Université P.
Sabatier 2022
“UE - Ensembles 1”
Feuille 1 — Logique et raisonnements
Négation
Exercice 1.
Écrire la négation des propositions suivantes :
1. Toutes les voitures rapides sont rouges ;
2. Il existe un mouton écossais dont au moins un côté est noir ;
3. Pour tout > 0, il existe q ∈ Q∗+ tel que 0 < q < ;
4. Pour tout x ∈ R, on a x2 < 0.
Solution :
1. Il existe au moins une voiture rapide qui n’est pas rouges ;
2. Les moutons écossais n’ont aucun côté noir ;
3. Il existe > 0 tel que, pour tout q ∈ Q∗+ , ≤ q ;
4. Il existe x ∈ R tel que x2 ≥ 0.
Exercice 2. Énoncer la négation des assertions suivantes :
1. Tout triangle rectangle possède un angle droit ;
2. Dans toutes les prisons tous les détenus détestent tous les gardiens ;
3. Pour tout entier x il existe un entier y tel que, pour tout entier z, la relation z < y implique la
relation z < x + 1.
Solution :
1. Il existe au moins un triangle rectangle qui ne possède pas d’angle droit.
2. Il existe au moins une prison dans laquelle au moins un des détenus ne déteste pas au moins un des
gardiens.
3. Il existe un entier x tel que, pour tout entier y, il existe un entier z tel que z < y et z ≥ x + 1.
Exercice 3. Soit P, Q, R des propositions. Dans chacun des cas suivants, les propositions citées sont-
elles la négation l’une de l’autre ?
1. (P et Q) vs (non P et non Q) ;
2. (P ⇒ Q) vs ((non Q) ⇒ (non P )) ;
3. (P ou Q) vs (P et Q).
Solution :
Soit P, Q, R des propositions. Dans chacun des cas suivants, les propositions citées sont-elles la
négation l’une de l’autre ?
1. Non : si P est vraie et Q fausse, les deux sont fausses.
non(P et Q) est (non P ou non Q) ; non (non P et non Q) est (P ou Q) ;
2. Non, ce sont des propositions équivalentes.
non(P ⇒ Q) est (P et (non Q)) ;
3. Non, si P et Q sont vraies, les deux propositions sont vraies.
non (P ou Q) est (non P et non Q) ; non (P et Q) est (non P ou non Q).
Exercice 4. Soit a, b, c des réels. Écrire la négation des propositions suivantes :
1. a ≤ −2 ou a ≤ 3 ;
2. a ≤ 5 et a > −1 ;
3. a ≤ 5 ou 3 > c.
Solution :
1. a > −2 et a > 3 (ou encore a > 3) ;
2. a > 5 ou a ≤ −1 ;
3. a > 5 et 3 ≤ c.
Connecteurs et logique
Exercice 5. On note p : “les chiens aboient” et q : “la caravane passe”. Traduisez les propositions
suivantes en langage propositionnel
1. Si la caravane passe, alors les chiens aboient ;
2. Les chiens n’aboient pas ;
3. La caravane ne passe pas ou les chiens aboient ;
4. Les chiens n’aboient pas et la caravane ne passe pas.
Solution :
1. q ⇒ p (Si q, alors p) ;
2. ¬p (non p) ;
3. ¬q ∨ p (p ou non q) ;
4. ¬q ∧ ¬p ( non p et non q).
Exercice 6. Dans chaque exemple, y a-t-il équivalence entre la proposition A et la proposition B ?
Donner l’implication vraie, s’il y en a une.
1. Proposition A : Pour toute porte, il existe une clé qui ouvre la porte.
Proposition B : Il existe une clé qui ouvre toutes les portes.
2. Proposition A : ∀x ∈ R, ∃y ∈ R, y < x.
Proposition B : ∃y ∈ R, ∀x ∈ R, y < x.
Solution :
1. Les deux propositions ne sont pas équivalentes (dans B, c’est la même clé pour toutes les portes,
alors que dans A, on peut avoir des clés différentes pour différentes portes). On a B ⇒ A
2. Les deux propositions ne sont pas équivalentes (dans le second cas, le même y doit convenir pour
tous les x en même temps, alors que dans le premier, on peut choisir un y différent pour chaque x).
