Cours Int Diff18-19
Cours Int Diff18-19
Cours et exercices
ENSAM de Meknès
Mohamed Berrada
1 Intégrale de Rienmann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Fonctions en escalier 5
1.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2 Propriétés des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Intégrale d’une fonction en escalier 7
1.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.2 Propriétés d’intégrale des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.3 Linéarité de l’intégrale des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.4 Comparaison d’intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.5 Relation de Chasles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Intégrale de Riemann 10
1.3.1 Riemann intégrabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.2 Linéarité de l’intégrale de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.3 Comparaison d’intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3.4 Relation de Chasles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.5 Théorème de la moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.6 Inégalités de Cauchy-Schwarz et de Minkowski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.7 Somme de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3 Intégrales généralisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.1 Définition 31
3.2 Propriétés des intégrales généralisées convergentes 32
3.2.1 Relation de Chasles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.2.2 Linéarité des inégrales généralisées convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.3 Calculs des intégrales généralisées 33
3.3.1 Utilisation des primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.3.2 Intégration par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.3.3 Changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.4 Critères de convergences 34
3.4.1 Critère de convergence de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4.2 Critères de majoration et de comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4.3 Critère d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.4.4 Critère de négligeabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.4.5 Critère de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.4.6 Critère d’Abel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.5 Intégrales absolument convergentes 37
4 Équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4.1 Équation différentielle linéaire de première ordre 39
4.1.1 Equation sans second membre (SSM) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4.1.2 Equation avec second membre (ASM) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4.1.3 Méthode de variation de la constante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4.1.4 Équations à coefficients constants avec des seconds membres spécifiques . . 41
4.1.5 Principe de superposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
4.1.6 Problème des raccords . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.2 Équation différentielle linéaire de second ordre 43
4.2.1 Equation sans second membre (homogène) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.2.2 Equation avec second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4.2.3 Méthode de variation de la constante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4.2.4 Équations avec des seconds membres spécifiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2.5 Principe de superposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
1. Intégrale de Rienmann
Dans ce chapitre, nous verrons la notion d’intégrabilité au sens de Riemann et ses propriétés. Nous
commençons par le cas particulier des fonctions en escalier sur un segment, puis nous généralisons
la définition et les propriétés obtenues aux autres cas de fonctions définies sur un segment.
Le diamètre ou le pas d’une subdivision χ est la distance maximale entre deux points succéssifs de
χ. Il est donné par
δ (χ) = max{xk − xk−1 , k = 1, · · · , n}.
Une subdivision χ de [a, b] est dite uniforme si et seulement si la distance entre deux points
successifs de χ est toujours constante. La figure 1.1.1 montre deux exemples de subdivision, une
uniforme et l’autre non uniforme.
a b a b
x0 x1 x2 x3 x4 x0 x1 x2 x3 x4
F IGURE 1.1.1 – Exemples de subdivision d’un segment [a, b]. La première est une subdivision uniforme et la deuxième
est non uniforme.
Définition 1.1.2 — subdivision plus fine. Une subdivision χ 0 est dite plus fine que χ si et
seulement si χ est inclue dans χ 0 (χ ⊂ χ 0 ).
6 Chapitre 1. Intégrale de Rienmann
On peut remarquer qu’il suffit de rajouter des points à une subdivision pour en obtenir une
subdivision plus fine (voir figure 1.1.2). En particulier, si χ1 et χ2 sont deux subdivisions de [a, b],
alors leur union χ1 ∪ χ2 (en éliminant les points doubles) est une subdivision plus fine à la fois que
χ1 et que χ2 .
a b
x0 x1 x2 x3 X3 ’ x4 x5
Il est évident que le pas d’une subdivision plus fine χ 0 est plus petit que le pas de χ. La réciproque
est fausse, ce qui signifie qu’une subdivision χ 0 peut être de pas plus petit que celui de χ sans être
plus fine que celle-ci.
Définition 1.1.3 — Fonction en escalier. Une fonction f définie sur un segment [a, b] est dite
fonction en escalier, s’il existe une subdivision χ = {x0 , x1 , · · · , xn } de [a, b] et un ensemble de
nombres Λ = {λ1 , λ2 , · · · , λn } tels que, f est égale à la constante λk sur l’intervalle ]xk−1 , xk [
pour k = 1, · · · , n.
Aux points de la subdivision χ, la fonction en escalier peut prendre éventuellement d’autres
valeurs différentes des nombres de l’ensemble Λ.
La subdivision χ sera dite subdivision adaptée à la fonction en escalier f .
+ + +
x0 x1 x2 x3 x4 x5
- -
R Si χ est une subdivision adaptée à une fonction f , alors toute subdivision plus fine que χ est
aussi adaptée à f .
Démonstration. . .
Démonstration. . .
Définition 1.2.1 Le nombre I( f ) dans (1.2.1) s’appelle intégrale (ou somme) de f sur [a, b].
Elle sera notée Z b
I( f ) = f (x)dx,
a
où la lettre x est ce que l’on appelle une variable muette. Elle peut être remplacée par une autre
lettre non encore utilisée.
Démonstration. . .
Proposition 1.2.3 Modifier la valeur de f en un nombre fini de points ne modifie pas la valeur de
Rb
a f (x)dx. Rb
En particulier, si f est nulle sauf en un nombre fini de points alors a f (x)dx = 0.
Démonstration. . .
Démonstration. . .
1.2 Intégrale d’une fonction en escalier 9
Démonstration. .
Proposition 1.2.6 Soient f et g deux fonctions en escaliers sur [a, b] telles que f ≤ g. Alors
Rb Rb
a f (x)dx ≤ a g(x)dx. Rb
En particulier, si f ∈ E ([a, b]) telle que f ≥ 0, alors a f (x)dx est positive.
