Audit des Startups E-commerce
Audit des Startups E-commerce
DUMILLIER, Anthony
Mai 2021
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Ref : 149921
SOMMAIRE
SOMMAIRE ................................................................................................................ 1
Note liminaire à l’attention du jury ............................................................................. 2
Note de synthèse ....................................................................................................... 4
LISTE DES ABREVATIONS............................................................................................. 7
TABLE DES FIGURES .................................................................................................... 8
INTRODUCTION .......................................................................................................... 9
Partie 1 : Comprendre le contexte des startups pour appréhender la mission du
commissaire aux comptes......................................................................................... 13
1.1 Introduction : définition et généralités sur la startup ..................................... 13
1.2 Sous quelle forme juridique sont constituées les startups ? .......................... 17
1.3 Les possibilités de financement des startups .................................................. 19
1.4 Développement et croissance des startups .................................................... 26
1.5 Durée de vie des startups ................................................................................ 29
1.6 Caractéristiques des startups du e-commerce................................................ 32
1.7 Conclusion sur la première partie ................................................................... 36
Partie 2 : Les caractéristiques de la startup impacte la mission du commissaire
aux comptes ............................................................................................................. 38
2.1 La prise de connaissance de la startup du e-commerce : axer l’analyse
sur des points précis .............................................................................................. 39
2.2 La continuité d’exploitation au cœur de la mission ........................................ 46
2.3 Les principaux facteurs de risques inhérents aux startups du e-
commerce .............................................................................................................. 55
2.4 Procédures mises en œuvre à l’issue de l’évaluation des risques .................. 72
2.5 Synthèse des moyens proposés .................................................................... 104
2.6 Conclusion sur la deuxième partie ................................................................ 105
Conclusion générale ................................................................................................107
Bibliographie ...........................................................................................................110
Annexes ..................................................................................................................114
Table des matières ..................................................................................................181
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Note liminaire à l’attention du jury
Mesdames, Messieurs les examinateurs,
Sur la forme :
Sur le fond :
Page | 2
bleue), bonnes pratiques pour le commissaire aux
comptes (de couleur jaune), erreurs à ne pas
commettre (de couleur rouge).
1) Création d’un outil spécifiquement dédié pour
valider le cycle client/ventes d’une société de
Mémoire trop vente en ligne (annexe B 15) et réécriture du
Feuille de général, des outils paragraphe consacré à la reconnaissance du
soutenance devront être chiffre d’affaires (2.3.2).
développés 2) Création d’un questionnaire d’analyse de la
conformité au RGPD de la startup (annexe B 26).
3) Création d’un questionnaire d’analyse de la
conformité du site de vente à la réglementation
(annexe B 27).
Page | 3
Note de synthèse
Les créations de sociétés se sont multipliées ces dernières années, selon l’Insee
le nombre de nouvelles entreprises étaient en hausse de 18 % entre 2018 et
2019. En 2019, les créations de sociétés étaient à leur plus haut niveau depuis
2010. 1 Dans ce contexte de croissance, on retrouve l’émergence de diverses
formes de sociétés (avec une préférence pour les SAS, toujours selon l’Insee qui
ont représenté en 2019, 63 % des nouvelles sociétés.).
Les startups sont d’après, Patrick Fridenson généralement des sociétés nouvelles,
avec un projet innovant et qui sont financées le plus souvent par des levées de
fonds ou des capitaux risqueurs. On retrouve plusieurs formes de startup
(nouvelles technologies, médecine, achat sur Internet, etc…).
1
https://www.insee.fr/fr/statistiques/3314444
2
Les Echos.fr, d’après Guillaume de Calignon
3
Selon l’encyclopédie Larousse
4
D’après KPMG, https://www.kpmg-pulse.fr/start-up-les-chiffres-cles-de-lecosysteme-a-
connaitre-en-2020/
Page | 4
Par ailleurs, en raison leurs caractéristiques (actionnariat, croissance,
financement, etc…), ces sociétés sont très spécifiques dans leur fonctionnement.
Qui dit « spécificités » dit forcément des facteurs de risques pour le commissaire
aux comptes tant sur la forme que sur le fond. Ainsi, une startup dans un
portefeuille de commissariat aux comptes est une source de risques nouveaux
qu’il convient de bien appréhender. D’après Torres.O5 et François Meyssonnier6,
la startup n’est pas une PME classique. On peut la qualifier d’entrepreneuriale
dans son projet et de managériale dans ses méthodes, « se comportant telle une
grande entreprise en miniature ».
5
Torres O. (1997), Pour une approche contingente de la spécificité de la PME. Revue
internationale PME 10
6
Quel contrôle de gestion pour les startups
7
Article L. 823-9 du code de commerce
8
NEP 320
Page | 5
C’est ainsi que, ce mémoire portera sur les startups du e-commerce et plus
précisément l’approche d’audit légal dans ce type de société.
La démarche d’audit dans une startup engendre des risques spécifiques sur
l’aspect technique mais également dans l’application des normes d’exercice
professionnel (NEP). Une démarche d’approche par les risques aux startups du e-
commerce sera présentée dans ce mémoire, permettant au commissaire aux
comptes de mieux appréhender l’environnement de ces sociétés (risques
inhérents et risque liés au contrôle) afin de limiter le risque d’audit.
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LISTE DES ABREVATIONS
D’ordre grammatical
Art. Article
Cf. Confère
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TABLE DES FIGURES
Page | 8
INTRODUCTION
Autrefois, aux 19 et 20èmes siècles, les révolutions industrielles successives
faisaient vivre l’économie française. Bien plus tard, se développa la révolution
informatique qui allait autant bouleverser l’économie mondiale et nationale que
les premières révolutions industrielles. D’après le Larousse Encyclopédie, une
révolution industrielle se caractérise par la transformation du monde moderne,
par le développement du capitalisme, de la technique, de la production et des
communications.
La révolution numérique est bien là, et elle bouleverse notre quotidien de l’être.
Celle-ci se caractérise par plusieurs formes : développement des réseaux sociaux,
des achats et de ventes en ligne etc…
Surfant sur cette vague, des jeunes entreprises innovantes à fort potentiel de
croissance dans le secteur des nouvelles technologies9, se développent, on parle
de startup. Ces sociétés sont le plus souvent portées par un projet spécifique.
Selon Patrick Fridenson, historien des entreprises et directeur d’études à l’Ecole
des hautes études en sciences sociales (Ehess), « ce n’est ni l’âge, ni la taille, ni le
secteur d’activité, qui font d’une entreprise une startup, mais les trois conditions
suivantes : 1) la perspective d’une forte croissance, 2) l’usage d’une technologie
nouvelle, et 3) le besoin d’un financement massif, par des levées de fonds ».10
Les startups émergent partout dans le monde, même si on note une préférence
pour les trois principaux pôles financiers mondiaux : l’Amérique du Nord,
l’Europe et l’Asie.11
9
Selon Redis (2007), repris dans l’ouvrage « Quel contrôle de gestion pour les startups de
François Meyssonier
10
www.capital.fr
11
D’après Géraldine Russel, https://www.maddyness.com/2017/03/21/frenchtech-ecosysteme-
startup-francais-10-chiffres/
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D’après l’Insee, l’économie française connait une reprise de l’activité depuis
maintenant trois ans. On peut constater que, combinant reprise d’activité
nationale française et révolution numérique, la France métropolitaine semble
être un lieu privilégié pour le développement des startups. L’année 2017 a vu
progresser par exemple le secteur de l’information et de la communication de
3.7% (en hausse de chiffre d’affaires) d’après Marc Malard, chargé de missions
au conseil supérieur.12
Au travers de ce mémoire, la réflexion a été axée sur l’approche par les risques
dans une mission d’audit légal applicable aux startups du e-commerce. Il sera
question d’analyser les risques inhérents à cette forme de société mais
12
Sic 372, Avril 2018
13
La situation du e-commerce en 2019, direction des statistiques d’entreprises, division
commerce
Page | 10
également d’appréhender, les leviers dont dispose le commissaire aux comptes
afin de mener à bien sa mission et ainsi réduire le risque d’audit.
L’audit des comptes d’une entité est généralement réalisé par cycle (clients,
fournisseurs…). Comme nous le verrons dans la seconde partie, l’objectif n’est
pas ici de détailler tous les cycles mais plutôt d’identifier les zones de risques,
pouvant engendrer des anomalies significatives sur les états financiers et de
centrer l’analyse sur les cycles présentant des spécificités aux startups du e-
commerce. Les risques qui auront été identifiés nous permettront donc de
mettre en avant les cycles et points « risqués » du dossier, c’est-à-dire sur
lesquels les auditeurs devront accorder le plus de vigilance.
Les aspects les plus importants à prendre en compte, et qui seront développés
de manière détaillée, sont :
Pour ce faire, plusieurs outils et feuilles de travail sont proposés. Ils sont à utiliser
du début de la mission jusqu’à l’émission de l’opinion sur les comptes.
Ajoutons que, ce mémoire traite de l’approche par les risques et ceux spécifiques
liés à la présence d’une startup du e-commerce dans un portefeuille client
d’audit. Les startups sont très différentes les unes des autres, car elles ne sont
pas toutes au même stade de développement et n’ont pas le même secteur
d’activité.
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Partie 1 : Comprendre le contexte des startups
pour appréhender la mission du commissaire aux
comptes
Nous verrons que, les startups bien que toutes différentes notamment par
exemple en raison de leur secteur d’activité, de leur taille et de leur niveau de
croissance, répondent à des critères communs.
Cette première partie, permettra d’avoir une vision d’ensemble sur les
caractéristiques financières et juridiques d’une startup. Elle comprend une étude
sur les startups évoluant sur le marché du e-commerce, avec des particularités
propres à ce secteur.
Nombreux sont les ouvrages qui se sont intéressés à cette forme de société, tout
comme les définitions qui en ressortent. De ce fait, il semble délicat de définir
clairement la startup tant la notion semble complexe : croissance rapide,
financement complexe aussi bien interne qu’externe, nouvelles technologies,
projet innovant, nouvelle technologie, actionnariat atypique ou encore une durée
de vie limitée, sont tous des termes pouvant entrer dans définition d’une startup.
Il faut dire que la startup intrigue et inspire, par ses caractéristiques qui peuvent
être différentes selon le marché, le pays ou encore le stade de développement.
Rares sont les mois sans qu’une actualité ne soit consacrée à une jeune société
innovante en développement, aussi bien sur le plan local que sur le plan national.
Il ne saurait en être autrement, car elles participent activement à la reprise de la
croissance économique française (avant la crise économique actuelle), ainsi qu’à
l’emploi en France depuis maintenant plusieurs années.
Page | 13
Cette partie aura donc pour objet, de donner une définition aussi précise possible
de ce type de société, avec citations d’auteurs et expériences à l’appui.
