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Introduction A La Bible

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xenia mckay
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Thèmes abordés

  • Zacharie,
  • Critique moderne,
  • Libéralisme théologique,
  • Ancien Testament,
  • Loi,
  • Ecclésiaste,
  • Nouveau Testament,
  • Langues bibliques,
  • Foi chrétienne,
  • Mythes
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Introduction A La Bible

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Thèmes abordés

  • Zacharie,
  • Critique moderne,
  • Libéralisme théologique,
  • Ancien Testament,
  • Loi,
  • Ecclésiaste,
  • Nouveau Testament,
  • Langues bibliques,
  • Foi chrétienne,
  • Mythes

INTRODUCTION A LA BIBLE

[Link]

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Après avoir situé la Bible dans la révélation divine, nous allons la considérer maintenant d'un
point de vue plus modeste : en tant que livre. Nous allons jeter un coup d'œil d'observateur sur
ce livre.
Mais avant d'aller plus loin, nous vous proposons un petit test. Nous vous invitons à répondre
aux questions suivantes :
1. Que veut dire le mot " Bible " ?
2. La Bible est-elle un livre d'histoires, de morale, de philosophie, de doctrine, de
psychologie, de science ?
3. Combien y a-t-il de " livres " dans l'Ancien Testament ? Dans le Nouveau ? Pouvez-vous
les trouver et les nommer facilement ?
4. Quels livres font partie de la loi, des prophètes, des Epîtres ?
5. Pourquoi est-il nécessaire de traduire la Bible ?
6. En quelle langue l'Ancien Testament a-t-il été écrit ? Le Nouveau Testament ?
Cette étude répondra à ces questions, mais essayez de vérifier vos connaissances sur ces
points avant de lire l'étude.

LE SENS DU MOT " BIBLE "


Notre mot français " Bible " vient du grec " Biblia ", qui signifie livres (au pluriel).
Aujourd'hui, la Bible nous apparaît le plus souvent sous forme d'un seul volume. Mais à
l'origine, les différents livres de la Bible ont été écrits séparément, ou sous forme de recueils
plus restreints que notre Bible actuelle.
La Bible est donc une bibliothèque de 73 livres de longueur inégale. 46 livres dans l'Ancien
Testament, 27 dans le Nouveau. Ces livres ont été écrits puis rassemblés en un seul volume
tout au long d'une période de plus de 1500 ans.
Un passage du Nouveau Testament nous aide à comprendre ce que pouvait signifier le mot "
biblia " pour les premiers chrétiens. Dans sa lettre à Timothée, l'apôtre Paul, qui se trouve en
prison, demande à son compagnon de lui apporter " les livres et surtout les parchemins " (2
Tim. 4 :13). Les mots grecs correspondants sont " biblia " et " membrana ". Un " biblion " (au
singulier), c'est un livre. On trouve ce mot dans Luc 4 :17 ; Jn 20 :30 ; Ap. 1 :11, 5 :l, par
exemple. Mais il s'agit en fait d'un rouleau de papyrus (ce qui explique qu'il puisse être écrit "
au dedans et au dehors " ; Ap. 5 :1 ). Le papyrus peut être considéré comme l'ancêtre du
papier. On le fabriquait à partir de roseaux qui poussaient dans les endroits humides, surtout
en Egypte.
La tige de ce roseau, grosse comme le poignet environ, était coupée en morceaux de 20 à 30
centimètres de long. On les fendait ensuite dans le sens de la longueur pour obtenir de minces
rubans. On alignait ces rubans côte à côte, sur une couche d'abord, puis en croisant une
seconde couche sur la première. Le tout était humecté de colle et pressé fortement. La feuille
de papyrus ainsi obtenue devait encore être polie pour offrir une surface suffisamment lisse.
Le papyrus le plus réputé était fabriqué à Byblos. C'est de cette ville (située dans ce qui est
aujourd'hui le Liban) que les " Biblia " (livres) tirent leur nom.
En collant bout à bout dix à vingt feuilles de papyrus, on obtenait un rouleau, comme celui
dans lequel Jésus a lu la prophétie d'Esaïe dans la synagogue de Nazareth (Luc 4:17). C'est
donc des rouleaux de papyrus que Paul réclame à Timothée. Sans doute s'agit-il de livres de
l'Ancien Testament ou de recueils de paroles de Jésus.
Ce n'est que plus tard qu'on a pris l'habitude de coudre ensemble des feuilles de papyrus pour
en faire des livres en forme de cahiers, comme ceux que nous connaissons.
Dans 2 Tim. 4 :13, Paul parle aussi de " membrana ", c'est-à-dire de parchemins. Le
parchemin était fabriqué à partir de peaux de chèvres, de moutons ou de veaux. Ces peaux,
débarrassées de leurs poils étaient ensuite polies à la pierre ponce après avoir subi un
traitement spécial. Le parchemin de qualité supérieure était appelé " velin " (en peau de veau).
Le mot " parchemin " vient de la ville de Pergame, en Asie Mineure (Ap. 2:12) qui en
fabriquait de grandes quantités, au IIème siècle avant Jésus-Christ. Le parchemin était plus
cher que le papyrus.
Ce sont donc les chrétiens de langue grecque qui ont donné aux recueils de livres des Saintes
Ecritures le nom de "Biblia”. Les chrétiens latins ont adopté le mot, en le mettant au singulier.

LES DEUX TESTAMENTS


Un premier coup d'œil sur une Bible montre qu'elle contient deux parties principales :
l'Ancien et le Nouveau Testament.
L'Ancien Testament est l'Ecriture Sainte du peuple juif. Il fait aussi partie de la Bible
chrétienne, puisque les chrétiens croient que Dieu a parlé autrefois par les prophètes. Par
contre, les Juifs qui ne reconnaissent pas en Jésus le Messie n'acceptent pas le Nouveau
Testament dans leur Bible.
Le terme Testament ne rend pas parfaitement compte de l'identité des deux grandes parties de
la Bible. Il vaudrait mieux dire " alliance ". Chaque partie de la Bible est le livre d'une
alliance. Dans la 1ère étude, nous avons vu que Dieu a fait alliance avec le peuple d'Israël,
d'abord en la personne de l'ancêtre de ce peuple, Abraham (Gen. 12 :1-3, 13 :14 16...) puis par
le ministère de Moïse au Sinaï (Exode 19 et 20). Il s'agit bien d'une alliance, puisque chaque
partie doit la ratifier. Mais ce n'est pas un contrat entre égaux. C'est Dieu qui en a l'initiative,
qui en fait don à Israël. C'est ce qui explique qu'on puisse parle de " testament ".
A cause des échecs de la première Alliance, dus à l'infidélité d'Israël, Dieu annonce qu'il fera
avec les hommes une Nouvelle Alliance (Jér. 31:31-34). Les chrétiens reconnaissent en Jésus-
Christ celui qui a donné au monde cette Nouvelle Alliance et qui l'a scellée de son sang (Luc
22 :20). Cette Alliance est offerte à tous ceux qui acceptent la grâce de Dieu et croient en son
Fils, Jésus-Christ. Le Nouveau Testament est le livre de cette Nouvelle Alliance.,

LES LIVRES DE LA BIBLE


Jetez un coup d'œil sur la table des matières de l'Ancien Testament et du Nouveau. Le titre des
livres permet-il à un profane de savoir ce qu'ils contiennent ? Quelqu'un qui ne connaît rien à
la Bible peut-il deviner ce qu'indiquent des noms comme. Lévitique, Deutéronome, Samuel,
Job, Ecclésiaste, Esaïe, Amos ?... On voit tout de suite la différence entre la Bible et un livre
de morale ou de doctrine, où le titre de chaque chapitre indique clairement son contenu (par
exemple. Doctrine de Dieu ; le Christ ; l'homme pécheur ; le salut...). Ceci est lié au fait que
Dieu s'est révélé dans l'histoire, par le moyen de certains hommes, qui sont pour nous les
témoins de sa révélation.
Certains livres portent le nom d'un prophète ou de personnages de l'histoire (Samuel, Rois,
Esaïe...), d'autres évoquent une page de cette histoire (Exode, Juges, Chroniques...), d'autres
encore un aspect de l'Alliance (Lévitique, Deutéronome) ou de la poésie juive (Psaumes,
Proverbes).
Les livres de la Bible ne sont pourtant pas groupés par ordre chronologique (Amos est un
prophète plus ancien qu'Esaïe ou Jérémie). Mais ils sont rassemblés par catégories ou groupes
littéraires.

A) Dans l'Ancien Testament.


Il y a d'abord les livres de la loi (de la Genèse au Deutéronome). Ces cinq livres sont parfois
appelés " Pentateuque ", ce qui signifie cinq instruments, autrement dit : étuis à rouleaux.
Pour les Juifs, c'est la Tora, la loi Divine, la révélation de la volonté de Dieu. Les récits
relatifs à l'origine et la naissance du peuple d'Israël en constituent une partie ; l'autre partie
contient les lois que Dieu a donné à son peuple.
Les livres historiques (de Josué à Esther) racontent l'histoire d'Israël après l'entrée dans la
Terre Promise. Nous n'y trouvons pas de récit suivi et daté de tout ce qui s'est passé, mais un
compte-rendu de certains événements qui aident à comprendre les relations entre Dieu et son
peuple. Dans la Bible hébraïque, six de nos livres historiques sont appelés les " premiers
prophètes " (Josué, Juges, 1 et 2 Samuel - en un seul livre - 1 et 2 Rois - également en un seul
livre). Par contre, les Chroniques, Esdras et Néhémie font partie des " écrits " (voir plus bas).
Les Juifs ne séparaient donc pas l'histoire de la prophétie.
Les livres poétiques (du livre de Job au Cantique des Cantique) sont surtout des livres de
méditation et de prière. Ils font partie des Ecrits dans la Bible juive. On parle également à leur
sujet de " littérature de la Sagesse ", parce qu'ils se penchent sur les problèmes de la vie
humaine.
Les Prophètes constituent la dernière partie de l'Ancien Testament. On distingue les " grands
prophètes " (Esaïe, Jérémie et les Lamentations, Ezékiel et Daniel) et les douze " petits
prophètes " (qui dans la Bible hébraïque ne constituent qu'un livre). Il faut noter que Daniel
fait partie des " Ecrits " pour les Juifs.
Le terme " petits prophètes " ne doit pas être compris comme minimisant l'importance de ces
livres. Il indique seulement leur moindre longueur. On trouve des pages d'histoire dans les
livres prophétiques. Ces récits sont généralement en prose, alors que les messages des
prophètes sont en forme poétique. Certaines nouvelles traductions de la Bible ont préféré
grouper les livres de l'Ancien Testament selon l'ordre de la Bible juive. la Torah, les
Prophètes (livres historiques et prophétiques) et les Ecrits. C'est le cas de la Traduction
Oecuménique et de la Bible en français courant.

