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LA PRIVATION DE LIBERTE DE MOUVEMENTS DES

JUSTICIABLES DE LA COUR DE CASSATION AVANT


LEUR CONDAMNATION : ENTRE L’EGALITE DE
TRAITEMENT ET LA PERTINENCE DE LA QUALITE
OFFICIELLE

Didier Pierre NDANGI BAZEBANZIA


Doctorant en droit Pénal
Assistant à la Faculté de Droit/Université de Kinshasa
Avocat au barreau de Kinshasa/Matete

RESUME

E
n République Démocratique du Congo, bien que la loi fondamentale
stipule que « tous les congolais sont égaux devant la loi et ont droit à
une égale protection des lois », cette affirmation ne tient pas debout.
Certains justiciables compte tenu de leur rang social bénéficient des privilèges et des
faveurs même lorsqu’ils ont commis d’infractions. Cette situation bien que voulue par
le législateur, crée une fosse des inégalités entre les justiciables devant la loi et plus
précisément devant les instances judiciaires. Il n’est pas bon d’accorder à une catégorie
d’individus trop de faveurs même lorsqu’ils parviennent à enfreindre la loi pénale et
surtout, le fait de conditionner les poursuites d’un présumé criminel à des autorisations
préalables. Il va falloir que les textes traitant de l’organisation et de la compétence des
juridictions, mais également de la procédure à suivre soient révisés dans le sens d’éviter
toutes ces procédures de faveurs qui risqueraient d’asseoir l’impunité plutôt que de
lutter contre elle.

INTRODUCTION

L
a République Démocratique du Congo est dans ses frontières du
30 juin 1960, un Etat de droit, indépendant, souverain, uni et
indivisible, social, démocratique et laïc1.
Dans le cadre de cette réflexion, le regard sera plus fixé sur l’alinéa
premier de l’article premier de la Constitution en vigueur auquel nous faisons
allusion juste pour dire que la République Démocratique du Congo est un Etat
de droit et démocratique. En effet, un Etat de droit s’appréhende comme celui
qui « est à la fois esclave et protecteur des libertés, tire sa légitimité de son
aptitude à les développer et à s’y soumettre », ou encore celui qui, « dans ses

1
Art.1 al. 1 de la Constitution de la République Démocratique du Congo telle que modifie par la loi n° 11/002 du 20
janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la R.D.C du 18 février 2006.
492 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

rapports avec ses sujets et pour la garantie de leur statut individuel, se soumet
lui-même à un régime de droit ». Tandis qu’un Etat démocratique intègre en
droit pénal, outre l’idée de la protection des institutions démocratiques, la
référence aux droits humains et aux libertés fondamentales et fait corps avec
l’idée d’un Etat de droit démocratique puisque leur respect, proclame l’article
60 de la Constitution, s’impose aux pouvoirs publics et à toute personne2. Mais
également, l’article 12 de la Constitution qui dispose : « Tous les congolais sont
égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois »3.
Cependant, lorsque l’ordre public est troublé par une infraction
quelconque, il s’impose de le rétablir en menant l’enquête sur les éléments de
preuve, en mettant la main si possible sur le suspect et, éventuellement ses
autres participants, en procédant à l’interrogatoire de ceux-ci et dans la mesure
du possible, à l’audition de témoins, en vue d’aboutir à l’établissement de la
responsabilité. Dans la mesure où l’on considère que l’auteur d’une infraction
contracte une dette envers la société, qu’il doit expier. Cela répond à une
exigence morale partagée par toutes les sociétés, et à toutes les époques. C’est
pour cette raison que les bons actes doivent être récompensés et les mauvais
doivent être punis. Et le sentiment comme l’expression populaire sont que
« justice est faite » lorsque l’auteur d’un crime crapuleux monte à l’échafaud4.
C’est la raison pour laquelle au Congo, jusqu’à ce jour, le principe qui est
posé est que seules les personnes physiques sont capables de délinquer. Ni les
choses, ni les animaux ne peuvent être sujet de l’infraction. Seuls des êtres fait
des chairs, dotés de volonté et d’intelligence peuvent commettre une infraction
et, de ce fait, encourir une peine. L’esprit individualiste de droit pénal fait
qu’on ne peut attribuer un acte coupable et appliquer une peine qu’à
l’individu5. Qui doit être normalement auteur de cet acte criminel.
Malheureusement avant d’en arriver à cette responsabilité, l’on
constatera que le délinquant n’est pas un citoyen ordinaire qui doit subir des
mesures à tous, prévus à l’avant-procès6, qui peuvent être l’arrestation et
l’inculpation de celui-ci juste après son audition par le magistrat instructeur. Il
va falloir que celui-ci (magistrat instructeur), après avoir rassemblé les
éléments de preuve et transformé les soupçons et les charges en une certitude
suffisante7, convaincu que le délinquant a effectivement commis les faits lui
reprochés, il peut se décider de prendre des mesures restrictives, en

2
AKELE ADAU P., Réforme du code pénal congolais, options axiologiques et techniques fondamentales, Tome III,
Kinshasa, CEPAS, 2009, pp .31-32.
3
Art.12 de la Constitution de la République Démocratique du Congo telle que modifiée par la loi n° 11/002 du 20
janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la R.D.C. du 18 février 2006.
4
NYABIRUNGU Mwene SONGA, Traité de droit pénal général, Kinshasa, 2ème éd., E.U.A, 2007, p. 270.
5
Ibidem.
6
TASOKI MANZELE, J.M., Procédure pénale congolais, Paris, L’Harmattan, 2016, pp. 85-87.
7
LUZOLO BAMBI LESSA et BAYONA BA MEYA, Manuel de procédure pénale, Kinshasa, P.U.C, 2011, p. 61.
ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 493

l’occurrence la détention préventive et l’arrestation provisoire. Parce qu’il est


