Introduction au Droit Civil et ses Fondements
Introduction au Droit Civil et ses Fondements
2003-2004 Olivier
I/ La notion de droit
A/ Droit et religion
B/ Le droit et la morale
A/ La loi
B/ Les effets
C/ Le droit de propriété
A/ Le dommage
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I/ La notion de droit
Le terme juridique vise tout ce qui se trouve lié à la notion de droit alors qu'en revanche le
terme de judiciaire englobe tout ce qui a trait à la justice.
Le terme de droit désigne les règles qui gouvernent la vie des Hommes en société.
La règle de droit est générale car elle s'applique à tous sans distinction, elle est permanente
puisqu'elle doit être abrogée pour disparaître et elle est obligatoire. La règle juridique ou de
droit se distingue des autres règles par son caractère obligatoire ce qui sous-entend une
sanction en cas de non-respect de la règle. Cette sanction est socialement organisée : elle est
prévue au préalable et elle est infligée par des organes étatiques.
La contrainte peut émaner de deux organes : soit il s'agit du juge, soit il s'agit de l'agent.
A/ Droit et religion
Toute religion influence le droit, cette influence sera plus ou moins forte selon le degré de
laïcité de l'Etat. Nos règles ont subi l'influence judéo-chrétienne, ex : repos le dimanche pour
le droit du travail, tout enfant doit respect et honneur à ses parents d'où le secours familial
dans le droit civil, ne pas voler ni tuer pour le droit pénal.
B/ Le droit et la morale
Il s'agit ici surtout de l'étude de l'évolution des mœurs , ex : le pacse pour les droits d'héritage,
l'enfant adultérin qui a désormais le mêmes droits que l'enfant légitime.
D'autre part, le juge va souvent se trouver confronter à des questions qui le renvoient à sa
propre morale, en effet il y a des questions où le juge ne peut trancher car il n'y a pas d'article
de loi y faisant référence , or le juge a obligation de juger sous peine de déni de justice.
On constate dans les décisions de justice une évolution du droit en fonction de l'évolution de
la morale, ex : en 1995, arrêt Perruche où la cours de cassation à admis la possibilité d'être
indemnisé pour être né handicapé.
Le droit privé est l'ensemble des règles qui concernent la vie juridique des particuliers entre
eux mais aussi des groupements qu'ils vont constituer (ex : association, société, fondation…) .
a. Le droit civil
Le droit civil est l'ensemble des règles qui régissent la vie des citoyens (ici les personnes
vivant dans un même pays), ex : le droit d'affiliation, le droit des obligations, le droit des
contrats, le droit des régimes matrimoniaux, le droit des biens, le droit de succession.
Le droit constitutionnel vise à organiser le rapport des organes de l'Etat entre eux
(essentiellement les trois pouvoirs) et avec les citoyens, la source étant la constitution et son
préambule (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen).
Le droit administratif organise le rapport des différentes administrations entre elles et avec les
administrés.
Le droit fiscal.
Le droit international public.
La loi renvoie aux sources écrites mais il existe également la coutume et la jurisprudence.
A/ La loi
Tout texte est inférieur à la constitution. La constitution est la source mère du droit. Il peut
être saisi par le Président de la République, par le président de l'Assemblée ou par celui du
Sénat, par 60 députés ou par 60 sénateurs.
- la Constitution
- la loi par le parlement
- les décrets par le Président de la République ou par le Premier Ministre
- les arrêtés par les ministres, par les préfets ou par les maires
Les traités ont une valeur supra législative qu'à condition d'avoir été ratifiés, ex : le traité de
Rome. Il est une autorité supérieure à la loi.
*La généralité : la loi est applicable à tous sur tout le territoire. Il n'y a pas de distinctions de
classes, ni de discriminations. Il y a beaucoup d'exceptions , ex : le président de la république,
droit de vote des femmes en 1946, plus besoin d'autorisation maritale pour travailler depuis
1965 , droit d'avoir un logement différent de celui du mari dans les années 80, en France une
distinction sur la loi de maternité.
*La permanence : tant qu' elle subsiste dans les écrits la loi demeure et s'applique, pour la
faire disparaître il faut l'abroger. L'abrogation peut être express quand un texte nouveau
précise expressément que la loi ancienne se trouve abrogée, ex : la loi du 19 octobre 2000 .
