Steinruck Vocabulaire Commente de L Odyssee
Steinruck Vocabulaire Commente de L Odyssee
COMITATO SCIENTIFICO
Gianfranco Agosti (Roma), Alberto Cavarzere (Verona), Carmen Codoñer (Salamanca),
Denis Feissel (Paris), Jean-Luc Fournet (Paris), Massimo Gioseffi (Milano),
Stephen J. Harrison (Oxford), Louis Holtz (Paris), Wolfgang Hübner (Münster),
Claudio Marangoni (Padova), Marko Marinčič (Ljubljana), Luca Mondin (Venezia),
Philippe Mudry (Lausanne), Giovanni Polara (Napoli)
I. Steinrück, Martin
II. Päll, Janika
III. Roduit, Alexandre
IV. Muñoz, Anne-Iris
883.0103 (WebDewey)
Narrativa e poesia epica in greco classico. Periodo antico, fino al 499. Dizionari, enciclopedie, concordanze
Opera sottoposta a peer review secondo il protocollo UPI - University Press Italiane
I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento totale o parziale di questa pubblicazione,
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restano tuttavia a disposizione per assolvere gli adempimenti nei confronti degli eventuali aventi diritto non rintracciati.
VOCABULAIRE COMMENTÉ
DE L’ODYSSÉE
par
Martin Steinrück
(introduction, livres 1-10, 13-24)
Janika Päll
(livre 11)
Alexandre Roduit
(livre 12)
Avec la collaboration de
Anne-Iris Muñoz
Correcteurs/correctrices :
Anouk Waber-Nemitz, Valérie Scherler-Jimenez,
Stanislas Kuttner-Homs, Orlando Poltera
Introduction 1
A. Présentation 1
B. Remarques sur le contexte 2
C. Composition (château I + anneau I + tresse I / château II + anneau II + tresse II) 5
D. Désinences homériques (cf. Chantraine) 9
E. Abréviations 9
F. Métrique 14
G. Accent 24
H. Bibliographie 30
Anneau II : arrivée – récit – fête sur la poésie DES adversaireS (17-18) 597
Od. 17 597
Od. 18 640
-V-
Tresse II : Structures annulaires imbriquées (19-24) 668
Od. 19 668
Od. 20 709
Od. 21 736
Od. 22 764
Od. 23 795
Od. 24 819
- VI -
INTRODUCTION
A. Présentation
On ne trouvera pas ici le commentaire français à l’Odyssée, qui n’a jamais existé et qui
reste à écrire, mais un vocabulaire, un outil destiné à une nouvelle génération d’hellénistes
débutants, qui ont appris le grec à l’université ou à l’école, en une année ou un peu plus, et
qui souhaitent poursuivre leur apprentissage du grec par la lecture. Les auteurs, membres
du corps intermédiaire universitaire ou de l’enseignement secondaire, ont organisé les
mots et les informations en fonction de ce qu’un débutant muni de bases morphologiques
et syntaxiques doit savoir pour pouvoir lire à une vitesse raisonnable, tout en acquérant, par
la répétition des mots dans des contextes narratifs qui facilitent le travail de la mémoire, un
certain vocabulaire « passif ». L’expérience montre que cette méthode fonctionne.
Les lecteurs et lectrices qui ont joui d’une formation plus longue ou plus intensive
considéreront peut-être que ce vocabulaire est trop complet – notamment en comparaison
avec ce qu’offraient les préparations des éditions Hachette, conçues pour les connaissances
olympiques de jadis – et que l’exercice de traduction doit coûter plus de travail, de sueur
et de larmes qu’il n’en est demandé ici. C’est qu’il ne s’agit pas de traduction à proprement
parler, mais d’un exercice de lecture, si possible rapide ; avec l’aide d’un professeur, on peut,
en effet, lire jusqu’à 50 vers par leçon de 45 minutes. Plusieurs mises à l’épreuve ont montré
qu’avec un peu de pratique on ne tarde pas à moins se servir de ce vocabulaire, qui devient
alors un filet de sécurité1.
D’aucuns trouveront superflues les remarques sur la composition de l’Odyssée ou sur
son intertexte, ou auraient préféré disposer de plus de renseignements linguistiques, bi-
bliographiques ou historiques. Mais il est difficile de juger, pour chaque cas, quelles infor-
mations spécifiques sont nécessaires à une lecture qui vise la compréhension du sens du
texte. De ce point de vue, des renvois à la composition et aux échos textuels ont semblé
plus appropriés et stimulants que des informations ponctuelles et relevant plutôt de l’éru-
dition. Ce choix nous a incités à adjoindre à ce vocabulaire l’épithète « commenté ».
J. Latacz a initié avec un groupe de chercheurs de l’université de Bâle un travail plus
ambitieux, un véritable commentaire (Basler Kommentar, en allemand), parce qu’il con-
sidérait, à juste titre, que le commentaire paru chez Lorenzo Valla (disponible en traduc-
tion anglaise) était à la fois trop érudit et trop sélectif pour être utilisé dans l’enseignement
ou lors d’une lecture individuelle. Il a ainsi choisi de reprendre le vieux commentaire sco-
laire d’Ameis-Henze (qui remonte au XIXe siècle) et de l’adapter aux connaissances actuel-
les, tant du point de vue scientifique que de celui des étudiants et des élèves. Toutefois, à en
juger par ses publications admirables, ce groupe terminera son commentaire à l’Iliade dans
une vingtaine d’années et son travail sur l’Odyssée, s’il débute en jour, sera en allemand.
Aussi, comme disait son écuyer au chevalier à la triste figure, mieux vaut le moineau dans
la main que la grue qui vole au loin…
1
Ce vocabulaire doit beaucoup aux remarques lors d’une lecture commune de l’Odyssée entre amis à Lau-
sanne et à Tartu.
-1-
INTRODUCTION
Nous partons des éditions alexandrines, qui semblent avoir stabilisé le nombre des vers
et leur texte. Les textes de Von der Mühll 1962 et de van Thiel 1991 respectent la tradition
des papyrus et des manuscrits, bien qu’elle ne reflète probablement pas ce qu’était le texte
avant les Alexandrins. L’édition de l’Odyssée par West 2017 (qui a la liste la plus com-
plète des papyrus) nous semble au contraire chercher par trop à franchir la barrière que
constitue pour nous l’édition alexandrine, dans sa volonté de restituer un état antérieur
du texte : elle reprend (peut-être correctement cf. les voyages des Phéaciens en Eubée) la
théorie selon laquelle cette performance vient de l’île d’Eubée ou de l’Attique (ce qui le
rend prudent contre l’élimination des atticismes). Mais comme le souligne Nietzsche, une
tradition, loin d’interpoler sans cesse, tend plutôt à réduire le texte : Aristote lisait ainsi un
« résumé » qu’Ulysse fait de ses voyages à son épouse qui comportait deux fois plus de vers
que le passage transmis par la tradition alexandrine.
Burkert 1974 a montré avec force arguments que la tradition textuelle sur laquelle
se fonde l’édition alexandrine ne saurait remonter au-delà du VIIe siècle : la mention
de « Thèbes aux 100 portes » n’est pas possible avant le VIIe siècle ; la fameuse coupe
de Nestor (datée de 725) n’atteste que la connaissance d’un motif et peut se référer au
Cycle2; la tradition iconographique, indépendante, ne peut pas être admise comme un
argument ; tout ce qu’on peut affirmer, c’est que les thèmes odysséens sont antérieurs
(VIIe s.) aux représentations des scènes que nous associons à notre Iliade. L’Odyssée
contient en outre la trace de polémiques contre des traditions poétiques concurrentes,
comme celle du catalogue, de la tradition iambique, de la tradition chronologique du Cy-
cle, peut-être même contre les citharèdes. On trouve dans l’Odyssée plusieurs intertextes,
notamment avec la Télémachie de Stésichore (peut-être fin VIIe s.), mais aussi avec les
fragments d’Archiloque, auxquels une allusion à l’éclipse de 664, qui se trouve également
dans l’Odyssée, peut-être par référence à Archiloque, permet de donner une datation sûre.
Ainsi, le fr. 122 West, ou encore la rhapsodie sur le centaure Nessos, trouvent tous deux
un écho chez les prétendants de l’Odyssée, qui, eux, pourraient être une image du public
des iambographes (cf. Nagy 1979 et Steinrück 2009). Tous ces échos et polémiques, ainsi
que les attaques mutuelles entre Hésiode (début VIIe s.) et l’Odyssée, nous mènent à situer
au VIIe siècle plutôt qu’au VIe le moment où, en Ionie3 la guilde des ὁμηρίδαι a chanté
ce qui devait s’apparenter à une intrigue davantage qu’à un texte complètement fixe : le
2
Cette inscription ne présente aucune ressemblance avec le texte de « notre » Iliade ; même le rythme (plutôt
un hémiépès + un lécythe + deux vers héroïques, le trimètre qu’on aime reconstruire au début ayant, quant à lui,
plutôt la facture d’un vers comique du Ve siècle) ne ressemble que partiellement au discours épique : « la coupe de
Nestor – fut simplement bonne à boire – mais qui boit à cette coupe, sera pris aussitôt – par le désir d’Aphrodite
bien couronnée » (Aphrodite est le nom que prennent les mariées pendant les noces, c’est donc peut-être un jeu
sur le garçon, dans la tombe duquel on a trouvé la coupe, qui se marie avec la mort et auquel on a donné cette
coupe à 2 anses – et non à 4 comme l’Iliade le dit de la coupe de Nestor). Georg Danek a montré en 1994 que
l’inscription fait plutôt référence à l’arrivée de Nestor à Spartes, chez Ménélas dans les Kypria. Le vieux guerrier
tente de consoler le mari abandonné avec cette coupe.
3
… et, dans une moindre mesure, en Italie du Sud, voir Lowenstam sur l’iconographie étrusque : les notions
géographiques dont l’Odyssée porte la trace sont plus éloignées des nôtres que celles de l’Iliade, cf. Trachsel.
-2-
B. REMARQUES SUR LE CONTEXTE
thème de l’homme au mariage de sa propre femme, narré sous la forme qu’Aristote ap-
pelle homérique.
Pucci a montré qu’il existait un intertexte très fort entre l’Odyssée et une Iliade as-
sez éloignée de la nôtre, à en juger par l’absence totale de recoupements entre le texte de
notre Iliade et les poèmes où Alcée décrit la prière d’Achille à sa mère, alors qu’il « cite »
quasiment les formules d’un passage entier des Travaux d’Hésiode. La statistique des re-
prises de formules homériques chez Sappho et Alcée, à parts égales, montre une influence
beaucoup plus forte du Cycle et des hymnes que des chants homériques (parmi lesquels
l’Odyssée est mieux représentée que l’Iliade). Certes, Janko (dont il existe une palinodie sur
le net) a avancé un argument linguistique selon lequel l’Odyssée représenterait un stade
plus jeune que l’Iliade4, contre Parry, qui voyait dans les formules de l’Odyssée le modèle
des formules iliadiques. Mais, dans une tradition de chantres réunis dans un thiasos, la
forme linguistique ne dit rien sur la date de l’intrigue. La « question homérique » antique
des chorizontes – faut-il identifier l’auteur de l’Odyssée à celui de l’Iliade ? – n’a toujours
pas de réponse claire, mais, comme le suggère Nagy 1996, on peut poser des questions
homériques.
On peut donc imaginer un chantre qui, au VIIe siècle, viendrait, éventuellement avec
un apprenti (cf. Zhirmunsky 1947), chez un dignitaire aristocratique qui aurait invité, par
exemple pour un mariage, un public mixte (cf. Doherty) et voudrait, après marchandage
(cf. chant XI), soit 24 heures de chant, soit une série de soirées. La structure que nous pro-
posons pour l’Odyssée (voir ci-dessous p. 4) permet d’imaginer 2x3 soirées (I-V, VI-VIII,
IX-XII, XIII-XVI, XVII-XIX, XX-XXIV), à raison de +/- 2000 vers en 4-5 heures.
Les maris et épouses qui forment le public viennent de la classe supérieure, la classe
qui s’oppose aux esclaves ou thètes ou aristocrates sans héritage, mais pas « au peuple »
au sens d’un prolétariat ou d’une classe moyenne. Il y a pourtant des tensions sociales : on
trouve, dès le début, le thème des fils superflus qui n’héritent pas de la terre (elle revient
aux aînés), qui doivent mourir à la guerre ou fonder une colonie, mais posent un problème
politique s’ils restent à la maison, parce qu’ils tentent, comme les prétendants, de s’insérer
dans la bonne société en se mariant. Ces groupes de jeunes guerriers, qui posent problème
à Pisistrate comme à Théognis (qui n’aime pas leur rire), et, de manière générale, aux di-
gnitaires aristocratiques, l’Odyssée propose, non sans une certaine mauvaise conscience,
de les éliminer, transposition de la demande de Terre, dans les Cypria, d’éliminer les héros,
soit par la guerre, soit par la colonisation de l’île des Bienheureux. Par ailleurs, Thalmann
et Louden ont découvert, à travers l’étude des voix, des tendances critiques venues des
esclaves ou de ceux qui, comme les chantres, ont été exclus de leur clan ; ces voix critiques
bien cachées ressemblent fortement aux antagonismes idéologiques des chantres usbèques
décrits par le Parry russe, Zhirmunsky : un chantre laisse derrière lui un apprenti inexpéri-
menté avec pour tâche de finir le « destan ». Au bout de quelques jours, comme l’apprenti
ne l’a toujours pas rattrapé, le maître part le chercher et le trouve attaché à un arbre, parce
qu’il n’a pas suffisamment caché ses ressentiments contre le public, composé de « beys ».
4
Janko R., Homer, Hesiod and the Hymns: Diachronic Development in Epic Diction, Cambridge, 1982, mais
il en a fait plus tard une palinodie.
-3-
INTRODUCTION
Comme dans la rhétorique impériale, il faut adapter les formules au public, aux femmes dans
le cas d’un catalogue de femmes, aux riches dans le cas de l’Odyssée, mais peut-être aussi à
un public plus pauvre, non marié, situation évoquée dans les chants consacrés au porcher.
Le coup politique des Pisistratides, qui insèrent l’Iliade et l’Odyssée, chantées par des
rhapsodes, dans le programme des Panathénées, n’avait pas pour seule conséquence de
fixer un peu plus le « texte – formulaire », mais aussi d’en changer les significations :
l’Athéna qui aide Ulysse et Télémaque à ranger les armes avec une lampe (19.33) ne peut
que faire écho à l’Athéna λυχναία d’Athènes, manière de faire de Pisistrate rentrant dans la
ville avec une jeune fille déguisée en Athéna un double d’Ulysse. Au contraire, nombre de
passages sur Pisistrate, le fils de Nestor, seraient formulés autrement, si notre Odyssée avait
vraiment été composée à Athènes au début du VIe siècle. On peut imaginer un « re-en-
actment », peut-être des réactions de la tradition rhapsodique au nouveau contexte, mais
les théories de Cook 1995, Schubert 1996 et d’autres n’ont pas d’argument suffisant pour
écarter l’idée d’un contexte de composition situé au VIIe siècle.
Après Wolf 1799, qui, à la suite de d’Aubignac, avait, selon les termes de Goethe et
de Schiller dans leurs Xenien, tel un loup « déchiré » Homère pour que chaque ville qui
le réclamait pour fils pût en prendre sa part, le modèle des couches ou celui des chants
singuliers a convaincu un siècle d’« analystes ». Au nom du « bon sens », ces derniers se
moquaient des « bergers unitariens » (« Einheitshirten »), qui cherchaient dans ces poèmes
des liens narratifs. L’Odyssée était un peu moins sujette à débats que l’Iliade. Kirchhoff,
Schwarz, Von der Mühll et Bérard utilisaient un modèle génétique supposant un poète
et des rédacteurs, et qui combinait parties composées (Télémachie, Phaiakis, retour) et
couches (Pénélope ne reconnaît pas Ulysse se superpose à Pénélope complote avec Ulysse).
Mais la base, peut-être un peu trop évidente, de leur argumentation – le texte comme
séquence figée qu’on peut couper, composer, manipuler, ce qui justifie la possibilité d’er-
reurs de « logique » –, leur a été retirée par les études oralistes, représentées par toute la
filiation de Milman Parry (Paris 1925) : Ann Armory Parry, Lord, Nagy, Foley, Power. Les
recherches sur les guslars bosniaques et serbes (après la seconde guerre mondiale), ainsi
que leurs homologues kosovars (après la guerre des années 1980), ont montré qu’on pou-
vait (Međedovic par exemple) composer des chants de 10000 vers sans recourir à l’écriture
et sans concept de texte figé. Parry, et après lui Nagler 1974, Fabricotti 1991, Bakker 1991,
Visser 1987 ont pu retrouver chez Homère les traces d’une machine à vers qui fonctionnait
avec des formules. Des recherches comparatistes (qui parlaient trop rarement des travaux
de Zhirmunsky) ont ainsi pu montrer que les analystes s’étaient enfermés dans des mo-
dèles fondés sur l’opposition entre original et copie, là où la réalité favorisait la coexistence
des deux (Pénélope ne reconnaît pas Ulysse et Pénélope complote avec Ulysse sont des va-
riantes présentes dans la même épopée, et aussi bien, d’ailleurs, dans l’Alpamysh usbèque
que dans l’Odyssée). La discussion entre style traditionnel américain (Nagy, Foley) et style
poétique européen (Latacz, De Romilly) a fait ré-éclater la guerre dans les colloques, et
a conduit à la tentative de réintroduire l’écriture dans le processus de composition (de
l’Iliade plus que de l’Odyssée) sur la base d’un jugement esthétique : « comme » les 10 000
vers d’Avdo Međedovic seraient de qualité moindre que les 15 000 de l’Iliade, on suppo-
sait que le chantre homérique devait avoir utilisé le nouvel alphabet pour maîtriser ce que
-4-
C. COMPOSITION
château I château II
I+II conseil d’Athéna XIII conseil d’Athéna
(envoi d’un messager) (envoi d’un messager)
III récit cat. de Nestor XIV récit cat. d’Ulysse
IV récit hom. de Ménélas XV récit hom. d’Eumée
V conseil d’Athéna XVI conseil d’Athéna
(envoi d’un messager) (envoi d’un messager)
anneau I anneau II
VI Nausicaa XVIIa Télémaque
VII Arété XVIIb Melanthios
VIII Demodocos XVIIc-XVIII Iambos
tresse I tresse II
IX Cyclope XIX Pénélope
Xa Eole XX préparation du combat
Xb-XIIa Circé XXI concours
XII Soleil XXII-XXIII combat
XXIV clausule
La construction de l’Odyssée semble reposer sur l’utilisation à deux reprises d’un sché-
ma narratif comportant trois parties.
a) De même que le père se libère de sa prison, le fils doit se libérer de sa mère. Dans les
deux cas, chez Télémaque tout comme chez Ulysse, un messager arrive, Hermès et
Athéna respectivement, pour déclencher l’évasion. Au niveau formel, cette phase se
présente sous le schéma ABBA (une sorte de château Tudor avec deux tours).
b) Le héros arrive sur une île pour combattre, avec un arc, les prétendants d’une reine
/ princesse. Du point de vue de la forme, c’est un anneau : ABA.
5
Reichel M., Fernbeziehungen in der Ilias, Tübingen 1994.
-5-
INTRODUCTION
c) Le héros chante ou cause la perte de jeunes hommes (dans les deux cas il est présen-
té comme un chantre). La forme de cette partie peut être décrite comme une tresse
qui entrelace plusieurs structures annulaires.
Les chants I-V représentent dans l’Odyssée, telle qu’elle est transmise, le début du thème
narratif dit de l’homme au mariage de sa propre femme. On trouve ce thème raconté avec le
même schéma un peu partout dans le monde. Ainsi, l’épopée usbèque qui tire son titre du
nom de son héros Alpamysh surprend-elle par sa ressemblance structurale avec l’Odyssée,
tandis que l’on trouve des similitudes tout aussi frappantes dans le film des frères Cohen,
fondé sur le résumé de l’Odyssée et intitulé O Brother where art thou, ou encore dans les
chansons serbes sur le héros Marko Kralyevitch : le récit commence invariablement par la
libération du héros prisonnier, que son geôlier soit le sultan turc, le gouvernement améri-
cain, ou, comme dans l’Odyssée, une île et une nymphe possessive qui enveloppe le héros
de ses vêtements. Mais dans l’Odyssée, cette première phase narrative, destinée à mettre en
évidence un manque (en l’occurrence du père ou de l’épouse), est dédoublée, puisque le
schéma narratif appliqué au père se répète chez le fils. Dans tous les cas, c’est l’arrivée d’un
messager qui déclenche l’évasion. Si, dans la tradition américaine, cette évasion signifie la
liberté, la tradition orale de l’Odyssée n’est pas dupe : l’évasion d’une prison ne signifie que
l’entrée dans une autre prison. Le chantre raconte donc pendant six mille vers une évasion
hors du monde héroïque, et réutilise exactement les mêmes outils narratifs dans les six
mille qui suivent, pour dire comment père et fils font irruption dans le monde du réel, à
l’époque de l’âge de fer. Ainsi, le double schéma initial, dont la transcription graphique
ressemble à un château, se répète au début de la seconde moitié de l’Odyssée, juste après
une reprise du proème, au chant 13, au milieu de cette épopée. L’analyse formelle du début
(I-V) est donc confirmée par sa cohérence avec les chants XIII-XVI.
Château I : nous assistons d’abord à une assemblée des dieux (reprise avec citations au
chant XIII), qui débouche sur l’envoi du premier messager, Athéna, chargé de libérer
Télémaque de son petit enfer. Mais Athéna se révèle mauvaise pédagogue, elle échoue
face à un garçon replié sur lui-même, et, pour le relancer, finit par recourir à la magie.
La libération du garçon s’affiche au niveau spatial. Télémaque devra passer dans des es-
paces chaque fois plus larges : de l’espace domestique des femmes à l’espace domestique
masculin, puis à l’assemblée publique, avant de quitter finalement l’île d’Ithaque pour le
grand monde, pour Pylos et pour Sparte. Ulysse vit sa libération selon le même schéma,
mais plus rapidement, au chant V : assemblée divine, messager (Hermès), détachement
du monde féminin et départ, directement par mer. Or ces deux schémas semblables
entourent un autre couple de schémas, puisque Télémaque pose la même question à
Pylos et à Sparte – « que savez-vous de mon père ? » – et que par deux fois la réponse est
un long récit. Les chants I-V se construisent donc selon le schéma ABBA, avec une ten-
dance à la symétrie axiale qui se confirme quand on voit que la fin du chant IV reprend
tous les espaces par lesquels Télémaque a passé, mais dans l’ordre inverse. Au niveau de
l’analyse abstraite de la macro-syntaxe, ou, si l’on veut, au niveau du souffle d’un public
qui écoute un chantre pendant 3000 vers, donc pendant une soirée, le schéma ABB’A’
suggère que le récit de Ménélas au chant IV est un écho du récit de Nestor au chant III.
-6-
C. COMPOSITION
Anneau I : les chants VI-VIII forment trois grandes structures annulaires : la première
rhapsodie, consacrée à la rencontre d’Ulysse avec Nausicaa, est délimitée par l’anneau
que forme l’histoire des Phéaciens au début du chant VI, et sa reprise dans le discours
d’Athéna au début du chant VII ; la deuxième rhapsodie est elle-même encadrée par
deux représentations de la culture phéacienne, l’une féminine (une sorte de Locres
féerique), avec une structure annulaire consacrée au tissage et dont le centre est formé
par l’évocation de la quenouille, l’autre masculine, avec la description du navire au
début du chant VIII, elle-même selon une structure annulaire dont le centre est formé
par l’évocation de la quille (tropis). La dernière rhapsodie, bâtie comme une structure
annulaire très solide, formée par les trois chants de Démodocos, entre lesquels s’insère
une opposition entre masculin (les joutes sans les femmes) et féminin (les cadeaux
des femmes), se termine au début du chant IX. Les Alexandrins, dans le découpage en
chants que nous avons conservé, ont coupé chaque fois un peu avant la fin, comme ils
le font, en métrique, dans les strophes de Sappho et d’Alcée. La première construction
est reprise, de manière assez vague, dans la troisième. Le récit d’Ulysse, au chant VII,
forme le centre de cette structure dont le thème est, à cause du mariage possible d’un
nouvel arrivé sur une île et des inquiétudes qu’il suscite chez les prétendants locaux, un
concours de tir à l’arc (on trouve le même motif dans le destan d’Alphamysh), que l’on
peut lier avec l’histoire de l’arc d’Iphitos dans la seconde partie (cf. anneau II). Le lien
de l’anneau I avec l’anneau II a été mis en évidence par Krischer 1985.
Tresse I : les récits d’Ulysse, les apologues, ont fait l’objet de plusieurs tentatives de structu-
ration (cf. Lukinovich 1998), mais si on les compare avec la fin de l’Odyssée, on observe
plusieurs structures imbriquées à la façon d’une tresse (cf. introduction au chant X). Le
récit de la « perte » des compagnons est représenté comme un chant d’Ulysse.
Château II : les chants XIII-XVI, en effet, se construisent de la même façon que les chants
I-V. Après une transition qui répète des éléments du proème, on trouve à nouveau
deux conseils (avec la participation d’une divinité), qui déclenchent chaque fois l’envoi
d’un messager ; ces conseils forment des scènes « dressées » (comme des tours) autour
de deux récits, celui d’Ulysse et celui d’Eumée. Seule différence par rapport au château
I, les récits racontent désormais le présent et non plus le passé héroïque.
Anneau II : après une scène de voyage qui correspond peut-être à celle de la fin du chant V,
Ulysse entre dans le domaine des prétendants et des femmes, mais refuse les vêtements
qu’on lui offre : XVII-XVIII. Le thème du concours à l’arc et du récit sur Iphitos est
déplacé. Une belle structure annulaire.
Tresse II : la fin se construit comme une tresse formée de plusieurs structures annulaires
imbriquées, avec le thème de la « perte » des frères des compagnons, représentée
comme le chant d’un aède.
-7-
INTRODUCTION
Vingt échos sans doute involontaires qui proviennent du parallélisme entre les deux
parties du poème (créé sans doute par l’utilisation du premier parcours comme modèle
du second), développés dans un petit livre à paraître, peuvent servir de contre-épreuve à
l’analyse narrativo-formelle :
– proème en 1 et 13 ;
– sacrifices pour divinités masculine et féminine autour d’un récit en 3 et 14 ;
– catalogue du type utilisé dans le Cycle en 3 et 14 versus récit de type odysséen en 4 et
15 ;
– les interlocuteurs de Nestor et d’Ulysse en 3 et 14 réagissent mal à leurs récits ;
– la Télémachie finit en 4 et reprend en 15.
– le thème des phoques associé à la sexualité de jeunes filles se trouve dans les récits
correspondants de Ménélas et Eumée (4 et 15)
– le maquillage d’Ulysse pour le présenter comme mari éligible à Nausicaa pourrait
correspondre au maquillage de Pénélope pour la présenter comme mariée aux pré-
tendants, dans les deux cas par Athéna, mais avec un croisement (6 et 18)
– prière, dans les seuls sanctuaires qui soient le lieu de l’action, aux filles de Zeus, en 7
et 17 ;
– Arété en 7 et Pénélope en 17 exigent un récit ;
– Hermès le tueur de chiens en 7 et 17 ;
– mise en scène de traditions concurrentes, citharédie ( ?) et iambe, en 8 et 18 ;
– deux combats entre jeune et vieux : le vieux gagne en 8 et 18 ;
– l’invention du faux nom d’Ulysse (Outis et Aithon) en 9 et 19 : Outis (9) qui peut
signifier celui qui pique comme le sanglier (19), Aithon, le brûleur (19), ce qui peut
rappeler le pieu brûlant (9);
– piquer l’œil du Cyclope et piquer la cuisse d’Ulysse en 9 et 19 ;
– prière que Zeus n’éxauce pas à la fin de 9 et qu’il exauce au début de 20
– thème du Cyclope en 9 et au début de 20 ;
– l’intertexte avec des récits sur Héraclès aux chants 11 et 21 avant un concours entre
Ulysse et de jeunes hommes pour une femme ;
– mise en abyme du chant homérique en 12 et 22 ;
– bœufs tués en 12 et 22 ;
– fin du récit d’Ulysse en début de 13 et résumé en 23.
Cette analyse a déjà provoqué la colère de plusieurs historiens qui, tout en admettant
ces arguments, ne veulent y voir que le travail d’un « rédacteur » tardif (VIe siècle) qui au-
rait, alors, travaillé avec l’écriture. Mais l’analyse formelle a précisément mis en évidence,
dans la seconde partie des structures annulaires de l’Odyssée, des éléments « de fatigue » qui
constituent un argument fort contre une conception passant par l’écriture, bien davantage
que les pratiques formelles de l’Iliade (Stanley), plus proches de celles de Pindare. Ce pro-
cédé formel se prêtait à être chaque fois « re-développé » dans une performance orale (avec
un changement minime du « texte »), et pourrait bien avoir été transmis par un collège de
chantres depuis le VIIe siècle. L’argument, un peu zénonien, selon lequel cette performance
-8-
D. DÉSINENCES HOMÉRIQUES − E. ABRÉVIATIONS
devait avoir été enregistrée (puisque nous en possédons une édition, cf. Skafte Jensen) par
un scribe, par un rhapsode, ou encore par les filles de l’auteur, et fixé sur des peaux de bêtes
(Irigoin), ne tient pas compte des capacités orales de fixer non pas le texte mais la forme.
Si l’on ajoute les capacités de mémoire dont les rhapsodes se vantaient (cf. Nagy, ci-dessus
chapitre B), on peut admettre que des « enregistreurs » ont eu tout loisir, pendant un siècle
au moins (par exemple lors des Panathénées), de mettre petit à petit, morceau par morceau,
le poème par écrit, sans devoir craindre de composer des fragments trop incohérents. La
forme traditionnelle peut fixer un chemin de chant.
E. Abréviations
? = incertain ;
abr. voc. = abrègement vocalique : une voyelle longue en fin de mot peut être abrégée
avant une voyelle ouvrant le mot suivant si le mètre le demande ;
acc. = accusatif ;
acc. de suj. = accusatif de sujet dans une proposition infinitive (à traduire par a : inser-
tion d’un que, b : acc. = sujet, c : infinitif = prédicat) ;
aci = proposition infinitive (accusativus cum infinitivo) ;
act. = actif ;
adhort. = adhortatif (qu’il fasse…) ;
analepse = reprise, flashback. Genette 1972 distingue l’analepse externe (= parlant
d’événements qui se sont passés avant le début du récit), l’analepse interne
-9-
INTRODUCTION
répétitive (qui reprend des événements déjà racontés après le début chrono-
logique du récit) et l’analepse interne complétive (qui parle d’événements
que le narrateur a manqué de mentionner mais qui se sont déjà passés et ceci
après le début chronologique du récit) ;
anaph. = anaphorique : pronoms renvoyant le plus souvent à un nom, mais aussi
parfois à un fait déjà mentionné dans la performance (cf. cataphorique, dé-
ictique) ;
aor. = aoriste (‘fit’), forme « non marquée » de l’activité, exprimant le fait, ac-
compli ou présupposé ; dans l’opposition entre information connue (to-
pique) et focus, il est du côté du topique, et sert souvent à mettre en évidence
soit le sujet, soit le cod (cf. pr.).
appos. = apposition
ath. = athématique (aor. ath. = aor. radical) ;
attr. = attributif (= allem. prédicatif)
cataph. = cataphorique, se dit des pronoms qui annoncent un nom ou un autre
pronom (‘ce... qui’) dans la performance ;
ch. = chant ;
chev. = cheville (prospective, « il dit », ou rétrospective « ainsi dit-il »)
cod = complément d’objet direct
cohort. = cohortatif (1pl. subj. : ‘faisons !’) ;
comm. = datif commodi, de l’avantage ;
comp. = comparatif ;
conj. = (participe) conjoint, construction participiale en accord (conjoint) avec
le cas, le genre et le nombre d’un substantif, souvent le sujet ou le cod de
la proposition, correspondant à une relative (entre virgules selon les règles
françaises), par opposition à la construction détachée du sujet ou de l’objet
de la proposition, appelée de ce fait génitif absolu, qu’on traduit par une
circonstancielle (parce que, quand, etc.). Le génitif absolu est très rare dans
l’Od. (dans la plupart des cas, la solution du part. conj. convient).
conséc. = consécutif (de sorte que) ;
dat. = datif ;
déictique = marqueur pragmatique (par exemple un pronom comme ὅδε, ἐκεῖνος)
qui renvoie, par opposition à anaphorique / cataphorique, à l’espace de
l’énonciation, souvent celui des personnages, donc à ce qu’ils voient, mais
que le public ne voit pas, plus rarement chez Homère à la situation de com-
munication ;
dép. = déponent (verbe sans morphologie active) ;
dés. = désinence (terminaison moins la voyelle thématique) :
dét. = déterminatif = ici utilisé comme possible résidu des déterminatifs VIR,
MULIER, TELA, etc., dans les catalogues mycéniens ; les déterminatifs
créent une syntaxe d’apposition différente de la nôtre, nécessitant parfois
une traduction par suppression : nous disons simplement des servantes, là
où la tradition homérique dit ἀμφιπόλοισι γυναιξίv, simplement manteau
- 10 -
E. ABRÉVIATIONS
- 11 -
INTRODUCTION
mais pas toujours du prédicat, cf. Topique ; Bertrand 2010 distingue, chez
Homère comme en grec en général, le focus préverbal fort d’un focus plus
faible dans le champ focal après le verbe. Le verbe peut former lui-même le
focus et se trouve alors souvent dans l’aspect marqué ;
franç. = français
fut. = futur (‘fera’) ;
gén. = génitif ;
hiatus = collision d’une voyelle située en fin de mot et de la voyelle initiale du mot
suivant. Selon le type stylistique, on l’évitait comme « jointure dure » (Dé-
mosthène et Pindare l’utilisent, mais Isocrate et Sappho l’évitent, il est rare
chez Homère) ;
hitt. = hittite ;
h = hymne homérique (hVen = hymne homérique à Aphrodite, hMerc =
hymne homérique à Hermès etc.)
