Applications Linéaires en Mathématiques
Applications Linéaires en Mathématiques
François DE M ARÇAY
Département de Mathématiques d’Orsay
Université Paris-Sud, France
1. Introduction
2. Homomorphismes linéaires entre espaces vectoriels
Les concepts et définitions de ce chapitre sont valables sur n’importe quel corps com-
mutatif K, mais nous travaillerons le plus souvent avec le corps K = R des nombres réels.
Définition 2.1. Soient E et F deux R-espaces vectoriels. Une application f : E −→ F est
dite linéaire si les deux conditions suivantes sont satisfaites :
∀ ~x ∈ E ∀ ~y ∈ E f ~x + ~y = f (~x) + f (~y ),
∀ ~x ∈ E ∀ a ∈ R f a ~x = a f (~x).
La première condition exprime que f est un homomorphisme de E dans F pour l’ad-
dition. C’est pourquoi, au lieu d’application linéaire, on parle parfois d’homomorphisme
linéaire entre espaces vectoriels.
Terminologie 2.2. Dans le cas où l’espace-arrivée F = E coïncide avec l’espace-source,
on dit que f est un endomorphisme linéaire de E.
Exemples 2.3. (1) La notion d’application linéaire dans le plan euclidien V = R2 ou
dans l’espace euclidien V = R3 est connue dans les cours de géométrie de l’enseignement
secondaire, puisqu’on y parle de projections, sur une droite, ou sur un plan. Si f est un
projecteur quelconque, alors la relation :
f ~x + ~y = f (~x) + f (~y )
est nommée théorème des projections.
La relation :
f a ~x = a f (~x) (∀ a ∈ R),
On a évidemment :
h ~x + ~y = a ~x + ~y = a ~x + a ~y = h(~x) + h(~y ),
et aussi, puisque R est commutatif :
∀b ∈ R h b ~x = a b ~x = b a ~x = b h(~x).
Par conséquent, l’application h est un endomorphisme linéaire de E. On la nomme homo-
thétie de rapport a, et on la note parfois ha .
Assertion 2.4. Pour a 6= 0 fixée, l’homothétie ha est une bijection de E.
Preuve. Pour vérifier qu’on a en effet :
∀ ~y ∈ E ∃ ! ~x ∈ E ~y = h(~x),
partons de :
~y = a ~x.
−1
Comme a 6= 0, son inverse a pour la multiplication dans R existe, et donc l’existence de
~x est assurée par :
a−1 ~y = a−1 a ~x = ~x.
Par conséquent :
a ~y + a0 ~y 0 ∈ f (E 0 ).
Le théorème est démontré.
Définition 3.2. Quand le sous-espace E 0 = E coïncide avec l’espace vectoriel ambiant
tout entier, alors f (E) est un sous-espace vectoriel de F que l’on nomme image de f , et
que l’on note Im(f ).
Ce sous-espace vectoriel Im(f ) s’écrit :
Im f := ~y ∈ F : ∃ ~x ∈ E, ~y = f (~x) .
Nous pouvons maintenant introduire le concept de noyau d’une application linéaire.
Définition 3.3. Soit f : E −→ F une application linéaire entre deux R-espaces vectoriels.
L’ensemble des vecteurs de E qui ont pour image le vecteur ~0 ∈ F se nomme noyau de f
et se note :
Ker(f ) := ~x ∈ E : f (~x) = ~0 .
Noyau se dit kernel en anglais, et Kern en allemand. C’est pourquoi on rencontre très
souvent la notation Ker(f ), que nous adopterons.
Observons que Ker(f ) n’est jamais vide, car, quelle que soit l’application linéaire f , on
a f (~0) = ~0, donc :
~0 ∈ Ker(f ) (toujours).
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Exemple 3.4. [en géométrie euclidienne] Dans l’espace euclidien V = R3 , soit un plan
P 3 0 passant par l’origine, et soit une droite D 3 0 passant par l’origine, avec D 6 ||P non
parallèle au plan.
