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Cours d'Économie Générale 2021-2022

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1 Cours ECONOMIE GENERALE 2021-

2022

Sommaire
Sommaire ....................................................................................................................................... 1
Chapitre 1 : Les entreprises et la production .................................................................................. 3
1.1 Les entreprises et leurs typologies ................................................................................... 3
1.2 Le comportement du producteur vu sur un plan économique ......................................... 6
Chapitre 2 : les ménages et la consommation ............................................................................. 15
1.3 La consommation : définition et place dans le circuit économique ............................ 15
1.4 Les déterminants de la consommation........................................................................... 16
Chapitre 3 : l’Etat et ses interventions économiques ................................................................... 24
1.5 L’évolution de la conception de l’Etat .......................................................................... 24
1.6 L’Etat et le budget ......................................................................................................... 27
1.7 Les fonctions de l’Etat dans une économie moderne .................................................... 27
Chapitre 4 : la structure du marché et la formation des prix ........................................................ 28
1.8 Les types de marché ...................................................................................................... 28
1.9 Les formes de marché de biens et services .................................................................... 28
1.10 La loi de l’offre et de la demande .............................................................................. 29
1.11 Le marché de concurrence pure et parfaite (cpp) ....................................................... 31
1.12 Les marchés réels ....................................................................................................... 36
1.13 Le rôle de l’Etat dans la fixation des prix. ................................................................. 37
Chapitre 5 : la formation du revenu et sa répartition.................................................................... 38
1.14 Les revenus primaires ................................................................................................ 38
1.15 Les revenus de distribution ........................................................................................ 39
1.16 Le rôle de l’Etat ............................................................................................................. 40
Chapitre 6 : monnaie et financement de l’économie .................................................................... 41
1.17 La monnaie : définition et présentation des différentes formes ................................. 41
1.18 Les agregats monetaires ............................................................................................. 44
1.19 Les mecanismes de creation monetaire...................................................................... 44
Chapitre 7 : les éléments de la comptabilité nationale ................................................................. 46
1.20 Les acteurs économiques et les marches .................................................................... 46
1.21 La mesure de l’activité économique nationale........................................................... 47
Chapitre 8 : équilibre macroéconomique ..................................................................................... 49
1.22 Les instruments de l’analyse keynésienne ................................................................. 49
1.23 Réalisation de l’équilibre macroéconomique keynésien............................................ 51
Chapitre 9 : croissance et développement économiques .............................................................. 54
1.24 La croissance économique ......................................................................................... 55
1.25 Développement économique...................................................................................... 61
1.26 Les indicateurs de mesure de l’activité économique ................................................. 64
Chapitre 10 : Les échanges internationaux .................................................................................. 65
1.27 Le change ................................................................................................................... 65
1.28 La formation du taux change ..................................................................................... 65
1.29 Les régimes de change ............................................................................................... 66
1.30 Les déterminants des taux de change ......................................................................... 66
1.31 Les risques de change ................................................................................................ 67
1.32 Les essais d’organisation monétaire internationale et ses difficultés ........................ 67
1.33 Les moyens de paiement à l’international ................................................................. 68
1.34 Les théories de l’échange international...................................................................... 70
Chapitre 11 : la balance des paiements ........................................................................................ 72
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1.35 Définitions et importance de la balance des paiements ............................................. 72
1.36 La balance des paiements (bp) ................................................................................... 73
Chapitre 12 : l’emploi et le chomage ........................................................................................... 76
1.37 Définition et mesure du chomage .............................................................................. 77
1.38 Les explications du chomage ..................................................................................... 78
1.39 La typologie du chomage ........................................................................................... 80
1.40 Comment lutter contre le chomage ............................................................................ 80

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Chapitre 1 : Les entreprises et la production

Introduction

Pour satisfaire ses besoins l'homme consomme des biens et des services qu'il se procure
généralement par échange contre la monnaie. L'objectif principal d'une entreprise est de satisfaire
ces besoins en produisant des biens et des services qui seront vendus aux consommateurs et
maximiser son profit. L'objectif final de l'entreprise reste donc la maximisation de son profit.
Celui-ci est défini comme « une différence positive entre recette totale et coût total de
production ». Dans ce but l'entrepreneur devra déterminer le volume de la production qui lui
permettra de mieux atteindre son plus grand profit à moindre coût. En effet, un niveau quelconque
de la production peut être obtenu à des coûts totaux très différents selon la combinaison des
facteurs choisies pour un niveau de production envisagé, le producteur choisira la combinaison
qui lui permet de minimiser le coût, le programme économique du producteur revient alors à
produire une certaine quantité qu’il s’est fixé à moindre coût de tel sorte que son profit soit
maximal. Pour comprendre en profondeur, il vaut mieux porter une analyse sur ce que c’est qu’une
entreprise(I), son comportement dans la production des biens(II) et ses coût de productions(III).

1.1 Les entreprises et leurs typologies


L’entreprise est un système productif. Elle a pour but la production de biens et de services. Par la
production et la vente de ses biens, elle participe à la création des richesses et à la redistribution
des revenus.

1.1.1 Les différentes classifications des entreprises

1.1.1.1 Classification selon la nature juridique


 L’entreprise individuelle

Le patrimoine de l’entrepreneur individuel se confond avec celui de la société. Il est l’unique


responsable et apporteur de capitaux.
 Les sociétés : parmi les sociétés on distingue
 Les sociétés de personne ou Société en Nom Collectif(SNC). Le capital est formé des
parts sociales des associés ; le patrimoine des associés se confond avec celui des
associés.
 Les sociétés à responsabilité limitées(SARL). Les associés ne sont responsables que
pour leurs parts et non sur le patrimoine
 Les sociétés en Commandité Simple(SCS) : Les associés commandités sont
responsables solidairement tandis que les associés commanditaire ne sont
responsables que sur leur apport.
 Les sociétés de capitaux ou Société Anonymes(SA). Les associés sont des personnes
anonymes et apportent leurs parts sous forme d’action. Ici, l’entreprise est

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véritablement une personne dont le patrimoine ne doit pas être confondu avec celui
des associés.
 Les groupes de sociétés : les holdings FADIL, Dangote, Fotso

1.1.1.2 les classifications selon la taille


 Les micros entreprises 1 salariés
 Les petites entreprises <20 salariés
 Les moyennes entreprises comprenant entre 20 à 500 salariés
 Les grandes entreprises comprenant entre 501 à 1000 salariés
 Les très grandes entreprises comprenant plus de 1000 salariés

1.1.1.3 classification selon l’activité de l’entreprise


 Les entreprises artisanales
 Les entreprises agricoles
 Les entreprises industrielles
 Les entreprises commerciales
 Les entreprises de service

1.1.1.4 Classification selon le secteur d’activité


- Les entreprises du secteur primaire : agriculture, pêche, élevage, extraction minière
- Les entreprises du secteur secondaire : industrie de transformation
- Les entreprises du secteur tertiaire. Producteur de service exemple transport banque,
pressing
- Les entreprises du secteur quaternaire. Les producteurs des NTIC

1.1.1.5 classifications selon les branches d’activité


Une branche d’activité est un ensemble ayant les mêmes types d’activité et produisant les mêmes
types de produit. Banque, Automobile, Agro-alimentaire

1.1.1.6 la classification selon l’appartenance publique ou privée


Lorsqu’une entreprise appartient à l’Etat, on parle d’entreprise publique. Exemple CRTV,
SNH. Lorsqu’elle appartient à un individu ou groupe d’individu, on parle d’entreprise privé. Il
existe cependant des entreprises hybrides c’est-à-dire que juridiquement, elles ont un statut
privé (SA, SARL) mais le capital appartient majoritairement à l’Etat qui nomme ses manageurs.
On parle d’entreprise parapublique. Ex CAMTEL, CAMPOST.

Il peut arriver qu’une entreprise privée soit transférée à l’Etat on parle de Nationalisation.
ex IUT de Bandjoun. Il peut également arrivé qu’une entreprise publique soit transférée aux
investisseurs privés : on parle de privatisation : exemple : l’ex SONEL.

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Il arrive souvent que pour des raisons diverses, deux ou plusieurs entreprises s’entendent
pour ne former qu’une seule c’est la concentration.

1.1.2 concentration des entreprises : processus, causes et formes

1.1.2.1 les processus de concentration


Il peut avoir concentration par le processus de fusion et d’absorption. L’absorption est le
rachat d’une entreprise par une autre, tandis que la fusion est la mise en commun des biens ou
activités de plusieurs sociétés en vue de la création d’une société nouvelle. Par exemple, il y ‘a eu
échec de fusion entre Publicis compagnie de publicité Américaine et Omnicom compagnie de
publicité française en mai 2014.

1.1.2.2 les causes de la concentration.


Elles sont très nombreuses mais on peut citer :

- La volonté de constituer un monopole.


- La volonté de concurrencer un leader
- La volonté de mieux se positionner sur le marché
- La volonté de maitriser les approvisionnements

1.1.2.3 les formes de concentration


Selon l’objectif recherché les entreprises peuvent se concentrer sur trois formes :

- La concentration horizontale ;

La concentration horizontale est celle qui regroupe au moins deux entreprises opérant dans le
même secteur d’activité et sur le même marché géographique. Exemple la fusion entre deux
entreprises de production de pétrole.

Il s’agit d’un regroupement de deux ou plusieurs entreprises complémentaires. C’est l’extension


des activités au niveau de la chaine de valeur. Exemple la concentration entre une société
brassicole et une société de fabrication des bouteilles

- La concentration verticale
La concentration verticale est le regroupement d' ‘entreprise à différents stades du processus
d'élaboration d'un produit c’est-à-dire des entreprises complémentaires. Exemple : Une entreprise
de création de meubles en bois qui prend possession d'une entreprise de planches ou de bois réalise
une intégration verticale en amont. Si cette même entreprise rachète une entreprise de distribution
de meubles elle réalise une intégration verticale en aval.
- Le conglomérat : c’est le regroupement des entreprises n’ayant aucun lien technique
direct. La logique de ce regroupement est purement financière et permet notamment une
diversification des risques. Exemple une société de savonnerie qui acheté une société
marketing.
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Quel que soit les types d’entreprises, leur objectif principal est de produire des biens et des
services et maximiser leur profit ; ce qui nous conduit à analyser le comportement du producteur.

1.2 Le comportement du producteur vu sur un plan économique


Théoriquement, pour atteindre son objectif celui de produire une quantité de bien (Q), l’entreprise
doit identifier ses facteurs de production et les combiner à l’aide d’une fonction de production F
encore appelé technologie de production.

1.2.1 Les facteurs de production et leurs représentation technologiques

1.2.1.1 Les facteurs de production


On peut distinguer les différents facteurs de production selon plusieurs critères.

– En premier lieu, la provenance des facteurs utilisés par la firme permet de distinguer entre les
matières premières et les consommations intermédiaires. Les facteurs qui sont directement extraits
de la nature (du bois, du charbon, de l’eau) sont des matières premières. Les facteurs qui sont
les produits d’une autre firme (du papier, de l’acier, de l’eau lourde) sont des consommations
intermédiaires.
– Une seconde distinction peut être introduite en considérant les possibilités de modification des
quantités utilisées des différents facteurs pendant la période de temps étudiée. Si l’on ne peut
changer la quantité d’un facteur alors il est fixe.

- Si la quantité utilisée peut être modifiée, alors il s’agit d’un facteur variable. On suppose
en général que les équipements lourds comme les bâtiments ou les machines d’une usine
(le capital) et la terre d’une exploitation agricole correspondent à des facteurs fixes, tandis
que la main-d’œuvre (le travail) et les matières premières sont des facteurs variables.
- La dernière distinction concerne la manière dont on peut combiner les différents facteurs
pendant le processus de production. Deux facteurs sont substituables quand on peut
remplacer une certaine quantité d’un des facteurs par une quantité supplémentaire de
l’autre tout en gardant le même niveau de production. Le travail et le capital dans
l’industrie sont de cette nature. Si deux facteurs doivent toujours être combinés dans les
mêmes proportions alors ils sont complémentaires. Par exemple Il faut une carrosserie et
quatre roues pour faire une voiture.

Nous allons maintenant caractériser plus précisément les relations qui existent entre
l’utilisation des facteurs et le niveau de la production.

1.2.1.2 la fonction de production


Pour rendre ce cours digeste l’accent sera mis sur les deux principaux facteurs (input) de
production que sont le travail (L) et le capital(K). À chaque combinaison d’input, correspond un
maximum de produit(Q) (output) capable d’être produite. La fonction de production est celle qui
établit cette relation. On note Q=F(K ; L).

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En Economie, la fonction de production largement utilisée pour représenter ce lien est celle
élaborée et tester par les économistes mathématiciens Douglas et Cobb. Pour une fonction à deux
facteurs travail et capital, la représentation est la suivante

 Y correspond au niveau de production Q

 K à celui du capital

 L à celui du travail

 c, α et β sont des constantes déterminées par la technologie

Exemple : Q=10K1/4/L3/4

Cependant, comment la production Q se comporterait-il si les facteurs de productions


augmentaient simultanément dans les mêmes proportions ? La réponse se trouve dans la notion
de rendement d’échelle.

1.2.1.3 le rendement d’échelle des facteurs de production


Lorsqu’on accroit la quantité de facteur, le rendement d’échelle peut être:

- constant : une multiplication des facteurs de λ entraine une multiplication de la production


par λ. F(λk :λL)= λF(k :L) la production augmente à taux constant
- croissant : une multiplication des facteurs par λ conduit à une multiplication de la
production par une constante supérieur à λ. F(λK :λL)=ΦF(K ;L) avec Φ>λ. La production
augmente à taux croissant.
- Décroissant : une multiplication des facteurs par λ conduit à une multiplication de l a
production par une constante inférieure à λ. F (λK ;λL)=ΦF(K ;L) avec Φ<λ
Dans le cas particulier de la fonction Cobb-Douglas, le rendement d’échelle est constant lorsque
la somme des coefficients α et β est égale à l’unité ( ie 1). Croissante lorsque cette somme est
supérieure à l’unité et décroissante lorsque cette somme est inférieure à l’unité.

Devoir : une firme est caractérisée par la fonction de production suivante : Q=10K1/4/L3/4

Comment évolue le taux de croissance de la production de cette firme à la suite d’une


multiplication des facteurs de production par 4. Le chef d’entreprise prévoit que dans 2 ans, toute
augmentation du travail d’une unité fera augmenter la production de 20%. Comment évoluerait le
taux de croissance de la production au cas où les facteurs triplent à la 3ième année.

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1.2.1.4 la productivité des facteurs de production

1.2.1.5 la productivité totale d’un facteur de production


A supposer qu’un des facteurs de production reste fixe, la productivité totale d’un facteur
varie avec la variation de ce facteur. Supposons que nous somme à court terme. A court terme le
capital est fixe or le travail Non. Par exemple en 3mois une entreprise peut facilement augmenter
le nombre de ses employés alors qu’il est difficile pour elle d’augmenter le nombre de machine.

Pour Q=10K1/4/L3/4 supposons que K= 16 on peut trouver la productivité totale pour chaque valeur
de L donnée par le tableau suivant :

L 0 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5

QL 0 80 88,53 95,14 100,6 105,3 109,4 113,1 116,5

On peut représenter graphiquement la production totale

140 140

120 120

100 100

80 80
QL

60 60

40 40

20 20

0 0
0 1 2 3 4 5 6 7
L

Pour L fixé on peut aussi déterminer la productivité totale de K

1.2.1.6 la productivité moyenne d’un facteur de production (PM)


A chaque quantité de facteur de production, correspond une productivité moyenne. La
productivité moyenne mesure la quantité d’output que l’on peut attribuer en moyenne à une poigné
de facteur. Ainsi la productivité moyenne des facteurs L et K sont respectivement.
𝑭(𝑲;𝑳) 𝑭(𝑲;𝑳)
PML= = 𝑸/𝑳 ; PMK= = Q/K
𝑳 𝑲

𝐾 1
En reprenant la fonction Q=10K1/4/L3/4 la PML=10K1/4/L3/4/L=10( 𝐿 )4 pour K=16

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L 0 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5

QL ! 80 59,02 47,57 40,24 35,1 31,25 28,27 25,88

90

80

70

60
PML

50

40

30

20
0.8 1.2 1.6 2.0 2.4 2.8 3.2 3.6 4.0 4.4 4.8
L

1.2.1.7 la productivité marginale d’un facteur de production (Pm)


La productivité marginale est la production causée par l’ajout d’une unité supplémentaire
d’un facteur de production.
𝛥𝑄 ə𝐅(𝐊;𝐋) 𝛥𝑄 ə𝐅(𝐊;𝐋)
PmL= 𝛥𝐿 = ; PmK=𝛥𝐾=
ə𝐋 ə𝐊

En reprenant la fonction Q=10K1/4/L3/4 , PmL=20L-3/4 pour K=16

L 0 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5

QL ! 20 14,8 11,9 10,1 8,8 7,8 7,1 6,5

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22

20

18

16
PmL

14

12

10

6
0.8 1.2 1.6 2.0 2.4 2.8 3.2 3.6 4.0 4.4 4.8
L

L’allure de cette courbe montre qu’à chaque fois qu’on augmente une quantité supplémentaire du
facteur travail, la productivité marginale du travail diminue. La dernière unité supplémentaire de
facteur est moins productive que l’avant dernière et ainsi de suite. C’est la loi de la productivité
marginale décroissante ou loi des rendements décroissant.

Question : dans quelles conditions cette loi est-elle vraie ?

Maintenant à supposer que nous somme à long terme et que les deux facteurs K et L sont
parfaitement su bstituables. Il peut arriver que l’entrepreneur se pose la question de savoir avec
quelle quantité de chaque facteur dois-je utiliser pour produire une quantité d’output fixe. Alors
il aura recours aux notions d’Isoquant et de Taux marginale de substitution technique.

1.2.1.8 Isoquant et taux marginal de substitution technique (TMST)


1-1-5-1) l’Isoquant

Pour une quantité fixe de la production q0, il existe un ensemble de combinaisons de facteurs qui
permettent de produire cette quantité. La courbe représentative de cet ensemble est appelé
Isoquant. L’isoquant se définit alors comme la courbe représentative de l’ensemble des
combinaisons de facteurs qui permettent de produire la même quantité d’output.

En reprenant la fonction Q=10K1/4/L3/4 , supposons que l’entreprise veut produire q0=20

Elle doit bien se demander avec combien de K et de L elle peut produire cette quantité elle
trouvera qu’il existe plusieurs combinaisons possible car on peut écrire.

10 K1/4/L3/4 =20 K= 16L-3

L 0 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5

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K 16 4,7 2 1,02 0,59 0,37 0,25 0,17

3
L

0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
K

1-1-5-2) le taux marginal de substitution technique (TMST)

On peut vouloir passer d’une combinaison de facteur (un point de l’isoquant) à un autre
tout en restant sur l’Isoquant. La question véritable est de savoir quelle quantité de facteur K (ou
L) faut-il substituer à une unité de facteur L(ou K) tout en restant sur le même Isoquant. La notion
de taux marginal de substitution technique permet de répondre à cette question. Le TMST entre
Ket L se défini alors comme étant la quantité de facteur K qui en remplaçant une unité de facteur
L permet de rester sur l’Isoquant.
∆𝑲
TMSTK,L=− ∆𝑳

Devoir une entreprise veut produire 20 draps sa fonction de production est Q=10K1/4/L3/4
déterminer la fonction représentative du taux marginal de substitution technique entre K et L.
calculer le rapport PmL/PmK et le TMST pour L=5. Que constatez-vous ?

On démontre que le TMST est égale au rapport des productivités marginales. En effet

ə𝐅(𝐊;𝐋) ə𝐅(𝐊;𝐋)
dQ= dL + dK or dQ=0 car il y a substitution sans variation du niveau de production.
ə𝐋 ə𝐊
∆𝑲
On déduit que - = TMSTK/L = PmK/PmL
∆𝑳

Bien même que l’entreprise à plusieurs possibilités de combiner les facteurs de production pour
produire la même quantité, rationnellement elle ne doit prendre que la combinaison de facteur la
moins coûteuse. D’où la notion d’Isocoût.

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1.2.1.9 Isocoût et combinaison optimale des facteurs de production
1.2.1.9.1 l’Isocoût
Pour produire, l’entreprise doit dépenser pour acheter les facteurs de productions. En considérant
toujours notre modèle à 2 facteurs, le travail et le capital, elle doit partir sur le marché du travail
acheter la main d’œuvre en contre partie du salaire P L. également, elle doit acheter sur le marché
du capital des équipements au prix pk. La dépense totale sur le marché du travail sera P LL tandis
que la dépense totale sur le marché des équipements sera PKK. Le coût total sera donc :

CT= PKK + PLL pour un CT connu, on remarque que nous avons l’équation d’une droite. On peut
écrire L= CT/PL- (PK/PL)K la courbe représentative de cette droite est appelé Isocoût. Ainsi
l’isocoût se définit comme la droite représentative des facteurs de production qui génère le même
coût. La pente de cette droite est - PK/PL.

