Cours Optique Ens 2024
Cours Optique Ens 2024
OPTIQUE GEOMETRIQUE
VOLUME HORAIRE :
CT : 21 h
TD : 15 h
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Plan du Cours
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Chapitre 1 : LES LOIS DE L’OPTIQUE GEOMETRIQUE
I-Introduction
La lumière est un concept extrêmement compliqué et dont la réalité physique n’est pas encore
bien comprise. On peut néanmoins approcher cette réalité à l’aide de deux modèles.
Une des définitions possible de la lumière est la suivante : la lumière est un transport
d’information d’un lieu à un autre. Les deux modèles dont il a été question plus haut sont les
moyens de transport de l’information. Il s’agit d’un échange d’une particule transportant de
l’énergie d’une part (nature corpusculaire de la lumière), et de la propagation d’une onde
d’autre part (nature ondulatoire de la lumière). Ces deux modèles « collent » bien à la
réalité, et l’on utilisera l’un comme l’autre selon le type de problème rencontré. Par exemple,
on parlera d’onde pour étudier les interférences, et de corpuscules dans l’effet
photoélectrique.
Nous nous intéresserons ici à une version simplifiée du modèle corpusculaire pour décrire
l’optique géométrique.
L’observation courante nous montre que la lumière est émise par la matière (filament de
l’ampoule électrique, gaz chauffé dans les flammes ou excités dans les tubes de type néon),
qu’elle se propage à travers un milieu (air, eau, verre …) jusqu’au récepteur (œil, plaque
photographique…) où elle se manifeste par son action.
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D’autres sources sont secondaires car elles ne font que réémettre la lumière qu’elles reçoivent,
comme dans le cas de la lune ou des planètes qui sont des objets éclairés par le soleil
Entre la source et le récepteur, la lumière se propage dans des milieux différents : transparents,
translucides ou opaques à la lumière. La lumière se propage aussi dans le vide.
Si nous plaçons un corps entre l’œil et un objet lumineux, ce corps est dit :
-transparents s’il n’altère pas la visibilité de l’objet lumineux : c’est le cas du verre
-translucides s’il altère la visibilité de l’objet lumineux : c’est le cas du verre dépoli
-opaques si l’on ne peut voir l’objet lumineux au travers : c’est le cas du bois et métal
-opaque absorbant si l’énergie lumineuse reçu est totalement transformée en une autre énergie
(thermique par exemple) : c’est le cas des matériaux de couleur noire
-opaque diffusant s’il réémet la lumière dans toutes les directions. Il peut éventuellement
absorber une partie de la lumière. C’est le cas le plus générale.
-opaque réfléchissant si la lumière est renvoyée dans une direction particulière : c’est le cas des
miroirs.
Très tôt, les hommes s’interrogent sur la nature de la lumière et essayent d’en donner différentes
modélisations ou théories pour expliquer leurs observations. Ainsi se développe l’optique,
branche de la Physique qui s’intéresse en priorité à l’étude des images obtenues par l’œil ou par
les instruments.
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2.1-Nature de la lumière
La lumière est ce qui est sensible à l’œil humain et aussi capable d’impressionner des appareils
photographiques, la peau, les radios télescopes…
A la fin du 17ème siècle et au début du 18ème siècle, deux théories s’opposent concernant la
lumière :
• La théorie corpusculaire défendue par Newton (1704) pour qui la lumière est formée
de corpuscules sans masse rebondissant sur les objets, selon les lois de la mécanique.
• La théorie ondulatoire défendue par Huyghens (1678) pour qui la lumière est une onde
se propageant comme les rides se déplacent à la surface de l’eau.
Maxwell édifie en 1873 la théorie électromagnétique qui montre que la lumière elle-
même est une onde électromagnétique et qu’elle résulte de la propagation d’un champ
électrique 𝐸⃗ et d’un champ magnétique 𝐵
⃗ variant au cours du temps.
La lumière est une onde électromagnétique caractérisée par des amplitudes couplées du champ
électrique et du champ magnétique. Cette onde se propage dans le vide avec une vitesse égale
à la célérité de la lumière dans le vide : c = 3.108 m/s. L’onde peut aussi se propager dans un
milieu matériel avec une vitesse v ≤ c.
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1
𝑇=
𝜈
- Sa longueur d’onde 𝝀 : c’est la distance parcourue pendant une période dans le vide.
𝑐
𝜆 = 𝑐𝑇 =
𝜈
• Si est de l’ordre de grandeur ou plus grande que les obstacles (appareil utilisés)
on applique l’optique ondulatoire
• Si est extrêmement faible, comparable à l’échelle atomique ou moléculaire, on
applique l’optique corpusculaire.