de droit investi du pouvoir de décisions quant à ce. Il a le pouvoir de statuer
sur la délivrance d’un mandat d’arrêt relevant de sa juridiction. A cet effet, il
conviendrait qu’il soit convaincu que le délinquant qui se trouve devant lui a
effectivement commis l’acte dont on lui reproche et, qu’il y a des indices sérieux
de culpabilité qui enlèveraient tout soupçons.
Cependant, lorsque le parquetier se rend compte que le faiseur des actes
mauvais est justiciable de la cour de cassation et par conséquent, bénéficiaire
de la qualité officielle, mais également privilégié des juridictions, prendra
toutes les dispositions utiles qui peuvent être : l’autorisation de poursuite par
le procureur général près la cour de cassation. C’est alors qu’il va apprécier la
nature des faits et prendre une décision responsable et non politique ; soit le
mettre sous mandat d’arrêt provisoire qui, pour eux, est la « résidence
surveillée », soit le laisser partir avec certaines recommandations.
Evidemment, cette situation bien que voulue par le législateur, crée une
injustice entre les justiciables au Congo et met en péril en même temps, le
principe d’égalité prévu par la Constitution. Etant entendu que les justiciables
de la cour de cassation continuent à bénéficier des privilèges et des faveurs,
bien qu’en étant délinquant. C’est une situation qui renforce la fosse des
inégalités entre les justiciables devant la loi et plus précisément devant les
instances judiciaires congolaises. Tant et si bien que cela crée une pertinence de
la qualité officielle même lorsqu’une infraction est commise par un délinquant,
justiciable de la cour de cassation. Parce qu’il va se reposer paisiblement dans
sa maison ou dans un endroit sûr bien que poursuivi par la justice. Tandis que
d’autres délinquants ordinaires sont arrêtés sans ménagement et directement
envoyés en prison, comme il n’y a pas des maisons d’arrêt.
Eu égard à ce qui vient d’être soutenu, il y a lieu de chercher à savoir
quelles sont les causes de ces inégalités ?
Telle est l’économie de cette réflexion qui convient d’étudier d’une part
les justiciables de la cour de cassation avant leur condamnation : égalité de
traitement et pertinence de la qualité officielle et d’autre part, la procédure de
leur privation de liberté avant leur condamnation.
A. LES JUSTICIABLES DE LA COUR DE CASSATION : BENEFICIAIRES
DE PRIVILEGES DE JURIDICTION
Les justiciables de la cour de cassation sont des autorités voulues par le
législateur d’être jugées par devers cette instance, après la commission des
infractions. Avant de les connaître, il va falloir comprendre le sens du concept
privilège.
494 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

Le concept privilège a plusieurs sens selon que l’on est en droit civil ou
en droit pénal. Au sens civiliste, il signifie droit que la loi reconnaît à un
créancier, d’être préféré aux autres créanciers, même hypothécaires, sur
l’ensemble des biens de son débiteur (privilège général) ou sur certains d’entre
eux seulement8.
Mais dans le cas de cette étude, il ne sera pas examiné les privilèges selon
le sens civiliste que nous venons de définir, mais plutôt selon le sens du droit
de la procédure pénale qui fait état non seulement des privilèges tout court,
mais ajoute les privilèges de juridictions. A cet effet, il faut entendre par
privilège de juridictions, une dérogation aux règles de compétence matérielle
répressive qui fait que certaines catégories des personnes puissent être jugées
par des juridictions bien déterminées, à l’exclusion de toutes les autres, et ce,
dans le souci d’empêcher que ces personnes ne puissent influencer ces
juridictions9. C’est une institution juridique selon laquelle une personne,
compte tenu de sa personnalité c’est-à-dire des fonctions qu’elle exerce ne soit
jugée que par une juridiction déterminée quelle que soit l’infraction commise.
Cependant, abondant dans le même sens, RUBBENS écrit : « Les
privilèges de juridiction que connaît le droit congolais renvoyant certains
justiciables devant la juridiction supérieure à celles que leur désigne le droit
commun, n’a pas pour but de ménager leurs intérêts, ni même le prestige de
leur fonction. Les privilèges ne sont toutefois pas accordés comme faveurs,
mais visent plutôt à éviter que les magistrats ne soient pas amenés à assurer les
responsabilités excessives au jugement respectivement des dignitaires dont le
rang et le prestige pourraient les influencer »10.
Les privilèges de juridictions sont un avantage, une faveur que la loi
accorde à certains dignitaires d’être justiciables non devant les juges inférieurs,
mais devant les hauts juges qu’ils ne peuvent pas facilement influencer. Etant
donné que ces bénéficiaires sont des autorités qui peuvent facilement emballer
des petits magistrats compte tenu de l’influence qu’elles peuvent exercer.
En effet, les privilèges de juridictions trouvent leur fondement dans le
souci de voir même des personnes jouissant d’un rang social élevé, répondre
de leurs actes répréhensibles sur le plan pénal. Etant donné qu’il est admis dans
des textes nationaux que certaines personnes vis-à-vis des fonctions, des rangs
qu’elles occupent dans la société puissent bénéficier de certaines faveurs, sous
entendues des privilèges et immunités qui pourraient être un obstacle à leur
poursuite ; éventuellement, à leur répression en cas d’infraction. Néanmoins,

8
GUINCHARD, S. et DEBARD, Th. (dir.), Lexique des termes juridiques, Paris, 19ème éd., Dalloz, 2012, p. 681.
9
LUZOLO BAMBI LESSA et BAYONA BA MEYA, [Link]., pp. 90-91.
10
RUBBENS, A., Le droit judiciaire congolais. Tome I. Le pouvoir, l’organisation et compétence judiciaire, Bruxelles,
Ed. Larcier, 1970, p. 156.
ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 495

pour éviter que ces protections n’assurent leur impunité, le législateur a conçu
un procédé pouvant rendre possible la poursuite et la sanction de ces
dignitaires. Ceux-ci sont soumis désormais à un juge supérieur par rapport au
juge naturel de toute personne ordinaire11.
C’est pour cette raison, bénéficier de privilèges de juridictions n’est pas
tellement avantageux. Car en effet, ces justiciables sont privés du bénéfice de
double degré de juridiction, qui est un principe constitutionnel12, qui garantit
le droit pour toute affaire soumise aux cours et tribunaux de faire l’objet
d’examen quant au fond à deux niveaux : au premier degré et en appel13. C’est
pour veiller à ce que les décisions des tribunaux, qui peuvent être entachées
d’insuffisances ou d’erreurs, voire d’injustice, fassent l’objet d’un second
examen.
En effet, qui sont-ils les justiciables de la cour de cassation ? Ce sont les
autorités délinquantes qui peuvent commettre des infractions et que la cour les
juge en premier et dernier ressort. Il s’agit entre autres : des membres de
l’Assemblée nationale et du Sénat, les membres du gouvernement autres que
le Premier ministre ; les membres de la cour constitutionnelle et ceux du
parquet près cette cour ; les membres de la cour de cassation et ceux du parquet
près cette cour ; les membres du Conseil d’Etat et ceux du parquet près ce
conseil ; les membres de la cour de comptes et ceux du parquet près cette cour ;
les premiers présidents des cours d’appel et des cours administratives d’appel
ainsi que les procureurs généraux près ces cours ; les gouverneurs, les vice-
gouverneurs de provinces et les ministres provinciaux ainsi que les présidents
des Assemblées provinciales14.
Il convient de préciser que tous ces justiciables que nous venons de citer
bénéficient de privilèges de juridictions, mais également parmi eux seuls les
membres du parlement bénéficient outre des privilèges de juridictions, des
immunités et inviolabilité. Tandis que les membres du gouvernement ne sont
pas immunisés, mais bénéficient plutôt de l’inviolabilité et les restes, ne sont
bénéficiaires que des privilèges de juridictions. Voilà pourquoi il serait
souhaitable d’abord d’étudier les membres du parlement : pouvoir législatif
pour connaître leur statut et ensuite les membres du gouvernement : pouvoir

