FNH - Note Camembert - Final - 2024
FNH - Note Camembert - Final - 2024
Le camembert AOP,
caution d’une filière
laitière dans l’impasse
LES AUTEURS :
REMERCIEMENTS :
Filière laitière :
mieux partager la valeur
pour assurer un élevage
durable en France
P U B L I C AT I O N R É A L I S É E AV E C L E S O U T I E N F I N A N C I E R D E :
LA R E S P O N S A B I L I T É D E S I N F O R M AT I O N S E T D E S P O I N T S D E V U E E X P O S É S
DA N S C E RA P P O RT I N CO M B E A U X A U T E U R S E T N’E N G AG E E N R I E N L E S
PA R T E N A I R E S , N I L E S P E R S O N N E S I N T E R R O G É E S D A N S L E C A D R E D E L’ É T U D E .
SOMMAIRE
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Nos recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
• Recommandations générales
• Recommandations spécifiques aux AOPs
3
INTRODUCTION
La récente crise agricole en France a fait émerger de nombreuses revendications, dont celle de la juste
rémunération des agriculteurs. Dans le secteur laitier, cet enjeu central a fait l’objet dernièrement de nom-
breuses manifestations d’éleveurs, dans le cadre de négociations commerciales tendues avec certains ac-
teurs de l’agroalimentaire1.
Pour tenter d’objectiver l’inégale répartition de la Alors qu’Oreillette contribue à l’image d’Épinal de
valeur dans ce secteur, la FNH a publié une étude en l’élevage laitier, cette égérie n’est en effet pas repré-
novembre 20232, dont les résultats sont édifiants. sentative de tous les élevages laitiers français. Seu-
Alors que les bénéfices nets des entreprises agroa- lement 7,8 % des vaches laitières françaises sont de
limentaires et des enseignes de la grande distribu- race normande (28 % en Normandie) et 80 % du lait
tion ont augmenté de 61 % entre 2018 et 2021, les collecté en France est produit de manière conven-
éleveurs laitiers gagnent toujours moins d’un SMIC tionnelle (c’est-à-dire hors labels officiels de type
à l’heure, financé à 84 % par les subventions pu- bio, AOP, label rouge, contrats tripartites, etc).
bliques3.
Ce modèle conventionnel dominant est marqué par
3 grandes tendances qui s’accélèrent aujourd’hui
À l’occasion du prochain Salon international de
(intensification des pratiques, spécialisation et
l’agriculture, dont la vache laitière Oreillette est la
agrandissement-concentration des exploitations4),
nouvelle égérie, la FNH souhaite :
et qui sont à l’origine d’impacts environnementaux
! Réitérer son éclairage sur l’injuste répartition et socio-économiques de plus en plus inquiétants.
de la valeur et les asymétries de pouvoir dans le Ces grandes tendances sont également à l’œuvre en
secteur laitier. Pour l’illustrer, elle met un coup Normandie, pourtant traditionnellement caractéri-
de projecteur sur le produit phare de cette vache sée par ses bocages et ses vaches à l’herbe.
normande : le Camembert de Normandie sous
Le marché global du camembert (et la bataille qui
Appellation d’Origine Protégée (AOP).
se joue entre le camembert AOP et le camembert
! Rappeler que le modèle fourrager majoritaire- « industriel »5), illustre bien les enjeux de la filière
ment herbager dans lequel s’inscrit Oreillette laitière :
n’est pas représentatif du secteur laitier français,
! Aujourd’hui, plus de 9 camemberts vendus sur 10
et semble même menacé.
ne sont pas sous Appellation d’Origine Protégée
(AOP)6. Ils sont fabriqués à partir de lait conven-
tionnel (80 % du lait produit en France) dont les
pratiques de production sont de plus en plus in-
tensives : 10 % des vaches n’ont pas accès au pâ-
turage et au moins la moitié des vaches sont éle-
vées dans des systèmes maïs-soja déforestant7.
! Ces camemberts, issus d’un lait conventionnel,
et produits de manière industrielle, semblent
faire l’objet d’une appropriation de l’aura du ca-
membert AOP. En effet, l’image positive des ca-
memberts industriels est liée à un marketing
qui promeut le terroir normand sans avoir les
caractéristiques de l’AOP de Normandie, inscrites
dans un cahier des charges (part de vaches nor-
mandes, processus de fabrication, etc.).