B) Dans le Nouveau Testament


Il y a aussi quatre groupes de livres. - Les Evangiles (ou plutôt l'Evangile selon quatre
auteurs) font connaître Jésus au monde, ses actes, ses paroles, sa mort et sa résurrection. Ils en
sont davantage des témoignages que des biographies. Leur but est clairement exprimé par
Jean 20 :31 : susciter la foi en Christ.
" Evangile " veut dire " Bonne Nouvelle "
Les trois premiers Evangiles sont appelés " synoptiques ", ce qui veut dire " qui voient
ensemble ". Jésus en effet y est présenté d'un même point de vue, alors que dans Jean nous
trouvons une autre approche.
Le livre des Actes des Apôtres a une place à part dans le Nouveau Testament, il a pour sujet
l'extension de l'Evangile, qui brise toutes les barrières, pour gagner le monde entier. La
préface de ce livre (Actes 1 :1-2) montre que pour son auteur, il s'agit de la continuation de
l'œuvre de Jésus. On a suggéré qu'un titre plus approprié serait " Actes du Saint-Esprit ".
Les épîtres de Paul et d'autres apôtres constituent une partie importante du Nouveau
Testament. Elles sont adressées le plus souvent à des églises, parfois à des individus ; dans
d'autres cas, elles ne portent aucun nom de destinataires. Ce sont peut-être alors des lettres
circulaires (devant circuler d'une église à l'autre). On dit aussi dans ce cas " épîtres
catholiques ", c'est-à-dire universelles. C'est le cas de Jacques, 1 et 2 Pierre, 1, 2 et 3 Jean et
Jude, ainsi que de l'épître aux Hébreux. Les épîtres donnent un tableau extrêmement précieux
de la vie et du message de l'Eglise d'autrefois. Les apôtres, et surtout Paul, y affirment avec
force ce qui constitue l'essentiel de l'Evangile et en tirent les conséquences pour la vie des
croyants.
L'Apocalypse est donc une classe à part. C'est un livre qui utilise une forme littéraire connue
du Judaïsme (par exemple dans Daniel) pour révéler la victoire du Christ sur ses adversaires et
par là redonner foi et courage à des chrétiens persécutés. " Apocalypse " veut dire " révélation
".
Dans des études ultérieures, nous reparlerons plus en détail de ces livres, en essayant de savoir
comment ils ont été écrits.

LES GENRES LITTERAIRES


Par « genre littéraire », on entend une forme littéraire standard et donc reproductible.
Pourquoi se préoccuper des genres littéraires ? De toute évidence, on ne lit et ne comprend
pas une lettre de Paul de la même manière que l’épopée du Seigneur des Anneaux, une fable
de La Fontaine ou un article de journal…

La difficulté est que les genres ne sont pas aussi définis que certains commentateurs le disent
ou le souhaitent, et qu’en outre, un même écrit peut être composé de parties narratives de
genres différents. Le lecteur comprend donc qu’il est impossible d’entrer dans le détail, que
chaque écrit ou partie d’écrit doit être étudié pour lui-même, en comparaison avec d’autres ;
ce qui va suivre met en valeur quelques genres parmi les principaux .

Le mythe: Cette désignation paraît à beaucoup ambigüe, dans la mesure où elle semble mettre
en cause la qualité historique. Il s’agit en fait d’une interprétation symbolique qui, comme
telle, touche à plusieurs réalités sensibles du monde, les met en scène en vue d’une
interprétation donnée. On parle souvent de mythe à propos des deux récits de création dans le
livre de la Genèse (1,1-2,4a et 2,4b-3,24).

L’épopée, ou bien le cycle: Avec ce genre, on se rapprocherait de la dimension historique. Il


s’agit ici de privilégier l’histoire d’un héros autour duquel s’organise le récit, et le héros en
question a normalement un pied dans l’histoire. On peut évoquer l’épopée de Jacob ou celle
de Joseph.

L’oracle prophétique est une proclamation, souvent accompagnée d’un geste spécifique, par
laquelle le prophète transmet le message qu’il a reçu de Dieu.

Le proverbe, évidemment représenté assez extensivement dans le livre des Proverbes, mais
qui figure aussi ailleurs, est une formule de sagesse, souvent longuement élaborée. Le genre
se retrouve largement dans l’Orient ancien.

L’évangile: le terme, tiré du grec, veut dire « bonne nouvelle », et il est celui par lequel Marc
par exemple définit son écrit (1,1). Il désigne le récit des paroles et gestes de Jésus, compilés
dans une multitude d’épisodes.

La lettre: Depuis les temps les plus reculés, on communique par lettre, laquelle peut être
rédigée sur un tesson d’argile : elle est donc souvent très brève, avec mention d’un expéditeur,
d’un destinataire, d’une demande et d’une salutation. Dans le Nouveau Testament, la lettre,
beaucoup plus développée, tient une place de choix grâce à saint Paul, mais aussi saint Jean,
saint Pierre ; en revanche, on le reverra, la lettre aux Hébreux tient plutôt du sermon que de la
lettre.

L’apocalypse : Ce genre littéraire se signale généralement par une dimension cryptique, à


laquelle les phénomènes climatiques, sonores ou autres collaborent. Mais l’écrit est toujours
en lien avec une situation historique dont il s’efforce de déterminer le développement.
L’Apocalypse de saint Jean n’est pas la seule représentante du genre, dont on trouve plusieurs
traces dans l’Ancien Testament, mais certainement le plus représentatif et le plus développé.
A QUOI BON CONNAITRE LES DIFFERENTS GENRES LITTERAIRES DANS LA
BIBLE ?
Si toute la Bible est la Parole de Dieu (voir la prochaine étude) est-il bien utile de distinguer
les formes littéraires qu'elle contient ?
La connaissance des genres littéraires a d'abord un avantage pratique. La Bible est une riche
bibliothèque. Une vie d'étude ne suffit pas à la connaître à fond. Quand on aborde l'étude
d'une matière aussi abondante, il est bon de la fractionner en plusieurs parties pour les étudier
successivement. Et il vaut mieux ne pas le faire de manière arbitraire. D'autre part, cela aide à
retrouver les différents livres, quand on cherche une référence. Il n'est pas facile de savoir par
coeur la liste des 72 livres bibliques dans le bon ordre. Mais si l'on sait à quel groupe de livres
appartient celui que l'on cherche, on sait tout de suite dans quelle partie de la Bible le trouver.
Prenons deux exemples :
a) je cherche une référence dans le 2ème livre de Samuel. Sachant que c'est un Livre
historique, je ne risque pas de chercher dans les prophètes. Il sera dans le groupe de livres qui
vient après la Loi.
b) je veux trouver un passage d'Amos. C'est un " petit prophète ". J'ouvre ma Bible vers la fin
de l'Ancien Testament.
Mais la connaissance des genres littéraires comporte aussi un grand intérêt pour la
compréhension du texte. On ne lit pas un poème de même façon qu'on lit le code de la route ;
on ne lit pas une lettre d'un ami comme on lit le mode d'emploi d'un appareil.
Vouloir interpréter un texte poétique comme s'il s'agissait d'une loi, par exemple, peut
conduire à des contre-sens, en s'attachant à la lettre et non à l'esprit du texte, en négligeant de
se demander ce que l'auteur a réellement voulu dire. Nous reviendrons sur cette question à
propos de l'interprétation de la Bible, dans une autre étude.

LES LANGUES BIBLIQUES :


Vous connaissez sans doute plusieurs traductions de la Bible en français : version Segond ou
Darby, Bible de Jérusalem, Traduction Oecuménique, Bible en français courant, etc...
Une traduction est nécessaire chaque fois que les lecteurs de la Bible ne comprennent pas la
langue originale. C'est aujourd'hui le cas de la très grande majorité des hommes. La Bible est
donc traduite dans la plupart des langues du monde.
L'Ancien Testament a été écrit en hébreu, à l'exception de quelques pages rédigées en
araméen (Jérémie 10 :11, Daniel 2:4 à 7:28 et Esdras 4:8 à 6:8 et 7:12 à 26). Si vous ouvrez
une Bible en hébreu, vous verrez le texte suivant au 1er verset de la Genèse. Il faut lire de
droite à gauche :

Les points ou les petits traits sous les lettres ou au-dessus sont les voyelles. Elles ont été
ajoutées au texte original de la Bible hébraïque plusieurs siècles après Jésus-Christ. L'hébreu
ancien ne connaissait que les consonnes. Tant que chacun parlait couramment l'hébreu, il était
possible de lire un texte, surtout aussi connu que celui de la Bible, sans voyelles. Mais lorsque
les Juifs dispersés dans tout le monde ancien cessèrent d'utiliser couramment l'hébreu, il
devint nécessaire d'ajouter les voyelles pour que la prononciation demeure correcte lors des
lectures publiques. N'oublions pas qu'avant l'invention de l'imprimerie, les livres étaient rares
et coûteux. La lecture publique à voix haute était bien plus fréquente. Les Juifs de 1a
dispersion (après la déportation à Babylone) durent apprendre les langues des pays dans
lesquels ils se trouvaient. Ce fut surtout le cas après l'expansion de l'empire Grec par
Alexandre le Grand vers 325 avant Jésus-Christ. Le grec devint alors un langage commun à la
plupart des peuples conquis. Mais même en Palestine, l'hébreu s'est trouvé remplacé par
l'araméen, tout en restant la langue sacrée du peuple juif. Jésus connaissait l'hébreu, mais la
langue qu'il utilisait couramment était l'araméen. Les deux langues sont d'ailleurs voisines. Ce
sont toutes les deux des langues sémitiques, comme le Cananéen et le Phénicien. On pense
également que l'alphabet hébreu a été adapté de celui des phéniciens.
Lorsque le grec est devenu la langue commune des pays méditerranéens, les Juifs qui
parlaient cette langue ont éprouvé le besoin d'une traduction de l'Ancien Testament en grec.
La première traduction connue de la Bible en grec est aussi celle qui a fait autorité pour les
Juifs, et plus tard pour les chrétiens de langue grecque, c'est la version des Septante.
Une tradition raconte que cette traduction aurait été faite à la demande du roi d'Egypte,
Ptolémée Philadelphe vers 250 avant Jésus-Christ par 70, ou plus exactement 72 savants juifs.
En fait, seul le Pentateuque a été traduit dès cette date. Les autres parties de l'Ancien
Testament ont été traduites plus tard, mais l'ensemble de la Bible grecque est connue sous le
nom de " Septante ". C'est l'Ancien Testament que connaissaient la plupart des communautés
chrétiennes de l'empire romain dans les premiers siècles après Jésus-Christ.
Le Nouveau Testament a été écrit en grec, probablement dans sa totalité, bien que certains
savants pensent que l'Evangile selon Matthieu aurait été traduit de l'araméen.
Le grec, comme le français, se lit de gauche à droite. Le premier verset de l'Evangile de Jean
se lit ainsi dans un Nouveau Testament grec :
L'alphabet grec, vraisemblablement hérité des Phéniciens comme l'alphabet hébreu, est à
l'origine de l'alphabet latin, qui est devenu le nôtre. La langue grecque est très différente de
l'hébreu. L'hébreu biblique est un langage concret direct, imagé qui n'aime pas les abstractions
et reste proche de l'expérience. Le grec exprime plus facilement une pensée abstraite et le
raisonnement.
Le grec du Nouveau Testament est le grec populaire appelé " koiné " (commun). C'était la
langue véhiculaire de l'empire Romain, une langue plus simple que le grec classique. Mais le
grec du Nouveau Testament est influencé par les façons de penser des Juifs et comprend des
tournures hébraïques.
L'existence d'une langue commune à tous les peuples de l'empire Romain a grandement
contribué à la diffusion du message de l'Evangile. La prédication des apôtres n'a pas été
freinée par des problèmes de traduction. Dieu lui-même a préparé le terrain pour que la Bonne
Nouvelle de Jésus Christ soit annoncée au monde.