L'abrogation peut être tacite quand un texte nouveau contient des disposition contraires ou
incompatibles avec des textes anciens.
*L' obligatorièté : la loi s'impose à tous. Une loi impérative s'applique indépendamment de la
volonté des citoyens ,ex : droit pénal, respecter les bonnes mœurs comme ne pas louer des
chambres à l'heure. Une loi supplétive s'applique sauf en cas de volontés contraires des deux
parties contractantes. Tout le droit des contrats est un droit supplétif, l'article 1134 du code
civil précise que les conventions légalement formées tiennent lieu de lois à ceux qui les
ont faites.
La loi doit être connue, cette connaissance passe par sa publication dans le Journal Officiel :
nul ne doit ignorer la loi.
1° La coutume
La coutume se définit comme la répétition d'usage au sein d'un groupe qui au bout d'un
certain temps la considère comme une loi, ex : la femme en se mariant prend le nom de son
époux. Elle est orale ( pas écrite ), application locale. Cette coutume doit faire l’objet d’un
consensus, c'est-à-dire que les personnes se soumettent à cette coutume .
2° La doctrine
Il s'agit des écrits effectués par les auteurs juristes. Leurs écrits portent soit sur la loi, soit sur
les décisions de justice.
3° La jurisprudence
Il s'agit de l'ensemble des décisions de justice qui posent principes et solutions sur des
problèmes posés. Plus la juridiction saisie est haute et plus la décision aura de portée, une
décision d'assemblée plénière s'impose aux juridictions du fond. La jurisprudence comporte
certains défaut par rapport à la loi . En effet elle est relative car la décision est rendue pour un
procès qui n'oppose que deux personnes. Elle est fragile, on est jamais à l'abris d'un
retournement de jurisprudence. Il n'en demeure pas moins que la jurisprudence est créatrice de
lois, ex : un arrêt de 1976 qui précise quand une entreprise est en cessation de paiement sera
repris plus tard par une nouvelle loi.
Il s'agit de prérogatives qui permettent à toute personne de se défendre contre des attaques qui
portent atteinte à son corps et à son esprit.
Toute atteinte à une image, quelque soit le support, est condamnable. Pendant très longtemps
fondé sur l'article 1382, mais depuis un arrêt du 13 juillet 1998 la protection de l'image est
désormais fondé sur l'article 9 du code civil : " Chacun a le droit de s'opposer à la
reproduction de son image et l'utilisation dans un sens volontairement dévalorisant de
l'image d'une personne justifie que soit prise par le juge toute mesure propre à faire
cesser l'atteinte portée au droit de la personne ".
Le principe de dignité humaine est depuis peu (1995) un fondement constitutionnel. En effet,
le Conseil d'Etat se fondant sur la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen a érigé la
dignité humaine en principe constitutionnel en interdisant les lancers de nains. En
conséquence, le corps humain ne doit pas être considéré comme une chose mais bel et bien
comme une personne et ne doit donc pas faire l'objet de contrats, de conventions. Toute
convention ayant pour objet le corps humain serait nulle de façon absolu.
Une loi sur la bioéthique (29 juillet 1994) a posé trois principes nouveaux :
- chacun a droit au respect de son corps
- le corps humain est inviolable
- le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent être le fruit d'un commerce
Ces principes sont généraux et ils sont d'ordre public. La loi nouvelle a substitué à l'ancien
principe d'indisponibilité du corps humain celui de non patrimonialité. En conséquence, il ne
peut y avoir d'atteinte au corps humain sans le consentement de la personne. Dorénavant on
ne peut donc pas prendre un organe de quelqu'un mort cliniquement sans son consentement
préalable. Cela pose également un problème dans les cas d'urgence puisque l'on doit avoir le
consentement du patient pour toute opération. Un prélèvement d'organe ou une opération sans
le consentement de la personne est considéré comme coups et blessures volontaires.
On note également la protection de la voix, la protection de l'honneur, la protection des
convictions politiques et religieuses, le droit au secret (professionnel, médical, de la
confession…). La protection parentale peut apparaître comme une atteinte au corps de
l’enfant : Ex en Suède, la claque est interdite.
Il s'agit des caractéristiques de la (…) auquel le droit accorde de l'importance (le droit
familial, le droit matrimonial, le statut physique de la personne. Toutes les actions en justices
relève de la compétence du Tribunal de Grande Instance. Ex : Congé de paternité 15 jours.
