Introduction au marketing et concepts clés
Introduction au marketing et concepts clés
Le marketing (ou mercatique) est une discipline ancienne. Il est apparu aux États-Unis dans les
années 50. Si aujourd’hui le marketing semble indispensable au succès de toute entreprise, il n’en a
pas toujours été de même. Ce n’est qu’à partir des années 1950 que le marketing a trouvé sa véritable
place et son véritable rôle. A cette époque, le développement de la concurrence, l’augmentation du
pouvoir d’achat et l’exigence accrue des consommateurs ont rendu non évident pour une entreprise la
vente de ses produits. Il fallait alors adopter une nouvelle démarche de conception et de
commercialisation des produits ; une démarche qui ne part plus d’un produit que l’entreprise souhaite
écouler à tout prix, mais du client pour qui l’entreprise élabore une offre destinée à le satisfaire. Bref,
il fallait adopter et pratiquer le marketing. Mais qu’est-ce que le marketing ?
1) Définitions du marketing
Il existe de nombreuses définitions du marketing. Nous pouvons répartir ces définitions en trois
catégories :
Des définitions qui mettent en avant l’état d’esprit de l’entreprise vis-à-vis de ses
relations avec le marché. Le marketing permet ainsi « la conquête scientifique et
profitable des marchés » et « l’adaptation de l’entreprise à son environnement ».
Des définitions qui mettent plutôt l’accent sur la démarche et les moyens à utiliser. Le
marketing « est un ensemble d’actions qui, dans une économie de marché, ont pour objectif de
prévoir ou de constater, et le cas échéant de stimuler, susciter ou renouveler les désirs des
consommateurs en telle catégorie de produits et de réaliser l’adaptation continue de
l’appareil productif et de l’appareil commercial d’une entreprise aux désirs ainsi
déterminés ».
Enfin, certaines définitions s’intéressent au rôle social du marketing. Selon P. Kotler et B.
Dubois, « le marketing est le mécanisme économique et social par lequel individus et
groupes satisfont leurs besoins et désirs au moyen de la création et de l’échange de
produits et autres entités de valeur pour autrui ».
Certaines définitions du marketing font l'objet de critiques parce qu’elles sont partielles,
péjoratives ou idéalistes.
Les définitions partielles du marketing émanent de personnes qui ne connaissent pas bien
le marketing. Elles réduisent le marketing aux méthodes d’étude de marché ou à la
publicité ou aux méthodes modernes de vente. Ces définitions comportent une part de vérité
: les études de marché, la publicité et les méthodes de vente sont, en effet, des outils du
marketing, parmi beaucoup d’autres, mais elles ne se confondent pas avec lui.
Les définitions péjoratives confondent le marketing avec les « techniques agressives de
vente » (présentation alléchante des produits, promotion intensive, pression des vendeurs sur
les acheteurs potentiels, etc.).
Les définitions « idéalistes » mettent l’accent sur l’aspect socialement positif du
marketing, à savoir son orientation vers la satisfaction des consommateurs. Un professeur
américain, Theodore Levitt, a été le premier à proposer ce type de définitions. Pour lui, et pour la
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plupart des auteurs américains, le marketing est avant tout une attitude mentale caractérisée par la
primauté accordée aux consommateurs et par le souci d’offrir des satisfactions à leurs besoins, à leurs
attentes et à leurs désirs. Les définitions de ce genre ont raison de mettre l’accent sur le concept de
satisfaction des besoins du client qui est la base même du marketing. Mais elles commettent
l’erreur de présenter la satisfaction de ces besoins comme le but du marketing, alors qu’elle n’en
est que le moyen essentiel.
b) Les produits
Le produit est tout ce qui peut être offert sur le marché et qui est apte à satisfaire un besoin ou un
désir. Il peut s’agir de biens matériels (poste radio, marmite, chaises, vêtements, etc.), de services
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incorporels (crédits bancaires, contrats d’assurance, programmes de télévision, etc.) ou encore d’une
combinaison des deux (hôtels, transport aérien, automobiles vendus avec une garantie, etc.).
L’extension des domaines du marketing fait que, parfois, le produit désigne des entités complexes
telles qu’un endroit (un site touristique, un pays à promouvoir), une organisation (club sportif, parti
politique), une personne (un candidat aux élections), une idée (santé, prévention contre le Sida,
politique) ou encore des événements (coupe du monde, coupe d’Afrique des nations, les jeux
olympiques, les foires et salons professionnels).
c) La valeur, le coût et la satisfaction
Pour pouvoir choisir entre différents produits susceptibles de satisfaire le même besoin, le
consommateur définit la valeur de chaque produit. On appelle valeur, la capacité perçue d’un
produit à satisfaire un ensemble de besoins à un prix raisonnable. Si le consommateur est
rationnel, il va comparer la valeur et le coût de chaque objet, il cherchera à optimiser son choix ; c’est-
à-dire qu’il va choisir l’objet qui, à prix égal, maximise sa satisfaction en lui procurant la valeur la plus
élevée.
Deux parties échangent lorsqu’elles négocient en vue d’un accord. Si un accord intervient, on dira
qu’une transaction a eu lieu. La transaction sanctionne l’échange entre les deux parties. La
transaction est un accord sur les biens échangés, les termes, le moment et le lieu de l’échange.
C’est également un acte par lequel au moins deux parties concrétisent un accort d’échange de valeur.
Lorsque les accords entre les parties se prolongent pour constituer un partenariat durable, on peut
parler de relations. La relation : la manière de concevoir l’échange de valeur avec un client dans le
but d’établir, d’enrichir et de consolider les liens d’affaires personnalisés et durables pour mieux
répondre à l’ensemble de ses besoins.
e) Le marché
Le marché : est l’ensemble des acheteurs actuels et potentiels d’un produit.
2) Phase de vente
De la fin de la crise de1929 à 1950 environ. Au cours de cette période, les revenus ont augmenté, les
individus commencent à souhaiter une gamme plus étendue de produits, la concurrence s’est accrue.
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Les excédents et la surproduction devinrent des facteurs économiques importants. Les entreprises
prirent conscience qu’il ne suffit pas de produire pour vendre. La demande exprimée par les agents
économiques joue alors un rôle essentiel.
Des aménagements importants apparaissent dans l’organisation commerciale :
- adaptation des circuits de distribution :
les grands magasins évoluent,
les magasins populaires se développent,
de nouvelles techniques de vente apparaissent (libre-service),
le nombre d’intermédiaires (grossistes) se réduit.
- Modification des procédés de communication :
la publicité remplace la réclame,
les grandes agences de publicité sont fondées à partir de 1930.
- Perfectionnement des techniques d’enquête et de sondage d’opinion.
- Les services de vente deviennent autonomes et le prestige de la force de vente s’accroît,
cependant les vendeurs ont recours à des techniques de pression, ce qui continue aujourd’hui
de ternir l’image de ce métier.