2. LA BIBLE PAROLE DE DIEU


Quand nous disons que la Bible est la Parole de Dieu, notre interlocuteur peut nous demander
d'expliquer ce que nous voulons dire par là.
Nous avons vu dans la première étude comment Dieu s'est révélé. L'auteur de l'épître aux
Hébreux écrit. "Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos
pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par son Fils " (Héb. 1 :1 ).
Dieu a parlé, sa Parole est venue jusqu'aux hommes. Pour nous qui ne vivons pas à l'époque
des prophètes d'Israël, ni à celle de Jésus, c'est dans un livre que cette Parole nous atteint. Ce
livre, c'est la Bible.
Dieu nous parle par la Bible. La Bible n'est donc pas pour nous un simple livre humain, aussi
important et admirable soit-il, le témoin de l'histoire et de la religion d'un peuple d'autrefois.
C'est aussi et surtout un livre divin, revêtu de l'autorité même de Dieu.
Le but de cette étude est de montrer pourquoi nous affirmons que la Bible est la Parole de
Dieu.

LA PAROLE DE DIEU DANS L'ANCIEN TESTAMENT


" Dieu a parlé à nos pères, par les prophètes, à plusieurs reprises et de plusieurs manières ". La
Bible dit clairement que Dieu n'a pas parlé en dictant un message à un scribe, de façon
purement mécanique (de la même façon qu'il aurait dicté le Coran à Mahomet, selon l'Islam).
Dieu a parlé de différentes manières. Le premier chapitre de la Genèse déclare qu'Il a créé le
monde par sa Parole. Dieu agit par sa Parole, Il ne se contente pas de dire. Lorsqu'Il fait sortir
son peuple d'Egypte, Il parle ; lorsqu'Il délivre de la captivité à Babylone, Il parle, Il se révèle.
Mais Dieu se sert aussi d'un langage humain, de mots compris par les hommes pour se
révéler. Tout au long de l'Ancien Testament, Dieu s'adresse au peuple d'Israël au moyen de
messagers qui doivent transmettre la Parole qu'ils ont reçue de Lui : Ex. 4:12-16 ; Sam. 23:2-3
; 2 Rois 21 :10 ; Jér. 1 :9 ; Amos 3:7-8, 7:14-17... Les prophètes parlent sous l'inspiration de
Dieu. Il s'agit le plus souvent d'un message qui doit être retransmis oralement, pour des
hommes qui vivent à un moment donné, dans une situation particulière.
Mais parfois, Dieu demande à son messager de mettre sa Parole par écrit. Ex. 17 :14, 24 :3-4 ;
Esaïe 30 :8 ; Jér. 36:2-4, 28-32.
Nous avons là des exemples de textes écrits qui viennent aux hommes comme une Parole de
Dieu. La foi d'Israël a rassemblé ces textes dans l'Ecriture Sainte, d'abord la Loi, puis les
prophètes et les Ecrits.
La lecture du Nouveau Testament nous montre que Jésus reconnaissait l'autorité divine de
l'Ecriture. Matthieu 4:1-10, 21 :13 ; Luc 20:17, 24:44-46. Il en était de même des apôtres :
Rom. 3 :4, 3 :10 ; I Cor. 1 :17 ; I Pierre 1 :24, 2 :6, etc...
Les deux passages du Nouveau Testament qui parlent le plus clairement de l'inspiration de
l'Ecriture (2 Tim. 3 :16 ; 2 Pierre 1 :19-21 ) se réfèrent sans aucune doute à l'Ancien
Testament, puisque le Nouveau Testament était encore en cours de rédaction au moment où
ces textes ont été écrits.

LA PAROLE DE DIEU DANS LE NOUVEAU TESTAMENT


" Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par son Fils " (Héb. 1 :1 ). Les premiers versets
de l'Evangile de Jean nous parlent de la Parole de Dieu : cette Parole n'est ni un discours, ni
un livre, mais bien Jésus, le Fils de Dieu : " La Parole a été faite chair et elle a habité parmi
nous " (Jean 1 :14). La Parole de Dieu, c'est la manifestation de Dieu ; Dieu qui entre en
relation avec les hommes ; Dieu qui se communique.
Dieu s'est révélé tout entier en la personne de Jésus. " Celui qui m'a vu a vu le Père " (Jean
14 :9). En Jésus, Dieu parle aux hommes d'une manière définitive. Il parle dans la prédication
et l'enseignement de Jésus : Les paroles de Jésus étaient revêtues d'une autorité qui ne venait
pas des hommes (Mat. 7 :28-29) ; Jésus ne parlait pas de son propre chef, mais communiquait
aux hommes la Parole de Dieu (Jean 3 :34, 7 :15-17, 12 :49-50) ; ses disciples reconnaissaient
qu'il a " les paroles de la vie éternelle " (Jean 6 :68). Il parle aussi dans les actes et les
attitudes de Jésus : où la réponse de Jésus à ses critiques est celle-ci : si j'accueille les
pécheurs c'est parce que Dieu le fait (Marc 1 :27 ; Luc 11 :20 ; Marc 2:3-12 ; Luc 15). Il parle
enfin et surtout dans la mort et la résurrection de Jésus : (Luc 24 :27 ; Rom. 5 :8 ; 2 Cor.
5 :19 ; 1 Jean 4:9-10 ; Actes 13:32-33).
Jésus n'a pas écrit de livres ; mais il a envoyé ses apôtres annoncer la Bonne Nouvelle (Marc
16:15 ; Luc 24:46 ; Actes 10:42). Quand les apôtres annoncent l'Evangile, c'est la Parole de
Dieu qu'ils proclament (Actes 4:29, 6:7, 13:48...).
C'est toujours par le témoignage des apôtres que cette Parole vient à nous aujourd'hui. Mais ce
témoignage, nous ne pouvons le connaître que parce qu'il a été écrit dans le Nouveau
Testament. Les apôtres avaient conscience d'être conduits par le Saint-Esprit lorsqu'ils
exposaient le message du salut ( 1 Cor. 2 :6 ; 1 Thes. 2 :13 ; 1 Pierre 1 :12 ).
Nous pouvons donc croire que les apôtres ont été inspirés par le Saint-Esprit lorsqu'ils ont
transmis le message de l'Evangile dans les livres du Nouveau Testament.

L'INSPIRATION DE LA BIBLE
Nous avons vu que la Bible ne prétend pas avoir été inspirée de façon mécanique, comme si
les auteurs bibliques n'avaient été que des machines enregistreuses. En cela, elle se distingue
du Coran, qui, aux yeux des Musulmans, perd son caractère de livre sacré lorsqu'il est traduit.
Le caractère divin de la Bible ne réside pas dans le texte lui-même, sous sa forme originale,
mais dans le message qu'il communique. Le texte peut donc être traduit, si cela aide à
transmettre le message.
Il faut distinguer la révélation de l'inspiration.
La révélation, c'est l'activité de Dieu qui se fait connaître aux hommes, qui leur parle de bien
des manières. L'inspiration, c'est ce qui permet à un homme de reconnaître et de transmettre le
message révélé. 1 Cor. 2:12-13. Pour que celui qui fait part aux autres de la Parole reçue de
Dieu puisse en rendre compte fidèlement, Dieu le conduit par son Esprit.
Dans Tim. 3 :16, il est question de l'inspiration divine de l'Ecriture. Pour montrer l'importance
qu'il y a de connaître les " Saintes lettres " c'est-à-dire, nous l'avons vu, l'Ancien Testament,
Paul déclare. " Toute l'Ecriture (ou toute Ecriture) est inspirée de Dieu " (littéralement
soufflée par Dieu). Cela fonde son autorité et souligne sa valeur (v. 17).
Dans 1 Pierre 1:20, il est question des prophéties de l'Ecriture (ce qui signifie sans doute d'une
façon générale l'Ancien Testament) et non de n'importe quelle prophétie. C'est donc en
pensant à l'Ancien Testament que Pierre dit que " c'est poussé par le Saint-Esprit que des
hommes ont parlé de la part de Dieu " (v. 21 ).
Nous pouvons dire la même chose du Nouveau Testament. En effet, comment croire que
Dieu, qui s'est révélé à Jésus, c'est-à-dire, à un moment donné de l'Histoire, n'a pas veillé à ce
que cette révélation puisse être connue par les générations suivantes ? Et comment pourrait-
elle être connue si les témoins des paroles et des actes de Jésus, 1es apôtres, n'en avaient
rendu compte fidèlement ? Si leur témoignage est digne de confiance, c'est parce que Dieu l'a
inspiré.

THEORIES DE L'INSPIRATION
Les Juifs d'autrefois, les premiers chrétiens et les Réformateurs n'ont pas mis en doute
l'inspiration de la Bible. Elle était pour eux la Parole de Dieu. Augustin, par exemple,
déclare : " Je suis certain que leurs auteurs n'ont fait aucune erreur et n'ont rien dit qui puisse
nous égarer ". Au temps de la Réforme, la Confession de Foi de la Rochelle affirme : " Nous
croyons que la Parole qui est contenue en ces livres est procédée de Dieu, duquel seul elle
prend son autorité, et non des hommes. Et parce qu'elle est la règle de toute vérité, contenant
tout ce qui est nécessaire pour le service de Dieu et pour notre salut, il n'est loisible aux
hommes ni même aux anges d'y ajouter, diminuer ou changer ".
Plus tard, cependant, surtout à partir du XIXè siècle, on a commencé à mettre en doute
l'inspiration divine de la Bible. La foi au progrès et à la raison humaine ne pouvait admettre
que la parole décisive pour notre vie ait été écrite par des hommes ignorant tout des sciences
modernes, il y a des milliers d'années.
Le libéralisme théologique, tout en saluant la valeur historique et religieuse de la Bible,
estime que cette valeur n'est que relative. Les affirmations de la Bible doivent être soumises
au jugement de la raison et de l'expérience humaine. Seul ce qui résiste à cet examen peut être
reçu. Il y a des nuances dans le libéralisme. Sous sa forme extrême, il considère la Bible
comme une des sources de connaissance de Dieu, parmi d'autres. D'une façon générale,
l'accent est mis sur l'aspect humain de la Bible. C'est un livre comme les autres, qui doit être
étudié avec les mêmes méthodes critiques. On acceptera difficilement les récits de miracles,
par exemple. En fait, on risque de n'accepter que ce que l'on estime " raisonnable ", c'est-à-
dire ce que l'on croit déjà. Le reste sera considéré comme des croyances anciennes, dépassées,
sans valeur. On oublie alors qu'en tant que Parole de Dieu, la Bible juge toutes nos façons de
penser et les remet en question. Le libéralisme a eu pour résultat de saper la confiance que
beaucoup avaient dans la Bible. Il n'est donc pas étonnant qu'une réaction se soit faite sentir. Il
y a eu d'abord la réaction fondamentaliste, affirmant la pleine inspiration de la Bible, son
infaillibilité et son autorité, en tant que Parole de Dieu.
Malheureusement, dans certains cas cette réaction est allée trop loin et est tombée dans un
littéralisme sans intelligence (particulièrement flagrant dans le cas de sectes comme les
témoins de Jéhovah). La Bible est alors considérée comme un livre quasi magique, tombé du
ciel à la manière du Coran. On le lit sans tenir compte de la forme littéraire des textes, sans
s'interroger sur les circonstances historiques de leur rédaction, autrement dit sans prendre la
peine de bien saisir l'intention de l'auteur. "La lettre tue mais l'Esprit fait vivre " a dit l'apôtre
Paul (2 Cor. 3 :6). C'est ainsi que Jésus s'est opposé à une interprétation littéraliste du
commandement relatif au Sabbat, en revenant à l'intention de Dieu, au pourquoi du
commandement : Marc 2:27, 3:4.
Il y a eu ensuite une réaction " néo-orthodoxe " sous l'impulsion du théologien Karl Barth.
Son souci était de réaffirmer l'autorité de la Parole de Dieu, mais sans escamoter le côté
humain de la Bible. La Bible peut être étudiée comme tout autre livre, d'un point de vue
littéraire et historique. Elle peut contenir des erreurs de détail d'ordre historique ou
scientifique. Mais peu importe ; elle n'est pas un livre d'histoire ou de science. Dans tout ce
qu'elle nous révèle de Dieu, elle est pleinement digne de confiance. On dira alors. Dieu nous
parle dans la Bible (d'une manière unique). La Bible contient la Parole de Dieu. On hésitera à
dire : La Bible est la Parole de Dieu.
Une citation d'un bibliste catholique résume assez bien cette position : " J'ai toujours maintenu
que l'Ecriture tout entière est à la fois divine et humaine ; que chaque affirmation de ses
auteurs est une affirmation de Dieu, donc libre d'erreurs, mais que l'inspiration ne nous oblige
pas à découvrir des affirmations partout. Les affirmations de l'Ecriture ont une portée qui doit
être mesurée selon la forme littéraire employée par l'auteur ".
D'autres théologiens sont moins modérés ; ils mettent en doute l'historicité de nombreux récits
bibliques, y compris dans les Evangiles. Ils considèrent certains textes bibliques comme des
mythes. Il faut donc démythifier la Bible. A cela on peut répondre par une autre citation. " Si
le terme insinue que l'incarnation et la Rédemption ne sont pas les événements historiques du
salut, mais les projections mythiques de la première communauté chrétienne, la foi de nos
pères s'écroule irrémédiablement et le christianisme aura été la plus grande mystification de
tous les siècles ".
LA POSITION EVANGELIQUE
Puisque la Bible est le seul moyen que Dieu ait donné de connaître le message de salut qu'il a
révélé à Israël et dans la personne de Jésus nous pouvons croire que Dieu a inspiré les auteurs
bibliques pour qu'ils expriment " la pensée du Seigneur " (1 Cor. 2 :16) et non la leur. Nous
affirmons donc l'inspiration divine de toute l'Ecriture, de l'Ancien comme du Nouveau
Testament. Dieu a poussé les auteurs bibliques à écrire ; il a veillé à ce qu'ils traduisent d'une
manière digne de foi tout ce qu'il a voulu nous dire par leur moyen.
Cela implique chez le chrétien une attitude de confiance envers la Bible et le message qu'elle
nous transmet de la part de Dieu.
Mais cela implique aussi l'autorité de la Bible, Parole de Dieu aux hommes de tous les temps.
Elle est " l'unique règle infaillible de foi et de vie ". L'Eglise de Jésus-Christ doit soumettre
son message, son enseignement et toute sa vie à l'autorité de la Bible - qui est l'autorité de
Dieu lui-même -. De même chaque chrétien doit se laisser conduire en toutes choses par la
Parole de Dieu (cela ne veut pas dire que la Bible donnera une réponse précise à toutes les
questions que nous nous posons, elle n'est pas un livre de morale ou de recettes de vie, cela
veut dire qu'elle indique clairement le sens de notre vie et que rien ne peut se justifier si cela
est contraire à ce que la Bible enseigne).

