Première Partie Mémoire
Première Partie Mémoire
Nous tenons à remercier sincèrement et du fond du cœur tous ceux qui, de près ou de loin, d'une
manière ou d'une autre, nous ont apporté une quelconque aide dans la réalisation de ce mémoire.
C’est donc à ce titre que nous voudrions très humblement adresser nos sincères remerciements
à notre directrice de mémoire, la professeure
ESSIOMLE-ABLO Yawa Ossi, Maître de Conférences en Psychologie de l’éducation et du
développement au département des sciences de l’éducation de l’Ecole Normale Supérieure
d’Abidjan (ENS), pour son inestimable appui scientifique, sa patience et sa disponibilité malgré
ses nombreuses occupations. L’enthousiasme avec lequel elle nous a toujours reçu, ses critiques
constructives ont permis d’enrichir nos travaux.
Nous remercions également le Directeur Général de l’Ecole Normale Supérieure
d'Abidjan, le Professeur KAMAGATE Bamory ainsi que l'ensemble du corps administratif et
surtout du corps professoral pour la qualité de la formation reçue et la rigueur dans le travail à
nous transmise.
Aussi, nos remerciements vont à l’endroit de Monsieur DOULAYE Silué, Proviseur du Lycée
Moderne Bocanda et à tous ses collaborateurs qui ont facilité notre stage professionnel et nous
ont apporté des observations pertinentes pour la rédaction de notre mémoire de fin de stage.
Enfin, nous remercions notre maître de stage, Monsieur Yao N’dri Augustin, Inspecteur
Principal d’Orientation. Son apport indéfectible par ses remarques constructives, son soutien
actif, sa disponibilité et son expérience dans ce métier a énormément contribué à la rédaction
de ce mémoire.
Enfin nous voudrions remercier tous les membres de notre famille, les amis et
connaissances qui, de loin ou de près, nous ont apporté leur soutien. Que chacun trouve ici
l’expression de notre gratitude et de notre infinie et sincère reconnaissance.
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES OU LISTE DES SIGLES ET
ABREVIATIONS
Dans son discours prononcé le 06 septembre 2007 à Mexico, Nelson Mandela a affirmé
que : « (…) l’éducation est une arme puissante pour faire évoluer les mentalités et transcender
les différences. Ainsi donc l’éducation apparait comme le moyen excellent pour former,
informer et instruire les populations à pouvoir s’intégrer dans la société en ayant les aptitudes
requises. »
Dans nos sociétés construites sur la valeur du mérite, l’instruction scolaire est capitale.
Les diverses politiques publiques mises en place par les pays témoignent de l’importance
accordée à l’éducation et à l’égalité de chance. L’école joue alors un rôle d’ascenseur social en
devant offrir les mêmes égalités des chances à chacun et accomplit ainsi un de ses objectifs.
C’est dans cette optique qu’à l’instar de plusieurs pays, la Cote d’Ivoire a fait de l’école
le socle de la valorisation des ressources humaines. L’état ivoirien , ayant pris la pleine mesure
de l’importance de cette institution qu’est l’école, mobilise d’énormes ressources chaque année
pour assurer le fonctionnement de celle-ci, à savoir : l’augmentation du budget alloué au
ministère de tutelle, la construction de plusieurs établissements et de salles de classe, le
recrutement et la formation de plusieurs enseignants et personnels d’encadrement, ainsi que la
distribution gratuite des manuels scolaires aux élèves de l’enseignement primaire. Le système
éducatif ivoirien a toujours fait l’objet d’une attention particulière dans les programmes de
développement économique vu qu’environ 60% du budget national est alloué au ministère de
l’éducation nationale et de l’alphabétisation.
Malgré tous les efforts consentis par les gouvernants et partenaires de l’école, force est
de reconnaitre que le taux de réussite des élèves aux différents examens scolaires est en deçà
des attentes de l’état et de la communauté éducative. Au-delà du faible rendement constaté chez
les élèves, nous assistons de plus en plus à plusieurs maux qui minent le milieu éducatif à savoir
le décrochage ou le raccrochage scolaire, les grossesses précoces ainsi que les écarts de
comportements des apprenants vis-à-vis de leurs enseignants et encadreurs.