11
LUZOLO BAMBI LESSA et BAYONA BA MEYA, [Link]., p. 291.
12
Art.21 al.2 de la Constitution de la République Démocratique du Congo telle que modifiée par la loi n° 11/002 du 20
janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la R.D.C du 18 février 2006.
13
LUZOLO BAMBI LESSA et BAYONA BA MEYA, [Link]., p. 471 ; voir TASOKI MANZELE, J.M., [Link]., p. 321.
14
TASOKI MANZELE, J.M., [Link]., pp. 409-410 ; art.93, loi organique n° 13/011-B du 11 avril 2013 portant
organisation, fonctionnement et compétences des juridictions de l’ordre judiciaire ; Art.153 al.3 de la Constitution de
la R.D.C telle que modifiée par la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certaines articles de la
Constitution de la R.D.C du 18 février 2006. VUNDUAWE TE PEMAKO, F., Cours de contentieux administratif
congolais, Vol. 1, Notions de juridiction et délimitation du contentieux administratif en République Démocratique du
Congo, Kinshasa, 2018.
496 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

exécutif et enfin, les membres du pouvoir judiciaire et autres autorités


politiques.
1. Les membres du parlement : Pouvoir législatif
Le pouvoir législatif congolais est exercé par un parlement composé de
deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat ; votent des lois, contrôlent
le gouvernement, les entreprises publiques ainsi que les établissements publics.
Chacune de chambre jouit de l’autonomie administrative et financière et
dispose d’une dotation propre15. Il convient de préciser que ceux de
l’Assemblée nationale sont appelés députés tandis que ceux du Sénat sont des
sénateurs. Ils sont tous élus pour un mandat de cinq ans.
Après avoir passé en revue les membres du parlement : pouvoir législatif,
il convient d’examiner les membres du gouvernement : pouvoir exécutif.
2. Les membres du gouvernement : Pouvoir exécutif
Les membres du gouvernement sont appelés des ministres. Le
gouvernement est composé du Premier ministre16, des ministres, de vice-
ministres et, le cas échéant de vice-premier ministre, de ministre d’Etat et des
ministres délégués17. Il est dirigé par le Premier ministre Chef du
gouvernement. Malheureusement celui-ci n’est pas justiciable de la cour de
cassation, il relève de la cour constitutionnelle18. En effet, chaque membre du
gouvernement est appelé ministre et il est responsable de son département
ministériel. Il est investi d’un pouvoir prestigieux parce qu’il engage son
ministère. Il dispose d’un pouvoir réglementaire pour assurer le bon
fonctionnement de services placés sous son autorité19. Il nomme les
fonctionnaires relevant de son ministère et par conséquent, bénéficie d’un
grand respect. Il applique le programme du gouvernement dans son ministère.
Il statue par voie d’arrêté20. Il est l’ordonnateur des dépenses de son
département, il signe les contrats pour le compte de son département21. Dns le
cadre de l’exercice de ses fonctions, il peut être secondé par un vice-ministre
qui exerce sous son autorité les attributions leur confiées par l’ordonnance
portant organisation et fonctionnement du gouvernement. Il assume l’intérim
du ministre en cas d’absence ou d’empêchement22.

15
Lire avec intérêt des articles 101, 104.
16
VUNDUAWE TE PEMAKO, F., [Link]., p. 9.
17
Art. 90 al.1 de la Constitution de la R.D.C telle que modifiée…, [Link].
18
Art. 163 de la Constitution de la R.D.C telle que modifiée…[Link].
19
GUINCHARD, S. et DEBARD, Th., [Link]., p. 561.
20
Art. 93 al. 2 de la Constitution de la R.D.C telle que modifiée… , [Link].
21
MBOKO DJ’ANDIMA, J.M., Droit congolais des services publics, Bruxelles/Paris, Academia/L’Harmattan, 2015,
pp. 377-382.
22
Art. 94 de la Constitution de la R.D.C telle que modifiée…, [Link].
ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 497

Cependant, comme nous l’avions soutenu que ces autorités n’ont pas
d’immunité comme les membres du parlement dans l’exercice de leurs
fonctions. Ils bénéficient simplement de l’inviolabilité qui prohibe toute
atteinte à leur intégrité corporelle, sauf nécessité médicale pour la personne et
le consentement préalable de l’intéressé.
Après avoir fini l’examen des membres du gouvernement, il va falloir
étudier les membres du pouvoir judiciaire et autres autorités politiques.
3. Les membres du pouvoir judiciaire et autres autorités politiques
Dans ce point, il sera traité d’une part tous les membres du pouvoir
judiciaire justiciables de la cour de cassation et d’autre part, les autres autorités
politiques.
a) Les membres du pouvoir judiciaire
Ici, nous étudierons les différentes catégories des magistrats qui sont
justiciables de la cour de cassation et qui siègent dans des cours et tribunaux
de la République Démocratique du Congo. Il s’agit de : membres de la cour
constitutionnelle et ceux du paquet près cette cour, les membres de la cour de
cassation et ceux du parquet près cette cour, les membres du conseil d’Etat et
ceux du parquet près ce conseil, les membres de la cour des comptes et ceux du
parquet près cette cour, les membres des cours d’appel et ceux des parquets
près ces cours et enfin, les membres de cours administratives d’appel et ceux
des parquets près ces cours. A cet effet, il va falloir passer en revue chacune de
catégorie de ces magistrats.
a.1. Les membres de la cour constitutionnelle et ceux du parquet près cette
cour
En réalité, la cour constitutionnelle est une juridiction créée en vue de
répondre à l’option de la Constitution de 2006, de séparer les contentieux
constitutionnels du contentieux administratif et judiciaire ; mais aussi à
renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire face aux pouvoirs législatif et
exécutif, comme il est dit dans l’exposé des motifs de la loi organique n° 13/026
du 15 octobre 2013 portant organisation et fonctionnement de la cour
constitutionnelle.
En effet, la cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par
le Président de la République dont trois sur sa propre initiative, trois désignés
par le parlement réuni en congrès et trois autres désignés par le conseil
supérieur de la magistrature. Les deux tiers des membres de la cour
constitutionnelle doivent être des juristes provenant de la magistrature, du
barreau ou de l’enseignement universitaire. Le mandat des membres de la cour
constitutionnelle est de neuf ans renouvelable. La cour constitutionnelle est
renouvelée par tiers tous les trois ans. Toutefois, lors de chaque
498 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

