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Saint Joseph

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1

Saint Joseph
au croisement

de la première et la deuxième alliance.

Léo Pauels, sm

Village Chaminade, 2014


2

Présentation.
La piété populaire s’est attachée avec raison à Marie, la Mère de
Jésus. Elle a souvent oublié le rôle primordial joué par Joseph, son époux.
Dans notre civilisation, à la sexualité hypertrophiée, il n’est pas
facile de présenter comme modèle un époux qui n’a pas de relations
sexuelles avec sa femme. A la limite, on le présenterait comme un eunuque,
voire un handicapé psychologique ; au mieux, il sera l’objet de
plaisanteries de bas étage.
Les apocryphes ont résolu le problème en faisant de Joseph un
vieillard à l’instinct sexuel amorti. Les peintres aiment le représenter
comme un vieux, à la barbe blanche, appuyé sur un bâton pour soulager ses
rhumatismes.
Toutes ces représentations n’ont rien à voir avec le Joseph de la
Bible et proviennent uniquement de l’imagination de leurs auteurs.

Il nous a donc paru utile de rechercher qui est Joseph, époux de


Marie, selon l’Évangile, et de prolonger l’enseignement du Magistère à son
sujet.
Les deux premiers chapitres sont une relecture des épisodes de
l’Évangile où Joseph joue un rôle. Les chapitres III et IV prolongent la
réflexion sur la paternité et sur la famille. Les chapitres V à VII s’arrêtent
sur la mission de Joseph dans l’histoire du salut ; Joseph travailleur nous
donne l’occasion de réfléchir sur la valeur du travail dans le plan primitif
de la création. L’actualité de Joseph dans l’Eglise d’aujourd’hui
apparaît à travers les enseignements récents du Magistère et les
interventions de Joseph en faveur des chrétiens, les frères de Jésus qui sont
comme lui, ses fils adoptifs.
3

I. Joseph du clan de David, époux de Marie.


La discrétion des évangiles à propos de Saint Joseph est bien connue.
Nous n’avons de lui aucune parole ; à peine quelques mentions. Et
pourtant, il a joué un rôle de premier plan à la charnière des deux Alliances.
Joseph est un homme de l’Ancien Testament qui, avec Marie, inaugure le
Nouveau Testament en accueillant le Fils de Dieu à son arrivée sur la terre.

1.1. Joseph, de la famille de David.


Dans l’Évangile de Luc, la première mention de Joseph est faite à
l’occasion de l’Annonciation.
Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville
de Galilée du nom de Nazareth,
à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph,
de la famille de David ; cette jeune fille s’appelait Marie (Lc 1, 26-
27).

Saint Matthieu commence son Évangile par une généalogie.


Livre des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham :
Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra
Juda et ses frères… (Mat 1, 1-2)
Elioud engendra Eléazar, Eléazar engendra Mathan, Mathan
engendra Jacob,
Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus
qu’on appelle Christ (Mt 1, 15-16).
Un peu plus loin, Matthieu apporte encore quelques précisions sur Joseph :
Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la
diffamer publiquement, résolut de la
répudier secrètement (Mt 1,19).
En résumé, que savons-nous de Joseph ?
Nous connaissons son nom, Joseph, qui signifie Que Dieu ajoute. Nous
connaissons aussi le nom de son père, appelé Jacob, et toute la lignée de ses
ancêtres qui, passant par David, nous conduit jusqu’à Abraham, le
patriarche fondateur du peuple élu.
Matthieu précise encore que c’est un homme juste. A l’époque de la
naissance de Jésus, il est un jeune homme en âge de se marier, il est fiancé
à Marie. La première étape du mariage a été accomplie, mais les fiancés
n’habitent pas encore ensemble.

Joseph habite Nazareth, en Galilée, où il exerce le métier de


charpentier.
4

Nazareth est un village sans importance. Le nom n’apparait jamais


dans l’Ancien Testament, ni même chez l’historien juif Josèphe. Aucun
évènement de l’histoire juive ne s’y est déroulé. Nazareth se trouve dans la
Galilée des païens (Is 8,23 ; Mt 4,15).
Après la division du royaume au temps de Roboam, fils de Salomon,
le royaume du Nord, appelé royaume d’Israël (pour le distinguer du
royaume du Sud, celui de Juda) fut envahi en 735 par le roi TEGLAT-
PHALASAR et ses habitants déportés en Assyrie (2 Rois 15,29). Des
peuplades païennes occupèrent alors le pays. Alexandre JANNEE (103-76)
roi juif, reconquit la Galilée et y installa une colonie de juifs originaires du
sud. C’est ainsi, sans doute, que la famille de Joseph, originaire de Judée,
se trouvait vivre en Galilée.
En faisant vivre son fils à Nazareth, Dieu commençait une nouvelle
histoire, une histoire qui ne devait rien au passé. Avec l’Évangile, tout
redevient nouveau, une nouvelle ère commence, une Nouvelle Alliance
entre Dieu et son peuple.

1.2. L’Annonce à Marie et à Joseph.


L’histoire de Joseph, dans l’évangile de Saint Luc, commence avec
l’annonce faite à Marie, à qui un ange apparaît pour lui annoncer qu’elle
sera enceinte et que l’enfant vient de l’Esprit Saint. Le nom de Joseph est
mentionné seulement dans l’introduction, pour dire qu’il est fiancé à Marie.

Matthieu nous en dit davantage :


Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ. Marie sa mère était
accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité
ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit Saint ( Mt
1,18).

La situation de Joseph est des plus embarrassantes. La première


question qui se pose à notre esprit est celle-ci : Comment Joseph a-t-il
appris la grossesse de sa fiancée ? et à quel moment ? Les évangiles n’en
disent rien.
Ce qui est certain, c’est qu’au moment où l’ange apparaît à Joseph en
songe, il sait déjà que sa fiancée est enceinte. C’est pour cette raison qu’il
avait fait le projet de se séparer d’elle.
Certains affirment qu’il a dû attendre le retour de Marie de son séjour
chez Élisabeth. L’enfant serait né alors six mois après le mariage. Aucun
indice ne nous permet d’affirmer cela.

Il existe dans l’Ancien Testament, dans le Livre des Juges, une


situation semblable. Il s’agit de la mère de Samson. Un ange lui apparaît et
5

lui annonce qu’elle mettra au monde un fils. Que fait-elle ? Immédiatement


elle court auprès de son mari pour lui annoncer la chose. Son mari lui fait
confiance ; il croit ce que dit sa femme. Dans la suite, Manoah aussi
rencontre l’ange et lui fait préciser le comportement qu’ils devront tenir à
l’égard de l’enfant. Pourquoi Marie n’aurait–elle pas agi comme son
aïeule ? Après le départ de l’ange, elle se sera rendue auprès de Joseph pour
lui communiquer la nouvelle, en répétant mot à mot, comme le fait la
femme de Manoah, ce que l’ange lui a annoncé. Cette interprétation existe
dans l’Église depuis le 16e siècle.

Reprenons les faits, et essayons de faire une reconstitution


chronologique vraisemblable des événements.

Le matin au lever du jour, l’ange Gabriel se présente chez Marie.


Aussitôt après son départ, elle se précipite chez Joseph et lui raconte tout,
mot à mot, comme l’ange lui a dit.
Joseph se réjouit avec Marie ; il la félicite d’avoir été choisie pour être la
mère du Messie. Mais en même temps, il est profondément troublé. Toute
la journée il se tourmente.
Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la
diffamer publiquement, résolut de la répudier secrètement ( Mt 1,19).

Joseph est un homme juste ; il cherche à faire la volonté de Dieu. Il


ne doute pas de la sincérité de Marie. Le traducteur a choisi deux mots qui
trahissent sa propre conviction, mais ne répondent pas forcément à
l’intention de l’auteur. Le traducteur pense que Joseph soupçonne son
épouse d’infidélité ; voilà pourquoi il parle de diffamer et répudier. Le
sens premier des deux termes grecs est différent.
Deigmatizo, qui est traduit par diffamer, a pour premier sens montrer, faire
connaitre, révéler. Joseph ne se sent pas le droit de faire connaître le secret
de Marie, c'est-à-dire la conception miraculeuse (virginale) de Marie. Ce
mystère dont il a connaissance par Marie, mais qu’il ne comprend pas, doit
encore rester secret.
Apoluo : le deuxième verbe qui est traduit par répudier, a pour premier
sens délier. Le divorce aboutit à une répudiation. Or, entre Joseph et Marie
il n’est nullement question de divorce. Si nous sommes persuadés que
Joseph croit à l’innocence de Marie, nous traduirons « apoluo » par
« rendre la liberté ». Joseph et Marie sont liés par les liens du mariage.
Joseph se résout à rendre à Marie sa liberté, de se séparer d’elle, de
renoncer à leur mariage. Joseph se sacrifie lui-même, son amour, son
bonheur. La nuit vient et Joseph va se coucher : son sommeil est agité.
Nous pouvons donc traduire :
6

Joseph qui était un homme juste, ne voulant pas dévoiler son


secret, s’arrêta au projet de lui rendre sa liberté.
Cette traduction exprime mieux le sentiment qui habite Joseph : un
sentiment de respect et de crainte vis-à-vis de l’œuvre de Dieu qui se
réalise en Marie. Son affection pour Marie, n’est diminuée en rien par
l’immense souffrance qui le touche au plus profond de son cœur.

La nuit est tombée sur Nazareth et l’obscurité oblige les hommes à


interrompre leurs activités. Joseph s’est couché pour le repos de la nuit ;
son sommeil est agité. Un ange lui apparaît en songe :
« Il avait formé ce projet, et voici que l’ange du Seigneur lui apparut
en songe et lui dit :" Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre
chez toi Marie, ton épouse: ce qui a été engendré en elle vient de
l'Esprit Saint, et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de
Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 20-
21).
L’ange commence par confirmer ce qu’il sait déjà par Marie : l’enfant vient
de l’Esprit Saint. Puis il lui indique sa propre mission :
- prendre chez lui son épouse,
- donner le nom à l’enfant, le reconnaître comme son fils.
7

Établissons un parallèle entre le récit de l’annonce de la naissance d’un fils


à Manoah et son épouse et l’annonce faite à Marie et à Joseph.

MANOAH. Jg 13,2-25 SITUATION JOSEPH. Luc 1,26 sv


Jg 13,2. nommé Manoah Lc 1, 26. Joseph
de Soréa de Nazareth
du clan de Dane de la maison de David
Sa femme est stérile fiancé à une jeune fille,
vierge
L’ange apparut à cette Premier jour L’ange entra chez elle et dit :
femme et dit « Je te salue, comblée de
« Tu es stérile Annonce à grâces…
Mais tu vas concevoir et Marie Voici que tu vas concevoir
enfanter un fils et enfanter un fils
Il sera voué à Dieu Tu lui donneras le nom de
depuis sa conception Jésus (Dieu sauve)
C’est lui qui sauvera Il sera grand ; il sera appelé
Israël de la main des Fils du Très-Haut »
Philistins ».
La femme rentra chez elle
et dit à son mari
« Un homme de Dieu
est venu vers moi...il m’a
dit : « Voici..... » Reconstitution : Marie
Alors Manoah implora pleine de joie
le Seigneur :
L’ange de Dieu vint va trouver Joseph
encore vers la femme...
Aussitôt la femme courut et lui rapporte mot à
l’annoncer à son mari mot les paroles de l’ange
Manoah se leva et suivit
sa femme… Joseph croit ce
qu’elle lui dit
Il m’a dit... « Tu vas
concevoir et enfanter un
fils.... »
Premier jour : Mt 1,18 Joseph est perplexe
il ne veut pas révéler
Joseph son secret
Réfléchit il décide de lui rendre sa
liberté
8

Durant la nuit : 1,20 : L’ange du Seigneur


lui apparut en songe :
songe Ne crains pas de prendre
chez toi Marie ton épouse
elle mettra au monde un fils
auquel tu donneras le nom
de Jésus (Dieu sauve, car il
sauvera son peuple de ses
péchés.
Deuxième jour : Quand Joseph se réveilla, il
Préparation du fit ce que l’ange lui avait
mariage prescrit : il prit chez lui son
épouse...
Visitation Marie se rend à Aïn Karim,
Elle y resta trois mois.
24 ; La femme mit au Six mois après : Lc 2,7 : Et elle mit au monde
monde un fils Naissance de son Fils premier-né
Jésus

8e jour 2,21 : L’enfant reçut le nom


et elle le nomma Samson circoncision de Jésus

25. L’enfant grandit 2,40 : L’enfant grandissait


et le Seigneur le bénit ; et se fortifiait
et l’Esprit du Seigneur tout rempli de sagesse
commença à le conduire et la grâce de Dieu était sur
lui.
Et pourquoi Marie n’aurait-elle pas fait la même chose que l’épouse
de Manoah ? Sachant qu’elle était enceinte par la puissance de Dieu, Marie
ne pouvait pas cacher à Joseph son état. Son silence, dans une telle
situation, aurait été un manque de confiance en son époux. Par ailleurs, sa
joie était tellement grande qu’elle ne pouvait pas la garder pour elle seule.

1.3. Le Mariage de Joseph et Marie.


Au moment où commence notre récit, « Marie était accordée en
mariage à Joseph ». La première étape du mariage était donc accomplie.
L’ange invite Joseph à procéder à la deuxième étape du mariage.
[24] A son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait
prescrit : il prit chez lui son épouse,
[25] mais il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils,
auquel il donna le nom de Jésus.
9

La deuxième étape du mariage est une grande fête : cela se prépare et


cela dure plusieurs jours. Il aura fallu à Joseph peut-être une semaine ou
deux. Mais il commence tout de suite, à son réveil.
Le mariage de Joseph et de Marie serait donc à situer dans les jours
qui suivent l’annonce faite à Marie. Et par conséquent, ce n’est qu’après le
mariage que Marie part chez Élisabeth où elle va rester pendant environ
trois mois.

La référence à l’Ancien Testament est une pratique habituelle pour


St Matthieu. Il veut montrer que l’Évangile est l’accomplissement de la
première alliance. De même que la conception de l’Emmanuel était
annoncée par le prophète Isaïe, (7,14) de même la révélation à Joseph a un
précédent dans le livre des Juges.
Tout cela arriva pour que s’accomplisse ce que le Seigneur avait
dit par le prophète : voici que la vierge concevra et enfantera un
fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, ce qui se traduit Dieu
avec nous. (Mt 1, 22-23)
La foi doit s’étendre aussi à l’Ancien Testament. Dieu tient parole.
Ce qu’il a annoncé autrefois par les prophètes doit se réaliser maintenant.
L’Évangile doit être interprété à la lumière de l’Ancien Testament qui
annonçait le dessein de Dieu. L’Ancien Testament révèle le sens des
événements. Dieu avec nous – Emmanuel - suggère l’alliance entre Dieu et
son peuple.

L’union entre un homme et une femme dans l’Ancien Testament


comprenait plusieurs démarches. Les deux plus importantes étaient : la
demande en mariage et l’entrée de la jeune femme dans la maison de son
époux.