Représentation graphique de l’Isocoût.

Le producteur est devant une situation embarrassante. Il doit produire une quantité d’output
(optimum technique) qui maximise son profit tout en minimisant les coûts. Vrai problème n’est-
ce pas ?

Mathématiquement, ce programme économique du producteur s’écrit :

Max Q = F (K ; L)

S/C CT = PKK + PL.L

Un tel programme se résout facilement en utilisant la technique du Lagrangien

Le programme Lagrangien s’écrit Max : L (K ; L ; λ) = F (K ; L) + λ (CT- PKK- PLL)

Le Lagrangien atteint son optimum, lorsque sa dérivée est égale à 0 ; comme on a trois variables,
on utilisera la dérivée partielle. On résout alors le système :
ə𝐋(𝐊;𝐋;𝛌)
=0
ə𝐋

ə𝐅(𝐊;𝐋;𝛌)
=0
ə𝐊

ə𝐅(𝐊;𝐋)
=0
ə𝛌

Une autre méthode consiste à déterminer la fonction de profit et le maximiser.

Ainsi, on voit qu’à l’optimum ou équilibre l’entreprise produira seulement lorsque

PmL/PmK=PK /PL donc lorsque les deux pentes (Isoquant et Isocoût) se valent

Exercice d’application.
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IME produit et vend des filières de BTS et de Licence professionnelle. Pour se faire, elle emploie
principalement des équipements et du personnel. Le salaire moyen versé à un employé d’IME est
de 200 000F par mois. Le coût des équipements évalués à 200 000 000F s’élève à 4,5% par an.
Le budget d’IME s’élève à 15 000 000F par mois. Un ingénieur statisticien démontre que la
fonction de production de IME est Q = 5K2/3L3/4

TAF

1) Ecrire le programme économique d’IME


2) Combien de filière et avec quel combinaison de facteur IME doit-elle produire pour que
son profit soit maximal.
3) Faire une représentation graphique.
4) A quel prix IME doit-elle vendre l’une de ces filières. Déterminer le profit d’IME à ce
prix.

De ce qui précède, force est de constater que le niveau de production était déjà connus. Or ce
niveau de production ne se fixe pas au hasard mais après une analyse millimétrée des coûts de
production

1.2.2 L’analyse des coûts de production

1.2.2.1 L’analyse des coûts de production à court terme

1.2.2.2 Le coût total CT et ses composantes


Comme nous l’avons dit plus haut, à court terme, le capital (bâtiment, machines de production
etc…) est fixe. Ainsi, les coûts liés à ces facteurs sont fixes. La fonction de cout totale est alors
composée d’une composante fixe (appelé coût fixe) et d’une composante variable (appelé coût
variable)

CT=CF + CV

Les coûts variables sont les couts qui s’ajustent au niveau de production par exemple
les salaires, les coûts d’achat des matières premières, le transport. La fonction de coût variable est
donc fonction de la quantité q qui minimise ce cout. Donc

CT=f(q)

Exemple d’application de détermination d’une fonction de coût totale à court terme

Soit une entreprise agricole dont la fonction de production est q=k2/3L1/3. L’objectif pour
l’entreprise est de produire pendant deux mois avec 4 tracteurs laboureurs dont le prix sur le
marché est de 40F. La rémunération d’une unité de main d’œuvre est de 5F. Déterminer la fonction
de coût de cette entreprise. Représenter sur le même graphique les courbes de CF, CT et CV si à

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la première semaine on emploi 4 personne, 6 à la deuxième semaine, 7à la troisième 8 à la
quatrième, 9 à la cinquième 10 à la sixième, 12 à la septième et à la huitième semaine.

1.2.2.3 Le coût moyen(CM) et le coût marginal

Le coût moyen est le coût de production d’une unité d’output il est simplement égale au rapport
du coût totale par la quantité totale d’outputs produit CM=CT/Q. CM=CT/Q=CV/Q +
CF/Q=CVM + CFM

Cette relation implique que plus l’entreprise produit en grande quantité, plus elle gagne en coût
puisque le coût variable moyen devient faible et le coût fixe moyen aussi. Cependant, le coût fixe
moyen peut diminuer jusqu’à s’annuler alors que le coût moyen variable à un moment donné
commence à augmenter avec la production. Le coût moyen prend alors la relève et commence à
augmenter avec la production. Cette analyse implique que la courbe du cout moyen est une courbe
en U. une relation peut alors être faite avec la notion de rendement d’échelle puisque lorsque la
production augmente, les coûts diminuent, le profit augmente donc le rendement d’échelle
augmente on dit qu’il y’a économie d’échelle. Lorsque la production attend un certain seuil
d’augmentation les coûts augmentent, le profit diminue donc le rendement d’échelle devient
décroissant. On dit qu’il y’a déséconomie d’échelle. L’entreprise devrait produire au seuil de
déséconomie d’échelle.

Exemple d’application

La fonction de coût totale d’une entreprise est donnée comme suit : CT= q3− 4q + 10
Déterminer les fonctions de coût moyen, coût variable moyen et coût fixe moyen
Complétez le tableau suivant.
Q CVM CFM CM Cm

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Chapitre 2 : les ménages et la consommation


La consommation signifie la destruction des biens et des services par l’usager. L’objectif de
l’activité économique est de satisfaire au mieux, les besoins humains illimités alors que les biens
sont limités. On distingue : la consommation marchande (celle qui s’adresse à une demande
solvable) et la consommation non marchande (celle qui est prise en charge par la collectivité
publique ou par les administrations publiques). Pour consommer, il faut disposer d’un revenu ou
d’un patrimoine. La suite de ce chapitre se décline en deux sections : les définitions de la
consommation (I) et les déterminants de la consommation(II).

1.3 La consommation : définition et place dans le circuit économique

1.3.1 Définition
C’est l’utilisation des biens et des services dans le but de satisfaire des besoins. Tous les actes de
la consommation finale sont réalisés par les ménages.

On distingue la consommation finale (disparition du bien après la première utilisation ou par


l’usure progressive), la consommation intermédiaire (qui entre dans le processus dans le processus
de la fabrication d’autres besoins) et la consommation du capital fixe qui correspond à
l’amortissement du capital.

1.3.2 Les différents types de consommation par rapport au marché


On distingue la consommation marchande de la consommation non marchande, la consommation
individuelle de la consommation collective.

 La consommation marchande.

Elle représente l’ensemble des biens et des services offert par les entreprises sur un marché
moyennant un prix. L’offre des entreprises dépend des perspectives de profit. C’est donc une
fonction croissante des prix. La consommation quant à elle est fonction des prix des biens et des
revenus des ménages. Elle est une fonction croissante des revenus mais décroissante des prix.

 La consommation non-marchande.

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Elle regroupe l’ensemble des biens et des services fournis en dehors du marché avec le principe
d’égalité. Cette consommation est considérée comme non marchande parce qu’elle est évaluée à
son cout de revient. Contrairement à la consommation marchande où les entreprises recherchent
le profit (prix de vente= cout de revient + marge bénéficiaire). La consommation non marchande
fournit par les administrations publiques et les administrations privées n’a pas pour objectif
principal, la recherche du profit mais le bien-être des populations (prix de vente= coût de revient).

 La consommation individuelle.

C’est l’ensemble des biens et services consommés par une seule personne ou alors par un seul
groupe de personnes à la fois.

 La consommation collective.

C’est l’ensemble des biens et services consommés simultanément par un grand nombre de
personnes sans que la consommation de l’une des personnes diminue celle de l’autre.

1.3.3 La consommation dans le circuit économique


La consommation est l’une des composantes de la demande globale comme l’investissement. La
consommation influence la production. Si la production augment et que le niveau de prix reste
stable, le revenu réel des agents économiques augmente aussi. Ce qui aura pour effet d’accroitre
la consommation. Et comme la consommation est un élément de la demande globale, cette
dernière va augmenter aussi. Les entrepreneurs chercheront à accroitre leur profit et la production
va augmenter. Ce cycle vertueux peut se répéter plusieurs fois pendant l’expansion économique.
C’est le cercle vertueux de Keynes. Selon la logique keynésienne, la demande effective (c’est la
demande anticipée par les producteurs en fonction de la consommation des ménages) détermine
le niveau de production des entreprises et donc le niveau de chômage.

1.4 Les déterminants de la consommation


Ces déterminants sont analysés selon deux approches d’analyse en économie. La vision
microéconomique (classique) et la vision macroéconomique (keynésienne).

1.4.1 La vision microéconomique (classique)


L’hypothèse de travail ici, est la rationalité individuelle du consommateur. Ce dernier cherche à
maximiser son utilité ou sa satisfaction sous la contrainte de son revenu et des prix des biens. A
cause de la rareté des ressources, le consommateur doit faire des choix. Pour cela il compare les
utilités marginales (c’est la quantité d’utilité apporté par la consommation d’une unité de bien
supplémentaires) rapporté à leur prix et procède à des échanges. Le consommateur atteint la
situation optimale lorsque :

Ou A, B…..N sont les biens

UmA : utilité marginale (var. de la cons. lorsqu’on


𝑈𝑚𝐴 𝑈𝑚𝐵 consomme une production
𝑈𝑚𝑁 de plus) du bien A.
= = − − − − −=
𝑃𝐴 𝑃𝐵 𝑃𝑁

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PA : Prix du bien A.

Notons que :

𝑈𝑚𝐴 𝑃𝐴
Si on est dans le cas de 2 biens A et B, on peut écrire = . C’est la 2eme loi de Gossen
𝑈𝑚𝐵 𝑃𝐵
qui stipule que le rapport des utilités marginales des biens est égal au rapport des prix de
ces biens à l’optimum. C’est cette deuxième loi qui est la plus utilisée.

Le rapport ci-dessus est la première loi de GOSSEN qui est la loi d’égalisation des utilités
marginales aux prix.

Certains auteurs néoclassiques ont mis l’accent sur la notion d’utilité cardinale à l’instar de
Walras, Jevons et Menger. Pour ces auteurs, l’utilité marginale est mesurable. Elle décroit au fur
et à mesure que les quantités consommées augmentent. C’est la loi de décroissance des utilités
marginales qui fonctionne comme la loi de décroissance des rendements proportionnels.

Pareto met plutôt l’accent sur l’utilité ordinale. Pour cet auteur, le consommateur classe les biens
par ordre décroissant d’utilité, ce qui permet différentes combinaisons de biens de consommation.
C’est une approche en termes d’indifférence ou d’utilité ordinale. Les hypothèses de travail de
Pareto sont :

- L’utilité de deux (02) paniers de biens identiques de quantités différentes est directement
comparable ;

- Deux paniers de biens distincts par les combinaisons de quantités sont considérés comme
indifférent du point de vue de l’utilité ;

- La courbe d’indifférence représente l’ensemble des combinaisons possibles, des quantités


de deux biens procurant la même utilité ou le même niveau de satisfaction.

Chez Pareto donc, la combinaison optimale correspond au point de la tangence entre la droite du
budget et la courbe d’indifférence la plus haute possible.

Exemple : Considérons un étudiant rationnel qui veut repartir son temps de loisir entre le cinéma
et la piscine. Il va établir diverses combinaisons indifférentes pour deux (2) niveaux de
satisfaction.

Combinaison procurant une même satisfaction (niveau de satisfaction 1 peu élevé)


Séance de piscines (X) Séance de cinéma (Y)
1 4
2 2
4 1

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Combinaison procurant une même satisfaction (niveau de satisfaction 2 plus élevé)
Séance de piscines (X) Séance de cinéma (Y)
1 6
2 3
3 2
6 1

Le budget loisir de cet étudiant est de 12 000 UM. Le prix d’entrée à la piscine est de 2 000 UM
et le prix d’entrée au cinéma est de 3 000 UM :

1) Représentez sur un même graphique, les deux niveaux de satisfaction

2) Ecrivez l’équation du budget loisir de cet étudiant puis représentez cette droite sur
le même graphique précèdent.
3) Quelle est la combinaison optimale de cet étudiant ? ie le point de rencontre entre la
courbe la plus éloignée de l’origine et la droite de budget.

Solution

1) Graphique

C Niveau de satisfaction 2
Niveau de satisfaction 1
B

2) Equation du budget X 0 6

Y 4 0

12 000 = 2 000 X +3 000 Y soit, 12 = 2 X +3 Y

3) Combinaison optimale

On s’aperçoit que la droite du budget coupe la première courbe d’indifférence en A et en B. on


serait tenté de choisir en A ou en B, mais le point C situé sur la même droite de budget procure

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un niveau de satisfaction plus élevé. L’étudiant rationnel va donc choisir avec son budget de
12 000 UM d’aller trois fois à la piscine et deux fois au cinéma pour maximiser sa satisfaction.

 Comparaison entre l’utilité cardinale et l’utilité ordinale

On parle d’utilité cardinale lorsqu’un individu lors de la consommation des biens attribue un
nombre à chaque niveau d’utilité tirée de la consommation de chaque bien. On parle d’utilité
ordinale, lorsqu’un individu classe les niveaux d’utilité de la consommation d’un bien selon un
ordre de préférence sans pour autant attribuer à chacun d’eux un nombre précis.

 Comparaison entre l’utilité totale et l’utilité marginale

L’utilité totale est l’ensemble des satisfactions tirées de la consommation d’un bien par l’individu
alors que l’utilité marginale est la quantité d’utilité apportée par la consommation d’une unité de
bien supplémentaire. Autrement dit, l’utilité marginale est l’utilité apportée par la dernière unité
de bien consommé.
Exemple 1:

Au terme de séances d’entrainement, un footballeur est susceptible de prendre de l’eau dont les
quantités sont évaluées en verres d’eau. Il déclare les utilités totales suivantes :

Q (quantités de verres d’eau) 1 2 3 4 5 6 7

Ut (Q) 20 32 42 44 44 40 36

1) Calculer l’utilité marginale de chaque verre d’eau supplémentaire ?

2) Qu’est ce qui permet de dire que le footballeur est assouvi ?

3) Représentez l’utilité totale et l’utilité marginale sur le même graphique et commentez

Réponses :???

Exemple 2 :

L’utilité totale d’un consommateur est donnée par la fonction :

UT(Q) = 3Q2 – 8Q3

1- Déterminer la quantité optimale qui permet d’avoir l’utilité totale maximale.

2- Quel est la valeur de cette utilité totale maximale ?

 Le taux marginal de substitution (TMS)

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Face à la consommation de deux biens X et Y, le consommateur peut désirer perdre une quantité
de X et rester sur la même courbe d’indifférence ou garder le même niveau de satisfaction.

Le Taux Marginal de Substitution de X par rapport à Y est la grandeur qui mesure la quantité
de bien Y nécessaire pour compenser la perte d’une unité de bien X et rester au même niveau de
satisfaction. Sa formule est :
∆𝑌 𝑈𝑚𝑋
TMSX/Y=-∆𝑋= 𝑈𝑚𝑌

Le TMS est toujours positif et décroissant.

A l’optimum du consommateur, graphiquement, c’est le point de rencontre unique entre la courbe


d’indifférence et sa droite de budget. Algébriquement, cela passe par la résolution d’un système
de deux équations à deux inconnues. La première équation est la 2ème loi de Gossen et la deuxième
équation est la droite de budget.
𝑈𝑚𝑋 𝑃𝑋
= (1)
𝑈𝑚𝑌 𝑃𝑌

𝑅 = 𝑃𝑋 𝑋 + 𝑃𝑌 𝑌 (2)

Notez bien, lorsqu’on n’a pas l’équation de la droite de budget, il faut trouver une autre relation
permettant de résoudre le système.

Exemple :

La satisfaction d’un consommateur en produits X et Y est donnée par la fonction d’utilité U(X ;Y)
= 2XY = 108.

1. Que représente 108 ?

2. Ecrire l’équation de la droite de budget sur la forme Y = aX + b en fonction du revenu R


de ce consommateur.
3. Déterminer l’optimum de ce consommateur.
4. Déduire le revenu R de ce consommateur et écrire l’équation du budget.

 Les élasticités
Pour chaque consommateur, les variations du prix ou du revenu entrainent des variations de
quantités consommées. Il existe 3 types d’élasticités à savoir : l’élasticité-prix, l’élasticité revenu
et l’élasticité croisée.

 Elasticité-prix (εp)

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Elle permet de mesurer la sensibilité de la demande ou de la consommation d’un bien lorsque son
prix varie.

Mathématiquement, c’est le rapport entre la variation relative de la consommation (∆𝐶/𝐶) sur la


variation relative du prix (∆𝑃/𝑃) :
∆𝐶/𝐶 ∆𝐶 𝑃
On peut écrire : εp = ∆𝑃/𝑃 = ∆𝑃 * 𝐶

- Si |εp| = 1, l’élasticité est unitaire

- Si |εp| > 1, on dit que l’élasticité est forte

- Si 0 < |εp| < 1, l’élasticité est faible

- Si |εp| = 0, l’élasticité est nulle. On dit ici que la demande est inélastique ou encore rigide.
Exemple 1 : la demande journalière de cacao observée sur le marché est fonction du prix de vente.
Le tableau statistique ci-après retrace l’évolution sur 5 périodes des quantités vendues et du prix
de vente.

Période 1 2 3 4 5
Prix du kg (P) 100 120 150 180 200
Quantité en kg (C) 200 150 100 50 30
1. Les ventes de cacao respectent-elles la loi de la demande ?

2. Calculer l’élasticité-prix à chaque période.


Exemple 2 : la demande en sacs de ciment dans une localité est donnée par la relation
D(P) = -0.2P2 + 5P +10
1. Donner l’expression de l’élasticité-prix
2. Donner les valeurs de l’élasticité-prix lorsque le prix passe de 5500 à 5700. Commenter.

 L’élasticité revenu
Elle permet de mesurer la sensibilité de la demande ou de la consommation aux variations du
revenu.

C’est le rapport entre la variation relative de la consommation (ΔC/C) sur la variation relative du
revenu (ΔR/R).
∆𝐶/𝐶 ∆𝐶 𝑅
Sa formule est la suivante : εR = ∆𝑅/𝑅 = ∆𝑅 . 𝐶

 Si εR < 0, la demande augmente beaucoup moins vite que le revenu. C’est un bien
inférieur (le pain, les légumes, le beurre…)

 Si 0 < εR < 1, la demande augmente presque dans les mêmes proportions que le revenu :
c’est un bien normal (l’habillement).

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 Si εR > 1, la demande augmente plus vite que le revenu : c’est un bien supérieur ou bien de
luxe (les bijoux de marque, les véhicules derniers cris…)

 Si εR = 1, la demande augmente exactement dans la même proportion que le revenu : c’est


un bien neutre (l’immobilier).

Un bien est dit GIFFEN lorsqu’il est non seulement inférieur mais sa consommation augmente
avec le prix. Le bien GIFFEN ne respecte donc pas la loi de la demande.

Exemple :
1- Complétez le tableau statistique suivant :

Année R C S PMC PmC εR


2006 1800 1400
2007 2100 1550
2008 2500 1800
2009 3000 2100
2010 4000 2500
2- Quelle est la nature de ce bien ?

 La loi d’Engel
Elle repose sur la répartition des dépenses budgétaires des ménages. Ainsi cette loi stipule que :
« la part relative des dépenses alimentaires dans la consommation diminue lorsque le revenu
augmente ». L’élasticité-revenu des dépenses alimentaires est donc strictement négative.
L’alimentation est donc un bien inférieur.
Cette loi d’Engel a été développée par Wright en 1875 au Etats-unis. Ainsi, il constate que :

- La part des dépenses consacrées aux vêtements est à peu près la même quelque soit le
revenu. L’élasticité-revenu des dépenses en vêtements est donc comprise entre 0 et 1. Le
vêtement est un bien normal.

- Le pourcentage des dépenses relatives à l’habitation est invariant quelque soit le revenu
(εR = 1).

- La part des dépenses en loisirs, en tourisme, en voyage augmente avec le revenu (εR > 1).

 L’élasticité prix-croisée εC
Elle permet d’étudier la relation entre deux biens différents. Elle mesure donc la sensibilité de la
demande du bien A aux variations du prix du bien B ou vice-versa. Mathématiquement, c’est le
rapport de la variation relative de la demande du bien A sur la variation relative du prix du bien
B. sa formule est :
𝛥𝐶𝐴
𝐶𝐴 𝛥𝐶 𝑃
εC = 𝛥𝑃𝐵 = 𝛥𝑃𝐴 . 𝐶𝐵
𝐵 𝐴
𝑃𝐵

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 Si εC > 0, les biens sont A et B sont dits substituables car l’augmentation du prix du bien
B entraine une baisse de la demande du bien B et une augmentation des quantités
demandées du bien A.

 Si εC < 0, les biens A et B sont dits complémentaires car l’augmentation du prix du bien B
entraine une diminution des quantités demandées du bien A.