L'INSPIRATION ET LES AUTEURS HUMAINS :


Nous l'avons déjà vu : les auteurs de la Bible n'ont pas été de simples instruments passifs entre
les mains de Dieu. Leur personnalité s'est exprimée dans leurs livres. La Parole de Dieu est
exprimée en langage humain. la culture, le style, la mentalité, la sensibilité de chaque auteur
apparaît dans ce qu'il écrit. La Bible n'est pas un livre monolithique mais une bibliothèque
infiniment variée, reflétant la variété des personnalités dont Dieu s'est servi pour
communiquer son message.
Il faut aussi souligner que la plupart des livres de la Bible ont d'abord été écrits pour des
destinataires bien précis : pour des hommes vivant à un moment donné de l'Histoire, dans des
circonstances souvent très différentes des nôtres. Le miracle de la Parole de Dieu, c'est que le
Saint-Esprit nous permette de recevoir ce message, comme s'il nous était personnellement
adressé. Mais il est certain qu'un bonne connaissance des circonstances historiques de l'auteur
et des destinataires, une bonne compréhension de l'intention de l'auteur (parfois exprimée en
toutes lettres, comme dans Jean 20 :31 ) aide à mieux entendre la Parole. Pour cette raison, les
sciences bibliques (linguistique, histoire, archéologie, critique littéraire - le mot critique
signifiant " étude " et non démolition, etc...) sont d'un grand secours à qui veut étudier la
Bible. Il faut souligner que ce travail scientifique permet souvent de confirmer la véracité de
la Bible. L'archéologie démontre le caractère historique de récits que certains critiques
mettaient en doute ; l'histoire montre que telle ou telle prophétie s'est bien accomplie, etc...
Remarquons aussi que l'inspiration divine n'a pas dispensé les auteurs bibliques d'un travail de
recherches et de rédaction. Luc en donne l'exemple le plus net. Luc l:l-4, où il expose ce qu'a
été son but et sa méthode de travail ; il n'a pas craint de s'appuyer sur ce que d'autres avaient
écrit avant lui - en tout cas Marc. De la même façon, il est facile de voir que l'auteur (ou les
auteurs) du livre des Rois ont consulté des sources (1 Rois 11 :41, 14:19). Il en va de même
pour les Chroniques ( 1 Chr. 27 :24 ; 2 Chr. 16:11, 20:34, etc...).

LE TEMOIGNAGE DU SAINT-ESPRIT
Aucun argument, aucune connaissance littéraire ou scientifique ne suffit à convaincre un
homme de l'inspiration et de l'autorité de la Bible. Cette conviction ne peut naître que de
l'action du Saint-Esprit en nous.
On peut lire un passage de la Bible une fois, dix fois, en ayant toutes les connaissances
nécessaires pour bien le comprendre, sans y discerner la Parole de Dieu. Et puis, un jour, tout
s'illumine. Ce même texte nous parle avec une autorité nouvelle ; c'est Dieu qui nous parle par
lui. Sans le témoignage intérieur du Saint-Esprit, la Bible reste lettre morte. Par l'action du
Saint-Esprit, elle devient la Parole de Vie ; son autorité s'impose à nous (Jean 6 :68 ; 1 Thes. 2
:13 ; Héb. 4:12).
La déclaration du Congrès de Lausanne en 1974 résume bien ce que nous pouvons croire : "
Nous affirmons... que cette Parole est puissante pour accomplir le dessein de salut de Dieu. Le
message de la Bible s'adresse à l'humanité entière, car la révélation de Dieu en Christ ne
saurait changer. Par elle, le Saint-Esprit continue à nous parler aujourd'hui ; dans chaque
culture, il illumine l'intelligence du peuple de Dieu afin qu'il perçoive personnellement et de
façon nouvelle la vérité divine et qu'il révèle ainsi à l'Eglise entière la sagesse infiniment
variée de Dieu ".

L’ANCIEN TESTAMENT
Les limites de cette étude ne permettent pas d'envisager une étude détaillée de tous les livres
de l'Ancien Testament. Mais le coup d'œil que nous nous efforcerons de jeter sur ces livres, en
nous demandant quel est leur contenu, pourquoi ils ont été écrits et qui les a écrits, doit aider
chacun à approfondir sa connaissance de l'Ancien Testament, en le relisant avec une meilleure
compréhension.
La Loi et les prophètes
A plusieurs reprises, dans le Nouveau Testament, nous trouvons l'expression " La Loi et les
Prophètes " employée par Jésus ou par les apôtres (Matthieu 5 :17, 7 :12, 22 :40 ; Luc 16 :16 ;
Actes 13 :15, 24 :14 ; Rom. 3 :21 ). Cette expression désigne les deux parties de l'Ancien
Testament qui ont d'abord été reconnues comme Ecriture Sainte par les Juifs (rappelons que
les " prophètes " comprenaient non seulement nos livres prophétiques, mais aussi les livres
historiques appelés " premiers prophètes " - voir étude 2). La troisième partie de la Bible juive
n'a pas été reconnue comme Ecriture inspirée, immédiatement. A l'époque de Jésus, il y avait
encore des discussions sur l'autorité divine de certains de ces " Ecrits ", comme le Cantique
des Cantiques. Ce n'est qu'en 90 après Jésus-Christ qu'une décision officielle a été prise quant
au Canon de l'Ancien Testament, au Conseil Juif de Jamnia. Mais en pratique, l'autorité de la
plupart des " Ecrits " n'était pas mise en doute dès avant l'époque chrétienne. L'Ancien
Testament de Jésus était le même que le nôtre. Cependant l'usage demeurait de parler de la
Loi et des Prophètes pour désigner l'Ecriture Sainte dans son entier. Nous reparlerons de la
question du " Canon " de l'Ancien Testament
L'autorité de la Loi (les cinq livrés de Moïse) était la plus ancienne et la plus largement
reconnue. Pour les Sadducéens, la Tora (la Loi) avait une autorité plus grande que celle des
autres livres. Quant aux Samaritains, ils ne reconnaissaient comme inspirés que les livres de la
Loi.

LE PENTATEUQUE
Les cinq livres désignés par ce nom sont. la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le
Deutéronome. Ce sont les livres de la Loi. En fait, ils contiennent aussi bien de l'histoire que
les lois. La Genèse contient fort peu de lois et le Lévitique peu d'histoire. Mais, nous l'avons
déjà remarqué, la Loi ne prend son sens, pour la Bible, que dans le cadre de l'Alliance. Or,
c'est précisément de l'Alliance qu'il est question dans ces livres. Le mot hébreu " Tora "
signifie plutôt " instruction " que loi. L'instruction que Dieu donne à son peuple comprend
non seulement des lois et des commandements, mais aussi la révélation de la manière dont
Dieu a conduit et instruit son peuple.
La Tora est le fondement de la vie et de la foi d'Israël. Elle est la constitution du peuple de
Dieu ; elle montre comment et pourquoi ce peuple a reçu de Dieu son existence et comment il
doit vivre dans le monde au milieu des autres peuples. Le mélange de récits et de lois qui est
un des caractères marquants du Pentateuque rappelle à Israël que son obéissance à Dieu est la
réponse qu'il doit donner au Seigneur qui l'a aimé le premier (Exode 20 :2-3).

LA GENESE
La Genèse est le livre des commencements ou des origines. Les chapitres 1 à 11 racontent 1e
commencement du monde et de l'humanité, comment Dieu a créé le monde et confié la terre à
l'homme " créé à son image " ; comment l'homme a désobéi à Dieu en attirant sur lui la
condamnation divine ; comment Dieu tout en punissant la perversité des hommes (déluge)
leur donne un avenir. alliance avec Noé, comprenant la promesse de ne pas anéantir la terre (9
:11 ).
A partir du chapitre 12, il est question de l'origine d'Israël : comment Dieu a appelé Abraham
et a fait alliance avec lui, en lui donnant la promesse d'un pays et d'une descendance. Les
vicissitudes de l'histoire des patriarches ne font que confirmer la fidélité de Dieu à ses
promesses. Les récits de cette histoire qui nous sont rapportés ne sont pas choisis en fonction
de leur importance politique ou de leur valeur morale, mais plutôt à cause de leur place dans
le dessein de Dieu. Ce qui est mis en valeur ici, c'est la libre élection de Dieu, qui appelle qui
il veut (Abraham, puis Jacob) et les promesses par lesquelles Dieu s'engage, en faisant
alliance avec Abraham et sa postérité ; c'est aussi du côté humain, la foi d'Abraham qui
accueille la promesse et joue toute son expérience et son existence sur la Parole de Dieu.

