Dernier chapitre sur les travaux d’inventaire
après les amortissements, les dépréciations
viennent les provisions.
Le concept de la provision. De par son
activité, sa politique commerciale, son
management, une société ne cesse de courir des
risques. Les risques peuvent provenir de leurs
clients, des fournisseurs, des salariés, de
l’environnement maintenant. Et ces risques,
bien souvent, peuvent entraîner ce qu’on
appelle des dettes. Alors pourquoi un risque
peut-il entraîner une dette ? Un risque ça peut
être un procès que vous avez avec un client,
celui-ci vous attaque en justice, ou un salarié
vous attaque en justice, vous avez fait un
licenciement un petit tendu, légèrement abusif,
et dans ce cas-là, vous êtes attaqué. Vous êtes
en procès, officiellement vous n’avez pas
encore la pénalité, la condamnation définitive
mais, il n’empêche, qu’en première instance,
par rapport à un salarié, vous pouvez être
amené à perdre en première instance, même si
vous faites appel, à un moment donné vous avez
une condamnation. Cette condamnation doit être
enregistrée dans les comptes de la société.
Bien sûr, ça ne touche pas l’actif, ça touche
le passif, puisque c’est une future dette en
naissance. Dans ce cas-là, nous avons une T
interne, c’est ce qu’on appelle les
« provisions pour risques ».
Quand on observe les provisions pour risques,
regardez-bien leur positionnement au bilan.
Elles se situent dans le passif, c’est normal,
c’est une dette en devenir entre les capitaux
propres et les réelles dettes externes. C’est
un emplacement un petit peu assimilé, je
dirais, à des quasi fonds propres, puisqu’elles
sont plus proches du capital, pour l’instant,
du résultat et des réserves, que d’un emprunt,
qui est une dette officielle.
Si on en fait la liste, on estime qu’il y en a
environ 6. J’en ai mis quelques-unes. Je ne les
ai pas toutes mises, j’ai mis les plus
importantes. Les provisions pour litige ne sont
ni plus ni moins que vos actions en justice qui
sont en déroulement, alors que vous allez
gagner, que vous allez perdre, toutes celles
qu’on estime perdre doivent théoriquement être
provisionnées du montant ou bien de
l’évaluation du risque, souvent lié à la
condamnation.
Ensuite, vous avez les provisions pour
garanties. Quand vous vendez un bien, qui est
totalement garantie, je pense à un véhicule
garanti 100 000 km, quels sont les risques que
vous courez ? Vous courez le risque que le
client vienne ni plus ni moins vous rapporter à
chaque panne le véhicule. Vous êtes donc obligé
de lui réparer gratuitement, puisque c’est
couvert par la garantie. L’entreprise doit
prévoir, à chaque fois qu’elle émet une vente
de véhicule, la probabilité de chances qu’il y
a, que ce véhicule lui génère de l’endettement,
suite à sa réparation.
Les provisions pour marchés à termes touchent
les gros travaux. Le tunnel sous la Manche.
Vous prévoyez de creuser un tunnel sous la
manche, vous faites un devis global, budget,
théoriquement entre le prix de vente que vous
allez vendre, ce budget, et les coûts, il y a
un risque que vous vous soyez planté, que les
travaux dérivent. Ce qui s’est passé, je crois,
parce que le budget a triplé. Eurotunnel,
l’entreprise qui ne va pas très bien, à cause,
presque, du montant du dépassement des travaux.
Donc vous pouvez tout à fait le provisionner le
risque de ne pas avoir un bénéfice à terme.
Vous avez les provisions pour remise en état,
une provision qui vient de naître. Maintenant,
chaque entreprise doit dépolluer son site. On
le reverra, j’ai prévu une petite séance dédiée
à ça. Une centrale nucléaire, maintenant, quand
vous la montez, vous devez prévoir le coût de
son démantèlement. Chose, qui n’est, à l’heure
actuelle, pas prévue.
Les provisions pour retraite, ça tout le monde
le comprend. Certaines entreprises délivrent
des montants annuels, du moins, au fur et à
mesure que le salarié a de l’ancienneté, il
part dans certaines entreprises, les banques
par exemple, avec un chèque, qui dépend de sa
durée de sa longévité dans l’entreprise. Il
faut anticiper année après année, cette
dépense.