1.4.2 La consommation keynésienne (la vision macroéconomique)


La consommation dépend ici du revenu courant et repose sur la loi psychologique fondamentale
de Keynes qui stipule que : « en moyenne et la plupart du temps, les hommes tendent à accroître
leur consommation à mesure que leur revenu augmente mais dans des proportions moindres ». Il
ressort de cette loi deux principales caractéristiques :
 La propension marginale à consommer est toujours comprise entre 0 et 1 ;
 PmC < PMC à court terme.

 La propension moyenne à consommer (PMC)


𝐶
C’est la part de la consommation dans le revenu. Sa formule est PMC = 𝑅

 La propension moyenne à épargner (PMS)


𝑆
C’est la part de l’épargne dans le revenu. Sa formule est PMS = 𝑅

On sait que le revenu dans une économie fermée est réparti entre la consommation et l’épargne.
𝑅 𝐶 𝑆
R = C + S. en divisant les 2 membres par R, on a : 𝑅 = 𝑅 + 𝑅 ↔ 1 = PMC + PMS

PMS = 1 - PMC

Cette équation établit la relation entre la propension moyenne à consommer et la propension


moyenne à épargner.

 Propension marginale à consommer (PmC).


Elle mesure l’accroissement de la consommation consécutif à l’augmentation du revenu d’une
unité. On a :
𝛥𝐶
PmC = 𝛥𝑅

 Propension marginale à épargner (PmS).


Elle mesure l’accroissement de l’épargne consécutif à l’accroissement du revenu d’une unité. On
a:
𝛥𝑆
PmS = 𝛥𝑅

PmS = 1 - PmC

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On obtient : *
* 𝑃𝑚𝐶
εR = 𝑃𝑀𝐶

Notons que la fonction de consommation keynésienne s’écrit : C = cR + C0


Exemple : on donne la fonction de consommation suivante : C = 0.75 R + 700
1) Expliquez chaque terme de cette fonction
2) La consommation des différents niveaux de revenus suivants :

R 2000 2800 3000 4000

3) Calculez la propension moyenne à consommer à ces différents niveaux de revenu. Que


constatez-vous ?
4) On suppose que la consommation augmente de 5%. Calculez l’accroissement de revenu
qui va résulter de l’effet multiplicateur.
5) Pour chaque niveau de revenu, calculer l’élasticité-revenu. Que peut-on dire ?

3. Les autres approches macroéconomiques de la consommation


- L’approche de Friedman ou la théorie du revenu permanent
- L’approche de Duesenberry ou la théorie du revenu relatif
- L’approche de Modigliani ou la théorie du cycle de vie

Chapitre 3 : l’Etat et ses interventions économiques


L’Etat est un agent économique dont le comportement dans le tissu économique est une
controverse entre les différents courants de pensée. De même, les fonctions qu’il peut ou doit
remplir dans la société oppose les économistes. En fait, l’Etat intervient dans l’économie
directement en produisant et, indirectement en agissant par le biais du budget.

1.5 L’évolution de la conception de l’Etat


On est passé de l’Etat arbitre à l’Etat producteur en passant par l’Etat partisan et l’Etat providence.

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1.5.1 L’Etat arbitre
Il correspond à un Etat qui cherche à réaliser un consensus dans la société. Il se situe au-dessus
des individus et prend en charge tout ce qui a trait aux intérêts communs (l’intérêt général). Il doit
se préoccuper des fonctions régaliennes de protections de l’individu et de la nation.

Cette conception de l’Etat se trouve dans la pensée de BODIN, de MACHIAVEL, des classiques
tels que SMITH, RICARDO, SAY et des néoclassiques tes que WALRAS, FRIEDMAN,
HAYEK.
Pour ces auteurs, l’Etat ne doit intervenir que pour certaines fonctions parmi lesquelles :

1.5.1.1 La fonction de facilitation


L’Etat facilite le déroulement de l’activité économique privée en créant des écoles, des centres de
formation, des postes de police et des centres de santé, des équipements collectifs (bâtiments
ministériels par exemple) et en assurant la sécurité et la justice.

1.5.1.2 La fonction de correcteur ou régulateur


L’Etat corrige les défaillances du marché en assurant les mêmes conditions de concurrence pour
tous les agents économiques, en effectuant une politique redistributive équitable avec un budget
équilibré et non inflationniste. Le respect de ces deux fonctions prend aussi la dénomination d’un
Etat gendarme ou Etat minimal.
En dehors de ces deux fonctions, pour les libéraux, l’Etat doit être un agent passif, c’est-à-dire
neutre non interventionniste vis-à-vis du secteur privé car son intervention a souvent des effets
néfastes.

1.5.2 L’Etat partisan


C’est une conception marxiste de l’Etat. Elle appartient aux supers structures :
-l’Etat vit, c’est-à-dire qu’il a un passé, l’Etat nait du capitalisme ;
-l’Etat a un présent, c’est l’organe de soutien au capital, il agit sur les salaires et le travail, il règle
les conflits entre les travailleurs et les patrons ;
-l’Etat a un devenir, c’est-à-dire qu’il doit progressivement s’étendre vers une société socialiste.
Pour les marxistes, l’Etat doit remplir deux fonctions :
 Conserver les rapports sociaux de production, i.e. maintenir l’ordre social ;

 Aider le capital à surmonter ces contradictions en maintenant une relation saine entre les
travailleurs et les patrons i.e. en gérant les conflits de travail.

1.5.3 L’Etat gestionnaire ou providentiel.


C’est l’approfondissement de l’Etat arbitre. L’Etat n’assure plus seulement la sécurité interne et
externe sur le plan politique mais aussi la sécurité sociale en captant une forte part de la richesse
crée par la nation pour la redistribuer. L’Etat devient providentiel. Ce courant de conception de
l’Etat est de Keynes ; ici l’Etat a deux fonctions essentielles :

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 Assurer l’équilibre global de la nation en exerçant des effets d’entrainement économique
sur les activités par le biais de l’investissement public et la participation à la gestion des
entreprises en difficulté ;

 Sauvegarder le système économique en assurant le progrès social et l’accès de tous au


bien-être par le biais de l’impôt, des taxes et des transferts sociaux.

1.5.4 L’Etat producteur


L’Etat de par ses entreprises, produit les biens et des services non marchands.

1.5.4.1 La production des biens et services non marchands


Utiliser les équipements collectifs municipaux (bibliothèque municipale, stade municipal,
piscine municipale…), bénéficier des services de l’enseignement public (maternel au supérieur),
avoir accès gratuit ou quasi-gratuit aux soins médicaux, être protégé par les services de police ou
de défense nationale, sont d’autant d’exemples de production de biens et services non marchands
de l’Etat pour ses populations.
Si les biens et services marchands s’intéressent à une demande solvable puisque vendus
au prix du marché, les biens et services non marchands sont fournis à titre gratuits lorsque l’Etat
finance la totalité du service ou quasi-gratuits lorsque l’usager paye une partie du coût de
production du bien ou du service.

La production des biens et des services non marchands est effectué par les administrations
publiques (l’Etat, les ministères et leur délégation), les administrations privées (les associations,
les ONG, les parties politiques, les syndicats, les congrégations religieuses).

1.5.4.2 La production des biens et services marchands


L’Etat dispose d’un patrimoine industriel, d’un patrimoine bancaire et d’un patrimoine
commercial. Même si aujourd’hui, sa participation dans ces entreprises a tendance à diminuer du
fait des privatisations, l’activité de l’Etat dans l’économie reste consistante.

La privatisation est le désengagement de l’Etat de l’activité économique productive par


le biais du transfert de la propriété publique à la propriété privée. La nationalisation par contre,
est le phénomène inverse de la privatisation : ici, l’Etat s’engage dans l’activité économique en
prenant des parts dans les entreprises privées. Souvent, il y’a un transfert complet de la propriété
privée à la propriété publique.

L’Etat, par ses entreprises publiques se voit confier trois missions :

 Le maintien des équilibres globaux à savoir : la stabilité des prix, le faible taux de
chômage, l’équilibre extérieur et la croissance économique durable. La croissance
économique est l’augmentation soutenue et durable des richesses d’un pays, de
l’économie.
 La stimulation de l’activité économique, générant les effets d’entrainement bénéfiques sur
l’ensemble de l’économie ;

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 Une politique sociale ambitieuse par la mise en place des formes innovantes de gestion du
personnel et d’organisation du travail dans les ateliers afin de minimiser les conflits de
travail.

1.6 L’Etat et le budget


Le budget s’exprime par l’intermédiaire de la loi de finance votée par le parlement. La loi de
finance détermine la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges de l’Etat
compte tenu d’un équilibre économique et financier qu’elle définit. Le budget est donc constitué
de l’ensemble des comptes qui décrivent pour une année civile, toutes les ressources et toutes les
charges permanentes de l’Etat.

Préparer, voter et exécuter un budget, consiste à faire des choix importants pour un Etat
en termes d’option économique et sociale. Le budget d’un Etat doit être équilibré en ressources et
en dépenses.

1.6.1 Les ressources d’un Etat


Parmi les ressources de l’Etat, on a les recettes fiscales et les recettes non fiscales :
 Les recettes fiscales constituent l’essentiel des ressources du budget d’un Etat. Elles
comprennent la fiscalité directe (IRPP, IS,…), les recettes fiscales indirectes (TVA, Taxe
intérieur sur les produits pétroliers et diverses taxes) ;

 Les recettes non fiscales représentent aussi une part des ressources de l’Etat. Elles
proviennent des ressources procurées du domaine public de l’Etat : le patrimoine (sol, mer,
air, sous-sol), des dons, legs et les aides.

1.6.2 Les dépenses d’un Etat


Elles peuvent être placées par critères :
 Le critère remboursable ou non

Les dépenses sont à caractère définitif (non remboursable) comme les salaires, les
missions, les investissements en infrastructures et à caractère temporaire (remboursable)
comme les avances et les prêts effectués aux ménages, aux collectivités locales et aux entreprises
publiques.
 Le critère par fonction

On a les dépenses courantes ou dépenses ordinaires ou dépenses de fonctionnement comme


le traitement des salaires, les missions, les bons de carburant, l’organisation des séminaires et
colloques, et les dépenses d’investissement comme les équipements, les infrastructures, les
bâtiments, la création d’entreprises.

1.7 Les fonctions de l’Etat dans une économie moderne


Ces fonctions sont proposées par MUSGRAVE. Il s’agit de la fonction d’affectation des
ressources, de la fonction de distribution de richesse et de la fonction de stabilisation de la
conjoncture économique.

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 La fonction d’affectation des ressources traduit l’intervention de l’Etat en tant que
producteur des biens et des services à la place du secteur privé défaillant. L’Etat assure la
satisfaction des besoins publics et les ajustements nécessaires dans l’affectation des
ressources découlant du marché au regard des dépenses de fonctionnement, des dépenses
d’investissements, des services de la dette et des dépenses sociales.

 L’Etat doit aussi réagir contre les excès d’inégalités via les mécanismes de redistribution.
L’Etat va alors capter sous forme d’impôt et taxe, une partie de la richesse crée par la nation
et la redistribuer chez les plus démunis i.e. répondre à la solidarité nationale (en prenant
plus d’impôts chez les riches pour accorder des allocations familiales aux familles pauvres,
en payant des pensions aux retraités et aux veuves). Ces prélèvements sous formes de
transferts peuvent aussi être économique i.e. des subventions accordées aux entreprises en
difficulté.

 L’Etat peut enfin maintenir la demande globale au niveau désiré ou au niveau souhaité
grâce aux politiques monétaires, budgétaires et industrielles. Ainsi, en période de basse
conjoncture i.e. de récession, l’Etat va influer sur les revenus des agents économiques afin
de relancer la demande, l’emploi et la croissance (par exemple la baisse du taux d’impôt,
des taux d’intérêt ou par une augmentation des dépenses publiques).

Chapitre 4 : la structure du marché et la formation des prix


Le marché, base de l’activité économique, permet l’échange des biens et services selon l’utilité
relative des besoins définie par chaque individu. Sous les hypothèses néoclassiques, le marché est
le meilleur moyen d’atteindre l’optimum économique dans l’intérêt selon Adam Smith. Mais la
situation réelle montre l’existence de plusieurs marchés avec leur règle propre.

1.8 Les types de marché


Un marché est un lieu de rencontre entre les vendeurs et les acheteurs, de cette rencontre est
déterminée un prix d’échange et les volumes échangés. Il existe plusieurs types de marché en
fonction de la nature du bien échangé. Ainsi on a : le marché des biens et services, le marché du
travail, le marché monétaire, le marché financier, le marché de change… on s’intéresse dans la
suite, au marché des biens et services.

1.9 Les formes de marché de biens et services


La forme de marché de biens et services est définie par le nombre d’acheteurs et le nombre de
vendeurs y intervenant. Les formes de marché ont été mises en évidence par STACKELBERG

Offre du
Un Quelques Plusieurs
producteur

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Demandeurs
Ou acheteurs
Monopole Monopole
Un Monopsone
bilatéral contrarié
Monopole Oligopole
Quelques Oligopole
contrarié contrarié
Concurrence pure et parfaite
Plusieurs Monopole Oligopole
(CPP)

1.10 La loi de l’offre et de la demande


La demande d’un bien est une fonction décroissante du prix. La fonction de demande est de la
forme

D(P) = a - bP

D(P) est la demande de bien ; P est le prix ;

a et b sont des paramètres à estimer. Ces paramètres sont positifs et le signe négatif devant b
indique le sens de la relation entre le prix et la demande.

L’offre d’un bien est une fonction croissante du prix c’est-à-dire lorsque le prix augmente,
l’offre augmente aussi et vice versa. La fonction d’offre O(P) est de la forme

O(P) = c + dP

P est le prix ; c et d sont les paramètres à expliquer ; le signe positif devant d indique le sens de la
relation entre l’offre et le prix.

Sur le marché des biens, le prix d’équilibre se forme lors de la rencontre entre l’offre et la
demande.

Q
O(P)

Qe D(P) P
pe
Exemple 1 : sur un marché d’un produit Z, les quantités demandées sont données par la
fonction D(p) = - 4p + 200 et les quantités offertes par la fonction
O(P) = 2p + 20.

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1) Représentez sur un même graphique l’offre et de demande du produit Z ;
2) Déterminez graphiquement puis algébriquement le prix d’équilibre et les quantités d’équilibre.
Réponse :
1) pour la demande, on a
Qd 0 200 Qo 0 20

P 50 0 P -10 0

Pour l’offre, on a

Q
250

200 O(P) = 2P + 20

150

100

50

20 D(P) = -4P + 200

-10 10 20 30 40 50 60 P
A l’observation graphique, le point de rencontre entre l’offre et la demande se situe à p = 30 et q
= 80.
2) Algébriquement, on sait que l’équilibre correspond à l’égalité Offre=Demande.
Donc, O(P) = D(P) → 2P + 20 = - 4P + 200
↔ 2P + 4P = 200 – 20 → 6P = 180
→ pe = 180/6 = 30 → pe = 30

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Donc Qe = 2(30) + 80 ↔ Qe = 80

Exemple 2 : on donne l’évolution du prix des quantités offertes et des quantités demandées d’un
produit selon le tableau ci-après.

Quantité Quantité
Prix unitaire (P) offerte (O) demandée (D) ∆P ∆Q ∆Q/Q ∆P/P ɛp
500 6500 1500 / / / / /
400 5000 2500 -100 1000 0.67 -0.20 -3.35
300 4000 4000 -100 1500 0.60 -0.25 -2.40
200 3000 5000 -100 1000 0.25 -0.33 -0.75
100 1500 6000 -100 1000 0.20 -0.50 -0.40
1. Représenter sur un même graphe l’offre et la demande.
2. Déterminer l’équilibre
3. Calculer l’élasticité.

1.11 Le marché de concurrence pure et parfaite (cpp)

1.11.1 Définition
C’est un marché sur lequel on rencontre une multitude d’offreurs (vendeurs) et une multitude de
demandeurs (acheteurs) et donc, le prix résulte de la confrontation entre l’offre et la demande.

1.11.2 Les conditions d’existence d’un marché de CPP


C’est un ensemble d’hypothèses sur lesquelles repose l’existence du marché de CPP.

Hypothèse 1 : Atomicité du marché


Il existe un grand nombre d’acheteurs et un grand nombre de vendeurs, tous de petites tailles par
rapport au marché de telle sorte que personne ne puisse influencer seul sur le prix du marché.

Hypothèse 2 : l’homogénéité du produit


Les biens échangés sur le marché sont identiques aux yeux des consommateurs. Le consommateur
n’a que le prix comme critère unique d’achat.

Hypothèse 3 : la fluidité du marché


Il n’existe pas de barrières ni à l’entrée, ni à la sortie du marché pour les nouveaux agents
économiques.

Hypothèse 4 : la transparence du marché


Tous les offreurs et tous les demandeurs disposent d’une information parfaite sur les prix, les
quantités demandées et les quantités offertes.

Hypothèse 5 : la mobilité parfaite des facteurs de production


Le capital et le travail sont parfaitement mobiles et vont à la recherche de la meilleure rentabilité.

Un marché est dit de CPP lorsque les cinq conditions ci-dessus sont simultanément respectées. Si
une seule des conditions n’est pas respectée, le marché devient de « concurrence imparfaite ».

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1.11.3 Formation des prix en CPP
Offreurs et demandeurs se rencontrent sur le marché et la négociation commence avec l’annonce
d’un prix. Par tâtonnement successif, l’interaction entre le prix et la quantité (offerte et demandée)
va conduire à une situation d’équilibre. L’ajustement s’arrête lorsque les quantités offertes sont
égales aux quantités demandées. (cf. schéma).

A l’équilibre, l’offre est égale à la demande. Leur point de rencontre correspond à un équilibre
(Pe) et à une quantité d’équilibre (Qe).

Offre
Qe

Pe Demande
Exemple :
Le marché d’un bien Q est défini par une courbe de demande globale dont l’expression est : QD =
3 3
12 - 5P et par une courbe d’offre globale dont l’expression est : QO = 5P

1. Tracer les deux courbes dans un même repère et déterminer l’équilibre.


2. déterminer algébriquement l’équilibre sur ce marché.

Solution :
La demande l’offre
1.
3
Qd 0 12 Qo 3 6
2. Algébriquement, à l’équilibre, l’offre = demande donc P=
5
3 6 P 20 0 P 5 10
12 - 5 P ↔ 5P=12
60 3
↔ Pe = = 10 et Q = (10) = 6, Qe = 6 , Pe = 10
6 5
Sur un marché de CPP où il existe n offreurs et m demandeurs, la fonction d’offre globale est
égale à n fois la fonction d’offre individuelle.

O(P) = n Oi(P)
De même la fonction de demande globale est égale à m fois la fonction de demande individuelle.
D(P) = m Di(P)
A l’équilibre, on a l’offre globale est égale à la demande globale.

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Exemple : sur un marché d’un produit BIO, on a 250 offreurs dont les fonctions individuelles
d’offre sont Oi(P) = 2P + 300 et on a 500 demandeurs dont les demandes individuelles sont Di(P)
= -3P + 2000.

Déterminer l’offre globale et la demande globale sur ce marché. Calculer le prix d’équilibre et la
quantité d’équilibre sur ce marché.

1.11.4 La production optimale en CPP


L’objectif de chaque entreprise est la maximisation du profit.

Le profit (π) est égal à la différence entre la recette totale (RT) et le coût total (CT). π = RT –
CT
𝑑𝜋
Le profit est maximum lorsque sa dérivée première s’annule ainsi on a : 𝑑𝑄 = 0

𝑑𝑅𝑇 𝑑𝐶𝑇 𝑑𝑅𝑇 𝑑𝐶𝑇


→ - =0 ↔ = ↔ Rm = Cm. Le profit est maximal lorsque la recette marginale
𝑑𝑄 𝑑𝑄 𝑑𝑄 𝑑𝑄
(Rm) est égale au coût marginal (Cm).
En définitive, la production est maximale en CPP si et seulement si :

P = Rm = Cm = RM
Notons au passage que la fonction d’offre du bien Y est donnée par la réciproque de la fonction
du coût marginal c’est-à-dire Y(P) = Cm-1(P).

L’entreprise ne peut continuer à produire que si elle est rentable, et si le profit qu’elle
réalise en produisant à la quantité optimale est supérieure au profit qu’elle réalise en ne produisant
rien. Ainsi, on a le seuil de fermeture et le seuil de rentabilité.

Le seuil de fermeture (SF) est le niveau de prix au-dessous duquel l’entreprise décide de
ne rien produire. Ce seuil est le minimum du coût variable moyen. Par contre, le seuil de rentabilité
est le niveau de prix au-dessus duquel l’entreprise réalise des profits. Cette distinction n’est
valable qu’à court terme car à long terme, le coût moyen est égal au coût variable moyen.