3) Phase de marketing
Le début de la phase de marketing se situe dans les années 50. Après la seconde guerre mondiale, on a
enregistré un très fort accroissement du pouvoir d’achat et de la demande de biens et services. Les
habitudes d’achat évoluent ; le cycle de vie des produits se raccourcit ; les marchés se segmentent,
s’élargissent et se complexifient. Cette phase est caractérisée par le passage des techniques agressives
de vente à la volonté de satisfaire les besoins des consommateurs. Le client occupe le centre de la
réflexion économique de l’entreprise.
- Les techniques de distribution s’affinent (Grandes surfaces en libre-service intégral) ;
- Le commerce de détail se transforme ;
- Création des départements marketing dans les entreprises, dirigés par des spécialistes qui
analysent les besoins et les attentes du marché pour les départements de recherche et
développement, de conception et de production.
1) L’optique production
L’optique production correspond à la conception traditionnelle de l’entreprise, où la préoccupation
majeure des dirigeants est la fabrication. C’est le règne des techniciens et des ingénieurs.
Elle suppose que le consommateur choisit les produits en fonction de leur prix et disponibilité. Le rôle
prioritaire du gestionnaire est alors d’accroître l’efficacité de la production, de réduire les coûts et de
distribuer massivement ses produits. Les problèmes de commercialisation ne sont abordés qu’après la
fabrication. Ils se limitent à l’écoulement de la production à travers le système de distribution.
Cette optique semble appropriée lorsque :
- La demande excède l’offre et qu’il n’existe pas de problème majeur d’absorption de la
production par le marché (c’est le cas des périodes de pénurie) ;
- La demande ne dispose que d’un très faible pouvoir d’achat ;
- L’entreprise veut baisser substantiellement le coût du produit afin d’élargir le marché.
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2) L’optique produit
L’optique produit repose sur l’idée que le consommateur préfère le produit qui offre les meilleures
performances ou la meilleure qualité. L’entreprise se consacre en priorité à améliorer la qualité de sa
production. Le risque, dans une telle approche, est de « tomber amoureux » du produit que l’on
fabrique au point de sous-estimer les réactions du marché ou de ne plus chercher à les comprendre.
Cette optique se rencontre dans de nombreux domaines notamment ceux où la technologie est
traditionnellement dominante.
3) L’optique vente
Il s’agit de vendre le plus possible au plus grand nombre de clients possibles, sans forcément se
préoccuper de l’utilité réelle du produit pour les acheteurs et donc des chances de les fidéliser. Cette
optique est fréquemment utilisée pour les produits non souhaités par les consommateurs, comme les
polices d’assurance ou les encyclopédies. De nombreuses entreprises qui adoptent l’optique vente sont
en situation de surcapacité. Leur but est de vendre ce qu’elles produisent plutôt que de produire ce
qu’elles pourraient vendre. Cependant, cette approche comporte des risques importants, car elle
suppose que les clients qui sont amenés à acheter le produit l’apprécieront et que, dans le cas contraire,
ils ne le rapporteront pas et n’en diront pas de mal à leurs proches. Ces hypothèses se vérifient
rarement.
Cette optique est associée aux économies d’abondance, de consommation de masse et de forte
concurrence. Leur but immédiat est d’attirer des clients pour écouler leur production.
4) L’optique marketing
L’optique marketing, qui a émergé dans les années 50, reconnaît la souveraineté du consommateur.
Contrairement à l’optique vente, l’entreprise ne part plus d’un produit que l’on souhaite écouler à tout
prix, mais du client pour qui elle élabore une offre destinée à le satisfaire. En effet, l’entreprise qui
travaille dans l’optique marketing essaye de connaître et d’analyser les attentes des consommateurs
avant de mettre au point les produits (leurs caractéristiques, le design, les quantités, la marque, le
conditionnement,…) et de déterminer les conditions de leur commercialisation (le prix de vente, le
système de distribution, le mode de communication,…).
Theodore Levitt a bien exprimé le contraste entre vente et marketing : « La vente se concentre sur les
besoins du vendeur ; le marketing sur ceux de l’acheteur. La vente se préoccupe de convertir le
produit du vendeur en monnaie courante et trébuchante ; le marketing, de satisfaire les désirs du
client à l’aide du produit et de tout ce qui est associé à sa création, sa distribution et sa
consommation. ».
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les désirs des marchés visés, et de les satisfaire d’une manière plus efficace que la concurrence
mais également préserve ou améliore le bien-être des consommateurs et de la collectivité.
Aujourd’hui un grand nombre d’entreprises dans le monde sont en phase de marketing, même si
certaines d’entre elles sont encore en phase de vente, voire de production. D’autres encore, les plus
modernes, ont commencé une phase sociétale à la suite d’une adhésion à une législation restrictive
voire à une prise de conscience de l’impact de leurs décisions sur la société (préoccupations liées à
l’environnement, aux réactions négatives des consommateurs…) mais ne sont encore qu’une minorité.
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En conclusion, l’attitude marketing consiste à prendre ses décisions en fonction des clients et non pas
seulement du producteur.
2) La démarche marketing
La démarche marketing comporte deux phases essentielles, complémentaires et liées (voir le
schéma ci-dessous):
- La phase de connaissance ou d’étude : La première phase de cette démarche est l’étude des
besoins et des attentes des consommateurs potentiels. Pour faciliter son adaptation au marché,
l’entreprise est amenée à diviser le marché en des sous ensembles homogènes (des segments)
et à sélectionner une (ou plusieurs) cible(s).
- La phase d’action : Pour chaque cible retenue, l’entreprise définit ensuite quatre variables
dont elle a la maîtrise et qui constituent ce que l’on appelle le marketing-mix : le produit, le
prix, la distribution et la communication.
L’évaluation des résultats obtenus permet par la suite de corriger les erreurs observées dans les
différents niveaux de la démarche.
ANALYSE DIAGNOSTIC
Analyse externe (marché) : Analyse interne (entreprise) :
permet de déceler les permet de connaître les forces et
opportunités et les menaces les faiblesses de l’entreprise)
Marketing-mix (actions
opérationnelles) :
- Produit
- Prix
- Distribution
- Communication
La démarche marketing peut également être définie d’une autre manière en distinguant trois phases
correspondant aux trois facettes du marketing : une démarche d’abord analytique, puis stratégique, et
enfin une démarche opérationnelle.
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a) Démarche analytique, ou marketing d’études
Cette première phase de la démarche marketing consiste à étudier les différentes composantes du
marché et de son environnement avant de prendre toute décision stratégique. Ces études portent le plus
généralement sur le marché, ses principaux acteurs dont notamment le consommateur, son
environnement, ses produits, ses circuits de distribution, ses modes de communication,…
Une partie de l’étude porte également sur l’entreprise elle-même, ses produits, ses marques, sa
distribution, sa communication, sa politique commerciale,…
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- La politique de communication et de promotion, qui consiste à influencer les attitudes et les
comportements du public par la publicité, les relations publiques, les opérations
promotionnelles, etc.
