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Changement Climatique Et Agriculture Intelligente en Ci

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RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE

MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE
ET DU DÉVELOPPEMENT RURAL

STRATEGIE NATIONALE POUR


L’AGRICULTURE INTELLIGENTE
FACE AU CLIMAT (SNAIC)
DIAGNOSTIC DU CONTEXTE NATIONAL E
 T RECUEIL DE TECHNOLOGIES DE L’AIC

EN CÔTE D’IVOIRE

Changement climatique et
agriculture intelligente face au
climat (AIC) en Côte d’Ivoire
Changement climatique et
agriculture intelligente face au
climat (AIC) en Côte d’Ivoire

Publié par
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
et
le Ministère de l’Agriculture et du Dévéloppement Rural
Abidjan, 2019
Citation requise:
FAO et le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural. 2019. Changement climatique et agriculture
intelligente face au climat (AIC) en Côte d’Ivoire. Abidjan.

Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des données qui y figurent n’impliquent
de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou le Ministère aucune prise
de position quant au statut juridique ou au stade de développement des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs
autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Le fait qu’une société ou qu’un produit manufacturé, breveté
ou non, soit mentionné ne signifie pas que la FAO ou le Ministère approuve ou recommande ladite société ou ledit
produit de préférence à d’autres sociétés ou produits analogues qui ne sont pas cités.

Les opinions exprimées dans ce produit d’information sont celles du/des auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement les
vues ou les politiques de la FAO ou le Ministère.

ISBN 978-92-5-131307-7 (FAO)


© FAO et le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural - Côte d’Ivoire, 2019

Certains droits réservés. Ce travail est mis à la disposition du public selon les termes de la Licence Creative Commons -
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et aux licences doivent être adressées à: copyright@[Link].

15
TABLES DES MATIÈRES
Remerciements v
Acronymes vi
Résumé exécutif vii-viii

1. Introduction générale 1

2. Méthodologie de l’etude 3

3. Généralités sur l’Aic 5

4. Politique et strategies de lutte contre les changements 7


climatiques dans le secteur agricole

5. Parties prenantes de l’Aic en côte d’ivoire et leur niveau 11


d’engagement

6. Mecanismes de financement existants de l’Aic 17

7. Exemples de technologies Aic en côte d’Ivoire dans le domaine 19


de la production animale et halieutique.
31
Technologies Aic dans le domaine de la production végétale
Technologies Aic dans le domaine de la production animale et
halieutique
Technologies Aic dans le domaine de la foresterie, l’environnement
et de la valorisation

8. Analyse du profil des technologies Aic identifiées. 125

Parties prenantes aux processus de création des technologies Aic


Principales sources de financement des technologies Aic
Analyse des contraintes liées à l’adoption des technologies Aic
Facteurs facilitant l’adoption des technologies identifiées
État de diffusion des technologies Aic identifiées
Contribution des technologies aux trois piliers de l’Aic
Conditions de la mise à échelle des technologies Aic

9 Conclusion partielle 129

10 Conclusion et recommandations 131

Conclusion
Recommandations

Annexes 133
Bibliographie 134
©FAO/Daniel Hayduk

iii16
Tableaux
Tableau1: Différences entre l’agriculture conventionnelle et l’Aic 05
Tableau 2: Effet comparé de la fibre de coco et du compost à base de résidus de soja sur le rendement de la tomate et 102
de la laitue
Tableau 3: Principaux facteurs contribuant à l’adoption des technologies 133

Figures et Graphique
Graphique1: Manifestations de la variation du climat a: Au niveau mondial b: Au niveau de l’Afrique Source: (Giec, 2007) 8
Figure 1: Fort tallage de la variété de riz WITA9 sous SRI dans le bas-fond rizicole de Bata à Daloa en 2015 (sortie de la 23
ville vers Man)
Figure 2: Le repiquage est aisé sous le SRI lorsque le planage est bien fait et que les points de repiquage sont bien 24
marqués sur le sol
Figure 3: Oreochromis niloticus 31
Figure 4: Heterotis niloticus 31
Figure 5: Aperçu d’une pépinière de riz 32
Figure 6: Repiquage du riz dans un étang non curé 32
Figure 7: Etang mis en eau après le repiquage 32
Figure 8: Opération de mise en charge des poissons dans un étang de rizipisciculture 32
Figure 9 Récolte du riz dans un étang 33
Figure 10 Poissons produits après un cycle d’élevage 33
Figure 11 Système de cultures associées à rang simple (une ligne de maïs alternant avec trois lignes d’arachide) 40
Figure 12 Association culturale Maïs-Cajanus cajan 43
Figure 13 Quelques stades de développement de cajanus cajan dans le système d’association avec le maïs au cour 45
de la première et seconde campagne de culture
Figure 14 Mise en place d’une parcelle de production de semenceaux d’ignames à partir de bouturage de tige Vue 52
Figure 15 d’une parcelle de bouturage d’igname nouvellement mise en place 52
Figure 16 Plants d’igname issus de bouturage de tige en végétation sous abri 52
Figure 17 Tas de semenceaux d’ignames récoltés sur plants issus de bouturage de tige 52
Figure 18 Présentation après cuisson de variétés de manioc de la série Bocou 56
Figure 19 Calibrage de racines tubéreuses de patate douce après récolte 60
Figure 20 Présentation après cuisson de variétés de manioc de la série Bocou 60
Figure 21 Répartition décadaire des dates de semis recommandées 64
Figure 22 Etapes du greffage apical de l’anacardier 69
Figure 23 Vue d’un germoir 73
Figure 24 Vue de l’intérieur d’un germoir 74
Figure 25 Calibrage des explants après séchage 74
Figure 26 Pousses sur un explant de rejet prêt à être sevrés 74
Figure 27 Rejets lavés avant le parage 75
Figure 28 Mise en place des explants dans un germoir 75
Figure 29 Plants de bananier en pépinière sous une ombrière 75
Figure 30 Développement des plantules 4 à 5 semaines après la mise en germoir 75
Figure 31 Panicum maximum C1 en cours de végétation 81
Figure 32 Bovins N’dama sur pâturage artificiel à base de Panicum maximum C1 82
Figure 33 Couple de mâchoiron prêts à être mise en casier de reproduction. 90
Figure 34 Casier contenant le couple de reproducteurs 90
Figure 35 Œufs de mâchoiron collectés 90
Figure 36 incubation des œufs de mâchoiron 90
Figure 37 Elevage larvaire de mâchoirons 91
Figure 38 Biopsie intra-ovarienne d’une femelle de Heterobranchus bidorsalis 94
Figure 39 Injection d’hormone HCG à une femelle de Heterobranchus bidorsalis. 94
Figure 40 Extraction du sperme de Heterobranchus bidorsalis au cours de la reproduction artificielle 94
Figure 41 Collecte des ovocytes 95
Figure 42 Aspersion des ovocytes par du sperme dilué 95
Figure 43 Incubation des œufs de Heterobranchus bidorsalis par étalage sur des œufs sur un amis de maille 1 mm 95
Figure 44 larves de silure dans un bac d’élevage 95
Figure 45 Vue de quelques déchets d’animaux et résidus végétaux divers 105
Figure 46 Exemple d’une série de trois fosses et d’une compostière construite 106
Figure 47 Exemple d’une série de trois fosses et d’une compostière construite 107
Figure 48 Quelques figures illustratives du processus de production du tourteau 110
Figure 49 Fours FTT de type Banda 118
Figure 50 Combustibles conseillés 119

17iv
REMERCIEMENTS

L
a réalisation du rapport Gcp/Raf/496/Nor «Soutenir la transition vers des systèmes alimentaires de
l’Agriculture intelligente face au climat» (Aic) a été possible grâce à un appui technique et/ou financier
de plusieurs Institutions internationales, nationales, des partenaires au développement et des structures de
recherche. Qu’il nous soit permis de remercier ici, le Royaume de la Norvège pour son concours financier
sans lequel la mise en œuvre du projet n’aurait pas été possible.

Nos remerciements vont également à l’endroit de la FAO, d’abord à son bureau régional à Accra au Ghana, ainsi
qu’à sa représentation à Abidjan en Côte d’Ivoire. Nous voulons également remercier le Ministère de l’agriculture et
du développement rural, plus particulièrement Monsieur ANON Bertin, coordonnateur du projet pour sa très grande
disponibilité.

La rédaction du rapport et la coordination de la rédaction du recueil de technologies ont été assurées par Dr
DOUMBIA Sékou, chercheur au Cnra, consultant FAO. L’ensemble de ce travail, à savoir la réalisation du rapport
et l’élaboration du recueil des technologies, ont bénéficié de la participation active de plusieurs ministères, des
structures sous tutelle, des universités, des instituts et des centres de recherche; ainsi que des membres de la société
civile présents à l’atelier de lancement qui s’est tenu à Dabou en juin 2017. Que tous ces participants trouvent ici,
l’expression de notre infinie reconnaissance.
Nous ne saurons clore ce chapitre, sans citer nommément les rédacteurs des 24 technologies retenues. Il s’agit de:

- M. MONNEY Monney du Mirah;


- M. COULIBALY Seydou de l’Anader;
- M. GBO-DZAMLA Amin de l’Anader;
- M. NIAMIEN Kouakou Célestin de l’Anader;
- M. ESMEL Memel de l’Anader;
- M. YODE Toh Emile de l’Anader;
- Dr N’GUESSAN Kouamé Antoine, enseignant-chercheur à l’université Peleforo Gbon Coulibaly de Korhogo;
- Dr N’GORAN Kouakou David enseignant-chercheur à l’InpHB (Esa);
- Dr KONAN Kouassi Sylvain, chercheur au Cro;

Nous remercions également le comité de relecture:

- Dr DOUMBIA Sékou, consultant Etude recueil technologies Aic;


- ANON Bertin, représentants de la Coordination du projet;
- Prof KOUAKOU N’Goran David un représentant des auteurs des technologies;
- AKANVOU Edgard, point focal du projet Aic-Nor à la FAO;
- Mme. BAMBA Marina, service communication du Minader;
- Mme. AHUA épse Ehouman Emma, service de communication du Cnra;
- M. ALLOU Serge, Minader;
- M. YAO Konan Julien, concepteur et rédacteur en chef Dunia media;
- M. SOUHONY Hervé, responsable technique et artistique Dunia media;

18v
Acronymes

ACDI Agence canadienne pour le développement international


AFD Agence française de développement
AIC Agriculture intelligente face au climat
AISA Association ivoirienne des sciences agronomiques
ANADER Agence nationale d’appui au développement rural
APDRACI Association pisciculture et développement rural en Côte d’Ivoire
APROMACC Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire
ANAQUACI Association nationale des aquaculteurs de Côte d’Ivoire
ARAA Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation
BAD Banque africaine de développement
BOAD Banque ouest africaine de développement
CBF Consortium bas-fonds
CEDEAO Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest
CGIAR Consultative group of international agricultural research
CNRA Centre national de recherche agronomique
CIRAD Centre international de recherche agronomique pour le développement
CIP Centre international de patatas
CONASEM Comité national de semence
CORAF Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole
CRE Centre de recherche en écologie
DISSA Dispositif de suivi de la situation alimentaire en Côte d’Ivoire
DURAS Promotion du développement durable dans les systèmes de recherche agricole du sud
ECOWAP/PDDAA Programme détaillé du développement de l’agriculture en afrique de l’ouest
FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
FEM Fonds mondial pour l’environnement
FIDA Fonds international de développement agricole
FIRCA Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricole
GIZ Agence Allemande de copération internationale
IITA International institute of tropical agriculture
INPHB Institut national polytechnique Houphouët-Boigny
MINADER Ministère de l’agriculture et du développement rural
MINSEDD Ministère de la salubrité, de l’environnement et du développement durable
MINEDD Ministère de l’environnement et du développement durable
MINEF Ministère des eaux et forêts
MINESUD Ministère de l’environnement, de la salubrité urbaine et du développement durable
MIRAH Ministère des ressources animales et halieutiques
MPMBPE Ministère auprès du premier ministre, chargé du budget et du portefeuil de l’État
NORAD Coopération norvégienne
ONDR Office national du développement de la riziculture
ONG Organisation non gouvernementale
ONUDI Organisation des Nations Unies pour le développement industriel
PASRES Programme d’appui stratégique à la recherche scientifique
PNIA Programme national d’investissement agricole
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’environnement
SCOOP Sociétés coopératives
SODEFOR Société de développement des forêts
SRI Système de riziculture intensive
UE Union européenne
UEMOA Union économique et monétaire de l’Afrique de l’ouest

19vi
Résumé exécutif

D
ans le cadre du Projet Gcp/Raf/496/ Nor dénommé «Soutenir la transition
vers des systèmes alimentaires de l’Agriculture intelligente face au
climat (Aic)» , la FAO a initié trois études afin de caractériser le contexte
de l’Aci en Côte d’Ivoire. La première a porté sur une analyse du
contexte national des changements climatiques et l’Aic. Quant à la
deuxième, elle a documenté l’engagement du secteur privé et public dans le
contexte du même système agricole en Côte d’Ivoire. A la suite de ces deux
premières études, l’on s’est attelé à analyser le contexte national en matière d’Aic
à travers l’identification de l’ensemble des parties prenantes, l’examen des
mécanismes de son financement.

La troisième partie de ces travaux a consisté à élaborer la synthèse des deux


premières à travers la réalisation d’un recueil de technologies de type Aic
disponibles dans la plupart des secteurs agricoles en Côte d’Ivoire. La collecte des
données ici a été réalisée lors d’un atelier avec des membres de la société civile,
des structures de recherche et de développement.

Il ressort de la première partie de cette analyse que de


nombreux acteurs de l’administration publique, notamment, les
Ministères et leurs institutions sous tutelle, les Organisations du
système des Nations Unies, le secteur académique, la Société
civile et les associations de producteurs, s’intéressent à des
degrés divers à l’Aic.

Au plan légal, la Côte d’Ivoire a consenti des efforts indéniables en vue


d’institutionnaliser l’Aic. A cet effet, plusieurs textes de loi ont permis à la Côte
d’Ivoired’adhérer à de nombreux traités et conventions relatifs à l’environnement et
à l’Aic.

L’analyse du financement de l’Aic a montré quant à elle que ce secteur demeure


largement tributaire de l’appui des partenaires techniques et financiers; avec une
contribution relativement faible de l’Etat et du secteur privé national. Par ailleurs,
l’on note que les activités menées sur le terrain au titre de l’Aic demeurent encore
peu nombreuses et faibles de portée.

Des efforts restent donc à fournir dans le domaine de la mobilisation des


ressources financières. D’abord, au plan national, par le public et privé et les fonds
internationaux privés dont les guichets sont très peu sollicités par la Côte d’Ivoire.

Dans la seconde partie de ces travaux, il a été procédé à l’identification de 24


technologies de type Aic issues majoritairement du secteur de la production
végétale. L’étude a caractérisé et dressé le profil moyen de l’ensemble desdites

vii 20
20
technologies. Cette analyse s’est articulée autour de six points: (1) la caractérisation
des entités engagées dans la mise à échelle des technologies; (2) des sources
de financement et du niveau de collaboration en vue de la mise au point des
technologies; (3) des contraintes liées à leur adoption; (4) des facteurs favorisant
l’adoption de ces technologies; (5) du niveau actuel de diffusion de celles-ci et
enfin; (6) de la contribution des technologies identifiées aux trois piliers de l’Aic.

Il ressort de cette recherche que la mise en œuvre des technologies Aic identifiées
est liée aux moyens de leur mise à échelle et de leur vulgarisation auprès des
producteurs. Les résultats de l’analyse des sources de financement et du niveau de
collaboration afférent à l’élaboration des technologies Aic indiquent d’une part, la
prépondérance des financements privés et de la recherche dans la mise au point
des technologies Aic; et soulignent d’autre part, la faible contribution du secteur
public et de la société civile au financement et au processus de mise au point des
technologies de type Aic.

Au total, l’analyse des difficultés à l’adoption des technologies répertoriées fait


apparaître six groupes de contraintes. Les contraintes socio-économiques, les
contraintes techniques, le besoin de renforcement de capacité ou de sensibilisation
et enfin, les contraintes biologiques/biotiques. Toutefois, quatre grands groupes de
facteurs favorables à l’adoption des technologies ont été identifiés. Il s’agit des
facteurs socioéconomiques, des facteurs techniques, des facteurs agronomiques
et des facteurs zootechniques. On note, par ailleurs, que la contribution des
technologies identifiées aux piliers 2 et 3 de l’Aic est relativement plus faible que
leur contribution au pilier 1. L’étude s’achève par la formulation de quelques
recommandations à l’endroit de l’Etat, des partenaires techniques et financiers, des
structures de recherche et d’appui conseil.

21 viii
1. Introduction générale

1.1 Contexte et justification

Le projet Gcp/Raf/496/Nor «Soutenir la transition vers des systèmes alimentaires de


l’Agriculture intelligente face au climat» (Aic) contribue aux efforts d’adaptation et
d’atténuation des effets du changement climatique de sept pays en Afrique (Benin, Côte
d’Ivoire, Gambie, Ghana, Niger, Ethiopie et Zambie). Le projet s’appuie sur l’approche
de l’Aic afin de réorienter les systèmes agricoles en vue d’atteindre la sécurité alimentaire
dans le contexte des nouvelles réalités du changement climatique. Tenant compte de la
sécurité alimentaire et des objectifs de développement nationaux.

