Série n°3 : Système monétaire et financier
Questions :
A partir de « l’organisation du système bancaire et financier (SBF) » (A24, P.25) fournie par la revue
« statistiques financières » de la Banque centrale de Tunisie (BCT),
1) Quel est le critère adopté par la BCT pour établir cette organisation du SBF ?
2) Quels critères alternatifs peut-on adopter pour classer les institutions financières?
3) Caractériser chacune des institutions qui composent le SBF tunisien en indiquant sa fonction principale.
1) Selon l’organigramme fourni en annexe, les institutions financières (IF) sont classées selon leur autorité de
tutelle. Les IF sont sous l’autorité soit de la BCT, du trésor public ou du CMF (conseil du marché financier).
2) D’autres critères de classification.
- L’approche comptable : on retient dans cette approche le découpage des institutions financières tel qu’il est
adopté par la comptabilité nationale tunisienne. Il y a lieu de distinguer entre institutions financières à caractère
monétaire et les institutions à caractère non monétaire. Les institutions à caractère monétaire (Banque centrale,
banques et Centre des chèques postaux) disposent de toute une panoplie de moyens de collecte constitués
principalement par les diverses formes de dépôts en particulier les dépôts à vue dont la transférabilité vers des
usages à plus ou moins long terme ne constitue pas une source de difficulté pour ces institutions. En revanche, les
institutions non monétaires (le reste des IF) ne créent pas de la monnaie, puisque les crédits qu’elles accordent sont
consentis sur leurs fonds propres ou sur les ressources obligataires généralement à long terme.
- L’approche fonctionnelle : cette approche nous renvoie à des critères relatifs aux propriétés fonctionnelles de
chaque institution quant à son fonctionnement. Ce sont les propriétés spécifiques aux modalités auxquelles fait
recours chaque institution pour collecter les ressources financières auprès des agents à excédents monétaires. Ce
sont aussi les caractéristiques fonctionnelles qui concernent les modalités de satisfaction des besoins de monnaie
émanant des agents à besoin de financement. On y est amené à distinguer les institutions financières bancaires
(IFB) et des institutions financières non bancaires (IFNB). Ces dernières peuvent être classées par la suite en IFNB
de collecte d’épargne, de financement, de placement et autres IFNB.
3) Institutions financières bancaires (IFB):
Banque centrale de Tunisie
Banques
Banques offshore
Banques d’affaires
Trésor public : Centre de chèques postaux
Institutions financières non bancaires (IFNB) :
IFNB de collecte de l’épargne (CEP, CNSS, CNRPS, Assurances)
IFNB de financement (sociétés de Leasing et SICAR)
IFNB de placement (SICAF, SICAV et FCP)
Sociétés de Factoring et de recouvrement des créances.
1. Les Institutions financières bancaires (IFB):
a. La Banque centrale de Tunisie.
--La Banque centrale de Tunisie (BCT) a le monopole d’émission de la monnaie nationale et veille à la stabilité de
sa valeur.
--Elle met en œuvre la politique monétaire et de change du pays. Elle gère le stock de devises du pays et est
l’interlocuteur du pays auprès des institutions internationales.
b. les banques
La fonction monétaire consiste pour la banque à créer de la monnaie à travers l’octroi de crédits à
l’économie et à l’Etat. La fonction financière est matérialisée par la collecte de l’épargne liquide par la banque et
par son intervention sur les marchés de capitaux.
d. Les banques non résidentes ou offshore
Les banques offshore ont pour vocation de financer l’activité des entreprises non-résidentes crées dans le
cadre de la loi d’avril 72 en raison de la réglementation de change leur interdisant l’accès au crédit local. Ces
institutions financières peuvent recevoir librement des dépôts, quelle que soit la durée et la forme, effectués par des
non-résidents et leur accorder des crédits ainsi que de participer au capital d’entreprises non-résidentes.
e. Les banques d’affaires
Ce nouveau type d’institutions financières (régies par La loi 94-25 du 7 février 94) est venu compléter le
paysage financier tunisien dont l’activité consiste à fournir des conseils et de l’assistance en matière de gestion de
patrimoine, de gestion financière et d’une manière générale tous les services destinés à faciliter la création, le
développement et la restructuration des entreprises.