Et enfin, on peut voir les provisions pour
pertes de change, c’est quand on négocie des
ventes, des achats, sur des marchés qui sont
libellés en devises étrangères, comme les
avions par exemple, qui sont libellés en
dollars. Vous devez vous prémunir d’un risque
de pertes de change, lorsque vous allez
encaisser le prix de la vente. Petit exemple,
pour bien illustrer mon propos : une société
commercialise des produits garantis 5 ans
pièces et main d’œuvre, son chiffre d’affaire
est d’environ 1 million par an. Les ingénieurs
estiment, que compte tenu de la qualité qu’ils
ont mis dans leurs produits, il y aura à priori
10% du montant du chiffre d’affaires qui
reviendra en produits défectueux. Autrement
dit, annuellement, à chaque fois qu’on vend 1
million, on a risque d’avoir des charges, de
devoir réparer les produits, à hauteur de
100 000. Autrement dit, on doit prévoir cet
endettement comme s’il avait réellement lieu
bien qu’attention, nous sommes dans le chapitre
des provisions, ce n’est pas encore une dette,
c’est une probabilité d’endettement.
Deuxième cas de figure que l’on va enregistrer,
un salarié licencié de manière un petit peu olé
olé, le salarié nous attaque, il estime être
dans son droit, pour un licenciement abusif
alors que nous l’avions par exemple licencié de
manière économique. Qu’est-ce qu’il fait ? Il
demande 12 mois de salaire, peut-être même
qu’il en demande un peu plus, mais les
prudhommes nous condamnent nous à 12 mois. Nous
faisons appel en justice, il n’empêche qu’à
l’heure actuelle, nous lui devons 12 mois de
salaire. Si ce salaire chargé, il est à 3000,
on lui doit potentiellement 36 000. En compta,
on doit enregistrer ces deux sommes. Comment ?
Au même titre que nous avions les dotations aux
amortissements et les dotations aux
dépréciations, on a maintenant les dotations
aux provisions. Sauf que, on a pas à les
enregistrer à l’actif, ça ne vient pas diminuer
une valeur à l’actif, ça vient, au contraire,
augmenter une valeur au passif, une dette.
Autrement dit, ces 136 000 viennent se
dispatcher sur deux provisions, l’une
concernant les garanties, l’autre concernant
les litiges. Comme d’habitude, les provisions
entraînent une perte. Cette perte remonte au
passif, en négatif, - 136 000 et viennent
équilibrer notre bilan actif/passif. +136 000 –
136 000 = 0. L’année d’après, qu’est-ce qui se
passe ? On a été en appel, et en appel, on en a
repris une couche. On n’aurait peut-être pas dû
y aller, on a voulu faire les malins, la cour
d’appel nous condamne là pas à 12 mois mais à
18 mois. Qu’est-ce qui se passe maintenant ?
Soit, on décide encore d’aller encore plus
haut, en cassation ou Dieu seul sait. Non, on a
compris notre erreur. On va payer. Maintenant
pas 12 mois mais 18. Qu’est-ce que l’on fait en
compta ? Y’a-t-il une provision à passer ? Non.
Maintenant la dette n’est plus probable. Elle
est comment cette dette ? Elle est réelle. Il
va falloir casquer. Dans ces cas-là, qu’est-ce
qu’il se passe ? On va annuler notre provision,
on annule une provision comme on annule une
dépréciation, par l’outil de la reprise.
Qu’est-ce qu’elle va faire ? Cette reprise va
venir annuler notre provision pour litige, qui
va totalement fondre à zéro. Il n’y a plus de
provisions. C’est normal, il n’y a plus de
risque à couvrir, puisque ce n’est plus un
risque qu’il y a maintenant, c’est une vraie
dette. Maintenant, les charges de personnel
vont devoir être enregistrées. Alors charges de
personnel, certains auteurs estiment que c’est
de l’exceptionnel, parce qu’après tout, c’est
plus un condamnation qu’une vraie charge de
personnel. Peu importe, en tout cas, ça va être
une charge. Et ces 54 000, il va falloir les
mettre en disponibilité en moins, il va falloir
payer – 54 000. En fait, il va falloir faire un
chèque au salarié. Autrement dit, il va y avoir
une perte. Alors cette année, il va y avoir une
perte de combien ? De 54 000 – 36 000, on avait
prévu 36 000 donc il y aurait dû y avoir une
condamnation de 36. Pas de bol, le tribunal
nous a augmenté l’ardoise. Autrement dit, notre
perte va être légèrement plus, 6 mois
supplémentaires, la perte de l’année sera de
54 000 – 36 000. C’était ce qu’on avait
anticipé.
Nous en avons terminé avec les travaux
d’inventaire, les stocks, les amortissements,
les dépréciations et les provisions. Les
principaux chapitres que je voulais vous
montrer. Merci.