Tərcümə Materiallar 2022-1
Tərcümə Materiallar 2022-1
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25. La traduction de la presse française : « Les bonnes intentions de Macron contre le
handicap». Le Figaro
26. La traduction de la presse française : « Proche-Orient : Paris insiste sur une solution à
deux États «en conformité avec le droit international ». Le Figaro
27. La traduction de la presse française : « Retrait du prince Harry : la princesse Anne
récupère l'un de ses titres et marque l'histoire ». Closermag
28. La traduction de la presse française : « Le vaccin peut-il mettre fin à l'épidémie de Covid-
19 ? ». Le Monde
29. Révision.
30. Évaluation.
Traduction
Introduction
Définition
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certain degré d'équivalence, bien que le concept d'équivalence stricte entre les
langues soit désormais dépassé en traductologie. Le concept de traduction repose
depuis longtemps sur des dichotomies telles que « fidélité » versus « liberté »,
« fidélité à la lettre » versus « fidélité à l'esprit », « traduction sourcière » versus
« traduction cibliste », etc.
La traduction tient compte d'un certain nombre de contraintes (contexte,
grammaire, etc.), afin de le rendre compréhensible pour des personnes n'ayant pas
de connaissance de la langue source et n'ayant pas la même culture ou le même
bagage de connaissances[]. Traduire implique maîtriser la langue source mais aussi
la langue cible (ou destinataire), qui est généralement la langue maternelle. Le bon
traducteur possède plus que des compétences linguistiques : il a quelque chose de
l'écrivain, de l'analyste voire du journaliste, etc. Pour traduire la littérature
scientifique et technique, il doit parfois aussi posséder de solides compétences
techniques et maîtriser les jargons techniques dans les deux langues.
La traduction littéraire et juridique est encore essentiellement humaine, mais
des outils informatiques de traduction traduction automatique apparaissent
(traduction assistée par ordinateur).
La discipline qui s'intéresse à la traduction se nomme la traductologie
(anglais translation studies). La traductologie, en tant que science, étudie le
processus cognitif et les processus linguistiques inhérents à toute reproduction
(traduction) orale, écrite ou gestuelle, vers un langage, de l'expression d'une idée
provenant d'un autre langage (signes vocaux (parole), graphiques (écriture) ou
gestuels
La traduction en didactique
Le rôle de la traduction
Victor Hugo, l'un des plus grands poètes et écrivains français de tous les temps,
est né le 26 février 1802 à Besançon en France. Poète, romancier et dramaturge,
Victor Hugo est sans conteste l'un des géants de la littérature française. Les
romans les plus connus de Victor Hugo sont "Notre-Dame de Paris" (1831) et
"Les Miserables" (1862). L'auteur des Misérables, des Châtiments et
de nombreux poèmes a allié à la fois ambition, longévité, puissance de travail et
génie. Il écrivait avec simplicité et puissance les bonheurs et malheurs de la vie.
Victor Hugo était un travailleur acharné. En 1827 Victor Hugo s'affirme comme
le chef du romantisme.
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Victor Hugo est mort à Paris le 23 mai 1885 à 83 ans. Plus de 3 millions de
personnes ont assisté à ses funérailles..
Entrée en scène d’une poupée
(Les Misérables)
La file de boutiques en plein vent qui partait de l’église se développait, on
s’en souvient, jusqu’à l’auberge Thénardier. Ces boutiques, à cause du passage
prochain des bourgeois allant à la messe de minuit, étaient toutes illuminées de
chandelles brûlant dans des entonnoirs de papier, ce qui, comme le disait le
maître d’école de Montfermeil attablé en ce moment chez Thénardier, faisait « un
effet magique ». En revanche, on ne voyait pas une étoile au ciel.
La dernière de ces baraques, établie précisément en face de la porte des
Thénardier, était une boutique de bimbeloterie, toute reluisante de clinquants, de
verroteries et de choses magnifiques en fer-blanc. Au premier rang, et en avant, le
marchand avait placé, sur un fond de serviettes blanches, une immense poupée
haute de près de deux pieds qui était vêtue d’une robe de crêpe rose avec des épis
d’or sur la tête et qui avait de vrais cheveux et des yeux en émail. Tout le jour,
cette merveille avait été étalée à l’ébahissement des passants de moins de dix ans,
sans qu’il se fût trouvé à Montfermeil une mère assez riche, ou assez prodigue,
pour la donner à son enfant. Eponine et Azelma avaient passé des heures à la
contempler, et Cosette elle-même, furtivement, il est vrai, avait osé la regarder.
Au moment où Cosette sortit, son seau à la main, si morne et si accablée
qu’elle fût, elle ne put s’empêcher de lever les yeux sur cette prodigieuse poupée,
vers la dame, comme elle l’appelait. La pauvre enfant s’arrêta pétrifiée. Elle
n’avait pas encore vu cette poupée de près. Toute cette boutique lui semblait un
palais; cette poupée n’était pas une poupée, c’était une vision. C’était la joie, la
splendeur, la richesse, le bonheur, qui apparaissaient dans une sorte de
rayonnement chimérique à ce malheureux petit être englouti si profondément
dans une misère funèbre et froide. Cosette mesurait avec cette sagacité naïve et
triste de l’enfance l’abîme qui la séparait de cette poupée. Elle se disait qu’il
fallait être reine ou au moins princesse pour avoir une « chose » comme cela. Elle
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considérait cette belle robe rose, ces beaux cheveux lisses, et elle pensait :
Comme elle doit être heureuse, cette poupée-là! Ses yeux ne pouvaient se
détacher de cette boutique fantastique. Plus elle regardait, plus elle s’éblouissait.
Elle croyait voir le paradis. Il y avait d’autres poupées derrière la grande qui lui
paraissaient des fées et des génies. Le marchand qui allait et venait au fond de sa
baraque lui faisait un peu l’effet d’être le Père éternel.
Dans cette adoration, elle oubliait tout, même la commission dont elle était
chargée. Tout à coup, la voix rude de la Thénardier la rappela à la réalité : –
Comment, péronnelle, tu n’es pas partie! Attends! je vais à toi! Je vous demande
un peu ce qu’elle fait là! Petit monstre, va!
La Thénardier avait jeté un coup d’œil dans la rue et aperçu Cosette en
extase.
Cosette s’enfuit emportant son seau et faisant les plus grands pas qu’elle
pouvait.
Victor-Hugo.info | Victor Hugo : les misérables (victor-hugo.info)
Leyli et Madjnoun
Sa poésie est aussi enflammée et inspirée que son amour. Kaïs lance une sorte de
défi à la société qui le considère comme quelqu’un d’obsédé, comme un fou («
Madjnoun »). Nizami soulève la question importante sur la libération spirituelle de
l’homme, la liberté de sa volonté, le droit au bonheur personnel. Comme dans son
poème précédent (« Khosrow et Chirin »), Nizami présente le personnage de
Madjnoun, héros principal, tout au long de sa formation, son développement. Tout
le poème se divise distinctement en plusieurs épisodes, où toutes les tentatives de
résoudre avec succès un conflit se terminent par un échec, ce qui ne fait que
renforcer la passion, la rendant petit à petit insurmontable. Ces épisodes
ralentissent exprès l’action. La passion du héros conduit à une catastrophe.
Madjnoun coupe les ponts avec la société humaine pour toujours. Le lecteur n’a
pas de doutes : maintenant, quoi qu’il arrive, la fin ne sera pas heureuse. Le mari
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de Leyli meurt. On dirait qu’il n’y a plus d’obstacles à ce que Leyli et Madjnoun se
réunissent. Mais c’est trop tard, car Madjnoun, ayant tourné le dos aux gens, n’a
plus besoin de Leyli non plus : elle est son idéal, son dieu. C’est pourquoi Leyli
meurt, cédant sa vie à l’image idéale qui vit dans l’imagination de Madjnoun.
Paris / Lagazetteaz
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le président Ilham Aliyev lors de la cérémonie de pose de la première pierre d'un
aéroport international dans la région de Fuzouli.
Le grand retour commence. Tous les travaux sont lancés. Je suis sûr que tout
comme nous avons chassé l'ennemi de nos terres dans un court laps de temps -
dans une affaire de 44 jours - nous restaurerons nos terres ancestrales du Karabakh
en peu de temps », a souligné le président Ilham Aliyev.
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«Nous avons sauvé la région du fascisme arménien, nous avons sauvé le monde du
fascisme arménien. Cela peut ressusciter, mais nous ne permettrons pas que cela se
produise. Tout le monde doit le savoir. Nous prendrons toutes les mesures
nécessaires pour nous défendre. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires
pour protéger nos citoyens, et personne ne peut nous arrêter.»
C’est ce qu’a déclaré le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev lors de son discours
à la nation vendredi 20 novembre.
«Le monde entier a vu cela en 44 jours. Personne ne peut se tenir devant nous ou
nous proposer des conditions. Dans les premiers jours de la guerre, les
représentants de certains pays occidentaux qui voulaient nous imposer des
conditions, nous menacer, nous calomnier, ont reçu notre réponse sévère. Si le
fascisme arménien augmente à nouveau, si une provocation est commise contre
nous, ils en recevront 10 fois plus et personne ne pourra nous arrêter.»
Azvision.az
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armenien-affirme-ilham-aliyev/
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Guerre de 2020 au Haut-Karabagh
Après 13 jours de combat, le 10 octobre, une médiation russe permet aux deux
parties de s'entendre sur un cessez-le-feu et une reprise des négociations. Les
hostilités reprennent cependant peu après. Le 18 octobre, grâce à une médiation
du groupe de Minsk, un second essai pour une mise en place du cessez-le-feu est
lancé, sans succès. Un troisième cessez-le-feu humanitaire, négocié par les États-
Unis, débutant le 26 octobre échoue également.
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la création d'un centre d'observation russo-turc afin de contrôler le cessez-le-feu 13.
Le statut du Haut-Karabagh reste néanmoins à déterminer.
Guerre de 2020 au Haut-Karabagh — Wikipédia (wikipedia.org)
Jour de la Victoire
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terrestre à son enclave de Nakhitchevan bordant la Turquie et l'Iran. Environ 2 000
soldats russes seront déployés en tant que forces de maintien de la paix le long du
couloir de Latchin entre l'Arménie et le Haut-Karabakh pour un mandat d'au moins
cinq ans.
01/07/2021
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La deuxième chose sur laquelle je me concentre sont des villes et des villages
complètement détruits. Je n’ai jamais vu dans aucune guerre les lieux comme au
Haut-Karabakh”, raconte-il.
Reza Deghati a dénommé la ville d’Aghdam “Hiroshima du 21ème siècle”: “C’est
une ville complètement rasée et pas par la guerre, pas par les bombardements.
C’est vraiment un travail systématique de destruction, village par village, maison
par maison, cimetière par cimetière”.
Reza a également abordé la question de “la guerre des images”: “On a d’un côté un
pays presque oublié par les journalistes. Moi, je suis un témoin. Je vous explique:
Avant d’aller vers la zone du conflit je passais des coups de fil aux journaux
comme “l’Express”, “Paris Match” etc., en disant “je veux partir à cet endroit”.
Personne n’a voulu me donner la possibilité d’aller là.
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conflit-du-haut-karabakh/
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Bakou / Lagazetteaz
« Choucha est le symbole des Azerbaïdjanais vivant dans le monde entier. La ville
de Choucha est le berceau de notre culture, la patrie de Natavan, Bulbul, Uzeyir.
J'avais un rêve de revenir dans cette région, et après 30 ans, je pourrai le réaliser.
Vers avril 1992, lorsque Choucha était assiégée par les Arméniens, je m'en suis
sorti avec beaucoup de difficultés à travers les montagnes et les forêts. En sortant
de là et en disant au revoir aux deux soldats qui m'ont aidé, nous nous sommes
assis ensemble pour prendre le thé. C'est pourquoi je me suis donné la parole de
boire du thé avec les Azerbaïdjanais après la libération de Choucha », a confié M.
Deghati.
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soient restaurés. Car l'histoire devrait montrer dans quel état se trouvaient ces
villages, les monuments historiques et culturels avant notre Victoire ».
En parlant du second objectif, M. Deghati a précisé qu' « il s'agit de créer une école
de photojournalisme en Azerbaïdjan. Vive l'État et le peuple d'Azerbaïdjan ! Nous
devons cette Victoire à tous les martyrs. Ces terres ont été libérées au prix de leur
sang. J'en suis sûr que la mémoire de ces martyrs vivra éternellement ».
https://www.lagazetteaz.fr/news/culture/3160.html
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Georges Simenon est né le 12 février 1903, à Liège en Belgique. Allergique à la
discipline, il quitte les bancs de l’école à 15 ans et débute, un an plus tard, sa
carrière de journaliste.
Il commence, en janvier 1919, à la Gazette de Liègepour la rubrique des faits
divers, également appelée «chiens écrasés». Cette expérience lui permettra
d’alimenter son imagination de futur auteur de romans policiers.
En 1920, il écrit son premier ouvrage, Au pont des Arches, qui décrit avec humour
les mœurs liégeoises. Deux ans plus tard, il part pour Paris et se lance dans la
rédaction de nouvelles et de contes, qui sont publiés par différents journaux
comme Le Matin mais aussi des parutions plus légères comme Frou-
Frou ou Paris-Flirt.