On a B ⇒ A. Remarque : A est toujours vraie, B est toujours fausse.
Proposition B : ∃y ∈ R, ∀x ∈ R, y < x.
Exercice 7. On dit que ”P ou exclusif Q” est vrai si soit P soit Q est vrai mais pas les deux en même
temps. Écrire la table de vérité du ”ou exclusif”.
Solution :
P V V F F
Q V F V F
P ou exclusif Q F V V F
Exercice 8. En interprétant p par ”je pars”, q par ”tu restes” et r par ”il n’y a personne”, traduisez
les formules logiques suivantes en phrases du langage naturel :
1. (p et (non q)) ⇒ r
2. ((non p) ou (non q)) ⇒ (non r)
Solution :
1. Si je pars et que tu ne restes pas alors il n’y a personne.
2. Si je ne pars pas ou que tu ne restes pas alors il y aura quelqu’un.
Quantificateurs
Exercice 9. Écrire à l’aide de quantificateurs les propositions suivantes :
1. Le carré de tout réel est positif.
2. Certains réels sont strictement supérieurs à leur carré.
3. Aucun entier naturel n’est supérieur à tous les autres.
4. Tous les réels ne sont pas des quotients d’entiers relatifs.
5. Il n’existe pas d’entier naturel qui soit multiple de tous les autres.
6. Entre deux réels distincts, il existe un rationnel.
7. Étant donné trois réels, il y en a au moins deux de même signe.
Solution :
1. ∀x ∈ R, x2 ≥ 0.
2. ∃x ∈ R, x2 < x.
3. ∀n ∈ N, ∃m ∈ N, n < m.
4. ∃x ∈ R, ∀p ∈ Z, ∀q ∈ Z∗ , x 6= pq .
5. ∀n ∈ N, ∃p ∈ N, ∀r ∈ N, n 6= pr.
6. ∀x, y ∈ R, ∃q ∈ Q, x < q < y ∨ y < q < x.
7. ∀x, y, z ∈ R, xy ≥ 0 ∨ xz ≥ 0 ∨ yz ≥ 0.
Exercice 10. Qu’en est-il si on intervertit les quantificateurs ”∀n ∈ N” et ”∃m ∈ N” dans les proposi-
tions suivantes (justifier proprement votre réponse) :
1. ∀n ∈ N, ∃m ∈ N, n ≤ m ;
2. ∀n ∈ N, ∃m ∈ N, n ≥ m.
Solution :
1. ∀n ∈ N, ∃m ∈ N, n ≤ m signifie que pour tout entier naturel donné, on peut trouver une entier
naturel plus grand (au sens large). Cette proposition est vraie (il suffit de prendre m = n).
∃m ∈ N, ∀n ∈ N, n ≤ m signifie qu’il existe un entier plus grand que tous les autres. Cette
proposition est fausse (il suffit de prendre n = m + 1).
2. ∀n ∈ N, ∃m ∈ N, n ≥ m signifie que pour tout entier naturel donné, on peut trouver une entier
naturel plus petit (au sens large). Cette proposition est vraie (il suffit de prendre m = 0).
∃m ∈ N, ∀n ∈ N, n2 ≥ m signifie qu’il existe un entier naturel plus petit tous les autres (au sens
large). Cette proposition est vraie (il suffit de prendre m = 0).
Exercice 11. Un ensemble A ⊂ R est dit ouvert si la propriété suivante est vérifiée :
∀x ∈ A, ∃ > 0, ]x − , x + [⊂ A
1. Montrer que ]0, 1[ est un ouvert de R.
2. Montrer que [0, 1[ n’est pas un ouvert de R.
3. Quels sont les ensembles A ⊂ R qui vérifient la définition ci-dessus après interversion des quan-
tificateurs ”∀x ∈ A” et ”∃ > 0” ?
Solution :
1. Soit x ∈]0, 1[. On pose = min(x/2, (1 − x)/2). Alors, < x/2 donc x − > x − x/2 = x/2 > 0
et x + < x + (1 − x)/2 = (1 + x)/2 < 1 donc ]x − , x + [⊂]0, 1[. On a montré que ]0, 1[ est
ouvert.
