CPGE/INP-HB Yamoussoukro MPSI 2019-2020
Corrigé TD T2 : Second principe de la thermodynamique
1 Détente de Joule-Gay Lussac
1. On considère Σ = {gaz+vide}. L’évolution est adiabatique Q = 0 et sans travail reçu W = 0 donc le premier
nR
principe donne ∆U = 0. L’énergie interne du vide étant nulle, on obtient, pour le gaz parfait, ∆T = 0
γ−1
donc Tf = T0 .
Comme le volume final occupé vaut Vf = 2V0 , on obtient Pf = P0 /2.
2V0
2. L’entropie du vide est nulle. Variation d’entropie du gaz ∆S = nR ln = nR ln 2. L’entropie échangée
V0
est nulle Séch = 0 car adiabatique. On obtient Scr = ∆S = nR ln 2 > 0 : la transformation est irréversible.
2 Choc thermique isochore ou monobare d’un gaz
1. On considère Σ = {gaz}. La transformation est isochore et monotherme à Te . Le travail reçu est nul W = 0.
nR
À l’état final, équilibre thermique donc Tf = Te et ∆U = (Te − T0 ). Premier principe : Q = ∆U.
γ−1
nR Te
Variation d’entropie : ∆S = ln . Entropie échangée avec température de surface Te : Séch =
γ−1 T0
nR T0 nR T0 T0
Q/Te = 1− . Second principe : Scr = ∆S − Sech = − 1 − ln . Si on pose
γ−1 Te γ − 1 Te Te
T0
X= , on étudie la fonction X − 1 − ln X qui est strictement positive sauf pour X = 1 : la transformation
Te
est irréversible.
2. On considère Σ = {gaz}. La transformation est monotherme à Te et monobare avec équilibre de pression initial
et final : on utilise l’enthalpie H. Le travail reçu autre est nul Wautre = 0. À l’état final, équilibre thermique
γnR
donc Tf = Te et ∆H = (Te − T0 ). Premier principe : Q = ∆H.
γ−1
γnR Te
Variation d’entropie : ∆S = ln (expression en fonction de T et P ). Entropie échangée avec
γ−1 T0
γnR T0
température de surface Te : Séch = Q/Te = 1− . Second principe : Scr = ∆S − Sech =
γ−1 Te
γnR T0 T0 T0
− 1 − ln . Si on pose X = , on étudie la fonction X − 1 − ln X qui est strictement
γ − 1 Te Te Te
positive sauf pour X = 1 : la transformation est irréversible.
3 Compression adiabatique brusque ou réversible d’un GP
F0
1. La transformation est ici adiabatique Q = 0 et “monobare” avec un pression extérieur Pext = P0 + . À la fin
S
F0
de la compression, on a équilibre mécanique Pf = P0 + . Le travail reçu vaut W = −Pext (Vf − V0 ). GP :
S
F0 V0 F0
Pext Vf = nRTf et P0 V0 = nRT0 donc W = −nRTF + nRT0 + = nR T0 1 + − Tf .
S SP0
nR γ − 1 F0
Comme ∆U = (Tf − T0 ), le premier principe donne ∆U = W ⇔ Tf = T0 1 + .
γ−1 γ SP0
γnR Tf
2. L’entropie échangée est nulle donc le second principe donne Scr = ∆S. Par ailleurs, ∆S = ln −
γ−1 T0
Pf γnR γ − 1 F0 F0 γ−1 F0
nR ln = ln 1 + − nR ln 1 + . On pose a = < 1 et x = > 0.
P0 γ−1 γ SP0 SP0 γ SP0
1 1 1 1−a
Il s’agit d’étudier le signe de f (x) = ln(1 + ax) − ln(1 + x). Comme f 0 (x) = − = > 0 donc
a ax x ax
f (x) est strictement croissante, supérieure à f (0) = 0 sauf pour x = 0 ⇔ F0 = 0. La transformation est donc
irréversible dès que F0 6= 0.
3. Dans le cas d’un transformation adiabatique et réversible, l’evolution est isentropique et vérifie la loi de La-
! 1−γ γ−1
γ
Pi F0
γ
place. Ainsi Pi Viγ = Pf Vfγ ou encore Pi1−γ Tiγ = Pf1−γ Tfγ . On trouve Tf = T0 = T0 1+ .
Pf SP0
–1–
F0
Si SP 0
1 (petite transformation), on peut faire un DL de Tf et on trouve le même résultat qu’à la question
1 : une transformation infinitésimale est réversible.