L’approche vise trois objectifs majeurs: l’intensification durable de la productivité et


l’accroissement des revenus agricoles; l’adaptation et le développement de la résilience
aux changements climatiques et la réduction et/ou l’élimination des émissions de gaz à
effet de serre. Au-delà de ces trois objectifs,

le projet s’attèle à soutenir les pays concernés dans la création d’un


environnement politique et financier favorable, tout en améliorant les
connaissances et le savoir-faire des agriculteurs.

Les deux résultats ci-après sont particulièrement attendus à l’issue de l’exécution du


projet:

• Les institutions régionales et nationales de recherche et les décideurs politiques


ont renforcé leurs liens, et la base factuelle pour promouvoir les outils et technologies
appropriés de l’Aic a été renforcée;
• Les pays membres de la Cedeao ont accru la sensibilisation sur l’Aic et au moins trois
à quatre des pays ont adopté l’approche à travers l’établissement de plateformes
multipartites.

La mise en œuvre de ce projet en Côte d’Ivoire a déjà donné lieu à la réalisation


d’importants travaux à travers l’exécution de deux études de consultants intitulées
respectivement: le «diagnostic du contexte national en terme de changements
climatiques et d’Aic» et le «rapport de diagnostic de l’engagement du secteur privé et

1
public dans le contexte de l’Aic en Côte d’Ivoire».

La réalisation de ces deux études répond au souci de décrire le contexte


national en matière de changement climatique d’une part, et d’autre
part, d’identifier au mieux, les acteurs et leurs rôles respectifs dans
l’institutionnalisation et le financement des activités en rapport avec la
problématique du changement climatique et l’Aic.
Par ailleurs, sur l’ensemble du continent, des efforts importants sont en cours afin
d’accroître la résilience des petits agriculteurs vulnérables et de promouvoir une
croissance économique durable prenant en compte les risques et menaces
que représentent les changements climatiques. A cet effet, l’identification et la
caractérisation des technologies disponibles ainsi que l’évaluation des barrières
socio-économiques à leur adoption, apparaissent comme un préalable. Ce constat
à amener la FAO à commanditer une troisième étude dont les objectifs et résultats
attendus sont ci-dessous décrits.

1.2 Objectif de l’étude

L’objectif général de cette étude est de réaliser un recueil des résultats de la recherche
et le diagnostic des facteurs socio-économiques favorables à l’adaptation et l’adoption
des technologies appropriées de l’Aic chez les petits agriculteurs. Ce, en considérant les
barrières et contraintes à l’adoption et à l’intégration de cette étude aux deux autres
réalisées dans le contexte du projet Gcp/Raf/496/Nor et de l’organisation d’un atelier
national de validation.

©FAO/Olivier Asselin

2
2. Méthodologie de l’étude

2.1 Collecte des données

La collecte des données a été réalisée en deux étapes. La première a consisté en


l’organisation d’un atelier dans le but d’enregistrer toutes les technologies
climato-intelligentes disponibles au sein des structures. Une des principales conclusions de
cet atelier a été le constat de la sous-représentation des technologies issues du secteur
de la production animale.

La seconde phase de collecte de données a donc été organisée afin de combler en


partie ce déficit et de recenser également les technologies disponibles auprès des
chercheurs qui n’avaient pas pu prendre part à l’atelier.

2.2 Analyse du profil des technologies identifiées

Cette analyse de profil s’est articulée autour des axes


suivants:

Parties prenantes aux processus de création des technologies;


Principales sources de financement pour l’élaboration des technologies;
analyse des contraintes liées à l’adoption des technologies;
facteurs facilitant l’adoption des technologies;
niveau de diffusion des technologies identifiées;
contribution des technologies aux trois piliers de l’Aic;
conditions de mise à échelle des technologies.

Une grille d’analyse sous forme de tableau récapitulant les caractéristiques de chaque
technologie, relativement aux axes ci-dessus mentionnés, a constitué le principal outil.
Un exemple de chacun de ces tableaux se trouve en annexe à ce rapport.

3
©FAO/Believe Nyakudjara

4
3. Généralité sur l’agriculture
intelligente face au climat

3.1 Définition

L’Aic est un concept agricole élaboré par la FAO. Cette approche vise à créer les
conditions politiques, financières et techniques en vue de parvenir à un développement
agricole durable favorisant la sécurité alimentaire dans un contexte de changements
climatiques (FAO, 2013). Elle intègre les dimensions du développement durable
(économiques, sociales et environnementales) en ciblant à la fois les défis de la sécurité
alimentaire, de la gestion des écosystèmes et des changements climatiques. L’Aic se
différencie de l’agriculture conventionnelle par les technologies, les types d’intrants
agricoles, la gestion de la fertilité des terres et des ressources naturelles ainsi que celle
des systèmes de production et de distribution. Le tableau1 présente quelques différences
entre l’agriculture conventionnelle et l’Aic.

Tableau1: Différences entre l’agriculture conventionnelle et l’Aic

Agriculture conventionnelle Agriculture intelligente face au climat

Technologies Passage de l’énergie humaine aux Utilisation de technologies à haute efficience


énergies animales et fossiles. énergétique dans l’agriculture.

Intrants agricoles Utilisation accrue des engrais, pesticides Amélioration de l’efficience des engrais, utilisation
et herbicides. importante des engrais organiques.

Intensification de la production sur les surfaces


Surfaces cultivables Expansion des surfaces cultivables.
cultivables existantes, plutôt qu’expansion vers de
nouvelles surfaces.

Ressources Epuisement des ressources naturelles.


Restauration, conservation et utilisation durable
naturelles des ressources naturelles dans les systèmes de
production agricole.

Production & Spécialisation accrue dans les systèmes Plus grande diversification des systèmes de
de production et de distribution production et de distribution des intrants et des
distribution
agricole. extrants.

5
3.2 Composantes
La mise en œuvre de l’Aic, dont l’objectif approches et des technologies appropriées
est de renforcer la sécurité alimentaire en vue de la production, la transformation
tout en tenant compte de la nécessité de et la commercialisation des produits
l’adaptation et du potentiel d’atténuation, agricoles.
se base sur trois grands piliers que sont:
L’Aic permet de mettre en place
• l’augmentation durable de la
productivité et des revenus agricoles;
les mécanismes politiques,
techniques et financiers
• les pratiques agricoles mises en œuvre nécessaires à la diffusion des
doivent assurer une amélioration méthodes d’adaptation et
durable de la production avec
en appoint, un mécanisme de
d’atténuation aux changements
transformation et de commercialisation climatiques dans les secteurs
permettant une augmentation des agricoles et de construire
revenus des producteurs; une base de mise en œuvre
• l’adaptation et le renforcement de la
du développement agricole
résilience aux changements climatiques; durable.

• les changements climatiques affectent L’Aic concerne les mesures au niveau de


la production agricole. Les pratiques l’exploitation. Toutefois, elle intègre les
agricoles devront permettre une technologies, les politiques, les institutions et
adaptation aux conditions climatiques investissements. Au nombre des différents
et renforcer la capacité de résilience éléments qui peuvent être intégrés aux
des agriculteurs et éleveurs face aux approches de l’Aic
changements climatiques; • la gestion des exploitations agricoles,
des cultures, de l’élevage, de
• la réduction des émissions et/ou l’aquaculture et des pêcheries de
absorption de gaz à effet de serre où capture afin de gérer au mieux les
cela est possible. ressources, produire davantage avec
moins de moyens tout en améliorant la
L’agriculture produit des gaz à effet de résilience;
serre responsables des changements
climatiques. Dans un contexte d’Aic, les • la gestion de l’écosystème et du
pratiques agricoles doivent contribuer à terroir afin de conserver les services
leur réduction et à la fixation du carbone. de l’écosystème qui sont essentiels en
vue d’accroître, dans le même temps,
l’efficacité et d’améliorer la résilience
des ressources;
3.3 Objectifs et avantages
• les services aux agriculteurs et aux
L’Aic vise à renforcer les moyens de gestionnaires de la terre afin de leur
subsistance et la sécurité alimentaire, permettre de mettre en œuvre les
en particulier des petits exploitants, en changements nécessaires.
améliorant la gestion et l’utilisation des
ressources naturelles et en adoptant des

6
4. Politique et strategies
de lutte contre les
changements climatiques
dans le secteur agricole
4.1 Définition des changements climatiques

La convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques


(Ccnucc,1992), définit les changements climatiques comme «des changements qui sont
attribués directement ou indirectement à une activité humaine altérant la composition
de l’atmosphère mondiale et qui viennent s’ajouter à la variabilité naturelle du climat
observée au cours de périodes comparables».

Cette définition a été reprise par l’Organisation mondiale de la météorologie


(Omm, 2013) pour qui la notion de «changement climatique» fait référence à des
changements à long terme dans l’état moyen du climat et peut être due à des facteurs
naturels et des activités humaines à savoir : les émissions de gaz à effet de serre, y compris
les émissions de polluants et d’autres aérosols et des changements à la surface du sol,
telles que l’urbanisation et la déforestation.

L’économie nationale est basée essentiellement sur une agriculture majoritairement


de type pluvial. Même si au nord et au centre de la Côte d’Ivoire il existe de nombreux
aménagements dans le cadre de la riziculture irriguée et de bas-fonds.

Des perturbations climatiques observées depuis quelques années, se


font de plus en plus fréquentes et menaçantes.
Elles ont accru la précarité de l’agriculture pluviale, rendant celle-ci vulnérable en
accroissant le risque de l’insécurité alimentaire.

7
Graphique1 : Manifestations de la variation du climat
a: Au niveau mondial b: Au niveau de l’Afrique
Source: (Giec, 2007)

a b

Les manifestations de la variation du climat sont de plusieurs ordres. Au niveau mondial,


on note une augmentation de 0,74°C de la température moyenne du globe depuis 1900
(Giec, 2007). En Côte d’Ivoire, de nombreux auteurs ont signalé la rupture au niveau des
séries hydrométéorologiques avec pour manifestations concrètes:

• la baisse des pluies accompagnée de variation des régimes pluviométriques;

• le décalage des saisons climatiques;

• la hausse des températures et du déficit hydrique;

• la rigueur des saisons sèches;

• la baisse des débits et de la modification du régime d’écoulement des cours d’eau de


30 à 60º.

4.2 Impacts des changements climatiques sur les productions


végétales

Les analyses indiquent qu’une hausse des températures de 1,5°C à 2°C d’ici les années
2030 et 2040 entraînera une réduction de 40 à 80 % de la surface cultivable pour le maïs
(Banque mondiale, 2014); de même une baisse des rendements du cacao en Afrique
orientale et centrale de 145 Kg /ha sur les 50 dernières années a été enregistrée. Il est
également prévu des événements extrêmes comme la sècheresse, les inondations
et les vagues de chaleur qui vont impacter la disponibilité et la qualité des ressources
fourragères, l’accès aux ressources en eau et la mobilité du bétail. Par ailleurs, il est
très probable que les évènements extrêmes (inondations, sécheresse) deviennent plus
fréquents et entraînent des famines, des épidémies, un accès limité à l’eau potable, de
grandes migrations et conflits régionaux (Giec, 2007).

8
En 2014, les pluies diluviennes ont entrainé l’inondation de 1300 hectares de plantation
de bananiers, représentant 70 pour cent de la production nationale. Du fait de la
perturbation des calendriers culturaux, la campagne de coton 2014-2015 en Côte
d’Ivoire a enregistré une chute brutale de 30 pour cent par rapport à la campagne
précédente, à cause de la rareté des pluies. En 2016, des chenilles ont détruit près de 20
000 hectares de cacaoyers en un temps record. Les chercheurs du Cnra de Côte d’Ivoire
ont qualifié cette espèce de chenille de «nouvelles menaces pour la cacao culture
ivoirienne». Le verger de manguiers a dû faire face aux assauts de la mouche des fruits en
2017.

On note que d’autres manifestations de l’impact de ces changements climatiques


dont des décalages importants des dates de démarrage et de la fin de la saison des
pluies, l’avènement de fortes pluies, provoquent des inondations et des phénomènes
de ruissellement causant l’érosion des sols et leur appauvrissement en éléments nutritifs
et à l’opposé, des retards importants dans la venue des pluies couplés à des hausses
inhabituelles de température.
L’ensemble de ces phénomènes se traduisent au plan de la production agricole par des
baisses de rendement, un renchérissement des coûts de production et par le désarroi des
agriculteurs faute de solution.

4.3 Impacts des changements climatiques sur le secteur de


l’élevage

Au niveau du secteur de l’élevage, l’on constate une importante diminution de la


production fourragère due aux conditions climatiques, notamment de la pluviométrie, de
la baisse du niveau des nappes phréatiques et un tarissement précoce des marres.

Ces phénomènes ont pour conséquences, des problèmes d’alimentation et


d’abreuvement du cheptel. Au plan socio-économique, on note (1) une flambée des prix
du bétail et de la viande liée à la mortalité des animaux occasionnée par les sécheresses
et les inondations, (2) la baisse des revenus des éleveurs et (3) la modification de la
composition des troupeaux à travers un remplacement progressif des bovins par des
petits ruminants.

4.4 Impacts des changements climatiques sur le secteur de la


pêche, de l’aquaculture et des forêts

Les impacts des changements climatiques sont particulièrement visibles sur ce vaste sec-
teur. Les plus notables dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture s’observent
dans(1)la baisse du niveau des plans d’eau, (2) la diminution des prises de poissons et (3)
la disparition de certaines espèces de poisson et notamment la rareté de la prise de gros
poissons. La perte de la diversité biologique représente les conséquences les plus nettes
des changements climatiques sur le secteur des forêts.

9
©FAO/Daniel Hayduk

10
5. Parties prenantes de
l’agriculture intelligente face
au climat en Côte d’Ivoire et
leur niveau d’engagement
5.1 rappel du cadre juridique et Cadre politique au niveau national
politique au niveau international
• Elaboration d’une communication-pays
et régional pour mieux intégrer l’Aic dans le Pnia.

Devant autant de difficultés, l’Etat a pris Niveau opérationnel de l’Aic en Côte


plusieurs engagements. d’Ivoire:
Le secteur agricole a été Réalisation de plusieurs études ;
identifié comme l’un des • Réalisation d’une étude de diagnostic
secteurs les plus vulnérables par du contexte national;
le Pncc en 2014; et l’agriculture
• Le Minader a investi dans l’installation
figure au rang des six secteurs de matériel météorologique et renforcer
prioritaires. ses relations avec les services météo
afin de bénéficier de produits d’alerte
Par ailleurs, la Côte d’Ivoire s’est engagée précoces et de services climatiques;
en 2015 à réduire ses émissions de Ges
de 28,25 pour cent d’ici 2030. Le secteur • Mise en œuvre de divers projets à
agricole est appelé à contribuer à cet composante Aic
effort de réduction à hauteur de plus
de 24 pour cent, à travers entre autres, • Plusieurs pratiques Aic appliquées par
l’intensification raisonnée des exploitations les populations agricoles et les projets à
agricoles, la promotion des bonnes composante Aic ont été recensés.
pratiques agricoles,l’agroforesterie, une
agriculture zéro déforestation et un cacao 5.1.1 Cadre politique et juridique
ami de la forêt (Reed+).