Les startups sont des jeunes entreprises innovantes et dynamiques qui ont pour
but d’être créées et de se développer rapidement.14 Il ressort de cette définition
deux caractéristiques essentielles : l’innovation et une croissance rapide. Voilà
deux mots que l’on peut considérer comme paradoxal : en effet, le Larousse
Dictionnaire définit l’innovation de la sorte : « Ensemble du processus qui se
déroule depuis la naissance d'une idée jusqu'à sa matérialisation (lancement d'un
produit), en passant par l'étude du marché, le développement du prototype et les
premières étapes de la production ».
Cette définition met en avant que l’innovation, suit un processus qui passe par
plusieurs étapes (naissance, étude, développement et production) et donc que
l’on peut légitimement penser que ce schéma demande du temps. Or, c’est
justement ce dernier agrégat que les startups n’ont pas. Notons que, la définition
du Larousse n’intègre pas l’étape de la commercialisation du produit ou du service
qui, est cruciale pour permettre aux sociétés de disposer d’une partie des fonds
nécessaires pour se développer.
14
Page | 14
Une partie seulement, car du fait de ses besoins de financement, en raison comme
dit précédemment du paradoxe entre la finalité recherchée (croissance rapide) et
le postulat de départ (manque de trésorerie), les dirigeants vont devoir aller
rechercher des financements externes pour permettre à leur projet d’être viable.
Page | 15
et autres parties prenantes. Son portefeuille de clients n’est pas encore
confirmé. »
Cette définition confirme ainsi les particularités comptables évoquées ci-dessus :
les termes « projets » et « rodage » entraînent généralement le déploiement de
ressources humaines et financières pour tester des processus ou des projets ce qui
suppose donc des charges qui, ne sont pas toujours compensées par du chiffre
d’affaires notamment les premières années.
Le « portefeuille client non encore confirmé » montre bien les difficultés initiales
de ce genre de société à capter des clients les premières années à la suite de sa
création.
Intéressons-nous maintenant au cycle de vie d’une startup. D’après une étude sur
le financement des startups, on distingue principalement cinq phases (voir annexe
A 2 pour plus de détails) :
- L’idéation : échange des idées entre les dirigeants fondateurs, réflexion sur
le projet, les besoins et analyse du marché,
- La création : création de l’entreprise et premiers investisseurs,
- L’amorçage : levée de fonds et renforcement des capitaux propres,
embauche des premiers salariés,
- Le « Scaling » : développement du chiffre d’affaires et hausse de la masse
salariale,
- Le « Early » stage ou expansion : phase de croissance rapide, seconde levée
de fonds et possible développement à l’international.
La durée de vie des startups est aussi un point non négligeable à analyser : on
distingue plusieurs causes à la « fin » d’une startup :
- La liquidation de la société : 60 % des startups ne passe pas le stade des
quatre premières années,
- Le rachat ou l’insertion en bourse15 qui met fin au statut de startup.
15 D’après thenextfrench.com
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Un paragraphe sera dédié à l’analyse de la durée de vie de ces sociétés (cf. 2.6).
Ce premier paragraphe avait pour objet de définir les contours d’une start-up afin
de répondre à la question, qu’est-ce qu’une start-up ? Après avoir défini les
caractéristiques globales, intéressons-nous maintenant à des points plus
spécifiques.
Page | 17
Au-delà des contraintes financières que peut engendrer la société anonyme, le
temps passé à la gestion des obligations qui incombe à cette forme de société, ne
sera pas du temps passé pour le développement du projet de la société de la start-
up.
La SAS apporte plus de souplesse que les autres sociétés commerciales et ce, sur
plusieurs points. La CNCC dans son étude juridique de septembre 2010 sur la SAS,
indique que :
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Ainsi, les sachant en constitution de société conseilleront généralement à leur
client d’éviter la forme de société anonyme, qui entraîne le plus souvent un
nombre important de contraintes. Ils se tourneront davantage vers une forme de
société permettant d’être plus libre dans leur gestion quotidienne, la société par
actions simplifiée étant souvent un schéma privilégié.
Selon le guide des startups 2019, « Le statut de SAS est le plus flexible et le plus
courant pour les startups […]. Si la startup a été créée sous forme de SARL, elle se
transformera en SAS à l’occasion de l’arrivée des premiers business Angels ».
Cependant, on notera que la SAS n’a pas la possibilité de faire appel public à
l’épargne. Elle peut néanmoins mettre en œuvre des levées de fonds.
Les levées de fonds sont un des mécanismes de financement des sociétés startups
et sont abordées dans le prochain paragraphe.
Selon l’étude réalisée par PWC sur le financement des startups, il faut distinguer
quatre étapes de financement, selon la phase de développement de la société.
Cette étude rejoint celle de Claire Houry, qui définit le financement de l’innovation
en cinq phases qui sont la recherche et le développement, la création, les premiers
succès, le décollage et la maturité.
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Deux types de financement peuvent être distingués pour les startups, un
financement dilutif (qui va comme son nom l’indique entrainer un changement
dans la répartition des associés) et un financement non dilutif qui n’aura pas
d’impact sur la structure actionnariale (cf. Annexe A 4).
Ces deux études s’accordent donc sur le postulat d’un financement par étape et
qui diffère selon le stade de développement de la société.
Pour en revenir aux aides financières externes, on peut citer par exemple l’ARCE
(versement d’allocation chômage), l’ACRE (exonération de cotisations sociales) ou
des formes de prêt : aides de la BPI, microcrédits (Adie, Créasol), prêts d’honneur
ou encore des aides publiques.
- Constitué une équipe travaillant sur la réalisation du projet et son business plan.
Page | 20
Généralement, ce sont les personnes proches (cercle familial, amis proches) qui
vont apporter leur aide, on parle de « Love Money ». Ce dernier reste faible et
représente environ 2% du capital social. Suivant le degré d’avancement du projet,
un prêt peut être contracté auprès d’un établissement de crédit. Là encore, il
existe des possibilités d’aménagement de crédit (remboursement différé) toujours
dans le but d’aider la société à se développer. Pour en revenir aux prêts bancaires,
notons qu’en principe, les banques ont tendance à financer et à privilégier des
projets non risqués, et donc qui sont diamétralement opposés au profil d’une
startup. Le prêt bancaire ne sera donc pas logiquement un mode de financement
préférentiel pour les dirigeants.
Dans son étude sur le financement des startups, PWC introduit une notion de
« Crowdgiving » qui se définit comme le fait pour une société de collecter des
dons sur Internet avec ou sans récompense en contrepartie.
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- Ressources humaines : pour recruter les profils adéquats notamment des
commerciaux et des personnes avec des compétences dans les domaines
informatiques,
- Comptabilité et finances : afin de suivre régulièrement l’activité de la
société, la trésorerie et avoir des indicateurs financiers de performance,
- Marketing : développement et commercialisation du produit, fidélisation
des clients,
- Distribution et production : choix des canaux de distribution et du mode de
production du produit, déploiement du service.
On voit donc, que la société doit passer un cap en termes d’organisation si elle
souhaite être pérenne sur le long terme. Pour ce faire, elle a besoin d’argent et va
donc mettre en place ce qu’on appelle une levée de fonds. Celle-ci peut s’articuler
de plusieurs manières et concerner plusieurs acteurs :
- Business Angel : personne physique qui investit une part de son patrimoine
dans une entreprise innovante à potentiel (startup) et qui, en plus de son
argent, met gratuitement à disposition de l'entrepreneur ses compétences,
son expérience, ses réseaux et parfois une partie de son temps. Trois
profils de business Angels sont identifiables : des anciens entrepreneurs,
des jeunes entrepreneurs ou d’anciens cadres supérieurs.
En échange de ses apports, le business Angel va bénéficier de parts en
capital dans la société et va, selon les cas, disposer d’un pouvoir de gestion
et peut disposer le cas échéant d’une place au conseil d’administration.
Ils apportent donc une source de financement importante qui peut varier
entre 50 K€ et 700 K€ selon les cas, mais aussi des conseils de gestion et
leur expérience, ce qui est tout aussi important que l’aspect financier.
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- FCPR et FCPI : les fonds communs de placement à risque et les fonds
communs de placement dans l’innovation permettant à l’investisseur de
bénéficier d’avantages fiscaux. Ces deux dispositifs ont vocation à
renforcer les fonds propres des PME.
- Le crowdfunding : méthode de financement utilisée de plus en plus par les
startups. Elle consiste à collecter des sommes d’un petit montant sur
Internet afin de financer un projet sans contrepartie. L’une des alternatives
à ce financement est le crowdinvesting permettant aux particuliers
d’obtenir en échange de leurs dons des royalties ou des parts dans le
capital de la startup. Nous verrons dans la seconde partie qu’il existe un
schéma comptable particulier.
17 https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F31188
Page | 23
Pour faire face à ses besoins, une seconde levée de fonds va pouvoir être réalisée,
pour permettre soit aux associés en place de renforcer leur participation, soit de
voir l’arrivée d’une seconde vague d’investisseurs.
Deux nouvelles formes d’investisseurs vont faire leur entrée dans le circuit de
financement : les fonds de capital risques et le crowdlending.
Le crowdlending a, quant à lui pour objet, pour une startup, de contracter des
prêts sur Internet auprès des particuliers essentiellement sous la forme
d’obligations. Les apporteurs reçoivent une contrepartie sous forme d’intérêts.
Les fondateurs de startup peuvent également être amenés à financer leur société
par leurs propres moyens et sans aides extérieures, on parle de « bootstrating ».
Les principaux avantages seront de conserver le contrôle financier et d’avoir une
liberté totale dans la gestion de sa startup. A l’inverse, cela nécessite de générer
des flux de trésorerie suffisants pour s’autofinancer. L’un des moyens pour
financer son activité principale est selon le site Wydden d’avoir une activité
secondaire à l’activité principale (conseil par exemple).
Page | 24
1.3.3 Les autres sources de financement
Ajoutons que, dans un contexte fiscal, l’Etat a institué plusieurs crédits d’impôts
pour les sociétés qui réalisent des travaux de recherche et d’innovation. Ces
modes de financement, bien que subsidiaires présentent plusieurs avantages : il
n’y a pas de dilution de capital, les fonds remboursés par l’Etat peuvent s’avérer
importants et valorisent les entreprises qui « jouent le jeu » de la recherche. Enfin,
l’entreprise innovante sait qu’elle peut compter sur ce financement pendant
plusieurs années (mécanisme fiscal).
Page | 25
entraînant une dilution du capital et un changement de contrôle. Le graphique en
annexe A 3 réalisé par le cabinet PWC montre bien cette évolution. Chaque
startup aura finalement son propre modèle de financement qui dépendra en
grande partie de son niveau de croissance et de développement.
Comme toute société, les startups vont avoir plusieurs étapes dans leur
croissance. Avant de s’intéresser à la startup, il faut dans un premier temps
comprendre le cycle de vie d’une société.
Quatre à cinq phases sont identifiées dans la vie d’une entreprise, qui sont
généralement corrélées au cycle de vie de ses produits et/ou services :
- Lancement du produit,
- Croissance,
- Maturité
- Déclin
1.4.2 Cycle de vie d’une startup
Dans une startup, le cycle de vie s’apparente à celui d’une société classique et suit
logiquement la même courbe de croissance, passant d’une phase de lancement à
une période de profits importants puis à une stagnation de l’activité. La phase de
déclin existe aussi pour les startups.
