Profession-bodyguard
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[Speaker 6]
Les pieds sur terre, Sonia Kronenberg, des histoires, des enquêtes, des reportages.
[Speaker 8]
C'est bizarre comme chose à rêver.
[Speaker 2]
C'est un métier qui fait fantasmer les hommes d'État et les Midinettes, un sujet de
scénario en or dans lequel le cliché de l'homme protecteur s'exprime dans toute sa
splendeur. Il y a la version sexy, au sourire charmant, à la Kevin Costner, avec un passé
douloureux, un épisode traumatique, le style bodybuildé, réservé à Madonna, ou encore
le genre mauvais garçon en mode Benalla. Aujourd'hui pourtant, on vous raconte
l'histoire d'un garde du corps qui rêve d'un CDI, qui a des RTT et se pose des problèmes
aussi concrets que métaphysiques que nous sommes bien loin d'imaginer.
C'est un professionnel de la sécurité, expert en floutage, dont le job s'appelle
précisément agent de protection physique des personnes. Il raconte tout de suite une
histoire complexe et marquante à laquelle il a été confronté au cours de sa longue
carrière. Il s'appelle Jérôme et se livre au micro d'Aladdin Zayan.
[Speaker 8]
Personne ne sait ce qui se passe aujourd'hui parce que personne ne veut qu'il se passe
quelque chose.
[Speaker 1]
Je m'appelle Jérôme, j'ai 45 ans, je suis agent de protection physique des personnes.
C'est un métier qui fait partie de ma nature, de mon ADN. Je pense que ça vient du fait
d'avoir côtoyé la mort à ces jeunes.
Alors que j'ai été en stage de voile, mon esquiffe a heurté un cadavre, j'avais 8 ans, et je
suis resté 15 minutes bloqué avec ce cadavre puisque la personne qui était avec moi a
pris de panique, a sauté par-dessus bord et est partie à la nage me laissant tout seul à 8
ans avec ce cadavre. Je pense que ça m'a pas mal choqué, j'ai ensuite rejoint des
mouvements de scoutisme, après j'ai rejoint des services de secours, après j'ai rejoint
des services de police, ça m'a toujours animé, et le but c'était d'être protecteur. C'est un
milieu qui est assez fermé, l'agent de protection physique des personnes est à la
sécurité, ce que les intermittents sont au spectacle.
C'est pas un métier qu'on peut faire en full time job, c'est possible mais rares sont ceux
qui en vivent en CDI, ce sont souvent des missions de courte ou de moyenne durée, et
les CDI sont très très rares. Et j'évolue dans le milieu de la protection rapprochée depuis
un petit peu plus de 15 ans maintenant, et j'ai travaillé en temps plein pendant 8 ans à
l'étranger en tant qu'agent de protection armée. Les gardes du corps, on voit ceux qui
sont très costauds, qui savent tirer, qui savent faire des arts martiaux, c'est ce qu'on
appelle dans le milieu les arts skills, mais en fait il se trouve que ça ne représente que
10% de ce qui est demandé pour bien faire le métier.
Tout le reste c'est ce qu'on appelle les soft skills, c'est à dire des compétences qu'on
apprend au cours de la vie, le savoir-être, le fait de parler couramment anglais aussi,
savoir piloter un bateau, monter à cheval, pouvoir apprécier une oeuvre de maître,
savoir reconnaître des pierres fines, des pierres précieuses, c'est vraiment quelque
chose de très complet et c'est pas juste les muscles qui comptent, d'ailleurs de
nombreuses femmes sont agents de protection rapprochées et des fois beaucoup plus
efficaces parce qu'on va faire appel à une sensibilité qui est plus fine, plus subtile, savoir
lire le body language par exemple, savoir faire un petit peu de psychologie pour
désamorcer une situation qui pourrait devenir plus embêtante, c'est d'abord ça. Le
travail de l'agent de protection physique des personnes vise à diminuer la vulnérabilité
de la personne qui le protège et c'est pas juste d'escorter d'un point A à un point B une
personne, mais c'est aussi de protéger son image, de protéger son environnement, mais
quand dans la vie de tous les jours, quand un client vit 24 heures sur 24 avec des gardes
du corps, il préfère être discret, on doit pouvoir passer pour un assistant personnel et
passer ce qu'on appelle le floutage, c'est-à-dire être flou dans une population, c'est la
meilleure des protections. C'est vraiment un métier extrêmement complet et qui
demande des qualités et des qualifications très larges.