Le Minader a adopté les principes de Au plan international


l’Aci/Csa, a adhéré aux initiatives triple A
(Adaptation de l’agriculture africaine) et 4 Le fait notable ici est la mise en place par
pour mille pour les sols. la FAO et la Banque mondiale d’un guide
Au niveau de l’Aic, un certain nombre de référence composé de sept modules
d’initiatives ont été prises à différents destinés à faciliter la compréhension de
niveaux. ce nouveau concept qu’est l’Aic. Puis, de
la constitution d’une Alliance mondiale

11
afin de modifier l’environnement juridique Les points focaux de ces conventions sont
et institutionnel et les politiques publiques tous issus du Ministère de l’environnement,
en matière agricole, aussi bien au niveau de la salubrité et du développement
international, régional que local pour une durable. La Côte d’Ivoire est à propos,
meilleure prise en compte de l’Aic. signataire d’au moins une douzaine de
conventions, dont les plus représentatives
Au plan régional sont :

Il existe au niveau de la Cedeao, deux • La Convention africaine sur la


instruments incitatifs et complémentaires conservation de la nature et des
de politiques de développement de l’Aic ressources naturelles, adoptée à
dans le cadre de la politique agricole Alger le 15 septembre 1968 et ratifiée
régionale de la Cedeao (Ecowap/Pddaa). le 15 juin 1969. Elle a pour objectifs la
Ces instruments ont pour noms: le Cadre conservation et l’utilisation rationnelle
d’intervention pour le développement des ressources du sol, de l’eau, de la
de l’Aic dans le processus de mise en flore et de la faune;
œuvre de la Politique agricole régionale
de l’Afrique de l’ouest (Ecowap/ • La Convention de Rio sur la diversité
Pddaa) et l’Alliance ouest-africaine pour biologique signée à Rio en juin 1992. La
l’accompagnement de la mise en œuvre Côte d’Ivoire a officiellement adhéré, le
de ce Cadre d’intervention, aux moyens 24 novembre 1994, à cette convention
d’initiatives convergentes et coordonnées. dont l’objectif est de développer des
stratégies nationales de conservation
et d’utilisation durable de la diversité
5.2 Cadre politique et juridique biologique.
en côte d’ivoire
• Le protocole de Kyoto ratifié le 23 avril
Au niveau du cadre institutionnel et 2007.
réglementaire, l’appui de la Cedeao aux
pays membres en vue d’inclure l’Aic dans A ces différentes conventions, il convient
les Programmes nationaux d’investissement d’ajouter six autres portant sur le secteur
agricole (Pnia) depuis 2012 reste le fait des produits chimiques, notamment
majeur. En Côte d’Ivoire, les ministères les produits phytosanitaires utilisés dans
de l’agriculture et du développement le domaine agricole. Toujours au plan
rural; celui des ressources animales et national, de nombreux textes législatifs
halieutiques; de l’environnement, de la régissant le secteur de l’environnement
salubrité et du développement durable, (mis en œuvre par le Minedd) en général,
ainsi que le Ministère des eaux et forêts et des changements climatiques en
sont particulièrement impliqués dans cette particulier, ont été pris ainsi que ceux
démarche. régissant les eaux et forêts (mis en œuvre
par le Minef). On peut citer:
Par ailleurs, le cadre juridique et
réglementaire ivoirien constituent le point • la loi n°60-360 du 28 octobre 1960
d’ancrage à l’intégration des activités liées portant institution de la Chambre
à l’Aic. Il comprend plusieurs engagements nationale d’agriculture;
nationaux et internationaux. Agbri (2016)
donne dans son rapport des indications • la loi n° 64-490 du 21 décembre 1964
très détaillées à ce sujet. La Côte d’Ivoire relative à la protection des végétaux;
à ratifié plusieurs conventions et accords
internationaux relatifs aux changements • la loi n°96-766 du 3 octobre 1996 portant
climatiques et à l’agriculture. Code de l’environnement;

12
• la loi n°98-755 du 23 décembre 1998 On dénombre ainsi:
portant code de l’eau;
• le Plan d’investissement forestier
• la loi n°98-750 du 23 décembre 1998 (Pif, 2016), axé sur la protection, la
modifiée par la loi n° 2001-635 du 09 conservation et la gestion durable
octobre 2001 instituant le fonds de des forêts. Il aborde la question de
développement agricole; l’atténuation et de l’adaptation aux
changements climatiques. Certains
• la loi n°2002-102 du 11 février 2002 projets prévus dans le Pif s’inscrivent
relative à la création, à la gestion et au dans l’Aic. Il s’agit notamment du projet
financement des parcs nationaux et des «agriculture zéro déforestation». Il vise la
réserves naturelles; gestion rationnelle du couvert forestier
ivoirien à travers l’intensification agricole
• la loi du 28 juillet 2004 portant code et l’augmentation des revenus des
Foncier Rural sur le Développement producteurs (Minef, 2016).
durable;
• le Plan stratégique de développement
• la loi n° 2005- 521du 27 octobre 2005 de l’élevage, de la pêche et de
permettant à l’Etat de Côte d’Ivoire l’aquaculture en Côte d’Ivoire (Psdepa
d’adhérer au protocole de Kyoto 2016-2020) axé sur la production,
(accord international visant à la avec toutefois, une composante de
réduction des émissions des gaz à effet l’amélioration de la gouvernance. Il a
de serre); pour objectif de contribuer à rehausser
le niveau de la sécurité alimentaire en
• la loi n°2014-390 du 20 juin 2014 matière de protéines d’origine animale
d’orientation sur le développement de qualité par: (i) l’amélioration de
durable; la productivité et la compétitivité des
filières animales et halieutiques, (ii) la
• la loi n° 2014-427 du 14 juillet 2014 professionnalisation des éleveurs et
portant code forestier; des pêcheurs ainsi que la structuration
des filières animales et halieutiques et
A ces lois, il convient d’ajouter d’autres qui (iii), l’amélioration de la gouvernance
sont du ressort du Ministère de l’agriculture, du secteur des ressources animales et
des ressources animales et halieutiques: halieutiques.

• la loi n° 2015-537 du 20 juillet 2015 • La Stratégie nationale de


d’orientation agricole; développement de la riziculture (Sndr
201-2020); elle donne les grandes lignes
Les interventions majeures d’orientation du développement de
la riziculture en Côte d’Ivoire. Elle vise
du secteur public au niveau comme objectifs majeurs, l’amélioration
du secteur de l’agriculture, la de la productivité de la riziculture et la
foresterie et des productions valorisation du riz sur l’ensemble de la
animales sont contenues chaine des valeurs. La mise en œuvre
du Sndr est assurée par l’Office national
dans le Programme national de développement de la riziculture
d’investissement agricole (Pnia). (Ondr) à travers les axes stratégiques
suivants: (i) le renforcement de l’appui
Il touche pratiquement tous les secteurs technique à la production du riz et (ii) le
d’activités de l’agriculture. Il est composé renforcement de l’appui à la valorisation
des sous programmes centrés sur: (pnia 2) du riz local sur l’ensemble des éléments

13
de la chaîne des valeurs. de rente (cacaoyers, caféiers, hévéa,
palmiers) des variétés améliorées précoces
• la Stratégie Nationale de à haut rendement et résistantes aux
développement des cultures vivrières maladies ont été également mises au point.
(Sndcv). La sécurité alimentaire est Le développement de l’agroforesterie
conditionnée par la disponibilité et constitue un des axes principaux de
l’accessibilité des aliments, notamment recherche en vue de l’amélioration de la
la production vivrière. Pour atteindre fertilité des sols avec les légumineuses.
cet objectif, la Sndcv met en œuvre Le Lanada apporte son appui technique à
plusieurs programmes à savoir: (1) l’amélioration de la qualité des productions
Le programme de modernisation de agricoles des principales filières,
l’agriculture familiale, (2) le programme notamment:
de développement de l’agriculture
périurbaine, (3) le programme de • L’accompagnement de la filière café-
développement des entreprises agro- cacao dans son programme 2Qc mis en
industrielles et (4) le programme d’appui œuvre par le conseil café cacao;
institutionnel à la gouvernance des
filières vivrières. • L’appui à l’amélioration de la qualité
des semences;

5.3 Engagement des structures à • L’appui au comité d’homologation des


pesticides (contrôle de formulation des
caractère public pesticides et des engrais);

Ce sont surtout des structures de recherche, • L’appui à la filière des pêches en


d’enseignement et de formation, des améliorant la qualité pour la conformité
structures en charge du conseil agricole des produits de pêche vis à vis des
ou du climat,de régulation de production normes bactériologiques et physico-
agricoles, de financement de la recherche chimiques de référence, et aide aux
et du conseil agricole, et des structures en professionnels agroalimentaires.
charge de l’appui à la commercialisation
et des chambres consulaires. • Le Centre de Recherches
Océanologiques (Cro) contribue à
Dans le cadre de la recherche la réalisation de diverses activités qui
agronomique, le Cnra conduit plusieurs s’inscrivent dans une approche Aic
programmes de recherches dans le parmi lesquelles nous pouvons citer:
cadre de l’amélioration de la productivité
agricole et de l’adaptation de l’agriculture • Le développement de l’élevage
aux changements climatiques en adressant du mâchoiron et du silure par
les différents piliers de l’Aic. Il s’agit de l’approvisionnement en alevins;
la mise au point de plusieurs variétés
améliorées et à haut rendement. • Le développement de l’aquaculture
lagunaire;
au niveau du bananier plantain (Pita
3 et Fiha 21, Big Ebanga), du manioc • L’augmentation de la production
(les nouvelles variétés de manioc de la aquacole nationale;
série Bocou), ainsi que la technique de
production de la banane plantain de • La préservation et la conservation de la
contre saison. Au niveau des cultures biodiversité aquatique;

14
Les Universités et grandes écoles assurent revenus, et au pilier 3 soit par une utilisation
la formation initiale et le renforcement des raisonnée des engrais minéraux, soit par
capacités dans les différentes spécialités l’utilisation des engrais organiques. Ce qui
de l’agronomie, du climat, des ressources contribue à la réduction des gaz à effet de
en eau et de l’environnement. Au-delà serre.
de leur mission première de formation,
elles contribuent à l’amélioration de la
production agricole et animale, à la mise 5.4.2 Associations de
au point de technologies innovantes producteurs et faîtières
pour l’atténuation et l’adaptation aux
changements climatiques. Les domaines d’intervention des
D’autres structures interviennent associations de producteurs recouvrent
également. Il s’agit essentiellement des généralement le renforcement de
structures: capacités et la fourniture de services à leurs
membres. Elles se constituent également
• de mise au point de technologies, en structures de représentation de leurs
machines ou procédés; membres, des structures d’intermédiation
et de facilitation entre leurs membres et les
• de Conseil agricole ; pouvoirs publics. Plus rarement par contre,
ces structures contribuent à l’appui de
• de régulation de produits agricoles ; leurs membres en matière de recherche de
financement.
• d’Appui et de conseil dans le domaine
du climat; Ces associations pratiquent de plus en plus
la promotion de l’agroforesterie en vue de
• de financement de la Recherche et du réduire le recours aux engrais minéraux.
Conseil agricole; Elles contribuent aux trois piliers de l’Aic
par leur engagement sur le [Link]
• d’Appui à la commercialisation; contribution au pilier 1 de l’Aic se justifie
par l’amélioration de la productivité
• de la Chambre consulaire. des productions agricoles,l’accès
à l’information sur les marchés et la
diversification des sources de revenus.
5.4 Les structures privés
La contribution au pilier 2 de l’Aic se
réalise par la maîtrise de l’eau à travers
5.4.1 Etablissements privés l’irrigation pour une meilleure adaptation
aux aléas du climat. La contribution au
Ces établissements sont constitués pilier 3 se constate par l’utilisation raisonnée
essentiellement de fermes agropastorales, de l’engrais minéral et la promotion de
d’écoles et de cabinets de formation l’agroforesterie, ce qui se traduit par une
qui mènent des activités de production diminution des gaz à effet de serre.
végétale et animale. Ils se distinguent
surtout par la promotion et l’utilisation 5.4.3 Organisation non
d’engrais organiques et de bio-insecticides
en valorisant les déchets d’élevage (fiente gouvernementale
de poulets). Ces fermes contribuent surtout
au pilier 1 de l’Aic par l’amélioration de la Le renforcement des capacités constitue le
sécurité alimentaire et la diversification des principal domaine d’intervention des Ong

15
recensées, avec cependant des variantes, auprès des producteurs en qualité de
comme l’amélioration de la technicité des structures conseil et de renforcement des
apprenants dans divers domaines comme capacités dans le domaine du cacao.
la certification (cacao et anacarde) Elles interviennent aussi comme structures
par la fabrication et l’utilisation de bio- d’appui aux producteurs dans la fourniture
pesticides, le renforcement des capacités du matériel de plantation amélioré issu
à travers l’appui à l’apprentissage des de la recherche, ou comme une structure
bonnes pratiques agricoles, la fabrication de R&d agricole dans le secteur du café-
de compost, la commercialisation par cacao et de certaines cultures vivrières
les techniques de vente groupée et la dont le manioc et l’igname.
recherche de partenaires commerciaux.
Le renforcement des capacités au plan D’autres structures assurent l’encadrement
organisationnel des collectivités locales et des paysans, par l’appui-conseil agricole,
des Op. à l’approvisionnement en intrants et
Les Ong de manière générale, contribuent matériels agricoles, à l’entretien des
par leur intervention à des degrés divers au pistes cotonnières, à la collecte et
pilier 1 et pilier 3 de l’Aic, à l’exception du l’acheminement du coton des lieux de
pilier 2. production vers les usines d’égrenage.

La contribution au pilier 1 de l’Aic se fait Toutes ces structures contribuent


de manière générale par l’amélioration
de la productivité agricole et des revenus
d’une manière ou d’une autre
des producteurs mais aussi à travers aux différents piliers de l’Aic.
la certification, ce qui facilite l’accès
à des marchés plus exigeants mais La contribution au pilier 1, à travers la
rémunérateurs. recherche de la sécurité alimentaire, et
La contribution au pilier 3 de l’Aic se fait à de la diversification des revenus. Surtout
travers le renforcement des capacités dans à travers l’amélioration de la qualité du
la fabrication et l’utilisation du compost cacao et la promotion de l’arôme du
et des bio-pesticides, la promotion et la cacao ivoirien en vue de le revaloriser.
vulgarisation du compost, la formation Certaines structures contribuent au pilier
à l’utilisation des engrais organiques, et 2 de l’Aic à travers la mise en œuvre
l’agroforesterie. d’une politique qui favorise la gestion
de l’eau, d’autres par leur contribution
5.4.4 Sociétés du secteur de à la promotion de méthodes d’utilisation
raisonnée de l’engrais minéral et à la
l’agro-industrie promotion et l’utilisation des engrais
organiques contribuent au pilier 3 de l’Aic.
Au-delà de leurs activités commerciales
dans le secteur de l’agro-industrie, les
sociétés identifiées interviennent également

16
6. Mécanismes de financement
existants de l’agriculture
intelligente face au climat
6.1 Fonds pour l’environnement Les agences suivantes représentent
les principales entités d’exécution
mondial (Fem) des financements du Fem. Il s’agit
essentiellement des agences du Système
L’essentiel des financements du Fonds des Nations Unies (Pnud, Pnue, Banque
pour l’environnement mondial est accordé mondiale, FAO, Onudi, Fida) et de la Bad.
aux pays en développement. Ces fonds
sont destinés à un certain nombre de
domaines spécifiques aux fins de réaliser
des projets ayant des retombées positives
6.2 Le Fonds vert pour le climat
pour l’environnement mondial et favorisant
des moyens de subsistance viables pour les Les fonds de cette structure sont destinés
communautés locales. préférentiellement aux pays en voie de
développement pour servir de catalyseur
Les ressources du Fem constituent le pour les actions d’atténuation et
principal fonds climat en Côte d’Ivoire pour d’adaptation à grande échelle. Aucune
le financement d’études et de microprojets entité d’exécution n’est clairement définie,
portés par la société civile. Les ressources ce qui laisse croire que la mise en œuvre
du Fem sont en général accordées sous des projets se fait en partenariat entre
forme de subventions ou de prêts à des l’Etat de Côte d’Ivoire et les représentants
taux concessionnels. désignés du Fonds vert pour le climat.

Ces financements viennent en appui à des


projets relatifs à:
6.3 Partenaires techniques et
financiers
• la biodiversité;
• les changements climatiques; L’Union Européenne, l’Agence française
• les eaux internationales; de développement (Afd), la Banque
• la dégradation des sols; mondiale (Bm), Agence Allemande de
• la préservation de la couche d’ozone copération internationale (Giz) concourent
contre les polluants organiques au financement à travers diverses structures
persistants; internationales en Côte d’Ivoire telles que
• a gestion des forêts; Coraf, Cgiar, Acdi, Araa, Cilss, Cedeao,
• les produits chimiques. Uemoa, etc.

17
Conclusion partielle

L’analyse a révélé non seulement la réalité des changements


climatiques, mais elle a aussi mis en exergue, son impact sur tous
les secteurs productifs agroalimentaires, donc de l’économie
nationale.
Par ailleurs, il en ressort que de nombreux acteurs, relevant de l’administration
publique au plus haut niveau, notamment les ministères et leurs structures sous tutelle,
les organisations du Système des Nations Unies, le secteur académique, la société
civile et les associations de producteurs s’intéressent à des degrés divers à l’Aic. Les
efforts consentis par la Côte d’Ivoire en vue d’institutionnaliser l’Aic sont indéniables.
L’appareil judiciaire a élaboré de nombreux textes de lois qui ont permis l’adhésion
de la Côte d’Ivoire à de nombreux traités et conventions relatifs à l’environnement de
manière générale et à l’Aic en particulier.

L’analyse du financement de l’Aic indique que ce secteur est encore largement


tributaire de l’appui des partenaires techniques et financiers; avec un apport
relativement faible de l’Etat et du secteur privé national. On note par ailleurs que les
activités menées sur le terrain au titre de l’Aic demeurent encore peu nombreuses et
de faible portée. Des efforts restent donc à fournir dans les domaines de la mobilisation
des ressources financières, au plan national surtout par le secteur public et privé.
L’autre cible prioritaire au plan du financement demeure les fonds internationaux
privés en Côte d’Ivoire.

18
7. Exemples des
technologies de
l’agriculture intelligente
face au climat en Côte
d’Ivoire

19
©FAO

20
20
7.1 Technologies de
l’agriculture face au climat
dans le domaine de la
production végétale

21
©BAD

22
22
7.1.1 Système de riziculture intensive (Sri)

A) Identification
Le système de riziculture intensive (Sri) est une technologie mise au point dans les années
1980 à Madagascar, par le père Henri de LAULANIE. La technologie a été adaptée en
Côte d’Ivoire par le Cnra en collaboration avec
l’Anader sur financement privé et public. Les
recherches d’adaptation de cette technologie
ont démarré en 2013 pour prendre fin en 2015.

©CNRA/Bouet Alphonse
Les tests d’adaptation ont été menés dans les
régions et localités suivantes :

• nord (Korhogo);
• nord-est (Bondoukou);
• centre (Sakassou et Yamoussoukro);
• centre-ouest (Daloa et Gagnoa);
• ouest (Man);
• sud-est (Tiassalé et Agboville).

Le Sri peut être diffusé dans toutes les zones Figure 1: Fort tallage de la variété de riz
agro écologiques où la riziculture irriguée et de WITA9 sous SRI dans le bas-fond rizicole de
bas-fond sont pratiquées en Côte d’Ivoire, avec Bata à Daloa en 2015 (sortie de la ville vers
cependant un avantage pour les zones nord, Man)
centre et centre-ouest où les aménagements
sous forme de bas-fond avec maîtrise de l’eau sont les plus nombreux. La population
cible est constituée de riziculteurs avec maîtrise de l’eau.

