LA DEMARCHE DES SOINS INFIRMIERS
INTRODUCTION
La démarche clinique pour l’infirmier est un processus dynamique et non linéaire dans
lequel les activités d’évaluations et d’interventions s’imbriquent les unes dans les autres
(Jarvis 2022). Cette démarche interprofessionnelle est l’assise du continuum de soins de
l’usager et s’applique dans de multiples contextes tels les collectes initiales, les situations
aiguës, en cours de suivi ou urgentes.
La démarche de soins est une approche par étapes qui permet d’évaluer et d’assurer une prise
en charge optimale de la condition de santé de l’usager. Les infirmières et infirmières
auxiliaires, indépendamment de leur secteur d’activités, devront prendre part à ce processus
systématique et structuré regroupant cinq étapes : la collecte de données, l’analyse et
l’interprétation, la planification, l’intervention et l’évaluation des résultats afin d’assurer une
prise en charge optimale de l’usager. Ces étapes bien que distinctes sont indissociables et
continues.
Le travail infirmier porte sur des réalités : l’état de santé de la personne, les signes de son
évolution, les complications, les informations transmises au médecin, ce qui signifie que le
jugement porté par l’IDE sur ces réalités est au cœur des soins. La qualité de son observation
et de son raisonnement sont donc de première importance.
I- HISTORIQUE DE LA DEMARCHE DES SOINS INFIRMIERS
La démarche de soins (DSI) a connu une évolution constante depuis les prémices de la
science infirmière jusqu'à aujourd'hui. Elle s'est d'abord développée aux ÉtatsUnis, avant de
s'étendre au reste du monde. Connaître le cheminement de la DSI permet de mieux la
comprendre. Un des ouvrages clé qui aborde cette évolution est celui de Henderson (1994),
La nature des soins infirmiers. D’autres, tels que La pensée infirmière de Pepin (2010) et
Contemporary nursing knowledge : analysis and evaluation of nursing models and theories
de Fawcett (2013) ont été fondamentaux dans le développement de notre réflexion autour de
ce qu’est la démarche de soins infirmière.
Henderson (1994) a défini quatre orientations à partir desquelles la démarche de soins
infirmière s’est développée :
La première est l’individualisation des soins. C’était le moment où le fonctionnement
hospitalier est passé d’une organisation de distribution des tâches, dont l’objectif était
l’augmentation de la production et la rentabilité, vers une organisation d’attribution des
patients (soins de santé primaires), qui nécessitait des soins personnalisés.
La seconde est le besoin d’évaluer les problèmes physiques et psychosociaux des
patients, dans le but de les résoudre.
La troisième est la valorisation des soins infirmiers comme science et non comme art.
En effet, pendant longtemps, le savoir-faire et le savoir-être infirmiers n’étaient pas ou peu
documentés. Il s'agissait désormais d’ancrer le soin infirmier sur la recherche et les écrits
scientifiques, afin de lui conférer une certaine légitimité. La démarche de soins écrite devint
ainsi nécessaire pour garder une trace du processus réflexif de l’infirmière.
La quatrième, La promotion de la pratique infirmière comme fonction unique,
professionnelle et indépendante, permettant de la distinguer du corps médical. Cela devait
permettre d’affranchir l’infirmière de son rôle de subordonnée.
D’autres auteurs définissent ce que représente la DSI pour la profession infirmière.
Ledesma-Delgado & Rino Medes (2009) soulignent qu’elle a de multiples rôles. Elle
constitue l’essence du rôle infirmier en mettant en avant ses fondements scientifiques,
technologiques et humanistes. Elle encourage la pensée critique et la créativité en permettant
la résolution de problèmes rencontrés dans la pratique professionnelle. Pour elles, la DSI
permet une pratique réflexive centrée sur le soin. Elles parlent d'une méthode permettant
d'expliquer l'essence du rôle propre infirmier et d’un procédé de résolution de problèmes.
II- DEFINITION DE QUELQUES CONCEPTS
L'enjeu de la démarche de soins réside dans le fait qu'elle est porteuse d'une philosophie
de soins considérant la personne soignée comme devant être prise en compte dans sa
globalité.
La démarche de soins est définie comme étant le processus par lequel l'infirmier
détermine, met en œuvre et évalue les actions relevant du rôle propre dans le cadre d'un
contrat de soins avec la personne soignée.