Démonstration. . .
Démonstration. . .
10 Chapitre 1. Intégrale de Rienmann
On note
U ( f ) = {I(g)/ g ∈ E ([a, b]), g ≥ f }
La constante M peut être considérée comme une fonction en escalier sur [a, b] qui est supérieure à
f ; donc I(M) ∈ U ( f ), ce qui implique U ( f ) est non vide. Soit g ∈ E ([a, b]) telle que g ≥ f , on a
alors g ≥ −M et I(g) ≥ I(−M) = −M(b − a). Donc U ( f ) est minoré par I(−M). Donc d’après
le théorème de la borne supérieure, l’ensemble U ( f ) admet une borne inférieure qu’on note par
I+ ( f ). Le nombre I+ ( f ) est appelée intégrale supérieure de f .
De la même façon, on note
On suit la même démarche que pour U ( f ), on trouve que L ( f ) est non vide et majoré par I(M),
donc admet une borne supérieure qu’on note par I− ( f ). Le nombre I− ( f ) est appelée intégrale
inférieure de f .
On a alors
I− ( f ) ≤ I+ ( f ).
Définition 1.3.1 — Riemann intégrabilité. On dit que f est intégrable au sens de Riemann ou
Riemann-intégrable, si l’on a I+ ( f ) = I− ( f ). On notera alors
Z b
I( f ) = f (x)dx,
a
la valeur commune.
R De ce qui précéde, il est évident qu’une fonction f en escalier sur [a, b] est Riemann-intégrable
sur [a, b].
Démonstration. . .
1.3 Intégrale de Riemann 11
Théorème 1.3.2 Une fonction bornée f est Riemann-intégrable sur [a, b] si et seulement si il
existe deux suites (gn )n≥1 et (hn )n≥1 de fonctions en escalier sur [a, b] telles que
Z b
∀n ∈ N∗ , gn ≤ f ≤ hn et lim (hn (x) − gn (x))dx = 0.
n→+∞ a
Démonstration. . .
Théorème 1.3.3 Toute fonction continue sur [a, b] est Riemann-intégrable sur [a, b].
Démonstration. . .
Proposition 1.3.5 Soient f et g deux fonctions Riemann-intégrable sur [a, b]. Supposons que f et
g sont égales sauf en un nombre fini de points x1 , · · · , xn de [a, b] alors :
Z b Z b
f (x)dx = g(x)dx
a a
Démonstration. . .
Démonstration. . .
Proposition 1.3.7 Soient f et g deux fonctions Riemann intégrables sur [a, b] telles que f ≤ g.
Z b Z b
Alors f (x)dx ≤ g(x)dx.
a a
En particulier, l’intégrale d’une fonction Riemann intégrable positive est positive.
1.3 Intégrale de Riemann 13
Démonstration. . .
Proposition 1.3.8 Si f est continue sur [a, b] alors |I( f )| ≤ (b − a) sup | f (x)|.
a≤x≤b
Z d Z b
f (x)dx ≤ f (x)dx
c a
Démonstration. . .
Théorème 1.3.10 — Relation de Chasles. Soient f une fonction définie sur [a, b] et a ≤ c ≤ b.
La fonction f est Riemann-intégrable sur [a, b] si et seulement si ses restrictions f|[a,c] et f|[c,b]
sont Riemann-intégrables, et alors
Z b Z c Z b
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx.
a a c
Rc Rd Rc
Avec les conventions c f (x)dx = 0 et c f (x)dx = − d f (x)dx pour d ∈ [a, b] et d ≥ c.
Démonstration. . .
14 Chapitre 1. Intégrale de Rienmann
Théorème 1.3.11 Toute fonction continue par morceaux sur [a, b] est intégrable au sens de
Riemann sur [a, b].
Démonstration. . .
Démonstration. . .
tn
Z 1
un = dt.
0 1 + t2
1 R1 n
D’après la 1ere formule de la moyenne ∃cn ∈ [0, 1] tel que un = 1+c2n 0
t = ... → 0
Démonstration. . .
I(( f + g)2 ) = I( f 2 ) + 2I( f g) + I(g2 ) ≤ I( f 2 ) + 2I( f 2 )1/2 I(g2 )1/2 + I(g2 ) = (I( f 2 )1/2 + I(g2 )1/2 )2 .
Théorème 1.3.15 Soit f une fonction continue sur [a, b]. Alors pour tout ε > 0 il exist α > 0
tel que pour tout χ = {x0 , x1 , · · · , xn } subdivision de [a, b] de pas δ (χ) < α et ∀ {ξ1 , · · · , ξn } tels
que ξk ∈ [xk−1 , xk ], k = 1, · · · , n, on a
Z b n
f (x)dx − ∑ f (ξk )(xk − xk−1 ) < ε.
a k=1
Démonstration. On a
n n Z xk
∑ f (ξk )(xk − xk−1 ) = ∑ f (ξk )dx
k=1 k=1 xk−1
et Z b n Z xk
f (x)dx = ∑ f (x)dx.
a k=1 xk−1
16 Chapitre 1. Intégrale de Rienmann
donc
Z b n n Z xk
f (x)dx − ∑ f (ξk )(xk − xk−1 ) = ∑ ( f (x) − f (ξk )) ,
a k=1 k=1 xk−1
alors
Rb
f (x)dx − ∑nk=1 f (ξk )(xk − xk−1 ) ≤ ∑nk=1 xxk−1
R
a
k
( f (x) − f (ξk ))dx
n R x
≤ ∑k=1 xk−1 | f (x) − f (ξk )| dx.
k
|x − ξk | ≤ |xk − xk−1 | ≤ α.