L'EXODE
L'Exode est par excellence le livre de l'Alliance. Si Dieu appelle le peuple d'Israël à entrer
dans son Alliance, c'est parce qu'il s'est révélé comme son Libérateur. Sans la délivrance
miraculeuse accordée par Dieu à des esclaves, il n'y aurait jamais eu de peuple d'Israël. La
rédemption d'Israël, hors de la servitude égyptienne est le grand événement qui fonde
l'existence d'Israël. En célébrant la Pâque, le peuple élu s'en souviendra toujours.
A partir du chapitre 19, le thème dominant est celui de l'Alliance. Si Dieu a fait sortir son
peuple d'Egypte, c'est pour que ce peuple lui appartienne, lui soit attaché et soit, au milieu des
autres peuples, une nation sainte, c'est-à-dire consacrée à Dieu. Dieu fait donc alliance avec
Israël sur le Mont Sinaï. La part d'Israël dans l'Alliance, c'est l'obéissance à la loi divine. La
loi décrit l'existence nationale sociale, religieuse et morale du peuple saint, du peuple de Dieu.
Très vite, l'épisode du veau d'or vient rompre le pacte conclu. avec Dieu, mais celui-ci
pardonne et renouvelle l'Alliance.
Un autre thème de l'Exode est celui de la marche dans le désert. Il raconte comment Dieu
conduit et protège un peuple récalcitrant. Le Tabernacle symbolise la présence de Dieu avec
Israël. La description et la construction du Tabernacle occupent une bonne partie du livre de
l'Exode.

LE LEVITIQUE
C'est surtout un recueil de lois. Une grande partie de ces lois concerne le sacerdoce et les
sacrifices. C'est le culte du peuple élu qui est ainsi réglementé. Mais le culte n'est jamais
séparable de la vie pour la Bible. D'autres lois ont trait à la conduite du peuple tout entier, à la
vie personnelle et sociale des Israélites. On y trouve des lois relatives à la pureté et à
l'impureté (ch. 8-10). Nombre de ces lois peuvent être justifiées par des raisons d'hygiène,
mais elles ont aussi une valeur symbolique : pour s'approcher de Dieu, l'homme doit veiller à
ne pas être souillé. Dieu est saint : on ne doit pas le traiter à la légère. La sainteté de Dieu est
fréquemment soulignée dans le Lévitique : elle commande toute la conduite du fidèle, même
dans sa relation avec les autres hommes (par exemple Lévitique 19:1-18). La mise à part des
prêtres (ch. 8-10) et le rituel des sacrifices (ch. 1-7 et 16) découlent aussi de la sainteté de
Dieu. L'expiation par le sang du sacrifice (ch. 16 et 17 :11 ) aidera à comprendre le sens de la
mort de Jésus.
Il ne faut pas s'étonner si certaines des lois et rites de la loi mosaïque ont été parallèles dans
d'autres religions et législations de l'époque. Dieu n'a pas jugé utile d'inventer des rites
religieux entièrement nouveaux. Il s'est servi des rites existants, susceptibles d'être compris
par son peuple (comme les sacrifices) et leur a donné un sens nouveau.

LES NOMBRES
Ce livre contient des lois et des récits historiques. Le thème de ces récits, c'est la marche dans
le désert. Après le recensement du peuple, la dédicace du Tabernacle et la célébration de la
Pâque (ch. 1 à 9), le peuple quitte le Sinaï pour gagner la terre promise. Mais les révoltes, les
murmures et surtout le manque de confiance en Dieu (lors de l'envoi des espions à Kadès, ch.
13 et 14) font durer la traversée du désert. L'échec n'est pas définitif, parce que Dieu, s'il
châtie son peuple, continue à le guider et à le conduire, en lui donnant la victoire sur ses
adversaires (ch. 20-25). Les chapitres 33 et 34 résument les étapes de la marche au désert et
précisent les limites du pays.

LE DEUTERONOME
Ce mot signifie " deuxième loi ". En fait, c'est un deuxième exposé de la loi, à l'occasion du
discours de Moïse au peuple avant l'entrée dans la terre promise. Moïse rappelle le chemin
parcouru. l'Exode, le don de la Loi, les épreuves du désert et les victoires sur 1es ennemis. Il
renouvelle la promesse de la conquête du pays. Mais il veut surtout dégager le sens de ces
événements, toute la conduite d'Israël doit être fondée sur la grâce et la fidélité de Dieu (ch. 4
à 11 ). L'Alliance et les lois qu'elle contient sont une bénédiction pour Israël - si le peuple leur
reste fidèle ; sinon, elles deviendront malédiction (ch. 11, 29 et 30). Chaque génération doit
renouveler l'alliance. Les chapitres 12 à 26 reprennent un grand nombre de lois morales,
sociales et religieuses. La fin du livre (ch. 31-34) rapporte la mort de Moïse, la mission
confiée à Josué, le cantique et les bénédictions de Moïse.

La rédaction du Pentateuque
La tradition juive (largement attestée dans la Bible elle-même) et la tradition chrétienne voient
en Moïse l'auteur du Pentateuque. Dans le Nouveau Testament, il est souvent question de la
loi de Moïse, ou de " Moïse et les Prophètes " ce qui est synonyme de " la Loi et les prophètes
" (Luc 16 :29 ; Actes 26 :22, etc...). Pour Jésus et les apôtres, comme pour les prophètes de
l'Ancien Testament (Daniel 9:11 ; Malachie 4:4), il ne fait pas de doute que la loi a été rédigée
par Moïse.
La critique moderne a émis des doutes sur cette tradition. On a remarqué dans le Pentateuque
que certains récits se trouvent en double (la création : Genèse 1 et 2) ou que dans un même
récit on trouve deux narrations parallèles et entremêlés, parfois difficiles à réconcilier
(l'histoire de Noé. comparer Genèse 6:19 et 7:2). On en a déduit que le Pentateuque n'était pas
l'œuvre d'un seul auteur, mais la compilation de plusieurs sources, généralement considérées
comme largement postérieures à Moïse.

Que doit-on penser ?


Le Pentateuque lui-même ne porte ni titre, ni signature. Si Dieu n'a pas jugé bon de désigner
nommément l'auteur de ces livres (comme nombreux autres livres de la Bible), nous ne
devons pas en faire une question décisive pour la foi.
Nous pouvons pourtant être assurés que ce n'est pas sans raison que Jésus et les apôtres
reconnaissent au Pentateuque l'autorité de Moïse. Moïse a été le grand législateur d'Israël.
Dans Exode 24 :4 et 7 et Deutéronome 31 :9, il nous est dit que Moïse écrivit la loi. Le rôle
qu'il a joué dans l'Alliance et la formation qu'il avait reçue en Egypte confirment cette
affirmation (contrairement à l'opinion parfois avancée selon laquelle Moïse ne connaissait pas
l'écriture). D'autres passages nous montrent Moïse rédigeant des récits (Exode 17:8-14 ;
Nombres 33:2). Rien n'empêche de croire qu'il a lui-même écrit l'histoire d'Israël. Cependant,
il n'est pas impossible que certains récits de la Genèse en particulier aient longtemps circulé
sous forme de traditions orales, racontant l'histoire des ancêtres. Ces récits populaires, qu'on
devait se transmettre aux veillées, ont pu suivre des cheminements différents, ce qui explique
que, quand ils ont été rassemblés et écrits, des répétitions et des doublets soient restés. C'est le
cas des deux récits de la création : le premier (l:l à 2:3) présente un vaste panorama à l'échelle
du monde entier, dont chaque partie et chaque être vivant est créé et mis en place par Dieu ; le
second (2:4-25) a la forme d'un récit populaire s'intéressant aux origines de l'homme. Cette
répétition n'est pas inutile : nous avons là deux formes littéraires, qui transmettent à leur
manière, un message de la part de Dieu.
Il faut signaler enfin que quelques passages du Pentateuque n'ont guère pu être écrits par
Moïse (le récit de sa mort - Deut. 34 - mais aussi Genèse 12 :6, 13 :7, 36 :9-43 ; Nombres
12:3, 21:14 ; Deut. 3:14, où on ne peut voir des additions postérieures destinées à renseigner
le lecteur. Il faut donc penser que d'autres rédacteurs ont mis la main aux livres de la Loi
après la mort de Moïse. Il est possible aussi que certaines lois aient été modernisées pour
répondre à des situations qui avaient évolué.
Mais il reste que, pour l'essentiel, on peut voir dans les " livres de la Loi " l'œuvre de Moïse.
Même si d'autres rédacteurs sont intervenus après lui pour compléter son œuvre, il est naturel
que les Israélites aient reconnu dans tout le Pentateuque l'autorité de Moïse, inspiré par Dieu.
Le nom de " Moïse, pour désigner ces livres se justifie comme titre de l'ensemble. (Nous
trouvons la même chose pour les Psaumes, où le nom de David devient le titre général, même
dans le cas de Psaumes qui ne sont pas attribués à David).

LES LIVRES HISTORIQUES


Les douze livres historiques de notre Bible rapportent les événements de la vie d'Israël depuis
son entrée dans le pays de Canaan (au XIIIè siècle avant Jésus-Christ) jusqu'à l'époque de
1'empire Perse (fin du Vè siècle avant Jésus Christ ). Rappelons que dans la Bible juive, six
de nos livres historiques sont appelés " les premiers Prophètes " (Josué, Juges, les livres de
Samuel et des Rois). Ceci montre bien que les connaissances historiques en tant que telles ne
sont pas au centre de l'intérêt des auteurs sacrés. Ce qu'ils veulent surtout communiquer, c'est
un message de Dieu. Les autres livres historiques (Ruth, les Chroniques, Esdras, Néhémie et
Esther) font partie des Ecrits. Deux raisons expliquent cela : la première, ce sont les livres de
ce deuxième groupe, rédigés plus tardivement, qui n'ont pas été reconnus comme " Ecriture
Sainte " qu'après l'ensemble des Prophètes ; la seconde, est que la tradition a attribué la
rédaction des livres du premier groupe à Josué pour le livre qui porte son nom, Samuel pour
les Juges et les livres de Samuel et Jérémie pour les Rois. Alors que la tradition de l'origine
mosaïque du Pentateuque est attestée dans la Bible elle-même, nous avons affaire ici à une
tradition que rien ne nous oblige à recevoir. Aucun de ces livres n'est signé (les titres ont été
donnés après coup). Aucun personnage biblique n'en revendique la rédaction. Nous ne
pouvons que reconnaître notre ignorance.
Josué Le sujet du livre de Josué est la conquête de la terre promise à Abraham et à sa
postérité. Cette conquête a été menée par Dieu bien plus que par la puissance des armées
d'Israël : le pays de Canaan est un don de Dieu à son peuple. La répartition des tribus est
ensuite décrite. Dans les deux derniers chapitres, Josué fait ses adieux au peuple en le plaçant
devant un choix décisif. accepter d'entrer dans l'Alliance, avec tous les engagements que cela
comporte, ou se tourner vers d'autres dieux. Israël choisit de rester fidèle à l'Eternel.