Nous voyons les patriarches soucieux de trouver une épouse à leurs


fils. La coutume était de choisir l’épouse dans le même clan, et même dans
une parenté proche (cousins, cousines).
- Abraham envoie son serviteur choisir une femme pour Isaac dans sa
famille d’origine (Gn 24,33-53).
- Isaac donne à Jacob l’ordre d’épouser une des filles de Laban, « frère de
ta mère » ( Gn 28,2).
- Il faut éviter que les descendants de patriarches épousent des filles de
Canaan (Gn 28,1) ou des filles étrangères ( Dt 7,3).

Assez naturellement les pères interviennent dans le mariage de leurs


filles :
- le roi Saül décide du mariage de ses filles Mérab et Mikal
(1 S 18,17-27).
10

- le vieux Tobit conseille à son fils « de prendre une femme de la race de


ses pères » (Tb 4,12).

Le mariage n’était pas toujours imposé. Ainsi Samson, qui aime une
jeune femme philistine, demande à ses parents de la lui prendre pour
femme, c'est-à-dire de la demander en mariage (Jg 14,3). Mikal, fille de
Saül s’éprit de David (1 S 18,20), elle obtint que son père Saül intervienne
pour lui donner David comme époux.

L’usage voulait que le jeune homme - ou quelqu’un de sa famille -


verse au père de la jeune fille une somme d’argent, appelée môhar (dot)
(cfr Ex 22,16). Cette prestation pouvait prendre d’autres formes.
- Caleb promet sa fille en mariage à celui qui prendrait la ville Qiryath
Sépher (Jg 1,12-13).
- Saül demande à David de lui apporter cent prépuces de Philistins (une
manière de le refuser comme gendre) (1 S 18,24).
- Jacob accepte de travailler sept ans au profit de son beau père Laban, pour
obtenir la main de Rachel.
La dot n’est pas considérée comme un achat, mais une compensation pour
la jeune fille qui entre dans une nouvelle famille. En plus de la dot, le jeune
homme, ou sa famille, donnaient des cadeaux à la jeune épouse.

Une fois le contrat entre les deux familles réalisé, la première étape
était achevée. On traduit cette période souvent par « fiançailles » : le terme
n’est pas exact, parce que juridiquement la jeune fille a déjà le statut
d’épouse.
Le contrat de mariage est mis par écrit, tout de suite après le
consentement (voir Tobie7,13).
La formule conjugale est ancienne. Nous la trouvons dans Osée ( 2,4-6).
Elle est prononcée par l’homme s’adressant à son épouse, devant témoins.
La dernière étape était le banquet qui précède la nuit des noces. Les
festivités pouvaient durer une semaine (Gn 29,27 ; Jg 14,12) , mais le
mariage est consommé dès la première nuit.

Les textes des Évangiles montrent que le droit du mariage n’a pas
beaucoup évolué au temps de Joseph et Marie.
Quand Marie reçoit la visite de l’ange, elle est déjà légalement l’épouse de
Joseph. L’accord entre les deux familles est conclu. L’Expression
« fiancés » n’est donc pas correcte. La cérémonie de demande en mariage
appelée qiddushîm – sanctification - avait eu lieu ; le môhar avait été
versé par Joseph à la famille de Marie, mais les deux n’habitaient pas
encore ensemble. Joseph s’employait à rassembler la somme nécessaire
pour organiser le banquet nuptial
11

Le banquet nuptial était une grande fête qui réunissait parents et amis.
Trois passages de l’Évangile nous permettent de nous faire une idée du
déroulement :
Jn 2,1-12 : le Noces de Cana
Mt 22,1-14 : La parabole du festin nuptial
Mt 25,1-13 : la parabole des dix vierges.

Le marié organisait la fête. Il fait appel au notable du village capable


de mettre à sa disposition une salle suffisamment grande. C’est le « maître
du repas » dont parle St Jean.
Contrairement à ce qu’on voit dans l’iconographie, les femmes ne
prenaient pas place à table avec les hommes. Marie n’était donc pas assise
parmi les invités ; elle était plutôt au service avec d’autres femmes.

Le repas commençait le soir, à la nuit tombée. La jeune mariée était


parée par les femmes de sa famille dans la maison de son père. Des
parentes ou amies, encore célibataires, étaient chargées d’accueillir le jeune
époux venant chercher son épouse. (Les 10 vierges). De là se formait un
bruyant cortège jusqu’au lieu du repas.
Après quoi le jeune époux accompagnait son épouse jusqu’à la
chambre nuptiale, tandis que la fête continuait pour les invités.
Un repas de noces était un grand événement pour un village. Saint Paul
s’appuie dessus pour construire le symbolisme de Jésus époux de l’Église (
Ep 5,25-27).

Très vite après le mariage de Joseph et de Marie intervient la


première séparation des deux époux. Marie se doit d’aller voir le signe que
l’ange lui a indiqué. Elle rassemble ses maigres affaires et se rend auprès
d’Élisabeth où elle va rester trois mois, jusqu’après la naissance de Jean
Baptiste, accomplissant son rôle de servante comme elle l’avait déclaré à
l’ange.
En ce temps-là, Marie partit en hâte pour se rendre dans le haut
pays, dans une ville de Juda (Lc 1,39).

Marie aurait donc pris le chemin d’Aïn-Karim après son mariage


avec Joseph. Cela coupe court à toutes les spéculations sur l’origine de son
enfant. Pour les gens, il est le fils de Joseph.
12

II. Joseph, père de Jésus.

L’Enfance de Jésus.

2.1. Le recensement.
Luc veut faire un vrai travail d’historien. Deux fois, il cherche à
situer les événements de la vie de Jésus en relation avec l’histoire politique.
C’est sa façon de préciser les dates. Au début du chapitre 3, quand il
raconte les débuts de la prédication de Jésus, il cite Tibère, l’empereur de
Rome et Ponce-Pilate, le gouverneur de la Judée. Il mentionne encore
Hérode, Philippe, Lysanias comme personnages politiques. Enfin il cite les
autorités religieuses, Anne et Caïphe.

La naissance de Jésus lui parait suffisamment importante pour qu’il


cherche à en préciser la date. Pour déterminer celle-ci, Il mentionne l’édit
de l’empereur César Auguste, Quirinius étant gouverneur de Syrie.
L’histoire de Jésus n’est pas un mythe ; elle se déroule dans un pays
concret, à une époque historique bien déterminée. Le recensement décrété
par les autorités politiques explique pourquoi Joseph et Marie ont entrepris
ce voyage de trois jours, qui les mènera de Nazareth à Bethléem, qui est le
lieu de naissance du Messie, prédit par les prophètes.

St Luc raconte l’événement au chap. 2.


[1] Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire
recenser le monde entier.
[2] Ce premier recensement eut lieu à l'époque où Quirinius était
gouverneur de Syrie.
[3] Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville ;
[4] Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville
de David qui s'appelle Bethléem en Judée, parce qu'il était de la
famille et de la descendance de David,
[5] pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.

Après sa visite à Élisabeth, voici que Marie doit entreprendre une


deuxième fois le long voyage, qui la mènera de Nazareth dans le pays de
Juda, cette fois en compagnie de Joseph son époux, pour se rendre à
Bethléem.
13

2.2. La Naissance de Jésus.

Nous savons comment s’est passé la naissance de Jésus. Ne trouvant


pas de place dans la salle commune, ils se réfugient dans une étable et c’est
là que Jésus vient au monde. Marie l’enveloppe de langes et le couche sur
la paille dans une crèche. Joseph est seul avec la jeune mère ; il s’occupe de
tout : chercher de l’eau, faire du feu, préparer la nourriture.

Les premiers visiteurs ne tardent pas à arriver. Les bergers qui


gardent leurs moutons durant la nuit sont mystérieusement avertis par un
ange qu’une grande joie les attend à Bethléem.

[16] Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-


né couché dans la mangeoire.
[17] Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au
sujet de cet enfant.
[18] Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur
disaient les bergers.
[19] Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en
cherchant le sens.

Marie ne devait pas être seule à retenir tous ces événements ; elle a dû en
parler avec Joseph après le départ des bergers. Ensemble ils cherchaient le
sens de ce qui se passait sous leurs yeux.

2.3. La circoncision et l’ imposition du nom.

Joseph est un homme juste, un homme qui observe la loi : il fait tout
le nécessaire pour que son fils soit reconnu comme un vrai enfant d’Israël :
21] Huit jours plus tard, quand vint le moment de circoncire l'enfant,
on l'appela du nom de Jésus, comme l'ange l'avait appelé avant sa
conception.

C’est en effet le rôle du père de s’occuper de la circoncision et de


l’imposition du nom. Jean Paul II écrit :

« La circoncision d'un fils était le premier devoir religieux du père.


Par ce rite (cf. Lc 2, 21), Joseph exerce son droit et son devoir à l'égard de
Jésus. Le principe selon lequel tous les rites de l'Ancien Testament ne sont
14

que l'ombre de la réalité (cf. He 9, 9-10 ; 10, 1) fait comprendre pourquoi


Jésus les accepte.
Comme pour les autres rites, celui de la circoncision trouve en Jésus son «
accomplissement ». L'alliance de Dieu avec Abraham dont la circoncision
était le signe (cf. Gn 17, 13), atteint en Jésus son plein effet et sa
réalisation parfaite, car Jésus est le « oui » de toutes les anciennes
promesses (cf. 2 Co 1, 20) ».1
Par ce rite, Jésus devient membre à part entière du Peuple d’Israël,
du clan de David, de la tribu de Benjamin.

Le mystère de la circoncision est le cadre d’un autre mystère, celui


de l’imposition du nom de Jésus. Ce nom a été révélé dès sa conception,
lors de l’annonce à Marie ; il ne sera donné officiellement à Jésus que le
huitième jour, lors de la circoncision. Dans le don du Nom, Joseph joue son
rôle de père (Mt 1,21.25), puisqu’il inscrit Jésus dans la filiation de David
(Mt 1,16) et dans la promesse faite à sa maison pour toujours (2 Sm 7).
Par son incarnation, le Fils de Dieu a choisi d’être un homme, un
enfant mâle. L’identité sexuée du Messie annule toutes les théories
modernes du genre, qui veulent effacer les particularités de chaque sexe,
pourtant inscrites dans le projet créateur initial.
Pour Marie, c’est à partir de maintenant qu’elle peut vraiment être
appelée « la Mère de Jésus - ‘Dieu sauve’ ». Et le symbole du sang versé
par l’enfant de 8 jours oriente notre esprit déjà vers le Calvaire où tout son
sang sera versé pour le salut du monde, sang de la Nouvelle Alliance.

« A l'occasion de la circoncision, Joseph donne à l'enfant le nom de


Jésus. Ce nom est le seul nom dans lequel se trouve le salut (cf. Ac 4, 12) ;
et sa signification avait été révélée à Joseph par le messager du ciel, au
moment de son « annonciation » : « Tu lui donneras le nom de Jésus, car
c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés (Mt 1, 21).
En lui donnant son nom, Joseph manifeste sa paternité légale à l'égard de
Jésus et, en prononçant ce nom, il proclame la mission de sauveur qui est
celle de l'enfant »2.

2.4. La présentation et le rachat.

[22] Puis quand vint le jour où, suivant la loi de Moïse, ils devaient
être purifiés, ils l'amenèrent à Jérusalem pour le présenter au
Seigneur

1
Jean Paul II, Rédemptoris Custos, n°11. ( cité par RC suivi du n°-
2
Cfr, RC, 12.
15

[23] - ainsi qu'il est écrit dans la loi du Seigneur : Tout garçon
premier-né sera consacré au Seigneur -
[24] et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la loi du
Seigneur, un couple de tourterelles ou deux petits pigeons.

Jésus étant un premier-né, devait être présenté à un prêtre et racheté


par le père. Le 40e jour, conformément aux prescriptions de la loi, Joseph et
Marie amènent donc l’enfant à Jérusalem, au Temple, pour le consacrer au
Seigneur. En effet, lors de la Pâque en Égypte, Dieu avait déclaré : « Tout
premier-né m’appartient ». Joseph et Marie ont choisi de présenter leur fils
au Temple, ce qui n’était pas obligatoire, donnant à ce rite un symbolisme
profond. Le Temple est la « maison de Dieu ». Jésus vient donc chez lui.
C’est Dieu lui-même qui vient dans son Temple, comme le reconnait le
vieillard Syméon. Celui-ci est le premier parmi les notables d’Israël à
accueillir l’Enfant-Messie. Il est le représentant de tous « les justes » en
Israël qui attendent
« la Consolation d’Israël ».

A la même occasion, la Loi prescrivait d’offrir un sacrifice : un


mouton pour ceux qui en avaient les moyens ; deux tourterelles pour les
pauvres. Joseph fait l‘offrande des pauvres. Par ce geste, les parents
reconnaissent que cet enfant appartient à Dieu qui le leur a donné. Ils le
rachètent ensuite au prix de 5 sicles d’argent ( Cf. Lv 12,1-4.8 ; Ex 13,1-2.
15).

Le 40e jour était aussi le jour de la purification de la mère. Marie se


soumet à ce rite, de même que plus tard, Jésus se soumet au baptême de
Jean-Baptiste.

Syméon adresse à la mère des paroles prophétiques qui annoncent la


contradiction que Jésus rencontrera dans sa vie ; son cœur est comme
transpercé par un glaive. Même s’il ne peut imaginer tout ce qui se cache
derrière cette annonce, Joseph partage la souffrance et l’inquiétude de
Marie.
[33] Le père et la mère de l'enfant étaient étonnés de ce qu'on disait
de lui.
[39] Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du
Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
[40] Quant à l'enfant, il grandissait et se fortifiait, tout rempli de
sagesse, et la faveur de Dieu était sur lui.

A la louange de Syméon s'unit une femme, Anne, une veuve, âgée de


84 ans, qui se fait la première messagère de la Bonne Nouvelle de la venue
16

du Sauveur, comme d'autres femmes qui seront, 30 ans plus tard, les
premières à témoigner de sa résurrection.

Ce qui, de prime abord, paraissait le simple récit d'un épisode de


l'enfance du Christ, s'avère ainsi comme une saisissante introduction, à
l'Évangile selon saint Luc, et au Livre des Actes des Apôtres et même au
Mystère du Salut accompli en Jésus ("Dieu sauve")

2.5. La visite de rois-mages.


Après la visite des bergers, racontée par Luc, voici la visite des
mages relatée par Matthieu (Mt 2,1-12). Après les pauvres d’Israël, voici
de riches étrangers. Ils viennent de loin, de l’Orient. Ils ont l’habitude
d’observer les astres et de calquer leur conduite sur les signes
astrologiques.
Ils arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs
qui vient de naître ? (Mt 2,1-2).

Dans un premier temps, l’astre ne les guide pas vers Jésus. Pour
trouver le roi des juifs, il faut qu’ils se renseignent chez ceux qui
connaissent la Bible. La parole du prophète, transmise par les responsables
du peuple juif, les met sur le droit chemin.
(Hérode) réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et
leur demanda où le Messie devait naître. «A Bethléem en Judée, lui
dirent-ils, car c’est ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem,
terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda
: car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël mon peuple
(Mt 2,4-6) ».