R. Alfaro la définit ainsi : "C'est une méthode organisée et systématique
permettant de donner des soins infirmiers individualisés. Elle est centrée sur les
réactions particulières de chaque individu (ou groupe d'individus) à une
modification réelle ou potentielle de sa santé".
" Dans le cadre de son rôle propre, l'infirmière identifie les besoins de la
personne, pose un diagnostic infirmier, formule des objectifs de soins, met
en oeuvre les actions appropriées et les évalue... "La démarche de soins est
donc une méthode organisée, logique, systématique, adaptée aux soins.
Les concepts
Selon l’OMS (1946): la santé est un état complet de bien-être physique, mental et
social, ne consistant pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité.
Selon l’OMS (1946), la maladie : est une « Altération de l’état de santé qui se traduit
notamment par un ensemble de ruptures d’ordre physique, mental et/ou social et se manifeste
par des symptômes objectifs et subjectifs.
Selon l’OMS, l’infirmier est une personne qui a suivi une formation technique
officiellement reconnue par son pays et a acquis des connaissances techniques, attitudes et
pratiques pour promouvoir la santé, prévenir la maladie et assister les clients. Ceci fait de lui
un des membres à part entière de l’équipe de santé capable de résoudre dans les limites de sa
compétence les problèmes de santé de sa collectivité en fonction des besoins du client.
Elément central au sein d’une équipe pluridisciplinaire, l’infirmière travaille pour améliorer la
santé du patient, en collaboration avec les médecins.
Les soins infirmiers d’après le Conseil International des Infirmiers (C.I.I), sont un
ensemble d’actes propres à l’infirmier ou de collaboration, qui vise la restitution au malade de
sa santé, de son indépendance, dans le strict respect de sa dignité et de sa singularité.
Il convient de distinguer les actes relevant du rôle propre de l'infirmier, les soins dispensés sur
prescription médicale et les soins exercés en présence d'un médecin prescripteur.
Le rôle propre de l'infirmier est ou de l'infirmière les soins liés aux fonctions
d'entretien et de continuité de la vie et visant à compenser partiellement ou totalement un
manque ou une diminution d'autonomie d'une personne ou d'un groupe de personnes. Dans ce
cadre, l'infirmier ou l'infirmière a compétence pour prendre les initiatives et accomplir les
soins qu'il juge nécessaires. Il identifie les besoins de la personne, pose un diagnostic
infirmier, formule des objectifs de soins, met en œuvre les actions appropriées et les évalue. Il
peut élaborer, avec la participation des membres de l'équipe soignante, des protocoles de soins
infirmiers relevant de son initiative. Il est chargé de la conception, de l'utilisation et de la
gestion du dossier de soins infirmiers.
Le rôle de collaboration est Un processus de communication et de prise de décision
qui favorise la synergie entre les connaissances et les compétences spécifiques et communes
de différents professionnels de la santé afin d’influer sur les soins offerts au patient
III- NOTION DE RESOLUTION DE PROBLEME
L’ANADI (association américaine des infirmières) un siècle après Nightingale écrit :
« La matière même des soins infirmiers est à peu de chose près inconnue ». Elle
élabore une politique sociale selon laquelle la pratique infirmière consiste à
diagnostiquer et à traiter les réactions de l’être humain à des problèmes de santé
réels ou potentiels
Pour pouvoir résoudre efficacement un problème, il faut s’impliquer et croire à ce
que nous faisons.
Les problèmes les plus difficiles nécessitent une grande sensibilité et un bon
esprit d’analyse.
L’Analyse des données a pour but de cerner les problèmes et les besoins du
patient.
IV- UTILISATION ET FINALITE DE LA DEMARCHE EN SOINS
INFIRMIERS
Utilisation
La démarche de soins infirmiers (DSI) est une méthode protocolaire permettant de
résoudre des problèmes de soins propres à un patient par l’analyse et l’application
systématique d’un scripte ordonné d’opérations infirmières.
Finalité
• Elle permet une prise en charge globale et personnalisée du patient.
• Elle favorise l’autonomie du patient.
• Elle améliore la qualité de vie du patient.
• Elle va promouvoir la santé du patient.