Rappelons que les vecteurs ~y ∈ P sont les vecteurs liés ayant comme point-origine
0 ∈ V , dont la flèche-extrémité appartient à P . De même, les vecteurs ~x ∈ D ont pour
point-origine 0 ∈ D, et une flèche-extrémité appartenant à D. On peut donc voir P et V
comme deux sous-espaces vectoriels de V , de dimensions 2 et 1.
V D
~
x ~
u
~0
f (~
u)
0
Désignons par f la projection de V sur P parallèle à D. On sait que f est une application
linéaire de V dans lui-même, avec f (V ) = P .
Cherchons le noyau de f .
Pour qu’un vecteur ~x ∈ V vérifie f (~v ) = ~0, c’est-à-dire ait une projection nulle dans V ,
il faut et il suffit que ~x appartienne à D. Ainsi :
Ker(f ) = D.
Théorème 3.5. Pour toute application linéaire f : E −→ F entre R-espaces vectoriels, le
noyau Ker(f ) est un sous-espace vectoriel de E.
Preuve. En effet, partons de :
~x ∈ Ker(f ) et ~x 0 ∈ Ker(f ),
ce qui équivaut à :
f (~x) = ~0 et f (~x 0 ) = ~0.
Comme f est linéaire, alors, quels que soient les scalaires a et a0 :
f a ~x + a0 ~x 0 = a f (~x) + a0 f (~x 0 ) = ~0 + ~0 = ~0.
Par conséquent :
a ~x + a0 ~x 0 ∈ Ker(f ).
Le théorème est démontré.
Comme
f est injective, cela force ~x = ~0, grâce au Théorème 3.6. Comme L =
~x1 , . . . , ~xp est libre, il vient :
~0 = ~x = a1 ~x1 + · · · + ap ~xp =⇒ a1 = · · · = ap = 0.
En définitive, la famille f (L) est bien libre, ce qui termine la démonstration de la seconde
partie du théorème.
Corollaire 3.8. Si E est un R-espace vectoriel de dimension finie et si F est un R-espace
vectoriel, pas forcément de dimension finie, alors pour toute application linéaire f : E −→
F , l’image f (E) ⊂ F est un sous-espace vectoriel de dimension finie 6 dimR E.
Preuve. En effet, l’hypothèse que E est de dimension finie veut dire qu’il existe une famille
finie L de générateurs de E. Alors d’après le Théorème 3.7 qui précède, f (L) est une
famille finie de générateurs de f (E). Si L est de plus une base de E, on déduit bien que :
dimR f (E) 6 Card L = dimR E < ∞.
Voici un résultat central qui exprime qu’une application linéaire est complètement dé-
terminée lorsqu’on connaît seulement les images d’un nombre fini de vecteurs qui forment
une base de l’espace vectoriel source.
Théorème 3.9. Soit B = {~e1 , . . . , ~en } une base d’un R-espace vectoriel E de dimension
n > 1, et soit C = {~c1 , . . . , ~cn } une famille quelconque de n vecteurs d’un autre R-espace
vectoriel F .
Alors il existe une application linéaire, et une seule, f : E −→ F telle que :
f (~e1 ) = ~c1 , f (~e2 ) = ~c2 , ......, f (~en ) = ~cn .
De plus, si la famille C est libre, alors f est injective.
Démonstration. Commençons par l’existence de f . Définissons une application f de E
dans F de la manière suivante : à tout vecteur ~x ∈ E, associons d’abord l’unique famille
de scalaires a1 , . . . , an qui sont les coordonnées de ~x dans la base B :
~x = a1 ~e1 + · · · + an ~en .
À cet ~x, faisons alors correspondre le vecteur ~y ∈ F défini par :
(3.10) ~y = f (~x) = a1 ~c1 + · · · + an ~cn .
Le domaine de définition de f est bien sûr E tout entier, et l’image f (E) est bien incluse
dans F .
Prouvons que f est linéaire. Partons de deux vecteurs ~x, ~x 0 ∈ E, que nous écrirons sous
forme condensée :
~x 0 =
P P 0
~x = ai ~ei et ai ~ei .
i i
c’est-à-dire :
f b ~x + b0 ~x 0 = b f (~x) + b0 f (~x 0 ),
d’où :
g = f,
ce qui montre l’unicité de l’application f .