Maintenant qu’ils ont écouté la Parole de Dieu, l’étoile peut les


guider vers l’enfant. À elle seule, la recherche des hommes ne conduit pas
nécessairement vers Jésus. La lecture de la Bible, effectuée d’un cœur
ouvert et généreux, est le meilleur moyen d’avancer sur la bonne route.
Avant de voir Jésus, le cœur de ces chercheurs de Dieu est déjà rempli de
joie. Ils savent qu’ils ne pourront pas se tromper de chemin et qu’ils
toucheront au but. Regarder les signes des temps, se mettre en route, se
laisser guider par la Parole de Dieu, c’est le secret du bonheur. Ces
étrangers, ces païens l’ont découvert en premier.
Et voici que l’astre, qu’ils avaient vu à l’Orient, avançait devant eux
jusqu’à ce qu’il vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit où était
l’enfant. A la vue de l’astre, ils éprouvèrent une très grande joie (Mt
2,9-10).
17

C’est la grande leçon de cette page de Matthieu. L’évangéliste


s’adresse aux croyants de son époque qui connaissent ou croient connaître
la Parole de Dieu mais qui ne se mettent pas en marche et qui, pire que
cela, mettent leur savoir à la disposition d’un pouvoir qui tue.

Entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère, et, se
prosternant, ils lui rendirent hommage. Ouvrant leurs coffrets, ils lui
offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Puis,
divinement avertis en songe de ne pas retourner auprès d’Hérode, ils
se retirèrent dans leur pays par un autre chemin (Mt. 2,11-12).

Matthieu s’adresse également à nous, chrétiens du 21e s., pour que


nous ne nous endormions pas dans nos certitudes mais que nous nous
mettions en route avec tous les hommes de bonne volonté. En nous laissant
interpeler par les événements du monde et par la lecture de la Parole de
Dieu, nous pourrons rencontrer, nous aussi, le Seigneur qui vient habiter
parmi nous.

Tout commence par une naissance. Jésus est venu nous rejoindre
dans la fragilité, la vulnérabilité d’un enfant. La responsabilité de Joseph
sera de protéger, cet enfant contre tout ce qui menace sa vie. Dieu n’est pas
un tout puissant, il est tout fragile qui a besoin de notre aide pour grandir en
nous et dans ce monde. Dès le début de l’Évangile, l’horizon s’élargit à la
terre entière. Personne n’est exclu de l’accès à Dieu. L’important est de
devenir chercheur de sens, de se mettre en route, de ne pas cesser de
chercher.

Ils virent l’enfant et sa mère ;


Joseph n’est pas mentionné, mais il fait tellement partie de la Sainte
Famille que sa présence n’a pas besoin d’être mentionnée. A notre tour,
nous pouvons voir l’Enfant et sa mère si nous prenons le temps d’ouvrir
l’Évangile et de méditer les textes.

2.6. La fuite en Égypte et le retour.

Joseph reprend la tête de la sainte Famille, dès que les Mages sont repartis.

[13] Après leur départ, voici que l'ange du Seigneur apparaît en


songe à Joseph et lui dit : " Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa
mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu'à nouvel ordre, car Hérode
va rechercher l'enfant pour le faire périr. "
18

[14] Joseph se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se


retira en Égypte.
[15] Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, pour que s'accomplisse ce
qu'avait dit le Seigneur par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon
fils. …
[19] Après la mort d'Hérode, l'Ange du Seigneur apparaît en songe à
Joseph, en Égypte,
[20] et lui dit : " Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et
mets-toi en route pour la terre d'Israël ; en effet, ils sont morts, ceux
qui en voulaient à la vie de l'enfant. "
[21] Joseph se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, et il entra dans
la terre d'Israël.
[22] Mais, apprenant qu'Archélaüs régnait sur la Judée à la place de
son père Hérode, il eut peur de s'y rendre ; et divinement averti en
songe, il se retira dans la région de Galilée
[23] et vint habiter une ville appelée Nazareth, pour que
s'accomplisse ce qui avait été dit par les prophètes : Il sera appelé
Nazôréen.
Lisons le récit de la naissance de Jésus dans Luc 2,1-16 et Matthieu 2,1-
14. Nous avons deux récits de la naissance de Jésus. Les deux ont en commun
de mentionner la naissance à Bethléem, comme les prophètes l’avaient prédit.
Les deux mentionnent également les trois noms : Jésus, Marie et Joseph. Par
contre le climat des deux récits diffère. Dans l’Évangile de Luc, tout baigne
dans la joie, les chants, la manifestation des anges. La visite de bergers est
entourée de chants, de joie, de louanges à la gloire de Dieu.
Le récit de Matthieu est centré sur les Mages, venus d’Orient et la
fureur d’Hérode qui craint dans ce nourrisson un rival possible. La famille doit
fuir en exil pour échapper à la colère d’Hérode. Le rôle de Joseph comme chef
de famille est mis en relief. Il reçoit les directives du ciel et prend les décisions
qui s’imposent, en toute obéissance et soumission à la volonté de Dieu.

2.7. Le pèlerinage à Jérusalem, la Bar Mitsva de Jésus.

Nous revenons à Luc qui fait intervenir Joseph à l’occasion de la


deuxième venue de Jésus au Temple. Cet épisode décrit comment Joseph et
Marie découvrent un aspect nouveau de leur enfant. Le couple est présenté
comme les « parents » (41.43) « ton père et moi » (48). La réponse de Jésus
les amène tous deux à approfondir leur foi. Ils ne doivent pas oublier que le
vrai père de Jésus est « le Père des cieux » et que par conséquent c’est au
Temple, la maison du Père, qu’ils auraient dû le chercher.
« Mais ils ne comprirent pas »… Leur foi est mise à l’épreuve ; ils
doivent lui faire confiance.
19

Toute leur vie à Nazareth tient dans cette phrase : « Il leur était
soumis ». Cela décrit leur vie quotidienne, les tâches domestiques, le travail
de l’atelier ou sur les chantiers.
Joseph et Marie ont gardé dans leur cœur tous ces événements
et ils ont dû en parler souvent. Leur bonheur était de voir Jésus grandir, en
taille, en sagesse et en faveur auprès de Dieu et auprès des hommes.
Voici le récit de Luc :

41] Ses parents allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la


Pâque.
[42] Quand il eut douze ans, comme ils y étaient montés suivant la
coutume de la fête
[43] et qu'à la fin des jours de fête ils s'en retournaient, le jeune
Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent.
Luc présente Joseph et Marie comme les « parents » de Jésus sans aucune
autre précision.

[44] Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent
une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et
connaissances.
[45] Ne l'ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem en le
cherchant.
Le « jeune Jésus » jouit d’une grande liberté de mouvements. Pendant toute
la journée ses parents ne l’ont pas vu, sans que cela provoque leur
étonnement. Le soir les familles se regroupent ; ils constatent que Jésus
n’est pas là. Ils se mettent à sa recherche, le cœur rempli d’angoisse.

[46] C'est au bout de trois jours qu'ils le retrouvèrent dans le


Temple, assis au milieu des maîtres, à les écouter et les interroger.
[47] Tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur l'intelligence de ses
réponses.

La présence de Jésus au Temple, assis au milieu des maîtres, est une


préfiguration de ce que sera sa vie publique, quand il sera devenu lui-même
un maître qui parle avec autorité.
[48] En le voyant, ils furent frappés d'étonnement et sa mère lui dit :
" Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Vois, ton
père et moi, nous te cherchons tout angoissés. "
S’adressant à Jésus, Marie a appelé Joseph « ton père », sans autre
précision. Cela montre que dans la sainte famille, chacun est à sa place.

[49] Il leur dit : " Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-


vous pas qu'il me faut être chez mon Père ? "
20

[50] Mais eux ne comprirent pas ce qu'il leur disait.


Par sa réponse, Jésus invite ses parents à progresser dans leur foi. Ils ne
doivent pas oublier sa vraie identité et sa mission.

[51] Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth ; il leur était
soumis ; et sa mère retenait tous ces événements dans son cœur.
[52] Jésus progressait en sagesse et en taille, et en faveur auprès de
Dieu et auprès des hommes.

Conclusion :
Durant tous les épisodes de l’enfance de Jésus, nous voyons Marie et
Joseph ensemble ; Joseph et Marie forment un couple uni ; Marie est pour
Joseph une compagne attentive, ensemble ils ont une mission commune,
éduquer cet enfant que Dieu leur a donné. Ils partagent la même foi.

La spiritualité marianiste nous propose de prendre Marie chez nous,


à l’exemple de Joseph et du disciple que Jésus aimait. Est-elle pour nous
une compagne dans notre vie quotidienne ? Est-elle notre sœur, selon
l’expression du Père Chaminade ? Marie, notre sœur !
21

III. Une paternité responsable.

3.1. La mission de Joseph par rapport à Jésus.

Quand Joseph apprend la grossesse de Marie, il est placé devant un


problème de conscience, apparemment sans issue. Il connait bien Marie et
pas un instant ne la soupçonne d’infidélité. Bien souvent, il a expérimenté
sa droiture, sa sincérité. Il accepte comme vrai ce qu’elle lui a dit : l’Enfant
vient de l’Esprit Saint. Le trouble de Joseph n’est pas causé par sa relation
avec Marie ; il vient de cet enfant qui n’est pas de lui. Comment pourrait-il
prendre comme sien ce qui appartient à Dieu ? Il ne peut pas se faire passer
pour le père de cet enfant : ce serait une tromperie.
Mais s’il ne peut pas prendre l’enfant, il ne peut pas non plus prendre la
mère. Il doit donc renoncer à ce mariage et rendre à Marie sa liberté. Il
renonce ainsi à celle qu’il aime. Il se trouve dans la situation de son ancêtre
Abraham qui se crut obligé d’immoler son fils Isaac, qu’il aimait plus que
tout au monde. Comme la nuée sur la Tente de Réconciliation, ainsi
l’Esprit de Dieu est venu sur Marie, faisant d’elle la nouvelle Arche
d’Alliance, la consacrant pour toujours comme propriété exclusive de Dieu.

L’ange qui lui apparait en songe, lui fait connaitre le vrai projet de Dieu.
Il commence par le rassurer : « Ne crains pas de prendre chez-toi Marie
ton épouse ». Votre mariage fait partie du plan du Très Haut qui veut
donner à son Fils une famille humaine. A son réveil Joseph fit ce que l’ange
du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse ( Mt 1,24).
L’ange avait dit aussi : Elle mettra au monde « pour toi »
(d’après certains manuscrits) un fils auquel tu donneras le nom de Jésus.
En acceptant d’être le père de cet enfant, Joseph obéit à la volonté de
Dieu. Il accueille l’enfant comme un don de Dieu et il fera tout ce qui est
en son pouvoir pour être un bon père. Il assumera à l’égard de Jésus toutes
les responsabilités qui incombent à un père.

Dieu a tout prévu pour que le mystère de la naissance de Jésus reste


intact. Si notre hypothèse est exacte et que le mariage entre Joseph et Marie
a eu lieu dans les jours qui ont suivi l’Annonciation, Jésus est venu au
monde neuf mois après le mariage ; il est donc tout à fait normal que les
gens le considèrent comme le fils de Joseph et de Marie. On l’appelle
aussi le « fils du charpentier », ou simplement « le charpentier » (Mc 6,3).
22

Plus tard, quand Jésus affirme son origine céleste, les juifs
rétorquent :
N’est-ce pas Jésus, le fils de Joseph ? Ne connaissons-nous pas son
père et sa mère ? comment peut-il déclarer maintenant : Je suis
descendu du ciel (Jn 6,41-42) ?
Les juifs ignorent tout du mystère de sa naissance. Cet enracinement
humain fait obstacle à leur foi en son origine divine et en sa mission de
prophète.

Dans l’Évangile selon St Marc, Jésus est appelé « Fils de Marie »


(Mc 6,3). Ce n’est pas une appellation habituelle. Certains ont voulu y voir
un doute sur la paternité de Joseph. Peut-être Marc veut-il suggérer que le
vrai père de Jésus est Dieu, et par conséquent, affirmer la conception
virginale. De fait, ce titre signifie la vraie identité de Jésus : « conçu du
Saint Esprit, né de la Vierge Marie. »

Marie et Joseph sont deux habitants de Nazareth. Ils sont devenus


un écran pour leurs concitoyens qui ne peuvent percevoir le mystère.
Élisabeth et Siméon ont eu connaissance du mystère par une inspiration
particulière de l’Esprit. Marie et Joseph sont des serviteurs silencieux du
Mystère de l’Incarnation.

Jean Paul II affirme :


« C’est pour assurer une présence paternelle auprès de Jésus, que
Dieu choisit Joseph comme époux de Marie »3 .
C’est pour donner un père à Jésus que Joseph doit devenir l’époux de
Marie. Avec Marie, Joseph est appelé à constituer la cellule familiale dans
laquelle le Fils de Dieu peut naître et grandir. Dans ce sens il est juste de
dire que Dieu a donné cet enfant à la fois à Marie et à Joseph. Ils le
reçoivent comme un don de Dieu. Il leur a été donné à sa naissance ; mais
comme c’est un premier-né, il appartient à Dieu : ils doivent faire le rite du
rachat ; ainsi il leur est donné une deuxième fois comme don de Dieu.
Le Père JB Armbruster, sm, fait ce commentaire :
« On peut bien penser que Joseph et Marie, unis par le mariage,
vivront entièrement pour Jésus, le Fils de Dieu fait homme, lui consacrant
virginalement toute leur vie. Leur foyer ne formera pas une famille
humaine ordinaire : Dieu ne l’a pas constituée pour la procréation humaine.
Elle se situe déjà dans le monde nouveau que Jésus est venu instaurer
(cf. Lc 20,34-36) »4.

3
RC 7.
4
JB Armbruster, Marie et Joseph dans le mystère de Jésus, Maison
Chaminade, Bordeaux 2010.
23

3.2. Joseph, père de Jésus


Joseph est l’époux de Marie, par conséquent, Jésus, fils de Marie
devient automatiquement le fils de Joseph. Devant la loi, c’est de Joseph
qu’il reçoit son nom et il devient son héritier. Par lui, il entre donc dans la
descendance de David.
Par son père, Jésus devient un vrai enfant juif, participant à tous les devoirs
et à tous les droits d’un citoyen juif. Joseph le fait entrer dans la société
juive. Nous pourrions dire : « Le Verbe s’est fait juif ». Il observe à son
égard le rite de circoncision, qui est un rite d’appartenance au peuple. Et,
puisque c’est un fils premier-né, le rite de la présentation et du rachat.
Quand il a douze ans, il l’emmène à Jérusalem, en pèlerinage pour célébrer
sa Bar-Mitsvah.

3.3. Joseph, éducateur de Jésus.


Dans les premières années de sa vie, l’enfant est surtout avec sa
mère. Et nous avons vu que Joseph entoure la mère de sa protection, de son
affection et de son dévouement. Ce qu’il donne à la mère, il le donne par le
fait même à l’enfant.
Quand le garçon grandit, il passe plus de temps avec son père. Il
apprend à parler, il écoute le récit de l’histoire de ses ancêtres. Auprès de
Joseph et de Marie, il apprend à prier.