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➢ L’échelle de temps
Le cycle de vie d’une société est généralement long (plusieurs dizaines d’années)
et est dépendant de ses services/produits qu’elle commercialise. Dans une
startup, cela diffère quelque peu : l’une des caractéristiques de ces sociétés est
leur faible durée de vie. Les startups éprouvent généralement des difficultés à
passer le cap des deux/trois années d’existence.
➢ La croissance
Dans certains cas, faute de financement (notamment en raison d’un projet peu
convaincant), la société restera en phase de lancement avant d’être en déclin. A
l’inverse, la croissance d’une startup peut être très forte et atteindre plus de 20%
par an, ce qui constitue presque une utopie dans le contexte économique actuel.
La phase de déclin peut être anticipée dans les startups. Ces sociétés peuvent
bénéficier de l’appui et de conseils des Business Angel qui, fort de leur expérience
sont à même d’anticiper les changements technologiques, les changements de
mode de consommation etc.
De ce fait, la phase de déclin pourra servir à lancer une nouvelle stratégie comme
en témoigne le graphique et l’étude de Paul Graham.
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Intéressons-nous à présent au cycle de vie des startups. Ces dernières ont un cycle
de vie bien spécifique qui se divise en quatre à cinq phases selon les études sur le
sujet.
Pour reprendre le graphique ci-dessus, on voit que toute startup traverse une
période compliquée située entre la phase « d’idéation » et la phase de création.
La troisième étape est appelée la phase d’amorçage. A ce stade, le produit est sur
le marché et la société cherche à se développer rapidement. Pour ce faire, elle va
devoir être attentive aux retours des clients pour améliorer ses produits, et
réaliser par exemple des campagnes de publicité pour promouvoir de manière
efficience les produits. L’analyse des indicateurs financiers de performance
permettra également de voir si la société commence à réaliser des bénéfices ou si
une réorientation stratégique s’impose.
Page | 28
La dernière phase de développement de la startup constitue la phase d’expansion,
avec la conquête de nouveaux marchés, parfois à l’international. La startup aura
atteint un niveau de chiffre d’affaires important et sa masse salariale n’aura cessé
de croître. Plusieurs auteurs n’utilisent plus le terme de startup, mais de scale-up,
pour désigner la startup qui est structurée et dont la pérennité est assurée sur le
long terme. Mr François Bloc, associé de KPMG utilise plusieurs citations pour
caractériser ces sociétés :
- « Une scale-up c’est une startup qui a grandi très vite et qui a démontré
son fort potentiel »,
- « Capacité à innover et à s’internationaliser, à se tourner vers l’extérieur et
à conquérir des marchés »,
- « Elles ont déjà un chiffre d’affaires annuel supérieur à cinq millions
d’euros, avec une croissance annuelle d’au moins 10 à 20% sur les trois
dernières années. Ces entreprises bénéficient d’une capacité d’innovation
très forte ».
On peut citer la société « Blabla Car » qui est une startup devenue scale-up. A titre
informatif, sur l’année 2019, l’étude de Tech Tour Growth indique que huit des
cinquante scale-up européennes sont françaises.
Dans le langage courant juridique, une société a une durée de vie illimitée, et les
statuts d’une société « lambda » prévoient généralement une durée de vie de 99
ans. Néanmoins, dans la pratique, la durée de vie d’une société arrivera rarement
à la durée maximum.
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Pour les startups, cette règle diffère quelque peu. D’après une étude publiée dans
le Figaro par Quentin Périnnel (le 18/07/2017), la durée de vie des startups en
France ne dépasse que très rarement quatre années et il s’agit de la durée
moyenne de vie.
Plusieurs études sur le sujet montrent que la durée de vie d’une startup dans
l’Hexagone varie entre deux et quatre ans, le cap des deux années étant un palier
difficile à franchir. On voit donc, par ces deux constats qu’une startup passe
difficilement le cap des trois années de vie.
Pour comprendre pourquoi les startups ont du mal à perdurer dans le temps, il
faut se pencher sur les causes de leur « faillite ». Les principales causes qui sont
généralement évoquées sont les suivantes :
Page | 30
plusieurs sociétés qui, prennent peu à peu des parts de marchés ou qui
commercialisent un produit/service similaire à celui de la startup. Nous le
verrons plus loin, la concurrence est un des facteurs de faillite des startups
du e-commerce.
- Mauvais produit/service : ce dernier cas d’échec repose sur une équation
simple : proposer un produit qui plait au client à un prix permettant à la
startup de générer des profits.
Le cycle de vie d’une startup est donc un chemin sinueux avec de nombreux
passages obligatoires (cibler le bon marché, choisir un financement adéquat,
proposer un rapport qualité prix satisfaisant pour le consommateur), qu’il faudra
réussir pour la société si elle souhaite atteindre sa phase de maturité et être
pérenne.
Une des possibilités qui s’offrent aux startups pour « rester » en vie, est une
introduction en bourse. Être côté confère plusieurs avantages : développer la
notoriété de la startup et lui offrir de nouvelles sources de financements. Le fait
d’offrir ces titres au public, semble être une « porte de sortie » pour les grandes
startups. Selon Jean Pierre VALENSI, « L’introduction en Bourse, un levier de
croissance et une nouvelle vie pour l’entreprise ».
Sans être forcément la marche à suivre pour être pérenne sur le long terme, de
nombreuses startups sont maintenant sur les marchés boursiers : Dropbox,
Zalando, Spotify ou encore Pinterest ou Snapchat. Pour terminer, l’entrée en
bourse d’une startup aura raison de son statut, la société ne sera donc plus
considérée comme une « jeune pousse ».
Pour conclure sur ce paragraphe, on peut citer le guide des startups 2019, « la
liquidation de la startup intervient généralement lorsqu’elle est à court de
liquidités et que ses actionnaires ne souhaitent plus apporter de nouveaux
financements dans la société ».
Page | 31
1.6 Caractéristiques des startups du e-commerce
Des startups ont fait le choix de se spécialiser sur le secteur du e-commerce. Ces
startups ont un objectif en commun, elles se focalisent généralement sur
l’accompagnement du client. Cet accompagnement se divise en plusieurs
domaines, par exemple :
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- Tourisme : comparateurs de prix (hôtels, avions...),
- Idées Cadeaux,
- Immobilier : recherche de biens, estimation gratuite…
Outre la vente en ligne, les startups du e-commerce offrent à leurs clients des
services nouveaux que les modes de distribution « courants » ne leurs offraient
pas toujours : comparateur de prix, échanges avec d’autres consommateurs,
achats 24h/24h et de n’importe quel lieu, à la seule condition d’être connecté à
Internet.
➢ Avantages du e-commerce
Ces trois derniers points nous laissent penser qu’une startup du e-commerce doit
être en mesure d’avoir un site marchand simple d’utilisation, efficient, mis à jour
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régulièrement et dont l’interface permet de capter rapidement l’attention d’un
client.
➢ Contraintes du e-commerce
A contrario, les avantages que procure le E-commerce peuvent également être des
limites au développement de la startup. En effet, l’accès à Internet étant
maintenant une évidence pour la majeure partie de la population, la startup est
soumise de ce fait à des contraintes :
Ces contraintes peuvent engendrer des coûts pour la startup (mise en place d’une
veille technologique ou encore nécessité d’avoir du personnel disponible et
compétent sur le plan informatique), voire des amendes en cas d’infraction.
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création d’une fenêtre de dialogue qui s’ouvre lorsque le client consulte le site, un
conseiller du site viendra alors si besoin en aide au client.
➢ Modes de paiement
Voyons à présent les modes de paiements qui s’offrent aux clients de startups du
e-commerce. L’un des plus répandus et utilisé par quasiment la totalité des clients
personnes physiques est sans nul doute le règlement en carte-bleue sur le site
Web de la société. Ce mode de paiement sera également utilisé par les sociétés,
qui pourront aussi choisir de régler de manière marginale par virement bancaire.
Une nouvelle forme de paiement se développe depuis plusieurs années par le biais
du e-commerce, la monnaie électronique. Il s’agit en fait d’une monnaie virtuelle
qui s’utilise par le biais d’un réseau informatique. Du fait qu’elle n’a pas encore de
reconnaissance juridique et n’est pas reconnue par la banque centrale, le Code
Monétaire et financier et la banque de France, nous n’entrerons pas dans l’analyse
de cette monnaie atypique.
L’une des plus célèbres marketplaces est sans nul doute la société Amazon.
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Pour la startup, il lui conviendra d’être vigilante et de ne pas être trop dépendante
de ce type de plateforme.
Au niveau fiscal, nous l’avons vu au début de la seconde partie, une startup peut
bénéficier de crédit d’impôts. Ce postulat est également vérifié dans une startup
du e-commerce qui peut bénéficier d’un crédit d’impôt recherche ou innovation.
Pour conclure, les startups du e-commerce se distinguent donc des autres startups
du fait de leur mode de distribution, de leur clientèle, de la rapidité des échanges
ou encore des modalités de paiement qui sont offertes aux clients.
Les startups se caractérisent donc comme des sociétés qui utilisent l’innovation
pour développer de nouveaux concepts afin de satisfaire du mieux possible les
attentes de leurs clients. Les courbes de développements des startups sont
atypiques (croissance forte ou à l’inverse rapide déclin) et leur actionnariat se
retrouve souvent en mouvement perpétuel.
Les moyens de financement que peuvent offrir l’état français font de la France un
lieu privilégié pour la naissance des startups. Néanmoins, une fois le financement
trouvé, il faudra que la société ait la capacité de développer son activité en
trouvant le bon produit ou la prestation dont le client aura besoin. Les modes de
financement qui s’ouvrent aux startups sont finalement très variés et sont
étroitement liés à leur stade de développement ainsi qu’à leur capacité à
convaincre les potentiels associés d’investir dans la société.
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commerce offre des perspectives de croissance et de profits très intéressantes.
Décider de créer une société dans le e-commerce apporte des avantages à la
société (accessibilité aux produits en permanence, rapidité des transactions) mais
aussi des contraintes : nécessité d’avoir une forte réactivité face au marché,
absence de lien commercial avec les clients ou encore une possible dépendance
avec une marketplace pouvant engendrer des coûts supplémentaires.
Enfin, les temps restent difficiles pour les « jeunes pousses », pour lesquelles la
durée de vie demeure relativement faible (moins de trois ans). Plusieurs facteurs
d’ordre financiers et environnementaux peuvent être la cause de cet échec.
Les startups et plus encore celles qui gravitent sur le secteur du e-commerce ont
donc des caractéristiques propres qui leurs confèrent des risques d’audit
particuliers. Le commissaire aux comptes devra comme pour toute entité, avoir
une connaissance précise des risques inhérents des startups du e-commerce en se
tenant régulièrement informé de la santé financière de la société.