Quel que soit le domaine d’application, le marketing s’appuie sur une même démarche de base
pour aborder les problèmes de toute organisation qui désire faire adopter certains comportements par
les publics qui l’intéressent. Cette démarche comprend toujours deux phases essentielles : la
connaissance des publics visés et la réponse de l’organisation avec le choix de stratégies et de
politiques visant à modifier le comportement de ces publics dans un sens favorable à la réalisation des
objectifs de l’organisation. Des différences et des adaptations de la démarche peuvent être
nécessaires mais elles ne sont que de degré et non de nature.
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K. Galbraith (1970) : « Il est faux de croire que l’initiative appartient aux consommateurs dont les
injonctions commanderaient toute la politique commerciale des firmes ».
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La valeur perçue n’est pas la qualité : suivant le même principe, la valeur perçue d’une offre
peut être supérieure à celle d’une autre, même si sa qualité est inférieure. Les « premiers
prix » en font la démonstration : leur offre est souvent d’une qualité inférieure à celle des
grandes marques ; cependant, soit que la contrainte budgétaire du client est importante, soit
que le client ne veut pas, pour la catégorie de produit envisagée, d’une qualité supérieure, les
premiers prix peuvent avoir une valeur perçue supérieure à celle d’une marque de qualité.
La valeur perçue étant un rapport entre bénéfices et coûts, elle est relative . Une offre aux
bénéfices réduits peut avoir une valeur supérieure pour le client si les coûts sont eux-mêmes
faibles. Inversement, une offre aux coûts importants peut avoir de la valeur si les bénéfices
perçus sont encore supérieurs.
Tous les clients n’ont pas les mêmes attentes, ni la même perception des coûts et des
bénéfices. Parce que la valeur à laquelle s’intéresse le marketing est de la valeur perçue, il est
indispensable – comme dans toute bonne démarche marketing – de segmenter son public en
fonction des bénéfices attendus et des sacrifices acceptables. Il s’agira ensuite de cibler
certains segments en fonction de la capacité de l’entreprise à satisfaire cette cible mieux que
les concurrents.
2) Les leviers de création de valeur
Les leviers traditionnels du marketing : segmentation, positionnement, 4P concourent tous à la
création de la valeur perçue. Il faut noter que tous les clients n’ont pas la même perception des
bénéfices et des coûts et les gens de marketing doivent cibler avec justesse le public visé. Le
positionnement est essentiellement le choix d’une proposition de valeur à faire au client : quels sont
les traits saillants de l’offre qui vont le mieux influencer la perception de sa valeur ?
Pour créer de la valeur on peut soit accroître les bénéfices perçus, soit réduire les coûts perçus.
On peut réduire les coûts perçus en :
Baissant le prix (le problème : c’est coûteux pour l’entreprise !) ;
Modifiant la perception du prix : revoir la structure de coût en incitant le client à prendre une
partie du travail à sa charge (exemple : Ikea qui fait monter les meubles par les clients, etc.) ;
réduire le prix de l’équipement et se rattraper sur le consommable (méthode inventée par
Gillette qui vendait ses rasoirs sans marge et se rattrapait sur les lames) ; faire des promotions
ciblées, etc.
Réduisant les autres coûts pour le client : faire économiser du temps et des efforts en
favorisant l’accès à l’information, en facilitant le processus d’achat par l’automatisation, la
personnalisation ou une distribution multicanale ; réduire le risque perçu par les certifications,
les garanties et les politiques de marque ; etc.
On peut accroître les bénéfices perçus en :
Créant un nouveau type de produit (innovation de concept) ;
Renforçant les performances du produit ;
Améliorant l’identité sensorielle du produit (design, décor, toucher, odeur, goût, etc.) ou
le packaging (commodité, perception de qualité, image, …) ;
Développant les services associés (accueil, information, conseil, facturation, paiement,
réservation, réalisation de la prestation, formation, maintenance, réclamation, fidélisation,
…) ;
Accroissant la qualité perçue (durabilité, réduction des pannes, etc.) ;
Valorisant la marque (style de vie, prestige, etc.).
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Dans la démarche de création de valeur, le rôle du marketing est important mais non exclusif : les
fonctions de recherche et développement, de production, de vente, de service clients sont aussi
impliquées dans le processus. On a résumé ce processus dans la figure ci-dessus :
Clients Entreprise
Besoins / valeur Ecouter Valeur visée /
attendue stratégie
Communiquer
Satisfaction
Performance
op
érationnelle
Valeur perçue Valeur proposée
Expérience
L’entreprise doit écouter les clients pour identifier leurs besoins ou pour valider l’intérêt de ses
innovations (la fonction marketing est créative et pas seulement réactive). A partir du projet
marketing, la R&D et la production doivent pouvoir répondre au cahier des charges. La
communication de l’entreprise influence la perception des clients en transformant les besoins en valeur
attendue, c’est-à-dire qu’elle contribue à expliciter et à formaliser les attentes des clients. L’expérience
par le client de l’offre se traduit par une valeur perçue qui, si elle est égale ou supérieure à sa valeur
attendue conduit à sa satisfaction.
Toutefois, ce processus vertueux peut avoir de nombreux ratés. L’entreprise peut mal interpréter les
signaux des clients ou mal définir la stratégie. La mise en œuvre par la R&D, le marketing ou la
production peuvent aboutir à un produit qui ne correspond pas à l’offre voulue. Les conditions
d’utilisation du bien ou la prestation de service peuvent mal se passer, détériorer la valeur perçue et
créer un écart négatif par rapport aux attentes. L’entreprise peut aussi surpromettre, augmentant ainsi
le niveau des attentes et créant de l’insatisfaction.
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- Elaboration et test du ou des supports d’enquêtes.
Ces études consistent à collecter sur le terrain des informations précises et chiffrées sur
la population dont on veut connaître et dénombrer les caractéristiques, les opinions, les
comportements, les attitudes,…
Réalisées à l’aide des questionnaires, elles sont menées soit :
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- Par recensement ou enquête exhaustive qui consiste à interroger tous les
individus d’une population lorsque celle-ci est peu nombreuse (en général, inférieure à 1000
individus) ;
- Par sondage auprès d’un échantillon représentatif lorsque la population mère
est très importante ou que le budget et le délai de réalisation sont limités.
Exemple : la société Camlait voudrait mener une étude sur le degré de satisfaction de ses clients de la
région de l’Ouest Cameroun.