1. Représentation graphique du profit en CPP

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P Cm

CM
πmax
POP
ZONE DE PROFIT CVM
PSR

PSF

QSF QSR QOP Q


POP : prix à l’optimum = Cm = Rm = RM
PSR : prix au seuil de rentabilité
PSF : prix au seuil de fermeture
πmax : profit maximum
La zone de profit en CPP est toujours comprise entre le seuil de rentabilité et le profit max.

Exercice : un cultivateur de fromage reçoit 200000 de recette par hectare cultivé. Le coût total
évolue en fonction des espaces cultivés. On a le tableau ci-après.

Q (ha) 1 2 3 4 5 6
CT 100 000 300 000 450 000 850 000 1 300 000 1 650 000
RT 200 000 400 000 600 000 800 000 1 000 000 1 200 000
CM
Cm
Rm
π

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1) Représenter sur un même graphe le CM, le Cm, la Rm et la zone de profit
2) Quel est le seuil de rentabilité pour ce cultivateur ?
3) Quelle surface doit-il cultiver pour avoir un profit maximum ?
I. LES MARCHES IMPARFAITS
1. Le marché de monopole
Le monopole est une situation du marché où on a rencontre entre un seul producteur et
plusieurs acheteurs. Le monopoleur ne se comporte pas en preneur de prix comme c’est dans le
cas en CPP. Le monopoleur est un faiseur de prix.

Détermination du prix de monopole


Le monopole peut choisir le prix ou la quantité, et non les deux à la fois. Ainsi, le
monopoleur va résoudre le programme suivant :

Maximiser π = RT – CT = PQ – CT(Q)
Sous contrainte P = D(P)
D(P) est la fonction de demande.
Ainsi à l’optimum du monopoleur, on a toujours :
𝑪𝒎 = 𝑹𝒎 → 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒅é𝒕𝒆𝒓𝒎𝒊𝒏𝒆𝒓 𝑸𝒆
{
𝑷𝒆 = 𝑹𝑴(𝑸𝒆 )
Graphiquement on a :

P
Cm

Pe Zone de
Profit
RM
Rm

Qe Q
Exemple : une entreprise en situation de monopole est confrontée à une courbe de demande dont
la recette moyenne est de la forme RM(Q) = 100 – 4Q. Son coût total est CT(Q) = 50 + 20Q.
1) déterminer l’équilibre du monopoleur ainsi que son profit.

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2) déterminer l’équilibre de ce monopoleur si l’entreprise se comportait comme en concurrence
pure et parfaite.

2. Le duopole.
Il s’agit d’un marché avec deux vendeurs et une multitude d’acheteurs. Les duopoleurs peuvent
agir soit sur les prix soit sur les quantités. Dans les modèles de duopole de Cournot et de
Stackelberg, les entreprises offrent des quantités de biens, qui sont confrontées à la demande, les
prix résultant de cette confrontation. Dans les modèles de duopole à la Bertrand, chaque
entreprise affiche un prix pour le bien qu’elle offre, la demande s’adressant à l’une ou à l’autre ou
à toutes les deux.

Note : -Le duopole de Cournot est une situation dans laquelle on distingue deux entreprises
presque de la même taille qui agissent simultanément. Chacune fixe ses quantités en considérant
celles de l’autre comme une donnée : on parle ainsi de fonction de réaction. Le prix et les quantités
d’équilibre proviennent de l’intersection des deux fonctions de réaction.

- Le duopole de Stackelberg est une situation dans laquelle on distingue deux entreprises de taille
différente. La plus grande se comporte comme leader et fixe ses quantités indépendamment de la
deuxième qui est obligée de suivre.

3. L’oligopole.
C’est un marché sur lequel un petit nombre de vendeurs est confronté à une multitude d’acheteurs.
Chaque entreprise s’interroge sur l’effet de sa propre décision (prix, quantité) sur l’attitude des
autres et sur leur réaction. Il y a donc interdépendance conjectural c'est-à-dire que la ligne d’action
d’une entreprise A dépend de ce que A pense que fera B alors que dans le même temps la ligne
d’action de B dépend de ce que B estime que fera A. On peut rencontrer deux types de situation
opposée : l’oligopole de prix et l’oligopole de guerre.

On parle d’oligopole de prix s’il y a collusion entre les producteurs soit de façon explicite (cartel)
avec un risque de monopole ou de façon implicite avec une entreprise leader qui fixe les prix sur
lesquels les autres entreprises s’alignent.

L’oligopole de guerre désigne une situation dans laquelle l’un des vendeurs adopte une stratégie
d’élimination des autres (concurrents) en cassant par exemple les prix.

1.12 Les marchés réels


Lorsqu’on observe les marchés réels, on constate que très peu d’entre eux correspondent
aux marchés décrits ci-dessus. Le mécanisme de fixation de prix ne fonctionne pas toujours selon
le marché théorique.

1.12.1 La Concurrence Monopolistique


Elle est caractérisée par le fait que dans un univers de concurrence, chaque producteur s’efforce
d’obtenir un « petit monopole » sur une fraction de la clientèle ou sur un segment du marché en
différenciant son produit de ceux de ses concurrents. A ce titre, on a une différenciation de fait
(efficacité du service, qualité du produit, emplacement,…) et une différenciation provoquée
(publicité, design,…)

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Dans la réalité il n’y a pas une manière de fixer un prix de vente mais plutôt une grande diversité
de façon de le faire. Selon que l’entreprise est petite ou très grande les prix de vente ou de revient
seront calculés avec des méthodes différentes.

1.12.2 Analyse Plus Récente Des Marches Réels.


Ce sont des améliorations théoriques sur le monopole et le marché de concurrence pure et parfaite.
On distingue :

- le monopole naturel : c’est une situation dans laquelle un produit ne peut être fourni
efficacement que par une entreprise en raison de sa structure de production (rendements
croissants). On parle alors de défaillance du marché. La plupart du temps il s’agit des services qui
nécessitent d’importants réseaux de distribution (énergie, transport ferroviaire, transport
maritime…).

- le marché contestable : c’est un marché sur lequel une entreprise peut à tout moment venir
s’installer. Il n’y a pas de barrière à l’entrée ni à la sortie du marché. Cette situation garantit la
concurrence et donc l’efficience des entreprises présentes sur le marché, même si elles sont peu
nombreuses.

1.13 Le rôle de l’Etat dans la fixation des prix.


L’intervention de l’Etat en matière de prix vise d’une part à modifier leur libre fixation en
prévenant les hausses ou baisses sur certains marchés. D’autre part, elle vise à maintenir la stabilité
du niveau général des prix (lutte contre l’inflation). Cette intervention peut se manifester sous
deux formes :

- la forme directe : l’Etat intervient sous forme de réglementation plus ou moins autoritaire en
matière de prix. Il peut fixer un prix maximum pour certains produits ou service (le prix du taxi
au Cameroun). L’Etat peut également bloquer les prix en interdisant toute hausse pour prévenir
ou arrêter une flambée inflationniste (cas de la dévaluation de 1994 et plus récemment du prix du
pain au Cameroun).
- la forme indirecte : les interventions de l’Etat portent ici sur l’offre ou sur la demande. L’Etat
intervient sur l’offre en accordant les subventions aux entreprises ou en organisant par exemple
le stockage des produits de façon à accroître ou à restreindre les quantités offertes (pratique utilisée
en matière de prix agricole). Sur la demande, l’Etat peut lui-même se porter acquéreur de certains
biens ou agir à travers la fiscalité.

EXERCICE 1 : TEST DE CONNAISSANCE :


1) Quelle différence faites-vous entre monopole et concurrence pure et parfaite,
duopole et oligopole ?
2) Quelle opinion faites-vous des conditions de perfection d’un marché ?
3) Pourquoi l’Etat doit-il intervenir dans la fixation des prix ?
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4) Quels sont les inconvénients du monopole pour le consommateur ?

Chapitre 5 : la formation du revenu et sa répartition


Les revenus des agents économiques sont variés (salaire, bénéfice, dividende, les allocations
diverses, les intérêts, les loyers, les honoraires). Ils proviennent des sources diverses (activités
productrices, détention du patrimoine, situation personnelle). Les revenus peuvent être classés en
catégories.

1.14 Les revenus primaires


L’existence de la valeur ajoutée permet de distribuer les revenus aux différents facteurs qui ont
participé à la production (rémunération du travail, prélèvement sur production, revenu du capital).

1.14.1 La formation des revenus primaires


La production est la source de deux types de revenus : les salaires et les profits.

1.14.1.1 Les salaires


Le niveau de salaire dépend de la confrontation de l’offre de travail (ou demande d’emploi) ou de
la demande de travail (ou offre d’emploi) sur le marché du travail.
L’offre du travail provient des ménages ; plus le salaire augmente, plus l’offre augmente.
La demande du travail vient des entreprises. Plus le salaire baisse, plus la demande de travail
augmente car les entreprises ont intérêt à embaucher les travailleurs à faible coût.
Le graphique ci- après représente le marché du travail.
Niveau de salaire

Offre de travail

Salaire d’équilibre

Demande de travail

Niveau de travail d’équilibre Activité de travail

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1.14.1.2 Le profit
Le profit est la rémunération de son entrepreneur. Son existence donne lieu à deux interprétations
diverses et contradictions :

 Innovation de l’entrepreneur pour Schumpeter


 Rémunération du risque et des intérêts pour les capitalistes (Smith ; Keynes)
 Exploitation de la main d’œuvre pour Karl Marx

Au plan comptable, on le mesure à partir de l’excédent brut d’exploitation (EBE) = Valeur


ajoutée+ Impôts liés à la production –Charges salariales ; où Valeur Ajoutée (VA)=
Production – Consommation Intermédiaire

1.14.2 Les revenus du patrimoine


Les ménages y compris les entrepreneurs individuels perçoivent deux types de revenus :

 Les revenus d’activités qui dépendent du salaire d’une part et du revenu de travail non
salarié (honoraire de profession libérale, bénéfice individuel). Les revenus de cette
dernière catégorie sont assez mal connus.
 Les revenus du patrimoine qui proviennent des biens loués (revenus mobiliers) et des
capitaux investis (dividendes), les capitaux prêtés (intérêts).

1.15 Les revenus de distribution


Les revenus primaires sont perçus en contrepartie de la participation des agents économiques à la
production. Il existe des revenus redistribués i.e. perçus sans rapport direct avec la production.

1.15.1 Pourquoi redistribuer ?


La redistribution est toujours faite dans le cadre des solidarités familiales ou claniques. Dans les
pays en voies de développement, cette forme de solidarité (informelle) est toujours prédominante
et apparait indispensable car la croissance des économies entraine une marginalisation élevée de
certains franges de la population. Les objectifs du système de redistribution mis en place par les
pouvoirs publics sont les suivants :

- Rendre obligatoire pour tous les travailleurs du secteur non informel une assurance
sociale destinée à couvrir les risques liés aux maladies, au chômage, à la vieillesse.
- Atténuer les inégalités des revenus
- Accorder des aides aux familles nombreuses (allocations familiales)
- Faciliter l’accès de tous aux services collectifs (éducation, santé, etc.)

1.15.2 La méthode de redistribution


La redistribution peut se faire suivant deux logiques :

- L’assistance : par la définition des critères donnant droits aux droits sociaux ou aides
médicales gratuites
- L’assurance : il s’agit de redistribuer la cotisation sociale (CNPS) de manière équitable.

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La redistribution peut être financée par le budget de l’Etat dont bénéficie le citoyen, ou par la
perception des impôts et des transferts sociaux. Elle peut aussi se faire par les organismes sociaux
qui assure aux travailleurs et à leur famille, les prestations diverses.

1.15.3 Les inconvénients de la redistribution


Ils sont de deux ordres : le coût de redistribution et l’inefficacité de la redistribution.
S’agissant du coût de redistribution, son financement se fait par les prélèvements sur les salariés
et les entreprises ; cela induit à l’augmentation du coût de la main d’œuvre dans l’entreprise
lorsque ces prélèvements sont importants et décourage l’embauche et favorise la montée du
chômage au regard des classiques.

S’agissant de l’inefficacité de la redistribution, la redistribution serait inefficace car elle


encourage les plus démunis dans leur marginalisation au lieu de les conduire à s’insérer dans le
circuit économique de consommation et de production.

1.16 Le rôle de l’Etat


En dehors du rôle lié à la redistribution des revenus, l’Etat joue un rôle important grâce à la
politique budgétaire, à la politique monétaire et à la politique de l’emploi.

1.16.1 La politique budgétaire


L’Etat doit se comporter comme un ménage i.e. ne pas dépenser plus que ses ressources. Le budget
de l’Etat se définit comme l’ensemble des dépenses et des recettes effectuées au cours d’une
année. L’on parle de déficit du budget si les dépenses sont supérieures aux recettes ; signe de
mauvaise gestion. La relance de l’activité économique induite par le déficit du budget permet un
accroissement des recettes fiscales qui viendront à postériori combler le déficit.

La politique budgétaire présente deux aspects : l’action sur les recettes fiscales et l’action sur les
dépenses. S’agissant de la limite de la politique budgétaire, l’on note le dérapage des dépenses de
l’Etat qui entraine une augmentation à terme de la pression fiscale, véritable obstacle à la création
d’emploi nouveau.

1.16.2 La politique monétaire


La politique monétaire a pour objet de procurer à l’économie la quantité de monnaie nécessaire à
la poursuite de la croissance et à la réalisation du plein emploi. Deux difficultés sont à proscrire
pour assurer la stabilité de la monnaie :

Excès de monnaie Insuffisance de la monnaie


-Inflation (hausse généralisée et -Ralentissement de l’activité économique (récession)
perpétuée des prix)
-Augmentation du taux d’intérêt (loyer de l’économie)
-Déséquilibre de la balance de entrainant une baisse de l’investissement, du chômage.
paiements

Pour mettre en œuvre la politique monétaire, les autorités monétaires disposent des deux types
d’outils : l’action sur le volume de crédit et l’action sur le prix du crédit.
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Le volume du crédit suppose la quantité de monnaie mise en circulation et directement lié à la
quantité de crédit distribué aux agents économiques. La banque centrale dispose de plusieurs
moyens pour contrôler la quantité de monnaie accordée au système bancaire. Il s’agit :

- les réserves obligatoires,


- l’encadrement du crédit,
- et l’intervention directe sur le marché monétaire.

Le prix du crédit payé par les emprunteurs détermine en partie leur décision de recourir ou non
au crédit bancaire pour financer leurs besoins d’investissement (entreprise) ou de consommation
(ménage). Ainsi la banque centrale exerce une influence sur le taux d’intérêt des crédits bancaires
par le maniement (variation) du taux de réescompte ; ce qui influence donc le prix du crédit et
dont le volume de crédit accordé par l’ensemble du système bancaire.

1.16.3 La politique de l’emploi


La permanence du chômage et de la politique de l’emploi qui s’en suit est un véritable casse-tête
pour les pouvoirs publics. Pendant la période des « trente glorieuses » après la seconde guerre
mondiale, le chômage avait pratiquement disparu dans les pays occidentaux au milieu des années
70. Dans les pays en développement, le chômage s’aggrave du fait de la faiblesse de la demande
effective. Sur ce problème crucial, les opinions divergent.

Les uns affirment, une intervention de l’Etat afin de résorber le problème de chômage par une
création d’emploi ; les autres par contre, voient ce rôle irréalisable à cause de la mauvaise gestion
de l’Etat et proposent une dérèglementation pour venir à bout du chômage.

Chapitre 6 : monnaie et financement de l’économie


La monnaie est un bien particulier qui ne peut pas être consommée. Pour les classiques, elle sert
de simple intermédiaire dans les échanges des biens ; sinon on serait dans une économie de troc.
Cette vision néo-classique et classique libérale a été fortement contestée par le courant keynésien
pour lequel la monnaie est un bien qui peut être désiré pour elle-même et qu’elle a une influence
forte sur l’économie.

1.17 La monnaie : définition et présentation des différentes formes


La monnaie est un bien qui sert de moyen d’échange, de réserve de valeurs et d’unité de compte.

La monnaie est un moyen d’échange parce qu’elle permet d’acquérir des biens et services. Sa
liquidité est parfaite. Sans la monnaie, les agents économiques seraient confrontés à un double
problème lié à une économie de troc : la double coïncidence des besoins et la multiplicité des prix
relatifs.

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La monnaie est qualifiée d’unité de compte ou de mesure parce qu’elle permet de donner une
valeur relative aux différents biens.

Sur le marché, la monnaie est qualifiée de réserve de valeurs parce qu’elle peut être conservée
pour être échangée plus tard, avec le risque de se déprécier à cause de l’inflation.

La dévaluation ou la dépréciation de la monnaie c’est la perte de la valeur de la monnaie


respectivement en régime de change fixe ou en régime de change flottant.
Les différentes formes de monnaie sont respectivement :

- La monnaie marchandise ;
- La monnaie métallique ;
- La monnaie fiduciaire ;
- La monnaie scripturale ;
- La monnaie électronique.
Pour mieux appréhender les différentes fonctions de la monnaie, il est utile à travers son historique
d’analyser les différentes formes qu’elle a connue dans le passé et celle qu’elle revêt actuellement.

1.17.1 La monnaie marchandise


Le principe est simple à l’ère de l’économie de troc, on choisit une monnaie et une marchandise
généralement bien connu de tous et facilement divisible : la valeur de tous les biens est évaluée à
l’aide de cette marchandise devenue dénominateur commun. Par exemple, on a utilisé comme
monnaie les céréales, les sels de cuisine, le fusil en Afrique et le thé en Asie.
Les échanges sont ainsi facilités. Cependant, un certain nombre d’inconvénients demeurent :

- Le bien utilisé comme monnaie possède une utilité en tant que bien
marchandise. Il est soumis comme tous les biens à la loi du marché. Sa valeur
n’est plus stable et le système de prix est fluctuant.
- Les biens utilisés comme monnaie peuvent être périssables.
Pour pallier à ces inconvénients, il faut utiliser comme instrument d’échange un bien dont les
caractéristiques sont les suivantes :

- Suffisamment rare pour que sa production soit stable ;


- Facilement divisible.
Le recours aux métaux précieux comme monnaie s’est apparenté dès lors comme une aubaine
pour sortir de cet embarras.

1.17.2 La monnaie métallique


Les métaux précieux présentent trois avantages par rapport aux marchandises :
- Leur production est limitée et assez stable dans le temps ;
- Les métaux précieux sont non-périssables ;
- Leur utilisation comme marchandise est réservée à des usages restreints.

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Les métaux précieux sont apparus comme monnaie dès l’antiquité. Le problème était de garantir
le poids et le titre de pièces. Les pouvoirs publics se sont approprié le monopole de l’émission des
pièces de monnaie qui étaient frappés à l’effigie du chef de l’Etat.

Par contre, en Afrique de l’Ouest, l’or et l’argent (sous forme de poudre de métal ou de lingots),
les coquillages et les cauris étaient utilisés comme monnaie pour les transactions courantes
jusqu’au début du 20è siècle. Cependant les banquiers s’aperçurent rapidement que les opérateurs
économiques prenaient l’habitude d’utiliser les billets de banque plutôt que les métaux précieux.
Ils commençaient donc à émettre les billets de banque pour une valeur plus importante que les
stocks de métaux précieux retenus dans leur caisse. C’est pour ces raisons qu’une nouvelle forme
de monnaie était née : la monnaie fiduciaire.

1.17.3 La monnaie fiduciaire


La monnaie fiduciaire repose sur la confiance qu’a le client (détenteur du billet de banque) envers
la solvabilité de son banquier c’est-à-dire sa capacité à échanger) à tout moment le billet de banque
contre les métaux précieux. Après quelques expériences désastreuses (faillites du système mis en
place), les pouvoirs publics instituaient l’émission des billets de banque par une banque contrôlée
par l’Etat (par exemple la Banque de France) ou d’une banque privée (BAO banque d’Afrique
de l’Ouest). Et bien d’autres banques.

La convertibilité des billets de banque en métaux précieux était garantie par l’Etat. Au fur et à
mesure de la généralisation de la monnaie fiduciaire, on a assisté à plusieurs évolutions :

- D’une part : la convertibilité des monnaies en métaux précieux a été peu à peu
abandonnée sur le plan interne. Les métaux précieux ont, selon l’expression
commune, disparu de la circulation ;
- D’autre part : s’est développée une autre forme de monnaie gérée par l’ensemble
de système bancaire : la monnaie scripturale.

1.17.4 La monnaie scripturale


Supposons qu’un détenteur de billet de banque décide d’ouvrir un compte dans un établissement
bancaire, il va y faire un dépôt en monnaie fiduciaire de 300 000Fcfa. La banque va alors créditer
son compte d’un montant équivalent. Pour pouvoir utiliser la monnaie qu’il a déposée sur son
compte, le titulaire du compte dispose de plusieurs moyens :

- Soit effectuer périodiquement des retraits en monnaie fiduciaire si un besoin de


consommation s’impose : la banque est un lieu sûr pour garder de l’argent.
- Soit émettre les chèques ou effectuer des virements au profit du tiers : la banque
remettra à son client des formulaires vierges (carnet de chèque ou ordre de virement)
avec lesquels le client pourra effectuer ses transactions.