4 Compression monotherme ou isotherme d’un gaz parfait
1. Dans cette expérience, la transformation est monotherme à T0 et monobare à Pext . À la fin de la compression,
F0
on a équilibre mécanique Pf = P0 + et thermique Tf = T0 . Le travail reçu vaut W = −Pext (Vf − V0 ).
S
F0
GP : Pext Vf = nRT0 et P0 V0 = nRT0 donc W = nRT0 .
SP0
nR F0
Comme ∆U = (Tf − T0 ) = 0, le premier principe donne 0 = W + Q ⇔ Q = −nRT0 .
γ−1 SP0
F0 γnR Tf Pf
2. L’entropie échangée vaut Séch = Q/T0 = −nR . Par ailleurs, ∆S = ln − nR ln =
SP0 γ−1 T0 P0
F0
−nR ln 1 + .
SP0
F0 F0
Le second principe donne Scr = ∆S − Séch = nR − ln 1 + .
SP0 SP0
F0
On pose x = 1 + > 1. Il s’agit d’étudier le signe de f (x) = x − 1 − ln x qui est strictement positive sauf
SP0
pour x = 1 où elle s’annule. La transformation est donc irréversible dès que F0 6= 0.
3. La transformation est alors isotherme à T0 et mécaniquement réversible mais Pext augmente petit-à-petit de
F0 F0
P0 à P0 + . À la fin de la compression, on a équilibre mécanique Pf = P0 + et thermique Tf = T0 . Le
S S
F0 F0
travail reçu vaut W = − if P dV = nRT0 ln 1 +
R
puisque P0 + Vf = nRT0 et P0 V0 = nRT0 .
SP0 S
F0
Comme ∆U = 0 (isotherme), le premier principe donne 0 = W + Q ⇒ Q = −nRT0 ln 1 + .
SP0
F0
L’entropie échangée vaut Séch = Q/T0 = −nR ln 1 + .
SP0
γnR Tf Pf F0
Par ailleurs, ∆S = ln − nR ln = −nR ln 1 + .
γ−1 T0 P0 SP0
Le second principe donne Scr = ∆S − Séch = 0 : la transformation est réversible.
5 Chauffage par effet Joule
1. On considère Σ = {eau+résistance}. Le travail électrique reçu vaut Wélec = RI 2 τ. Le travail des forces de
pressions est nul. Pour une PCII, ∆U = mceau (Tf − Ti ) (on néglige l’énergie interne de la résistance).
RI 2 τ
Premier principe ∆U = Wélec ⇒ Tf = Ti + .
mceau
2. Le système étant isolé de l’extérieur, Q = 0.
!
Tf RI 2 τ
Le second principe donne Scr = ∆S = mceau ln = mceau ln 1 + > 0 : la transformation est
Ti mceau Ti
irréversible sauf pour τ = 0 où I = 0.
6 Contact thermique et égalisation des températures (*)
L’énoncé propose Σ = {S1 + S2 } À l’équilibre thermique final, les deux solides ont la même température Tf . Le
C1 T1 + C2 T2
premier principe donne ∆U1 + ∆U2 = 0 donc Tf = .
C1 + C2
Tf Tf C1 + C2 T2 /T1 C1 T1 /T2 + C2
Par additivité, ∆S = ∆S1 +∆S2 = C1 ln +C2 ln = C1 ln +C2 ln .
T1 T2 C1 + C2 C1 + C2
L’ensemble étant isolé de l’extérieur, Séch = 0. Le second principe donne Scr = ∆S.
d∆S C1 C2 C2 −C1 C1 C2 (1 − 1/x)
On pose x = T2 /T1 . Dans ce cas, = + 2
= . Ainsi ∆S est
dx C1 + C2 x C1 /x + C2 x C1 + C2 x
décroissante pour x ∈ [0, 1] ⇔ T1 > T2 puis croissante pour x ∈ [1, +∞] ⇔ T2 > T1 . Sa valeur minimale est
∆S = 0 pour x = 1 ⇔ T1 = T2 : la transformation est irréversible.
–2–
Dans le cas d’un thermostat (C2 → ∞), Tf = T2 donc ∆U2 = 0 et ∆S2 = 0.Le premier principe donne
T1
Q1 = ∆U1 = C1 (T2 − T1 ). L’entropie échangée vaut alors Séch,1 = Q1 /T2 = C1 1 − − 1 . La variation
T2
T2 T1 T1
d’entropie valant ∆S1 = C1 ln , on obtient Scr = C1 − 1 − ln qui est positive sauf pour T1 = T2 .
T1 T2 T2
Remarque : On retrouve les résultats de l’exercice 2 dans le cas isochore.