V- LES ETAPES DE LA DEMARCHE DES SOINS INFIRMIERS
La profession infirmière relève de l’art et de la science : Art : en tant que compétences et
aptitudes personnelles de l’infirmier à aider les autres ; Science : car profession qui s’attache
aux problèmes et besoins physiques, psychologiques, sociologiques, culturels, et spirituels de
la personne.
La démarche de soins est une démarche scientifique fondée sur le raisonnement et a pour
principaux objectifs :
✔ Une connaissance fine de la personne soignée.
✔ La détermination d’objectifs de soins infirmiers, en terme actifs pour la personne
soignée et correspondant à ses besoins réels.
✔ Un suivi des actions infirmières et leur évaluation.
✔ Le bien-être maximal de la personne.
✔ Une reconnaissance du travail infirmier.
✔ Une planification du travail infirmier.
Les avantages d’une démarche des soins infirmiers sont :
- Cadre de travail
- Soins individualisés
- Réduction du risque d’erreurs ou d’omission (oubli)
- Participation active du patient
- Meilleure maitrise de la pratique et du savoir infirmier
- Langage commun au corps infirmier
- Unification des pratiques
- Amélioration dans la continuité des soins
V.1) Les étapes de DSI
Le procédé de résolution de problèmes de la démarche de soins utilise la pensée critique,
mais il possède sa propre structure. Différents auteurs tels que Fornerod (2005), Henderson
(1994), Huckabay (2009), Serpsy (2012) et Taldir (2011) définissent celle-ci. Bien que les
termes employés ne soient pas toujours les mêmes, tous en ont une vision similaire. La DSI
comprend :
1) Un recueil de données
2) L'analyse des données et la formulation de diagnostiques infirmiers
3) La planification des interventions de soins et leur mise en place
4) L'évaluation des résultats obtenus
a) Le recueil de données
Il dépend de la qualité de l’observation de l’infirmier car il apporte une
connaissance soignée de la personne, caractérisée par une collecte de signes objectifs
(données observées, décrites et vérifiées par d’autres personnes) et subjectifs (donnés par le
sujet).
Il se fait à l’accueil de la personne soignée, mais il est évolutif dans le temps, en fonction de
l’apparition de faits nouveaux.
Il s’agit d’une collecte d’informations qui aura pour but de cerner les problèmes et les
besoins fondamentaux du patient, son état d’indépendance ou de dépendance, et ce de façon
la plus précise et fiable possible.
Critères de qualité
Pour une démarche valide et sécuritaire, les critères de qualité suivants sont
essentiels à la collecte de données. En effet, celle-ci doit être rigoureuse, complète, précise
et ajustée à la situation.
NB : Des lacunes dans cette étape pourraient entraîner une analyse erronée de la situation.
Choisir le bon type d’évaluation permet au personnel infirmier de recueillir des données
utiles à la situation.
Les types de données possible sont :
Les sources de collecte des données sont :
● Entretien auprès du patient lui-même ou famille et entourage.
● Observation du comportement, écoute du discours.
● Confrontation d’avis avec les aidants, les autres professionnels.
● Examen clinique.
● Consultations d’autres sources : dossiers médicaux, sociaux, lettre d’admission etc.
● Recherche des antécédents (ATCD) médicaux et chirurgicaux.
● Constantes, poids, taille
b) L'analyse des données et la formulation de diagnostiques infirmiers
L’analyse des données
Étape qui consiste à interpréter les données recueillies afin de proposer des interventions.
Démarche intellectuelle qui implique le jugement clinique. Plus spécifiquement, implique de :
Valider les données recueillies ex. trouver les données manquantes, consulte au besoin
un professionnel ;
Regrouper les données pertinentes ;
Distinguer les données normales de celles anormales pour l’usager ;
Émettre des hypothèses (ex. : complications) ;
Déterminer les problèmes/besoins prioritaires (actuels ou potentiels) ;
L’analyse des données recueillies permet :
Critères de qualité : Une démarche d’analyse valide et sécuritaire repose sur les critères
suivants :
L’analyse des données permet de :
• D’approfondir les renseignements collectés
• De découvrir leur rapport entre eux afin de comprendre et de dégager les
difficultés éventuelles avec des notions de dépendance et d’indépendance,
mais également
• De poser des diagnostics infirmiers et les problèmes en collaboration.