Intriguant que cela puisse paraître, tenter de comprendre les raisons de cette disparité de
réussite est déjà une première démarche nécessaire avant de chercher des moyens de
remédiations. Au demeurant, plusieurs chercheurs comme professionnel du terrain contribuent
à la compréhension des déterminants de la réussite scolaire afin d’être en capacité d’expliquer
les causes du phénomène. Et de nos jours, il est reconnu qu’indéniablement les causes du
phénomène sont multiples. Généralement, ces inégalités de réussite scolaire découlent des
inégalités sociales, économiques, ou celles liées à l’établissement scolaire. Cela a donné lieu à
une très large littérature sur les déterminants de la réussite scolaire à travers le monde. Ces
travaux ont essayé de comprendre comment l’offre éducative influence les performances
scolaires des élèves. Ainsi, cette quantité d’études a mis en évidence plusieurs théories et
déterminants de la réussite (ou l’échec) scolaire.
Au vu de ce qui précède l’on est amené à se poser des questions auxquelles des réponses
pertinentes doivent être trouvées. L’école est-elle l’unique responsable de la réussite ou de
l’échec scolaire des élèves ? L’encadrement familial n’est-il pas aussi un moyen de contrer
l’échec scolaire ? Les conditions de vie des apprenants ne sont-elles pas en rapport avec leur
performance ?
Pour répondre à ces interrogations il est plus que nécessaire d’élargir la discussion et la
réflexion en faisant intervenir en plus du milieu éducatif, une dimension psychologique
sociologique et pédagogique. La réussite scolaire des élèves ne dépend donc pas seulement de
l’école mais aussi des conditions de vie des élèves. C’est dans un souci de mieux comprendre
cette réalité qui met au cœur du débat les facteurs déterminants de la réussite scolaire des élèves
que notre choix s’est porté sur le sujet d’étude suivant :« conditions de vie et performance
scolaire des élèves sans tuteur de la classe de quatrième du lycée moderne de Bocanda ».
Notre démarche dans le cadre de cette étude s'articule autour de trois grandes parties. Le
premier est réservé au cadre théorique. Il présente la justification du choix du sujet, la revue de
littérature, le cadre conceptuel, la problématique, la question de recherche, les objectifs et
hypothèses. Quant au second chapitre, il décrit la méthodologie, qui est composée de la
description du lieu de l’étude, la population, l’échantillon, les instruments et procédures de
collecte des données, les méthodes et techniques d’analyse des données. Enfin, le troisième
consacré aux résultats, va nous permettre d’analyser et interpréter les résultats de cette
recherche puis procéder à la discussion et aux suggestions.
PREMIERE PARTIE : CADRE THEORIQUE
I. JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET
La justification du sujet consiste à donner les raisons qui ont motivé le choix de notre
sujet.
En effet, en tant que spécialiste de l’orientation scolaire et professionnelle, il nous apparait
nécessaire de mener des réflexions en quête de solutions sur le sujet « conditions de vie et
performance scolaire des élèves sans tuteur de la classe de quatrième du lycée moderne de
Bocanda ». Ce choix a été motivé par trois facteurs que sont : la motivation personnelle, la
pertinence sociale et la pertinence scientifique.
1. Motivation personnelle
Le sujet que nous avons choisi est en rapport avec notre vécu personnel en tant
qu’enseignant de physique-chimie au Lycée Moderne de Kouassi-Kouassikro dans la DRENA
de Dimbokro de 2012 à 2021 puis au Lycée Moderne de Bocanda au cours de l’année scolaire
2021-2022. Durant ces années, il nous a été possible de constater que plus de 80% des élèves
du lycée vivaient sans des tuteurs et dans des conditions de vie très précaires ce qui les
exposaient à plusieurs problèmes que sont la promiscuité dans les logements, le manque de
nourriture et de soins de santé, l’absence d’autorité parentale, les relations sexuelles précoces,
les grossesses des jeunes filles élèves, l’indiscipline à l’école, la drogue, la violence et surtout
l’absentéisme aux cours.
