :
f = λ e−A .
Cor. a est une application continue de l’intervalle I de R, dans R et A est une primitive de a sur I.
L’ensemble des applications dérivables f de I dans R telles que ∀x ∈ I, f ′ (x) + a(x) f (x) = 0 est la droite
vectorielle engendrée par e−A dans l’espace vectoriel des applications (dérivables) de I dans R.
I 1. Généralités
∫ b
But Dans la mesure ou on ne sait pas calculer f (t) dt on se propose d’en trouver une valeur approchée.
a
J.F.C. p. 24
Le principe On considère une subdivision σ = (xk )k∈[[0,n]] de [a, b] (a = x0 < x1 < x2 < · · · < xn = b).
Pour tout élément k de [[0, n − 1]], on “remplace” f sur [xk , xk+1 ] par une fonction “plus simple” φk dont on sait
calculer l’intégrale sur ce segment. On pose :
∑
n−1 ∫ xk+1
Iσ = φk (t) dt.
k=0 xk
∫ b
On prend alors Iσ comme valeur approchée de f (t) dt.
a
Pratiquement Le plus souvent on se fixe n dans N∗ et on considère la subdivision (xk )k∈[[0,n]] de [a, b] définie
par :
b−a
∀k ∈ [[0, n]], xk = a + k ·
n
Pour tout élément k de [[0, n − 1]], on “remplace” f sur [xk , xk+1 ] par une fonction constante (méthode des rectangles
ou du point moyen), affine (méthode des trapèzes) ou polynômiale de degré inférieur ou égal à deux (méthode de
Simpson).
Les exigences Il importe avant tout de savoir calculer simplement Iσ et d’avoir une idée sur l’erreur que l’on
∫ b
commet en remplaçant f (t) dt par Iσ .
a
b−a
Dans la suite n est dans N∗ et σ = (xk )k∈[[0,n]] est la subdivision de [a, b] définie par ∀k ∈ [[0, n]], xk = a + k ·
n
b−a
C’est la subdivision de [a, b] qui partage cet intervalle en n intervalles de même longueur ·
n
( ) ( )
b−a ∑ b−a ∑
n−1 n
b−a b b−a
1. Rn = f a+k et Rn = f a+k .
n n n n
k=0 k=1
∫ b
bn =
2. f étant une fonction continue sur [a, b] : lim Rn = lim R f (t) dt.
n→+∞ n→+∞ a
∫ ∫
b
M1 (b − a)2 b
bn | 6 M1 (b − a) ·
2
| f (t) dt − Rn | 6 et | f (t) dt − R
a 2n a 2n
∫ b ∫ b
4. Si f est croissante (resp. décroissante) sur [a, b] : Rn 6 bn (resp. R
f (t) dt 6 R bn 6 f (t) dt 6 Rn ).
a a
I 3. Le point moyen
J.F.C. p. 25
xk + xk+1
Pour tout k dans [[0, n − 1]], on considère la fonction φk , constante sur [xk , xk+1 ] et qui coı̈ncide avec f en ·
2
∑
n−1 ∫ xk+1
On pose : Mn = φk (t) dt.
k=0 xk
∫
b−a ∑ ( b − a)
n−1 b
1. Mn = f a + (2k + 1) et lim Mn = f (t) dt.
n 2n n→+∞ a
k=0
∫ b
M2 (b − a)3
2. Si f est de classe C 2 sur [a, b] et si M2 = Max |f ′′ (t)| alors : | f (t) dt − Mn | 6 ·
t∈[a,b] a 24n2
J.F.C. p. 26
I 5. Simpson
Pour tout k dans [[0, n − 1]], on considère la fonction φk , polynômiale de degré au plus 2 sur [xk , xk+1 ] et qui
xk + xk+1 ∑ ∫ xk+1
n−1
coı̈ncide avec f en xk , et xk+1 . On pose : Sn = φk (t) dt.
2 xk k=0
[∑ n−1 ∑
n−1 ∑
n−1
( xk + xk+1 )]
1 bn + 4Mn ) = b − a
1. Sn = (Rn + R f (xk ) + f (xk+1 ) + 4 f .
6 6n 2
k=0 k=0 k=0
∫ b
2. f étant continue sur [a, b] : lim Sn = f (t) dt.
n→+∞ a
∫ b
M4 (b − a)5
3. Si f est de classe C sur [a, b] et si M4 = Max |f
4 (4)
(t)| alors : | f (t) dt − Tn | 6 ·
t∈[a,b] a 2880n4