• Distinguer l’anormalité de la normalité ;
• Détecter les complications ;
• Déceler les problèmes de santé ;
• Déterminer le degré de gravité ou d’urgence ;
• Établir priorité et conditions d’interventions ;
• Initier mesures diagnostiques et traitements selon ordonnance ;
• Déterminer les interventions, la surveillance requise ;
• Déterminer les données manquantes
Les problèmes, les difficultés du patient sont ainsi déterminées dans sa
globalité. Cette analyse aura pour but, entre autre de définir objectivement les
manifestations d’indépendance et de dépendance de la personne soignée.
Manifestation d’indépendance : Signes observables qui permettent d’identifier la
satisfaction d’un besoin fondamental en rapport avec l’âge et la sante établies.
Manifestation de dépendance : Signes observables mettant en évidence la non satisfaction
d’un besoin fondamental, à cause d’une incapacité temporaire ou définitive, ou d’un manque
d’aide.
Pour un même besoin fondamental il peut exister des manifestations d’indépendance et de
dépendance.
Le diagnostic infirmier
Définition
Le diagnostic est l'analyse attentive et critique d'une chose afin d'en déterminer la nature
(Bernard, 1984).
L’ANADI de finit le diagnostic infirmier comme « L’énoncé d'un jugement clinique
sur les réactions aux problèmes de santé présents et potentiels, aux processus de vie d'une
personne, d'une famille ou d'une collectivité. Il sert de base pour choisir les interventions de
soins visant l'atteinte de résultats dont l'infirmier est responsable »
En s'appuyant sur le model conceptuel de VIRGINIA HENDERSON, on peut définir
le diagnostic infirmier comme suit : « c'est un énoncé concis, actuel et probable des
manifestations de dépendance de la personne, regroupées ou non et reliées à une source de
difficulté »
Importance du diagnostic infirmier
Le « diagnostic infirmier » peut apporter une solution aux besoins des soins infirmiers
parce qu’il sert à (Carpenito, 1990) :
o Circoncire le champ d'application de l'infirmier
o Etablir le plan de soins infirmier
o Définir les soins infirmiers dans leur état actuel.
o Classifier le domaine des soins infirmiers
o Différencier les soins infirmiers de la médecine.
o Identifier les connaissances en soins infirmiers
Classification des diagnostics infirmiers
La classification est une organisation systématique, en groupe ou en catégorie à
partir de critères établis, c'est l'organisation de groupes des phénomènes selon leur lien.
Commencée en 1973, la classification des diagnostics infirmiers a permis d'obtenir une liste
alphabétique des diagnostics.
La taxinomie de l’ANADI (NANDA) est alors adoptée :
Selon les 14 besoins fondamentaux de Virginia HENDERSON (DSI)
(Henderson,2003),
Selon les 11 modes fonctionnels de santé de Marjory GORDON (Carpinito, 2009),
Selon Lynda JUALL CARPENNITO (DUBOYS,2001)
Les types de « diagnostics infirmiers »
Le diagnostic actuel : État confirmé cliniquement par la présence des
caractéristiques essentielles, c’est problème de santé est présent au moment où il
est formulé. Ce qui est confirmé par la présence de signes et de manifestations,
également appelées caractéristiques déterminantes ou essentielles.
On dit que c’est une formulation en PES (Problème, Etiologie, Signe) :
Titres …………. Lié à ………… se manifestant par ……………..causes ………… signes
……………….
Exemple : Problème ou titre : mobilité physique réduite.
Cause ou étiologie ou facteurs favorisants : liée à une altération de l’appareil locomoteur
consécutif à une fracture.
Manifestations, signes ou caractéristiques essentielles : se manifestant par une incapacité à
changer de position, à se déplacer, à marcher, par une restriction imposée des mouvements
ou une réticence à les effectuer.
Les diagnostics potentiels ou de risque : C’est un jugement clinique selon lequel
une personne, une famille ou une collectivité est plus susceptible qu’une autre de
présenter un problème donné, que d’autres personnes, familles ou collectivités, dans
la même situation. Le problème peut se produire (c’est un risque) (Diagnostic
infirmier,2009).
Il n’y a donc pas de signes ou symptômes. On utilise ce type de diagnostic lorsqu’il existe
des facteurs de risque ou favorisants nécessitant la mise en place d’actions préventives, afin
que le problème ne puisse pas apparaître.