4
! Cette substitution d’attributs tangibles liés au La FNH reste convaincue qu’il existe des modèles
terroir par des attributs liés au marketing se tra- d’élevage - à soutenir - mêlant rémunération et
duit par une captation de la valeur économique durabilité environnementale (conditionnés à des
du camembert par les acteurs de l’aval de la fi- critères sur le terroir, l’environnement, et la gou-
lière. Entre 2001 et 2022, le coût de la matière vernance). Néanmoins, la situation actuelle nous
première agricole (qui permet d’approximer la incite à rester lucides : sans rémunération digne
part reçue par l’éleveur sur le prix du produit des éleveurs et avec un marché oligopolistique, la
final) a baissé de 11 %, alors que les marges transition agroécologique sera impossible, et sau-
brutes des industries de la transformation et de ver l’élevage restera un vœu pieux.
la distribution ont respectivement augmenté de
61 % et de 39 % sur la même période8.
5
LE MODÈLE DU CAMEMBERT
AOP DE NORMANDIE :
un modèle minoritaire mais qui pose des
jalons pour tendre vers l’agroécologie
En France, seulement 20 % du lait est issu de démarches engagées (labels officiels de type bio, AOP, label
rouge, contrats tripartites, etc) contre 80 % de lait conventionnel. Parmi ces 20 %, une part mineure permet
la fabrication du Camembert de Normandie (AOP).
Si l’on s’attarde sur le modèle de cette AOP, on peut en conclure qu’il englobe des pratiques en général plus
durables que la moyenne des pratiques agricoles conventionnelles, que ce soit au travers de son cahier des
charges, des pratiques moyennes adoptées (plus exigeantes que les critères minimaux de son cahier des
charges), ou encore des primes instaurées par les laiteries.
6
D’un point de vue environnemental, et malgré des ! Sur les intrants de synthèse : seule l’urée est
disparités au sein des systèmes d’élevage engagés interdite dans le cahier des charges. Ce point
dans cette démarche, la moyenne des indicateurs constitue selon nous un axe à renforcer dans
environnementaux de toutes les exploitations ap- l’AOP et justifie de privilégier le double label AOP
provisionnant l’AOP est au global plus vertueuse et Agriculture Biologique, qui ne représente que
que la moyenne des pratiques des exploitations moins de 3 % des volumes en AOP Camembert
conventionnelles.13 En effet14 : aujourd’hui.15
7
En conclusion, l’élevage laitier sous AOP normande permet de préserver le modèle herbager et bocager
(caractérisé par la présence de nombreuses haies), traditionnel en Normandie, ainsi qu’un tissu socio-éco-
nomique local. Cet ensemble de pratiques et de savoir-faire locaux constitue ainsi des jalons intéressants
pour tendre vers un modèle agroécologique ambitieux, avec un fort ancrage territorial, respectueux de l’en-
vironnement et plus rémunérateur pour les éleveurs. Même si la démarche d’amélioration continue sur le
plan environnemental doit se poursuivre, l’AOP Camembert pose donc bien les jalons vers une agroécologie
plus ambitieuse.
Tous les fromages AOP ne se valent pas, décisions sont prises à l’unanimité pour
mais certains d’entre eux s’inscrivent dans éviter la prédominance de certains acteurs
la transition agroécologique. Par exemple, dans les votes, des négociations entre
le lait destiné à la fabrication du comté se producteurs et transformateurs à « livre
distingue par un modèle plus vertueux que ouvert » sur les coûts et prix de chacun, et
la production de lait conventionnel. Bien enfin un système de régulation des volumes
entendu, il existe des éléments à améliorer de production permettant de maintenir des
d’un point de vue environnemental18, mais prix rémunérateurs pour les éleveurs.
cette AOP est parvenue à tirer son épingle du
Tirer le secteur laitier vers le haut, c’est
jeu en structurant une filière plus favorable
s’inspirer de ces démarches (notamment
aux éleveurs et à l’environnement que les
notamment sur les pratiques de
filières fromagères conventionnelles.
gouvernance et de transparence) ou
L’AOP Comté se distingue ainsi par un usage encore aller puiser dans d’autres labels
exclusif de la marque permettant des plus exigeants sur le volet environnemental
négociations commerciales plus favorables comme l’Agriculture Biologique (AB).