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Partie 2 : Les caractéristiques de la startup
impacte la mission du commissaire aux comptes
Cette seconde partie est la partie « clé » de ce mémoire. Elle a pour objet de
proposer une méthodologie au commissaire aux comptes lorsqu’il dispose d’une
startup du e-commerce dans son portefeuille, pour limiter le risque d’audit et ainsi
exprimer une opinion sur les comptes le plus aisément possible.
L’objet de cette partie est donc de faire le lien entre les risques spécifiques d’une
startup du e-commerce qui ont pu être identifiés à travers la première partie et les
« moyens » dont disposent le commissaire aux comptes afin de répondre à ces
risques.
Pour chaque risque identifié, des moyens seront proposés permettant de gérer au
mieux chaque risque spécifique. Réaliser un suivi régulier de l’activité et du
financement de ce genre de société permet en partie de limiter le risque
d’anomalies significatives dans les comptes. De même l’analyse du contrôle
interne est également un point important à bien appréhender pour le commissaire
aux comptes.
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2.1 La prise de connaissance de la startup du e-commerce : axer l’analyse sur des
points précis
Pour une startup, l’entretien de début de mission est en outre indispensable pour
prendre connaissance du prévisionnel et des objectifs d’évolution de la société
pour l’exercice à venir et suivants.
Aussi, pour chaque exercice, le commissaire aux comptes doit se poser un certain
nombre de questions quant à la poursuite de son mandat18 et notamment les
questions suivantes :
18
Code de déontologie, titre III
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L’entretien pourra donc en partie permettre de répondre à ces questions afin de
savoir si la mission peut être poursuivie.
Ainsi, afin de bien appréhender cet aspect financier, il conviendra dès la première
année du mandat de cibler quels sont les principaux financements de la société,
leur origine, leur destination et les potentiels flux futurs.
Nous y reviendrons plus tard dans cette partie, mais cela permettra de respecter
en partie la NEP 9605.
Les principaux investissements de la société vont être réalisés à partir des apports
initiaux et successifs des différents associés. Néanmoins, c’est surtout le
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développement de la société qui va permettre d’obtenir des flux de trésorerie
pérennes. La croissance est donc étroitement liée à la clientèle de la startup, ce
qui peut amener des entrées de fonds suffisantes.
Le commissaire aux comptes d’une startup du e-commerce devra être vigilant sur
le financement de la société sur plusieurs points :
La proposition d’un outil d’aide à l’audit (développé plus loin) tient compte de ces
particularités avec plusieurs questions sur le financement de la startup. En
fonction des réponses données, les travaux à réaliser pourront différer.
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2.1.3 L’activité et la clientèle de la société
Comme dans toute société, la clientèle, que l’on peut nommer « achalandage » est
une ressource incorporelle de la société. Cette ressource bien que non évaluable
dans un bilan comptable, est pourtant un facteur déterminant dans le
développement d’une société, et encore plus pour la croissance d’une startup qui
vise généralement une typologie précise de client.
Comme évoqué dans la première partie, l’une des particularités de ces startups,
est d’avoir une clientèle « connectée » pouvant acheter les produits et services de
la société à tout moment et dans n’importe quel lieu.
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A cet effet, plusieurs feuilles de travail sont proposées. Elles permettent en début
de mission de mettre à jour les données de l’environnement de la startup (Analyse
du secteur et des concurrents, de la continuité d’exploitation ou encore une
première analyse des comptes).
Le commissaire aux comptes peut être amené à rédiger des rapports connexes à
sa mission notamment lorsque la startup souhaite réduire son capital (apurement
des pertes par exemple), faire entrer de nouveaux investisseurs (rapport sur la
suppression du droit préférentiel de souscription) ou encore fidéliser son
personnel par l’émission de financements spécifiques comme par exemple des
BSPCE, cette liste n’étant pas exhaustive.
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devront notamment s’assurer, qu’un ou plusieurs associés n’utilisent pas leur
majorité, pour prendre des décisions de gestion risquées pour l’avenir de la
startup ou encore qu’il n’existe pas de clauses interdites dans les statuts ou dans
des pactes d’associés, pouvant nuire à d’autres associés.
Un des points fondamental pour le commissaire aux comptes sera aussi d’avoir
une vue globale de l’ensemble des associés avec leur détention de capital et les
avantages particuliers, le cas échéant attachés aux actions (droit de vote double,
dividende prioritaire, etc…).
Afin de suivre de près les différentes entrées et sorties d’associés, un outil a été
développé.
Comme dans toute entité auditée, le commissaire aux comptes doit, dans sa
méthodologie d’audit, réaliser une évaluation du contrôle interne des startups. Le
contrôle interne peut se définir comme l’ensemble des mesures mises en œuvre
par la direction afin de sécuriser les principaux processus (ventes, achats,
trésorerie) et donc leurs impacts sur les comptes annuels. Selon le COSO, le
contrôle interne est un processus mis en œuvre par l’organe de direction, les
dirigeants et le personnel d’une organisation, et destiné à fournir une assurance
raisonnable quant à la réalisation des objectifs suivants :
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- Réalisation et optimisation des opérations,
- Fiabilité des informations financières,
- Respect des lois et réglementations en vigueur.
Selon le COSO, une des composantes du contrôle interne est la capacité des
dirigeants à mettre en place un pilotage des activités. Ainsi, le contrôle interne
peut aussi se définir sous forme interrogative de la manière suivante : quels sont
les procédures mises en place dans une entité qui limitent le risque d’anomalies ?
Dans une startup, le commissaire aux comptes doit s’assurer que les mesures de
contrôle interne suivantes sont présentes : un suivi de trésorerie et un suivi du
résultat net mensuel. Concrètement, tout dirigeant d’une startup devra disposer
d’outils de pilotage permettant de suivre la trésorerie et son évolution, l’activité et
le résultat net par mois.
Une méthode couramment utilisée dans les startups est la méthode OKR (en
anglais Objectives et Key Results20) qui repose sur la mise en place d’indicateurs à
intervalles réguliers (mois et trimestres) et rejoint ainsi l’étude de François
Meysonnier citée préalablement.
20
Guide des startups françaises, page 94
Page | 45
Pour celles évoluant sur le secteur du e-commerce, d’autres facteurs sont à
prendre en compte :
Page | 46
- le produit proposé n’a pas le succès escompté et entraîne le départ des
investisseurs. L’entreprise n’a plus la capacité de régler ses dettes et est liquidée,
Ainsi, à ce stade le commissaire aux comptes n’est pas encore un acteur à part
entière de la vie de la startup, n’intervenant pas ou seulement pour des
opérations sur le capital.
Page | 47
- La troisième phase de développement est l’étape pendant laquelle la startup va
commercialiser son produit/service et généralement embaucher plus de personnel
afin de développer ses produits, répondre aux attentes des clients, corriger les
éventuelles anomalies sur le produit, fidéliser la clientèle et structurer la société.
Avec la promulgation de la Loi Pacte en mai 2019, les seuils de nomination d’un
commissaire aux comptes dans une SAS ont été relevés. Les SAS sont maintenant
tenus de désigner un commissaire aux comptes si elles dépassent deux des trois
seuils suivants :
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dans ce cas, que la société va enregistrer des pertes d’exploitation importantes et
avoir une situation nette qui se dégrade.
Afin de bien comprendre ce dernier aspect, et le fossé qu’il peut exister entre les
dépenses et les bénéfices qui en découlent, le graphique ci-dessous permet de
visualiser le cycle de vie d’une société avec une évolution « classique » :
Source : www.strategiemp.com/gerer-cycle-vie-produits
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continuité d’exploitation sera à priori moins compromise à ce niveau de
développement.
Page | 50
2.2.2 La NEP 570 et la procédure d’alerte
La NEP explique en outre que, si de tels faits sont identifiés, le commissaire aux
comptes devra mettre en œuvre des mesures pour affirmer ou infirmer ces faits.
Page | 51
Erreurs à ne pas commettre pour le commissaire aux comptes
Les jeunes startups éprouvent souvent des difficultés les premières années de
leur existence. Cela se traduit par une situation financière dégradée. Cette
situation peut amener le commissaire aux comptes à déclencher la procédure
d’alerte. Attention néanmoins à ne pas la déclencher trop tôt car cela pourrait
être préjudiciable à la société notamment si elle souhaite à court terme préparer
une nouvelle levée de fonds.
On voit donc, qu’il y a deux aspects qui entrent en compte : le respect du principe
de continuité d’exploitation que la société doit respecter avec les conséquences
qui en découlent, et la procédure d’alerte qui est propre à la mission du
commissaire aux comptes.
Comme le rappelle la CNCC dans la note d’information sur les comptes annuels de
2018 : « La procédure d’alerte et la mission de certification des comptes sont deux
obligations différentes qui sont conduites parallèlement dans le cadre de la
mission du commissaire aux comptes ».
Le fait pour le commissaire aux comptes d’avoir identifié des faits de nature à
compromettre la continuité d’exploitation peuvent donc avoir les conséquences
suivantes : 21
21 NI. I – Les rapports du commissaire aux comptes sur les comptes annuels et consolidés – déc. 2018, 5.4
Page | 52
- D’autre part, à attirer l’attention sur l’information donnée dans l’annexe
dans la partie distincte du rapport relative à des incertitudes significatives
susceptibles de mette en cause la continuité d’exploitation ».
Pour comprendre quels pourraient être les facteurs de risque sur la continuité
d’exploitation des startups, il convient de reprendre les termes de la NEP 570 sur
les indicateurs de nature opérationnelle plus précisément.
• Facteurs internes
De même, le canal de distribution étant Internet, la société doit se doter d’un site
commercial ayant un pouvoir d’attractivité et suffisamment simple d’utilisation
pour permettre aux consommateurs de s’y retrouver.
22 NI. I – Les rapports du commissaire aux comptes sur les comptes annuels et consolidés – déc. 2018, 5.3
Page | 53
- Informatique : programmateur de site par exemple et technique
(ingénieurs pour le développement des produits),
- Financier : responsable comptable.
Dans une étude réalisée par la société Apsalys, Tifany Desprey explique que les
startups sont soumises à un environnement réglementaire qui devient de plus en
plus hostile, notamment pour celles « souhaitant commercialiser en Europe et aux
Etats-Unis ». Cette réglementation se caractérise par l’instauration de normes à
respecter de plus en plus nombreuses (ISO). En conséquence, il est conseillé aux
startups de mettre en place une veille réglementaire afin d’être informées en
permanence des changements en cours ou à venir, qui pourraient avoir un impact
sur leur activité (obligation d’une norme pour pouvoir vendre dans un pays par
exemple).
Page | 54
Outre les facteurs financiers, les startups du e-commerce sont également
sensibles sur le plan réglementaire. Les contraintes légales et réglementaires, sont
de plus en plus importantes pour les startups. Elles ont certainement pour objectif
la protection du consommateur.
Tous ces chiffres sont évocateurs d’un marché en fort développement et avec un
potentiel de croissance encore important.