Ainsi, nous avons décidé de mener cette étude afin d’attirer l’attention des parents
d’élèves d’une part, et d’autre part impliquer les gouvernements à s’investir pour mettre en
place les conditions qui aideront à la réussite scolaire de cette grande majorité d’élèves des
zones urbaines du centre du pays.
2. Pertinence sociale
Au regard des multiples problèmes auxquels font face les élèves sans tuteur, l’on peut
affirmer sans le moindre doute que les conditions de vie de ceux-ci représentent un réel
problème de société. Nous à toute fin utile que la famille est importante comme milieu
d'apprentissage au cours de la vie de l'enfant. Son empreinte influence si profondément la suite
de son développement. Vu le grand nombre d’élèves et familles d’élèves impacté par ce sujet,
il est d’une importance capitale qu’une réflexion plus profonde soit menée au sein de notre
société.
C’est dans un souci d’apporter notre modeste contribution à la mise en lumière de la
multiplicité des aspects qui interviennent dans la performance scolaire d’un élève que nous
avons choisi de nous investir dans ce sujet de recherche.
Aussi nous espérons que ce sujet puisse requérir l’attention de toutes les entités éducatives et
de la société en général. Il peut contribuer à informer, orienter la société éducative par rapport
aux actions que les familles développent pour accompagner l’éducation de leurs enfants.
Enfin nous visons également un changement de comportement des élèves et de leurs
parents puis amener les autorités administratives et politiques de l’école à envisager des
solutions durables pour résoudre les problèmes liés à ce phénomène.
3. Pertinence scientifique
Dans le but de rendre notre étude très contributive au développement de la société, il est
nécessaire de mener une réflexion scientifique à l’aide des écrits antérieurs.
Notons d’entrée de jeu que la famille est le premier maillon de socialisation de l’enfant
et l'école le lieu d’apprentissage et d’acquisition de nouvelles connaissances indispensables à
son insertion socio-professionnelle. C’est pour cette raison que de nombreuses études publiées
jusqu'à maintenant aussi bien en sociologie qu’en psychologie font état de la corrélation
existante entre famille et devenir scolaire de l’élève. C’est le cas de l’étude sur le lien
famille/école de (Deslandes & Bertrand, 2001 ; Henderson & Mapp, 2002). Pour ces auteurs la
collaboration famille-école résulte en autre à niveau plus élevé de participation de la part des
parents. La participation parentale au suivi scolaire correspond à une pratique parentale qui vise
la réussite éducative, cette dernière représentant un objectif de socialisation. On comprend par-
là l’importance du rôle de la famille dans le rendement scolaire de l’élève.
Cependant, les élèves sans tuteur quant à eux ne bénéficient pas d’une implication
parentale au quotidien dans leur suivi scolaire. Ceci rend la collaboration entre l’école et leurs
parents plus délicate et complexe. Plusieurs études ont montré des liens entre le milieu social
d’appartenance, certaines pratiques éducatives familiales et la réussite scolaire des enfants.
Certains auteurs estiment qu’il est important de favoriser l’acquisition d’un lexique minimum
avant l’entrée à l’école primaire (Fayol & Morais, 2004). Quant à Héran (1994), c’est la
dimension financière de la structure familiale dans laquelle vit l’enfant qui influence son
parcours scolaire. Ainsi le manque à gagner de la famille joue négativement sur le devenir
scolaire de l’enfant.
Toutefois, ces écrits présentent des limites car ne s’adaptant pas à toutes les familles selon
les pays, les régions. Chaque famille a ses réalités et celles-ci divergent en fonction de leurs
cultures, coutumes et bien d’autres facteurs. Ainsi, dans le Lycée moderne de Bocanda, nous
mènerons une étude sur les élèves de la classe de quatrième et leurs familles respectives.
1. Revue de littérature
Dans cette partie de notre étude, il s’agit pour nous de faire est une évaluation critique
des développements de la recherche en lien avec notre sujet d’étude.
Cette rubrique s’articulera autour de trois points qui sont en premier les écrits liés aux
conditions de vie des apprenants, ensuite ceux spécifiques aux élèves sans tuteur, enfin les écrits
abordant les thèmes en rapport avec la performance scolaire.