aux éleveurs, une gouvernance où les
8
LA BATAILLE DU CAMEMBERT
ILLUSTRE LES ENJEUX
D’UNE FILIÈRE DE PLUS EN
PLUS INÉQUITABLE
Aujourd’hui, dans un supermarché, plus de 9 camemberts sur 10 ne respectent pas le cahier des charges
AOP, et sont donc des camemberts produits de manière industrielle. Ainsi, l’image du camembert en tant
que produit typique d’un terroir et d’un savoir-faire artisanal ne correspond plus à la réalité des fromages
industriels disponibles en rayon pour les consommateurs (qui achètent leurs produits laitiers à 95 % dans
la grande distribution19).
L E C A M E M B E R T I N D U S T R I E L , M A J O R I TA I R E ,
T I R E S A VA L E U R D U M A R K E T I N G
Cette absence de traçabilité précise (due à un processus de collecte à Les bénéfices des acteurs de
grande échelle d’un lait ensuite mélangé, standardisé et homogénéisé) l’aval ont augmenté de 61 %
entre 2018 et 2021. Selon la
implique que les différences de prix entre camemberts industriels, obser-
FNH20, cela s’explique par :
vées en magasin, ne se justifient pas par des caractéristiques spécifiques
du lait (composant pourtant le produit final à plus de 99 %) mais par le ! Une augmentation
marketing utilisé dans chaque gamme de produits. Ces gammes sont déte- historique de la
nues par 2-3 entreprises agroalimentaires très majoritaires sur ce marché, consommation de produits
ainsi que des Marques De Distributeurs (MDD) : laitiers (multipliée par 2,4
entre 1960 et 2021).21
! Le marché du camembert industriel est dominé par quelques géants ! La concentration des
économiques : Lactalis, Savencia et Sodiaal. Ils détiennent 63 % du acteurs de l’aval (structurés
marché des fromages à pâte molle (camemberts, bries, coulommiers)24. en oligopoles industriels
! Lactalis est de loin le leader du marché avec sa marque Président qui et économiques).
représente à elle seule plus d’un camembert sur 4 vendus chaque an- ! Le rôle grandissant du
née en France (sans compter ses marques Lanquetot et Le Petit, égale- marketing qui déconnecte
ment bien connues du grand public)25. le prix des produits de la
matière première agricole
! Savencia et Sodiaal se sont en partie unies dans la société Compagnie (le lait collecté). Cela
des fromages & RichesMonts (CF&R), issue d’une fusion partielle entre signifie que quel que soit
eux, et commercialisent ensemble les camemberts Coeur de Lion et Le le prix du camembert au
Rustique. supermarché, un éleveur
! Les marques de distributeurs (MDD) représentent quant à elles 30 % conventionnel est payé au
même prix par l’industriel.
du marché26.
9
En parallèle, une bataille juridique est en cours (cf. encadré ci-après)
concernant l’utilisation par des marques privées de la mention « Fabriqué
en Normandie », associée à des symboles (présentés sur les paquets de
fromage) renvoyant dans l’imaginaire collectif au Camembert de Norman-
die (AOP), pouvant ainsi potentiellement induire en erreur le consomma-
teur27. Il en est ainsi de la boîte en carton, des blason et village normands,
de la race normande, de la nappe à carreaux, de la mention « moulé à la
Un camembert Marque de Distributeur.
louche », ou encore du seau de lait cru.
En effet, avec du lait conventionnel qui a été stan- Finalement, grâce à ces stratégies de marketing, le
dardisé et sans respecter de cahier des charges spé- secteur de la transformation imite la valeur que le
cifique, certains camemberts ont des prix - ramenés terroir a dans l’imaginaire collectif, à savoir :
au kilo - similaires (voire supérieurs) à des camem- ! Des pratiques agricoles plus vertueuses.
berts AOP :
! Un territoire et savoir-faire artisanal spécifique
! Le camembert Lanquetot à 13 euros / kg. (autour du lait cru).
! Le camembert Le Rustique « extra coulant » ! Un meilleur partage de la valeur.
à 14,79 euros / kg.
Mais le camembert industriel n’a pas ces caractéris-
! Le camembert AOP MDD à 13 euros / kg.
tiques. Cette imitation des valeurs du terroir crée un
! Le camembert AOP de la laiterie Gillot à transfert de valeur économique des éleveurs vers
16,60 euros / kg. les industriels (cf. ci-après).