B) Description
C’est une technologie qui se définit comme une combinaison des éléments de la relation
sol-eau-plante-lumière de manière harmonieuse permettant à la plante d’exprimer son
potentiel de production. Elle améliore significativement le tallage fertile (voir illustration
figure 1), augmente le rendement dans une fourchette d’au moins 50 à 100%; voire plus
(67 pour cent en Côte d’Ivoire).

Les apports significatifs du Sri résident dans l’amélioration du tallage fertile de la plante
de même que l’amélioration du rendement. Les modalités de mise en œuvre de la
technologie reposent sur les étapes suivantes: (1) d’abord procéder à un bon planage
(figure 2) et réaliser une pépinière spécifique (figure 3) de 10 à 15 jours d’âge (plants
de 12 jours conseillé); (2) ensuite, procéder au repiquage en ligne à un brin avec un
écartement de 0,25 cm entre les poquets (figure 4) et apporter une fertilisation organique
(fumure organique: 2 à 8 t/ha) et une irrigation bien maîtrisée,

(3) procéder à un sarclo-binage.


Dans le cas de la Côte d’Ivoire, la fertilisation organique est recommandée, à défaut,
appliquer les engrais minéraux aux doses suivantes :

Npk (200 kg /ha) apporté au 2ème labour;

• Urée perlée (46%N, 100 kg/ha), en deux apports: 1er apport au début de tallage (10 à
15 Jar) ; 2ème apport à l’initiation paniculaire soit 50 à 55 Jar.
23
Le Sri contribue au pilier 1 de l’Aic par l’amélioration de la productivité et les sources
de revenus, il contribue également au pilier 2 de l’Aic en réduisant le besoin d’eau
d’irrigation. Le pilier 3 est aussi concerné à travers une préférence p accordé aux engrais
organiques, avec pour conséquence la réduction significative des engrais de synthèse.

Les atouts du système de riziculture intensive reposent sur l’amélioration du rendement


par un facteur d’au moins 1,5 par rapport au système traditionnel de riziculture, le respect
de l’environnement par l’emploi en priorité de la fumure organique en lieu et place
de la fertilisation minérale et la capacité du système à se satisfaire de quantités d’eau
moins importantes que celles recommandées traditionnellement par la recherche et le
développement.

De plus, le système de riziculture intensive peut s’accommoder de petites poches de


sécheresses passagères et de faibles quantités de semences (8 à 10 kg de semences/ha
contre 40 à 50 kg de semences/ha habituellement).

Les contraintes du système de riziculture intensive sont liées à une forte utilisation de main
d’œuvre, notamment au cours de la phase de repiquage et les difficultés d’accès à la
fumure organique.

• Urée perlée (46%N, 100 kg/ha), en deux apports : 1er apport au début de tallage
(10 à 15 Jar) ; 2ème apport à l’initiation paniculaire soit 50 à 55 Jar

C) Propositions d’actions pour la mise à échelle


Sur la base de ce qui précède, le système de riziculture intensive est relativement
simple à mettre à échelle, à condition de disposer de quantités de fumure organique
nécessaire. Les propositions d’actions de mise à échelle incluent la nécessité d’étendre la
formation à un grand nombre d’agents de terrain des structures de développement telle
que l’Anader, les Techniciens spécialisés des cultures annuelles (Tsca) et les Agents de
développement rural (Adr).

De faciliter l’accès à la fumure organique et d’étendre les tests d’adoption aux zones
de la Côte d’Ivoire n’ont encore touchées par l’expérimentation. Les propositions
de mise à échelle devraient également faciliter l’accès des riziculteurs à la sarcleuse
mécanique, en encourageant l’installation d’artisans modernes à même de fabriquer ce
type de matériel et multiplier le nombre de champions (riziculteurs leaders maitrisant la
technologie) de Sri.
©FAO

Figure 2: Le repiquage est aisé sous le SRI lorsque le planage est bien
24 fait et que les points de repiquage sont bien marqués sur le sol
25
©BAD
©FAO/Olivier Asselin

26
26
7.1.2 Calage du cycle du
riz pluvial

A) Identification
• variétés de riz de cycle court (90 à 110
La technologie dénommée «calage du jours): semis du 15 juin au 15 juillet;
cycle du riz pluvial» a été mise au point
par le Cnra dans le cadre du projet • variétés de riz de cycle moyen (115 à
Waapp1C à partir d’un financement privé. 125 jours): semis du 31 mai au 15 juin;
Les recherches ont démarré en 2013 pour
prendre fin en 2016. Cette technologie est • variétés de cycle long (130 à 145 jours):
susceptible d’être diffusée partout en Côte semis du 1er au 31 mai
d’Ivoire où les conditions agro-écologiques
sont favorables à la culture du riz pluvial. B- L’exemple de la région de
La population cible est constituée de Ferkessédougou.
riziculteurs en pluvial.
Variétés de riz de cycle court (90 à 110
jours): semis du 15 juin au 15 juillet
B) Description
Variétés de riz de cycle moyen (115 à 125
La technologie se définit comme la
jours): semis du 1er au 30 juin
«technique de calage du semis du riz» à la
bonne date. Son rôle est de permettre à
la culture du riz d’échapper aux périodes
II) Zone bimodale
de stress hydriques en cours de culture.
Les modalités de mise en œuvre de la
A- L’exemple de la région de San Pedro.
technologie varient selon que l’on se situe
en zone de pluviométrie monomodale ou
Les dates de semis recommandées sont à
en zone de pluviométrie bimodale.
moduler en fonction de la première ou de
la seconde saison des pluies:
I) zone monomodale
• Première saison des pluies: semis du 11
A- L’exemple de la région de Man.
mars au 03 mai;
Les dates de semis recommandées sont
• Deuxième saison des pluies: semis du 24
à moduler en fonction de la longueur du
août au 28 septembre.
cycle de la variété:

27
majeure constituée par le nouveau
B- L’exemple de la région de Dimbokro contexte de variabilité climatique
(arrêt brutal des pluies après la mise en
• Première saison des pluies: semis du 15 place) dans le nouveau contexte de
mars au 14 avril ; variabilité climatique, il faut donc l’appuyer
par les prévisions saisonnières des pluies
• Deuxième saison des pluies: semis du 24 locales à partir de différentes sources dont
au 28 juillet. les bulletins d’information de la Sodexam.

C’est une technologie qui contribue aux C) Propositions d’actions pour la


deux premiers piliers de l’Aic, à savoir le
pilier 1 (sécurité alimentaire et amélioration mise à échelle
des revenus) et le pilier 2, adaptation.
La facilité de mise à échelle de cette
Ses atouts résident dans le fait de réduire les technologie réside dans le fait que la technique
effets de la variation et des changements de calage du cycle du riz pluvial est simple et
climatiques, et de l’assurance d’une n’entraîne aucun coût financier additionnel. Les
production acceptable. propositions d’actions pour la mise à échelle
consistent à organiser des ateliers régionaux, de
partage de l’information, de la sensibilisation
Il n’existe aucune contrainte dans des producteurs surl’intérêt de respecter les
l’application de cette technologie, sauf dates de semis recommandées et à organiser
des séances de démonstration.
à respecter les dates recommandées.
Toutefois, étant donné que cette
technologie se heurte à une contrainte

©FAO

28
29
©FAO/Sebastian Liste/NOOR
©FAO/Olivier Asselin

30
30
7.1.3 Rizipisculture
A) Identification suivants: disposer d’un étang-barrage et
s’approvisionner en alevins soit auprès
Dénommée technique de la rizipisciculture, des pisciculteurs multiplicateurs privés, soit
cette technologie a été introduite en auprès du Cnra.
Côte d’Ivoire et a fait l’objet de recherche La densité moyenne d’empoissonnement
et développement de la part du Cnra est de 2,2 poissons au mètre carré au prix
et d’une Ong, l’Apdraci en vue de son de 35 Fcfa l’unité (alevin), cela revient à 7
adaptation aux conditions locales. Le 70 000 Fcfa pour empoissonner un hectare
Pasres et de deux sources de financement d’étang.
privé que sont le Consortium Bas-fonds
(Cbf) et le Firca ont contribué à son Production de poisson
financement.
La principale espèce de poisson proposée
Les recherches d’adaptation ont démarré est le tilapia Oreochromis niloticus (Figure
en 2003 et ont pris fin en 2016. 4). Cette espèce peut être associée à
Les principales zones agro écologiques Heterotis niloticus, (Figure 5) surtout dans les
de diffusion actuelles de la technologie étangs-barrages.
correspondent au centre-ouest (Daloa,

©CNRA/Avit Jean Baptiste


Gagnoa et Sinfra) et le sud-ouest (Méagui).
Mais à terme, toutes les zones où la
riziculture irriguée peut-être pratiquée
correspondent à des zones potentielles
de diffusion de la technologie. Les
riziculteurs, les pisciculteurs, les agents de
développement (Anader), les Ong et les
consommateurs représentent les principaux
utilisateurs potentiels de la technique de la
Figure 3: Oreochromis niloticus
rizipisciculture. Le taux actuel de diffusion
de cette technologie est estimé à 20 pour
cent environ.
©CNRA/Avit Jean Baptiste

B) Description
La technique de la rizipisciculture peut
être définie comme une technologie
permettant soit d’associer, soit d’alterner
la production de riz avec l’élevage de
poisson en fonction du niveau de l’eau
dans l’étang-barrage. L’objectif ici est de Figure 4: Heterotis niloticus
rentabiliser l’exploitation d’un espace limité
à travers la production du riz et du poisson.

Les modalités de mise en œuvre de la


Pour l’exploitation des étangs barrages,
technologie s’organisent autour des points
plusieurs options s’offrent aux rizipisculteurs.

31
Option 1: Alternance

Cette option d’exploitation, qui comprend deux modalités est surtout pratiquée au
centre – ouest autour de Daloa. Elle intervient surtout lorsque l’on n’est pas assuré de
disposer d’une bonne épaisseur de lame d’eau sur une longue période.

Modalité 1: L’élevage de poisson

Il est procédé à l’empoissonnement de l’étang-barrage à la densité moyenne de 2,2


poissons /m2 ; avec une alimentation basée sur la ration alimentaire correspondant
à 3 pour cent de biomasse par jour de l’aliment 3A (70 pour cent de farine basse de
riz, 20 pour cent de tourteau de coton et 10 pour cent de farine de poisson). Le cycle
d’élevage dure de 9 à 10 mois, avec un rendement moyen en station de 1,5 à 2 t/ha

©CNRA/Avit Jean Baptiste


©FAO/Marina Mea

©FAO/Marina Mea
Figure 5: Aperçu d’une pépinière de riz Figure 6: Repiquage du riz dans un étang non curé

©CNRA/Avit Jean Baptiste


©BAD

Figure 7: Etang mis en eau après le repiquage Figure 8: Opération de mise en charge des
poissons dans un étang de rizipisciculture

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©FAO/Marina Mea

©FAO/Marina Mea
Figure 9 : Récolte du riz dans un étang Figure 10: Poissons produits après un cycle
d’élevage

Modalité 2: La culture du riz après la collecte du poisson.

Il est procédé au semis de manière échelonnée du riz dans les zones les moins
submergées du bas-fond à mesure que la lame d’eau diminue jusqu’à ce que toute
l’étendue du bas-fond soit ensemencée. Le cycle moyen de production est de trois mois,
avec un rendement moyen en station de 2,5 à 3 t/ha.

OPTION 2: Association

Cette option est surtout pratiquée dans le Sud-ouest, notamment dans la région de
Méagui et à l’ouest (Kouibly). Elle intervient lorsqu’on est assuré de disposer d’une bonne
épaisseur de lame d’eau sur une longue période dans le bas-fond. On commence
par repiquer le riz, et lorsque la lame d’eau atteint environ 50 cm, on procède à
l’empoissonnement du bas-fond à la densité de 2,2 poissons par mètre carré. La ration
alimentaire est identique à celle recommandée pour l’option 1, le cycle d’élevage dure
également de 9 à 10 mois avec un rendement en station variant de 1,5 à 2 t/ ha en
station ; le cycle de production est d’environ six mois avec des niveaux de rendement
comparables à celui de l’option 1.

La technique de la rizipisciculture contribue au pilier 1 et au pilier 2 de l’Aic. La


contribution de cette technologie au pilier 1, se justifie par le fait qu’elle renforce la
sécurité alimentaire à travers la production sur la même exploitation piscicole de poisson
et de riz. La vente de ses deux produits, en totalité ou partiellement permet également
de diversifier les sources de revenus. La contribution de la technologie au pilier 2 de l’Aic,
c’est-à-dire l’adaptation repose sur le fait que même lorsque la hauteur de la lame de
l’eau n’est pas élevée pour permettre l’empoissonnement de l’étang, il est possible de
pratiquer la riziculture de sorte que la production globale de l’exploitation piscicole ne
soit pas nulle.

Au nombre des atouts communs aux deux options, on note la disponibilité du riz et du
poisson à l’échelle de l’exploitation agricole, ce qui se traduit par l’amélioration de la
sécurité alimentaire et des revenus. On peut également signaler l’amélioration de la

33
fertilité du sol au profit du riz, de même que l’amélioration de la productivité du foncier à
travers le cumul de production de riz et de poisson sur la même parcelle. L’amélioration
au profit des poissons mérite également d’être notée, de même qu’une meilleure
protection de l’environnement du fait du non recours aux pesticides.
L’option1 a pour atout spécifique, l’amélioration de l’adaptation aux changements
climatiques. Quant à l’option 2, elle permet une meilleure valorisation de la main
d’œuvre au niveau de l’exploitation agricole, une réduction de la prolifération d’insectes
de même que la réduction de la prolifération de vecteurs de maladie (anophèles/
paludisme).

Le grand besoin en main d’œuvre constitue la principale contrainte liée à l’utilisation


de cette technologie. Mais comme elle s’adresse à des spécialistes (pisciculteurs et
riziculteurs), sa mise à échelle ne devrait pas poser de problèmes. La seconde contrainte
réside dans le fait que la technologie nécessite une gestion d’eau dans les casiers
rizicoles; ils doivent donc être adaptés à cette modalité de gestion de l’eau d’irrigation.

C) Propositions d’actions pour la mise à échelle


Toutefois, il est possible de formuler quelques propositions d’actions pour la mise à échelle
de la technique de la rizipisciculture. Il s’agit notamment d’encourager les professionnels
de la pisciculture à travers l’Anaquaci à multiplier le nombre de pisciculteurs
multiplicateurs en vue de réduire les coûts de transport des alevins en rapprochant les
pisciculteurs multiplicateurs des utilisateurs.
Il faut également encourager d’une part la recherche dans la mise au point de
variétés améliorées de riz adaptées au système de rizipisciculture, et d’autre part dans
l’identification des espèces autres que le tilapia (Oreochromis niloticus) qui soient
productives dans le système de rizipisciculture. Faire la promotion de la pisciculture
constituerait un atoût non négligeable dans la diffusion de cette technologie.

34
©FAO/Tony Karumba

35
35
©FAO

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36
7.1.4 Rotation
maïs/arachide
A) Identification sont identiques aux rendements observés
en culture pure, tandis qu’on note une
amélioration substantielle du rendement
La technologie dénommée «rotation maïs/
du maïs de l’ordre de 3,98 t/ ha après
arachide» a été mise au point par le Cnra à
un apport de trois quarts de la dose de
la station de Ferkessédougou dans le Nord
l’engrais recommandée.
de la Côte d’Ivoire. Les recherches ont
débuté en 2013 et ont pris fin en 2016. Elles
C’est une technologie qui contribue aux
ont été entièrement financées par le Cnra.
trois piliers de l’Aic. Dans la mesure où
Toute l’étendue du territoire national
elle améliore la productivité des deux
constitue la zone de diffusion de cette
cultures, surtout celle de la céréale qui
technologie, dont les petits producteurs
succède à la légumineuse. La technologie
représentent les principaux utilisateurs
de la rotation maïs/céréale contribue au
potentiels. C’est une technologie en voie
pilier 1 de l’Aic. Elle contribue au pilier 2
de diffusion.
de l’Aic par l’amélioration des propriétés
physico-chimiques des sols favorable à
B) Description une utilisation plus efficiente de l’eau. Elle
contribue enfin au pilier 3 de l’Aic par la
La technologie se définit comme une réduction de la quantité d’azote à utiliser,
technique culturale qui fait se succéder sur réduit de ce fait les risques de pollution de
la même parcelle, une légumineuse, en la nappe phréatique.
l’occurrence l’arachide et une céréale, le
maïs. Le rôle de cette technologie est de Les atouts de la technologie résident dans
briser la monoculture au profit de la rotation la réduction de 25 pour cent des quantités
culturale dont les bénéfices sont avérés. d’engrais apporté, la bonne productivité
Les modalités de mise en œuvre de de la culture principale, à savoir le maïs et
la technologie reposent sur les étapes le maintien du niveau de fertilité du sol.
suivantes: La principale contrainte réside dans la
nécessité de protéger les fanes d’arachide
• Préparer le sol, puis, semer la contre le bétail en zone d’élevage et
légumineuse selon l’itinéraire technique contre les feux de brousse. Somme toute,
recommandé en culture pure; c’est une technologie relativement simple
• maintenir à la récolte, les fanes à mettre à échelle.
d’arachide sur la parcelle afin de
pouvoir restituer au sol les éléments
minéraux fixés dans les résidus de
C) Propositions d’actions pour la
récolte; mise à échelle.
• semer la céréale selon les techniques
culturales recommandées en culture Pour la mise à échelle de la technologie,
pure, en apportant notamment de il faudra encourager l’enclosure dans
l’engrais sur le maïs. les zones d’élevage en ayant recours à
des haies d’épineux et en sensibilisant les
Les résultats obtenus indiquent qu’en populations contre les feux de brousse.
moyenne, les rendements de l’arachide

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©FAO/Olivier Asselin

38
38
7.1.5 Association culturale
maïs-légumineuses
A) Identification le processus de fixation symbiotique/
biologique de l’azote;
La technologie dénommée «Association
culturale maïs/légumineuse» a été mise • procéder au semis de la légumineuse
au point par le Cnra, sur un financement environ 15 jours après le semis de la
privé. Les recherches ont débuté en 2015 céréale (maïs);
et ont pris fin en 2017. La région nord de
la Côte d’Ivoire représente la principale • les deux cultures sont semées en lignes
zone de diffusion de cette technologie, alternées (80 cm entre les lignes) mais
actuellement en cours de diffusion. Les chaque culture est semée à la densité
producteurs de maïs et de légumineuses optimale recommandée en culture
(arachide) représentent les principaux pure (maïs, 50 cm entre deux poquets;
utilisateurs potentiels de cette technologie. arachide, 20 cm entre deux poquets);

• pas d’apport d’engrais.


