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Les effets de commerce
Les règlements par effets de commerce sont très fréquents
dans le monde des affaires. Ils ont l’avantage d’être à la fois des
instruments de paiement et des instruments de mobilisation des
créances. Ils diffèrent ainsi du chèque qui est un simple instrument
de paiement. Lorsque le règlement est au comptant, l’entreprise règle
en espèces, par chèque ou par ordre de virement bancaire ou postal.
Par contre lorsqu’il est à terme (30, 60 ou 90 jours) l’entreprise
utilise souvent l’effet de commerce.
L’effet de commerce est, ainsi, un titre qui constate la créance
du créancier. Il peut circuler jusqu’à son échéance, c’est à dire
jusqu’à la date où il doit être réglé ; il peut être négocié en banque
(remis à l’escompte), c’est à dire encaissé avant l’échéance moyennant
des intérêts et des commissions (Agio) rémunérant les services de la
banque.
La création des effets de commerce :
L’effet de commerce le plus courant prend la forme d’une lettre
de change. L’autre variété de l’effet de commerce est appelée billet
a ordre.
1- La création de la lettre de change : L.C.
La lettre de change ou traite est un écrit crée à l’initiative du
créancier ; on dit que le créancier tire une traite sur son débiteur.
Ainsi, le créancier est appelé le tireur, alors que le débiteur est
appelé le tiré.
Le tireur, par le biais de la L.C, donne l’ordre au tiré de payer la
somme due à l’échéance convenue au profit du bénéficiaire mentionné
sur la traite.
La lettre de change établit, de cette manière, une relation
entre trois personnes :
-Le tireur : c’est le créancier qui a crée la traite ;
-Le tiré : c’est le débiteur qui doit payer la somme due à
l’échéance ;
-Le bénéficiaire : c’est la personne qui recevra la somme due à
l’échéance.
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Fréquemment, le bénéficiaire n’est autre que le tireur lui-même.
Ce dernier se désigne comme étant le bénéficiaire. Dans ce cas le
titre met en relation deux personnes seulement, le tireur-
bénéficiaire et le tiré.
2-La création du billet à ordre : B.O
Contrairement à la lettre de change qui émane du créancier, le
billet à émane du débiteur .il est un écrit par lequel le souscripteur
(débiteur) s’engage à payer à l’échéance la somme qu’il doit à son
créancier.
Le billet à ordre est un titre qui lie deux personnes :
- le souscripteur : c’est le débiteur qui s’engage à payer à
l’échéance.
- Le bénéficiaire : c’est le créancier qui recevra la somme due
à l’échéance.
Deux comptes :
• Chez le tiré (client): 4415 FRS effets à payer
• Chez le tireur bénéficiaire (FRS): 3425 Client effets à
recevoir
3- La Comptabilisation des effets de commerce :
Application 01 : cas ou le tireur est lui-même le bénéficiaire (les
jours différés)
Le 03.05 : l’entreprise TSGE vend des biens produits à son client
TAZA CONFES (entreprise industrielle), facture n : 131, montant
HT : 4500 DH, TVA 20%.
Le 06.05 : elle tire en de la facture n : 131, la traite n : 465 à fin de
juillet, sur TAZA CONFES.
Le 10.05 : TAZA CONFES reçoit et accepte la LC n : 465.
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Application 02 : cas ou le tireur est lui-même le bénéficiaire (le
même jour)
Le 15.06 : TAZA NET vend des biens produits à son client CONFES
(matières premières), facture n : 112, montant 3200 DH HT
TVA20%, et tire la traite n : 10 au 15.07 en règlement de la facture
n : 112, CONFES la reçoit et l’accepte le même jour.
Application 03 : cas ou le tireur est différent du bénéficiaire
L’entreprise FARAH doit à son Fournisseur SOUAD la somme de
74000 DH à fin juillet, et elle a une créance du même montant et à la
même date échéance sur son client YOUSSRA.
Le 30.05 : elle tire la LC n : 20 du montant de la créance à fin juillet
sur YOUSSRA à l’ordre de SOUAD.
Le 31.05 : YOUSSRA reçoit, accepte et domicilie la traite n : 20 à sa
banque BMCI.
Le 01.06 : FARAH reçoit la traite acceptée et domiciliée et l’envoi à
SOUAD.
Le 02.06 : SOUAD reçoit la LC n : 20 sur YOUSSRA.
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La circulation des effets de commerce :
Les effets de commerce, une fois crées, peuvent être endossés
au profit des tiers, remis à l’escompte (négociés) ou conservés
jusqu’à leur encaissement.
1- L’endossement des effets de commerce à l’ordre des tiers
créanciers :
Application 01 : cas ou l’échéance de l’effet endossé coïncide avec
celle de la dette réglée
Le 08.06 : EL FKHARI endosse la traite n 116 tirée sur EL AMRAOUI
d’un montant de 2350 DH à fin juillet, à l’ordre de son fournisseur EL
MERCY en règlement partiel d’une dette de 4000 DH.
Application 02 : cas ou l’échéance de l’effet endossé est
postérieure à celle de la dette réglée
Le 10.03 : l’entreprise OUFRID endosse la traite n 23 d’un montant
de 5950 DH échéant le 30.05, à l’ordre de son Fournisseur KEJJI en
règlement d’une dette payable le 30.04. il est convenu entre les deux
parties d’appliquer un taux d’intérêt annuel de 12% pour le calcul des
intérêts de retard.