renouvellement, il sera procédé au tirage au sort d’un membre par groupe…


Malheureusement, nous aurions dû voir s’accomplir cette disposition
constitutionnelle, hélas ! Au lieu qu’il y ait tirage, nous avions plutôt assisté à
des démissions de certains membres et aussi, à la mort d’un autre juge23.
Cependant à côté de la cour constitutionnelle, il est institué un parquet
général près cette cour. Le parquet général exerce les attributions qui lui sont
dévolues par la présente loi organique. Il est placé sous l’autorité du procureur
général près cette cour. Le procureur général est assisté d’un ou de plusieurs
premiers avocats généraux et d’un ou de plusieurs avocats généraux. Ils sont
nommés conformément au statut des magistrats, par le Président de la
République pour un mandat de trois ans renouvelable une seule fois, parmi les
magistrats de l’ordre judiciaire ou administratif ayant au moins quinze ans
d’expérience, sur proposition du conseil supérieur de la magistrature. Ils sont
soumis au statut de la cour. Le procureur général fixe l’organisation intérieure
du parquet. En matière pénale, il recherche et constate les infractions relevant
de la compétence de la cour, soutient l’accusation et requiert les peines. Dans
les autres matières de la compétence de la cour, il émet des avis motivés. Il
assiste à toutes les audiences de la cour. Il peut y présenter des observations. Il
ne prend pas part au délibéré24.
a.2. Les membres de la cour de cassation et ceux du parquet près cette
cour
Conformément à la loi, sont magistrats : le premier président, les
présidents et les conseillers de la cour de cassation. Le procureur général, les
premiers avocats généraux et les avocats généraux près la cour de cassation25.
Devant la cour de cassation donc, nous avons d’un côté les juges qui sont censés
dire le droit et de l’autre, les parquetiers qui sont censés requérir les accusations
et les peines.
En effet, les magistrats du parquet sont coiffés par le procureur général
près la cour de cassation. Il est le premier de tous les magistrats du parquet
général près la cour de cassation. Il exerce près cette juridiction les fonctions
du ministère public, en ce compris l’action publique. Il peut cependant, sur
injonction du ministre de la justice, initier ou continuer toute instruction
préparatoire portant sur des faits infractionnels qui ne ressortent pas de la
compétence de la cour de cassation. Il peut également, sur injonction du même
ministre ou d’office et par l’exécution des mêmes devoirs, faire injonction aux

23
Allusion faite aux deux juges qui ont démissionné en date du 9 avril 2018. Il s’agit du juge BANYAKU LUAPE et
ESAMBO KANGASHE d’une part, et d’autre part, la mort du juge KALONDA KIELE Yvon, à la veille.
24
Art.12, 13 et 14 de la loi organique n° 13/026 du 15 octobre 2013 portant organisation et fonctionnement de la cour
constitutionnelle.
25
Art.2 point 1 et 2 de la loi organique n° 13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et
compétences de juridictions de l’ordre judiciaire.
ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 499

procureurs généraux près la cour d’appel. De même, le procureur général près


la cour de cassation peut, sur injonction du ministre de la justice, requérir et
soutenir l’action publique devant tous les cours et tribunaux à tous les
niveaux26.
En effet, en principe, c’est le ministère public près la cour de cassation qui
recherche les infractions aux actes législatifs et réglementaires qui sont
commises sur tout le territoire de la République. Il dispose d’un pouvoir
proactif qui lui permet d’exercer d’office la mission de rechercher des
infractions. Il ouvre un dossier répressif d’instruction préparatoire (RMP). Il
instruit au parquet général et, chaque fois qu’il est convaincu de l’infraction, il
saisit le juge compétent pour soutenir l’accusation. Il détient de la loi le droit
d’exercer à tout moment l’action publique dès l’instant où une infraction a été
commise. L’absence de la plainte de la victime ou de dénonciation d’un tiers ne
peut, sauf cas exceptionnel (adultère, grivèlerie, harcèlement sexuel, etc.) pas
l’empêcher d’aller à la recherche des infractions27.
Cependant, il convient de signaler que les Etats ont contenu dans leurs
législations internes respectives de dispositions susceptibles d’assurer la
protection des animateurs de leurs organes. Cette protection est fondée sur la
conception purement politique selon laquelle, les personnes revêtues d’une
autorité publique sont souvent exposées. C’est ainsi qu’elles se voient
attribuées à des procédures très particulières quant à leurs poursuites pour
qu’elles ne soient pas inquiétées à tout moment. Cela étant, examinons les
membres du Conseil d’Etat.
a.3. Les membres du Conseil d’Etat et ceux du parquet près ce conseil
Selon les dispositions légales, sont magistrats de l’ordre administratif : le
premier président, les présidents et les conseillers du conseil d’Etat ; le
procureur général, les premiers avocats généraux, et les avocats généraux près
le conseil d’Etat. Tous sont régis par le statut des magistrats28.
Il convient de préciser que le premier président est le patron du conseil
d’Etat. Il veille au bon fonctionnement des services de sa juridiction. Il
communique directement avec les chefs des autres juridictions, avec ceux de
juridictions de l’ordre judiciaire ou avec ceux de la cour constitutionnelle pour

26
TASOKI MANZELE, J.M., op. cit., p. 116 ; voir aussi l’art.72, loi organique n° 13/011-B du 11 avril 2013 portant
organisation, fonctionnement et compétences des juridictions de l’ordre judiciaire.
27
NDANGI BAZEBANZIA, Le défaut de pertinence de la qualité officielle en droit pénal congolais, Mémoire de D.E.S
en Droit Pénal, Faculté de Droit, UNIKIN, 2011-2013, p. 61 ; RUBBENS, A., Le droit judiciaire congolais, Tome II.
L’instruction criminelle et la procédure pénale, Bruxelles, Larcier, 1965, p. 59 ; TASOKI MANZELE, J.M., [Link].,
p. 111.
28
Art.26 et 44, loi organique n° 16/027 du 15 octobre 2016 portant organisation, compétence et fonctionnement des
juridictions de l’ordre administratif.
500 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

les questions concernant sa juridiction. Il communique avec les autorités


administratives que pour les mêmes questions et sous le même couvert29.
A côté du conseil d’Etat, il y a un parquet général. Le procureur général
près le conseil d’Etat exerce les fonctions du ministère public près cette
juridiction. Il dispose du droit de surveillance et d’inspection sur les parquets
généraux près les cours administratives d’appel et sur les parquets près les
tribunaux administratifs. Il prononce une mercuriale à l’audience solennelle de
rentrée du conseil d’Etat. Les premiers avocats généraux et les avocats
généraux exercent les fonctions du ministère public sous sa surveillance. Il
règle l’ordre intérieur ainsi que la tenue des registres du parquet près le conseil
d’Etat30. Il intervient par voie d’avis. Il intervient par voie d’action dans les cas
de renvoi pour cause de sûreté publique, de révision et de pourvoi dans
l’intérêt de la loi31. Cela étant, passons en revue les membres de la cour des
comptes.
a.4. Les membres de la cour des comptes et ceux du parquet près cette cour
Il est institué en République Démocratique du Congo une cour des
comptes32. En vertu de l’article 173 de la constitution, la cour des comptes, en
tant qu’administration spécialisée au service du parlement, donne chaque
année, avec ses observations, ses avis sur le compte général de la République33.
En général, l’ensemble des attributions dévolues à une cour des comptes est
divisé en cinq principales tâches. Dans une étude réalisée une année seulement
après la création de la cour des comptes de la République du Zaïre,
QUERTAINMONT et MAMBOLE OSONGO ESALAKALUNGA décrivent les
attributions de la cour des comptes de la manière que voici :
- Le contrôle de la gestion des finances et des biens publics, ainsi que du bon
emploi des crédits, fonds et valeurs gérés par les services de l’Etat et de tout
autre organisme public soumis à son contrôle ;
- Le contrôle de la régularité et de la légalité des dépenses décrites dans les
comptabilités publiques ;
- La vérification des comptes et de la gestion financière et comptable des
entreprises et des établissements publics ;
- Le jugement des comptes des comptables publics ;