Page | 55
Ce marché attire les créateurs d’entreprises, le e-commerce est l’un des secteurs
où le nombre de startups crée a été le plus important sur l’année 2018 (Selon le
site Medium.com, données issues des Pépites Tech).
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La startup doit donc si elle souhaite « survivre » dans le milieu du e-commerce,
trouver l’avantage concurrentiel qui fait qu’elle se démarque de ses concurrents.
Au niveau du commissariat aux comptes, en termes d’analyse par les risques, il
convient pour l’auditeur de prendre connaissance de l’entité et de son
environnement comme le prévoit la NEP 315 « Le commissaire aux comptes prend
connaissance du secteur d'activité de l'entité, de son environnement
réglementaire, notamment du référentiel comptable applicable, et d'autres
facteurs externes tels que les conditions économiques générales ».
Le chiffre d’affaires d’une entreprise se définit comme l’ensemble des ventes que
réalise une société sur un exercice comptable. Cet indicateur financier est
important car il va permettre :
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• De se comparer par rapport aux entreprises du même secteur,
• De comparer l’activité réalisée par rapport au prévisionnel
Cet indicateur est également primordial pour le commissaire aux comptes car c’est
l’un des trois seuils de déclenchement de la mission d’audit légal.
Les auditeurs doivent mettre en œuvre des diligences afin de valider le chiffre
d’affaires d’une société. Les procédures de substance qu’utilisent généralement le
commissaire aux comptes pour valider le chiffre d’affaires lors de l’audit sont les
suivants :
Dans une startup du e-commerce, les diligences à mettre en œuvre seront à priori
les mêmes mais elles devront être adaptées aux caractéristiques de la vente en
ligne.
Logiquement, tout de site de vente en ligne permet d’extraire en format Excel, les
ventes sur la période souhaitée. Attention, car généralement l’export est réalisé
en format CSV, et un retraitement doit être effectué afin de pouvoir analyser les
données. L’annexe B 15 a été créée spécifiquement à cet effet et permet une fois
le fichier d’export retraité, de réaliser un rapprochement avec la comptabilité.
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Annexe B 15 : Validation du cycle Clients - Ventes du startup
A quel moment l'utiliser : contrôle des comptes
Objectifs :
Valider le cycle client / ventes d'une startup du e-commerce en utilisant notamment
les diligences suivantes :
- rapprochement entre l'export des ventes en ligne et la comptabilité
- analyse des numéros de factures à partir de l'export en ligne
- analyse des ventes et marges des "top" produits
Utilité pour une startup : Utilisateurs :
Utilité pour le e-commerce : Auditeur, chef de mission
L’export des ventes sera TTC, c’est-à-dire que c’est le montant payé par le client
qui apparait. Afin que le rapprochement avec la comptabilité soit cohérent, il faut
« enlever » la tva, c’est dire divisé le montant de la vente par 1.20.
- Demander l’extraction par mail et s’assurer qu’elle n’a pas été modifiée (en
vérifiant les numéros de factures par exemple),
- Réaliser l’extraction de lui-même en prenant le contrôle à distance de
l’ordinateur du client par le biais du logiciel TeamViewer
Les clients ont également la possibilité pour régler leurs achats en ligne, d’utiliser
un autre moyen de paiement : PayPal (voir annexe A 10).
23
CNP 2020-06 Prise en compte, dans la mise en œuvre de l’audit des comptes, du travail à
distance, en conséquence de la crise liée à la pandémie de Covid-19
Page | 59
Un des points de vigilance sera de demander l’extrait PayPal du site de Internet.
Généralement l’extraction du chiffre d’affaires du site Internet, ne tient pas
compte de ces ventes. Les factures de vente PayPal sont émises par PayPal
directement à la startup. Dans ce cas, il convient de demander une seconde
extraction qui contient les ventes PayPal, pour ensuite réaliser le même
rapprochement que pour la première extraction. Il y a donc en général deux
extractions distinctes. C’est le cumul de ses deux extractions qui permet de
réaliser le cadrage du chiffre d’affaires avec la comptabilité.
En plus, des deux premières diligences, il peut être judicieux d’utiliser les
confirmations directes (circularisation) pour les clients personnes morales. Il s’agit
d’un moyen probant permettant de valider les ventes à des sociétés.
Page | 60
Par conséquent, avec cette analyse, le commissaire aux comptes pourra aisément
analyser la marge du produit, et voir si la variation est cohérente, dans le but
notamment d’identifier de possibles ventes « hors site internet ».
➢ Autres diligences
La facture émise par la startup qui sera une facture électronique doit également
respecter le formalisme des factures papier et contenir l’intégralité des mentions
obligatoires (voir annexe B 15 pour la trame de test).
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F Analyse des mentions obligatoires sur la facture électronique
Ainsi, les équipes d’audit disposeront, pour valider le cycle clients - ventes d’une
startup du e-commerce, les diligences suivantes :
En raison de son mode de distribution, une société qui vend ses produits par le
biais d’Internet a l’obligation de respecter un certain nombre de contraintes.
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Afin de respecter la législation en vigueur, le site de vente doit contenir un certain
nombre de mentions obligatoires, dans le but de protéger les clients et
notamment :
Enfin, la sécurisation des données bancaires lors des transactions en ligne, revêt
également un aspect important. En ce sens, une nouvelle directive européenne
renforce les obligations en termes de sécurité (DSP2). Les e-commerçants auront
l’obligation de prévoir une authentification renforcée lors du paiement. De plus,
Page | 63
pour pouvoir encaisser des règlements en carte bleue, la société doit avoir conclu
avec sa banque un contrat de vente à distance.
On voit donc que, les obligations qui pèsent sur les sociétés de vente en ligne
demeurent fortes. L’objectifs de ces mesures est la protection du client. En ce
sens, l’annexe B 27 permettra de faire un tour d’horizon de ces dernières en
s’assurant que la startup les respecte.
Page | 64
Du fait de sa mission permanente, le commissaire aux comptes pourra se faire
communiquer tous les éléments comptables qu’il estime nécessaire pour le suivi
d’activité de la startup (suivi de trésorerie, résultat par mois, prévisionnel…).
Ainsi, ces derniers points doivent être fréquemment suivis, notamment en début
d’activité, période dans laquelle la société réalise beaucoup d’investissements
avec peu ou pas de retours sur investissements, et ayant des besoins de
financements significatifs. L’outil présenté dans la partie 2.4 essayera de répondre
à cette problématique.
Cette NEP, homologuée en 2010 et mise à jour en septembre 2020 se focalise sur
trois objectifs :
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- La déclaration à TRACFIN.
Pour les startups, le commissaire aux comptes doit être attentif sur les trois points
évoqués ci-dessus et tout particulièrement sur le second. L’annexe B 10 pourra
être utilisée en ce sens.
Le fait pour une société d’augmenter son capital et de voir l’arrivée de nouveaux
investisseurs ne constitue pas des opérations dites « courantes » et à ce titre, le
commissaire aux comptes devra analyser ses opérations et les comprendre.
Dans le cadre d’opérations sur le capital social, les travaux des auditeurs vont
principalement avoir pour objet de justifier l’opération :
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- Identifier les nouveaux associés : personne physique ou morale, dans quel
but investissent-ils dans la société ?
- Comprendre les flux numéraires et leur origine.
Les objectifs pour le commissaire aux comptes sont de valider que les apports en
capital ou en compte courant soient :
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Figure 9 : nombre de déclarations TRACFIN par secteur
La blockchain, est d’ailleurs une des nouvelles missions que le commissaire aux
comptes peut proposer à ses clients.
On voit donc, que l’environnement des startups est sensible quant au respect de
cette NEP. Le commissaire aux comptes se doit alors être attentif sur les points
évoqués ci-dessous et mettre en œuvre les mesures nécessaires et adaptées,
lorsqu’il soupçonne des opérations complexes et sans lien avec l’activité.
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Figure 10: capitaux propres d'une jeune startup
Le capital social désigne les fonds apportés par les associés. D’un faible montant
en début d’activité, le capital est amené à évoluer rapidement et régulièrement au
gré des levées de fonds dans toutes les sociétés.
Dans les startups, en début d’activité, cette partie du bilan attire généralement
l’attention des parties prenantes de la société : à savoir les potentiels associés et
les banques notamment. Le commissaire aux comptes ne déroge pas à cette
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règle : au travers des capitaux propres d’une société, le commissaire aux comptes
va analyser plusieurs points :
- valider que les capitaux propres ne soient pas inférieurs à 50% du capital social,
Les startups en pleine croissance, présentent, elles, un profil différent dans leurs
capitaux propres : le montant du capital social devient plus élevé et le report à
nouveau, s’il était négatif, retrouve l’équilibre. Les réserves deviennent
importantes du fait des résultats positifs et serviront à financer les
investissements futurs.
Pour les startups qui auront atteint leur stade de maturité, les capitaux propres
pourront présenter un profil légèrement différent d’une société « lambda » en
croissance. En effet, les associés souhaiteront en général récupérer une partie de
leur investissement sous forme de dividendes, qui seront, soient prélevés sur les
réserves (hors réserve légale), soient pris sur le résultat distribuable de l’exercice.
Par conséquent, du fait de leur profil financier, les capitaux propres des startups
pourront être atypiques et totalement différents selon le profil de startup et le
stade de développement. Quoiqu’il en soit, cet indicateur sera généralement
fiable pour évaluer la continuité d’exploitation d’une startup.
Page | 70
2.3.5 Synthèse des risques relevés
Les flux financiers entrants seront importants notamment les premières années où
la société aura un fort besoin de financement mais également lorsque la startup
aura besoin d’apports pour atteindre une taille critique. Le commissaire aux
comptes devra se montrer vigilant et attentif sur ces mouvements financiers, afin
de comprendre leur origine, leur finalité et leur destination le cas échéant.
Valider le chiffre d’affaires d’une startup du e-commerce ne sera pas chose aisée,
et les auditeurs pourront s’appuyer sur les relevés bancaires de la startup, étant
donné, que l’un des modes de paiement utilisés par les clients sera principalement
la carte bleue.
Au-delà de l’aspect purement technique, qui se caractérise par l’audit des comptes
annuels, le commissaire aux comptes devra se tenir régulièrement informé de la
santé économique de son client. De ce fait, il doit se doter d’un outil permettant
de répondre aux problématiques rencontrées avec les startups du e-commerce.
C’est l’objet du paragraphe suivant.
Page | 71
2.4 Procédures mises en œuvre à l’issue de l’évaluation des risques
2.4.1 Mise en place d’un suivi permanent de l’activité
La CNCC a mis en ligne un tableau de suivi d’activité d’une société avec plusieurs
indicateurs clés : chiffre d’affaires, trésorerie, résultat sur la période.
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Les tableaux financiers se remplissent automatiquement. Pour cela, il faut
compléter l’onglet « balance » en réalisant un « copié collé en valeur » et en
format « solde » de la balance générale de la startup. Une macro a été créée pour
permettre d’aller récupérer les éléments de la balance et les mettre dans les cases
adéquates.