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Application 03 : cas ou l’échéance de l’effet endossé est antérieure
à celle de la dette réglée
Le 14.02 : l’entreprise EL ADLI endosse la traite n 10 d’un montant
de 1785 DH sur IBRAHIM, échéant le 31.03, à l’ordre de son
Fournisseur BENAAZZA en règlement d’une dette payable le 15.05.
BENAAZZA accepte de payer un intérêt au taux de 12% l’an.
2- La remise à l’escompte des effets de commerce :
La remise à l’escompte (ou négociation) de l’effet est une opération
qui consiste à céder un effet à un établissement financier (banque….)
avant l’échéance, moyennant un agio.
Cette opération permet au bénéficiaire de recevoir la valeur nominale
diminuée du montant de l’agio. Ce dernier comprend :
L’escompte : calculé sur le montant de l’effet (valeur nominale VN)
en fonction de nombre de jours séparant la date de remise à
l’escompte et la date d’échéance de la traite en appliquant un taux
d’intérêt (ou taux d’escompte) :
e= VN*n*t/100 (n en mois)
ou e= VN*n*t/100 (n en jours)
e : escompte
n : durée en jours ou en mois
t : taux d’escompte
Les différentes commissions : prélevées par la banque
Et la TVA au taux de 10% sur l’agio hors taxe (escompte+commission)
Application 01 : la remise à l’escompte des effets de commerce
Le 01.02 : l’entreprise EL MOUTAOUAKIL ayant besoin d’argent
liquide, négocie chez sa banque BMCE 03 effets de commerce (LC
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n23, 24 et 25) échéant à fin mars, le montant global des effets
s’élève à 85000 DH.
La BMCE remet à EL MOUTAOUAKIL le bordereau de remise à
l’escompte n 47.
Le 05.02 : l’entreprise EL MOUTAOUAKIL reçoit le bordereau
d’escompte n 57 dont voici les détails :
Bordereau d’escompte n 57
Montant des effets 85000 DH
Commissions : 600 DH
Taux d’escompte 12%
TVA sur agio : 10%
3- La remise à l’encaissement des effets de commerce :
Application 01 : la remise l’effet pour l’encaissement
Le 21.06 : EL FKHARI endosse pour encaissement à l’ordre de son
banquier BMCE la traite n 25 de 4970 DH tirée sur AGRID à fin juin,
domiciliée à la banque du tiré BP, la BMCE lui remet le bordereau de
remise à l’encaissement n 44.
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4- Le règlement des effets de commerce :
Application 01 : l’encaissement des effets domiciliés
Le 02.07 : EL FKHARI reçoit l’avis de crédit n 322 de la BMCE
relatif à l’encaissement de la traite n 25 DH HT, et la TVA au taux
de 10%
Application 02 : l’encaissement directe
Le 18.03 : NADA tire sur son client FATIMA la traite n 44 (non
domiciliée) de 3500 DH au 30 juin.
Le 30.06 : NADA encaisse en espèce au domicile de son client
FATIMA la traite n 44
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Les incidents relatifs aux effets de commerce :
A l’échéance, le tiré (ou souscripteur) peut être incapable d’honorer
son engagement par le règlement des effets de commerce. Plusieurs
solutions sont envisagées dans ce cas, selon que les effets sont
encore en possession du bénéficiaire ou bien qu’ils ont été endossés à
l’ordre de tiers créanciers, négociés ou remis à l’encaissement.
Application 01 : le renouvellement de l’effet (l’effet est encore en
possession du tireur)
Le 20.05 : NADIA prévient son fournisseur CHAIMAE qu’elle ne
pourra pas payer, à l’échéance du 30 mai la traite n 35 de 7000 DH,
elle demande un report d’échéance à fin juillet. CHAIMAE accepte,
le 21 mai, et lui adresse, le 22.05, la nouvelle traite n 67 à fin juillet
pour acceptation, compte tenu des intérêts de retard de 140 DH.
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Application 02 : le renouvellement de l’effet (l’effet n’est pas en
possession du tireur mais il est récupérable)
Le 15.04 : SOUAD prévient son fournisseur RACHIDA, qu’elle ne
pourra pas payer, à l’échéance de fin avril, la traite n 76 de 2000 DH.
Elle sollicite un report d’échéance à fin juin. RACHIDA donne son
accord le 19.04, à SOUAD.
Le 19.04 : RACHIDA réclame l’effet n 76 tiré sur SOUAD à la
banque qui le détient pour encaissement, frais de retour 3 DH HT
TVA 10%.
Le 21.04 : RACHIDA adresse à SOUAD une nouvelle traite n 80 pour
acceptation, compte tenu des intérêts de retard de 25 DH et des
frais bancaire de 3,30 DH TTC.
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Application 03 : Avance des fonds
Le 25.05 : HAJAR avise son fournisseur DONYA, qu’elle ne pourra
pas payer la traite n 33 domiciliée de 1600 DH au 31.05. Elle
demande une prorogation de l’échéance à fin juillet. L’effet en
circulation ne peut être réclamé. Le fournisseur DONYA avance
1600 DH par virement bancaire à son client, le 27.05, elle tire sur lui
une nouvelle traite n 35 à fin juillet d’un nominal égal au principal
majoré des intérêts de retard sur deux mois de 32 DH, le 29.05 :
l’effet n 35 est accepté par HAJAR.
Application 04 : Les effets impayés
YASSINE présente, le 30.04, au tiré SAID la traite n 22 (non
domiciliée) de 2000 DH arrivée à l’échéance. SAID refuse de payer,
YASSINE dresse un protêt faute de paiement dont le cout est de 40
DH, payé en espéce.
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