A partir de douze ans, le garçon entre en apprentissage auprès de son


père. C’est ainsi qu’il apprend le métier de charpentier. C’est une
obligation pour le père, d’enseigner son métier à son fils ; il faut qu’il
devienne capable de gagner sa vie par son travail, non par le vol, le
brigandage, ou la mendicité. Saint Paul est fier de rappeler qu’il pratique le
métier de tisserand.

Et Jésus leur était soumis :


[51] Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth ; il leur était
soumis ; et sa mère retenait tous ces événements dans son cœur.
La paternité de Joseph incarne l’amour paternel de Dieu
« Sa paternité s’est exprimée concrètement dans le fait d’avoir fait
de sa vie, un service, un sacrifice au mystère de l’Incarnation et à la
mission rédemptrice qui lui est liée ; d’avoir usé de l’autorité légale
qui lui revenait sur la sainte Famille, pour lui faire le don total de
lui-même, de sa vie, de son travail … » 5

5
RC 8.
24

3.4. Le rôle du père.


D'après les psychologues, la fonction paternelle se manifeste dans
plusieurs secteurs :

La protection.
La première fonction du père est d’assurer à sa femme et à ses
enfants la sécurité. Autrefois, la protection contre les dangers extérieurs
était prépondérante. De nos jours, le besoin de sécurité émotive est premier.
La femme est les enfants veulent pouvoir compter sur le père.
Saint Joseph a assuré merveilleusement la sécurité de sa petite
famille, quand il les a emmenés en Égypte pour les soustraire à la colère
d’Hérode. Par sa présence, il leur assure aussi la sécurité émotive : ton père
et moi, nous t’avons cherché tout angoissés, dit Marie, soulignant combien
Joseph avait partagé son angoisse.

L'éducation.
Dans l’éducation de l’enfant, le rôle du père est de faciliter
l’apprentissage du contrôle de soi. Il lui apprend à renoncer à la satisfaction
immédiate de ses besoins et de ses désirs ; il lui apprend la patience.
Le père apprend aussi à son enfant à canaliser son agressivité
vers une expression positive et constructive. Pour lui-même, c’est un
chemin de progrès personnel et d’épanouissement ; il devient plus maître
de soi, il devient responsable.

L'initiation.
Le père initie l’enfant aux règles de la société ; il lui apprend à
accepter des privations ; il ne peut pas tout avoir tout de suite. La loi de
Moïse comprenait une foule de prescriptions qu’il fallait observer, et le rôle
du père était d’initier son fils à l’observation de la Loi.
Aujourd’hui, beaucoup de pères renoncent à leur rôle paternel et les
enfants deviennent délinquants parce qu’ils continuent de croire que tout
leur est dû et que les autres sont à leur service (comme l’était maman).

La séparation.
La maturité de l’enfant est le résultat de toute une série des
séparations : naissance, coupure du cordon ombilical, sevrage, entrée dans
le milieu scolaire, la création de bandes, le mariage. Le rôle du père est de
faciliter la séparation de l’enfant de la mère et la séparation de la mère de
son enfant. C’est la condition de l’épanouissement de l’enfant et du
développement d’un réseau de relations.

La filiation ; l’identité.
25

L’enfant a besoin de savoir qu’il a un père et qui est ce père. Il fait


partie d’une lignée qui a une histoire. Il est relié à la grande famille
humaine.
C’est précisément le rôle que joue Joseph par rapport à Jésus. Par
Joseph, il entre dans la lignée royale de David. Lors de l’Annonciation,
l’ange avait annoncé qu’il monterait sur le trône de David, son père. Plus
tard, devant Pilate, il n’hésite pas à réclamer son titre de roi, bien que son
royaume ne soit pas de ce monde.

Le patrimoine.
Le père lègue à son fils ce qu’il a reçu lui-même de ses ancêtres.
Même si les biens que Jésus reçoit de Joseph se réduisent à peu de chose,
une maison, un champ, un atelier et quelques outils, ils sont néanmoins le
signe de son enracinement dans le village « où il a grandi ». Le patrimoine
qu’il a reçu en héritage, fait de lui « Jésus de Nazareth ».

Joseph accomplit la volonté de Dieu qui lui a donné cet enfant, pas
d’autres, et il consacre toutes ses forces de travail et son affection à sa
survie et à son épanouissement.
Dans le monde moderne la famille est malade. Les unions libres mettent au
monde des enfants dont les parents n’assurent pas vraiment la sécurité
matérielle et affective. Le « mariage pour tous » est une aberration qui
conduit la société à sa disparition.

« Les mariages basés sur le sentimentalisme, le non-engagement et


l'absence de sens pratique responsable deviennent évidemment explosifs et
traumatisants pour toutes les parties en cause au moment du divorce, et les
enfants sont souvent l'enjeu des disputes entre ex-amants »6
La famille est malade par l’absence des pères : la passivité, l'absence,
la violence et l'abus. Joseph nous montre le chemin de la vraie paternité. Sa
paternité repose, non sur un acte sexuel, mais sur la mission qu’il a reçue
de Dieu. Il en a accompli toutes les fonctions avec un grand
sens de la responsabilité.

6
Yvon Dallaire, psychologue, Paternité responsable, Internet.
26

IV. Joseph,

chef de la Sainte Famille.

4.1. Joseph et la grande famille.

Selon Luc 3,23, le père de Joseph s’appelle Héli. Selon Mat 1,16, il
s’appelle Jacob. Peu importe le nom ; nous n’avons pas d’autres
renseignements ni sur l’un ni sur l’autre.

Par contre nous savons qu’il était de la famille de David, cet illustre
ancêtre, qui avait régné quelque mille ans auparavant et dont le souvenir
était resté vivant dans la mémoire collective. Joseph, bien que descendant
de David, doit gagner sa vie par un travail salarié.

Sa famille intervient encore dans le mariage. Celui-ci se faisait en


deux temps. La première démarche consistait en un accord entre les deux
familles. Le père du jeune homme se rendait chez le père de la jeune fille
et la demandait en mariage pour son fils. Les deux chefs de Famille
concluaient alors un contrat de mariage. Désormais les deux jeunes gens
sont considérés comme époux et épouse, même s’ils n’habitent pas encore
ensemble. Si l’un d’eux meurt, l’autre est considéré comme veuf/veuve. Si
la femme se trouve enceinte d’un autre que son fiancé, elle est considérée
comme adultère. Pour Joseph et Marie cette première étape du mariage
avait été conclue entre les deux familles: Sa mère était accordée en
mariage à Joseph…(Mt 1,18).

Nous avons tout lieu de penser que Joseph entretenait des relations
respectueuses avec sa propre famille et aussi sa belle famille.

4.2. Les frères de Jésus.

Quelques auteurs ont imaginé que ces « frères de Jésus » seraient des
enfants de Joseph, d’un premier mariage. Ils seraient donc les demi-frères
de Jésus. Aucun texte ne permet une telle supputation. Ce problème
disparait si on tient compte du fait que le terme frère a une signification
plus large que « enfant du même père et de la même mère ».
27

Deux des « frères de Jésus se nomment Jacques et José ; ils sont fils
de Marie, femme de Clopas (Mc 15,40 ; Mt 27,56) :
Marie, mère de Jacques le petit et de José… (Mc 15,40) …La sœur
de sa mère, Marie, femme de Clopas. (Jn 19,25).

4.3. Le dévouement de Joseph à la Sainte Famille.

C’est pour protéger l’enfant et sa mère que Joseph prend la route de


l’exil. Il ne cherche pas son intérêt personnel : il fait tout ce qui est utile et
nécessaire à sa famille. Au retour, il s’installe à Nazareth : Marie et Jésus
sont toute sa vie. Marie reconnaît son rôle de chef de Famille :
Ton père et moi, nous t’avons cherché tout angoissés (Lc 2,48).

Nous n’avons pas d’autres documents sur la Famille de Nazareth


mais nous pouvons penser que l’esprit de famille y régnait. Le Père
Chaminade aime présenter la Sainte Famille comme modèle de la
communauté marianiste.
Le pèlerinage à Jérusalem à l’occasion de la Pâque nous donne
quelques indications. Le papa, la maman et leur grand garçon de 12 ans,
voyagent ensemble. En même temps, Jésus jouit d’une grande liberté,
puisqu’au retour, ils ont marché toute une journée sans faire attention au
fait qu’ils n’ont pas vu Jésus. Ils lui font confiance. Ils vivent déjà le
principe de subsidiarité, même s’ils n’ont jamais entendu ce terme.
Le soir, les pèlerins se retrouvent par familles et chacun raconte ce
qu’il a vécu durant la journée. Ce soir-là, contrairement à son habitude,
Jésus n’est pas au rendez-vous. Et commence l’inquiétude des parents.
La Sainte Famille est le modèle de nos communautés ou Fraternités :
la participation, le partage, la solidarité, la subsidiarité, tout cela est vécu de
façon exemplaire.

Jean Paul II, dans Redemptoris Custos, dit en parlant de la famille :


« Que d’enseignements en découlent aujourd’hui pour la famille !
Puisque, en définitive, l’essence de la famille et ses devoirs sont
définis par l’amour, et que la famille reçoit la mission de garder, de
révéler et de communiquer l’amour, reflet vivant et participation
réelle de l’amour de Dieu pour l’humanité et de l’amour du Christ
Seigneur pour l’Église son épouse, c’est dans la sainte Famille, cette
Église miniature par excellence, que toutes les familles chrétiennes
doivent trouver leur reflet…
28

Elle est donc le prototype et l’exemple de toutes les familles


chrétiennes »7

V. La mission de Joseph.

5.1. Une présence paternelle.

Quand l’ange l’a quittée, Marie est remplie de joie. Mais pour Joseph
commence la tourmente. Sa question n’est pas : Marie m’a-t-elle trompée ?
Elle est : quelle doit être mon attitude à l’égard de cet enfant ? Je ne peux
pas usurper une paternité qui ne m’appartient pas. Si je ne peux pas prendre
l’enfant, je ne peux pas non plus prendre la mère. Je dois donc lui rendre la
liberté. Dieu a sans doute un projet sur elle. Il faut que l’ange lui dise
clairement la volonté de Dieu ;
[21] elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car
c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. "

Joseph est invité à reconnaître cet enfant comme le sien.


L’allusion au prophète donne l’explication du nom : Emmanuel, Dieu avec
nous.
En donnant un nom à l’enfant, Joseph le reconnaît comme sien ; c’est
en quelque sorte une adoption, mais qui a force de Loi. Quand plus tard on
désigne Jésus comme le fils de Joseph, on n’a pas tort. Légalement il est le
fils de Joseph, donc comme son père, un descendant de David, héritier de la
Famille de David.

5.2. Son rôle dans l’histoire du salut

Le rôle de Joseph est d’être le relais humain de la paternité divine.


Jésus parle souvent de son « Père des cieux ». Mais c’est en Joseph
qu’il a eu la première expérience de la relation paternelle, la relation père-
fils. Il a expérimenté cette relation depuis sa petite enfance. Et quand il en
parle, c’est l’image de Joseph qu’il a devant les yeux. On peut donc dire
que Joseph est le symbole, l’image, l’icône de la paternité divine.

7
RC 7
29

Joseph joue aussi un rôle prépondérant par participation active au


Mystère de l’Incarnation et de la Rédemption.
Le Messie, d’après les prédictions des prophètes, doit être de la
descendance de David. C’est par Joseph que Jésus entre dans le clan de
David. Il lui donne le nom de Jésus « Dieu sauve », comme l’ange le lui
avait prescrit.
Par sa présence, il cache la divinité de Jésus et la virginité de Marie.
Les gens sont persuadés que Jésus est le fils de Joseph. Il est vrai que Jésus
se comporte comme tel « il leur était soumis ». Et Joseph aussi se comporte
comme le père de l’enfant.
Par l’éducation qu’il lui donne, il le prépare à accomplir sa mission
de « Fils de l’homme ».

Grâce à Joseph, Jésus a vécu tous les rites de la religion juive.


« Joseph de Nazareth a précisément participé à ce mystère plus
qu’aucune autre personne en dehors de Marie, la Mère du Verbe
incarné. Il y a participé avec elle, entrainé dans la réalité du même
événement salvifique, et il a été dépositaire du même amour, par la
puissance duquel le Père éternel nous a prédestinés à être pour lui
des fils adoptifs par Jésus Christ (Ep 1,5) ;8 »
(…°
« Joseph est avec Marie, le premier dépositaire de ce mystère divin.
En même temps que Marie- et aussi en rapport avec Marie – il a
participé à la phase culminante de cette révélation que Dieu fait de
lui-même dans le Christ, et il y participe dès le premier
commencement.9 »

5.3. Après Marie, Joseph est le premier

parmi tous les saints.

Celui d’entre vous qui est le petit, c’est celui-là qui est le plus grand.
» (Luc,9, 48.)
Depuis le XVIe siècle, de grands saints ont enseigné que, après
Marie, Joseph a toujours vécu avec Jésus une union plus grande que tous
les autres saints. Si la sainteté consiste précisément dans cette union, nous
pouvons affirmer que l’humble charpentier de Nazareth l’emporte sur les
patriarches, sur Moïse, mais aussi sur les Apôtres Pierre, Jean, Paul et les
autres.
8
RC 1
9
RC 5.
30

Le premier motif est que Joseph est uni à Marie par le mariage. En
Marie, la sainteté a atteint la plénitude de la grâce et du don. Joseph, uni à
Marie par les liens du mariage, a reçu lui aussi toutes les grâces nécessaires
à son état. Nous pouvons donc affirmer avec l’Église, que de tous les
saints, Joseph est, après Marie, le plus élevé au ciel.
Enfin S. S. Léon XIII, dans l’encyclique Quanquam pluries, a écrit :
« Certes, la dignité de Mère de Dieu est si haute qu’il ne peut être
créé rien au dessus. Mais comme Joseph a été uni à la bienheureuse
Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu’il ait approché,
plus que personne, de cette dignité suréminente par laquelle la
Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les autres créatures.
L’union conjugale est en effet la plus grande de toutes ; à raison de
sa nature même, elle s’accompagne de la communication réciproque
des biens des deux époux.10»

10
Léon XIII, 15 août 1889, Quamquam pluries, sur la dévotion à St
Joseph. (Cité dans RC n° 17].
31

VI. Saint Joseph travailleur.

6.1. Saint Joseph artisan.


Mt 13,55 : celui-ci n’est-il pas le fils du charpentier ? (tou tektonos)
Mc 6,3 : n’est-il pas le charpentier et le fils de Marie… et le frère de
Jacques, Joset, Juda, Simon ?
Lc 4,22 : n’est-il pas le fils de Joseph ?
Jn 6,42 : celui-ci n’est-ce pas Jésus, le fils de Joseph ? … nous
connaissons son père et sa mère.

Marc et Matthieu, pour désigner le métier de Joseph, utilisent le


terme TEKTON : artisan. La Tob traduit le terme tekton par charpentier.

Dans l’AT les artisans sont des personnes considérées.

§ En Ex. 28,3, ils sont appelés « des sages que j’ai rempli
d’un esprit de sagesse ». Il s’agit des artisans qui fabriqueront la tenue
sacerdotale d’Aaron.