La monnaie scripturale en circulation dans une économie donnée peut être définie comme : la
somme des créditeurs de comptes courants ouverts dans les établissements bancaires du pays.

a. La monnaie électronique

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C’est un des moyens de la circulation de la monnaie scripturale. Le titulaire d’un compte bancaire
peut s’il le désire recevoir une carte de paiement (carte de crédit) qui lui permet de régler les
achats auprès des commerçants affiliés au groupement interbancaire qui gère ses moyens de
paiement. Il peut également effectuer des retraits en argent liquide dans les distributeurs
automatiques de billet de banque (DAB) ou dans les guichets automatiques des billets (GAB) à
toute heure du jour ou de la nuit.

Le terme carte de crédit désigne aussi carte de paiement. Elle permet d’effectuer des paiements
différés c’est-à-dire que le compte bancaire du client n’est débité que le mois suivant les achats.
Ce type de moyen de paiement va se développer de façon très rapide dans les prochaines années
notamment avec le commerce électronique sur le réseau internet. Il suffit en effet au client qui
utilise internet pour ses achats de fournir son numéro de carte bancaire pour payer et recevoir par
courrier des marchandises commandées.

1.18 Les agregats monetaires


Le contrôle de la masse monétaire (quantité de monnaie en circulation dans une économie à un
moment donné) se fait à travers la mesure des agrégats monétaires. Le but étant de contrôler la
quantité de monnaie en circulation pour éviter une insuffisance pouvant entrainer un
ralentissement de l’activité économique ou une surabondance pouvant entrainer un risque
inflationniste. Il s’agit de mesurer la quantité de monnaie en circulation dans une économie. Les
différents agrégats sont :

M1 : les disponibilités monétaires (masse monétaire au sens strict)


Cet agrégat est constitué de la monnaie manuelle (les billets de banque et les pièces)
et de la monnaie scripturale (les dépôts à vue).
M2 : les disponibilités monétaires et quasi monétaires (masse monétaire au sens
strict)
Cet agrégat est constitué de M1 et auquel il faut ajouter les dépôts à terme (argent
que l’on met en compte bloqué).
M3 : c’est aussi la masse monétaire au sens large.
Cet agrégat est constitué de M2 + les instruments monétaires négociables. Parmi les instruments
monétaires négociables, on a les valeurs mobilières monétaires (les titres) et les certificats de
dépôt.

Les agrégats monétaires sont classés par ordre de liquidité décroissance c’est-à-dire du plus
liquide au moins liquide (de M1 à M3). Dans la zone BEAC, l’agrégat le plus utilisé pour mesurer
et contrôler la masse monétaire est M2.

1.19 Les mecanismes de creation monetaire


Deux principales institutions interviennent dans le mécanisme de création monétaire :

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- La banque centrale est la seule institution qui peut émettre de la monnaie manuelle (c’est-à-
dire les billets et les pièces) ayant un cours légal (elle est acceptée par la loi) et un pouvoir
libératoire (la monnaie peut mettre fin à une dette à tout moment et quelque soit le lieu sur le
territoire de compétence de cette monnaie). De même pour se refinancer en monnaie centrale, la
banque centrale est sollicitée par les banques secondaires pour faire face au besoin de leurs clients.
Par cette dernière, la banque centrale crée de la monnaie suite aux demandes de refinancement
des banques secondaires.

- Les banques secondaires créent de la monnaie par l’achat des devises et la distribution des
crédits accordés aux clients.

 La notion de multiplicateur de crédit


Elle permet de montrer que l’accroissement de la masse monétaire est dû à un accroissement de
l’excédent de monnaie.

Si les banques secondaires disposent d’un montant de monnaie banque centrale supérieur à ce qui
leur est nécessaire pour satisfaire les demandes de billets de leur clientèle et pour constituer les
réserves obligatoires, elles pourront accroître de volume de crédits qu’elles accordent à leurs
clients.

∆E : le volume de crédit supplémentaire


r : le taux de réserves obligatoires
b : le taux de préférences pour les billets
∆M : l’accroissement de la masse monétaire
𝟏 𝟏
On a : ∆M = ∆E = ∆E
𝒓+𝒃+𝒓𝒃 𝟏−(𝟏−𝒓)(𝟏−𝒃)

𝟏 𝟏
∆M = m ∆E avec m = =
𝒓+𝒃+𝒓𝒃 𝟏−(𝟏−𝒓)(𝟏−𝒃)

m est le multiplicateur de crédit, il montre de combien augmente la masse monétaire


lorsque le crédit augmente d’une unité.
𝑹
r est la part des réserves (R) dans les dépôts à vue (D) : r =
𝑫

les réserves obligatoires sont des liquidités détenues obligatoirement sur les comptes des
banques secondaires à la banque centrale. Le taux de réserve obligatoire est fixé par la loi. En
zone CEMAC, il est de 20%.
𝑩
b est la part des billets (B) dans les dépôts à vue (D) : b = 𝑫 , il est encore appelé le taux
de préférence pour les billets.

Le multiplicateur de crédit permet donc d’indiquer la limite théorique de la création


monétaire par les banques secondaires.

 Le diviseur de crédit
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Ici l’ordre du phénomène est inversé par rapport au mécanisme du multiplicateur de crédit. Le
système bancaire accorde d’abord le crédit pour un montant ∆C et se procure seulement dans un
second temps la monnaie banque centrale nécessaire pour faire face à la demande de billets et à
la constitution des réserves obligatoires. Le montant de cette monnaie banque centrale nécessaire
𝟏
est donné par la formule ∆E = 𝒎 ∆C.

∆E : excédent de monnaie qui sera nécessaire ici pour financer les crédits et pour constituer les
réserves obligatoires.
∆C : c’est le volume de crédits accordés aux agents économiques.
𝟏 1
: c’est le diviseur de crédit : on a = 𝑟 + 𝑏 + 𝑟𝑏 = 1 − (1 − 𝑟)(1 − 𝑏).
𝒎 𝑚

Chapitre 7 : les éléments de la comptabilité nationale


L’objectif de ce cours est de présenter sous une forme relativement simplifiée les principaux
acteurs de la vie économique et les échanges qui s’effectuent entre eux. Il introduit et définit les
principales grandeurs économiques : production, consommation, épargne, investissement, valeur
ajoutée, revenu, etc… Il présente aussi les égalités fondamentales qui existent entre ces grandeurs,
égalités qui sont à la base du problème crucial de l’équilibre économique. Ce chapitre développe
enfin la manière dont sont aujourd’hui mesurées les principales grandeurs économiques appelées
agrégats.

1.20 Les acteurs économiques et les marches

1.20.1 Les acteurs économiques


Dans une économie nationale, les acteurs économiques ou agents économiques sont trop
nombreux, on les regroupe en sept catégories.

- Les sociétés et quasi-sociétés non financières ;


- Les ménages ;
- Les administrations publiques ;
- Les administrations privées ;
- Les institutions financières ;
- Les compagnies d’assurance ;
- L’extérieur.
L’extérieur regroupe l’ensemble des agrégats résidant à l’étranger et ayant des relations avec
l’économie nationale notamment au niveau de l’exportation (X) et de l’importation (M). X – M =
Solde commercial ou balance commerciale.
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1.20.2 Les différents marchés
Les agents économiques effectuent les transactions sur quatre grands marchés :
- Le marché des biens et services : c’est celui où se détermine la production
nationale, la demande (biens de consommation) et le niveau des prix.
- Le marché des facteurs de production : le marché du travail est le plus
important marché des facteurs de production, il permet de déterminer le niveau
de salaire, l’emploi et le chômage.
- Le marché des capitaux : sur ce marché s’établit le niveau de taux d’intérêt et
le prix des différents actifs monétaires et financiers.
- Le marché de change : il permet d’échanger la monnaie nationale contre
l’ensemble des autres devises et de déterminer la valeur du taux de change.
C’est-à-dire le nombre d’unité de monnaie étrangère que l’on peut obtenir avec
une unité de monnaie nationale.

1.21 La mesure de l’activité économique nationale


Depuis la fin de seconde guerre mondiale, les grandes nations industrielles ont élaboré avec la
comptabilité nationale une technique de représentation et de mesure des activités de production et
d’échange.

Les notions de production et de revenu sont traduites dans la notion de comptabilité nationale par
les agrégats.

1.21.1 Les principaux agrégats


Un agrégat est une grandeur synthétique qui mesure le résultat de l’activité de l’ensemble de
l’économie.
Les principaux agrégats sont : le Produit Intérieur Brut, le revenu national, l’épargne, la
consommation et la Formation Brute du Capital Fixe (FBCF).

- Le produit intérieur mesure la production c’est-à-dire l’activité économique


socialement organisée consistant à créer les biens et services.
- Le revenu national mesure l’ensemble des revenus reçus par les agents
économiques.
- La consommation (consommation finale) représente la valeur des biens et
services utilisés pour la satisfaction directe des besoins humains, individuels et
collectifs.
- La FBCF représente la valeur des biens durables acquis par producteurs pour
être utilisée pendant au moins un an dans leur processus de production.
- L’épargne est la part des ressources (revenus) courantes qui reste disponible
pour accumuler les actifs financiers ou physiques.

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1.21.2 Le produit intérieur brut (PIB) et le Produit national brut (PNB)


Le PIB est une mesure de la production nationale c’est-à-dire l’ensemble des richesses générées
sur un territoire par les résidents et les non-résidents au cours d’une période donnée. Le PIB peut
être évalué à prix courant ou à prix constant.

1.21.2.1 Le PIB : une somme des valeurs ajoutées (optique production)


La valeur ajoutée pendant une période donnée est la différence entre la valeur des biens et services
produits et les biens et services utilisés au cours du processus de production. C’est la différence
entre la production et les consommations intermédiaires.

PIB = VA de toutes les entreprises + TVA + DD – Subventions.

VA = valeur ajoutée

TVA = taxe sur la valeur ajoutée

DD = droit de douane
1.21.2.2 Le PIB : une somme des dépenses (optique dépense ou demande)
Dans les comptes nationaux, les variations de stocks ne sont pas comptabilisées avec la FBCF.
Elles sont ajoutées aux autres composantes de la demande finale. Ainsi le PIB + les importations
= la consommation finale + FBCF + la variation des stocks + les exportations.

PIB + M = CF + FBCF + ∆S + X → PIB = CF + FBCF + ∆S + X – M


1.21.2.3 Le PIB : une somme des revenus (optique revenu)
Le PIB est constitué de l’ensemble des revenus perçus par les agents économiques de leurs
activités de production.
PIB = Somme des Salaires + Excédent Brut d’Exploitation + Impôts Directs – Subventions.

1.21.3 Le PIN : le Produit Intérieur Net


C’est la différence entre le produit intérieur brut et l’ensemble des amortissements. PIN = PIB
– Amortissements

1.21.4 Le PNB : le Produit national brut


C’est l’ensemble des richesses générées par les nationaux qu’ils soient sur le territoire national ou
à l’étranger.

PNB = PIB + RRNE – RVEP


RRRM : ensemble des revenus reçus des nationaux à l’étranger
RVRM : ensemble des revenus versés par les étrangers installés sur le territoire dans leurs pays.

Le PNN : produit national net


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C’est la différence entre le produit national brut et l’ensemble des amortissements. PNN = PNB
– Amortissements

1.21.5 Le revenu national


Il correspond à deux optiques différentes :
- La première est celle du revenu issu de la production c’est-à-dire de la VA.
- La seconde envisage le revenu sous l’angle de ces deux emplois : la
consommation et l’épargne (revenu national disponible brut).
1.21.5.1 Le revenu national : somme des revenus primaires
Le revenu national est la somme des revenus primaires c’est-à-dire ceux qui sont la contrepartie
d’une activité productive. Exemple : la rémunération du salaire, les excédents d’exploitation, des
revenus de la propriété reçus du reste du monde et les impôts liés à la production versés aux
administrations.
Ce revenu national est égal au produit intérieur brut.

RN = PIB = somme des salaires + excédent brut d’exploitation + impôts directs –


subventions.

1.21.5.2 Le revenu national disponible brut


Il provient de la répartition de la valeur ajoutée augmentée des revenus de la propriété. Il prend
en compte des opérations de redistribution (les impôts sur le revenu (IR), les cotisations sociales
et les prestations sociales).

En économie fermée, le revenu disponible s’écrit : Yd = Y – T. c’est-à-dire le revenu national


moins les impôts et les taxes.

Chapitre 8 : équilibre macroéconomique


A la différence de la microéconomie qui analyse les unités élémentaires de production et de
consommation, la macroéconomie considère les différents groupes d’unités économiques
composant la collectivité nationale. L’analyse macroéconomique nécessite de recourir à des
instruments spécifiques qui vont permette de comprendre, notamment dans une optique
keynésienne, les conditions de réalisation de l’équilibre macroéconomique.

1.22 Les instruments de l’analyse keynésienne


Il s’agit ici d’analyser la fonction de consommation, la fonction investissement et la fonction
d’importation.

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1.22.1 La fonction de consommation
La consommation dépend principalement du revenu disponible. Elle s’exprime sous la forme :
C=c Yd + C0 (1)
Où C est la consommation ; c la propension marginale à consommer ; CO la consommation
incompressible. Yd = Y - T (2) est le revenu disponible i.e. le revenu net après le payement des
impôts et taxes.

T représente les impôts et taxes qui sont liés à l’activité économique. Plus l’activité économique
est en expansion, plus on paye d’impôt. On peut écrire :

T = tY +T0. (3) avec t le taux d’imposition, Y le revenu national et T0 l’impôt forfaitaire non lié à
l’activité économique.
On peut dons écrire la consommation en fonction du revenu.
(3) dans (2) →Yd=Y-(tY+T0) = Y-t Y-T0 (4)
(4) dans (1) → C= c (Y-tY-T0) +C0 = cY-ctY-cT0 +C0

C= c (1-t)Y-cT0 +C0
Si l’impôt forfaitaire n’existe pas alors C= c (1-t)Y +C0

L’épargne est la partie non consommée du revenu. Elle est donc égale S=Y-C, où S est la fonction
d’épargne.
S=Y- c (1-t)Y+cT0 -C0 alors, S= [1- c (1-t)] Y+cT0 - C0
Si T0=0, alors S= S= [1- c (1-t)] Y- C0

1.22.2 La fonction d’investissement


Dans l’analyse macroéconomique, le terme investissement est réservé à la seule création des biens
capitaux nouveaux car seul ce type de dépense permet de créer les emplois et de stimuler l’activité.
A la différence des placements financiers qui n’augmentent pas la capacité productive, n’exerce
aucune influence sur la demande et sur le revenu.

La fonction d’investissement permet d’explique comment se fixe la demande d’investissement.


Pour ce faire, Keynes étudie les conditions d’investissement au niveau macroéconomique pour
obtenir la fonction d’investissement global.

Au niveau de l’entreprise, la décision d’investissement dépend de deux critères : le critère de la


VAN (valeur actuelle nette) et le critère du TIR (taux interne de rendement).
Pour le calcul de la VAN, c’est la somme actualisée des recettes nettes attendues Rt (cash flows)
sur la période d’analyse moins le coût initial du projet (I0).
La formule est :
VAN = ∑𝒏𝒕=𝟏 𝐑𝐭 (𝟏 + 𝐢) −𝐭 - Io
Avec n le nombre d’année ou durée du projet.
Lorsque la VAN≥0, l’entreprise a intérêt à investir, sinon VAN≤0, elle ne va pas investir.
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Pour le taux interne de rendement, c’est le taux qui permet d’égaliser la somme actualisée des
recettes nettes attendues sur la période d’analyse au coût initial du projet. On note r=TIR.

On a donc : VAN = ∑𝒏𝒕=𝟏 𝐑𝐭 (𝟏 + 𝐫) −𝐭 - Io . r est trouvé grâce à la table financière ou par


tâtonnement à l’interpellation linéaire.

L’entreprise décide de comparer le taux interne de rendement du capital au taux d’intérêt sur le
marché. Si r › i, l’entreprise va investir, sinon r‹ i, l’entreprise ne doit pas investir.
Lorsqu’il y’a conflit de choix entre les deux critères i.e. au regard des deux critères, les décisions
sont différentes, il est recommandé de retenir la décision du TIR.

On constate donc que lorsque le TIR est élevé, l’investissement augmente et le taux d’intérêt est
bas. Il y’a donc une relation inverse entre l’investissement (I) et le taux d’intérêt (i). I est une
fonction décroissante de i : I= f(i)

Lorsqu’on dira que l’investissement est autonome, cela voudrait dire qu’il ne dépend pas de
l’activité économique et on note dans ce cas I=I0.

1.22.3 La fonction d’importation


L’importation est la demande nationale en produits étrangers, les importations sont fortement liées
au niveau d’activité économique nationale. On peut donc écrire la relation : M= mY+M0. Avec
M : les importations des biens et services, m la propension marginale à importer et M 0 les
importations forfaitaires ou autonomes, non liées au niveau d’activité.

1.23 Réalisation de l’équilibre macroéconomique keynésien


Pour Keynes, l’équilibre macroéconomique est atteint simultanément sur le marché des biens et
services et sur le marché de la monnaie. Il considère que la marché du travail est en déséquilibre
car l’offre du travail dépasse toujours la demande du travail i.e. qu’il y’a sous-emploi.

1.23.1 Equilibre sur le marché des biens et services


Sur ce marché, on a les équations suivantes :
C=cYd+C0 (1) Consommation
T= ty + T0 (2) Impôts et taxes
I=I0 (3) Investissement
G=G0 (4) Dépenses publiques
X=X0 (5) Exportation des biens et services
M=mY+M0 (6) Importation des biens et services
Y= C+I+G+X-M (7) Equation d’équilibre du secteur réel

L’objectif sur ce marché est de déterminer le revenu d’équilibre. Pour y arriver, on utilise la
substitution. On sait que Yd=Y-T en substituant (2) dans (1), on a :
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C= c (Y-tY) +C0 = c (1-t)Y +C0 (8)
En remplaçant (3), (4), (6) et (8) dans (7), on a :
Y= c (1-t)Y +C0+ I0+ G0+X0-(mY +M0)
Y= c (1-t)Y +C0+ I0+ G0+X0-mY - M0
Y= c (1-t)Y -mY +C0+ I0+ G0+X0 - M0 1
Y = 1− c (1−t) +m [C0+ I0+ G0+X0 + cT0 -M0]
Y [1- c (1-t) +m] =C0+ I0+ G0+X0 -M0

C’est le revenu d’équilibre sur le marché des biens et des services. A partir de cette relation, on
calcul les multiplicateurs suivants :

1.23.1.1 Multiplicateurs de l’investissement


∆𝑌 1
=
∆Io 1 − c (1 − t) + m
Il mesure l’effet de l’accroissement de l’investissement autonome sur le revenu dans le secteur
réel.

1.23.1.2 Multiplicateurs des dépenses publiques


∆𝑌 1
=
∆Go 1 − c (1 − t) + m
Il mesure l’effet de l’accroissement des dépenses publiques sur le revenu dans le secteur réel.

1.23.1.3 Multiplicateurs des importations autonomes


∆𝑌 −1
=
∆Mo 1 − c (1 − t) + m
Il mesure l’effet de l’accroissement des importations sur le revenu.

1.23.2 Equilibre sur le marché de la monnaie


C’est la rencontre entre l’offre de la monnaie et la demande de la monnaie. L’offre de monnaie
est souvent considéré comme exogène i.e. fixé par les autorités monétaires. On a donc M 0=𝑀̅:
offre de monnaie

La demande monétaire, quant à elle est keynésienne et dépend des motifs de transaction, de
précaution et de spéculation. Elle est dons sous la forme Md = k Y+ Ii

Où Md : demande de monnaie ; Y : revenu national ; i : taux d’intérêt ; k : propension de détention


monnaie pour le motif de transaction et de précaution ; l : propension de détention monnaie motif
spéculation.
A l’équilibre, offre de monnaie = demande de monnaie

𝑙 ̅
𝑀
Y= - i +
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̅
k Y+ li= 𝑀 ̅
→ kY= -li+𝑀 →

Exercice 1
Soit l’économie fermée avec les informations ci-après :
C=120 + 0,8 Y ; I=80
Qu’est-ce qu’une économie fermée ?
Donner la signification économique de 0,8 ; 120 et 80.
Déterminer la fonction épargne
Déterminer le revenu d’équilibre
Pour ce niveau de revenu, déterminer la consommation et l’épargne
Déterminer le multiplicateur de l’investissement
Si l’investissement augmente de 50, quel est l’accroissement correspondant au revenu ?