On appelle indice de réfraction n d’un milieu, le rapport de la célérité c d’une onde lumineuse
monochromatique dans le vide à sa célérité v dans le milieu considéré. On a donc :
c
n=
V
Comme V c alors n 1
c
La longueur d’onde dans un milieu est : milieu = V .T = .T = vide
n n
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Milieu Indice
Verre de type crown constituants certains prismes utilisés au 1,516
laboratoire
Quartz fondu 1,4584
Diamant 2,4173
Glace 1,309
Verre à lunette 1,5 à 1,9
Eau à 20oC 1,3330
Ethanol 1,359
Air sec 1,000293
Vapeur d’eau 1,000249
Plus l’indice n est grand, plus la vitesse de la lumière dans le milieu est faible. L’indice de
l’air vaut pratiquement 1, ce qui montre que la vitesse de la lumière dans le vide est très
proche de celle mesurée dans l’air.
Dans le cas d’un milieu hétérogène, n varie avec la position du point considéré. Par exemple,
la couche d’air au-dessus de nos têtes n’est pas identique en tout point. Sa température varie,
ce qui fait varier n, la vitesse de la lumière et sa direction de propagation. Ce phénomène
s’appelle la turbulence atmosphérique.
La lumière peut se propager dans le vide et les milieux autres que le vide. Un milieu est dit
homogène lorsque sa composition est la même en tous ses points; dans le cas contraire, il est
dit inhomogène.
Un milieu est isotrope lorsque ses propriétés sont les mêmes dans toutes les directions; dans
le cas contraire, il est anisotrope.
Un milieu est transparent s'il laisse passer la lumière sans atténuation (l'eau, le verre, …); il
est absorbant s'il ne laisse passer qu'une partie de la lumière (verres, fumés, …).
En réalité, tous les milieux matériels sont plus ou moins absorbants. A la limite, il est opaque
s'il ne laisse pas passer la lumière pratiquement (tous les métaux)
- Loi de Cauchy
Pour les verres d’optique, dans le visible, Cauchy a établi la relation n(λ) suivante :
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B
n(λ) = A + où A et B sont des constantes positives
λ2
Propriété : L’indice d’un verre optique est d’autant plus faible que la longueur d’onde est
grande.
C’est une approximation de l’optique ondulatoire valable lorsque est faible devant la
dimension a des obstacles ( a ).
Le faisceau se propage en ligne droite. La direction de propagation de l’onde est appelée rayon
lumineux : le rayon lumineux représente le trajet de la lumière pour aller d’un point à un autre.
Dans la suite du cours, on se placera dans le cas de l’optique géométrique ( a ).
3- Principe de Fermat
Le chemin optique entre deux points A et A’ correspond à la longueur parcourue par la lumière
dans le vide pendant le même temps qu’elle mettrait à parcourir le trajet AA’ dans le milieu
considéré d’indice n.
A'
Ainsi : L = nds = nAA ' = Ct
AA '
A
Le trajet emprunté entre deux points est tel que le temps de parcourt est extrémal (minimum ou
maximum).
l n
t = = l
v c
nl est le chemin optique. Il est également extrémal. Cela implique que dans un milieu
homogène (n = constante), la lumière se propage en ligne droite. Lorsque le milieu est
inhomogène ( n constante ), les rayons lumineux sont courbés.
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Exemple : l’indice de l’atmosphère varie en fonction de l’altitude. Ce qui permet de donner
une explication au phénomène de mirage et du retard apparent du coucher du soleil.
• Propagation rectiligne de la lumière : Le plus court chemin entre deux points étant la
ligne droite (en géométrie euclidienne classique), un rayon lumineux se déplace en ligne
droite.
• Principe du retour inverse de la lumière : le chemin suivi par la lumière est indépendant
du sens de parcourt.
• Dans un milieu homogène, la lumière se déplace en ligne droite et à une vitesse
constante entre deux points A vers B.
Les faisceaux lumineux sont un ensemble de rayons lumineux. On trouve :
Les milieux dans lesquels se déplacent une onde lumineuse (ou rayon lumineux) ne sont pas de
dimensions infinies. Ce rayon lumineux rencontre tôt ou tard un autre milieu par l’intermédiaire
d’une frontière (surface de séparation de deux milieux transparents).
Ainsi, la lumière se propage en ligne droite dans un milieu homogène ; lorsqu’elle rencontre un
deuxième milieu homogène, elle change de direction et donne généralement lieu à une onde (ou
rayon) réfléchie et une onde (ou rayon) réfractée.
La surface de séparation entre les milieux transparents est appelée dioptre ou miroir.
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Définition : On appelle dioptre une surface de séparation entre deux milieux homogènes,
transparents et isotropes ; on considère un miroir comme un dioptre particulier.