Comme f est continue sur [a, b], elle est uniformément continue. Donc ∀ε > 0, ∃α > 0 tel que
|x − x0 | < α ⇒ | f (x) − f (x0 )| < ε/(b − a). Alors,
Z b n n Z xk n Z xk
ε
f (x)dx − ∑ f (ξk )(xk − xk−1 ) ≤ ∑ | f (x) − f (ξk )| dx ≤ ∑ = ε.
a k=1 k=1 xk−1 k=1 xk−1 b−a
Corollaire 1.3.16 Soit f : [a, b] → R continue. Alors les suites 1/n ∑n−1
k=0 f (a + k(b − a)/n) n≥1
n Rb
et (1/n ∑k=1 f (a + k(b − a)/n))n≥1 convergent vers 1/(b − a) a f (x)dx.
En particulier, si f est continue sur [0, 1] alors
1 n
Z 1
k
∑ f( ) → f (x)dx .
n k=1 n 0
R Soient f une fonction continue sur [a, b] et α ∈ [0, 1]. On peut montrer de la même façon que
1 n−1 k + α
Z 1
∑ f( n ) →
n k=0 0
f (x)dx.
Puis
1 1 1
Z 1
1
dx = − = .
0 (1 + x)2 1+x 0 2
Exercices du chapitre I
3. Soit f : [a, b] → R continue par morceaux telle que f ≥ 0 et ab f = 0. Montrer que f est
R
Exercice 1.5 Soit f : [a, b] → R continue telle que pour toute fonction g : [a, b] → R en
Rb
escalier, a f (t)g(t)dt = 0. Démontrer que f = 0.
a pour limite M.
18 Chapitre 1. Intégrale de Rienmann
Rx
Exercice 1.7 1. Soit f continue au voisinage de 0. Déterminer lim x12 0 t f (t)dt.
x→0
R bx 1−cos u
2. Pour 0 < a < b, déterminer lim+ ax u3
du.
x→0
3. Soit f : [0, 1] 7→ R une fonction continue. Pour x ∈]0, 1], on pose
Z x
1
F(x) = 2 f (t) dt.
x ln(1+x)
∀x ∈]0, c[, f (x) > 0
Exercice 1.9 Soit f : [0, π/2] → R continue telle qu’il existe c ∈ [0, π/2] tel que .
∀x ∈]c, π/2[, f (x) < 0
Montrer : Z 2 Z 2
π/2 π/2
f (x) cos(x)dx + f (x) sin(x)dx > 0.
0 0
Exercice 1.10 Soient a et b deux réels tels que a ≤ b, et f : [a, b] → R continue. Montrer :
Z b
2 Z b
2 Z b
f (x) cos(x)dx + f (x) sin(x)dx ≤ (b − a) ( f (x))2 dx,
a a a
Exercice 1.11 Soit f une fonction continue de [a, b] dans R∗+ . Montrer que l’on a
b b
Z Z
1
f (x)dx dx ≥ (b − a)2 ,
a a f (x)
Exercice 1.12 Soit f une fonction continue et positive sur [0, 1]. Démontrer l’inégalité :
Z 1p
2 Z 1
f (x)dx ≤ f (x)dx.
0 0
x2 x
Exercice 1.13 — Somme de Riemann. 1. Montrer : ∀ x ∈ [0, +∞[, 0 ≤ ex − 1 − x ≤ 2e .
2. En déduire la limite de la suite de terme général :
n
un = ∑ e1/(n+k) − n.
k=1
Exercice 1.14 — Somme de Riemann. Déterminer la limite de la suite définie par son terme
général :
1. ∑2n 2
k=0 k/(k + n )
2
5. ∑2n−1
k=n 2k+1
1
6. Πnk=1 (1 + k/n)1/n .
R 2x
Exercice 1.15 On définit f (x) = x 1t cos( 1+πt
5+t )dt. Déterminer x→+∞
lim f (x)
n
k2
Exercice 1.16 Trouver la limite quand n → +∞ de la suite suivante un = n12 ∑ 1 .
k=0 (n3 +k3 ) 3
1 n 2 kπ
Exercice 1.17 Calculer la limite suivante lim 3 ∑ k sin( ).
n→+∞ n n
k=1
Z 2x
cos(x)
Exercice 1.18 Calculer la limite suivante : lim dx.
x→0+ x x
R bx t
Exercice 1.19 1) Soient a, b ∈ R∗+ . On définit f (x) = ax 1−e
t2
dt. Déterminer lim f (x)
Z +∞ x→0
2) Soit une fonction f telle que f (t)dt converge et que lim f (t) existe. Déterminer
1 t→+∞
lim f (t). Justifier votre réponse.
t→+∞
Rbq x q
b−a 1+b2
Exercice 1.20 Soit 0 < a < b. Montrer que a 1+x 2 dx ≤ 2 ln( 1+a2 ). Peut-il y avoir
égalité ?
2
Exercice 1.21 a) Montrer que ∀x > 0 : x − x2 ≤ ln(1 + x) ≤ x.
n
1
b) Déterminer la limite quand n → +∞ de la suite suivante un = ∑ n ln( k2 +n2 ).
k=1
20 Chapitre 1. Intégrale de Rienmann
Exercice 1.22 Soit f une fonction continue et positive sur [0, +∞[ telle que f (0) > 0.
R x
t f (t)dt
Montrer que la fonctionϕ(x) = R0x
f (t)dt
est strictement croissante
0
2. Calcul des primitives
2.1 Définition
Soient f une fonction continue par morceaux sur [a, b] et c ∈ [a, b]. On définit la fonction F sur
[a, b] en posant
Z x
F(x) = f (t)dt.
c
Rx
Proposition 2.1.1 La fonction F(x) = c f (t)dt est continue sur [a, b].