B) Description Le rendement moyen du maïs en culture
associées en station est de 1,11t/ha
«L’association culturale maïs/légumineuse»
contre 0,86 t/ha en culture pure; le
peut se définir comme une technologie qui
rendement moyen de l’arachide en
permet le semis simultané sur une même
culture associée en station est de 2,34 t/
parcelle de deux cultures. Son objectif
ha contre 0,73 t/ha en culture pure.
est d’améliorer la productivité des deux
variétés et la fertilité du sol en préservant
L’association culturale maïs/légumineuse
l’environnement par la réduction des
est une technologie qui contribue aux trois
besoins en nouveaux défrichements.
piliers de l’Aic. Elle contribue au pilier 1
L’apport majeur de cette technologie
par l’amélioration de la production totale
réside donc dans la préservation de
des deux cultures comparativement à
l’environnement et la valorisation de la
des productions séparées et contribue
main d’œuvre.
de ce fait, à la sécurité alimentaire,
à l’amélioration des revenus par la
Les modalités de mise en œuvre reposent
diversification des sources de revenus. La
sur un certain nombre d’interventions ci-
technologie contribue au deuxième pilier
dessous décrites. Il faut:
de l’Aic en augmentant la probabilité
qu’au moins une des deux cultures
• procéder à la préparation du sol et
réussissent en cas de variation du climat,
semer la céréale, en l’occurrence le
et enfin la technologie contribue au pilier 3
maïs en premier pour sa capacité à
en ce sens que la légumineuse utilisée dans
épuiser l’azote de l’horizon superficiel
l’association culturale réduit le recours à
afin de forcer l’arachide à déclencher

39
l’utilisation des engrais azotés. C) Propositions d’actions pour la
Les atouts de cette technologie s’articulent
mise à échelle.
autour;
C’est une technologie dont la mise à
• d’une productivité globale améliorée
échelle ne présente pas de contraintes
des cultures, de même que de
majeures car elle est déjà largement
l’amélioration de la fertilité du sol;
pratiquée en milieu paysan avec un
faible recours aux in- trants chimiques.
• de la préservation de l’environnement
La principale proposition d’actions pour
ainsi que de la diversification des
sa mise à échelle consiste à encourager
revenus. Les contraintes à l’adoption
les recherches dans la mise au point de
de cette technologie ont pour nom
variétés de maïs résistantes à la verse.
; la difficulté de mécanisation de
l’exploitation agricole et celle de
l’application de produits phytosanitaires.

©FAO

Figure 11 : Système de cultures associées à rang simple (une ligne de maïs alternant avec trois lignes d’arachide)

40
41
©DUNIA MEDIA
©Université Peleforo Gon Coulibaly Korhogo / Dr N’guessan

42
42
7.1.6 Association culturale
maïs - cajanus cajans
A) Identification
La technologie dénommée «Association
culturale maïs-Cajanus cajans» a été mise
au point par l’Ufr des sciences biologiques

© Université PGC K / Dr N’guessan


de l’Université Peleforo Gon Coulibaly
de Korhogo sur un financement privé. La
première phase du programme a démarré
en juin 2015 et a pris fin en août 2017. Le
second programme financé par Korea-
africa food & agriculture cooperation
initiative (Kafaci) est en cours d’exécution
sur une période de 02 ans (août 2017juillet
2019). Les départements de Korhogo,
Sinematiali, Boundiali et Tengrela au nord Figure 12 : Association culturale
de la Côte d’Ivoire sont les principales Maïs-Cajanus cajan
zones actuelles de diffusion de cette
technologie. La prochaine étape dans Les modalités de mise en œuvre de la
la caractérisation de cette technologie technologie se déroulent en trois étapes
sera d’estimer le taux de diffusion. Les successives durant deux campagnes
producteurs de maïs et cultures associées agricoles. Au cours de la première
représentent les utilisateurs potentiels de campagne, on procède à la préparation
cette technologie du terrain, au semis, à l’entretien et à la
récolte. La préparation du terrain démarre
par un défrichement manuel suivi du
B) Description labour à la houe (en billon ou à plat), à
la culture attelée ou avec le tracteur, en
L’association culturale maïs-Cajanus
retournant le sol sur une profondeur de 10
cajan est une technologie qui permet la
à 20 cm pour enfouir les herbes fauchées.
culture simultanée sur la même parcelle
Après le labour, les grains de maïs et ceux
du maïs et de Cajanus cajan (Figure12).
de Cajanus cajan sont semés à la même
Elle vise l’amélioration de la productivité
période.
du maïs et la gestion durable du sol. En
effet, la technologie contribue à améliorer
Le maïs est semé à 40 cm sur les lignes et à
le rendement du maïs, la fertilité du sol et
80 cm entre les lignes et à une profondeur
à préserver l’environnement à travers la
de 3 à 5 cm à raison de deux graines de
séquestration du carbone et la réduction
maïs par poquet. Il faut prévoir 20 kg de
des émissions de gaz à effet de serre.
semences pour un ha. Cajanus cajan est
semé à deux graines par poquet entre les
points de semis du maïs à raison de 80 cm
sur les lignes de maïs et 160 cm entre les
lignes et à une profondeur de 3 à 5 cm. Il
faut prévoir 20 kg/ha de semence.

43
L’entretien de la parcelle démarre par résiste à la longue saison sèche (octobre/
le premier sarclage qui intervient au plus avril). Pendant cette grande période de
tard deux semaines après le semis du chaleur, la plante développe davantage
maïs, avant l’application de l’engrais ses branches et son feuillage, protège le sol
Npk. Le deuxième sarclage intervient et assure une production de grains pouvant
avant l’application de l’urée. Un troisième servir dans l’alimentation humaine comme
sarclage peut être nécessaire en fonction animale (Figure 2). Le fourrage produit
de l’enherbement du champ. Au total, peut nourrir également le bétail pendant la
le sarclage se fait avec soin pour éviter saison sèche.
d’endommager les plants de maïs et de
Cajanus cajan. Enfin, la technologie contribue au pilier 3
de l’Aic car, Cajanus cajans à un système
La récolte du maïs se fait lorsque les plants racinaire pivotant puissant, capable
ont atteint la maturité physiologique d’explorer les horizons profonds et
complète, c’est-à-dire lorsque les feuilles décompacter le sol. Laissé en fourrage sur
jaunissent et meurent. Après la récolte du le sol et utilisé comme paillage en seconde
maïs, un sarclage des fanes de maïs est campagne, il permet d’enrichir le sol en
fait pour laisser les plants de Cajanus cajan matière organique améliorant sa fertilité et
continuer leur développement jusqu’à la réduit les érosions. La présence de Cajanus
fructification et à la maturité des gousses. cajans contribue ainsi à séquestrer le
Pour ce faire, il faut nettoyer les alentours carbone et à réduire la production de gaz
du champ sur 4 m de large pour protéger à effet de serre.
les plants et la biomasse de Cajanus cajan
des feux de brousse. Au total, les atoûts de cette technologie
La récolte des grains de Cajanus cajan s’articulent autour des points suivants :
se fait lorsque les gousses ont atteint
la maturité physiologique, c’est- à-dire • L’association culturale maïs-Cajanus
lorsque les gousses commencent à perdre cajan améliore la productivité du
leur couleur verte et deviennent sèches maïs, la fertilité du sol et préserve
(Figure 4 abcd). Il est conseillé de récolter l’environnement à travers la
les graines au fur et à mesure qu’elles séquestration du carbone et la
atteignent leur maturité physiologique. réduction des émissions de gaz à effet
de serre; responsable du réchauffement
Au dé but de la campagne suivante, la climatique.
préparation du sol se fait par la coupe des
tiges de Cajanus cajan à environ 10 cm • Cette technologie améliore le revenu
du sol. Elle est faite en début de saison de des producteurs et contribue à la
pluie suivante. Les tiges sont coupées puis sécurité alimentaire.
étalées dans le champ. Les techniques de
semi du maïs de la seconde campagne • Cajanus cajans résiste à la longue saison
sont identiques à la première (figure 4). sèche (octobre-avril). Pendant cette
L’association culturale maïs-légumineuse grande période de chaleur, la plante
est une technologie qui contribue aux trois développe davantage ses branches et
piliers de l’Aic. Elle contribue au pilier 1 de son feuillage, protège le sol et assure
l’Aic. En effet, elle induit une augmentation une production de grains pouvant servir
du rendement du maïs de l’ordre de 20 à dans l’alimentation humaine comme
30 pour cent en seconde campagne de animale. Les feuilles de Cajanus cajan
culture, améliorant ainsi sa productivité et sont bien appétées des petits ruminants.
le revenu des producteurs. La technologie Etant donné que la plante résiste à la
contribue également au deuxième pilier de saison sèche, elle constitue un excellent
l’Aic. aliment d’appoint en zones rurales
Après la récolte du maïs, Cajanus cajans (figure 2).

44
coût de production. Après le semis et
• Les plants de Cajanus cajans ont un lorsque le maïs est récolté, la culture de
système racinaire pivotant puissant, Cajanus cajan exige très peu de soins et
capable d’explorer les horizons profonds de main d’œuvre. La principale proposition
et de décompacter le sol. d’actions pour la mise à échelle de la
technologie consiste pour le moment à
C) Propositions d’actions pour la encourager les recherches dans la mise
au point de semences et/ou variétés de
mise à échelle Cajanus cajan à vulgariser auprès des
producteurs de maïs ; la contrainte majeure
L’association Maïs-Cajanus cajan est à l’adoption de cette technologie est la
facile à mettre à échelle avec un faible disponibilité des semences.

©Université Peleforo Gon Coulibaly Korhogo / Dr N’guessan


a b
c d

Figure 13 : Quelques stades de développement de cajanus cajan dans le système d’association avec
le maïs au cour de la première et seconde campagne de culture «a: première récolte des grains de
Cajanus cajan; b & c: jachère de Cajanus cajan respectivement 6 et 12 mois après semi; d: jeunes
plants de maïs en croissance sur parcelle couvert de débris de récolte de Cajanus cajan».

45
©FAO/Marina Mea

46
46
7.1.7 Variétés améliorées
d’ignames
A) Identification des points noirs. C’est également une
technologie économe en intrant (engrais
La technologie dénommée «Variétés minéral) avec de bonnes qualités culinaires.
améliorées d’igname» a été mise au point
dans le cadre d’une collaboration entre le Les modalités de mise en œuvre
Cnra en Côte d’Ivoire et l’Iita à Ibadan au s’organisent autour des points suivants :
Nigéria. Les recherches ont été financées Les plantations sont réalisées en saison
essentiellement par le Cnra et des projets pluvieuse d’avril à mai aussi bien en zone
et conventions. Les recherches ont duré de forêt qu’en zone de savane. La bouture
de 2000 à 2010. Les variétés améliorées utilisée est un fragment de tubercule ou
d’ignames sont en cours de diffusion, un tubercule entier de 200 à 300 g. La
principalement en zone forestière (centre- plantation est réalisée à une densité de
est) et en zone de savane (centre et centre 10 000 plants à l’hectare en raison d’une
nord). Les acteurs de la chaîne de valeur bouture par butte. Il faut sarcler la parcelle
de l’igname, notamment les producteurs, à la demande lorsqu’elle est enherbée et
les transformateurs, les commerçants, la maintenir propre surtout en début de
les consommateurs, les chercheurs, les culture. 3 à 5 sarclages seront nécessaires
agents du développement constituent les selon la vitesse d’enherbement observée
utilisateurs potentiels. sur le site. La parcelle d’igname ainsi
installée ne nécessite pas de protection
phytosanitaire particulière. La durée du
cycle de culture est de : 6 à 9 mois. Il est
B) Description recommandé de procéder à la récolte en
saison sèche de novembre à janvier. Les
La technologie se définit comme «des
tubercules ont une bonne aptitude à la
variétés améliorées d’ignames à haut
conservation.
rendement et tolérantes aux maladies»
avec pour objectif l’amélioration de la
sécurité alimentaire et des revenus des
Cette technologie contribue
producteurs.
essentiellement au pilier 1 de l’Aic. Elle
L’apport significatif de cette technologie
améliore la productivité, la sécurité
réside dans l’amélioration de la
alimentaire et offre une diversification des
productivité, la tolérance aux principales
revenus.
maladies de l’igname, notamment à
Les principaux atouts de la technologie
l’International brown spot ou Ibs également
demeurent la productivité élevée
connue sous le nom de la maladie

47
(20 à 30 t/ha en station), une tolérance à • de même que l’amélioration des
la sécheresse et aux maladies notamment conditions de conservation.
celle dites des points noirs, l’anthracnose Toutes ces actions doivent être portées
et les viroses, un faible recours aux intrants en priorité par la recherche et le
chimiques et la bonne qualité culinaire. A développement.
l’opposé, la pression foncière et la faible C) Propositions d’actions pour la
disponibilité des semences constituent les
principales contraintes à l’adoption de mise à échelle
cette technologie.
La facilité de mise à échelle réside dans le
faible niveau d’intensification de la culture de
même que les coûts de production qui restent
La facilité de mise à échelle réside dans le abordables. Les propositions d’actions pour la
faible niveau d’intensification de la culture mise à échelle de la technologie s’articulent
de même que les coûts de production autour de:
qui restent abordables. Les propositions
d’actions pour la mise à échelle de la • la nécessité de produire des semences de
pré-base et des semences de base;
technologie s’articulent autour de:
• l’évaluation de la tolérance vis-à-vis de
• la nécessité de produire des semences différents stress dont le stress hydrique et la
de pré base et des semences de base; pression foncière;

• de même que l’amélioration des conditions


• l’évaluation de la tolérance vis-à-vis de de conservation. Toutes ces actions doivent
différents stress dont le stress hydrique et être portées en priorité par la recherche et
la pression foncière; le développement.

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©FAO/Marina Mea
©CNRA/Dibi Konan
7.1.8 Technique de
bouturage à partir
des tiges d’igname
A) Identification Le bouturage des tiges aériennes
d’ignames est réalisé dans des poquets
La technologie dénommée «technique de confectionnés sur des planches. Un abri
bouturage à partir des tiges d’ignames» d’une hauteur de 1,5 m est réalisé sur
a été mise au point et financé en partie les planches pour réduire au maximum
par le Cnra et des financements privés de la pénétration des rayons solaires (au
projets et conventions. Les recherches ont repiquage des boutures) et assurer un
démarré en 2012 et ont pris fin en 2016, la ombrage suffisant. En saison pluvieuse, des
technologie est en cours de diffusion. boutures de 3 nœuds sont sectionnées
sur des rameaux secondaires des plants
La zone forestière (centre-est) et la d’ignames sains âgés de 2 à 3 mois.
zone de savane (centre et centre-nord)
demeurent les deux principales zones agro- Les boutures prélevées sont directement
écologiques de diffusion de la technologie. déposées et transportées dans un
Les acteurs de la chaîne de valeur de récipient (seau) contenant de l’eau
l’igname, notamment les producteurs, pour leur transport. Le repiquage est
les transformateurs, les commerçants, réalisé immédiatement après la coupe
les consommateurs, les chercheurs, les des boutures. Les deux premiers nœuds
agents du développement constituent les basaux de la bouture sont enterrés dans
utilisateurs potentiels. un poquet contenant de la balle de riz
carbonisée. Ils sont recouverts de terre
laissant à l’extérieur toutes les feuilles et le
B) Description troisième nœud. L’entretien consiste en
l’arrosage, le sarclage, l’apport d’engrais,
La technologie se définit comme une
le remplacement, le renforcement et
technique de bouturage à partir des tiges
l’éclaircissement des abris. La récolte est
pour la production de semence d’igname.
réalisée cinq mois après plantation.
Elle a pour objectif, l’amélioration de la
disponibilité de la semence d’igname au
La technique de bouturage à partir des
cours de la période de production.
tiges d’ignames est une technologie qui
Pour les modalités de mise en œuvre, les
contribue essentiellement au pilier1 de l’Aic
points suivants sont à prendre en compte.
à travers l’amélioration de la productivité
D’abord, il faut:
et de la sécurité [Link] atouts de
la technologie résident dans le fait qu’elle
• disposer du matériel végétal de base;
permet de doubler le taux de multiplication
• avoir une bonne maîtrise de la
classique de l’igname, ce qui accroit
technologie;
de manière substantielle la disponibilité
• disposer d’une source d’eau;
des semences d’ignames de même que
• bien suivre l’itinéraire technique
la productivité du système semencier.
recommandé.