2. Le Trésor public
Le Trésor public c’est l’Etat du point de vue de ses activités financières. C’est un ensemble de services sous
la tutelle du Ministère des Finances qui supervise d’autres institutions annexes faisant partie du circuit du Trésor
public comparable au circuit de la Banque centrale.
3. Les institutions financières non bancaires.
a. Les IFNB de collecte de l’épargne.
Le centre d’épargne postale (CEP, ex CENT)
La CEP est un organisme public qui relève de l’administration des postes et, en tant que tel, dispose du
vaste réseau de la poste pour offrir un produit financier unique : le compte sur livret. Les seules opérations
autorisées sur ce compte sont les versements et les retraits. Les dépôts sont rémunérés et leur revenus
bénéficient d’exonérations fiscales, dans la limite d’un plafond qui est actuellement de 5000 dinars.
Les organismes de protection sociale
D’un certain point de vue, les organismes protection sociale sont des collecteurs d’épargne forcée. Les
prélèvements obligatoires qui sont effectués par les caisses de sécurité sociale sont bien sûr destinés à leur
permettre de faire face à leurs obligations : remboursement des frais de soins, versement d’indemnités
familiales, de pensions de retraite…etc. Ces organismes sont représentés par la Caisse Nationale de Retraite et
de Prévoyance Sociale (CNRPS) pour le secteur public et par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS)
pour le secteur privé.
Le secteur des assurances : Le principe de fonctionnement des sociétés d’assurances est le suivant : elles
collectent auprès de leurs assurés des ressources qui sont destinées à faire face à leurs frais de fonctionnement
et bien entendu, à l’indemnisation des sinistres.
b. Les IFNB de financement
Les organismes de Leasing
Le Leasing, crédit-bail ou encore location-vente consiste en un contrat de location de biens mobiliers ou des
immeubles à usage industriel ou professionnel. Il s’agit ainsi d’une opération de location du capital au lieu de son
acquisition. L’entreprise locataire peut bien entendu rendre le bien en fin de contrat, le louer à nouveau ou, ce qui
est plus intéressant l’acquérir pour une valeur résiduelle généralement prévue au moment de l’établissement du
contrat.
les sociétés de capital risque
Les sociétés de capital-risque en Tunisie participent au capital des entreprises existantes et aident à la
création d’entreprises nouvelles. C’est un procédé de financement destiné aux PME ; l’investisseur apporte un
capital financier et le chef d’entreprise et son équipe apportent un capital de « matière grise », de technologie, de
marketing et de management. Le capital-risque implique un partage de risques entre entreprises et partenaires
financiers. C’est le financement des entreprises viables et performantes qui constitue l’objectif des investisseurs
en capital-risque mettant l’accent sur la notion de partenariat actif. Une seule société de capital-risque exerce en
Tunisie ; la Société de Participation et de Promotion des Investissements (SPPI), qui a été crée à l’initiative des
banques.
Les SICAR
Elles ont pour objet la participation au renforcement des fonds propres des entreprises notamment celles
fondées par des nouveaux promoteurs conformément au code d’incitation aux investissements, celles implantées
dans les zones de développement régional, les entreprises faisant l’objet de mise à niveau ou celles connaissant
des difficultés économiques et bénéficiant de mesures de redressement ainsi que des entreprises qui réalisent des
investissements permettant de promouvoir la technologie ainsi que l’innovation dans tous les secteurs de
l’économie.
c. Les IFNB de placement
Ce sont des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM). Les OPCVM prennent la forme
soit de sociétés d’investissement (SICAV ou SICAF) soit de Fonds Communs de Placement (FCP).
d. Les sociétés de Factoring et de recouvrement des créances
Les sociétés de Factoring
Le Factoring vient du terme affacturage c'est-à-dire transfert des créances commerciales de leur titulaire à
un organisme (le Factor) qui se charge de leur recouvrement. Les sociétés de Factoring permettent, au moyen de
techniques de gestion financière appropriés, de gérer les comptes-clients en acquérant leurs créances. Elles assurent
ensuite le recouvrement de créances pour leur propre compte. Deux sociétés de Factoring (Amen Factor et la
société tunisienne de Factoring) opèrent en Tunisie.