Démonstration
On note par M la borne supérieure de | f | sur [a, b]. Soient x ∈ [a, b] et x0 ∈ [a, b] tels que x0 ≤ x, on
a alors
Z x Z x0 Z x Z x
|F(x) − F(x0 )| = | f− f| = | f| ≤ | f | ≤ M(x − x0 ).
c c x0 x0
Définition 2.1.1 — Primitive. Une fonction G est une primitive de f , si et seulement si, G est
dérivable sur [a, b] et pour tout x ∈ [a, b], G0 (x) = f (x).
Théorème 2.1.2 Soit f une fonction continue sur [a, b], alors la fonction F définie sur [a, b] par
Z x
F(x) = f (t) dt
c
est dérivable sur [a, b], et sa dérivée est égale à f . F est appelée primitive de f qui s’annule en c.
De plus, si G est une autre primitive de f sur [a, b], alors la fonction F − G est constante.
Démonstration
Soient x0 ∈ [a, b] et h un réel non nul tel que x0 + h ∈ [a, b]. D’après la relation de Chasles :
Z x0 +h Z x0 Z x0 +h
F(x0 + h) − F(x0 ) = f (t)dt − f (t)dt = f (t)dt.
a a x0
22 Chapitre 2. Calcul des primitives
Conséquences :
1. Toute fonction continue sur un intervalle I possède une primitive dans cet intervalle.
2. Si F est une primitive de la fonction continue f sur un intervalle I, a ∈ I et b ∈ I alors on a :
Z b
f (x)dx = [F(x)]ba = F(b) − F(a).
a
3. Si F est une primitive de f alors F + K, où K est une constante, est aussi une primitive de f .
4. Si f est de classe C1 il résult alors de ce qui précède que
Z b
f 0 (x)dx = f (b) − f (a).
a
R
L’ensemble des primitives de f (x) s’appelle intégrale indéfinie de f (x) et se note f (x)dx
R 2 √
+ par G(x) = x +1 1 + t 3 dt.
Exemple 2.1 Soit la fonction G définie sur R
2x
On cherche à calculer
√ la dérivée de G.
On pose f (t) = 1 + t 3 qui est une fonctioncontinue sur R+ , donc elle possèdepune primitive F
+ 2 0 0 2 0 2 3
√ R . Donc G(x) = F(x + 1) − F(2x) et G (x) = 2xF (x + 1) − 2F (2x) = 2x 1 + (x + 1) −
sur
2 1 + 8x3 .
Exercice 2.1 Soit f une fonction continue positive sur [a, b]. Montrer que si
Z b
f (x)dx = 0,
a
Démonstration
Soient F une primitive de f etR ϕ(x) = u de C1 ([a, b]). On a F(u) = f (u)du et (F(ϕ(x)))0 =
R
R Si ϕ est monotonne, alors ϕ([a, b]) = [ϕ(a), ϕ(b)] si ϕ 0 ≥ 0 et ϕ([a, b]) = [ϕ(b), ϕ(a)] si
ϕ 0 ≤ 0. Une écriture plus générale est
Z Z
f (u)du = f (ϕ(t))|ϕ 0 (t)|dt.
ϕ([a,b]) [a,b]
Conséquence :
Soit u de C1 . Alors si F(u) est une primitive de f (u), on a G(x) = F(u(x)) est une primitive de
h(x) = u0 (x) f (u(x)).
Démonstration
on applique la formule 0
uv = u0 v + uv0 .
L’intégration par parties s’applique
Rb 0
lorsqu’on cherche à calculer l’intégrale
Rb
d’un produit de deux
fonctions et à condition que a u (x)v(x) dx soit plus facile à calculer que a u(x)v0 (x)dx.
Démonstration
Par récurrence sur n.
1. Calculer l’intégrale 12 x ln(x) dx.
R
Exemple 2.3
0 1
u = ln(x), u = x,
Si on choisit 0 on a donc 2 d’où :
v =x v = x2
2
x2
Z 2
1 2
Z
x ln(x) dx = ln(x) − x dx
1 2 1 2 1
0
u = x, u = 1,
Si on choisit on a donc d’où :
v0 = ln(x) v = x ln(x) − x
Z 2 Z 2
x ln(x) dx = [x(x ln(x) − x)]21 − (x ln(x) − x) dx
1 1
On pose, par exemple, u(x) = e−2x et v0 (x) = cos x donc u0 (x) = −2e−2x et v(x) = sin x.
En appliquant la formule d’intégration par parties, on obtient :
h iπ/2 Z π/2
I = e−2x sin x +2 e−2x sin xdx.
0 0
On applique la formule d’intégration par parties une deuxième fois, en posant u(x) = e−2x et
v0 (x) = sin x. On obtient alors :
h iπ/2 h iπ/2 Z π/2
I = e−2x sin x − 2 e−2x cos x −4 e−2x cos xdx.
0 0 0
(2p−1)(2p−3)···1 π (2p)! π
(
I2p = (2p)(2p−2)···2 . 2 = (2 p p!)2 . 2
∀p ∈ N, (2p)(2p−2)···2 (2 p p!)2
I2p+1 = (2p+1)(2p−1)···3 = (2p+1)!
R π/2
On peut montrer par changement de variable x = π
2 − t que In = 0 cosn x dx.
Exercice 2.2 (Formule de Taylor avec reste intégral) Soit f une fonction de classe Cn+1 sur
[a, b]. Montrer que
n
(b − a)k (k) (b − x)n (n+1)
Z b
f (b) = ∑ f (a) + f (x) dx.
k=0 k! a n!
Rb 0
Indication : f (b) = f (a) + a f (x) dx.
Démonstration
Par récurrence sur n.