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- La répartition de la population par département est la suivante :
Départements Population
NDE 200 000
NOUN 400 000
MENOUA 500 000
MIFI 400 000
HAUT NKAM 250 000
BAMBOUTOS 450 000
KOUNG KHI 140 000
HAUT PLATEAUX 160 000
2 P∗Q
n=t 2
E
Où :
Choisir un seuil de confiance à 99% signifie qu’en tirant 100 fois de suite un échantillon de la
population à étudier, sur les 100 échantillons ainsi obtenus, il y en aurait qu’un dont les résultats
risqueraient être différents des résultats des 99 autres. En général dans les études mercatiques, on se
contente d’un seuil de confiance de 95%.
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- « e » la marge d’erreur exprimée en pourcentage représente la précision
désirée ou intervalle de confiance.
Ainsi, dans l’hypothèse où la marge d’erreur acceptée est de 4%, où les résultats à une
question posée à l’échantillon sont : oui = 40% et non = 60% dans la population mère, les « oui »
seront compris entre 36% et 44% et les « non » entre 56% et 64%.
En général, la valeur de « e » retenue est comprise entre 2% et 6%.
Il faut remarquer que la précision des résultats est l’avantage lié à la taille absolue de
l’échantillon qu’au taux de sondage (n/N).
Ainsi, les résultats obtenus auprès d’un échantillon de 500 personnes extrait d’une
population de base de 50 000 personnes comportent la même marge d’erreur que ceux obtenus auprès
d’un échantillon de 500 personnes extrait d’une population de base de 500 000personnes.
- « p » représente la proportion des individus présentant une
caractéristique donnée que l’enquête est chargée d’estimer et Q = 1-P représente le pourcentage
(proportion) ne présentant pas ladite caractéristique.
Comme dans la plupart des cas cette proportion est inconnue, on prend l’hypothèse la
plus défavorable pour laquelle la population se répartit en part égale soit P=Q=50%.
Le produit P x Q peut donc être considéré comme un indicateur du degré
d’homogénéité de la population.
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- difficulté d’entrer en relation
- rapidité d’exécution quelque soit la avec l’enquêté ;
Par téléphone localisation géographique de - absence d’identification de la
l’enquêté ; personne interrogée ;
- coût réduit ; - temps limité de l’enquête.
- absence physique de l’enquêteur.
- possibilité d’interroger des individus - taux de retour faible ;
Par voie postale géographiquement dispersés à moindre - représentativité incertaine de la
coût ; population mère.
- grande liberté de réponse laissée à
l’enquêté ;
- possibilité de poser un grand nombre
de questions.
6- La rédaction du questionnaire
Pour obtenir des bonnes réponses, encore faut-il poser des bonnes questions ! La
rédaction du questionnaire est une des tâches les plus importantes de la réalisation d’une étude car elle
en conditionne en grande partie les résultats.
Une question mal formulée, dont mal comprise par l’enquêté, un questionnaire mal
adapté au mode d’administration et au mode de traitement retenu sont des causes pouvant altérer la
qualité des informations recueillies et donc leur interprétation.
a) Précautions à prendre
Avant d’élaborer le questionnaire, il convient de lister les seules informations
nécessaires à la prise de décision en éliminant celles qui n’ont pas de rapport direct avec l’objet de
l’étude.
Les questions non indépendantes ou dont la réponse peut être obtenue par
d’autres moyens (étude documentaire par exemple) allongent inutilement le questionnaire, ce qui peut
entraîner un refus de répondre, une lassitude de l’enquêté ou des réponses manquant de sincérité.
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En outre, poser les questions dont la réponse est supposée connue conduira à dévaloriser l’enquêté et
donner une piètre image de l’entreprise (par exemple lors d’une enquête de satisfaction de la clientèle
demander au client enquêté s’il a fait appel au service après vente dans les 06 derniers mois).
b) Les différentes formes de question
Quel que soit la forme retenue, il est impératif que les questions posées soient comprises le plus
clairement possible par toutes les personnes interrogées.
Conçues à la base par des psychologues et des sociologues, elles permettent d’évaluer le niveau
d’acceptabilité de l’enquêté par rapport à une proposition qui lui est faite.
En marketing, les échelles les plus utilisées sont celles de LIKERT et d’OSGOOD.
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- L’échelle de LIKERT : elle permet de mesurer le degré d’accord ou de désaccord
de l’enquêté par rapport à une affirmation énoncée par l’enquêteur.
Avec cette affirmation, chaque réponse étant affectée d’une note, il suffit de faire la somme des notes
attribuées par chaque enquêté pour calculer le score de la proposition.
Mauvais 1 2 3 4 5 6 Bon
Souvent utilisées pour connaître l’opinion du consommateur sur tel ou tel sujet,
elles laissent toute liberté de réponse à l’enquêté.
Ex : que pensez-vous du cours de technique de marketing approfondi ?
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Pour éviter d’interroger des personnes n’appartenant pas à la population mère, il convient de prévoir
en début de questionnaire une question filtre. Ainsi par exemple lors d’une étude sur les transports en
commun d’une ville, la population mère est constituée de l’ensemble des habitants. C’est pourquoi, si
l’on administre le questionnaire dans la rue, il convient de poser la question filtre suivante : « habitez-
vous à … » ?, de façon à ne pas interroger pour rien les personnes qui sont de passage et qui, de ce
fait, n’appartiennent pas à la population mère.
e) Le test du questionnaire
Il est vivement conseillé avant de commencer l’enquête de tester le
questionnaire pour :
- S’assurer de la bonne compréhension et de la cohérence de l’ensemble des
questions ;
- Vérifier que sa longueur ne lasse pas l’interviewé.
Ce test réalisé en général auprès de 10% de l’échantillon, conduit souvent à
modifier certaines questions ou en réduire le nombre.
5- La conduite de l’enquête
La fiabilité de l’enquête par sondage dépend en grande partie de la qualité de la
collecte des informations donc de la compétence et le sérieux des enquêteurs. C’est pour cette raison
qu’il est nécessaire de former et de contrôler les enquêteurs.
a) La formation des enquêteurs
Elle portera sur :
- Le questionnaire lui-même : lecture approfondie avec un commentaire sur chaque
question ;
- Le mode d’administration selon qu’il soit par téléphone ou en face à face ;
- La méthode d’échantillonnage surtout dans le cas de la méthode des quotas qui
nécessite un soin particulier.
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- Le plan de dépouillement
Lorsque l’outil informatique est utilisé, ce travail préparatoire va consister à
concevoir une codification pour chaque question et chaque réponse et enfin à prévoir les traitements
spécifiques à réaliser (type de tri, d’analyse).
Exemple de codification
- Le tri croisé
Il permet de comparer les réponses à une question aux réponses à une autre question. Il permet de
vérifier notamment l’existence d’une relation entre la réponse à une question de comportement ou
d’attitude et la réponse à une question signalétique (sexe, âge, csp,…).