Le nom c'est le patronyme, les accessoires sont les surnoms, les prénoms, les pseudonymes ou
encore les titres nobiliaires (ex : la particule).
a. Le devoir de porter son nom
- Article 261 du code civil : Chacun a l'obligation de porter son nom sous peine de sanction,
en conséquence tous les actes officiels doivent être passés sous le patronyme.
*L'attribution du patronyme ou filiation: l'enfant en principe prend le nom de son père ( article
311 indice 21 du code civil ). Dans la famille légitime, l'enfant prend le nom du père puisque
tout enfant né pendant le mariage est présumé du mari. Dans la famille naturelle (deux parents
qui ne sont pas mariés), l'enfant acquiert le nom de celui des parents à l'égard de qui la
filiation est établie en premier (dès le septième mois). Cette règle cependant connaît des
dérogations, si les deux parents établissent la filiation simultanément alors l'enfant porte le
nom du père, si l'affiliation est établie en second lieu alors l'enfant portera le nom du père
après déclaration des deux parents auprès du juge des affaires familiales, si la mère se marie
avec un tiers alors l'enfant pourra porter le nom du beau-père après déclaration auprès du juge
des affaires familiales, si l'enfant naît de père et de mère inconnus alors l'Etat lui donne trois
prénoms et le dernier devient son nom (avant prénom du saint du jour et nom du mois). Dans
la famille adoptive, il y deux hypothèse, celle de l'adoption plénière où il y a une rupture
totale avec la famille d'origine alors l'enfant prend le nom du père adoptif, dans le cas de
l'adoption simple, l'enfant garde un lien avec sa famille naturelle alors l'enfant portera les
noms des deux familles, cependant on peut procéder à une substitution lorsque l'enfant, dès
treize ans, le désire. Il existe des dérogations possibles pour les enfants qui ont moins de 13
ans au 1er septembre 2003.
*Le nom des époux : la femme prend le nom de son mari. Quand il y a divorce la femme
reprend son nom de jeune fille, cependant elle peut conserver le nom de son mari avec son
accord et celui du juge des affaires familiales. Il y a plusieurs causes, soit l'intérêt de l'enfant
est en cause, soit la femme est connue sous son nom d'épouse (ex : showbiz, professions
libérales…).
*Le changement de nom : en principe, l'obligation de porter son nom est absolu, on ne peut
pas y déroger. En effet, le nom est soumis au principe d'immutabilité. Toutefois, ce principe
connaît quelques dérogations. Ainsi, la cours de cassation a admis le changement de nom en
cas de possession prolongée : il faut que le nom ait été changer sans fraude c'est à dire de
bonne fois (ex : une erreur de l'officier de l'Etat civil) et il faut que le nom ait été porté
pendant cent ans (65 ans pour le cas Ricard). Il y a également des dérogations légales pour
changer partiellement ou totalement un nom ridicule ou sujet à la moquerie. Dans ce cas, c'est
le Conseil d'Etat qui tranche et il s'écoule ensuite un an après la publication au Journal
Officiel pour que le changement soit officiel. La loi de 1993 a permis aux étrangers vivant en
France de franciser leur nom (ex : raccourcissement, traduction, nom des marins disparus sans
descendance…).
*Il faut avoir qualité pour agir. Se trouvent visées toutes les personnes appartenant à un
groupe autorisé à défendre un nom, ce sont les personnes qui portent un nom (ex : l'affaire Le
Neuf) ce sont mais aussi toutes les personnes qui descendent de ce nom sans limite de degré
(ex : l'affaire Boissy d'Auglas dans un roman). Il ne faut pas confondre le droit de porter un
nom et celui de le défendre.
*Il faut avoir un intérêt à agir. Il consiste dans le dommage ou le préjudice subie par la
personne du fait de cette usurpation de nom, dans la pratique les juges rechercheront s'il y a
ou non risque de confusion (ex : la personne dans le roman a la même profession). Les juges
feront donc un rapprochement entre le nom usurpé et le nom défendu, et ils chercheront si
l'usurpation jette le discrédit sur la personne qui fait l'action. Cette usurpation du nom peut se
faire dans une œuvre de l'esprit, dans une œuvre cinématographique ou dans le cas d'un
rapport commercialiste (une marque, une enseigne…).