Il. = Iliade ;
imp. = impératif (‘fais !’) ;
impf = imparfait (‘faisait’) ;
incomm. = datif incommodi, du désavantage ;
inf. = infinitif (‘faire, avoir fait’) ;
instr. = instrumental, cas par lequel on indique le moyen par lequel on fait qqc ;
intr. = intransitif (en général des parf. au sens pass., mais à morph. active);
ion. = ionien ;
jussif = infinitif exprimant un impératif (construit avec un nominatif du sujet) ;
litt. = littéralement ;
loc. = locatif (indiquant le lieu) ;
m. = masculin ;
moy. = moyen (parfois traduit en français par une forme active, le moyen grec
implique une intensité de l’action (p.ex. le risque qu’on prend) qui peut
avoir pour effet de détourner notre attention de l’agent, en faisant du sujet
grammatical un simple participant, ou encore la victime de l’action. Nous
utilisons pour rendre cet effet une catégorie hellénistique, celle du passif,
qui, avec l’actif, constitue chez Denys le Thrace l’un des deux extrêmes en-
cadrant la forme du meson. Le nom de moyen est donc au départ une dési-
gnation purement géométrique, qui n’a rien à voir avec sa fonction) ;
myc. = mycénien ;
n. = neutre ;
nég. = négation ;
nom. = nominatif ;
Od. = Odyssée ;
opp. = opposition, opposé ;
opt. = optatif (‘qu’il fasse’) ;
parf. = parfait (‘a fait pour de bon’) ;
part. = participe (‘faisant’, ‘fait’, etc.) ;
- 12 -
E. ABRÉVIATIONS
partit. = (génitif) partitif, qui exprime l’ensemble dont on choisit une partie ;
pass. = passif (‘est fait’, catégorie absente dans des langues rurales comme l’esto-
nien, mais nécessaire dans des systèmes politiques plus amples comme la
démocratie attique, qui ont besoin de cacher l’agent : les affiches des trans-
ports publics suisses ne diront pas « les contrôleurs percevront une amende
de 100 frs », mais « une amende sera perçue ». Chez Homère, la plupart des
cas semblent couverts par l’opp. actif – moyen, mais il y a des cas où les
commentateurs sont tentés de dire qu’il s’agit d’un « vrai » passif, pathe-
tikon, terme encore ambigu dans les Catégories d’Aristote, mais qui forme
l’un des deux extrêmes dans le système d’oppositions de Denys le Thrace) ;
pdv = point de vue ;
pl. = pluriel ;
pos. = position (métrique, syntaxique) ;
poss. = possessif ;
pot. = potentiel ;
pqpf = plus-que-parfait (passé d’un état, d’un résultat, diff. du pqpf franç. ‘avait
fait / eût fait’) ;
pr. = présent (‘fait’), avec l’impf : aspect « marqué » de l’activité, sert à décrire
et à mettre en évidence non un acte, mais l’activité (en attirant l’attention
sur le comment, la qualité même du faire, souvent par opposition à d’autres
activités), sans qu’on s’intéresse à l’issue ou à l’acte ;
pron. = pronom (cf. anaph. et cataph.), type de mot qui reprend, remplace ou
annonce un nom ;
prop. = proposition (par exemple proposition infinitive = accusatif avec infinitif)
rad. = radical (aor. radical = aor. athématique) ;
red. = redoublement ;
restr. = restrictif ;
schol. = scholies ;
sg. = singulier ;
sit. = situation (sit. comm. = situation de communication) ;
slt = seulement ;
spond. = vers spondaïque, qui se termine sur - - - X ;
str. ann. = structure annulaire ;
subj. = subjonctif (‘fasse’) ;
suff. = suffixe (par exemple -σκ-, suffixe itératif) ;
suj. = sujet syntaxique ;
suppl. = supplétif (changement de paradigme dans les formes primitives) ;
sync. = syncopé (πάρ au lieu de παρά) ;
tmèse = phénomène syntaxique que les scholiastes ressentent comme la division
du préverbe et du verbe par un connecteur, un cod ou autre. Les linguistes
diachroniques ont contesté sa valeur d’hyperbate (de division), parce que
le préverbe aurait eu « encore » un statut d’adverbe indépendant. Mais
Bertrand 2010 montre que leur fonction est d’intégrer un cod (ou autre) à
- 13 -
INTRODUCTION
l’activité (κατὰ βοῦς Ὑπερίονος Ἠελίοιο / ἤσθιον, ‘comme ils ont commis
l’erreur de manger-les-boeufs-de-Soleil’) ;
topique = partie dont on présuppose qu’elle est connue de l’interlocuteur, et qui
forme le point de départ d’une proposition, (cf. aor.). Bertrand 2010 dis-
tingue un Topique en début de proposition, souvent emphatique, et des to-
piques qui se trouvent après le verbe, souvent faibles. Quand le verbe fait
partie du topique, il se trouve plutôt à l’aor. ;
trad. = traduire, traduction
Ul. = Ulysse ;
var. = variante de transmission : cf. les éditions
voc. = vocatif ;
F. Métrique
Les Grecs ressentaient un mouvement rythmique dans l’opposition entre les deux
types différents de formes syllabiques ou dans la transition de l’un à l’autre. La première
forme de syllabe (que les métriciens anciens appelaient syllabe brève, sans qu’il y ait forcé-
ment une différence de durée) ne comporte qu’une voyelle brève et ouverte, c’est-à-dire
qu’entre la voyelle brève et la voyelle suivante, on ne trouve pas plus d’une seule consonne.
Le second type de syllabe est constitué par tout le reste des cas de figures
– Détachement des syllabes : pour analyser les syllabes, il faut se rappeler la règle
selon laquelle la dernière consonne après une voyelle ou une diphtongue appar-
tient toujours à la syllabe suivante.
Ἀν-δρα μο-ι ἔν-νε-πε Μοῦ-σα, πο-λύτ-ρο-πο-ν ὃς μά-λα πολ-λά
6
– Après les explications précédentes, le détachement des premières syllabes ἄν-δρα
au lieu de ἄνδ-ρα peut surprendre. Cela nous amène à introduire un critère sup-
plémentaire de l’analyse, connu comme la règle du groupe consonantique muta
cum liquida : en grec, une consonne plosive ou muette (muta), comme une dentale
(t, d, th), une vélaire (k, g, kh) ou une labiale (p, b, ph), peut être intimement liée
dans la prononciation à une latérale ou liquide (liquida : l, r), de sorte que cette
combinaison peut compter comme une seule consonne, et donc former le début
d’une syllabe comme dans le cas de dra. La syllabe précédente n’est donc pas for-
cément fermée. Pas forcément : selon les besoins du mètre, le poète ou la poétesse
6
Pour la quantité de la dernière syllabe du vers, voir infra.
- 14 -
F. MÉTRIQUE
pouvaient aussi tenir ces deux consonnes pour séparées. Les éditeurs modernes
indiquent souvent ce cas par une apostrophe : dans polut’ropos, le /t/ ferme la syl-
labe précédente, mais il est imaginable de trouver chez Pindare un polu’tropos où le
groupe muta cum liquida laisserait la syllabe précédente ouverte, et donc potentiel-
lement brève (en l’occurrence, le upsilon de polutropos est bref).
Les vers homériques semblent, de par leur schéma métrique dit de surface, avoir été
conçus, de même que tous les vers épiques dans les différentes traditions, germanique, slave,
indienne, comme composition de deux parties, qu’on aime appeler des jambes, côla, et qu’on
identifie parfois à un « demi-vers » ou hémiépès et (selon un papyrus scolaire) l’énoplion :
/𐄂
hémiépès énoplion
C’est le schéma que respectent les inscriptions du VIIe et VIe siècles, Stésichore, et quelques
témoins des textes homériques. Aussi lisait-on sur le coffre de Kypsélos, après 575, la des-
cription suivante en compagnie d’autres vers épiques (54a Friedländer) :
7
Dans ce cas-ci, la partie finale de la voyelle longue s’ajoute sans doute comme glide à la voyelle qui suit.
- 15 -
INTRODUCTION
Selon Damon, Cicéron et Denys d’Halicarnasse, cette métrisation va de pair avec un chan-
gement musical : si, chez Homère, les deux brèves étaient plus longues que le longum, la
nouvelle esthétique rend égaux les deux éléments. Ce n’est que 100 ans plus tard qu’on
trouve pour la première fois, chez Hérodote, l’expression « ton » de six mesures ou hexa-
metros tonos, qui désigne ce « nouveau » rythme, comparable au rythme « métrisant » de
la comédie, qui se moque volontiers du rythme plus traditionnel en côla de la tragédie.
Dans les Nuées, Aristophane utilise le nouveau rythme pour faire des plaisanteries aux
frais d’un paysan qui n’a appris que l’ancienne muse. Ainsi, Socrate demande à Strepsiade
s’il veut apprendre le nouveau rythme pour faire le malin dans les banquets : mais le me-
tron n’est pour le vieil homme qu’une unité de blé, et quand Socrate lui parle de dactyles,
des « doigts » métriques, le paysan pense à un autre membre, plus viril. On peut supposer
que les nouveaux professeurs de musique levaient ou abaissaient le doigt entre les metra.
En tout cas, chez Damon, le maître de musique de Socrate, les metra du type – de
l’hexamètre s’appelaient daktyloi. Le même Damon prétend, au Ve siècle, qu’on peut lire
un vers épique, un epos, de deux façons : soit avec un énoplion (kat’enoplion), soit avec
des dactyles (kata daktylon). Mais quand, deux siècles plus tard, Hérodas veut transposer
cette scène – un père qui ne comprend pas ce que son fils apprend à l’école –, à l’époque
des philologues alexandrins qui « fabriquent » le texte homérique que nous utilisons,
l’iambographe doit remplacer le père par une mère qui ne connaît que la tradition très
traditionnelle des femmes. Elles sont les seules à prononcer des côla d’un seul trait, alors
que le fils apprend à les dire « comme s’il les passait au crible », en petites unités. La mé-
trique de Zénodote (IIIe s.) et d’Aristarque (IIe s.) ne connaît effectivement que le rythme
« digitalisé », hexamétrique. Et l’on n’est pas surpris de voir que ces philologues obsédés
par la théorie de l’analogie « corrigent » le vers iliadique cité et insèrent un second περ10.
8
Berg N., « Parergon metricum, der Ursprung des griechischen Hexameters », MSS 37 1978, 11-36.
9
Le signe signifie qu’une brève peut se trouver à la place d’une longue (syllaba brevis in elemento longo).
10
D’autres mss. donnent μιμνέτω αὖθι τέως γε ἐπειγόμενός περ Ἄρηος, ce qui n’est pas possible au niveau
- 16 -
F. MÉTRIQUE
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
// (/) | X
1,5 2 3,5 4 5,5 6 7,5 8 19,510
/ après 5 : la penthémimère (après « cinq demi-parts », c’est-à dire fin de mot fré-
quente après 5 positions ou après le côlon appelé hemiépès masculin ou hémiépès
tout court). Chez Homère, cette fin de mot est un peu moin fréquente que la sui-
vante, mais c’est celle que les Romains préfèrent.
/ avant 6 : κατὰ τρίτον τροχαῖον, « au troisième trochée », c’est-à-dire après un
côlon appelé hémiépès feminin ou avant la position 6,5. C’est la fin de mot la plus
fréquente chez Homère (peut-être l’effet d’une synaphie lexicale plutôt qu’un mo-
ment de connexion entre deux côla).
(/) après 7: l’hephthémimère, un trait caractéristique des auteurs archaïques et hellé-
prosodique (hiatus) ni métrique (devant l’hiatus le γε pourrait devenir long) et représente également une
tentative de correction.
- 17 -
INTRODUCTION
Comme on le voit, Marius Victorinus, ou tous les autres théoriciens antiques, ignorent
complètement cette invention, linguistiquement fautive, du XIXe siècle qu’est la « tri-
thémimère » (corrigée par Nougaret en trihémimère). Celle-ci naît bien au Moyen Âge
comme « hyper-penthémimère », mais chez nous elle émerge du constat de la fréquence
impressionnante, à cette position, des fins de mots, souvent de facture assez dure (lors-
qu’un mot à consonne finale est suivi d’un mot à consonne initiale, ce qui est plutôt le
signe d’un repos à l’intérieur d’un côlon11). On ne tiendra donc pas compte de cette pré-
tendue « trihémimère ».
Comme l’ont montré plusieurs colloques, et surtout l’échec de diverses tentatives dans
ce sens, notamment dans les manuels, on ne peut pas donner de définition synchronique
de « la césure » ; on est contraint, pour en trouver une, de recourir soit à des interactions
entre des unités syntaxiques et des unités métriques, soit « à l’oreille », mais il ne s’agit dans
aucun cas de concepts métriques. En revanche, une explication diachronique est possible :
à la différence de poètes comme Ovide ou Virgile, les chantres de l’Odyssée n’utilisent pas
des séries de vers partageant la même « césure », pour les faire interagir avec des unités de
sens ou de voix, mais des séries formées par la répétition, à la même position, d’une longue
remplaçant deux brevia (l’elementum biceps). On a donc l’impression que la « césure » n’a
pas grande valeur rythmique chez Homère, qui ne travaille pas avec la division d’un vers
mais plutôt avec la réunion de deux côla. Cette jointure entre deux unités, respectée par le
système formulaire, change de statut dans le nouveau rythme, celui des metra : maintenue
par le formulaire, elle se retrouve soudain non entre des unités, mais au milieu d’une uni-
té, qui se trouve ainsi « coupée » en deux, ce qui explique son importance toute nouvelle.
Chez Homère, la syllabe en fin de côlon réagit (mais plus rarement) comme une fin de
vers par une syllaba indifferens ou un elementum anceps (X) et on y trouve des hiatus plus
souvent qu’ailleurs. Parler de césure chez Homère n’est donc probablement pas plus qu’un
usage de l’antiquité tardive, plus économique, mais un peu impérialiste.
11
La deuxième loi de Meyer dit que l’hexamètre homérique évite de faire commencer un mot dans le premier
metron, s’il se termine après la première ou la seconde brève du deuxième metron. Autrement dit : dans un hémié-
pès sans contraction en longues au biceps, une division comme 2 syllabes – 3 syllabes – 2 syllabes est interdite de-
vant une césure penthémimère. Fränkel, parmi d’autres, a reformulé la règle du point de vue des césures, d’abord
pour Callimaque, qui aurait redéfini le vers homérique en insérant deux régions supplémentaires susceptibles
d’accueillir des césures. Là où Meyer voyait un pont, donc une tendance à éviter certaines positions, Fränkel
montre qu’il existe, dès Homère, une tendance positive qui donne une valeur presque contraignante à certaines
césures : la division 3 syllabes – 4 syllabes ou 4 syllabes – 3 syllabes est ainsi particulièrement recherchée dans ce
même contexte, celui d’un hémiépès pur.
- 18 -
F. MÉTRIQUE
Métrique sérielle : les chantres homériques étaient des machines à vers qui, à l’instar
d’un disque ou d’un magnétophone, pouvaient répéter la même mélodie quand ils étaient
surchauffés, c’est-à-dire quand, à la voix du narrateur et du personnage, s’ajoutait encore
la voix du locuteur, le fameux clin d’œil à l’auditeur : dans ce cas, la production de vers
variés subit une restructuration au sens moderne du terme : on supprime toute variété et
pendant 4-6 vers, on trouve une longue à la même position métrique au biceps. On voit
par exemple que dans les 33 cas de serments (sur 37) de toute l’épopée archaïque, donc de
programmes narratifs qui impliquent le locuteur dans la performance épique, on trouve un
cluster de ce genre, pour utiliser un terme de Kirk. Ainsi, le serment d’Euryclée de ne rien
dire à Pénélope du voyage de son fils, en Odyssée 4.747-750, se présente comme un vrai
serment par un cluster de vers qui ont tous une longue à la seconde position :
Mais quand un personnage n’a pas l’intention de tenir son serment, comme Hermès dans
son hymne, ou Héra quand, dans la Dios apate, elle jure qu’elle ne veut pas tromper Zeus,
ou encore les compagnons jurant de ne pas toucher les bœufs du dieu Soleil, les clusters
n’apparaissent pas14. Dans l’Odyssée, on trouve plus de clusters (un cluster de 4 vers sur 27
12
C’est Naeke qui a formulé une règle concernant cette diérèse évitée dans un article sur l’Hécalé de Callima-
que paru dans le RhM de 1835. Il dit que la fin de mot est évitée par les poètes hellénistiques, non seulement après
le deuxième biceps, mais aussi après le quatrième, si cet elementum biceps est réalisé par une syllabe longue. Donc
/ mais
/ / /
Aujourd’hui cette règle ne semble pas plus qu’un effet de la re-rythmisation.
13
T. Maurus, De metris 1695-1701 = p. 376 Keil VI cf. Diomedes 498. 4-8.
14
Mais les autres serments de l’Od. ont un cluster : Od. 4.255-257 : pk4; 4.747-750 : pk2; 5. 178-180 : k4; 5.187-
- 19 -
INTRODUCTION
vers) que dans l’Iliade, et on en trouve en général davantage dans un catalogue (Hésiode,
catalogue des vaisseaux, tous les 19 vers) que dans un récit (Od., Il., hymnes). La spécialité
de l’Odyssée semble être la description de l’espace fonctionel, le passage rapide du narra-
teur d’un espace à un autre ainsi que le mensonge des personnages, dans ces trois cas une
duplicité qui demande visiblement beaucoup de travail au chantre. Voici la liste exhaustive
de ces clusters :
Odyssée (12110 vers : 449 Cluster = 26,9 densité sérielle, avec les caractéristiques
suivantes: ainos (discours double), analep(se), apostroph(e), aut(oritaire, discours) au-
tor(eferentiel), C(luster)D(ensité) cat(alogue), comp(araison), dépl(acement), descr(ip-
tif), di(scours direct), extra(textuel), fin, gnom(ique), intert(extuel), inv(ocatio), iron(ie),
men(songe), narr(atif, discours), ophra(tophra), P(rogramme)N(arratif), plainte, prép(a-
ration), presque(scène), pri(ère), prol(eptique), quelqu’un(discours), serment, Sig(ne et
geste), str.ann., syll(epse: prolepse dans l’analepse), typ(ique, scène), vant(ard):
189 : pk8; 10.298-302 : pk4; 10.343-345 : k4; 14.168-170 : pk8 avec le refus d’un horkos; 15.433-436 : pk2, 18.55-
57 : pk4; 20.224-226 : pk4.
- 20 -
F. MÉTRIQUE
- 21 -
INTRODUCTION
- 22 -
F. MÉTRIQUE
- 23 -
INTRODUCTION
G. Accent
À l’époque hellénistique, une première notation émerge dans les éditions alexandrines
de la poésie autrefois chantée, et sert, entre autres, à recréer graphiquement l’impression
de la musique perdue. Les œuvres épiques, par contre, ne sont accentuées que de manière
sporadique, tandis que les éditions d’ouvrages en prose ne sont normalement pas
accentuées, moins encore les documents privés15. Ces signes écrits ne donnent que des
indices de la prononciation de l’accent dit musical. Ils ne s’alignent évidemment pas sur
les temps forts de la scansion par ictus telle que les allemands la pratiquent depuis Opitz,
mais il existe des interactions surprenantes entre mélodie accentuelle et rythme métrique,
15
Aristide Quintilien (De musica, I, 4, p. 6 W. - I.) remarque que ses contemporains prononcent les accents
des mots de manière appuyée dans la lyrique, moins dans la récitation de vers épiques, tandis qu’ils les subor-
donnent dans la prose à l’intonation phrastique. Cette remarque s’accorde avec la notation des accents dans les
papyrus. Il est d’ailleurs significatif que la ponctuation ait commencé à être introduite parallèlement à la notation
des accents dans les éditions d’œuvres poétiques : elle a en effet été conçue comme une aide à la colométrisation
de l’épopée.
- 24 -
G. ACCENT
classique byzantin
/ \\ |
anthroopos versus anthropos
16
Comp. 11, 15.
17
Le système change radicalement : l’accent byzantin n’est plus un chant fondé sur une opposition binaire
(montée, descente) affectant le mot entier et même l’enchaînement syntaxique, mais met en évidence la particu-
larité d’une syllabe déterminée, phonétiquement et graphiquement marquée parmi des syllabes atones. La norme
est l’absence d’accent, et l’accent en est l’écart. Ce passage d’un système de deux marqueurs vers un système de
normalité non marquée et d’écart marqué (qu’on lise le début de la sémiotique d’Eco) correspond à une tendance
générale qui se manifeste au niveau idéologique, politique et de gender au cours de la période impériale.
- 25 -
INTRODUCTION
des rhapsodes, puisque celle-ci aidait le public à comprendre la syntaxe : pour la lecture de
l’édition, ils ont inventé les signes qui miment la montée (/) et la descente (\).
Si Hérodien fait partie des scientifiques qui, à l’époque impériale, sont obsédés par la
soumission des différentes formes classiques et hellénistiques à un seul système normatif
(cf. Héphestion, Hermogène, Quintilien), les Alexandrins, eux, préféraient encore suivre
l’observation et restituer graphiquement ce qu’ils entendaient.
Règle 1 : Les voyelles longues sont ici notées comme des voyelles redoublées (omega =
oo, eta = ee, iota long = ii, etc.).
Règle 2 : les caractères sur lesquels se produit l’ascension du ton apparaissent en ita-
liques, tandis que les caractères qu’affecte la descente du ton sont soulignés.
Règle 3 : chez Homère tout comme en attique, les formes verbales conjuguées et une
majorité des formes nominales (adjectifs, substantifs) font remonter – mais jamais au-delà
de l’augment – l’ascension de la mélodie accentuelle (marquée dans le système byzantin par
un aigu), si possible de trois temps (un temps = voyelle brève, deux temps = deux voyelles
brèves, une voyelle longue, ou encore une diphthongue, y compris les désinences en –ai et
–oi dans les optatifs et les locatifs, alors qu’elles valent un temps dans les autres cas).
C’est une règle descriptive, mais il y a des hésitations, et l’on se demande si les consonnes
sonores ne peuvent pas être prononcées comme par Sarah Bernard ; Hérodien pense par
exemple que le premier mot de l’Odyssée « devrait » porter un circonflexe sur a et n (an-
ndra moi = ἄνδρά μοι = andra mi). Mais il ajoute qu’Aristarque n’y a pas pensé, et il ex-
plique ce choix du philologue alexandrin par un refus de la cacophonie. La succession de
deux accents de stress byzantin est effectivement évitée dans le rythme de prose de Gaza, et
il pourrait donc s’agir d’une hyperalexandrisation rétroactive (cf . enntha per = ἔνθά περ
dans l’Il. de West ou 7.200 ἄλλό τι selon Hérodien, mais ἄλλο τι selon Aristarque). Car
l’accent trop régulier (et en accord avec l’ictus moderne) de teikheos eksoo est ressenti par
le théoricien hellénistique Pausimaque comme cacophonique par rapport à teikhe(os e)
ktos, qui lie les deux mots par une seule courbe. Or l’accentuation proposée par Hérodien
dérangerait justement la régularité impliquée par le choix de an-dra-mo-yen-ne-pe, et ne
serait donc pas forcément cacophonique pour les oreilles des philologues hellénistiques.
De même la règle selon laquelle l’augment constitue une barre qui interrompt la règle
de la remontée sur trois temps est prise au sérieux par Homère, qui met l’injonctif au lieu
des formes augmentées :
- 26 -
G. ACCENT
Règle 4 : si la dernière voyelle est brève et suit en même temps une voyelle longue, cette
dernière ne compte pas, peut-être parce que le rythme la rend hyperbrève, comme le pense
Wifstand, peut-être parce qu’elle est attirée par la mélodie du mot suivant :
L’accentuation alexandrino-byzantine d’Homère ne s’en écarte que par quelques mots qui
en attique remontent au-delà de la longue, mais pas dans l’ionien d’Homère :
Règle 5 : une série de noms n’ont pas une colline comme contour principal, mais, pour
reprendre la manière dont Varron ressent ce contour dans certains mots grecs, une vallée,
l’inversion d’un circonflexe ; c’est sans doute aussi ce que suggère Héraclite lorsqu’il parle
de l’inversion du sens dans un « même » mot : bios, la vie, et l’arc, bios, l’instrument de
la mort. La mélodie des formes nominales peut voir son champ limité, indépendam-
ment de la longueur du mot. Parmi les trois emplacements possibles pour les courbes
accentuelles, celui de la montée sur l’avant-dernière more peut être considéré comme une
exception. Un tel emplacement est le plus souvent dû au nombre limité des syllabes du
mot (mots dissyllabiques); dans les autres cas, il est le résultat d’une contrainte (ultrabrève
finale, seconde partie d’un mot composé, forme « dactylique »18, notamment des substan-
tifs et des adjectifs en -ύλος, -ίλος et de certains substantifs en -ίον), ou d’une dérivation
analogique (suffixes -έτις / -έτιδος, -ίσκος, -(λ)έος). Il y a encore les participes du parfait
médio-passif (ex.: γεγραμμένος). Dans les autres noms, la montée s’effectue soit sur la
troisième dernière more, soit sur la dernière.
18
Dans les mots «dactyliques» le tropos accentuel a tendance à se placer entre les deux brèves (loi de Wheeler).
- 27 -
INTRODUCTION
7b) On peut en déduire que, quand Dios se trouve devant un mot dont l’accent prin-
cipal ne commence que sur le deuxième ou troisième temps, l’ascension de Dios a
sa descente sur ces temps dans le mot suivant : Dios boomos. Or dans ce sandhi, le
contour est très faible, il est « endormi », comme dit Hérodien. À l’époque impériale,
Hérodien décide d’indiquer ce phénomène, un contour réduit entre des contours forts,
au moyen de l’accent grave (qui a par ailleurs perdu sa fonction dans les notations
byzantines) ; il l’emploie pour différencier ce cas de ceux où le mot suivant, enclitique,
n’a pas son propre accent principal. Devant ces enclitiques (tis ou eis qui, chez Homère,
est enclitique, à la différence de εἶ, tu es, en attique ; feemi n’est pas enclitique dans la
majorité des mss.) le sandhi fonctionne de la même façon, mais avec un contour plus
net, comme un contour primaire que le système byzantin note par un aigu :
7c) Quand un contour primaire ou secondaire monte au début d’une voyelle longue
ou d’une diphthongue, il doit se terminer sur le second temps (un circonflexe plein
ou réduit). L’accentuation hellénistique qui, dans les scholies impériales, dévie de la
norme hérodienne et passe de ce fait pour être « homérique », produit ainsi des accents
graphiques différents sur le même mot :
19
Steinrück M., « Argumente zum griechischen Akzent », Lexis 21 2003, 27-37, et id., « L’accent musical
secondaire des properispomènes et des proparoxytons dans la VIIe Néméenne, (un argument de théorie accen-
tuelle) », Revista Classica 25, 2013, 79-98.
- 28 -
G. ACCENT
7d) En plus de ces règles, on peut soupçonner des tendances de cet accent secon-
daire qu’on mettra entre parenthèses : selon Aristote, Sophistici elenchi 179a, aucune
voyelle n’est exempte d’accent, et l’on s’attend à trouver, avant le contour principal,
un contour secondaire, le moins important possible et pas plus qu’un seul. Les mots
composés constituent des exceptions.
Règle 8 : les prépositions étaient des jokers accentuels. Elles assumaient l’accent pro-
noncé que la configuration syntaxique demandait, mais les règles grammatologiques by-
zantines, qui ne servent qu’à distinguer le sens à l’écrit, prévoient quatre groupes :
a) les prépositions monosyllabiques qui commencent par une voyelle ne portent pas
d’accent (εἰς, ἐκ, ἐν).
b) celles qui commencent par une consonne portent un aigu (ou grave, p.ex. πρός),
c) les prépositions dissyllabiques portent un aigu (ou grave) sur la seconde voyelle
(p.ex. μετά).
d) quand une préposition n’est pas pré-posée, mais post-posée, on parle d’une postpo-
sition, et on la marque graphiquement en plaçant l’accent aigu sur la première syllabe :
παρὰ γονέων, mais γονέων πάρα. On parle alors d’une anastrophe accentuelle.
Ainsi les petits mots, les pronoms, prépositions, particules n’ont pas leur « propre » ac-
cent (idios tonos), mais tentent d’arranger l’enchaînement des contours : la négation ou
peut porter un circonflexe ou non ; ὥς, ainsi, s’écrit parfois avec un circonflexe, de même
que τώ ou τῶ (2.281) au sens de c’est pourquoi, tandis que même un nom comme φώς,
l’homme, peut porter l’accent circonflexe dans la transmission, comme s’il s’agissait du
substantif τὸ φῶς, la lumière. Il ne s’agit pas ici de critiquer les dégâts qu’ont faits les scien-
tifiques antiques en voulant « clarifier », instaurant un système normatif qui supprime
les finesses, mais il faut comprendre que les distinctions sémantiques introduites par les
commentateurs impériaux ne reflètent pas forcément la sensation des philologues alexan-
drins, non plus que celle d’Ion, le rhapsode dont Platon se moque, ou celle d’un chantre
du VIIe siècle. Ainsi, on distingue entre ἤ... ἤ au sens disjonctif affirmatif (sive sive) et ἦ au
sens interrogatif (an), ou ἤ... ἦ. Mais depuis les travaux de Laum sur l’accentuation alexan-
drine, les éditeurs modernes (van Thiel) préfèrent parfois suivre simplement la tradition
des manuscrits, ou même simplifier en mettant toujours ἤ pour « ou » et en réservant ἦ
à la particule qui introduit une simple question (une sorte de point d’interrogation oral).
Dans d’autres cas, les accents semblent vraiment refléter une opposition, comme le couple
πλήρης et ἀπόλυτος, « emphatique » et « non emphatique », par exemple dans les pronoms
20
D’où l’idée des philologues tardifs qu’hoos signifierait « quand même ».
- 29 -
INTRODUCTION
personnels au pluriel (2.31) ἥν χ’ ἥμιν σάφα εἴποι, « qu’il peut nous indiquer clairement »,
où le nous non emphatique est marqué par un aigu (heemiin), alors qu’en 2.210 οὐχ ὑμέας
ἔτι λίσσομαι, « ce n’est plus à vous que je le demande », on indique la mise en évidence du
nous par un accent différent.
Dans son édition, West a donné raison aux graphies qui considèrent les consonnes
sonores comme pοrteuses de la mélodie accentuelle (ἄνδρά μοι = an-ra mo- ), mais il ne
l’a fait que là où les mss. l’attestent.
Les distensions posent des problèmes : hoou < hou (‘dont’, en 1.70, qui intéresse Hé-
rodien, le fils d’Apollonios Dyskolos, auteur d’un Sur les pronoms) est classé comme un
« article » (ce qui, chez Denys comme chez Apollonios, inclut les pronoms relatifs), donc
un phénomène de distention qui se veut l’inversion d’une contraction (cf. 5.377 ἁλόω
pour ἁλῶ), alors que les pronoms personnels ne feraient pas subir à l’accent la même
distention : heou (de son propre). La tmèse invite également à des discussions : Ἰθάκην
κάτα κοιρανέουσιν ou Ἰθάκην κατακοιρανέουσιν ? Dans le second cas, il faut orthotonein,
« mettre le plein accent », un accent montant sur la seconde voyelle de la préposition/pré-
verbe (1.247). Il n’y a donc qu’une différence de netteté entre kata ko(ira)neousi et kat(a-
koira)neousi. Cette ressemblance peut être un rappel de l’ancien sandhi qu’Hérodien ou du
moins ses commentateurs sacrifient à la règle byzantine des trois syllabes (et non temps).
H. Bibliographie
Cette bibliographie n’a pas pour but d’être exhaustive, mais d’indiquer au lecteur une
première orientation et d’ajouter à la tradition anglo-allemande quelques textes des ho-
méristes américains et francophones. Pour une bibliographie plus exhaustive, voir le site
HOMERICA, ainsi que le commentaire de Zambarbieri. Nous nous sommes évidemment
appuyés, sans indiquer l’année de parution, sur les commentaires de l’édition Loenzo Val-
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- 44 -
H. BIBLIOGRAPHIE
- 45 -
CHÂTEAU I : MESSAGER – 2 VOYAGES (ET RÉCITS) – MESSAGER (CHANTS 1-5)
Od. 1
Les chants 1-2 représentent une unité narrative, qui peut être considérée comme une
grande str. ann. commençant après l’assemblée des dieux (19-95) et l’arrivée d’Athéna à
Ithaque (96-105). Elle peut être organisée selon le critère des espaces sociaux, par ex. la
partie de la maison attribuée aux hommes, l’espace des femmes, l’espace masculin public
en dehors de la maison :
1 Les vers 1-10 forment le proème, prélude ou prière qui met en scène la mise en discours
par le chantre comme un dialogue entre une 1ère personne du singulier et une 2ème : il
indique en outre le moment à partir duquel, dans la matière narrative, la muse doit
raconter, à travers la bouche du chantre, une sorte de mariage des voix qui finit par
l’utilisation de la 3ème personne, une sorte de narrateur. Le premier mot donne le su-
jet, comment le héros Ul. devient aner, être humain de sexe masculin et mari; ἀνήρ
homme adulte, mari, être humain masculin (et non un héros); μοι me, à moi, dat. encl.
de ἐγώ ; métrique : le vers permet d’analyser moyennepe comme mo-yen-ne-pe, mo
est donc bref; ἐννέπω dire, raconter, imp.; μοῦσα muse (ét. de μανθάνω, du rad. men-,
mémoire, ou de mons ?); πολύτροπος qui a beaucoup de formes, connaît beaucoup
de ruses; ὅς qui, pron. rel. dit hymnique, qui permet de glisser de la 2ème personne à la
3ème, vers la narration; μάλα très, adv.; 2 πλάζομαι être jeté, errer, aor.; ἐπεί lorsque,
métrique de πλάγχθη ἐπεί : la voyelle longue finale de πλάγχθη s’abrège (et consti-
tue une position brève) avant la voyelle inititiale brève de ἐπεί : vocalis ante vocalem
corripitur ou abr(ègement) voc(alique), cf. introd.; ἱερός sacré (litt. fort, magique, dit
des structures « virtuelles », religieuses); πτολίεθρον forteresse, acropole d’une ville,
la ville (forme dite arcado-chypriote); πέρθω détruire, aor.; 3 ἴδεν il vit, aor.2 (sans
augment, sans mise en évidence de l’activité comme étant plus proche dans l’illusion
épique selon Bakker 2005) de ὁράω, voir; τὸ ἄστυ ville (dans l’Od. le mot n’a pas le
sens de « faubourg »; νόος pensée, idéologie (sur la variante νόμον, Nicolai 1991);
γιγνώσκω apprendre à connaître; 4 πολλά beaucoup de (anaphore avec polyptote);
ὁ il, celui-ci, pronom de reprise ou pron. anaphorique (l’absence d’accent graphique
- 47 -
CHÂTEAU I
est une convention byzantine adoptée par vTh, Hérodien dit qu’on le prononçait avec
un aigu); πόντος mer; πάσχω souffrir, faire l’expérience de qqc; τὸ ἄλγος douleur; ὅν
= Fόν = suum : son; κατά + acc., partout dans (distrib.); θυμός organe de réaction,
cœur (cf. 29); 5 ἄρνυμαι sauver, ici part. de l’aspect imperfectif (= du présent) : es-
sayant de sauver; ἥν son (= suam); ψυχή (souffle de) vie; νόστος retour ; on a donné
des interprétations différentes de ce thème odysséen cf. Pucci 1987 : le XIXe s. a préféré
y voir un roman de formation (cf. 321) à l’instar du Télémaque de Fénélon ou de la
Sentimental Journey de Sterne, dans lesquels le voyage accomplit l’initiation du héros
ou, au contraire, comme un retour au même sans que le héros n’évolue (Superman
reste Superman d’un épisode à l’autre), ou encore l’infinie métamorphose du héros
sans autre but que le plaisir qu’il y prend); ἑταῖρος compagnon;
6 οὐδ’ ὧς pas même ainsi, quand même pas; ἕταρος compagnon; ῥύομαι sauver; ἵεμαι dé-
sirer, part.; περ + part., bien que; 7 σφέτερος pron. possessif réflexif : « d’eux-mêmes »
renforcé par αὐτῶν; ἀτασθαλίη litt. : dommage qu’on se fait à soi-même, souvent tra-
duit par aveuglement; ὄλλυμαι se perdre, périr; 8 νήπιος naïf; κατὰ... ἐσθίω dévorer,
en tmèse (phénomène syntaxique que les scholiastes ressentent comme la division du
préverbe et du verbe par un complément, par ex., comme ici, un cod. Les linguistes
diachroniques ont contesté sa valeur de division parce que le préverbe aurait eu « en-
core » un statut d’adverbe indépendant. Mais Bertrand 2010 montre qu’elle a la fonc-
tion d’intégrer un cod (ou autre chose) à l’activité : κατὰ βοῦς Ὑπερίονος Ἠελίοιο /
ἤσθιον, comme « ils ont commis l’erreur de manger-les-bœufs-du-Soleil »; ῾Υπερίων
« celui qui va au-dessus », épith. du Soleil (i long); Ἠελίοιο Soleil, gén. sg; 9 αὐτάρ or,
de son côté, mais; ὁ il, celui-ci, pron. anaph. (= is); τοῖσιν à eux, dat. pl. du pron. anaph.