Supposons que l’on croise la question « faites-vous des achats en supermarché »
avec la question relative au sexe. Le tri croisé pourrait présenter les résultats suivants :
Pour le tri croisé, il peut être réalisé des pourcentages en ligne et des pourcentages en colonnes.
d) Pourcentages lignes
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Réponses M F Total
Jamais 40% 60% 100%
Moins de 10 fois par an 44% 56% 100%
Plus de 10 fois par an 40% 60% 100%
e) Pourcentages colonnes
Réponses M F
Jamais 19.05% 20.69%
Moins de 10 fois par an 52.38% 48.28%
Plus de 10 fois par an 28.57% 31.03%
Total 100% 100%
Elle comporte :
- Le nom du commanditaire ;
- Le nom du chargé d’étude ;
- La date de réalisation ;
- Les objectifs de l’étude ;
- La méthodologie suivie ;
- La présentation des résultats les plus importants ;
- La principale conclusion ;
- Les recommandations et propositions d’actions.
I – LA POLITIQUE DE PRODUIT
1) CONCEPT ET CARACTERISTIQUES DU PRODUIT
a) Le concept de produit
Le produit est un bien ou un service offert sur le marché de façon à y être remarqué,
acquis ou consommé en vue de satisfaire un besoin.
Un produit est destiné à être vendu. Pour trouver acquéreur, il doit répondre aux
attentes du consommateur. Le produit est composé d’un ensemble de caractéristiques fonctionnelles
(produit matériel, service) et des caractéristiques d’image (marque, emballage, design). Les
entreprises proposent toujours un nombre croissant des produits pour le marché avec l’espoir de les
voir accéder un jour au produit éternel.
Tout produit doit répondre aux attentes des consommateurs. Qu’il soit matériel ou
immatériel, il satisfait les besoins de la vie quotidienne ou participe au bien être et à l’amélioration
de la vie des consommateurs.
b) Caractéristiques des produits
- Bien matériel et immatériel
La satisfaction des besoins des consommateurs est directement liée à la
production des biens et services matériels et immatériels.
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- Biens matériels : il s’agit des biens ayant un corps certain. C’est ainsi qu’on peut se nourrir
en achetant de la nourriture. On peut se loger en achetant une maison.
- Biens immatériels : ils sont constitués pour la plupart des services. Ainsi on peut se nourrir
en allant au restaurant. On peut se loger en louant un appartement.
Les besoins des consommateurs évoluant, l’entreprise cherche à satisfaire ces nombreux
besoins. Le nombre de produits présents sur le marché augmentent et doivent être recensés.
Il est tout d’abord nécessaire de classer les produits à partir des caractéristiques, ensuite du
type de clientèle visé, du mobile d’achat, de la fréquence d’achat. La classification suivante est
retenue :
Produit
Produits Produits
banals anomaux
Ventes
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L’évolution des biens, des goûts et du comportement des consommateurs pousse
les entreprises à s’adapter au changement. Si certains produits disparaissent
rapidement du marché, d’autres y restent très longtemps.
- Phase de lancement : le produit est nouveau sur le marché. Le niveau des ventes est
encore faible. Cependant, les coûts de production, de distribution et de communication sont très
élevés. Pendant cette phase, les résultats sont généralement négatifs. L’entreprise doit beaucoup
investir dans la distribution et la communication. Elle peut pratiquer des prix de pénétration.
- Phase de croissance : les ventes s’améliorent grâce à l’action de communication et le
dynamisme de la force de vente. Les coûts de production, de distribution et de communication
commencent à diminuer. L’entreprise devient plus compétitive. Généralement à cette phase,
l’entreprise atteint le seuil de rentabilité et entre dans la zone de bénéfice. Elle doit continuer à
investir dans la communication et la distribution. Des actions doivent être menées sur le produit
avec notamment l’élargissement de la gamme de produit.
- Phase de maturité : ici, la cible visée est presque entièrement atteinte. Les ventes
atteignent le niveau le plus élevé et se stabilisent. Car tous les segments de marché sont atteints. A
cette phase, les actions de fidélisation de la clientèle doivent être menées. De même un accent
particulier sera mis sur le mix produit (innovation sur le conditionnement, sur l’emballage). A cette
phase, l’entreprise doit penser au produit de substitution.
- Phase de déclin : ici, les ventes sont en baisse. L’entreprise devra tenter une relance
par des campagnes de promotion et des innovations sur le produit. Dans cette phase, l’entreprise
peut encore réaliser des bénéfices. Elle pourra se retirer du marché si les indicateurs ne sont pas
bons.
Il convient de noter que tous les produits n’ont pas le même cycle de vie. Selon la nature du
produit et la catégorie des besoins auxquels il répond, son cycle de vie peut être plus ou moins long.
Gestion des produits selon les phases du cycle de vie
- Définition la notion de cycle de vie fait référence à l’évolution des ventes d’un produit
depuis son introduction sur le marché jusqu’à son retrait. Elle peut concerner :
Un type de produit ;
Une classe de produits ;
une marque.
- Hypothèses
Les objectifs, choix stratégiques et actions marketing relatifs à un produit varient selon la phase du
cycle de vie dans laquelle il se trouve.
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Objectifs Développe Augmenter Augmenter les Diminuer les
r la demande la part de marché profits dépenses
globale
Stratégies Notoriété-essai Créer une Fidélité à la Fidélité
préférence par la marque
marque
Produit Mono-produit Elargisseme Différenciation, Réduction de la
nt de la gamme, modification gamme
augmentation du mineures
produit
Prix Ecrémage ou segmentation Prix de Baisse des prix,
pénétration positionnement promotion sur
les prix.
Distributio Distribution Extension des Importance des
n exclusive ou points de vente services associés
sélective Abandon des
points de vente
Communication Publicité de Publicité d’image, Publicité Promotions
notoriété, utilisation des d’entretien, ponctuelles de
promotion grands médias promotion relance
d’essai soutien
Identifier la phase dans laquelle se situe le produit détermine en grande partie sa gestion.
Cependant, les indications relatives à cette gestion mentionnée ci-dessus sont à prendre avec
précaution car la stratégie Marketing adoptée ainsi que les actions des concurrents influencent elles-
mêmes le cycle de vie du produit.
3- LA MARQUE
La marque est un signe servant à identifier et à différencier un produit.
1) Décision de création d’une marque
L’actualité des marques est à l’honneur. Toutefois, la décision de créer une marque ne répond
pas toujours à l’effet de mode. L’entreprise qui décide de créer une marque prépare le futur, gère
l’avenir de ses produits. L a création de la marque permet à l’entreprise de se différencier de ses
concurrents pour répondre à un attente des consommateurs. Associée à une campagne de
communication performante, elle rend le produit incontournable. Elle n’est pas obligatoirement un
nom, elle peut prendre différentes formes.