Chapitre 1
- Elle veut absolument vous voir, monsieur le commissaire, et elle dit qu'elle
vient d'Étretat tout exprès, Vous verrez, c'est une charmante vieille dame. Et en
effet, c'était une délicieuse vieille dame, menue 3, le visage rose sous des cheveux
blancs ;
1. Bicoque : petite maison qui n'a pas très bonne apparence. 2. Étretat : petite ville de Normandie située
au bord de la Manche. 3. Menu : petit et mince.
elle était habillée avec une élégance un peu démodée et portait beaucoup de bijoux.
- Je m'appelle Valentine Besson. Mon mari, Ferdinand Besson, était le créateur des
produits Juva. Ce nom de « Juva » était familier à Maigret. Tout jeune, il l'avait vu
dans les pages publicitaires des journaux et il croyait se souvenir que sa mère
utilisait la crème Juva. - Depuis la mort de mon mari, voilà cinq ans, je vis seule
dans une petite villa! à Étretat. Plus exactement, jusqu'à dimanche soir, je vivais
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seule avec une bonne2, Rose, qui était à mon service depuis plusieurs années. Elle
est morte pendant la nuit de dimanche à lundi; et je crois qu'elle est morte a ma
place... « Depuis au moins vingt ans, j'ai l'habitude, chaque soir, de prendre un
médicament pour m'aider à dormir. C'est un somnifère liquide, assez amer.
Dimanche soir, je l'ai trouvé plus amer que les autres fois ; j'ai bu une seule gorgée
et j'ai donné le verre a Rose, qui était près de moi. Elle a emporté le verre comme
elle le fait d'habitude. Et elle a sûrement bu ce qui restait puisqu'on a retrouvé le
verre vide dans sa chambre. « Pendant la nuit, vers deux heures du matin,
I Villa- maison avec un jardin. 2 Bonne- employée qui s'occupe de tout dans la maison.
j'ai été réveillée par des gémissements! Je me suis levée et j'ai trouvé ma fille, qui
s'était levée aussi»
- Dimanche était le jour de mon anniversaire, et ma fille Arlette, qui était venue de
Paris pour me voir, est restée coucher chez moi.
« Nous avons trouvé Rose mourante dans son lit. Ma fille est allée chercher le
docteur Jolly. Quand ils sont arrivés, Rose était morte. Le médecin a déclaré qu'elle
était morte empoisonnée. Comme elle n'avait aucune raison de se suicider et
comme elle a mangé exactement la même chose que nous, il est à peu près évident
que le poison se trouvait dans le médicament que je devais prendre.
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A ce moment, le téléphone a sonné. C'était le directeur de la P.J. qui voulait
voir Maigret tout
1. Gémissement : petit cri de douleur. 2. Le Havre : importante ville de Normandie située sur la
rive droite de la Seine, au bord de la Manche. 3. Sanguin : rouge, de la couleur du sang
de suite. Maigret s'est excusé auprès de la vieille dame et est allé voir le directeur. -
Vous aimeriez aller passer quelques jours à la mer, Maigret ?
- Pas exactement. C'est son fils. Charles Besson, qui habite Fécamp2, a été élu il y
a deux ans députe de la Seine-Inférieure4.
- Et sa me revit à Étretat.
- Pas sa mère, mais sa belle-mère, car c'est la seconde femme de son père. Charles
Besson s'est adressé au ministre car il veut que vous alliez à Étretat pour vous
occuper de l'affaire.
- Non. La vieille dame est dans mon bureau. - Pour vous demander, elle aussi,
d'aller à Étretat ? - Exactement. Qu'est-ce que je fais, patron?
1. Etre au courant : savoir, connaitre une situation. 2. Fécamp : petite ville située près du Havre. 3. Député
: personne élue pour faire partie de I ‘Assemblée législative. 4. Seine-Inférieure : département de la
Normandie qui correspond maintenant à celui de Seine-Maritime.
https://iescdl4eso.files.wordpress.com/2013/12/maigret-et-la-vieille-dame.pdf
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George Sand
Amandine Aurore Lucile Dupin (son vrai nom) est née en 1804, à Paris. Son
père, Maurice Dupin de Francueil, était un aristocrate descendant des rois de
Pologne. Sa mère, Sophie Delaborde, était d'origine beaucoup plus modeste.
Orpheline de son père à 4 ans, délaissée par sa mère, George Sand sera élevée par
sa grand-mère paternelle.
En 1822, elle épouse le baron Casimir Dudevant. De ce mariage naissent deux
enfants, Maurice, né le 30 juin 1823 et Solange, née le 13 septembre 1828. Les
deux époux ne s'entendent pas et se séparent en 1831.
Amandine Aurore Lucie Dupin se fait appeler George Sand pour que ses romans
soient lus, car au XIXe siècle, les livres que les femmes publient n'étaient pas bien
considérés, contrairement à ceux des hommes.
La romancière
Aurore prend le pseudonyme de George (sans -s, à l'imitation des Anglais) Sand
(souvenir de Jules Sandeau, son amant) en 1832, à l'occasion de son premier
roman, Indiana.
George Sand a beaucoup choqué à son époque, car elle portait un prénom
masculin, s'habillait en "homme", demandait plus de libertés pour les femmes et
eut plusieurs histoires amoureuses, notamment avec le poète Alfred de Musset ou
le musicien Frédéric Chopin. Dans ses premiers romans, l'amour passion se heurte
aux conventions sociales de son époque (où l'amour compte pour peu dans les
relations entre hommes et femmes).
Dès 1836, sous l'influence de ses amis républicains socialisants Pierre
Leroux, Armand Barbès, François Arago, elle prend des positions sociales et
politiques avancées qu'elle fait passer dans ses romans, comme Consuelo (1842-
1843). Elle écrit des romans à sujets sociaux et provinciaux : La Mare au
diable (1846) et François le Champi (1847-1848). Elle participe également aux
nouveaux journaux républicains comme le Bulletin de la République, la Cause du
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peuple et la Vraie République. Opposée à la violence, elle prône un socialisme
utopique, notamment dans La ville noire1.
Elle est déçue par les résultats de la révolution française de 1848 qui proclame
la République : les conservateurs majoritaires font tirer sur les ouvriers et sont plus
ou moins complices de l'installation de la dictature de Louis Napoléon Bonaparte.
Par ailleurs, la République n'amène pas les changements qu'elle espérait pour les
femmes et les pauvres notamment.
Elle se consacre désormais à sa vie privée et à la rédaction de romans d'inspiration
locale : La Petite Fadette (1849), Les Maîtres sonneurs (1853). En 1854, elle
publie une autobiographie, Histoire de ma vie. Ses romans, où se manifeste son
talent de conteuse, connaissent un immense succès.
Elle est morte en 1876, dans la maison de son enfance, à Nohant, dans l'Indre.
La Mare au Diable
par
George Sand
(Aurore Dupin)
XI
À la belle étoile
– Pour le coup j’y renonce ! dit Germain en frappant du pied. On nous a jeté un
sort, c’est bien sûr, et nous ne sortirons d’ici qu’au grand jour. Il faut que cet
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endroit soit endiablé .
– Allons, allons, ne nous fâchons pas, dit Marie, et prenons-en notre parti.
Nous ferons un plus grand feu, l’enfant est si bien enveloppé qu’il ne risque rien, et
pour passer une nuit dehors nous n’en mourrons point. Où avez-vous caché la
bâtine, Germain ? Au milieu des houx, grand étourdi ! C’est commode pour aller la
reprendre !
– Tiens l’enfant, prends-le que je retire son lit des broussailles ; je ne veux pas
que tu te piques les mains.
– C’est fait, voici le lit, et quelques piqûres ne sont pas des coups de sabre,
reprit la brave petite fille.
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Elle procéda de nouveau au coucher du petit Pierre, qui était si bien endormi
cette fois qu’il ne s’aperçut en rien de ce nouveau voyage. Germain mit tant de
bois au feu que toute la forêt en resplendit à la ronde : mais la petite Marie n’en
pouvait plus, et quoiqu’elle ne se plaignît de rien, elle ne se soutenait plus sur ses
jambes. Elle était pâle et ses dents claquaient de froid et de faiblesse. Germain la
prit dans ses bras pour la réchauffer ; et l’inquiétude, la compassion, des
mouvements de tendresse irrésistible s’emparant de son cœur, firent taire ses sens.
Sa langue se délia comme par miracle, et toute honte cessant :
– Si fait, Germain, je vous entends bien, répondit la petite Marie, mais je songe
à ce que m’a toujours dit ma mère : c’est qu’une femme de soixante ans est bien à
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plaindre quand son mari en a soixante-dix ou soixante-quinze, et qu’il ne peut plus
travailler pour la nourrir. Il devient infirme, et il faut qu’elle le soigne à l’âge où
elle commencerait elle-même à avoir grand besoin de ménagement et de repos.
C’est ainsi qu’on arrive à finir sur la paille.
– Les parents ont raison de dire cela, j’en conviens, Marie, reprit Germain ;
mais enfin ils sacrifieraient tout le temps de la jeunesse, qui est le meilleur, à
prévoir ce qu’on deviendra à l’âge où l’on n’est plus bon à rien, et où il est
indifférent de finir d’une manière ou d’une autre. Mais moi, je ne suis pas dans le
danger de mourir de faim sur mes vieux jours. Je suis à même d’amasser quelque
chose, puisque, vivant avec les parents de ma femme, je travaille beaucoup et je ne
dépense rien. D’ailleurs, je t’aimerai tant, vois-tu, que ça m’empêchera de vieillir.
On dit que quand un homme est heureux, il se conserve, et je sens bien que je suis
plus jeune que Bastien pour t’aimer ; car il ne t’aime pas, lui, il est trop bête, trop
enfant pour comprendre comme tu es jolie et bonne, et faite pour être recherchée.
Allons, Marie, ne me déteste pas, je ne suis pas un méchant homme : j’ai rendu ma
Catherine heureuse, elle a dit devant Dieu à son lit de mort qu’elle n’avait jamais
eu de moi que du contentement, et elle m’a recommandé de me remarier. Il semble
que son esprit ait parlé ce soir à son enfant, au moment où il s’est endormi. Est-ce
que tu n’as pas entendu ce qu’il disait ? et comme sa petite bouche tremblait,
pendant que ses yeux regardaient en l’air quelque chose que nous ne pouvions pas
voir ! Il voyait sa mère, sois- en sûre, et c’était elle qui lui faisait dire qu’il te
voulait pour la remplacer.
– Ce sont là des raisons d’enfant; tu parles tout à fait comme un enfant, Marie !
– Hélas ! Mon Dieu, que je suis donc à plaindre d’être si maladroit et de dire si
mal ce que je pense ! s’écria Germain. Marie, vous ne m’aimez pas, voilà le fait ;
vous me trouvez trop simple et trop lourd. Si vous m’aimiez un peu, vous ne
verriez pas si clairement mes défauts. Mais vous ne m’aimez pas, voilà !
Germain ne répondit pas. Il mit sa tête dans ses deux mains et il fut impossible
à la petite Marie de savoir s’il pleurait, s’il boudait, ou s’il était endormi. Elle fut
un peu inquiète de le voir si morne et de ne pas deviner ce qu’il roulait dans son
esprit ; mais elle n’osa pas lui parler davantage, et comme elle était trop étonnée de
ce qui venait de se passer pour avoir envie de se rendormir, elle attendit le jour
avec impatience, soignant toujours le feu et veillant l’enfant dont Germain
paraissait ne plus se souvenir. Cependant, Germain ne dormait point ; il ne
réfléchissait pas à son sort et ne faisait ni projets de courage, ni plans de séduction.
Il souffrait, il avait une montagne d’ennuis sur le cœur. Il aurait voulu être mort.
Tout lui paraissait devoir tourner mal pour lui, et s’il eût pu pleurer il ne l’aurait
pas fait à demi. Mais il y avait un peu de colère contre lui-même, mêlée à sa peine,
et il étouffait sans pouvoir et sans vouloir se plaindre.
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Quand le jour fut venu et que les bruits de la campagne l’annoncèrent à
Germain, il sortit son visage de ses mains et se leva. Il vit que la petite Marie
n’avait pas dormi non plus, mais il ne sut rien lui dire pour marquer sa sollicitude.
Il était tout à fait découragé. Il cacha de nouveau le bât de la Grise dans les
buissons, prit son sac sur son épaule, et tenant son fils par la main :
– À présent, Marie, dit-il, nous allons tâcher d’achever notre voyage. Veux-tu
que je te conduise aux Ormeaux ?
Germain ne répondit pas. Il était blessé de ce que la jeune fille ne lui demandait
pas de mener jusqu’aux Ormeaux, et il ne s’apercevait pas qu’il le lui avait offert
Un bûcheron qu’ils rencontrèrent au bout de deux cents pas les mit dans le bon
chemin, et leur dit qu’après avoir passé la grande prairie ils n’avaient qu’à prendre,
l’un tout droit, l’autre sur la gauche, pour gagner leurs différents gîtes, qui étaient
d’ailleurs si voisins qu’on voyait distinctement les maisons de Fourche de la ferme
des Ormeaux, et réciproquement.