Pour n = 0, on a déjà vue que si f est C1 sur [a, b], alors
Z b
f (b) = f (a) + f 0 (x) dx.
a
Supposons-la vraie pour un entier n, et soit f : [a, b] → R de classe Cn+2 . A l’aide d’une intégration
par parties :
R b (b−x)n (n+1) h ib R
(b−x)n+1 (n+1) n+1
a n! f (x) dx = − (n+1)! f (x) − ab − (b−x)
(n+1)! f
(n+2) (x) dx
R La fonction f est exprimée sous forme de la somme d’un polynôme et d’un reste, et on a
l’inégalité de Taylor Lagrange suivante :
n
(b − a)k (k) (b − x)n (b − x)n+1
Z b
f (b) − ∑ f (a) ≤ k f (n+1) k∞ dx = k f (n+1) k∞ .
k=0 k! a n! (n + 1)!
26 Chapitre 2. Calcul des primitives
Démonstration
R x
e sin 2xdx = e sin 2x − 2 ex cos 2xdx = ex sin 2x − 2ex cos 2x − 4 ex sin 2xdx.
x
R R
d (2ax + b) d 1
Z
2 n
= 2
2a (ax + bx + c) 2a(n − 1) (ax + bx + c)n−1
1
Pour (e − db
R
2a ) (ax2 +bx+c)n
, on écrit la réduction canonique :
b b c b b 4ac − b2
ax2 + bx + c = a(x2 + x + ( )2 + − ( )2 ) = a((x + )2 + ( ))
a 2a a 2a 2a 4a2
Par un changement de variable convenable, on se ramène au calcul de la primitive (qu’on note par
Fn )
1
Z
Fn (u) =
(1 + u2 )n
avec F1 (u) = arctan(u) et Fn (u) se calcule par récurrence sur n en utilisant une intégration par
parties
R 1 u R −2nu2
Fn = (1+u)n = (1+u 2 )n − (1+u2 )n+1
du
u R 1 1 u
= 2
(1+u ) n + 2n (1+u )2 n − 2
(1+u ) n+1 du = (1+u2 )n
+ 2nFn − 2nFn+1 ,
2.3 Autres techniques de calcul des primitives 27
donc
1 u
Fn+1 = (2n − 1)Fn + .
2n (1 + u2 )n
Exemple 2.4 1.
x+1 x+1 x + 12 1
2
f (x) = = √ 2 = √ 2 + √ 2
x2 + x + 1 3 3
2
(x + 1) + 2 2
(x + 1) + 2 (x + 1) + 23
2
2 √ 2
Le premier terme se primitive en 12 ln x + 12 + 23 = 12 ln x2 + x + 1 et second terme
en 12 √23 arctan √23 (x + 12 ) .
2.
4x3 − 13x − 5 1
f (x) = = 2x2 − x − 6 +
2x + 1 2x + 1
(x2 + x + 1)(2x + 1)
2.
xdx
Z
Démonstration
2. u = x2 , du = 2xdx
1 du
Z
2 (u − 1)(u + 1)3
Décomposition enéléments simples
du A B C D
= + + + .
(u − 1)(u + 1)3 u − 1 (u + 1)3 (u + 1)2 u + 1
Exemple :
1
Z Z
sin 2x cos 3xdx = (sin 5x − sin x)dx
2
Pour n et m pairs, on peut procéder autrement en abaissant le degré par les formules : sin2 x =
(1 − cos 2x)/2, cos2 x = (1 + cos2x)/2.
Pour sinhn x coshm x, on peut procèder comme avec sinn cosm . Sinon, à part quelques cas d’applica-
tion de trigonométrie hyperbolique, la méthode générale est simplement d’utiliser le changement
de variable u = ex , car
u − 1u u + u1 u2 − 1
sinh = , cosh = , tanh = ,
2 2 u2 + 1
P(sint, cost)
f (t) = .
Q(sint, cost)
Pour calculer la primitive de cette fonction, on utilises les règles de Bioche. On considère la fonction
w(t) = f (t)dt. On a alors trois cas :
1. Si w(−t) = w(t), on effectue alors le changement de variable u = cost
2. Si w(π − t) = w(t), on effectue alors le changement de variable u = sint
3. Si w(π + t) = w(t), on effectue alors le changement de variable u = tant
On peut toujours considérer le changement de variable u = tan 2t . On aura alors
1 − u2 2u 2u 2du
cost = 2
, sint = 2
, tant = 2
et dt =
1+u 1+u 1−u 1 + u2
dx 1
Z
4
= tan x + tan3 x + cte.
cos x 2
2.3 Autres techniques de calcul des primitives 29
q
2.3.5 Primitives de fractions rationnelles en x et n ax+b cx+d
q
−dun +b
On effectue le changement de variable u = n ax+b
cx+d , ce qui amènera à x = cun −a .
√
2.3.6 Primitives de fractions rationnelles en x et ax2 + bx + c
2
p canonique du trinôme ax + bx + c ramène à trois possibilités :
Une réduction
1. Cas (x + d)2 + e2 : Changement de variable x + d = e sinh u (u = arg sinh( x+d
e ))
p x+d
2 2
2. Cas (x + d) − e : Changement de variable x + d = e cosh u (u = arg cosh( e ))
p
3. Cas e2 − (x + d)2 : Changement de variable x + d = e sin u avec u ∈] − π/2, π/2[ (u =
arcsin( x+d
e )) (u = arg cosh ...)
3.1 Définition
Dans le cas d’intégrale de Riemann, dite aussi intégrale classique, nous avons considéré des
fonctions bornées définies sur des intervalles fermés bornés I = [a, b].
Pour les intégrales généralisées, nous considérons des fonctions non nécessairement bornées
définies sur des intervalles non nécessairement fermés ou bornés (de type I = [a, b[, ]a, b] ou ]a, b[).
