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Transfert de chaleur par rayonnement

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UNIVERSITE Abderrahmane MIRA BEJAIA

Faculté de Technologie
Département de Génie Mécanique

COURS

Chapitre IV
Transfert de chaleur

par rayonnement

3ème Licence , Génie Mécanique

Adapté de polycopié de cours du Dr: Ali Agha Hamza


Chapitre IV :

TRANSFERT DE CHALEUR PAR RAYONNEMENT

Plan du chapitre :
IV.1. Introduction
IV.2. Définitions et lois fondamentales
IV.3. Grandeurs énergétiques
IV.4. Définitions générales du rayonnement
IV.5. Lois du rayonnement thermique
IV.6. Echanges radiatifs

Objectifs :
 Le rayonnement thermique est un phénomène électromagnétique caractérisé
par une fréquence et une longueur d’onde.
 Ce phénomène requiert des outils géométriques : l’angle solide. La loi de
Planck décrit le rayonnement des corps noirs.
 Le rayonnement des corps réels se modélise à partir de celui des corps noirs.
 L’hypothèse des corps gris permet de simplifier l’étude du rayonnement des
corps réels.
 Définir le flux de chaleur échangé par rayonnement entre plusieurs surfaces
 Utiliser le schéma aux radiosités pour décrire les transferts radiatifs entre
surfaces grises
Chap. IV: Rayonnement
49

IV.1. Introduction

Nous abordons, avec ce chapitre, l’étude d’un mode de transfert


d’énergie thermique qui, contrairement à la conduction ou à la
convection, ne nécessite pas la présence d’un support matériel solide
ou fluide.
Un exemple très caractéristique de ce mécanisme nous est fourni
par le rayonnement solaire qui nous parvient après avoir parcouru une
distance considérable dans le vide spatial. Egalement, si l’on ouvre
par exemple devant nous la porte d’un four très chaud, nous
percevons instantanément, même à une distance, une sensation de
chaleur sur la peau. Ce phénomène ne saurait être attribué
uniquement à un transfert convectif entre le four et notre corps, car
on conçoit que les masses d’air ambiant échauffées au voisinage de
l’ouverture du four mettent un certain temps à parcourir la distance
nous séparant de celle-ci. Ce transfert fait donc intervenir également
un autre mécanisme physique, qui est le rayonnement
électromagnétique, dont la propagation est quasi instantanée, du
moins à l’échelle des distances terrestre.

IV.2. Définitions et lois fondamentales

IV.2.1. Le rayonnement électromagnétique

Tous les corps, quel que soit leur état : solide, liquide ou gazeux,
émettent un rayonnement de nature électromagnétique. Cette
émission d’énergie s’effectue au détriment de l’énergie interne du
corps émetteur.
Le rayonnement se propage de manière rectiligne à la vitesse de Fig. IV.1. Principe de l’expérience
la lumière, il est constitué de radiations de différentes longueurs de William Herschel.
d’onde comme l’a démontré l’expérience de William Herschel.
En passant à travers un prisme, les radiations sont plus ou moins
déviées selon leur longueur d’onde. On envoie donc les radiations
émises par une source à la température T0 sur un prisme et on projette
le faisceau dévié sur un écran absorbant (noirci), on obtient ainsi la
décomposition du rayonnement total incident en un spectre de
radiations monochromatiques.
Si l’on déplace le long de l’écran un thermomètre, on mesure la
température Te caractérisant l’énergie reçue par l’écran dans chaque
longueur d’onde. En construisant la courbe Te = f (), on obtient la
répartition spectrale de l’énergie rayonnée pour la température T0 de
la source. On constate alors que :
Chap. IV: Rayonnement
50
 L’énergie émise est maximale pour une certaine longueur
d’onde m variable avec T0.
 L’énergie n’est émise que sur un intervalle [1, 2] de
longueur d’onde caractérisant le rayonnement thermique.

On trouvera représentés sur la figure IV.2 les différents types


d’ondes électromagnétiques et leurs longueurs d’ondes
correspondantes. On retiendra que le rayonnement thermique émis
par les corps se situe entre 0,1 et 100 m. On notera par ailleurs que
le rayonnement est perçu par l’homme :
 Par l’œil : pour 0,38 m < l < 0,78 m rayonnement visible.
 Par la peau : pour 0,78 m < l < 314 m rayonnement IR.

