Consignes de travail semaine du 8 au 12 février et vacances scolaires
1. Apprendre le vocabulaire des derniers bilans : dérive génétique/spéciation/sélection sexuelle.
III. La biodiversité actuelle en danger
2. Lire les deux articles, extraits du Journal « Le Monde » ci-dessous.
3. Ecrire le titre dans son cahier III. La biodiversité actuelle en danger
4. Chercher le vocabulaire suivant et l’écrire dans votre cahier.
- Fossile
- Crise biologique
- Crise Crétacé/Tertiaire
- Extinction d’espèces
- Diversification des espèces
- Pathogène
- Maladie vectorielle
5. Rédiger un article d’une page maximum à la manière du Journal « Le Monde » pour alerter sur la nécessité
de préserver la biodiversité. Vous devrez présenter votre article à l’oral à la classe la semaine du 8 Mars.
Le vocabulaire cherché précédemment devra y être intégré.
C3 Communiquer sous forme d’un article de journal
Critères de réussite Indicateurs de réussite
Techniquement correct OUI/NON Article de Journal (titre, paragraphe), une page maximum
Gros titre, titre des paragraphes, date, nom de l’auteur,
Bien renseigné OUI/NON
Mon article vocabulaire demandé
est
Introduction avec contexte et problématique
Bien organisé OUI/NON Découpage en paragraphes construits pour répondre à la
problématique
Extraits du Journal
Biodiversité : l’humanité face à ses
responsabilités
ÉDITORIAL
Le Monde
Editorial. Cette extinction risque de se produire non plus à l’échelle des temps géologiques, mais
en quelques décennies. Avec un unique responsable : l’homme.
Publié le 06 mai 2019 à 11h33 - Mis à jour le 06 mai 2019 à 16h24 Temps de Lecture 2 min.
Editorial du « Monde ». Voilà 65 millions d’années, la cinquième extinction de masse fauchait,
en même temps que les dinosaures, les trois quarts des espèces présentes sur Terre. Les
précédentes crises, des centaines de millions d’années plus tôt, avaient éliminé jusqu’à 95 % du
vivant.
Nous n’en sommes heureusement pas là. Mais nul ne peut plus l’ignorer : la planète s’achemine
vers la sixième extinction de masse. Et celle-ci risque de se produire non plus à l’échelle des temps
géologiques, mais en quelques décennies seulement. Avec un unique responsable : l’homme.
L’alerte mondiale lancée, lundi 6 mai, par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique
sur la biodiversité et les services écosystémiques – le « GIEC de la biodiversité » –, est d’une gravité
sans précédent. Le taux de disparition de la vie sauvage est aujourd’hui des dizaines, sinon des
centaines de fois plus élevé que durant les derniers dix millions d’années. Un million d’espèces
animales et végétales, terrestres ou marines – soit une sur huit –, sont menacées de disparition. Et
le rythme s’accélère dramatiquement.
Ce constat, établi avec la froide rigueur de la science, place l’humanité face à ses responsabilités, au
moins autant que le réchauffement climatique. Pour au moins deux raisons. D’abord, rien ne
saurait justifier qu’une espèce – la nôtre – s’arroge le droit de vie et de mort sur toutes les autres.
Or, les causes de l’effondrement de la biodiversité sont toutes d’origine humaine : destruction et
fragmentation des habitats naturels, surexploitation des ressources au-delà de ce que peuvent
supporter les sols, les forêts et les océans, dérèglement du climat, pollution des écosystèmes par les
déchets, les pesticides et les plastiques, prolifération des espèces invasives disséminées par le
commerce international.
Ensuite, parce que l’humanité fait partie intégrante de la biodiversité, et qu’elle a destin lié avec
l’ensemble du vivant. Que l’on parle de « services écosystémiques » ou, dans une approche moins
utilitariste, de « contributions de la nature aux peuples », la réalité est que, en sapant la
biodiversité, nous mettons en péril notre propre avenir.
A plus de 75 %, les cultures alimentaires dépendent de la pollinisation. Plus de quatre milliards
d’individus se soignent par des médecines naturelles. Plus de deux milliards ont besoin du bois
pour se chauffer ou cuisiner. La qualité de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons, de la
terre qui nous nourrit, est aussi tributaire de celle des milieux naturels.
La question des financements
La réponse à l’alerte des scientifiques est désormais entre les mains des gouvernements. En 2010,
lors de la Conférence sur la diversité biologique d’Aichi, au Japon, ils s’étaient fixé des objectifs
ambitieux, dont aucun ou presque n’est en passe d’être atteint. Ils se retrouveront fin 2020 en
Chine, pour une nouvelle session de cette conférence. Il faudra alors prendre des engagements
précis, déclinés en politiques publiques et associant l’ensemble des acteurs de l’économie et de la
société civile.