2° Le domicile
Il résulte des dispositions de l'article 8 du Code civil que " toute personne française jouira de
ses droits civils ". Or certaines personnes ne peuvent le faire : les mineurs, les débiles, les
malades… Il faut donc protéger ces personnes incapables.
1° La majorité et la minorité
a. L'incapacité de jouissance
Le mineur peut acquérir tous les droits et faire tous les actes de la vie juridique à condition
d'être représenté. Obligation nouvelle inscrite dans le code civil en 2002 : Les parents
associent l’enfant aux décisions qui le concerne selon son âge et son degré de maturité
(article 371-1 ) .
Il y a deux effets :
- l'émancipation provoque une coupure du mineur avec sa famille. Elle est frauduleuse si elle
a pour but d'éviter aux parents la mise en œuvre de leur responsabilité du fait des activités
dommageables de l'enfant, il s'agit en effet de donner plus de liberté à l'enfant et non pas de
retirer de la responsabilité aux parents.
- l'émancipation attribue au mineur une capacité plus large.
Toute incapacité, même si c'est une atteinte à la liberté, doit être comprise comme une mesure
de protection. L'incapable est celui qui ne peut se défendre tout seul.
La restriction de la liberté qu'implique l'incapacité impose une part de contrôle judiciaire très
strict et une aide médicale permanente.
Leur statut juridique a été complètement modifié par la loi du 3 janvier 1968. En effet, la
législation antérieure était complètement dépassée dans la mesure où elle liait l'attribution
d'une protection à un internement. Est mis en place d'un système de protection très varié
suivant la gravité du handicap qui frappe la personne :
- la tutelle
- la curatelle
- la sauvegarde de justice
Il n'y a pas que les handicapés mentaux qui sont visés, mais toute personne dont l'altération de
ses facultés personnelles met dans l'impossibilité de pourvoir seule à ses intérêts.
Le juge des tutelles intervient dans chaque décision engageant le patrimoine ou la vie
personnelle de l'handicapé.
La loi a prévu des sanctions pour les actes accomplis par les majeurs agissant seuls : nullité
des actes juridiques, contrats, mariage, procès…
a. La tutelle
C'est le régime de protection le plus complet de notre droit, il concerne les plus gravement
handicapés, ceux qui ont besoin d'être représenté de manière continue dans les actes de la vie
civile.
On nomme donc un tuteur, généralement un proche :
- l'époux est tuteur de son conjoint.
- sinon les autres tuteurs sont datifs c'est-à-dire que la tutelle est attribuée par le conseil de
famille à la personne qui semble pouvoir gérer au mieux son patrimoine.
En outre, la loi prévoit qu'il y aura un subrogé tuteur nommé également par le conseil de
famille chargé de surveiller la gestion tutélaire et de représenter l'incapable quand ses intérêts
seront en contradiction avec ceux du tuteur.
Les actes de la vie courante (administration, gestion, location, vente de meubles d'usage
courant…) peuvent être accomplis par le tuteur seul.
Mais les actes les plus graves (ex :disposition, emprunt…) doivent être accomplis par le tuteur
sur autorisation du conseil de famille.
A la fin de la tutelle, le tuteur doit rendre des comptes dits " comptes de tutelle ".
Pour ses fautes de gestion, sa responsabilité peut être engagé.
b. La curatelle
C'est un système beaucoup plus souple, moins contraignant car dans ce cas, le majeur est en
état de comprendre ses actes.
Il s'applique au majeur qui a besoin d'être conseillé et contrôlé pour accomplir les actes de la
vie civile.
Le seul organe de la curatelle est le curateur.
La sanction des actes accomplis sans le curateur est la nullité.
c. La sauvegarde de justice
C'est un régime très souple.
Le majeur placé sous sauvegarde de justice conserve l'exercice de ses droits. Sauf que les
actes qui lui sont préjudiciables pourront être par la suite modifiés.
Elle n'intervient pas de plein droit lors de la conclusion du contrat de société. Elle suppose
que la société ait été immatriculée au registre du commerce (Code civil, article 1842 et loi n°
66-537, 24 juillet 1966, article 5 : " les sociétés commerciales jouissent de la personnalité
morale à dater de leur immatriculation au registre du commerce et des sociétés " et selon
l'article 1871 du Code civil, seules sont exclues de ce bénéfice les sociétés en participation).