Puis, quand ils eurent remercié et dépassé le bûcheron, celui-ci les rappela pour
leur demander s’ils n’avaient pas perdu un cheval.
– J’ai trouvé, leur dit-il, une belle jument grise dans ma cour, où peut-être le
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loup l’aura forcée de chercher un refuge. Mes chiens ont jappé à nuitée , et au
point du jour j’ai vu la bête chevaline sous mon hangar ; elle y est encore. Allons-
y, et si vous la reconnaissez, emmenez-la.
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Germain, ayant donné d’avance le signalement de la Grise et s’étant convaincu
qu’il s’agissait bien d’elle, se mit en route pour aller rechercher son bât. La petite
Marie lui offrit alors de conduire son enfant aux Ormeaux, où il viendrait le
reprendre lorsqu’il aurait fait son entrée à Fourche.
– Il est un peu malpropre après la nuit que nous avons passée, dit-elle. Je
nettoierai ses habits, je laverai son joli museau, je le peignerai, et quand il sera
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beau et brave , vous pourrez le présenter à votre nouvelle famille.
– Et qui te dit que je veuille aller à Fourche ? répondit Germain avec humeur.
Peut-être n’irai-je pas !
– Si fait, Germain, vous devez y aller, vous irez, reprit la jeune fille.
– Tu es bien pressée que je me marie avec une autre, afin d’être sûre que je ne
t’ennuierai plus ?
1 Vêtu avec soin (sens un peu ancien, comme il s’en maintient l’usage dans les campagnes).
« Riquet à la Houppe se présente à elle, brave, magnifique et comme un prince qui va se marier »
(Perrault).
– Allons, Germain, ne pensez plus à cela : c’est une idée qui vous est venue
dans la nuit, parce que cette mauvaise aventure avait un peu dérangé vos esprits.
Mais à présent il faut que la raison vous revienne ; je vous promets d’oublier ce
que vous m’avez dit et de n’en jamais parler à personne.
– Oui ; mais si votre future savait qu’au moment d’arriver, vous avez pensé à
une autre, ça la disposerait mal pour vous. Ainsi faites attention aux paroles que
vous direz maintenant ; ne me regardez pas comme ça devant le monde avec un air
tout singulier. Songez au père Maurice qui compte sur votre obéissance, et qui
serait bien en colère contre moi si je vous détournais de faire sa volonté. Bonjour,
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Germain ; j’emmène Petit-Pierre afin de vous forcer d’aller à Fourche. C’est un
gage que je vous garde.
– Tu veux donc aller avec elle ? dit le laboureur à son fils, en voyant qu’il
s’attachait aux mains de la petite Marie, et qu’il la suivait résolument.
– Oui, père, répondit l’enfant qui avait écouté et compris à sa manière ce qu’on
venait de dire sans méfiance devant lui. Je m’en vais avec ma Marie mignonne : tu
viendras me chercher quand tu auras fini de te marier ; mais je veux que Marie
reste ma petite mère.
– Tu vois bien qu’il le veut, lui ! dit Germain à la jeune fille. Écoute, Petit-
Pierre, ajouta-t-il, moi je le souhaite, qu’elle soit ta mère et qu’elle reste toujours
avec toi ; c’est elle qui ne le veut pas. Tâche qu’elle t’accorde ce qu’elle me refuse.
– Sois tranquille, mon père, je lui ferai dire oui : la petite Marie fait toujours ce
que je veux.
Il s’éloigna avec la jeune fille. Germain resta seul, plus triste, plus irrésolu que
jamais.
Albert Camus
L’étranger
Résumé
31
Meursault, le narrateur, employé de bureau algérois, apprend la mort de sa mère. Il
prend l'autobus pour se rendre à l'asile où elle a fini ses jours et assiste avec
indifférence à la veillée et à l'enterrement. Le lendemain, samedi, il rencontre
Marie dans un établissement de bains, l'emmène au cinéma et passe la nuit avec
elle. Le dimanche s'étire dans l'ennui et le désoeuvrement. Meursault retrouve son
bureau et ses voisins: Céleste le restaurateur, le vieux Salamano qui bat son chien,
et Raymond Sintès, dont on dit dans le quartier qu'il «vit des femmes». Celui-ci
demande à Meursault de rédiger une lettre destinée à une femme qui l'a trompé. Le
samedi suivant, Meursault se rend à la plage avec Marie. Au retour, ils assistent à
une scène violente au cours de laquelle Raymond frappe sa maîtresse. La police
étant intervenue, Meursault accepte de témoigner en faveur de Raymond ...
Meursault et Marie vont passer le dimanche à la plage, avec Raymond. Deux
Arabes les ont suivis. L'un est le frère de la femme que Raymond a maltraitée. Une
dispute éclate: Raymond est blessé d'un coup de couteau. Un peu plus tard, par une
chaleur accablante, il revient provoquer son agresseur. Meursault, qui lui, a pris
son revolver par précaution, se retrouve seul face à l'Arabe. Aveuglé par le soleil et
l'éclat du couteau que celui-ci a sorti de sa poche, il tire sur lui...
Albert Camus s'explique dans une dernière interview, en janvier 1955: «J'ai
résumé L'Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est
très paradoxale: “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à
l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort.” Je voulais dire
seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce
sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs
de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tentés de
le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du
personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l'on se
demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple: il refuse de
mentir.» (...) «Meursault, pour moi, n'est donc pas une épave, mais un homme
pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombres. Loin qu'il soit privé
32
de toute sensibilité, une passion profonde parce que tenace, l'anime: la passion de
l'absolu et de la vérité. Il s'agit d'une vérité encore négative, la vérité d'être et de
sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi et sur le monde ne sera jamais
possible.»
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Albert Сamus
L’étranger
Première partie
Chapitre I
Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un
télégramme de l'asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments
distingués. » Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
L'asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. Je prendrai
l'autobus à deux heures et j'arriverai dans l'après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je
rentrerai demain soir. J'ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne
pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n'avait pas l'air content.
Je lui ai même dit : « Ce n'est pas de ma faute. » Il n'a pas répondu. J'ai pensé alors
que je n'aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n'avais pas à m'excuser. C'était
plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-
33
demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c'est un peu comme si maman
n'était pas morte. Après l'enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et
tout aura revêtu une allure plus officielle.
J'ai pris l'autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J'ai mangé au restaurant, chez
Céleste, comme d'habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste
m'a dit : « On n'a qu'une mère. » Quand je suis parti, ils m'ont accompagné à la
porte. J'étais un peu étourdi parce qu'il a fallu que je monte chez Emmanuel pour
lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu son oncle, il y a quelques
mois.
J'ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c'est à cause de
tout cela sans doute, ajouté aux cahots, à l'odeur d'essence, à la réverbération de la
route et du ciel, que je me suis assoupi. J'ai dormi pendant presque tout le trajet. Et
quand je me suis réveillé, j'étais tassé contre un militaire qui m'a souri et qui m'a
demandé si je venais de loin. J'ai dit « oui » pour n'avoir plus à parler.
L'asile est à deux kilomètres du village. J'ai fait le chemin à pied. J'ai voulu voir
maman tout de suite. Mais le concierge m'a dit qu'il fallait que je rencontre le
directeur. Comme il était occupé, j'ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le
concierge a parlé et ensuite, j'ai vu le directeur : il m'a reçu dans son bureau. C'était
un petit vieux, avec la Légion d'honneur. Il m'a regardé de ses yeux clairs. Puis il
m'a serré la main qu'il a gardée si longtemps que je ne savais trop comment la
retirer. Il a consulté un dossier et m'a dit : « Mme Meursault est entrée ici il y a
trois ans. Vous étiez son seul soutien. » J'ai cru qu'il me reprochait quelque chose
et j'ai commencé à lui expliquer. Mais il m'a interrompu : « Vous n'avez pas à vous
justifier, mon cher enfant. J'ai lu le dossier de votre mère. Vous ne pouviez
subvenir à ses besoins. Il lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et tout
compte fait, elle était plus heureuse ici. » J'ai dit : « Oui, monsieur le Directeur. » Il
a ajouté : « Vous savez, elle avait des amis, des gens de son âge. Elle pouvait
partager avec eux des intérêts qui sont d'un autre temps. Vous êtes jeune et elle
devait s'ennuyer avec vous. »
34
C'était vrai. Quand elle était à la maison, maman passait son temps à me suivre des
yeux en silence. Dans les premiers jours où elle était à l'asile, elle pleurait souvent.
Mais c'était à cause de l'habitude. Au bout de quelques mois, elle aurait pleuré si
on l'avait retirée de l'asile. Toujours à cause de l'habitude. C'est un peu pour cela
que dans la dernière année je n'y suis presque plus allé. Et aussi parce que cela me
prenait mon dimanche - sans compter l'effort pour aller à l'autobus, prendre des
tickets et faire deux heures de route.
Le directeur m'a encore parlé. Mais je ne l'écoutais presque plus. Puis il m'a dit : «
Je suppose que vous voulez voir votre mère. » Je me suis levé sans rien dire et il
m'a précédé vers la porte. Dans l'escalier, il m'a expliqué : « Nous l'avons
transportée dans notre petite morgue. Pour ne pas impressionner les autres. Chaque
fois qu'un pensionnaire meurt, les autres sont nerveux pendant deux ou trois jours.
Et ça rend le service difficile. » Nous avons traversé une cour où il y avait
beaucoup de vieillards, bavardant par petits groupes. Ils se taisaient quand nous
passions. Et derrière nous, les conversations reprenaient. On aurait dit d'un
jacassement assourdi de perruches. À la porte d'un petit bâtiment, le directeur m'a
quitté : « Je vous laisse, monsieur Meursault. Je suis à votre disposition dans mon
bureau. En principe, l'enterrement est fixé à dix heures du matin. Nous avons pensé
que vous pourrez ainsi veiller la disparue. Un dernier mot : votre mère a, paraît-il,
exprimé souvent à ses compagnons le désir d'être enterrée religieusement. J'ai pris
sur moi, de faire le nécessaire. Mais je voulais vous en informer. » Je l'ai remercié.
Maman, sans être athée, n'avait jamais pensé de son vivant à la religion.
Je suis entré. C'était une salle très claire, blanchie à la chaux et recouverte d'une
verrière. Elle était meublée de chaises et de chevalets en forme de X. Deux d'entre
eux, au centre, supportaient une bière recouverte de son couvercle. On voyait
seulement des vis brillantes, à peine enfoncées, se détacher sur les planches
passées au brou de noix. Près de la bière, il y avait une infirmière arabe en sarrau
blanc, un foulard de couleur vive sur la tête.
35
À ce moment, le concierge est entré derrière mon dos. Il avait dû courir. Il a
bégayé un peu : « On l'a couverte, mais je dois dévisser la bière pour que vous
puissiez la voir. » Il s'approchait de la bière quand je l'ai arrêté. Il m'a dit : « Vous
ne voulez pas ? » J'ai répondu : « Non. » Il s'est interrompu et j'étais gêné parce
que je sentais que je n'aurais pas dû dire cela. Au bout d'un moment, il m'a regardé
et il m'a demandé : « Pourquoi ? » mais sans reproche, comme s'il s'informait. J'ai
dit : « Je ne sais pas. » Alors tortillant sa moustache blanche, il a déclaré sans me
regarder : « Je comprends. » Il avait de beaux yeux, bleu clair, et un teint un peu
rouge. Il m'a donné une chaise et lui-même s'est assis un peu en arrière de moi. La
garde s'est levée et s'est dirigée vers la sortie. À ce moment, le concierge m'a dit : «
C'est un chancre qu'elle a. » Comme je ne comprenais pas, j'ai regardé l'infirmière
et j'ai vu qu'elle portait sous les yeux un bandeau qui faisait le tour de la tête. À la
hauteur du nez, le bandeau était plat. On ne voyait que la blancheur du bandeau
dans son visage.
Quand elle est partie, le concierge a parlé : « Je vais vous laisser seul. » Je ne sais
pas quel geste j'ai fait, mais il est resté, debout derrière moi. Cette présence dans
mon dos me gênait. La pièce était pleine d'une belle lumière de fin d'après-midi.
Deux frelons bourdonnaient contre la verrière. Et je sentais le sommeil me gagner.
J'ai dit au concierge, sans me retourner vers lui : « Il y a longtemps que vous êtes là
? »Immédiatement il a répondu : « Cinq ans » - comme s'il avait attendu depuis
toujours ma demande...
La garde est entrée à ce moment. Le soir était tombé brusquement. Très vite, la
nuit s'était épaissie au-dessus de la verrière. Le concierge a tourné le commutateur
et j'ai été aveuglé par l'éclaboussement soudain de la lumière. Il m'a invité à me
rendre au réfectoire pour dîner. Mais je n'avais pas faim. Il m'a offert alors
d'apporter une tasse de café au lait. Comme j'aime beaucoup le café au lait, j'ai
accepté et il est revenu un moment après avec un plateau. J'ai bu. J'ai eu alors envie
de fumer. Mais j'ai hésité parce que je ne savais pas si je pouvais le faire devant
36
maman. J'ai réfléchi, cela n'avait aucune importance. J'ai offert une cigarette au
concierge et nous avons fumé.