L’Organisation Internationale de la Propriété Intellectuelle ou Industrielle l’a définie comme
<<un signe servant à distinguer les produits de l’entreprise à ceux des concurrents>>.
La marque ne concerne plus uniquement les producteurs. Car aujourd’hui, en plus des
marques du producteur, on a aussi les marques du distributeur.
2) Les stratégies de marque
a) Stratégies de marque du producteur
Les options stratégiques des producteurs s’articulent autour des choix possibles.
Certaines entreprises optent de fabriquer les produits sous la marque du distributeur. Elles peuvent
également opter pour plusieurs marques. Dans ce cas, on peut avoir :
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- La marque produit : chaque produit est commercialisé sous une marque spécifique
pour bénéficier d’une communication personnelle ;
- La marque gamme : l’entreprise commercialise les produits autour d’un même
marché. La communication est basée sur une promesse identique à partir de l’image de l’entreprise ;
- La marque ombrelle : il s’agit des marques uniques qu’on applique sur les produits
de forte image. La communication est personnelle mais peut reprendre l’image de l’entreprise.
4- EMBALLAGE ET CONDITIONNEMENT
L’académie des sciences commerciales définit le conditionnement comme le premier
contenant du produit. L’emballage par complémentarité au conditionnement est constitué des
enveloppes successives qui sont adaptées au conditionnement. Ces deux notions sont très proches
l’une de l’autre et très souvent confondues. Le conditionnement peut être assimilé à un emballage
premier directement en contact avec le produit. L’entreprise accorde une place privilégiée à cet
élément d’identification. L’emballage ne doit plus uniquement protéger et conserver le produit, il
doit chercher à stimuler les ventes.
5- LA STYLIQUE OU DISIGN
La perception du produit par le consommateur est déterminante dans l’acte d’achat.
Porteur de symboles, de reconnaissance sociale, le produit doit se différencier de celui des
concurrents, mais aussi et surtout être reconnu très rapidement sur le linéaire.
Pour atteindre ses objectifs, l’entreprise dispose d’un outil de communication précieux : le
design.
1) Stylique produit-Stylique emballage
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Une approche globale du concept « produit » fait intervenir le design ou la stylique à
deux niveaux : le produit proprement dit et emballage. La stylique produit adapte les caractéristiques
techniques du produit et la stylique emballage adapte sa forme, sa couleur, son graphisme.
2) La démarche de qualité
Le concept de qualité impose une gestion précise des coûts, des délais et des
quantités qui participe au même titre que le produit à la satisfaction des consommateurs. Le plan
qualité comprend des objectifs quantitatifs et qualitatifs qui sont atteints grâce à la formation, la
motivation du personnel et l’adoption de la culture qualité par les membres de l’organisation.
La démarche qualité totale vise la réalisation de 5 zéro dits « olympiques » qui sont :
- Zéro défaut : réussir d’un seul trait ;
- Zéro panne : fiabiliser les machines ;
- Zéro papier : simplifier les procédures administratives ;
- Zéro délai : produire juste à temps ;
- Zéro stock : produire ce qu’on est sûr de vendre.
6- LE POSITIONNEMENT
Pour adapter son produit à une clientèle précise, l’entreprise segmente le marché. Cette
segmentation a pour but de positionner le produit c’est-à-dire lui trouver une place vivante dans
l’esprit du consommateur.
1) La technique de positionnement
Le positionnement a pour objectif de donner une image propre au produit et de le
différencier des produits concurrents. Il permet donc de faciliter l’identification et la différenciation
du produit par le consommateur.
L’entreprise recherche dans un premier temps les caractéristiques du produit pour
lesquelles les consommateurs sont sensibles. Dans un second temps, l’entreprise choisit parmi les
caractéristiques celles devant devenir ses critères d’identification.
En définitive, le positionnement dépend donc des concurrents, des consommateurs
ainsi que les caractéristiques du produit. A partir de ces critères, l’entreprise bâtit une carte
perceptuelle ou carte de positionnement.
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En fonction des résultats de la carte perceptuelle, l’entreprise choisit sa stratégie. Les
stratégies de positionnement possibles sont au nombre de trois. Il s’agit de l’imitation, de la
différenciation et de l’innovation.
a) La stratégie d’imitation ou « me too »
Il s’agit pour l’entreprise de chercher à occuper une même place qu’un produit
concurrent. Cette technique demande des efforts mercatiques importants et réguliers. Elle est
difficile lorsque le leader occupe une place très importante.
b) La stratégie de différenciation
Il s’agit de donner une personnalité au produit grâce à une caractéristique
spécifique (prix, qualité, technologie, service après vente,…). Elle nécessite des efforts pour maintenir
l’image auprès des consommateurs. Cette stratégie nécessite de gros investissements en
communication.
c) La stratégie d’innovation
Il s’agit de lancer sur le marché un produit nouveau qui occupera une place restée
vacante ou qui remplacera un produit existant.
7- LA GAMME DE PRODUIT
La gamme représente l’ensemble des produits de même nature proposés par l’entreprise.
P. KOTLER et B. DUBOIS la définissent comme « l’ensemble des produits liés entre eux du fait qu’ils
fonctionnent de la même manière, s’adressent aux mêmes clients ou sont vendus dans les mêmes
points de vente ou zone de prix ».
1) La dimension de la gamme
La longueur de la gamme se définit à partir de sa largeur et sa profondeur. Selon son
positionnement sur le marché et le nombre de segments auquel l’entreprise s’adresse, la gamme des
produits est plus ou moins longue. Les produits dont le prix est le moins élevé constituent le bas de
gamme tandis que le produit dont le prix est le plus élevé constitue le haut de gamme.
2) La gestion stratégique de la gamme
L’entreprise gère sa gamme de produit en déterminant dans un premier temps la
place de chaque famille au sein de la gamme puis en attribuant dans un second temps les objectifs
commerciaux précis à certaines familles.
La place des familles au sein de la gamme peut être déterminée à partir de l’étude de
la répartition du chiffre d’affaires et de son évolution suivant l’âge des produits. Des objectifs précis
sont alors attribués à chaque famille.
a) Les produits leaders
Ils réalisent une grande partie du chiffre d’affaires ainsi que les bénéfices de
l’entreprise. L’entreprise crée sa gamme autour de ces produits leaders encore dits produits
vedettes.
b) Les produits d’appel ou d’attraction
Ce sont les produits dont les prix sont attractifs. Ils permettent d’attirer le
consommateur et de faire vendre les autres produits.
c) Les produits préparant l’avenir
Il s’agit des produits dont le but principal est le remplacement à terme des
produits leaders.
d) Les produits régulateurs
Ils s’agit des produits dont les ventes sont équilibrés. Ils sont vendus en grande
quantité et pour cela, absorbent une grande partie des charges de structure.
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e) Les produits tactiques
Ce sont les produits lancé sur le marché pour répondre à la concurrence.