Cette histoire se passe il y a un petit peu plus de 10 ans. En Suisse, j'ai été recruté
initialement par une société qui avait les plus gros contrats sur la Suisse romande. Cette
personne était un négociant en produits de luxe et ce client en fait avait subi quelques
semaines auparavant une attaque.
Les braqueurs sont arrivés, se sont fait passer pour des clients, les ayant achetés, ils
sont rentrés et là ont sorti les armes. Lors de cette attaque, il avait été mis au sol, le
canon sur la tempe, et sa femme, sous la menace d'une arme, on lui demandait de vider
les vitrines. Les vitrines de présentation de ses produits de luxe ont été vidées par
Madame.
Et ça a été un choc psychologique breu. En fait, ils n'avaient pas encore pris conscience
qu'il leur fallait un agent de sécurité, un agent de protection pour leur activité. Et comme
c'est malheureusement souvent le cas, on attend qu'il y ait un drame avant de réfléchir
à une solution plutôt que d'anticiper ce drame et de faire une étude des risques
potentiels et de mettre les contre-mesures en place.
La société pour laquelle je travaillais avait mis en place tout un protocole de sécurité
auprès de ce client, à savoir une sécurisation de son domicile, une prise en charge à
l'ouverture de son site, une protection toute la journée, à la fermeture et retour à la
maison. Et bien sûr, mes attributions étaient de le servir toute la journée, dès l'ouverture
jusqu'à la fermeture. Et des fois, lorsqu'il sortait du site, bien sûr de l'accompagner,
armé d'assurer sa protection rapprochée sur des rendez-vous où il devait se promener
avec des montants très élevés ou alors des objets de très haute valeur.
Je me mettais en civil et je l'accompagnais et comme c'était lui qui était souvent identifié
comme cible, si jamais il venait à avoir un problème, il n'avait rien sur lui. J'ai été même
moi jusqu'à porter sur mon poignet une montre de luxe qui valait plus d'un million de
francs suisses. C'est moi qui faisais le transport et étant armé, j'étais plus à même de
pouvoir me défendre.
Et puis c'est aussi une question de discrétion, on est sous la manche et voilà, personne
ne voit la montre. Alors la prise de poste se passe très bien parce que je suis tombé sur
un client qui était très respectueux et très humain. Mon N plus 1, mon chef, m'avait
cependant dit « Attention, c'est quelqu'un qui a été choqué par les armes, tu ne pourras
pas travailler armé.
» Alors petite anecdote, à peine deux semaines après que je sois mis en place sur ce
lieu, au moment où madame, la femme de mon client, vient pour sortir et au moment où
je vais pour lui laisser l'accès à la rue, une voiture noire se garde devant, les vitres
peintes à la peinture noire, les vitres se baissent et à l'intérieur il y avait quatre
individus, les cagoules sur le front prêts à s'abaisser et ils ont été étonnés en fait de voir
qu'il y avait un agent de sécurité. J'ai prévenu madame que ce n'était pas vraiment le
temps de sortir et je l'ai entendue faire une sorte de soupir d'angoisse, parce qu'elle a vu
ces braqueurs qui étaient là avec les cagoules, avec cette voiture allemande qui était
sale, qui était vraiment un peu cabossée, les vitres peintes en noir et elle a fait un peu
un stress post-traumatique par rapport à ce qui lui était arrivé quelques semaines plus
tôt et elle se revoyait déjà sous la menace d'une arme et je pense que c'est là aussi où
j'ai marqué des points, c'est que j'ai fait écrendre mon corps et j'ai bloqué la porte et j'ai
lancé un peu ce qu'on appelle du regard jutsu, de faire comprendre par le regard aux
personnes qui sont en face de nous qu'elles n'entreront pas, qu'on sera là pour agir.