IV.2.2. Structure du rayonnement

Le rayonnement est un mode d'échange d'énergie par émission et


absorption de radiations électromagnétiques. L'échange thermique
par rayonnement se fait suivant le processus :
 Emission : Il y a conversion de l'énergie fournie à la source en
énergie électromagnétique.
 Transmission : La transmission de cette énergie
électromagnétique se fait par propagation des ondes avec
éventuellement absorption par le milieu traverse.
 Réception : A la réception, il y a conversion du rayonnement
électromagnétique incident en énergie thermique (absorption).
Le rayonnement trouve son origine lors d'une transition
électronique entre deux états d'énergie d'une molécule ou d'un atome :

Fig. IV.3. Principe de l'émission d'un photon. Fig. IV.2. Spectre des ondes
électromagnétiques (en m).
IV.2.3. Loi de Planck

Le passage du niveau d'énergie E à un niveau d'énergie E ˗ E


s'accompagne de l'émission d'un rayonnement de fréquence  et
d'énergie h0 ou h0 est la constante de Planck :
E  h0 J  …. (IV.1)
Avec : h0= 6.62×10-34 J.s.
Chap. IV: Rayonnement
51

IV.2.4. Principe du chauffage par rayonnement

Lorsqu'un rayonnement arrive sur un corps opaque, celui-ci peut être


:
 transmis,
 absorbé,
 réfléchi,
Dans des proportions variables selon la nature du corps.

IV.2.5. Classification des corps soumis à un rayonnement

Selon la nature du corps, et selon la longueur d'onde du


rayonnement incident l'un de trois phénomènes : réflexion,
transmission et absorption, peut être prépondérant.
Classification des corps soumis à un rayonnement.
Fig. IV.4. Réflexion, transmission et
 Corps transparents absorption du rayonnement.
Lorsqu'un rayonnement ne subit aucune atténuation lors de la
traversée d'un milieu, on dit que le milieu est transparent pour ce
rayonnement. C'est le cas du vide pour toutes les radiations, de
certains gaz (N2, 02 notamment) dans le visible et l'infrarouge.

 Corps opaques
La grande majorité des solides et des liquides sont dits « opaques
», car ils arrêtent la propagation de tout rayonnement dès leur surface
: ces corps se réchauffent par absorption du rayonnement.
 Corps semi-transparents

Par contre certains corps sont partiellement transparents car l'onde


électromagnétique peut se propager dans le milieu considère.

La propagation s'accompagne d'une absorption électromagnétique


qui accroit l'énergie du milieu traverse.

IV.2.6. Loi de conservation de l’énergie


Fig. IV.5. Décomposition du flux
Soit i le flux incident, r le flux réfléchi, t le flux transmis et a le incident.
flux absorbé, la conservation de l'énergie s'écrit :
i  r  a  t …. (IV.2)

Coefficient d'absorption thermique


Posons :
Chap. IV: Rayonnement
52

r
0  Facteur de réflexion ;
i
a
0  Facteur d’absorption ;
i
t
0  ; Facteur de transmission.
i

La conservation de l'énergie s'écrit : 0 +  +  = 1. Ces paramètres


caractérisent le comportement d'un corps vis à vis du rayonnement
reçu. Le coefficient 0 est important en thermique : il mesure la
proportion de conversion du rayonnement électromagnétique
incident en énergie thermique.
Remarque :
Le coefficient 0 est faible pour les surfaces métalliques polies et
non oxydées. Il augmente pour les corps qui apparaissent noirs mais
reste toujours inferieur à l'unité.