- Objectif de profit : toute entreprise doit réaliser des bénéfices pour survivre.
Toutefois, cet objectif ne doit pas être prioritaire.
- Objectif de volume : l’entreprise peut retenir un objectif de maximisation des ventes.
Dans ce cas, le prix doit être relativement bas.
- Objectif de gamme : le prix d’un produit ne peut être fixé indépendamment du prix
des autres produits de la gamme. Chacun a une place au sein de la gamme traduite entre autre par
son prix.
- Objectif d’image : le prix d’un produit traduit son niveau de qualité. Le prix permet
de développer ou de renforcer l’image de marque du produit.
b) Les contraintes
En matière de fixation de prix, beaucoup de contraintes sont à prendre en
compte :
- Les contraintes générales ;
- Les contraintes techniques ;
- Les ententes ;
- Les actions de position dominante.
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est égal à « a » et donc le coût fixe unitaire devient négligeable. Ainsi, les grandes entreprises se
contenteront d’ajouter une marge sur le coût variable pour obtenir le prix de vente.
Cette approche privilégie dans la fixation du prix de vente la prise en compte de la sensibilité du
marché par rapport au prix. Deux méthodes coexistent :
a) La fixation du prix en fonction de la demande
Ici, on utilise le coefficient d’élasticité de la demande par rapport au prix.
Ed/p = ∆demande/demande /∆prix/prix
/e/=1 : la demande est parfaitement élastique. Une variation de prix de + x% entraîne une variation
des quantités de –x%.
1</e/<x entraîne une demande très élastique. Tout changement de prix a un impact plus que
proportionnel sur la quantité vendue.
0</e/<1 entraîne une demande inélastique : une variation du prix affecte très peu la demande.
Principe de la méthode
Généralement, une enquête est effectuée auprès d’un échantillon représentatif de consommateurs
potentiels. Généralement on leur présente le produit en posant deux questions :
- Au-dessus de quel prix n’achèteriez-vous pas ce produit estimant le prix excessif ?
- En dessous de quel prix n’achèteriez-vous pas ce produit l’estimant de mauvaise
qualité ?
A partir des réponses obtenues, on élabore des calculs statistiques permettant de
déterminer le prix psychologique qui est le prix accepté par la majorité des consommateurs.
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- Pour des produits de luxe pour lesquels l’entreprise souhaite créer et développer une
image haut de gamme.
c) La stratégie d’alignement sur le marché
L’entreprise fixe un prix sensiblement identique à celui de la moyenne du
marché ou s’aligne sur celui de son principal concurrent.
La plupart des entreprises fabriquant des gammes ou lignes de produits diffèrent. Or selon le cas, ces
produits sont complémentaires, indépendants ou concurrents, et la nature de la relation influence
les choix en matière de prix.
b) Le prix et la marque
Le prix finalement choisi doit tenir compte de la marque (notoriété à son pris) et de l’effort
publicitaire consenti pour maintenir la notoriété de cette marque.
Le responsable commercial d’une entreprise de production impose plus ou moins son prix selon la
politique des prix possible chez les détaillants :
Les réactions de l’acheteur à un prix dépendent de sa perception du produit. Un acheteur est plus
sensible au prix des produits chers ou qu’il n’achète qu’occasiollement En outre, il réagit moins au
prix de vente qu’au coût total du produit.
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e) Le prix et les concurrents
Toute entreprise fixe ou modifie un prix doit se préoccuper autant des réactions des clients que de
celles des concurrents. Les réactions des concurrents sont d’autant plus vives que le nombre est
limité, que le produit est homogène et que les clients sont bien informés.
- Sur certains marchés, les concurrents alignent les prix : guerre des prix. Le leader
d’un marché est souvent cible d’une guerre de prix.
- Sur des marchés où les produits sont plus différents, chaque entreprise a plus de
l’attitude lorsque les critères d’achat des clients sont nombreux (service, qualité, sécurité….), rendant
l’acheteur moins sensible au prix.
La distribution d’un produit est l’ensemble des opérations réalisées entre le producteur et le
consommateur. Les activités assurées par la distribution sont assez diverses et ont beaucoup
évoluées ces dernières années. Traditionnellement, on opposait la fonction de gros à celle de
détail. Actuellement, cette distinction est de plus en plus mise en cause Car de nombreux
distributeurs assurent simultanément les deux fonctions.
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l’interface entre le producteur et l’acheteur. Ils permettent une production plus régulière pour
les fabricants. Ces intermédiaires assurent le stockage en particulier pour des secteurs
connaissant une forte variation saisonnière. Ex : les jouets, parapluies.
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2) Les stratégies de distribution du distributeur
a) Objectifs et contraintes du distributeur
Le distributeur souhaite accroître ses ventes ainsi que sa rentabilité. Toutefois, il existe
des contraintes d’ordre juridique, tactique et surtout de marché.
a) LA PUBLICITE MEDIA
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Elle est destinée à informer le public, à le convaincre à acheter un produit ou un service. Elle
regroupe l’ensemble des moyens impersonnels (presse, radio, télévision, cinéma) destinés à
transmettre un message aux publics de l’entreprise dans le but d’agir sur ses attitudes et ses
comportements d’achat et d’utilisation.
Les objectifs de la publicité
Les objectifs de la publicité sont multiples et on peut citer entre autre :
- Informer les publics de l’entreprise ;
- Créer ou améliorer une image ;
- Modifier l’attitude des consommateurs ;
- Revendre les produits ;
- Fidéliser et rassurer les clients.
b- La publicité d’intérêt général : elle est généralement faite par les pouvoirs publics ou
les organismes d’intérêt général et permet de prendre conscience par rapport à un problème ou une
situation de portée globale.
Ex : le tabac nuit gravement à la santé.
1) La création publicitaire
a) Etape préliminaire
Elle concerne le choix des objectifs publicitaires, les cibles que l’entreprise cherche à atteindre et la
prise en compte des contraintes financières et juridiques.
Les objectifs publicitaires sont fixés à l’un des trois niveaux suivants :
- Le niveau cognitif qui fait référence à la connaissance ;
- Le niveau affectif : ici, on veut faire aimer ;
- Le niveau conatif : c’est modifier les comportements des publics en les incitant à
essayer le produit, à demander les informations, à se rendre dans un point de vente.
b) La copy strategy
Elle est la phase de création qui consiste à rechercher les axes
psychologiques et les thèmes d’évocation puis la mise en forme des annonces.
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- L’axe psychologique ou axe publicitaire est le sentiment que l’on cherche à provoquer
chez le consommateur. En d’autres termes, il s’agit de la sensibilité humaine qu’on
voudrait toucher.
Ex : l’amitié pour 33 export ; la force ou la puissance pour Guinness.
- Le thème d’évocation ou thème publicitaire est le moyen d’expression de l’axe
psychologique.