Alors c'est très subtil bien sûr, mais je pense que ça a marché puisqu'ils sont partis
immédiatement et puis normalement l'effet de surprise est du côté des attaquants dans
notre métier et là la surprise était pour eux, ils ne s'attendaient pas, je l'ai lu dans leur
regard, à avoir un agent de sécurité. Donc j'étais le petit grain de sel dans le rouage qui
a fait qu'ils sont partis ailleurs. Et à partir de ce moment-là en fait, j'ai voulu discuter
avec le client, avec monsieur, juste du sujet des armes.
Donc je suis allé le voir, je lui ai dit écoutez monsieur, j'aimerais juste aborder le sujet et
là la réponse du client a été celle-ci, écoutez monsieur, si vous pensez que pour ma
sécurité, celle de ma femme et la vôtre, vous devez être armé, je vais faire en sorte que
la semaine prochaine, votre société vous arme. Et ça a été le début de deux ans et demi
de travail qui était extrêmement agréable pour moi puisque j'avais la confiance du client
et j'avais aussi cette possibilité de pouvoir lui interdire dans certaines mesures de se
mettre en danger, de lui dire non monsieur, là je ne peux pas ouvrir ou non monsieur, là
il ne faut pas aller à cet endroit et c'est quelque chose de très rare. Les clients la plupart
du temps sont plus embêtés, c'est plus une gêne d'avoir des gardes du corps qu'autre
chose et le fait de tomber sur un client qui comprend votre métier, c'est juste génial.
Mais pendant ces deux années, on a subi quatre tentatives d'attaque. Ces quatre
tentatives d'attaque, je les ai déjouées avec le concours de la police locale, avec des
informations qu'on s'échangeait aussi avec d'autres sociétés et au bout de deux ans, je
suis un peu arrivé au bout de mes capacités physiques et psychologiques, j'avais des
problèmes personnels aussi au niveau de ma famille, donc j'ai souhaité changer pour
connaître autre chose, avoir un autre client, ce que mon client comprenait parfaitement
d'ailleurs et à ce moment là, il a fallu me trouver un remplaçant. Et ce remplaçant était
un membre des forces armées françaises de la Légion étrangère et quand je l'ai
rencontré, il était pour moi un bon remplaçant. Très gentil, avec un CV impressionnant,
des états de service impeccables, mais il y avait un petit quelque chose dans son
comportement avec nous, les agents de sécurité, qui me titillait, je ne sais pas si c'est
l'instinct ou le nez, mais il y a quelque chose où je n'étais pas serein avec lui.
Ce remplaçant, bien sûr, est passé par le processus de recrutement de la société par
laquelle je travaillais, il y a eu un background checking qui a été fait autant par la société
que par les forces de police, puisqu'en Suisse, il y a des vérifications qui sont assez
fortes et donc je faisais confiance aussi en ma société. Quand je l'ai vu la première fois,
connaissant aussi son parcours militaire, j'ai bien vu que c'était quelqu'un qui avait
beaucoup de compétences, qui était sérieux, qui présentait bien, mais encore une fois,
c'est quelque chose de très subtil, je pense, c'est qu'il était trop gentil. Mais quand bien
même, j'avais pour instruction de le former aux obligations du poste, donc de lui
présenter le site, le système de sécurité, les protocoles de protection qui avaient été mis
en place et que j'avais mis en place et qui sont aujourd'hui des standards pour cette
société.
Et voilà, je l'ai vraiment formé, on a passé deux semaines ensemble, où je lui ai dit,
voilà, c'est comme ça que ça se passe, à telle heure on fait ça, à telle heure on fait ça,
on contrôle bien que le coffre soit bien fermé. Il avait vraiment toutes les clés du site
pour faire un travail de qualité. Alors, lorsque j'ai présenté ce fameux remplaçant à mes
contacts de la police, où je lui ai dit, voilà, c'est telle personne, c'est lui qui va me
remplacer, est-ce que tu peux faire le même travail qu'on a fait ensemble, parce que le
but était d'avoir la meilleure manière de protéger le client, et la police a forcément de
meilleures informations, de meilleures sources qu'un simple agent de sécurité privée
peut avoir. Et lors de cette rencontre, l'officier de police, justement, a marqué un tout
petit temps d'arrêt, il m'a regardé dans les yeux, et puis il a fait comme de si rien n'était.