IV.3. Grandeurs énergétiques

IV.3.1. Classification des grandeurs

Les grandeurs énergétiques caractérisant le rayonnement dépendent


de :
1. La composition spectrale : les grandeurs relatives à
l’ensemble du spectre du rayonnement thermique sont
appelées totales, ce qualitatif pouvant d’ailleurs être
considéré comme implicite.
Les grandeurs relatives à un intervalle spectrale étroit d
centré autour d’une longueur d’onde  sont dites
monochromatiques. On les affecte d’un indice  pour les
distinguer des précédentes.
La densité spectrale G de la grandeur G est définie par :
dG 
G    …. (IV.3)
d
2. La distribution spatiale : les grandeurs sont dites
hémisphériques lorsqu’elles concernent l’ensemble des
directions de l’espace dans lesquelles un élément de surface
peut rayonner ou recevoir du rayonnement. Le qualitatif
hémisphérique est facultatif (de même que total).
Les grandeurs sont dites directionnelles lorsqu’elles
caractérisant une direction donnée de propagation du
rayonnement, relativement à la surface considérée.
Chap. IV: Rayonnement
53
IV.4. Définitions générales du rayonnement

IV.4. 1. Rappel sur le calcul des angles solides

L’angle solide, qui est une généralisation dans l’espace à trois


dimensions de la notion d’angle plan, caractérise l’ensemble des
directions issues d’un point et contenues dans une portion de
l’espace. On le définit comme l’aire d de la surface interceptée, sur
une sphère de rayon unité, par une surface conique dont le sommet
est placé au centre de cette sphère. Sur une sphère concentrique de
rayon R, compte tenu du rapport R2 de similitude des surfaces, l’aire
ds
découpée sera ds = d.R2, d’où : d  2
R

Fig. IV.6. Construction d’un angle solide d.

Dans l'espace, l'unité d'angle solide est définie par la division de


l'espace par trois plans orthogonaux deux à deux. L'espace est alors
découpé en huit parties égales. Les plans se coupent suivant trois
droites qui forment un trièdre trirectangle.

Par définition l'angle solide du trièdre trirectangle sera égal à /2


fois l'unité d'angle solide appelée stéradian (sr).
Pour évaluer d, construisons la sphère de centre O et de rayon R
= OM. La projection de l’élément de surface dS sur la sphère de rayon
R découpe une calotte sphérique dS. L’angle solide est égal à la
surface projetée à partir de la surface dS, sur la sphère de rayon unité.
dS [Link] 
d   …(IV.4)
2
R R2
Chap. IV: Rayonnement
54
IV.4.2. grandeurs relatives aux surfaces émettant un
rayonnement

1. flux (total) d’une source :  , unité [W]. C'est la puissance


émise par une source dans tout l'espace où elle peut rayonner.
2. Emittance : M, unités [W /m2] considérons un élément de la
surface émettrice ds émettant un flux élémentaire d.
L’émittance est le rapport du flux émis par l’élément de
surface ds dans toutes les directions par l’élément de surface.
Par définition :
d
M .… (IV.5)
ds

Remarque : L’émittance énergétique totale est une grandeur qui


permet de comparer les densités de puissance émises par des sources
d’étendues différentes.

3. Intensité : I, unités [W/sr]. On considère une direction Ox


issue de la surface d’un corps radiant. Cette direction est
repérée par son angle  avec la normale locale n à la surface.
Si dOx est la portion du flux rayonné dans un angle solide
élémentaire d entourant la direction Ox, on désigne sous le
Fig. IV.7. Projection d’une surface
nom d’intensité IOx de la source, dans la direction Ox le flux quelconque sur une sphère de rayon
par unité d’angle solide dans cette direction : R.
dOx
I .… (IV.6)
d

4. Luminance : LOx, unités [W/m2sr]. Considérons à nouveau


un élément de surface ds et soit la direction Ox définie par
l’angle  par rapport à la normale de la surface ds.