Réponse
Une économie est dite fermée lorsqu’elle n’est pas en relation avec l’extérieur (ni importations,
ni exportations, ni transaction avec l’extérieur).
Donnons la signification

0,8 est la propension marginale à consommer (lorsque le revenu augmente1, la consommation


augmente 0,8) ;
est la consommation incompressible et 80 est l’investissement autonome
Déterminons la fonction d’épargne

Dans une économie fermée, à l’équilibre, l’épargne est toujours égale à l’investissement S=I
→ 0,2 Y – 120 = 80 →0,2 Y= 200 → Y= 1 000.
Pour ce niveau de revenu d’équilibre, C= 120 + 0,8 (1000) = 920 et S= 0,2 (1000)-120 =80
Déterminons le multiplicateur de l’investissement
C = c Y + C0 et I= I0, donc Y= C+I → Y= cY+ C0 + I0
1
Y (1-c) = C0+I0 → Y= (C0 + I0)
1−𝑐

∆𝑌 1 1 ∆𝑌
Donc ∆Io = 1−0,8 = → ∆Io = 5
0,2

Connaissance la valeur du multiplicateur si le revenu augmente de 50, le consommateur augmente


∆𝑌
=5 → ∆𝑌 = 5 ∆Io = 5 (50) → ∆𝑌 =250
∆Io

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Exercice 2
Soit l’économie est caractérisée par les informations ci-après :
C=100 + 0,6 Y ; T=0,25Y ; G=100 ; X= 80 ; I=200 et M= 20+0,2Y
Donnez la signification de toutes les valeurs numériques du modèle
Déterminez le revenu à l’équilibre de ce modèle.

Donnez les valeurs des multiplicateurs de l’investissement, des dépenses publiques et des
importations.

- Si le revenu d’équilibre augmente de 20, quel est l’accroissement des dépenses


publiques nécessaires ?
- Si l’investissement augmente de 75, quel est l’accroissement correspondant du
revenu ? Quel est l’effet de cet accroissement du revenu sur les impôts, sur la
consommation et sur les importations ?

Chapitre 9 : croissance et développement économiques


Toutes les analyses économiques, se fixent généralement comme objectif fondamental
l’amélioration du niveau de vie des individus. Comme mesures de l’activité économique, on
distingue : la croissance économique, l’inflation et le chômage.

En fait le niveau de l’activité économique d’une nation se modifie par la variation des quantités
de facteurs de production, mais aussi d’autres variables qui en sont des moteurs. L’activité
économique varie aussi en cours d’année en fonction des saisons, des conditions climatiques,
comme elle peut parfois, atteindre des niveaux considérables, sans pour autant que ça soit
accompagné par un changement dans les conditions de vie de la population.

- Comment, donc peut-on appréhender la croissance économique, sa mesure et ses


facteurs ?
- En quoi la croissance est-elle différente du développement ?
- Et comment peut-on expliquer les différences et les inégalités entre les différents pays
du monde ?

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1.24 La croissance économique

1.24.1 Définition et mesure

1.24.1.1 Définition de la croissance


La croissance économique se définit comme l’accroissement quantitatif de la production
nationale selon un rythme soutenu, régulier et en longue période. La croissance est un objectif
recherché par la plupart des économies. Le taux de croissance apparaît chaque année comme un
indicateur de réussite ou d’échec pour un pays donné.

1.24.1.2 Mesure de la croissance


La croissance économique est mesurée quantitativement par l’augmentation du PIB (Produit
intérieur brut) ou du PNB (Produit national brut).

- Le PIB comprend l’ensemble des valeurs ajoutées des agents économiques résidants sur
le territoire national d’un pays. La valeur ajoutée étant définie, quant à elle par la
différence entre la production et les consommations intermédiaires.

Exemple1 : Soit par exemple une économie où n’existent que deux entreprises, la première
produisant du blé (l’agriculteur), et la deuxième produisant du pain (le boulanger). L’agriculteur
consomme un quintal de blé (semence...) pour en produire onze quintaux, à 20 FCFA le quintal,
tandis que le boulanger produit une tonne de pain valant 360 FCFA, à l’aide d’une tonne de blé.

TAF : Calculer le PIB de cette économie.

Solution
Agrégats PRODUCTION CONSOMMATION VALEUR AJOUTEE
INTERMEDIAIRE
Entreprises

AGRICULTEUR 11Q x 20 FCFA=220 1Q x 20 FCFA=20 220-200=200 FCFA

BOULANGER 360 FCFA 10Q x20 FCFA=200 360-200=160 FCFA

Le PIB = ΣVA = 200 FCFA + 160 FCFA = 360 FCFA.

 Le PNB comprend l’ensemble des valeurs ajoutées des agents économiques


de même nationalité, résidants sur le territoire national ou à l’étranger. D’où PNB
= PIB + Transferts extérieurs nets (exemple :VA des Camerounais non-résidents
– VA des étrangers résidents au Cameroun)
Etant l’agrégat le plus aisément estimable, le PIB servira de base pour déterminer
le taux de croissance d’une économie.

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 Le taux de croissance correspond au pourcentage d’augmentation de la
grandeur économique de référence au cours d’une année.
𝑃𝐼𝐵(𝑛 + 1) − 𝑃𝐼𝐵(𝑛)
𝑇𝐶 = ( ) × 100
PIB(n)
Exemple 2 : Si le PIB d’un pays est passé au cours d’une année de 4000 M u.m à 4200 M u.m,
quel sera le taux de croissance ?
4200 − 4000
Solution : X 100 = 5 %
4000

Dans le calcul du taux de croissance, le produit intérieur brut peut être exprimé aux prix courants
(de l’année considérée) ou aux prix constants (d’une année de base).

Exemple 3 : Le PIB aux prix courants du Cameroun en 1991 a été de 12,131 M FCFA contre
10,990 M FCFA en 1990. Calculons le taux d’accroissement du PIB en 1991 aux prix courants.
PIB 1991 − PIB 1990
Soit : = 10.4 %
PIB 1990

 Ce taux n’est pas significatif car il comporte des effets de la hausse des prix
entre 1990 et 1991. En effet, la croissance économique peut être faussée par
l’augmentation des prix. Il nous faut donc le PIB de 1991 aux prix constants de
1990. Les statistiques nous donnent ce PIB 1991 (prix constants de 1990) = 11,375
M FCFA.
11,375 – 10,990
D’où le taux de croissance, aux prix constants de 1990, devient : = 3,5 %.
10,990

La différence : 10,4 – 3,5 = 6,9 % représente l’effet de l’inflation.


 Le calcul des taux de croissance sert à :
∗Comparer les performances d’une nation durant une période donnée : Comparaison
temporelle.
∗Comparer les performances des pays les uns par rapport aux autres : Comparaison
spatiale.

 Cas du Cameroun En Millions de FCFA

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 Plusieurs critiques ont été adressées à l’égard du PIB :


• Il néglige l’économie souterraine :
Les activités non déclarées formant le « marché informel», les productions des femmes au foyer
et des domestiques, par exemple, ne sont pas prises en considération dans l’évaluation du PIB.

• Il ne comptabilise pas les effets pervers de la croissance :


Les externalités négatives liées à la production devraient être comptabilisées en moins pour
l’évaluation du PIB. Il en sera de même pour les rejets nocifs de l’industrie, etc...

• Il n’indique pas la nature de la production :


L’évaluation du PIB global ne permet pas de réaliser la nature des biens essentiellement produits
: a-t-on favorisé les biens de consommation ou les biens de production ? Les biens alimentaires
ou les armes ?

• Il ne permet pas une comparaison réelle entre les pays :


Comparer le PIB par habitant de deux pays différents suppose qu’avec une unité de deux monnaies
de deux différents pays, on peut acquérir la même quantité de biens dans chacun de ces pays, ce
qui est absurde. Pour faciliter les comparaisons internationales, l’OCDE (Organisation de la
Coopération et du Développement Economique) calcule des PIB exprimés en équivalents de
pouvoir d’achat.

• Il ne permet pas une comparaison réelle dans le temps :


Entre deux années différentes, les prix des biens peuvent subir un phénomène inflationniste
(hausse des prix) qui pourrait déformer la variation réelle du PIB. Pour pallier à cela, des
évaluations sont faites l’une à prix courants, l’autre à prix constants.

1.24.2 Facteurs de croissance


Par définition, la croissance économique suppose une augmentation quantitative de la production,
laquelle production dépend des facteurs traditionnels : Ressources naturelles, capital et travail
(force humaine). Outre ces facteurs, la croissance économique nécessite, aujourd’hui, d’autres
facteurs d’efficacité.

1.24.2.1 Les facteurs traditionnels


1.24.2.1.1 Les ressources naturelles
Ces dernières englobent essentiellement :
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- La terre : les surfaces cultivables (sols), le sous-sol avec ses richesses
minérales, les forêts... etc.
- Les eaux : eau potable, l’eau pour l’irrigation des plantations... etc.
- Les métaux : Fer, Or, argent,…
- Le pétrole, le phosphate, le gaz naturel, …etc.
1.24.2.1.2 La population
Deux thèses s’opposent quant à la contribution de la population à la croissance économique :
Une première thèse considère qu’un grand effectif de la population constitue des bouches
supplémentaires à nourrir. Ce problème prend davantage d’ampleur dans les pays où les
disponibilités alimentaires sont faibles. Dans ces pays, la sécurité alimentaire n’est pas assurée.
Ils dépendent de l’étranger dans leur approvisionnement en produits alimentaires. Donc, tant
qu’une société ne s’est pas libérée de la contrainte alimentaire, l’expansion démographique y
retarde la possibilité de décollage économique (cas des pays les moins avancés : Angola,
Bangladesh, etc...)
Une deuxième thèse considère, au contraire, qu’une population en expansion représente une
source de création de richesses car la population active constitue un facteur de production
d’autant plus productif qu’il est formé et qualifié. De plus, cette population représente une
demande supplémentaire pour les productions qui trouvent ainsi des débouchés. Ceci assure au
marché national des biens et services une plus grande taille et favorise ainsi la croissance de l’offre
des entreprises. Cette thèse s’applique surtout à partir d’un certain niveau de développement
économique et social (cas des pays développés) ou encore dans le cas des pays de l’Europe, après
la deuxième guerre mondiale.

1.24.2.1.3 Le capital
De tous les facteurs de la croissance, le capital est celui dont l’accroissement est le plus rapidement
réalisable. Ceci dépend des possibilités de l’économie de dégager, dans le revenu national, un
financement suffisant pour les investissements : Encore faut-il que les circonstances soient
favorables à l’investissement : épargne abondante, progrès technique ?

1.24.2.2 Les facteurs d’efficacité


Dans un état donné de la technologie, il arrive un moment où le rythme de la croissance
économique s’essouffle. Le plafonnement de la production ne peut être relevé qu’en améliorant
l’efficacité des combinaisons productives. Il s’agit essentiellement des facteurs suivants :

1.24.2.2.1 Le progrès technique


Ce dernier concerne :
- La façon de produire : Il permet un accroissement de la productivité ou des
rendements des facteurs
- La nature des produits : il permet essentiellement la production de biens nouveaux
assurant une meilleure ou une plus large satisfaction des besoins.

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1.24.2.2.2 Le développement de la connaissance scientifique
Il est clair que c’est là la source de tout progrès. En particulier, le développement de la fonction
Recherche et Développement dans les entreprises et les universités est un moyen très efficace
pour la découverte de nouvelles technologies.

1.24.2.2.3 L’éducation et la formation


• L’éducation intervient pour assurer au facteur humain un niveau d’instruction
nécessaire à l’adaptation aux techniques modernes.
• La formation assure une qualification minimale aux travailleurs et permet
d’entretenir leurs aptitudes professionnelles.
1.24.2.2.4 Les échanges extérieurs
L’ouverture sur l’extérieur permet, par le biais des échanges, de bénéficier des progrès réalisés
ailleurs (transfert technologique). La libéralisation des échanges extérieurs, permet d’ouvrir de
nouvelles débouchées à la production nationale. A ce titre, la croissance des exportations d’un
pays devient une condition nécessaire à la croissance.

1.24.2.2.5 Un contexte favorable à la croissance


Un ensemble de facteurs ont en commun de créer une ambiance favorable à la croissance. Ce sont
notamment :

- L’innovation et l’esprit d’entreprise : l’innovation est un facteur


incontournable de progrès. Elle implique une imagination fertile et des recherches
continues. L’esprit d’entreprise est l’aptitude à créer et à gérer des entreprises :
l’entrepreneur type ne craint pas le risque de perte inhérent à tout projet. Il est
fonceur, dynamique et courageux.
- L’épargne : condition nécessaire à la réalisation de l’accumulation du capital.
- La souplesse (flexibilité): elle facilite l’adaptation aux changements qui
accompagnent la croissance.
1.24.2.3 Analogies : Croissance, progrès, expansion et développement
1.24.2.3.1 Croissance et expansion
Alors que la notion de croissance se rapporte à des phénomènes se situant sur les moyens et longs
termes, celle de l’expansion désigne également une hausse de la production mais dans une vision
à court terme et qui peut se réaliser sans changement de structures.

1.24.2.3.2 Croissance et progrès


Le progrès se définit généralement comme étant un état jugé meilleur par rapport au passé. La
notion de progrès économique se définit à la fois par l’idée de croissance (accroissement
quantitatif des richesses) et par une meilleure efficacité (productivité, progrès technique, meilleure
organisation de la production...).

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1.24.2.3.3 Croissance et développement
Croissance et développement sont deux notions dépendantes : la croissance mène au
développement qui favorise la croissance. Mais une croissance déséquilibrée, ou dont les gains
sont mal répartis, ne conduit pas au développement. La croissance est une condition nécessaire
mais non suffisante pour le développement : Toute croissance n’est pas profitable.

1.24.3 Les étapes de la croissance


C’est dans les travaux de Rostow que l’on trouve de façon très significative l’idée selon laquelle
chaque économie passe par cinq étapes successives de croissance économique. Ces cinq étapes
peuvent être schématisées comme suit :

Application : A la fin de l’exercice budgétaire, les autorités déclarent que le taux


de croissance économique normal atteint par le pays est de 6%.
1) Qu’est-ce que la croissance économique nationale ?
2) Quelle différence entre croissance économique et développement
économique ?

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3) De quels autres éléments doit-on tenir compte pour savoir si le taux de
croissance de 6% contribuera l’augmentation de la richesse du pays ?
4) Citez deux facteurs de croissance et montrez leur influence respective sur le
phénomène ?

1.25 Développement économique

1.25.1 Définition et mesure du développement

1.25.1.1 Définition
Si la croissance est un phénomène quantitatif, le développement économique est plutôt un
phénomène qualitatif qui s’opère par la modification des structures économiques, sociales et
mentales.

D’une façon générale, le développement correspond à une évolution durable des mentalités et
des structures.

En particulier, le développement exige l’accroissement de la production et une meilleure


répartition des revenus.

Donc : Développement = Croissance + Une distribution plus égalitaire des revenus grâce à
une modification des structures économiques et sociales.

1.25.1.2 Mesure
Le niveau de développement (ou de sous-développement) d’une nation peut être mesuré à l’aide
d’une série de critère : Le nombre de personnes vivant de l’agriculture (cultures vivrières) ; Le
niveau de productivité dans tous les secteurs ; Le niveau de l’industrialisation ; Le niveau de
l’emploi (ou du chômage) ; Le niveau du revenu annuel par habitant ; Le niveau de nutrition ; La
mortalité infantile ; Les conditions sanitaires et de santé ; Les inégalités sociales ; Le niveau de
l’éducation (degré d’alphabétisation ou d’analphabétisme)

1.25.1.3 Indicateurs
L’indicateur le plus utilisé pour faire des comparaisons internationales, est le PNB par habitant
ou le revenu par tête.
PNB par habitant = PNB au cours d’une année / Population totale.

1.25.1.3.1 L’indicateur de développement de l’ONU


L’ONU (Organisation des Nations Unies) a établi un indicateur synthétique plus large que le PIB,
et qui englobe, outre le PIB, le niveau d’éducation, de santé, de niveau de vie... dont bénéficient
en moyenne les habitants d’un pays. Cet indicateur appelé indicateur de développement humain
(IDH) permet de formuler une mesure du développement plus complète que le seul PNB par tête.

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1.25.2 Le sous-développement

1.25.2.1 L’apparition du sous-développement


On a commencé à parler du sous-développement après la seconde guerre mondiale et la
décolonisation. En effet, une notion nouvelle apparue à cette époque, est celle du « tiers monde
», née pour la première fois en 1952 avec Alfred Sauvy. Le tiers monde serait le troisième monde
après le monde développé capitaliste et le monde industrialisé socialiste. Cependant, cette notion
est dépassée aujourd’hui, spécialement suite à l’effondrement du bloc socialiste.

En réalité, on ne peut définir la notion de sous-développement que par rapport à celle du


développement : un retard de développement ou un produit du développement ? Comme il est
plus commode de nos jours de parler de comparaison entre Nord développé et Sud en
développement, ou encore entre le « centre » représenté par les PDEM (pays développés à
économie de marché) et la « périphérie » représentée par les PVD (pays en voie de
développement).

1.25.2.2 Les explications théoriques du sous-développement


Deux explications s’opposent à cet égard :

-Certains économistes pensent que le sous-développement est un simple retard du développement.


Les pays sous-développés n’ont pas commencé au moment opportun, leur processus de
développement, ce qui a causé l’avance des autre pays et leurs situations économiques meilleures.
Il suffit pour ces pays de suivre une thérapie de croissance et de développement (telles que celle
de Rostow), et ce pour rattraper le retard qu’ils ont par rapport aux autres pays.

-D’autres économistes, affirment, au contraire, que le sous- développement est un produit du


développement. En fait, ils pensent que les pays sous- développés ont été exploités et dominés par
les autres pays, aujourd’hui développés, et ce à travers la colonisation et les inégalités des
échanges internationaux (la DIT du travail privilégie toujours les pays développés au détriment
des pays sous- développés, ou encore des pays en voie de développement).

1.25.2.3 Les PVD : du sous-développement au mal-développement


Aujourd’hui, on ne parle plus de sous-développement : La situation actuelle est très différente de
celle du début des années 50, le tiers- monde a éclaté, certains pays semblent se développer alors
que d’autres demeurent peu développés, mais ce qui leur semble commun c’est le mal-
développement.

1.25.2.4 La notion du sous- développement est à nuancer...


1.25.2.4.1 L’éclatement du tiers- monde et la nouvelle structure mondiale
La notion de tiers- monde n’est plus d’actualité : En effet, Le deuxième monde (le bloc socialiste)
n’existe plus, les pays qui composaient le tiers- monde sont maintenant dans des situations très
hétérogènes. Il y a, par exemple, de grandes différences entre :

-Les pays en voie de développement(PVD) tels que les pays de l’Asie du Sud- Est qui connaît
une très forte croissance économique et qui semble se développer grâce à une industrialisation
rapide (Corée du Sud par exemple) ou grâce à une transnationalisation qui lui donne un rôle de
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plate-forme financière et commerciale (par exemple la Singapour). Ces pays forment avec
d’autres, tels la Tunisie, La Syrie, Le Brésil.

-Les pays exportateurs de pétrole(PEP), qui arrivent à réaliser des pas considérables vers la
croissance et le développement, grâce uniquement à cette ressource naturelle chère : le pétrole.

Les pays les moins avancés (PMA). Tels que les pays de l’Afrique noire dont la plupart des pays
n’ont jamais connu d’industrialisation et où les problèmes de sous-nutrition et de mal- nutrition
sont extrêmement graves.
-Les pays développés (PD), créateurs de technologies

1.25.2.4.2 Le sous-développement peut-il réellement être un retard du développement


La situation actuelle des pays pauvres est très différente de la situation des pays riches au XVIII
ème siècle avant leur développement. Par exemple la forte croissance démographique avait
favorisé la croissance économique des pays aujourd’hui développés, alors qu’elle constitue,
actuellement, un frein de croissance pour les pays pauvres. Le problème de la famine n’était
auparavant que conjoncturel (lié aux incidents climatiques ou à la guerre), alors qu’aujourd’hui,
il constitue un problème structurel, surtout en Afrique.

Ces constatations nous amènent à conclure que ce que connaissent les pays les moins avancés
n’est pas un simple retard de développement. La notion de sous-développement est à nuancer au
profit de celle du mal- développement.

Nb : La conjoncture est la situation économique d’un pays à un moment donné. La mondialisation


est un processus d’intégration visant à regrouper les économies des pays.

1.25.2.5 Le mal- développement


Les pays qui ont été classés comme sous- développés, et qui forment aujourd’hui, le bloc des
PVD, PEP et PMA, se sont mal développés, pour les raisons suivantes :

1.25.2.5.1 Des économies mal-développées car désarticulées


L’économie des pays dits « en voie de développement » est désarticulée :

L’économie est duale (deux secteurs, l’un moderne et l’autre archaïque) et il n’y a pas d’effets
d’entraînement entre les deux secteurs. Ces économies souffrent à la fois de :

-une désarticulation agricole entre les cultures d’exportation généralement modernes et


productives et les cultures vivrières qui utilisent des techniques rudimentaires.