Terminons l’argumentation en montrant que f sera de plus injective, quand on suppose
que C = {~c1 , . . . , ~cn } est libre.
Soit donc ~x ∈ E avec f (~x) = ~0. Comme {~e1 , . . . , ~en } est une base, on peut décomposer
selon cette base ~x = a1 ~e1 + · · · + an ~en , d’où :
~0 = f (~x) = a1 ~c1 + · · · + an ~cn =⇒ a1 = · · · = an = 0,
puisque {~c1 , . . . , ~cn } est libre. Ainsi, nous avons bien démontré que :
f (~x) = 0 ~ =⇒ ~x = 0~ ⇐⇒ Ker(f ) = {~0}.
Démonstration. Soient :
B := ~e1 , . . . , ~ep une base de Ker(f ) ⊂ E,
C := ~`1 , . . . , ~`q
une base de Im(f ) ⊂ F,
où on a posé :
p := dim Ker(f ),
q := dim Im(f ).
On sait que ~y ∈ Im(f ) signifie qu’il existe un vecteur ~x ∈ E avec ~y = f (~x). Donc, pour
tout indice 1 6 i 6 q, il existe un vecteur de E, que nous désignerons par ~ep+i , tel que :
f ~ep+i = ~`i .
Nous affirmons que B ∪B 0 est alors une base de E, ce que nous démontrons en deux temps.
Assertion 4.4. B ∪ B 0 engendre E.
Preuve. Montrons que tout ~x ∈ E est combinaison linéaire de vecteurs appartenant à B ∪
B 0 . En effet :
~x ∈ E =⇒ f (~x) ∈ f (E) = Im f.
Il existe donc des scalaires a1 , . . . , aq ∈ R, coordonnées de f (~x) dans la base de Im f , tels
que :
f (~x) = a1 ~`1 + · · · + aq ~`q
= a1 f ~ep+1 + · · · + aq f ~ep+q
= f a1 ~ep+1 + · · · + aq ~ep+q .
Si on pose :
(4.5) ~x 0 := a1 ~ep+1 + · · · + aq ~ep+q ,
alors :
f (~x) = f ~x 0 ~x − ~x 0 ∈ Ker(f ).
=⇒
Il existe donc des scalaires a01 , . . . , a0p , coordonnées de ~x − ~x 0 dans B, tels que :
~x − ~x 0 = a01 ~e1 + · · · + a0p ~ep ,
d’où, en remplaçant ~x 0 par sa valeur dans (4.5) :
~x = a01 ~e1 + · · · + a0p ~ep + a1 ~ep+1 + · · · + aq ~ep+q .
Donc B ∪ B 0 engendre E.
Assertion 4.6. B ∪ B 0 est une famille libre dans E.
Preuve. Partons de :
(4.7) a01 ~e1 + · · · + a0p ~ep + a1 ~ep+1 + · · · + aq ~ep+q = ~0,
et montrons que tous les coefficients de cette combinaison linéaire sont nuls. Prenons
l’image par f des deux membres de (4.7) ; comme, pour tout indice 1 6 i 6 p, on a :
~ei ∈ Ker(f ) =⇒ f (~ei ) = ~0,
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on obtient :
a1 f ~ep+1 + · · · + aq f ~ep+q = ~0,
c’est-à-dire :
a1 ~`1 + · · · + aq ~`q = ~0.
Comme C est une famille libre, cette relation entraîne :
a1 = · · · = aq = 0.
La relation (4.7) s’écrit alors :
a01 ~e1 + · · · + a0p ~ep = ~0.
Comme B est une famille libre, cette relation entraîne à son tour :
a01 = · · · = a0p = 0.
Ainsi, B ∪ B 0 est bien une famille libre.
Grâce à la conjonction de ces deux assertions, le théorème est démontré.
Le cas où dim E = dim F mérite d’être mis en valeur.