7 Mélange de deux gaz parfaits (*)
1. La transformation ressemble à une détente type Joule-Gay Lussac pour l’ensemble. On considère Σ =
{gaz 1 + gaz 2}. Ce système est isolé et ne reçoit aucun travail au cours de la transformation. Le premier
principe donne ∆U = 0. À l’équilibre final, l’ensemble se trouve à la même température Tf . On a donc
R R n1 T1 + n2 T2
∆U1 + ∆U2 = n1 (Tf − T1 ) + n2 (Tf − T2 ) = 0 soit Tf = .
γ−1 γ−1 n1 + n2
n1 RT1 n2 RT2
2. Le volume total vaut V = V1,i + V2,i = + . Chaque gaz vérifie la loi des GP pour la pression
P1 P2
n1 T1 + n2 T2
partielle : P1,f = n1 RTf /V et P2,f = n2 RTf /V . Il suit Pf = (n1 + n2 )RTf /V = n1 T1 n2 T2 .
P1 + P2
nk
3. On a Pf,k = Pf .
n1 + n2
γnk R Tf Pf,k
4. Pour chaque sous partie, ∆Sk = ln − nR ln . Si n1 = n2 = n, alors Tf = 21 (T1 +
γ−1 Tk Pk
Tf2
!
γnk R Pf,1 Pf,2
T2 ) et Pf,k = Pf /2. Par additivité, ∆S = ∆S1 + ∆S2 = ln − nR ln . Comme
γ−1 T1 T2 P1 P2
Pf2
!
Pf,1 Pf,2
ln = ln − ln 4 et ln 4 = ln(22 ) = 2 ln 2, on trouve le résultat demandé.
P1 P2 P1 P2
5. Dans ce cas, Pf = P0 et Tf = T0 donc ∆S = 2R ln 2 alors même que l’on mélange deux systèmes identiques
et que l’état final est caractérisé par les mêmes variables d’état que l’état initial : on pourrait penser qu’il ne
va pas y avoir d’évolution. On parle d’entropie de mélange.
8 Cycle monotherme (**)
1. Voir-ci contre. Le cycle tourne dans le sens horaire : il est donc moteur.
nRT0 nRT0
On a VA = = 12, 5 L VB = = 25 L. P
PA PB
A
2. La transformation A → B est isotherme mécaniquement réversible donc WAB =
VB QAB
−nRTA ln et, comme ∆UAB = 0, on obtient QAB = −WAB et Séch,AB = =
VA TA
VB VB
C B
nR ln . La variation d’entropie vaut ∆SAB = nR ln . Finalement, Scr,AB = 0 : V
VA VA
la transformation est réversible.
VA γ−1
3. Loi de Laplace : TA VAγ−1 = TC VCγ−1 donc TC = TA = 246 K. Bizarre pour une compression.
VC
Travail isobare : WBC = −PB (VC − VB ) = 9.102 J. Premier principe QBC = ∆UBC − WBC = −2, 0 kJ.
QBC γnR TC
4. Séch,BC = −1
= −6, 7 J.K et ∆SBC = ln = −5, 8 J.K−1 puisque PB = PC . Finalement,
T0 γ−1 TB
Scr,BC =
9 Expression de l’entropie d’un gaz parfait (**)
δQ
1. dS = + 0 car réversible. Premier principe : dU = δQ + δW = T dS − P dV . Comme H = U + P V ,
T
dH = dU + P dV + V dP = T dS + V dP.
nR nR nRT
2. Pour un gaz parfait, dU = dT donc T dS = dT + P dV . Pour un GP, P = donc on obtient
γ−1 γ−1 V
nR dT dV
dS = + nR .
γ−1 T V
–3–
R f dT Tf nR Tf Vf
3. Comme i = ln et pareil pour V , on obtient ∆S = ln + nR ln .
T Ti γ−1 Ti Vi
nR
d ln T + nRd ln V = 0 ⇔ d ln T + (γ − 1)d ln V = 0 ⇔ d ln T V γ−1 = 0 soit
4. Si dS = 0, on obtient
γ−1
T V γ−1 = cste au cours de la transformation.
10 Résistance thermique (**)
T2 − T1
1. On trouve T (x) = T1 + x.
L
2. En régime stationnaire, les grandeurs thermodynamiques ne varient pas dans le temps. On trouve ∆S = 0 dans
ce cas.
3. On considère Σ = {cylindre métallique}. Pendant dt, la face 1 reçoit un transfert thermique δQ1 = Φdt donc
Φdt
une entropie échangée δSéch,1 = . La face 2 va perdre cette énergie : δQ2 = −δQ1 et l’entropie échangée
T1
−Φdt 1 1
δSéch,2 = . Sur une durée ∆t, on obtient un bilan Séch = Φ∆t − .