À un moment, il m'a dit : « Vous savez, les amis de Madame votre mère vont venir
la veiller aussi. C'est la coutume. Il faut que j'aille chercher des chaises et du café
noir. » Je lui ai demandé si on pouvait éteindre une des lampes. L'éclat de la
lumière sur les murs blancs me fatiguait. Il m'a dit que ce n'était pas possible.
L'installation était ainsi faite : c'était tout ou rien. Je n'ai plus beaucoup fait
attention à lui. Il est sorti, est revenu, a disposé des chaises. Sur l'une d'elles, il a
empilé des tasses autour d'une cafetière. Puis il s'est assis en face de moi, de l'autre
côté de maman. La garde était aussi au fond, le dos tourné. Je ne voyais pas ce
qu'elle faisait. Mais au mouvement de ses bras, je pouvais croire qu'elle tricotait. Il
faisait doux, le café m'avait réchauffé et par la porte ouverte entrait une odeur de
nuit et de fleurs. Je crois que j'ai somnolé un peu.
Tout de suite après mon arrestation, j'ai été interrogé plusieurs fois. Mais il
s'agissait d'interrogatoires d'identité qui n'ont pas duré longtemps. La première fois
au commissariat, mon affaire semblait n'intéresser personne. Huit jours après, le
juge d'instruction, au contraire, m'a regardé avec curiosité. Mais pour commencer,
il m'a seulement demandé mon nom et mon adresse, ma profession, la date et le
lieu de ma naissance. Puis il a voulu savoir si j'avais choisi un avocat. J'ai reconnu
que non et je l'ai questionné pour savoir s'il était absolument nécessaire d'en avoir
un. « Pourquoi ? » a-t-il dit. J'ai répondu que je trouvais mon affaire très simple. Il
a souri en disant : « C'est un avis. Pourtant, la loi est là. Si vous ne choisissez pas
d'avocat, nous en désignerons un d'office. »J'ai trouvé qu'il était très commode que
la justice se chargeât de ces détails. Je le lui ai dit. Il m'a approuvé et a conclu que
la loi était bien faite.
Au début, je ne l'ai pas pris au sérieux. Il m'a reçu dans une pièce tendue de
rideaux, il avait sur son bureau une seule lampe qui éclairait le fauteuil où il m'a
37
fait asseoir pendant que lui-même restait dans l'ombre. J'avais déjà lu une
description semblable dans des livres et tout cela m'a paru un jeu. Après notre
conversation, au contraire, je l'ai regardé et j'ai vu un homme aux traits fins, aux
yeux bleus enfoncés, grand, avec une longue moustache grise et d'abondants
cheveux presque blancs. Il m'a paru très raisonnable et, somme toute, sympathique,
malgré quelques tics nerveux qui lui tiraient la bouche. En sortant, j'allais même lui
tendre la main, mais je me suis souvenu à temps que j'avais tué un homme.
Le lendemain, un avocat est venu me voir à la prison. Il était petit et rond, assez
jeune, les cheveux soigneusement collés. Malgré la chaleur (j'étais en manches de
chemise), il avait un costume sombre, un col cassé et une cravate bizarre à grosses
raies noires et blanches. Il a posé sur mon lit la serviette qu'il portait sous le bras,
s'est présenté et m'a dit qu'il avait étudié mon dossier. Mon affaire était délicate,
mais il ne doutait pas du succès, si je lui faisais confiance. Je l'ai remercié et il m'a
dit : « Entrons dans le vif du sujet. »
Il s'est assis sur le lit et m'a expliqué qu'on avait pris des renseignements sur ma vie
privée. On avait su que ma mère était morte récemment à l'asile. On avait alors fait
une enquête à Marengo. Les instructeurs avaient appris que « j'avais fait preuve
d'insensibilité » le jour de l'enterrement de maman. « Vous comprenez, m'a dit mon
avocat, cela me gêne un peu de vous demander cela. Mais c'est très important. Et
ce sera un gros argument pour l'accusation, si je ne trouve rien à répondre. » Il
voulait que je l'aide. il m'a demandé si j'avais eu de la peine ce jour-là. Cette
question m'a beaucoup étonné et il me semblait que j'aurais été très gêne si j'avais
eu à la poser. J'ai répondu cependant que j'avais un peu perdu l'habitude de
m'interroger et qu'il m'était difficile de le renseigner. Sans doute, j'aimais bien
maman, mais cela ne voulait rien dire. Tous les êtres sains avaient plus ou moins
souhaité la mort de ceux qu'ils aimaient. Ici, l'avocat m'a coupé et a paru très agité.
Il m'a fait promettre de ne pas dire cela à l'audience, ni chez le magistrat
instructeur. Cependant, je lui ai expliqué que j'avais une nature telle que mes
besoins physiques dérangeaient souvent mes sentiments. Le jour où j'avais enterré
38
maman, j'étais très fatigué et j'avais sommeil. De sorte que je ne me suis pas rendu
compte de ce qui se passait. Ce que je pouvais dire à coup sur, c'est que j'aurais
préféré que maman ne mourût pas. Mais mon avocat n'avait pas l'air content. Il m'a
dit : « Ceci n'est pas assez. »
Il a réfléchi. Il m'a demandé s'il pouvait dire que ce jour-là j'avais dominé mes
sentiments naturels. Je lui ai dit : « Non, parce que c'est faux. » Il m'a regardé d'une
façon bizarre, comme si je lui inspirais un peu de dégoût. Il m'a dit presque
méchamment que dans tous les cas le directeur et le personnel de l'asile seraient
entendus comme témoins et que « cela pouvait me jouer un très sale tour ». Je lui
ai fait remarquer que cette histoire n'avait pas de rapport avec mon affaire, mais il
m'a répondu seulement qu'il était visible que je n'avais jamais eu de rapports avec
la justice.
Il est parti avec un air fâché. J'aurais voulu le retenir, lui expliquer que je désirais
sa sympathie, non pour être mieux défendu, mais, si je puis dire, naturellement.
Surtout, je voyais que je le mettais mal à l'aise. Il ne me comprenait pas et il m'en
voulait un peu. J'avais le désir de lui affirmer que j'étais comme tout le monde,
absolument comme tout le monde. Mais tout cela, au fond, n'avait pas grande
utilité et j'y ai renoncé par paresse.
Peu de temps après, j'étais conduit de nouveau devant le juge d'instruction. Il était
deux heures de l'après-midi et cette fois, son bureau était plein d'une lumière à
peine tamisée par un rideau de voile. Il faisait très chaud. Il m'a fait asseoir et avec
beaucoup de courtoisie m'a déclaré que mon avocat, « par suite d'un contretemps »,
n'avait pu venir. Mais j'avais le droit de ne pas répondre à ses questions et
d'attendre que mon avocat pût m'assister. J'ai dit que je pouvais répondre seul. Il a
touché du doigt un bouton sur la table. Un jeune greffier est venu s'installer
presque dans mon dos.
Nous nous sommes tous les deux carrés dans nos fauteuils. L'interrogatoire a
commencé. Il m'a d'abord dit qu'on me dépeignait comme étant d'un caractère
39
taciturne et renfermé et il a voulu savoir ce que j'en pensais. J'ai répondu : « C'est
que je n'ai jamais grand-chose à dire. Alors je me tais. » Il a souri comme la
première fois, a reconnu que c'était la meilleure des raisons et a ajouté : «
D'ailleurs, cela n'a aucune importance. » Il s'est tu, m'a regardé et s'est redressé
assez brusquement pour me dire très vite : « Ce qui m'intéresse, c'est vous. » Je n'ai
pas bien compris ce qu'il entendait par là et je n'ai rien répondu. « Il y a des choses,
a-t-il ajouté, qui m'échappent dans votre geste. Je suis sûr que vous allez m'aider à
les comprendre. » J'ai dit que tout était très simple. Il m'a pressé de lui retracer ma
journée. Je lui ai retracé ce que déjà je lui avais raconté : Raymond, la plage, le
bain, la querelle, encore la plage, la petite source, le soleil et les cinq coups de
revolver. À chaque phrase il disait : « Bien, bien. » Quand je suis arrivé au corps
étendu, il a approuvé en disant: « Bon. » Moi, j'étais lasse de répéter ainsi la même
histoire et il me semblait que je n'avais jamais autant parlé.
Après un silence, il s'est levé et m'a dit qu'il voulait m'aider, que je l'intéressais et
qu'avec l'aide de Dieu, il ferait quelque chose pour moi. Mais auparavant, il voulait
me poser encore quelques questions. Sans transition, il m'a demandé si j'aimais
maman. J'ai dit : « Oui, comme tout le monde » et le greffier, qui jusqu'ici tapait
régulièrement sur sa machine, a dû se tromper de touches, car il s'est embarrassé et
a été obligé de revenir en arrière. Toujours sans logique apparente, le juge m'a
alors demandé si j'avais tiré les cinq coups de revolver à la suite. J'ai réfléchi et
précisé que j'avais tiré une seule fois d'abord et, après quelques secondes, les
quatre autres coups. « Pourquoi avez-vous attendu entre le premier et le second
coup ? » dit-il alors. Une fois de plus, j'ai revu la plage rouge et j'ai senti sur mon
front la brûlure du soleil. Mais cette fois, je n'ai rien répondu. Pendant tout le
silence qui a suivi le juge a eu l'air de s'agiter. Il s'est assis, a fourragé dans ses
cheveux, a mis ses coudes sur son bureau et s'est penché un peu vers moi avec un
air étrange : « Pourquoi, pourquoi avez-vous tiré sur un corps à terre ? » Là encore,
je n'ai pas su répondre. Le juge a passé ses mains sur son front et a répété sa
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question d'une voix un peu altérée : « Pourquoi ? Il faut que vous me le disiez.
Pourquoi » Je me taisais toujours.
https://genius.com/albums/Albert-camus/L-etranger
Pour la première fois depuis bien des années, j'ai eu une envie stupide de pleurer
parce que j'ai senti combien j'étais détesté par tous ces gens-là.
Même sur un banc d'accusé, il est toujours intéressant d'entendre parler de soi.
... un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans
dans une prison. Il aurait assez de souvenir pour ne pas s'ennuyer.
Le Petit Prince est une œuvre de langue française, la plus connue d'Antoine de
Saint-Exupéry. Publié en 1943 à New York simultanément à sa traduction
anglaise1, c'est une œuvre poétique et philosophique sous l'apparence d'un conte
pour enfants.
Traduit en trois cent soixante et une langues2, Le Petit Prince est le deuxième
ouvrage le plus traduit au monde après la Bible3.
Le langage, simple et dépouillé, parce qu'il est destiné à être compris par des
enfants, est en réalité pour le narrateur le véhicule privilégié d'une conception
symbolique de la vie. Chaque chapitre relate une rencontre du petit prince qui
laisse celui-ci perplexe, par rapport aux comportements absurdes des « grandes
personnes ». Ces différentes rencontres peuvent être lues comme une allégorie.
Les aquarelles font partie du texte4 et participent à cette pureté du langage :
dépouillement et profondeur sont les qualités maîtresses de l'œuvre.
On peut y lire une invitation de l'auteur à retrouver l'enfant en soi, car « toutes les
grandes personnes ont d'abord été des enfants. (Mais peu d'entre elles s'en
souviennent.) ». L'ouvrage est dédié à Léon Werth, mais « quand il était petit
garçon ».
CHAPITRE IV
42
J’avais ainsi appris une seconde chose très importante : C’est que sa planète
d’origine était à peine plus grande qu’une maison ! Ça ne pouvait pas m’étonner
beaucoup. Je savais bien qu’en dehors des grosses planètes comme la Terre,
Jupiter, Mars, Vénus, auxquelles on a donné des noms, il y en a des centaines
d’autres qui sont quelquefois si petites qu’on a beaucoup de mal à les apercevoir au
télescope. Quand un astronome découvre l’une d’elles, il lui donne pour nom un
numéro. Il l’appelle par exemple : « l’astéroïde 3251. » J’ai de sérieuses raisons de
croire que la planète d’où venait le petit prince est l’astéroïde B 612. Cet astéroïde
n’a été aperçu qu’une fois au télescope, en 1909, par un astronome turc. Il avait
fait alors une grande démonstration de sa découverte à un Congrès International
d’Astronomie. Mais personne ne l’avait cru à cause de son costume. Les grandes
personnes sont comme ça. Heureusement pour la réputation de l’astéroïde B 612
un dictateur turc imposa à son peuple, sous peine de mort, de s’habiller à
l’Européenne. L’astronome refit sa démonstration en 1920, dans un habit très
élégant. Et cette fois-ci tout le monde fut de son avis. Si je vous ai raconté ces
détails sur l’astéroïde B 612 et si je vous ai confié son numéro, c’est à cause des
grandes personnes. Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur
parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l’essentiel. Elles ne
vous disent jamais : « Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu’il
préfère ? Est-ce qu’il collectionne les papillons ? » Elles vous demandent : « Quel
âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son
père ? » Alors seulement elles croient le connaître. Si vous dites aux grandes
personnes : « J’ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux
fenêtres et des colombes sur le toit… » elles ne parviennent pas à s’imaginer cette
maison. Il faut leur dire : « J’ai vu une maison de cent mille francs. » Alors elles
s’écrient : « Comme c’est joli ! » Ainsi, si vous leur dites : « La preuve que le petit
prince a existé c’est qu’il était ravissant, qu’il riait, et qu’il voulait un mouton.