§ Lors de la première déportation de Juda par


Nabuchodonosor, on signale parmi les notables qui sont déportés « tous les
artisans du métal et les serruriers ( 2 Rois 24,14.16). Dans la dernière
traduction de la TOB
(parue en 2010) on les appelle « les techniciens et les officiers du génie »
(Jér 24,1).

§ Dans le Livre des Chroniques (22,15), David parle à son


fils Salomon : « Tu as en abondance des ouvriers, des carriers, des
tailleurs de pierre et de bois, toutes sortes d’hommes habiles en tout
métier ». Isaïe (44,13) écrit : « l’artisan sur bois tend le cordeau, trace
l’œuvre à la craie l’exécute au ciseau, oui le trace au compas… »
§ Le Siracide (38,24), tout en vantant la supériorité du
scribe, ne peut pas s’empêcher d’admirer l’application du laboureur, du
charpentier, du forgeron, du potier. Il constate « Par son ouvrage, l’artisan
acquiert l’estime… » ( 9,24). Et plus loin : « Douce est la vie de l’artisan
qui se suffit à lui-même (Sir. 40,18). »

Ou encore : « Tous ceux-là ont fait confiance à leurs mains et chacun est
habile dans son propre métier. Sans eux, il ne se bâtit pas de ville, on n’y
habiterait pas, on n’y circulerait pas » (Sir.40 ,31).
32

§ Paul donne à Timothée le conseil (2 Tim 2,15) :


« présente-toi devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a
pas à rougir ».

Le terme « charpentier » pour traduire le mot grec TEKTON, semble


donc trop réducteur. Il s’agit d’un homme qui a des compétences en
plusieurs métiers. Le terme TEKTON est de la même famille que
TEKNON, = enfant, et vient du verbe TIKTO= enfanter, fabriquer. Le mot
français « architecte » en est dérivé. Le terme araméen MAGGAR signifie
à la fois menuisier, maître constructeur, architecte.

L’artisan se distingue du propriétaire foncier, du maître d’un


domaine, qui a de nombreux ouvriers à son service. L’artisan n’est pas non
plus un simple journalier, un manœuvre, dont toute l’activité dépend d’un
employeur.

Dans l’exercice même de son métier, l’artisan est en relation, non


seulement avec les habitants du village, mais avec une foule de gens : ses
associés, ses apprentis, ses fournisseurs et bien entendu avec ses clients.

L’apprentissage d’un métier ne néglige pas l’aspect intellectuel ; il


faut connaître les bois, les saisons favorables à l’abattage, les techniques,
les gestes du métier. L’apprenti doit ensuite se familiariser avec le client,
comprendre ce qu’il désire, ses besoins, sa gène financière, ses goûts. Le
savoir-faire commercial achève sa formation : acheter, vendre, , respecter
des délais, établir un devis ou une facture.
Le métier d’artisan exige donc des compétences complexes. Joseph
les avait et les enseigna à son fils ; « Le Fils ne peut rien faire de lui-
même ; il fait ce qu’il voit faire à son Père (Jn 5,19-20) ». Même si cette
phrase s’applique au Père du ciel, Jésus apprenti aurait pu la dire aussi de
son père et maître de la terre.

Le travail de l’artisan se faisait soit dans son atelier, soit sur des
chantiers.
Le menuisier avait dans son atelier une réserve de bois qu’il laissait
sécher avant de le travailler. Il fabriquait pour la maison les portes et les
volets ; l’ameublement et les outils du ménage. Relevait également de son
talent la fabrication de charrettes, de charrues. Les historiens racontent que
Justin, le martyr (2e siècle) avait encore entendu parler, en Galilée, de
charrues sorties de l’atelier de Joseph. L’outillage dont il disposait
comprenait la hache, la scie, le ciseau à bois, la règle, l’équerre, le compas,
une pierre pour l’affutage. L’avantage d’avoir son propre atelier était qu’il
33

ne manquait jamais de travail. S’il n’avait pas de commandes, il pouvait


toujours préparer le bois pour des clients à venir.

Nous avons la chance de connaître un grand chantier, à moins de 6


km de Nazareth en cours de réalisation au temps de Joseph. Il s’agit de la
ville de Zippera, dont la construction avait été lancée par Hérode, qui
voulait établir sa capitale sur cette colline de Galilée. Les archéologues ont
dégagé ce site et les touristes peuvent marcher sur les pavés de la route,
conservés depuis plus de 2000 ans, admirer les mosaïques qui recouvrent le
sol de la salle à manger d’une riche villa de style romain. Nous pouvons
imaginer Joseph, accompagné de Jésus, baluchon sur l’épaule, partir tous
les matins pour ce chantier où ils pouvaient gagner l’argent nécessaire pour
le ménage.

6.2. La valeur du travail manuel.

Joseph, bien que descendant de la famille royale de David, était donc


un travailleur manuel.

Dans la culture grecque, qui connut son apogée au 4e siècle avant


Jésus Christ, le travail manuel était réservé aux esclaves. Le travail qui
exigeait force physique et habileté manuelle était considéré comme
indigne de l’homme libre ; qui s’adonnait aux activités de loisir, le sport, le
théâtre, la rhétorique11. La culture juive avait une conception très
différente. Dans la communauté juive, chacun devait savoir travailler de ses
mains. Les scribes et les pharisiens, à côté de l’étude et de l’enseignement
de la Torah, exerçaient généralement un métier manuel. Nous connaissons
l’exemple de Paul, pharisien fils de pharisien, qui exerçait le métier de
tisserand.

Le christianisme, partant du fait que Jésus avait passé la plus grande


partie de sa vie sur terre à travailler de ses mains comme charpentier, a
opéré progressivement un changement radical de mentalité. La valeur du
travail humain découle du fait que celui qui l’exerce est une personne.
« Les sources de la dignité du travail humain doivent être cherchées
surtout, non dans sa dimension objective, mais dans sa dimension
subjective12 ». Avec une telle conception disparait le fondement de la
distinction entre le travail de l’esprit et le travail manuel. Peu importe
11
cfr Jean Paul II, Laborem exercens (L.E). n°6.
12
LE 6.
34

l’œuvre réalisée, ce qui compte, c’est la personne qui la réalise. Le travail


est pour l’homme et non l’homme pour le travail (Jean Paul II).
Saint Benoit exprime cette vue dans une formule lapidaire dont il fait
la devise des moines : « Ora et Labora ». Le travail, comme la prière est
accompli à la gloire de Dieu et comme participation à son œuvre créatrice.

6.2.1. L’homme créé à l’image de Dieu.


La Genèse, dans deux textes hautement symboliques, décrit la
création du monde par Dieu, au moyen d’un travail de six jours. Cfr. Gn
1,26 ; 2,8.15.
« En devenant toujours plus maître de la terre grâce à son travail et
en affermissant, par le travail également, sa domination sur le
monde visible, l'homme reste, dans chaque cas et à chaque phase de
ce processus, dans la ligne du plan originel du Créateur; et ce plan
est nécessairement et indissolublement lié au fait que l'être humain a
été créé, en qualité d'homme et de femme, «à l'image de Dieu »13.

L’homme ne peut donc en aucun cas être rabaissé à un simple


instrument de production, comme une machine, ni le travail comme une
simple marchandise. Le problème du travail n’est donc pas seulement un
problème économique, c’est un problème humain, un problème éthique.
Dans le monde moderne, caractérisé par la rivalité Orient-Occident et par
l’exploitation du Sud par le Nord, les aspects éthiques et humains du travail
ont bien de la peine à se faire entendre. L’homme, créé à l’image de Dieu,
par son travail, participe à l’œuvre créatrice de Dieu. Peut-il rêver d’une
plus grande dignité ?

6.2.2. A travers le travail parvenir à la sainteté.


Pour beaucoup de personnes, des jeunes surtout, le travail se présente
comme une pure nécessité, dont on ne voit pas le sens. Son seul objectif est
de procurer de l’argent. Il apparait comme une nécessité pour tout homme.
Chacun doit passer par là. Or, la société moderne est organisée de telle
façon que, d’une part, les uns sont surchargés de besogne, stressés, accablés
sous la charge du travail, et, d’autre part, des millions de personnes sont au
chômage. C’est un des échecs les plus graves de la civilisation moderne.
Pour ceux qui sont entrés dans le monde du travail, ils s’aperçoivent
qu’il exige effort, fatigue, lutte, voire souffrance. Cela fait partie de notre
condition humaine et est le signe de la réalité du péché. Pour le croyant,
c’est notre manière de porter notre croix, et de mettre nos pas dans les pas

13
LE 4.
35

de Jésus. Et pourtant, le travail est un don de Dieu, et donc témoignage de


la dignité de l’homme.
Par le travail, l’homme se forme et construit sa personnalité. Le
travail manuel augmente notre force musculaire mais aussi notre sens de
l’observation ; les gestes deviennent plus précis, et l’homme apprend à
maîtriser son corps. D’autres formes de travail, plus sédentaires, font
davantage appel aux facultés intellectuelles et ont besoin d’être
rééquilibrées par des activités sportives.

Quelque soit le travail, il montre l’emprise de l’homme sur la


création, il participe à l’œuvre créatrice de Dieu. Dieu a planté ce jardin
merveilleux ; il en a fait don à l’homme en lui demandant de le cultiver et
de le garder. Quelle dignité plus grande que devenir les collaborateurs de
Dieu ? Quelle absurdité de vouloir créer des classes sociales en distinguant
les métiers manuels de métiers de bureau ? Tous participent, à leur
manière, à la création de Dieu.

Le travail crée aussi des liens entre les hommes. Liens entre
camarades de chantier ou collègues de bureau ; liens entre employeurs et
employés ; liens entre l’artisan et ses fournisseurs et ses clients.

Par ailleurs, le travail est une source de revenus qui assurent la


subsistance de la famille, l’amélioration du niveau de vie, le progrès de
l’humanité toute entière.

Ainsi le travail n’est pas seulement un cadre de vie, mais un chemin


de sainteté. La régularité, la conscience professionnelle, le savoir faire, un
travail fini, achevé, sont autant de manifestations de l’amour. L’homme
chrétien ne peut se limiter à faire des choses, de fabriquer des objets.
Le travail naît de l’amour, manifeste l’amour, est ordonné à l’amour.
« Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoique vous fassiez,
faites tout pour la gloire de Dieu » ( 1 Co 10,31).

Le travail professionnel est aussi un apostolat, occasion de se donner


aux autres au nom de Jésus Christ. L’attitude de foi, faite de charité, est un
témoignage plus éloquent que de longs discours. Ce sont nos occupations
professionnelles, accomplies avec générosité, fidélité, amitié et joie qui
sont les matériaux dont l’Esprit fait les saints.

L’expérience de la faiblesse, de l’échec, nous donne plus de


réalisme, plus d’humilité, plus de compréhension pour les autres. Les
succès et les joies nous invitent à rendre grâce et à nous réjouir de vivre
pour les autres et pour Dieu.
36

Que dire des miracles ?


Les Apocryphes racontent bien des histoires où Jésus enfant fait
appel à son pouvoir divin. Joseph, dans son travail n’a jamais demandé à
Jésus de faire un miracle pour réparer une erreur ou un défaut dans le bois.
Il sait que c’est son ingéniosité, sa persévérance, son effort qui doivent y
remédier. Chaque travailleur doit avoir le souci d’achever ce qu’il
entreprend et donc d’acquérir la compétence nécessaire pour y parvenir. La
perfection humaine rejoint la perfection chrétienne.
Dans son Évangile, Jean ne parle jamais de miracles, mais de signes.
Ce sont des actions de puissance opérées par Jésus qui signifiaient sa
miséricorde pour les hommes en détresse et conduisaient les disciples à la
foi.

Le sens de notre travail doit être le service qui fut certainement


présent dans le travail de Joseph. Il ne travaille pas d’abord pour s’affirmer,
ni pour s’enrichir. Il savait qu’il participait au grand projet de Dieu, révélé
à son épouse. Cela ne l’empêche pas de demander un juste salaire dont il
avait besoin pour entretenir sa famille. A l’image de Joseph, le croyant fait
de sa vie quotidienne un témoignage de foi, d’espérance et de charité, par la
simplicité même de sa vie qui se passe de manifestations extravagantes.
C’est ainsi qu’il rend l’Église présente dans le monde, puisque l’Église,
c’est la famille des croyants.
37

VII. Joseph, homme de foi.

7.1. La pratique quotidienne de la religion juive.

Joseph est un homme de l’Ancien Testament. Il accomplit


scrupuleusement les prières d’un juif pieux. Il observe le sabbat ; et quand,
le vendredi soir, les bougies sont allumées dans la maison, il proclame la
parole de Dieu et chante les psaumes. Dans le silence de son atelier, il
murmure des versets de l’Écriture.

Nous avons déjà vu que Joseph connait la Loi et la respecte :


- concernant le mariage ;
- concernant le rite de la circoncision et de l’imposition du nom ;
- concernant la présentation du premier-né ;
- concernant la Bar-Mitsva, quand le jeune Jésus a douze ans.

Si la foi est d’abord la remise de toute sa personne à Dieu, et dans le


Nouveau Testament, attachement à Jésus, nous pouvons dire que Joseph a
vécu la foi, la foi du cœur. Il vivait en présence de Jésus ; ils travaillaient
ensemble ; ils priaient ensemble. Ce que nous disons de Marie, nous le
disons aussi de Joseph.
La foi devient confiance aveugle quand il doit fuir en Égypte pour
mettre son fils en sécurité.

Sans faire de Joseph un théologien, nous pouvons affirmer aussi que


Joseph vivait une foi intellectuelle, spéculative. Comme tout bon juif, il
connaissait la Thora, les Prophètes, les Psaumes. Il connaissait l’histoire de
ses ancêtres, la sortie d’Égypte, les déportations du peuple. Il connaissait
aussi la promesse du Messie ; il faisait partie de ces Pauvres de Yahwe, les
anawim, qui attendaient la venue du Messie. Sa foi avait donc aussi un
certain contenu intellectuel.
Ensuite, Joseph est un ouvrier. Il gagne sa vie et celle de sa famille
par le travail de ses mains. Sa foi a une dimension pratique : son travail est
un service et on peut penser qu’il l’accomplissait avec soin.

Joseph partage la foi de Marie concernant les événements


extraordinaires qui se passent dans leur vie. Ensemble, ils expriment leur
foi dans une vie de prière, conformément à la loi de Moïse.
• la prière juive quotidienne, étude de la Thora et des prophètes.
• le shabbat vécu en famille
38

• la réunion à la synagogue

Le pape Jean Paul II dit encore :


« On peut dire que ce que fit Joseph l’unit d’une manière toute
spéciale à la foi de Marie : il accepta comme une vérité venant de
Dieu ce qu’elle avait déjà accepté lors de l’Annonciation (4)…
En ayant devant les yeux le texte des deux évangélistes
Matthieu et Luc, on peut dire également que Joseph est le premier à
participer à la foi de la Mère de Dieu, et qu’ainsi, il soutient son
épouse dans la foi à l’Annonciation divine.14 »

7.2. Les épreuves de la foi de Joseph.

L’annonce de la conception virginale.