51
L’amélioration des rendements consécutifs C) Propositions d’actions pour la
à l’adoption de cette technologie
constitue un atout non négligeable.
mise à échelle
Les propositions d’actions pour la mise à
Les contraintes liées à l’adoption de cette
échelle de cette technologie concernent
technologie ont trait à la nécessité de
le renforcement de capacités des
disposer d’un point d’eau et d’être formé à
producteurs de semence ainsi que le
la maîtrise de la technologie. La technique
renforcement du système semencier et à
de bouturage à partir des tiges d’ignames
terme, la vulgarisation de la technologie
doit être réservée aux professionnels de
à travers différentes approches dont les
la production de semence, elle demeure
champs écoles.
de ce fait une technologie relativement
difficile à mettre à échelle, même si dans
l’ensemble le coût de production demeure
abordable.

©FAO

©CNRA/Dibi Konan
Figure 14: Mise en place d’une parcelle de produc- Figure 15: Vue d’une parcelle de bouturage d’igname
tion de semenceaux d’ignames à partir de boutu- nouvellement mise en place
rage de tige
©FAO/Marina Mea
©CNRA/Dibi Konan

Figure 16: Plants d’igname issus de bouturage Figure 17:


de tige en végétation sous abri

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©FAO/Marina Mea

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©FAO

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7.1.9 Variétés améliorées
de manioc
A) Identification La plantation du manioc est réalisée à
partir de boutures prélevées sur des plantes
âgées d’au moins six mois; ces boutures
Cette technologie concerne une série
doivent mesurer de 20 à 30 cm de long,
de variétés de manioc, connue sous le
et présenter de 4 à 6 nœuds. La date de
nom de ‘Bocou’. La série des variétés de
plantation est fonction des grandes zones
manioc ‘Bocou’ comporte à ce jour huit
de cultures.
variétés, chacune d’elle présente des
Mais de manière générale, il est
caractéristiques propres qui la distinguent
recommandé de planter le manioc
des autres.
de mars à juillet et de septembre à
Les variétés de la série ‘Bocou’ ont été
octobre, ou en général lorsque le sol est
mises au point grâce à une collaboration
suffisamment humide pendant la saison des
entre Iita situé à Ibadan au Nigéria et le
pluies.
Cnra de Côte d’Ivoire. Les recherches ont
bénéficié d’un financement privé issu du
La position recommandée de la plantation
Cnra et des projets et conventions.
des boutures se présente comme suit:
• planter la bouture de manière oblique
Les recherches ont débuté en 1999 pour
(2/3 de la bouture enterrée) en cas de
s’achever en 2010. Les variétés de la série
période de forte pluviométrie
Bocou sont actuellement en cours de
diffusion. Les principales zones de diffusion
• planter la bouture de manière
sont la zone de savane du centre, la zone
horizontale (bouture entièrement
forestière (sud, ouest et est). La zone nord
enterrée à 10 cm) en cas de
est considérée comme marginale pour le
pluviométrie peu prononcée.
développement des variétés de manioc
de la série des Bocou. L’évaluation du taux
La densité de plantation recommandée
d’adoption par les producteurs reste à
est de 10 000 à 15 625 boutures par ha.
réaliser.
Après la plantation, le sarclage se fera à
Les utilisateurs potentiels sont constitués
la demande de 3 à 5 passages au cours
surtout des producteurs de manioc, des
du cycle de végétation, un traitement
transformateurs, des commerçants, des
herbicide est recommandé avant la
consommateurs et des agents de la
plantation.
recherche et de l’encadrement.
La date de récolte comme la date de
plantation sont fonction des grandes zones
B) Description de production.

Pour une meilleure appropriation de De manière générale, il est recommandé


la technologie par les producteurs, les de récolter les variétés de manioc à partir
modalités de mise en œuvre sont ci- de 12 mois en zones forestières ou dans les
dessous détaillées: zones à pluviométrie élevée, cependant,

55
les variétés telles que Bocou2 et Bocou5 vivrières sur des superficies conséquentes, le
peuvent être récoltées précocement à coût élevé des boutures de manioc estimé
partir de 11 mois. La récolte est conseillée à environ 100 000 Fcfa/ha, le caractère
à partir de 20 mois pour les zones à faible non fonctionnel du système semencier et
pluviométrie. Le rendement en milieu de la plateforme d’innovation constituent
paysan est fonction des grandes zones de autant de contraintes à l’adoption des
récoltes et varie de 15 t/ha à 35 t/ha. variétés améliorées de manioc. Malgré
ces contraintes, des facilités de mise à
Les variétés de manioc de la série ‘Bocou’ échelle existent. Elles s’articulent autour du
contribuent aux trois piliers de l’Aic de la caractère économe en intrants chimiques
manière suivante: signalé plus haut, en dehors du coût des
boutures, les autres coûts de production
Pilier1 (Productivité): Variétés productives demeurent accessibles. Le coût moyen
et nutritive; (Bocou2, a une teneur en de production varie de 184 000 Fcfa/ha
provitamine A plus élevée que celle des à 400 000 Fcfa/ha en fonction du niveau
variétés à chair blanche ou crème); d’intensification selon une étude menée
par la recherche dans la région de Dabou
Pilier2 (Adaptation): Variétés bien adaptées en 2008.
aux conditions de cultures traditionnelles
avec très peu d’apport d’intrants chimiques

Pilier 3 (Atténuation): Le manioc est


une plante qui a une bonne capacité
d’absorption de CO2.

©DUNIA MEDIA
Le succès des variétés améliorées de
manioc de la série Bocou repose sur un
certain nombre d’atouts, au nombre
desquels:
• (1) un réel gain de rendement potentiel
par rapport aux variétés traditionnelles,
30 à 40 t/ha en station contre 20 à 25 t/ha Figure 18: Présentation après cuisson de
pour les variétés traditionnelles ; variétés de manioc de la série Bocou

• (2) le caractère économe en intrants


chimiques de la culture (faible recours
aux engrais); C) Propositions d’actions pour la
• (3) la teneur intéressante en provitamine mise à échelle
A (6 ppm) de la variété Bocou 2 à chair
colorée; Les points suivants peuvent-être retenus
comme de possibles propositions de mise à
• (4) de nombreux producteurs ont échelle:
témoigné de la rentabilité intéressante Produire des semences de pré-base et
de la culture en milieu paysan; de base: la pré-base est la phase de
production de semences en stations qui
• (5) toutes les variétés de la série Bocou intègre la production de vitroplants sains
présentent une bonne aptitude à la et la production de boutures issues de ces
confection de l’attiéké. vitroplants; puis suit la phase de production
de base à partir de la pré-base en station
La pression foncière, qui réduit de plus en ou en milieu paysan avec des producteurs
plus la possibilité de pratiquer les cultures semenciers:
• évaluer la tolérance des technologies

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vis-à-vis des
stress hydriques et conditions de forte • rechercher des financements pour la
pression foncière; promotion
• améliorer les conditions de conservation des technologies;
des semences (au niveau de la
recherche et en milieu paysan, • promouvoir les technologies selon
promouvoir le système semencier); l’approche Chaîne de valeur et la

©FAO/Marina Mea

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©FAO/Caroline Thomas

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7.1.10 Variétés améliorées
de patate douce à haut
rendement et riche en
provitamine A
A) Identification Son objectif est d’améliorer la sécurité
alimentaire et de diversifier les sources de
La technologie dénommée «variété revenus des acteurs.
améliorée de patate douce» a été mise
au point en Côte d’Ivoire par le Cnra en Les modalités de mise en œuvre s’articulent
collaboration avec le Cip. Les recherches autour des points suivants:
ont été menées à partir de financements Les variétés de patates douces sont
privés issus du Cnra et des financements sur cultivées en zone de forêt et de savane
projets et convention. avec un meilleur rendement sur des
Démarrées en 2012, les recherches ont sols limono-sableux ou sablo-limoneux,
pris fin en 2016. Les variétés de patate légers, drainant bien et riches en matières
douce mises au point sont en cours de organiques. La plantation se fait n’importe
diffusion, principalement en zone forestière quand lorsque le sol est suffisamment
(nord-est) et en zone de savane (centre humide (pluie, bas-fonds, irrigation). Les
et nord). Toutefois, aucune estimation variétés de patate douce sont plantées
précise n’existe à l’heure actuelle en ce sur butte, sur billon ou planche avec
qui concerne le taux de diffusion, l’étude des densités de 30 000 à 50 000 plants
de l’estimation de ce taux reste donc à à l’hectare. Pour la plantation les tiges
réaliser. sont coupées en boutures de 15 à 30 cm
portant 3 à 4 nœuds. La plantation se fait
Les utilisateurs potentiels de cette en enterrant les boutures au deux tiers de
technologie demeurent les acteurs façon oblique. Pour des boutures de 3 ou
de la chaîne de valeurs de la patate 4 nœuds, mettre au moins deux nœuds en
douce, notamment les producteurs, les terre.
transformateurs, les commerçants, les
consommateurs, les chercheurs et les Il y a peu de travaux de sarclage (un
agents de l’encadrement, etc. ou deux sarclages) car la plante couvre
progressivement le sol. La patate douce est
souvent utilisée en rotation parce qu’elle
B) Description peut être cultivée à n’importe quelle
période de l’année. Elle est utilisée dans
La technologie se définit comme une
des rotations avec le riz, le tabac, la canne
«variété améliorée de patate douce à
à sucre, le soja; on la trouve également
chair colorée et riche en provitamine A».

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comme plante intercalaire avec le maïs, bonne qualité culinaire et nutritionnelles
le manioc, le bananier, les haricots ou le constituent les principaux atouts de cette
cocotier. Les variétés proposées ont un technologie.
cycle de 3 à 5 mois. La faible disponibilité des semences
et la pression foncière représentent les
principales contraintes à l’adoption
La récolte doit se faire dès la maturation, de cette technologie. Malgré tout, la
sinon les rendements ne seront pas technologie demeure facile à mettre à
satisfaisants et les racines tubéreuses échelle car elle est économe en intrants
se conserveront mal. La récolte tardive chimiques et les coûts de production sont
donne des racines tubéreuses fibreuses, relativement abordables.
qui ont mauvais goût et sont attaquées
par les charançons de la patate douce et
d’autres pourritures. Les racines tubéreuses C) Propositions d’actions pour la
de patate douce ne se conservent pas
très longtemps en général à température mise à échelle
ambiante (3 à 6 semaines selon la
Les propositions d’actions pour la mise à
variété). Cette conservation peut aller
échelle devront prendre en compte la
jusqu’à six mois avec l’utilisation de fosses
promotion de plateformes d’innovation
emménagées.
de la patate douce. La mise en place
d’un système semencier, l’évaluation du
Cette technologie contribue surtout au
comportement en champ vis-à-vis de
pilier 1 de l’Aic par une productivité élevée
différents stress dont la pression foncière
en station (15 à 25 t/ha) et en milieu paysan
et le stress hydrique par la recherche sont
(8 à 20 t/ha); des besoins relativement
nécessaires.
faibles en intrants chimiques et une

©CNRA/Dibi Konan
©CNRA/Dibi Konan

Figure 19: Calibrage de racines tubéreuses de Figure 20: Présentation après cuisson de variétés de
patate douce après récolte manioc de la série Bocou

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©FAO/Isaac Kasamani
©FAO/Swiatoslaw wojtkowiak

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7.1.11 Détermination des
périodes optimales de
semis du coton
A) Identification de la répartition fréquentielle des pluies
dans chaque zone agro-climatique et
consolidées par les résultats des essais de
La technologie dénommée «détermination validation des nouvelles dates de semis.
des périodes optimales de semis du Les analyses agro-climatiques et les tests
coton» a été mise au point par le Cnra effectués au cours de trois campagnes
sur financement mixte, public d’abord à agricoles (2014/2015; 2015/2016 et
partir des fonds de l’Etat de Côte d’Ivoire 2016/2017) en milieu contrôlé et en milieu
et un financement de l’Union européenne. paysan, ont permis de déterminer (figure 5)
Les recherches ont démarré en 2013 pour deux périodes permettant de minimiser les
s’achever en 2017. risques d’échecs de la culture du coton en
fonction des zones de production:
Les principales zones agro-écologiques de
diffusion sont surtout constituées par les • Les 1ères et 2èmes décades de juin pour la
zones de production de coton en Côte zone au-dessus de 8° de latitude Nord
d’Ivoire, à savoir la zone des savanes et du bassin cotonnier (à partir des localités
certaines régions de la zone pré forestière. de Touba, Séguéla, Mankono, Katiola et
Les utilisateurs potentiels de la technologie Dabakala);
sont constitués des sociétés cotonnières,
des faîtières au niveau du coton et des • La 3ème décade de juin et la 1ère décade
producteurs de coton graine. de juillet pour la zone en-dessous de 8°
Il est difficile d’estimer le taux d’adoption de latitude nord du bassin cotonnier.
de cette technologie dans la mesure où sa
diffusion n’a pas encore commencé. La stabilisation du rendement demeure
l’atout principal de la technologie, à cet
B) Description atout principal il faut ajouter le gain de
temps lié au fait que le semis du coton est
La technologie se définit comme une effectué au cours d’un nombre restreint de
technique d’optimisation de la production décades. La principale contrainte demeure
du coton par l’actualisation des calendriers l’accès au foncier dans plusieurs localités.
culturaux, avec pour objectif de minimiser
les risques d’échec de la culture du coton
en respectant les nouvelles périodes de C) Propositions d’actions pour la
semis. mise à échelle
Les modalités de mise en œuvre de la
technologie reposent sur le fait que les La technologie est facile à mettre à échelle
périodes optimales de mise en place des car il s’agit de suivre scrupuleusement
cultures sont déterminées en fonction

63
l’itinéraire technique recommandé.
Les propositions d’actions pour sa mise Il faut donc appuyer cette technologie par
à échelle consistent en des séances les prévisions saisonnières des pluies locales
d’information des acteurs de la filière à partir de différentes sources dont les
coton, à savoir les sociétés cotonnières, bulletins d’information de la Sodexam. La
les producteurs, l’intercoton, les Opa, le stabilisation du rendement demeure l’atout
Conseil Anacarde-coton; etc. Toutefois, principal de la technologie. À cet atout
comme dans le cas de la technologie principal, il faut ajouter le gain de temps lié
du calage du cycle du riz pluvial, cette au semis du coton effectué au cours d’un
technologie se heurte à une contrainte nombre restreint de décades. La principale
majeure constituée par les chocs contrainte demeure l’accès au foncier en
climatiques (arrêt brutal des pluies après la maints endroits compte tenu du blocage
mise en place) dans le nouveau contexte foncier de plus en plus sévère.
de variabilité climatique.

Figure 21: Répartition décadaire des dates de semis recommandées

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©FAO/Swiatoslaw wojtkowiak

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©FAO/Marina Mea

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7.1.12 Technique de
greffage de l’anacardier
A) Identification Le taux moyen de réussite du greffage
est d’environ 75 pour cent. On estime à
La technique de greffage de l’anacardier environ 595 ha, les superficies couvertes en
a été mise au point par le Cnra grâce à plants greffés distribués dont 273 ha en 2015
un financement privé du Firca et à une et 322 ha en 2016. Dans l’hypothèse que les
expertise tanzanienne. plantations ont été effectivement réalisées
Les financements du Firca ont commencé et les reprises effectives, on peut évaluer
en 2009 pour prendre fin en 2017 avec actuellement à 550 ha la superficie totale
l’achèvement du projet «Amélioration en plants greffés d’anacardier.
variétale de l’anacardier, phase 2». Les
zones agro écologiques de diffusion de La technique de l’anacardier greffé
cette technologie sont constituées par contribue surtout au pilier 1 de l’Aic par
toute la zone de production de l’anacarde l’amélioration de la productivité et des
à savoir la zone de savane et la zone pré revenus des producteurs. C’est une
forestière. Les greffeurs, les pépiniéristes, les technologie qui provoque surtout un gain
chercheurs, les agents du développement réel de précocité par rapport à la situation
constituent les utilisateurs potentiels de de référence qui est le non greffage des
cette technologie dont le taux d’adoption plants. En effet, les plants greffés sont
peut-être actuellement estimé à moins de précoces; à un an après plantation, ils
10 pour cent au niveau des producteurs. entrent en floraison et en production,
contrairement aux plants issus de semis qui
entrent en floraison et en production à trois
B) Description ans après semis.
La technique de greffage de l’anacardier
peut être définie comme une technologie De manière générale au niveau de
contribuant à l’amélioration du matériel l’anacardier, la production dépend de
végétal de plantation de l’anacardier. Sa la variété et du respect de l’itinéraire
mise au point vise à mettre à la disposition technique. Celles issues du Cnra ont un
des producteurs du matériel végétal de rendement qui varie de 1,6 à 1,9 t/ha de
plantation performant. noix de cajou en station.
Les modalités de mise en œuvre de cette
technologie sont illustrées par les figures ci- La production de matériel végétal
dessous indiquées et se présentent comme performant et l’amélioration de la
suit: choisir un greffon, celui-ci est un productivité des vergers d’anacardiers
rameau végétatif lignifié de l’année, ayant constituent les deux principaux atouts
en son extrémité un bourgeon dormant. de la technologie. Comme contraintes,
Il est de couleur marron ou gris-clair. Le on peut noter qu’un bon usage de cette
greffon est issu de la variété à diffuser. technologie nécessite une ouverture
Idéalement, la période de greffage doit à l’innovation et à la formation aux
se situer en dehors des périodes des vents techniques du greffage.
secs (harmattan), et doit tenir compte de
la période du planting (de février à juillet).