2. [0, 1[ n’est pas un ouvert de R. On montre que l’affirmation est fausse pour x = 0. 0 ∈ [0, 1[ et
∀ > 0, −/2 ∈] − , [ et −/2 6∈ [0, 1[, soit ∀ > 0, ] − , [6⊂ [0, 1[.
3. La propriété devient
∃ > 0, ∀x ∈ A, ]x − , x + [⊂ A
Montrons que les seules parties A de R qui vérifient ∃ > 0, ∀x ∈ A, ]x − , x + [⊂ A sont A = ∅
et A = R.
Condition suffisante : ces deux parties conviennent clairement.
Condition nécessaire : Soit A une partie satisfaisant la condition. Supposons A 6= ∅ et A 6= R. Soit
alors x0 ∈ A et y ∈ R \ A.
Commençons par montrer que tous les réels xk = x0 ± k 2 , pour k ∈ Z, sont dans A.
Pour n ∈ N, notons Pn l’affirmation “xn ∈ A et x−n ∈ A”.
• P0 est vraie.
• Soit n ∈ N tel que Pn soit vraie. Alors xn+1 = xn + 2 , donc |xn+1 − xn | < , donc xn+1 ∈
]xn − , xn + [⊂ A donc xn+1 ∈ A.
De même, x−(n+1) = x−n − 2 , donc |x−(n+1) − x−n | < , donc x−(n+1) ∈]x−n − , x−n + [⊂ A
donc x−(n+1) ∈ A.
Donc Pn+1 est vraie.
Par récurrence, on a montré que ∀n ∈ N, x±n ∈ A.
Montrons maintenant que y ∈ A ce qui fournira une contradiction.
Il existe un entier k ∈ Z tel que x0 + k 2 ≤ y < x0 + (k + 1) 2 . Cela signifie que 0 ≤ y − xk < .
En particulier y ∈]xk − , xk + [⊂ A, donc y ∈ A, ce qui est absurde.
Donc nécessairement, A = ∅ ou A = R.
Raisonnements
Exercice 12. Démontrer les énoncés suivants par récurrence (éventuellement forte) :
1. Pour tout naturel n, on a nk=0 2k = 2n+1 − 1
P
2. Pour tout entier naturel n, on a nk=0 k = n(n+1)
P
2 .
Pn 2 n(n+1)(2n+1)
3. Pour tout entier naturel n, on a k=0 k = 6 .
2
Pn 3 n(n+1)
4. Pour tout entier naturel n, on a k=0 k = 2
5. Pour tout entier naturel n, 10n − (−1)n est divisible par 11.
Solution :
1. Notons Pn l’affirmation nk=0 2k = 2n+1 − 1.
P
Si n = 0, 0k=0 2k = 1 = 2 − 1 = 20+1 − 1. P0 est vraie.
P
Soit n ∈ N un entier tel que Pn est vraie.
Pn k n+1 − 1 donc
Pn+1 k Pn k n+1 = 2n+1 − 1 + 2n+1 = 2 · 2n+1 − 1 = 2n+2 − 1
k=0 2 = 2 k=0 2 = k=0 2 + 2
donc Pn+1 est vraie.
On a montré par récurrence que la propriété est vraie pour tout n ∈ N.
2. Notons Pn l’affirmation nk=0 k = n(n+1)
P
2 .
Si n = 0, 0k=0 k = 0 = 0(0+1)
P
2 . P0 est vraie.
Pn n(n+1)
Soit n ∈ N un entier tel que Pn est vraie. k=0 k = 2 donc
Pn+1 Pn n(n+1)
+ n + 1 = (n + 1) n2 + 1 = (n + 1) n+2
k=0 k = k=0 k + n + 1 = 2 2 donc Pn+1 est vraie.
On a montré par récurrence que la propriété est vraie pour tout n ∈ N.
3. Notons Pn l’affirmation nk=0 k 2 = n(n+1)(2n+1)
P
6 .
Si n = 0, k=0 k 2 = 0 = 0(0+1)(2·0+1)
P0
2 . P0 est vraie.
Soit n ∈ N un entier tel que Pn est vraie. nk=0 k 2 = n(n+1)(2n+1)
P
6 donc
2 + (n + 1)2 = n(n+1)(2n+1) + (n + 1)2 = (n + 1) n(2n+1) + n + 1
Pn+1 2 Pn
k=0 k = k=0 k 6 6
2 +7n+6
= (n + 1) 2n 2 = (n + 1) (2n+3)(n+2)
6 donc Pn+1 est vraie.