Quand on veut un mouton, c’est la preuve qu’on existe » elles hausseront les
épaules et vous traiteront d’enfant ! Mais si vous leur dites : « La planète d’où il
venait est l’astéroïde B 612 » alors elles seront convaincues, et elles vous laisseront
43
tranquille avec leurs questions. Elles sont comme ça. Il ne faut pas leur en vouloir.
Les enfants doivent être très indulgents envers les grandes personnes. Mais, bien
sûr, nous qui comprenons la vie, nous nous moquons bien des numéros ! J’aurais
aimé commencer cette histoire à la façon des contes de fées. J’aurais aimé dire : «
Il était une fois un petit prince qui habitait une planète à peine plus grande que lui,
et qui avait besoin d’un ami… » Pour ceux qui comprennent la vie, ça aurait eu
l’air beaucoup plus vrai. Car je n’aime pas qu’on lise mon livre à la légère.
J’éprouve tant de chagrin à raconter ces souvenirs. Il y a six ans déjà que mon ami
s’en est allé avec son mouton. Si j’essaie ici de le décrire, c’est afin de ne pas
l’oublier. C’est triste d’oublier un ami. Tout le monde n’a pas eu un ami. Et je puis
devenir comme les – 20 – grandes personnes qui ne s’intéressent plus qu’aux
chiffres. C’est donc pour ça encore que j’ai acheté une boîte de couleurs et des
crayons. C’est dur de se remettre au dessin, à mon âge, quand on n’a jamais fait
d’autres tentatives que celle d’un boa fermé et celle d’un boa ouvert, à l’âge de six
ans ! J’essaierai, bien sûr, de faire des portraits le plus ressemblants possible. Mais
je ne suis pas tout à fait certain de réussir. Un dessin va, et l’autre ne ressemble
plus. Je me trompe un peu aussi sur la taille. Ici le petit prince est trop grand. Là il
est trop petit. J’hésite aussi sur la couleur de son costume. Alors je tâtonne comme
ci et comme ça, tant bien que mal. Je me tromperai enfin sur certains détails plus
importants. Mais ça, il faudra me le pardonner. Mon ami ne donnait jamais
d’explications. Il me croyait peut-être semblable à lui. Mais moi,
malheureusement, je ne sais pas voir les moutons à travers les caisses. Je suis peut-
être un peu comme les grandes personnes. J’ai dû vieillir.
CHAPITRE X
Il se trouvait dans la région des astéroïdes 325, 326, 327, 328, 329 et 330. Il
commença donc par les visiter pour y chercher une occupation et pour s’instruire.
La première était habitée par un roi. Le roi siégeait, habillé de pourpre et
d’hermine, sur un trône très simple et cependant majestueux.
– Ah ! Voilà un sujet, s’écria le roi quand il aperçut le petit prince.
44
Et le petit prince se demanda :
« Comment peut-il me reconnaître puisqu’il ne m’a encore jamais vu ! »
Il ne savait pas que, pour les rois, le monde est très simplifié. Tous les hommes
sont des sujets.
– Approche-toi que je te voie mieux, lui dit le roi qui était tout fier d’être roi pour
quelqu’un.
Le petit prince chercha des yeux où s’asseoir, mais la planète était toute encombrée
par le magnifique manteau d’hermine. Il resta donc debout, et, comme il était
fatigué, il bâilla.
– Il est contraire à l’étiquette de bâiller en présence d’un roi, lui dit le monarque. Je
te l’interdis.
– Je ne peux pas m’en empêcher, répondit le petit prince tout confus. J’ai fait un
long voyage et je n’ai pas dormi…
– Alors, lui dit le roi, je t’ordonne de bâiller. Je n’ai vu personne bâiller depuis des
années. Les bâillements sont pour moi des curiosités. Allons ! bâille encore. C’est
un ordre.
– Ça m’intimide… je ne peux plus… fit le petit prince tout rougissant.
– Hum ! Hum ! répondit le roi. Alors je… je t’ordonne tantôt de bâiller et tantôt
de…
Il bredouillait un peu et paraissait vexé.
Car le roi tenait essentiellement à ce que son autorité fût respectée. Il ne tolérait
pas la désobéissance. C’était un monarque absolu. Mais, comme il était très bon, il
donnait des ordres raisonnables.
« Si j’ordonnais, disait-il couramment, si j’ordonnais à un général de se changer en
oiseau de mer, et si le général n’obéissait pas, ce ne serait pas la faute du général.
Ce serait ma faute. »
– Puis-je m’asseoir ? s’enquit timidement le petit prince.
– Je t’ordonne de t’asseoir, lui répondit le roi, qui ramena majestueusement un pan
de son manteau d’hermine.
45
Mais le petit prince s’étonnait. La planète était minuscule. Sur quoi le roi pouvait-il
bien régner ?
– Sire, lui dit-il… je vous demande pardon de vous interroger…
– Je t’ordonne de m’interroger, se hâta de dire le roi.
– Sire… sur quoi régnez-vous ?
– Sur tout, répondit le roi, avec une grande simplicité.
– Sur tout ?
Le roi d’un geste discret désigna sa planète, les autres planètes et les étoiles.
– Sur tout ça ? dit le petit prince.
– Sur tout ça… répondit le roi.
Car non seulement c’était un monarque absolu mais c’était un monarque universel.
– Et les étoiles vous obéissent ?
– Bien sûr, lui dit le roi. Elles obéissent aussitôt. Je ne tolère pas l’indiscipline.
Un tel pouvoir émerveilla le petit prince. S’il l’avait détenu lui-même, il aurait pu
assister, non pas à quarante-quatre, mais à soixante-douze, ou même à cent, ou
même à deux cents couchers de soleil dans la même journée, sans avoir jamais à
tirer sa chaise ! Et comme il se sentait un peu triste à cause du souvenir de sa petite
planète abandonnée, il s’enhardit à solliciter une grâce du roi :
– Je voudrais voir un coucher de soleil… Faites-moi plaisir… Ordonnez au soleil
de se coucher…
– Si j’ordonnais à un général de voler d’une fleur à l’autre à la façon d’un papillon,
ou d’écrire une tragédie, ou de se changer en oiseau de mer, et si le général
n’exécutait pas l’ordre reçu, qui, de lui ou de moi, serait dans son tort ?
– Ce serait vous, dit fermement le petit prince.
– Exact. Il faut exiger de chacun ce que chacun peut donner, reprit le roi. L’autorité
repose d’abord sur la raison. Si tu ordonnes à ton peuple d’aller se jeter à la mer, il
fera la révolution. J’ai le droit d’exiger l’obéissance parce que mes ordres sont
raisonnables.
– Alors mon coucher de soleil ? rappela le petit prince qui jamais n’oubliait une
question une fois qu’il l’avait posée.
46
– Ton coucher de soleil, tu l’auras. Je l’exigerai. Mais j’attendrai, dans ma science
du gouvernement, que les conditions soient favorables.
– Quand ça sera-t-il ? s’informa le petit prince.
– Hem ! hem ! lui répondit le roi, qui consulta d’abord un gros calendrier, hem !
hem ! ce sera, vers… vers… ce sera ce soir vers sept heures quarante ! Et tu verras
comme je suis bien obéi.
Le petit prince bâilla. Il regrettait son coucher de soleil manqué. Et puis il
s’ennuyait déjà un peu :
– Je n’ai plus rien à faire ici, dit-il au roi. Je vais repartir !
– Ne pars pas, répondit le roi qui était si fier d’avoir un sujet. Ne pars pas, je te fais
ministre !
– Ministre de quoi ?
– De… de la justice !
– Mais il n’y a personne à juger !
– On ne sait pas, lui dit le roi. Je n’ai pas fait encore le tour de mon royaume. Je
suis très vieux, je n’ai pas de place pour un
carrosse, et ça me fatigue de marcher.
– Oh ! Mais j’ai déjà vu, dit le petit prince qui se pencha
pour jeter encore un coup d’œil sur l’autre côté de la planète. Il
n’y a personne là-bas non plus…
– Tu te jugeras donc toi-même, lui répondit le roi. C’est le plus difficile. Il est bien
plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui. Si tu réussis à bien te juger,
c’est que tu es un véritable sage.
– Moi, dit le petit prince, je puis me juger moi-même n’importe où. Je n’ai pas
besoin d’habiter ici.
– Hem ! Hem ! dit le roi, je crois bien que sur ma planète il y a quelque part un
vieux rat. Je l’entends la nuit. Tu pourras juger ce vieux rat. Tu le condamneras à
mort de temps en temps. Ainsi sa vie dépendra de ta justice. Mais tu le gracieras
chaque fois pour l’économiser. Il n’y en a qu’un.
47
– Moi, répondit le petit prince, je n’aime pas condamner à mort, et je crois bien que
je m’en vais.
– Non, dit le roi.
Mais le petit prince, ayant achevé ses préparatifs, ne voulut point peiner le vieux
monarque :
– Si Votre Majesté désirait être obéie ponctuellement, elle pourrait me donner un
ordre raisonnable. Elle pourrait m’ordonner, par exemple, de partir avant une
minute. Il me semble que les conditions sont favorables…
Le roi n’ayant rien répondu, le petit prince hésita d’abord, puis, avec un soupir, prit
le départ.
– Je te fais mon ambassadeur, se hâta alors de crier le roi.
Il avait un grand air d’autorité.
« Les grandes personnes sont bien étranges », se dit le petit prince, en lui-même,
durant son voyage.
CHAPITRE XXI
48
– Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser
»?
– Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils
élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
– Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser
»?
– C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »
– Créer des liens ?
– Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout
semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas
besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille
renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras
pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
– Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle
m’a apprivoisé…
– C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses…
– Oh ! ce n’est pas sur la Terre, dit le petit prince.
Le renard parut très intrigué :
– Sur une autre planète ?
– Oui.
– Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?
– Non.
– Ça, c’est intéressant ! Et des poules ?
– Non.
– Rien n’est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée :
– Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les
poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un
peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un
bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous
49
terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu
vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est
inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des
cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le
blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
– S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.
– Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai
des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître. – On ne connaît que les
choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien
connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il
n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un
ami, apprivoise-moi ! – Que faut-il faire ? dit le petit prince. – Il faut être très
patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça,
dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est
source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…
Le lendemain revint le petit prince.
– Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard.
Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je
commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. À
quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai ; je découvrirai le prix du
bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure
m’habiller le cœur… Il faut des rites.
– Qu’est-ce qu’un rite ? dit le petit prince.
– C’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard.
C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres
heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les
filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu’à
la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient
tous, et je n’aurais point de vacances.
50
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche :
– Ah ! dit le renard… Je pleurerai.
– C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu
que je t’apprivoise…
– Bien sûr, dit le renard.
– Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
– Bien sûr, dit le renard.
– Alors tu n’y gagnes rien !
– J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta :
– Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu
reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.
Le petit prince s’en fut revoir les roses.
– Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il.
Personne ne vous a apprivoisées et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes
comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres.
Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde. Et les roses étaient
bien gênées.
– Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir
pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous
ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est
elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle
que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf
les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre,
ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.
Et il revint vers le renard :
– Adieu, dit-il…
– Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple :
on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les
yeux.
51
– L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
– C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
– C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se
souvenir.
– Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier.
Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable
de ta rose… – Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se
souvenir.
https://www.ebooksgratuits.com/pdf/st_exupery_le_petit_prince.pdf
Citations
Les hommes de chez toi, dit le petit prince, cultivent cinq mille roses dans un même
jardin… et ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent…
52
Marcel Proust
Issu d'une famille aisée et cultivée (son père est professeur de médecine à Paris),
Marcel Proust est un enfant de santé fragile, et il aura toute sa vie de graves
difficultés respiratoires causées par l'asthme. Très jeune, il fréquente des salons
aristocratiques où il rencontre artistes et écrivains, ce qui lui vaut une réputation de
dilettante mondain. Profitant de sa fortune, il n'a pas d'emploi.
Marcel Proust meurt épuisé, le 18 novembre 1922, d'une bronchite mal soignée : il
est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, accompagné par une assistance
nombreuse qui salue un écrivain d'importance que les générations suivantes
placeront au plus haut en faisant de lui un véritable mythe littéraire.
53
s'intéresse non pas aux souvenirs du narrateur mais à une réflexion psychologique
sur la littérature, sur la mémoire et sur le temps. Cependant, comme le souligne
Jean-Yves Tadié dans Proust et le roman, tous ces éléments épars se découvrent
reliés les uns aux autres quand, à travers toutes ses expériences négatives ou
positives, le narrateur (qui est aussi le héros du roman), découvre le sens de la vie
dans l'art et la littérature au dernier tome.