Les sociétés de recouvrement des créances
Elles achètent les créances échues, impayées et déterminées dans leur montant pour leur propre compte ainsi que le
recouvrement des créances pour le compte des tiers, à titre de mandataire.
Exercice I
1) Expliquer les facteurs de la liquidité bancaire
2) Définir le marché monétaire.
3) Pourquoi la Banque centrale intervient-elle sur le marché monétaire ? Par quelles modalités ?
4) Décrire l’évolution des facteurs de la liquidité bancaire et les interventions de la BCT sur le marché
monétaire pour 2019-2021.
1) Expliquer les facteurs de la liquidité bancaire La liquidité des banques est influencée par un certain nombre
de facteurs qui induisent soit un excédent soit un besoin en monnaie centrale. On recense cinq facteurs qui
agissent sur la liquidité des banques et qu’on détermine à partir du bilan de la Banque centrale :
(a) : Les billets et pièces en circulation : le montant de la monnaie fiduciaire connaît des fluctuations
saisonnières en fonction des habitudes de paiement des agents économiques. Les banques doivent, en
conséquence, se procurer les billets nécessaires auprès de la Banque centrale. Ainsi, plus le montant de la
monnaie fiduciaire augmente plus la liquidité des banques diminue ;
(b) : Le solde du compte courant du Trésor : le solde du compte du Trésor public auprès de la Banque
centrale a un effet sur la liquidité des banques. La liquidité bancaire varie en sens inverse avec le compte
courant du Trésor public ;
(c) : Les avoirs nets en devises : toute augmentation (ou baisse) des avoirs nets en devises des banques
exerce un effet expansif (restrictif) sur la liquidité bancaire. la liquidité bancaire varie donc dans le même
sens des avoirs nets en devises ;
(a) + (b) + (c) : Facteurs autonomes de la liquidité bancaire
(d) : Les réserves obligatoires : ces réserves représentent une fraction des dépôts collectés que les banques
doivent geler, momentanément, dans leur compte courant à la Banque centrale. Ainsi, la liquidité des
banques varie en sens inverse avec le montant des réserves obligatoires ;
Besoin des banques en liquidité = Effets des Facteurs autonomes + réserves obligatoires requises = (a) + (b) + (c)
+(d)
Les facteurs autonomes de la liquidité sont les avoirs nets en devises, les opérations du Trésor public et les billets et
monnaies en circulation.
2) Définir le marché monétaire. Par marché monétaire on désigne le « lieu » de l’échange qui s’établit
quotidiennement entre offreurs et demandeurs de capitaux à MT et CT. La monnaie centrale en tant qu’actif liquide
par excellence, est au centre de ce marché et fait l’objet d’un échange tout aussi quotidien entre, d’une part, des
intervenants excédentaires qui ont des liquidités à placer, et d’autre part, des intervenants déficitaires qui ont besoin
de liquidité.
3) Pourquoi la Banque centrale intervient-elle sur le marché monétaire ? Par quelles modalités ? La BCT veille à la
stabilité de l’équilibre sur le marché monétaire. Elle intervient soit, pour fournir le marché en liquidités lorsque
celles-ci sont insuffisantes, soit pour éponger de la monnaie centrale lorsque le marché est jugé trop liquide. On
parle, dans le premier cas d’opération d’injection et, dans le second cas de ponction de la monnaie centrale.
Opérations à l’initiative de la Banque Centrale de Tunisie :
Les opérations à l’initiative de la Banque Centrale de Tunisie sont effectuées à des fins de pilotage du taux d’intérêt
interbancaire au jour le jour, de gestion de la liquidité bancaire et d’indication de l’orientation de la politique
monétaire. La Banque Centrale de Tunisie décide des conditions de leur exécution et des instruments à utiliser.