10
Bataille judiciaire sur le camembert
entre géants agroalimentaires L E CA M E M B E RT I N D U S T R I E L :
U N T R A N S F E R T D E VA L E U R
et représentants de l’AOP A U P RO F I T D E S ACT E U R S D E
Camembert de Normandie L’AVA L E T A U D É T R I M E N T
DES ÉLEVEURS
Après plus de trois ans de bataille judiciaire en
Le camembert industriel est devenu ul-
défaveur des industriels qui utilisent la mention
tra dominant dans les ventes réalisées,
« fabriqué en Normandie » sans AOP, le Conseil
d’État a affirmé en décembre 2023 la légalité de la marge des acteurs de l’aval a donc
deux marques industrielles plus anciennes que augmenté au détriment des éleveurs :
l’AOP (il s’agit de Le Père normand (Savencia)
! Alors qu’en 2001, sur un camembert
et de Le Fameux normand (Lactalis)28).
moyen à 1,45 euro, le coût de la ma-
Pour les autres, elles peuvent faire référence à tière première agricole (que l’on peut
la Normandie, mais seulement à l’arrière de leur désigner par « part reçue par l’éleveur
boîte. Ces marques devraient donc se mettre en sur le prix final d’un produit » pour
conformité avec cette décision, même si d’autres
simplifier la compréhension) était de
démarches juridiques sont toujours en cours.
0,64 euro, elle est en 2022 de 0,57
À noter que certaines laiteries fabriquant du euro, soit 11 % moins cher, sur un ca-
camembert AOP sont détenues par des entreprises membert à 1,79 euro hors taxe.
agroalimentaires, à l’image de Lactalis, premier
vendeur de camemberts AOP. Si ce géant est ! En revanche, la marge brute dont bé-
majoritaire en volume au sein de cette filière, son néficie le secteur de la transformation
nombre de voix est néanmoins plafonné au sein de a augmenté de 61 % (passant de 0,44
l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) des à 0,70 euro), et celle des enseignes de
fromages normands, règle fixée afin de conserver la grande distribution de 39 % (pas-
une pluralité dans la gouvernance du fromage. sant de 0,38 euro à 0,52 euro).
11
Bras de fer entre deux géants du camembert industriel et
des associations d’organisations de producteurs laitiers
12
TERROIR, GOUVERNANCE,
ENVIRONNEMENT :
enseignements à tirer et recommandations
pour un élevage laitier durable
Si tous les cahiers des charges des 51 AOPs laitiers ! Des systèmes extensifs et herbagers, privilégiés
existants en France n’offrent pas tous des garan- par certaines AOP (dont le Camembert AOP fait
ties environnementales33, socio-économiques, ou partie) et surtout par l’Agriculture Biologique.
encore de gouvernance, ce mode d’organisation est Rappelons que cette dernière garantit le non-re-
en tout cas un bon outil pour permettre de faire cours à des pesticides ou engrais de synthèse
contrepoids face aux fortes asymétries de pouvoir avec des critères plus stricts de bien-être animal ;
qui caractérisent la filière laitière. Combiné à des
! Un ancrage territorial pour avoir une traçabilité
critères environnementaux exigeants, il est une des
du lait, mais aussi des savoir-faire artisanaux va-
réponses à la crise que connaît actuellement le sec-
lorisés ;
teur.
! Une gouvernance démocratique renforcée, grâce
La FNH plaide donc pour une transition de la filière notamment à un poids plus important accordé
laitière vers plus de durabilité en réorientant les aux Organisations de Producteurs (OP), un meil-
subventions publiques (qui représente en moyenne leur contrôle des prix et des volumes afin de ga-
84 % des revenus des éleveurs) et au travers d’un rantir des revenus aux éleveurs.