29
Art.15 et 16, loi organique n° 16/027 du 15 octobre 2016 portant organisation, compétence et fonctionnement des
juridictions de l’ordre administratif.
30
Art.36 et 38, loi organique n° 16/027 du 15 octobre 2016 portant organisation, compétence et fonctionnement des
juridictions de l’ordre administratif.
31
Art.33, loi organique n° 16/027 du 15 octobre 2016 portant organisation, compétence et fonctionnement des
juridictions de l’ordre administratif.
32
Art.178 de la Constitution de la R.D.C telle que modifiée…, [Link].
33
VUNDUAWE TE PEMAKO, F., Traité de droit administratif, Bruxelles, Larcier, 2007, p. 449.
ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 501

- La sanction des fautes de gestion commises par les ordonnateurs délégués


dans l’exécution des dépenses publiques34.
Les membres de la cour des comptes et ceux du parquet près cette cour,
ont rang des magistrats de la cour de cassation et par conséquent, justiciables
devant cette cour. Ils ont les mêmes avantages. Ils sont nommés, relevés de
leurs fonctions et, le cas échéant, révoqués par le Président de la République,
après avis de l’Assemblée nationale. A côté des membres de la cour des
comptes, il existe un parquet général dirigé par un procureur général secondé
par un ou plusieurs premiers avocats généraux, mais également un ou
plusieurs avocats généraux. Ils exercent tous les fonctions du ministère public
près cette cour conformément à la loi. Cela étant, étudions les membres des
cours d’appel.
a.5. Les membres des cours d’appel et ceux des parquets près ces cours
Par la volonté du constituant de 2006, relayée par le législateur de 2013,
a fait de la cour d’appel une juridiction de l’ordre judiciaire35, implantée dans
chaque province du pays (une cour pour chaque province et deux pour la ville
de Kinshasa) en vue de connaître l’appel formé contre les jugements rendus
par les tribunaux de grande instance et les tribunaux de commerce36, mais
également les tribunaux de travail. La cour d’appel dispose d’une compétence
ratione personae, mais aussi d’une compétence matérielle au premier degré,
celle consistant à juger le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre
l’humanité commis par les personnes qui relèvent de sa compétence
personnelle et celle du tribunal de grande instance37.
Par ailleurs, près chaque cour d’appel est institué un parquet général qui
forme le corps du ministère public et c‘est le procureur général qui en est le
maître de l’action publique. Cependant, dans le cadre de cette étude, seuls les
premiers présidents et les procureurs généraux près les cours d’appel sont
justiciables de la cour de cassation, lorsqu’ils sont soupçonnés d’avoir commis
les infractions.

34
QUERTAINMONT et MAMBOLE OSONGO ESALAKALUNGA, [Link]., p. 553.
35
Art.6, loi organique n° 13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétence de juridictions
de l’ordre judiciaire.
36
Art.19, loi organique n° 13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétence de juridiction
de l’ordre judiciaire.
37
Art.91, loi organique n° 13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétence de juridiction
de l’ordre judiciaire ; voir NDANGI BAZEBANZIA, [Link]., pp. 68-71.
502 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

a.6. Les membres des cours administratives d’appel et ceux du parquet


près ces cours
Selon la loi, la cour administrative d’appel est composée d’un premier
président, d’un ou de plusieurs présidents et des conseillers. Les procureurs
généraux, les avocats généraux et les substituts du procureur général près les
cours administratives d’appel. Ils sont tous régis par le statut des magistrats38.
Mais, dans le cas d’espèce, seuls les premiers présidents et les procureurs
généraux sont justiciables de la cour de cassation ; lorsqu’ils sont soupçonnés
d’avoir commis les actes contraires à la loi pénale.
Après avoir fini l’examen des membres du pouvoir judiciaire et
justiciables de la cour de cassation, il va falloir étudier les autres autorités
politiques qui comparaissent également devant cette cour.
b) Les autres autorités politiques justiciables de la cour de cassation
Dans ce point, il sera question d’étudier d’abord les présidents des
assemblées provinciales, ensuite les gouverneurs et les vice-gouverneurs des
provinces et enfin, les membres du gouvernement provincial.
b.1. Le président des assemblées provinciales
Avant de parler du président de l’assemblée provinciale, il convient
avant toute chose d’expliquer qu’est-ce qu’une assemblée provinciale. En effet,
l’assemblée provinciale est l’organise délibérant de la province. Elle délibère
dans le domaine des compétences réservées à la province et contrôle le
gouvernement provincial ainsi que les services publics provinciaux et locaux39.
En tant qu’organe législatif, l’assemblée provinciale légifère par voie
d’édit et comme organe de contrôle notamment sur les activités du
gouvernement provincial, détient le pouvoir de voter une motion de censure
contre tout le gouvernement provincial ou une motion de défiance contre un
membre de celui-ci40. Elle est formée des membres qui portent le titre des
députés provinciaux. Elle est majoritairement composée des députés
provinciaux élus au suffrage universel direct, et d’autres sont cooptés parmi les
chefs coutumiers et notables. Elle est dirigée par un bureau composé d’un
président, d’un vice-président, d’un rapporteur, d’un rapporteur adjoint et
d’un questeur élus dans les conditions fixées par son règlement intérieur.

38
Art.61, loi organique n° 16/027 du 15 octobre 2016 portant organisation, compétence et fonctionnement des
juridictions de l’ordre administratif.
39
Art.7, loi n° 08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces.
40
VUNDUAWE TE PEMAKO, F., [Link]., p. 497.
ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 503

En effet, après son élection par ses pairs que celui-ci devient de droit le
président du bureau de l’assemblée provinciale. Il a le pouvoir d’engager cette
institution. Il est justiciable de la cour de cassation41.
b.2. Les gouverneurs et les vice-gouverneurs de provinces
Le gouvernement provincial est l’organe exécutif de la province. Il
dispose des services publics provinciaux. Le gouvernement provincial est
constitué d’un gouverneur, d’un vice-gouverneur et des ministres provinciaux.
Le gouverneur et le vice-gouverneur sont élus sur une même liste, au suffrage
indirect et au scrutin majoritaire à deux tours, par les députés provinciaux au
sein ou en dehors de l’assemblée provinciale. Leur mandat est de cinq ans
renouvelable une seule fois. Après élection, le gouverneur et le vice-
gouverneur sont investis par ordonnance du Président de la République. Mais
avant d’entrer en fonction, le gouverneur présente à l’assemblée provinciale le
programme de son gouvernement42. Les gouverneurs des provinces, les vice-
gouverneurs et les ministres provinciaux sont justiciables de la cour de
cassation43.
En effet, le gouverneur est le chef de l’exécutif provincial, il représente la
province en justice et auprès des tiers. Il nomme, relève de leurs fonctions et, le
cas échéant, révoque les ministres provinciaux. Il dispose de l’administration
publique ne province. A ce titre, tous les services publics provinciaux et
nationaux en province sont placés sous son autorité. Il promulgue les édits
dans les quinze jours de leur transmission. Il dispose d’un cabinet dont le
nombre ne peut dépasser dix.
b.3. Les ministres provinciaux
Le ministre provincial est responsable de son département ministériel. Il
applique le programme du gouvernement provincial dans son ministère, sous
la coordination et l’autorité du gouverneur de province. Il exerce le pouvoir
réglementaire dans son secteur par voie d’arrêté du ministre provincial44. Il
dispose d’un cabinet dont le nombre de membres ne peut dépasser quatre. Il
est justiciable de la cour de cassation45.
Après voir fini l’examen des autres autorités politiques justiciables de la
cour de cassation, il convient d’étudier la procédure de leur privation de liberté
avant leur condamnation.