À la recherche du temps perdu est parfois considéré comme l'un des meilleurs
livres de tous les temps
(Première partie)
54
réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un
peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage :
une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint. Cette
croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas
ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se
rendre compte que le bougeoir n’était plus allumé. Puis elle commençait à me
devenir inintelligible, comme 7 après la métempsycose les pensées d’une existence
antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j’étais libre de m’y appliquer ou
non ; aussitôt je recouvrais la vue et j’étais bien étonné de trouver autour de moi
une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour
mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible,
comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être ;
j’entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant
d’un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l’étendue de la
campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; et le petit
chemin qu’il suit va être gravé dans son souvenir par l’excitation qu’il doit à des
lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous
la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur
prochaine du retour. J’appuyais tendrement mes joues contre les belles joues de
l’oreiller qui, pleines et fraîches, sont comme les joues de notre enfance. Je frottais
une allumette pour regarder ma montre. Bientôt minuit. C’est l’instant où le
malade, qui a été obligé de partir en voyage et a dû coucher dans un hôtel inconnu,
réveillé par une crise, se réjouit en apercevant sous la porte une raie de jour. Quel
bonheur ! c’est déjà le matin ! Dans un moment les domestiques seront levés, il
pourra sonner, on viendra lui porter secours. L’espérance d’être soulagé lui donne
du courage pour souffrir. Justement il a cru entendre des pas ; les pas se
rapprochent, puis s’éloignent. Et la raie de jour qui était sous sa porte a disparu.
C’est minuit ; on vient d’éteindre le gaz ; le dernier domestique est parti et il faudra
rester toute la nuit à souffrir sans remède. Je me rendormais, et parfois je n’avais
plus que de courts réveils d’un instant, le temps d’entendre les craquements
55
organiques des boiseries, d’ouvrir les yeux pour fixer le kaléidoscope de
l’obscurité, de goûter grâce à une lueur momentanée de conscience le sommeil où
étaient plongés les meubles, la chambre, le tout dont je n’étais qu’une petite partie
et à l’insensibilité duquel je retournais vite m’unir.
Citations
Savoir qu'on n'a plus rien à espérer n'empêche pas de continuer à attendre.
Le souvenir d'une certaine image, n'est que le regret d'un certain instant.
c'est la vie qui peu à peu, cas par cas, nous permet de remarquer que ce qui est le
plus important pour notre coeur, ou pour notre esprit, ne nous est pas appris par
le raisonnement mais par des puissances autres.
Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de
projets et de climats.
L'idée qu'on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l'idée qu'un autre
est mort.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Proust
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_la_recherche_du_temps_perdu
https://beq.ebooksgratuits.com/auteurs/Proust/Proust-01.pdf
https://www.babelio.com/auteur/Marcel-Proust/2103/citations
https://citations.ouest-france.fr/citations-marcel-proust-688.html
56
Jules Verne
Né le : 08/02/1828
Décédé le : 24/03/1905
Jules Verne, né le 8 février 1828 à Nantes et mort le 24 mars 1905 à Amiens, est un
écrivain français dont l'œuvre est, pour la plus grande partie, constituée de romans
d'aventures évoquant les progrès scientifiques du XIXe siècle.
Bien qu'il ait d'abord écrit des pièces de théâtre, Verne ne rencontre le succès qu'en 1863
lorsque paraît, chez l'éditeur Pierre-Jules Hetzel (1814-1886), son premier roman, Cinq
semaines en ballon. Celui-ci connaît un très grand succès, y compris à l'étranger. À partir
des Aventures du capitaine Hatteras, ses romans entreront dans le cadre des Voyages
extraordinaires, qui comptent 62 romans et 18 nouvelles, parfois publiés en feuilleton
dans le Magasin d'éducation et de récréation, revue destinée à la jeunesse, ou dans des
périodiques destinés aux adultes comme Le Temps ou le Journal des débats.
https://www.dicocitations.com/biographie/4501/Jules_Verne.php
57
LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT
1868
Chapitre II
Les trois documents
Ces morceaux de papier, à demi détruits par l’eau de mer, laissaient apercevoir
quelques mots seulement, restes indéchiffrables de lignes presque entièrement
effacées. Pendant quelques minutes, lord Glenarvan les examina avec attention ; il
les retourna dans tous les sens ; il les exposa à la lumière du jour ; il observa les
moindres traces d’écriture respectées par la mer ; puis il regarda ses amis, qui le
considéraient d’un œil anxieux.
– Il est difficile de se prononcer, ma chère Helena ; les mots tracés sur ces
documents sont fort incomplets.
– Cela doit être, répondit John Mangles ; il est impossible que l’eau de mer ait
rongé ces lignes précisément aux mêmes endroits, et en rapprochant ces lambeaux
de phrase, nous finirons par leur trouver un sens intelligible.
– C’est ce que nous allons faire, dit lord Glenarvan, mais procédons avec méthode.
Voici d’abord le document anglais. »
58
Ce document présentait la disposition suivante de lignes et de mots :
« Voilà qui ne signifie pas grand’chose, dit le major d’un air désappointé.
– Il n’y a pas de doute à cet égard, dit lord Glenarvan ; les mots sink, aland, that,
and, lost, sont intacts ; skipp forme évidemment le mot skipper, et il est question
d’un sieur Gr, probablement le capitaine d’un bâtiment naufragé.
– Ajoutons, dit John Mangles, les mots monit et ssistance dont l’interprétation est
évidente.
– Cela n’est pas douteux, répliqua le major, qui était invariablement de l’avis de
tout le monde, mais de quelle façon ?
Le second morceau de papier, plus endommagé que le précédent, n’offrait que des
mots isolés et disposés de cette manière : 7 juni glas… etc.
« Ceci est écrit en allemand, dit John Mangles, dès qu’il eut jeté les yeux sur ce
papier.
« D’abord, nous voilà fixés sur la date de l’événement ; 7 juni veut dire 7 juin, et
en rapprochant ce chiffre des chiffres 62 fournis par le document anglais, nous
avons cette date complète : 7 juin 1862.
– Sur la même ligne, reprit le jeune capitaine, je trouve le mot glas, qui, rapproché
du mot gow fourni par le premier document, donne Glasgow. Il s’agit évidemment
d’un navire du port de Glasgow.
– La seconde ligne du document manque tout entière, reprit John Mangles. Mais,
sur la troisième, je rencontre deux mots importants : zwei qui veut dire deux, et
atrosen, ou mieux matrosen, qui signifie matelots en langue allemande.
– Ainsi donc, dit lady Helena, il s’agirait d’un capitaine et de deux matelots ?
– Espérons que le document français sera plus explicite, dit lady Helena.
60
– Voyons le document français, répondit Glenarvan, et comme nous connaissons
tous cette langue, nos recherches seront plus faciles. »
– Voilà déjà un détail précieux, répondit John Mangles ; le naufrage a eu lieu dans
l’hémisphère austral.
– Cruel ! s’écria John Mangles, mais voilà l’explication du mot allemand graus…
Grausam… Cruel !
– On ne peut pas tout avoir, mon cher major, répondit Glenarvan, et c’est quelque
chose qu’un degré exact de latitude. Décidément, ce document français est le plus
61
complet des trois. Il est évident que chacun d’eux était la traduction littérale des
autres, car ils contiennent tous le même nombre de lignes. Il faut donc maintenant
les réunir, les traduire en une seule langue, et chercher leur sens le plus probable, le
plus logique et le plus explicite.
– Votre honneur a raison, dit John Mangles, et d’ailleurs ce langage nous est
familier.
– C’est entendu. Je vais écrire ce document en réunissant ces restes de mots et ces
lambeaux de phrase, en respectant les intervalles qui les séparent, en complétant
ceux dont le sens ne peut être douteux ; puis, nous comparerons et nous jugerons. »
Glenarvan prit aussitôt la plume, et, quelques instants après, il présentait à ses amis
un papier sur lequel étaient tracées les lignes suivantes : 7 juin 1862 trois-mâts
Britannia Glasgow sombré… etc.
« Quelles sont les intentions de votre honneur ? dit John Mangles en s’adressant à
lord Glenarvan.
– Gagner Dumbarton au plus vite, John ; puis, tandis que lady Helena retournera à
Malcolm-Castle, j’irai jusqu’à Londres soumettre ce document à l’amirauté. »
John Mangles donna ses ordres en conséquence, et le matelot alla les transmettre
au second.
« Maintenant, mes amis, dit Glenarvan, continuons nos recherches. Nous sommes
sur les traces d’une grande catastrophe. La vie de quelques hommes dépend de
notre sagacité. Employons donc toute notre intelligence à deviner le mot de cette
énigme.
62
– Nous sommes prêts, mon cher Edward, répondit lady Helena.
– Tout d’abord, reprit Glenarvan, il faut considérer trois choses bien distinctes dans
ce document : 1) les choses que l’on sait ; 2) celles que l’on peut conjecturer ; 3)
celles qu’on ne sait pas. Que savons-nous ? Nous savons que le 7 juin 1862 un
trois-mâts, le Britannia, de Glasgow, a sombré ; que deux matelots et le capitaine
ont jeté ce document à la mer par 37°11’ de latitude, et qu’ils demandent du
secours.
– Sans doute.
– Cela est facile à vérifier, répondit John Mangles en déployant une carte de
l’Amérique méridionale. C’est bien cela. La Patagonie est effleurée par ce trente-
septième parallèle. Il coupe l’Araucanie, longe à travers les pampas le nord des
terres patagones, et va se perdre dans l’Atlantique.
Glenarvan parlait avec conviction. Ses yeux respiraient une confiance absolue.
Tout son feu se communiquait à ses auditeurs. Comme lui, ils s’écrièrent : « C’est
évident ! C’est évident ! »
63
Lord Edward, après un instant, reprit en ces termes :
– Oh ! Nous n’avons pas besoin d’aller chercher si loin, répondit John Mangles.
J’ai ici la collection de la mercantile and shipping gazette, qui nous fournira des
indications précises.
John Mangles prit une liasse de journaux de l’année 1862 et se mit à la feuilleter
rapidement. Ses recherches ne furent pas longues, et bientôt il dit avec un accent de
satisfaction :
– Grant ! s’écria lord Glenarvan, ce hardi écossais qui a voulu fonder une
Nouvelle-Écosse dans les mers du Pacifique !
– Oui, répondit John Mangles, celui-là même qui, en 1861, s’est embarqué à
Glasgow sur le Britannia, et dont on n’a jamais eu de nouvelles.
– Plus de doute ! Plus de doute ! dit Glenarvan. C’est bien lui. Le Britannia a
quitté le Callao le 30 mai, et le 7 juin, huit jours après son départ, il s’est perdu sur
les côtes de la Patagonie. Voilà son histoire tout entière dans ces restes de mots qui
semblaient indéchiffrables. Vous voyez, mes amis, que la part est belle des choses
que nous pouvions conjecturer. Quant à celles que nous ne savons pas, elles se
réduisent à une seule, au degré de longitude qui nous manque.
– Il nous est inutile, répondit John Mangles, puisque le pays est connu, et avec la
latitude seule, je me chargerais d’aller droit au théâtre du naufrage.
64
– Tout, ma chère Helena, et ces blancs que la mer a laissés entre les mots du
document, je vais les remplir sans peine, comme si j’écrivais sous la dictée du
capitaine Grant. »
Aussitôt lord Glenarvan reprit la plume, et il rédigea sans hésiter la note suivante :
« Bien ! Bien ! Mon cher Edward, dit lady Helena, et si ces malheureux revoient
leur patrie, c’est à vous qu’ils devront ce bonheur.
– Et ils la reverront, répondit Glenarvan. Ce document est trop explicite, trop clair,
trop certain, pour que l’Angleterre hésite à venir au secours de trois de ses enfants
abandonnés sur une côte déserte. Ce qu’elle a fait pour Franklin et tant d’autres,
elle le fera aujourd’hui pour les naufragés du Britannia !
– Mais ces malheureux, reprit lady Helena, ont sans doute une famille qui pleure
leur perte. Peut-être ce pauvre capitaine Grant a-t-il une femme, des enfants…
– Vous avez raison, ma chère lady, et je me charge de leur apprendre que tout
espoir n’est pas encore perdu. Maintenant, mes amis, remontons sur la dunette, car
nous devons approcher du port. »
Là, une voiture attelée en poste attendait lady Helena pour la reconduire à
Malcolm-Castle avec le major Mac Nabbs. Puis lord Glenarvan, après avoir
embrassé sa jeune femme, s’élança dans l’express du railway de Glasgow.
65
Mais, avant de partir, il avait confié à un agent plus rapide une note importante, et
le télégraphe électrique, quelques minutes après, apportait au Times et au Morning-
Chronicle un avis rédigé en ces termes :
https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Enfants_du_capitaine_Grant/Partie_1/
Chapitre_II
**************************
Un tableau apaisé
Ces attitudes civiques – ou en tout cas ce que les élèves en disent – sont
réaffirmées au-delà de l’enceinte scolaire : les quatre cinquièmes soutiennent la
68
séparation des Eglises et de l’Etat. Les trois quarts se disent opposés à ce que les
règles de vie prescrites par la religion soient plus importantes que les lois de la
République. Autant considèrent que la neutralité et l’indépendance de l’Etat vis-à-
vis des religions favorisent la démocratie.