Ex : 33 export, la force d’être ensemble.
Le plan média est le dosage et la combinaison des différents médias ainsi que les différents
supports compte tenu des moments de passage des messages.
b) Le parrainage ou sponsoring
C’est un soutien financier et matériel apporté par un commanditaire à une
manifestation sportive, culturelle, humanitaire ou philanthropique en contrepartie de la publicité
qu’il escompte à court terme.
Le parrainage doit toutefois être distingué de la publicité dans la mesure où
l’entreprise associe son nom et son image à autre chose qu’à ses produits.
d) Le mécénat
C’est un soutien financier généralement sous forme de don apporté par un
commanditaire à une association ou à une fondation à caractère humanitaire ou culturel. Il s’agit
d’une aide désintéressée.
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CHAPITRE 4 : MARKETING INFORMATIQUE
I- LES ACTIVITES INFORMATIQUES ET LES INTERVENANTS
Le secteur informatique se présente aujourd’hui comme celui au paysage le plus diversifié.
Les activités dans le domaine tournent autours de deux activités principales : la production et la
distribution. Les intervenants sont les fournisseurs et les acheteurs.
1) LES ACTIVITES INFORMATIQUES
a) Définition
En informatique, les activités s’entendent principalement la production de matériel et de logiciels,
et ensuite les activités périphériques composées essentiellement des services et de la distribution.
- la production de matériel regroupe : les composants, les unités centrales, les produits
accessoires tels que les cartes, les périphériques. Ces matériels sont vendus soit directement
par le constructeur, soit en Original Equipement Manufacturer (O.E.M) à des intégrateurs de
systèmes qui vendront après avoir assemblé les éléments de base (disques, imprimantes) ;
- la maintenance du matériel : il s’agit des activités de service assurées la plupart de temps par
le constructeur ;
- la production de logiciels : Elle peut être effectuée soit par une société de service ou dans un
service Informatique interne d’une entreprise, soit porter sur les logiciels qui seront vendus
« prêts à l’emploi » sous forme de logiciel de base s’ils concernent le fonctionnement interne
des ordinateurs, ou sous forme de progiciel s’ils concernent des applications types ;
- la maintenance du logiciel : cette maintenance est généralement associée à la production de
logiciels ;
- les autres prestations de services : il s’agit ici principalement des activités intellectuelles
(ingénierie des systèmes, formation, analyse, programmation, conseils..),
Il est à noter que le marché informatique est relativement jeune et caractérisé par de nombreuses
activités. Secteur très sensible, l’évolution est très remarquable.
b) évolution des activités de l’informatique.
L’évolution ici se situe à plusieurs niveaux ce sont :
- le progrès technologique ;
- l’évolution du marché notamment l’offre et la demande ;
- l’évolution des modes de commercialisation ;
- l’évolution du comportement d’achat des consommateurs ;
- l’évolution des méthodes de conception des systèmes d’information.
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- les grands constructeurs sont de plus en plus des intégrateurs de système.
Ils accordent une importance croissante à la fonction
« marketing/distribution/vente », c'est-à-dire à l’action commerciale par rapport à la fabrication. Pour
de nombreux produits de leurs gammes, les constructeurs choisissent des produits de base
(microprocesseurs, périphériques).
- le rôle de la fonction mercatique
La fonction mercatique sera déterminante dans la mesure où elle permettra de concilier les intérêts
des différents acteurs du domaine.
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Le cahier des charges de consultation est un document destiné à des fournisseurs susceptibles de
réaliser tout ou partie du projet. Il est réalisé à partir à partir du cahier des charges d’application.
Certaines informations sont confidentielles, ou sont susceptibles d’être modifiées, telles que le budget
prévu.
L’appel d’offres est la procédure par laquelle un organisme provoque la proposition de
solutions émanant de soumissionnaires, en vue de réaliser un achat ou de passer un marché s’il s’agit
d’un organisme public. Le soumissionnaire est un fournisseur qui s’engagera à respecter le cahier des
charges en faisant une offre de solution à un certain prix.
Les fournisseurs consultés sont choisis de façon arbitraire ou, dans le cas des marchés publics,
à travers un appel à candidatures. Dans le premier cas, l’entreprise consulte en pratique de deux à dix
fournisseurs qu’elle choisit. Dans le deuxième cas, l’appel à candidature fait l’objet d’une parution
dans un journal d’annonces légales.
a) CARACTERISTIQUES DU CAHIER DES CHARGES DE CONSULTATION
Le cahier des charges est avant tout un document ayant valeur juridique, mais il est aussi un outil de
communication. La plupart des litiges rencontrés en informatique portent sur l’exécution des
obligations commerciales.
1) la qualité rédactionnelle
Les entreprises ne rédigent pas systématiquement un cahier des charges. Certaines personnes ne le
nécessitent pas à première vue ce qui peut s’avérer être une erreur. Il est vivement conseiller de rédiger
un cahier des charges. Le responsable de l’informatisation doit soumettre cette tâche à un chef de projet
qui y consacrera le temps nécessaire.
L’intérêt principal du document écrit est d’éviter les ambiguïtés dans la formulation ou les
malentendus entre les intervenants. Le cahier des charges contient un descriptif des fonctions que
devra remplir le système d’informatisation.
2) Un outil de dialogue dans la négociation
Le cahier des charges est le document de référence pour le fournisseur ; parfois la seule information
qu’il possède sur l’entreprise. Ce document est le support de travail à partir duquel le fournisseur bâtit
ses entretiens préalables.
b) LES DIVERS INTERVENANTS
Les intervenants dans le processus d’appel d’offres sont multiples. Ils peuvent jouer un rôle au niveau
opérationnel ou au niveau décisionnel. Toutes les entreprises n’ont pas un responsable d’achat, et les
décisions se prennent de plus en plus de façon concertée.
1) les intervenants côté entreprise
Les responsables des unités fonctionnelles et les utilisateurs définissent leurs besoins et les soumettent
au comité informatique. Un chef de projet informatique est chargé de faire une étude préalable. Il la fait
ensuite valider par les responsables des unités fonctionnelles et même par les utilisateurs. Le comité
informatique, ou un comité d’étude plus particulièrement désigné pour ce projet ; prend en fin d’étude
préalable la décision de faire appel ou pas à un prestataire externe et choisit les fournisseurs à
consulter. Le réalisateur de l’étude est alors chargé de rédiger le cahier des charges de consultation.
Dans certaines entreprises, les utilisateurs sont impliqués dès le début du projet, voir même dès la
définition du schéma directeur des systèmes d’information.
2) les intervenants côté fournisseurs
Le commercial, en charge du client, est responsable de la mise en forme de la proposition, mais il
élabore la solution avec un ingénieur technico-commercial ou avec un chef de projet. La démarche
du fournisseur faisant suite à la réception d’un cahier des charges.
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