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C) Propositions d’actions pour la mise à échelle
De manière générale, la technique de greffage de l’anacardier peut être considérée
comme une technologie facile à mettre à échelle pourvu que la formation nécessaire
à la maîtrise de la technique suive. Les propositions d’actions pour la mise à échelle
de la technologie vont s’articuler autour de l’organisation annuelle de formation aux
techniques de greffage à l’attention des greffeurs, des pépiniéristes et des agents du
conseil agricole.

©CNRA/Dibi Konan

©CNRA/Dibi Konan
a: Tige de jeune porte-greffe d’anacardier b: Tige du porte-greffe sectionnée et fendu
©CNRA/Dibi Konan

©CNRA/Dibi Konan

c: Greffon d’anacardier de 15-20 cm de long d: Greffon taillé en double biseau à sa base0

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©CNRA/Dibi Konan

©CNRA/Dibi Konan
e: Greffon inséré dans la fente pratiquée dans la f: Greffon emballé
tige du porte-greffe

Figure 22: Etapes du greffage apical de l’anacardier


a, b, e, f: échelle: 1/18;
c, d : échelle: 1/3

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©FAO

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7.1.13 Gestion de l’eau
par paillage en culture
de la banane plantain

A) Identification bananiers et en la couverture homogène


de toute la parcelle.
La technologie dénommée «Gestion de La technologie contribue aux deux
l’eau par paillage en culture de la banane premiers piliers de l’Aic en ce sens qu’elle
plantain à haute densité en zone de forêt favorise une utilisation efficiente de l’eau
et en zone marginale» est une technologie qui améliore la productivité et donc
mise au point aux Etats Unis et adaptée la sécurité alimentaire de même que
en Côte d’Ivoire par le Cnra au début l’adaptation aux variations climatiques.
des années 1990. Les zones traditionnelles Comme atouts, cette technologie permet
de production de la banane plantain et l’accroissement de la densité de plantation,
les zones considérées comme marginales le calage du cycle de sorte à combler le
pour la production de cette culture déficit en bananes et l’exploitation des
représentent les principales zones agro interlignes de plantation. Les contraintes
écologiques potentielles de diffusion de résident dans la grande quantité de paille
cette technologie nécessaire et de la disponibilité de sous-
produits de l’agriculture.
B) Description
C) Propositions d’actions pour
La technologie est définie comme étant la mise à échelle
une technique de paillage de la parcelle
de bananiers plantains à l’aide de sous- La mise à échelle ne nécessite aucune
produits agricoles avec pour objectif technicité particulière, les propositions
de protéger les souches de bananier, d’actions pour la mise à échelle s’articulent
d’éviter le compactage du sol, l’érosion autour de l’identification des sources de
et de favoriser le développement de la sous-produits agricoles (parches de café ou
microfaune. de cacao, etc.) et de leur assemblage en
Les modalités de mise en œuvre consistent vue du paillage.
en la couverture des pieds de bananier,
puis au dégagement des pieds de

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©FAO/Believe Nyakudjara

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7.1.14 Technique des
plants issus de fragments
de tige (Pif)
A) Identification
B) Description
La technologie dite des Pif ou technique
d’obtention de plants issus de fragments La technique des Pif se définit comme
de tige a été mise au point au Centre une technique horticole de multiplication
africain de recherches sur bananiers et de masse de plants sains de bananiers
plantains (Carbap), au Cameroun. Elle plantains. Elle a été mise au point pour
a été introduite en Côte d’Ivoire par le répondre aux besoins de matériels de
Firca en 2013 sous financement privé production des exploitants de bananiers.
de 2013 à [Link] 1993 à 1998, deux La modalité de mise en œuvre de la
expériences complémentaires ont été technologie repose sur 4 piliers à savoir:
menées au Carbap en vue de mettre au
point la technique des Pif. L’activation des 1 disposer d’un germoir;
bourgeons latents et la prolifération in vivo. 2 disposer d’une ombrière;
Les résultats de cette recherche ont été 3 disposer d’un substrat;
publiés en 2003, sous le titre «Activation 4 disposer d’une source d’eau (elle doit
de bourgeons latents et utilisation de être proche et facilement accessible).
fragments de tige du bananier pour
la propagation en masse de plants en
conditions horticoles in vivo».

La technique est pratiquée dans les zones

©ANADER/Yode Toh Emile


habituelles de production de banane
plantain en Côte d’Ivoire (sud, ouest,
est, centre, centre-ouest, sud-ouest,
sud est). Les exploitants agricoles, les
organisations intervenants dans le domaine
agricole, les Institutions de recherches et
d’enseignement supérieur, les structures
de formation, les opérateurs économiques
du secteur agricole, les coopératives, les
groupements d’intérêts, les particuliers, etc.
Figure 23: Vue d’un germoir
constituent les utilisateurs potentiels de la
technologie.
110 personnes ont été formées à
l’introduction de la technique des Pif (2013
et 2014), aujourd’hui plus de 195 personnes
ont été formées en 2017, soit un taux de
diffusion de plus de100 pour cent.

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©ANADER/Yode Toh Emile

©ANADER/Yode Toh Emile


Figure 24: Vue de l’intérieur d’un germoir Figure 25: Calibrage des explants après séchage

La modalité de mise en œuvre de la


technologie comporte 8 (huit) opérations,
à savoir:

©ANADER/Yode Toh Emile


1. choix et prélèvement des rejets;
2. lavage des rejets à l’eau
3. conditionnement de l’explant
• parage à blanc
• décorticage
• trempage
• séchage
• rajeunissement
• l’application des incisions

4. mise en germoir;
Figure 26: Pousses sur un explant de rejet prêt à être
5. sevrage des plants; sevrés
6. réactivation; - moyen à petit: 200 à 300 g
- petit: 100 à 180 g
7. gestion physique du germoir; - très petit: moins de 100 g
8. élevage des Pif.
Le classement par catégories permet de
NB: le calibrage des explants faciliter la mise en germoir des explants.
Le calibrage est la constitution des lots On distingue neuf activités de gestion
homogènes d’explants. Généralement il technique des Pif sous ombrière à savoir:
faut constituer entre 3 et 6 catégories qui
sont extra gros, standard, moyen à petit, 1. préparation du substrat;
petit, très petit: 2. ensachage du substrat + classement des
- extra: + de 800 g sachets en bandes;
- gros: 600 à 700 g 3. arrosage des sachets remplis;
- standard : 400 et 450 g

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©ANADER/Yode Toh Emile

©FAO
Figure 27: Rejets lavés avant le parage Figure 28: Plants de bananier en pépinière sous une
ombrière
©ANADER/Yode Toh Emile

©ANADER/Yode Toh Emile


Figure 29: Mise en place des explants dans un germoir Figure 30: Développement des plantules 4 à 5 se-
maines après la mise en germoir

4. collecte et tri des plantules sevrées; contre 0 à 4 rejets par pied de plantain
5. repiquage des plantules et étiquetage; en 1 an. Par ailleurs, les observations sur le
6. arrosage des plantules repiquées; terrain indiquent que les plants issus de la
7. fertilisation; technique des PIF entrent en production
8. réarrangement des plants dans les précocement (apparition des fleurs entre 9
bandes; à 10 mois), tandis que les rejets classiques
9. régulation de l’ombrage. mettent 11 à 12 mois. De plus, les PIF ont un
La technique des Pif contribue rendement de 20 à 25 t/ha contre 10 à 15
essentiellement au pilier 1 de l’Aic, à tonnes pour les rejets classiques.
travers une amélioration notable de la
productivité des bananiers. En effet, le Les atouts de la technologie résident dans:
rendement des PIF est de 15 à 100 plantules • L’atténuation de la propagation des
environ par explant de rejet en 3 ou 4 mois maladies du plantain;

75
• La réduction du temps de production du C) Propositions d’actions pour la
matériel végétal (3 à 4 mois);
mise à échelle
• La disponibilité du matériel végétal de
La technologie relativement simple
qualité et en abondance;
à mettre à échelle eu égard aux
caractéristiques ci-dessous:
• La possibilité de créer des plantations
• Technique simple et accessible à tous
variétales sur de grandes superficies;
selon quel’on soit instruit ou pas.
• La précocité des plants issus de la
• Intrants disponibles dans le milieu du
technique des Pif;
producteur et à bon marché (rejets,
sciure de bois, matériaux locaux de
• Le rendement élevé 20 à 25 t/ha.
construction, etc.).
• Coût de production faible: 75 à 100
C’est une activité génératrice de revenu à
Fcfa/plant
fort potentiel de création d’emplois et de
multiplication du matériel végétal.
Etant donné l’introduction relativement
Les principales contraintes liées à l’utilisation
récente de la technologie en Côte d’Ivoire,
de la technologie des Pif se résument à
il serait souhaitable de procéder à une
la sensibilité au stress hydrique, surtout
étude approfondie du comportement
en début de plantation et à la nécessité
des Pif en plantation et de conduire des
de respecter scrupuleusement toutes
tests sur la qualité organoleptique des
les étapes de production, de la phase
fruits en comparaison avec les pratiques
préparatoire à la phase active.
courantes avant la diffusion de masse
Par ailleurs, les Pif ont un taux de mortalité
de la technologie. La technologie des
élevé en pépinière soit environ 10 à 15 %
Pif représentant une activité génératrice
lorsque les conditions d’acclimatation ne
de revenu et à fort potentiel de création
sont pas maitrisées. Le taux de pourriture
d’emplois. Le financement des petites
des explants est également élevé en
unités de production de 5 à 10 germoirs
germoir (20 à 25%) due à une mauvaise
pour la production de plants plantains
évacuation des eaux, due au non-respect
apparait comme une option prioritaire.
des normes de construction du germoir.

76
©FAO/Daniel Hayduk

77
©FAO/Pius Utomi Ekpei

78
7.2 Technologies de
l’agriculture intelligente
face au climat dans le
domaine de la production
animale et halieutique

79
©FAO/Hoang Dinh Nam

80
7.2.1 Création de
pâturages artificiels à base
de panicum maximum c1

A) Identification technologie comportent plusieurs étapes.


Pour installer une parcelle de panicum
Cette technologie se définit comme maximum C1, il faut d’abord disposer de
étant un pâturage artificiel à base la semence que l’on peut se procurer au
de panicum maximum C1 destiné à Cnra à raison de 5kg/ha et au prix de 15
l’élevage. Elle a été mise au point et a 000 Fcfa/kg. Il faut ensuite procéder à la
fait l’objet d’améliorations successives préparation du sol, à savoir pratiquer le
par l’ex-Imvt et par l’ex-Idessa. Ces deux labour et le pulverisage.
anciennes structures font désormais
partie respectivement du Cirad et du
Cnra. La technologie fait encore l’objet

©CNRA/Kouadja G Sévérin
de recherches continues en vue de son
amélioration. Mais les dates de début et de
fin des recherches ne sont pas précisées.
L’aire de diffusion de cette technologie
correspond à l’ensemble du territoire
national, même si la zone nord du pays à
vocation pastorale affirmée demeure la
première zone de diffusion.
Les éleveurs de ruminants et les vendeurs
de fourrage demeurent les utilisateurs
potentiels de cette technologie dont le Figure 31: Panicum maximum C1 en cours de
taux d’adoption est actuellement estimé végétation
à plus de 80 pour cent sur l’ensemble du
territoire national. Il faut enfin procéder à l’apport d’intrants
et à l’entretien de la parcelle. L’engrais
Npk est apporté à la dose de 250 kg/ha au
labour, l’urée, apporté à la dose de 180 kg/
B) Description ha fractionné en trois: La dose de 60 kg/
Panicum maximum C1 se définit comme ha est apportée successivement à 60 jours,
une technologie qui améliore l’alimentation 90 jours, et 120 jours respectivement après
du bétail, son rôle étant de constituer une semis. La durée de végétation du panicum
alternative à la savane naturelle dans le maximum C1 est d’un an.
cadre de l’alimentation du bétail. Quatre options existent pour son
Les modalités de mise en œuvre de la exploitation.

81
Option 4: Commercialisation du panicum
Option 1: Pâturage. frais.

Elle consiste à laisser le bétail pâturer sur la C’est le circuit d’exploitation le plus
parcelle de panicum maximum C1. Après court du panicum fauché, conditionné
chaque phase de pâturage, laisser la sous forme de balles et mis à la vente
parcelle au repos pendant environ un mois. directement sur les marchés à bétail le jour
même où dans les 48 à 72 h qui suivent.
Cette technologie contribue au pilier 1
de l’Aic en ce sens qu’elle contribue à
l’amélioration de l’alimentation du bétail et
par conséquent à la sécurité alimentaire de
même qu’à la diversification des revenus
©CNRA/Kouadja G Sévérin au niveau de l’exploitation agricole grâce
au commerce du fourrage bien développé
dans certaines agglomérations de la Côte
d’Ivoire comme Korhogo et Bouaké.

Elle contribue également au pilier 2 de l’Aic


en ce sens qu’elle permet de produire du
foin qui peut être conservé sur une période
relativement longue, palliant de ce fait le
Figure 32: Bovins N’dama sur pâturage artificiel à manque de fourrage en cas de période de
base de Panicum maximum C1 sécheresse plus ou moins prononcée.
Option 2: Conservation sous forme de foin.
Panicum maximum C1 possède au moins
Faucher le panicum et le laisser sécher deux atouts essentiels, il s’agit en effet de la
à l’air libre; attacher le panicum fauché, possibilité d’amélioration de l’alimentation
confectionner des balles de foin à du bétail et surtout celui de la conservation
conserver sous abri aéré et mettre le foin de l’herbe à travers l’option 2 et l’option 3.
à la disposition du bétail en fonction des (Voir ci-dessus).
besoins. A ces deux atouts de base, on peut ajouter
Option 3: Conservation sous forme la diversification des revenus et la création
d’ensilage (conservation humide). d’emplois liés à l’option 4, de même que
la réduction des conflits entre agriculteurs
Confectionner des fosses d’ensilage pour y et éleveurs dans la mesure où la possibilité
stocker le panicum frais en mélange avec de disposer de l’herbe sur l’exploitation
des légumineuses (fanes d’arachide par diminue les risques de divagation du bétail.
exemple); déstocker l’ensilage plus tard
et le mettre à la disposition du bétail en L’exploitation de cette technologie se
fonction des besoins. heurte néanmoins à un certain nombre
de contraintes. La première réside dans

82
la nécessité de la part de l’agriculteur- rédhibitoires pour le petit paysan, ils
éleveur de disposer d’une certaine forme semblent néanmoins à la portée de
de technicité, et surtout de disposer d’un certains exploitants agricoles pour lesquels
capital foncier conséquent. En effet, il est la mise à échelle ne devrait pas poser
nécessaire de disposer en moyenne d’un de problèmes étant donné l’orientation
hectare pour 4 à 6 bovins. Le calcul est marquée de l’exploitation agricole vers
vite fait, l’agriculteur-éleveur doit être en l’élevage.
mesure d’immobiliser 10 hectares de terre
pour un cheptel de 40 à 60 bovins. Ce qui C) Propositions d’actions pour la
n’est pas toujours évident étant donné la
pression foncière de plus en plus élevée en mise à échelle
maints endroits de la Côte d’Ivoire. Enfin,
Les propositions d’actions pour la mise à
le coût d’implantation d’un hectare de
échelle de la technologie du panicum
panicum maximum est relativement élevé
maximum C1 devraient reposer en priorité
et est comparable au coût d’implantation
sur le renforcement des capacités pour une
d’un hectare de cultures vivrières, ce
meilleure maîtrise des itinéraires techniques
qui peut amener à conclure que le petit
grâce à l’appui du Cnra. Il s’agira
paysan ne constitue peut-être pas la
également d’encourager l’installation de
principale cible de cette technologie.
producteurs privés de fourrage par l’Etat,
Néanmoins, pour des exploitations agricoles les collectivités locales et les associations
d’éleveurs.
relativement évoluées, la technologie du
panicum maximum peut être considérée
comme facile à mettre à échelle.
Car si les coûts d’installation semblent

83
©FAO/Isaac Kasamani

84
7.2.2 Amélioration de
l’élévage traditionnel par
l’introduction de poules
améliorées
A) Identification La poule améliorée est introduite dans un
système d’élevage en semi-divagation
Cette technologie a été développée avec un bâtiment construit à cet effet,
par le Cnra dans le cadre du projet intégrant si possible une cour facilitant
Duras, grâce à un financement de type la semi-divagation. Il est recommandé
privé. Les recherches ont débuté en 2007 d’appliquer à l’élevage une prophylaxie de
et ont pris fin en 2010. A ce jour, il est base comportant notamment des vaccins
difficile de préciser le taux d’adoption contre les principales maladies aviaires
de cette technologie dont la diffusion est dont la maladie de Newcastle, la maladie
cependant en cours sur l’ensemble du de gumboro, et la bronchite infectieuse.
territoire national. L’apport d’un aliment composé de type
industriel en fonction de l’âge, matin et soir,
Peuvent être considérés comme des est également recommandé.
utilisateurs potentiels de cette technologie,
toutes les parties prenantes de la chaîne C’est une technologie qui contribue surtout
de valeur de l’aviculture en Côte au pilier 1 de l’Aic à travers la sécurité
d’Ivoire. À savoir les éleveurs de volaille, alimentaire et l’amélioration des revenus.
les revendeurs, les provendiers et les Les principaux atouts de cette technologie
consommateurs. résident dans l’amélioration des

performances zootechniques au niveau


de l’élevage, un bonus est également
B) Description noté à la vente au niveau des éleveurs
Cette technologie est définie comme une ayant adopté cette technologie grâce à
technique qui améliore les performances un gain de poids appréciable qui autorise
zootechniques de l’aviculture avec pour la précocité de la mise en vente, le tout
objectif d’améliorer la productivité de l’éle- accompagné d’une amélioration du goût
vage. Les modalités de mise en œuvre de des poulets. Toutefois, cette technologie
la technologie sont relativement simples. présente une contrainte majeure dans le
La première étape consiste à acquérir cadre de sa mise en œuvre.
huit poules améliorées pour 1 coq local
chez des éleveurs privés. Ces derniers Il s’agit de la faible aptitude à la couvaison
sont installés pour la plupart à Bingerville, des poules améliorées.
Agnibilekrou et Bouaké.