Soit d2 la fraction de flux contenue dans le cône élémentaire


d’angle solide d et de direction Ox. Le flux émis dans la
direction Ox, semble provenir d’un élément de surface ds
perpendiculaire à la direction Ox. Par définition, on appelle
luminance le flux rayonné par unité d’angle solide et par
unité de surface perpendiculaire à Ox.
d 2Ox d 2Ox
LOx   …(IV.7)
dsnd dscos d
Chap. IV: Rayonnement
55
5. Loi de Lambert
Les sources dont la luminance est indépendante de la direction
sont dites obéir à la loi de Lambert, ou encore sources à émission
isotrope ou diffuse.
Dans le cas : LOx = L, indépendante de la direction Ox.
IOx I
Donc L   On (dans la direction On normale à dS).
dS cos  dS
On déduit que :
IOx  IOn cos  …. (IV.8)

Enonce de la loi de Lambert : La quantité d'énergie émise à partir


d'un élément de surface dans une direction déterminée est
proportionnelle au cosinus que fait cette direction avec la normale à
la surface. La loi de Lambert est également appelée" loi du cosinus Fig. IV.7. Définition de
". l’intensité.
6. Flux, intensité, émittance et luminance
monochromatiques
Toutes les grandeurs introduites à propos du rayonnement total
(c.-à-d. concernant l’ensemble des longueurs d’onde rayonnées par
une source) peuvent être également rapportées aux échanges confinés
dans un domaine spectral étroit, de longueur d, centré sur une
longueur d’onde.
On définit ainsi :
 Le flux monochromatique, (W/m2),
 L’émittance monochromatique M, (W/m3),
 L’intensité monochromatique IOx, (W/(Sr.m),
 La luminance monochromatique LOx, (W/[Link]).
Chaque grandeur monochromatique G étant liée à la grandeur totale
correspondante G par une relation du type :

 dG 
G    ou G   G d Fig. IV.8. Surface de luminance.
 d  0

IV.4.3. grandeurs relatives aux surfaces recevant un


rayonnement

1. Eclairement
On désigne ainsi le flux reçu par l’unité de surface réceptrice, en
provenanve de l’ensemble des directions d’où elle peut recevoir
du rayonnement. Si dS est l’aire de la surface recevant un flux d,
d
on a : E …(IV.9)
dS
Chap. IV: Rayonnement
56

IV.5. Lois du rayonnement thermique


IV.5.1. Corps noir

Le rayonnement émis par un corps dépend de sa nature.


L'émetteur idéal est le corps qui, pour une température donnée, émet
le maximum d'énergie. Ce corps s'appelle le corps noir.
Pour le corps noir, le facteur d'absorption est donc égal à l'unité
pour toutes les directions et pour toutes les longueurs d'onde.
Ce corps absorbe tout le rayonnement qu'il reçoit sans en réfléchir
ni transmettre une quelconque fraction. C'est le corps de référence.
 =  = 0,  = 1.
Dans tout ce qui suit, les grandeurs relatives au corps noir seront
affectées d’un indice supérieur °.

IV.5.2. Loi de Planck

Cette loi définit l'emittance monochromatique du corps noir en


fonction de la longueur d'onde et à sa température absolue T.
C1
M  …. (IV.10)
5expC2 T  1
2 8 4 2
Ou C1  2 h c0  3.7417710 W.m / m ,

c0  3108 m/s,h  6.6255 10-34 J.s


Fig. IV.9. Distribution spectrale de
C2  hc0 / k  1.4388104 m.K , k  1.38051023 J/K l’émittance du corps noir
en fonction de la température
La figure IV.9 donne une représentation de la loi de Planck. A absolue.
chaque température T correspond une courbe ayant un maximum
situé à une valeur m de la longueur d’onde variable avec T. ces
courbes présentent une dissymétrie très prononcée : leur croissance
avec  (courte longueurs d’onde) est beaucoup plus rapide que leur
décroissance. Pour  0.5m il n’y a pratiquement plus d’énergie
rayonnée (moins de 1%) alors qu’il faut atteindre  4.5m pour
obtenir le même résultat dans l’infra-rouge.
L’expression de la loi de Planck admet des approximations
simplificatrices. En particulier, pour les courte longueurs d’onde ( 
< 5 m : visible et proche infra-rouge) la formule de Planck peut etre
approchée par l’expression :
M  C15 exp C2 T  …. (IV.11)
Dite formule de Wien. Domaine de validité de cette approximation :
T << 14000 m.K.
Chap. IV: Rayonnement
57
Il y a deux lois de Wien :
1ère loi « loi de déplacement » de Wien : mT  2898m.K .
 5
2ème loi s’exprime sous la forme : Mm  B T , avec B = 1.287×10-
11
W/m2.m.K5

IV.5.3. Loi de Stefan-Boltzmann

La luminance totale est obtenue par intégration à toutes les


longueurs d’onde de la luminance monochromatique, soit

C15 
L 
0
d  T 4 , l’émittance totale étant égale à
0
expC2 T  1 

M 0  T 4

2 5k 4
 2 3
 5,67108 W/m2 .K 4 est la constante de Stefan-
15c h
Boltzmann.