Les opérations à l’initiative de la Banque Centrale de Tunisie sont constituées par quatre catégories d’opérations
définies comme suit :
Opérations principales de refinancement : Ces opérations constituent l’outil principal d’apport de liquidité
par la Banque Centrale de Tunisie. Elles jouent un rôle clef dans le pilotage des taux d’intérêt et signalent
l’orientation de la politique monétaire. Le taux d’intérêt minimum appliqué aux opérations principales de
refinancement est le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie. Celui-ci est fixé par le Conseil
d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie de façon cohérente avec l’objectif final de stabilité des prix.
Opérations de refinancement à plus long terme : Ces opérations ont pour objet de fournir des liquidités
additionnelles pour des échéances plus longues que celles des opérations principales de refinancement.
Les opérations principales de refinancement et les opérations de refinancement à plus long terme sont
exclusivement réalisées au moyen d’opérations de cession temporaire sous forme de prêts garantis ou de prises
en pension.
Opérations de réglage fin : Ces opérations sont effectuées de manière ponctuelle pour corriger l’effet des
fluctuations imprévues de la liquidité bancaire sur les taux d’intérêt. Elles ont une durée inférieure à celle des
opérations principales de refinancement.
Les opérations de réglage fin peuvent être réalisées au moyen d’opérations de cession temporaire, de swaps de
change à des fins de politique monétaire ou de reprises de liquidité en blanc.
Opérations structurelles : Ces opérations visent à gérer une situation de déficit ou d’excédent de liquidité
durable. Les opérations structurelles peuvent être réalisées au moyen d’opérations d’achats ou de ventes fermes
d’actifs négociables publics ou privés y compris les sukuk islamiques, de swaps de change à des fins de
politique monétaire, de reprises de liquidité en blanc ou d’émissions de certificats de dette de la Banque
Centrale de Tunisie.
Opérations à l’initiative des banques
Les banques peuvent recourir à leur propre initiative aux facilités permanentes de la Banque Centrale de Tunisie.
Les facilités permanentes comprennent la facilité de prêt marginal et la facilité de dépôt, destinées respectivement à
fournir et à retirer des liquidités au jour le jour.
Facilité de prêt marginal : Les banques peuvent utiliser la facilité de prêt marginal pour obtenir de la
Banque Centrale de Tunisie, par le biais d’une opération de cession temporaire sous forme de prêt garanti
ou de prise en pension, des liquidités à vingt-quatre heures à un taux d’intérêt prédéterminé en utilisant des
actifs éligibles en garantie.
Facilité de dépôt : Les banques peuvent utiliser la facilité de dépôt pour effectuer des dépôts à vingt-quatre
heures auprès de la Banque Centrale de Tunisie à un taux d’intérêt prédéterminé. La Banque Centrale de
Tunisie ne fournit aucune garantie en échange des dépôts effectués auprès d’elle par les contreparties
éligibles.
3) Décrire l’évolution des facteurs de la liquidité bancaire et les interventions de la BCT sur le marché monétaire
pour la période 2019-2021. voir rapport annuel de la BCT 2020, P.116-121
[Link]
(a) + (b) + (c) : Facteurs autonomes de la liquidité bancaire
P.116
(a) : Billets et Monnaies en Circulation (BMC)
Le premier facteur est lié au retour important, pendant toute l’année 2020, des Billets et Monnaies en
Circulation (BMC) aux guichets des banques d’un montant estimé à 1.895 MDT, donnant lieu à une amélioration
du niveau de la liquidité bancaire à due concurrence. La hausse des BMC de 2.241 MDT observée en 2020
provient essentiellement des retraits en espèces auprès des guichets de l’ONP.