Le comportement d’un rayon lumineux à la surface d’un dioptre ou d’un miroir est régi par les
lois de Snell-Descartes.
1ère loi de Snell-Descartes : Les rayons réfléchis et réfracté sont dans le plan d’incidence (plan
défini par la normale à la surface et le rayon incident).
Les rayons incident et réfléchis sont symétriques par rapport à la normale i1 = -r.
Les directions des rayons incidents et réfractés sont tels que : n1 sin i1 = n2 sin i2 et sont situés
Remarque
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• Si n1 < n2, le rayon réfracté se rapproche de la normale i2 < i1
• Si n1 ˃ n2, le rayon réfracté s’écart de la normale i2 ˃ i1
4.2-Discussion
Cas où n1 n2
n1 sini1 = n2 sini2 ; lorsque i1 → alors i2 → i
2
n1
n1 sin = n2 sin i n1 = n2 sin i sin i = ; i l’angle limite de réfraction
2 n2
Cas où n1 n2
n2
Lorsque i2 → alors i1 → i n1 sin i = n2 sin sin i = . i est l’angle limite
2 2 n1
d’incidence.
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lumière violette sont respectivement égaux à nr = 1,595 et nv = 1,625. Ce rayon arrive à la surface
de séparation avec l’air.
1) Calculer les angles d’incidence critique pour les lumières rouge et violette dans ce verre.
2) a) Quelle(s) couleur(s) observe-t-on dans l’air si le rayon arrive dans ce milieu sous un
angle d’incidence i = 35o ?
b) Même question si le rayon arrive sous un angle d’incidence i = 38,5o
Une source lumineuse S est placée au fond d'une piscine remplie d'eau d'indice n. La piscine a
une forme cylindrique de base circulaire de diamètre D et la source S est située au centre de
cette base. Un observateur dont les yeux sont à une hauteur h du sol, se tient à une distance d
du bord de la piscine. Quelle doit être la profondeur H de la piscine pour qu'un rayon issu de
S et passant par le bord de la piscine soit reçu par l'observateur ?
Application numérique : n = 1,33 ; D = 5,12 m ; h = 1,60 m ; d = 2,56 m.
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Chapitre II: SYSTEMES OPTIQUES
I-Introduction
Lorsqu’un système optique donne une image nette et semblable à l’objet, on dit que ce
système réalise un stigmatisme parfait. On verra, qu’à part le miroir plan, les systèmes réels
provoquent une déformation de l’image qu’on appelle "aberration". Ces aberrations sont dues
à de nombreux effets tels que la diffraction, la déformation des ondes lumineuses initialement
sphériques, la variation de l’indice de réfraction avec la longueur d’onde (aberrations
chromatiques), … . On indiquera alors dans ce cas les conditions de stigmatisme rigoureux
exigées pour avoir une netteté parfaite et celles qui permettent un stigmatisme approché et
donc une image acceptable.
Un objet lumineux est un ensemble de points lumineux qui émet de la lumière. Les objets
lumineux peuvent produire la lumière par eux même (soleil, lampe, flamme etc.), ce sont des
sources primaires. Certains objets peuvent également la renvoyer (tout objet éclairé par le
soleil), ce sont des sources secondaires.
Un système optique est un ensemble de milieux transparents séparés par des surfaces
dioptriques ou réfléchissantes.
2- Systèmes centrés
Un système centré est un système optique formé par une succession de surfaces réfringentes
ou réfléchissantes séparant des milieux transparents tel que l’ensemble présente un axe de
symétrie de révolution.
Cet axe de symétrie est appelé " axe optique " du système. Il est orienté dans le sens de
propagation de la lumière avant la traversée du système. Les centres de toutes les surfaces
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sont alignés sur cet axe et la symétrie impose que les surfaces planes soient disposées
perpendiculairement à cet axe.
Les intersections des différentes surfaces avec l’axe optique sont appelées "sommets" de ces
surfaces.
L’axe optique étant perpendiculaire à toutes les surfaces, tout rayon suivant l’axe optique
n’est pas dévié.
Soit un point objet A et un système optique (S). Si les rayons issus de A(ou se dirige vers A)
traversent (S) et convergent vers A' (ou semble issus de A'), A' est appelé image de A. Un objet
et une image peuvent être de nature virtuelle ou réelle.
Se et Ss étant respectivement les faces d’entrée et de sortie de la lumière dans le système (S),
on définit :
- l’espace objet réel situé en avant de Se ;
- l’espace objet virtuel situé en arrière de Se
- l’espace image réel situé en arrière de Ss ;
- l’espace image virtuel situé en avant de Ss
Dans la figure ci-dessus, l’objet A est réel et son image A’ est réelle.