LES JUGES
Ce livre rassemble un certain nombre de récits qui ont trait à la période agitée de l'histoire
d'Israël qui a suivi l'installation du peuple dans la terre promise. L'introduction (ch. 1 à 3:6)
résume la situation. Les tribus, agissant en ordre dispersé, ne peuvent vaincre leurs ennemis.
Leur infidélité à Dieu les fait tomber sous le joug d'un peuple voisin. Dieu suscite alors un
juge pour les délivrer. Le juge est moins un magistrat qui rend la justice qu'un chef, un
conducteur qui mène une ou plusieurs tribus à la victoire... jusqu'à ce que de nouvelles
infidélités entraînent de nouveaux malheurs. Les récits des Juges vont du chapitre 3 au
chapitre 16. On trouve encore le récit de la fondation du sanctuaire de Daniel (ch. 17 :18) et
de la guerre contre Benjamin en châtiment du crime de Guibéa (19 :21 ).

RUTH
L'histoire de Ruth, la Moabite, montre comment Dieu a préparé la venue de David, dont Ruth
est la bisaïeule. Seule l'intervention providentielle de Dieu explique le rôle joué par cette
étrangère dans l'histoire du salut. Mais le livre a aussi pour but de montrer que Dieu ne déçoit
pas ceux qui se confient en lui (2:12).
Les Livres de Samuel
On y trouve l'histoire du passage d'un régime tribal à une monarchie fortement centralisée.
Saul apparaît comme un nouveau juge, vers la fin du XIème siècle avant Jésus Christ. Mais
les tribus le reconnaissent comme roi, à un moment où la menace des Philistins pèse sur
Israël. En fait c'est Samuel qui se montre le véritable conducteur du peuple, car il 1ui fait
connaître la volonté de Dieu. Saul se montrant indigne de régner sur le peuple de Dieu,
Samuel est conduit à oindre David, que Dieu a choisi comme roi. Le deuxième livre de
Samuel couvre le règne de David, la période 1a plus glorieuse de I'histoire d'Israël : malgré
ses fautes, David reconnaît que c'est Dieu qui doit régner sur son peuple. Il recherche la
volonté de Dieu, et, par là, permet à Israël de connaître la prospérité et la paix.
L'espérance messianique d'Israël se fonde sur l'exemple de David et les promesses faites à sa
postérité (2 Sam. 7 ).

LES LIVRES DES ROIS


L'histoire du règne de Salomon (1 Rois 1 à 11) fait suite à l'histoire de David : période encore
glorieuse pour Israël dont le roi demande la sagesse. La construction du Temple est le sommet
de ce règne, qui va dégénérer parce que Salomon devient un roi comme les autres, soucieux
de son prestige, et qui exploite le peuple. Il en résulte un schisme et une suite de rois dont la
plupart font " ce qui est mal aux yeux de l'Eternel ". Malgré les efforts des prophètes comme
Elie et Elisée, le déclin des deux royaumes se poursuit. C'est d'abord le royaume du Nord,
Israël, qui est détruit par les Assyriens (2 Rois 14 à 17 ), puis le royaume du Sud, Juda, qui
succombe aux Babyloniens (ch. 18 à 25). Le deuxième livre des Rois décrit le cadre
historique des premiers grands prophètes (Esaïe au VIIIè siècle, Jérémie un siècle et demi plus
tard). L'histoire de cette longue période (quatre siècles) est très résumée. Les événements qui
y occupent le plus de place sont ceux qui révèlent la volonté et l'action de Dieu. La
déportation à Babylone est un châtiment divin. L'auteur ou les auteurs inconnus du livre des
Rois ont utilisé plusieurs sources, en tous cas, les Actes de Salomon, les Chroniques des rois
d'Israël et les Chroniques des rois de Juda (qui ne sont pas nos livres des Chroniques).

LES DEUX LIVRES DES CHRONIQUES


Ces deux livres et ceux d'Esdras et Néhémie forment une unité. L'histoire d'Israël y est
d'abord racontée parallèlement aux livres des Rois, mais d'un point de vue différent puis elle
est prolongée par les récits d'événements postérieurs à la chute de Jérusalem. La tradition
juive voit en Esdras leur auteur. Plus probablement, il s'agit de prêtres de l'école d'Esdras. Les
Chroniques font une grande place aux généalogies et aux institutions religieuses, en
particulier le Temple et le sacerdoce. La figure de David est mise en relief : ses fautes ne sont
pas mentionnées. Après le schisme, il n'est question que du royaume de Juda.
Le message essentiel des Chroniques est que la prospérité d'Israël dépend de son obéissance à
la loi divine. Dieu est le maître de l'Histoire (2 Chroniques 16 :9).

ESDRAS ET NEHEMIE
Ces deux livres forment un tout, on peut donc les examiner ensemble. Ils rapportent des
événements qui font suite à ceux des Chroniques : le retour des juifs de captivité - en deux
moments : Esdras 1-6 décrit un premier retour à la suite d'un édit de Cyrus. La reconstruction
du Temple commence, mais elle est interrompue par l'hostilité des Samaritains ; une
deuxième vague d'exilés revient, sous la conduite d'Esdras, avec un mandat du roi pour
imposer la loi juive (Esdras 7-10). Pour préserver la pureté du peuple, Esdras lutte contre les
mariages avec des femmes étrangères.
Néhémie raconte la reconstruction des murailles de Jérusalem, sous la direction de Néhémie,
nommé gouverneur de la ville. Le peuple de Dieu, protégé de ses ennemis, peut alors rendre à
Dieu le culte qui lui est dû.
L'auteur utilise et cite des sources contemporaines des événements rapportés : les actes des
Rois de Perse, les listes officielles de rapatriés, les mémoires d'Esdras et Néhémie (passage à
la première personne).

ESTHER
Ce livre dépeint le triomphe des Juifs sur leurs persécuteurs dans l'empire Perse. Cette
délivrance est à l'origine de la fête des Purim (9 :26-32 ). Curieusement, le nom de Dieu ne
paraît pas dans Esther ; pourtant ce livre affirme que ses ennemis seront sûrement vaincus.

AUTRES TYPES DE TEXTES


La table des matières de nos Bibles classe généralement sous le titre de " Livres poétiques " le
Livre de Job, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques. La plus
grande partie de ces livres est, en effet, en forme poétique. Mais ce n'est pas vrai du prologue
et de la conclusion de Job, ni de l'Ecclésiaste. On préfère parfois parler de " Livres Sapientaux
", c'est-à-dire de la " sa gesse ". Le sage est celui qui applique à la vie courante des hommes
les grandes vérités que Dieu a révélées à son peuple. Il est celui qui réfléchit sur les problèmes
de la vie humaine. Job, les Proverbes, l'Ecclésiaste font indiscutablement partie de la "
Littérature de la Sagesse ". Mais ce n'est pas le cas de la plupart des Psaumes, qui sont plutôt
des oeuvres de piété. Certains psaumes pourtant, comme les psaumes 1, 37, 73 s'apparentent
aux livres Sapientiaux. Nous renonçons donc à donner un titre général s'appliquant à tous ces
livres. Rappelons simplement qu'ils font partie des " Ecrits " pour la Bible hébraïque.

LE LIVRE DE JOB
Ce chef d'œuvre de la littérature juive est un long poème encadré d'un court récit (ch. 1 et 2
puis 42 :7-17) racontant le malheur de Job, puis son bonheur retrouvé. Le poème consiste en
une suite de dialogues entre 1ob et ses amis. Mais c'est un dialogue de sourds ; aussi Job finit-
il par faire monter sa plainte vers Dieu (ch. 29 :31 ). Après quoi, un autre personnage, Elihu,
intervient (ch. 32-37). Mais c'est Dieu lui-même qui a le dernier mot (ch. 38-41 ) ; Job ne peut
que s'incliner (ch. 42:1-6).
Le livre de Job aborde un des problèmes les plus aigus de la vie humaine, celui de la
souffrance et surtout de la souffrance imméritée. Si Dieu est juste, pourquoi permet-il tant de
souffrances injustes ? (ch. 3 :20-26).
Mais il y a une autre question, tout aussi importante, et c'est la suivante : est-il possible de
servir Dieu par amour et non simplement par intérêt ? En voyant Job, homme juste et pieux,
comblé de biens, Satan demande : " Est-ce pour rien que Job sert Dieu ? " (ch. 1 :10-12).
Continuera t-il à l'aimer dans la souffrance et la pauvreté ? Dieu a accepté que Job soit mis à
l'épreuve. Le voilà donc qui perd tout. Comment va-t-il réagir ? S'il maudit Dieu, c'est Satan
qui a raison : on ne sert Dieu que par intérêt. La foi est calcul et non amour.
Les trois amis de Job veulent le persuader que la souffrance est toujours un châtiment pour le
péché. Si Job souffre, c'est qu'il a péché. Job refuse cette explication, qui est celle des bien-
pensants. Il n'a rien fait qui mérite un tel châtiment. Il ne comprend pas. C'est de Dieu seul
que pourra venir la réponse. Et pour finir, Dieu parle, sans répondre aux questions de Job,
mais en révélant sa toute-puissance. Job se tait alors : il lui suffit de savoir que Dieu est là.
Même dans le malheur, Job ne s'est pas détourné de Dieu. Satan a perdu son pari. Dieu est
donc libre de rendre à Job sa prospérité.

LES PSAUMES
Dans les Psaumes, ce sont des hommes qui s'adressent à Dieu, et non Dieu qui parle aux
hommes. Pourtant ces prières et ces cantiques sont aussi une Parole de Dieu pour nous. Non
seulement, ils sont une réponse au message du Seigneur, mais encore c'est Lui qui les a
inspirés pour nous apprendre à louer et à prier.
Le mot Psaume vient de l'instrument de musique (psaltérion) qui accompagnait le chant ou la
récitation de ces poèmes. Le titre hébreu, Tchillim, veut dire " hymnes ". Beaucoup de
psaumes sont en effet des cantiques, bien que d'autres soient plutôt des prières personnelles.
On a dit que les Psaumes étaient le recueil de cantiques du second temple de Jérusalem (après
l'exil). Il est vrai que c'est après le retour d'exil que le psautier s'est constitué. Mais beaucoup
de psaumes sont plus anciens. Un grand nombre d'entre eux est attribué à David. David était
poète et musicien (1 Samuel 16 :15-23 ; 2 Samuel 1 :19-26 et 3 :33-34). Il a composé de
nombreux psaumes - au point que son nom sert parfois à désigner l'ensemble du recueil. Il
faut signaler cependant que le titre " de David " peut aussi se traduire " à David ", si bien que
certains psaumes ont pu être écrits par d'autres et dédiés à David. D'autres noms figurent
parmi les titres des psaumes Asaph, les fils de Koré, etc...
On trouve dans la Bible une grande variété de psaumes, si bien que tous les croyants peuvent
y trouver les prières par lesquelles s'exprime leur foi. On peut cependant distinguer trois
grandes catégories de psaumes (mais tous les psaumes n'entrent pas dans ce classement. leur
diversité est trop grande).
1) Les hymnes de louange (par exemple les psaumes 8, 19, 33, 95 à 100 103 à 106, 145 à
150), comprenant une exhortation à louer Dieu (c'est de là que vient " Alleluia ", louez le
Seigneur), suivie des raisons de cette louange : l'œuvre du Dieu Créateur, sa bonté pour Israël,
Sion et le Temple (48), le règne de Dieu (96 à 98>, etc... Il s'agit là de cantiques chantés à
l'occasion du culte. On peut y rattacher les " psaumes des degrés " (120 à 134) qui étaient
chantés par les pèlerins se rendant à Jérusalem.
2) Les prières de supplication, dans lesquelles les croyants font monter vers Dieu leurs
plaintes, leurs cris de souffrance, mais aussi l'expression de leur foi. La détresse du fidèle peut
venir de ses ennemis (décrits en termes souvent si imagés qu'il est difficile de se représenter la
situation du psalmiste), des méchants et des menteurs (3, 5, 7, 13, 22, 35, 56, 70, etc...), de la
maladie (38, 88) ; de l'exil (63), mais aussi de son péché (6, 51, 130, 143). D'autres
supplications ne sont pas individuelles, mais collectives. C'est la détresse du peuple qui est
présentée à Dieu (74, 79, 83, 85, 106, 137 ), à la suite de la guerre, de la déportation à
Babylone, de la misère des rapatriés, etc...
Les psaumes de supplications se terminent souvent par une confession de foi en Dieu et la
certitude d'être exaucé.
3) Les prières d'actions de grâce, où la souffrance du fidèle n'est plus évoquée que comme
l'occasion de rendre grâces à Dieu (18, 21, 30, 34, 65-68, 116, 118, etc...)
Parmi les autres psaumes, il faut citer ceux où deux genres se retrouvent mélangés (25, 27, 89)
et les méditations (ou psaumes sapientaux) (1, 112, 119, 127).
Il faut faire une place à part aux psaumes messianiques. Il y a d'abord les psaumes royaux, les
prières pour le roi (l'oint ou Messie). Certains ont été composés au temps de la royauté,
d'autres plus tard. Ils ont continué à être chantés dans la perspective de la promesse faite à
David et à sa descendance (2 Samuel 7:12-16), exprimant ainsi l'espérance d'Israël. Dieu
donnera à son peuple le roi promis qui règnera dans la justice (2, 20, 21, 72, 110). Jésus a
appliqué à sa personne les paroles de plusieurs de ces psaumes. Mais il a aussi fait référence à
d'autres psaumes (22 :2, 31 :6 ). Il s'est identifié à la détresse de tous les hommes. Il a fait
siennes leurs prières parce qu'il a pris leur place devant Dieu.