On a montré par récurrence que la propriété est vraie pour tout n ∈ N.
2
4. Notons Pn l’affirmation nk=0 k 3 = n(n+1)
P
2 .
2
Si n = 0, 0k=0 k 3 = 0 = 0(0+1)
P
2 . P0 est vraie.
2
3 = n(n+1)
Pn
Soit n ∈ N un entier tel que Pn est vraie. k=0 k 2 donc
2 2
n(n+1) 2 n2 + n + 1 = (n + 1)2 n +4n+4) =
Pn+1 3 Pn 3 + (n + 1)3 =
k=0 k = k=0 k 2 = (n + 1) 4 2
2
(n + 1)2 (n+2)
4 donc Pn+1 est vraie.
On a montré par récurrence que la propriété est vraie pour tout n ∈ N.
5. Notons Pn l’affirmation 10n − (−1)n = 1 − 1 = 0 est divisible par 11.
Si n = 0, 100 − (−1)0 = 1 − 1 = 0 est divisible par 11. Le résultat est vrai. Supposons la
propriété vraie au rang n ∈ N. 10n+1 − (−1)n+1 = 10 · (10n − (−1)n ) + (−1)n · 10 − (−1)n+1 =
10 · (10n − (−1)n ) + (−1)n · 11 est donc divisible par 11 comme somme de deux nombres divisibles
par 11 donc Pn+1 est vraie.
On a montré par récurrence que la propriété est vraie pour tout n ∈ N.
Exercice 13. 1. Partager un carré en 4 carrés, puis en 6, 7, 8, 9 et 10 carrés.
2. Démontrer à l’aide d’un raisonnement par récurrence (de 3 en 3) que tout carré peut être partagé
en n carrés, pour tout entier n ≥ 6.
Remarque : On peut montrer qu’il est impossible de partager un carré en 3 ou 5 carrés. Pour cela,
il est conseillé de considérer les carrés qui touchent les coins du grand carré.
Solution :
4 6 7 8 9 10
1.
2. Soit Pn l’affirmation “Il est possible de partager un carré en 3n,3n + 1,et 3n + 2 carrés”.
• P2 est vraie
• Soit n un entier tel que Pn soit vraie.
Remarquons que si on dispose d’un découpage en N carrés, en coupant en 4 un des carrés de
ce découpage, on obtient un découpage en N + 4 − 1 = N + 3 carrés.
En appliquant cela aux découpages en 3n, 3n+1, et 3n+2 fournis par l’hypothèse de récurrence,
on obtient des découpages en 3(n + 1), 3(n + 1) + 1, et 3(n + 1) + 2.
Pn+1 est donc vraie.
La propriété est donc vraie pour tout n ≥ 2.
Exercice 14. En utilisant un raisonnement par l’absurde, démontrer que :
1. La somme et le produit d’un nombre rationnel (non nul pour le cas du produit) et d’un nombre
irrationnel sont des nombres irrationnels.
2. La racine carré d’un nombre irrationnel positif est un nombre irrationnel.
3. Un rectangle a pour aire 170m2 . Montrer que sa longueur est supérieure à 13m.
4. Démontrer par un raisonnement par l’absurde la proposition suivante : ” Si n est le carré d’un
nombre entier non nul alors 2n n’est pas le carré d’un nombre entier”.
√
5. 2 est un nombre irrationnel (écrire 2 sous forme d’une fraction irréductible pq puis discuter la
parité de p et q).
Solution :
1. Soit q ∈ Q et x ∈ R \ Q. Supposons que q + x ∈ Q. Alors x = q + x − q ∈ Q ce qui est contraire à
l’hypothèse donc q + x 6∈ Q.
Soit q ∈ Q et x ∈ R \ Q. Supposons que q · x ∈ Q. Alors x = q · x · 1q ∈ Q ce qui est contraire à
l’hypothèse donc q · x 6∈ Q
√ √ √ √
2. Soit x ∈ R+ \ Q. Si x ∈ Q alors x = x · x ∈ Q ce qui est contraire à l’hypothèse donc x 6∈ Q.
3. Supposons que la plus grande longueur L soit inférieure à 13m. Alors sa largeur ` vérifie 0 ≤ ` ≤
L ≤ 13m. Son aire S vérifie alors 170 = S = L × ` ≤ 132 = 169 donc 169 ≥ 170 ce qui est faux.