Et puis il a commencé à lui donner des informations, comme il me donnait à moi,
certaines fiches de recherche, certaines informations d'équipe qui étaient là pour faire
du repérage. Alors, comme moi je changeais de société, les relations que j'ai eues et les
petits privilèges que j'avais ont cessé, bien sûr, puisque j'étais hors de ce cercle, et que
je n'avais plus d'utilité. Donc j'ai été dans le flou total pendant plusieurs semaines, et
c'est lorsque, un jour, il ne s'est pas présenté au travail, c'est son avocate qui est arrivée
pour récupérer ses affaires, là le client a fait appel à moi en disant que la société n'était
pas en mesure de lui expliquer pourquoi, donc le client était un peu fâché contre la
société, donc comme j'avais fait du bon travail, ils m'ont demandé de revenir, le temps
de retrouver en fait un nouveau remplaçant, et j'ai essayé de faire un petit peu mon
enquête, et quand j'ai appelé mon ancien aîné, je lui ai dit, mais qu'est-ce qui se passe
avec lui ? Il m'a dit, je ne peux rien dire, je n'ai aucune information, et donc il me dit,
appelle ton contact à la police, donc j'ai appelé mon contact à la police, et celui-ci m'a
dit, écoute, je ne peux rien te dire, il y a le secret de l'instruction qui est en cours, et là
j'ai su que c'était grave.
Il s'est passé quelques semaines, et il y a eu une évasion spectaculaire en Suisse, où un
commando est arrivé à tirer sur les guérites d'une prison en Suisse francophone, ils ont
lancé une échelle par-dessus les barbelés, et quatre individus se sont échappés. Et là,
j'ai mon contact qui m'a appelé, et qui m'a demandé de venir boire un café à la brigade,
chose qui était assez rare, parce qu'on gardait quand même une certaine distance, donc
on s'est rencontrés dans un petit café à côté du poste de police, alors ce policier, pour
devenir officier de police judiciaire, a fait une thèse sur les crimes non résolus dans les
Balkans, et il se trouve que ce fameux remplaçant, en fait, était dans sa thèse, puisqu'il
avait assassiné sa petite amie, vingt ans auparavant, et qu'il avait été condamné par
compte humain, et il est rentré dans la légion dans laquelle il a souhaité se faire oublier,
et puis sortant de la légion avec la nationalité française, il s'est cru à l'abri et qu'on
l'avait oublié. Et il s'est retrouvé justement devant la seule personne qui était en mesure
de l'identifier par rapport à ce crime, qui était l'officier de police judiciaire que je lui
présentais. Alors, c'est justement à ce moment-là où il a marqué, lors de cette rencontre,
c'est qu'il l'a, on va dire, alerté, mais il n'était pas sûr, parce que retrouver l'auteur d'un
crime de sang, vingt ans après, ça reste quand même très, très rare, et ça a été
vraiment un gros coup de chance pour lui.
Et partant de ce principe-là, en fait, toutes les informations qu'il lui donnait après, en
fait, étaient des informations plombées. C'est-à-dire des informations où on va donner
une information, puis on va voir à quel niveau ça ressort sur des écoutes téléphoniques.
Et en fait, il s'est avéré que l'officier de police judiciaire a remis une fiche sur une
personne à ce fameux remplaçant, et que sur une écoute téléphonique, on entend la
voix de ce remplaçant dire « Attention, j'ai reçu une fiche de la part de la police
judiciaire, ils te recherchent, ils savent que tu es là, fais attention.
» Et de là, en fait, ils avaient assez d'éléments probants pour savoir qu'il était dans ce
fameux gang de braqueurs. Alors, il faut savoir que ce gang, c'est pas un gang organisé.
C'est un gang où il y a plusieurs petites équipes qui se connaissent entre elles, qui est
très nébulaire, et ils n'ont pas forcément de contact les uns entre les autres.