Définition 3.1.1 On dit qu’une fonction f est localement R-intégrable sur un intervalle I si et
seulement si ∀α, β , tel que [α, β ] ⊂ I, f est R-intégrable sur [α, β ].
Proposition 3.1.1 Toutes fonction continue sur un intervalle I est localement intégrable sur I.
Définition 3.1.2 — Intégrale généralisée. Soit f une fonction localement intégrable sur un
intervalle [a, b[ (resp. ]a, b]) avec la borne b (resp. a) qui peut être = +∞ (resp. = −∞). On
appelle intégrale généralisée ou impropre de f sur [a, b[ (resp. ]a, b]) la limite (lorsqu’elle existe
et est finie)
Z b Z x Z b Z b
f (t)dt = lim− f (t) dt, resp. f (t)dt = lim+ f (t)dt
a x→b a a x→a x
L’intégrale est dite convergente si cette limite existe et est finie. Elle est dite divergente dans le
cas contraire.
Z b
Définition 3.1.3 Pour un intervalle de type ]a, b[, on considère c ∈]a, b[. Alors f (t)dt
Z c Z b a
2. lnt dt. La fonction t 7→ lnt est continue sur ]0, 1]. Elle admet donc une primitive.
0 Z Z 1
On a lnt dt = t lnt −t donc lim+ lnt dt = lim+ (ln 1 − 1 − (x ln x − x)) = −1 donc converge.
x→0 x x→0
Rb
Proposition 3.1.2 Soit f localement intégrable sur [a, b[. L’intégrale a f (t)dt converge si et
seulement si pour toute suite (xn )n ∈ [a, b[ convergeant vers b, la suite de terme général F(xn ) =
R xn
a f (t)dt converge.
Démonstration
Z x Z c Z x
On a f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt, (Chasles sur un segment),
a
| a {z } c
Z x fixe Z x
donc lim− f (t) dt existe si et seulement si lim− f (t)dt existe.
x→b a x→b c
On peut démontrer le théorème de la même façon pour les autres type d’intervalles (]a, b] et ]a, b[).
Proposition 3.2.2 — Relation de Chasles. Soit f une fonction localement intégrable sur I (=
[a, b[, ]a, b] ou ]a, b[) et c ∈ I. Alors (sous réserve d’existence),
Zb Zc Zb
f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt.
a a c
Comme pour une intégrale de Riemann (classique), nous poserons la convension (à cdt d’existence)
Zb Za
f (t)dt = − f (t)dt.
a b
Ra Rb
Par contre la convension f (t)dt = 0, n’a de sens que si f est définie en a ou si l’intégrale f (t)dt
a a
converge pour un b 6= a.
Z b Z b Z x
lim+ f (t)dt − f (t)dt = lim+ f (t)dt = 0.
x→a a x x→a a
On ne considère par la suite que l’intervalle I = [a, b[. Les autres cas se découlent facilement par la
relation de Chasles.
Démonstration
On utilise la linéarité des intégrales classiques (R-intégrabilité) et on fait tendre x → b− .
Démonstration
Par IPP sur un segment ([a, x], x < b), on a
Z x Z x
u0 (t)v(t)dt = u(x)v(x) − u(a)v(a) − u(t)v0 (t)dt,
a a
Par passage à la limite, on aura le résultat voulu.
Démonstration
Il suffit de faire un changement de variable classique sur le segment [a, x], x < b, puis de faire
tendre x vers β .
Exemple :
Z +∞ 1
arctant 1 1 1
Z
2
dt = arctan dx (par changement de variable ϕ(x) = ) x : → arctan se prolonge
1 t 0 x x x
π
par continuité en 0 (= si x = 0).
2
Démonstration
1
1. La fonction t 7→ α est continue sur [1, +∞]. Elle admet donc une primitive.
Z tx Z x x
dt 1 1 1
— Si α > 1 = t −α dt = t −α+1 = x−α+1 −
1 t
α
1 −α + 1 1 −α + 1 −α + 1
Z x
dt 1 1 1
Et lim = lim x−α+1 − =− (car −α + 1 < 0).
x→+∞ 1 t α x→+∞ −α + 1 −α + 1 −α + 1
Z +∞
dt
Donc converge.
1 Zt
α
x dt
— Si α = 1, = [lnt]x1 = ln x.
Z x1 t
dt
Et lim = lim ln x = +∞.
x→+∞ 1 t x→+∞
Z +∞
dt
Donc diverge.
1 Z t x
x dt Z x
−α 1 −α+1 1 1
— Si α < 1 = t dt = t = x−α+1 −
1 t α
1 −α + 1 1 −α + 1 −α +1
Z x
dt 1 1
Et lim = lim x−α+1 − = +∞ (car −α + 1 > 0).
x→+∞ 1 t α x→+∞ −α + 1 −α + 1
Z +∞
dt
Donc diverge.
1 tα
2. De la même façon...
R
Z+∞
dx dx
Z
1. Pour α = 1 les intégrales et divergent.
x x
0
Z+∞
dx dx
Z
2. Pour α 6= 1, on constate que converge si et seulement si diverge.
xα xα
0
Démonstration Z x
⇒ Évident car x 7→ f (t)dt est croissante et admet une limite en b.
a
⇐ D’aprèsZle théorème de la limite monotone, toute fonction croissante majorée converge.
x
Comme x 7→ f (t)dt est croissante et majorée, elle converge.
a
Théorème 3.4.3 (Comparaison) Soient f et g deux fonctionx localement intégrables sur [a, b[,
et positives au voisinage de b et telles que ∀x voisin de b f (x) ≤ g(x). Alors,
Z b Z b
— si g(t)dt converge, alors f (t)dt converge,
Za b Z ba
— si f (t)dt diverge, alors g(t)dt diverge.
a a
Démonstration
Soit c ∈ [a, b[ tel que ∀x ∈ [c, b[ f , g ≥ 0 et f ≤ g.