« Depuis quinze jours ou trois semaines, c’est un peu comme cela à chaque fois, à
chaque sortie d’un candidat de Benjamin Griveaux, constate Frédérique
Calandra. Les mêmes manifestants étaient hier à l’entrée du meeting de Benjamin
au Théâtre Bobino, dans le 14e arrondissement, et ont crié quand les ministres
sont arrivés. »
Pour ses derniers vœux aux habitants du 20 e, la maire savait que la cérémonie
risquait d’être tendue. Non seulement elle est contestée par certains habitants et
une partie de son conseil municipal depuis qu’elle s’est détournée des socialistes
69
pour rejoindre Emmanuel Macron, mais ses récents propos, le 24 janvier sur
CNews, évoquant la présence des Frères musulmans à Paris ont aussi suscité la
polémique. « Ils sont infiltrés dans les centres sociaux, avait-elle déclaré. Chez
moi, il a fallu que je tape du poing sur la table pour qu’un centre social géré par
la Ligue de l’enseignement n’organise pas une démonstration de comment bien
porter le voile pour les jeunes filles. »
A l’approche des vœux, « certains avaient donc appelé sur les réseaux sociaux à
envahir la mairie », dénonce Frédérique Calandra. Certains élus critiques, comme
Danielle Simonnet (La France insoumise), avaient prévenu qu’ils ne monteraient
pas sur l’estrade « pour dénoncer ses prises de position odieuses ». « On n’est pas
dans un arrondissement d’islamistes », appuie Frédéric Hocquart, un adjoint
(Génération·s) d’Anne Hidalgo resté lui aussi en bas de la scène.
Vocabulaire
PS – parti socialiste
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Perturber – Déranger, troubler
Un vœu – un souhait
Susciter – pousser
Dégager – libérer
L'INFO
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l’importance de la Turquie pour l’Europe et sa volonté de développer des relations
positives et de rencontrer dans un proche avenir » son homologue d’Ankara.
« C’est une lettre très positive, avec certaines parties en turc. Notre président l’a
saluée et accepte de rencontrer Macron. Un premier entretien pourrait avoir lieu
par visioconférence », a déclaré Cavusoglu, expliquant que la feuille de route pour
la standardisation identifiée à son homologue parisien, Jean-Yves Le Drian,
comprend quatre points clés: «les relations et consultations bilatérales, la lutte
contre le terrorisme, les enjeux régionaux, notamment en Syrie et en Libye, et la
coopération dans le secteur de l’éducation». (ANSA Europe)
Ile-de-France
AA / Ankara
Dans un courrier adressé à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, le président
français, Emmanuel Macron, a exprimé son souhait de voir la Turquie participer au
retour de la stabilité sur le continent européen en 2021.
Dans un article publié vendredi par le quotidien français L’Opinion, il est indiqué
que le Chef de l’État turc a adressé un courrier à Emmanuel Macron le 19
décembre dernier, le président français venant de faire savoir qu’il avait été infecté
au coronavirus Covid-19.
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Pour le remercier de ses souhaits de prompt rétablissement, Macron a à son tour
écrit une lettre à son homologue turc, dans un ton amical, commençant par la
formule "Değerli Tayyip", qui signifie "Cher Tayyip".
Il apporte par ailleurs son soutien à la nécessité exprimée par Erdogan de lutter
ensemble contre la pandémie et les conséquences de la Covid-19.
"J’espère que l’année 2021 sera celle du retour de la stabilité sur le continent
européen avec la participation positive de la Turquie", a encore écrit le président
Macron.
En marge de cet échange de courriers, les deux leaders ont convenu de réaliser très
prochainement une discussion par visioconférence.
L’article de l’Opinion se termine par une note d’espoir dans le développement des
relations entre les deux pays, qui ont traversé une période particulièrement tendue
ces 15 derniers mois, rappelant par exemple qu’Erdogan a refusé de s’entretenir
avec Macron lors du conflit au Haut-Karabagh.
https://menanews.info/2021/01/15/france-turquie-macron-ecrit-a-erdogan-une-
lettre-tres-positive-pour-ankara/
https://www.aa.com.tr/fr/politique/lopinion-macron-souhaite-un-retour-de-la-
stabilit%C3%A9-en-europe-gr%C3%A2ce-aux-contributions-de-la-turquie/
2111995
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Etats-Unis: Biden promet une série de décrets dès le premier jour de sa
présidence
C.Bo.
Joe Biden signera une série de décrets dès le premier jour de sa présidence ,
mercredi, notamment pour ré-engager les Etats-Unis dans l'accord de Paris sur
le climat, a annoncé samedi son futur chef de cabinet, Ron Klain.
Cette interdiction avait été promulguée quelques jours seulement après la prise
de fonctions de Donald Trump, en janvier 2017.
Le chef de cabinet n'a pas détaillé tous les décrets, indiquant qu'ils concernaient
les quatre priorités de Joe Biden, à savoir la lutte contre le coronavirus , celle
contre le changement climatique, la relance de l'économie et le combat pour la
justice sociale et raciale.
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Concernant la pandémie, le 46ème président des Etats-Unis prendra un décret
rendant obligatoire le port du masque dans les locaux et espaces dépendant de
l'Etat fédéral, ainsi que lors des déplacements entre Etats, ce que Donald Trump
s'était toujours refusé à faire.
Sur le plan économique, Joe Biden prévoit aussi de prolonger le moratoire sur
les expulsions et les saisies immobilières, lié à la pandémie.
Le nouveau président enchaînera sur une série d'autres décrets, tous signés d'ici
au 1er février, soit durant les dix premiers jours de sa présidence, a annoncé
Ron Klain dans un communiqué.
"Ces mesures soulageront les millions d'Américains qui subissent ces crises", a
expliqué le futur chef de cabinet. "Le président élu Biden va agir , pas
seulement pour réparer les dégâts les plus sérieux du gouvernement Trump,
mais aussi pour permettre au pays d'avancer."
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Le FBI a prévenu tous les services de police de se préparer à la présence de
manifestants potentiellement armés convaincus par les accusations de fraude
massive répétées sans preuves par Donald Trump depuis la victoire du
démocrate Joe Biden à l'élection présidentielle du 4 novembre.
EXTRÉMISTES AMÉRICAINS
Des milliers de gardes nationaux ont été déployés à Washington. Des ponts
menant à la ville ont été fermés et l'accès à plusieurs lieux touristique a été
interdit.
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Vendredi, un homme originaire de Virginie, Wesley Allen Beeler, armé d'un
pistolet chargé et de 500 balles a été arrêté à Washington en possession d'une
fausse accréditation pour la cérémonie d'inauguration.
https://fr.yahoo.com/news/etats-unis-biden-promet-s%C3%A9rie-221438263.html
Madame Cuisine
Si les grandes tables ne sont pas toujours abordables, il existe néanmoins une porte
d’entrée pour profiter d’un menu étoilé. Laquelle ? Celle du déjeuner. Ainsi, à
Fanal, dans le Languedoc-Roussillon, on déguste un menu gastronomique les pieds
dans l’eau pour la modique somme de 26 euros. De même, au cœur de la
Bourgogne, pour 25 euros, on découvre la «griffe Loiseau», représentée par le chef
Louis-Philippe Vigilant. Celui-ci revisite, entre autres, le terroir et ajoute sa touche
créative : œuf parfait à 63°C, crème de topinambour et écume de lard ou encore
cabillaud confit aux baies de genièvre, chou rouge et betterave fumée à la
bergamote. Une cuisine inventive «extrêmement abordable pour ce niveau de
qualité», comme on peut le lire sur les commentaires du site du guide Michelin.
Petit-déjeuner, déjeuner, dîner : le tiercé traditionnel n'a pas dit son dernier mot,
même si un nombre non négligeable de personnes lui fait défaut.
En 2010, alors que le repas gastronomique des Français était inscrit par l'Unesco à
la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, une équipe de chercheurs
s'interrogeait: le modèle alimentaire français des trois repas par jour est-il toujours
la norme? Pour le savoir, les scientifiques (Université Pierre et Marie
Curie/Inserm) se sont penchés sur les habitudes alimentaires de près de 3000
adultes habitant Paris et sa proche banlieue.
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Parue en mars dernier dans la revue PLOS ONE, l'étude montre que 75% des
personnes, principalement des familles, des personnes âgées et des étudiants,
suivent bien le sacro-saint tiercé alimentaire petit-déjeuner, déjeuner, dîner.
Les 25% restants sautent un, voire deux repas chaque jour. On y trouve d'une
part des individus en difficulté professionnelle, avec un faible niveau d'éducation et
des revenus bas. «Ce sont des personnes qui se désynchronisent en mangeant
seulement un ou deux repas par jour, souvent seules devant la télévision», analyse
Julien Riou, coauteur de l'étude. Ce groupe compte par ailleurs des jeunes actifs
dont le mode de vie urbain conditionne la variabilité des repas. «Ce comportement
a possiblement vocation à disparaître avec l'âge et l'arrivée des enfants», analysent
les chercheurs.
Le Nouvel An chinois est une date très importante dans la culture de l'empire du
Milieu. Durant ce passage à la nouvelle année, les Chinois se réunissent en famille
afin de préparer des plats traditionnels qui apporteront joie et prospérité. Le plat de
fête, le hot pot, plus communément connu sous le nom de fondue chinoise, n’est
jamais oublié sur la table. Ce bouillon de viande et de baies de goji est
traditionnellement servi dans une marmite. Chaque invité y fait mariner des
morceaux de viande, des fruits de mer ou des légumes. Mais ce dîner ne serait pas
complet sans la présence de nouilles dans l’assiette. Selon la croyance populaire,
ce mets porte bonheur car plus les nouilles sont longues, plus les convives vivront
longtemps. La fin du repas se termine toujours avec le gâteau de l’An, le nian gao,
composé de riz et fourré aux abricots.
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Des saveurs sucrées-salées, des textures croustillantes ou onctueuses, les plats
traditionnels chinois ont su, depuis longtemps, conquérir les papilles des
Occidentaux. On débutera ce voyage gustatif avec une soupe de raviolis aux
crevettes fraîches, on continuera avec le croquant des rouleaux de printemps au
tourteau puis on se délectera devant un poulet aux pousses de bambou avant de
terminer avec une note délicieusement fruitée, la traditionnelle boule de coco. De
belles occasions de laisser la Chine s’inviter dans votre maison.
Proche-Orient : Paris insiste sur une solution à deux États «en conformité
avec le droit international»
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La France a insisté mercredi 29 janvier sur la nécessité d'une solution à deux États
respectant le droit international au lendemain de la présentation par le président
américain Donald Trump de son plan de paix pour le Moyen-Orient.
Paris «exprime sa conviction que la solution des deux États, en conformité avec le
droit international et les paramètres internationalement agréés, est nécessaire à
l’établissement d’une paix juste et durable au Proche-Orient», a déclaré la porte-
parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. La France
«continuera d’agir en ce sens en lien avec les États-Unis, ses partenaires
européens et tous ceux qui peuvent contribuer à la réalisation de cet objectif», a-t-
elle ajouté.
Royautés
La princesse Anne marquera l'Histoire à tout jamais. Après avoir annoncé se retirer
de ses fonctions royales, le prince Harry a dû abandonner plusieurs des titres qu'il
possédait jusqu'alors. Parmi eux ? Celui de capitaine général des Royal Marines,
un poste honorifique. Avant que l'époux de Meghan Markle soit nommé, il y a un
peu plus de deux ans, c'est le prince Philip qui a endossé ce titre pendant plus de 64
ans. Selon les informations du Times, c'est la princesse Anne qui va récupérer ce
poste à responsabilité et devra présider les 7.000 membres de la marine britannique
d'ici quelques semaines. Déjà à la tête de 65 organisations militaires, la fille
d'Elizabeth II est en voie de devenir la première femme capitaine générale des
Royal Marines. depuis 155 ans. Au printemps prochain, lorsque le retrait des
Sussex sera acté, elle ajoutera donc ce poste à ses nombreuses fonctions royales.
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"Mais il croit que le prince Harry a tout bonnement abandonné les Royal Marines
en les quittant après seulement deux ans, poursuivait-il. Il aimerait qu'Anne prenne
le relais." Le prince Harry, qui a servi neuf ans comme officier de l'armée, est à la
tête des Royal Marines depuis seulement un peu plus de deux ans. Son arrière-
grand-père, le roi George VI, a introduit le titre de capitaine général en 1948. Juste
avant de quitter la famille royale et le Royaume-Uni, l'époux de Meghan Markle
avait dit toute la fierté qu'il ressentait à ce poste. "Je suis extrêmement fier d'être le
capitaine général des Royal Marines, écrivait-il à la fin du mois de janvier dernier.