(b) : Solde du Compte Courant du Trésor
En ce qui concerne le Solde du Compte Courant du Trésor, son impact était restrictif sur la liquidité bancaire en
2020. En effet, la non-concrétisation du programme de mobilisation de ressources extérieures s’est traduite par des
pressions importantes sur la trésorerie de l’Etat, amenant le Trésor à intensifier son recours à la dette intérieure en
vue de combler le gap de financement, et de couvrir les dépenses additionnelles occasionnées par la crise sanitaire.
Ce recours aux émissions obligataires sur le marché domestique a engendré un effet restrictif sur la liquidité
bancaire de 3.473 MDT (Cf. Graph. 1-2).
(c) : Avoirs en devises
Le deuxième facteur trouve son origine dans l’intensification des opérations de ventes nettes par les banques de
leurs excédents en devises, sous forme d’opérations de change avec la BCT et de la conversion en dinars des billets
de banque étrangers collectés, en partie, par les bureaux de change, qui ont amélioré leur liquidité d’environ 2.353
MDT. L’amélioration de la trésorerie en devises des banques résulte essentiellement de la contraction du déficit
courant qui est revenu de 9.606 MDT en 2019 à 7.116 MDT en 2020 suite, particulièrement, à la diminution
substantielle, de l’ordre de 3.556 MDT, observée au niveau du déficit de la balance énergétique, lequel a été
favorisé par la chute brutale des prix mondiaux du pétrole2. Ces derniers ont été fortement influencés par le repli
sans précédent de l’activité économique mondiale.
Les interventions de la BCT= opérations de la politique monétaire à l’initiative de la BCT, qui sont actuellement
les opérations principales de refinancement, les opérations de refinancement à plus LT (1 mois, 3 mois et 6 mois),
les opérations fermes, les swaps de change à des fins de politique monétaire et les opérations de réglage fin.
En relation avec la baisse enregistrée au niveau des besoins des banques en liquidité, la BCT a réduit ses
interventions1 sur le marché monétaire en 2020, pour s’établir en moyenne à 9.906 MDT contre 11.999 MDT en
2019. (Cf. Graph. 1-6). Ces interventions sont constituées, essentiellement, des opérations principales de
refinancement qui accaparent plus de la moitié du total, avec une enveloppe moyenne de 5.148 MDT, en baisse de
1.852 MDT par rapport à 2019.
le déficit de liquidité sur le marché monétaire1 a connu un net repli en 2020, pour s’établir à 265 MDT contre
2.633 MDT en 2019, donnant lieu à un recours moyen beaucoup moins important aux facilités de prêt marginales
qui ont baissé de 2.226 MDT par rapport à l’année antérieure et s’établir ainsi à 464 MDT. En revanche, le montant
moyen des facilités de dépôt a augmenté, en 2020, pour atteindre 164 MDT contre seulement 26 MDT une année
auparavant.
Exercice II
1) Comment peut-on définir l’endettement total ?
2) Quelle est l’utilité de cet indicateur ?
3) Compléter le tableau
4) Quelles étaient les valeurs de l’endettement intérieur, l’endettement extérieur et l’endettement total en 2012 ?
1) Comment peut-on définir l’endettement total ? Agrégat large de financement, l’endettement intérieur total
regroupe tous les concours obtenus par les agents non financiers résidents par voie d’endettement, aussi
bien sous forme de découverts ou de prêts bancaires que par l’émission de titres sur les marchés monétaire et
obligataire. Il englobe ainsi l’ensemble des concours que ces agents reçoivent, quelle que soit leur forme (prêts
traditionnels ou émissions de titres), et quelle que soit leur provenance (intermédiaires financiers ou marchés de
capitaux, résidents ou non-résidents). Seuls sont exclus de l’endettement intérieur total les financements par
émissions d’actions (ou plus généralement par renforcement de fonds propres), puisqu’il ne s’agit pas là
d’endettement envers des tiers.
En Tunisie, l’endettement intérieur total est déterminé ainsi :
Endettement intérieur total : c’est un indicateur de la dette de l’Etat et des entreprises à moyen et long terme.