Les conditions de vie des apprenants étant très variées et complexes à cause des divers
aspects qu’elles prennent en compte, ceci a conduit plusieurs écrivains et chercheurs à apporter
leur réflexion sur ce sujet.
Pour le Dr AGOUSSOU en Science de l’Education de l’université de Man (République
de Côte d’Ivoire), dans sa thèse publiée le 31 mai 2020 sur le thème « Influence du mode
d’hébergement et des conditions de vie des élèves sans tuteur sur le rendement scolaire, cas du
premier cycle du Lycée Moderne de Danané », il ressort de cette étude que la satisfaction de
vie autoévaluée des enfants est liée à leur sentiment de compétence à l’école ; plus précisément,
les performances scolaires perçues ont une part exploratrice dans leur niveau de satisfaction
auto-déclarée.
Pour lui, la prise en compte des besoins par leur satisfaction entraine des stimuli chez les
enfants, les amenant ainsi à extérioriser leurs performances, leur dévouement et le goût de
l’effort dans le travail.
Joseph Emmanuel Mata pour sa part, affirme dans son article publié en automne 2002 et
intitulé « Conditions et niveaux de vie : panorama des mesures » qu’on ne peut parler de
conditions de vie sans y adjoindre le niveau de vie. C’est d’ailleurs pour cela qu’il qualifie ces
deux notions comme les deux faces d’une même médaille.
Dans cet article il présente un panorama d’indicateurs de mesure des conditions et niveaux
de vie. Cela semble impératif, du fait qu’au cours des dernières décennies, les problèmes de
conditions de vie revêtent une importance particulière. La constitution de grands groupes
économiques à l’instar de l’Union Européenne a entre autres objectifs et, à terme le plus
important, le rapprochement des conditions et niveaux de vie des populations.
De plus, il fait remarquer qu’une autre manière de mesurer le niveau de vie est celle
illustrée par la prise en compte simultanée aussi bien du revenu que de la composition de la
famille. Le niveau de vie y est défini comme étant le rapport entre la dépense totale et le nombre
d’unités de consommation.
(…)
De nombreux écrits scientifiques se sont vus accorder une grande part sur la notion de
performance scolaire.
Nous citons dans un premier temps la thèse de doctorat en Sciences de l'éducation
présentée et soutenue à Dijon, le 19/05/2022 par Dr ALI ELMI Mohamed portant sur « Les
déterminants socio-écologiques et personnels de la performance et de la motivation scolaires ».
Dans ce travail ALI ELMI Mohamed s’est donné pour objectif d’étudier les déterminants
environnementaux et personnels des comportements scolaires des lycéens relatifs à la
performance et la motivation scolaire. En s’appuyant sur les échelles de mesure L.E.I (Walberg,
1969) et EMMAS, ainsi qu'une collecte de données réalisée auprès de 405 élèves inscrits en
2nd, 1ère et Tle, cette recherche propose, dans un premier temps, d'étudier les effets des
caractéristiques contextuelles et organisationnelles et du climat social de la classe sur la
performance et la motivation scolaires. Elle s'intéresse, dans un deuxième temps, à l'analyse des
effets des caractéristiques personnelles et de la perception individuelle du climat de la classe
sur la réussite et la motivation pour les apprentissages.
Nous citons aussi Amadou BAMBA et Kalifa DEMBELE (2021) qui dans leur travail de
recherche sur « Suivi parental et performance scolaire dans l’enseignement fondamental au
Mali », ont montré l’effet des variables de suivi des parents sur la performance scolaire des
élèves dans l’enseignement fondamental au Mali. Afin de bien mener leur recherche, ils ont
interrogé 383 parents en Commune VI du district de Bamako sur le suivi et les résultats scolaires
de leurs enfants dans les deux fins de cycle de l’enseignement fondamental (premier cycle et
second cycle). A l’aide de statistiques descriptives et d’un test de fonction de production
éducative, les principaux résultats montrent que le contrôle fréquent des cahiers des élèves par
les parents, l’encadrement de l’enfant par les parents eux-mêmes et le suivi de l’enfant avec
l’administration scolaire augmentent la performance scolaire des élèves du fondamental
premier et second cycle.
