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Production Florale Au Sénégal Atouts Et Handicaps G1

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RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL

Un Peuple - Un But - Une Foi


MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE ET DE L’EQUIPEMENT RURAL
CENTRE DE FORMATION PROFESSIONNELLE HORTICOLE DE CAMBERENE
(CFPH)

THÈME : Production florale au Sénégal : Atouts et handicaps


PROFESSEUR Mr M Fall
Présenté par
Mouhamadou AW
Diénaba BA
Amet BAR
Seydina Mandione BARR
Abdoul Aziz Al Bodian
Casimir Jean Joseph BIAGUI
Louise Larissa BOURKO
Mady Alassane CAMARA

Plan d’étude:
Généralités
I. Atouts du Sénégal en matière de floriculture
II. Handicaps à l’évolution de la filière
III. Solutions/Perspectives
Conclusion
Production florale au Sénégal :
Atouts et handicaps

Généralités
La filière floricole est la branche de l’horticulture dédiée à l’étude et à la culture des fleurs et
plantes à fleurs.
La floriculture est une filière qui fait partie des axes de diversification des produits au Sénégal
où il existe trois zones particulièrement favorables à ladite filière à savoir, les Niayes, Mbour,
et Casamance (NEAPB, 2016). Actuellement, le sous-secteur de l’horticulture contribue pour
beaucoup à la sécurité alimentaire des populations, à la lutte contre la malnutrition et la
pauvreté et également à l’équilibre de la balance commerciale du pays. Ainsi, depuis les
périodes de sécheresse des années 70, beaucoup d’agriculteurs se sont reconvertis à l’activité
et se sont installés dans la zone des Niayes qui constitue la principale sphère de production
horticole du pays (DHORT, 2013). Dans le secteur floral et ornemental, 90% de ce marché
évolue dans le secteur informel, ne pouvant pas par conséquent être pris en compte dans des
statistiques (NEAPB, 2016). En effet, il est noté une importante prolifération des pépinières et
jardins d’ornement avec comme seules préoccupations, la qualité ornementale ou la valeur
économique des plantes cultivées. La principale zone de floriculture se situe aux alentours de
Cambérène au Nord-Est de Dakar.
Dans la seule région de Dakar, le Dr Birane Dieng recensait 516 pépinières à vocation
floricole durant ses travaux de recherche et ce recensement est une première dans notre pays
(2019). D’un point de vue caractérisation de la flore ornementale, 225 espèces appartenant à
159 genres et réunies en 61 familles ont été recensées dans ces pépinières ; cette liste n’est pas
exhaustive et 116 de ces espèces ne sont pas cités dans La flore illustrée du Sénégal (Berhaut
J.)
Localisation des pépinières ornementales de DAKAR (2019)
Dans la logique de promouvoir la floriculture sénégalaise, nous allons vous présenter les
atouts ainsi que les handicaps de cette filière et donner quelques recommandations pour son
bon développement.

I. Atouts du Sénégal en matière de floriculture

Le principal atout du Sénégal en matière de floriculture est le climat. En effet dans les trois
zones particulièrement favorables à la floriculture, celle de Niayes est soumise à deux
saisons :
- L’une de Novembre à Juin, ayant des températures moyennes de l’ordre de 18_20°C,
avec de bonnes alternances jour-nuit. Durant cette période l’air est assez chargé
d’humidité régulièrement.
- L’hivernage de Juillet à Octobre-Novembre avec des températures moyennes de
l’ordre de 28-35°C avec des maxima pouvant atteindre 45°C pas du tout favorables
aux cultures ornementales.
Les deux autres zones ont des conditions climatiques presque similaires à celle des Niayes.
Proposant un salaire moyen de 100000F/mois avec une masse salariale annuelle de 77000000
FCFA (Dr Birane Dieng), la floriculture sénégalaise est à proximité d’une population jeune et
donc d’une main d’œuvre abondante à travers tout le pays.
Etant donné que pour la seule région de Dakar qui compte 516 pépinières floricoles, la ville
de Dakar compte 71.9% des sites contre 28.10% pour la banlieue, la même tendance pourrait
se répéter pour les régions de Thiès et de Diourbel qui sont les 2e et 3e villes les plus peuplées
de notre pays qui sont en train de s’urbaniser à un rythme impressionnant. Un futur
développement de la floriculture dans ces zones serait un excellent moyen de création
d’emploi et de richesses.
De par sa position géographique, le Sénégal est un carrefour aérien et maritime entre tous les
continents, notamment l’Europe qui est un grand consommateur de fleurs ; nous devrions
exploiter cet avantage pour pouvoir aller à la conquête du marché international.
La culture florale peut être très utilisée dans l’agriculture en général, en effet les fleurs
installées en bordure des exploitations permettront d’attirer les insectes pollinisateurs et ainsi
participer à l’amélioration des rendements, à lutter contre certains ravageurs (ex : roses d’inde
contre nématodes), et enfin à développer la biodiversité.
La culture florale est dotées de beaucoup d’avantages et d’atouts car les fleurs cultivées
peuvent être utilisés à plusieurs niveaux et ont une utilité économique, médicinale,
environnementale, cosmétique, alimentaire et même culturelle.
La production florale au Sénégal, bien que bénéficiant de nombreux atouts, est quand même
confrontée à de multiples handicaps.