(qui ne devient que plus tard l’article); ἀφαιρέομαι enlever; νόστιμος adj., du retour;
ἦμαρ ἤματος n., jour; 10 ἁμόθεν + gén., à peu près à partir de, d’environ…; γε encl.
de mise en évidence : c’est… que; θύγατερ Διός fille de Zeus, c’est-à-dire la muse; εἰπέ
imp. aor. de λέγω; ἀγορεύω; καί aussi (toi, tu le sais, mais dis-le aussi à nous); comme
beaucoup d’unités, le proème a la forme d’une str. ann. :
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OD. 1
11 Les vers 11-19a donnent le plan des deux moitiés de l’Od., cf. introd.; ἔνθα là (la marque
temporelle la moins nette); ἄλλος autre; πᾶς vraiment tout (plus totalisant que notre
tout); ὅσοι tous ceux qui; φεύγω fuir, à l’aor. : échapper; αἰπύς -εῖα -ύ, raide, diffi-
cile, soudain, abrupt; ὄλεθρος « perdition », mort; 12 οἴκοι à la maison, locatif; ἔσαν
ils étaient (forme épique sans augment); πόλεμος combat; τε... ἠδέ aussi bien… que;
πέφευγα parf. de φεύγω, fuir (participe); 13 τόν celui-ci, acc. sg du pron. anaph.;
οἶος seul; νόστος le retour; κέχρημαι être dans le besoin, + gén.; ἠδέ et; γυνή épouse
(femme qui a enfanté); 14 νύμφη nymphe, jeune fille (ou épouse qui n’a pas encore
enfanté); πότνια cheffe, maîtresse, dame; ἐρύκω retenir; δῖος divin; θεάων parmi les
déesses, gén. pl.; 15 τὸ σπέος grotte (σπέεσι ou σπέσσι); γλαφυρός bien voûté, rond,
creux; λιλαίομαι désirer; πόσις mari (prop. infinitive après désirer : qu’il soit son mari
ou qu’il y ait un mari);
16 ὅτε δή lorsque; τὸ ἔτος an, année; περιπέλομαι tourner (περιπλομένων ἐνιαυτῶν, for-
mule homérique un peu obscure : au cours des années, quand, après une année revient
le même jour); ἐνιαυτός le même jour après une année, année; 17 τῷ dans lequel,
pron. anaph. avec la fonction d’un pron. rel.; οἱ lui (dat. du pron. réfl. utilisé comme
pron. anaph.); ἐπικλώθω attribuer un sort en filant, aor. moy.; οἶκόνδε à la maison;
νέομαι rentrer, naviguer; 18 οὐδέ pas même (Erbse 1995 veut y voir le début d’une pa-
renthèse); ἔνθα là; πέφυγμαι avoir échappé (complètement); ἦεν il était = ἦν; ἄεθλος
peine; 19 καί même; μετά + dat., parmi; Fοἷσι à ses = suis; φίλος cher, le membre de
la famille; ἐλεαίρω plaindre, avoir pitié (16-20 ne seraient pas d’Homère selon Aris-
tarque, l’authenticité est défendue par Erbse 1995);
20 Dans les vers 19b-95, les dieux, manipulés par Athéna, décident le retour d’Ul.; νόσφι
+ gén., sauf; Ποσειδάων Poséidon; ἀσπερχές sans cesse; μενεαίνω être en colère, gron-
der; 21 ἀντίθεος semblable aux dieux; πάρος + inf., avant de; Fἥν sa (= suam); γαῖα
terre; ἱκνέομαι + acc., arriver dans, aor.; 22 Αἴθιοψ Ethiopien; μετακιάθω + acc., aller
à la poursuite de, aller trouver; τηλόθε loin; ἐόντας étant (att. = ὄντας); 23 τοί qui
(pron. anaph. = relatif); διχθά en deux (cf. Hymne à Poséidon 4); δεδαίαται 3pl. parf.
pass. de δαίω, diviser; ἔσχατος le plus éloigné, extérieur; ἀνήρ homme; 24 οἱ μὲν... οἱ
δέ les uns… les autres; δύομαι se coucher (dit du soleil, forme mixte); ἄνειμι monter,
se lever; 25 ἀντιάω + gén., aller à la rencontre de, accepter (forme remodulée de άντιῶν
= dist.); ταῦρος taureau; ἀρνειός bélier; ἑκατόμβη sacrifice de cent bœufs (ou peut-
être à l’origine, selon Puhvel : pour obtenir cent bœufs);
26 ἔνθα là; ὅ γε celui-ci; τέρπομαι + dat., prendre plaisir à; ἡ δαίς repas, banquet; πάρημαι
+ dat., être assis auprès de; δή donc, comme on peut l’imaginer, « hein »; 27 Ζηνός
gén. de Ζεύς; ἐνί + dat., dans; μέγαρον grande salle, pl. palais; Ὀλύμπιος Olympien;
ἀθρόος rassemblé, ensemble; 28 τοῖσι parmi eux = dat. pl., pron. anaph. (dép. du verbe
dire impliqué dans commencer le discours); μῦθος discours (discours cohérent, visant
un but), récit; ἄρχω + gén., commencer (être le premier à parler); πατὴρ ἀνδρῶν τε
θεῶν τε le père des hommes et des dieux, formule couvrant la seconde partie du vers
épique (l’énoplion) et désignant Zeus (« père des dieux » se réfère sans doute à l’his-
toire selon laquelle Zeus a fait recracher à son père Cronos ses frères et sœurs aînés et
est devenu de cette façon leur père ; le titre « père des hommes » s’explique peut-être
- 49 -
CHÂTEAU I
par ses enfants de l’âge héroïque); 29 μιμνῄσκομαι + gén., se rappeler; κατά + acc.,
dans le domaine de; θυμός organe de réaction (on peut penser avec Snell à une sorte
de sac rempli de fumée, qui se trouve à l’interieur du corps et réagit à chaque « impres-
sion » par des déplacements de ce gaz ou de cette fumée qui est le thumos, mais pour
avoir un équivalent français on traduit volontiers par « cœur »); ἀμύμων irréprochable
(épith. figée d’Egisthe qui, dans une autre tradition épique, avait peut-être meilleure
réputation); Αἴγισθος fils de Thyeste, auquel son frère Atrée avait fait manger ses en-
fants. Egisthe doit donc tirer vengeance du fils d’Atrée, Agamemnon; 30 ῥα donc, encl.
qui indique un changement de perspective; Ἀγαμεμνονίδης fils d’Agamemnon (patro-
nyme); τηλεκλυτός dont on entend parler au loin; κτείνω tuer, aor.2;
31 ὅ γε celui-là; ἐπιμιμνῄσκομαι + gén., se souvenir de, penser à; τὸ ἔπος parole, mot,
vers; ἀθανάτοισι = ἀθανάτοις (immortels); μεταυδάω + dat., parler parmi; 32 ὢ πόποι
tonnerre de Brest, incroyable !, mazette; οἷον vu que, vu comment (οἷος de quelle qua-
lité, plutôt que « de quelle chose ! »); δή νυ donc, comme on le sait; βροτός mortel;
αἰτιάομαι inculper; 33 ἐξ + gén., de la part de; ἡμέων de nous (gén.= ἡμῶν); φημί
prétendre, dire (encl.); κακά les maux (il n’y a pas d’article dans l’Od. et on peut donc
trad. un substantif comme défini ou indéfini ; retrait d’accent en élision); ἔμμεναι inf.
éol. / épique du verbe être; καί aussi; αὐτός lui-même; 34 σφός son propre; ἀτασθαλίη
dommage qu’on se fait à soi-même, erreur; μόρος part, destin; ὑπὲρ μόρον plus que
(ce qui serait) leur part; τὸ ἄλγος douleur; 35 ὡς comme; νῦν maintenant; Ἀτρεΐδαο
= gén. du patronyme Ἀτρείδης, fils d’Atrée = Agamemnon;
36 γαμέω épouser; ἄλοχος celle qui partage le lit, épouse; μνηστή à la main de laquelle on
a prétendu, légitime; κτείνω tuer, aor.2; νοστέω rentrer; 37 οἶδα savoir (εἰδώς part.);
αἰπύς raide, difficile, soudain; ὄλεθρος perdition, mort; προαγορεύω dire auparavant,
prédire (tmèse du préverbe et de la forme verbale); οἱ lui (pron réfl. dat. = anaph.);
38 Ἑρμείας Hermès; πέμπω envoyer; ἐΰσκοπος qui perçoit bien, qui voit au loin, bon
guetteur; Ἀργεϊφόντης tueur de chien (ou particulièrement d’Argos), parfois traduit
par « le brillant », épith. d’Hermès; 39 μνάομαι courtiser; ἄκοιτις celle qui partage le
lit, épouse; 40 ἐκ + gén., de la part de; Ὀρέσταο gén. d’Oreste, fils d’Agamemnon et de
Clytemnestre; τίσις vengeance; ἔσσομαι je serai; Ἀτρεΐδης fils d’Atrée, Agamemnon;
41 ὁππότε quand (+ ἄν + subj. = éventuel !); ἡβάω, ἡβάσκω devenir adolescent; ἱμείρω,
-ομαι désirer, subj. aor. (moyen dit intensif); αἶα terre; 42 ὥς ainsi; φημί dire, impf;
Ἑρμείας Hermès; φρήν φρενός, diaphragme, les sens (idée de la cognition par les sens),
« esprit »; 43 πείθω persuader (impf sans augment, cf. Bakker 2005); ἀγαθὰ φρονέω
vouloir du bien (Hermès est en fait du côté d’Egisthe); νῦν maintenant; ἀθρόος en-
semble; ἀποτίνω rembourser, payer; 44 ἀμείβομαι + acc., répondre; ἔπειτα ensuite;
γλαυκῶπις aux yeux pers, aux yeux de chouette; 45 πάτερ père, voc., Zeus est le père
d’Athéna (mais les Olympiens sont aussi ses enfants, parce qu’il a forcé Cronos à ac-
coucher des enfants qu’il avait avalés, cf. Hymne à Aphrodite); ὕπατος le plus haut (le e
du vocatif devient une syllabe fermée par le k du mot suivant, et peut donc fonctionner
à une position métriquement longue); κρείων régnant;
46 λίην trop, fortement; κεῖνος celui-là; ἐοικώς convenable, mérité; κεῖμαι gésir, être par
terre; ὄλεθρος perdition (selon le sens : « la mort », mais selon le texte une figure
- 50 -
OD. 1
étymologique à construire avec périr); 47 ὡς comme; ἀπόλλυμαι périr (fig. ét.); καί
aussi; ὅτις quiconque, tous ceux qui (= ὅστις); τοιοῦτος tel; ῥέζω faire; 48 ἀμφί + dat.,
autour de, au sujet de; Ὀδυσσεύς Ulysse (première mention du nom); δαΐφρων intelli-
gent (belliqueux dans l’Il.); δαίομαι brûler de, se soucier; τὸ ἦτορ cœur; 49 δύσμορος
malheureux; δή donc; δηθά longtemps; φίλοι « les chers », la famille; gén. + ἄπο loin
de (postposition); πῆμα souffrance; πάσχω souffrir 50; ἡ νῆσος île; ἀμφίρυτος entouré
par le courant; ὅθι là où; τε τε épique (avec le sens de « comme toujours »); ὀμφαλός
nombril;
51 νῆσος île; δενδρήεις boisé; ἐν dessus, adv.; δῶμα habitation, plur. = palais; ναίω ha-
biter; 52 Ἄτλας Atlas, l’un des Titans (prédécesseurs et ennemis des Olympiens) que
Zeus n’a pas emprisonnés dans le Tartare, mais utilisés à d’autres fins; θυγάτηρ fille;
ὀλοόφρων qui médite la perdition (des Olympiens); τε de façon générale (te épique);
53 τὸ βένθος profondeur; οἶδα savoir, penser à; δέ τε mais aussi (continue la « rela-
tive » et s’oppose, en même temps, à savoir); ἡ κίων colonne; αὐτός lui-même, seul; 54
μακρός long; γαῖα terre; ἀμφίς à part; ἔχω tenir; 55 τοῦ de lui, pron. anaph.; δύστηνος
malheureux; ὀδύρομαι se lamenter; κατερύκω retenir;
56 αἰεί toujours, sans cesse; μαλακός mou, doux; αἱμύλιος flatteur; λόγος discours;
57 θέλγω charmer, ensorceler; ὅπως + fut., se souciant de ce que, soucieux que;
ἐπιλανθάνομαι + gén., oublier; αὐτάρ mais de son côté; 58 ἵεμαι tendre à, désirer; καί
même, ne serait-ce que; καπνός fumée; ἀποθρῴσκω s’éloigner en bondissant, se lever;
νοέω + part., (perce)voir; 59 ἧς de sa (= suae); θανέειν mourir (inf. aor.2 requis après
les verbes de volonté intense (= att. θανεῖν); ἱμείρω désirer (souvent dans le contexte
de la vue), ici moy. intens.; οὐδέ... περ même pas; νυ donc; σύ toi (dat. emphatique,
avec accent); 60 ἐντρέπομαι se tourner vers, se soucier de (un mot signifiant tourner
marque souvent le centre d’une str. ann., comme ici le centre de l’assemblée qui oppose
le voyage de Poséidon à celui d’Athéna, le voyage d’Hermès chez Egisthe à son voyage
chez Ul., Oreste à Tél. et la fille d’Atlas à celle de Phorkys, cf. 3.147, 5.130, 6.116, 7.252,
7.263, 8.53, 19.521 ; ici, cette forme souligne que l’Od. compare le sort des Laertiades à
celui des Atrides. Tél. devra se mesurer à Oreste); φίλος ici : ton (utilisé pour le pron.
poss. réfl. son même quand le français ne le demande pas); ἦτορ cœur;
61 Ἀργεῖοι Argiens (pars pro toto : les Grecs); παρά + dat., auprès; νηῦς nef; χαρίζομαι
offrir (le moyen exprime un risque dans le rite de la cavri~, du don); ἱερόν rite, sacri-
fice; ῥέζω faire; 62 Τροίῃ ἐν (abr. voc.); εὐρύς large (forme ionienne εὐρείῃ/ au lieu de
l’attique εὐρείᾳ); τί (pour)quoi; νυ donc (l’ironie du discours de la fille Athéna face à
son père, une sorte de chantage affectif pour son protégé Ul., faire dire à Zeus ce qu’il
ne pense même pas, est bien marquée par la répétition du nu, cf. 59); οἱ lui (pron. réfl.
encl., utilisé pour le dat. du pron. anaph.); τόσον autant, tellement; ὀδύσσομαι être
en colère (Athéna joue év. sur une premiére étymologie du nom d’Ul. comme « celui
que poursuit la colère de Zeus » par ὠδύσαο Ζεῦ reprenant le nom d’Ulysse placé à la
ligne précédente, en rime), ὠδύσαο = ὠδύσω 2sg aor.; 63 πρόσφημι + acc., s’adresser
à; ἀπαμείβομαι échanger, répondre (c’est la formule habituelle de l’introduction d’un
discours direct quand la formule du nom du sujet occupe le reste du vers à partir de
la 7ème position métrique); νεφεληγερέτα rassembleur de nuées, épith. figée de Zeus
- 51 -
CHÂTEAU I
(vocatif utilisé comme nominatif); 64 τέκνον enfant; ποῖος quel; τὸ ἔπος mot, parole;
φεύγω à l’aor. : échapper; τὸ ἕρκος enceinte (les dents forment une cage où sont en-
fermés les mots, qui sont, comme dans l’iconographie ou chez Platon dans le Théétè-
te197c, des oiseaux); ὀδούς dent; 65 πῶς comment; ἔπειτα après tout cela, alors; θεῖος
divin (θείοιο = θείου, si on veut prêter une nuance ironique à divin, on peut év. se fon-
der sur le νυ ironique de la déesse, mais le sens n’est évidemment pas qu’Ul. serait un
exemplaire masculin « divin » et que l’intérêt indéniable d’Athéna s’expliquerait ainsi :
δῖος Ὀδυσσεύς est l’une des épithètes traditionnelles du héros. Ul. est divin en tant que
héros, semblable aux dieux et descendant des dieux, et, par ses sacrifices, il se présente
comme un bon héros); λανθάνομαι + gén., oublier;
66 ὅς qui; περίειμι l’emporter (tmèse); νόος esprit (= νοῦς) à l’acc. de relation : quant à
l’esprit; βροτός mortel; περί plus que les autres, adv.; ἱρόν (= ἱερά) sacrifice; θεοῖσιν
dat. pl.; 67 ἀθάνατος immortel (le premier a est allongé pour la métrique); τοί qui
(pron. dém. comme rel.); εὐρύς large; 68 γαιήοχος mari de Terre (qui « a » la terre, Po-
séidaon signifie la même chose); ἀσκελής dur, obstiné, acc. n. = adv.; αἰέν toujours; 69
Κύκλωψ Cyclope, à l’œil rond, gén. de cause; χολόομαι être en colère; ἀλαόω aveugler,
+ gén. séparatif : priver de; 70 ἀντίθεος égal aux dieux; ὅου dont (= οὗ); κράτος force;
μέγας grand, superl.;
71 πᾶσιν pour tous, = dat. (comme avec le verbe ἀνάσσω + dat., régner sur); μιν le (att.
= αὐτόν), pron. encl. anaph. acc. 3sg m / f / n.; τίκτω enfanter; νύμφη mortelle qui
vit 1000 ans, jeune femme; 72 Φόρκυς « le vieux de la mer », père de monstres, fils de
Pontos et Gaia selon Hésiode, d’Océan et Téthys selon les Orphiques. Cette longue ex-
plication souligne qu’Ul. a deux dieux de la mer contre lui, l’un, Poséidon, lié à la haute
mer, l’autre à Ithaque, dont le port tire son nom de Phorcys (cf. Od. 13); ἡ ἅλς mer;
ἀτρύγετος infertile ?, très bruyant ? (épith. de la mer d’origine incertaine); μέδων ré-
gnant, chef; 73 τὸ σπέος grotte; γλαφυρός rond, creux; μείγνυμαι se mélanger, s’unir,
part. aor.; 74 ἐκ τοῦ depuis ce temps; δή donc; ἐνοσίχθων qui secoue la terre, « ébran-
leur de la terre » (épith.); 75 οὔ τι en rien, pas du tout; κατακτείνω tuer; πλάζω faire
errer, détourner (« rendre oblique »); πατρίς des pères, adj.; αἶα terre;
76 ἄγετε allons!, hop; οἵδε « ceux que voici »; περιφράζομαι réfléchir à, planifier (cohor-
tatif); 77 νόστος retour; ὅπως + subj., pour que; ἔρχομαι venir, rentrer, subj. aor. 3sg;
μεθίημι relâcher; 78 ὅν son (suum); χόλος colère; μέν = μήn, assurément; δύναμαι avoir
le pouvoir; ἀντία + gén., face à, contre; 79 ἀέκητι + gén., contre le gré de; ἐριδαινέμεν
inf., quereller; οἶος seul; 80 ἀμείβομαι + acc., échanger des mots, répondre; ἔπειτα en-
suite (introduit la cheville prospective « il/elle répondit », occupant la première moitié
du vers épique); γλαυκῶπις qui a l’aspect ou les yeux d’une chouette, aux yeux pers, gris;
81 ὦ ô; ἡμέτερος notre (Athéna est sortie de la tête fendue de Zeus, mais le notre ne doit
pas forcément être un pluriel poétique ou de majesté. Zeus est devenu le père de tous
les Olympiens en contraignant Kronos, qui les avait avalés, à les recracher); Κρονίδης
fils de Cronos; ὕπατος le plus haut (le e du vocatif appartient à une syllabe fermée par
le k du mot suivant, et peut donc se trouver à une position métriquement longue);
κρείων régnant; 82 εἰ si; μέν d’une part (cf. 88); δή on est d’accord?, « hein », donc; νῦν
maintenant; τοῦτο φίλον + dat., ceci est cher à, est décidé par; μάκαρ bienheureux; 83
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OD. 1
νοστέω rentrer; πολύφρων rusé; -δε suff. indiquant la direction; ὅν sa (= suum); δόμος
maison; 84 Ἑρμείας = Ἑρμῆς; ἔπειτα alors; διάκτορος le guide (épith.); Ἀργεϊφόντης
tueur de chiens ?, épith. de signification incertaine : peut-être d’un éclat brillant, mais
à l’époque d’Homère : tueur de chiens (Kandaules se trouve chez Hipponax comme
épith. du dieu dans le sens de « égorgeur de chiens »), ou plus particulièrement, pour
les scholies (cf. Pontani 2007), tueur du chien Argos (il a libéré Io, prisonnière d’Héra et
gardée par un chien qui ne dort pas); 85 ἡ νῆσος île, déterminant; Ὠγυγίη Ogygie, l’île
de Calypso; ὀτρύνομεν exhorter, envoyer, subj. pr. à voyelle brève; ὄφρα + subj., pour
que; τάχιστα le plus vite, adv. (ταχύς);
86 ἐϋπλόκαμος aux belles boucles (adj. composé > f. en -ος); ἀγορεύω dire (à côté de εἴπῃ/
subj. aor., l’aspect non marqué, le focus porte sur τάχιστα); νημερτής qui ne rate pas son
but, infaillible, qui se réalise (les pensées de Zeus sont la réalité même); βουλή décision;
87 ταλασίφρων de caractère endurant; κε a les mêmes fonctions qu’ἄν en attique ou
κα en lesbien; ὥς κε νέηται pour qu’il rentre (cette expression devrait introduire une
question indirecte, mais le κε est formulaire); νέομαι rentrer (cf. νόστος); 88 αὐτάρ
mais, d’autre part; ἐγών moi; Ἰθάκηνδε vers Ithaque (-δε suff. indiquant la direction);
ἐλεύσομαι fut. de ἔρχομαιi, aller, venir; ὄφρα + subj., pour que; οἱ lui (en fait = sibi, mais
utilisé comme ei); υἱός fils; 89 μᾶλλον davantage; ἐποτρύνω inciter; τὸ μένος élan ;
cette phrase annonce le troisième programme narratif (après le premier, l’assemblée des
dieux et le deuxième, l’annonce de l’envoi d’Hermès, qui ne se réalisera, lui, qu’au chant
5). Ce plan d’Athéna, la Télémachie, est donc englobé dans le deuxième. La Télémachie
de Stésichore, qui vivait à l’époque ou peu après l’Od., montre des similarités avec celle
de l’Od.; τίθημι + ἐν + dat., placer dans, subj. aor.; φρήν diaphragme, pl. esprit, les sens
de cognition; 90 ἀγορή assemblée (forme ionienne); καλέω appeler; τὸ κάρη καρήατος,
tête, ici acc. de relation; κομάω être chevelu (les jeunes de bonne famille portent les che-
veux longs ; la forme est une distention métrique ou musicale de κομῶν en κομόων au
lieu de κομάων); Ἀχαιοί Achéens (= Grecs, cf. les Akhiyawah des Hittites);
91 πᾶς vraiment tous; μνηστήρ prétendant (mais le mot ne signifie pas la même chose
qu’en franc. prétendant : il s’agit d’un titre plus que d’un rôle social temporel. Le suff.
–τήρ lui donne le sens d’une quasi-profession); ἀπειπέμεν aor. inf. éol. de ἀπαγορεύω,
interdire, détourner (mais selon la loi de Gortyne : annoncer publiquement); 92 μῆλον
mouton, pl. petit bétail; ἁδινός dense, nombreux; σφάζω abattre; εἰλίπους qui tourne
les pieds en marchant; ἕλιξ aux cornes courbes; βοῦς bœuf; 93 πέμπω envoyer, fut.;
Σπάρτη nom donné à la ville située au pied du Taygète, dans l’Od. patrie de Ménélas
(ailleurs il habite Argos. Sur la théorie néo-analyste d’une Télémachie, dans laquelle
Tél. irait en Crète et non pas à Sparte, cf. Reece 1994); Πύλος nom donné à plusieurs
(3) endroits dans l’Antiquité. Les tablettes mycéniennes trouvées dans les ruines du pa-
lais d’Ano Engliano comportent le nom de Pu-ro = Pylos ?, mais ce n’est pas forcément
l’endroit que semble viser l’Od.); ἠμαθόεις sablonneux; 94 νόστος retour; πυνθάνομαι
+ acc., s’informer sur, part. fut.; φίλος son; ἤν si (ἐάν + subj. pour εἰ + ind.); που
quelque part, peut-être; 95 ἠδέ et; ἵνα + subj., pour que; μιν le (eum), pron. anaph. acc.;
τὸ κλέος ce qu’on entend de qqn, réputation, gloire; ἐσθλός bon, noble; ἔχῃσιν subj.
de ἔχω, avoir (= att. ἔχῃ);
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CHÂTEAU I
96-150 Fin du premier PN (cf. 83, l’assemblée) et début du troisième PN (la Télémachie).
Il s’agit d’un jeu exceptionnel d’espaces qui deviennent de plus en plus larges. Il com-
mence par une séquence de quatre espaces sociaux (ou proxémiques, définis par un
genre, un contexte politique etc. selon Lateiner 1995), chacun détaché de l’autre par un
cadre descriptif. Le premier dépeint les prétendants à Ithaque comme cadre extérieur
qui renferme l’intimité timide du garçon, qui contraste, lui, avec le comportement des
prétendants; ὣς εἰποῦσα ayant parlé ainsi (chev. rétr. du discours direct); ὑπό + dat,
sous; δέω attacher; καλός beau (kalFos, la première syllabe compte comme « longue »);
πέδιλον sandale (contre l’analyse qui voit ici le double de la scène d’Hermès au chant 5,
Watson 1993 : les sandales sont le signes à la fois d’Athéna et d’Hermès); 97 ἀμβρόσιος
d’immortelle, d’ambroisie; χρύσειος doré; ἠμὲν... ἠδέ aussi bien… que; ὑγρή litt. : « la
mouillée », l’humide, l’eau; 98 ἀπείρων infini; ἅμα + dat., en même temps que; πνοιή
souffle; ἄνεμος vent; 99 αἱρέομαι prendre, choisir; ἄλκιμος qui sait repousser un en-
nemi, belliqueux; τὸ ἔγχος javelot; ἀκαχμένος aiguisé; ὀξύς aigu; χαλκός bronze; 100
βριθύς lourd; στιβαρός massif; δάμνημι vaincre, dompter; στίχες les rangs; ἀνήρ dé-
terminatif de genre (ne pas traduire : les hommes ne sont pas marqués en francais);
101 ἥρως héros, membre d’un peuple vivant jusqu’à la guerre de Troie; τε τε épique ?
(faut-il lire κε ?); κοτέω éprouver de la rancune (fut. ou subj. aor. moy.); ὀβριμοπάτρη
au père fort; 102 βαίνω aller (aor. rad. / ath.); κατά + gén., de… en bas; Οὔλυμπος
l’Olympe (comme montagne); κάρηνον sommet; ἀΐσσω bondir, part. f. aor.; 103
ἵσταμαι se placer, aor. rad. / ath.; ἐνί dans, à (= ἐν); δῆμος district, territoire; ἐπί + dat.,
auprès; πρόθυρον partie couverte de la maison devant l’entrée, vestibule; 104 οὐδός
seuil; αὐλεῖος de la cour; παλάμη (« paume » de la) main; χαλκοῦς de bronze; τὸ ἔγχος
javelot; 105 εἴδομαι (res)sembler; ξεῖνος hôte, ami par contrat d’hospitalité; Τάφιοι
Taphiens (des pirates, marchands d’esclaves, habitant peut-être tout près, aux yeux du
public, à l’Est de Lefkas, auj. Meganisi); ἡγήτωρ chef; Μέντης Mentès (nom fondé sur
ménos, l’élan, la force, qui ressemble à un nom d’agent comme Mentor, l’autre double
d’Athéna);
106 εὑρίσκω trouver (formule habituelle dans une scène d’arrivée : le narrateur commence
le récit du départ par un état, une description, souvent à l’imparfait, puis, après un dé-
placement narré à l’aor., il finit sur un second état, sur une image introduite par trou-
ver, rencontrer); ἄρα donc, introduit souvent un changement de perspective; ἀγήνωρ
courageux, arrogant (litt. : meneur d’hommes); οἱ μέν quant à eux (cf. 109); ἔπειτα
pour continuer, ensuite; 107 πεσσοί jeu de dés; προπάροιθε + gén., devant; θύρα bat-
tant de porte (θυράων = att. θυρῶν); θυμός cœur (en fait « la fumée intérieure », l’or-
gane esthétique, de réaction); τέρπω faire plaisir à, impf !; 108 ἥμενος assis; ῥινός peau
(les prétendants sont associés comme leurs frères, les compagnons, ou Egisthe, à des
bœufs tués sans droit religieux ou social. Le thème des bœufs se répétera); ἔκτανον
aor.2 de κτείνω, tuer; αὐτός lui-même, tout seul (sans permission); 109 κῆρυξ héraut;
ὀτρηρός empressé; θεράπων serviteur (souvent libre); 110 μίσγω mélanger, impf des-
criptif, met en relief l’action !; κρητήρ cratère, vase à mélanger; τὸ ὕδωρ eau;
111 αὖτε de leur côté; σπόγγος éponge; πολύτρητος aux trous multiples; τράπεζα petite
table (à poser à côté des hôtes); 112 νίζω nettoyer; προτίθημι poser devant, servir,
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OD. 1
impf ! (= att. προετίθεσαν); τοὶ δέ d’autres encore; τὸ κρέας viande; δατέομαι dis-
tribuer, diviser, manger; 113 L’action commence avec un joli exemple de ce que les
philologues antiques appelaient une epanalepse, l’une des traditions modernes (Wi-
lamowitz, Otterlo, Larrain) une str. ann., l’autre tradition, une « foutaise ». Pour indi-
quer son fonctionnement symétrique, nous marquons ici les éléments (de sens ou de
mot) des couples d’échos arrangés en une figure concentrique (abcd e d’c’b’a’) par des
lettres; πολύ + superl., de loin; πρῶτος premier; ἴδε (a) aor. (sans augment) de ὁράω,
voir; θεοειδής à l’aspect divin; 114 ἧστο (b) il était assis, pqpf; ἐν parmi; μνηστήρ
(c) prétendant; τετίημαι être plongé dans ses soucis; τὸ ἦτορ cœur, acc. de relation;
115 ὄσσομαι voir devant soi, regarder; ἐσθλός bon, noble; φρήν (d) diaphragme, pl.
sentiments; εἰ (e) (en essayant) si; ποθεν de quelque part (encl.); ἐλθών part. aor. de
ἔρχομαι, venir;
116 μνηστήρ prétendant; τῶν de ceux-là (avec prétendants); σκέδασις dissolution, fuite
dans toutes les directions; κατά + acc. distributif, à travers, chacun dans sa...; δῶμα
demeure, maison; θείη opt. aor. de τίθημι, placer, faire; 117 τιμή honneur, gloire, rem-
boursement; αὐτός lui-même, seul; κτῆμα possession, bien; οἷσιν les siens, dat.; ἀνάσσω
+ dat., régner sur, être le chef de la maison pour; 118 τά ceci, pron. anaph.; φρονέω (d’)
songer, penser (même radical que φρήν); μνηστήρ (c’) prétendant; μέθημαι (b’) + dat.,
être assis parmi; εἴσιδε (a’) a perçu, aor. de ὁράω; 119 βαίνω marcher, aor.; ἰθύς + gén.,
droit sur, adj. pour adv.; πρόθυρον vestibule; νεμεσσάομαι réagir au manque de res-
pect, se fâcher; 120 ξεῖνος étranger, hôte; δηθά longtemps; θύραι porte; ἐφίσταμαι
+ dat., s’approcher de; ἐγγύθι + gén., près de; ἵσταμαι se placer, part. aor.;
121 ἡ χείρ main; αἱρέω prendre, aor. sans augm.; δεξιτερός celui de droite (de deux);
δέχομαι recevoir, prendre; τὸ ἔγχος javelot; 122 μιν lui, acc. encl. du pron. anaph. m.
et f.; φωνέω faire retentir, prendre la parole; τὸ ἔπος mot, parole; πτερόεις ailé (les
paroles sont des oiseaux quand elles sortent de la cage des dents, ou alors des flèches ;
cette formule se trouve souvent dans une sit. où un personnage s’est tu et peut enfin
parler librement ou à haute voix); προσαυδάω + acc., s’adresser à; 123 χαῖρε salut
(« accepte le rapport de χάρις »); παρά + dat., chez; ἄμμι nous, dat. éol. sur lequel porte
le focus préverbal (chez nous et non pas chez les prétendants!); φιλήσεαι tu t’exposeras
à être cher, on se souciera de toi (expression antérieure à l’usage du passif classique et
qui survit dans la κοινή); αὐτάρ de ton côté, mais; ἔπειτα après, ensuite; 124 δεῖπνον
repas; πατέομαι manger (ét. cf. food); μυθέομαι dire de manière cohérente; ὅττεο gén.
de ὅττι, tout ce qui; χρή + gén. + acc., il faut qqc à qqn; 125 ὥς ainsi; ἡγέομαι aller
devant, guider; ἕπομαι suivre, aor.; Παλλάς épith. d’Athéna (la perspective est celle
du narrateur et du public, pas de Tél., ce qui sera souvent source d’ironie, mais pas de
perspective personnelle dans le discours du narrateur, ni de ce que Bally a appelé le
discours indirect libre à la Flaubert);
126 ὅτε δή lorsque; ἔντοσθεν + gén., (de)dans; ἔσαν étaient (forme non augmentée);
ὑψηλός haut; 127 ῥα donc, encl.; ἵστημι placer debout; φέρω porter; κίων colonne;
μακρός long; 128 C’est probablement la lance avec laquelle Tél. tuera plus tard (Od.