Exemples
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- Objet virtuel situé après la face
d’entrée du système optique
(après la surface d’entrée).
On dit qu'un système est stigmatique si à un point objet A correspond un point image unique
A’.
Le miroir plan réalise le stigmatisme rigoureux pour tout point de l'espace. Quel que soit le
point objet A, son image est le symétrique A' de A dans le miroir. C'est le seul système
optique qui soit rigoureusement stigmatique quel que soit le point objet considéré.
b- Astigmatisme
En dehors du miroir plan, les systèmes optiques sont généralement astigmatiques. Ils donnent
d’un objet ponctuel une image floue, car il se forme un ensemble d’images.
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c- Stigmatisme approchée
Pour corriger l’astigmatisme des systèmes optiques, il faut se placer dans les conditions de
Gauss, c'est-à-dire conserver les rayons lumineux voisins de l’axe optique de tel sorte que
l’angle soit petit.
Condition de Gauss :
Un système centré est approximativement stigmatique pour les points de l'axe :
- si l'on ne considère que des rayons faisant un petit angle avec l'axe c'est- à-dire des rayons
para axiaux.
- si les angles d'incidence des rayons sur les différents dioptres du système sont faibles de
sorte que l'on puisse écrire la loi de la réfraction sous la forme : n1i1 ≈ n2i2
d- Aplanétisme
Pour un système aplanétique, l’image A’B’ d’un petit objet plan AB perpendiculaire à l’axe
optique est plane et perpendiculaire à l’axe optique.
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Pour un miroir plan, l’image est symétrique de l’objet par rapport au miroir. Le miroir plan est
un dispositif stigmatique.
2- Relations de conjugaison
Tous les rayons issus de la source réelle A se réfléchissent en suivant la deuxième loi de Snell-
Descartes et semblent provenir de A' qui est le symétrique de A par rapport au miroir. Le
triangle AIA' est isocèle car les angles en A et en A' sont égaux donc HI est la médiatrice de
AA'.
➢ Si A était virtuel, l'image A' serait réelle. (A et A' sont de nature différente).
➢ A' est le symétrique de A par rapport au miroir quel que soit le point I. Cela entraine
que le miroir plan est rigoureusement stigmatique.
➢ Si un objet linéaire AB est parallèle au miroir, A' et B' sont respectivement symétriques
de A et de B par rapport au miroir. Ce qui implique que 𝐴′𝐵′=𝐴𝐵 et l'image est droite,
de même sens que l'objet.
𝐴′𝐵′
➢ Le Grandissement transversale 𝛾 = =1
𝐴𝐵
IV- Le dioptre
Un dioptre est une surface séparant deux milieux transparents, homogènes
d’indices 𝑛1 𝑒𝑡 𝑛2 . Lorsque la surface qui sépare les deux milieux est plane, le dioptre est
dit plan et lorsque cette surface est sphérique, on dit que le dioptre est sphérique.
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1- Dioptre plan dans l’approximation de Gauss
L’objet A a pour image le point A’, qui par symétrie sera situé sur AO. Calculons AA’
Pour cela, on considère un rayon lumineux AS issu de A. Les angles étant petits, on a :
̅̅̅̅ ≈ ̅̅̅̅̅
i ≈ n. r et OS ̅̅̅̅. r
A′ O. i ≈ AO
̅̅̅̅̅ ≈ ̅̅̅̅
D’où : nA′O AO et finalement ̅̅̅̅̅
AA′ ≈ ̅̅̅̅
AO(1 − 1⁄n), quantité qui est indépendante du
rayon choisi.
Lorsque les rayons lumineux sont faiblement inclinés sur l'axe, le dioptre donne du point A,
une image A' quasi-ponctuelle. On dit qu'on est dans l'approximation de Gauss.
2- Etude du prisme
2.1- Définition
Un prisme est un milieu transparent et homogène limité par deux dioptres plans non parallèles
qui constituent les faces du prisme ; celles-ci se coupent suivant une droite qui est l'arête du
prisme.
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Tout plan perpendiculaire à l'arête est un plan de section principale ; son intersection avec les
deux faces définit ce que traditionnellement on appelle l'angle A du prisme. Généralement un
troisième plan limite le milieu réfringent parallèlement à l'arête, c'est la base du prisme.
Considérons un prisme défini dans son plan de section principale par son angle A et son indice
relatif n>1. On rappelle que par hypothèse, le milieu ambiant est l'air.