-une désarticulation urbaine entre un centre- ville moderne avec des industries parfois
performantes, une infrastructure convenable, et une économie rurale à très faible productivité et
où s’absentent tous les facteurs de la modernité.
-une désarticulation entre le secteur formel et le secteur informel.

-une désarticulation sociale : les sociétés des PVD sont les plus inégalitaires, la plus grande
pauvreté y côtoie souvent la plus grande richesse.

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La présence et l’extension des bidonvilles, l’importance de l’analphabétisme et de la domesticité
témoignent de cet état de fait.

1.25.2.5.2 Des économies mal- développées car dominées


Une caractéristique du mal- développement est la domination que les PVD aujourd’hui, pourtant,
décolonisés subissent, de la part des pays riches :

-une domination liée à leur endettement : les pays mal- développés sont, pour la plupart, fortement
endettés et dépendants vis-à-vis de leurs créanciers.

-une dépendance liée à leurs exportations : les pays d’Asie du Sud Est, par exemple, connaissent
une forte croissance grâce à leurs exportations vers les pays riches et sont donc très sensibles à la
conjoncture de ces pays.

La dépendance la plus forte est celle des exportateurs de produits de base car la maîtrise des prix
leur échappe le plus souvent.
-une domination culturelle et une domination politique dues aux rapports de force mondiaux.

1.25.2.5.3 Des économies mal- développées car ne couvrent pas les coûts de l’homme
Les économies des PVD couvrent plus ou moins les besoins de l’homme, mais aucune ne les
couvre parfaitement. Si certains pays ne connaissent plus les problèmes de sous-nutrition et de
mal- nutrition, la mortalité infantile y est souvent forte et l’analphabétisme des adultes est élevé.

Les situations des pays dits « envoie de développement » sont très diverses. Cependant, sans pour
autant former un bloc, ils ont tous un développement plus ou moins déséquilibré. Grâce à des
stratégies de développement qui semblent plus adaptées, certains pays, semblent être en mesure
de sortir de leur mal- développement.

1.26 Les indicateurs de mesure de l’activité économique


M
1 – La propension moyenne à importer : PMI =𝑃𝐼𝐵

Elle mesure le degré de dépendance des économies vis à vis de l’extérieur.


△M⁄𝑀
2 – L’élasticité prix des importations : ε = △P Elle mesure la sensibilité des
𝑃
importations par rapport aux prix des importations. Elle permet de tester les effets d’une
dévaluation de la monnaie nationale sur l’évolution des importations.
I
3 – Le taux d’investissement : TI= 𝑃𝐼𝐵
K
4 – Le coefficient du capital : c = 𝑃𝐼𝐵
K
5 – La productivité moyenne du capital : PMK = 𝑃𝐼𝐵
X
6 - Propension moyenne à exporter : PMX = Elle décrit la part de la production destinée
𝑃𝐼𝐵
aux marchés extérieurs.

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X
7 - Le taux de couverture : TC= Le taux de couverture mesure la capacité d’une
𝑀
économie à financer ses importations par ses ressources propres d’exportation.
prix à l′exportation
8 - Les termes de l’échange : prix à l′importation ou Indice des Termes de l'Echange (ITE):
indice à l′exportation
: ou encore Indice du pouvoir d'achat des exportations qui est égal à
indice à l′importation
l’indice Volume des exportations X indice des termes de l’échange.

Chapitre 10 : Les échanges internationaux


Les échanges de biens, de services et de capitaux conduisent à des paiements internationaux,
c’est-à-dire à des règlements en monnaie étrangère. En fonction de l’évolution des échanges dans
le monde et des cours des monnaies, les agents économiques sont amenés à faire des arbitrages
pour optimiser leurs opérations économiques.

1.27 Le change
Une opération de change est une opération de conversion d’une monnaie dans une autre monnaie,
appelée « devise ». Elle est nécessaire à un échange économique entre des agents économiques
n’utilisant pas la même monnaie. Le marché des changes est le marché sur lequel s’effectuent
les échanges de monnaies nationales différentes et sur lequel se détermine donc le taux de
change. De manière générale, le taux de change est le prix relatif d’une monnaie par rapport à
une autre. Ainsi, on parle de taux de change de la valeur nationale d’une monnaie ou devise par
rapport à celle d’un autre pays. Il représente la quantité d’une devise étrangère que l’on peut
acquérir avec une unité d’une autre monnaie. Il peut être fixe ou constant, car il est déterminé par
l’Etat ou la banque centrale qui émet la monnaie par rapport à une monnaie de référence. Il peut
être modifié par une décision dévaluation ou réévaluation, pour lutter contre la spéculation si le
taux officiel n’est réaliste.

1.28 La formation du taux change

1.28.1 Définition
Le taux de change est la valeur d’une monnaie nationale exprimée en monnaie étrangère. C’est
le prix auquel s’achète de la monnaie étrangère (devise) en monnaie d’un pays.

Exemple : Si 500 Franc Fcfa valent 1Dollar, ou encore, 500 FCFA vaut 1 $, ceci veut dire que le
taux de change, du franc CFA au Dollar est de 1/500 = 0,002 ou encore que le taux de change du
Dollar en Franc CFA est de 500/1 = 500. Pour avoir un FCFA, il faut 0,002 Dollar et pour avoir
un Dollar, il faut 500 FCFA.

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1.28.2 Les variations du taux de change
Une modification du taux de change a une influence sur le commerce extérieur du pays concerné.
Supposons que le dollar se déprécie, c’est-à-dire perd de sa valeur vis-à-vis de la devise étrangère,
cela se traduit par un renchérissement des importations (il faut plus de dollars pour acheter un
même volume de marchandises importées) et une diminution du prix des exportations (les
acheteurs étrangers devront dépenser moins d’Euros ou de Deutsch Marks pour acquérir un même
bien). Ces mouvements de prix affectent le volume des échanges puisque les consommateurs
locaux vont acheter de préférence des produits d’origine nationale au détriment des biens importés
devenus plus cher ; tandis que sur les marchés extérieurs, les produits locaux deviennent plus
compétitif (à prix moins élevés et donc peuvent combattre les produits concurrents).

Ainsi, une dépréciation (dévaluation) a pour effet d’améliorer l’équilibre de la balance


commerciale. A l’inverse, une appréciation (réévaluation) conduit à une détérioration du solde
commerciale.

Le taux de change d’une monnaie est déterminé par le marché des échanges en fonction des offres
et des demandes qui sont faites de cette monnaie. C’est un marché planétaire sur lequel s effectue
des transactions sur les devises (les monnaies étrangères) et où interviennent principalement des
entreprises ; des banques et des autorités monétaires (les banques centrales). Lorsque la demande
des opérateurs est élevée, la monnaie s’apprécie par rapport aux autres monnaies ; son taux
d’échange s’élève. Inversement lorsque l’offre déplace la demande la monnaie se déprécie, le
taux de change diminue.

1.29 Les régimes de change


Il existe deux régimes de change :

Le premier consiste à établir une parité officielle (à donner un prix d’une monnaie dans une autre)
autour de laquelle les cours des monnaies ne doivent pas ou très peu varié. Dans ce système de
taux de changes fixes, les autorités monétaires sont tenues d’intervenir pour stabiliser le cours
des monnaies nationales en utilisant leurs réserves de change. Lorsque par exemple, le cours de
la monnaie s’affaiblit, elles vendent des devises et demandent leur monnaie sur le marché de
change. Si cette situation tend à perdurer, des réajustements monétaires deviennent
indispensables. Ils prennent la forme de dévaluation ou réévaluation.

Le second système se caractérise par la liberté laissée au marché des changes de déterminer le
cours des monnaies les unes par rapport aux autres. Dans ce système, dit de taux de changes
flexibles, les autorités monétaires ne sont plus obligées d’intervenir. Elles le peuvent cependant
si elles souhaitent éviter des fluctuations des taux de change de trop grande amplitude.

1.30 Les déterminants des taux de change


L’on distingue :

1.30.1 Les déterminants économiques


Le rythme de croissance économique d’un pays influence plus ou moins la demande de monnaie
nationale. Ainsi, un pays connaissant une croissance économique soutenue attire plus facilement
les investisseurs internationaux, ce qui alimente la conversion des devises en monnaie nationale
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et fait s apprécier cette dernière sur le marché de changes. Le solde des transactions courantes
aboutit par ailleurs aux mêmes effets (un déficit extérieur entraine une hausse de la demande de
devises, d’où une baisse du taux de change, alors qu’un excédent produit les effets inverses). Enfin
les performances en matière de lutte contre l’inflation jouent également un rôle. En effet, selon
la théorie des parités de pouvoir d’achat, un pays qui connait un taux d’inflation plus élevé que
celui de son partenaire commercial doit voir son taux de change s’affaiblir.

1.30.2 Les déterminants financiers et psychologiques


Les écarts entre les taux d’intérêts réels jouent un rôle de plus en plus grand dans la détermination
des taux de changes. En effet, les taux d’intérêts réels constituent le rendement d’un placement
financier. Lorsque le taux d’intérêts d’un pays s élevé par rapport à celui des autres places
financières, cela attire de nombreux capitaux flottants à la recherche de la rémunération la plus
élevée. Il en découle une appréciation de la monnaie sur le marché des changes. Cependant, les
opérateurs financiers tiennent également compte des risques liés à l’état du marché financier;
celui-ci peut être plus ou moins liquide plus ou moins volatile, plus ou moins transparent…

1.31 Les risques de change


La plupart des opérations réalisées sur le marché des changes s’effectuent au comptant presque
immédiatement après la négociation entre les protagonistes qui s’étendent sur le prix de la
transaction. Mais d’autres opérations sont effectuées à terme; il s’agit de transactions sur les
devises qui sont réglées à échéance d’un mois ou plus à un prix fixé immédiatement.

Ces opérations font courir un risque de change aux opérateurs, c’est-à-dire un risque de perte
financière lié aux fluctuations des taux de changes. Des instruments sophistiqués permettent de
se garantir contre ce risque. Les opérations à terme offrent aussi la possibilité de spéculer, c’est
à dire de rechercher un gain en capital à travers le jeu des fluctuations des taux de change.

NB : La balance de paiement est un document comptable et statistique qui retrace les transactions
économiques commerciales ou financières entre un pays et l’étranger pendant un période donnée.
Les différents soldes qui la composent sont : la balance courante, la balance de base et la balance
globale i.e. des capitaux à CT et à LT.

1.32 Les essais d’organisation monétaire internationale et ses difficultés


Deux grandes structures organisent les échanges internationaux : le FMI et l’OMC.

Le Fonds monétaire international (FMI) est une organisation internationale composée de 189
pays membres qui cherche à assurer la stabilité du système monétaire et financier international.
Le FMI a notamment pour mission de faciliter l'expansion et la croissance équilibrées du
commerce international, de promouvoir la stabilité des changes et de fournir aux pays la
possibilité de corriger de façon ordonnée les déséquilibres de leurs balances des paiements. Le
FMI a été créé en 1945.

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) est une organisation internationale composée


de 162 pays membres qui traite des règles régissant le commerce entre les pays. Avec l'adhésion
de la Russie en août 2012, l'OMC regroupe toutes les principales puissances commerciales.
L'OMC cherche à favoriser la bonne circulation, la prévisibilité et la liberté des échanges
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internationaux, et fournit aux pays un moyen constructif et équitable de régler les différends
portant sur des questions commerciales. L'OMC, qui a vu le jour en 1995, a succédé à l'Accord
général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), établi en 1947.

Les travaux du FMI et ceux de l'OMC sont complémentaires. Un système financier international
solide est nécessaire pour favoriser le dynamisme des échanges internationaux, et la fluidité des
échanges aide à réduire les risques de déséquilibre des paiements et de crise financière. Les deux
institutions œuvrent ensemble à l'établissement d'un système solide d'échanges et de paiements
internationaux qui soit ouvert à tous les pays. Une telle structure est indispensable pour assurer la
croissance économique, relever le niveau de vie des populations et réduire la pauvreté dans le
monde.

L’on distingue plusieurs difficultés d’organisation dont on peut citer :


 L’égoïsme des Etats membres
 Le nationalisme i.e. le repli sur soi-même des nations
 La multiplicité des organes sous régionaux (par ex. la CEMAC, la CEDEAO)
 La dépendance de la monnaie (ex. du Cameroun avec la non
interchangeabilité car le FCFA ne peut être changé en dollar sans passer par
l'Euro et cela désavantage les échanges au Cameroun et avantage l’union
Européenne).
 Le protectionniste ; ceci est visible lorsque un pays cherche à protéger ces
intérêts sans tenir compte des autres pays.

1.33 Les moyens de paiement à l’international


L’on distingue comme moyens : Virement international, chèque, lettre de change, crédit
documentaire… Tous les outils pour payer ou être payé à l’international. Pour un exportateur
averti, connaître les différents modes de paiement et les possibilités de s’assurer pour mieux
prévenir le risque d’impayé est essentiel. Il est important, lors de la signature d’un contrat à
l’international, de prévoir, outre les aspects liés à la prestation (délais, livraison, droit applicable,
etc.), les modalités du paiement. Pour choisir tel ou tel moyen de paiement, vous devrez prendre
en compte :

• le degré de sécurité qu’il représente, ce qui varie en fonction des relations commerciales
que vous entretenez ou non depuis longtemps avec votre acheteur ;
• son coût, que vous devrez s’il est élevé, répercuter dans votre prix de vente.

1.33.1 Le virement bancaire international


C’est le moyen de paiement le plus largement utilisé dans les échanges internationaux. Votre
client étranger donne l’ordre à sa banque de vous régler par virement. Auparavant, vous lui avez
fait parvenir une facture commerciale – dite facture pro forma- qui précise les produits à livrer et
leur prix. Les avantages du virement international sont les suivants :

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• très rapide grâce au système SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial
Télécommunication) ;

• très sûr s’il est effectué et encaissé avant l’envoi de la marchandise ou la réalisation de la
prestation. En revanche, il faut l’éviter s’il doit être exécuté a posteriori ;
• peu coûteux. Toutefois, il existe un risque de change si le virement est fait en devises.

1.33.2 Le chèque
Le chèque est un ordre écrit et inconditionnel de paiement à vue en faveur d’un bénéficiaire. Il
peut être utilisé en euros ou en devises étrangères pour le règlement des exportations. Ce mode de
paiement est vivement déconseillé compte tenu des risques qu’il présente : risque de vol, risque
d’absence de provision, risque de change s’il est libellé en devises, durée d’encaissement plus ou
moins longue.

1.33.3 La lettre de change (traite)


La lettre de change est un écrit par lequel vous, exportateur, (le tireur) donnez l’ordre à l’acheteur
étranger (le tiré) de payer un certain montant à une échéance donnée.

L’avantage est de pouvoir mobiliser la créance : la lettre de change est en effet aujourd’hui
devenue un titre utilisé par les entreprises créancières à court terme de leurs clients pour obtenir
un crédit bancaire par le moyen de l’escompte. Les principaux inconvénients sont les risques
d’impayés, de vol ou de perte. Pour éviter le risque d’impayé, il convient de demander à l’acheteur
étranger un aval de sa banque.

1.33.4 Le crédit documentaire (lettre de crédit ou crédoc)


L’intérêt du crédit documentaire est de couvrir l’exportateur contre les risques de non-paiement
en les reportant sur la banque de l’acheteur. Les deux inconvénients pour vous sont :
• une certaine lourdeur administrative (nécessité de remplir de nombreux documents) ;
• un coût relativement élevé (nombreuses commissions bancaires) ; ce coût dépend du
nombre d’opérations effectués et du nombre de banques parties prenantes au dispositif. Vous
devez donc en tenir compte dans l’établissement de votre prix de vente.
Voici les différentes étapes conduisant au paiement :

• l’acheteur demande à sa banque une ouverture de crédit documentaire. Il mentionne


plusieurs éléments : le pays de l’exportateur, la validité du contrat et l’expiration du crédit, le type
de contrat choisi (incoterm), la nature de la marchandise, les conditions techniques de l’emballage,
le lieu d’expédition, les documents qui prouvent la réception des marchandises ;

• la banque de l’acheteur (banque émettrice) confirme à la banque de l’exportateur (banque


notificatrice) qu’il existe un crédit en faveur de son client après remise de documents : facture
commerciale (pro forma), liste de colisage (nombre et poids des différents colis), certificat
d’origine, documents de transport ;

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• l’exportateur expédie les marchandises. Il reçoit les documents de transport. Il adresse les
documents demandés à sa banque qui les transmet à la banque de l’acheteur. Après vérification
de la conformité des documents, cette dernière transmet les fonds à la banque du vendeur.

Pour vous sécuriser au maximum, vous devez exiger un crédit documentaire irrévocable et
confirmé. Dans ce cas, chacune des deux banques concernées accorde sa garantie de complet
règlement au vendeur.

1.34 Les théories de l’échange international


Les économistes réfléchissent depuis très longtemps sur les motifs de l’échange international. Les
approches traditionnelles (École Classique) démontrent la supériorité du libre- échange sur le
protectionnisme. Cependant ces écoles n’expliquent pas tous les courants d’échanges et d’autres
analyses sont venues compléter ou remettre en cause partiellement ces premières analyses.

1.34.1 La théorie de l'avantage absolu (Adam Smith)


Selon Smith, chaque pays se spécialise dans les activités dont les coûts de production sont
inférieurs à ce qu’il est à l’étranger. Il développe les activités pour lesquelles il dispose d’un
avantage absolu et abandonne celles dont le cout absolu est plus élevé. Ainsi le commerce
international stimule la croissance en assurant une réallocation des ressources plus efficace
(division du travail) et élargit les débouchés.

1.34.1.1 La théorie de l’avantage comparatif (David RICARDO)


Pour Ricardo la spécialisation de chaque pays s’explique par la différence des rapports de coûts
internes à chaque pays. Chaque pays se spécialise dans l’activité pour laquelle le cout comparatif
est le plus faible ou pour laquelle la compétitivité comparative est la plus forte. Le libre-échange
conduit spontanément à une division internationale du travail (DIT) qui correspond à la meilleure
solution possible pour chaque nation et pour l’ensemble de l’économie mondiale.

1.34.1.2 La loi des proportions de facteurs (HECKSCHER, OHLIN et SAMUELSON)


La spécialisation s’explique par la répartition inégale des facteurs de production. Chaque pays
tend à se spécialiser dans la production de biens dont la fabrication nécessite une grande quantité
du facteur de production dont il est le mieux pourvu. Cette Loi dite « de proportion des facteurs »
impose des choix qui déterminent les spécialisations internationales.

Exemple : l’Inde qui dispose de main d’œuvre et devra se spécialiser dans les productions qui
imposent le plus de main d’œuvre, par exemple le textile. Ainsi le commerce international permet
de réduire les différences de rareté relative des facteurs de production. A terme, cela devrait se
traduire par une égalisation de la rémunération des facteurs de production sur le plan mondial.

1.34.2 Les théories contemporaines

1.34.2.1 Théorie des écarts technologiques ou de l’avantage compétitif des nations de


Porter
Cette approche privilégie l’étude des différences de capacités d’innovation des firmes selon les
pays. Ces différences expliqueraient les échanges internationaux.

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1.34.2.2 Théorie du cycle de vie du produit de Vernon
Le cycle de vie des produits induit des courants d’échanges : Un pays où se crée un nouveau
produit dispose d’un avantage absolu. Il va l’exporter vers d’autres pays. L’apparition de
concurrents étrangers détermine une délocalisation des productions. En phase de maturité du
produit, tous les autres pays industrialisés produisent et exportent le produit. En phase de
standardisation, le produit peut être fabriqué partout. Les PVD vont le fabriquer en bénéficiant de
leur main d’œuvre bon marché. Le premier pays, siège de l’innovation, abandonne la production
et importe le produit. L’innovation relancera un nouveau cycle de vie.

1.34.2.3 Théorie de l’effet de consommation


Cette approche privilégie l’effet de démonstration qui conduit les pays les moins développés à
imiter les pays industrialisés dans leur mode de consommation.

1.34.2.4 Le rôle des firmes multinationales


Les FMN induisent une division internationale de travail. Une grande part des échanges résulte
des stratégies intra firmes.

1.34.3 Nouvelle théorie de commerce international (Krugman)


Cette théorie repose sur des hypothèses de concurrence imparfaite. Deux facteurs expliquent le
commerce international : la différenciation des produits et les rendements d’échelle croissants.

1.34.3.1 La différenciation des produits


Selon cette théorie l’échange de produits similaires entre pays développés s’explique par la
différenciation des produits.
Les consommateurs exigent de la variété et de la personnalisation.

Les entreprises répondent à cette attente en déplaçant le terrain de la concurrence vers une
concurrence hors prix.

1.34.3.2 Les rendements d’échelle croissants


Le commerce international est marqué par l’existence de rendement d’échelle croissant. Une firme
qui bénéficie d’un marché intérieur important et qui produit en grande quantité en se spécialisant
bénéficie de rendements d’échelles croissants.