22) des prétendants : Athéna ne l’emmènera pas; δουροδόκη l’armoire à lances; ἐΰξοος
bien poli; ἔνθα là où; περ précisément; 129 ταλασίφρων endurant; 130 αὐτὴν δέ quant
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CHÂTEAU I
à elle-même (figure rhétorique homérique qui oppose soit l’âme, soit les armes d’un
personnage à son corps); θρόνος siège à dossier; ἵζω asseoir, aor.; ἄγω mener (ordre
des mots qu’on appelle de manière abusive un hysteron proteron); ὑποπετάννυμι étaler
dessous (en « tmèse »); λῖτα lin ?, acc.;
131 δαιδάλεος bien travaillé; ὕπειμι se trouver dessous; θρῆνυς escabeau; πούς pied; 132
πάρ forme syncopée de παρά dans la « tmèse » de παρατίθημι , apposer; κλισμός chaise,
chaise longue; ποικίλος peint de plusieurs couleurs, bigarré; ἔκτοθεν+ gén., à part;
ἄλλος autre; 133 μή pour éviter que; ἀνιάομαι être dégoûté; ὀρυμαγδός bruit; 134
δεῖπνον repas; ἀηδέω éprouver un désagrément; ὑπερφίαλος impertinent, orgueil-
leux; μετέρχομαι + dat., tomber parmi; 135 ἠδέ et; ἵνα afin de (+ subj. ou opt. : ce n’est
pas un opt. oblique); μιν la, le, acc. pron anaph.; περί + gén., au sujet de; ἀποίχομαι s’en
aller; ἠρόμην aor. de ἐρωτάω, demander, interroger;
136 Début de ce qu’on appelle depuis Arend 1933 une scène typique, toujours racontée
avec le même réservoir de formules; χέρνιψ l’eau pour laver les mains; ἀμφίπολος
servante (ét. qui tourne autour); πρόχοος vase à verser; ἐπιχέω verser sur; φέρω porter
(hyst. prot.); 137 χρύσειος d’or; ὑπέρ + gén., au-dessus de; ἀργύρεος d’argent; λέβης
bassin; 138 νίπτω laver (l’inf. aor. en position d’enjambement a souvent une fonc-
tion finale, celle d’une précision : pour se laver); παρατανύω étaler à côté; ξεστός poli,
lisse; τράπεζα table; 139 σῖτος blé, pain; αἰδοῖος respectueux (et « qui demande du
respect »); ταμίη intendante (qui a les clés des provisions); παρατίθημι servir; 140 τὸ
εἶδαρ plat, nourriture; πόλλ’ beaucoup, accent de retrait en élision; ἐπιτίθημι placer
en plus, ajouter; χαρίζομαι se risquer (moyen !) dans le rite du don, donner généreuse-
ment; παρόντα ce qui est à disposition, les provisions, gén. partitif : de…;
141 δαιτρός écuyer tranchant; κρέας viande; πίναξ planche; ἀείρω lever, porter; 142
παντοῖος de toute sorte; σφι leur (= σφισιν, encl., pron. réfl. dat. pl., ici = pron. anaph.);
χρύσειος d’or; κύπελλον gobelet, coupe; 143 κῆρυξ héraut; αὐτοῖσιν à eux-mêmes
(schéma esclave – maître : les festoyants); θάμα fréquemment; ἐποίχομαι + dat., pas-
ser souvent chez; οἰνοχοεύω verser du vin; 144 L’espace intime est encadré par un
second espace social, par la présence des prétendants. Si l’espace central, dominé par
Tél. et Athéna, était encore marqué par des séries de vers comportant une longue à la
4ème position (au deuxième biceps) et si les vers décrivant les prétendants les avaient
plutôt à la 2ème position (cf. métrique sérielle dans l’introd. et Steinrück 2016), les deux
espaces se mélangent dans cette dernière image (Tél., Ath. et les prét.) avec des séries
de vers comportant des longues aux deux positions : le rythme aide ainsi à comprendre
le mélange des deux espaces, mélange crucial pour la représentation spatiale suivante;
εἰσέρχομαι entrer; ἀγήνωρ courageux, arrogant (ét. meneur d’hommes); ἔπειτα alors;
145 ἑξείης continuellement, l’un après l’autre, immédiatement; ἕζομαι s’asseoir; κατά
+ acc., distributif : à travers, partout sur; κλισμός chaise (VIIe siècle), chaise longue (VIe
siècle); θρόνος chaise à dossier (et accoudoir);
146 La scène « typique » est réutilisée, sans doute pour marquer la différence entre les
deux espaces (cf. 96). Peut-être vaut-il également la peine de faire attention aux chan-
gements des fonctions, soulignés dans le texte par les marqueurs : les serviteurs de
la maison sont remplacés par ceux que les prétendants ont amenés (ils font comme
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OD. 1
chez eux); τοῖσι pour eux; κῆρυξ héraut; μέν certes; χέω verser; 147 σῖτος blé, pain; δέ
mais; δμῳή servante (on saura plus tard qu’elles sont les maîtresses des prétendants);
παρανηνέω empiler à côté (en servant); κάνεον panier; 148 Ce vers a été déplacé ou
omis dans certains manuscrits (d’où les parenthèses dans les éditions), mais le rythme
(il ferme la série des longues à la 4ème position) et le sens (une scène typique de repas
a besoin de vin, et en Il. 470, ce sont également les jeunes gens qui le préparent) font
douter qu’on puisse s’en passer; κοῦρος le jeune homme non initié, garçon; κρητήρ
vase à mélanger; ἐπιστέφομαι couronner, c’est-à-dire remplir entièrement le vase,
jusqu’à ce que l’écume forme une couronne sur son bord; ποτόν boisson, gén. partit.;
149 ἐπιάλλω étendre vers; ὄνειαρ merveille gastronomique, délice; ἑτοῖμος prêt (ac-
centuation homérique); προκείμενος part. pass. parf de προτίθημι, servir; χείρ main;
150 Début d’une nouvelle unité spatiale avec comme cadre le chant de l’aède Phémios
et comme espace intime le dialogue entre Mentès et Tél.; αὐτάρ mais; ἐπεί après que;
ἐδητύς nourriture; ἐξίημι émettre, chasser; ἔρος envie, désir; πόσις boisson;
151 τοῖσιν μέν à eux d’une part (prépare 156); φρήν pl. : sentiments; μέμηλα être intéres-
sant, être l’objet de souci; 152 μολπή chant lié à la danse; ὀρχηστύς danse (plutôt de so-
liste); γάρ car, cette phrase se répète souvent comme formule, le car ne justifie donc que
l’usage des mots j’ajoute cela parce que (γάρ pragmatique); τε en général (te épique);
ἀνάθημα ornement (en fait un don votif); δαίς –τός, dîner (litt. : distribution); 153
ἐντίθημι + dat., placer dans; κίθαρις cithare, l’un des noms donné à l’instrument qu’on
utilise pour le chant épique (mais on peut aussi penser à Stésichore, qui, plus ou moins
à l’époque de l’Od., composait une Télémachie, plutôt dansée par un chœur : donc pas
l’orkhestys, danse soliste, mais le khoros, danse en groupe); περικαλλής d’une beauté
exceptionnelle; 154 Φήμιος Phémios, nom modelé sur le radical de la gloire (φήμη);
ἀείδω chanter; παρά + dat., chez; ἀνάγκη contrainte; 155 ἦ τοι = ἤτοι, donc, comme on
peut s’y attendre; ὁ (ou ὅ selon les ms.) celui-ci, pron. anaph.; φορμίζω jouer de la phor-
minx, autre nom de l’instrument épique (à 4 ou 7 cordes); ἀναβάλλομαι commencer un
chant, faire le proème; καλόν d’une belle manière, comme il faut, acc. (cod effectué) du
neutre, souvent avec chanter ou avec les verbes du regard, à traduire par adv.;
156 πρόσφημι + acc., s’adresser à; γλαυκῶπις aux yeux pers, aux yeux de chouette; 157
ἄγχι près; σχών part. aor. de ἔχω , tenir; κεφαλή tête; πεύθομαι apprendre, s’informer
(opt. 3pl., le n de la désinence -nt est vocalisé en a comme dans n-thanatos > atha-
natos); 158 Avec ce geste d’intimité commence l’espace central, le dialogue entre les
deux complices pendant que l’aède chante; ἦ introduction d’une question; καί... ὅττι
κεν + subj. / opt., quoi que; νεμεσάω s’indigner, reprocher (un manque de respect,
une sorte de captatio benevolentiae qui marque le fait que Tél. en vient directement
au problème), fut. moy.; εἴπω subj. aor. de ἀγορεύω, dire; 159 οὗτος celui-là (dans
les discours directs, ce pron. déictique indique l’espace de la sit. de comm. et le même
jugement que iste); ταῦτα cela (annonce ici ce qui suit, cataphorique); μέλει + dat., être
l’objet de l’intérêt de; 160 ῥεῖα facilement; ἐπεί puisque; ἀλλότριος d’autrui; βίοτος
vivres, le bien; νήποινος sans remboursement, gratuit; ἔδω manger;
161 ἀνέρος ancien gén. de ἀνήρ, homme; οὗ dont; δή που probablement (ces particules
permettent év. de prêter cette pensée aux prétendants, ou même d’indiquer une évi-
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CHÂTEAU I
dence pour Tél.); λεύκ’ blanc (accent de retrait dû à l’élision); ὀστοῦν os; πύθομαι pour-
rir (u long); ὄμβρος pluie; 162 κείμενος gisant; ἐπί + gén., sur; ἤπειρος terre ferme;
εἰν = ἐν, dans; ἡ ἅλς mer; κῦμα vague; κυλίνδω rouler; 163 εἰ si; κεῖνος celui-là, encore
plus éloigné que οὗτος; γε particule emphatique; Ἰθάκηνδε vers Ithaque; ἰδοίατο, -ντ
> -ατ, optatif (> potentiel) de ὁράω, voir (perception qui demande le part.); νοστέω
rentrer; 164 κε encl. = ἄν; ἀράομαι prier (opt. aor. ντ > ατ); ἐλαφρός rapide, léger
(comme un cerf); πούς pied, acc. de relation; 165 ἤ que (comp. + ἤ + comp. = compa-
ratif + que + positif de l’adj.); ἀφνειός + gén., riche en; χρυσός l’or; Fἐσθής vêtement
(τε ἐσθῆτος sans élision parce que, lorsque la tradition a créé la formule, le mot avait
encore, comme en latin vestis, un W, écrit parfois par un F qui a l’air d’être composé de
deux gamma et qui s’appelle donc digamma); τε... τε... et...;
166 νῦν δέ mais en réalité; ὥς ainsi; ἀπόλλυμαι périr (parf. intr.); κακὸν μόρον sur le
chemin d’un mauvais destin (cod effectué, produit de l’activité); μόρος part, sort; οὐδέ
et pas non plus; ἥμιν nous, dat., forme non emph.; 167 θαλπωρή consolation (litt. :
réchauffement); εἴ περ si effectivement, même si; τις qqn; ἐπιχθόνιος sur terre; 168
φῇσιν subj. de φημί, affirmer (une sorte d’itératif du présent, avec iota souscrit selon
Hérodien, cf. vTh); ἐλεύσεσθαι inf. fut. de ἔρχομαι, venir; ὄλλυμαι périr, être perdu;
νόστιμος du retour, adj.; τὸ ἦμαρ jour; 169 ἀλλά mais; ἄγε allons!; εἰπέ dis, imp. aor.2;
ἀτρεκής sans détournement, complet, vrai; καταλέγω dire de a à z, imp. aor. (cf. cata-
logue, avec l’aor. κατέλεξα); 170 τίς πόθεν qui (et) d’où; εἰς tu es, encl.; ἀνδρῶν parmi
les hommes (si Mentès était une femme, Tél. dirait γυναικῶν); πόθι où; τοι à toi, éol.
pour σοι; πόλις ville; ἠδέ et; τοκεύς parent;
171 ὅπποιος quel type de; ἐπί + gén., sur; ναῦς nef; ἀφικνέομαι arriver (-eo = -ou = 2sg
aor.); πῶς comment; σε te; ναύτης matelot; 172 ἄγω mener; τίνες qui, pl.; ἔμμεναι inf.
de être; εὐχετάομαι se vanter; 173 Phrase curieuse qui a conduit à se demander si ce
n’était pas la presqu’île appelée auj. Leukas, ou encore Pali, la presqu’île de Céphalonie,
à l’époque peut-être détachée par la mer (à l’époque plus haute), que désigne le nom
d’Ithaque dans l’Od.; οὔ τι μέν pas du tout (vraiment en rien); πεζός à pied, pédestre;
ὀίομαι croire (= οἴομαι); ἐνθάδε ici; ἱκνέομαι arriver, aor.2; 174 καί aussi; ἀγορεύω
dire; ἐτήτυμος réel, vrai; ὄφρα + subj., pour que; ἐύ bien (métrique : = εὖ = –);
εἰδῶ subj. de savoir (dans certaines edd., accentuation éol. εἴδω); 175 ἠέ... ἤ si ou si;
νέον récemment; μεθέπω fréquenter, venir voir; πατρώιος des pères; ἐσσι tu es, encl.;
176 ξεῖνος hôte, ami selon le contrat d’hospitalité mutuelle; ἐπεί puisque; ἴσαν impf 3pl.
de εἶμι, aller; ἀνήρ homme; ἡμέτερον δῶ dans notre maison (acc. de direction); 177
ἐπεί lorsque; καί aussi; ἐπίστροφος en contact, dans les parages; ἦν était; 178 αὖ τε à
son tour; προσαγορεύω + acc., s’adresser à (formule possible dans les dialogues jusqu’à
la première réplique); γλαυκῶπις aux yeux de chouette, aux yeux pers; 179 Les dis-
cours mensongers de l’Od. sont fameux, plus encore les mensonges des divinités, mais
ils observent certaines règles. Celles-ci dérivent de règles générales qui fixent ce qu’un
personnage peut dire dans un discours direct et ce à quoi il n’a pas droit : il ne peut pas
(comme le fait Mme Bovary) parler de la sit. d’énonciation ou du contexte, donc de
tout ce que le narrateur aurait pu dire, sans que ce dernier en ait donné au moins une
amorce. Tout ce qui se passe après le début de la narration (en l’occurrence l’épisode
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OD. 1
de Calypso) doit être « préparé » par le narrateur (si Athéna peut parler de Calypso
dans le dialogue des dieux, c’est que le narrateur a déjà énoncé au début du chant le
fait qu’Ul. était prisonnier de la nymphe). Par contre, les personnages sont libres de
parler de tout ce qui s’est passé auparavant (analepse externe) sans préparation par le
narrateur. Ce contrôle exercé sur le discours des personnages par le narrateur se reflète
aussi dans leurs mensonges, dans la mesure où l’auditeur doit toujours comprendre, au
moins pendant le discours, qu’il s’agit d’un mensonge. Le narrateur peut préparer cette
reconnaissance de plusieurs manières : si le mensonge concerne le présent, il doit être
visible par la contradiction entre ce que dit le personnage et ce que le narrateur a dit
auparavant (ici que Mentès est en fait Athéna). Si tel n’est pas le cas (par exemple dans
le cas d’une analepse externe, cf. Genette 1972), le narrateur marque, en l’introduisant,
le discours comme mensonger. S’il ne relève la contradiction qu’après le discours di-
rect, il s’agit d’une méprise du personnage; τοιγάρ donc; τοι à toi, τε (éol.); μάλα très;
ἀτρεκής vrai; 180 Ἀγχίαλος « Qui est près de la mer », nom propre; δαΐφρων intelli-
gent, belliqueux; εὔχομαι se vanter, prier;
181 υἱός fils; ἀτάρ à mon tour, mais; φιλήρετμος qui aime ramer; ἀνάσσω + dat., être le chef
pour; 182 νῦν maintenant; ὦδε vers ici; ξύν = σύν + dat., avec; ναῦς nef; κατέρχομαι
venir jusqu’à, venir en bas (les Taphiens attaquaient notamment les Thesprotes, qui
habitaient ce qui est l’Epire moderne); ἕταρος compagnon; 183 πλέω naviguer, part., à
lire avec synizèse (συνίζησις, le fait de s’asseoir au même endroit), comme dipthongue :
plyo; ἐπί + acc., sur (souvent utilisé pour les voyages); οἶνοψ qui a l’air de vin, couleur
de vin (sur les bords intérieurs des cratères se trouvent souvent des dessins de bateaux,
de manière à donner l’impression de nefs dans la mer); πόντος haute mer (en fait
chemin, cf. pons en latin, ou l’autoput, l’autoroute en bosniaque); ἀλλόθροος qui parle
autrement, étranger; 184 Τεμέση Temesa, sur la côte Ouest de l’Italie (Santa Eufemia),
avec ses mines de cuivre ?; μετά + acc., après, pour prendre; χαλκός bronze (de cuivre
et étain); ἄγω transporter; αἴθων brûlant, rouge; σίδηρος fer; 185 ἥδε celle-ci, avec
un sens spatial : la mienne ou tout près (vTh, mais Hérodien le voit comme un pron.
anaph. et met le circonflexe ἧδε); ἕστηκα parf. de ἵσταμαι : être stationné; ἀγρός le ter-
rain en dehors de la ville, campagne; νόσφι + gén., loin de; πόληος gén. de πόλις, ville;
186 λιμήν port; Ῥεῖθρον nom du port, « le coulant »; ὑπό + dat., sous, au pied de; Νήϊον
montagne sur Ithaque; ὑλήεις boisé; 187 ἀλλήλων l’un de l’autre; πατρώιος du père;
εὔχομαι se vanter; 188 ἐξ ἀρχῆς dès le début (depuis le père d’Ul.); εἴ πέρ τε si préci-
sément; γέρων vieillard, ce mot a plutôt l’air d’un titre dans l’Od. : le vieux maître de
la maison; εἴρομαι demander; ἐπέρχομαι aller voir, aller vers; 189 Λαέρτης Laerte;
ἥρως descendant des dieux (Laerte est un fils d’Arcisius, fils de Zeus); οὐκέτι ne plus;
φασί on dit (3pl., une analepse externe? cf. Genette 1972); πόλινδε en ville (direction);
190 ἀπάνευθεν à part, loin; ἀγρός campagne; πῆμα souffrance; πάσχω souffrir (figure
étymologique avec compl. effectué);
191 γραῦς γρηός, la vieille femme; ἀμφίπολος servante (les composés ont la même dé-
sinence au m. et au f.); οἱ lui, pron. réfl. encl. (sibi) = pron. anaph. dat. (ei); παρτιθεῖ
= παρατίθησι, sert (de la nourriture); 192 εὖτε lorsque (+ ἄν + subj. : chaque fois que);
μιν le, pron. pers. acc. sg, premier complément (on ne dit pas j’ai une maladie mais la
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CHÂTEAU I
maladie m’a ; il y aura un second cod qui précise où elle le prend); κάματος fatigue;
καταλαμβάνω saisir; γυῖον membre; 193 ἑρπύζω ramper, aller, forme expressive de
ἕρπω (cf. serpere, serpent); ἀνά de bas en haut; γουνός colline (en fait un genou dans
le paysage); ἀλῳή un terrain aplani (souvent rond) pour battre le blé ou pour des plan-
tations, verger ou ici vignoble (en terrasses); οἰνόπεδος de vignoble; 194 νῦν δέ mais
comme je disais, en réalité; δὴ γάρ en effet, n’est-ce pas; ἔφαντο on prétendait, moy.;
ἐπιδήμιος dans le pays; 195 σός ton (comme souvent, l’« enjambement » sert à ajouter
une précision, une mise en évidence que Bakker 2005 appelle staging. Le phénomène
d’« enjambement » n’est encore pour Denys d’Halicarnasse - sous Auguste - qu’une
curiosité sans nom, et il faut attendre la Renaissance et Ronsard pour qu’émerge la sen-
sation poétique que nous connaissons sous ce nom); νυ alors (en v. 62, nous avons déja
fait la connaissance de ce νυ ironique d’Athéna, qui joue peut-être, comme souvent,
sur son masque); βλάπτω causer du dommage à (+ acc.), priver de (+ gén.); κέλευθος
voie, route;
196 οὔ πω pas encore; τέθνηκα je suis mort (comme état); ἐπί + dat., sur; χθών, -ονός
terre; δῖος divin (épith. d’Ul. dans la formule qui commence après la 9ème position mé-
trique); 197 ἔτι encore (cf. lat. et); που quelque part (dans les deux sens); ζωός vi-
vant; κατερύκω retenir; εὐρύς large; πόντῳ sur la mer (dat. = locatif); 198 ἡ νῆσος île;
ἀμφίρυτος entouré par le courant (cf. v. 50 : dans le contexte d’une tradition métrique
formulaire, qui tend à une économie extrême et cherche à exprimer les mêmes choses
par les mêmes mots, il est sans doute farfelu d’utiliser le terme de « citation », une
conception née à l’époque baroque et dérivée de l’usage judiciaire romain consistant à
« citer » qqn devant le tribunal. Il peut toutefois s’agir d’une « citation » de ce qu’Athé-
na a dit devant les dieux, ce qui a pour effet de mettre en évidence les changements : pas
un mot sur une nymphe qui retiendrait Ul.); χαλεπός difficile (d’accès), dur, cruel; ἔχω
(dé)tenir; 199 ἄγριος sauvage; που probablement; ἐρυκανάω retenir; ἀέκων contre
son gré; 200 αὐτάρ et, mais; νῦν maintenant; τοι à toi, te, dat. éol., encl.; μαντεύω pré-
dire (au moyen, donc avec prise de risque); ὡς comme (sans accent); ἐμβάλλω + dat.,
mettre dans; θυμός « fumée », cœur;
201 ἀθάνατος immortel; τελέω accomplir; ὀίω se douter, croire (Athéna doit justifier son
savoir comme idée humaine); 202 οὔτε τι « et ne pas en quelque chose » = en rien du
tout; μάντις devin; ἐών étant (= att. ὤν); οἰωνός rapace, oiseau des augures, oracle;
σάφα clairement; εἰδώς sachant (part. de οἶδα, ici comme adj. avec gén. objectif); 203
τοι à toi, encl. (en att. ce dat. éthique obtient le sens de donc, on peut parfois traduire
de cette façon, mais il n’y a aucun passage dans l’Od. où on y soit contraint); οὐ... ἔτι
ne plus; δηρόν longtemps; ἄπειμι être loin; πατρίς des pères, adj. d’origine; αἶα terre;
204 οὐδ’ εἴ πέρ τε pas même si; σιδήρεος de fer; δέσμα chaîne; 205 φράζομαι montrer
(à soi-même), trouver une solution; ὡς comment ou pour que (le κε en fait un cas inter-
médiaire, cf. Chantraine 233); νέομαι rentrer; πολυμήχανος plein de ressources, rusé;
206 ἄγε allons!; τόδε ceci (cataphorique qui annonce le si, en franç. sans trad.); εἰπέ dis,
imp. aor.2; ἀτρεκής sans détournement, adv.; καταλέγω dire jusqu’au bout (imp. aor. :
le focus porte sur sans détournement); 207 εἰ δή « si, comme c’est évident,… », puisque;
ἐξ + gén., (descendant) de; αὐτός lui-même; τόσος si grand (le paternalisme / materna-
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OD. 1
lisme est un registre reconnu dans la tradition épique, et auquel les guerriers iliadiques
réagissent mal parce qu’on leur parle « comme à des enfants »); πάις enfant (); εἰς
tu es; 208 αἰνῶς « terriblement », beaucoup; μέν vraiment; κεφαλή tête, acc. de rela-
tion; τε καί et donc aussi, le lien le plus intime entre deux éléments qu’offre la langue
grecque, mais son occurrence privilégiée à la 6ème position et l’état des ms. montrent
que, parfois, les philologues alexandrins (dont par ex. vTh tente de reproduire le texte)
l’ont utilisé pour corriger, selon leur métrique plus normative, un ancien vers lagaros
(avec une seule brève à la 6ème position). Il est donc permis, dans certains cas, de tra-
duire par un simple et; ὄμμα œil, acc. rel.; καλFός beau (– ); ἔοικα ressembler (parf.);
209 ἐπεί puisque; θαμά fréquemment; τοῖον en de telles circonstances, quand il était
comme toi ?; μίσγομαι + dat., se mélanger, se rencontrer; ἀλλήλοισι l’un l’autre; 210
πρίν + prop. inf., avant que; γε du moins (ou particule qui rend emphatique le mot
précédent); τόν il, acc. de suj. de la prop. inf.; ἀναβήμεναι s’embarquer, inf. aor., (ou :
monter dans le nord ?); ἔνθα περ précisément là où;
211 ἄριστος le meilleur; ἔβαν ils sont allés, aor. = ἔβησαν; ἐνί + dat., dans, sur; κοῖλος
creux; ναῦς nef; 212 ἐκ τοῦ depuis; οὔτε... οὔτε ni... ni; ἐγών moi; ἴδον sans augment :
j’ai vu; ἐμέ moi, acc. de ἐγών; κεῖνος celui-là; 213 τήν celle-ci, acc. dépendant de ἀντίον,
mais c’est aussi l’ordre de la formule qui demande l’acc. (l’aède aurait aussi pu créer la
cheville prospective τὴν δ’ἀπαμειβόμενος προσέφη ἴς Τηλεμάχοιο, où l’acc. dépend de
προσέφη); αὖ de son côté; πεπνυμένος raisonnable (la première fois que surgit l’épith.
de Tél. C’était aux auditeurs de décider si le mot avait une fonction dans son discours
ou non. En tout cas, le garçon se refuse aux tentatives de Mentès d’éveiller l’image du
père en lui); ἀντίον « contre », à; αὐδάω parler; 214 τοιγάρ donc (avant le texte de
l’époque impériale, on écrivait peut-être τοὶ γάρ); τοι te (à toi); μάλα très; ἀτρεκής
sans détournement, adv.; ἀγορεύω parler, fut. (le verbe du dire le plus répandu chez
Homère); 215 μὲν... αὐτάρ il est vrai... mais; τε τε épique ?; φημί prétendre; τοῦ de lui,
son fils; ἔμμεναι inf. éol. de être; ἐγώ γε quant à moi (= ms., en attique : ἔγωγε);
216 οὐκ οἶδα je ne sais pas, peut exprimer, davantage qu’un vrai doute, un certain refus
(un simple j’ignore ou je n’en étais pas témoin serait plutôt puéril); οὔ πω pas encore;
ἑόν son propre; γόνος origine, naissance; αὐτός lui-même; ἀναγιγνώσκω connaître;
217 ὡς comment!, combien!; ὄφελον + inf., j’aurais dû, si seulement...; μάκαρ bien-
heureux (parfois utilisé pour défunt); νυ donc; τευ = του = τινος, de quelque; 218 ἀνήρ
homme; κτέαρ possession, bien; ἑός son propre, pron poss. refl.; ἔπι auprès de, postpo-
sition (avec retrait de l’accent); τὸ γῆρας vieillesse; ἔτετμον rencontrer, aor.2; 219 νῦν
δέ mais maintenant, en réalité; ὅς... τοῦ c’est de celui qui... que; ἄποτμος sans destin,
superl.; γίγνομαι se révéler, devenir; θνητός mortel; 220 ἐκ... γίγνομαι être le descen-
dant, naître de; φασι on dit que; ἐπεί puisque; σύ toi; ἐρεείνω demander, interroger;
221 αὖτε de son côté; προσαγορεύω + acc. (τόν), s’adresser à, aor.; θεὰ γλαυκῶπις la
déesse aux yeux pers, épith. d’Athéna après un hémiépès féminin; 222 μέν τοι en tout
cas (μέντοιi ?); γενεή famille; γε au moins; νώνυμνος sans renom; ὀπίσσω après, dans
l’avenir; 223 τίθημι rendre (cf. facere), 3pl. aor.; σέ γε toi (emph.); τοῖος tel; ἐγείνατο
engendrer (forme habituelle, à l’aor. des catalogues de femmes, comme pr. on n’a que
γεννάω); Πηνελόπεια première mention de la femme d’Ul. : comme elle a échoué à
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CHÂTEAU I
faire réagir Tél. avec le rappel du père, Athéna tente sa chance avec « la mère »; 224 ἄγε
allons, vas-y; τόδε ceci (qui suit); 225 τίς quel; δαίς banquet; ὅμιλος réunion, groupe-
ment; πέλομαι être (aor. extratemporel = pr.); τίπτε pourquoi donc (τίποτε); σε χρεώ
besoin (est), il te faut (l’expression complète est χρεώ σε ἵκει);
226 εἰλαπίνη banquet, repas; ἠέ ou (synecphonèse : ei-la-pi-nyee-e = – – ); γάμος
mariage; ἐπεί puisque; ἔρανος groupe cultuel (les prétendants sont l’équivalent du pu-
blic d’Archiloque, des jeunes hommes non mariés. Leurs rencontres - les iamboi ? - ne
sont pas caractérisées par l’équilibre que célèbrent les hommes mariés lors d’un sympo-
sion en l’honneur de Dionysos); 227 ὥ τε vu comme; ὑβρίζω dépasser les bornes de la
bienséance, être violent; ὑπερφίαλος arrogant; δοκέω sembler; 228 δαίνυμαι banque-
ter, festoyer; κατά + acc., partout dans; δῶμα maison; νεμεσσάομαι réagir au manque
de respect, se fâcher; ἀνήρ homme initié, mari; 229 τὸ αἶσχος honte, chose honteuse;
ὁρόων voyant, dist. de ὁρῶν au lieu de ὁράων; ὅς τις quiconque, qui que ce soit qui, si
quelqu’un; πινυτός raisonnable, intelligent; μετέρχομαι se mélanger à, venir; 230 τήν
à celle-ci, acc. pron. anaph.; αὖ à son tour; πεπνυμένος raisonnable; ἀντίον + acc., face
à, en répondant à; αὐδάω parler, impf;
231 ξεῖνος hôte, étranger; ἐπεί puisque; ἄρ donc, à son tour, forme syncopée, utilisée par
les ms. devant une consonne (devant voyelle ἄρ’) pour ἄρα; δή donc (au sens du savoir
partagé), comme il semble; ἀνείρομαι demander (-ῃ< -εαι < -εσαι); μεταλλάω recher-
cher; 232 μέλλω + inf. (pas seulement du fut.), aller faire, devoir faire (un jour); ποτε
un jour, plus tard; οἶκος maison, famille; ἀφνειός riche; ἀμύμων irréprochable; 233
ἔμμεναι être (inf. éol.); ὄφρα tant que (dum); ἔτι encore (cf. lat. et); κεῖνος celui-là;
ἐπιδήμιος présent, dans le pays; ἦεν était; 234 νῦν δέ en réalité; ἑτέρως dans l’autre
direction, autrement; ἐβόλοντο < βούλομαι, vouloir, impf; μητιάω projeter, méditer
(l’un des multiples exemples d’ironie, qui fait ici référence au premier vers du premier
discours de Zeus, cf. 32); 235 ἄϊστος « non su », sans qu’on ait des informations sur lui,
sans gloire; ποιέω faire, produire; περί plus que; πᾶς tout, gén. pl. partit. (parmi tous);
236 ἐπεί puisque; κε(ν) + opt. = pot.; θνῄσκω mourir, part. aor.2; περ + part., même si
(même s’il était mort); ὦδε tellement; ἀκαχίζομαι s’affliger, s’indigner, opt. aor.; 237
μετά + dat., parmi; οἷσι ses; ἕταρος compagnon; δάμνημι vaincre, tuer (aor.2 pass.
ἐδάμην); Τρώς Troyen; δῆμος pays, territoire; 238 ἠέ ou; φίλοι « les chers », la famille;
χείρ main; ἐπεί après que; πόλεμος combat, guerre; τολυπεύω dérouler, finir; 239 Cf.