LES PROVERBES
Ce livre est un recueil de plusieurs collections de pro verbes (en Hébreu. mashal,
comparaison) et de réflexion sur la sagesse et sur la vie. C'est le type même de ce qu'on
appelle la littérature sapiential.
Les titres des collections qui y sont rassemblées sont indiquées dans le livre. Nous pouvons
donc distinguer :
a) Introduction. ch. 1 à 9. La valeur de la sagesse. Recommandations d'un père à son fils et
intervention de la sagesse elle-même.
b) 10 :1 à 22 :16 : les proverbes de Salomon.
c) 22 :17 à 24 :34 : les paroles des sages.
d) 25 à 29 : recueil des gens d'Ezékias.
e) 30 : les proverbes d'Agur.
f) 31. les proverbes de Lémuel. Poème. éloge de la femme vertueuse.
- Salomon est pour la Bible le type même du " Sage ". Un grand nombre de ses proverbes ont
été conservés. D'autres s'y sont ajoutés pour former le recueil que nous connaissons, dont la
composition date, selon les uns du règne d'Ezékias, selon les autres d'après l'exil.
- Les conseils de vie pratique que contient ce livre peuvent paraître un peu terre à terre. Mais
ils n'expriment pas seulement une prudence humaine. Ils invitent l'homme à vivre dans la
crainte (c'est-à-dire le respect) de Dieu t1:7). L'homme peut être l'artisan de son bonheur ou
de son malheur, selon qu'il est sage ou fou : 1 :20-33, 3 :21-35, etc... Vivre selon la sagesse,
c'est vivre selon Dieu, car Dieu a créé le monde par sa sagesse (8 :22-31 ) et Il révèle la
sagesse aux hommes, afin qu'ils haïssent le mal et réussissent leur vie.

L'ECCLESIASTE
Le titre hébreu de ce livre est " Qoheleth " : celui qui parle dans une assemblée, le prédicateur.
Son auteur se présente comme " fils de David, roi à Jérusalem ", ce qui fait penser à Salomon,
mais pourrait s'appliquer à tous les rois de la lignée de David.
C'est le livre d'un homme qui a beaucoup vécu et qui met à nu les prétentions humaines à
assurer ici-bas un bonheur durable : la richesse, le travail, la bonne chaire, la sagesse même,
tout cela est vanité ( 1 :2).
Toutes les joies de 1a terre sont passagères et soumises au jugement de Dieu (12:1-9, 12:15-
16). Dieu n'interdit pas aux hommes de jouir de la vie (9:7-10, 11 :7-8), à condition de ne pas
chercher à bâtir leur bonheur sur du vent.
Le Cantique des cantiques
Le titre veut dire : " Le plus beau des cantiques " (parmi ceux de Salomon : 1 Rois 4 :32). Il
s'agit d'un brûlant poème d'amour. Les Juifs ont hésité à l'inclure dans la Bible, parce que trop
profane (on n'y parle pas de Dieu) et même érotique. On l'a interprété allégoriquement et on y
a vu une parabole de l'amour mystique du Christ et de son Eglise. On peut penser pourtant que
le sens premier de ce poète, c'est de chanter l'amour d'un homme et d'une femme, amour
voulu par Dieu qui a créé l'homme et la femme et a béni le mariage. C'est parce qu'il a une
valeur en lui-même que cet amour peut être une parabole de l'amour de Dieu et de son peuple.

LES PROPHETES
La dernière grande section de la Bible est celle des livres prophétiques. Tous les prophètes
d'Israël n'ont pas laissé de livre. Un prophète aussi important qu'Elie ne nous est connu que
par les livres des Rois.
Le prophète est celui qui parle de la part de Dieu. On l'appelle aussi le " voyant " (1 Samuel
9 :9) parce que Dieu se révèle parfois à lui dans des visions (Amos 7 :1, 7 :4, etc...). Mais ce
qui fait de lui un prophète, c'est que Dieu lui confie un message pour son peuple.
La fonction de prophète était connue dans d'autres religions (les prophètes de Baal : 1 Rois
18). En Israël, le prophétisme était une institution reconnue - même si les prophètes ne
parlaient pas toujours de la part de- Dieu (1 Rois 22:5-12). Ces prophètes formaient des sortes
de confréries (1 Samuel 10 :5, 19 :20). L'exemple de 1 Rois 22 les protestations d'Amos qui se
défend d'être " prophète ou fils de prophète " (7 :14) et les condamnations de Jérémie (6:13-
14) et d'Ezékiel (13) à l'égard des faux prophètes montrent que ces prophètes " professionnels
" se souciaient plus de leur intérêt que de la Parole de Dieu. Les grands prophètes qui nous ont
laissé des messages inspirés étaient davantage des individus isolés, que Dieu avait appelés
personnellement à communiquer sa Parole : les exemples d'Esaïe (ch. 6), de Jérémie (ch. 1 ),
d'Ezékiel (ch. 1 et 2) ou d'Amos (ch. 7) le montrent bien. Si de tels hommes prophétisent, ce
n'est pas par choix, mais parce qu'ils sont contraints par Dieu : Amos 3:8 ; Jérémie 20:7-10.
Dieu met ses paroles dans leur bouche : Deutéronome 18:15 ; Jérémie 1 :9 ; Ezékiel 3:1.
Le message des prophètes bibliques est d'une grande richesse et d'une grande diversité. Mais
on peut leur reconnaître deux missions principales :
a) révéler la volonté de Dieu - et les infidélités d'Israël. Ils dénoncent l'idolâtrie, l'hypocrisie
religieuse, le culte coupé de la vie réelle, 1'injustice sociale, la confiance dans les richesses et
dans la force des armes. Michée résume ce que Dieu demande : " que tu pratiques la justice,
que tu aimes la miséricorde et que tu marches humblement avec ton Dieu " (6 :8).
b) annoncer ce que Dieu fera dans l'avenir. Ces prédictions concernent souvent l'avenir
immédiat. Elles prennent alors la forme d'avertissements et d'appels à la repentance : si vous
ne vous convertissez pas, Dieu agira de telle façon. Dieu permet au prophète de lire les
événements de son temps et de conseiller les rois ou le peuple. D'autres prophéties envisagent
un avenir plus lointain. Dieu révèle par ses prophètes comment il accomplira son dessein :
annonce de la Nouvelle Alliance (Jérémie 31 ) ou de la souffrance du Messie (Esaïe 53), par
exemple.
Les prophètes dont le nom est attaché à un livre de la Bible sont parfois appelés " prophètes
écrivains ". En fait leur message a le plus souvent été délivré oralement. Jérémie 29 et 36
constituent des exceptions. La parole des prophètes a généralement la forme de courts poèmes
(appelés aussi " oracles "). Ces messages ont ensuite été mis par écrit, soit par le prophète lui-
même, soit par un de ses disciples (Baruc pour Jérémie 36:4), puis rassemblés pour former un
livre. Ce qui rend parfois la lecture des livres prophétiques difficiles pour nous, c'est le fait
que ces oracles ne sont pas réunis dans un ordre logique. On passe très vite d'un sujet à un
autre. Il faut essayer de replacer chaque oracle dans son contexte - et ce n'est pas toujours
facile.
Il n'est pas possible d'étudier dans le détail les livres prophétiques. Nous ne pouvons, ici, que
situer chaque prophète dans l'Histoire, indiquer les particularités de son livre et résumer
brièvement son message.

ESAÏE
Esaïe a vécu au VIIIè siècle avant Jésus-Christ. Le cadre historique de son ministère est la
période des grandes invasions assyriennes, avec la fin du royaume d'Israël (chute de Samarie
en 721 ) et le siège de Jérusalem par Sancherib en 700 (ch. 36-39).
Esaïe est le prophète de la sainteté de Dieu (ch. 6:1-7). Il proclame le sérieux des exigences de
Dieu et dénonce le péché de son peuple (ch. 1 et 5 par exemple ). Mais il pro clame aussi la
souveraineté de Dieu, qui reste le Maître de l'Histoire, quelle que soit la puissance des armées
humaines. Aussi Esaïe s'élève-t-il contre le manque de confiance en Dieu de Juda, qui préfère
chercher l'appui des grandes puissances plutôt que de se tourner vers Dieu (ch. 10, 25, 30). A
ceux qui s'écrient, devant le danger, " l'Assyrie avec nous " ou " l'Egypte avec nous ", Dieu
promet un roi qui sera " Emmanuel " : " Dieu avec nous " (7 :l 3-16). Non seulement le
Messie délivrera son peuple, mais il fera régner la paix sur la terre (2:1-5, 11 :l-10).
Une deuxième partie du livre d'Esaïe (à partir du ch. 40) évoque un autre moment de l'histoire.
la déportation à Babylone, après la chute de Jérusalem en 586. Le message du prophète est un
chant d'espérance pour les captifs : Dieu reste le Maître souverain, (au contraire des idoles
impuissantes) Il peut encore délivrer un peuple et il le fera (ch. 40). C'est Dieu qui fera venir
Cyrus, le vainqueur de Babylone.
On trouve dans cette partie d'Esaïe les " chants du Serviteur de l'Eternel ", qui sera " la
lumière des nations " et porte les péchés de beaucoup d'hommes (42:1-7, 49:1-9, 50:4-9,
52:13 à 53:12). Ces prophéties annoncent celui qui donnera sa vie pour le pardon de nos
péchés, le Serviteur souffrant, Jésus.
A cause du contexte historique de cette deuxième partie du livre, beaucoup de savants y
voient l'œuvre d'un prophète anonyme du VIè siècle. On sait qu'au temps de Jésus, le livre
d'Esaïe formait déjà un tout.