Ils se vendent peut-être un peu les informations les uns aux autres, mais voilà, il n'y a
pas de chef, il n'y a pas de... Voilà, c'est vraiment des nébuleuses à droite et à gauche.
Mon contact à la PJ a bien fait exprès de ne rien dévoiler de ses doutes qu'il avait.
Il a fait ce que tout officier de police judiciaire fait, c'est lever son doute, c'est-à-dire de
chercher dans ses documents, de faire son travail de recherche de police judiciaire, et il
avait tellement d'éléments concordants que ça ne pouvait être que lui, en fait. Et au fur
et à mesure du temps et des éléments qu'il recevait, eh bien, ça a confirmé ses doutes,
mais c'est clairement l'officier de police judiciaire qui, lui, de son travail qu'il avait fait
des années plus tôt sur sa thèse, l'avait vraiment soulevé, et voilà. Alors, ils l'ont appelé
par téléphone, ils lui ont dit « Écoute, on a une information pour toi, est-ce que tu peux
venir à la brigade, on ne peut pas la sortir.
» Ce fameux remplaçant n'y a vu que du feu, il est arrivé avec le sourire aux lèvres, et
puis là, ils ont fermé la porte à clé derrière lui, ils lui ont dit « Voilà, maintenant, tu es en
garde à vue. » Pour tel fait de tentative de braquage, il s'est avéré en même temps que,
pendant la période où il était en formation, il est allé faire des braquages
personnellement, lui. C'est-à-dire, à partir du moment où il a été mis en place, c'est là où
il a commencé à faire des erreurs.
Il est allé faire des braquages, il a commencé à parler librement sur le téléphone, et puis
il s'est pris la confiance. Et là, c'est là où ça a été son erreur, en fait. C'est là où il s'est
révélé, et une fois qu'il était en place, il s'est un peu soulevé tout seul.
Et on a peu à peu découvert l'iceberg qu'il avait derrière lui, au fur et à mesure des
enquêtes et les éléments concordants qui intervenaient justement dans son histoire
personnelle. Donc, il a été arrêté, mis en prison, et lors de cette évasion, il faisait partie
des 4 évadés. Et quand mon contact à la police judiciaire m'a appelé, il a commencé à
m'expliquer tout ça.
Il m'a expliqué aussi que ce remplaçant pensait que c'était moi qui l'avais soulevé,
comme on dit dans le milieu, puisque j'avais fait part de ce côté trop gentil, en discutant
avec l'officier de police judiciaire en question. Donc, j'ai dormi avec mon arme de service
pendant quelques temps sous mon meurrier, parce que je m'attendais à ce qu'il
débarque chez moi, puisqu'il connaissait à l'époque mon adresse, il avait fait sauter mon
enfant sur ses genoux, il connaissait ma femme, enfin c'était jovial. Vraiment, il nous
avait tous mis en confiance, même les autres collègues avec qui il avait été amené à
travailler, ils étaient en confiance.
Alors, il est passé entre les mailles du filet puisqu'il avait passé 15 années dans la Légion
étrangère française et que son CV parlait pour lui. Il présentait bien, il a fait un bon
entretien d'embauche, enfin classique, on va dire. Et il a très très bien joué son jeu et je
pense que ce qu'il a appris aussi à la Légion a dû lui servir, puisqu'on apprend aux
militaires français à pouvoir faire du renseignement, à pouvoir s'intégrer dans n'importe
quel milieu et à passer inaperçu.
D'ailleurs, pour les repérages, il faut savoir que ce gang se prépare pendant 3 mois pour
effectuer un braquage qui va durer à peu près 2 à 3 minutes maximum. Ce sont de
véritables professionnels de haut vol et de braquage. Ils ont tapé un petit peu partout
sur la planète et ils sont une organisation quasi militaire, quasi force spéciale.
D'ailleurs, beaucoup sont issus d'anciens groupes militaires de chez eux et ils ont
vraiment une sorte de professionnalisme qui force le respect parce qu'ils ont très peu
utilisé leurs armes. Ils étaient très bien formés. Ce sont des moments, pour eux, qui sont
très intenses au niveau stress, puisqu'ils sont vraiment en mode combat et pourtant il y
a eu très très peu de blessés.