24.32; τῶ c’est pourquoi, alors; οἱ lui; τύμβος tombe vide ou non, marquée par une
colline artificielle, tertre; Παναχαιοί tous les Grecs; 240 καί aussi; ᾧ son (suo); παῖς en-
fant; τὸ κλέος réputation, le fait qu’on entend parler de qqn; ἄρνυμαι acquérir (ἤρατο
aor.); ὀπίσσω plus tard;
241 νῦν δέ mais en réalité (l’un des multiples retours des « structures annulaires », cf. 234);
μιν le, acc. pron. anaph. sg; ἀκλειῶς sans κλέος sans gloire; ῞Αρπυιαι Harpyes (démons
féminins du vent au nombre de 2 ou 3, représentés comme des rapaces ; selon Hésiode
Th. 265 : les filles de l’Océanide Electre et de Thaumas); ἀνερείπομαι enlever vers le
haut; 242 οἴχομαι s’en aller, être loin, impf; ἄϊστος sans qu’on ne sache rien de qqn;
ἄπυστος sans qu’on ait des informations sur qqn; ἐμοί à moi; ὀδύνη douleur; γόος
lamentation, pleurs (sur la lamentation funéraire comme origine de l’épopée, Bertolin
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OD. 1
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CHÂTEAU I
266 κε + opt. = pot.; ὠκύμορος au destin rapide, à la mort précoce; γενοίατο deviendraient
(at < nt) opt. aor.; πικρόγαμος ayant le mariage amer ou y assistant (la mort est aus-
si considérée comme un mariage); 267 ἤτοι assurément; τὸ γόνυ –ατος, genou, forme
épique de γόνασι : dans les genoux (« ceci n’est pas encore né », ceci n’est pas encore
certain); κεῖμαι gésir; 268 ἤ... ἠέ si ou si; νοστέω rentrer; ἀποτίνομαι faire payer, tirer
vengeance; οὐκί pas, non; 269 Fὅς son; ἐνί + dat., dans; μέγαρα les salles, le palais; σέ
à toi, acc. de σύ; φράζομαι se montrer à soi-même, réfléchir; ἄνωγα + acc., ordonner à,
encourager (conjugué comme un parfait); 270 ὅππως κε + subj., pour que, comment;
ἀπωθέομαι repousser, (avec le moyen du risque personnel); μέγαρον salle (des hommes);
271 εἰ δ’ ἄγε allons!, vas-y; ξυνίημι comprendre, imp.; ἐμπάζομαι se soucier de, faire at-
tention (eo > ou, imp.); μῦθοι des discours cohérents, des conseils ? (il s’agit du pro-
chain PN); 272 αὔριον demain; ἀγορή assemblée; καλέω appeler, part. aor.; ἥρωας
Ἀχαιούς les héros achéens (langage de déesse ou formule pour tous les hommes ?);
273 μῦθος discours; φράζω montrer, faire comprendre (ἐπέφραδον aor. avec redou-
blement, l’usage de l’imp. aor. place le focus sur μῦθος, donc sur le discours public :
πᾶσι, à tous); ἔπειμι être en plus, être dans l’affaire; μάρτυρος témoin; ἔστων qu’ils
soient, imp. 3pl.; 274 ἐπί + acc., vers; σφέτερος le leur (lat. sua); σκίδνημι disperser,
moyen : se disperser); ἄνωγα ordonner (ἄνωχθι imp. 2sg); 275 οἱ lui; θυμός organe de
réaction, envie, volonté; ἐφορμάομαι désirer; γαμέομαι se marier (s’utilise seulement
avec une femme comme sujet);
276 ἄψ en sens contraire, à nouveau; εἶμι aller (imp. 3sg); μέγαρον palais, salle des hommes
(pour une critique de cette division trop nette, cf. Zois 1993); μέγα δύναμαι être puis-
sant ou riche (selon Athéna, Ikarios devrait reprendre sa fille pour qu’on puisse com-
mencer à demander sa main à son père; μέγα δυναμένοιο implique probablement
qu’Ikarios pourrait payer une autre dot, alors que la loi de Gortyne, à laquelle devait
ressembler celle du public de l’Od., prévoit dans ce cas que l’épouse divorcée emporte
sa dot et la moitié des tissus qu’ont produit ses servantes); 277 οἱ δέ le troisième parti
(les parents ?); γάμος le rite de mariage; τεύχω fabriquer, organiser; ἀρτύνω ajuster
(à la fille), fut.; ἔεδνον ici : cadeau de dot (plutôt que les cadeaux des prétendants ;
Hérodien préfère l’esprit rude ἕεδνον); 278 μάλα très (la formule se trouve volontiers
comme introduction de catalogues, cf. Parménide, fr. 8.8 D.-K., avant son catalogue
des arguments); ὅσσα autant que; ἔοικε il sied (que); φίλος son; ἐπί + gén., dans le cas
de; ἕπομαι suivre (soit métaphorique, soit les ἔεδνα ont comme les δῶρα, selon Leduc
1990, 270, « des pattes » : des moutons en général, mais il peut y avoir une confusion
dans la transmission, les images des lois de mariage ne sont pas claires dans l’Od.); 279
αὐτός (toi-) même (deuxième PN, dont l’enchaînement avec le premier a posé des
problèmes aux commentateurs, mais Athéna semble savoir que le premier PN ratera,
voire que Tél. n’en voudra pas); πυκινός « dense », souvent utilisé pour exprimer la
cohérence des pensées : intelligent; ὑποτίθεμαι conseiller (fut. dit performatif : c’est ce
qu’elle est en train de faire); αἰ au cas ou; πείθομαι obéir, se faire convaincre, subj. aor.;
280 νῆα = att. ναῦν, nef; ἀραρίσκω ajuster, adapter; ἐρέτης rameur; ἐείκοσιν vingt
(forme adaptée à la métrique par le chantonnement); ὅ τις ἥ τις ὅ τι qui que ce soit qui
(quicumque); ἄριστος le meilleur;
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OD. 1
281 ἔρχεο va, imp. pr. (dit « du protocole » : il n’exprime pas qu’il faut le faire, mais ce qu’il
faut faire); πυνθάνομαι, πεύθομαι + gén., apprendre, s’informer sur; δήν longtemps;
οἴχομαι s’en aller; 282 ἤν pour voir si, en essayant si (= ἐάν + subj.); εἴπῃσι aor. subj.
3sg (en attique) de λέγω, (chez Homère) de ἀγορεύω, dire; βροτός mortel (discours
de déesse?); ὄσσα oracle, un signe; ἀκούω entendre, + gén., percevoir; 283 Διός gén.
de Ζεύς (trois fois Tél. verra un aigle de Zeus, mais sans trop y croire); τε τε épique,
en général, toujours; μάλιστα surtout; τὸ κλέος ce qu’on entend de qqn (cf. client <
cluens), gloire; 284 πρῶτα d’abord; Πύλος ville à l’ouest du Peloponnèse, cf. 93; ἐλθέ
imp. aor. de aller : le focus porte sur Pylos; εἴρομαι demander (imp. pr., qui constitue
le focus : les questions sur le père forment l’un des multiples triplets qui font tenir
ensemble l’Od. et qui indiquent l’avancement du récit. La première question, ici avec
Athéna, pourrait avoir une réponse positive, mais Tél. ne veut rien entendre de son
père, à la deuxième, chez Nestor en Od. 3 Tél. serait ouvert, mais la réponse de Nestor
est négative. Ce n’est que chez Ménélas, en Od. 4, que question et réponse s’accordent);
Νέστωρ seul survivant (le cadet) des douze enfants de Nélée, enfant de l’Eolide Tyro
et de Poséidon. Cet éternel survivant remonte donc au début de l’époque héroïque et
a déjà vécu trois générations. Grâce à son ancêtre Poséidon, il est rentré de Troie le
premier; δῖος divin (descendant de Poséidon); 285 κεῖθεν de là-bas; Σπάρτηνδε vers
Sparte, à Sparte; παρά + acc., vers, chez; ξανθός on traduit (dans la tradition nordique)
par blond, mais le mot désigne aussi le roux; Μενέλαος Ménélas, le mari d’Hélène (sur
son palais à Sparte, cf. 93);
286 δεύτατος le dernier (ce qui le rapproche d’Ul. et fera de lui un double pour Tél.);
ἦλθεν il est venu, rentré; Ἀχαιοί ici les Grecs; χαλκοχίτων à la tunique de bronze, en
armure de bronze; 287 εἰ ... κε + subj., en essayant si; μέν d’une part, dans la première
possibilité; βίοτος vie; νόστος retour; ἀκούω + acc., entendre parler de, subj. aor.; 288
ἦ τε alors; ἄν + opt., tu pourrais (potentiel); τρύχομαι s’affliger, s’user; περ + part.,
aussi... que, même si; ἔτι encore; ἔτλην aor. slt, supporter, avoir le cœur de; ἐνιαυτός
année; 289 δέ d’autre part; τεθνηώς mort (part. parf., en att. τεθνεώς); ἀκούω + part.
au gén. : entendre comme chose sûre; μηδέ et ne pas (quand il s’agit d’une tautologie,
d’une précision : avec μή parce qu’il s’agit d’une conditionnelle/temporelle); ἔτι + né-
gation = ne plus; ἐών étant, vivant; 290 νοστέω rentrer; δὴ ἔπειτα alors (après tempo-
relle); φίλος son propre; πατρίς adj., des pères; γαῖα terre;
291 σῆμα signe, tombeau, tumulus; τε... καί... et... (pour des choses étroitement liées);
χεῦαι inf. aor (comme impératif qui met l’accent sur le tumulus) de χέω, verser, entas-
ser; ἐπικτερεΐζω donner les offrandes aux funérailles, inf. aor.; κτέρεα offrande pour les
morts; 292 ὅσσα autant que; ἔοικε il sied; ἀνήρ mari; δίδωμι donner en mariage (réfé-
rence à l’eggue lorsque le père ou son représentant dit au gendre « je te donne ma fille,
terrain à labourer »). Ce passage semble en contradiction avec le vers 276 et a poussé les
« analystes » (Kirchhoff, Von der Mühll et Bérard) à voir dans la Télémachie l’œuvre
d’un mauvais poète ajoutée tardivement à l’original d’Homère. Mais leurs adversaires,
dits « les pasteurs de l’unité » ou « unitaristes », auraient pu argumenter en soulignant
la syntaxe (les formules ou la danse en chaînes, comme disait Nietzsche, n’empêchent
que rarement l’aède de se trouver en accord avec elle) : l’inf. aor. (utilisé comme imp.)
- 65 -
CHÂTEAU I
est une forme non marquée et souligne ou marque donc son complément ἀνέρι : di-
rectement au mari en opposition à 276 (πατρός). Pénélope ne sera donc pas divorcée
d’un homme vivant, mais veuve et Tél. sera son héritier et, sans doute, aussi le maître
de la maison, celui qui décide. Les aor. peuvent en plus indiquer qu’Athéna/Mentès
n’envisage pas vraiment cette option (en ce cas-là tu peux toujours...); 293 αὐτάρ or,
mais; ἐπὴν δή (+ subj. : éventuel) quand donc; τελευτάω finir; ῥέζω faire; 294 φράζομαι
réfléchir (inf. pr. : marqué); κατά + acc., selon, dans; φρήν diaphragme, siège de l’intel-
ligence); θυμός face à φρήν plutôt la volonté; 295 ὅππως un de ces mélanges entre final
et modal : comment/pour que; ἐνί + dat., dans : μέγαρα les salles, le palais; τεός éol. ton;
296 κτείνω tuer (subj. pr.!); ἠέ... ἤ soit... soit; δόλος ruse; ἀμφαδόν ouvertement; οὐδέ τι
« pas non plus en quelque chose », pas du tout; χρή + prop. inf., il faut que; 297 νηπιέη
(άας < ᾶς < έας) état de petit enfant; ὀχέω avoir, retenir (intensif de ἔχω); ἐπεί puisque;
τηλίκος de cet âge; ἐσσί tu es; 298 ἦ particule introduisant une question : ?; ἦ οὐκ ne
pas ?, synalèphe (comme les potiers lient l’anse au vase en l’enduisant – ἀλείφω - d’ar-
gile) : mélange entre deux voyelles appartenant à deux mots : youk; ἀΐω entendre; οἷος
quel; ἔλλαβε imitation orthographique de la prononciation métrique (le l est prononcé
en deux l – comme le faisait Zara Leander avec les j : je sais qu’unj jour - pour fermer
la première syllabe) aor. de λαμβάνω, prendre, recevoir, obtenir; δῖος divin; Ὀρέστης
le fils d’Agamemnon est le grand modèle; 299 ἐπί + acc., vers, partout chez (la gloire
va chez); ἐπεί après que; ἔκτανον aor. de κτείνω, tuer; πατροφονεύς meurtrier du
père (la vengeance n’est pas le tertium comparationis entre Oreste et Tél., mais le fait
qu’Egisthe est le double des prétendants); 300 δολόμητις fourbe; ὅ parce que; οἱ lui,
dat.; κλυτός fameux; ἔκτα aor. rad. / ath. de κτείνω, tuer;
301 καί aussi; σύ toi; φίλος nom. pour vocatif : ami; μάλα très; ὁρόω = ὁράω (dist.), voir;
302 ἄλκιμος capable de se défendre, fort; ἔσσο sois; ἵνα pour que; τις qqn; ὀψίγονος
qui naît plus tard; ἐὺ λέγω + acc., dire du bien de qqn, subj. aor.; 303 αὐτάρ mais; θοός
rapide; ἐπί + acc., vers; κατέρχομαι descendre, rentrer (fut.); ἤδη déjà; 304 ἕταρος
compagnon; ὅς qui; που probablement; μένω attendre; ἀσχαλάω se fâcher; 305 αὐτός
(toi-) même, seul; μέλει + dat., être l’objet des soucis (c’est à toi maintenant); ἐμπάζομαι
se soucier de, considérer; μῦθος ce qu’on dit, discours;
306 Après la deuxième réplique d’un dialogue la chev. rétr. (ainsi dit-il/elle) disparaît en
général et s’intègre à la notion de la réponse; τήν à celle-ci, acc. f. du pron. anaph.;
πεπνυμένος raisonnable; ἀντίον αὐδάω + acc., répondre, impf; 307 Tél. reconnaît en
Mentès le père; ἦ τοι vraiment; φίλα φρονέων avec des intentions amicales; ἀγορεύω
dire; 308 ὥς τε comme; ᾧ à son, suo; παῖς enfant; οὔ ποτε jamais; λανθάνομαι + gén.,
oublier qqc, fut. (formule plutôt intime que Nausicaa prononcera devant Ul. au moment
d’un possible adieu); αὐτός litt. à nouveau celui-ci (reprend ταῦτα et a presque déjà la
fonction d’un pron. anaph.); 309 ἀλλά mais; ἄγε allons!; νῦν maintenant; ἐπιμένω
attendre un moment (imp. aor.); ἐπείγομαι avoir hâte, part.; περ + part., aussi… que,
même si; ὁδός chemin, voyage, gén. soit dépendant d’avoir hâte d’atteindre, soit gén.
du domaine : dans la route; 310 ὄφρα + subj., pour que, jusqu’à ce que; λοεσσάμενος
de λούομαι, s’exposer au bain, se baigner; ἐτεταρπόμην aor. red. de τέρπομαι, prendre
plaisir, s’amuser, part.; φίλος son propre; τὸ κῆρ cœur (acc. de relation);
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OD. 1
311 δῶρον cadeau (qu’on donne toujours après une invitation); ἔκιον aor.2, aller, subj.;
χαίρω se réjouir (notamment quand on reçoit qqc dans le rite de la χάρις, du don);
312 τιμήεις -εσσα -εν cher, riche en honneur; ὅ pron. anaph./relatif, qui; τοι soit donc,
soit éol. à toi, te; κειμήλιον objet de valeur stocké comme trésor à la maison, marque
des relations publiques, bibelot, trophée (photo avec le président, javelot africain etc.);
ἔσται sera; 313 ἐμεῦ = ἐμοῦ, de moi; οἷα comme, tel que; φίλος cher; ξεῖνος hôte;
διδοῦσι ils donnent (forme avec allongement compensatoire au lieu de n vocalisé :
oosi< onti au lieu de διδόασι); 314 ἀμείβομαι + acc., répondre; γλαυκῶπις aux yeux
pers, de chouette; 315 μή...ἔτι ne plus; κατερύκω retenir, imp. (il est difficile de dis-
tinguer entre formules de politesse et scènes typiques; l’important est que Tél. les ap-
plique: il a passé sa première épreuve, celle de l’hospitalité); λιλαίομαι + gén., désirer;
περ + part., bien que; ὁδός chemin;
316 ὅστις κε + subj., quoi que ce soit que; ἦτορ cœur; δίδωμι donner; ἄνωγα ordonner,
subj. (mais il y a aussi ἀνώγω); 317 αὖτις une autre fois, de retour; ἀνέρχομαι revenir
(du voyage); δόμεναι donner, inf. éol. aor. comme imp.; οἶκόνδε à la maison (direc-
tion); φέρομαι (inf. fin. ; la forme est marquée et par le pr. et par le moyen) : pour que
je l’emporte; 318 καί et en plus; μάλα très; αἱρέω prendre, choisir; ἄξιος + gén., équiva-
lent à, digne de; ἔσται sera (avec ἄξιον : méritera); ἀμοιβή échange, contre-don (Men-
tès ne viendra plus et on peut lire ce passage comme une tromperie d’Athéna, mais
aux yeux du public c’est aussi une promesse de la déesse : « ton don vaudra un contre-
don »); 319 Comme il n’y aura plus de réplique, le dialogue est fermé par une chev.
rétr., qui mène à la première occurrence du triplet « Athéna apparaît comme oiseau »:
dans la première, elle est simplement « comme un oiseau », dans la seconde, comme
un aigle marin et dans la troisième, pendant le combat contre les prétendants, elle se
transformera en hirondelle; ἡ μέν elle d’une part; ἄρα donc; ὥς ainsi; εἰποῦσα part. f.
aor. de ἀγορεύω; ἀποβαίνω partir; 320 ὄρνις poule, oiseau; ὥς comme postposé (avec
un accent); ἀνόπαια adv. : par le trou pour la fumée (dans le toit); διέπτατο moy. de
διέπτην < διαπέτομαι, s’envoler; ὁ δέ lui d’autre part; ἐντίθημι + dat., placer dans, aor.;
321 τὸ μένος l’élan, la force (ce moment d’étymologisation de Mentès par Monsieur Force
a conduit Wilamowitz à penser que le changement de Tél., son passage du garçon à
l’homme, ne se passe qu’ici – de même que, dans l’Il., le héros Diomède reçoit d’Athéna
du ménos pour combattre immédiatement - contre une lecture de la Télémachie comme
Entwicklungsroman à la Fénelon ou comme le Tristram Shandy de Sterne. Après la
guerre, Allione 1963 s’y est opposée. L’hypothèse de Wilamowitz n’est pas avérée dans
le récit, le changement n’est pas abrupt. La poétique des espaces sociaux, qui s’ouvrent
de plus en plus, présentera Tél. dans des sit.s de plus en plus responsables, un proces-
sus qui s’étend jusqu’au chant 15); τὸ θάρσος courage, confiance en soi; ὑπομιμνῄσκω
+ gén., faire penser à, rappeler à qqn qqn; ἑ pron. réfl. acc., ici = pron. anaph. le (au-
trefois Fe ce qui explique qu’on ne ressentait pas l’hiatus τέ ἑ); 322 μᾶλλον (mieux
μάλλον) davantage; ἔτι encore; ἤ que; τὸ πάροιθεν auparavant; φρήν diaphragme,
sens (de cognition); νοέω percevoir (plus tard : penser); 323 θαμβέω s’étonner; ὀίομαι
se douter (ici une agrafe est créée par le truchement de l’activité en suspens : l’agrafe
se prolongera jusqu’au vers 420 : Tél. n’est pas encore sûr et il ne comprendra qu’après
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CHÂTEAU I
la dernière scène spatiale, l’espace des prétendants); 324 αὐτίκα aussitôt; ἐποίχομαι
+ acc., aller vers, impf.; ἰσόθεος égal aux dieux; ὁ φώς homme (le regard sur Tél., ex-
primé dans cette formule, montre un premier effet de l’injection de menos et introduit
la clôture de cet espace social par le rappel de sa scène de cadre : l’aède qui a chanté
pendant tout le dialogue. Le son de la voix peut être entendu dans toute la maison et
permet alors de passer au prochain espace social, cf. Lateiner 1995); 325 ἀοιδός aède,
chantre traditionnel; ἀείδω chanter; περικλυτός très connu; σιωπή silence;
326 εἵατο 3pl. (-ato < nto) pqpf du parf. ἧμαι, être assis; ἀκούω écouter; ὁ νόστος retour :
une épopée perdue (conservée par un résumé tardif) avec le titre de Νόστοι (d’Agias
de Trézène) ainsi que le genre masculin du mot nous rappellent que l’Od. fait partie de
cette tradition poétique, mais le mot signifie ici aussi « retour »; 327 λυγρός meurtrier,
triste; ἐπιτέλλομαι ordonner, imposer (Ajax, le fils d’Oïlée, avait violé Cassandre dans
le sanctuaire troyen d’Athéna. Dans les Nostoi, et peut-être chez Alcée fr. 298, Athéna
crée une querelle entre Ménélas et Agamemnon sur la route du retour et les mène dans
une tempête. Phémios, le chantre, a donc contredit Athéna pendant qu’elle parlait et
ses accusations envers Zeus dans l’assemblée des dieux sont un peu relativisées, cf. Clay
1983 : Athéna est en partie responsable du sort d’Ul. - mais pour les prétendants, qui
ne veulent pas le retour d’Ul., le sujet est très intéressant); 328 τοῦ de celui-ci (de
Phémios); ὑπερωϊόθεν depuis le premier étage (qui est, encore au IVe siècle, cf. Ly-
sias I, le domaine des femmes); φρεσί par ses sens; συντίθεμαι percevoir (l’aor. év.
à traduire par un pqpf); θέσπις inspiré par une divinité (en fait dont les paroles sont
divines cf. v.1); ἀοιδή chant; 329 κούρη fille; Ἰκάριος fils d’Œbale et frère de Tyndare
(Pénélope est donc la cousine d’Hélène), vit en Lacédémone; περίφρων très intelligent,
raisonnable, épith. habituelle de Pénélope; 330 κλῖμαξ échelle, escalier (un triplet : on
la verra trois fois descendre l’escalier. La première fois, ici, elle doit céder du terrain
à son fils, la seconde fois elle est ambivalente, en Od.18, la troisième fois, au chant 23,
elle retrouve le mendiant qui prétend être son mari. Descente et remontée figurent ici
comme cadre de l’espace social intérieur de la maison, féminin, contre lequel Tél. doit
d’abord se défendre pour gagner des espaces extérieurs); ὑψηλός haut; κατεβήσετο
aor. mixte (rad. et sigmatique) de καταβαίνω + gén., descendre de; οἷο de son, pron.
poss. réfl. (sui); δόμος maison, demeure, chambre;
331 οἶος seul; ἅμα à côté, en même temps; γε particule qui met en évidence le mot qui la
précède (les servantes mettent en évidence l’importance de la maîtresse de maison);
ἀμφίπολος serviteur, servante; δύο deux; ἕπομαι suivre, + dat. (qui se lie aussi à ἅμα);
332 ὅτε δή quand donc; ἀφικνέομαι + acc., arriver chez; δῖα γυναικῶν divine parmi les
femmes : formule qui rappelle que γυνή signifie directement être humain par rapport
aux déesses. Pénélope est év. une descendante de la Naïade Bataia (fille d’Eurotas) et
son nom est lié à une espèce de canard; 333 ἵσταμαι se placer, s’arrêter (aor. rad. / ath.);
ῥα comme on peut s’y attendre (c’est plutôt une question d’étiquette : les femmes ne
sont probablement pas censées faire intrusion dans le domaine des hommes); παρά
+ acc., à côté (après le mouvement); σταθμός pilier; τὸ τέγος toit, maison; πύκα de
manière compacte, solidement; ποιητός produit, fait; 334 ἄντα + gén., devant; παρειά
joue; σχομένη part. aor. de ἔχομαι, tenir qqc par un bout; λιπαρός brillant; κρήδεμνον
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OD. 1
voile (mais il ne faut pas imaginer les dames emmitouflées de Tanagra et des gestes sem-
blables qu’on trouve sur des vases hellénistiques; il s’agit d’un geste souvent représenté
par lequel une femme tient de ses doigts un pan du vêtement sur l’épaule, pour marquer
ou plutôt pour demander du respect (αἰδώς, cf. Chaudet 1999); 335 ἄρα donc; οἱ lui;
κεδνός pratique, soucieux; ἑκάτερθε des deux côtés; παρίσταμαι se placer auprès de;
336 δακρύω pleurer (part. aor. f., mais selon les commentateurs antiques, le victimizing
n’a rien de spécifiquement féminin chez Homère); ἔπειτα ensuite; προσαυδάω + acc.,
s’adresser à, impf; θεῖος divin, inspiré; 337 Φήμιε comme en français ou en américain,
mais plus encore comme en russe ou en japonais, l’adresse homérique dit qqc sur le
rapport social entre les interlocuteurs : à part les titres (pater, teknon selon le rapport
des années), c’est une particule (oh) + patronyme ou des vers complets qui expriment
la considération, le nom + patronyme, expriment l’ironie ou le reproche ; le simple
nom n’est pas très poli surtout entre des personnes qui ne sont pas amis. Phémios
n’a pas d’oikos, pas de pouvoir familial, il n’est qu’un demiourgos (il travaille), et la
maîtresse ne semble pas particulièrement charmée par sa production, situation que les
chantres de la tradition homérique connaissaient sans doute; γάρ un en effet « prag-
matique » (qui peut justifier l’adresse rude et la prise de parole); ἄλλος autre; βροτός
mortel; θελκτήριον charme (le chant est considéré comme une drogue, une sorte de
sorcellerie, de magie, cf. le θέλγειν de Circé et des Sirènes); οἶδας tu connais; 338 ἔργον
œuvre; τά τε qu’en général (τε épique); κλείω rendre fameux (ce que Pénélope propose
ici est le sujet de l’autre grande mise en abyme du chant de l’épopée : au chant 9 de l’Il,
Achille chante le sujet de l’Il., les κλέα ἀνδρῶν); 339 τῶν partitif : parmi ceux-ci; εἷς μία
ἕν un; γε au moins; σφιν leur; πάρημαι être assis à côté; σιωπή silence (insinue-t-elle
qu’ils sont bruyants? Auparavant ils écoutaient en silence); 340 οἶνος vin; πίνω boire
(imp. adhort. 3pl.); ἀποπαύεο (-εο>-ου imp.) arrêter + gén.;
341 λυγρός funeste, triste; αἰέν toujours; τὸ στῆθος (-εσσι = -εσι) poitrine; τὸ κῆρ cœur;
342 τείρω user, affliger; ἐπεί puisque; μάλιστα surtout; καθικνέομαι atteindre, concer-
ner; τὸ πένθος peine; ἄλαστος inoubliable, maudit; 343 τοῖος tel (exclamatif); κεφαλή
tête, personne; ποθέω regretter, désirer en absence; μέμνημαι se souvenir; αἰεί sans
cesse, toujours; 344 ἀνήρ mari, homme, gén. (à construire plutôt avec tête qu’avec se
souvenir de); κλέος gloire; εὐρύς large (à savoir : est); Ἑλλάς le nord de la Grèce (plus
tard : toute la Grèce); μέσος central, au milieu; Ἄργος Argos au Sud-Est du Pélopon-
nèse; 345 αὖ à son tour; ἀντίον αὐδάω + acc., répondre;
346 ἐμός mon; τί pourquoi; ἄρα visiblement; φθονέω + prop. inf., refuser, ne pas vouloir
que; ἐρίηρος très gentil, très agréable; 347 τέρπω amuser; ὅππῃ où, dans quelle direc-
tion que ce soit que; οἱ lui (dat. éthique à traduire par le pronom possessif : son); νόος
esprit; ὄρνυμαι s’élancer; οὔ νύ τοι ce ne sont pas, comme tu le supposes,...; 348 αἴτιος
responsable; ποθι = που, probablement; ὅς τε qui en général; δίδωμι donner; 349 ἀνήρ
homme; ἀλφηστής mangeur de blé; ὅπως (ici avec. subj.), comme; ἐθέλω vouloir;
ἕκαστος chacun; 350 οὗτος celui-là; νέμεσις ce qu’on éprouve lors d’un manque de
respect, reproche; Δαναοί les Danaens, les Grecs; οἶτος chemin, destin;
351 τὴν... ἥ τις... que (cataphorique, en franç. on inversera 351 et 352 par une mise en
évidence (c’est le chant le plus moderne que...); μᾶλλον davantage; ἐπικλείω célé-
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CHÂTEAU I
brer (ou commander ?); 352 ἀϊόντεσσι dat. pl. part. pr. de ἀΐω, écouter : auditeurs;
νέος récent; ἀμφιπέλομαι circuler; 353 σοί à toi, dat. éthique à trad. par pron. poss.
ton); ἐπιτολμάω supporter, endurer; κραδίη cœur; θυμός préférence; 354 οἶος seul;
ἀπόλλυμι perdre; νόστιμος du retour; τὸ ἦμαρ jour; 355 καί aussi; ἄλλος autre; ὁ φῶς
homme; ὄλλυμαι périr;
356 La critique, féministe / machiste, trouvait déjà au IIe s. av. n. è. que ces vers étaient trop
dirigés contre le pouvoir féminin : les copies « les plus grâcieuses » (dont disposaient
les philologues alexandrins) auraient supprimé 356-9; εἰς οἶκον dans la partie inté-
rieure de la maison, dans les salles des femmes; εἶμι aller (part. prés. f.); σου αὐτῆς de
toi-même; κομίζω + acc., s’occuper de; 357 ἱστός métier à tisser; ἠλακάτη quenouille;
ἀμφίπολος servante; κελεύω ordonner 358 Sur la répétition de ce thème en 11.352
et 21.352, Schwabl 1998; ἔργον œuvre (cf. work ; il n’y a pas de mot antique pour le
travail au sens moderne parce que les ouvriers libres ne sont pas nombreux, mais il y
a le regard des maîtres sur ce que font les esclaves. Pourtant, en cherchant un équiva-
lent dans notre système moderne, on traduit parfois par travail); ἐποίχομαι aller à, se
mettre à; μῦθος récit, discours; μέλει + dat., être l’affaire de; 359 μάλιστα surtout; τοῦ
pron. anaph. = rel. : dont; τὸ κράτος pouvoir; 360 θαμβέω s’étonner; πάλιν retour, à
nouveau; οἶκόνδε dans (l’intérieur de) la maison; βαίνω marcher (pqpf qui indique
peut-être aussi la clôture de la scène par le retour de la maîtresse et le glissement vers
le nouveau cadre);
361 παῖς l’enfant - dans la tradition de l’illusion épique du XIXe s., on pourrait comprendre
« son enfant » et y voir du discours indirect libre (donc la perspective du personnage,
Pénélope, cf. Katz 1991 et De Jong 1987), mais les analyses montrent que c’est plutôt
un titre et que la perspective est celle du narrateur : « l’enfant de la maison » en oppo-
sition au statut du maître de la maison. C’est la première étape de l’avancement social
de Tél.; πεπνυμένος raisonnable; ἐντίθημι + dat., mettre dans (le cœur), considérer;
362 ὑπερῷον premier étage; ἀναβαίνω monter; σύν + dat., avec; γυνή déterminatif de
genre pour ἀμφίπολοι : servantes; 363 κλαίω pleurer; ἔπειτα alors; πόσις mari; ὄφρα
jusqu’à ce que; οἱ lui; ὕπνος sommeil; 364 ἡδύς doux; ἐπιβάλλω + dat., mettre sur;
βλέφαρον paupière; 365 ὁμαδέω être bruyant (aor. : devenir); ἀνά + acc., partout dans;
μέγαρον salle; σκιόεις ombreux;
366 ἀράομαι prier; παραί épico-éol. pour παρά, à côté; παρακλίνομαι se coucher à côté; τὸ
λέχος lit, le fait de se coucher; 367 τοῖσι à eux, parmi eux; ἄρχομαι + gén., commencer;
μῦθος discours; 368 ὑπέρβιος violent; ὕβρις transgression; ἔχω avoir; 369 νῦν main-
tenant; δαίνυμαι manger, banqueter; τέρπομαι s’amuser; μηδέ et ne pas; βοητύς cris,
chahut; 370 ἔστω imp. 3sg, soit; ἐπεί puisque; τό γε καλόν ceci est convenable (mais
καλόν pourrait être l’adverbe de ἀκούειν : avec un tel chantre il faut écouter calme-
ment); ἀκουέμεν inf. éol. + gén., écouter;
371 τοιόσδε... οἶος tel... que; ὅδε celui-ci; ἐναλίγκιος semblable; αὐδή voix, acc. de rel.;
372 ἠῶθεν le lendemain, tôt le matin; ἀγορήνδε vers l’assemblée, vers la place de ras-
semblement; καθέζομαι s’asseoir (subj. cohort.); ἔκιον aller (aor.); 373 ἵνα + subj.,
pour que; ὕμιν forme non emphatique : (à) vous; μῦθον ἀπαγορεύω tenir un discours
public; ἀπηλεγής sans ménager, intransigeant; 374 ἔξειμι sortir, + gén.; μέγαρα palais;
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OD. 1
ἀλεγύνω tenir compte, s’occuper de; δαίς repas, banquet; 375 ὑμός votre; κτῆμα bien,
possession; ἔδω manger, dévorer; ἀμείβομαι changer; κατά partout dans;
376 ὕμιν forme non emphatique : (à) vous; δοκέω sembler; λωΐτερος plus profitable;
ἀμείνων meilleur; 377 ἔμμεναι inf. de être; ἀνδρός ce mot n’implique pas forcément
qu’ils sont aussi des ἄνδρες, des hommes mariés, mais exprime plutôt le contraste
avec leur statut de célibataire : d’un seul et d’un mari; εἷς, ἑνός un seul; βίοτος vivres,
ressources; νήποινος sans payer, gratuit; ὄλλυμαι périr; 378 κείρω tondre, couper;
ἐπιβώσομαι ionien pour ἐπιβοάομαι (fut.), invoquer, crier à; αἰέν toujours; ἐών étant,
existant; 379 αἰ (pour voir) si; ποθι encl., peut-être; δίδωμι + inf. : donner la possibilité
de; παλίντιτος remboursé; ἔργον œuvre; γίγνομαι devenir; 380 νήποινος sans payer
la ποινή (cf. lat. poena ou en russe cena, le prix), le prix du sang qu’on doit payer pour
avoir tué un homme, c’est donc un jeu de mot de Tél., cf. 377; ἔντοσθεν dans + gén.;
ὄλλυμαι périr, mourir;
381 ὣς ἔφατο ainsi dit-il, chev. rétr. après le premier discours du dialogue (Fingerle 1939,
moins clair Beck 2005) avec les prétendants, qui montre Tél. dans l’espace extérieur
de la maison, celui des hommes. Il se comportera d’abord de manière un peu naïve,
mais dans la seconde partie, les auditeurs pourront voir le fils rusé d’Ul.; ὀδάξ avec
les dents; ἐν + dat., dans; τὸ χεῖλος lèvre; ἔφυν j’ai poussé, je suis devenu (ils se sont
mordu les lèvres); 382 θαυμάζω + acc., s’étonner de, être impressionné par; ὅ que;
θαρσαλέος confiant, impertinent; ἀγορεύω parler (souvent en public); 383 αὖτε à son
tour; Ἀντίνοος « qui a l’idéologie contraire » (dans ce récit, les prétendants sont au
nombre de 108. Ces jeunes hommes, comme l’Od. et Archiloque les appellent, s’orga-
nisent en groupes avec, à leur tête, de petits rois ou des hegemones – tout comme les
adversaires de Théognis 731ss. : Antinoos est l’un d’eux, marqué par son tempérament
irascible. Son père, qui ne semble pas avoir beaucoup d’autorité, s’appelle Eupeithès, «
qui obéit ou persuade facilement »; l’autre petit roi, plus dangereux et plus intelligent,
qui sait amuser les membres du groupe, est Eurymaque, peut-être un bon guerrier);
πρόσφημι + acc., s’adresser à; υἱός fils; 384 Τηλέμαχε simple vocatif du nom : le ton
entre les prétendants et Tél. est celui d’égaux, mais un peu rude (cf. 337); ἦ vraiment
(aussi pour introduire des questions); μάλα δή il est évident que; σε te; διδάσκω ensei-
gner; αὐτός (lui-)même; 385 ὑψαγορής arrogant; ἔμεναι être, éol.; θαρσαλέος imper-
tinent; ἀγορεύω parler en public (nous dirions qu’Antinous ne sait pas qu’il répète les
paroles du narrateur, mais c’est la règle de la reprise et de l’économie des formules qui
l’y contraignent);
386 μή + opt. ou subj. : il faut craindre que ne, peut-être que; σέ γε précisément toi;
ἀμφίαλος entouré de la mer; βασιλεύς roi, chef (au VIIe s., les rois « sacrés » n’existent pas
ou plus, mais le mot s’utilise chez Hésiode pour ce qu’on appelle parfois le big man);
Κρονίων le fils de Cronos, Zeus; 387 ποιέω faire, rendre; ὅ ici = pron. rel. n. : ce qui; τοι
dat. éol., à toi; γενεή descendance, famille; πατρώιος hérité du père; 388 ἀντίον αὐδάω
répondre, + acc.; 389 εἴ περ καί même si; ἄγαμαι (« penser que c’est trop ») s’indigner;
ὅττι quoi que ce soit que; εἴπω subj. aor. de λἐγω, ἀγορεύω, dire; 390 καί aussi; κεν
+ opt. = pot. : je voudrais bien; ἐθέλω + inf. aor. : vouloir; γε du moins; δίδωμι donner;
ἄρνυμαι gagner;
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CHÂTEAU I
391 ἦ introduit une question; φῄς tu dis, tu crois; κάκιστος le pire; τετύχθαι inf. parf. pass.
de τεύχω, fabriquer = être; 392 βασιλευέμεν inf. éol., être roi; αἶψα rapidement; τε...