Joseph, le jeune fiancé, devait baigner dans le bonheur dans la
perspective d’épouser bientôt Marie. Voici qu’elle vient lui annoncer
qu’elle est enceinte d’un enfant qui vient de Dieu et que cet enfant sera le
Messie annoncé par les prophètes. Il se réjouit de voir que Marie a été élue
pour être la mère du Messie. Mais en même temps il est plongé dans un
désarroi sans fond. Quelle est sa place dans cette entreprise divine ? L’ange
n’en a rien révélé à Marie.

Et Joseph commence à réfléchir. Il a toujours vécu comme un


homme juste, cherchant à accomplir la volonté de Dieu. Il ne peut pas
usurper une paternité qui appartient à Dieu. Que devient alors leur
mariage ? Doit-il se séparer de Marie, lui rendre sa liberté et la remettre
entre les mains de Dieu ? Son rêve d’avenir le plus cher semble s’envoler.

La nuit étant tombée, Joseph s’étend sur sa couche. Et voici qu’un


ange lui apparait en songe.

Ne crains pas, dit-il !. . .

En effet, la présence de Dieu auprès de Marie et dans leur vie, l’a rempli
d’une crainte respectueuse que Moïse a éprouvée au buisson ardent.

…de prendre chez-toi Marie ton épouse.

Le projet qu’il avait construit dans sa tête n’est pas conforme à la volonté
de Dieu. Dieu ne lui demande pas de renoncer à Marie. Au contraire, il lui

14
RC 4
39

donne à la fois l’épouse et l’enfant. Dieu veut qu’il soit le père de cet
enfant, non dans l’ordre biologique, mais dans l’ordre légal et dans l’ordre
affectif.

La foi de Joseph est ainsi mise à dure épreuve :


• il croit les paroles de Marie
• il croit les paroles de l’ange ;
• il entre sans réticence dans le projet de Dieu, comme son ancêtre
Abraham.

La menace de mort par le roi Hérode, et la fuite en Égypte.


Joseph pouvait penser que Dieu prendrait en main la vie de son Fils
et aplanirait tous les obstacles. Et voici qu’après la visite des Mages,
Hérode, roi de la Judée, celui qu’on appelle Hérode le Grand, sentant que
son pouvoir était menacé, se mit en tête d’éliminer ce rival potentiel.
Une fois de plus, Joseph est averti par un ange, messager de Dieu.
Oui, Dieu protège son Fils, mais Joseph sera son instrument.

Prends l’enfant et sa mère et fuis en Égypte…

Joseph ne pose pas de questions. Aussitôt, avant le lever du jour, il


prend la route de l’exil avec sa petite famille, pour la soustraire à la rage
d’Hérode. La vie des réfugiés n’est pas facile. Il faut trouver un logement ;
Joseph cherche à se faire embaucher dans un atelier où il pourra gagner de
quoi nourrir sa famille. Les problèmes de langue rendent l’intégration
difficile, même s’ils ont pu être accueillis dans la petite colonie juive déjà
installée sur place.
Une fois de plus sa foi est sollicitée ; faut-il vraiment que lui, un
simple mortel, assure la sécurité du Fils de Dieu ? Dieu n’est-il pas le tout-
puissant qui a remporté la victoire sur Pharaon et son armée ? Joseph fait
ce que le Seigneur lui demande. Sa foi s’appuie sur la foi de Marie.
Ensemble ils accomplissent la volonté de Dieu.

La séparation de trois jours.


Vois, ton père et moi, nous t’avons cherché tout angoissés…
Joseph s’est attaché à cet enfant qui, avec Marie, est devenu sa raison de
vivre. Quand il a eu douze ans, Joseph l’a emmené à Jérusalem pour la fête
de Pâques. Cette année, Jésus et sans doute les autres garçons de sa
promotion, peut-être Jean-Baptiste, qui a le même âge, vont faire leur
entrée dans le monde des adultes. La Bar Mitsva fait d’eux « des fils du
précepte ». Après les festivités, les pèlerins ont pris la route du retour. Au
soir d’une longue journée de marche, Joseph et Marie s’aperçoivent que
Jésus n’est pas là. Ils le cherchent parmi les parents et connaissances.
40

Personne ne l’a vu. Ils passent la nuit dans l’inquiétude et, dès le lever du
jour, ils se remettent en route pour retourner à Jérusalem. A mesure que le
temps passe, leur inquiétude augmente. Ils passent encore une nuit à
Jérusalem, et le lendemain, le retrouvent au Temple. Marie ne peut
s’empêcher de dire sur un ton de reproche :
Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?

Les parents ont de la peine à entrer dans la nouvelle situation de


Jésus. Pour eux, il est toujours leur « enfant ». Il faut qu’ils reconnaissent
qu’il a grandi. Il leur dit une parole mystérieuse :
Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père ?

Ils ne doivent pas oublier que le vrai père de Jésus c’est le Père qui est aux
cieux.
Joseph et Marie vivent dans la foi leur relation avec le Fils de Dieu
qui est en même temps leur enfant. Ils voient un enfant semblable aux
autres ; ils croient dans leur cœur qu’il est le Fils de Dieu.

L’attente du Messie promis


Joseph connaissait les oracles des prophètes qui annoncent le Messie.
Mais pour le moment, rien ne semble indiquer qu’un grand changement se
prépare.
Bien sûr, ils n’ont pas oublié les paroles de l’Ange. Mais la
manifestation du Messie se fait attendre et les jours passent, simples,
monotones, ordinaires. Ils connaissent la prophétie d’Isaïe 40,10 : Le
Seigneur vient avec puissance ! et voici qu’il envoie un enfant, faible et
dépendant. Joseph ne comprend pas la manière de faire de Dieu et l’attente
se prolonge.

7.3. Joseph modèle de vie intérieure.

Le silence
Saint Joseph n’a rien fait d’extraordinaire. Il s’est contenté d’être
celui que Dieu voulait qu’il soit. Il a répondu avec une disponibilité totale à
sa vocation. Il a entretenu avec Jésus des liens uniques. C’est dans ses bras
que Jésus apprendra à dire « papa », Abba ! Ceci introduit Joseph dans une
relation particulière avec le Père éternel, dont il tient la place sur terre.
L’amour de Joseph pour son fils est participation de l’amour de Celui qui
dira un jour : « Celui-ci est mon fils bien-aimé ! »
L’homme contemporain éprouve un besoin de silence et de paix. Il
souffre de l’agitation de notre époque ; il cherche à donner un sens à sa vie.
41

Par son expérience mystique avec le Fils de Dieu, Joseph nous met sur un
chemin de quiétude intérieure, de paix, de sérénité. Tous les jours il faisait
l’expérience de la présence de son Dieu. La vie de silence et de
contemplation de Joseph nous met sur le chemin qui nous mène vers une
authentique expérience mystique.
« Laissons-nous contaminer par le silence de Joseph », écrit le pape Benoit
XVI aux membres du Carmel.

La simplicité
Ce qui frappe chez Joseph, c’est sa simplicité. Il ne cherche pas à
paraître, à occuper la première place. Il se contente d’être pleinement ce
qu’il est appelé à être. C’est à l’intérieur, tout au fond de son cœur, à l’abri
du regard des hommes, qu’il vit l’union avec son Seigneur.
Durant les premiers siècles de l’Eglise, son personnage est resté dans
l’obscurité. Les croyants ont d’abord découvert le visage de Marie.
L’imagerie populaire a représenté Joseph comme un vieillard, chargé d’être
le gardien de la virginité de sa jeune épouse. Les évangiles le présentent
plutôt comme un jeune homme dans la force de l’âge.

L’Incarnation
L’Esprit Saint provoque la conception du Verbe dans le sein de
Marie, qui ensuite doit habiter chez Joseph. Tout naturellement les gens
prennent Joseph pour le père de Jésus. Ainsi la présence de Joseph cache le
mystère de l’Incarnation.
Joseph nous donne une leçon de vie familiale, de travail, de service,
dans le silence et la confiance. C’est l’Esprit Saint qui nous fait naître à la
vie divine et cette vie se développe dans le silence, à l’abri du regard des
hommes.
La vie de Joseph est une vie de renoncement pour que l’enfant puisse
grandir en taille et en sagesse. Sa vie aux côtés de Jésus est pour lui une
source permanente de joie et de fierté. Joseph travaille laborieusement pour
sa famille, et dès que Jésus atteint l’âge de douze ans, il accompagne son
père en qualité d’apprenti. Plus tard, Jésus transpose son expérience
terrestre sur son Père du ciel : « Mon Père travaille toujours et moi aussi je
travaille - Tout ce que fait mon Père, moi aussi je le fais » ( Jn 5,17).

7.4. Un maître pour l’oraison.


Jésus lui-même nous a enseigné la véritable attitude qui doit animer
notre prière : « que ta volonté soit faite ».

De Joseph il est dit : A son réveil il fit ce que le Seigneur lui avait prescrit.
Faire ce que le Seigneur a dit, c’est l’attitude du Peuple quand Moïse l’a
42

invité dans l’Alliance (Ex 19,8). Telle est aussi l’attitude de Marie : qu’il
me soit fait comme tu as dit ( Lc 1,38) ou encore : Tout ce qu’il vous dira,
faites-le (Jn,2,5) ! Joseph et Marie sont animés des mêmes dispositions
d’obéissance dans la foi. C’est l’attitude fondamentale de toute personne
qui veut rencontrer le Seigneur dans l’oraison.

Sainte Thérèse d’Avila témoigne d’une expérience très forte de la


puissance de St Joseph.
« Je pris pour avocat et maître le glorieux saint Joseph, écrit-elle.
Elle a la certitude que St Joseph est toujours venu à son secours, quand elle
s’est adressée à lui avec confiance. Jésus ne peut rien refuser à celui à qui il
obéissait quand il était sur la terre.
Les personnes d'oraison, en particulier, devraient toujours s'attacher
à lui ; car je ne sais comment on peut penser à la Reine des Anges au temps
qu'elle vécut auprès de l'enfant Jésus, sans remercier saint Joseph de les
avoir si efficacement aidés. Que ceux qui ne trouveraient pas de maître
pour leur enseigner l'oraison prennent pour maître ce glorieux saint, et ils
ne s'égareront pas en chemin. »15

Avec Saint Jean, Joseph pouvait dire ces paroles : Et le Verbe s’est
fait chair et il a demeuré parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire.

15
Sainte Thérèse d'Avila, Autobiographie VI, 7-8)
43

VIII. St Joseph,

patron de l'Eglise catholique.

8.1. Saint Joseph dans l’enseignement du Magistère.

En 1889, en des temps difficiles pour l'Eglise, Pie IX, voulant la


confier à la protection spéciale du patriarche Joseph, le déclara « patron de
l'Eglise Catholique».

Quels sont les motifs d'une telle confiance ? Léon XIII les énumère ainsi :
« Les raisons et les motifs spéciaux pour lesquels saint Joseph est
nommément le patron de l'Église et qui font que l'Église espère
beaucoup, en retour, de sa protection et de son patronage sont que
Joseph fut l'époux de Marie et qu'il fut réputé le père de Jésus-
Christ. [...]
Joseph était le gardien, l'administrateur et le défenseur légitime et
naturel de la maison divine dont il était le chef. [...]
Il est donc naturel et très digne du bienheureux Joseph que, de même
qu'il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth
et l'entourait saintement de sa protection, il couvre maintenant de
son céleste patronage et défende l'Église de Jésus-Christ »16.

Ce patronage doit être invoqué, et il est toujours nécessaire à l'Église,


non seulement pour la défendre contre les dangers sans cesse renaissants
mais aussi et surtout pour la soutenir dans ses efforts redoublés
d'évangélisation du monde et de nouvelle évangélisation des pays et des
nations.
L’exemple de saint Joseph qui s’est consacré tout entier à servir le
Verbe incarné, est proposé à toute la communauté chrétienne, à tous les
fidèles, quelles que soient leur état de vie ou leur tâche au service de
l’eglise.

L'Église transforme ces exigences en prière. L’oraison de la messe


du 19 mars nous rappelle que Dieu, à l'aube des temps nouveaux, a confié

16
Léon XIII, 15 août 1889, Quamquam pluries, sur la dévotion à St
Joseph
44

à saint Joseph la garde des mystères du salut. Elle demande de lui accorder
de collaborer fidèlement à l'œuvre du salut, de lui donner un cœur sans
partage, de nous faire vivre dans la justice et la sainteté, soutenus par
l'exemple et la prière de saint Joseph.

Jean XXIII.
Saint Joseph a joui d'une place particulière dans la préparation du
concile puisqu’en 1962 Jean XXIII l’a choisi comme protecteur du concile
œcuménique, par sa lettre apostolique du 19 mars 1961 intitulée en italien «
Le voci » . Le bienheureux Jean XXIII y rappelle « les voix » et les
documents de ses prédécesseurs, de Pie IX à Pie XII, sur saint Joseph. Il y
annonce que l’autel de saint Joseph de la basilique Saint-Pierre devra
revêtir désormais une splendeur et une solennité nouvelles.
Jean XXIII a accompli un autre geste pour l’ouverture du concile de
façon à mieux sceller cette alliance « conciliaire » avec Joseph : en octobre
1962, le bienheureux pape a offert son anneau papal à saint Joseph, et il l’a
remis au sanctuaire polonais de Kalisz, où l’on vénère un tableau de saint
Joseph réputé « miraculeux ».
C’est aussi le bienheureux Jean XXIII qui a fait insérer la mention de
saint Joseph dans le Canon de la messe, comme il l’a annoncé dans son
discours de clôture de la première session du Concile, le 8 décembre 1962.
Joseph l’avait accompagné depuis son enfance : ne s’appelait-il pas Angelo
Giuseppe (Joseph) Roncalli ?

Jean Paul II.


Le pape polonais a rappelé l’importance de saint Joseph pour la vie
de l’Eglise dans son Exhortation apostolique Redemptoris custos (15 août
1989), un siècle après l’encyclique du pape Léon XIII Quamquam pluries.
Le bienheureux pape souligne aussi l’importance du geste du pape Pie IX,
en 1870: « En ces temps difficiles pour l’Eglise, voulant la confier à la
protection spéciale du saint patriarche Joseph, il le déclara Patron de
l’Eglise catholique ».

Benoit XVI.
Pour sa part, Benoît XVI – Joseph Ratzinger – a proclamé une Année
de la foi, en concomitance avec le 50e anniversaire de Vatican II (2012-
2013). Il a invité les catholiques à se mettre à l’école de saint Joseph, à
avoir avec lui un «dialogue spirituel», en lien avec un renouveau de la foi.
Avant l’angélus du 18 décembre 2005, il disait par exemple : « Il est plus
que jamais opportun d’établir une sorte de dialogue spirituel avec saint
Joseph, afin qu’il nous aide à vivre en plénitude ce grand mystère de la foi.
»
45

Le 18 mars 2009, à Yaoundé, le pape a consacré son homélie à son


saint patron. Il concluait, en s’adressant à toutes les composantes du peuple
de Dieu, qu’en Joseph, il n’y a pas de « séparation entre la foi et l’action »:
« Notre méditation sur le parcours humain et spirituel de saint
Joseph, nous invite à prendre la mesure de toute la richesse de sa
vocation et du modèle qu’il demeure pour tous ceux et toutes celles
qui ont voulu vouer leur existence au Christ, dans le sacerdoce
comme dans la vie consacrée ou dans divers engagements du laïcat.
Joseph a en effet vécu dans le rayonnement du mystère de
l’Incarnation. Non seulement dans une proximité physique, mais
aussi dans l’attention du cœur. Joseph nous livre le secret d’une
humanité qui vit en présence du mystère, ouverte à lui à travers les
détails les plus concrets de l’existence. Chez lui, il n’y a pas de
séparation entre la foi et l’action. Sa foi oriente de façon décisive ses
actions. Paradoxalement, c’est en agissant, en prenant donc ses
responsabilités, qu’il s’efface le mieux pour laisser à Dieu la liberté
de réaliser son œuvre, sans y faire obstacle. Joseph est un « homme
juste » (Mt 1, 19) parce que son existence est ajustée à la Parole de
Dieu ».