La question d’un mode de développement moins prédateur pour la nature ne pourra pas être
éludée. Pas plus que celle des financements – et de leur juste répartition entre pays riches et
pauvres – alloués à la préservation et à la restauration de la biodiversité. Aujourd’hui, quelque
8 milliards d’euros par an y sont affectés au niveau mondial. Les experts estiment qu’il en faudrait
entre 200 et 300 milliards chaque année. A combien évaluons-nous le prix du vivant ?
Coronavirus : « L’origine de l’épidémie de
Covid-19 est liée aux bouleversements que
nous imposons à la biodiversité »
Pour l’écologue Philippe Grandcolas, l’émergence des maladies infectieuses est directement liée
à notre rapport à la nature.
Propos recueillis par Martine Valo
Publié le 04 avril 2020 à 18h30 - Mis à jour le 08 avril 2020 à 15h11
Temps de Lecture 6 min.
Philippe Grandcolas, spécialiste de l’évolution des faunes et du comportement des insectes
dictyoptères, est directeur de recherche au CNRS et directeur de laboratoire au Muséum national
d’histoire naturelle. Selon lui, la crise sanitaire due au nouveau coronavirus est le moment ou
jamais d’aborder la question de notre mauvais rapport à notre environnement naturel.
Quelle est, selon vous, la corrélation entre le déclin de la biodiversité et l’émergence de
maladies comme le Covid-19 ?
Les gens pensent que les virus ont toujours existé, que les épidémies n’ont rien à voir avec l’état de
la biodiversité ou le changement climatique. Pourtant, depuis quelques décennies, elles
augmentent. Elles n’ont pas l’impact énorme du Covid-19, mais leur fréquence s’accélère. La
majorité sont des zoonoses : des maladies produites par la transmission d’un agent pathogène
entre animaux et humains. Les pionniers des travaux sur les parasites les étudient depuis le début
du XXe siècle. Mais la prise de conscience de leur lien avec l’écologie au sens scientifique du terme
date d’il y a quarante à cinquante ans.
Aujourd’hui, nous savons qu’il ne s’agit pas que d’un problème médical. L’émergence de ces
maladies infectieuses correspond à notre emprise grandissante sur les milieux naturels. On
déforeste, on met en contact des animaux sauvages chassés de leur habitat naturel avec des
élevages domestiques dans des écosystèmes déséquilibrés, proches de zones périurbaines. On offre
ainsi à des agents infectieux des nouvelles chaînes de transmission et de recompositions possibles.
On peut citer le SRAS, ou syndrome respiratoire aigu sévère, dû à un coronavirus issu de la
combinaison de virus d’une chauve-souris et d’un autre petit mammifère carnivore, relativement
vite jugulé au début des années 2000. L’épidémie du sida, souvent caricaturée de manière
malsaine, présente une trajectoire analogue : une contamination de primates, puis une
transmission à des centaines de millions de personnes. Ebola fait un peu moins peur parce qu’on
pense que son rayon d’action est limité à quelques zones endémiques. En réalité, sa virulence est si
terrible que cette affection se propage moins facilement car la population meurt sur place. Là
aussi, le point de départ est une chauve-souris.
Ces jours-ci, certains seraient sans doute tentés d’éradiquer chauves-souris et pangolins,
soupçonnés d’avoir servi de réservoir au coronavirus…
Malheureusement, la période dramatique que nous traversons pourrait exacerber le manichéisme
humain, pousser certains à vouloir se débarrasser de toute la biodiversité. En réalité, c’est pire : on
ignore simplement que l’origine de l’épidémie de Covid-19 est liée aux bouleversements que nous
imposons à la biodiversité. Le silence sur ce point est assourdissant.
« Nous ne pouvons pas nettoyer au Kärcher tous les micro-organismes qui nous entourent, on en a
absolument besoin ! »
Je n’ai pas de complexe à aborder aujourd’hui la question de notre mauvais rapport avec la nature,
même si les gens sont confinés, submergés par des controverses sur la gestion des masques, des
tests, des médicaments… Demain, ils le seront par les tourmentes économiques. Quand est-ce le
moment ? Quand nous serons passés à autre chose et aurons oublié ? On peut craindre alors que
nous n’apprenions rien avant la survenue de nouvelles crises. Et nous ne pouvons pas nettoyer au
Kärcher tous les micro-organismes qui nous entourent, on en a absolument besoin !
Pourquoi est-ce si difficile de communiquer sur la perte du vivant ?