Soit SI un rayon incident quelconque qui frappe en I la face d'entrée AB du prisme; provenant
d'un milieu moins réfringent que celui du prisme, ce rayon subit en I et I’ les phénomènes de
réfraction en respectant les deux lois de Descartes.
soit : D = (i + i' ) - A
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D = (i + i' ) - A r + r' = A
La déviation D est une fonction de trois variables indépendantes: l’indice n, l’angle du prime A
et l’angle d’incidence i. Pour en étudier les variations on est amené à examiner successivement
l’influence de chacun de ces paramètres en maintenant les deux autres constants. Pour ce faire,
dD dD dD
on calcule les dérivées , , en partant des formules du prisme.
dn dA di
𝐷 = (𝑖 ′ + 𝑖) − 𝐴 ⇒ 𝑑𝐷 = 𝑑𝑖 ′ − 𝑑𝐴
𝑟 + 𝑟′ = 𝐴 ⇒ 𝑑𝑟 ′ = 𝑑𝐴
𝑑𝐷 𝑑𝑖′ 𝑛. 𝑐𝑜𝑠𝑟 ′
⇒ = −1= −1
𝑑𝐴 𝑑𝑟′ 𝑐𝑜𝑠𝑖 ′
Puisque n est supérieur à 1, cette quantité est toujours positive car |r’|< |i’| entraîne
cosr’ > cosi’ et donc n cos r’ > cos i’ :
La déviation D est donc une fonction croissante de A.
2.3.2- Variation de la déviation D avec l’indice du prisme
En différentiant les formules du prisme, en gardant A et i constants, on obtient dans ce cas :
Multiplions la première équation par cos r’ et la deuxième par cos r et additionnons membre à
membre. Il vient : cos i’ cos r di’ = n cos r cos r’ (dr + dr’) + (sin r cos r’ + cos r sin r’) dn
comme dr + dr’ = 0, il vient :
cos i’ cos r di’ = sin ( r + r’) dn = sin A dn soit : cos i’ cos r dD = sin A dn
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dD sinA
d’oû =
dn cosi'cosr
Cette quantité étant toujours positive, il en résulte que : La déviation croît avec l’indice du
prisme.
2.3.3- Variation de la déviation D avec l’indice n du prisme : minimum de
déviation
La différentiation des formules du prisme donne lorsque A et n sont constants :
dD
La déviation minimum varie lorsque i varie et s’obtient lorsque =0
di
et A = cte ⟹ dA = dr + dr ′ = 0 ⟹ dr = −dr′
1 cosi
dr = −dr ′ = n cosr di (1)
cosr′
di′ = n cosi′ dr ′ (2)
cosr′ 1 cosi
di′ = n × (− ) di
cosi′ n cosr
cosr′ cosi
di′ = − di
cosi′ cosr
D = i + i′ − A comme A = cte
dD cosr ′ cosi
= 1− = 0 ⟹ cos r ′ cos i = cos i′ cos r
di cosi′ cosr
1 1
(1 − 2
sin2 i′) (1 − sin2 i) = (1 − sin2 i′)(1 − 2 sin2 i)
n n
n2 − sin2 i′ 2 2 ′)
n2 − sin2 i
( ) (1 − sin i) = (1 − sin i ( )
n2 n2
21
n2 sin2 i + sin2 i′ = sin2 i + n2 sin2 i′
n sin r = sin i
𝐴
𝐴 = 2𝑟 ⟹ 𝑟 =
2
𝐷𝑚 = 2𝑖 − 𝐴
𝐷𝑚 + 𝐴
2𝑖 = 𝐷𝑚 + 𝐴 ⟹ 𝑖 =
2
𝐷𝑚 + 𝐴
sin (
𝑛= 2 )
𝐴
sin ( 2 )
Minimum de déviation :
A + Dm A
im = et rm =
2 2
A+ D
sin
Comme sin im= nsin rm on : n = 2
A
sin
2
22
𝑖 = 𝑖 ′ 𝑒𝑡 𝑟 = 𝑟′
𝐴 = 2𝑟
𝐷𝑚 = 2(𝑖 − 𝑟)
𝐷𝑚 + 𝐴
sin (
𝑛= 2 )
𝐴
sin ( 2 )
Exercice d’application 1
Un prisme de verre d’indice n = 1,51 a pour section principale un triangle ABC rectangle en
̂ . Le prisme est plongé dans l’air d’indice égal 1,00. On
A (voir figure). On note β l’angle ABC
éclaire la face d’entrée AB sous incidence normale.
Exercice d’application 2
Soit un prisme ABC rectangle en B d'indice n = 1,5. Les angles en A et C valent
respectivement 30° et 60°. Tracer la marche d'un rayon lumineux normal à :
a)- la face AB
b)- la face BC.
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Chapitre III : SYSTEMES CENTRES DANS L’APPROXIMATION DE GAUSS :
DIOPTRES, MIROIRS ET LENTILLES
I-Dioptres sphériques
1- Définition
Un dioptre sphérique est un ensemble de deux milieux d’indices n et n’ différents séparés par
une surface sphérique de centre C et de sommet S.