meilleur partage de la valeur. Cela passe par la pro-
motion de modes de production plus durables, qui
répondent aux trois principes suivants :
13
NOS RECOMMANDATIONS
R E C O M M A N D AT I O N S R E C O M M A N D AT I O N S
G É N É RA L E S S P É C I F I Q U E S A U X A O Ps
! Une plus grande régulation des marchés au tra- ! Accompagner toutes les AOP dans une démarche
vers de : de progrès :
• un prix plancher de la matière première agricole, • en termes de gestion des volumes afin de sécuri-
prenant en compte les coûts de production ; ser davantage les revenus des éleveurs et d’aug-
• potentiels « programmes de responsabilisation menter le différentiel entre leur prix du lait et le
face au marché » dont il faut étudier la pertinence prix du lait conventionnel ;
et faisabilité34 ; • en termes environnementaux (appui à une
• un encadrement des marges (par exemple à par- conversion d’une partie des éleveurs AOP en bio
tir d’un coefficient multiplicateur de la matière et appui à l’intégration de critères environne-
première agricole qui pourrait être basé sur la mentaux supérieurs pour les autres sur la part
moyenne des marges des 10 dernières années) ; d’herbe, de haies, sur l’augmentation des critères
• une obligation de transparence sur les marges de bien-être animal sur les jeunes animaux, et
nettes des acteurs de la transformation et de la sur l’augmentation de la part de races rustiques) ;
distribution. • avec un périmètre maximal défini pour la col-
lecte de lait afin de veiller à la non-industrialisa-
! D’ici 2030, atteindre respectivement un tiers des tion des laiteries.
produits laitiers vendus sous marques MDD et
marques nationales qui répondent aux critères ! Renforcer les budgets de communication en fa-
suivants : contrats tripartites, label biologique et veur des produits laitiers bio et/ou AOP pour
commerce équitable. maintenir les débouchés de ces filières en rappe-
lant leurs plus-values et en rappelant la néces-
! La création d’un fonds mutualisé de transition sité de les inscrire dans une consommation de
agroécologique qui soutient la conversion et le moins et mieux de produits laitiers.
maintien en bio, l’augmentation de l’autonomie
protéique et du pâturage et la structuration de ! Renforcer les obligations sur les contrats tripar-
filières territorialisées. Ce fonds peut être un tites et inclure les régions dans les discussions35.
levier pour pallier l’augmentation des coûts de
! Veiller au respect des décisions de justice concer-
production liée à l’utilisation d’intrants dont les
nant l’utilisation de certaines allégations ren-
prix ont fortement augmenté. Abonder ce fonds
voyant au Camembert AOP de Normandie.
par un pourcentage minimum des bénéfices et
dividendes exceptionnels des acteurs de la trans-
formation et de la distribution.
14
1 La Chronique républicaine, « Bretagne : ce géant 17 Chambres d’agriculture de Normandie. (2018). La
agroalimentaire menace de ne plus collecter le lait Normandie laitière 3 ans après la fin des quotas.
de 550 agriculteurs », 8 février 2024 ; Les Echos,
« Bras de fer entre Lactalis et les éleveurs sur le 18 Basic, WWF, Greenpeace. (2021). Étude de démarches
prix du lait », 4 février 2024 ; France Info, « Colère de durabilité dans le domaine alimentaire.
des agriculteurs : un camion de Lactalis intercepté 19 Proportion des achats en valeur (en euros),
et vidé en Haute-Saône », 21 février 2024. FranceAgriMer. (2022). La consommation
2 Fondation pour la Nature et l’Homme. (2023). des produits laitiers en 2021.
Filière laitière : mieux répartir la valeur pour 20 Fondation pour la Nature et l’Homme. (2023).
assurer un élevage durable en France. Filière laitière : mieux répartir la valeur pour
3 Le montant total de ces subventions versées par les assurer un élevage durable en France.
contribuables, soit 1,6 milliards d’euros en 2021, est bien 21 INSEE. (2021). Consommation effective des ménages
supérieur aux bénéfices des industriels et distributeurs depuis 1959 (issu des comptes de la Nation).
qui ont atteint 842 millions d’euros la même année.
22 Chambres d’agriculture de Normandie. (2018). La
4 Fondation pour la Nature et l’Homme. (2023). Normandie laitière 3 ans après la fin des quotas.
Élevage bovin : comment sortir de l’impasse ?
23 Agreste. (2023). Filière bovin lait. Les
5 Ouest France, Dans la guerre du camembert, chiffres clés en Normandie en 2021.
ils rappellent l’interdiction de l’étiquetage
« fabriqué en Normandie », 13 février 2024. 24 BASIC. (2023). La filière bovin lait française.