IV.5.4. fraction de l’émittance totale contenue dans un intervalle


spectrale donné

On a souvent besoin d’évaluer, à une température donnée, la


quantité :
2

 M d
0
2
1 1
 M …. (IV.12)
0
F1 2    4
T 1
 M d
0

0
Que l’on peut également écrire :
 1
1  2 0 
F1 2  4  M  d   M 0d   F02  F01 …(IV.13)
T  0 0


Avec
 T
1 1
4 
M 0d   M d T  …(IV.14)
0
F0  5
T 0 T 0
Les résultats de cette intégrale sont tabulés pour différentes valeurs
de T.
Chap. IV: Rayonnement
58

Tab IV.1. Quelques valeurs tabulées de la fonction F0→l

IV.6. Emission des corps réels


Les lois physiques que nous venons d’étudier fournissent les
émittances totales M0 ou spectrales M0 du corps noir. Ce sont des
grandeurs hémisphériques, car un corps noir ne privilégie aucune
direction de propagation.
Peu de surfaces réelles émettent comme des corps noirs. Puisque le
corps noir présente un maximum et que les relations énergie -
température qui le caractérise sont simples, il est utile de l’employer
comme référence. Les propriétés d’une surface réelle sont donc
toujours comparées à celle du corps noir dans la même situation.
Malheureusement, la distribution spectrale de Planck peut ne pas être
valide pour des corps non-noir de même pour la distribution
directionnelle (non-diffuse).
L’évaluation des propriétés émissives des substances réelles se
fait par rapport à celles d’un corps noir placé dans les mêmes
conditions de température et de longueur d’onde, à l’aide de
coefficient appelés émissivité, totales ou spectrale, hémisphérique ou
directionnelles. Ainsi, les émittances totale et spectrale d’une surface
Fig. IV.10. Rayonnement des corps
réelle déterminée, seront fournies par des relations du type :
réels.
M  M 0 et M     M 0
Les relations dans lesquelles  est l’émissivité hémisphérique du
corps, et  son émissivité spectrale à la longueur d’onde. Quant aux
luminances L et L du corps, elles seront liées à celles du corps noir
par les relations
0 M0 0 M0
Ln   n L   n et Ln,   n, L   n,
 
Dans lesquelles n est l’émissivité directionnelle totale du corps, et
n, son émissivité directionnelle spectrale.
Chap. IV: Rayonnement
59
L’émissivité des substances naturelles dépend, d’une manière
générale, de leur nature physico-chimique (oxydation, graisse,
peinture), de leur état de surface géométrique (défauts de planéité,
rugosité), et varie avec la longueur d’onde, la direction d’émission et
la température de surface.

Fig. IV.11. Variation de l’émissivité normale totale avec :


(a) longueur d’onde, (b) température.