2. Cadre de référence
2.1. Cadre conceptuel
Selon Durkheim (1894), la démarche du sociologue doit être de définir les choses dont il
traitre afin que l’on sache bien de quoi il est question.
Il s’agit pour nous, de définir dans le présent travail les différents concepts de cette recherche
pour une meilleure compréhension.
Que faut-il entendre par : « conditions de vie et performance scolaire des élèves sans tuteur » ?
❖ Conditions de vie
Il n'est pas facile de définir les conditions de vie en raison de la multitude d'indicateurs et
des champs d'études concernés.
A la lecture de l’article de Joseph Emmanuel Mata intitulé « Conditions et niveaux de vie
: panorama des mesures », nous pouvons noter que la notion de condition de vie se trouve en
effet à l'intersection de l'économie, de la politique, de la sociologie et de la psychologie sociale.
Ainsi, au sens « large », il définit les conditions de vie comme étant l'ensemble des
éléments d'environnement, des biens, des services ou des comportements qui permettent aux
ménages de vivre et d'exprimer extérieurement ou intérieurement leur « ego». Cette notion
s’entend de l’organisation politique à la possession d’un bien matériel donné en passant par de
multiples formes de transmission de la connaissance, de formes de divertissements ou de
moyens de guérison. Finalement, les conditions de vie regroupent l’ensemble des moyens
matériels et immatériels propres à une société et qui lui permettent d’exister et de se reproduire.
Au sens « restreint » des conditions de vie, il nous invite à raisonner que l’on devrait se
consacrer à l’analyse des conditions économiques des populations, c’est à dire de la possession
par elles d’un certain nombre de biens, de services ou de connaissances. Cela éviterait de traiter
des aspects politiques ou sociologiques, bien qu’à certains moments, certaines variables
conduisent aux portes même de la sociologie ou de la politique qu’on éviterait de franchir.
❖ Elève sans tuteur
Dans une acceptation juridique, le tuteur est celui qui reçoit par une procédure judiciaire,
la charge d’assurer l’éducation d’un enfant mineur. Mais dans le cadre scolaire, le tuteur est
celui qui abrite sous son toit, un élève qui n’est ni son fils ni sa fille. L’élève sans tuteur est
donc, celui qui ne vit pas sous le toit et la responsabilité d’une personne physique adulte. Ainsi
définie, la notion pourrait s’appliquer à deux catégories d’élèves seulement (les élèves qui
vivent dans un foyer et les élèves qui vivent dans un studio (par euphémisme). Les conditions
d’hébergement de ces deux catégories d’élèves, constituent des modalités d’une des variables
essentielles de l’étude.
❖ Performance scolaire
La performance scolaire peut se définir comme le degré de réussite scolaire, jour après
jour, fondée sur une progression de l'élève dans les trois dimensions qui s'apprennent à l'école
à savoir les matières enseignées, les attitudes et comportements constructifs et la
compréhension du monde.
Dans le cadre d’un débat sur la performance scolaire en rapport avec les épreuves
physiques et sportives (EPS), l’on peut lire sur [Link] que la performance scolaire se
définit comme une prestation ou une réalisation motrice (définition proche de celle des
programmes lycée) articulant logique sportive et logique didactique.
La logique didactique quant à elle porte sur les intentions pédagogiques de l’enseignant
en termes de transformations souhaitées ou de contenus que les élèves doivent s’approprier. Sur
une durée d’apprentissage fixée et compte tenu des possibilités des élèves, quel est le produit
attendu ?
2.1.2. Concepts implicites
❖ Niveau de vie
Conditions et niveaux de vie sont les deux faces d'une même médaille. Les premières
constituent l'ensemble des éléments qu'ont les ménages ou les nations pour leur existence, alors
que les secondes établissent une classification dans le temps ou entre les différents groupes.