Diagnostics potentiels : deux parties
Risque de…….. + Titre lié………. ou Titre………….. + Potentiel lié à…………
Exemple : risque d’infection liée à une immobilisation prolongée ou infection potentielle
liée à un séjour prolongé à l’hôpital.
Les diagnostics provisoires ou hypothèses de diagnostics : Diagnostics possibles
Lorsqu’il existe plusieurs possibilités de diagnostics infirmiers, lorsque le recueil de
données est insuffisant : l’infirmier émet plusieurs hypothèses de diagnostics et peuvent
utiliser la mention « possible » à côté du diagnostic provisoire. (ANADI ,2001)
Exemples : risque d’atteinte à l’intégrité de la peau possible, difficulté à la marche possible,
risque d’infection possible…
L’infirmier doit ensuite réexaminer les caractéristiques, les facteurs de risques, les signes et
les symptômes afin de formuler les diagnostics réels ou potentiels.
Recherche de mieux-être : État d’une personne ou d’un groupe qui se situe en
transition entre un niveau de bien-être, et un niveau de bien-être supérieur.
Différence entre le diagnostic infirmier et le diagnostic médicale
DIAGNOSTIC MEDICAL DIAGNOSTIC INFIRMIER
Décrit le processus de la maladie Orienté vers Orienté vers la réponse, la réaction de la
la pathologie personne à la maladie et sur les causes de cette
réaction qui l'empêchent d'être
indépendante et d'atteindre 1 état de santé
optimum
Guide l'acte médical, le traitement qui est Guide les actes infirmiers autonomes dans un
parfois délégué à l'infirmier(e) dans un objectif objectif de retour au maximum d'indépendance
de guérison de la maladie. chaque fois que cela est possible, et souhaité
par la personne avec délégation(collaboration)
possible à l'AS ou autre personne. Il varie en
même temps que change l’état du patient
Possède une classification universelle Ne possède pas de classification universelle
Type d’énoncé diagnostic
L’énoncé d’un « diagnostic infirmier » comporte :
- À minima la description de l’état de santé (catégorie diagnostique)
- À laquelle peut s’ajouter un facteur favorisant et/ou un facteur d’influence.
Les « diagnostics infirmiers » décrivent l'état de santé d'une personne ou d'un groupe et sont
habituellement formulés en une, deux ou trois parties. (Juall.2004).
Diagnostic en une partie: Typiquement, ce sont les « diagnostics infirmiers » de
recherche de mieux-être qui commencent par l’expression « Potentiel d’amélioration
» et sont suivis par le niveau de mieux-être que la personne désire atteindre.
(Exemple : Potentiel d’amélioration du rôle de parent). Ce sont aussi les « syndromes
», puisque ils incluent dans leur énoncé le facteur favorisant ou le facteur d’influence
qui est à l’origine du problème.
Diagnostics en deux parties : ce sont les « diagnostics infirmiers de risque élevé »
et les « diagnostics infirmiers possibles ». Ils s’énoncent par le diagnostic suivi de
« relié à » suivi du facteur de risque.
Exemple : Risque élevé d’atteinte à l’intégrité de la peau reliée à l’immobilité consécutive
à une fracture de la hanche
Concernant les « diagnostics infirmiers possibles », le recueil ultérieur des données doit
permettre à l’infirmier de valider son hypothèse, donc de formuler son diagnostic sous la
forme d’un problème actuel ou d’un risque élevé de problème. Ne pas hésiter à poser des
diagnostics de « Risque de…. ». Le risque est la probabilité de survenue d’un
événement.
Diagnostics en trois parties : Ce sont les « diagnostics actuels » qui s’énoncent de
la façon suivante : Catégorie diagnostique + Facteur(s) d’influence+
Caractéristique(s) déterminante(s) (ANADI ,2001)
Exemple : Anxiété liée à la nature imprévisible des crises d’asthme se manifestant par la
phrase « j’ai peur de ne plus être capable de respirer ».
c) La planification des interventions de soins et leur mise en place
La planification
Cette étape consiste à planifier les interventions ainsi que la surveillance clinique à
réaliser. L’infirmier va poser un ou des problèmes réels ou potentiels concernant la
personne soignée, et les classer en fonction de la nature des interventions qu’il mettra en
place. Les problèmes clairement définis, l’infirmier pourra alors poser des objectifs de
soins.
La prise de décision et la planification des soins est une réponse de l’infirmier pour aider la
personne soignée à : Satisfaire ses besoins et/ou Résoudre un problème.