IV.6.1. Notion de corps gris


Un corps gris est un objet théorique qui n'absorberait qu'une
fraction du rayonnement électromagnétique qu'il reçoit,
indépendamment du spectre de ce rayonnement incident. Cette
fraction absorbée est nommée absorptivité . Dans le cas des corps
gris l'absorptivité est indépendante de la longueur d'onde.
Un corps gris éclairé par de la lumière blanche refléterait de la
même manière les différentes longueurs d'onde qui constituent la
lumière blanche. Il ne prendrait donc pas de couleur. Un corps gris
dont l'absorptivité serait proche de 1 se comporterait quasiment
comme un corps noir. Un corps gris dont l'absorptivité est proche de
0 est parfois qualifié de « corps blanc ».
IV.6.2. loi de Kirchhoff
On considère un petit corps de surface As, d’une émissivité  et
d’une absorptivité  à la température T placé dans une grande
enceinte fermée et parfaitement isolée de l’extérieur. Les parois de
l’enceinte se comportent comme celles de corps noir.
Le rayonnement absorbé par le petit corps par unité de surface est :
a   T 4 …. (IV.15)
4
Le rayonnement émis par le petit corps est : e   T
Chap. IV: Rayonnement
60
A l’équilibre thermique, tout le système est à une température
uniforme.
As  T 4  As T 4 …. (IV.16)
D’où :  T    T  , pour les corps gris.
En d’autres termes, l’émissivité hémisphérique totale d’une
surface à la température T est égale à son pouvoir absorbant
hémisphérique total pour le rayonnement provenant d’un corps noir
à la même température. Cette relation, qui simplifie grandement
l’analyse par rayonnement, a été développée par Gustav Kirchhoff en
1860 et est maintenant appelée loi de Kirchhoff.

IV.6.3. Radiosité totale et spectrale

Le flux issu d’une surface grise résulte pour une part de l’émission
propre de la surface et pour une autre part de la fraction de
l’éclairement qu’elle réfléchit. L’émittance apparente d’une surface
réelle, que l’on nomme radiosité, représente la somme de son
émittance M et de l’éclairement réfléchit par l’unité de surface E.
Fig. IV.12. Petit corps placé dans
La radiosité spectrale J (W/m2.m) est le taux auquel l’énergie
une enceinte en équilibre radiatif.
radiante quitte à la longueur d’onde  dans toutes les directions par
unité de longueur d’onde d autour de.

J   M   E ,ref …. (IV.17)
On désigne ainsi la radiosité totale par :

J   M   E ,ref …. (IV.18)

IV.7. Echanges radiatifs dans un milieu parfaitement


transparent

IV.7.1. Echanges radiatifs entre corps noirs

Considérons deux surfaces noires S1 et S2, maintenues à des


températures uniformes T1 et T2, et pouvant rayonner mutuellement
l’une vers l’autre (figure IV.14).
0
Le flux total émis par S1 est 1  M1 S1 , dont seule une fraction 12
Fig. IV.13. Radiosité des corps gris.
atteint S2. Posons :
12  F121  M10 S1F12 …. (IV.19)
Chap. IV: Rayonnement
61
F12 est un nombre sans dimension représentant la fraction du flux
total de la surface S1 qui atteint S2. F12 est appelé facteur de forme
de S1 vers S2.

IV.7.2. Facteur de forme

Le facteur de forme F12 est défini comme la fraction de la


radiation quittant (flux total rayonné) une surface S1 qui est
interceptée par une surface S2
Considérons deux éléments différentiels de la surface dS1 et dS2
arbitrairement orientés l’un par rapport à l’autre. Ces éléments
peuvent être liés l’un à l’autre par une droite r qui forme les angles
cos2dS2
1 et 2 par rapport aux normales. Alors d12 
r2
Le flux émis par l’élément de surface de surface dS1 et intercepté par
l’élément de surface dS2 a pour expression :
2 cos2dS2 M10
d 12  L10 cos1dS1d12  L10 cos1dS1 et L10  (loi
r2 
de Lambert)
Supposant que la surface S1 émet et réfléchit de façon diffuse, le flux
de transfert total quittant la surface S1 et reçu par la surface S2 est :
cos1dS1 cos2dS2 1 cos1d
 d 12  M1  
2 0
12  2
 M10 S1
S1 S2 S1 S2 r S1 S S
1 2

Faisant ainsi apparaitre le facteur de forme F12 :


1 cos1dS1 cos2dS2
F12  
S1 S S  r2
…. (IV.20)
1 2

Finalement :
12  M10 S1F12  1F12 …. (IV.21) Fig. IV.14. Transfert de chaleur par
rayonnement entre deux surfaces.
On remarque que F12 est une quantité purement géométrique.
Le flux émis simultanément par S2 et atteignant S1 s’écrira, de
manière similaire :
21  M 20 S2 F21  2 F21 …. (IV.22)
Tel que : F21 est la fraction du flux de S2 qui atteint S1.
D’après les expressions précédentes, on a :
cos1dS1 cos 2dS2
S1F12  S2 F21    r2
…. (IV.23),
S1 S 2
relation de réciprocité.