Les définitions présentées jusqu’ici sont ainsi, soient trop restrictives (Brousse 1949 : 66),
soit trop générales. Sans vouloir augmenter ce flou, nous dirons simplement que le niveau de
vie est une notion quantitative et qualitative. C’est d’une part un montant de revenu, c’est-à-
dire quelque chose de quantifiable et d’autre part, c’est aussi la manière dont ce revenu est
dépensé, consommé en un ensemble de biens et services, dont on peut mesurer l’importance et
la place relative par rapport aux autres postes.
❖ La réussite scolaire
La réussite au sens général du terme est une notion complexe tant elle englobe plusieurs
éléments. De ce fait, on est conduit à constater qu’elle se conçoit et se définit au pluriel, car les
considérations sous-jacentes sont d’ordre multiple. Ne parle-t-on pas de « réussite sociale », «
réussite professionnelle », « réussite affective », « de réussite dans la vie », etc. de façon à le
contextualiser et donc à l’accourcir à chacun de ses usages ?
Revenant à la réussite scolaire, elle peut se définir comme l’achèvement avec succès d’un
parcours scolaire ayant comme indicateurs les résultats et l’obtention d’une reconnaissance des
acquis, tel qu’un diplôme. Il en découle donc une idée de rendement et de performance.
Baby (2002) souligne les nuances qui font de la réussite scolaire une notion ambiguë. Il
mentionne que la définition que peut prendre le concept de réussite scolaire varie selon
l’objectif des acteurs impliqués dans le système scolaire, comme les enseignants qui se situent
à l’intérieur du cheminement scolaire, ou comme le ministère de l’éducation qui se situe à son
terme.
Pour Bouchard et St Amant (1996), la réussite scolaire doit viser l’intégration sociale de
l’apprenant. Elle est donc constituée de plusieurs éléments, comme l’acquisition des savoirs,
d’attitudes et de comportements qui permettront à l’individu d’intégrer la sphère sociale.
Dans le cadre de notre étude nous attribuerons au concept réussite scolaire son acception
courante de performance perçue dans le sens de la qualité du travail fourni par l’apprenant et
mesurable par le rang c’est-à-dire le classement effectué en fonction de la moyenne obtenue par
ce dernier.
❖ La motivation scolaire
Être motivé, c'est avoir l'envie de faire quelque chose. Dans le contexte scolaire, la
motivation scolaire est l'ensemble des déterminants internes et externes qui poussent l'élève à
s'engager activement dans le processus d'apprentissage, à adopter des attitudes et des
comportements susceptibles de conduire à la réalisation des objectifs d'apprentissage qu'il
poursuit et à persévérer devant les difficultés.
Ainsi, pour Tardif, c’est l’engagement, la participation et la persistance de l’élève dans
une tâche. La motivation scolaire influence non seulement le choix des activités par l’élève,
mais également l’intensité et la persistance avec lesquelles il les réalise. Elle se trouve donc
toutes les étapes de la réalisation d’une tâche.
Plusieurs théories ont tenté d’expliquer les inégalités de réussite entre les élèves ayant reçu le
même enseignement. Parmi celles-ci nous en retiendrons quatre dans le cadre de notre étude :
la théorie de la motivation et des besoins de Maslow, la théorie de l'origine sociale des élèves,
la théorie de « l'effet-établissement », la théorie de « l’effet-maître ».
La théorie de l'origine sociale explique la performance scolaire des élèves par l'ensemble
des bagages culturels qu'ils ont accumulés au cours de leur évolution dans leurs groupes sociaux
de référence et qui ont un impact sur leurs résultats scolaires. Cette théorie est l'œuvre de
sociologues dont les français Bourdieu et Passeron (1970) qui ont cherché à expliquer le mode
de fonctionnement de l'école dans le contexte du capitalisme. Ces auteurs ont montré que l'école
a été utilisée comme un instrument de reproduction de l'ordre social établi. Cette théorie de
l'origine sociale des élèves explique que le mécanisme de sélection, les méthodes
d'apprentissage appliquées dans les écoles ont été mises en place justement pour favoriser les
élèves issus des milieux aisés. Par conséquent, la performance scolaire est un résultat planifié
en fonction du choix du mode de fonctionnement de la société. Une catégorie est destinée à
devenir des chefs d'entreprises, une autre des manœuvriers, artisans, ouvriers agricoles, etc.