Critères de qualité :
La planification se doit d’être méticuleuse et organisée. Une fois les constats formulés, le
personnel infirmier les classe par ordre d’importance, selon la gravité :
Le personnel infirmier établit et ajuste, en partenariat avec la personne et ses proches les
objectifs de soins (objectif général visé par un processus thérapeutique dont l’atteinte peut être
mesurée à l’aide des résultats escomptés) et les résultats escomptés (indicateur observable,
quantifiable et limité dans le temps permettant d’évaluer l’atteinte d’un objectif).
Objectifs de soins
Il est important de différencier ce qui relève de l’équipe soignante, à savoir le ou les buts
de soins à poursuivre, et ce qui relève de la personne soignée elle-même : les objectifs de
soins à atteindre.
La formulation de l’objectif nécessite l’utilisation de verbes d’action qui peuvent être en
lien avec :
- Des opérations intellectuelles (exemple : nommer des facteurs de risques,
identifier les signes d’alerte)
- Des opérations affectives et cognitives (verbaliser sa peur, énoncer ses
connaissances sures, faire part de son intérêt pour)
- Des opérations motrices (se lever, faire quelques pas dans le couloir).
L’objectif doit être :
Pertinent (utile et conforme au but à atteindre, cohérent et en lien avec le
problème à résoudre)
Souhaité par le patient (dans la mesure du possible, exemple : état comateux
d’un patient)
Logique (sans contradiction avec d’autres objectifs)
Mesurable (critères d’évaluation précis)
Précis (pour cela le choix du verbe a son importance)
Réaliste et réalisable (non utopique, s’assurer que la demande peut être faite à
la personne en tenant compte de ses connaissances et de ses habiletés)
Porteur d’une échéance (un délai pour qu’il soit mesurable, pas de délai pour
les objectifs permanents)
Évolutif
D’une manière plus générale, Pour élaborer un objectif, il est conseiller d’utiliser la
méthode SMART : c’est-à-dire :
o Spécifique : personnalisé, adapté au contexte.
o Mesurable : évaluable grâce à des critères définis.
o Acceptable : négocié avec le patient et/ou son entourage.
o Réaliste : prend en compte les capacités du patient.
o Temporel : s’inscrit dans une unité de temps.
Les objectifs de soins étant ainsi définir, il convient de déterminer les interventions à
faire en tenant compte les 3 dimensions : promotion et prévention, processus
thérapeutique, et réadaptation fonctionnelle et à la qualité de vie.
La mise en œuvre/réalisation
Cette étape consiste à mettre en œuvre les interventions et la surveillance
préalablement déterminées. Elle s’harmonise avec les diagnostics infirmiers et les objectifs
posés par l’infirmier. Dès que les objectifs de soins sont posés et déterminés, des actions de
soins sont mises en place soit sur prescription soit relevant de son rôle propre.
On peut séparer les différents types d’interventions cliniques en 3 grandes
catégories :
- Promotion et prévention ;
- Processus thérapeutique ;
- Réadaptation fonctionnelle et à la qualité de vie.
Le tableau précise les types d’interventions cliniques et des exemples qui pourraient être associés
à l’une ou l’autre des grandes catégories.
Dernière étape de la démarche consistant à vérifier l’efficacité des interventions
effectuées et à déterminer les résultats obtenus par rapport aux objectifs établis, suivi d’un
éventuel réajustement.
Le personnel infirmier devra faire preuve d’une pensée critique afin de :
Vérifier l’efficacité des interventions, de la surveillance et des suivis mis en
place
Déterminer l’amélioration, la stabilité ou la détérioration de l’état clinique ;
Le personnel infirmier recueille alors de nouvelles données qu’il compare à celles
obtenues initialement. Il valide la concordance entre les résultats escomptés et le
comportement ou la réaction observés et oriente ses soins en conséquence.
Processus d’évaluation des résultats (Inspiré du Potter (2022) :
Si les objectifs de soins escomptés sont partiellement atteints ou non atteints, le personnel
infirmier devra reprendre le processus de démarche clinique. Il peut alors se poser les
questions suivantes :
Le personnel infirmier réévalue les besoins tant que les objectifs ne sont pas atteints.