II. Handicaps à l’évolution de la filière

Le premier facteur bloquant de la floriculture que nous allons citer est le faible taux de
formalisation des entreprises floricoles. En effet seulement 15% des producteurs ont un statut
juridique dans la région de Dakar (Dr Birane Dieng), le secteur est fortement informel au
Sénégal et cela constitue un frein à l’accès à certains marchés publics et internationaux. Les
quelques entreprises formalisées au Sénégal profitent de cette situation et se remplissent les
poches à la sueur des travailleurs de l’informel qui sont parfois contraints de faire de la sous-
traitance.

Le tableau 5 regroupe la répartition des


exploitations selon leur statut. L’analyse du tableau 5
montre que 84,52% des exploitations rencontrées
n’ont pas de statut juridique contre 15,48% des
exploitations qui ont un statut juridique légalement
défini : il s’agit des Associations (10,71%), des GIE
(3,57%) et des Entreprises (1,79%). Cette situation
s'explique souvent par le fait que la plupart des
exploitations est installée sur l'emprise des routes et
ne dispose pas de permis d'occupation, ni de bail
emphytéotique (Dr Birane Dieng).
Ce statut fortement informel de la floriculture sénégalaise empêche ses principaux acteurs
d’avoir accès aux crédits et financements. En effet les producteurs qui travaillent
essentiellement en individuel dans l’informel ne sont pas solvables auprès des établissements
qui octroient des fonds et il faut dans la majorité des cas qu’il y ait intervention d’un tiers
détenteur d’un statut juridique valable afin de les garantir auprès des banques.

En plus de cela il y’a le problème de la formation car très peu de producteurs sont qualifiés :

Le tableau 6 et la figure 4 regroupent la répartition des producteurs selon leur qualification en horticulture. L’analyse du
tableau 6 montre que les producteurs qualifiés sont minoritaires avec 23,81% contre 76,19% pour ceux qui n’ont fait pas une
formation en horticulture et par conséquent qui ont tiré leur expérience via l’observation et l’apprentissage en temps
qu’ouvriers dans les pépinières. Par ailleurs, 35% des exploitants sont sortis de leur formation avec le niveau de technicien
horticole contre 25% qui ont eu une attestation de participation (Fig. 4). Pour ceux qui ont le CAPH, ils ne regroupent que
5%, alors que les 35% restants ont eu à faire un renforcement de capacité (Fig. 4) (Dr Birane Dieng).