Un onglet regroupe les données par trimestre et dans lequel on retrouve plusieurs
tableaux à remplir, quatre pour le suivi d’activité et un pour le capital :
- Le second tableau est lui dédié aux capitaux propres de la startup, et tient
compte des données trimestrielles permettant ainsi un suivi précis de la
situation nette. En cas de dégradation importante des capitaux propres, il
convient de suivre les instructions de l’onglet « Continuité ».
Une dégradation importante des capitaux propres se caractérise : par des capitaux
propres inférieurs de 50 % au capital social ou par une perte de 30 % des capitaux
propres en un trimestre.
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Le tableau est automatisé et va récupérer directement les données dans les autres
tableaux et la balance : le capital social est récupéré dans le tableau « Capital » (cf.
page suivante) et le résultat cumulé provient du premier tableau (page 78).
Capitaux propres 1er trimestre 2eme trimestre 3eme trimestre 4eme trimestre Total Capitaux propres
Capital social 9 000,00 9 000,00 21 500,00 21 500,00 21 500,00
Réserves 4 000,00 4 000,00
Report à nouveau
Résultat cumulé - 5 000,00 2 000,00 4 500,00 5 000,00 5 000,00
Prime d'émission
Tresorerie 1er trimestre 2eme trimestre 3eme trimestre 4eme trimestre Total Tresorerie
Tresorerie initiale 9 000,00
Situation fin trimestre (1)
(1) pour le 1er trimestre, enlever à la situation de fin de trimestre l'apport initial pour obtenir réellement la trésorerie dégagée ou perdue
Page | 74
les douze prochains mois, et notamment de voir s’il existe un risque sur la
continuité d’exploitation. A noter que, le tableau doit être rempli
manuellement et ne pourra être, dans certains cas, utilisé, faute de
données.
Lorsque les indicateurs relevés laissent penser que la continuité de la startup est
compromise ou incertaine, le tableau renvoie à l’onglet « Continuité » (annexe B
1).
Toute mission d’audit légal est basée sur une approche par les risques (NEP 315).
Deux types de risques sont identifiables, les risques inhérents et les risques liés au
contrôle interne. Les outils présentés dans les paragraphes suivants, ont pour
objectif de proposer une méthodologie d’approche par les risques dans une
startup du e-commerce.
Page | 75
2.4.2 La prise en compte du contrôle interne dans une startup du e-commerce
Voici un aperçu des questions d’analyse du contrôle interne qui sont à retrouver
dans les questionnaires dédiés :
Page | 76
• Des flux financiers en monnaie électronique transitent-ils par la startup
? La monnaie électronique est source de risques pour le commissaire
aux comptes.
• Les modes de financement sont-ils variés et complexes ?
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respectés, notamment lors de l’arrivée d’un nouvel associé ou pour
une levée de fonds.
- Environnement et système d’information
• Le site Web est-il régulièrement mis à jour ? Avoir un site
régulièrement à jour permet de capter et fidéliser la clientèle.
• Le site Web est-il suffisamment sécurisé ? En termes de navigation et
de sécurisation des données financières des clients ? Les
consommateurs sont parfois encore réticents pour réaliser des achats
en ligne en raison des risques de piratage. Ainsi, la startup devra être
en mesure d’avoir un système de paiement sécurisé et de rassurer le
client en ce sens.
• Le site Internet de la startup est-il doté d'un service questions -
réponses pour le consommateur ou le client ? Ce point permet en
partie, de palier à l’absence d’un contact direct avec le client, et qui
pourrait satisfaire ce dernier d’avoir des conseils pour ses achats en
ligne.
• Le site Web informe-t-il les clients quant au RGPD et à la collecte de
leurs données personnelles ? Le nouveau règlement sur la protection
des données personnelles, doit être respecté par toute entité
collectant des données personnelles. Les startups du e-commerce qui
collectent des informations personnelles (pour les consommateurs)
doivent informer les clients en ce sens.
• La direction de la startup établit-elle des budgets de trésorerie et un
compte de résultat mensuel ? La réalisation de budget et leur suivi
permet à la direction de savoir si les objectifs sont atteints ou, au
contraire, s’il convient de mettre en place des mesures pour remédier
à la situation.
• La startup est-elle structurée au niveau comptable ? Une mauvaise
organisation pourrait avoir un impact sur l’établissement des états
financiers et être source d’erreurs.
Page | 78
Cet outil des risques liés au contrôle permet de faire un tour d’horizon des
procédures internes d’une startup du e-commerce en analysant les points forts et
les points faibles.
Les points évoqués ci-dessus ne sont évidemment pas exhaustifs pour cerner les
processus internes dans leur ensemble. Cependant, il semble essentiel pour la
direction d’une startup d’avoir des outils mensuels pour évaluer la trésorerie et le
résultat net. Qui plus est, pour une startup du e-commerce, il faudra que cette
dernière soit dotée d’un site en ligne marchand répondant aux exigences
réglementaires et à celles des consommateurs/clients.
Avant d’entrer dans le détail, il est nécessaire de rappeler que cet outil permet
d’accompagner l’auditeur dans l’audit d’une startup du e-commerce et n’a pas
vocation à se substituer aux logiciels de commissariat aux comptes présents sur le
marché de l’audit. Il est complémentaire avec le premier outil de suivi de l’activité
et viendra en complément du logiciel d’audit utilisé par le cabinet.
Présentés en sous parties dans ce mémoire, les questions sont intégrées dans un
outil de forme Excel. Cet outil simple d’utilisation va guider le commissaire aux
comptes dans l’audit des comptes d’une startup du e-commerce afin d’arriver à
l’opinion sur les comptes annuels.
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Les startups ont également l’obligation comme les autres sociétés de respecter les
textes légaux et réglementaires26 qui l’entourent. Des questions seront ainsi
proposées afin de s’assurer que la startup respecte les textes identifiés le cas
échéant.
Le dernier point que permet de gérer l’outil est l’aspect juridique. Identifié comme
un risque inhérent aux startups, l’actionnariat de la société et son environnement
sont sources de risques. Le respect des statuts et des documents juridiques
afférents (pactes d’actionnaires, diverses clauses au niveau de l’agrément ou la
sortie des actionnaires) sont autant de points que l’outil permettra de suivre. Il
conviendra notamment de s’assurer que les statuts ne comportent pas de clauses
dites léonines, c’est-à-dire contraire au droit des sociétés et qui ont pour objet de
favoriser un ou plusieurs associés, en lui attribuant l’intégralité des bénéfices ou à
l’inverse en l’exonérant de tout ou partie des pertes qui sont réalisées par la
société. Un outil a été créé pour guider les auditeurs dans l’analyse des statuts et
des risques juridiques qui en découlent.
26 NEP 250
27 NEP 240
28 NEP 9605
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Le tableau des risques inhérents en format Excel tel que présenté dans l’outil
concernant chaque thème est à retrouver en annexe B 2.
Pour l’actionnariat et les capitaux propres, les questions et les risques identifiés
sont les suivants :
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- Des désaccords importants entre associés ont-ils été
relevés ? Si oui, indiquez sur quoi ils portent.
- Un/ou plusieurs associés détiennent-ils la majorité
du capital social ?
- Les associés accordent- ils une importance aux résultats
de la startup ? Risque lié à des montages comptables pour améliorer les
résultats ne donnant pas une image une image fidèle des comptes.
- L'ensemble des associés sont-ils consultés pour toutes
les décisions ? Risque lié à une inégalité entre associés.
- Avons-nous identifié des conventions/contrats intéressants
directement ou indirectement un ou plusieurs associés ? Risque lié à des
intérêts financiers non compatibles avec les objectifs de la société.
- Les capitaux propres sont-ils inférieurs à 50 % du capital social ? Risque lié
à la continuité d’exploitation.
- Les capitaux propres se sont-ils fortement dégradés depuis N-1 ? Risque lié
à la continuité d’exploitation.
- Existe-il un risque de non-respect des statuts ? Risque juridique.
- Une distribution de dividendes est-elle prévue ? Risque de non-respect des
textes légaux et réglementaires et des dispositions statutaires.
Pour le financement, les questions et les risques identifiés sont les suivants :
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- La startup est-elle en recherche active de financements ?
- Les sources de financement de la startup sont-elles suffisantes pour faire
face à ses besoins ? Risque lié à des fonds insuffisants pour faire face au
développement de la société.
- La startup a-t-elle des financements par emprunt ?
- La startup est-elle fortement endettée vis-à-vis des établissements de
crédit ? Risque de surendettement.
- Des flux de trésorerie anormalement élevés et sans justification
économique ont-ils été relevés ? Risque lié au financement du terrorisme
et au blanchiment des capitaux. Il convient pour le commissaire aux
comptes d’être vigilant sur des opérations qu’il estime non compatibles
avec les intérêts de la société. Un outil est proposé en annexe B 10 pour
essayer de limiter ce risque.
- Toutes les sources de financement sont-elles identifiées ?
- La startup a-t-elle recours au crowdfunding ? Cette possibilité de
financement ouverte aux startups, sera utilisée pour obtenir des
financements externes avec ou sans contrepartie par le biais d’Internet. Il
convient de valider le traitement comptable et fiscal de ces opérations. A
ce titre, un outil est proposé en annexe B 18.
- La startup est-elle financée par des comptes courants d'associés personnes
morales ?
- Avons-nous identifié qu'un associé apportait plus de sommes en compte
courant que les autres associés ? Risque de dépendance vis-à-vis d’un
associé et risque de flux non destinés à la société.
- La société a-t-elle émise des actions présentant des avantages particuliers
? Risqués liés aux droits attachés aux actions et à une inégalité entre
associés.
- Avons-nous identifié des encaissements et décaissements sans lien avec
l'activité de la société ? Risque lié au financement du terrorisme et au
blanchiment des capitaux.
- Avons-nous identifié les moyens d'encaissements de la startup ?
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- La société a-t-elle émis des titres pouvant donner accès au capital à court
moyen-terme ? Risqué lié à l'exhaustivité des informations fournies en
annexe.
- La startup utilise-t-elle la monnaie électronique ? Risque lié à des flux et
échanges financiers difficilement traçables.
- La startup a-t-elle reçue des subventions d'exploitation ?
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- Les clients, personnes physiques, ont-ils un poids significatif dans les
créances totales de la startup ?
- Les clients, personnes morales, ont-ils un poids significatif dans les
créances totales de la startup ?
- Le ratio clients semble-il conforme à l'activité de la startup ?
- L’activité de la startup est-elle liée aux innovations ou changements
technologiques ? Risque lié à l’émergence d’une nouvelle technologie
nécessaire pour rester sur le marché, et pouvant entraîner un risque sur la
continuité d’exploitation.
Pour l’environnement, les questions de l’outil et les risques identifiés sont les
suivants :
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- A-t-on identifié des faits de nature à compromettre la continuité
d'exploitation dans la startup ?