0 0
Ainsi 12  M1 S1F12 ou M1 S2 F21
Chap. IV: Rayonnement
62

et 21  M 20 S2 F21 ou M 20 S1F12


On a donc le choix, pour le calcul des flux 12 et 21, entre évaluer F12
et F21. On choisit bien entendu celle de ces deux grandeurs qui est la
plus simple à calculer.

IV.7.3. puissance nette échangé par rayonnement entre S1 et S2


Les deux surfaces étant noires, tout flux reçu par l’une ou l’autre
est entièrement absorbé (il n’y a pas de réflexion ni transmission).
On obtient un flux net échangé entre S1 et S2, noté 12net en faisant,
sur S1, un bilan entre la puissance émise par S1 vers S2 (perte
d’énergie thermique pour S1) et la puissance absorbée par S1 en
provenance de S2 (gain d’énergie thermique pour S1) :

12 net  12  21  M10 S1F12  M 20 S2 F21 …. (IV.24)

Soit, compte tenu de la relation de réciprocité :

   
12 net  S1F12 M10  M 20  S2 F21 M10  M 20 …. (IV.25)
Ou encore :

   
12 net  S1F12 T14  T24  S2 F21 T14  T24 …. (IV.26)

Si T1 > T2 le flux net échangé de S1 à S2 est positif. Cela signifie


que S1 émet davantage de rayonnement vers S2 qu’elle n’en absorbe
en provenance de cette dernière. Avec cette convention, qui est celle
adoptée dans la plupart des ouvrages sur le rayonnement thermique, Fig. IV.15. Rayonnement dans
on compte positivement les pertes d’énergie d’une surface par une cavité fermée
rayonnement.

IV.7.4. Relations algébriques entre facteurs de forme

D’après la relation de réciprocité, pour deux surfaces Si et Sj :


Si Fij  S j F ji …(IV.27)

Il existe également une relation d’addition :


On considère une enceinte fermée constituée de surfaces noires
individuellement isothermes, au nombre de n. pour la iéme surface S,
on peut définir n facteurs de forme Fi1, Fi2,…, Fii, Fij,…, Fin.
Le flux total i émis par Si est absorbé par toutes les surfaces
constituant l’enceinte, y compris Si si elle est concave, donc
Chap. IV: Rayonnement
63
n n n
i  ij  i Fij  i  Fij …. (IV.28)
j 1 j 1 j 1
Il s’ensuit que l’on doit avoir :
n
 Fij  1 …(IV.29)
j 1

IV.7.5. Méthodes d’évaluation des facteurs de forme

L’évaluation d’un facteur de forme se ramène, dans le cas général,


au calcul d’une intégrale de surface, ce qui ne présente pas de
difficulté majeure, surtout si l’on procède numériquement, mais peut
être long. Heureusement dans la pratique il n’est jamais nécessaire de
calculer directement tous les facteurs de forme d’un système radiatif.
En effet, il est souvent possible, à condition d’avoir présente à l’esprit
la signification physique de ces facteurs, de trouver immédiatement
certains eux, à partir de considération simples de géométrie. D’autre
part il existe des ouvrages fournissant des abaques, ou des tables des
facteurs de forme d’un très grand nombre de configurations
courantes, dans lesquelles on a des chances de trouver au moins
quelque-uns des facteurs de forme du système étudié. On déduira
alors les autres par application des relations algébriques entre facteurs
de forme.

Fig. IV.16. Facteur de forme entre deux rectangles


parallèles identiques.
Chap. IV: Rayonnement
64

Fig. IV.17. Facteur de forme entre deux rectangles


perpendiculaires.

[Link].18. Facteur de forme entre deux disques parallèles.