καί... ainsi que; οἱ lui (dat. éth.); δῶ maison; 393 ἀφνειός riche; πέλομαι tourner, être;
τιμήεις riche en honneur, considéré; αὐτός lui-même, le maître de la maison; 394 ἦ
τοι (ἤτοι) vraiment; καί aussi; 395 πολύς beaucoup; ἀμφίαλος entouré par la mer; νέοι
ἠδὲ παλαιοί des jeunes et des vieux ou : représentant la iuventus et la senectus (comme,
selon Euripide, dans l’armée héroïque). Les prétendants ont leurs rois, mais Tél. fait
semblant de ne pas distinguer et joue le naïf : premier signe qu’il a compris le masque
de la déesse et qu’il est bien le fils de son père);
396 τῶν τις gén partit., qqn parmi eux; κεν ἔχῃσιν subj. de permission : qu’il l’obtienne
(év. cela remplace un potentiel : peut-être que l’un deux...); ἐπεί puisque, après que;
θνῄσκω mourir; 397 αὐτάρ d’autre part (= ét.), mais; ἄναξ maître; ἔσομαι je serai;
ἡμέτερος notre; 398 δμώς esclave; ὅς pron. rel.; ληΐζομαι prendre en butin; 399 αὖτε à
son tour; Εὐρύμαχος « qui combat largement »; Πόλυβος « qui a beaucoup de bœufs »;
πάις enfant; 400 γόνυ genou (métaphore de l’enfant pas encore né); κεῖμαι gésir;
401 ὅς τις qui; βασιλεύω être roi; ᾿Αχαιῶν gén. soit partit. soit obj.; 402 κτῆμα propriété;
αὐτός seul; δῶμα maison; ἀνάσσω + dat., être le maître de, régner sur, opt. : souhait;
403 μή + opt., souhait négatif; ὅ... ὅς τις coordination entre pron. cataphorique et
pron. anaph. : l’homme... qui; ἔρχομαι venir; σε acc., «te »; ἀέκων contre son gré; βίηφι
ancien instr. : avec force; 404 ἀπορραίνω pousser loin de, priver qqn de qqc, + double
acc. (comme ἀφαιρέω); ἔτι encore, toujours; ναιετάω être habité (gén. absolu : tant
que...); 405 On sent qu’Eurymaque est un peu plus intelligent qu’Antinoos, il a fait
le rapport; ἐθέλω + inf. aor. : vouloir; φέριστος le meilleur (au voc. souvent un peu
paternaliste et ironique comme le βέλτιστε de Socrate); περί + gén., au sujet de; ξεῖνος
hôte; ἠρόμην aor. de ἐρωτάω ἔρομαι, demander, interroger;
406 ὁππὀθεν d’où; οὗτος celui-là; ποῖος quel; ἐξ + gén., venant de; εὔχομαι se vanter, pré-
tendre; 407 γαῖα terre; ποῦ où; νυ encl. alors; οἱ dat. lui; γενεή descendance, famille;
πατρίς adj. : des pères; ἄρουρα terre arable; 408 ἠέ... ἤ... ou...?; ἀγγελίη annonce, nou-
velles; φέρω apporter; ἔρχομαι venir; 409 ἑὸν αὐτοῦ son propre; χρεῖος besoin, affaire
ou dette; ἐέλδομαι désirer; τόδε ἱκάνει il arrive à cet endroit (mais la syntaxe sent la
correction); 410 οἷον « vu le fait que », « à en juger par comment »; ἀναΐσσω bon-
dir vers le haut (le terme peut aussi indiquer la simple hâte et c’est ce qu’Eurymaque
semble avoir vu); ἄφαρ immédiatement; οἴχομαι être allé, être loin; οὐδέ et ne pas;
ὑπομένω permettre de, attendre pour que;
411 γνώμεναι inf. aor. de γιγνώσκω, faire la connaissance; οὐ... τι pas du tout; γάρ en effet
(justifie son désir de faire sa connaissance : c’est quelqu’un d’important); κακός un
simple, un pauvre; εἰς ὦπα quant au visage, à l’aspect (ἡ ὤψ, l’oeil, l’aspect); ἔοικα res-
sembler (FἔFοικα, il n’y a donc pas d’hiatus); 412 αὖ à son tour; 413 ἤτοι certainement;
νόστος retour; ἀπόλλυμαι être perdu, périr; 414 οὔτε... οὔτε ἔτι ni... ni ne... plus; οὖν
donc (récapitulatif); ἀγγελίη message (aussi : messager); πείθομαι croire; εἰ + opt.,
si (itératif ?, chaque fois que); ποθεν de quelque part; ἔρχομαι venir; 415 θεοπροπίη
oracle; ἐμπάζομαι + gén., se soucier de; ὅς τις qui que ce soit qui;
416 μέγαρον salle, palais; καλέω appeler, inviter; θεοπρόπος devin; ἐξερέω + 2acc. de-
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OD. 1
mander qqc à qqn; 417 ξεῖνος hôte; οὗτος celui-là; ἐμός mon; 418 δαΐφρων intelligent
(ou : belliqueux); εὔχομαι se vanter; 419 υἱός fils; ἀτάρ de son côté, et; φιλήρετμος qui
aime ramer; ἀνάσσω + dat., régner sur; 420 ὥς φάτο ainsi dit (fin de dialogue); φρήν
les sens, esprit; ἀθάνατος immortel (la forme féminine montre que l’adj. n’est plus
ressenti comme composite, sans doute aussi à cause de l’alpha privatif métriquement
prolongé); ἡ θεός la déesse; ἔγνω aor. rad. / ath. de γιγνώσκω, reconnaître (cette forme
boucle tout le processus déclenché en 323 : maintenant, il a compris. Formellement, la
suite sera reprise par les événements ayant lieu après l’assemblée du chant 2);
421 ὀρχηστύς danse, plutôt de solistes qui accompagnent le chant; ἱμερόεις qui provoque
le désir; ἀοιδή chant (on continue donc); 422 τρέπομαι εἰς se tourner vers; τέρπομαι
s’amuser; μένω attendre, rester; ἐπέρχομαι arriver; ἕσπερος soir; 423 τοῖσι à eux (dat.
éthique); μέλας noir; 424 δὴ τότε alors; κακκείω syncope de κατακείω, aller se coucher;
ἔβαν = ἔβησαν, il sont allés; ἕκαστος chacun (pour lui); 425 ὅθι = οὗ, là où; θάλαμος
chambre se trouvant d’habitude dans l’intérieur de la maison, mais ici : chambre à
coucher; περικαλλής très beau; αὐλή gén. du domaine : dans la cour;
426 ὑψηλός haut (est-ce une maison à part ou une partie du premier étage comme dans les
maisons turques des Balkans et donc liée au domaine des femmes?); δέμω construire
(pqpf pass.); περίσκεπτος visible de partout, éminent; χῶρος endroit; 427 ἔνθα là; ἔβη
aor. de βαίνω, marcher; εὐνή la couche, lit; μερμηρίζω méditer, réfléchir aux deux
côtés d’une affaire (cette image d’un Tél. pensif se répétera après l’assemblée, le centre
de la construction); 428 τῷ... ἅμα en même temps que lui; αἴθομαι brûler; δᾷς δᾳδός
torche; κεδνός soucieux, profitable; ἰδυῖα f. de εἰδώς, sachant, pratique (les verbes du
savoir + n. pl. d’un adj. expriment un trait caractériel ou idéologique. Le sens est donc
moins qu’elle connaît bien ses travaux, mais il se définit plutôt par le fait qu’on trouve
cette formule dans des situations de domination d’une personne par qqn de plus âgé
ou de plus pratique); 429 Εὐρύκλεια Euryclée (le public visé par l’épopée narrative est
un des rares à être mixte : il comprend aussi bien les hommes que les femmes mariés de
la classe supérieure, alors que les célibataires et les esclaves ne sont pas visés ; le chantre
en tient compte en opposant à chaque personnage positif masculin un personnage fé-
minin également positif : Tél. et Nausicaa, Ul. et Pénélope, Ménélas et Hélène, Calypso
et le Cyclope, et, au niveau des esclaves, Eumée et Euryclée. Celle-ci aura un rôle très
important et ne peut pas davantage être une vraie esclave que son corrolaire masculin);
Ὦψ Πεισηνορίδης M. Beau Attire-hommes-ovitch (les noms inventés pourraient sug-
gérer qu’Euryclée était autrefois une beauté, l’accent du gén. d’un monossyll. n’est pro-
périspomène que dans un nom); θυγάτηρ fille; 430 τήν pron anaph. = rel. : que; ποτε
autrefois; πιπρήσκω ἐπριάμην, acheter (comme prisonnière, comme esclave, mais le
vocabulaire renvoie aussi au statut de la κτητή, de l’épouse sans dot); κτέαρ possession;
431 πρωθήβης, f. πρωθήβη, adolescente, au début de son adolescence; ἔτι encore ἐοῦσα
part. fém, étant; ἐεικοσάβοια l’équivalent de 20 bœufs (la frappe de monnaie est in-
troduite au début du VIe et on n’aurait pas projeté un phénomène si nouveau dans
l’époque héroïque ; les bœufs étaient par contre une telle référence de valeur que cer-
taines plaques de bronze qu’on utilisait aussi sur le marché avaient la forme d’une peau
de bœuf, cf. pecunia en latin); δίδωμι donner; 432 ἶσα n. pl. comme adv. + dat., à l’ins-
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CHÂTEAU I
tar, à l’égal; μιν acc. du pron. anaph., la; κεδνός soucieux; ἄλοχος « celle qui couche à
côté », épouse; τίω honorer; μέγαρον salle, palais; 433 εὐνή lit, couche; οὔ ποτε jamais;
μείγνυμαι se mélanger, se rencontrer, coucher avec; χόλος colère; ἀλύσκω, ἀλεείνω
éviter; γυνή épouse (légitime, un degré plus haute que la κτητή); 434 ἡ pron anaph.
elle, celle-ci; οἱ lui; ἅμα en même temps, avec (c’est la même fomule qu’en 428, str.
ann. ou non : l’explication de ce narrateur est détachée de la narration comme une
comparaison ou un discours direct); αἴθομαι brûler; δαΐς δαΐδος, torche; ἑ encl. pron.
refl. acc. (Fe = lat. se), mais à traduire par un pron. anaph. (le); μάλιστα le plus; 435
δμῳή servante (gén. ionien); φιλέω chérir (caresser, le verbe parle plus de l’activité
que du sentiment, donc ici plutôt se soucier de, forme soulignant l’activité par le suff.
it. -σκ- à l’impf); τρέφω nourrir, être la τροφός, la nourrice – elle l’avait déjà été pour
Ul.); τυτθός petit, petit enfant;
436 οἴγω ouvrir (aor.); θύραι les deux battants d’une porte; θάλαμος chambre à coucher;
πύκα de manière solide; ποιητός travaillé, fait; 437 (καθ-)ἕζομαι s’asseoir; λέκτρον
lit; μαλακός doux, mou; ἐκδύνω enlever (un habit); χιτών tunique; 438 γραῖα vieille
femme; πυκιμηδής aux projets bien solides, raisonnable, pratique; ἐμβάλλω + dat.,
mettre dans; χείρ main; 439 ἡ μέν... δέ d’abord elle... ensuite; πτύσσω plier; ἀσκέω
exercer, travailler, soigner; 440 πάσσαλος clou en bois; ἀγκρεμάσασα part. aor., forme
syncopée de ἀνακρεμάννυμι, suspendre; παρά + dat., auprès de; τρητός « percé »
(sommier fait d’un filet de cordes tendues dans un cadre en bois percé comme dans le
lit mycénien qu’on peut voir au musée National d’Athènes?), sur ce lit comme élément
d’une scène formulaire ou « typique », cf. E. B. West 2010; τὸ λέχος lit;
441 βῆ δ’ ἴμεν « elle partit pour aller », formule récurrente pour il/elle s’en alla, qui per-
met d’appuyer sur l’activité (inf. du pr.) dans les parties plutôt descriptives; θύρα un
battant de la porte; ἐπερύω tirer (vers soi-même); κορώνη anneau (fixé à la porte); 442
ἀργύρεος d’argent; ἐπιτανύω tendre vers soi-même (le verrou, de l’extérieur, par un
trou); κληΐς verrou (d’habitude : clé); ἱμάς lanière; 443 ἔνθα là; γε particule qui empha-
tise et attire l’attention sur Tél.; παννύχιος adj., toute la nuit; καλύπτω emmitoufler;
οἴς οἰός, mouton; ἄωτον flocon (de laine); 444 βουλεύω planifier, réfléchir à; ὁδός
voyage; φράζω faire connaître, montrer;
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Od. 2
1 ἦμος quand; ἠριγένεια née tôt (épith. d’Eos ; son apparition lors d’une nouvelle journée
est formulaire, mais la manière dont elle apparaît est souvent liée à ce qui suit. Aussi
les scholies de l’époque impériale ont-elles peut-être raison de lier l’épith. à la jeunesse
de Tél., cf. Pontani 2007 : c’est une matinée pleine d’élan et d’espoir, qui contrastera
avec la grande déception du garçon pendant l’assemblée); φαίνομαι devenir visible, se
montrer, aor.; ῥοδοδάκτυλος aux doigts de rose ou plutôt au doigt de pourpre (épith.
déjà énigmatique pour les Anciens : les roses ne sont « d’un rouge pâle » qu’à partir des
dictionnaires de la fin du XIXe siècle. Celles qui donnent leur couleur aux doigts sont
de pourpre. Peut-être ne faut-il pas imaginer une jeune femme aux mains rouges, mais
penser à Alcée qui, à l’époque de la performance qui se trouve à la base de notre Od.,
mesure l’horizon pourpre de la fin de journée par un doigt (fr. 346 Liberman : δάκτυλος
ἀμέρα); Ἠώς l’aurore; 2 ὄρνυμαι se lever, s’élancer, impf; ἄρα donc; ἐξ εὐνῆφιν de son
lit (l’ancien instr. est utilisé comme gén. séparatif); φίλος cher, son; 3 Suit une scène
« typique » d’habillement qui correspond à celle de l’armement dans l’Il., et qui prépare
une aristie, une scène où, d’habitude, le protagoniste peut montrer sa valeur (par ex.
un voyage, cf. Athéna au chant 1); εἷμα habit; ἕννυμαι enfiler, s’habiller avec, part. aor.;
περιτίθεμαι se mettre autour, + dat. (sur le dos, comme dans Troy ? ou se mettre un
baudrier qui pend de l’épaule ?); τὸ ξίφος épée; ὀξύς aigu; ὦμος épaule; 4 πούς pied;
ὑποδέω « attacher dessous », chausser de; λιπαρός brillant (d’huile, ou simplement un
éclat donné par la beauté); πέδιλον sandale; 5 βῆ δ’ ἴμεν il marcha; θάλαμος chambre
à coucher; ἐναλίγκιος ressemblant; ἄντην en face, à voir;
6 αἶψα rapidement; κῆρυξ héraut; λιγύφθογγος à la voix claire; κελεύω ordonner; 7
κηρύττω appeler publiquement; ἀγορήνδε vers la place de l’assemblée; τὸ κάρη
καρήατος, tête (acc. de relation); κομάω être chevelu, avoir les cheveux longs, part.
dist.; Ἀχαιοί Achéens, plus généralement les Grecs, formule très traditionnelle, utilisée
le plus souvent dans le contexte de la guerre troyenne (Il 2.52); 8 οἱ μὲν... τοὶ δέ les hé-
- 75 -
CHÂTEAU I
rauts... les Grecs; ἐκήρυσσον annoncer, impf descriptif ou protocolaire, pas forcément
à traduire par un impf français; ἀγείρομαι se rassembler; μάλα très; ὦκα vite; 9 αὐτάρ
mais, et; ἐπεί lorsque; ῥα donc; ἤγερθεν = ἠγέρθησαν aor. « pass. » de ἀγείρω, rassem-
bler; ὁμηγερής rassemblé (« au même endroit »); γίνομαι devenir; 10 Série d’impf :
description qui fait voir ce qu’admire l’assemblée (comme public in fabula); ἀγορή as-
semblée; παλάμη paume; ἔχω tenir; χάλκεος en bronze; τὸ ἔγχος javelot, lance;
11 οἶος seul (cf. la description de Pénélope, c’est le même schéma); ἅμα + dat., en même
temps que; δύω deux; κύων –νός chien (marque de noblesse); ἀργός rapide (devient
parfois même le nom d’un chien, cf. barsoi, ce qui signifie la même chose); ἕπομαι
+ dat., suivre; 12 θεσπέσιος divin; ἄρα convenablement, comme on peut le soupçon-
ner; χάρις grâce; καταχέω verser dessus, entourer de, aor. (= fr. pqpf); 13 πᾶς tout; λαοί
les gens (dans l’armée, les soldats); ἐπέρχομαι arriver; θεάομαι regarder + part., être
impressionné (vers dit spondaïque finissant sur – – – X); 14 ἕζομαι s’asseoir; θῶκος
siège; Fεἴκω céder, faire de la place, aor.; γέρων vieillard (même si l’exemple donné est
vraiment celui d’un vieillard, l’opposition entre les jeunes hommes et les vieux se définit
plutôt par la distinction marié – célibataire, les célibataires étant représentés par les pré-
tendants, même si leur place dans l’assemblée est plutôt due à leur importance politique
sur les îles. Les vieux sont assis avec le mari Ul. : c’est un monde politique qui ressemble
à celui que décrit Théognis dans ses élégies); 15 ἔπειτα ensuite; ἥρως héros (comme
membre de la génération héroïque, parfois aussi comme titre honorifique); Αἰγύπτιος
nom inventé, donc probablement parlant (la théorie de S. West selon laquelle il porte ce
nom comme sobriquet parce que lui ou son père aurait fait un voyage en Egypte, aurait
pour seule fonction de justifier son savoir. Peut-être porte-t-il l’αἰγύπιος, le vautour,
dans son nom, souvent associé, dans la littérature, au père qui perd un enfant : dans
l’Od., les pères sont souvent associés aux rapaces, aux aigles comme aux vautours);
ἄρχω + inf. (en attique : se mettre à faire qqc) être le premier à; ἀγορεύω parler en pu-
blic (Achille convoque une assemblée dans l’Il. et prend lui-même la parole en premier :
les scholies notent que Tél. fait bonne impression en laissant parler d’abord un membre
du conseil des vieux);
16 ὅς celui-ci, qui; δή doit avoir la valeur d’une justification de la prise de parole : évidem-
ment; τὸ γῆρας vieillesse; κυφός courbé; ἔην impf de être; μυρίοι innombrables; οἶδα
savoir, connaître, impf (même si la forme est celle d’un pqpf); 17 καὶ γάρ en effet (cette
tournure, plutôt familière chez Platon et peu appropriée au discours d’un narrateur,
justifie non pas la prise de parole d’Aigyptios, mais l’introduction de ce personnage
même : on change de registre pour glisser vers le dialogue direct avec le public, sur le
mode de l’apostrophe, d’une voix qu’on a appelée poète, narrator I ou locuteur); ἅμα
+ dat., en même temps que; ἀντίθεος ‘égal des dieux’; 18 Ἴλιον (et Ἴλιος cf. hitt. Wi-
lusa) nom de Troie (utilisé pour la reconstruction de Troie au VIIe s.); εὔπωλος qui a
de beaux chevaux : les légendes attribuent aux rois de Troie des élevages fameux, signe
de noblesse, mais les scholies suggèrent simplement qu’il s’agit d’une plaine, favorable
aux chevaux; ἔβη il était allé (aor. = pqpf) : dans la caractérisation des personnages, le
locuteur peut enfreindre un peu les règles imposées au narrateur et faire une analepse
externe, le processus jusqu’au présent étant considéré (Snell 1946) comme une descrip-
- 76 -
OD. 2
tion du présent; κοῖλος creux (-ῃσι dat. éol); νηῦς bateau (on commence à comprendre
le καὶ γάρ ; les fils d’Aigyptios représentent le problème des fils cadets : les aînés héritent
de la terre et se marient ; les autres ont trois perspectives : soit ils partent et meurent à la
guerre, soit ils fondent une colonie, soit ils s’unissent en groupe de guerriers dans leur
patrie, comme le public d’Archiloque ou les prétendants, et cherchent désespérément
à se marier. Les compagnons, les soldats qu’Ul. a « perdus », étaient donc les frères des
prétendants, qu’il tuera : Aigyp(t)ios – Vautour – père serait donc le bon choix pour
illustrer la sit. à l’attention d’un public qui fonde sans cesse des colonies, parce qu’il a
le même problème qu’Aigyptios); 19 Ἄντιφος abréviation d’Anti-phonos, « Tué à la
place de qqn » ou « Tueur »; αἰχμητής qui sait se servir d’une lance, belliqueux; ἄγριος
sauvage; κτείνω tuer; Κύκλωψ le thème déjà mentionné en 1.69s. est développé; 20
σπέος grotte; γλαφυρός voûté, creux; πύματος dernier (s’il ne s’agit pas d’une tournure
sarcastique du genre « il fit de lui le dernier souper auquel il assistât », cf. 9.288ss., les
solutions des commentaires et des scholies impériales sont possibles : le dernier de
ceux que le Cyclope dévora. Mais dans la perspective d’Aigyptios, πύματος signifie aussi
« le dernier fils », « le cadet », et c’est le seul sens qui justifie l’ajout de il l’aimait quand
même); ὁπλίζω préparer; δόρπον souper;
21 τρεῖς trois; οἱ lui (dat. poss. + être = il avait), abr. voc.; ἄλλος autre, abr. voc.; ἔσαν
étaient; ὁ μέν l’un d’eux; μνηστήρ prétendant; ὁμιλέω + dat., fréquenter, être avec,
impf; 22 Εὐρύνομος mentionné encore dans le cat. des prétendants en 22.242; δύο
deux; αἰέν (pour) toujours; ἔχω détenir; πατρώϊος hérité, paternel; ἔργα « œuvres »,
champs; 23 ἀλλ’ οὐδ’ ὥς malgré tout pas (bien qu’il ne soit que le cadet déshérité et
superflu, ou bien qu’il en ait trois autres, Hérodien : ὧς); τοῦ gén. du pron. anaph.;
λανθάνομαι + gén., oublier; ὀδύρομαι se lamenter (parce que, comme Ul., il n’est pas
rentré); ἀχεύω s’affliger; 24 τοῦ gén. causal du pron. anaph., à cause de lui; ὅ γε celui-ci,
il, ramène le regard sur Aigyptios; τὸ δάκρυ larme; χέω verser; ἀγορήσατο aor. de
ἀγορεύω, parler en public (clôture de la petite str. ann. avec une digression au centre :
après le commentateur, le narrateur est de retour); μετέειπε aor. de μεταγορεύω, parler
parmi des gens; 25 ἔκλυον + gén., écouter, aor imp. à redoublement; δὴ νῦν puisque je
me suis levé, maintenant (expression d’urgence selon Denniston); μευ = μου, gén. de
ἐγώ; Ἰθακήσιος Itacien, habitant d’Ithaque; ὅττι quoi que ce soit que, ce que, rel. indéf.;
κεν + subj. aor. de ἀγορεύω, dire = éventuel;
26 οὔτέ ποτε... οὔτε jamais ne… ni; ἡμέτερος notre; θόωκος = θῶκος siège, session (év.
la session restreinte aux maris); 27 ἐξ οὗ depuis que, abr. voc.; δῖος divin : au début du
vers, l’inversion de la formule habituellement placée à la fin du vers (ou une tradition
stylistique plus ancienne ?); βαίνω aller, partir, aor.; κοῖλος creux, épith. des bateaux;
28 νῦν δέ et maintenant; τίς, τίνος qui ?; ὦδε vers ici; ἀγείρω rassembler, aor.; ἡ χρειώ
le besoin, la nécessité; τόσον tellement (adv. plutôt qu’adj.); ἵκω + acc., atteindre qqn,
concerner; 29 ἠέ... ἤ que ce soit... ou; νέος ἀνήρ jeune homme (c’est le terme qu’utilise
Archiloque pour les membres de son public en fr.196a W., les fils cadets, ici les préten-
dants, les célibataires qui forment une couche politique différente de celle des maris ; les
scholies traitent le pouvoir des jeunes d’anarchie); οἵ (de ceux) qui; προγενής premier
né, en fait les frères aînés, mais qui forment le groupe des vieux, ici au comp.; 30 ὅς qui;
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CHÂTEAU I
τις τινός quelque; ἀγγελίη message; στρατός armée (ennemie ou celle d’Ul.) : abr. voc.;
ἔκλυον entendre, aor.; ἔρχομαι venir, part. gén.;
31 ὅς qui; ἥμιν (à) nous (non emphatique, à la différence de celui qu’on accentue ἡμῖν,
la forme « pleine », comme les scholies s’expriment); σάφα clairement; χ’ = κε + opt.
= potentiel : il nous le dira probablement; ὅτε puisque (plutôt que ce que); πρότερος
le premier, avant nous; πυνθάνομαι apprendre, savoir, opt. aor.; 32 ἠέ ou (l’accent des
scholiastes pour des ou interrogatifs est ἦε); τι qqc; δήμιος du pays (et non du peuple, il
s’agit d’un contraste avec l’étranger); ἄλλο autre chose (« autre chose et ceci du pays » et
non pas « autre chose du pays »); πιφαύσκω indiquer (le moyen soulignant son initia-
tive); ἠδέ et; ἀγορεύω parler en public; 33 ἐσθλός bon, noble; μοι dat. de ἐγώ; δοκέω
sembler, abr. voc.; ὀνήμενος qui a de la chance, tire du profit (aor. de ὀνίναμαι, mais
comme souhait : qu’il soit béni!); εἴθε + opt., si seulement; οἱ lui, dat. pron. réfl. =
anaph.; αὐτός lui-même, pas seulement à la communauté; 34 ἀγαθόν un bien, qqc de
bon; τελέω réaliser, accomplir, opt. aor.; ὅτι, ὅ τι quoi que ce soit qui; ᾗσι ses propres,
dat. pl.; μενοινάω désirer, rêver de, méditer; 35 ὣς φάτο ainsi dit-il; χαίρω se réjouir
de, + dat.; φήμη (bon ou mauvais) signe langagier ou non (comme ici les vœux d’Aigyp-
tios, sans qu’il sache de qui il parle… si on n’est pas censé y voir une comédie);
36 οὐδ’... ἔτι δFήν et ne plus… longtemps (ou-da-re-tid-vee = – – –); ἧστο passé de
ἧμαι, être assis (est assis qui écoute, qui parle, se lève); μενοινάω avoir l’intention, ici
peut-être manifester (par ce geste) son intention; δέ et; 37 ἵσταμαι se lever, se placer, aor.
ath.; μέσος moyen, ici en position d’attr. : au milieu de; ἀγορή assemblée, grande place;
σκῆπτρον bâton (qui donne le droit de parler); ἐμβάλλω + dat., mettre dans; χείρ main;
38 κῆρυξ héraut; Πεισήνωρ nom parlant ? « qui persuade un homme » (les hérauts
doivent convaincre les citoyens de venir à l’assemblée, mais ce nom pourrait aussi dé-
crire un rhéteur professionnel); πεπνυμένος raisonnable; τὸ μῆδος projet; εἰδώς part.
de οἶδα, savoir – avec un cod exprimant le caractère : raisonnable; 39 πρῶτον d’abord;
γέρων vieillard; καθάπτομαι reprendre, continuer sur le même ton, litt. s’attacher à (il
reprend et s’adr. au vieux : dans le texte, cet attachement se verra dans les reprises de
la structure des questions, notamment de 28 en 41); προσαγορεύω + acc., s’adresser à;
40 Ici commence un petit chef-d’œuvre, en vogue au VIIe siècle : la narration (en fait
interdite par les règles poétiques) par un discours direct ; le public pouvait y lire, dans
les changements d’humeur de Tél., la réaction de l’assemblée. D’une atmosphère d’es-
poir, on passe à des demandes de plus en plus passionnées, et finalement à la déception,
que le garçon a du mal à cacher. La première partie s’adresse à Aigyptios : l’espoir et la
fierté 39 - 45; ὦ γέρον adresse qu’utilise un jeune (à part ὦ πάτερ) face à quelqu’un de
plus âgé; ἑκάς loin; οὗτος celui-là, ce dernier (celui dont tu parlais); ἀνήρ homme, le
mot ne serait pas nécessaire, Tél. se voit dans un rôle d’homme adulte, d’autres éléments
éthiques montrent également un mélange entre insécurité et fierté (le terme est aussi un
simple déterminatif), mais on ne trouve pas le manque d’organisation du discours que
voit S. West; τάχα tout à l’heure; εἴσεαι fut. moyen 2sg de οἶδα, savoir (ou fut. de εἴδω,
voir ?); αὐτός toi-même;
41 ὅς qui, mais Tél. enfreint la règle selon laquelle une relative au nominatif ne peut être sui-
vie que par une 3p. : qui a… (et c’est moi); λαός peuple, les gens, au sens d’un basi-leus
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OD. 2
qui fait marcher les soldats (hos-laa- on-nee-gei-ra = – – – – – ); ἀγείρω rassembler;
μάλιστα en particulier, effectivement; δέ μ’ (métrique : on s’attendrait à la forme emph.