41
Art.153 de la Constitution de la R.D.C telle que modifiée…, [Link].
42
VUNDUAWE TE PEMAKO, F., [Link]., p. 500 ; Art.83 de la Constitution de la R.D.C telle que modifiée par la loi
n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution du 18 février 2006.
43
Art.153 de la Constitution de la R.D.C telle que modifiée…, [Link].
44
Art. 29, loi n° 08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces.
45
Art. 30, loi n° 08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces.
504 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

B. PROCEDURE DE LEUR PRIVATION DE LIBERTE AVANT LEUR


CONDAMNATION
Selon le législateur, toutes les autorités justiciables de la cour de cassation
ne sont pas traitées comme tous les autres citoyens même si elles commettaient
une infraction. Pour qu’elles soient arrêtées sans condition, il doit s’agir d’une
infraction intentionnelle flagrante ; sans cela, il faudrait au préalable que les
autorisations soient accordées. Pour les uns, qu’avec l’autorisation de
l’assemblée nationale ou du sénat mais aussi des assemblées provinciales
pendant la session ou par le bureau en dehors de la session, selon les cas46. Pour
les autres, elles ne peuvent être poursuivies que sur l’autorisation du bureau
du conseil supérieur de la magistrature47. Pour dire que, ces justiciables
bénéficient d’une faveur même s’ils ont commis une infraction qui obligerait
que la procédure soit respectée avant la mise en mouvement de l’action
publique par le procureur général près la cour de cassation à leur encontre.
Mais également, toute personne accusée, d’une infraction est présumée
innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie par un jugement définitif.
A cet effet, il va falloir étudier d’un côté la procédure de leur privation
de liberté et de l’autre, l’égalité de traitement et pertinence de la qualité
officielle.
1. Procédure de leur privation de liberté
D’après la loi fondamentale, tous les congolais sont égaux devant la loi et
ont droit à une égale protection des lois, c’est-à-dire que les mêmes organes
chargés par la loi de poursuivre tout citoyen congolais serait les mêmes pour
le même manquement. Au fait, cette disposition constitutionnelle vise dans son
applicabilité l’égalité de traitement en tout et pour tout devant les instances
judiciaires. Donc, on ne peut pas se prévaloir d’une quelconque qualité, rang
social pour chercher à se soustraire des organes institués par l’Etat pour
poursuivre tous les citoyens lorsqu’ils parviennent à commettre les mêmes
actes infractionnels48.
Malheureusement, cette égalité connaît des limites de droit et des faits49.
Néanmoins, le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de
façons différentes des situations différentes, ni qu’il déroge à l’égalité pour des
raisons d’intérêt général, pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de
traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui

46
Art.107 al.2 et 3 de la Constitution de la R.D.C. telle que modifiée…, [Link]. ; Art.68 al.2, loi n° 08/012 du 31 juillet
2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces.
47
Art.85, loi organique n° 13/010 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la cour de cassation.
48
NDANGI BAZEBANZIA, op. cit., pp. 61-62.
49
LUZOLO BAMBI LESSA et BAYONA BA MEYA, op. cit., p. 90.
ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 505

l’établit50. C’est la raison d’être des immunités ou des privilèges de juridictions


en procédure pénale. Mais en réalité, cela crée une injustice dans le chef des
justiciables.
Normalement, lorsqu’une personne commet une infraction, elle devient
délinquante ; peu importe son rang. Après les dénonciations ou les plaintes à
sa charge que le magistrat du parquet pourra ouvrir un dossier RMP si les
éléments constitutifs de l’infraction sont clairs ou un dossier RI (registre
d’information) qu’il pourra peut-être le transformer en un RMP. Il peut lancer
l’invitation ou le mandat d’amener selon que les faits sont graves. Après qu’il
y ait répondu à l’invitation ou amené de force, il procèdera aux actes
d’instruction en l’identifiant, en l’interrogeant et même en l’amenant à la
confrontation pour se rassurer de la véracité des faits. Convaincu de l’existence
d’une infraction, il va l’inculper tout en appréciant librement l’opportunité à la
loi. Il peut le placer sous le lieu du mandat d’arrêt provisoire lorsqu’il y a
réunion des conditions51 de la mise en état de la détention préventive.
A cet effet, le mandat d’arrêt provisoire est délivré pour une période de
validité de cinq jours. Ce délai est augmenté du temps strictement nécessaire
pour effectuer un voyage, sauf le cas de force majeure ou celui du retard rendu
nécessaire par les devoirs de l’instruction. Entretemps, la personne inculpée
sera conduite à la prison, comme nous n’avons pas des maisons d’arrêt, en
attendant l’issu de la procédure.
Mais cela n’est pas le cas pour les justiciables de la cour de cassation. Pour
les membres du parlement, ils ne peuvent être poursuivis, recherchés, arrêtés,
détenus ou jugés en raison des opinions ou votes émis par eux dans l’exercice
de leurs fonctions ; ils ne peuvent, en cours de session être poursuivis ou arrêtés
sauf en cas de flagrant délit qu’avec l’autorisation de l’assemblée nationale ou
du sénat selon le cas. En dehors de sessions, aucun parlementaire ne peut être
arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’assemblée nationale ou du bureau
du sénat, sauf en cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de
condamnation définitive52 .
Pour les membres du gouvernement, s’ils parviennent à commettre une
infraction, ils ne peuvent pas directement faire l’objet d’arrestation sauf, en cas
de flagrant délit, ou tout le monde comparaît comme tout citoyen ordinaire.
Mais, bien avant qu’ils arrivent au parquet général près la cour de cassation
pour répondre de leurs actes infractionnels, il faudra à ce que la décision de
poursuites ainsi que la mise en accusation desdits membres du gouvernement
que nous appelons « Ministres » soit voté à la majorité absolue des membres