8.2. Manifestations de St Joseph dans l’histoire de l’Église.

Plusieurs saints disent avoir eu une vision ou une apparition de saint


Joseph, notamment dans l’ordre carmélitain (Thérèse d’Avila, Myriam la
petite Arabe, etc…).

Certaines apparitions de saint Joseph ont été reconnues, en des lieux qui
sont devenus de grands sanctuaires.

En France, à Cotignac, diocèse de Fréjus, le 7 juin 1660, vers treize


heures, un jeune berger, Gaspard Ricard, garde son troupeau sur le mont
Bessillon. La chaleur est accablante. Il a soif. Soudain, il aperçoit « un
homme à ses côtés » qui lui dit en lui montrant un rocher : « Je suis Joseph
; enlève-le, et tu boiras. » Gaspard doute. L’apparition réitère son conseil. Il
déplace le rocher sans difficulté et découvre une source...
La France a été consacrée à saint Joseph l’année suivante, par Louis XIV,
le 19 mars 1661, dix jours seulement après son accession au trône : le roi
était venu en pèlerinage à Cotignac.

En Pologne, à Kalisz, vers 1670, un homme, Stobienia, souffrant


beaucoup d'une dure maladie et n'ayant aucun espoir, priait Dieu de le
laisser mourir. Il s'adressa à saint Joseph, Patron de la bonne mort. La nuit
46

suivante, un homme âgé vint chez lui et il reconnut saint Joseph. Celui-ci
dit au malade : « Tu guériras quand tu feras peindre ce tableau de la sainte
famille avec une inscription "Allez à Joseph" et tu l'offriras à l'église
collégiale de Kalisz (alors dédiée à l'Assomption). » Dès lors, les fidèles
reçurent beaucoup de grâces, et Kalisz devint un grand sanctuaire.

En Irlande, à Knock (près de Dublin), le 21 août 1879, sous les yeux de


18 personnes, la Vierge se montre, debout, vêtue de blanc et porte une
couronne d'or. Elle semble prier. Saint Joseph et saint Jean l'Évangéliste
l'accompagnent, "habillé comme un évêque en train de prêcher". Les
témoins voient aussi un "autel" sur lequel se tient un "agneau" derrière
lequel une croix est plantée. -
Jean Paul II, au début de son pontificat, le 30 septembre 1979, s'est
rendu en Irlande, à Knock. C'était l'année du centenaire de l'apparition du
21 août 1879. La Vierge Marie, saint Joseph, saint Jean l'Évangéliste et
l'Agneau pascal, et des anges sont apparus à plus de 15 personnes - de 6 à
75 ans, hommes, femmes, et enfants - sur le pignon sud de l'église de
Knock.

Au Portugal, à Fatima, le 13 octobre 1917, pendant que la foule voit le


miracle du soleil, les trois voyants voient la Sainte Famille, avec saint
Joseph et l'Enfant-Jésus qui semblaient bénir le monde.

Au Canada, le frère André a si bien prié saint Joseph qu'il a obtenu des
guérisons toujours plus nombreuses et, entre 1900 et 1937, a construit un
"oratoire" monumental.
Le dimanche 17 octobre 2010, à Rome, Benoît XVI a canonisé le religieux
canadien apôtre de saint Joseph, frère André Bessette, qui « fit construire
l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal dont il demeura le gardien fidèle
jusqu'à sa mort en 1937 ». Le pape soulignait justement sa foi : « Très peu
instruit, il a pourtant compris où se situait l'essentiel de sa foi. Pour lui,
croire signifie se soumettre librement et par amour à la volonté divine. Tout
habité par le mystère de Jésus, il a vécu la béatitude des cœurs purs, celle
de la rectitude personnelle. C'est grâce à cette simplicité qu'il a permis à
beaucoup de voir Dieu. »

8.3. Joseph, « saint patron du troisième millénaire.»


(Mgr Dominique Rey, Fréjus)

1° L'Année sacerdotale
Le 19 décembre 2010, quatrième dimanche de l’Avent, le pape a
médité sur l’Annonce à Joseph avant l’angélus, et il a confié les prêtres du
47

monde entier à sa protection en faisant observer le rôle du « père légal » de


Jésus dans le dessein de salut de Dieu :
« Saint Joseph annonce les prodiges du Seigneur, témoignant
de la virginité de Marie, de l'action gratuite de Dieu, et protégeant la
vie terrestre du Messie. Nous vénérons donc le père légal de Jésus
(cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 532), parce qu'en lui se
profile l'homme nouveau, qui regarde avec confiance et courage vers
l'avenir, ne suit pas son propre projet, mais se confie totalement à
l'infinie miséricorde de Celui qui accomplit les prophéties et ouvre le
temps du salut ».
Et le pape continue en confiant à la protection de Saint Joseph, patron
universel de l’Église, tous les pasteurs, les exhortant à offrir
«aux fidèles chrétiens et au monde entier l'offrande humble et
quotidienne des paroles et des gestes du Christ.»17
Et d’évoquer en français, après l’angélus, à l’occasion de la préparation à
Noël, « l’hospitalité » donnée par l’homme à Dieu lui-même :
« Comme Joseph et Marie, son épouse, puissions-nous offrir
l'hospitalité à Dieu qui vient chez nous sous la figure d'un enfant
humble et fragile, plein d'amour et de tendresse pour tous les
hommes ! »

2° L’année de la foi, (2012-2013).


Joseph nous donne l’exemple d’une foi vécue au quotidien. Il croit
les paroles de Marie qui lui a raconté la visite de l’ange. Sa foi repose sur
son amour pour celle dont il connaît la sincérité et la loyauté. Sa foi se
porte ensuite sur cet enfant, né dans la pauvreté d’une étable. Il est le Fils
de Dieu. Ensuite, dans cet enfant qui trotte, dans ce jeune apprenti qui
rabote, il voit le Messie promis. Il est vrai qu’il a reçu des signes : les
songes qui lui révèlent la volonté de Dieu ; la visite des bergers et des
Mages ; la prophétie de Syméon et de Anne… Cela ne supprime pas la nuit
de la foi. A douze ans, Jésus est resté pendant trois jours dans le Temple ;
quand ses parents le retrouvent, il leur dit « ne saviez-vous pas que je dois
être chez mon Père ? » Cette parole est un nouvel appel à la foi de ses
parents.

3° Joseph, père de la nouvelle évangélisation.


Le troisième millénaire, dans lequel nous sommes déjà bien entrés,
ne se présente pas sous les couleurs de la facilité de l’Église. Sur les 7

17
Benoit XVI, Lettre d'indiction de l'Année sacerdotale.
48

milliards d’hommes qui peuplent la terre, seulement un peu plus d’un


milliard sont chrétiens. Il nous reste à annoncer l’Evangile à six milliards
d’hommes. Parmi les chrétiens baptisés, un grand nombre ont abandonné
toute référence à la foi. Voilà les défis de la nouvelle évangélisatin.
Annoncer l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas ; réapprendre à vivre
en chrétiens à ceux qui ont oublié l’Évangile qu’ils ont reçu en d’autres
temps.
Saint Joseph, par sa vie contemplative est le modèle de tout apôtre
moderne.
La contemplation est une exigence qui est aujourd’hui
particulièrement vitale pour la nouvelle évangélisation. Celle-ci
sera vraiment nouvelle par sa ferveur, ses méthodes, ses expressions,
si celui qui annonce les merveilles de Dieu et parle en son nom, a
d’abord écouté et s’est rendu docile à l’Esprit Saint. Aussi la
contemplation est-elle fondamentale, faite d’écoute et de prière. Si
celui qui annonce ne prie pas, il finira par « se prêcher lui-même »
(2 Co 4,5) et ses paroles se réduiront à des bavardages profanes (2
Tm 2, 26)18.

Si Marie a été proclamée l’Étoile de la Nouvelle Evangélisation,


n’oublions pas que Joseph fut à ses côtés à tous les moments importants de
l’enfance de Jésus. Joseph et Marie, ensemble, nous ont donné Jésus. Par
son action généreuse au service de Jésus et de Marie, Joseph nous invite à
la même générosité à l’égard de l’Église, la nouvelle Famille de Dieu.
Personne plus que Joseph, n’a eu cette connaissance intime du Christ,
indispensable aux agents de la Nouvelle Évangélisation.

8.4. Joseph dans la liturgie.

CANON DE LA MESSE
Depuis le 1 mai 2013, le pape François a introduit le nom de Joseph
dans les trois prières eucharistiques, où il ne figurait pas encore. Après la
Bienheureuse Vierge Marie, on ajoutera le nom de Joseph, Époux de
Marie.

19 MARS, JOSEPH ÉPOUX DE MARIE


Le Moyen Age a associé le culte de Saint Joseph à celui de Notre Dame. La
messe du 19 mars exprime le sens profond du culte rendu à Joseph. « A
l’aube des temps nouveaux, Dieu a confié à St Joseph la garde des
mystères du salut ».

18
Audience du 1 juillet 1997 ; DC n° 2164, p. 664-667, n° 3
49

( P.1) La tâche qu’il a remplie auprès de Jésus, il continue à la remplir en


faveur de l’Église , le corps du Christ, et en faveur de chaque chrétien,
membre de ce corps.
De même que Marie, Mère du Christ, a été proclamée Mère de
l’Église, de même Joseph, protecteur de Jésus, est-il le protecteur de
l’Église et le modèle de la foi des chrétiens.

1r MAI, JOSEPH TRAVAILLEUR


La fête du premier mai est plus récente. Elle a été inaugurée par Pie
XII en 1955, pour donner une dimension chrétienne à la journée du premier
mai, fête du travail et occasion de multiples revendications sociales.
Joseph est le modèle du travailleur chrétien, lui qui a travaillé pour
Marie et Jésus, leur assurant gîte et nourriture. Le travail de Joseph et plus
tard celui de Jésus, jette une lumière nouvelle sur la dignité du travail qui
sera dans la suite, soulignée par Jean-Paul II dans son encyclique sur le
travail humain (Laborem exercens).

8.5. Prières à Joseph.

1. Prière du Pape Jean Paul II le 11 septembre 1984,


au Mont Royal, Canada

Saint Joseph, avec toi, pour toi, nous bénissons le Seigneur. Il t’a choisi
entre tous les hommes pour être le chaste époux de Marie, celui qui se tient
au seuil du mystère de sa maternité divine, et qui, après elle, l’accueille
dans la foi comme l’œuvre du Saint-Esprit.

Tu as donné à Jésus une paternité légale en lien avec la lignée de David. Tu


as constamment veillé sur la Mère et l’Enfant avec une sollicitude
affectueuse, pour assurer leur vie et leur permettre d’accomplir leur
destinée.

Le Sauveur Jésus a daigné se soumettre à toi comme à un père, durant son


enfance et son adolescence, et recevoir de toi l’apprentissage de la vie
humaine, pendant que tu partageais sa vie dans l’adoration de son mystère.

Tu demeures auprès de lui. Continue à protéger toute l’Église, la famille


qui est née du salut de Jésus.

Regarde les besoins spirituels et matériels de ceux qui recourent à ton


intercession, en particulier des familles et des pauvres de toutes pauvretés ;
50

par toi, ils sont sûrs de rejoindre le regard maternel de Marie et la main de
Jésus qui les secourt. Amen.
51

2° Neuvaine à Saint Joseph, pour préparer sa fête.

Saint Joseph, père nourricier si fidèle de l'enfant divin, époux virginal de


la mère de Dieu, protecteur puissant de la Sainte Eglise, nous venons vers
vous pour nous recommander à votre protection spéciale.
Vous n'avez rien cherché en ce monde sinon la gloire de Dieu et le bien
du prochain. Tout donné au Sauveur, c'était votre joie de prier, de
travailler, de vous sacrifier, de souffrir, de mourir pour lui. Vous étiez
inconnu en ce monde et cependant connu de Jésus, ses regards reposaient
avec complaisance sur votre vie simple et cachée en lui.
Saint Joseph, vous avez déjà aidé tant d'hommes, nous venons vers vous
avec une grande confiance. Vous voyez dans la lumière de Dieu ce qui
nous manque, vous connaissez nos soucis, nos difficultés, nos peines.
Nous recommandons à votre sollicitude paternelle (cette affaire
particulière...trouver du travail par exemple).
Nous la mettons entre vos mains qui ont sauvé Jésus-enfant. Mais avant
tout implorez pour nous la grâce de ne jamais nous séparer de Jésus par le
péché mortel, de le connaître et de l'aimer toujours plus, ainsi que sa
sainte mère, de vivre toujours en présence de Dieu, de tout faire pour sa
gloire et le bien des âmes, et d'arriver un jour à la vision bienheureuse de
Dieu pour le louer éternellement avec vous. Ainsi soit-il.

Cette neuvaine est très efficace pour trouver du travail


(vérifié plusieurs fois).Vous pouvez dire cette neuvaine
en tout temps, et il serait bien étonnant si à la fin d'une
neuvaine Saint Joseph ne vous trouve pas un petit
contrat ! Vous pourrez vérifier cette expérience
plusieurs fois.
52

3° Prière à Saint Joseph pour demander la grâce d'une bonne mort.


Saint Joseph, père nourricier de Notre-Seigneur-Jésus-Christ, père si
riche en grâces, époux de la bienheureuse Vierge Marie, - toute votre vie
était sainte et juste, voilà pourquoi aucune crainte ne pouvait troubler, au
moment de votre trépas, votre désir du ciel.
Saint Joseph, patron spécial des mourants, nous vous recommandons
notre heure ultime d'ici bas. Quand notre âme devra sortir de ce monde,
implorez pour nous, en union avec Marie, votre sainte épouse et notre
mère, la grâce de votre fils divin, afin que, munis d'une foi ferme, d'une
espérance inébranlable et d'une charité ardente, nous puissions vaincre les
tentations de l'ennemi malin et remettre notre âme dans la paix la plus
douce, entre les mains du Père, après avoir reçu dignement Jésus dans la
très sainte Eucharistie. Ainsi soit-il.