JEREMIE
Le livre de Jérémie nous fait connaître le prophète, ses luttes, ses souffrances plus que tout
autre livre prophétique. Son époque est pour Juda une époque d'espoirs déçus. La réforme du
roi Josias (2 Rois 22-23) n'a pas porté les fruits espérés. La chute de l'empire assyrien n'a pas
amené la paix attendue. C'est d'abord l'Egypte qui profite de la situation : Josias veut s'y
opposer ; il est vaincu et tué à Meggido en 609. Puis c'est le roi de Babylone qui envahit la
Palestine et s'empare de Jérusalem en 597. Il place sur le trône un roi vassal, Sédécias. Malgré
les avertissements de Jérémie, ce roi se révolte. Il est vaincu. C'est la fin du royaume de Juda
et la captivité à Babylone en 586.
Jérémie a vécu ces événements tragiques, partagé entre son amour pour son peuple et sa
mission, qui jusqu'à la chute de Jérusalem, a consisté à "arracher, abattre, ruiner et détruire"
(1:10). Il doit arracher le péché, l'infidélité à Dieu. Mais ces messages de châtiment ne font
pas plaisir et Jérémie est persécuté par les rois, les prêtres, les faux prophètes, le peuple lui-
même. Après la défaite, Jérémie doit " bâtir et planter " (51 :10), en annonçant la miséricorde
de Dieu, le pardon et le retour (29:1-14), ainsi que la restauration de relations justes entre
Dieu et son peuple, grâce à une Nouvelle Alliance (31 :31-34).

LES LAMENTATIONS
Ce livre anonyme, que la tradition attribue à Jérémie, comprend cinq poèmes sur la ruine de
Jérusalem et lé péché du peuple élu.

EZEKIEL
C'est la déportation à Babylone qui fournit le cadre du ministère d'Ezékiel. En 597, un premier
groupe de Juifs est emmené en captivité à Babylone. Parmi eux Ezékiel. Dieu 1ui manifeste sa
gloire et l'établit comme " sentinelle " sur la maison d'Israël (ch. 1 et 2 ).
Le livre d'Ezékiel comprend quatre parties :
a) Avant la chute de Jérusalem (ch. 1 à 24). Le prophète dénonce les illusions des captifs qui
croient la délivrance proche (Jérusalem n'est pas encore détruite). Comprenez que c'est Dieu
qui vous a châtiés et convertissez-vous, dit Ezékiel. Le message de jugement qu'il annonce est
particulièrement sévère (ch. 6).
b) Ezékiel dénonce l'orgueil des nations païennes (ch. 25 à 32).
c) Après la ruine de Jérusalem, Ezékiel annonce la délivrance (ch. 33 à 39). " Je les délivrerai
et ils sauront que je suis l'Eternel " dit Dieu. Dieu rendra son peuple à la vie, non seulement en
ramenant les captifs, mais surtout en lui donnant " un cœur nouveau et un esprit nouveau "
(ch. 36 et 37).
d) La description de la nouvelle Jérusalem et du Temple restauré (ch. 40-48). C'est une vision
symbolique du Royaume de Dieu : le nom de la cité sera " l'Eternel est ici " (48 :35).

DANIEL
Le cadre de ce livre est l'époque des grands empires babylonien et perse. La première partie
du livre (ch. 1 à 6 ) raconte des événements de la vie de Daniel et de ses amis, juifs fidèles,
exilés en terre païenne. Dieu leur accorde sa protection et leur permet de résister à la tentation
de l'idolâtrie.
Dans les chapitres 7 à 12, nous avons une série de visions prophétiques sur le dessein de Dieu
pour son peuple et les nations païennes. On donne le nom d'apocalypse à ces prophéties qui
s'expriment sous forme de symboles et d'images.

OSEE
a prophétisé dans le royaume d'Israël au VIIIè siècle. Le thème de son message est la
souffrance de Dieu devant l'infidélité du peuple qu'il aime. Osée a vécu l'expérience de
l'amour trahi : il a épousé une femme infidèle. Sa vie illustre son message. Dieu châtiera Israël
pour ses péchés, pourtant il veut pardonner. Le chapitre 6 résume le message du prophète.
JOËL
décrit une invasion de sauterelles, image du châtiment divin, suivi de promesses de
restauration, comprenant l'effusion du Saint-Esprit (ch. 1 et 2). Le chapitre 3 annonce le
jugement des nations et la victoire de l'Eternel.
Amos est le prophète de la justice de Dieu. Il a exercé son ministère dans le royaume du Nord
au VIIIè siècle (peu avant Osée). Il est, lui, un berger venu du Sud. Il condamne au nom de
Dieu l'hypocrisie de la religion qui fait bon ménage avec l'injustice sociale et la vie corrompue
des riches. Il annonce le jugement de Dieu sur son peuple. Le chapitre 5 résume bien le
message du prophète.

ABDIAS
annonce le jugement de Dieu contre Edom et la victoire d'Israël au jour de l'Eternel. Les
circonstances de cette prophétie et la personne du prophète ne nous sont pas connues.
Jonas Ce livre est un récit et non un recueil de prophéties. L'histoire de Jonas est bien connue.
Le message du livre est double. l'annonce du jugement de Dieu est un appel à la repentance ;
Dieu aime aussi les païens et désire leur conversion.

MICHEE
fut un contemporain d'Osée et d'Esaïe. Il prophétise aussi bien sur Samarie que sur Jérusalem,
en trois groupes d'oracles commençant par le mot " Ecoutez " (1 :2, 3 :1, 6 :1). Trois messages
de jugement et de condamnation des péchés du peuple et des princes sont suivis de promesses
de pardon et de restauration.

NAHUM
Ce prophète du VIIè siècle, après avoir célébré la colère de Dieu contre les méchants, a prédit
la chute et la destruction de Ninive.

HABAKUK
a vécu vers la fin du VIIè siècle (comme Jérémie). Son livre s'ouvre par un dialogue avec
Dieu (1 :1 à 2:3), suivi de malédictions contre les Chaldéens (2:4 à 2:20). Le chapitre 3 est un
psaume célébrant la majesté de Dieu.
SOPHONIE
a prophétisé au début du règne de Josias, avant la réforme décrite dans 2 Chroniques 34. Il
annonce le Jour du Seigneur, jour de jugement (1 :2 à 2 :3), la colère de Dieu contre les
nations (2:4-15), puis contre Juda (3:1-8). Son livre se termine par une promesse de
restauration (3 :9-20).
AGGEE
a exhorté les Juifs revenus de Babylone à reconstruire le Temple de Jérusalem (lire Esdras 5
et 6). Il a prophétisé en 520 avant Jésus-Christ.
ZACHARIE
était un contemporain d'Aggée. Les chapitres 1 à 6 contiennent six visions suivies d'un acte
symbolique. le couronnement du grand-prêtre, figure du Messie (6:9-15). Zacharie se
préoccupe aussi de la reconstruction du Temple et appelle le peuple à se repentir. Dieu
rétablira Israël grâce à la venue d'un Roi-Messie (3:8, 6:12-13). Les chapitres 7 et 8
contiennent des bénédictions à propos d'une question sur les jeûnes.
La deuxième partie du livre est composée d'oracles variés concernant la fin des temps (ch. 9 à
14). L'espérance messianique y tient une grande place. Ces prophéties sont souvent citées
dans le Nouveau Testament.

Common questions

Alimenté par l’IA

La Bible diffère d'un livre d'histoire car l'intérêt principal des auteurs sacrés n'est pas de fournir des comptes rendus historiques, mais de transmettre un message divin. Les livres historiques de la Bible, bien qu'ils relatent les événements de l'histoire d'Israël, sont considérés comme des véhicules du message de Dieu. Ce contenu spirituel prime sur l'exactitude historique .

Ésaïe utilise le contexte des grandes invasions assyriennes pour illustrer le sérieux des exigences de Dieu et dénoncer le péché d'Israël. Son message souligne la souveraineté de Dieu face aux puissances terrestres et met l'accent sur la nécessité de faire confiance à Dieu plutôt qu’aux alliances militaires. Les événements historiques servent de toile de fond pour renforcer la prophétie d'un Messie et un avenir de paix qu'il annonce .

La traduction de la Bible ne diminue pas son caractère sacré car ce n'est pas le texte original qui confère son caractère divin, mais le message qu'il communique. Ainsi, le texte peut être traduit pour transmettre le message. La distinction entre révélation et inspiration est cruciale ici—la révélation étant l'activité de Dieu se faisant connaître aux hommes, et l'inspiration permettant à l'homme de transmettre fidèlement ce message .

La position évangélique affirme que la Bible, en tant que Parole inspirée par Dieu, constitue l'autorité suprême pour la foi et la vie chrétienne. Elle oblige les chrétiens à s'y soumettre, à en adopter les enseignements et la considérer comme la règle infaillible de leur foi. Cette position demande que l'Église tire son enseignement de l'autorité scripturaire et que chaque chrétien se laisse guider par elle, renforçant ainsi leur foi et mode de vie aligné sur les Écritures .

Les oracles prophétiques sont souvent regroupés sans ordre précis parce qu'ils sont principalement issus de messages délivrés oralement et ensuite retranscrits, souvent sans une structure logique prédéfinie. Cette absence de séquence systématique peut rendre la lecture et la compréhension difficiles, nécessitant de replacer chaque oracle dans son contexte historique et linguistique pour saisir pleinement son sens .

Moïse est perçu comme l'auteur principal des livres de la Loi en grande partie à cause de la reconnaissance de ces textes comme porteurs de son autorité inspirée par Dieu. Même si certaines lois ont pu être mises à jour pour des raisons contextuelles ou par des rédacteurs ultérieurs, la tradition a maintenu son statut d'auteur principal, à l'image de David avec les Psaumes, où son nom sert de référence même pour des Psaumes qui ne lui sont pas attribués .

Le concept de démystification pose un enjeu de taille pour les chrétiens modernes, car il remet en question la nature historique et ontologique des événements tels que l'Incarnation et la Rédemption. Si ces événements sont rejetés comme mythiques, cela ébranlerait les fondements mêmes de la foi chrétienne traditionnelle, menaçant de réduire le christianisme à une mythologie humaine et non une manifestation divine historique .

La distinction entre révélation et inspiration est essentielle car la révélation concerne l'activité divine de se manifester, tandis que l'inspiration concerne la capacité humaine à reconnaître et transmettre ce message. Cette distinction justifie l'autorité de la Bible, car bien que les textes soient inspirés, ils servent avant tout à transmettre la révélation divine. Cette perspective permet de comprendre pourquoi la Bible est considérée comme la Parole de Dieu, dotée d'une autorité divine .

Les premiers versets de l'Évangile de Jean décrivent la Parole de Dieu non pas comme un simple discours, mais comme une entité divine incarnée dans Jésus-Christ. Cela signifie que, dans le Nouveau Testament, Dieu s'adresse à l'humanité non seulement par des paroles mais par son Fils, représentant une forme de communication directe et divine .

À partir du XIXe siècle, l'essor de la foi en la raison humaine et au progrès a conduit à remettre en question l'inspiration divine de la Bible. Ce scepticisme est dû à l'incompréhension que des textes décisifs pour notre vie spirituelle puissent avoir été écrits par des hommes sans connaissance des sciences modernes. De ce fait, les théologiens ont commencé à réévaluer certains récits bibliques, considérant certains comme mythiques .

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