On en déduit que L > 13m.
4. Soit n = k 2 un carré d’entier, et supposons que 2n soit aussi un carré. Notons 2n = p2 . Alors
2 √ √
2 = kp2 , donc 2 = |p| |q| . Ceci est faux, car 2 n’est pas rationnel (cf ci-dessous). On en déduit que
2n n’est pas un carré.
√
5. Supposons
√ que 2 soit rationnel. Alors, il existe p, q ∈ N, avec q 6= 0 et pgcd(p, q) = 1 tels que
2 = pq . Alors 2q 2 = p2 , donc 2|p2 , donc 2|p. Notons p = 2p0 . On en déduit que p2 = 4p02 . De
2q 2 = p2 , on déduit alors q 2 = 2p02 , et donc que 2|q. Ainsi 2 divise p et q et p et q ne sont donc pas
premiers entre eux ; ce qui contredit notre hypothèse.
√
On en déduit que 2 est irrationnel.
Exercice 15. A l’aide d’un raisonnement par contraposée, démontrer que :
1. Si n ∈ N est un entier tel que n2 est impair alors n est impair.
2. Soit a un réel. Si ∀ > 0 on a a ≤ , alors a ≤ 0.
3. Soit a un réel. Si a2 n’est pas un multiple entier de 16, alors a/2 n’est pas un entier pair.
Solution :
1. . La contraposée est : Si n est pair, alors n2 est pair. Montrons cette contraposée. Si n est pair,
alors, il existe un entier p tel que n = 2p. On en déduit que n2 = 4p2 = 2 · 2p2 avec 2p2 un entier
donc n2 est pair.
2. La contraposée est : Soit a un réel. Si a > 0 alors ∃ ∈ R tel que a > > 0. Cette proposition est
trivialement vérifiée (il suffit de prendre = a/2).
3. La contraposée est : Soit a un réel. Si a/2 est un entier pair alors a2 est pas un multiple entier de
16. Montrons cette contraposée. Si a/2 est pair, alors, il existe un entier p tel que a/2 = 2p soit
a = 4p. On en déduit que a2 = 42 p2 = 16 · p2 avec p2 un entier donc a2 est bien un multiple de 16.
√
Exercice 16. On veut déterminer les solutions réelles de l’équation x = 2 − x.
1. Raisonnement par conditions nécessaire et condition suffisante :
(a) On suppose que x est une solution. Montrer que x est une solution de l’équation x2 +x−2 =
0. En déduire que x ∈ {1, −2}.
(b) La condition x ∈ {1, −2} est-elle suffisante pour assurer que x est une solution du problème
initial ? Donner les solutions de l’équation initiale en rédigeant une démonstration.
2. Reprendre la rédaction de la résolution de cette équation en procédant par équivalences succes-
sives.
Solution :
√
x ∈ R, avec x < 2 pour que l’écriture 2 − x ait un sens. Supposons que x vérifie
1. (a) Soit √
x = 2 − x.
√
x = 2 − x ⇒ x2 = 2 − x ⇒ x2 + x − 2 = 0 ⇒ (x + 2)(x − 1) = 0 ⇒ x ∈ {1, −2}.
(b) Comme on a raisonné par implication, la condition x ∈ {1, −2} est nécessaire mais on ne sait
pas encore si elle est
√ suffisante. On a montré que les solutions
p sont à chercher dans l’ensemble
{1, −2}. Or 1 = 2 − 1 donc 1 est solution mais −2 6= 2 − (−2) = 4 donc −2 n’est pas
solution. On en déduit que S = {1}.
2.
√
x= 2 − x ⇔ x ≥ 0 et x2 = 2 − x ⇔ x ≥ 0 et x2 + x − 2 = 0 ⇔ x ≥ 0 et (x + 2)(x − 1) = 0
⇔ x ≥ 0 et x ∈ {1, −2} ⇔ x ≥ 0 et x ∈ {1}.
L’équation initiale a donc une unique solution qui est 1.