50
FAVOREU, L. et PHILIP, L., Les grandes décisions du conseil constitutionnel, Paris, 14ème éd., Dalloz, 2007, p.
274 ; voir TASOKI MANZELE, J.M., [Link]., p. 59.
51
Art.27 et 28 du code de procédure pénale ; voir TASOKI MANZELE, J.M., [Link]., pp. 183-184.
52
Art.107 de la Constitution de la R.D.C telle que modifiée…, [Link].
506 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

composant l’assemblée nationale, suivant la procédure prévue par le règlement


intérieur53. Comme ils n’ont pas d’immunité, et qu’ils bénéficient de
l’inviolabilité, pendant qu’ils sont en fonction, il faudrait que les députés
l’autorisent ; dans le cas contraire rien ne sera déclenché à leur égard. Nous
estimons que cette manière de faire, de laisser l’appréciation de poursuites
d’un délinquant à des autorisations préalables n’est pas bon.
Pour les membres du pouvoir judiciaire, la procédure est organisée par
la loi et voudrait à ce que les membres de cette institution sans préjudice de la
procédure en matière d’infractions intentionnelles flagrantes, ne peuvent être
poursuivis que sur autorisation du bureau du conseil supérieur de la
magistrature54. Ce n’est qu’après cette autorisation que tous les membres du
pouvoir judiciaire, auteurs des actes infractionnels peuvent comparaître
devant leurs collègues du parquet général près la cour de cassation pour y être
entendu des faits à leur charge. Exception faite aux membres de la cour des
comptes. Pour eux, sans préjudice de la procédure en matière d’infractions
intentionnelles flagrantes, ils ne peuvent être poursuivis et mis en accusation
que par l’assemblée nationale, statuant au scrutin secret et à la majorité absolue
des suffrages exprimés et ce, à la requête du procureur général55. Pour dire, si
l’assemblée nationale n’autorise pas les poursuites, le procureur général près
la cour de cassation ne va pas s’en saisir du délinquant membre de la cour des
comptes. Il restera donc impuni faute d’autorisation.
2. La résidence surveillée pour ces justiciables
Après que le procureur général ou l’autre magistrat du parquet général
près la cour de cassation qu’aurait désigné le procureur général pour poser les
actes d’enquêtes et d’instruction à l’égard de l’un des justiciables de cette cour
auteurs des actes ignobles qualifiés d’infraction, convaincu que le délinquant a
effectivement commis l’acte lui reproché, et que par conséquent sa détention
peut se justifier du fait de la réunion des conditions prévues par la loi56 quant
à ce, il peut se décider de lui placer sous mandat d’arrêt provisoire.
En effet, comme ces justiciables bénéficient d’une faveur de par la loi
même s’ils commettent des infractions, au lieu de les envoyer à la maison
d’arrêt ou à la prison, comme on le fait à tous les citoyens ordinaires, ceux-ci
ne peuvent pas subir des actes de violences, et surtout que les uns sont
inviolables, ils seront envoyés dans un endroit sûr57, autre que sa résidence ou

53
Art.166 al.2 de la Constitution de la R.D.C. telle que modifiée…, [Link].
54
Art.85, loi organique n° 13/010 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la cour de cassation.
55
Art.86, loi organique n° 13/010 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la cour de cassation.
56
Art.27 et 28 du décret du 6 août 1959 portant code de procédure pénale.
57
Allusion faite à la résidence surveillée de ces députés ONUSUMBA, MOHINDO NZANGI, DIOMI NDONGALA,
EWANGA…, lorsqu’ils avaient des différends avec le procureur général de la République où ils étaient assignés à
l’Hôtel Invest à Kinshasa en violation de la procédure prévue par la loi. Car ils étaient d’abord envoyés à Makala et
ils sont revenus à l’hôtel quelques jours plus tard…
ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 507

carrément lui assigné dans sa résidence. Mais là, il y aura certaines conditions
qui seront appréciées par les magistrats, précisément les juges.
Cependant, pour étayer ce que nous avons soutenu, la manière de traiter
les justiciables au Congo crée une certaine injustice bien que voulu par le
législateur. Au moment où les citoyens ordinaires sont violentés, frappés et
parfois même torturés, ceux-ci ne sont pas inquiétés, vivent en paix comme si
de rien était en faisant tous ceux qu’ils peuvent ; ce n’est pas juste. Cela étant,
il convient d’examiner l’égalité du traitement et pertinence de la qualité
officielle.
3. L’égalité de traitement et pertinence de la qualité officielle
L’égalité de traitement voudrait tout simplement dire que tous les
congolais devaient être traités de manière égale devant les instances judiciaires
après qu’il y ait commission d’infraction ou de crime. Tandis que la pertinence
de la qualité officielle signifie que son bénéficiaire, bien qu’ayant commis une
infraction ou un crime, continue à se faire prévaloir du titre par lequel il est
désigné dans la société, tout en ayant les mêmes faveurs et avantages comme
s’il était encore en fonction et se comportant en bon monsieur. Cela étant, il va
falloir d’une part analyser le principe d’égalité de traitement et son exception
et d’autre part, faire une analyse critique et donner les perspectives d’avenir.
a) Le principe et l’exception
Le principe dont il est question ici est celui de traitement égalitaire de
tous les citoyens devant les instances judiciaires, c’est-à-dire que, lorsqu’ils
commettent les infractions, ils doivent normalement répondre devant les
mêmes organes institués par la loi pour poursuivre tout le monde ayant
commis le même manquement. Mais, il se fait que les bénéficiaires de la qualité
officielle, par ricochet les justiciables de la cour de cassation, ne sont pas soumis
à cette logique qui voudrait que tous les citoyens soient traités de manière égale
devant les instances judiciaires. Ils sont exemptés de la procédure ordinaire que
doit subir tout citoyen ordinaire après avoir commis un acte qualifié
d’infraction par un texte ou une norme. Il peut s’agir d’une loi au sens strict du
terme, mais aussi de toute autre norme58.
Nous estimons qu’il n’est pas bon de confier à une certaine catégorie
d’individus trop de faveurs même lorsqu’ils parviennent d’enfreindre la loi.
Parce que sous d’autres cieux, même le Chef d’Etat ne bénéficie pas de ces
faveurs59, a fortiori certaines autorités ? Nous sommes contre toutes ces faveurs
qui peuvent être des immunités, des inviolabilités, des privilèges de
juridictions et surtout, le fait de conditionner les poursuites d’un criminel à des
autorisations préalables.

58
WANE BAMEME, B.-A., Cours de droit pénal spécial, destiné aux étudiants de Troisième graduat Droit, UNIKIN,
2015-2016, p. 16, inédit.
59
CASSESE, A. et DELMAS-MARTY, M., Juridictions nationales et crimes internationaux, Paris, P.U.F, 2002,
p. 414 : « Malgré ses pouvoirs constitutionnels et législatifs, le Président de la République ne jouit pas d’une
immunité ».
508 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