VI- MISE EN ŒUVRE DU ROLE PROPRE ET DU ROLE PRESCRIT DE
L’INFIRMIER
VI.1) Mise en œuvre du rôle propre de l’infirmier
Le rôle propre infirmier ne se rapporte pas à la résolution de problèmes consécutifs à
une prescription médicale ou à un diagnostic médical lies a une pathologie particulière,
mais cible les problèmes définis par l’équipe infirmière (elle seule) en fonction de l’état du
patient, des risques réels ou potentiels qu’il présente face au maintien de son état physique
et psychologique.
L’équipe infirmière est seule responsable de la résolution de ces problèmes d’entretien et de
continuité de la vie ; elle a de façon autonome, l’initiative des actions à mettre en place elle
en assure le suivi et l’évaluation.
VI.2) Mise en œuvre du rôle prescrit de l’infirmier
Le rôle prescrit cible la résolution des problèmes devant être traites en collaboration
avec l’équipe [Link] découle directement du diagnostic médical et des prescriptions
faites par le médecin, afin de traiter une pathologie particulière. La résolution de ces
problèmes met en œuvre des actions infirmières ne pouvant se faire que sur prescription
médicale ou découlant de celle-ci. Exemples :
- Surveillance des complications d’un traitement
- Mise en place et suivi des traitements prescrits
- Réfection des pansements stériles
- Surveillance du matériel de soins
- Injections médicamenteuses
- Perfusions etc….
VII- LES ELEMENTS DU TABLEAU DE PROJET DE SOINS
VII.1) 1ère colonne : le problème de santé
Rappel sur les problèmes de santé
L’infirmier identifie 2 « types » de problèmes de santé :
Le problème peut être réel. Il est perceptible : on peut l’identifier. C’est un état
confirmé par la présence de manifestations / caractéristiques notables (c’est-à-dire
de signes ou de symptômes
Le problème peut être potentiel. On ne le voit pas parce qu’il n’existe pas….
Encore. On suppose qu’il pourrait arriver si l’on ne mettait pas en place des actions
de prévention. Il n’y a donc aucun signe ni symptôme mais des facteurs de risque.
On nomme ces problèmes sous le terme de risque.
Les Pb de santé et les risques peuvent être de 2 ordres :
Problèmes en collaboration = problèmes liés directement à la pathologie, aux
complications pouvant survenir à cause de la pathologie ou à cause des thérapeutiques
mises en place. Il n’est pas le diagnostic médical.
Ce sont des problèmes que l'infirmière ne peut gérer seule, elle en réfère à la personne qui
détient une compétence spécifique sur le sujet, médecin en priorité, qui pourra lui déléguer sur
prescription un certain nombre d'actes de soin à effectuer. On parlera d’actions relevant du rôle
prescrit
Diagnostics infirmiers = problèmes liés "aux réactions humaines face à la maladie"
(3ème domaine du tri focal), c’est à dire aux conséquences physiques, psycho
comportementales, affectives de cette maladie sur sa vie et son projet de vie. L’IDE a
les compétences pour gérer ces problèmes par des actions relevant du rôle propre.
VII.2) 2ème colonne : Les objectifs de soins
Le ou les objectifs spécifiques sont posés au regard des problèmes de santé de la
personne soignée. Ils sont centrés sur un problème à la fois et en visent la résolution. Ils doivent être
précis, mesurables et personnalisés dans un délai donné.
Quatre composantes dans la formulation d’un objectif :
Précision.
Mesure par indicateurs.
Adaptation à la personne soignée.
Délai dans le temps.
VII.3) 3ème colonne : Actions ou interventions infirmière
Les actions sont mises en œuvre par l’équipe pluridisciplinaire en regard d’un
problème et de l’objectif posé.
Les actions ou actes de soins infirmiers : toutes interventions reconnues légalement qu’un ou
qu’une infirmière accomplit dans l’exercice de sa fonction
Le choix des interventions s’appuie sur les connaissances professionnelles, l’équipe
pluridisciplinaire et le domaine de compétences de chacun, et la capacité de la personne à
participer ou non aux actions
VII.4) 4ème colonne : l’évaluation
L’évaluation consiste à vérifier l’efficacité des actions entreprises. Elle permet le
réajustement des objectifs spécifiques et la modification des actions jusqu’à l’alerte auprès du
médecin, si nécessaire.
VIII) ETUDE DE CAS (TPE)