Exercice 17. Le but de cet exercice est de démontrer la proposition P suivante pour n ∈ N avec n ≥ 2 :
P = “l’entier (n2 − 1) n’est pas divisible par 8, si et seulement si n est pair”.
1. En supposant que n est pair, montrer que (n2 − 1) n’est pas multiple de 8.
2. En supposant que n est impair, montrer que (n2 − 1) est multiple de 8.
3. A-t-on montré la proposition ?
Solution :
1. Notons n = 2p. Alors n2 − 1 = 4p2 − 1. Ainsi, n2 − 1 est impair, et ne peut donc pas être multiple
de 8.
2. Notons n = 2p + 1. Alors n2 − 1 = 4p2 + 4p = 4p(p + 1). Ainsi, si p est pair, alors n2 − 1 est
multiple de 8. Si p est impair, alors p + 1 est pair, et n2 − 1 est encore multiple de 8
3. Oui, en raisonnant par double implications. Remarque : raisonner par équivalences successives est
possible mais ne serait pas très confortable ici.
Exercice 18. 1. Énoncer précisément le théorème de Thalès.
2. Énoncer précisément la réciproque du théorème de Thalès.
3. Énoncer précisément la contraposée du théorème de Thalès.
Solution :
1. On considère un triangle (A, B, C) et un droite qui coupe les cotés (AB) en B 0 et (AC) en C 0 . Si
AB AC
la droite est parallèle au côté (BC), alors les proprtions AB 0
et AC 0
sont les mêmes.
2. On considère un triangle (A, B, C) et un droite qui coupe les cotés (AB) en B 0 et (AC) en C 0 . Si
AB AC
les proportions AB 0
et AC 0
sont les mêmes, alors la droite est parallèle au côté (BC).
3. On considère un triangle (A, B, C) et un droite qui coupe les cotés (AB) en B 0 et (AC) en C 0 . Si
AB AC
les proportions AB 0
et AC 0
ne sont pas les mêmes, alors la droite n’est pas parallèle au côté (BC).
Exercice 19. Soit n un entier naturel. On se donne n + 1 réels x0 , x1 , . . . , xn vérifiant: 0 < x0 ≤ · · · ≤
xn < 1. On veut démontrer par l’absurde la proposition P suivante :
P : Il y a deux de ces réels qui sont distants de moins de 1/n
1. Écrire à l’aide de quantificateurs et des valeurs xi − xi−1 une formule logique équivalente à la
proposition.
2. Écrire la négation de cette formule logique.
3. Rédiger une démonstration par l’absurde de la propriété.
Solution :
1. La proposition donnée s’écrit
1
∃i, j ∈ {0, . . . , n}, i < j et xj − xi < .
n
Par ailleurs, si i < j, on a xj − xj−1 ≤ xj − xi , donc cette proposition est équivalente à
1
∃i ∈ {1, . . . , n}, xi − xi−1 < .
n
2.
1
∀i ∈ {1, . . . , n}, xi − xi−1 ≥ .
n
3. Supposons l’affirmation fausse. Alors ∀i ∈ {1, . . . , n}, xi − xi−1 ≥ n1 . Or xn − x0 = nj=1 xj − xj−1 ,
P
donc xn − x0 ≥ nj=1 n1 = 1. Or 0 < x0 ≤ xn < 1 donc xn − x0 < 1, ce qui est une contradiction.
P
On en déduit que l’affirmation proposée est vraie.
Exercice 20. Déterminer les raisonnements qui sont logiquement valides.
1. Tous les élèves sont charmants, or Édouard est charmant, donc Édouard est un élève.
2. Édouard est un élève, or tous les élèves sont charmants, donc Édouard est charmant.
3. Aucun élève n’est charmant, or Édouard n’est pas charmant, donc Édouard est un élève.
4. Aucun élève n’est charmant, or Édouard est un élève, donc il n’est pas charmant.
5. La plupart des élèves s’appellent Édouard, or tous les Édouard sont charmants, donc certains
élèves sont charmants.
6. Tous les élèves s’appellent Édouard, or certains Édouard ne sont pas charmants, donc certains
élèves sont charmants
Solution :
1. Non valide.
2. Valide.
3. Non valide
4. Valide
5. Valide (en admettant les prémices!)
6. Non valide.