Corollaire 4.8. Soit f : E −→ F une application linéaire entre deux R-espaces vectoriels
de même dimension. Alors les quatre propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) f est bijective ;
(ii) f est surjective ;
(iii) f est injective ;
(iv) Ker(f ) = {~0}.
Preuve. On sait déjà que les propriétés (iii) et (iv) sont équivalentes.
D’autre part, (i) est équivalente à la conjonction des propriétés (ii) et (iii).
Il suffit donc d’établir l’équivalence entre (ii) et (iv). Or d’après le Théorème 4.3, on a :
Ker(f ) = {~0} ⇐⇒ dim Im(f ) = dim E.
Par conséquent, (ii) et (iv) sont bien équivalentes, ce qui conclut.
Nous allons munir cet ensemble L (E, F ) d’une structure de R-espace vectoriel.
Commençons par observer que la somme de deux applications linéaires est encore une
application linéaire.
Lemme 5.1. Si f et g sont deux applications linéaires appartenant à L (E, F ), alors l’ap-
plication h : E −→ F définie par :
h(~x) := f (~x) + g(~x) x ∈ E)
(∀ ~
Cette addition est donc bien une loi interne dans L (E, F ).
Théorème 5.3. L (E, F ) possède une structure naturelle de R-espace vectoriel.
Démonstration. Tout d’abord, l’addition dans L (E, F ) est commutative et associative,
puisqu’il en va ainsi de l’addition dans R.
Ensuite, cette addition admet comme élément neutre la fonction nulle, notée f = 0,
définie par :
0(~x) := ~0 x ∈ E).
(∀ ~
Ici, remarquons au passage que Ker(0) = E, et que la fonction nulle est la seule dont le
noyau coïncide avec E tout entier.
Ensuite, toute application linéaire f ∈ L (E, F ) a une opposée, notée −f , appartenant
aussi à L (E, F ), qui est définie par :
− f (~x) := − f (~x) x ∈ E).
(∀ ~
Ensuite, parlons du produit d’une application linéaire par un scalaire. Pour a ∈ R quel-
conque, introduisons l’application h de E dans F définie par :
h(~x) := a f (~x) x ∈ E).
(∀ ~
au lieu de L (E, E). Le Théorème 5.3 s’applique : L (E) est un espace vectoriel sur le
corps R.
Nous allons considérer une deuxième loi de composition interne dans L (E) qui va le
structurer en anneau. Commençons par un
Lemme 7.1. Étant donné trois R-espaces vectoriels E, F , G, pour deux applications li-
néaires quelconques :
f ∈ L (E, F ) et g ∈ L (F, G),
l’application composée g ◦ f est encore linéaire, c’est-à-dire :
g ◦ f ∈ L (E, G).
g◦f
f g
E / F / G
7. Anneau des endomorphismes linéaires d’un espace vectoriel E 13
g a ~y + b ~y 0 = a g(~y ) + b g(~y 0 )
y 0 ∈ F ).
y ∈ F, ∀ ~
(∀ ~
ce qui entraîne :
f + g ◦ h(~x) = f ◦ h(~x) + g ◦ h(~x),
puis termine la deuxième partie, et conclut.
Maintenant, la composition d’applications linéaires peut être vue comme une ‘multi-
plication’ × qui conduit à une structure d’anneau pour la collection L (E) des endomor-
phismes d’un R-espace vectoriel E. Mais attention ! Il y a une grande différence entre ◦ et
×, car la composition n’est en général pas commutative :
f ◦ g 6= g ◦ f (f, g ∈ L (E), en général),
Théorème 7.3. L (E), muni des opérations (+, ◦), est un anneau à élément unité.
Terminologie 7.4. On appelle L (E) anneau des endomorphismes de E.
f g
E / E / E
est encore une bijection, et cette opération de composition admet comme élément neutre
l’application identité. Ensuite, cette opération de composition est (trivialement) associa-
tive :
g◦f h◦g
f g f g
E / E / E
h / E = E / E / E
h / E,
à savoir :
h ◦ g ◦ f = h ◦ g ◦ f,
mais elle n’est la plupart du temps pas commutative, comme nous l’avons signalé plus haut.