- L'environnement de la startup est-il source de litiges ou contentieux ?
- Un logiciel ou une application spécifique à l'activité est-elle en cours de
création ?
- La startup a-t-elle une activité de recherche ? Une activité d'innovation ?
Les sociétés qui ont une activité de recherche peuvent bénéficier en
contrepartie de crédits d’impôts de l’Etat.
Le programme de travail va être généré en fonction des risques qui ont été
identifiés à partir de l’onglet « risques Inhérents » et « risques liés au contrôle ».
Page | 86
- le programme renforcé (3) : ce programme contient des questions qui
demandent des diligences approfondies. Il est conçu pour les startups du e-
commerce qui présente un risque d’audit élevé.
L’analyse de l’environnement
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• Réalisation d'une analyse SWOT détaillée (3). Il s’agit ici de réaliser à partir
de l’annexe B 6, la très utilisée analyse des forces et faiblesses de la
startup, en interne, et des opportunités et menaces en externe.
Annexe B 6 : Analyse de l'environnement
A quel moment l'utiliser : Orientation - Intérim
Objectifs :
Analyse des forces et faiblesses de la société (en interne)
Analyse des opportunités et menaces de la société (en externe)
Pour une startup, un point fort sera, par exemple, de disposer d’un
avantage concurrentiel et en termes de faiblesse de ne pas disposer de
suffisamment de trésorerie pour ses investissements.
Concernant l’environnement externe, le fait de voir un nouveau concurrent
entrer sur le marché peut, par exemple, constituer une menace.
• Réaliser une analyse de la sensibilité de la société au RGPD et de sa
correcte application (1) : utiliser l’annexe B 26.
• S'assurer que le site en ligne respecte la législation en vigueur au niveau
juridique et concernant le respect des données personnelles des clients (1).
Cette diligence peut être effectuée avec l’annexe B 27.
➢ Diligences à mettre en œuvre lors du contrôle des comptes
• Circularisation des avocats, le cas échant (2).
• S'assurer que la startup n'est pas soumise à des impôts spécifiques dont
elle ne se serait pas acquittée (3).
➢ Diligences à mettre en œuvre lors du bouclage
• Analyse de la continuité d'exploitation (2). Une feuille de travail a été
spécifiquement créée et pourra être selon les cas utilisée ou non en
complément de l’outil de suivi d’activité. Elle est à retrouver en annexe B 7.
Comprendre la variation des capitaux propres et des flux qui gravitent autour sont
des points essentiels lors de l’audit d’une startup. Plusieurs questions spécifiques
aux startups du e-commerce ont été créées dans le programme de travail. On
Page | 88
retrouvera les travaux suivants (côtés de 1 à 3 suivant le niveau de risque qui a été
déterminé en amont) :
Page | 89
propres peuvent être nombreux (augmentation, réduction de capital,
incorporations de créances au capital, conversion d’actions, etc…).
Page | 90
➢ Diligences à mettre en œuvre lors du contrôle des comptes
• Rapprochement entre le chiffre d'affaires commercial et le chiffre
d'affaires comptabilisé (1). L’outil proposé en annexe B 15 permet de
répondre en partie à cette problématique.
• Validation du chiffre d'affaires par le biais des relevés bancaires (1).
• Analyse détaillée du prévisionnel (2).
• Analyse de l'apurement des dettes sociales afin de s'assurer que la startup
n'a pas de difficultés de trésorerie (1).
• Analyse des crédits d'impôts dont bénéficie la startup. Il s'agit d'une
analyse des CI présents et de ceux qui auraient été omis (1). Les activités
de recherche et développement sont très présentes dans les startups. Il
convient donc de s’assurer que les crédits d’impôts calculés sont justes et
exhaustifs. Cette analyse peut être réalisée à partir de l’annexe B 16.
Annexe B 16 : Analyse des crédits d'impôts recherche
A quel moment l'utiliser : contrôle des comptes
Objectifs :
Valider les crédits d'impôts recherche en s'assurant de leur correct montant
et de leur exhaustivité
Utilité pour une startup : Utilisateurs :
Utilité pour le e-commerce : Auditeur, chef de mission
• Circularisation des fournisseurs le cas échéant (1) : cette diligence n’est pas
propre aux startups mais permettra de valider les soldes des comptes
Page | 91
fournisseurs notamment si des variations importantes ont été relevées ou
si le commissaire aux comptes l’estime nécessaire.
• Pour les prestations contractualisées, vérification des prix de vente pour
les contrats significatifs (3) : dans le cas où des clients ont signé avec la
startup des contrats, il sera judicieux de rapprocher les contrats avec la
comptabilité.
• Analyse des produits constatés d’avance (1) : en lien avec des subventions
qui auraient été attribuées, il convient de valider la correcte
comptabilisation de la subvention et la séparation des exercices qui en
découle (si la subvention concerne plusieurs années par exemple).
• Rapprochement entre le chiffre d'affaires du site en ligne et le chiffre
d'affaires comptabilisé, analyse des numéros de séquence dans la
facturation, analyse des mentions obligatoires sur les factures
électroniques émises par la startup. (Annexe B 15)
• Confirmation externe des soldes pour les clients qui sont des personnes
morales (1) : si la circularisation n'est pas utilisée ou non reçue, alors il
convient de valider l'apurement post-clôture.
• Analyse des charges activables ou à l’inverse des immobilisations pouvant
constituer des charges (1), cf. annexes B 14 et B 20.
L’analyse du financement
Page | 92
risque de fraudes et le risque de blanchiment des capitaux sont
potentiellement importants.
• Réaliser une analyse sur la monnaie électronique qu’utilise la startup (3). Il
convient d’ajouter que si le cabinet ne dispose pas des compétences
nécessaires pour réaliser cette étude, il devra faire appel à des experts-
indépendants et/ou suivre les formations appropriées.29
➢ Diligences à mettre en œuvre lors du contrôle des comptes
• Valider les comptes de banque à la clôture de l'exercice (1). A réaliser lors
de chaque audit des comptes. Ce contrôle n’est pas propre aux startups du
e-commerce mais s’avère judicieux pour valider la position de la trésorerie
à la clôture et peut être réalisé par le biais de l’annexe B 13.
• Prévoir de recourir à un expert indépendant pour les problématiques liées
à la monnaie électronique ou crypto-monnaie (3).
• Vérification du correct traitement comptable des subventions et de la
césure (1).
• Rapprochement de l'arrêté attributif de subvention avec la comptabilité
(1).
• Vérification du correct traitement comptable et fiscal du financement par
crowdfunding (1) (cf. annexe B 18).
• Validation des intérêts des comptes courants d'associés si une
rémunération est prévue (1). Dans le cas contraire, il s'agit d'une
convention réglementée à indiquer dans le rapport spécial.
• Validation de la réciprocité des comptes courants d'associés et l'absence
de solde débiteur (pour les personnes physiques), à la clôture et durant
l'exercice (1) : lorsque des personnes morales associées apporteront des
sommes à la startup, il convient alors de valider la réciprocité pour les deux
parties (voir annexe B 17).
• Analyser les opérations qui transitent par le compte PayPal (1) et s’assurer
de leur correcte comptabilisation.
29
Article 7 du code de déontologie
Page | 93
➢ Diligences à mettre en œuvre lors du bouclage
• Identification des engagements donnés ou reçus (1) : il convient de
s’assurer que les engagements hors bilan, le cas échéant, soient indiqués
dans l’annexe.
• Réaliser une analyse des ratios d'endettement de la startup (2) afin de
visualiser si ces indicateurs n’expriment pas un endettement trop
important (voir annexe B 12).
• Identification des autres informations devant figurer en annexe,
notamment les cautions et les garanties (2).
• Identification et analyse des garanties données ou reçues sur emprunts
(1) : ce point sera à analyser lorsque la startup dispose de financements
par emprunts (assez rare en pratique mais pas impossible) afin d’identifier
les garanties à faire figurer en annexe.
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La note de synthèse a pour objectif comme son nom l’indique, de synthétiser les
travaux réalisés par l’équipe d’audit. Selon les cas, deux notes peuvent être
réalisées, une pour l’associé signataire et une pour le client. Celle remise au client
a pour objet de présenter les travaux dans leur ensemble avec les principaux
points relevés. Alors que celle destinée à l’associé entre dans le détail avec
notamment les tests de substance réalisés qui permettent de collecter
suffisamment d’éléments probants pour se forger une opinion sur les comptes.
La note de synthèse pour « l’audit d’une startup e-commerce » pourra être axée
sur les points spécifiques suivants :
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• Recensement des points d’audit
Lors de l’audit d’une société, il convient d’identifier, avant et après la mission, les
points d’audit. Ces derniers sont les zones d’attention et les points clefs de la
mission qui ont été identifiés :
Pour une startup du e-commerce, les points d’audit qui peuvent attirer l’attention
du commissaire aux comptes sont les suivants :
- En amont :
➢ Le résultat de la société est déficitaire, il dégrade les capitaux
propres de la société qui sont négatifs et inférieurs à la moitié du
capital social. Auquel cas, même s’ils ne sont pas négatifs, un
résultat fortement déficitaire doit alerter le commissaire aux
comptes dans une startup.
➢ L’activité de la société ne progresse pas comme cela était envisagé
dans le business plan.
➢ Le site Internet est peu fréquenté et ne répond pas aux attentes
souhaitées en termes de « boost » de l’activité.
➢ Des départs de salariés « clefs » sont prévus.
- En aval :
➢ L’évolution prévisible de la société post-clôture suggère des
difficultés économiques,
➢ Départ programmé de personnel informatique,
➢ Les levées de fonds initialement prévues n’auront pas lieu.
Page | 96
2.4.6 Opinion sur les comptes annuels
• Questionnaires de bouclage
- Valider l’annexe des comptes afin de s’assurer que toutes les informations
nécessaires soient mentionnées : pour les startups, les informations à y
faire figurer peuvent être liées notamment à la continuité d’exploitation
(Observation obligatoire si incertitude significative sur la continuité) ou aux
variations et mouvements sur le capital social. L’annexe B 22 a pour
objectif, d’identifier les principaux éléments devant figurer dans une
annexe de startup.
Annexe B 22 :
Annexe B 22 - Aide à la validation de l'annexe d'une startup
ResponsableAD
Start One
coller ici le logo de
votre cabinet
Comptes au 30/09/N
Date 02/03/N
Objectifs : Objectifs :
Accompagner le commissaire aux comptes pour la validation de l'annexe
Identifier les points clefs devant faire l'objet d'une attention particulière
Accompagner le CAC pour valider l'annexe de la startup en ciblant des devant figurer dans l'annexe d'une startup du e-commerce
3 Oui ?
Les informations propres au capital (nombres d'actions et valeur nominale) sont-elles présentées en annexe
Le cas échéant, des informations relatives à la continuité d'exploitation sont-elles indiquées en annexe ?N/A
4
Si oui, les informations sont-elles suffisantes et appropriées ? N/A
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L’outil présenté en annexe B 23 permet d’accompagner le commissaire aux
comptes dans l’identification des événements postérieurs dans une startup
du e-commerce.