Application :
Au regard du tableau des échanges ci-contre entre les deux pays :

Production/travailleur/jr Cameroun France

Dvd 150 ht 120 ht

Vin 200 ht 100 ht

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1) Dans quelle production doit se spécialiser les deux pays ?
2) Si nous imaginons les modifications suivantes :

Production/travailleur/jr Cameroun France

Dvd 140 ht 200 ht

Vin 180 ht 120 ht

3) Faites un commentaire de ces échanges entre les deux pays.


4) Quelle est la principale limite de loi des échanges absolus d’Adam Smith ?

Chapitre 11 : la balance des paiements


Les agents économiques d’un pays réalisent avec l’extérieur des échanges très divers,
comptabilisés chaque année dans un document : la balance des paiements. La Balance des
paiements est un compte retraçant les emplois et les ressources se rapportant à une certaine
opération économique internationale.

1.35 Définitions et importance de la balance des paiements

1.35.1 Définitions de la balance des paiements


La balance des paiements est le relevé de toutes les transactions économiques entre résidents et
non-résidents d’une zone dans une période donnée. La balance des paiements retrace les
évolutions des échanges de produits, de revenus ou encore de capitaux entre les agents résidents
et non-résidents. La balance des paiements est un document statistique présenté suivant les règles
de la comptabilité en partie double qui rassemble et ordonne, dans un cadre défini, l’ensemble des
opérations économiques et financières donnant lieu à un transfert de propriété entre les résidents
d’un pays – ou d’une zone économique – et les non-résidents au cours d’une période donnée
(définition officielle de la Banque de France).

1.35.2 Importance de la balance des paiements


Elle est donc un instrument fondamental pour apprécier l’insertion d’un pays (ou d’une zone
économique) dans son environnement extérieur, et pour analyser et décider des politiques
économiques et monétaires nationales. La balance des paiements est un document comptable
qui retrace les échanges des agents économiques nationaux avec le reste du monde.
Il respecte la règle d’équilibre, tous les échanges ont nécessairement un financement qui vient
compenser le flux réel ou monétaire. Par convention, un crédit (un chiffre positif) correspond à
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une entrée de marchandises pour les échanges réels, et une baisse des avoirs (créances) ou une
augmentation des engagements (dettes) pour les échanges financiers. C'est exactement
l'inverse pour un débit (un chiffre négatif)

1.36 La balance des paiements (bp)

1.36.1 Présentation générale


La balance des paiements est constituée de deux grandes parties essentielles : la balance des
transactions courantes et la balance des capitaux. La balance des transactions courantes se
décompose, à son tour, en balance commerciale et balance des invisibles. Le schéma suivant
donne une représentation simplifiée de la structure générale d’une balance de paiement.

La balance des paiements se décompose en balances partielles. Les différents soldes commerciaux
de ces balances informent sur la situation des échanges extérieurs du pays. Un solde commercial
s’obtient en retranchant la valeurs des sorites de devises à celle des entrées de devises (exemple :
valeur des exportations – valeur des importations).

1.36.1.1 Le compte des transactions courantes


Il représente notamment les échanges de produits et de revenus entre les agents résidents et non
résidents. Il est composé de balances particulières :

1.1/ la balance commerciale (BC) : La balance commerciale (ligne « biens »), c'est-à-dire la
différence entre les exportations et les importations de biens ; permet d’apprécier la capacité de
l’industrie et de l’agriculture d’un pays, à accaparer des parts de marchés extérieurs. Un solde
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commercial positif témoigne ainsi soit de la performance de l’industrie et de l’agriculture soit de
l’efficacité du réseau commercial, puisqu’il sous entend que les exportations de marchandises du
pays excèdent ses importations de marchandises.

1.2/ La balance des invisibles (BI) : Cette balance (ligne « services ») ; présente les échanges
qui ne donnent pas lieu à des mouvements de marchandises: les services (frais de transport,
assurances, tourisme...) ; les mouvements de négoce international (exemple : produits achetés par
une entreprise Camerounaise en Italie et revendus directement au Canada : ces produits ne
franchissent pas la frontière nationale) et les mouvements sans contrepartie (tels que les aides
internationales et les transferts d’économies des travailleurs étrangers versleurs pays d’origine).

1.3/ Le poste « revenus » représente le solde des revenus du travail et des investissements
entre le pays et l’étranger (le paiement de salariés à l’étranger par exemple)

1.4/ Les transferts courants concernent notamment l’aide publique au développement ou


le financement d’organisations internationales.

1.36.1.2 La balance des capitaux (BK)


Un solde positif de la balance des capitaux signifie que le pays emprunte beaucoup à l’étranger
ou rapatrie des investissements étrangers . Au contraire, un solde négatif indique que le pays
investit beaucoup à l’étranger.

2.1/ Le compte de capital regroupe toutes les opérations d’achat ou de vente d’actifs non
financiers comme les brevets ou les contrats de location par exemple.
2.2/ Le compte financier est le pendant du compte des transactions courantes et va présenter les
flux de capitaux nécessaires au financement des échanges réels. Si, par exemple, le Cameroun a
un déficit commercial (les importations de biens sont supérieures aux exportations), alors les
agents économiques devront s’endetter, ce qui apparaîtra comme une entrée de capitaux au
Cameroun (mais aussi une augmentation des dettes). Un compte financier positif n’est alors pas
toujours une bonne nouvelle, cela compense des transactions courantes déficitaires. Dans ce
compte se trouvent notamment :

- Les investissements directs (le solde des lignes «Camerounais à l’étranger » et « étrangers au
Cameroun»), composés des créations de filiales et des opérations financières entre elles et la
maison-mère ;

- Les investissements de portefeuille (le solde entre « avoirs » et « engagements »), qui
représentent les achats ou les ventes de titres depuis ou vers l’étranger ;

- Les avoirs de réserve, qui montrent la variation des réserves de devises ou de titres étrangers
détenus par la banque centrale.

1.36.2 Les erreurs et omissions nettes.


La balance de base (BB) correspond à la somme du Compte de transactions courantes, du
Compte Capital, des Investissements directs, des Investissements de portefeuille et des Produits
financiers dérivés.

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Exemple : Depuis 2005, la France accumule les déficits commerciaux, notamment à cause

d’un manque de compétitivité1, ce qui l’oblige à s’endetter vis-à-vis des agents économiques
étrangers.

1.36.3 Synthèse
Pour que la balance des paiements soit en équilibre, il faudrait que le déficit de la balance des
transactions courantes soit couvert par un excédent de la balance des capitaux. Ceci veut dire
que le pays s’endette ou accepte des investissements étrangers.

Credits Debits Soldes


Entrées de monnaie Sorties de monnaies

Les soldes intermédiaires


• Balance des transactions courantes:BTC et son complément est la balance des capitaux
• Balance de base: BB
BB= BTC + investissements directs et de portefeuille + instruments dérivés
Son complément est la balance des capitaux «monétaires»( à court terme)

Exemple : la BP est toujours équilibrée

BTC et balance des capitaux se compensent :

1
La compétitivité est la capacité d’une économie à conquérir des parts du marché mondial en affrontant la concurrence.
L’indicateur de la compétitivité- prix est le rapport entre l’évolution des prix des concurrents et celle des prix des produits
nationaux. C’est donc une question de prix relatif. La compétitivité- prix dépend du coût unitaire de production, de facteurs
monétaires (le différentiel d’inflation, la variation des taux de change).
Les déterminants de la compétitivité structurelle : Une spécialisation sur des créneaux porteurs où l’économie dispose
d’un avantage en terme de savoir-faire ;Une flexibilité qui assure l’adaptation à la demande mondiale ;Une gamme de produits
suffisamment large et cohérente ; Une qualité renommée des produits qui attire la demande ; Des délais de livraison plus courts
que ceux de la concurrence ;Un service après-vente de qualité.
La compétitivité est aujourd’hui l’objectif prioritaire de toutes les économies nationales, inspirées par les théories
libérales.
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 1er cas :  2e cas :

BTC positive: • BTC négative:


–le territoire exporte plus de biens et services –le territoire importe plus de biens et
qu’il n’en importe services qu’il n’en exporte
–le territoire exporte donc des capitaux –le territoire importe donc des capitaux

1.36.3.1 Effet d’une variation de change sur la balance des paiements


• Effet sur une BTC= X-M < 0 d’une dépréciation du change:
–Normalement: les exportations X, moins chères, augmentent et les importations
M, plus chères, diminuent.
–La BTC «s’améliore» si la somme des élasticités prix des X et M est supérieure
à 1 : C’est la condition de Marshall Lerner
• Effet sur la balance des capitaux d’une dépréciation:
–Elle rend les actifs ( physiques et financiers) du pays moins chers en devises,
mais ils ne sont plus attractifs que si leur rendement augmente, et s’il existe une
perspective ultérieure de réévaluation de la monnaie
–Normalement, et à terme, une dépréciation rétablit l’équilibre de la balance des
paiements , mais seulement si cela accroît la compétitivité des entreprises du
territoire.

Chapitre 12 : l’emploi et le chomage

Introduction

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Avant d'analyser les politiques de l'emploi mises en oeuvre dans les différents pays développés,
il apparaît utile de revenir sur la notion même de chômage. Le chômage étant la conséquence d'un
déséquilibre sur le marché du travail, les politiques de lutte contre le chômage agissent à la fois
sur la demande globale de travail, l'offre globale de travail et sur le fonctionnement même du
marché du travail.

1.37 Définition et mesure du chomage


Selon le BIT (bureau international du travail), le chômage se défini statistiquement comme la
situation d’une personne sans travail rémunéré, disponible pour occuper un emploi et effectuant
une démarche de recherche d’emploi. Un chômeur (au sens du BIT) est donc toute personne qui,
apte à travailler, est sans emploi et en recherche un. Pour être considéré comme chômeur, il faut
donc : être capable d'occuper un emploi (en avoir l'age par exemple) être sans emploi, c'est à dire
être disponible immédiatement rechercher un emploi, c'est à dire être capable de prouver avoir
entrepris des démarches dans le but de trouver un emploi. Sont donc exclus de cette définition :
les personnes qui n'ont pas l'âge légal de travailler (soit parce qu'ils sont trop jeunes ou trop âgés),
les personnes ne pouvant obtenir un travail immédiatement (les étudiants en cours de scolarité...)
et les personnes n'ayant pas d'emploi mais n'en cherchant pas activement (les mères au foyer...).

D’une manière plus générale, le chômage est défini par les économistes comme un excédent de
main d’œuvre, c’est à dire une demande de travail des entreprises inférieure à la offre de travail
des ménages sur le marché du travail.
Offre de travail = population active*durée mensuelle légale du travail.

Le chômage est un phénomène complexe, ce qui explique la multiplicité des instruments de


mesure :

 La situation globale de l’emploi est souvent mesurée au travers du taux


de chômage, défini comme le rapport entre le nombre de chômeurs et la population
active (=ensemble des individus déclarant exercer une activité professionnelle, y
compris les jeunes en apprentissage et ceux à la recherche d’emploi). Le taux de
chômage fournit une moyenne nationale mais n’indique rien quant aux disparités du
chômage à l’intérieur du pays (types de chômage) et quant à la durée du chômage.
 Le taux de chômage relatif correspond au rapport entre le taux de chômage
d’une catégorie et le taux de chômage national. Si ce rapport est supérieur à l’unité,
cela signifie que la catégorie concernée est relativement plus touchée par le
chômage que la moyenne nationale. Le taux de chômage relatif peut être calculé
selon l’âge, le sexe, la CSP (catégorie socioprofessionnelle), le secteur d’activité ou
la région.
 L’indicateur « chômage de longue durée », défini comme le pourcentage
de chômeurs de plus de 12 mois parmi le nombre total de chômeurs, permet de
distinguer trois catégories de chômage :

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• Le chômage répétitif: un chômage de courte durée qui se reproduit à
plusieurs reprises dans la trajectoire professionnelle de l’individu, ce type de
chômage s’observe particulièrement chez les jeunes diplômés.
• Le chômage de conversion: il s’agit d’un chômage de longue durée qui
débouche ensuite sur un emploi stable.
• Le chômage d’exclusion: il s’agit d’un chômage de longue durée qui ne
débouche pas sur un emploi stable.

1.38 Les explications du chomage

1.38.1 Les explications théoriques

1.38.1.1 L’explication de l’école classique


Selon les classiques, seule l’existence d’une rigidité institutionnelle des salaires(SMIG au
Cameroun) pourrait causer le sous-emploi de la main d’œuvre, car cette rigidité empêche la baisse
du niveau des salaires. Dans cette optique, la solution face au chômage ne peut donc être que la
flexibilité des salaires. En fait, l’idéedes Classiques est de permettre aux salaires de diminuer pour
pouvoir absorber l’excédentde demande d’emploi et d’augmenter pour pouvoir faire face à
l’insuffisance de la demande d’emploi.

1.38.1.2 L’explication de Keynes


Pour Keynes, l’entreprise n’embauchede nouveaux travailleurs que si elle prévoit une
augmentation de la demande de ses produits. Le chômage existe quand il y a un déséquilibre sur
le marché des biens et services (surproduction ou sous-consommation relative) qui entraîne une
diminution de la production et donc : licenciements . La solution préconisée par Keynes est alors
l’intervention de l’Etat par les politiques de relance conjoncturelles, qui ont pour objectif
d’augmenter la demande, par suite laproduction et par suite l’emploi.

1.38.1.3 La théorie des contrats implicites


Comme le salarié a une forte aversionpour le risque, l’entreprise lui garantit un salaire fixe et se
réserve le droit d’ajuster le niveau de l’emploi en fonction de la conjoncture : il s’agit d’un contrat
implicite entre l’employé et l’employeur.

1.38.1.4 La théorie du déséquilibre


Elle tente d’opérer une sorte deconciliation entre les analyses classiques et Keynésiennes du
chômage. En fait, cette théorie démontre que les deux types de chômage, keynésien et Classique,
peuvent coexister à un moment donné dans un pays : certainssecteurs sont en excès d’offre de
travail, tandis que d’autres secteurs génèrent un chômage lié aux contraintes qui pèsent sur
l’offre(niveau du salaire, conditions du travail…). Dans ce cas on parle de chômage mixte.

En pratique, cette théorie montre qu’un secteur peut évoluer d’un type de chômage à un autre,
c’est pourquoi elle milite pour des politiques mixtes, axées à la fois sur l’offre et la demande, et
différenciées selon le secteur d’activité.

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1.38.1.5 La théorie de la segmentation
Elle analyse le chômage en termes de sélectivité, et repose sur l’existence de sous- marché du
travail. En fait, confrontées à l’incertitude, les entreprises mettent en place une gestion de leur
personnel de telle sorte qu’il y ait deux sortes de marchés :

• Un marché primaire regroupant les emplois stables, bien rémunérés, offrant des
perspectives de promotion.
• Un marché secondaire défini par des emplois instables et mal rémunérés. Sur ce marché,
seraient recrutés les jeunes, les femmes…etc.

1.38.2 Les explications empiriques


Dans la réalité économique le chômage est expliqué par :

1.38.2.1 La croissance et la concurrence international


• L’insuffisance de la croissance, est un facteur essentiel, expliquant la diminution des offres
d’emploi des entreprises.

• Les PVD (pays en voie développement) et notammentles NPI(nouveau pays industrialisés :


Corée dusud, Taiwan, Mexique…) contribuent à l’aide de coûts de production très faiblesà rendre
la concurrence rude dans certains secteurs d’activité (textile, électronique…). En outre, les
entreprises des pays développés choisissent parfois de délocaliser leur production ou leur gestion
dans des pays à bas coût de main-d’œuvre.

1.38.2.2 L’évolution démographique


L’importance de la populationactive fait varier la demande d’empois. Depuis 1975, celle-ci
augmente car les enfants du baby - boom arrivent à l’âge de travailler, les femmessont de plus en
plus nombreuses sur le marché du travail .Ainsi, il faut créer chaque année des emplois
supplémentaires uniquement pour absorber le poids des «nouveaux entrants ». Ce solde

démographique devrait rester positif jusqu’au début du XXI siècle.


1.38.2.3 L’effet de la technologie
Le progrès technique a permis de substituer largement le capital au travail (y compris dans
le secteur tertiaire, avec la Bureautique). Ceci est globalement un élément d’amélioration, car
certaines tâches pénibles sont réalisées par des robots, mais la main-d’œuvre peu ou pas qualifiée
a subi les conséquences de ces restructurations Industrielles.

Le progrès technologique crée, en nombre insuffisant, de nouveaux emplois, nécessitant


une qualification , que les chômeurs ne peuvent pas toujours avoir. En outre, la productivité
continue à s’accroître alors que la production est en quasi- stagnation le nombre d’emplois
n’augmente pas et les nouveaux arrivants sur le marché du travail ne trouvent pas de place.

1.38.2.4 La nouvelle flexibilité des salaires


La flexibilité des rémunérations (individualisation des salaires) est devenue un moyen à double
tranchant: il facilite l’emploi (surtout des jeunes diplômés), comme il peut décourager certains

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individus à travailler à des salaires inférieurs à ceux de leurs disciples, et les conduit à être en
chômage volontaire, à la recherche d’une rémunération meilleure.

1.39 La typologie du chomage


La difficulté a comprendre et donc à lutter efficacement contre le chômage réside notamment dans
le fait que le phénomène du chômage donne lieu à des interprétations économiques divergentes
les unes des autres sur les causes du chômage. Ceci tient en partie au fait que le chômage en tant
que variable économique, recouvre des formes très diverses. Le chômage peut revêtir divers
aspects tels que :

1.39.1 Le chômage naturel ou frictionnel


Il est dû à l’existence de délais d’ajustements entre l’offre et la demande de travail,le taux de ce
chômage est réduit à un taux de chômage incompressible (< 5 %).

1.39.2 Le chômage conjoncturel (ou chômage keynésien)


Le niveau de l’emploi et celui du chômage sont déterminés en partie par le taux de croissance du
PIB( ou encore de la production nationale). Plus le taux de croissance du PIB est élevé, plus les
entreprises ont tendance à embaucher pour augmenter leurs capacités de production. Un net
ralentissement de la croissance du PIB est accompagné par une diminution des emplois,qui,
combinée avec l’augmentation de la population active potentielle due aux arrivées nombreuses de
femmes et de jeunes sur le marché du travail, explique la montée du chômage.

1.39.3 Le chômage structurel


En dépit d’une création nette d’emplois, le chômage peut subsister. Ce phénomène peut
s’expliquer par l’inadaptation des structures de qualification, ce qui ne relève plus de la
conjoncture. Dans un contexte de mutations de l’appareil productif, une inadéquation de la
qualification des actifs à celle des emplois (renforcée par une mobilité géographique insuffisante)
peut rendre impossible l’ajustement entre l’offre et la demande de travail.

L’insuffisance du niveau de formation des actifs et/ou leur spécialisation trop étroite, sont
responsables de leur inadaptation à des emplois différents et plus qualifiés. Cela met en évidence
l’enjeu du système scolaire, puisque les capacités d’adaptation des actifs qui en sortent, en
dépendent.

1.40 Comment lutter contre le chomage

1.40.1 La politique libérale


Qualifiée aussi de politique de l’offre ,elle se caractérise par une réduction de l’intervention de
l’État dans l’activité économique et par la consécration du rôle majeur de l’entreprise. Le retour à
l’équilibre sur le marché du travail dépend de la flexibilité à la baisse des salaires. En outre,
l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise, par un allégement des coûts de production
(réduction des charges sociales et fiscales), favorise la résorption du chômage.

1.40.2 La politique Keynésienne


Qualifiée aussi de politique de la demande, elle préconise la mise en œuvre de mesures
expansionnistes. L’augmentation de la demande globale, et par suite de l’emploi, repose sur:
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1 Cours ECONOMIE GENERALE 2021-
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• une politique budgétaire expansive
• une politique monétaire favorisant l’accès au crédit, en particulier par la baisse des taux d’intérêt.

1.40.3 Les réalités de la lutte contre le chômage


Les politiques conjoncturelles mises en œuvre par les gouvernements ont échoué : le chômage
devient de plus on plus indépendant du taux de croissance. Aussi, les politiques actuelles de lutte
contre ce fléau sont-elles à la fois conjoncturelles et structurelles. Elles visent principalement

• à réduire l’offre de travail: avancement de l’âge de la retraite, allongement de la durée d’études,


multiplication des emplois à temps partiel et des emplois précaires, réduction et partage du temps
de travail.

• à stimuler la demande de travail: réduction ou suppression temporaire des charges pesant sur
les employeurs, déréglementation pour une plus grande flexibilité de l’emploi, aménagement du
temps de travail.

• à relancer l’activité économique: en stimulant la demande des ménages et en favorisant


l’investissement des entreprises.

Le chômage fait également l’objet d’un traitement social: création d’emplois temporaires dans
le secteur public pour les jeunes sans qualification (travaux d’utilité collective ).

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