Et ils préféraient, s'il y avait un grain de sable dans leur rouage, changer de cible. Ils
avaient toujours un plan B, un plan C qui leur permettait justement de rentabiliser leurs
actions criminelles au maximum. Alors, toute cette histoire se passe sur 6 à 7 semaines,
je crois à peu près.
Mais ça s'est passé il y a 10 ans. Je vous avouerai que la ligne temporelle est un peu
floue maintenant. C'est une époque aussi que j'ai essayé de pas mal oublier parce que
ça a été dur à encaisser.
Pour moi, je ne pensais pas que c'était possible. Il y avait cette confiance envers la non-
ancienne société parce qu'ils auraient pu, je pense, fouiller un petit peu plus. Vous
mettez votre intégrité physique, votre force mentale à protéger quelqu'un.
C'est-à-dire que je ne comprenais pas pourquoi tout le travail et l'énergie que j'avais fait
avait été aussi facilement cassé autant par ma société que par ce fameux remplaçant en
fait. Il y a eu un sentiment de trahison de ce côté-là qui a été très difficile à digérer. Les
conséquences de ça, ça a été au niveau familial.
Ça s'est très mal passé puisqu'on a fini par se séparer avec ma femme. Je n'ai pas vu
mon enfant pendant des années. Je ne la vois que très rarement d'ailleurs.
Après ça, j'ai travaillé encore sur Suisse pendant quelques années. J'ai eu de la chance,
c'est que je suis tombé dans une autre société avec un homme qui était vraiment très
humain et qui a compris par quoi j'étais passé et qui m'a aidé par la suite à reprendre
pied. Et puis, j'ai eu un burnout en fait, un stress post-traumatique qui est arrivé suite à
ça où tout le stress que j'avais tenté de contrôler et gérer est ressorti d'un coup.
J'ai prévenu le client. Le lendemain, je n'étais plus là. J'ai essayé de faire quelque chose
qui était complètement différent dans le loisir et l'événementiel.
Il y a eu le Covid entre temps, donc le loisir et l'événementiel, ça s'est un peu cassé la
gueule. Mais ça m'a permis de reprendre pied et de savoir que la protection d'être
protecteur était dans ma nature. C'est quelque chose que je ne peux pas mettre de côté
comme ça.
Et du coup, je reviens depuis quelques mois dans les services de protection. Je tente de
me faire embaucher par des sociétés. J'ai refait ma carte professionnelle qui n'était plus
à jour.
Et puis, je suis en attente de confirmation de mission.
[Speaker 4]
J'avais seulement un peu de soleil. Elle a vu mes perles de silver et a dit, passons un peu
de temps. Et je te donnerai du vin d'été.
Du vin d'été.
[Speaker 3]
Des fraises, des cerises, un baiser dont je prends tant. Mon vin d'été a toutes ses
saveurs en même temps. Enlève tes épouses, fais-moi tout oublier.
Et je te donnerai du vin d'été. Du vin d'été.
[Speaker 2]
C'était Profession Bodyguard, un reportage d'Aladine Zayan réalisé par Thomas Jost.
Merci à Jérôme, bien sûr, ainsi qu'à Céline Paris, la tâcheuse de production du pied sur
terre, et à Flavie Champion, notre stagiaire.
[Speaker 3]
Sous-titres réalisés para la communauté d'[Link] Je te donnerai du vin d'été. Vin
d'été.
[Speaker 4]
Quand je me suis réveillé, le soleil brillait dans mes yeux. Mes perles de silver
s'éloignaient, ma tête s'éloignait deux fois. Elle a pris mes perles de silver, un dollar et
un die, et m'a laissé craindre mon vin d'été.
[Speaker 5]
Mon vin d'été. Tes fraises, tes cerises, un baiser dont je prends tant. Mon vin d'été a tous
ses saveurs en même temps.
Enlève tes éperons, fais-moi tout oublier. Et je te donnerai du vin d'été. Vin d'été.
[Speaker 7]
Vin d'été. Sous-titres réalisés para la communauté d'[Link]
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