6 Parmi ces 90 % de fromages non-AOP, la part de 25 LSA, Le retour du Camembert, pas cher et
camemberts au lait cru, transformés de façon artisanale, toujours populaire, 1er décembre 2023.
mais ne respectant pas forcément l’ensemble du 26 BASIC. (2023). La filière bovin lait française.
cahier des charges de l’AOP (par exemple sur la
RÉFÉRENCES
race des vaches) est très marginale. Par facilité de 27 « Cette mention usurpe la notoriété du camembert
traitement des informations, nous ne distinguerons de Normandie et crée la confusion dans l’esprit du
donc par la suite que les fromages AOP et les fromages consommateur », d’après Ouest France, « Fabriqué
industriels (issus de lait pasteurisé, et fabriqués en Normandie » , AOP… Toujours la guerre des
selon des modes de production conventionnels). étiquettes pour le Camembert, 16 février 2022.
BASIC. (2023). La filière bovin lait française. 28 Ouest-France, Les industriels du camembert
7 Pour plus d’informations : Fondation pour la Nature pourront-ils faire référence à la Normandie
et l’Homme. (2023). Filière laitière : mieux répartir la sur leurs boîtes ?, 5 décembre 2023.
valeur pour assurer un élevage durable en France. 29 La Chronique républicaine, « Bretagne : ce géant
8 BASIC. (2023). La filière bovin lait française. agroalimentaire menace de ne plus collecter le
lait de 550 agriculteurs », 8 février 2024.
9 CNAOL. (2023). Chiffres clés 2022.
Produits laitiers AOP et IGP. 30 La Chronique répiblicaine, Bretagne : des
agriculteurs remportent une manche face à un
10 D’après les éléments recueillis auprès de géant agroalimentaire, 20 février 2024.
l’Union des producteurs de lait AOP.
31 « Les éleveurs, très nombreux, négocient la vente de
11 Par exemple, 80 % des fromages AOP de Normandie leurs productions avec un faible nombre d’acheteurs. En
sont moulés à la louche de façon manuelle. raison de cette asymétrie, les acheteurs bénéficient d’un
12 Au final, pour la production du lait et sa rapport de force à leur avantage dans la négociation des
transformation en 3 des 4 fromages AOP normands, prix » selon la Cour des comptes, p 11. (2024). Le contrôle
1 626 emplois sont nécessaires, en sachant que de la contractualisation dans le cadre des lois Egalim :
le Camembert AOP de Normandie représente premiers enseignements pour les éleveurs bovins.
70 % des volumes de fromages vendus. 32 Linéaires, Lactalis pointé du doigt pour son prix
13 Alors que la part de maïs dans la SFP des vaches de l’AOP d’achat du lait, 18 janvier 2024. Graphique par
est de 23 %, les vaches laitières en France sont 44 % à Linéaires, d’après les chiffres de la FNPL.
être dans des systèmes avec plus de 30 % de maïs dans 33 Au moins 20 % des AOP serait fabriqué de manière
leur surface fourragère principale d’après les travaux de la industrielle, avec du lait pasteurisé, d’après les
SNBC. Par ailleurs, celles-ci consomment en moyenne 40 % calculs du BASIC sur base de FranceAgriMer
d’herbe (fraiche et/ou conservée), 35 % d’ensilage de maïs (2023), INAO (2022), Agence Bio (2022).
et 22 % de concentrés. Source : Idele (2023). Les chiffres
clés de l’alimentation des vaches laitières. 34 Proposition issue de l’European Milk Board,
détaillée dans une synthèse intitulée «Programme
14 Les éléments chiffrés sur l’AOP utilisés dans cette note
de Responsabilisation face au Marché».
sont issus d’éléments recueillis auprès de l’Union des
producteurs de lait AOP normands. Ces chiffres sont une 35 A l’image du travail réalisé par la Normandie
moyenne pour les fromages Camembert de Normandie, pour soutenir les races normandes, voir Ouest
Pont-l’Evêque et Livarot, en sachant que le Camembert est France, En déclin, la vache de race normande
le débouché majoritaire du lait collecté et que les cahiers veut miser sur ses atouts, 22 avril 2023.
des charges des différents fromages sont similaires.
15 Agriscopie (2023), L’agriculture biologique en Normandie
16 Agreste. (2023). Filière bovin lait. Les
chiffres clés en Normandie en 2021.
15
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