Ce constat au niveau de la formation n’est pas sans conséquences dans les résultats et
processus de production des fleurs. Le respect des normes de production n’est quasiment pas
au rendez-vous et même chez les professionnels nous pouvons douter du respect des normes
de production. Une bonne partie des producteurs ne savent même pas ce qu’est une norme.
Des substrats d’origine douteuse sont utilisés ainsi que du matériel végétal contaminé : étant
donné que les plantes à fleurs sont le plus souvent reproduites de manière végétative la
prolifération des maladies virales et bactériennes est inévitable. Cette absence des normes
freine le développement de l’horticulture florale au Sénégal et nous empêche d’avoir accès
aux marchés internationaux.
Le manque de qualification a également une influence négative dans la productivité des
travailleurs car si les techniques de multiplication de conduite et de conservation adéquates ne
sont pas appliquées il y’aura un taux d’échec très important dans les divers travaux au sein
des pépinières floricoles et cette contre-productivité ne peut en aucun cas être bénéfique aux
acteurs de la filière.
Aussi le difficile accès à la terre est à noter, bien que le Sénégal dispose de beaucoup de terres
arables, la floriculture est beaucoup plus rentable en zone urbaine et cela pousse les
producteurs à occuper illégalement la voie publique. La majorité des floriculteurs étant dans
des espaces publics, se pose maintenant le problème de l’accès à l’eau et à l’électricité. L’eau
utilisée par la plupart des floriculteurs est de mauvaise qualité et provient des égouts. Pour
ceux qui ont une borne SENEAU le tarif pour les compteurs particuliers devient excessif au-
delà de 20m3 d’eau utilisés. Le non accès à l’électricité empêche les producteurs de conserver
leurs produits et sont parfois obligés de les recycler par compostage. Un compostage qui ne
peut se faire qu’en petites quantités car il n’y a pas assez d’espace disponible.
Le Sénégal n’étant pas signataire de l’accord international de l’UPOV pouvant lui permettre
d’introduire de nouvelles variétés, les floriculteurs le font de manière officieuse et cela expose
notre floriculture à la prolifération de nouveaux bios agresseurs.
Enfin certaines villes de notre pays présentes des conditions climatiques extrêmes qui ne sont
pas du tout propices au développement de certaines plantes ornementales.
En somme, de multiples handicaps empêchent la floriculture sénégalaise de prendre son envol
et de briller à l’échelle internationale. De profonds changements seront nécessaires pour que
les acteurs de cette filière soient beaucoup plus à l’aise dans leur travail de tous les jours

III. Solutions/Perspectives

La première étape vers l’éclosion de la floriculture sénégalaise sera la formation, il faudra


d’abord que les producteurs de fleurs et plantes à fleurs soient formés via des séminaires afin
de les mettre au parfum des techniques de production adéquats et répondant aux normes du
marché.
La sensibilisation des floriculteurs et la mise en place pour eux d’un cadre juridique et fical
sur mesure est nécessaire dans un pays où les fleurs et plantes à fleurs sont de plus en plus
sollicités.
Un tarif maraicher de 133F le m3 d’eau étant déjà prévu pour les entreprises agricoles, ce sera
au tour de la SENELEC de faire quelques efforts dans le but de participer au développement
de l’horticulture florale.
Le meilleur débouché pour les fleurs sénégalaises étant le marché international, nous devrons
travailler à rendre nos produits compétitifs.
Le marché intérieur devra être conquis et pour certaines zones des spécialistes devront
travailler à la recherche de plantes qui s’adapteront aux conditions climatiques parfois
extrêmes observées dans certaines villes à températures élevées du pays.
La zone du littoral étant par excellence une zone d’horticulture, des espaces devront être mis
en place et exclusivement dédiés aux productions florales.
La formalisation des entreprises pourra permettre de mettre sur pied des services de contrôle
sur le terrain qui vont évaluer la qualité des production et juger ou non du respect des normes
de production.
Enfin un comptoir commercial national doit impérativement être mis en place pour faciliter
les échanges entre clients et producteurs à l’échelle nationale et internationale.
Nous retiendrons que beaucoup de mesures et changements de comportement de la part des
acteurs de la filière pourront être prises dans le but de faire briller le secteur de la production
floricole
Conclusion

Cette étude dont le but est de mettre en avant les atouts et handicaps de la production florale
au Sénégal nous a permis de savoir que cette filière est un atout non négligeable pour le
développement économique de notre cher pays. Et les premiers acteurs du développement de
la floriculture au Sénégal ne devront être personne d’autre que les producteurs eux même par
l’innovation, si nous voulons bien sur avoir une part de choix dans le marché international qui
est ouvert à tous.

Sources
- Caractérisation du secteur des plantes ornementales à Dakar (Dr Birane Dieng)
- Étude de marché sur l’horticulture ornementale au Sénégal (Netherlands Entreprise
Agency)
- Rôle de la floriculture en milieu urbain (Groupe 6)
- Normes et certifications des plantes ornementales (Gane K, Mame Coumba N, …)

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