(Bourdieu et Passeron, 1970 ; Baudelot et Establet, 1971 ; 1979). Le système pédagogique
profite plus aux élèves issus des familles économiquement plus aisées grâce à leur dotation
culturelle initialement plus importante que ceux issus des familles défavorisées. Bourdieu et
Passeron (1970) expliquent que l'orientation est faite dès l'école primaire. Cette théorie a été
longtemps considérée comme incontestable.
Au regard de cette théorie, les élèves sans tuteur qui sont issus pour la grande majorité de
groupes sociaux défavorisés et ne bénéficiant pas d’un bagage culturel élevé sont prédisposés
à une reproduction sociale identique à celle de leurs parents.
Du point de vue théorique, les performances des élèves varient d'un enseignant à l'autre
ou d'un groupe d'enseignants à l'autre. Ces différences de performance semblent s'expliquer par
la différence des niveaux de la qualification de l'enseignant, la méthode pédagogique appliquée
et ses expériences. La qualification de l'enseignant réfère à sa formation académique tant au
niveau disciplinaire qu'au niveau pédagogique.
En effet, Bressoux (2006) fait une classification des enseignants en deux catégories. Les
enseignants efficaces et peu efficaces. Selon l'auteur, les enseignants peu efficaces, négligent
les élèves faibles et ces derniers sont souvent l'objet de critique. Au lieu d'aider les élèves en
difficulté d'apprentissage, les enseignants peu efficaces préfèrent diminuer le contenu du
programme et s'en tenir uniquement aux éléments simples. Ils n'incitent pas ces catégories
d'élèves aux exercices de réflexion. Bressoux (2006) a fait remarquer que le jugement des
maîtres joue aussi un grand rôle dans la performance scolaire, surtout chez les filles. Lorsqu'un
enseignant développe des stéréotypes sexués à l'endroit des élèves, la progression de ces
derniers peut être affectée très fortement.
En revanche, les chercheurs s'aperçoivent que les enseignants les plus efficaces sont ceux
qui ont reçu une formation adéquate et qui ont une certaine expérience. Ils sont munis de
matériels didactiques. Ils préparent leurs cours et planifient les apprentissages en fonction du
temps qui leur a été imparti. Ils organisent des travaux individuels, des discussions en classe,
des travaux de groupe, des séances de questions/réponses, fournissent des explications, et
accordent un encadrement spécial aux élèves présentant des difficultés d'apprentissage
(Rajohnson, 2006 ; Duru-Bellat, 2003, Robin, 2009). Les enseignants efficaces donnent
régulièrement des devoirs de maison aux élèves et qu'ils corrigent en classe. Ils voient toujours
les contenus des programmes pédagogiques prévus. Ils organisent de petites évaluations
formatives de manière périodique afin de pouvoir ajuster les apprentissages. Les enseignants
efficaces ne croient pas que les garçons sont plus doués pour les disciplines scientifiques et
techniques ni les filles pour les matières littéraires. S'il est révélé que dans de nombreux
systèmes éducatifs, les garçons excellent mieux en mathématiques que les filles, c'est souvent
parce que les maîtres exposent davantage les garçons aux notions exigeant des réponses
conceptuelles plutôt que des restitutions de savoirs souvent exigées des filles. Les garçons sont
plus souvent félicités pour leurs performances et réprimandés pour leur comportement, alors
que les filles sont le plus souvent félicitées pour la qualité de la présentation de leurs écrits ou
leur comportement. Cette différenciation pédagogique crée la confiance chez les garçons et
réduit celle des filles qui acceptent au départ qu'elles ne sont pas douées pour les activités
hautement intellectuelles ou qu'elles ne peuvent pas réussir au même titre que les garçons
(Bressoux, 2006 ; Robin, 2009).
En outre, il a été démontré que les maîtres performants sont ceux qui valorisent leurs
élèves par la parole, des sourires et des regards. Ils sont patients avec les élèves qui ne
comprennent pas et ils ne les qualifient pas de « mauvais ». Les enseignants efficaces ont une
meilleure pratique pédagogique et un niveau d'attentes plus élevé vis-à-vis des élèves, ce qui
influe positivement sur les résultats (Lautier, 2008).