4° Bienheureux Saint Joseph. (de Jean XXIII)


Bienheureux Saint Joseph,
gardien de Jésus et chaste époux de Marie,
tu t'es appliqué ta vie durant à accomplir la volonté du Père.
Tu as pourvu aux besoins de la Sainte Famille
par le travail de tes mains.
Nous te prions de protéger ceux qui se tournent vers toi
en toute confiance.
Tu connais leurs aspirations, leurs difficultés et leurs espoirs;
et ils se tournent vers toi parce qu'ils savent
que tu les comprends et que tu les protègeras.
Toi aussi, tu as connu les épreuves, le labeur et les ennuis.
Mais, malgré les inquiétudes de la vie quotidienne, ton âme était remplie
d'une paix profonde et éprouvait une joie sincère dans l'intimité du Fils de
Dieu dont tu avais la garde, et avec Marie sa très Sainte Mère. AMEN
53

5° Prière pour chercher du travail. (Père Yannik Bonnet)


Glorieux Saint-Joseph
Ta mission de gardien du Rédempteur
et de protecteur de la Vierge Marie
a fait de toi le responsable de la Sainte Famille
et l’intendant de sa vie économique.

Par trois fois, ton obéissance à la volonté divine


t’a obligé à changer rapidement de lieu d’habitation
et donc à perdre contact avec la population
qui te fournissait du travail.
Par trois fois, à Bethléem, en Egypte et lors de ton retour en Galilée, tu as
été contraint de rechercher de nouveaux chantiers pour ton artisanat de
menuisier charpentier.

Saint-Joseph, Tu as toujours gardé confiance en la Providence et demandé


son aide.

Aujourd’hui je suis moi-même en recherche de travail,


salarié ou indépendant,
et je fais appel à toi, puissant intercesseur,
pour que tu sois mon avocat auprès de ton Fils,
avec le concours de ton épouse,
pour m’aider à retrouver les moyens de vivre par mon labeur.

Apprends-moi à être actif dans mes recherches,


ouvert aux opportunités, clair dans mes relations,
mesuré dans mes demandes
et résolu à remplir toutes mes obligations.

Saint-Joseph de Bon Espoir, prie pour moi,


protège-moi, guide-moi et garde-moi dans l’espérance. Amen.
54

6° Joseph, maître de vie intérieure ;


(Cardinal Léon Joseph Suenens)

Saint Joseph, Maître de la vie intérieure,


Apprends-nous à vivre au quotidien
Dans l’intimité de Jésus et de Marie
Et dans l’abandon confiant à l’Amour de Dieu le Père.

Saint Joseph, Protecteur de la famille de Nazareth,


Nous te confions l’avenir de nos familles.
Qu’elles soient des foyers d’accueil et d’amour.
Aide-nous dans l’éducation chrétienne de nos enfants.

Saint Joseph, Modèle des travailleurs,


Nous te confions notre travail quotidien,
Qu’il contribue au bien-être de tout homme.
Aide-nous à l’accomplir en esprit de service.

Nous te prions pour toute personne à la recherche de travail.


Saint Joseph, Gardien fidèle de l’Eglise,
À qui Dieu a confié la garde des mystères du salut,
Inspire les chrétiens d’être des témoins fidèles de
l’Évangile, toujours et partout,
au cœur du monde si douloureusement
en quête de fraternité et de paix.
Amen.
55

7° Pour progresser sur le chemin de la sainteté.

Saint Joseph, éducateur de Jésus, aux côtés de la Vierge Marie,


pour nous, continue ton œuvre de formation.

Toi le charpentier de Nazareth, apprends-nous


à rejeter l’avarice, l’envie et la paresse, pour demeurer dans la
justice et la pauvreté.

Toi l’Immigrant vers l’Égypte, au


milieu des larmes, aide-nous à éloigner l’orgueil et la colère, pour préférer
la miséricorde et la paix, malgré les persécutions.

Toi l’époux de la Vierge Marie, soutiens-


nous dans le combat contre la luxure et la
consommation gourmande pour connaître
la douceur et la pureté du cœur.

Saint Joseph, sois


notre conseiller aux côtés de la Vierge Marie.
Formés par ta paternelle vigilance, loin de l’enfermement du péché, nous
boirons aux sources de la Grâce divine, nous recevrons
le Pain de vie, nous communierons à Jésus le Sauveur.

Merci à toi, saint Joseph, d’être notre accompagnateur chaque jour,


souviens-toi Saint Joseph d’être proche au moment de la mort.

Merci à toi Saint Joseph, que nous retrouverons dans les joies éternelles.
Amen.
56

8° Prière pour obtenir la pureté.

Saint Joseph, père et protecteur des Vierges, gardien fidèle à qui Dieu
confia Jésus l'innocence même, et Marie la Vierge des vierges, je vous en
supplie et je vous en conjure par Jésus et Marie, par ce double dépôt qui
vous fut si cher, faites que préservé de toute souillure, pur de coeur et
d'esprit, et chaste de corps, je serve constamment Jésus et Marie dans une
chasteté parfaite. Amen.

9° Prière pour connaître sa vocation.

Époux très saint de l'Immaculée, vous avez arraché son divin Fils aux
mains impies d'Hérode, vous lui avez tenu lieu de guide et de père à
Bethléem, en Égypte, à Nazareth, par les soins que vous lui avez prodigués.

Obtenez-moi la grâce de connaître l'état que le Seigneur veut me faire


embrasser, ne permettez pas que la sensualité, l'intérêt, l'amour propre,
l'esprit du monde m'influencent dans mon choix, mais que je ne cherche
que la gloire de Dieu, le bien du prochain et mon salut éternel. Amen.

10° Prière à Marie et à Joseph.

Réjouissez-vous, Joseph et Marie,


Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénis entre tous les couples de la terre,
Et Jésus, l’enfant que le Père vous a confié, est béni.

Sainte Marie et Saint Joseph,


Priez pour nous, pauvres pécheurs
Maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
57

11. Litanies de Saint Joseph.

Seigneur, prends pitié (bis)


O Christ, prends pitié Terreur des démons,
Seigneur, prends pitié. Protecteur de la sainte Eglise,

Père du Ciel qui êtes Dieu, Agneau de Dieu, qui enlève le


prends pitié de nous péché du monde,
Fils, Rédempteur du monde qui Prends pitié de nous
êtes Dieu,… Agneau de Dieu, qui enlève le
Saint-Esprit qui êtes Dieu, … péché du monde,
Sainte Trinité qui êtes un seul Prends pitié de nous.
Dieu,… Agneau de Dieu, qui enlève le
péché du monde,
Sainte Marie, Prends pitié de nous
priez pour nous.
Saint Joseph,
priez pour nous. V/Dieu l'a établi maître de sa
Illustre descendant de David, maison
Lumière des patriarches,… R/ Et il l’a mis à la tête de tous ses
Époux de la Mère de Dieu, biens.
Chaste gardien de la Vierge,
Nourricier du Fils de Dieu, Prions.
Zélé défenseur de Jésus, Dieu qui mènes toute chose avec
Chef de la sainte Famille, sagesse par des chemins qui ne
Joseph très juste, sont pas les nôtres, Tu as demandé
Joseph très chaste, à Joseph, le charpentier de
Joseph très prudent, Nazareth, de prendre pour épouse
Joseph très courageux, la mère de ton Fils ;
Joseph très obéissant, fais qu’en nous tenant ici-bas sous
Joseph très fidèle, sa protection, nous l’ayons pour
Miroir de patience, intercesseur dans le ciel. Par
Amant de la pauvreté, Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Modèle des travailleurs, AMEN
Gloire de la vie de famille,
Gardien des vierges,
Soutien des familles,
Consolateur des malheureux,
Espérance des malades,
Patron des mourants,
TABLE DES MATIÈRES
58

PRESENTATION. ..............................................................................................2
I. JOSEPH DU CLAN DE DAVID, EPOUX DE MARIE...............................3
1.1. JOSEPH, DE LA FAMILLE DE DAVID. .............................................................3
1.2. L’ANNONCE A MARIE ET A JOSEPH ...............................................................4
1.3. LE MARIAGE DE JOSEPH ET MARIE ...............................................................8
II. JOSEPH, PERE DE JESUS. L’ENFANCE DE JESUS ...........................12
2.1. LE RECENSEMENT .......................................................................................12
2.2. LA NAISSANCE DE JESUS ............................................................................13
2.3. LA CIRCONCISION ET L’ IMPOSITION DU NOM. .............................................13
2.4. LA PRESENTATION ET LE RACHAT. ..............................................................14
2.5. LA VISITE DE ROIS-MAGES ..........................................................................16
2.6. LA FUITE EN ÉGYPTE ET LE RETOUR ............................................................17
2.7. LE PELERINAGE A JERUSALEM, LA BAR MITSVA DE JESUS. ........................18
III. UNE PATERNITE RESPONSABLE.
3.1. LA MISSION DE JOSEPH PAR RAPPORT A JESUS.............................................21
3.2. JOSEPH, PERE DE JESUS ...............................................................................23
3.3. JOSEPH, EDUCATEUR DE JESUS. ...................................................................23
3.4. LE ROLE DU PERE. .......................................................................................24
IV. JOSEPH, CHEF DE LA SAINTE FAMILLE. ........................................26
4.1. JOSEPH ET LA GRANDE FAMILLE ..................................................................26
4.2. LES FRERES DE JESUS ..................................................................................26
4.3. LE DEVOUEMENT DE JOSEPH A LA SAINTE FAMILLE....................................27

V. LA MISSION DE JOSEPH ........................................................................28


5.1. UNE PRESENCE PATERNELLE ......................................................................28
5.2. SON ROLE DANS L’HISTOIRE DU SALUT........................................................28
5.3. APRES MARIE, JOSEPH EST LE PREMIER PARMI TOUS LES SAINTS.................29
VI. SAINT JOSEPH TRAVAILLEUR ...........................................................31
6.1. SAINT JOSEPH ARTISAN. ..............................................................................31
6.2. LA VALEUR DU TRAVAIL MANUEL. ..............................................................33
6.2.1. L’homme créé à l’image de Dieu. .......................................................34
59

6.2.2. A travers le travail parvenir à la sainteté. ..........................................34


VII. JOSEPH, HOMME DE FOI. ...................................................................37
7.1. LA PRATIQUE QUOTIDIENNE DE LA RELIGION JUIVE .....................................37
7.2. LES EPREUVES DE LA FOI DE JOSEPH. ..........................................................38
7.3. JOSEPH MODELE DE VIE INTERIEURE............................................................40
7.4. UN MAITRE POUR L’ORAISON ......................................................................41
VIII. ST JOSEPH, .............................................................................................43
PATRON DE L'EGLISE CATHOLIQUE .....................................................43
8.1. SAINT JOSEPH DANS L’ENSEIGNEMENT DU MAGISTERE. ..............................43
8.2. MANIFESTATIONS DE ST JOSEPH DANS L’HISTOIRE DE L’ÉGLISE. ................45
8.3. JOSEPH, « SAINT PATRON DU TROISIEME MILLENAIRE » ..............................46
1° L'Année sacerdotale ..................................................................................46
2° L’année de la foi, (2012-2013) .................................................................47
3° Joseph, père de la nouvelle évangélisation...............................................47
8.4. JOSEPH DANS LA LITURGIE. .........................................................................48
8.5. PRIERES A JOSEPH. ......................................................................................49

Common questions

Alimenté par l’IA

Joseph's acceptance of Jesus' birth reflects a profound faith and understanding of divine will, as he believed both Mary's words and those of the angel regarding the divine origin of Jesus . Despite the personal and social challenges, Joseph embraced his role as his legal and emotional father, aligning himself with God's plan similar to his ancestor Abraham . His actions showed unwavering faith and courage by taking Mary as his wife and raising Jesus, faithfully supporting the mystery of divine birth while protecting the Holy Family .

Saint Joseph is seen as a model for Christian life due to his humble acceptance of God's will and his role as the protector and provider for Jesus and Mary . The Church's teachings emphasize his virtues such as faithfulness, obedience, and righteousness, making him a patron of the universal Church and a protective figure in times of spiritual need . His example encourages Christians to live in service and devotion, aligning their lives with God's plan .

The finding of Jesus in the Temple is significant as it foreshadows his future mission and identity as a teacher with authority . At a young age, Jesus was already demonstrating wisdom and understanding that astonished the learned individuals in the Temple, indicating his divine intellect and mission . Additionally, his response to Mary and Joseph highlights his awareness of his divine origins and mission, urging his parents to recognize and have faith in his true nature and purpose .

Saint Joseph's status as 'patron of the Church' reflects his significance in the Catholic tradition by highlighting his protective guardianship over the Holy Family, which symbolizes the Church . His role as Jesus' legal father and Mary's spouse positions him as a model of faith, responsibility, and strength . The Church venerates him for his exemplary life dedicated to God's service, which extends to protecting the Church and its mission worldwide, acknowledging his intercession as vital to the Church's spiritual health and evangelization efforts .

Joseph's journey to Egypt and back symbolizes his integral role in the Holy Family's divine mission by highlighting his obedience to divine instructions and commitment to his protective duties. Despite the hardships of exile, Joseph's compliance with the angel's command ensured Jesus' survival, allowing God's salvific plan to progress . His actions parallel the biblical narrative of Israel's exodus, marking Joseph as a guardian who leads and protects, emphasizing his strategic placement in fulfilling divine prophecies and safeguarding the nascent Christian legacy .

Saint Joseph serves as a guiding figure for Christian prayer life and spiritual contemplation by embodying complete devotion and trust in divine will . His example offers Christians a model of faith and obedience, providing a framework for approaching God with a servant's heart. Recognized for his silent, contemplative nature, which aligns with the spiritual focus on meditation and communion with God, Joseph illustrates how one might navigate spiritual journeys quietly yet profoundly, bringing his protection and intercession into personal and communal prayer .

The title "Fils de Marie" in the Gospel of Mark carries deeper theological significance as it indirectly suggests doubts about Joseph's biological paternity and reinforces the belief in Jesus' divine conception . By explicitly referring to Jesus through Mary, Mark emphasizes the notion of divine origin and virgin birth, aligning with theological perspectives that recognize God as Jesus' true father . This designation not only underscores the miraculous nature of Jesus' birth but also affirms his unique identity and mission in the Christian faith .

Insights into Joseph's character derive from his silent yet decisive actions, revealing a man of profound faith, integrity, and humility. Always obedient to divine guidance, whether taking Mary as his wife or fleeing to Egypt, Joseph's actions demonstrate a quiet strength and unwavering trust in God . His lack of recorded words in scriptures underscores his role as a doer, a steadfast guardian devoted to Jesus and Mary, illustrating a deep sense of duty and selflessness . His life offers a model of lived faith, prioritizing divine purposes without seeking recognition or accolades .

Joseph's actions during the threat from Herod exemplified his role in the Holy Family as a protector and responder to divine guidance. When warned by an angel of Herod's intention to harm Jesus, Joseph immediately took decisive action by fleeing with his family to Egypt . His prompt and unquestioning response to the angel's warning illustrates his role as a caretaker and faithful servant of God's plans, ensuring the safety of his family despite the uncertainties and challenges of exile .

Joseph's relationship with Mary demonstrated his commitment to both her and God's will amidst social expectations by accepting Mary's pregnancy as divine and marrying her despite societal norms and potential judgment . His decision was driven by divine reassurance through an angel, which solidified his trust in God’s plan and his dedication to Mary, treating her with respect and love while embracing the role of Jesus' earthly father . This act of faith and love placed spiritual values above societal pressures, illustrating his profound commitment to divine purpose .

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