On pose : CS= R.
Tout rayon passant par C n’est pas dévié (incidence normale) ;
Nous choisirons un sens positif suivant le sens de propagation de la lumière. Le milieu
d'indice n sera qualifié de milieu objet tandis que celui d'indice n’ sera qualifié de milieu
image.
2- Relations de conjugaison
Le dioptre sphérique est non stigmatique. Si A’ est l’image de l’objet A par un dioptre dont
n > n’, on montre les relations de conjugaison suivantes:
Origine au sommet S :
n n' n − n'
− =
SA SA' SC
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Origine au centre :
n n' n − n'
− =
CA' CA CS
𝐍. 𝐁: ̅̅̅̅ et CA
SA ̅̅̅̅ sont des mesures algébriques de SA e t CA
b- Foyer image F’
Le foyer image F’ du dioptre est le point pour lequel tout rayon incident parallèle à
l’axe optique (donc venant de l’infini) se réfracte en convergent vers lui. L’objet est
donc à l’infini.
A' F' (confondu)
A →
n n' n − n'
− =
SF ' SC
n' n − n'
− =
SF ' SC
n'
SF ' = − .SC
D’où n − n '
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SF f n
• = = -
SF ' f' n'
SF + SF ' = f + f ' = SC
4- Construction géométrique
Pour construire l’image A’ d’un objet A, on se sert d’au moins deux des trois rayons
principaux suivants :
• Le rayon incident parallèle à l’axe optique qui émerge en passant par le foyer image F’.
• Le rayon incident passant par le foyer objet F qui émerge parallèlement à l’axe optique.
• Le rayon passant par le centre optique qui n’est pas dévié.
Dioptre convergent :
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A' B' CA'
= = Lorsque l’origine est au centre
AB CA
- Le miroir concave pour lequel c’est la surface intérieure qui est réfléchissante
- Le miroir convexe pour lequel c’est la surface extérieure qui est réfléchissante
2- Relations de conjugaison
Pour un miroir sphérique, l’espace objet et l’espace image sont confondu : n’= - n
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Les relations de conjugaison se déduisent de celles du dioptre sphérique en posant que
n’= -n :
• Origine au sommet :
n n' n − n' n ( − n) n − ( − n )
− = − =
SA SA' SC SA SA' SC
1 1 2
D’où : + =
SA SA' SC
• Origine au centre :
n n' n − n' 1 1 2
− = + =
CA' CA CS CA' CA CS
- Foyer image :
A' F' 1 1 2 1 2 SC
+ = = SF ' =
A → SF ' SC SF ' SC 2
SC
SF = SF ' =
Conclusion : 2 . Les foyers objet F et image F’ sont confondu
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On distingue deux familles de lentilles suivant que les bords sont plus minces ou plus épais
que l'épaisseur S1S2 :
a- Les lentilles à bords minces
Les lentilles à bords minces sont des lentilles pour lesquels le pourtour est plus mince que son
centre. Ce sont des lentilles convergentes.
a- Centre optique
Tout rayon passant par le centre
optique n’est pas dévié.
b- Foyer image F’
Le foyer image F’ est l’image d’un objet réel situé à l’infini et sur l’axe optique.
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La distance focale d’une lentille est notée f ’
̅̅̅̅̅ = 𝐱 𝐅′ − 𝐱 𝐎
On a : 𝐟 ′ = 𝐎𝐅′
c- Foyer objet F
C’est le point situé sur l’axe optique qui donne une image réelle à l’infini.
30
• Objet réel placé après F image virtuelle droite (même sens que l’objet) plus
grande que l’objet (c’est le principe des loupes).
• Lentille divergente : elle donne d’un objet réel une image virtuelle droite.
4- Relations de conjugaison
Grandissement transversal
Le grandissement γ de la lentille qui se définit comme suit :
31
5- La vergence d’une lentille
1
La vergence V d’une lentille est l’inverse de la distance focale : 𝑉 = 𝑓′
V > 0 pour les lentilles convergentes et V < 0 pour les lentilles divergentes.
Remarque : Lorsque plusieurs lentilles minces sont accolées, la vergence de l’ensemble est
égale à la somme des vergences des différentes lentilles:
n
Veq = V1 + V2 + ... + Vn Veq = Vi
i =1
Exercice d’application 1
On considère un miroir concave de rayon R = 1m.
1) Déterminer la distance focale du miroir
2) On place le miroir à la distance D = 5m d’un écran. Où doit-on placer un objet par rapport
au miroir pour qu’il forme à travers le miroir une image nette sur l’écran ?
3) Quel est le grandissement obtenu ?