Dans la majorité des villes de l’intérieur, ce sont les élèves des hameaux, campements
et villages qui sont affectés dans les villes ou les sous-préfectures principalement dans les
collèges et lycées.
De ce fait, les parents sont obligés de chercher des tuteurs et/ou louent des maisons pour
permettre à leurs enfants de continuer l’école.
Une fois en ville, ces enfants sans autorité parentale sont livrés à eux-mêmes car ils sont
confrontés à la triste réalité des villes. Quelquefois, les parents, face aux multiples crises
politiques et agricoles (mévente des matières premières) n’arrivent pas à faire face aux
difficultés de leurs enfants à savoir avoir une ration alimentaire complète et équilibrée,
bénéficier de soins de santé appropriés, trouver un logement décent (eau et électricité), trouver
des répétiteurs pour les aider à mieux cerner les contenus des cours. Comment les nouveaux
apprenants peuvent-ils dans ces conditions réussir leurs études ? Est-ce que leurs besoins vitaux
(physiques et physiologiques) sont-ils satisfaits ? Quel est leur état mental ?
Les questions de recherche dans un mémoire donnent des indications sur ce que
nous allons résoudre au cours de nos recherches et permettent de structurer notre travail.
On trouve généralement une question principale de recherche ou problématique (qui est
la question fondamentale), ainsi que des sous-questions (qui vous aident à répondre à la
question principale).
3.2.1. Question principale
Existe-t-il une relation entre les conditions de vie et la performance scolaire des élèves ?
Question subsidiaire 1
Quels éléments constituent-ils les conditions de vie des élèves sans tuteur ?
Question subsidiaire 2
Les élèves vivant dans de bonnes conditions sont-ils meilleurs que ceux vivant dans les
conditions de vie difficile ?
Question subsidiaire 3
L’hypothèse est une idée préconçue que l’on émet sans apparemment l’avoir vérifié.
Elle permet de te situer sur ton analyse afin de mieux la cerner.
❖ Hypothèse principale
Les conditions de vie des élèves sans tuteur ont-ils des conséquences négatives sur leurs
performances scolaires ?
❖ Hypothèses spécifiques
Nous avons trois (3) hypothèses secondaires :
- Les élèves sans tuteur ne sont pas plus performants que ceux vivants avec leurs parents ou
chez des tuteurs.
- Les élèves dont les besoins de vie sont satisfaits ont-ils un meilleur rendement que ceux qui
sont insatisfaits ?
- Les conditions de vie des élèves influencent négativement leur rendement scolaire.
5. Cadre opératoire
Dans cette partie, nous utiliserons un certain nombre de variables que nous mettrons en
relation. Il importe maintenant de définir de façon opératoire ces variables et de déterminer les
indicateurs que nous allons utiliser pour les mesurer.
5.1. La variable indépendante et ses indicateurs
Selon Rossi et Al (1999), la variable indépendante est une caractéristique du sujet, de son
environnement physique ou social, de la tâche des stimuli présenté, qui est manipulé par le
chercheur dans le but de contrôler ou analyser son ou ses effets sur le comportement étudié.
Pour notre étude, la présentation des conditions de vie des élèves sans tuteurs est notre
variable indépendante. Elle permet de savoir réellement comment vivent ces élèves. La
satisfaction des besoins primaires (vitaux) a-t-elle une influence sur les performances des
enfants à l’école ?
- Logement
- Nourriture
-Soins de santé
-Distance de l’école
-Argent de poche
-L’habillement
- suivi parental du rendement scolaire
La variable dépendante est celle qui est fonction d’autres variables. Dans le cas de notre
étude, le rendement scolaire constitue la variable dépendante puisqu’elle permet de savoir si
l’enfant vivant dans les conditions de vie difficiles n’est-il pas influencé par la non satisfaction
des besoins vitaux. Les indicateurs sont :
-Bon résultat scolaire (Bonne moyenne > = 12)