C'est une organisation avec une histoire si riche et impressionnante, une histoire
qui devrait être exposée à tous." C'est maintenant à sa tante de s'en occuper.
https://www.closermag.fr/royautes/retrait-du-prince-harry-la-princesse-anne-
recupere-l-un-de-ses-titres-et-marque-1082592?
utm_campaign=partenariat&utm_source=yahoo-actu&utm_medium=flux
Actualités
Kovacs, Stéphane
Les handicapés ont droit à une vie de dignité, une vie de liberté, une vie comme les
autres, au milieu des autres
Emmanuel Macron
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Comment faire pour simplifier la vie des 12 millions de Français en situation de
handicap? Scolarisation, accès aux droits ou à l’emploi… Quinze ans jour pour
jour après l’adoption de la loi sur «l’égalité des chances et des droits, la
participation et la citoyenneté des personnes handicapées», Emmanuel Macron a
fait, mardi, toute une série d’annonces- sans toutefois détailler leur financement.
La création d’ici à l’an prochain d’un numéro d’appel unique, le 360, permettra
aux familles de sortir de «l’errance de guichet en guichet». Les maisons
départementales des personnes handicapées (MDPH) recevront 50 millions d’euros
supplémentaires, sur les deux ans, qui viennent pour pouvoir répondre plus
rapidement aux demandes. Le gouvernement entend également lutter contre les
départs contraints vers des établissements spécialisés en Belgique: un millier de
nouvelles places doivent être créées dans trois régions prioritaires (Île-de-France,
Hauts-de-France, Grand Est), plus 2500 solutions en établissements ou dans des
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services médico-sociaux dans toute la France. Pour renforcer l’accès aux services
du quotidien, «1000 ambassadeurs d’accessibilité», des jeunes du service civique,
sillonneront les territoires pour aller faire de la pédagogie auprès des commerçants.
Sur le front de l’emploi des handicapés, le gouvernement entend mettre l’accent
sur le développement de l’apprentissage.
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/les-bonnes-intentions-de-macron-contre-le-
handicap-20200211#xtor=AL-201
De plus, atteindre une immunité collective grâce aux vaccins dépend en partie de
leur efficacité (les anticorps développés et leur protection), de leur conservation
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(certains vaccins conservés à des températures très basses ne sont pas adaptés à une
vaccination de masse), et de leur distribution. Pour le moment, on sait que le
candidat-vaccin de Pfizer protège l'individu vacciné, mais on ignore encore sa
capacité à empêcher la transmission du virus.
Enfin, l'ensemble de la population mondiale n’aura pas accès aux vaccins en même
temps, et le virus continuera de se propager si les populations relâchent leurs
efforts. Pour la vaccinologue Marie-Paule Kieny, « le SARS-CoV-2 (…) est trop
bien installé pour que l’on puisse l’éliminer grâce à l’induction d’une immunité
collective par la vaccination ». Auprès du Monde, elle a précisé : « D’après une
modélisation publiée dans la revue The Lancet, il faudrait pour cela vacciner
presque 100 % de la population mondiale avec un vaccin qui serait efficace à près
de 100 % pendant plusieurs années. On en est loin. »
Le SARS-CoV-2 est un virus à ARN qui mute au fil du temps, et même « tout le
temps », selon la vaccinologue Marie-Paule Kieny. Le ministre anglais de la santé
a ainsi évoqué à la mi-décembre l'existence d'une nouvelle lignée virale dans le
pays.Ces mutations peuvent avoir de graves conséquences, notamment sur le mode
de transmission du virus ou sur sa virulence, et le rendre ainsi potentiellement plus
dangereux qu’au début. Mais, dans le cas de ce virus, qui a pour le moment peu
muté, rien de tel n’a encore été observé.
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/12/01/combien-de-vaccins-quand-seront-ils-
disponibles-seront-ils-obligatoires-peuvent-ils-mettre-fin-l-epidemie-de-covid-19-nos-reponses-
a-vos-questions_6061795_4355770.html
Şuşanın yenidən qurulmasını diqqət mərkəzində saxlayan İlham Əliyev onu zəbt etmək
istəyən məmurlara sərt xəbərdarlıq etdi
Azərbaycanın keçmişi qəhrəmanlıq salnamələri ilə zəngindir. Vətən müharibəsi göstərdi ki, bu
gün xalqımız əcdadlarımızdan irsən keçən döyüş ruhunu, vətən eşqini, qalib olmaq əzmini
genetik olaraq layiqincə daşıyır. 44 günlük müharibənin hər günü, işğalda olan hər bir
rayonumuzun, şəhər və kəndimizin azad olunması müasir tariximizin qəhrəmanlıq səhifəsidir.
Qarabağın qəlbi Şuşanın erməni tapdağından xilas edilməsi isə bu müqəddəs savaşın zirvəsi, ən
böyük hadisəsi, Azərbaycanın mühüm strateji qələbəsi oldu.
Prezident İlham Əliyevin noyabrın 8-də Şəhidlər xiyabanından xalqa müraciətində Şuşanın azad
olunduğunu bəyan etməsi Azərbaycanın hər yerində böyük coşqu ilə qarşılandı, xalqımız bu
tarixi qələbəni qeyd etmək üçün küçələrə axışdı. Ali Baş Komandan İlham Əliyev sərkərdə
qətiyyəti ilə Şuşanı özümüzə - xalqımıza qaytardı. Bu qələbənin müəllifi kimi İlham Əliyev
28 illik həsrətə son qoydu. Şuşanı düşmən tapdağından azad etməklə müstəqilliyimizi və
dövlətçiliyimizi şərəfləndirdi. Şuşaya Azərbaycan bayrağını sancmaqla qürurumuzu yüksəltdi.
Ən əsası, Prezident İlham Əliyev tarixi ədaləti bərpa etdi.
Şuşa Azərbaycan əsgərinin qanı və canı bahasına azad edildi. Keçilməz dağları aşan oğullar
Şuşanı azad etməklə bütün dünyaya Azərbaycan əsgərinin gücünü, yenilməzliyini, yüksək döyüş
ruhunu nümayiş etdirdi. Qədim yurd yerimiz, Qarabağ xanı Pənahəli xanın saldığı, milli
mədəniyyətimizin, musiqimizin beşiyi olan Şuşa şəhid qanları ilə daha da müqəddəsləşdi
xalqımız üçün. “Şuşa əməliyyatı Azərbaycan xalqının qəlbində əbədi yaşayacaq. Şuşa uğrunda
gedən döyüşlərdə şəhid olmuş qəhrəman övladlarımızın əziz xatirəsi bizim qəlbimizdə əbədi
yaşayacaq. Şuşanı azad edərkən Azərbaycan əsgər və zabiti qəhrəmanlıq, peşəkarlıq, fiziki güc,
yüksək milli ruh göstərib. O, Daşaltı istiqamətindən, digər istiqamətlərdən, sıldırım qayalardan
qalxaraq, işğalçıları məhv edərək Şuşanı azad edib, demək olar ki, əliyalın, əlində süngü, bıçaq,
yüngül silah topa, tanka qarşı vuruşub”, - deyə İlham Əliyev bildirib.
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Təsadüfi deyil ki, qəhrəman əsgərlərimizin Şuşanı azad etdiyi gün - noyabrın 8-i tariximizə Zəfər
Günü kimi həkk olundu.
Bu gün qarşıda duran vəzifələrdən biri işğaldan azad edilmiş ərazilərin yenidən qurulması,
doğma yurd yerlərinə qayıdacaq məcburi köçkünlərin layiqli həyat şəratinin təmin edilməsidir.
Hələ əməliyyatların getdiyi günlərdən ilkin infrastruktur layihələrinin həyata keçirilməsinə
başlanılmışdı.
Bütün rayonlar, erməni vandallığının qurbanı olan hər bir şəhər və kənd ən yüksək şəkildə
yenidən qurulacaq.
O cümlədən Şuşa bərpa ediləcək, onun əvvəlki şöhrəti özünə qaytarılacaq. Ermənistan işğaldan
sonra Şuşanın erməniləşdirilməsinə çalışsa da, buna nail ola bilmədi. İlk növbədə ona görə ki,
Şuşa şəhər olaraq tam şəkildə Azərbaycan milli arxitekturasını özündə təcəssüm etdirir. Bu
şəhərin hər binası, hər küçəsi xalqımızın milli dəyərlərini daşıyır. Ona görə ermənilər nə qədər
çalışsalar da, şəhəri erməniləşdirə bilmədilər. 28 ildə işğalçılar burada çoxlu sayda tədbirlər,
idman yarışları təşkil etdilər, amma dünya Şuşanı erməni şəhəri kimi tanımaqdan uzaq oldu.
Xaricdəki erməni diasporunun maliyyəsi ilə bir neçə infrastruktur layihəsi də icra etdilər, amma
heç kim ermənilərə yad olan Şuşaya gəlmək istəmədi. Bəli, Şuşa erməniləri heç vaxt qəbul
etmədi, tarixini saxtalaşdırmağa imkan vermədi. Özününküləşdirə bilməyən düşmən onu dağıtsa
da, Şuşa sınmadı, vüqarı əyilmədi. “Şuşa Azərbaycan xalqının qəlbində xüsusi yerə malikdir.
Şuşa Qarabağın tacıdır, Şuşa təkrarolunmaz şəhərdir. Şuşanın yerləşməsi, təbiəti, havası, iqlimi,
tarixi abidələri, dini abidələrimiz, şəhərin memarlıq ansamblı bizim milli sərvətimizdir. Şuşanı
biz qorumalıyıq, qoruyacağıq. Biz Şuşaya qayıtmışıq və bundan sonra Azərbaycan xalqı Şuşada
əbədi yaşayacaqdır. Necə ki, bütün dövrlərdə Şuşa həmişə Azərbaycan şəhəri olmuşdur və
ermənilərin saxtakarlıq cəhdlərinə baxmayaraq, bütün dünya Şuşanı məhz Azərbaycan şəhəri
kimi tanıyıb və qəbul edib” deyə Prezident İlham Əliyev bildirib.
Prezident İlham Əliyev Şuşa şəhərinin bərpasına, dirçəldilməsinə xüsusi diqqətlə yanaşır.
Təsadüfi deyil ki, dövlət başçısı Şuşanı Azərbaycanın mədəniyyət paytaxtı elan edib. İşğaldan
azad edilmiş ərazilərdə Prezidentin ilk xüsusi nümayəndəsi Şuşa rayonuna təyin olunub.
Dövlət başçısı şəhərin bərpası ilə bağlı tapşırıqlarını verib. Bütün layihələr planlı şəkildə həyata
keçirilməli, şəhərsalma işləri düzgün aparılmalı, Şuşanın tarixi siması saxlanılmalıdır. Şuşaya
yad olan hər hansı bir tikiliyə yol vermək olmaz. Çünki Şuşa mədəniyyətimizin ünvanıdır.
Şəhərin bərpasından sonrakı vəziyyəti də xalqımızın milli dəyərlərini əks etdirməlidir. İlk
növbədə Bülbülün, Natəvanın, Üzeyir Hacıbəylinin büstlərinin yenidən Şuşaya qaytarılması da
göstərdi ki, bu şəhər Azərbaycanın mədəniyyət paytaxtı adını daşımalıdır.
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Lakin təəssüflə qeyd edilməlidir ki, bəzi dövlət qurumları zərurət olmadan Şuşa şəhərində öz
regional bölmələrini açmaq fikrinə düşürlər. Bu barədə mətbuatda da informasiyalar yayılıb.
Fevralın 1-də Abşeron Rayon Mərkəzi Xəstəxanasının yeni inşa edilən binasının açılışından
sonra Azərbaycan Televiziyasına müsahibə verən Prezident İlham Əliyev bir sıra dövlət
qurumlarının Şuşada nümayəndəliklərini, yerli qurumlarını, regional filiallarını yaratmaq barədə
təşəbbüslərinə sərt etirazını bildirdi. “Bir də ki, mən Şuşanı mədəniyyət paytaxtı elan etmişəm,
məmurlar paytaxtı elan etməmişəm! Ona görə hər kəs otursun yerində, öz işi ilə məşğul olsun,
məni də əsəbləşdirməsin” deyən Prezident onu da bildirdi ki, heç bir qanunsuz hərəkət ola
bilməz, heç bir torpaq zəbt oluna bilməz.
Bəli, Şuşanın bərpası şəhərin adına layiq, tarixinə və statusuna uyğun olmalıdır. Şəhidlərimizin
qanı bahasına azad edilmiş şəhərimizdə hansısa dövlət qurumlarının populyarlıq naminə
özbaşınalığına imkan vermək olmaz. Ona görə İlham Əliyev həmin dövlət qurumlarına sərt
xəbərdarlıq etdi, onlara öz yerlərini göstərdi. İşğal dövründə düşmənə boyun əyməyən Şuşa
Prezident İlham Əliyevin xüsusi nəzarət və diqqəti ilə qısa zamanda dirçələcək, milli
mədəniyyətimizin ünvanı kimi tarixi şöhrətini bərpa edəcək.
Rəşad CƏFƏRLİ,
“Azərbaycan”
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/12/01/combien-de-vaccins-quand-seront-ils-
disponibles-seront-ils-obligatoires-peuvent-ils-mettre-fin-l-epidemie-de-covid-19-nos-reponses-
a-vos-questions_6061795_4355770.html
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