Bonjour à tous.
Donc aujourd’hui, on va directement intégrer,
j’ai envie de dire, l’enregistrement comptable.
C’est-à-dire qu’on va assister à la création
d’une entreprise.
Comment passe-t-on des statuts de l’entreprise,
c’est-à-dire la partie juridique du montage
d’une entité comptable, je dirais à la partie
comptabilité financière. Comment les statuts
donnent naissance au premier bilan ?
Alors évidement, pour avoir une comptabilité,
il faut une source. Donc, la source est donnée
par les statuts. Les statuts, c’est ni plus ni
moins, je dirais, la rédaction du contrat
primaire qui permet à des associés de décider
de mettre des ressources en commun pour
répondre à l’objet social de l’entité. L’objet
social étant qu’est-ce qu’elle va faire, son
métier. Bien entendu, cet objet social, il est
borné. Est-ce qu’elle va faire de
l’information ? Est-ce une entreprise
industrielle ou une entreprise commerciale ?
Service éventuellement ? Et ensuite, il faut
qu’il désigne leurs apports respectifs.
Dans l’exemple que je vous montre, 7 associés
créent une SA, c’est-à-dire une société par
actions, c’est pour cela d’ailleurs qu’on les
appelle des actionnaires, si c’était des parts
sociales, on les appellerait des associées.
Donc, un actionnaire va apporter un brevet
d’une valeur de 300 000. Un autre actionnaire
va apporter un terrain pour une valeur de
150 000. Un troisième va apporter des titres
d’une société pour une valeur de 450 000. Ces
titres représentent, alors je le donne parce
que cela va être important mais j’y reviendrai,
25 pourcents du capital de l’entreprise qui est
visée, c’est-à-dire qu’au fond il y a un
actionnaire qui détient des actions d’une
société, il a décidé d’en faire un apport à
l’entité comptable qui deviendra de facto
propriétaire d’une partie du capital de cette
société. Un quatrième actionnaire apporte des
stocks, stocks de marchandises pour une valeur
de 150 000 et stocks de matière première pour
une valeur de 350 000. Un cinquième actionnaire
apporte une construction de 1 200 000 euros.
Par contre, il n’a pas fini de la financer.
Autrement dit, s’il apporte la construction
pour 1 200 000, il va apporter aussi la fin de
son endettement. Autrement dit, il va apporter,
j’ai envie de dire, le reste de son emprunt
qui, bien sûr, alors évidemment si l’emprunt
faisait la valeur de l’immo, il aurait un
apport nul, il faut donc que l’apport, soit du
moins la construction, ait une valeur
supérieure au montant emprunté, ce qui est le
cas. Attention son apport en patrimoine, cela
sera la différence entre 1 200 000 et 650 000.
Le sixième apporte une enveloppe de créances
clients, c’est-à-dire des clients qui lui
doivent des sous, donc il met en apport des
créances clients pour une valeur de 650 000. Et
enfin, un septième actionnaire apporte de
l’argent liquide. Il apporte un chèque de
200 000 et il apporte carrément, ce n’est pas
tellement représentatif, ce n’est pas tellement
possible dans la réalité mais admettons qu’il
apporte directement des billets de banque pour
une valeur de 50 000, ce qu’on appelle, nous,
de l’argent liquide.
Alors évidemment, toutes ces valeurs-là, le
comptable ne doit pas les challenger. Ces
valeurs sont inscrites dans les statuts, c’est
donc les actionnaires qui les ont valorisées.
Le comptable n’a pas à challenger si le terrain
de 150 000 vaut 150 000. Il n’a pas à
challenger si les stocks de marchandises valent
150 000 ou pas. Là, le comptable n’a pas cette
ambiguïté subjective de valoriser l’apport dans
les statuts. Il prend les statuts et il va les
incorporer dans le document comptable
« bilan ». C’est-ce que nous allons faire
maintenant.
Donc pour l’actionnaire qui a apporté le brevet
de 300 000, le brevet trouve sa place
naturellement dans les incorporels. Pourquoi ?
Parce qu’un brevet, c’est un actif, alors
attention, non négligeable dans bien des cas.
Si j’étais dans un labo pharmaceutique, c’est
probablement les brevets qui apportent le plus
de valeur. PFIZER, qui est un grand labo
pharmaceutique, est valorisé principalement
avec ses incorporels. Au fond, on a parlé
longuement du Viagra pendant je crois loin
d’une décennie. Le Viagra faisait partie
principalement, c’était la valeur de PFIZER,
c’est-à-dire que la valorisation presque
boursière de PFIZER tient presque parfois à
quelques pépites comme certaines molécules qui
vont se vendre mais comme des petits pains, je
dirais, dans toutes les pharmacies. Petits
pains, ce n’est peut-être pas bien choisi.
Ensuite, le second actionnaire apporte, lui, le
terrain. Alors le terrain, c’est un actif long
terme, un actif long terme et avec une vraie
structure, je dirais physique, donc il est tout
à fait normal que ce terrain aille se ficher
dans les actifs corporels de l’entreprise.