Enfin, l’inverse d’une bijection est encore une bijection :
f
'
Eg E.
f −1
et alors, grâce au Théorème 3.9, on sait qu’il existe un endomorphisme R-linéaire unique
f : E −→ E qui prolonge g au sens où pour tout indice 1 6 i 6 n, on a :
f (~ei ) = g(~ei ),
et on sait aussi que f est bijectif, i.e. est un automorphisme linéaire de E.
Notation 8.3. L’ensemble des automorphismes linéaires d’un R-espace vectoriel E sera
noté :
∼
A (E) := f : E −→ E linéaires et bijectives .
Théorème 8.4. L’ensemble A (E) des automorphismes linéaires d’un R-espace vectoriel
E est un sous-groupe de l’ensemble des permutations de E, envisagé comme ensemble.
Preuve. Rappelons que, pour qu’une permutation de E appartienne à A (E), il faut et il
suffit qu’elle soit linéaire. Le Lemme 7.1 a déjà fait voir que la composition d’applications
linéaires préserve la linéarité :
f ∈ A (E) et g ∈ A (E) g ◦ f ∈ A (E).
=⇒
Prouvons enfin que l’inversion préserve aussi la linéarité :
f ∈ A (E) =⇒ f −1 ∈ L (E).
Il s’agit de démontrer que, quels que soient les scalaires a, b ∈ R, et les vecteurs ~x, ~y ∈ E,
on a :
f −1 a ~x + b ~y = a f −1 (~x) + b f −1 (~y ).
(8.5)
Or puisque f est, entre autres, injective, il suffit de prouver que les deux membres ont
même image par f . Pour le membre de droite, on a :
f ◦ f −1 a ~x + b ~y = a ~x + b ~y .
9. Projecteurs
À la fin du chapitre précédent, nous avons vu que deux sous-espaces F ⊂ E et G ⊂ E
d’un R-espace vectoriel E sont dits supplémentaires dans E s’ils sont d’intersection {~0} =
F ∩ G nulle, et de somme F + G = E qui engendre E, propriété que l’on a notée :
F ⊕ G = E.
Alors pour tout vecteur ~z ∈ E, il existe un unique vecteur ~x ∈ F et un unique vecteur
~y ∈ G tels que :
~z = ~x + ~y .
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G E
~
y ~z
0 F
~
x
~z
p(~z) − ~z
F
0 p(~z)
soit :
a p(~z) + a0 p(~z 0 ) − a ~z + a0 ~z 0
(9.4) ∈ G.
Comme, pour tout ~y de E, la projection p(~y ) est l’unique vecteur de F tel que p(~y )−~y ∈ G,
alors en comparant (9.3) avec (9.4), on obtient bien la linéarité :
p a ~z + a0 ~z 0 = a p(~z) + a0 p(~z 0 ).
q 0 := q G0
0 F
En définitive :
a1 f 1 + · · · + an f n = 0 =⇒ a1 = · · · = an = 0,
ce qui montre bien que la famille {f1 , . . . , fn } est libre.
En conclusion, cette famille constitue une base de E ∗ , ce qui achève la démonstration.
11. Exercices 21
Notation 10.2. On nomme {f1 , . . . , fn } base duale de {~e1 , . . . , ~en }, et on la note plutôt
∗
~e1 , . . . , ~en∗ .
Terminons ce chapitre par une représentation utile.
Observation 10.3. Pour tout vecteur ~x ∈ E, on a :
~x = f1 (~x) ~e1 + · · · + fn (~x) ~en
= ~e1∗ (~x) ~e1 + · · · + ~en∗ (~x) ~en .
Preuve. En effet, ~x = x1~e1 + · · · + xn~en entraîne, pour tout indice 1 6 j 6 n :
fj (~x) = x1 fj (~e1 ) + · · · + xn fj (~en ) = xj ,
puisque fj (~ei ) = 0 pour i 6= j et fj (~ej ) = 1.
11. Exercices
Exercice 1. EE