Le dernier point à valider est l’aspect juridique. Il s’agit pour le commissaire aux
comptes de vérifier que les documents juridiques remis aux associés et ceux
Page | 98
présentés en assemblée générale, sont cohérents avec les états financiers. Les
documents à vérifier sont classiquement, le rapport de gestion et le projet de
procès-verbal. Le rapport de gestion doit contenir un certain nombre
d’informations obligatoires. Pour une startup du e-commerce, il convient de
s’assurer que le rapport de gestion contient les éléments suivants : situation de la
société durant l’exercice écoulé, activité en matière de recherche et
développement, évolution prévisible et évènements postérieurs à la clôture.
Il convient également de s’assurer que les droits des associés sont bien respectés
(communication des éléments obligatoires, convocation, etc…). L’annexe B 24
permet de réaliser un suivi de ces différents points.
Les caractéristiques des startups et les risques qu’elles engendrent vont impacter
l’opinion du commissaire aux comptes, ainsi que les différentes parties du rapport
(observations, justification des appréciations et vérifications spécifiques). Voyons
à présent paragraphe par paragraphe, les mentions du rapport qui sont
potentiellement applicables aux startups. L’annexe B 25 permet de guider le
commissaire aux comptes pour la rédaction du rapport sur quatre points :
Page | 99
observations, justifications des appréciations, vérifications spécifiques et
continuité d’exploitation.
- Opinion :
La partie relative à l’opinion est celle qui attire généralement le plus l’attention
des lecteurs et des parties prenantes (actionnaires, banques…). Pour une startup
du e-commerce, il n’y a pas vraiment de spécificité pour cette partie. Cependant,
l’opinion pourra être étroitement liée au paragraphe consacré à la continuité
d’exploitation.
- Continuité d’exploitation :
- Observation :
30
Paragraphe 5.22 de la NI I sur les comptes annuels et consolidés – déc. 2018
Page | 100
Généralement, les observations portent sur des points particuliers ou des faits
précis qui se sont réalisés dans l’exercice et qui sont mentionnés dans l’annexe des
comptes.
Dans une startup, les principaux faits marquants d’un exercice portés en annexe,
outre les faits en lien avec la continuité d’exploitation, sont généralement l’arrivée
de nouveaux investisseurs qui, se traduisent par des levées de fonds et des
opérations sur le capital (réduction de capital suivi d’une augmentation de capital,
augmentation de capital avec suppression du DPS). Des formes de titres de capital
peuvent être émises à l’occasion de l’arrivée d’investisseurs ou pour le
financement de la société : par l’exemple, l’émission d’emprunt obligataires, de
bons de souscription d’actions ou d’obligations convertibles en action.
Page | 101
Généralement, ces observations sont justifiées par le fait que les opérations de
financement d’une startup sont spécifiques, qu’elles entraînent par moment la
création de titres complexes et que cela impacte le capital social (et sa répartition)
et les capitaux propres de la société. Les startups pouvant avoir un nombre
important d’associés et des parties prenantes intéressées par leur bilan
(investisseurs potentiels par exemple), il semble nécessaire de les informer par le
biais de l’observation.
- Vérifications spécifiques
Le commissaire aux comptes doit en plus de certifier les comptes annuels (bilan,
compte de résultat et annexe), vérifier que certains documents qui sont mis à
disposition des associés, soient cohérents avec les comptes et ne comportent pas
d’anomalies. En plus de la validation de ces documents, le commissaire aux
comptes doit s’assurer que l’ensemble des documents devant être remis aux
associés l’ont été.
On voit donc que, dans le rapport sur les comptes annuels d’une startup, les
parties observations et vérifications juridiques auront également leur importance.
Les différentes parties prenantes intéressées par les états financiers de la société,
doivent aussi porter leur attention tant sur l’environnement juridique que sur les
perspectives d’évolution et de continuité décrites en annexe des comptes. L’outil
en annexe B 25 permet d’accompagner le commissaire aux comptes pour la
rédaction du rapport sur les comptes annuels.
Page | 102
complémentaires. Ces rapports spécifiques ont généralement un point commun :
les opérations sur le capital et la protection des associés. Ils se justifient en partie,
par le fait, que les opérations sur le capital ont des conséquences sur les associés
qui disposent de droits et, ne doivent pas être lésés par l’arrivée de nouveaux
investisseurs.
Page | 103
2.5 Synthèse des moyens proposés
L’un des points d’attention est de mettre à jour régulièrement le dossier tant sur
le plan financier (suivi trimestriel de l’activité avec l’utilisation de l’outil dédié) que
sur le plan juridique (suivi des entrées et sorties d’associés). Cette mise à jour doit
avoir lieu pendant toute la mission de certification.
Les questionnaires sur les risques inhérents et les risques liés au contrôle des
startups du e-commerce permettront dans un second temps aux auditeurs
d’identifier clairement les risques propres à la startup. A cet effet, trois
programmes de travail sont proposés pour répondre aux problématiques de la
startup : normal, allégé ou renforcé selon le niveau de risque identifié.
Page | 104
2) Générer les travaux à réaliser : le programme de travail guidera l’auditeur
sur les feuilles de travail à utiliser pour la mission en renvoyant aux
annexes adéquates.
3) Les feuilles de travail pour le bouclage de la mission (annexes B 22 à B 25)
doivent être utilisées pour chaque fin de mission.
Cette dernière partie avait tout d’abord pour objet de présenter les principaux
risques inhérents des startups du e-commerce. Les caractéristiques d’une startup
du e-commerce répondent aux caractéristiques « premières » d’une startup à
savoir : un projet innovant, un financement atypique et évolutif, des
problématiques de croissance et un environnement juridique en mouvement.
Les deux propositions d’outils ont pour but d’accompagner le commissaire aux
comptes et ses équipes pour l’audit et se focalisent sur deux points, le suivi de
l’activité et l’analyse des risques inhérents des startups du e-commerce.
Page | 105
Le second outil est quant à lui consacré aux risques d’audit et a pour objectif de
limiter le risque d’anomalies significatives dans les états financiers d’une startup
du e-commerce. Il se divise en deux onglets distincts, un consacré aux risques
inhérents et l’autre aux risques liés aux contrôles.
Parallèlement aux deux propositions d’outils, plusieurs outils annexes ont été
développés ayant pour but d’accompagner le commissaire aux comptes dans ses
travaux. Ses outils ont à retrouver dans les annexes B5 à B 27.
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Conclusion générale
La mission du commissaire aux comptes est une mission légale qui est définie dans
les grandes lignes par le Code de commerce et le Code de Déontologie. Par le
respect des textes en vigueur et des NEP (propres à la mission légale du
commissaire aux comptes), l’aboutissement de sa mission est l’expression de son
opinion sur les comptes annuels (bilan, compte de résultat et annexe). Outre son
aspect légal, la mission du commissaire aux comptes a également des vertus
d’intérêt général, qui se caractérisent par des compétences et des missions
annexes, telles que la prévention des difficultés des entreprises (procédure
d’alerte), la recherche de fraudes et de délits (révélation des faits délictueux) ou
encore la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du
terrorisme.
Les sociétés qui font appel à un commissaire aux comptes par obligation ou par
nécessité sont nombreuses. Leurs formes et caractéristiques sont très variées. De
ce fait, la démarche du commissaire aux comptes se caractérise par la mise place
d’une analyse des risques qui permet d’évaluer, les zones présentant
potentiellement des risques pour les états financiers et les zones moins risquées
où moins de diligences seront donc nécessaires. Cette démarche d’approche par
les risques est spécifique pour chaque entité. C’est le cas notamment pour les
startups du e-commerce.
Avoir un commissaire aux comptes est parfois une nécessité pour une startup, et
notamment lorsqu’elle réalise des opérations sur le capital ou diverses opérations
juridiques. Le commissaire aux comptes est également obligatoire lorsque certains
seuils des états financiers sont dépassés.
Page | 107
(besoin de financement, forte croissance, risque sur la continuité d’exploitation) et
engendrer des risques d’anomalies sur les comptes. La mission du commissaire
aux comptes est donc impactée par les risques inhérents des startups.
Dans ce marché de niche des startups, on retrouve des startups qui naviguent sur
le marché du e-commerce. En plus des caractéristiques premières d’une startup, le
e-commerce engendre des risques nouveaux pour le commissaire aux comptes qui
sont notamment liés au système d’information (environnement informatique,
RGPD, monnaie électronique), à l’environnement légal et réglementaire, au canal
de distribution et au type de clientèle.
Les propositions d’outils qui sont présentés dans le mémoire ont vocation à
accompagner les auditeurs pour l’audit de la startup du e-commerce de la phase
d’orientation jusqu’à l’émission de l’opinion. Les outils annexes sont également
adaptés au contexte des startups du e-commerce.
Aujourd’hui, les startups françaises forment une des toiles de fonds de notre
système économique, social, socio culturel et sociétal, car elles contribuent à la
Page | 108
croissance, au développement technologique, à la lutte contre le chômage et pour
certaines à la protection de l’environnement.
En raison de la récente loi Pacte, il semble utopique de penser que les startups
seront les entités qui constitueront l’avenir des clients des commissaire aux
comptes. Ajoutons qu’avec l’abaissement des seuils, un nombre important de
« jeunes startups », n’auront plus l’obligation d’avoir un commissaire aux
comptes. Cela pourrait leur être encore plus préjudiciable, car nous l’avons vu
auparavant, les startups peuvent avoir d’importantes difficultés économiques, et
en parallèle, l’une des missions du commissaire aux comptes est de prévenir ces
difficultés grâce à la procédure d’alerte.
Pour conclure, la période de confinement que nous avons connue en mars dernier,
n’a fait qu’amplifier un constat : la prise de marché de plus en forte de la vente en
ligne par rapport aux commerce traditionnels accélérant ainsi le déclin des
commerces de proximité. Par ailleurs, signe que le e-commerce prend encore plus
d’ampleur dans notre quotidien, la Banque Centrale Européenne réfléchie à la
mise en place d’un euro numérique pouvant être utilisé pour les transactions en
ligne.
Page | 109
Bibliographie
1) Textes officiels
Page | 110
▪ COMMISSION DES NORMES COMPTABLES, Avis CNC 2019/08 –
Traitement comptable du crowdfunding, Avis du 3 juillet 2019
2) Ouvrages
Page | 111
▪ NEP 702 Justification des appréciations dans les rapports du
commissaire aux comptes sur les comptes annuels et consolidés des
personnes et entités qui ne sont pas des entités d'intérêt public
▪ NEP 9605 Norme d'exercice professionnel relative aux obligations
du commissaire aux comptes relatives à la lutte contre le
blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme
Page | 112
des Droits indirects, Julien URI à la Banque de France, Corinne
DARMAILLACQ, rapporteur de la commission, La situation du
commerce, tendances 2020, INSEE, 75 pages, décembre 2020
6) Formations
7) Sites Internet
Page | 113