Cela étant, il convient de faire une analyse critique et donner les


perspectives d’avenir.
b) Analyse critique et perspectives d’avenir
Comme nous l’avions soutenu, les justiciables de la cour de cassation par
ricochet, les bénéficiaires de la qualité officielle et les privilégiés de juridiction
sont, selon la volonté du législateur, ne peuvent pas être poursuivis par les
mêmes organes ordinaires institués par l’Etat, censés poursuivre tous les
citoyens lorsqu’ils sont soupçonnés d’avoir commis un acte qualifié par la loi
ou par un texte d’infraction.
Normalement, on ne peut pas se prévaloir d’une quelconque qualité,
rang social pour chercher à se soustraire des organes institués pour poursuivre
tous les citoyens lorsqu’ils parviennent à commettre les mêmes actes
infractionnels60. D’ailleurs, il serait très honteux de voir une haute autorité de
ces genres, commettre une infraction et se faire prévaloir de son rang, titre ou
qualité.
Nous aurions pensé que cela se fasse comme dans le statut de Rome que
nous avons ratifié, qui fait état du défaut de pertinence de la qualité officielle61,
qui entraînerait pour incidence, l’égalité de traitement. Mais également, le faire
comme en matière de divorce ou tous les citoyens comparaissent devant le juge
de pays compris les bénéficiaires de la qualité officielle, et les privilégiés de
juridiction.
A cet effet, tous les bénéficiaires de la qualité officielle, par ricochet, les
justiciables de la cour de cassation seraient comme toute personne, traduites
devant les mêmes organes compétents, en tenant compte de leurs compétences
matérielles et/ou spatiales. Bien plus, le principe du défaut de pertinence de la
qualité officielle est aussi consacré dans notre législation pénale en le
particularisant aux violences sexuelles62. Mais aussi dans la loi n° 024/2002 du
18 novembre 2002 portant code pénal militaire63. Cela pourrait alors rassurer
tout le monde.
Pour clore, la protection que le droit assure aux représentants de l’Etat ne
saurait s’appliquer à des actes criminels. Les auteurs de ces actes ne peuvent
invoquer leur qualité officielle pour se soustraire à la procédure normale et se
mettre à l’abri du châtiment64.

60
NDANGI BAZEBANZIA, op. cit., pp. 61-62.
61
Art.27 du Traité de Rome portant Statut de la Cour Pénale Internationale du 17 juillet 1998 entré en vigueur le 1 er
juillet 2002.
62
Art.42bis de la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code
pénal congolais tel que modifié à ce jour.
63
Art.163 de la loi n° 024/2002 du 18 novembre 2002, portant code pénal militaire qui dispose : « L’immunité attachée
à la qualité officielle d’une personne ne l’exonère pas des poursuites pour crimes de guerre ou crimes contre
l’humanité ».
64
DAVID, E., Eléments de droit pénal international et européen, Bruxelles, Bruylant, 2009, pp. 114-115 ; SALMON,
J., Manuel de droit diplomatique, Bruxelles, Bruylant, 1994, p. 603, Tribunal Militaire International de Nuremberg,
1er octobre 1946.
ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 509

CONCLUSION

Fondamentalement, la présente réflexion a porté sur la privation de


liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : égalité de traitement et pertinence de la qualité officielle.
En effet, lorsqu’une infraction est commise, elle défie l’imagination la
plus fertile et heurte profondément la conscience de la communauté toute
entière ; dans la mesure où l’infraction ou le crime qui se commet, ne laisse
aucune personne normale indifférente. Dans le sens que l’infraction trouble
l’ordre public et que son rétablissement soulagerait les esprits. Il va falloir que
l’auteur de cet acte ignoble soit arrêté éventuellement avec ses autres
participants pour que justice soit faite.
En principe, c’est le procureur général près la cour de cassation qui
recherche les infractions aux actes législatifs et réglementaires commises par
ses justiciables sur tout le territoire de la République. Il dispose d’un pouvoir
proactif qui lui permet d’office d’exercer cette mission. Mais, s’il se rend
compte que la loi violée est par le fait d’un justiciable de la cour de cassation,
bénéficiaire de la qualité officielle mais également privilégié des juridictions, il
a la liberté d’appréciation fondée sur le principe d’opportunité de poursuites,
qui s’oppose à celui de la légalité de poursuites qui lui oblige de poursuivre
tout fait constitutif d’infraction que la loi pénale prévoit et punit.
Malheureusement en ce qui concerne ces justiciables, la loi prévoit des
procédures pour contourner ce principe en instituant des immunités et
privilèges de juridiction pour conférer à ces autorités des procédures très
compliquées avant de les mettre en accusation, lorsqu’elles sont soupçonnées
d’avoir commis des actes illicites qualifiés d’infraction. Qui peuvent être, les
autorisations des bureaux des assemblées parlementaires ou du bureau de
conseil supérieur de la magistrature ; sauf en cas d’infraction intentionnelles
flagrantes.
Nous pensons que laisser l’appréciation des poursuites d’un délinquant
à des autorisations préalables n’est pas une bonne chose. Il serait souhaitable
que les textes traitant de l’organisation et de la compétence de juridictions, mais
également de la procédure à suivre soient révisés dans le sens d’éviter toutes
les procédures des faveurs qui risqueraient d’asseoir l’impunité plutôt que de
lutter contre elle. Précisément, en ce qui concerne particulièrement les plus
hautes autorités du pays parce que, même sous d’autres cieux, ces procédures
ne sont pas comme chez nous car il y a la pertinence de la qualité officielle.
Telle est de manière succincte, l’économie générale des réflexions et
suggestions qui en découlent afin que soit assurée l’égalité de traitement
devant les instances judiciaires pour traquer quiconque, auteur ou présumé
auteur des crimes commis par les justiciables de la cour de cassation.
510 La privation de liberté de mouvements des justiciables de la cour de cassation avant leur
condamnation : entre l’égalité de traitement et la pertinence de la qualité officielle

BIBLIOGRAPHIE

I. TEXTES JURIDIQUES
1. Traité de Rome du 17 juillet 1998 portant statut de la Cour pénale
Internationale.
2. Constitution de la République Démocratique du Congo telle que modifiée
par la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles
de la constitution de la RDC du 18 février 2006, in JORDC, n° spécial, 52ème
année.
3. Loi organique n° 13/011-B du 11avril 2013 portant organisation,
fonctionnement et compétences des juridictions de de l’ordre judiciaire.
4. Loi organique n° 16/027 du 15 octobre 2016 portant organisation et
fonctionnement de la Cour constitutionnelle.
5. Loi organique n° 16/027 du 15 octobre 2016 portant organisation,
compétence et fonctionnement des juridictions de l’ordre administratif.
6. Loi n° 08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la
libre administration des provinces.
7. Loi organique n° 13/010 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la
Cour de cassation.
8. Loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 sur les violences sexuelles modifiant et
complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais.
9. Loi n° 024/2002 du 18 novembre 2002, portant code pénal militaire
congolais.

II. DOCTRINE
1. AKELE ADAU P., Réforme du code pénal Congolais Option axiologiques et
techniques fondamentales, Tome III, Kinshasa, CEPAS, 2009.
2. CASSE, A. et DELMAS – MARTY M., Juridictions nationales et Crimes
internationaux, Paris, PUF, 2002.
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4. GUINCHARD, S. et DEBARD, Th. (dir.), Lexique des termes juridiques, Paris,
19ème éd. Dalloz, 2012.
5. LUZOLO BAMBI LESSA, et BAYONA-Ba-MEYA, Manuel de Procédure
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ANNALES DE LA FACULTE DE DROIT 511

6. MBOKO D’JANDIMA, JM., Droit Congolais de services publics, Bruxelles/


Paris, Academia/L’Harmattan, 2015.
7. NDANGI BAZEBANZIA, DP., Le Défaut de pertinence de la qualité officielle
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et compétence judiciaire, Bruxelles, éd. Larcier, 1970.
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