Exercice d’application 2
1) Un objet AB de 3 cm est placé à 8cm devant une lentille convergente de distance
focale 20 cm. Déterminer la position et la nature de son image.
2) A travers cette lentille, on veut obtenir d’un objet réel une image réelle quatre fois plus
grande que l’objet. A quelle distance de l’objet faut-il placer la lentille et l’écran ?
32
Chapitre IV : Les instruments d’optiques
I- Généralités
Il n’est guère de science ou de technique qui ne fasse pas appel aux méthodes optiques pour
des observations, des mesures, des reproductions ou des transmissions de données. Les
progrès réalisés dans la confection des instruments d’optique sont en constante évolution et
puisent leurs performances aussi bien dans l’avancement des aspects fondamentaux de
l’optique que dans le développement technologie.
Nous allons présenter dans ce chapitre quelques instruments particuliers. Nous commencerons
par l’œil, système complexe et merveilleux sans lequel, l’optique n’aurait pas vu le jour et
dont les propriétés conditionnent la finalité d’autres instruments.
Nous traiterons ensuite la loupe qui est l’instrument le plus simple qui soit puisqu’il est
constitué uniquement d’une lentille convergente d’une distance focale de quelques
centimètres.
Nous étudierons enfin quelques instruments plus complexes utilisés pour observer
l’infiniment petit et l’infiniment grand. Il s’agit du microscope optique dont les éléments
essentiels (oculaires et objectifs) sont des constituants présents dans tous les autres
instruments visuels, de la lunette astronomique, de la lunette de Galilée et du télescope qui
sont des instruments d’observation d’objet éloignés comme les astres.
II – Grandeurs caractéristiques des instruments d’optique
1- Grossissement
Le grossissement G d’un instrument d’optique est défini par rapport du diamètre angulaire α’
sous lequel est vu l’image ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
A′ B′ d’un objet par un instrument d’optique à celui α sous lequel
l’objet ⃗⃗⃗⃗⃗
AB est vu par l’œil nu.
α′
G=
α
33
Le grossissement commercial est la valeur particulière G0 de G pour laquelle α0 est le
diamètre angulaire d’un objet placé au punctum proximum de l’œil de l’observateur et α’0 le
diamètre angulaire de l’image donnée par un instrument dont le foyer objet F est également
placé au punctum proximum. Cette image est donc à l’infini.
2- Puissance
La puissance P d’un instrument d’optique est définie par le rapport du diamètre apparent α’
de l’image à la taille de l’objet AB :
α′
P=
AB
III- La loupe
La perception des détails, à l’œil nu, est limitée par la distance minimum de vision distincte
dm. Or, plus la distance objet-œil est petite plus le pouvoir séparateur augmente et l’on
pourrait observer plus de détails.
1- Principe de l’instrument
La loupe permet d’obtenir une image nette d’objets rapprochés. C’est une lentille convergente
de petite distance focale (2 à 5 cm). Elle doit donner une image virtuelle, droite et agrandie.
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L’objet est donc placé entre la lentille et son foyer objet, très près de celui-ci. L’œil est alors
placé près du foyer image de la loupe. Il est préférable de placer l’objet dans le plan focal
objet de la loupe : l’image se forme à l’infini et l’œil normal peut l’observer sans
accommoder ; dans ce cas la position de l’œil n’a pas d’importance.
2- Caractéristiques de la loupe
a- Grossissement
On se place dans les meilleures conditions c'est-à-dire dans le cas où on observe l’image à
travers la loupe sans fatiguer l’œil. Cette image est donc à l’infini et l’objet AB est situé dans
le plan focal objet de la loupe.
L’image A’ de A est à l’infini dans la direction de l’axe et l’image B’ de B est à l’infini dans
la direction OB. Le diamètre apparent de l’image est α’.
α′
On aura : G= α
35
Ainsi, si dm = 25 cm et f ‘= 5 cm alors G0 = 5.
Une telle loupe vendue dans le commerce porte l’indication 5x, dm étant pris
conventionnellement égale à 25 cm.
b- Puissance
α′
La puissance de la loupe est donnée : P = AB
La puissance intrinsèque Pi est obtenue pour un objet placé dans le plan focal objet de la
𝐴𝐵
loupe (A≡F) soit pour 𝛼 ′ = 𝑓′
1
La puissance intrinsèque d’une loupe est donc égale à sa vergence : 𝑃𝑖 = 𝑓′ = 𝐶
IV- Le microscope
Le grossissement commercial d’une loupe augmente lorsque sa distance focale diminue. Mais
une lentille de trop petite focale aurait des faces bombées, les angles d’incidence seraient trop
grands et les défauts introduits dans ce cas seraient important. Le grossissement commercial
d’une loupe est donc limité (à environ 20).