1. Crédit intérieur total 2. Financement extérieur
Encours de la dette des ANF (de l’Etat et des
entreprises) à MLT = emprunts - rembousements
1.a. Concours du système bancaire
- Créances nettes sur l’Etat
- Concours à l’économie
1.b. Financement sur les marchés de capitaux intérieurs
- Marché monétaire (bons de trésor, billets de trésorerie)
- Marché obligataire :
* emprunts obligataires de l’Etat (emprunt national, bons de
trésor négociables)
* emprunts obligataires des entreprises
2) Quelle est l’utilité de cet indicateur ? Dans un contexte de marchés financiers développés, le crédit n’étant plus
qu’une source de financement possible, les agrégats de crédits ne sont plus suffisants pour refléter l’ensemble
des financements par endettement. Ainsi, les autorités monétaires suivent un indicateur d’endettement total –
que celui-ci soit issu de la finance directe ou indirecte, d’origine interne ou externe. L’idée est qu’une forte
croissance des financements mis à la disposition des agents peut entraîner un dérapage de la demande
susceptible de provoquer des tensions inflationnistes. Cet agrégat sert en fait d’indicateur mais pas d’objectif
car il est difficile à contrôler. En particulier, dans un contexte d’ouverture financière, un pays ne peut contrôler,
avec les instruments de la politique monétaire, les possibilités de financement des agents non financiers à
l’étranger. En tant qu'indicateur, l'endettement intérieur total permet une approche simultanée des différents
aspects des évolutions financières et des interactions qui existent entre elles. Il facilite, de ce fait, un jugement
d’ensemble cohérent sur l’évolution de la monnaie et des financements.
3) Que peut-on déduire de l'évolution de la structure de l’endettement intérieur en Tunisie ?
En millions de dinars 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
Endettement Intérieur (EI) 63969 68145 74224 80219 89430 101158 108979 117471 128105
- Etat 13350 14061 15037 17329 20557 23441 24155 27147 31990
21% 21% 20% 22% 23% 23% 22% 23% 25%
- Autres ANF 50619 54084 59187 62890 68873 77717 84824 90324 96115
79% 79% 80% 78% 77% 77% 78% 77% 75%
Auprès du 59642 64338 70521 76805 85887 97566 105533 114010 123749
système financier
- Etat 9374 10362 11461 14009 17127 19939 20805 23868 27863
16% 16% 16% 18% 20% 20% 20% 21% 23%
- Autres ANF 50268 53976 59060 62796 68760 77627 84728 90142 95886
84% 84% 84% 82% 80% 80% 80% 79% 77%
Sur les marchés 4327 3807 3703 3414 3543 3592 3446 3461 4356
de capitaux
- Etat 3976 3699 3576 3320 3430 3502 3350 3279 4127
92% 97% 97% 97% 97% 97% 97% 95% 95%
- Autres ANF 351 108 127 94 113 90 96 182 229
8% 3% 3% 3% 3% 3% 3% 5% 5%
Endettement Extérieur (EE) 26891 28397 31704 36652 43678 55817 69976 67470 68409
Etat 19721 19963 22924 27378 32905 42705 54565 53686 54677
73% 70% 72% 75% 75% 77% 78% 80% 80%
Autres ANF 7170 8434 8780 9274 10773 13112 15411 13783 13732
27% 30% 28% 25% 25% 23% 22% 20% 20%
Endettement Total (ET) 90860 96542 105928 116871 133108 156975 178955 184941 196514
Etat 33071 34024 37961 44707 53462 66146 78720 80833 86666
36% 35% 36% 38% 40% 42% 44% 44% 44%
Autres ANF 57789 62518 67967 72164 79646 90829 100235 104107 109847
64% 65% 64% 62% 60% 58% 56% 56% 56%
ET/PIB 129% 128% 131% 138% 148% 164% 168% 161% 178%
L'endettement total a augmenté plus vite que le PIB. Il représente, en 2020, 178% du PIB alors qu'il n'était que de 128% en 2013.
La part de l'Etat dans l'endettement total est passée de 36% à 44% en raison de déficits budgétaires de plus en plus importants
ces dernières années.