Dès lors, c'est l'immatriculation qui conditionne la personnalité morale. Dans cette
perspective, elle est beaucoup plus qu'une simple mesure de publicité car elle ne fait pas que
reconnaître l'existence d'un être juridique nouveau, elle lui donne vie. Ce lien entre
l'immatriculation et la reconnaissance de la personnalité morale, qui existait déjà dans les
sociétés commerciales et le G.I.E., a été étendu à toutes les sociétés par la loi du 4 janvier
1978 ainsi qu'aux GEIE (article 1er, loi n° 89-377, 13 juin 1989).
Le statut des groupes de sociétés donne lieu à controverses car on se demande si malgré le
silence de la loi, le groupe ne constituerait pas une personne morale plutôt qu'une situation de
fait.
B/ Les effets
Les personnes morales ont un nom, c'est leur dénomination sociale qu'elles choisissent
librement. Elles peuvent changer de nom. Cela suppose une décision prise par les personnes
physiques qui la composent à une forte majorité. Il faut ensuite publier cette modification afin
d'informer les tiers.
Elles ont un domicile, c'est le siège social qu'elles choisissent librement. En principe, elles
n'ont qu'un seul domicile. Cependant, les sociétés commerciales ont plusieurs établissements
et peuvent être jointes pour les affaires relatives à leurs établissements à l'adresse de ces
derniers. On n'écrit pas toujours au siège social. Elles peuvent également changer de domicile
par décision des personnes physiques qui la composent à une forte majorité qualifiée par la loi
ou par les statuts. Cette modification doit être publiée afin d'informer les tiers.
Parmi les principales personnes morales de droit privé, on peut citer les sociétés, civiles et
commerciales, les associations, les GIE, les syndicats, les fondations, les coopératives.
a. La copropriété
Il s'agit de la situation où un immeuble est divisé en plusieurs appartements de manière à ce
qu'il existe à la fois des parties privatives et des parties communes sur lesquelles chaque
propriétaire à un droit indivis. Un droit est indivis lorsque s'exerçant sur un bien unique, il y a
plusieurs titulaires sans que de cette pluralité découle une division matérielle du bien (ex : une
cours, un escalier, une entrée…).
Chaque copropriétaire a un lot composé d'un droit exclusif sur une partie privative et d'un
droit indivis (c'est-à-dire avec les autres) sur les parties communes. On attribue alors à chacun
un certain nombre de millièmes. La répartition se trouve inscrite dans le règlement de
copropriété. Le nombre de millièmes détenu par chaque copropriétaire constitue la clé de
voûte de ses droits et l'obligation au sein de la copropriété.
L'ensemble des copropriétaires, appelé syndicat des copropriétaires désigne un syndic qui
administre l'immeuble en appliquant les décisions de l'assemblée des copropriétaires et le
règlement de propriété.
b. La mitoyenneté
On appelle mur mitoyen un mur qui appartient de manière indivise aux deux propriétaires
dont les fonds joignent les murs de chaque côté.
Il existe une règle de présomption de mitoyenneté. La preuve contraire peut être apportée par
un titre, c'est-à-dire un papier signé du propriétaire voisin qui reconnaît que le mur a été
construit par l'autre propriétaire. Le titre de propriété peut aussi parfois mentionner la nature
du mur. La preuve contraire peut également être faite par des marques. Ainsi quand le sommet
du mur est en pente, le propriétaire du mur est réputé être celui qui est propriétaire du terrain
qui reçoit l'écoulement des eaux. En revanche, si le sommet du mur a été construit d'une telle
façon que les eaux vont s'écouler de part et d'autre, sur les deux fonds, le mur est réputé
mitoyen. Toute dissymétrie de construction doit être considérée comme une marque de
mitoyenneté.
c. L'indivision
Il s'agit de l'hypothèse où plusieurs sujets de droit ont sur une chose unique des droits
identiques sans division de cette chose, par exemple:
- l'indivision post-successorale : celle qui naît entre héritiers appelés à venir recueillir une
succession. Du jour du décès jusqu'au partage de l'hérédité les héritiers sont en indivision.
- l'indivision post-communautaire : celle qui s'établit à la dissolution du régime de
communauté, soit entre les époux mêmes s'ils divorcent, soit entre le conjoint survivant et les
héritiers de l'époux décédé. De la date de la dissolution au partage des biens communs, les
ayants droits sont dans l'indivision.