Z b
— Supposons que g(t)dt converge, alors
a
Z x Z x Z b
f (t) dt ≤ g(t) dt ≤ g(t) dt
c c c
Rx Rb
donc la fonction x 7→ c f (t) dt est croissante et majorée donc converge, d’où a f converge.
Z b
— Supposons que f (t)dt diverge, alors
a
Z x Z x
f (t) dt ≤ g(t) dt
c c
Rx
donc la fonction x 7→ c g(t) dt est croissante mais pas majorée donc diverge.
Z +∞
1
Exemple 3.2 Montrer que dt converge.
0 2 + t2
1
Probème en +∞. t 7→ 2+t 2 est continue et positive sur [0, +∞[.
1 1
De plus ≤ sur [1, +∞[. Donc
2 + t2 t2
Z +∞ Z 1 Z +∞
1 1 1
= +
0 2 + t2 Z0 1 2 + t2 1 2 Z+ t 2
1 +∞ 1
≤ +
0 2 + t2 t
| 1 {z }
2
intégrale convergente
Critère de Riemann
Démonstration
f (t)
Puisque f ∼b− g alors lim− = 1.
t→b g(t)
1 f (t) 1 3
Il existe donc c tel que ∀x ∈ [c, b[, 2 ≤ g(t) ≤ 32 , c’est à dire g(t) ≤ f (t) ≤ g(t). Donc
Z b Z b Z b 2 2
1 3
g(t) dt ≤ f (t) dt ≤ g(t) dt
2 c Z b c 2Z c
b
alors f (t) dt converge ssi g(t) dt converge, d’où le résultat.
c c
Démonstration
f (t)
Puisuqe f = ◦(g) alors lim− = 0.
t→b g(t)
f (t) 1 1
Il existe donc c tel que pour tout x ∈ [c, b[, 0 ≤ ≤ ⇒ 0 ≤ f (t) ≤ g(t). Donc d’après le
g(t) 2 2
critère de comparaison :
Z b Z b Z b
— Si g(t) dt converge alors f (t) dt converge, puis finalement f (t) dt converge.
Zc b Z bc Z b a
— Si f (t) dt diverge alors g(t) dt diverge, puis finalement g(t) dt diverge.
c c a
Z +∞
2
Exemple 3.3 Déterminer la nature de e−t .
0 Z +∞
−t 2 1 1
Problème en +∞ : Comme e = ◦ 2 et comme dt converge (Riemann avec α > 1)
Z +∞
t 1 t2
2
alors e−t est convergente.
0
Théorème 3.4.7 Soit f une fonction de classe C1 décroissante sur [ a, +∞ [ et de limite nulle
en +∞.
Soit g une fonction continue sur [ a, +∞ [ vérifiant la propriété suivante : il existe une constante
0
Zx
M telle que, quels que soient x et x0 dans [ a, +∞ [ on ait g(t) dt ≤ M.
x
Z∞
Alors f (t)g(t) dt converge et, pour tout x de [ a, +∞ [
a
Z∞
f (t)g(t) dt ≤ M f (x).
x
Démonstration
0
Zx
0
Posons Gx (x ) = g(t)dt. La fronction Gx est une primitive de g.
x
En intégrant par parties on a
0 0
Zx Zx
f (t)g(t) dt = f (x0 )Gx (x0 ) + (− f 0 )(t)Gx (t) dt .
x x
Mais − f 0 (t) est positive et Gx est majorée par M, donc
0 0
Zx Zx
f (t)g(t) dt ≤ f (x0 )M + (− f 0 (t))M dt = f (x)M .
x x
Alors, puisque f (x) tend vers 0 lorsque x tend vers l’infini, pour tout ε > 0, il existe A, tel que
x > A implique
ε
| f (x)| < .
M
Z x0 Z x0
0
Alors si x0 > x > A, f (t)g(t) dt ≤ f (x )M + (− f 0 (t))M dt < ε
x x
Z +∞
et il résulte du critère de Cauchy que l’intégrale f (t)g(t) dt converge. De plus si l’on fait
a
tendre x0 vers l’infini dans la relation
Z x0
f (t)g(t) dt ≤ M f (x),
x
on obtient Z ∞
f (t)g(t) dt ≤ M f (x).
x
R +∞ sint R x0 1
Exemple 3.4 1
√ ,
2 t x
sint ≤ 2 et 2√ t
est décroissante vers 0...
Zb
absolument convergente si | f (t)| dt converge.
a
Z+∞
cost cost | cost| 1
Exemple 3.5 L’intégrale 3
dt est absolument convergente car 3
= 3
≤ 3.
t t t t
1
Z+∞
1
dt est convergente (critère de Riemann)
t3
1
Z+∞
cost
Donc, par critère de majoration, | | dt converge.
t3
1
Zb Zb
Théorème 3.5.1 Si f (t) dt est absolument convergente alors f (t) dt converge. De plus
a a
Zb Zb
f (x) dx ≤ | f (x)| dx
a a
Démonstration
(
| f (t)|+ f (t)
f + (t) = 2
Posons | f (t)|− f (t) ,
f − (t) = 2
|f| ≥ f+ ≥ 0
on peut remarquer que .
|f| ≥ f− ≥ 0
f − f− = f
+
Alors .
f++ f− = |f|
Z b
Supposons que | f (t)| dt est convergente, alors
a Z b
+
comme 0 ≤ f ≤ | f |, f + (t) dt est convergente (critère de majoration)
Za b
comme 0 ≤ f − ≤ | f |, f − (t) dt est convergente (critère de majoration)
Z b Z b a Z b
et f (t) dt = +
f (t) dt − f − (t) dt est donc convergente.
a a a
Z+∞
cost
Exemple 3.6 L’intégrale dt est convergente puisqu’elle est absolument convergente.
t3
1
Définition 3.5.2 Une intégrale est dite semi-convergente si elle est convergente sans être
absolument convergente.