Chap. IV: Rayonnement
65

IV.7.6. Représentation des échanges radiatifs entre surfaces


noires par analogie électrique

La relation exprimant le flux net échangé entre deux surfaces


noires S1 et S2
 
12 net  S1F12 M10  M 20 …(IV.30)
1
Peut-être rapprochée de la relation I12  V1 V2  , fournissant le
R12
courant I12 qui s’établit dans un réseau électrique entre deux nœuds
de potentiels V1 et V2, séparés par une résistance R12.
On peut donc représenter l’échange radiatif entre deux surfaces
noires à l’aide du schéma électrique analogique de la figure IV.19.

On a : 
12 net  S1F12 M10  M 20  alors 
12 net 
M  M 20
0
1 , avec
1
S1F12
1
R12  …. (IV.31)
S1F12
R12 est la résistance thermique géométrique.

IV.7.7. Echanges radiatifs entre deux surfaces opaques grises


diffusantes
Fig. IV.19. Analogie électrique
Ce type de surface, outre le flux radiatif émis, réfléchit une partie d’enceinte noire.
du flux radiatif incident (qu’elle reçoit). On introduit une nouvelle
grandeur J, appelée radiosité, constituée du flux émis et du flux
réfléchi c’est à dire du flux qui " quitte la surface ".

J  M 0  E …(IV.32)

où E est l’éclairement.
L’émissivité  est relative au rayonnement émis alors que le Fig. IV.20. Résistance thermique
coefficient de réflexion  dépend du rayonnement incident. d’un corps gris.
L’introduction de la grandeur radiosité prend tout son intérêt pour des
surfaces grises où ses coefficients ont des valeurs " indépendantes "
de la nature des rayonnements émis et incident.
Ainsi, on peut écrire       1 implique   1    1   pour
8
des surfaces opaques   0 , soit   5,7210 W.m-2K-4.
Le flux radiatif net perdu par une surface S est égal à la différence
entre celui émis et celui absorbé.
Chap. IV: Rayonnement
66

 
 net  S M 0  E , comme = (surface grise), on obtient :

 net  S M 0  E . 
Eliminons E de cette relation en le remplaçant par son expression
(IV.22), on obtient :

 net 
S
1 
 
M 0  J …. (IV.33)

IV.7.8. Utilisation de l’analogie électrique pour des surfaces Fig. IV.20. Flux net entre surfaces
grises grises.
L’expression du flux net rayonné par une surface grise (eq. IV.33),
peut être interprétée, en terme d’analogie électrique, à l’aide d’un
1 
circuit dans lequel une résistance , soumise à une différence de
S
 0

potentiel M  J , est traversée par un courant égal à  net
Dans le cas général, pour des échanges entre plusieurs surfaces, le
flux total quittant la surface Si est égale à SiJi, celui atteignant Sj est
égale à FijSiJi. De même, celui quittant Sj et atteignant Si est égale à
FjiSjJj. Le flux échangé est donc :
 ij net  Si Fij J i  J j   S j Fji J i  J j …(IV.34)

Pour un petit nombre de surfaces (2, 3 avec conditions


particulières de type surface adiabatique ou surface noire ou surface
de grande étendue), l’utilisation de l’analogie électrique est rapide et
préférable à celle de la résolution du système d’équations linéaires.
Ainsi pour deux surfaces (figure IV.21), on obtient :

M10  M 20
12 net 
1  1 1 1   2 …. (IV.35)
 
1S1 S1F12  2 S2
où S1F12  S2 F21
Dans une enceinte fermée composée de n surfaces, le principe de
conservation de l’énergie nécessite que le flux que le flux net perdu
par la surface i soit égal à la somme des flux net de la surface i vers
toutes les n surfaces :
n n
 i net  ij  Si Fij J i  J j   
n Ji  J j 
…. (IV.36)
j 1 j 1 j 1 Rij
Chap. IV: Rayonnement
67

Fig. IV.21. Échange radiatif entre deux surfaces grises.

Tab IV.2. Expression de facteur de forme de quelques géométries.


Rectangles parallèles alignés

Disques parallèles coaxiaux

Rectangles perpendiculaires avec


une arête commune
Chap. IV: Rayonnement
68

Plaques parallèles avec lignes


médianes reliées par une ligne
perpendiculaire

Plaques inclinées de largeur égale


et à bord commun

Plaques perpendiculaires à bord


commun

Enceinte à trois côtés

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