- l'acquisition à plusieurs personnes d'un bien.
Ces exemples témoignent que l'indivision peut avoir plusieurs sources, légales ou volontaires.
Il existe un grand principe posé à l'article 815 du Code civil en vertu duquel " nul n'est censé
demeuré dans l'indivision ". En principe chaque coïndivisaire désireux de sortir de l'indivision
est en droit de provoquer et donc d'imposer le partage. Mais cette prérogative n'est pas
absolue et le juge pourra maintenir l'indivision. A cet égard, il existe deux sources de maintien
dans l'indivision :
- le maintien conventionnel qui nécessite l'accord de tous les coïndivisaires. La convention de
maintien doit être établie par écrit sous peine de nullité. La durée peut être soit déterminée (5
ans ou plus), soit indéterminée.
- le maintien judiciaire, même à défaut d'accord entre les intéressés, le partage peut être
retardé à la demande de l'un ou plusieurs d'entre eux par décision de justice (recours au TGI).
Le maintien judiciaire de l'indivision peut revêtir deux modalités :
- le sursis au partage par lequel le tribunal peut surseoir (c'est-à-dire remettre à plus tard) au
partage pour deux années au plus si la réalisation immédiate de celui-ci risque de porter
atteinte à la valeur des biens indivis. Il s'agit d'une mesure de conjoncture destinée à attendre
un e situation plus favorable pour la vente des biens.
- l'aportionnement d'un indivisaire. Lorsqu'un seul indivisaire demande le partage et que les
autres entendent demeurer dans l'indivision, les autres peuvent, à la demande de l'un ou de
plusieurs de ces derniers et en fonction des intérêts en présence pour attribuer sa part, soit en
nature, soit en argent, à celui qui désire sortir de l'indivision.
Parmi les droits patrimoniaux, on distingue d'une part les droits réels mais aussi les droits
personnels. Il convient cependant d'ajouter une troisième catégorie qui concerne les droits
intellectuels.
Ce sont tous les deux des droits patrimoniaux, ils peuvent donc être cédés.
Le droit personnel exprime le pouvoir d'une personne, appelée créancier, d'exiger d'une autre
personne,appelée débiteur, une prestation (en argent ou en nature), dès lors il se crée un lien
entre les deux que l'on appelle tantôt créance tantôt dette. Le débiteur est donc le sujet passif,
le créancier quant à lui est le sujet actif. Le droit réel en revanche est un droit qui exprime le
pouvoir d'une personne sur une chose.
Le droit personnel est un droit relatif, c'est-à-dire qu'il ne produit d'effet qu'entre le créancier
et le débiteur. Le droit réel, en revanche, est absolu ce qui signifie que son titulaire peut
l'opposer à tous.
Les droits personnels existent en quantité quasi-illimité, il y a une limite de temps et des
limites légales qui sont dues à la seule capacité juridique (ex : on ne peut contracter avec un
mineur).
Le droit distingue deux catégories de biens, à savoir d'une part les immeubles et d'autre part
les meubles. Est immeuble le sol et tout ce qui s'y rattache. Est meuble tout ce qui peut être
transporté. Cette distinction présente plusieurs intérêts :
- un intérêt en matière de publicité, en effet tous les droits qui viennent grever un immeuble
doivent obligatoirement être publiés (ex : l'hypothèque, la vente d'un immeuble).
ex : Mr. Dupont vend son immeuble 2 millions de francs à Mr. Durand le 8 novembre 2001,
son notaire la publie le 17. Mr. Dupont fait une deuxième promesse de vente pour 2.5 millions
de franc à Mr. Duroc le 12, son notaire la publie le 13. La vente sera réalisée avec Mr. Duroc
car la publication a été réalisée plus tôt. Au mieux, si Mr. Durand intente une action, il ne
gagnera que 10% du montant en jeu.
- un intérêt fiscal, les droits d'enregistrement et de mutation sont différents selon qu'il s'agisse
de meubles ou d'immeubles.
- les conditions d'acquisitions sont différentes selon qu'il s'agisse de meubles ou d'immeubles.
En effet, la vente d'un immeuble exige la rédaction d'un écrit en la forme authentique. Un
meuble, en revanche, se vend par simple tradition, c'est-à-dire de la main à la main.
- en matière successorale les immeubles sont soumis à la loi du lieu où il se trouve, un meuble
en revanche se trouve soumis à la loi du domicile du défunt.