Z +∞
sint
Exemple 3.7 dt est semi convergente.
1 t
4. Équations différentielles
Démonstration
On a
y0 + a(x)y = 0 ⇔ y0 eA(x) + a(x)yeA(x) = 0
0
⇔ yeA(x) = 0
⇔ yeA(x) = λ , λ ∈ R
⇔ y = λ e−A(x) ,
⇔ S0 = x 7→ λ e−A(x) , λ ∈ R
R Si le coefficient a est constant, alors A(x) = ax, et la solution est donnée par y = λ e−ax .
Exercice 4.1 Montrer que si on a une condition initiale y(x0 ) = y0 avec x0 ∈ I et y0 ∈ R, alors
la solution de l’équation différentielle y0 + a(x)y = 0 est unique.
Démonstration
Soit y une solution de l’équation différentielle ASM, alors on a y0 + a(x)y = b(x) et on a aussi y p
est une solution particulière de ASM donc y0p + a(x)y p = b(x) alors (y − y p )0 + a(x)(y − y p ) = 0.
Ce qui revient à dire que (y − y p ) est une solution de l’équation SSM, donc y − y p = λ e−A(x) , ce
qui revient à écrire y = y p + λ e−A(x) . On note alors S = x 7→ y p + λ e−A(x) , λ ∈ R l’ensemble
R Si on connaît une solution particulière de y0 + a(x)y = b(x), alors on en connaît toutes les
solutions.
y p = λ (x)e−A(x) .
λ 0 (x) = b(x)eA(x)
y0 + y = 0. (E0 )
y p = sin(x)e−x
— Conclusion :
Les solutions de l’équation (E) sont
S = x 7→ λ e−x + sin(x)e−x , λ ∈ R
4.1 Équation différentielle linéaire de première ordre 41
y0 + 2y = x2 − x + 1. (E)
— L’équation sans second membre (E0 )
y0 + 2y = 0. (E0 )
Les solutions de (E0 ) sont
S0 = x 7→ λ e−2x , λ ∈ R
y0 − y = x cos(2x). (E)
— L’équation sans second membre (E0 )
y0 − y = 0. (E0 )
Les solutions de (E0 ) sont
S0 = {x 7→ λ ex , λ ∈ R}
42 Chapitre 4. Équations différentielles
y0 − y = xe2ix . (EC )
On trouve
1
= −1−2i
α = 2i−1 5
3 4
β = 25 − 25 i
Et
−1 − 2i 3 4
yC = ( x + − i)(cos(2x) + i sin(2x))
5 25 25
Une solution particulière est alors
1 3 2 4
y p = R(yC ) = (− x + ) cos(2x) + ( x + ) sin(2x).
5 25 5 25
— Conclusion :
Les solutions de l’équation (E) sont
1 3 2 4
S = x 7→ λ e + (− x + ) cos(2x) + ( x + ) sin(2x), λ ∈ R
x
5 25 5 25
Démonstration
On a
y01 + ay1 = b1 α1 y01 + α1 ay1 = α1 b1
⇒
y02 + ay2 = b2 α2 y02 + α2 ay2 = α2 b2
On aura donc,
(α1 y1 + α2 y2 )0 + a(α1 y1 + α2 y2 ) = α1 b1 + α2 b2 .
Exemple 4.5 On considère l’équation différentielle (E)
y0 − 3y = 2ch(3x) (E)
y0 − 3y = 0. (E0 )
1
y p = xe3x − e−3x
6
— Conclusion :
Les solutions de l’équation (E) sont
1 −3x
S = x 7→ (λ + x)e − e , λ ∈ R
3x
6
αy0 + β y = γ
◦
α s’annule en un seul point x0 ∈I .
On résout l’équation sur ] − ∞, x0 [∩I puis sur ]x0 , +∞[∩I
On étudie la continuité en x0
On étudie la dérivabilité en x0
Exemple xy0 − y = x2 ex
On cherche un réel r pour que y = erx soit solution. On a y0 = rerx et y” = r2 erx , léquation différen-
tielle devient donc (ar2 + br + c)erx = 0, ce qui revient,
ar2 + br + c = 0
Cette équation s’appelle équation caractéristique de l’équation différentielle. La forme des solutions
de l’équation différentielle dépend du discriminant ∆ = b2 − 4ac.
44 Chapitre 4. Équations différentielles
Démonstration
1. Pour ∆ > 0, on a deux racines r1 et r2 et par construction de ces deux racines on a er1 x et
er2 x sont deux solutions de SSM. Donc, par linéarité de la dérivée on a λ1 er1 x + λ2 er2 x est
solution de SSM.
Inversement, soit y solution de SSM. On pose z = ye−r1 x , donc y = zer1 x , y0 = z0 er1 x + r1 zer1 x
et y” = z”er1 x + z0 r1 er1 x + r1 z0 er1 x + r12 zer1 x . En remarquant que
2. Delta = 0, on a une racine double r. Donc erx est solution de SSM, et par linéarité de
la dérivée on a λ erx , λ ∈ R est solution de SSM. On considère z tel que y = zerx , donc
y0 = z0 erx + zrerx et y” = z”erx + z0 rerx + z0 rerx + zr2 erx . En remarquant que
z”erx = 0
Démonstration
On aura alors,
y” − 4y0 + 4y = 0. (E0 )
S0 = x 7→ (αx + β )e2x , α, β ∈ R
x4 x2 2x
yp = ( − )e
12 2
— Conclusion :
Les solutions de l’équation (E) sont
S = {x 7→ }