La biodiversité est plus compliquée à comprendre que l’évolution du climat qui se mesure en
concentration de gaz à effet de serre et produit des événements météorologiques extrêmes. Ainsi
l’émergence de nouvelles maladies ne se résume pas à des statistiques de rencontres entre des
populations humaines en santé précaire et des milieux tropicaux riches en agents infectieux. Il
s’agit surtout d’un problème de simplification des écosystèmes, de morcellement des habitats
naturels où la diversité baisse. La capacité des agents infectieux à se transmettre de proche en
proche en est renforcée, leur prévalence augmente, leurs ennemis peuvent disparaître.
Même lorsqu’on parvient à s’intéresser à d’autres qu’à l’homme, aux grands vertébrés, lions,
girafes, pandas, pangolins, on est loin de percevoir la complexité des équilibres instables de la
nature. Notre anthropocentrisme et nos simplismes nous dictent une vision naïve des animaux et
des plantes que nous considérons comme utiles ou nuisibles, toujours en fonction de nos intérêts
extrêmement immédiats. A cela s’ajoutent nos résistances culturelles considérables.
Nous pensons toujours avec une certaine vision Nord-Sud, voire avec xénophobie. Cela nous
permet de critiquer la mauvaise gestion des marchés en Chine par exemple, alors que nous avons
les mêmes problèmes. Ainsi, en France, nous tuons des centaines de milliers de renards par an. Or
ce sont des prédateurs de rongeurs porteurs d’acariens qui peuvent transmettre la maladie de
Lyme par leurs piqûres.
Il n’y a pas d’ange ni de démon dans la nature, les espèces peuvent être les deux à la fois. La
chauve-souris n’est pas qu’un réservoir de virus, elle est aussi un prédateur d’insectes en même
temps qu’une pollinisatrice de certaines plantes. Il en existe d’ailleurs des centaines d’espèces que
nous connaissons mal, nous en découvrons encore. C’est une des raisons pour lesquelles nous
avons du mal à identifier les combinaisons qui ont fait émerger le coronavirus. Faute de recherches
préalables, les scientifiques partent de loin !
Comment toucher le public avec les savoirs en écologie ?
D’abord, je ne voudrais pas avoir l’air de prêcher pour ma paroisse, mais l’étude des écosystèmes
est le parent pauvre de la science et de la biologie. Même entre confrères, cela semble toujours
saugrenu d’aller étudier des petites bêtes ou des plantes exotiques… Alors que l’acquisition de
connaissances serait cruciale, en particulier pour la santé.
Au-delà d’une fraction d’interlocuteurs avertis, je me suis aperçu que les gens qui n’ont pas
d’empathie à l’égard de la biodiversité peuvent être fascinés par ce qui les effraie, les dégoûte. En
leur parlant du ver plat, des blattes, des punaises de lit, on peut les amener à échanger sur la
biodiversité. L’émotion fonctionne aussi : les koalas ont fait beaucoup pour l’intérêt du public vis-
à-vis des incendies en Australie, un problème monstrueux qui dépasse de très loin le sort des
paresseux australiens.
Nous avons du mal à faire comprendre que l’écologie appliquée peut apporter des solutions.
Arrêter la déforestation, substituer d’autres consommations à la viande de brousse, favoriser les
circuits alimentaires courts… L’Amazonie qui brûle, c’est un drame pour les Amérindiens, pour les
Brésiliens, pour le monde… Mais comment donner des leçons à ce pays alors que son soja qui
nourrit notre bétail est largement lié à la déforestation ?
Il y a des résistances politiques et économiques à l’idée qu’il faudrait complètement réorganiser
l’agriculture. Les élevages aussi : mal conduits, ils permettent aux agents infectieux de
proliférer, comme on l’a vu avec la grippe aviaire venue de Chine. Dans les installations à
l’européenne, la promiscuité entre un grand nombre d’animaux les rend vulnérables à des
maladies qui sont traitées de façon presque permanente avec des antibiotiques. On a montré que
même les rejets diffus de leurs déjections dans les milieux naturels par épandage contribuent à des
phénomènes d’antibiorésistance.
Que répondre aux tenants du droit à l’innovation afin de nourrir une population
grandissante, quitte à générer des crises comme celle de la vache folle ?
Prétendre que nous sommes coincés parce que nous sommes de plus en plus nombreux est un
piège. Gagner en productivité ne veut pas dire développer de mauvaises pratiques. Les insecticides
néonicotinoïdes, par exemple, constituent une innovation industrielle et commerciale, mais ils ne
sont pas performants : moins de 20 % du produit est utile, le reste part dans l’environnement et
tue tout ce qui vit alentour.