1° Les immeubles
Il résulte de l'article 517 du Code civil que les biens sont immeubles soit par leur nature, soit
par leur destination ou soit par l'objet auquel il s'applique.
2° Les meubles
C/ Le droit de propriété
Le droit de propriété est défini à l'article 544 du Code civil comme le droit d'user, de jouir et
de disposer de la chose de la manière la plus absolue pourvu que l'on n'en fasse pas un usage
contraire aux lois et aux règlements. Par ailleurs, la déclaration de 1789 précise que le droit de
propriété est un droit inviolable et sacré. A l'heure actuelle, c'est un droit constitutionnel.
L'article 711 du Code civil précise que la propriété des biens s'acquiert et se transmet par
succession, par donation entre vifs ou testamentaires et par l'effet des obligations.
L'article 712 du Code civil précise que la propriété s'acquiert aussi par accession, par
incorporation et par prescription.
a. Propriété et possession
La possession se définit par la détention ou la jouissance d'une chose ou d'un droit que nous
tenons ou que nous exerçons par nous-même ou par une autre personne qui le fait en notre
nom. On dit que la possession est la situation de fait alors que la propriété est la situation de
droit. Le possesseur au vu et au su de tous s'affirme propriétaire de la chose.
" L’usucapion trentenaire : lorsque le possesseur de mauvaise foi possède, conformément aux
exigences légales, le corpus et l'élément psychologique qu'est l'animus sur un bien pendant
plus de trente ans alors ce bien lui appartient. Mais pour prescrire, il ne faut pas que la
possession ait un vice. A cet égard, l'article 2229 du Code civil précise que la possession doit
être continue et non interrompue, paisible et publique, non équivoque et à titre de propriétaire
:
- la continuité de la possession s'apprécie en vertu de trois paramètres que sont d'abord
l'interruption lorsque le délai se trouve arrêté par un événement naturel (ex : la mort du
possesseur, le départ du possesseur pour un durée au moins égale à un an) ou par une
interruption civile quand le véritable propriétaire fait une action, ensuite la jonction qui
permet de joindre deux délais de possesseurs successifs afin d'avoir la possession du bien (ex :
le père prescrit pendant 18 ans et qu'il décède, son fils devra prescrire pendant 12 ans pour
obtenir la possession d'un bien) et enfin la suspension qui signifie que l'on ne peut pas
prescrire contre quelqu'un qui ne peut se défendre (ex : un mineur, un adulte incapable).
- la possession doit être paisible, le droit ne tire aucune conséquence d'une possession violente
(ex : séquestration, meurtre du propriétaire).
- la possession doit être non équivoque, cela signifie qu'il ne doit pas y avoir d'incertitude lors
de la prise de possession.
- la possession doit être publique, c'est-à-dire qu'elle ne doit pas être clandestine.
Lorsque la possession réunit toute les conditions, au bout de trente ans, la propriété est
acquise. L'usucapion produit alors un double effet :
- un effet translatif, le bien va passer du patrimoine du véritable propriétaire dans celui du
possesseur.
- un effet rétroactif, tous les actes accomplis sur ce bien seront réputés avoir été faits par le
possesseur en tant que propriétaire et seront donc validés (ex : les loyers perçus lui seront
définitivement acquis).
" L'usucapion abrégé : le délai de trente ans se trouve réduit lorsque d'une part le possesseur
est de bonne foi, c'est-à-dire qu'il doit avoir la croyance qu'il a obtenu le bien du vrai
propriétaire, et d'autre part il faut avoir un juste titre qui est un acte qui s'il émanait aurait
donc entraîné un véritable transfert de propriété. Le délai est soit de dix ans lorsque le bien se
situe dans le ressort de la cours d'appel du domicile du propriétaire, soit de vingt ans lorsque
le bien se situe en dehors du ressort de la cours d'appel du lieu où vit le propriétaire (ex : un
bien situé à Paris et propriétaire à Paris : délai de dix ans, un bien situé à Paris mais
propriétaire à Versailles : délai de vingt ans).
Lorsque les conditions de l'article de 2279 se trouvent réunies, cet article produit un double
effet :
- un effet translatif, le possesseur est réputé être propriétaire comme s'il avait acquis le bien
dans les conditions normales.
- un effet probatoire, c'est-à-dire qu'il emporte présomption de propriété au profit du
possesseur.