T2 T1 T2
Scr 1 1 (T1 − T2 )2
4. Second principe : 0 = Séch + Scr donc =Φ − = . Comme l’entropie créée est positive
∆t T2 T1 Rth T1 T2
ou nulle, on trouve bien que Rth > 0.
5. On ré-écrit T1 − T2 = Rth Φ qui est analogue à la loi d’Ohm avec U ⇔ T1 − T2 la “différence de potentiel
[T ]
thermique” et I ⇔ Φ le “courant thermique”. [Rth ] = = K.W−1 .
[Φ]
11 Compression monotherme quasi-statique et réversibilité (***)
1. Équilibre mécanique des forces : Pj S = P0 S + (M + jµ)g. La transformation est monotherme donc Tj = T0 .
R
2. ∆Uj = n (Tj − Tj−1 ) = 0 donc Qj = −Wj = Pj (Vj − Vj−1 ) puisque la transformation est “monobare”
γ−1
µg µg nRTj−1
à Pj . Par ailleurs, Pj Vj = nRTj = nRT0 et Pj = Pj−1 + donc Pj Vj−1 = nRTj−1 + =
S S Pj−1
nRT0 (1 + xj ). Ainsi Qj = −nRT0 xj .
!
Pj
L’entropie échangée vaut Séch,j = Qj /T0 = −nRxj La variation d’entropie vaut ∆Sj = −nR ln =
Pj−1
−nR ln (1 + xj )
Finalement, l’entropie créée vaut Scr,j = ∆Sj − Sech,j = nR [xj − ln (1 + xj )] .
x2j x2j
3. Comme xj 1, on a ln (1 + xj ) ' xj − et donc Scr,j ' nR .
2 2
p p
X nR X mg/p
4. L’entropie créée totale vaut Scr,tot = Scr,j = x2j . Comme xj 6 x1 = , on trouve
j=1
2 j=1 M g + P0 S
nR 2 nRm2 g 2 1
Scr,tot 6 px1 = 2
.
2 2(M g + P0 S) p
5. Lorsque p → ∞, Scr,tot → 0 par encadrement (théorème des gendarmes). La transformation est réversible dans
la limite quasi-statique (états consécutifs infiniment proches |Pj − Pj−1 | → 0).
12 Détentes de Joule-Gay Lussac quasi-statique et réversibilité (**)
1. Lors d’une détente infinitésimale Vj = V1 + (j − 1)δV ⇒ Vj+1 après avoir ôté la j-ème cloison, le travail reçu
et le transfert thermique sont nuls donc ∆Uj = 0. Comme il s’agit d’un gaz parfait, Tj+1 = Tj = T0 par
récurrence immédiate. ! !
Vj+1 δV
2. Comme Qj = 0, Séch,j = 0 donc Scr,j = ∆Sj = nR ln = nR ln 1 + .
Vj Vj
p p ! p
Vj+1 Vj+1 V1 + V2
X X Y
3. Si l’on supprime toutes les parois, Scr,tot = Scr,j = nR ln = nR ln = nR ln .
j=1 j=1
Vj j=1
Vj V1
–4–
4. Pour la détente de Joule-Gay Lussac classique,
l’état final est à (T0 , V1 + V2 ) et, puisqu’il n’y a pas
V1 + V2
d’échange thermique, Scr = ∆S = nR ln .
V1
On obtient exactement le même résultat : la transformation est toujours irréversible. Il n’y a pas d’entropie
échangée pour contrebalancer l’entropie créée.
13 Entrée d’un gaz dans un récipient
1. On considère Σ = {gaz qui rentre dans le récipient}. Ce gaz ne reçoit pas de travail de la part du vide mais il est
nRT0
poussé par le reste de l’atmosphère qui l’entoure, à la pression P0 . Si on note Vi = le volume qu’il occupe
P0
initialement hors du récipient, le travail reçu au cours de la transformation vaut W = −P0 (Vf − Vi ) = P0 Vi
puisque Vf = 0 à la fin (tout le gaz est entré dans le récipient et n’est plus en contact avec l’atmosphère).
R
Premier principe : ∆U = W + Q donc n (Tf − T0 ) = P0 Vi = nRT0 . On trouve donc Tf = γT0 .
γ−1
γnR Tf
2. La variation de pression du système est nulle donc ∆S = ln . L’entropie échangée est nulle puisque
γ−1 Ti
γnR
la transformation est adiabatique et on trouve Scr = ln γ.
γ−1
D. Manuel –5– Lycée Janson de Sailly