δ’ἔμ’, moi, mais le pont de Hermann, l’interdiction de placer une fin d’unité à la position
7 ½, a peut-être provoqué les philologues antiques à corriger, les mss. ne donnent que
la forme encl.); τὸ ἄλγος douleur; ἱκάνω + acc., atteindre qqn, concerner (avec un écho
à ἤγειρεν et ἵκει en 28); 42 οὔτε .. οὔτε ni... ni; τις quelque; ἀγγελίη message, annonce;
στρατός armée; κλύω entendre, aor.; 43 Cf. 30; ὕμιν (à) nous (non emphatique); χ’ =
κε + subj. = itératif du présent (changement par rapport à 30); 44 Cf. 31; δήμιος public
(glissement de sens par une autre opposition); 45 ἀλλά mais; ἐμὸν αὐτοῦ mon propre
(ce qui ne signifie pas qu’il faille absolument y voir du privé : l’opposition est δῆμος
– οἶκος); τὸ χρεῖος besoin, affaire urgente; ὅ parce que; κακόν mal; ἐμπίπτω + dat.,
tomber dessus, agresser (aor, image de la bête sauvage qui se jette sur une proie, mais
on le dit aussi des maladies); οἶκος maison, famille, domaine d’un seigneur par rapport
au domaine partagé, le δῆμος);
46 Deuxième partie (str. ann.) : les deux maux organisent le problème sur le mode archaïque
de la rhétorique des deux points de vues, l’un concernant le demos (l’absence du père
de Tél. et le refus des prétendants de traiter avec le père de Pénélope créent ensemble
une sit., une stasis inextricable : anneau extérieur 46s. et 60-64), qui est maintenant
le premier destinataire, l’autre les prétendants présents, mais traités de 3ème personne
(anneau intérieur 50s. et 85s.) : Tél. tente de les séparer. Au centre, on trouve la solution
proposée par Athéna : le retour de Pénélope chez son père; δοιός double; τὸ μέν... νῦν
δέ d’une part... et maintenant d’autre part; ἐσθλός bon, noble; ἀπόλλυμι perdre; ποτε
autrefois; ἐν ὑμῖν τοίσδεσσιν parmi vous qui êtes ici; 47 βασιλεύω être roi; πατὴρ δ’ ὥς
comme un père; ἤπιος doux, gentil; ἦεν était; 48 νῦν δ’ αὖ mais maintenant à nouveau;
καί même; πολύ + comp., beaucoup; μείζων plus grand; ὅς, ἥ, ὅ, qui; δή il faut croire;
τάχα bientôt; ἅπας vraiment tout, complet; 49 πάγχυ complètement; διαρραίω casser
en miettes; βίοτος vivres, biens; δέ et; ἀπόλλυμι faire périr, détruire; πάμπαν absolu-
ment, complètement; 50 μητέρι la morphologie de parenté (proparoxyton ou propéris-
pomène à l’acc., oxyton aux gén. et. dat. de père, mère, fille, frère, mari, fils, épouse etc.)
ne s’applique pas dans la Kunstsprache homérique, et ce fait s’accorde bien avec un sens
moins relatif qu’en attique : si on veut dire mon père, le texte l’exprime par φίλος etc.,
sans que cet ajout ait un sens emphatique. Il faut donc être prudent avec la traduction
« ma mère », ces termes ayant souvent plutôt le statut d’un titre dans l’oikos, donc : la
mère; μοι dat. éthique : un faible contre moi; ἐπέχραον de χραεῖν aor., s’en prendre à,
attaquer (surtout les bêtes sauvages); οὐκ ἐθελούσῃ contre son gré, formule surtout
utilisée (cf. Sappho) dans le vocabulaire érotique (le refus d’une offre);
51 τῶν... οἵ coordination : des... qui; ἀνήρ homme (adulte, marié); υἷες nom. pl. de υἱός,
fils; ἐνθάδε ici; γε restrictif : du moins; ἄριστος le meilleur, au sens d’un jugement de
valeur et dans un sens politique (cf. boni, optimi en latin); 52 μέν d’un côté; ἀπορριγέω
avoir froid devant, reculer devant (parf.); νέομαι voyager, en bateau; 53 Ἰκάριος père
de Pénélope, c’était la proposition d’Athéna en 1.276; ἐεδνόομαι ici pourvoir d’une dot;
θυγάτηρ fille; 54 δίδωμι donner (opt. aor); ἐθέλω être prêt; οἱ lui (selon certains : à elle,
mais le mot suivant implique plutôt l’échange de dons entre le père et le futur gendre);
- 79 -
CHÂTEAU I
χαρίζομαι donner le premier dans le rite du don, parf. κεχαρισμένος, dont le don est
accepté, cher; 55 οἱ δέ les autres, les prétendants; εἰς ἡμετέρου (cf. Archil. 196a) chez
nous (avec la variante explicative εἰς ἡμέτερον scil. δῶ); πωλέομαι fréquenter, venir
souvent; τὸ ἦμαρ jour;
56 βοῦς bœuf (acc. pl.); ἱερεύω sacrifier (il n’y a pas d’autre manière de manger de la
viande); ὄις acc. pl. de οἴς, mouton; πίων gras (cette formule se trouve presque toujours
au même endroit métrique, développée à partir de πίονα δημόν, la graisse grasse, et
πίονα δῆμον, le territoire gras, et finalement πίονα μῆλον, le mouton gras); αἴξ chèvre;
57 εἰλαπινάζω faire la fête, dîner; πίνω boire; αἶθοψ à l’aspect brûlant, rouge; οἶνος vin;
58 μαψιδίως en vain, inutilement; τὰ δὲ πολλά et ceci en masses (πολλά en position
d’attribut ou prédicatif selon l’usage allemand / anglo-saxon); κατάνω achever, gaspil-
ler; ἔπι est présent; ἀνήρ un homme adulte (ce qui implique que les prétendants céliba-
taires ne sont pas des adultes au niveau social); 59 οἷος tel que; ἔσκεν impf de être avec
le suff. -σκ- (marqué : l’était vraiment ?); ἀρή dommage; ἀπαμύνω repousser; 60 ἡμεῖς
forme emphatique : nous (opposé aux prétendants et à Ul. – on serait donc tenté de le
traduire par moi ou notre famille, mais un nous associatif – moi et vous – ne peut pas
être exclu : les scholies le comprennent comme un appel à la communauté); νυ comme
vous voyez, un donc ambigu comme Athéna en utilise; οὔ τι en rien, pas du tout : τοῖος
tel, + inf. : capable; ἀμύνω repousser; ἦ à coup sûr; καί encore; ἔπειτα après;
61 λευγαλέος minable; ἔσομαι fut. de être (on dira de nous); δάημι apprendre, part.
parf. sachant; ἀλκή défense (non pas incapables de nous défendre, mais pas belliqueux,
lâches); 62 ἦ vraiment, ah; ἄν + opt. aor. = potentiel mettant l’accent sur le fait, « je
voudrais bien » (me battre); δύναμις pouvoir, force; γε mise en évidence du mot précé-
dent; πάρειμι être à disposition; 63 οὐ γὰρ ἔτι en effet ne plus; ἄνσχετος supportable
(syncope); ἔργον œuvre, sit.; τεύχομαι se fabriquer, parf. (at < nt) : être; καλFῶς selon
les règles de la bienséance (seule utilisation de l’adv.); 64 οἶκος ἐμός le domaine auquel
j’appartiens, qui m’appartient; διόλλυμαι être complêtement perdu; νεμεσσάομαι s’in-
digner (du non respect); καὶ αὐτοί vous aussi (ici commence une amplification, une
auxesis de la demande); 65 αἰδέομαι avoir honte, respect (αἰδώς respect et νέμεσις,
l’indignation face à la transgression de la limite du respect, sont les deux les réactions
extrêmes qui définissent l’espace social de la violence); περικτίων voisin, qui habite
autour (figure de la glose : ce terme difficile est expliqué dans le vers suivant);
66 ὅς ceux qui; περιναιετάω habiter autour; ὑποδείδω reculer devant, + μή = craindre;
μῆνις réaction consistant à se détourner, à bouder, colère; 67 μή τι pour que ne… en
rien; μεταστρέφω retourner (la situation); ἄγαμαι trouver excessif, s’indigner de; κακὰ
ἔργα les mauvaises œuvres constituent prob. le cod des deux verbes (ἀπὸ κοινοῦ`);
68 λίσσομαι prier, implorer (à savoir l’assemblée, un début d’inquiétude se reflétant
év. dans l’asyndète); ἠμέν... ἠδέ aussi bien… que; Ζήν Zeus, au gén. par Z.; Ὀλύμπιος
Olympien (Thémis venant d’une génération antérieure); Θέμις -στος (par) Thémis, le
droit établi de la conseillère de Gaia, vieille ennemie des royaumes masculins, alors que
Zeus représente plutôt la δίκη, l’équilibre des forces inégales et des intérêts à négocier);
69 ἥ τε qui en général; ἀνήρ homme (par opposition aux femmes, mais aussi aux jeunes
hommes); ἀγορή assemblée; ἠμέν... ἠδέ aussi bien que; λύω dissoudre, lever; καθίζω
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OD. 2
asseoir, ouvrir; 70 Début de la 3ème partie (la demande devient accusation, Tél. com-
prend que les pères des prétendants ne vont rien oser faire contre ce groupe de guer-
riers); σχέσθε arrêtez-moi (dans mon élan ou arrêtez vous-mêmes, mais cf. 85, aor. moy.
de ἔχω); φίλοι amis (figure du désespoir qu’utilise Priam lorsqu’il a perdu son fils); με
me; οἶος seul (le contraste entre amis et seul indique le reproche de la désolidarisation);
ἐάω laisser (l’imp. aor. non marqué suggère la reprise d’une activité déja présente, pro-
bablement dans ce que Tél. voit, mais pas le public : et laissez-moi seulement, comme
vous le faites. Ps-Hermogène donne l’exemple de Périclès qui, lorsque les Spartiates de-
mandent son extradition, dit à l’assemblée des Athéniens πέμψατε (et non πέμπετε)
« envoyez-moi seulement », ce qui a pour fonction de suggérer le contraire (figure de
l’enantion). Dans le contexte des règles de concomitance, c’est le maximum possible, et
c’est osé – Archiloque le fait une fois, l’Il. aussi ; le personnage raconte par son discours
quelque chose de présent, pas encore indiqué par le narrateur); τὸ πένθος souffrance,
peine; λυγρός funeste triste;
71 τείρομαι s’user, frotter; εἰ μή πού τι à moins que ne; ἐσθλός bon (δῖος ne va pas mé-
triquement, mais il n’y a pas de raison de le lier à père); 72 δυσμενέω vouloir du mal,
être hostile; κάκ’ du mal (accent de retrait dû à l’élision); ῥέζω + 2acc. faire qqc à qqn;
ἐυκνήμις aux beaux jambarts (le i est long!); 73 τῶν pour lesquels (gén. de cause avec
les verbes du jugement); ἀποτείνυμαι + acc., faire payer à qqn; 74 οὗτος celui-là (les
prétendants); ὀτρύνω inciter (nous passons de l’accusation d’indifférence à celle de la
participation active); ἐμοί à moi, pour moi; κερδίων -ίων, -ιον plus profitable; εἴη + κε
potentiel de être; 75 ὑμέας forme emphatique : que ce soit vous qui; ἐθέμεναι inf., man-
ger, consumer; κειμήλιον objet stocké comme trésor à la maison, marque des relations
publiques, ce qu’on peut échanger (armes, métal, vêtements); πρόβασις petit bétail;
76 εἰ si, que; φάγοιτε opt. aor. de ἐσθίω, manger; τάχα vite; ποτε un jour; καί donc aussi;
τίσις paiement, remboursement; 77 τόφρα... ἕως (tant de temps)... jusqu’à ce que; κατά
+ acc. distrib., partout dans; ἄστυ ville; ποτιπτύσσομαι s’appliquer à, coller (aux gens),
poursuivre; μῦθος discours argumenté (dat. instr.), opposé à la violence qu’il faudrait
dans le cas des prétendants, donc gentiment; 78 χρήματα choses utiles, valeurs (plus
tard argent); ἀπαιτίζω réclamer en mendiant; ἀποδίδωμι rendre; 79 νῦν δέ en réalité
(comme il se trouve être); ἄπρηκτος irrémédiable, contre lesquelles il n’y a pas de re-
cours; ὀδύνη douleur (rappel de la douleur du début à fonction de clôture); ἐμβάλλω
insérer, mettre dans + dat.; 80 χώομαι se mettre en colère; ποτιβάλλω + dat., jeter vers
(+ dat. ?); σκῆπτρον bâton oratoire; γαῖα terre (dat. locatif ?, geste qui peut sembler
enfantin, mais qui caractérise aussi la colère – pas encore la μῆνις – d’Achille dans l’Il.).
81 τὸ δάκρυ larme; ἀναπίμπρημι faire jaillir (le geste est emprunté à un vieillard, Phénix,
Il. 9.433, et les scholies y voient un chef d’œuvre de rhétorique – en tout cas, prudence
avec des interprétations psychologisantes qui y verraient le manque d’expérience d’un
jeune); οἶκτος pitié; ἕλε aor. sans augment de αἱρέω, prendre; λαός les gens, peuple;
ἅπας tout; 82 ἔνθα là, à ce moment; ἄλλος autre (introduction d’un jeu d’opposition);
ἀκήν en silence; ἔσαν étaient; οὐδέ τις et personne; τλῆναι avoir le cœur de, supporter;
83 ἀμείβομαι + acc., répondre à; χαλεπός dur, difficile; 84 Ἀντίνοος le caractère du
prétendant impulsif – pas cool (S. West) – que nous connaissons déjà est confirmé; μιν
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CHÂTEAU I
acc. pron pers.; οἶος seul; προσαγορεύω + acc., s’adresser à; 85 ὑψαγορής au discours
hautain, arrogant (voc. avec retrait d’accent); τὸ μένος élan; ἄσχετος qu’on ne peut
pas supporter + acc. de relation (une réplique ironique à la figure iliadique du vers 70,
mais cela implique aussi, selon les scholies, le sens de incapable de se maîtriser); ποῖον
exclamatif : qu’as-tu dit!;
86 ἡμέας nous; αἰσχύνω rendre honteux (expliqué par la suite); ἐθέλω + inf aor. vouloir;
μῶμος critique vive (= lat. invidia, blâme serait trop marqué par un système de valeurs
normatif); ἀνάπτω attacher (comme un poisson d’avril en papier); 87 σοί (dat. éth. ou
incommodi) si tu regardes bien ou à ton désavantage; οὔ τι pas du tout; ᾿Αχαιῶν gén.
partit. : parmi les Grecs; αἴτιος responsable, coupable; 88 ἀλλά mais; φίλος ta (et non
pas ma mère); ὅς qui; τοι soit dat. éthique, soit vraiment; περί plus que nécessaire (avec
savoir); τὸ κέρδος profit; οἶδα savoir, avec le cod : qui est rusée; 89 ἤδη déjà (analepse
externe, portant sur ce qui s’est passé avant le début du récit, typique des personnages ;
ce récit, souvent répété par la suite, n’est jamais démenti ; selon les règles poétiques, il
faut croire que, dans les grandes lignes, c’est vrai); τρίτος troisième; τὸ ἔτος an; τάχα
bientôt; εἶμι j’irai; τέταρτος quatrième; 90 ἐξ οὗ (χρόνου) depuis (ce temps); ἀτέμβω
maltraiter, priver; θυμός « cœur » (selon Snell, ce serait plutôt un sac à l’intérieur du
corps, qu’on peut imaginer rempli de fumée – cf. fumus – et qui réagit à chaque impres-
sion); τὸ στῆθος poitrine;
91 πάντας tous ensemble; μέν d’un côté; ῥα donc; ἔλπω + acc., ici remplir qqn d’attentes
(d’espoir); ὑπίσχομαι promettre; ἀνήρ homme (par opposition aux femmes, pas comme
homme adulte); ἕκαστος chaque; 92 ἀγγελίη message(r); προίημι envoyer; νόος sens,
esprit (pas le θυμός); οἱ dat., pour le poss. son; ἄλλος autre; μενοινάω avoir l’intention
de (cf. 18.283); 93 ἡ δέ elle, d’autre part, mais elle; δόλος ruse; ὅδε le suivant; φρήν
diaphragme, sens; μερμηρίζω méditer; 94 ἵστημι dresser (les fils du métier pendent
lestés par des pierres, part. aor. moy.); μέγας grand; ἱστός métier à tisser, tissu; μέγαρον
salle; ὑφαίνω tisser, impf; 95 λεπτός fin (pour que le travail dure); περίμετρος de taille
énorme; ἄφαρ aussitôt; ἡμῖν dat. de nous; μεταγορεύω + dat., dire parmi (dans un
groupe), aor.2;
96 κοῦρος jeune homme (se désignant comme plus âgée ?); ἐμός mon; μνηστήρ préten-
dant; ἐπεί puisque; θνῄσκω mourir, aor.; δῖος Ὀδυσσεύς divin Ulysse, formule; 97
μίμνω rester, attendre; ἐπείγομαι avoir hâte (verbe utilisé par les auteurs iambiques
dans le contexte érotique, le participe doit avoir un sens concessif : même si); τόν ce
(démonstratif, si ce n’est pas un ajout métrique ou la transformation d’un per, ressen-
ti comme trop lascif); ἐμός mon = avec moi; γάμος mariage; εἰς ὅ κε jusqu’à ce que
+ subj. aor.; τὸ φᾶρος manteau, tissu; 98 ἐκτελέω accomplir, subj. aor.; μή pour que
ne; μεταμώνιος (en tant qu’) inutile, en vain (ét. μετ-ανεμώνιος, emporté par le vent);
νῆμα le fil (le filé); ὄλλυμαι se perdre, subj. aor.; 99 ἥρως héros; ταφήϊον linceul; εἰς ὅτε
κεν + subj., pour quand, pour le moment où; μιν acc. du pron anaph.; 100 μοῖρα part,
destin; ὀλοός pernicieux, fatal; καθαιρέω attraper; τανηλεγής à la longue souffrance ?;
θάνατος la mort;
101 μή τις pour que personne... ne; κατὰ δῆμον dans l’ensemble politique, dans le pays;
Ἀχαιϊάς Achéenne, Grecque (gén. partit. avec personne); νεμεσάω s’indigner, réagir à
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OD. 2
une infraction à l’αἰδώς, au respect; 102 αἴ κεν + subj., si; ἄτερ + gén., sans; σπεῖρον
drap, linceuil; κεῖμαι gésir; κτεατίζω acquérir, part. aor.; 103 ὣς ἔφατο aisi dit-elle,
chev. rétr. même pour un discours rapporté dans un discours direct; αὖτε de notre
côté; ἐπιπείθομαι être convaincu, faire confiance (l’impf comme forme marquée : « et
nous, nous lui faisions encore confiance! »); ἀγήνωρ (meneur d’hommes dans l’Il.)
courageux, arrogant; 104 ἔνθα là (temp. et loc.); καί aussi, conformément; ἡμάτιος de
jour; ὑφαίνω tisser (impf avec -σκ- itératif); ἱστός tissu; 105 νύξ nuit (acc. d’extension);
ἀλλύω sync. de ἀναλύω (avec u long, souvent bref chez Homère) : (re-)dissoudre (cette
forme se trouve év. encore une fois dans un texte iambique d’origine inconnue 148 W,
év. d’Archiloque, et avec la mention de κοῦροι); ἐπήν après que, ici avec l’opt. itératif
(pas lié à ἄν); δαΐς torche; παρατίθεμαι mettre à ses côtés, aor. opt.;
106 ὥς ainsi; τρίετες un intervalle de trois ans, neutre de l’adj. (avec la variante correc-
tive de δίετες); λήθω passer inaperçu; δόλος dat. avec sa ruse; πείθω convaincre; 107
ὅτε... τότε δή lorsque... alors; τέτρατος (métathèse) quatrième; τὸ ἔτος an; ἐπήλυθον
aor. de ἐπέρχομαι, arriver; ὥρη le moment où une chose est mûre, période définie de
temps; 107b (un « vers plus » dans deux ms. du XIVe); μήν mois, lune; φθίνω se réduire;
περί excessivement; ἦμαρ jour; τελέω achever, accomplir; 108 καί... καί aussi bien que;
γυνή le public ne pense probablement pas à une femme mariée, une épouse : dans
l’opposition hommes / femmes, on utilise γυνή comme nous femme; ὅς ἥ ὅ, qui; σάφα
clairement, exactement; ᾔδη ou εἴδη passé de εἰδέναι (pqpf), savoir; 109 τήν γε elle-
même; ἐφευρίσκω + part. rencontrer, attraper sur le fait, aor.; ἀγλαός brillant (tout ce
qui est beau a une lueur, mais un passage du chant 7 suggère que les fils de laine ou de
lin brillent une fois pressés dans le tissu); ἱστός tissu; 110 ὥς ainsi; ἐκτελέω terminer;
καί même; ἐθέλω être prêt; ὑπό + gén., sous l’influence de; ἀνάγκη contrainte;
111 ὦδε ainsi; ὑποκρίνομαι répliquer; ἵνα pour que + subj. (ὑποκρίνονθ’ἵνα εἰδῇς de Bent-
ley, pour corriger une fin syntaxique rare); εἰδῶ subj. de οἶδα, savoir; 112 αὐτός (toi-)
même; σός ton; θυμῷ avec ou dans ton cœur; 113 ἀποπέμπω renvoyer (imp. aor. non
marqué qui reprend l’annonce : renvoie seulement! cf. 54); ἄνωχθι imp. parf. (souligne
le léger changement par rapport à la proposition de Tél., qui mettait l’accent sur Ikarios)
de ἄνωγα, ordonner; γαμέομαι se marier, dit de l’épouse + dat.; 114 τῷ à celui; ὅτεῳ
= ᾥτινι qui (que ce soit qui); τε... καί lien étroit qui ne permet pas de dissocier les deux :
si les prétendants croient avoir des chances avec elle, le père, trop important, ne leur
plaît pas. Ceci confirmerait éventuellement l’interprétation proposée en 54); κέλομαι
encourager, ordonner; ἁνδάνω plaire; 115 εἰ si, commence une longue menace qui se
termine au vers 122 en aposiopèse; ἔτι encore; ἀνιάω affliger, créer un sentiment de
dégoût de soi-même (terme quasi technique utilisé par Sappho pour le sentiment de
l’amoureux refusé); πολὺν χρόνον longtemps; υἷας acc. pl. de υἱός, fils; expression pour
les hommes en tant que genre;
116 τά... ἅ... que; φρονέω (sans cod, être raisonnable), + cod : méditer, avoir comme ca-
ractère; ἀνά + acc., c’est une variante métrique de κατά, mais signifie en fait « partout
dans » (distributif, insaisissable : Pénélope est l’héroïne de l’indeterminacy, bien ex-
primée par l’allysis, et ce caractère, loin d’être une invention du féminisme derridien
moderne (Katz), est traditionnelle dans les variantes du récit de l’homme au mariage
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CHÂTEAU I
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OD. 2
tendants ne veulent pas vraiment traiter avec Icarios, mais en fait, comme le suggérait
Antinoos, avec Pén. elle-même. Tél. transforme le ἀπόπεμψον d’Antinoos, qui faisait
comme si c’était une partie du plan, la seule condition : la repousser contre sa volonté –
ceci serait une sorte de divorce et le contraindrait à rendre la dot – mais Dünzer voulait
couper ces vers);
131 με me; τίκτω ἔτεκον engendrer; τρέφω élever; ἄλλοθι ailleurs (lieu); γαῖα terre, gén.
du domaine (sur terre); 132 ζώω être en vie; ἤ ou; τέθνηκα être mort; κακὸν δέ il est un
mal + prop. inf.; ἀποτίνω rendre, rembourser; 133 αἰ si; αὐτός moi-même (il faut donc
que Pénélope ou le père prenne l’initiative); ἑκών spontanément, de sa propre volonté;
ἀποπέμπω renvoyer; 134 ἐκ + gén., de la part de; τοῦ ce (père, dont on vient de parler),
donc plutôt Icarios qu’Ul. (comme le pensent quelques scholies); κακόν mal (ici d’ordre
financier); πάσχω πείσομαι subir, souffrir; ἄλλος autre; δαίμων « démon » (« distribu-
teur »), des êtres représentés sur les vases avec des ailes, selon Hésiode, des gardiens de
la rétribution non négociable par le droit qui seraient restés de l’Âge d’or, mais l’image
est plus générale ici; 135 δίδωμι « donner » (ironie assez répandue pour exprimer le
malheur); ἐπεί puisque; στυγερός détestable; ἀράομαι prier, invoquer pour une ma-
lédiction (ἀρά); ἐρινῦς acc. pl. de ἐρινύς, chez Hés. Th. 185 nées des parties génitales
coupées d’Ouranos, mais elles semblent protéger moins les pères que les mères;
136 οἶκος maison, famille; ἀπέρχομαι s’en aller; νέμεσις reproche; ἄνθρωπος être humain
(par opp. aux démons); 137 ἔσσεται sera; ὥς ainsi, donc; οὔ ποτε jamais; μῦθος dis-
cours; ἐνέπω dire fut. (pas ἐνίπτω); 138 ὑμέτερος αὐτῶν votre propre; νεμεσίζομαι ré-
agir à une infraction de l’aidos, s’indigner; 139-145 = 1.374 -380; ἔξειμι sortir; ἀλεγύνω
s’occuper de; δαίς dîner, banquet; 140 ὑμός votre; κτῆμα propriété; ἔδω dévorer;
ἀμείβομαι changer, faire des visites à tour de rôle; κατά dans, distributif;
141 ὕμιν vous (non emphatique); δοκέω sembler + constr. inf.; τόδε le suivant; λωΐτερος
meilleur; ἀμείνων plus comme il faut ?; 142 ἔμμεναι être; ἀνήρ homme adulte, marié;
εἷς un seul; βίοτος vivres; νήποινος sans remboursement; ὄλλυμαι être perdu, périr;
143 κείρω couper, tondre, « piller »; ἐπιβώσομαι fut. ion. de ἐπιβοάω, invoquer; αἰέν
toujours; ἐών étant, existant; 144 αἰ (en essayant) si; ποθι peut-être; δῷσι subj. aor. de
δίδωμι donner la possibilité que + inf.; παλίντιτος remboursé, vengé; ἔργον œuvre, le
réel; γίγνομαι devenir; 145 νήποινος sans payer le prix de sang; ἔντοσθεν dans + gén.;
ὄλλυμαι périr, mourir;
146 C’est le centre de l’assemblée et de toute la rhapsodie, une interruption du dialogue qui
justifie la chev. rétr.; τῷ pour lui (mais une partie des mss. a l’accentuation τὼ, les deux,
à savoir les deux aigles que Zeus aurait envoyés des deux bouts du monde pour définir
le centre, Delphi); αἰετός aigle; εὐρύοπα ancien acc. utilisé comme nominatif : qui a le
regard large; 147 ὑψόθεν d’en haut; κορυφή cime; τὸ ὄρος montagne; προίημι envoyer;
πέτομαι voler, inf. fin.; 148 τὼ ces deux (duel); ἕως tant, jusque là (à lire en synizèse
yoos); ῥα donc (comme on peut le penser); μετά + dat., parmi; πνοιή souffle; ἄνεμος
vent; 149 πλησίος + dat., proche; ἀλλήλοισι l’un à l’autre; τιταίνομαι s’étendre; πτέρυξ
aile; 150 ὅτε δή lorsque; μέσσος du milieu, ici en position d’attribut : l’assemblée (ou
la place) en son milieu; ἀγορή (place de l’)assemblée; πολύφημος riche en voix (en
rumeurs ou mieux en φῆμαι, des signes comme les aigles : tous les signes d’oiseaux,
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CHÂTEAU I
dans l’Il. comme dans l’Od., sont des prolepses que les personnages n’interprètent pas
de la même manière que le public. Ici, nous avons, en plus de l’annonce du retour du
père – pas : avec le fils –, l’indication autoréférentielle de la forme); ἱκνέομαι arriver,
atteindre (duel aor.);
151 ἔνθα là (temp. et loc.); ἐπιδινέομαι tourbillonner (ou courber les ailes, mais dit le plus
souvent de la manière de se déplacer, selon ce que veulent y voir les scholies : la δίνη, le
tourbillon, se trouve si souvent, dans l’Od., au centre d’une grande str. ann. (cf. 6.116,
8.405, 9.388 et 19.56) que Pindare (mais dans les marges, comme d’hab. chez lui : P11
34ss.), Eschyle (Ag. 979), Apollonios de Rhodes en 1.118ss. et Callimaque, dans sa seule
grande str. ann. (hDél.135 et 148), l’imitent : après ce centre, tout se répète dans l’ordre
inverse); τινάσσω battre (des ailes), duel. aor.; πτερόν aile; πυκνός dense, fréquent,
mais en position d’attrib. (en tant que) : souvent; 152 εἰσοράω cerner, regarder (duel
aor.); κεφαλή tête; ὄσσομαι regarder, avoir l’expression de + acc.; ὄλεθρος perdition,
mort; 153 ἀμφιδρύπτω égratigner, « griffer autour » : moyen intensif, pas réfléchi (S.
West contre les scholies, correctement : c’est probablement une scène à la Hitchcock,
comme dans Les Oiseaux); ὄνυξ -χος griffe; παρειάς... αὐτῶν les joues et... des proprié-
taires mêmes de ces joues; δειρή cou; 154 δεξιός droit, vers la droite, vers l’Est (bon
signe pour qui ?); διαΐσσω s’élancer à travers, ici avec acc.; οἰκίον maison; πόλις ville ou
sa partie fortifiée (où se trouverait la grand-place); 155 θαμβέω s’étonner, s’effrayer ?;
ὄρνις -θος oiseau (i long); ἐπεί lorsque; ὀφθαλμός œil;
156 ὁρμαίνω réfléchir (regarder dans toutes les directions); ἀνὰ θυμόν partout dans le
« cœur »; ἅ περ ce qui (probablement interrogatif, mais le sens est tiré vers justement
ce qui, ou, comme le suggère une scholie, justement comme, ce qui signifierait : chaque
parti à sa manière); τελέομαι s’accomplir (inf. fut. ?); ἔμελλον allait (le neutre pl. régit
pour une fois un pl.); 157 μεταγορεύω + dat., parler parmi; γέρων le vieux; ἥρως de
la génération des héros, titre d’une famille descendant des dieux, titre honorifique ?;
Ἁλιθέρσης un devin : « Courageux-sur-mer fils du Chercheur » semble être un nom
parlant – si Hali ne signifie pas pour le public « gratuitement courageux » – parce qu’il
sera mal payé pour son intervention ; les jeunes hommes, les prétendants, détestent
les devins, qui doivent annoncer qu’Apollon les envoie fonder une colonie (cf. Batou-
siades, Kikon chez les iambographes : il est donc, malgré toute son ambivalence, carac-
térisé comme partisan de Tél., et reprendra sa position, cf. sur cette situation, Crotty
1994, 110); 158 Μαστορίδης patronyme : fils de Mastor, le chercheur, donc aussi un
devin; οἶος seul; ὁμηλικίη classe d’âge; κέκασμαι exceller; 159 γιγνώσκω reconnaître
(les oiseaux significatifs); ἐναίσιμος ce qui reste dans le cadre de la part, du destin :
le destin; μυθέομαι dire (dans une forme, en fait les prophatai font des vers épiques
comme le chantre); 160 ὁ celui-ci; σφιν leur (réfl. = pron. anaph.); ἐύ (mieux ἔυ) bien;
φρονέω penser, avec εὖ : vouloir du bien; ἀγορήσατο aor. de ἀγορεύω, parler en public;
μεταγορεύω parler parmi;
161 ἔκλυον écouter + gén; μευ, μου me; ὅττι κεν ce que; 162 μάλιστα surtout; πιφαύσκω in-
diquer; εἴρω dire; 163 πῆμα souffrance malheur; κυλίνδομαι rouler (comme une pierre,
une vague, cf. Stanf.); Ὀδυσσεύς la position du nom ne suggère pas qu’Halithersès identi-
fie directement l’aigle à Ul. (comme le fait peut-être le public : les aigles sont associés aux
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OD. 2
pères), et encore moins à Tél., mais il fait la même chose que Calchas dans les Cypria ; le
nombre des oiseaux (2) confirme à son avis sa prédiction des 20 ans (comme les 20 oies
de Pénélope) pendant lesquels Ul. sera absent. Le focus porte donc sur pas longtemps;
164 δήν longtemps; ἀπάνευθε + gén., loin de; φίλοι les siens, la famille; ὧν suorum; που
quelque part, peut-être; ἤδη déjà; 165 ἐγγύς près; ἐών étant; τοίσδεσσι dat. pl. du pro-
nom dém., à ces gens, ici présents; φόνος meurtre; κήρ démon de la mort; φυτεύω plan-
ter (en général des arbres); 166 πολύς beaucoup, nombreux; καί aussi; 167 οἵ à nous qui;
νέμομαι habiter; εὐδείελος bien visible ? (les scholies pensent aussi à au bel après-mi-
di); πολύ beaucoup, de loin; πρίν auparavant; 168 φράζομαι réfléchir; ὡς comment; κεν
+ fut. = subj.; καταπαύω faire cesser (les prétendants, comme le prouve la suite); οἱ δέ eux
(les prétendants); καί aussi; αὐτός lui-même; 169 παύομαι cesser (impf 3pl.); σφιν pour
eux; ἄφαρ aussitôt; λώϊον mieux; 170 ἀπείρητος inexpérimenté; μαντεύομαι faire des
prédictions, interpréter; ἔυ bien; οἶδα savoir (selon Sauge ayant été le témoin);
171 καί γάρ en effet (plus familier, un signe du fait que maintenant Halithersès en vient à
l’essentiel); κεῖνος celui-là, dat. éthique, commodi; φημί prétendre, affirmer; τελευτάω
accomplir (au sens perfectif, mais pas forcément à traduire par un inf. du passé pro-
phétique, aussi futur, il est non marqué, ce qui donne du poids au suj.); ἅπας vraiment
tout; 172 ὡς comme; μυθέομαι dire, expliquer; ὅτε lorsque; εἰσαναβαίνω s’embarquer
en direction de, + acc. (impf marqué : c’était à l’époque où ils partaient); 173 Ἀργεῖος
seul mot signifiant « grec » possible en début de vers; μετά + dat., parmi; σφιν dat.,
eux; βαίνω marcher, aller, aor.; πολύμητις riche en tours, rusé, formule d’Ul. après pos.