Celui qui apporte des titres, de manière très
intuitive, vous qui nous regardez, vous les
auriez mis dans les actifs financiers parce que
ce sont des actions. Etre propriétaire d’un
titre, c’est tenir une part du capital d’une
autre entreprise. C’est donc naturellement un
actif long terme financier. Long terme,
pourquoi ? Parce qu’on n’achète pas 1 quart du
capital d’une entreprise comme cela. Quand on
achète 25 pourcents d’une l’entreprise, c’est
que véritablement on cherche à s’immiscer dans
la gestion de l’entreprise. C’est pour cela
qu’on peut naturellement le qualifier comme un
actif long terme, j’ai envie de dire non
spéculatif.
Celui qui apporte les marchandises et les
matières premières, naturellement, nous avons
la case pour réceptionner ces marchandises et
ces matières premières en stock. Ce sont des
apports naturels classiques en entreprise qui
consistent à apporter tout ce qui va nous
permettre de commencer à commercialiser les
marchandises ou les matières premières qui vont
se transformer en produits finis.
Celui qui nous apporte la construction de
1 200 000, au fond il ne nous apporte pas
1 200 000. Il nous apporte 1 200 000, mais
attention il nous apporte un complément
d’endettement. Ce complément d’endettement fait
apparaître que son apport n’est que la
différence entre la valeur apportée et le pool
de dettes qu’il nous apporte, donc la
différence fait le véritable apport.
Les créances clients, naturellement rien que le
nom indique leur emplacement, donc créances
clients se situent dans le nos créances. Alors
attention le titre créance est un terme
générique. Il peut y avoir des créances clients
mais il y a aussi des créances sur l’Etat si
l’Etat nous doit des sous, etc.
Enfin, le dernier apporteur nous apporte de la
liquidité. Donc lui, il nous apporte de
l’argent sous forme, j’ai envie de dire
scripturale, la caisse, l’argent liquide pur,
mais aussi il nous apporte un compte bancaire
qui va être à la disposition de l’entreprise
pour payer quoi que ce soit.
La valorisation complète de ces actifs, elle va
être transposée ici, dans le compte capital. Le
compte de capital va donc apparaître pour la
différence entre 3 400 000 et 650 000. C’est le
véritable apport effectué à l’entreprise.
A ce moment-là, on peut se poser quelques
questions. La première, c’est est-ce-que le
capital a une raison de bouger dans la vie de
l’entreprise ? Officiellement jamais. Le
capital, une fois qu’il est inscrit et qu’il
est correspond aux statuts, est immuable. Alors
attention, cela ne veut pas dire qu’on ne peut
pas, par dérogation, par décision expresse des
assemblées générales souvent extraordinaires,
ne pas décider d’augmenter le capital, voire
dans les cas exceptionnels on le verra réduire
le capital, mais officiellement sans décision
prise à des majorités très élevées de
l’assemblée générale extraordinaire, le capital
ne bougera jamais.
Par contre, de quoi est-il représentatif ce
capital ? Ce capital, au fond, il nous permet
de faire un camembert qui va nous permettre
d’attribuer les différents pouvoirs de décision
que possèdent chacun des apporteurs ? Par
exemple celui qui a apporté le brevet, il a
apporté 300 000, cela va lui permettre d’avoir
un pourcentage de pouvoir, c’est-à-dire un
pourcentage de capacité à imposer ses vues lors
de la gestion de l’entreprise. Cela va lui
permettre aussi de pouvoir avoir une quote-part
du bénéfice une fois que celui-ci sera
transformé en dividendes, c’est-à-dire qu’il
aura une rétribution proportionnelle à ce
fameux pourcentage.
En règle générale, quand on a un capital comme
celui-là, on donne un nombre d’actions. Alors
par exemple ici, imaginons que la valeur
nominale de l’action soit de 100 euros. Cela
veut dire concrètement que nous avons 27 500
actions à 100 euros. Ces 27 500 actions vont se
partager, alors imaginons que l’apporteur du
brevet a apporté 300 000, lui il dispose de
3 000 actions, c’est-à-dire un nombre d’actions
proportionnel à son apport.
Autrement dit le capital se construit en un
volume d’actions que multiplie une valeur
nominale, c’est-à-dire le prix de l’action.
Donc le prix de l’action au moment de la
création de l’entreprise, c’est la valeur
indiquée dans les statuts, c’est-à-dire la
valeur nominale. Et si on faisait une petite
parenthèse ici, les capitaux propres à ce
moment-là, la valeur dans l’entreprise, c’est
bien 2 750 000. Si je dois dire combien vaut ma
boîte, à ce moment-là, elle vaut 2 750 000.
C’est le patrimoine de l’entreprise, c’est sa
richesse. Telle est la transformation des
statuts via la mécanique comptable de
l’enregistrement au bilan.