Un fait juridique est un événement involontaire qui produit des effets juridiques (ex : le
passage à la majorité, un accident).
L'acte juridique est en revanche un événement volontaire qui produit des effets juridiques (ex
: le mariage).
a. Le rôle du juge
En procédure accusatoire, le juge a un rôle neutre, passif : il écoute les parties et reçoit leurs
preuves.
L'évolution contemporaine fait que la procédure est de plus en plus souvent inquisitoire.
Ainsi, l'instruction préalable est obligatoire en matière criminelle, facultative en matière
délictuelle et très rare en matière contraventionnelle. Le juge d'instruction a alors un rôle actif
en ce sens où c'est lui qui va chercher les preuves.
Mais en matière civile, le juge assis peut demander des expertises.
2° L'objet de la preuve
Les prétentions des parties se fondent tantôt sur des faits juridiques, tantôt sur des actes
juridiques. Dès lors, l'objet de la preuve va porter sur un fait ou sur un acte. Parfois, il est
difficile d'apporter cette preuve, dès lors la loi vient au secours du plaideur par le biais de
présomptions légales.
Notre système de procédure civile repose sur la légalité des modes de preuve, le juge ne peut
accepter un mode de preuve qui ne serait pas prévu par la loi. Cependant, ce principe tend à se
restreindre au profit de la liberté de la preuve. Ainsi, en matière commerciale la preuve est
totalement libre. En matière civile, en revanche, l'écrit est exigé pour tout acte juridique
supérieur ou égal à 5000 francs.
1° La preuve par écrit ou preuve littérale
a. L'aveu
L'aveu est considéré comme reine des preuves en matière pénale.
Il existe deux types d'aveu en matière civile :
- l'aveu judiciaire réalisé dans le tribunal devant le juge
- l'aveu extrajudiciaire réalisé hors du tribunal
b. Le serment
Le serment consiste à jurer que ce que l'on allègue est vrai. C'est un mode de preuve de moins
en moins pratiqué. On distingue deux types de serment :
- le serment décisoire à l'initiative du plaideur
- le serment déféré d'office à l'initiative du juge
Il s'agit là de réparer les lésions patrimoniales ou extrapatrimoniales qui ont été subies par une
personne du fait d'une autre personne. Le fondement de la responsabilité délictuelle se trouve
dans l'article 1382 du Code civil qui énonce que: " tout fait quelconque de l'homme qui cause
un dommage à autrui oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ". L'article 1383
concerne la responsabilité quasi-délictuelle, il précise que la faute peut-être due à la
négligence ou à l'imprudence.
A/ Le dommage
1° La réparation du dommage
a. L'action en réparation
Deux juridictions sont compétentes :
- la juridiction civile où la victime bénéficie d'un délais de prescription de trente ans.
- la juridiction répressive où la faute se confond souvent avec une contravention, avec un délit
ou avec un crime. La victime pourra alors saisir la juridiction répressive en se constituant
partie civile. Lorsque le faute est aussi une faute pénale plusieurs règles s'appliquent. Tout
d'abord le délai de la prescription est celui de la faute. Ensuite, le criminel tient le civil en
l'état, tant que la juridiction répressive n'a pas statué, le juge civil ne peut pas statuer à son
tour et doit donc attendre. Enfin, il y a autorité de la chose jugée du criminel sur la chose
civile, en effet si le juge a relaxé le juge civil ne pourra plus indemniser, il faudra au mieux
trouver une faute civile distincte.
Pour qu'il y ait responsabilité il faut d'abord et avant tout une faute. Celle-ci se définit comme
un manquement à une obligation préexistante, elle peut avoir un contenu légal ou un contenu
indéterminé de prudence et de diligence. Dans cette hypothèse, le juge aura recours à deux
méthodes pour apprécier la faute, soit il apprécie la faute in concreto c'est-à-dire au cas par
cas en appréciant le comportement global de l'individu, soit il apprécie le comportement in
abstracto c'est-à-dire qu'il va se référer à un standard soit du bon père de famille, soit du bon
professionnel. Parfois cependant il est difficile de savoir qui a commis la faute, on a alors du
mal à établir le lien de causalité entre la faute et le dommage. Dans cette hypothèse, le juge
pourra déplacer la cause du dommage (ex : la cours de cassation dans l'arrêt Bertelot).
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