7; 174 φῆν impf de φημί dire (+ prop. inf.); πάσχω subir; ἀπόλλυμι perdre (tmèse et
anastrophe changeant l’accent dans le système byzantin fondé sur Hérodien); ἑταῖρος
compagnon, normalement d’un groupe constitué par la classe d’âge, ici ce ne sont que
les soldats et rameurs d’Ul.; 175 ἄγνωστος inconnu, non reconnaissable (ceci est le
thème de la seconde version du mari au mariage de sa propre femme, comme dans la
seconde partie de l’Alpamysh, chez Marko Kralyevitch, ou dans la seconde partie de
l’Od. – cf. aussi les films Martin Guerre et Sommersby – ; il est vrai que cette analepse,
liée à un présage par les oiseaux signifiant la durée, a lieu dans la première unité comme
dans l’Il., mais rien ne nous permet d’en déduire que l’Il. est le modèle ; les présages liés
aux oiseaux sont plus développés dans l’Il., et ce n’est pas exactement la même position
dans la composition); ἐεικοστός vingtième; ἐνιαυτός année;
176 οἴκαδε à la maison (dir.); ἔρχομαι venir (inf. fut.); τὰ δὲ δή voilà ce qui; νῦν main-
tenant; τελέω accomplir; 177 Cf. 1.399 (Eurymaque forme à nouveau l’écho à Anti-
noos, ici dans la construction de l’assemblée); αὖτε à nouveau, à son tour; 178 ὦ γέρον
ô vieillard est absolument poli, Eurymaque n’aime pas plus les devins que les autres
jeunes hommes célibataires à vie dans l’Od. ou chez Archiloque et Hipponax, mais son
caractère ne lui permet pas des attaques aussi directes, il est plus dangereux); εἰ δ’ ἄγε
δή vas-y donc; μαντεύεο imp., fais des prédictions; τὸ τέκος enfant; 179 ἰών part. de
εἶμι , aller; μή + subj., pour éviter que; που peut-être (une menace cachée ? : dans les
frr. 182-184 W, Archiloque se moque d’un devin qui a vraisemblablement annoncé une
colonisation, mais n’a pas vu que sa maison était en flammes – par cause naturelle ou
non – ; ce n’est que l’un des multiples parallèles); πάσχω souffrir, subir; ὀπίσσω par la
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CHÂTEAU I
suite; 180 ταῦτα ceci (les menaces), cod de prédire; σέο que toi (gén. comp.); πολλόν
de loin; ἀμείνων meilleur, plus performant;
181 ὄρνις oiseau; τε épique; ὑπό + acc., sous direction; αὐγή éclat; ἠέλιος soleil; 182
φοιτάω aller çà et là; οὐδέ pas… non plus; τε épique; ἐναίσιμος pertinent pour le des-
tin; αὐτάρ mais; 183 ὄλλυμαι périr (aor.); τῆλε au loin (plutôt dir., mais ici loc.); ὡς
comme; καὶ σύ toi aussi; καταφθίνομαι disparaître complètement; σύν + dat., avec;
ἐκεῖνος celui-là; 184 ὤφελον + inf., j’aurais dû...; ἄν + impf : irréel du présent, tu ne
parlerais pas; τόσσα tant de choses; θεοπροπέω parler sous inspiration divine, faire des
prophéties; 185 κε + opt. = potentiel; χολόομαι se mettre en colère (il y a un rapport
entre Tél. dans cette scène et Achille dans l’Il., dans un sens ou dans l’autre); ὦδε ainsi;
ἀνίημι remonter, lancer (comme des chiens de chasse, schol.);
186 σός ton; δῶρον cadeau, pot de vin, paiement de corruption (ce sont les νέοι ἄνδρες
de l’iambe qui croient qu’il s’agit simplement d’un jeu politique, la réaction d’Agamem-
non dans l’Il. le confirme); ποτιδέχομαι attendre (part. pr. syncopé); αἰ (pour voir)
si; πορεῖν (aor.) fournir; 187 ἀλλά mais (au sens d’un changement de registre, autre
chose!); ἐξαγορεύω dire clairement (fut. ἐρῶ); τό ceci; δέ et; καί aussi; τελέω accom-
plir; ἔσται sera; 188 αἰ + κε + subj. éventuel (menace); νεώτερος ἀνήρ quelqu’un qui
appartient plutôt au groupe des prétendants, « un jeune »; παλαιὰ εἰδώς qui pense dans
les catégories des vieux (étant du côté des maris), mais il y a un mélange avec l’autre
fonction de savoir : « et sachant beaucoup », « avec plus d’expérience »; 189 παράφημι
(moyen) persuader; τὸ ἔπος mot; ἐποτρύνω inciter (subj. aor ?); χαλεπαίνω se fâcher;
190 αὐτῷ οἱ pour lui-même; πρῶτον d’abord; ἀνιηρέστερος plus désagréable;
191 n’est pas mentionné par les scholies, mais transmis par plusieurs mss. du XIII-XVe s.;
πράττω τι avoir un impact, faire (inf. aor. avec négation du pouvoir); ἔμπης quand
même, de toute façon; δύναμαι pouvoir; εἵνεκα + gén., à cause de; οἵδε ces gens, ici
présents (la question est qui : les prétendants, et l’expression porterait alors sur la né-
gation, ou encore les pères, un peu lâches, à prendre avec πράττειν ? Si le vers n’est pas
une interpolation venue d’Il.1.562, interprétation qui a poussé les Alexandrins à le sup-
primer, mais un écho à Zeus parlant à Héra, il respecte la logique des déictiques dans
ce dialogue et signifie que l’assemblée n’aidera pas); var (vTh) : οἰος seul; ἀπό + gén.
séparé de; ἄλλος autre; 192 γέρον vieillard! (vocatif, reprise du début de cette str. ann.
qui correspond à celle d’Antinoos, cette fois-ci sans ὦ); θῳή amende, punition (« air
of legalism », dit S. West, et probablement c’est ce qui s’est passé à Mégare – cf. Theog.
731-752 – les prétendants ont le pouvoir au sens des real politics des annés 80-90);
ἐπιτίθημι imposer; ἥν laquelle, celle-ci; 193 τίνω payer; ἀσχάλλω s’attrister; χαλεπός
difficile, lourd; τοι pour toi; ἔσσεται sera; τὸ ἄλγος douleur; 194 ἐν πᾶσιν parmi tous;
ὑποτίθεμαι conseiller + dat.; αὐτός seul, même; 195 ἥν suam; ἐς πατρός dans la maison
du père; ἄνωγα ordonner (les prétendants insistent donc sur le fait que l’initiative doit
venir de Tél.); ἀπονέομαι rentrer (a allongé pour la métrique);
196 Cf. 1.277s. ; ὁ δέ (les parents ?); γάμος le rite de mariage; τεύχω fabriquer, organiser;
ἀρτύνω (fut.) ajuster (à la fille); ἔεδνον ici : cadeau de dot; 197 μάλα très; ὅσσα au-
tant que; ἔοικε il sied (que); φίλος son; ἐπί + gén., dans le cas de; ἕπομαι suivre; 198
πρίν auparavant; παύομαι + gén., cesser, arrêter; ὀίομαι croire; υἷας acc. pl., fils; 199
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OD. 2
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CHÂTEAU I
(pour des choses étroitement liées); χέω fut. verser, entasser; ἐπικτερεΐζω ajouter les
biens; κτέρα offrande pour les morts; 223 Cf. 1.292; ὅσσα autant que; ἔοικε il sied;
ἀνήρ mari; δίδωμι donner en mariage (le plan d’Athéna coïncide avec ce que veulent
les prétendants, soit passer directement par Tél. ou Pénélope, soit faire en sorte que
Tél. renvoie sa mère et qu’Icarios reçoive la dot pour la « refiler » au nouveau mari –
mais cet accord est maintenant lié à la condition – ; le public pouvait croire que Tél.
commençait à voir du sens dans le plan, absurde à ce moment, de la déesse, qui sait
tout simplement ce qui va se passer : le rappel peut être fonctionnel, puisque Tél. ne dit
évidemment rien sur la suite du plan divin en 1.293, tuer les prétendants); 224 Contre
les règles formelles du dialogue, le troisième discours de Tél. se termine par une chev.
rétr. et introduit une préface narrative. Cela peut être le reflet de la str. ann. : le discours
d’Halithersès correspondait au deuxième discours de Tél., celui d’Eurymaque à celui
d’Antinoos ; le troisième discours de Tél., en revanche, est trop court pour balancer le
long premier discours en trois volets – c’est Mentor, un partisan de la famille de Tél.,
qui prend sa défense et qui pourrait bien déjà être le masque d’Athéna : elle le « citera »
au chant 5 comme si c’était elle qui avait parlé; ἤ τοι donc, alors; ὥς ainsi; καθέζομαι
s’asseoir (signe qu’il laisse la parole à d’autres); ἄρα donc; τοῖσι pour eux; ἀνίσταμαι
se lever; 225 Μέντωρ un double de Mentès, au point que le narrateur ne donne pas de
patronyme; ἀμύμων irréprochable (c’est la transmission : on s’attendrait à ἀμύμων ἦεν
ἑταῖρος, métriquement possible et signifiant : il était l’ami irréprochable);
226 οἱ lui; εἶμι aller; νηῦς nef; ἐπιτρέπω confier; 227 πείθομαι obéir, inf. fin. dép. de οἶκον ?;
γέρων le vieux Mentor ? (S. West, selon d’autres, Laërte); ἔμπεδος ferme, immuable;
πᾶς tout; φυλάσσω conserver, maintenir; 228 σφιν leur; ἔυ φρονέω vouloir du bien à;
ἀγορεύω parler en public (aor. moyen); μεταγορεύω parler parmi + dat.; 229 = 161
La manière de s’adresser aux « bons » est toujours la même; ἔκλυον écouter + gén; μευ
μου me; ὅττι κεν ce que; 230 μή τις + adhortatif ἔστω : qu’aucun ne soit; ἔτι encore;
πρόφρων prompt, attentif; ἀγανός agréable; ἤπιος gentil;
231 σκηπτοῦχος qui tient le sceptre (mais au VIIe, ce mot désigne aussi les satrapes ou po-
tentats asiatiques : un roi qui tient le sceptre au sens du fouet ?); μηδέ et pas non plus;
φρήν sens; αἴσιμος respectant la part, le partage; οἶδα connaître, au sens caractériel :
étant juste; 232 αἰεί toujours; χαλεπός difficile (d’accès); εἴη opt. de être; αἴσυλος impie,
criminel (jeu sur αἴσιμος ?); ῥέζω faire; 233 ὡς vu comme, puisque; οὔ τις personne;
μέμνημαι se souvenir, penser à; θεῖος divin; 234 Cf. 247 (l’écho); λαοί les sujets, ceux
que le basi-leus fait marcher; ὅς qui; ἀνάσσω + dat., régner sur; πατὴρ δ’ὥς comme un
père (c’est l’un des multiples échos au premier discours de Tél. en 2.47); ἤπιος gentil;
235 ἀλλά mais; ἤ τοι vraiment, donc; ἀγήνωρ courageux, noble; οὔ τι pas du tout;
μεγαίρω en vouloir à, envier;
236 ἔρδω faire, avec un cod du même radical (figure étymologique); ἔργον œuvre; βίαιος
violent; κακορραφίη coudre des maux, intrigue; νόος sens, réflexion; 237 σφός
= σφέτερος leur propre; παρατίθεμαι (moyen du risque) donner en gage, risquer,
part. aor.; κεφαλή tête; κατέδω dévorer; βίαιος violent (adv.); 238 τόν pron anaph.,
le; οὐκέτι ne plus; φημί affirmer, croire; νέομαι rentrer; 239 νῦν δέ mais en réalité (les
prétendants sont sots, mais le reste du peuple devrait savoir); ἄλλος δῆμος le reste du
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OD. 2
demos, soit que la plupart des prétendants viennent des autres îles, soit parce que le
demos est la commuauté, la structure du partage; νεμεσίζομαι avoir la sensation d’une
transgression, faire des reproches; οἷον vu comment, comme; 240 ἧμαι être assis, rester
sans réaction; ἄνεω adv., en silence; ἀτάρ (mais), et; καθάπτομαι reprendre le ton de,
ne pas laisser passer, faire face; τὸ ἔπος mot;
241 παῦροι peu nombreux; κατερύκω retenir (var. : καταπαύω faire cesser); πολύς nom-
breux; 242 Εὐηνορίδης fils d’Homme-de-bien; Λειώκριτος Choisi-par-le-peuple, ce
prétendant semble être le représentant du côté « bonne famille » des jeunes hommes,
un contrepoint d’Aigyptios ; il parle comme s’il était du reste du demos, qu’il défend;
243 ἀταρτηρός qui se tire dans la jambe, aveuglé (un public aussi habitué à la rhéto-
rique de l’exclusion devait lier ici ce terme à ἄτη, le dommage qu’on se fait à soi-même);
φρήν sans (acc. de relation); ἠλεός malheureux, fou; ποῖον quoi, quelle chose; 244
ἡμεῖς nous (cod); ὀτρύνω inciter; καταπαυέμεν inf. éol., faire cesser, arrêter; ἀργαλέος
douloureux; δέ et; 245 La syntaxe et les marqueurs relatifs du vers suivant admettent
plusieurs solutions : le dat. (hommes, plus nombreux, hommes plus nombreux) peut
dépendre de μάχεσθαι en attique ou de il est douloureux. Une clé semble donnée par la
fin de la str. ann. en 251 (Ul. ne survivra pas à un combat contre plusieurs). Mais c’est
un cas différent (Ul. est tout seul), et le contexte le plus proche est le discours de Men-
tor : même si les maris avaient l’avantage du nombre, il serait sot de lutter pour un repas
– comme Socrate, il fait une dihairesis des cas différents où il passe sous silence la com-
binaison des deux critères; καί même; πλέων plus nombreux (pas la variante corrective
παύροισι); μάχομαι combattre, quereller (aor., qui donne de l’emph. à plus nombreux et
à repas); περί + dat., (ici) pour le prix de; δαίς repas, banquet (lieu de paix);
246 εἴ περ même si; κε + opt. > potentiel (c’est une hypothèse moins réaliste); Ὀδυσεὺς
Ἰθακήσιος Ul. en tant que représentant d’Ithaque (Leiokritos semble venir d’ailleurs);
αὐτός seul (puisque le demos ne vient pas); ἐπέρχομαι arriver; 247 δαίνυμαι banqueter
(le thème de la δαίς a perdu ici de sa fonction argumentative – un repas ne vaut pas la
vie – ; il est en écho avec le thème de la majorité dans la str. ann. et assume plutôt une
fonction rythmique – séquentielle ou « formelle »: abba); κατά + acc., dans; δῶμα de-
meure, palais; ἑόν son propre; ἀγαυός noble; 248 ἐξελαύνω + gén., chasser de; μέγαρον
la salle (Leiocritos fait valoir leur situation d’hôtes); μενοινάω avoir l’intention de; ἐνί
+ dat., dans; θυμός « cœur »; 249 οἱ dat., lui; χαίρω se réjouir (en recevant un don)
de + dat.; γυνή épouse; μάλα très; περ avec part., même si; χατέω, χατίζω avoir besoin
de, désirer; 250 ἐλθόντι venant, va avec οἱ; αὐτοῦ sur place, au même endroit; ἀεικής
inapproprié, précoce, humiliant; πότμος destin; ἐφέπομαι suivre, subir (aor., suj. Ul.);
251 εἰ si; πλέων plus nombreux; σύ toi; κατὰ μοῖραν selon la part, en respectant la part
assignée, comme il faut; 252 ἄγε allons !; λαοί les gens !; σκίδναμαι se disperser; ἐπὶ
ἔργα sur son terrain; ἕκαστος chacun; 253 οὗτος celui-là (Tél., dat. commodi); ὀτρύνω
lancer, inciter (fut.); ἡ ὁδός chemin, voyage; ἠδέ et; 254 ὅς qui; τε depuis toujours,
d’habitude; ἐκ + gén., depuis; ἀρχή début; πατρώϊος paternel; ἑταῖρος compagnon,
ami, membre du même groupement politique; 255 ὀΐω croire, se douter; καί même;
δηθά longtemps; κάθημαι être assis, inerte; ἀγγελίη message, nouvelles;
256 πεύθομαι + gén., se renseigner; τελέω accomplir (fut.); οὔ ποτε jamais; οὗτος ce-
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CHÂTEAU I
lui-là; 257 ὥς ainsi (chev. rétr. comme fin du dialogue); ἄρα donc; φωνέω faire retentir,
parler; λύω dissoudre, lever; αἰψηρός rapide (prompt à se dissoudre, position d’épith.,
cf. Ameis : c’est donc bien que les gens ne veulent pas avoir à parler encore à Tél. – une
imitation chez Eunape VPS 10.4.4 – et non que Leiokritos lèverait l’assemblée rapide-
ment : il la clôt comme Aigyptios l’avait ouverte); 258 μέν d’une part; σκίδναμαι se
disperser; ἑά ses propres n. pl.; πρός + acc., vers; δῶμα demeure; ἕκαστος chacun pour
soi-même; 259 δέ d’autre part; ἴσαν impf 3pl. de εἶμι , aller; θεῖος divin; 260 Fin de l’as-
semblée et début du corollaire de la scène de Tél. pensant au voyage (qui commence par
la même image, des gens qui rentrent à la maison, en 1.424-444) jusqu’en 297. On peut
penser à Il. 1.348 (Achille va au bord de la mer pour prier sa mère); δέ mais; ἀπάνευθε
loin, à part; ἔκιον (slt aor., aller : part. ; var. : ἀπάνευθεν ἰὼν); ἐπί + acc., vers; ὁ θίς –νός
plage, rive; θάλασσα mer (mot très général);
261 χείρ main (avant un rite, on se lave les mains ; cf. Hés. Op. 724, Od.3.440 et alii ); νίπτω
laver (moy·); πολιός « gris », couleur du fer, de la mer et des cheveux grisonnants – ar-
genté ?; ἡ ἅλς –λός eau salée, mer, ici au gén. partitif (en prenant de la mer); εὔχομαι
+ dat., prier; Ἀθήνῃ c’est le narrateur qui parle ; jusqu’au chant 3, Tél. ne saura pas qui
était le dieu – ici on ne peut pas projeter le pdv du garçon); 262 κλῦθι imp. athématique
de ἔκλυον + gén., écouter, ici exaucer, au sens d’une prière demandant de l’aide; μευ
gén., moi; ὅ pron. anaphorique à traduire par le relatif : qui; χθιζός (d’hier attribué au
sujet) hier; ἤλυθες = ἦλθες, aor. de ἔρχομαι, venir (c’est ce qu’on appelle l’hypomnèse ou
l’argumentation : tu es venu hier, donc viens maintenant, aide maintenant, mais la déè-
sis, la demande au sens propre du terme est inhérente à l’impératif : exauce!); ἡμέτερον
δῶ acc. de direction, dans notre maison; 263 νηῦς nef; κελεύω + acc., ordonner, encou-
rager; ἐπί + acc., sur; ἠεροειδής brumeux; πόντος mer (comme route, cf. bosn. put);
264 = 215 cf. 1.325; νόστος retour; πεύθομαι se renseigner sur; δήν longtemps; οἴχομαι
s’en aller; 265 ἔρχομαι aller; τὰ δὲ πάντα (plus totalisant : vraiment) tout cela; διατρίβω
prolonger, tirer; Ἀχαιοί les Grecs;
266 μάλιστα surtout; κακῶς en mal, beaucoup; ὑπερηνορέω transgresser l’équilibre des
hommes mariés, des « hommes », être arrogant; 267 εὔχομαι prier; σχεδόθεν de près;
οἱ dat. éth./comm., lui; 268 εἴδομαι ressembler; ἠμέν... ἠδέ aussi bien… que; τὸ δέμας
« structure » (de δέμω construire), aspect, acc. de relation (les dieux sont d’habitude plus
grands : Aphrodite touche le plafond dans l’hVen); αὐδή voix; 269 = 1.122; μιν acc. encl.
du pron. pers. m. + f.; φωνέω faire retentir, prendre la parole; τὸ ἔπος mot; πτερόεις
ailé (les paroles sont des oiseaux quand elles sortent de la cage des dents, ou alors des
flèches ; la formule se trouve souvent dans une sit. où un personnage s’est tu et peut
enfin parler librement ou à haute voix ; ici, ce thème marque la réapparition d’Athéna
après l’assemblée : on peut penser que c’est un écho à son apparition masquée au début
de la str. ann. (Tél. comprend qu’il a dû parler à un dieu en 1.420), mais aussi à la fin
de l’assemblée, puisque Mentor y est à la fois Mentor et une figure d’Athéna; 270 οὐδέ
pas non plus (Athéna-Mentor, éducateur-menteur, fait allusion à l’assemblée : « c’était
bien! »); ὄπιθεν après, plus tard (la perspective est toujours le κλέος dans l’avenir, même
après la mort); κακός simple (dans la litote : noble); ἔσσεαι = ἔσῃ tu seras; ἀνοήμων sans
réflexion, fou (c’est une louange du comportement de Tél. pendant l’assemblée);
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OD. 2
271 εἰ δή si apparemment; τοι dat. éol., te, à toi; σός ton; ἐνστάζω distiller dans + dat.,
(parf. pass.-moy.); τὸ μένος force, élan (on se rappelle qu’Athéna l’a distillé elle-même);
ἠύς bon, noble; 272 οἷος tel que, si on tient compte de sa capacité de...; κεῖνος celui-là;
ἔην = ἦν était; τελέσαι inf. fin., à accomplir, réaliser; ἔργον exploit, fait; τὸ ἔπος mot,
parole (donc, dans les actes et dans le discours, clin d’œil à l’assemblée); 273 τοι donc ou
à toi ?; ἔπειτα alors, en ce cas; ἅλιος vain; ἡ ὁδός chemin, voyage; οὐδέ et pas non plus;
ἀτέλεστος sans accomplissement, sans succès ?; 274 δέ mais; οὐ κείνου οὐ se trouve
dans les conditionnelles à la place de μή dans les oppositions (« de pas-lui »); ἐσσί = εἶ
tu es; ὁ γόνος descendant; 275 ἔολπα + prop. inf., parf., s’attendre à ce que; τελευτάω
achever; ἅ pron. rel. neutre acc.pl.; μενοινάω avoir l’intention de, projeter;
276 παῦροι peu nombreux (légende des Âges chez Hésiode); τοι donc ou à toi ?; παῖς en-
fant, fils; ὁμοῖος (att. ὅμοιος) semblable; πέλομαι tourner, être (paréchèse de p); 277
οἱ πλέονες (« ceux plus nombreux ») la plupart; κακίους = κακίονες moins bon, pire
(forme rare chez H.); παῦροι peu; τε en général; πατρός gén. comp. : que…; ἀρείων
meilleur, plus noble; 278 Après ce jeu sur l’opposition, typique du centre d’une str.
ann., des thèmes et des mots qui précèdent le centre sont repris, cf. 2.270; ἐπεί puisque;
ὄπιθεν après, plus tard; κακός simple (dans la litote : noble); ἔσσεαι = ἔσῃ, tu seras;
ἀνοήμων sans réflexion, fou; 279 οὐδέ... πάγχυ pas entièrement; γε restrictif, en tout
cas, du moins; σε acc., te, avec προλείπω quitter entièrement; μῆτις l’intelligence, ruse;
280 ἐλπωρή attente, espoir; τοι dat. poss., tu as; ἔπειτα ensuite; τελευτάω accomplir;
ἔργον le fait (après le discours);
281 τῶ c’est pourquoi; νῦν maintenant; ἐάω laisser (de côté); βουλή plan, réflexion; νόος
idéologie, forme un hendiadys avec βουλή : leur façon de penser; 282 ἀφραδής sot,
insensible; ἐπεί puisque; οὔ τι... οὐδέ en rien… ni… non plus; νοήμων intelligent, per-
ceptif; δίκαιος pourvu du sens de l’équilibre, juste (cette double formule, qui découle
de l’analyse d’Athéna, sera appliquée, à différents moments, aux différents types des neoi
andres, aux compagnons, aux prétendants et même aux Phéaciens, les jeunes hommes
partis pour fonder une colonie, quand Ul. se croit trompé. La mort des prétendants
est déjà justifiée ici par leur propre sottise : ils ne voient pas la part que le système leur
attribue, et deviendraient donc, comme chez Solon dans son élégie Sur la bonne distri-
bution, des criminels – Archiloque voyait ce même idéologème comme la rhétorique
d’un système d’exclusion. Le public de l’Od., par contre, devait être d’accord avec cette
formule); 283 Fἴσασιν (F : pas d’hiatus, i long) 3pl. de οἶδα, savoir; θάνατος mort; ἡ
κήρ démon de la mort; μέλας -αινα, -αν noir; 284 ὅς qui (donc la mort uniquement,
selon les mss : l’éditeur Von der Mühll d’après Nauck donne ὡς que); δή visiblement;
σφιν à eux; σχεδόν près; ἐπ’ ἤματι en un jour; ὄλλυμαι périr; 285 σοί à toi; ἡ ὁδός
voyage; οὐκέτι ne plus; δηρόν longtemps; ἄπειμι être loin, absent; μενοινάω désirer,
avoir l’intention de (formulation de l’assemblée);
286 τοῖος... ὅς (tel… qui) si bon… que; τοι dat. poss./comm.; ἑταῖρος ami; πατρώϊος du
père; 287 νηῦς nef; θοός rapide (pure épith.); στέλλω préparer; ἅμα à côté, en même
temps; ἕπομαι suivre (+ dat.); αὐτός (moi-) même; 288 Ce vers peut surprendre tout
narratologue qui croit à la motivation psychologique ; Athéna ne semble avoir aucune
raison réelle (sinon pédagogique ou sadique) d’envoyer Tél. chez les prétendants. C’est
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CHÂTEAU I
plutôt la forme circulaire qui demande encore une fois l’écho d’une rencontre avec le
domaine extérieur de la maison, le domaine masculin, mais sous le signe d’une rupture,
pour ne pas détruire la structure narrative linéaire, qui veut que le garçon ne rentre plus
dans de plus petits espaces sociaux. Ainsi, les domaines masculin et féminin de la mai-
son réapparaissent dans l’ordre inverse, imposé par Athéna, par rapport au chant 1, mais
tous deux sous le signe du voyage, comme préparation de l’espace suivant, plus vaste; σὺ
μέν toi (d’une part); πρός + acc., vers; δῶμα demeure, pl. palais; εἶμι aller part.; ὁμιλέω
(imp. pr., c’est la rencontre qui compte) + dat., rencontrer, être avec; 289 ὁπλίζω équi-
per, préparer (imp. aor., c’est le catalogue des provisions qui compte); τε et; ἤϊα vivres;
καί et; τὸ ἄγγος récipient; ἀραρίσκω ajuster, + dat.; 290 οἶνος vin; ἀμφιφορεύς vase à
porter par deux anses, amphore; ἄλφιτον farine grossière d’orge (pour faire la μᾶζα que
mange Archiloque avec le vin fr.2 W); μυελός moelle (l’équivalent le plus fin de l’huile,
de la graisse, dans l’imaginaire : il s’agit donc d’une sorte d’oxymore, puisque l’orge et la
maza sont le produit le plus dur et le plus sec d’une l’échelle soulignant une idéologie de
la virilité dure, mais opposée aussi au régime divin); ἀνήρ être humain masculin : dans
cette formule, homme s’oppose d’abord aux dieux (pour les galettes offertes aux dieux,
la farine, en gén. de blé, est plus fine. Achille redevenant « humain » mange les alphita),
mais il faut de la prudence avec l’ordre du genre moderne, qui fait des hommes « les
êtres humains », incluant les femmes (Niobé mange du sitos, du blé plus fin, lorsque ses
amies divines la laissent tomber);
291 δέρμα peau, outre; πυκινός dense, bien cousu; ἐγὼ δέ moi d’autre part; ἀνά + acc., par-
tout dans (variante métrique de κατά); δῆμος pays, district; ἑταῖρος « compagnon »;
292 αἶψα rapidement; ἐθελοντήρ volontaire; συλλέγω rassembler (moyen qui indique
l’initiative personnelle, ce qu’on peut rendre par un dat. nous, pour nous); εἰμί exister;
νηῦς nef; 293 πολύς πολλή πολύ beaucoup; ἀμφίαλος entouré de la mer; νέος jeune,
neuf (mais on peut aussi comprendre « bateaux des jeunes », des prétendants, et « ba-
teaux des vieux »); ἠδέ et; παλαιός ancien, vieux (des vieux ?); 294 τάων parmi ces nefs;
ἐπιόψομαι (< ἐφοράω ?) choisir; ἥ τις indéfini : (pour voir, en se demandant) laquelle;
ἄριστος le meilleur; 295 ὦκα vite; ἐφοπλίζω équiper, préparer; ἐνίημι + dat., lancer
dans; mettre sur; εὐρύς large; πόντος mer;
296 ὥς ainsi; Ἀθηναίη variante d’Athéna; κούρη fille; Διός gén. de Zeus (ce n’est pas force-
ment un rappel de la naissance d’Athéna de la tête fendue de Zeus, mais il est rare que la
chev. rétr. prenne un vers entier : peut-être le vers souligne-t-il l’ignorance du garçon,
peut-être simplement le rôle très dirigiste de la déesse et la certitude que son projet est
quasiment déjà réalité); ἄρα donc; ἔτι δFήν e-tid-Feen = – – (plus longtemps); 297
παραμίμνω rester; ἐπεί après que, après avoir; ἡ θεός déesse (aucun élément de pers-
pective ou focalisation personnelle – de Jong 1987 – : c’est le narrateur qui parle); κλύω
entendre, aor.; αὐδή voix (cf. 2.268); 298 βῆ δ’ ἴμεναι il partit pour aller (soulignant
l’image descriptive de l’activité, sans se priver de la simple fonction narrative : l’image
de Tél. marchant est importante et pour décrire son état d’âme et pour changer de lieu);
φίλος son; τετιημένος accablé, attristé; τὸ ἦτορ cœur (acc. de relation : ici dans); 299
εὑρίσκω trouver (aor.), + acc. part., rencontrer en…; ἐνὶ μεγάροισιν le pluriel indique
le palais avec la cour autour, l’αὐλή, métrique : il faut dédoubler le m, e-nim-me-ga-
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OD. 2
roi-si- n = – – ; var : ἀγήνορας ἐν μεγάροισι); ἑός réfl., son propre; 300 αἴξ
chèvre; ἀνίεμαι enlever la peau du bas vers le haut, écorcher; σίαλος pourceau; εὕω
brûler (enlever les poils durs par le feu); αὐλή cour (autour de la maison, entourée
d’une enceinte);
301 ἰθύς droit vers, + gén. (i long); γελάω rire (le rire est la marque des jeunes hommes, qui
passe, aux yeux des maris, pour un manque de politesse, notamment lors du moment
de tuer des bêtes, ce qui devrait être un rite sacrificiel); ἔκιον (aor.) aller; 302 ἐμφύομαι
croître dans + dat., prendre, mettre dans (la main ; tmèse et aor. radical ἔφυν); οἱ dat.
éth. lui; χείρ main (formule qui ne désigne pas forcément le handshake, mais le fait de
prendre par la main : Antinoos se comporte en maître de la maison de Tél.- cf. ἑοῖσιν
en 299); ἔπος ἔφατο dire le mot (signifie comme la tournure suivante quelque chose
qu’il voulait dire sans le pouvoir ou ce qu’on attend de lui. Antinoos joue par rapport à
Eurymaque, comme avant l’assemblée, le rôle du chef plus spontané, moins penseur);
ἐξονομάζω parfois simplement dire, parfois ajouter au geste, à l’acte, le discours qui
y correspond; 303 Cf. 2.85; ὑψαγορής au discours hautain, arrogant; τὸ μένος élan;
ἄσχετος qu’on ne peut pas tenir, + acc. de relation (une réplique ironique à la figure
iliadique de 70, mais cela implique aussi, selon les scholies, le sens d’incapable de se
maîtriser); μή + imp. ou adhortatif : que ne pas, évitons que; τι ἄλλο un autre (avec
ἔργον etc.); τοι (encl. éol.) à toi; 304 τὸ στῆθος poitrine; κακός mauvais, méchant;
μέλει + dat., être le souci de; ἔργον le fait, exploit; ἔπος discours, mot; 305 ἀλλά mais,
plutôt que (reprend le rien d’autre de 303); μάλα très (pourrait introduire aussi un inf.
à la place d’un imp.); ἐσθιέμεν inf. (éol.) pr., manger (de protocole, soulignant ce qu’il
faut faire et non pas le fait qu’il faut); πίνω boire; ὡς comme; τὸ πάρος auparavant; περ
encl., justement, précisément;
306 ταῦτα cette affaire-là (quant à ce dont on a parlé auparavant, cf. Archil. 196a, souvent
des choses désagréables); μάλα πάντα vraiment tout, entièrement; τελευτάω accom-
plir, s’occuper de; Ἀχαιοί les Grecs (Antinoos évite de dire qui); 307 νηῦς nef; ἔξαιτος
choisi, d’élite; ἐρέτης rameur; ἵνα + subj., pour que; θᾶσσον plus vite (que si tu le fai-
sais tout seul), ou plutôt vite; ἱκνέομαι arriver; 308 ἠγάθεος très divin; μετά + acc.,
(en courant) après; ἀγαυός très noble, auguste; ἀκουή ouïe, renseignement; 309 Nous
revenons aux épithètes de l’espace masculin (cf. 1.213, 230), qui avaient disparu et réap-
paraissent maintenant); πεπνυμένος raisonnable; ἀντίον contre, en répondant; αὐδάω
parler (impf); 310 οὔ πως d’aucune manière; ἔστιν il est possible; ὑπερφίαλος arrogant,
orgueilleux; μετά + dat., parmi; ὑμῖν dat., vous;
311 δαίνυμαι dîner, banqueter; ἀκέων calme, en silence; εὐφραίνομαι prendre plaisir;
ἕκηλος sans souci; 312 ἦ marque interrogative; ἅλις assez; ὡς que; τὸ πάροιθεν aupara-
vant; κείρω tondre, enlever; πολλὰ καὶ ἐσθλά beaucoup de bonnes choses; 313 κτῆμα
possession (apposition); ἐμός mon; δέ et que; ἔτι encore; νήπιος naïf, enfant; ἦα = att. ἦν,
j’étais; 314 νῦν δ’ ὅτε δή maintenant que; μέγας grand; καί aussi; ἄλλος autre; μῦθος dis-
cours argumenté, les idées; ἀκούω entendre; 315 πυνθάνομαι apprendre, se renseigner;
καὶ δή et donc; ἀέξω augmenter, affermir; ἔνδοθι à l’intérieur; θυμός volonté, cœur;
316 Contre l’athétèse antique de ces vers, cf. Erbse 1995; πειράω tenter, essayer de; ὥς
+ subj. + κε, comment; ὔμμι dat. éol., vous; κακός mauvais; ἐπιάλλω + dat., envoyer
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CHÂTEAU I
à; κήρ démon de la mort; 317 ἠέ... ἤ ou… ou; Πύλονδε à Pylos; ἐλθών perfectif de
ἔρχομαι (pas une antériorité, mais peut être traduit pas une fois à Pylos); αὐτοῦ ici
même; δῆμος pays; 318 εἶμι j’irai; μέν sûrement, vraiment; ἅλιος vain, sans toucher
le but; ἡ ὁδός voyage; ὅς qui; ἀγορεύω parler; 319 ἔμπορος passager (en tant que);
νηῦς nef; ἐπήβολος + gén., qui met main sur, qui a part à; ἐρέτης rameur (le contexte
dit suffisamment que Tél. ment, comme lors de la première rencontre avec les préten-
dants); 320 γίνομαι devenir; ὡς comme; νυ le νυ ironique de la première rencontre fait
aussi son retour : n’est-ce pas ?; που sans doute; ὕμμιν dat. éol., vous; ἐείδομαι sembler;
κερδίων plus profitable;
321 ἦ ῥα dit-il donc (ἠμί, dire, la chev. rétr. la plus courte pour passer le plus vite possible
au geste, ce verbe n’est jamais utilisé pour la cheville prospective); ἐκ + gén., hors de;
χείρ main; σπάω tirer (moy. intensif. qui annule le geste d’hospitalité de 302); 322
Superflu aux oreilles des philologues alexandrins – il casse l’antithèse aiguë chère à leur
esthétique. Von der Mühll et van Thiel ont sans doute raison d’en juger autrement; ῥεῖα
facilement, sans effort; μνηστήρ prétendant (comme auparavant, ce ne sont pas les ser-
viteurs d’Ul. qui s’occupent de la δαίς, mais les prétendant