Pour avoir de plus grands grossissements, il faut utiliser d’autres instruments comme le
microscope.
1- Principe de l’instrument
Le microscope est constitué de deux systèmes optiques. Le premier, l’objectif, assimilé à une
lentille convergente, donne d’un petit objet une image très agrandie qui est observée à travers
un second système, l’oculaire, également assimilé à une lentille convergente ou loupe.
L’image définitive est beaucoup plus grande que l’objet.
36
L’objet AB est placé très près mais au-delà du foyer objet F1 de l’objectif. Celui en donne une
image A1B1, réelle, renversée et très agrandie.
L’oculaire fonctionnant comme une loupe, A1B1 doit être entre son centre optique O2 et son
foyer objet F2, très près de celui-ci. L’image définitive A’B’ est virtuelle, renversée par
rapport à l’objet AB et encore agrandie par rapport A1B1.
Remarquons que si A1 se forme avant F2, l’image A’B’ est réelle, droite par rapport à l’objet
et beaucoup plus grande que celui-ci. On peut alors la recevoir sur une plaque
photographique.
2- Caractéristiques d’un microscope
a- Puissance
𝛼′
La puissance est par définition 𝑃 = 𝐴𝐵 où α’ est le diamètre apparent de l’image définitive
A’B’ de l’objet AB. Cette expression peut s’écrire encore :
𝛼′ 𝐴1 𝐵1
𝑃=
𝐴1 𝐵1 𝐴𝐵
Le premier facteur est la puissance de l’oculaire, puisque A1B1 joue le rôle d’objet pour celui-
ci.
Le deuxième facteur représente le grandissement linéaire transversal de l’objectif. On a donc :
𝑃𝑚𝑖𝑐𝑟𝑜𝑠𝑐𝑜𝑝𝑒 = 𝑃𝑜𝑐𝑢𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 × 𝛾𝑜𝑏𝑗𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓
La puissance intrinsèque est obtenue lorsque l’instrument est utilisé dans les conditions où
l’observateur vise à l’infini, c'est-à-dire lorsque l’image intermédiaire A1B1 est dans focal
objet de l’oculaire.
37
1
On a : 𝑃𝑖 𝑜𝑐𝑢𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 = 𝑓′
𝑜𝑐𝑢𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒
Notons Δ la distance F’1F2. Cette distance est une donnée du microscope. Elle maintenue
constante par un tube métallique.
La similitude des triangles O1IF’1 et A1B1F’1 permet d’écrire :
𝐴1 𝐵1 𝐴1 𝐵1 𝐴1 𝐹1′ 𝐹2 𝐹1′ ∆
= = 𝛾𝑜𝑏𝑗𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓 = ′ = ′ = ′
𝐼1 𝑂 𝐴𝐵 𝑂1 𝐹1 𝑂1 𝐹1 𝑓𝑜𝑏𝑗𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓
∆
On a donc : 𝑃𝑖 𝑚𝑖𝑐𝑟𝑜𝑠𝑐𝑜𝑝𝑒 = 𝑓′ ′
𝑜𝑏𝑗𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓 .𝑓𝑜𝑐𝑢𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒
b- Grossissement
𝛼′
Le grossissement est défini par : 𝐺= 𝛼
Dans le cas d’une observation à l’infini (A1B1 est dans le plan focal objet de l’oculaire), on a :
𝐴1 𝐵1 ∆ ∆
𝛼′ = ′ avec 𝐴1 𝐵1 = 𝐴𝐵 ′ 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝛼 ′ = 𝐴𝐵 ′ ′
𝑓𝑜𝑐𝑢𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑓𝑜𝑏𝑗𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓 𝑓𝑜𝑐𝑢𝑙 𝑓𝑜𝑏𝑗
L’angle α0 sous lequel est vu l’objet placé au Punctum Proximum (à la distance dm de vision
distincte) est :
𝐴𝐵
𝛼0 =
𝑑𝑚
Le grossissement commercial est donc :
𝛼′ ∆
𝐺0 = = ′ ′ 𝑑𝑚 = 𝑃𝑖 𝑚𝑖𝑐𝑟𝑜𝑠𝑐𝑜𝑝𝑒 . 𝑑𝑚
𝛼0 𝑓𝑜𝑏𝑗 𝑓𝑜𝑐𝑢𝑙
∆ 𝑑𝑚
Ou encore : 𝐺0 = 𝑓′ ′ = 𝛾𝑜𝑏𝑗 . 𝐺0 𝑜𝑐𝑢𝑙
𝑜𝑏𝑗 𝑓𝑜𝑐𝑢𝑙
Ce sont des données commerciales indiquées sur le microscope par les constructeurs.
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