85
C) propositions d’actions pour de poules améliorées un peu partout sur
l’étendue du territoire afin de rapprocher
la mise à échelle l’offre en poules améliorées de la
demande locale. Il s’agira aussi d’introduire
La mise à échelle de cette technologie
des poules locales dans l’élevage afin
est relativement simple en ce sens
d’améliorer la capacité de couvaison et
que l’infrastructure nécessaire à son
encourager les recherches dans le but
développement se réduit à la construction
également d’améliorer la capacité de
d’un bâtiment de type rudimentaire à
couvaison des poules améliorées.
partir de matériaux locaux. Par ailleurs, le
coût d’acquisition du noyau de base est
abordable car il est de l’ordre de 50 000
Fcfa.
Les propositions d’actions pour la mise à
échelle de cette technologie consistent à
encourager l’installation de producteurs

86
87
©FAO/Giuseppe Bizzarri
©FAO/Tony Karumba

88
7.2.3 Production artificielle
d’alevins de mâchoiron
(chrysichthys nigrodigitatus)
A) Identification mâchoirons(Chrysichthysnigrodigitatus) est
une technologie permettant de mettre à
disposition des pisciculteurs, des alevins
La technologie de production artificielle de mâ- choirons au bout d’un mois. Cette
d’alevins de mâchoirons (Chrysichthys technologie reste moins contraignante, car
nigrodigitatus) a été mise en œuvre les alevins de mâchoiron supportent une
depuis les années 1990 par le Centre de densité de mise en charge relativement
recherches océanologiques (Cro). Ce élevée, sont peu consommateurs en eau,
projet a connu plusieurs améliorations de même qu’ils sont moins exigeants à la
jusqu’à ce jour où elle est entièrement qualité d’eau.
maîtrisée par les chercheurs du Laboratoire
de Biologie de la Reproduction, du Elle assure une bonne productivité
Département Aquaculture. Cette des fermes grâce aux performances
technologie basée sur les biotechnologies zootechniques des mâchoirons qui
de la reproduction consiste à produire présentent un meilleur taux de croissance
dans un atelier adapté, des alevins de par rapport aux autres poissons d’élevage.
mâchoirons. Ce qui permet ainsi une meilleure gestion
des ressources en eau. Les modalités
Les activités de production sont de mise en œuvre de la technologie
principalement financées par le Cro et recommandent de renforcer les capacités
quelquefois, à travers des projets financés techniques et compétences pratiques des
par le Firca. La technologie est vulgarisée pisciculteurs ainsi que de leur assurer un
auprès des pisciculteurs en Côte d’Ivoire à appui financier à travers des faitières en
travers des formations pratiques et la mise vue de la mise en place d’au moins une
à disposition d’alevins aux pisciculteurs écloserie.
qui en font la demande. Les principaux
récipiendaires sont généralement les La technologie se pratique en deux phases:
pisciculteurs des plateformes installées la première à lieu sur le site de sélection
par le Cro dans les zones Sud, Sud-ouest des géniteurs qui seront utilisés pour la
et Sud-est de la Côte d’Ivoire, qui restent reproduction et la seconde, au laboratoire.
les utilisateurs de cette technologie. La
technologie est diffusée à un taux de Phase 1: Sélection des géniteurs
plus de 70 pour cent, car c’est la seule • Sélection des géniteurs
permettant à ce jour de fournir des alevins Les géniteurs sont conditionnés avec une
de mâchoirons aptes au pré-grossissement ration alimentaire de 3 pour cent de leur
et au grossissement en vue d’accroître la biomasse à 32 pour cent de protéines,
production piscicole ivoirienne. jusqu’à avoir un poids moyens d’au moins
500 g (figure 31). Les femelles choisies
B) Description présentent un abdomen renflé et mou puis
une coloration jaunâtre, avec une papille
La production artificielle d’alevins de protubérante très foncée. Une biopsie est
souvent réalisée pour apprécier la qualité

89
des ovocytes.
Les poissons sont mis par deux (mâle
et femelle) dans chaque casier de

©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain


reproduction.

©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain


Figure 35: Œufs de mâchoiron collectés

Figure 33 : Couple de mâchoiron prêts à être mise


en casier de reproduction.

©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain


©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain

Figure 36: incubation des œufs de mâchoiron

• Incubation des œufs


Figure 34: Casier contenant le couple de Les œufs sont disposés sur des tamis et
reproducteurs incubés au sein de l’écloserie par un
mécanisme d’aération des œufs (figure
Phase 2: Les manipulations au laboratoire 48). Les tamis effectuent des mouvements
verticaux dans l’eau circulant dans le
• Préparation du casier de reproduction système jusqu’à l’éclosion entière des œufs
Le casier doit être fermé des deux pour libérer les larves qui sont récupérées
extrémités et disposé dans une colonne pour la phase d’élevage larvaire.
d’eau d’un mètre maximum (figure 32).
Car il faut y éviter la pénétration de la • Élevage larvaire
lumière qui devient un facteur limant à la Les larves sont collectées et transférées
reproduction. avec beaucoup de précautions, dans des
bacs d’élevage pour l’élevage larvaire
• Collecte des œufs (figure 35). L’élevage larvaire dure en
Les œufs obtenus par accouplement des moyenne un mois et permet d’obtenir des
géniteurs sont collectés à chaque visite du alevins capables d’assurer les phases de
casier qui s’effectue deux fois par semaine pré-grossissement et de grossissement.
(figure 33). Les reproducteurs sont libérés
après la ponte et peuvent être remplacés
dans le casier par un autre couple.
90
changements climatiques.
Les atouts de la technologie se résument

©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain


en une réduction considérable de l’âge
de première maturité sexuelle qui intervient
vers 1 an (500 g) au lieu de trois ans (2 kg)
auparavant. Aussi, le cycle de reproduction
des mâchoirons est maîtrisé car, ce sont des
poissons qui se reproduisent une seule fois
par an dans la nature; ce qui pourrait être
corri- gé en approfondissant la technologie.
De même, l’on note une forte productivité
d’alevins viables, rustiques moins sujets aux
prédateurs et capables de survivre dans
Figure 37: Elevage larvaire de mâchoirons
des milieux hydriques de faible qualité
physicochimique. La technologie assure
La technologie contribue aux trois piliers une économie en eau, car la production
de l’Aic en ce sens qu’en termes de larvaire se fait en circuit fermé réutilisant
productivité; elle permet d’obtenir des l’eau.
milliers d’alevins performants par femelle
au bout d’un mois, avec un taux de La contrainte majeure liée à l’adoption
survie post-larvaire de plus de 80 pour de la technologie est la nécessité que le
cent. Aussi, cette technologie assure- pisciculteur soit méthodique et organisé
t-elle une meilleure adaptation en ce afin de pouvoir la pratiquer. Par ailleurs,
sens qu’elle permet une amélioration le coût d’acquisition et de mise en place
de la densité de mise en charge larvaire d’une écloserie est relativement élevé et
chez les mâchoirons, de 5 à 6 larves/litre peut être évalué à 15 000 000 Fcfa, avec
actuellement, contre deux auparavant. un dispositif et du matériel capables d’être
conservés sur plus de 20 ans.
De même, une baisse significative
de la ration alimentaire journalière est C) Propositions d’actions pour
observée à 55 pour cent de la biomasse
chez les larves et alevins de mâchoirons. la mise à échelle
La fréquence de distribution des repas
En termes de propositions d’actions pour
diminue de six repas à quatre repas par
la mise à échelle de la technologie,
jour chez les larves de mâchoirons avec
en plus de l’implication effective des
une réduction de la quantité d’aliment,
ministères techniques, il est nécessaire
tout en augmentant la croissance et le
d’accorder des subventions du matériel de
taux de survie post-larvaire. En termes
reproduction par l’Etat et les collectivités.
d’atténuation, la technologie permet une
Il faudra mettre en place un processus
incorporation d’au moins 50 pour cent de
participatif de tous les acteurs impliqués
sous-produits agroalimentaires à moindre
dans le développement des produc-
coût tout en assurant une augmentation de
tions halieutiques et sensibiliser les
la croissance et le taux de survie post-larves
partenaires techniques et financiers à des
des mâchoirons en écloserie.
engagements de financement.
Aussi, vue qu’elle assure une production
Ce qui assurera la facilité de la mise
d’alevins à forte densité par litre d’eau et
à échelle de la technologie à travers
n’autorise pas l’usage d’antibiotiques, elle
l’installation d’écloseries privées avec
participe ainsi à atténuer significativement
une volonté de renforcer leur capacité
l’impact de la contribution de la
concernant cette technologie.
production d’alevins de silures aux

91
©FAO/Marina Mea

92
7.2.4 Production artificielle
(heterobranchus longifilis)
et (h. bidorsalis)
A) Identification B) Description
La technologie de production artificielle La production artificielle d’alevins de silure
d’alevins de silure (Heterobranchus longifilis) (Heterobranchus longifilis) et (H. bidorsalis)
et (H. bidorsalis) a été initiée depuis les est une technologie permettant de mettre
années 1980 par le Cro. Cette pratique a à disposition des pisciculteurs, des alevins
connu plusieurs améliorations jusqu’à ce de silure au bout d’un mois. Elle assure une
jour où elle est entièrement maîtrisée par bonne productivité des fermes grâce aux
les chercheurs du Laboratoire de biologie performances zootechniques des silures qui
de la reproduction du département présentent un excellent taux de croissance
aquaculture. Cette technologie basée sur par rapport aux autres poissons d’élevage.
les biotechnologies de la reproduction,
consiste à produire au laboratoire ou dans Leur élevage reste moins contraignant,
un atelier adapté, des alevins de silure. car ils supportent une densité de mise
en charge relativement élevée, peu
Les activités de production sont consommateur en eau, de même qu’ils
principalement financées par le Cro sont moins exigeants à la qualité d’eau. Ce
et le Firca, de même qu’à travers des qui permet ainsi une meilleure gestion des
projets sous régionaux tels que le Sypiex, ressources en eau.
et Coraf / Wecard qui ont pris fin en Les modalités de mise en œuvre de la
2016. La technologie est vulgarisée technologie recommandent d’organiser
auprès des pisciculteurs ivoiriens et de les pisciculteurs en entreprises coopératives
la sous-région à travers des formations et en faitières de production, puis leur
pratiques et la mise à disposition d’alevins assurer un accompagnement en termes de
produits aux pisciculteurs qui en font la gestion selon les normes de l’ohada pour
demande. Les principaux récipiendaires une meilleure gestion des écloseries.
sont généralement les pisciculteurs des Il s’agira aussi de renforcer les capacités
plateformes installées par le Cro, dans les techniques et financières des faitières
zones sud-ouest, centre-ouest, ouest et en vue de la mise en place d’au moins
Sud-est de la Côte d’Ivoire. Ceux-ci restent une écloserie dans chaque grande zone
les utilisateurs de cette technologie. La piscicole de la Côte d’Ivoire.
technologie est diffusée à un taux de plus La technologie se pratique en deux phases;
de 80 pour cent, car c’est la principale la première à lieu sur le site de sélection
technologie permettant de fournir des des géniteurs qui seront utilisés pour la
alevins de silures de bonne qualité et aptes reproduction et la seconde, au laboratoire.
au pré-grossissement et au grossissement
en vue d’accroitre la production piscicole
ivoirienne sur toute l’étendue du pays. Phase 1: La sélection des géniteurs

93
femelles choisies est définie à partir de
Le plus gros individu mâle susceptible de la température de l’eau dans laquelle
produire beaucoup de sperme est choisi, est disposé le poisson pendant les
de même que les femelles qui présentent manipulations, à laquelle correspond un
un ventre bien arrondi sur les flancs temps de latence précis qui permettra
présageant de la présence de nombreux une extraction des ovocytes par massage
ovocytes dans les ovaires (figure 36). Une abdominal.
biopsie intra ovarienne est réalisée aux
femelles en vue de retenir celles dont le • Préparation des mâles
diamètre moyen ovocytaire est supérieur
ou égal à 1,5 mm.

©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain


©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain

Figure 40: Extraction du sperme de


Heterobranchus bidorsalis au cours de la
reproduction artificielle
Figure 38: Biopsie intra-ovarienne d’une
Les mâles sont sacrifiés et disséqués puis
femelle de Heterobranchus bidorsalis
leurs testicules prélevés pour en extraire
Phase 2 : manipulations au laboratoire le sperme en pratiquant des incisions
latérales sur chaque lobe testiculaire à
• Induction hormonale des femelles l’aide d’une paire de ciseaux (figure 38).
choisies Le sperme obtenu est dilué dix fois avec
du Na cl à 9 pour mille et conservé sur de
la glace en attendant la fécondation tout
en évitant de contaminer le sperme par
le sang, de l’eau ou toute autre solution
©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain

qui pourrait activer accidentellement


les spermatozoïdes dont la durée de vie
maximale est d’environ 90 secondes une
fois activés.

• Collecte des ovocytes par massage


abdominal des femelles

A l’heure indiquée selon le temps de


Figure 39: Injection d’hormone HCG à une femelle maturation ovocytaire, l’on procède au
de Heterobranchus bidorsalis.
massage du ventre de la femelle de la tête
Une dose optimale préconisée de 1,5UI/g vers la queue. Les ovocytes sont recueillis
de poids corporel de l’hormone Hcg est dans un récipient tenu par une autre
injectée aux femelles, en une dose unique personne (figure 39).
entre la nageoire dorsale et l’adipeuse, Lorsque le maximum d’ovocytes est sorti, on
au-dessus de la ligne latérale pour arrête le massage et la femelle est remise
achever la maturation ovocytaire (figure dans son bac.
37). L’heure d’injection de l’hormone aux
94
©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain
©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain
Figure 41: Collecte des ovocytes Figure 43: Incubation des œufs de
Heterobranchus bidorsalis par étalage sur des œufs
sur un amis de maille 1 mm.
• Insémination et fécondation artificielle

Cette phase consiste à mélanger les • Eclosion et élevage larvaire


ovocytes et le sperme dilué dans un
récipient, y ajouter de l’eau pour activer les Les premières éclosions interviennent
spermatozoïdes en vue de la fécondation environ 24 heures après la fécondation à
(figure 54). En général, il faut au moins 0,125 25-26°C. Dès l’éclosion, les larves passent
ml de sperme dilué pour 1g d’ovocytes. par les mailles du tamis et descendent dans
le bac (figure 41). Lorsque le maximum de
larves est descendu, l’on retire les tamis,
puis ouvre le circuit d’eau. L’élevage
larvaire commence ainsi, avec des bacs
©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain

couverts car les larves sont photophobes


et ne s’alimentent pas en présence
de la lumière. L’élevage larvaire se fait
généralement en écloserie, en circuit
fermé et dure environ un mois. Les larves
sont nourries à partir de 72 heures avec de
l’artémia ou un aliment à forte teneur en
protéines et de très faible granulométrie.

Figure 42: Aspersion des ovocytes par du sperme


dilué
©CRO/Dr Konan Kouassi Sylvain

• Incubation des œufs

Après la fécondation, l’incubation des œufs


a lieu à l’écloserie. Les œufs sont étalés
sur des tamis de 1 mm disposés dans des
bacs remplis d’eau (figure 40). Les bacs
sont ensuite recouverts pour empêcher la
souillure de l’eau d’incubation.

Figure 44: larves de silure dans un bac d’élevage

95
reproduction privilégiée callée sur la saison
La technologie contribue aux trois piliers des pluies de l’espèce) à 11-12 mois en
de l’Aic en ce sens qu’en termes de élevage. De même l’on note une forte
productivité; elle permet d’obtenir des productivité d’alevins rustiques capables
dizaines de milliers d’alevins performants de survivre dans des milieux hydriques
par femelle au bout d’un mois, avec un de faible qualité physicochimiques et la
taux de survie post-larvaire de plus de technologie assure une économie en eau,
70 pour cent. Aussi, cette technologie car la production larvaire se fait en circuit
assure-t-elle une meilleure adaptation fermé réutilisant l’eau.
dans la mesure ou elle permet une amé-
lioration de la densité de mise en charge
larvaire chez le silure, de 2 à 5 larves/ La contrainte majeure liée à l’adoption de
litre actuellement. De même, une baisse la technologie est le niveau de technicité
significative de la ration alimentaire élevé de la technologie qui nécessite de
journalière est observée à 85 pour cent de la part du pisciculteur, un niveau scolaire
la biomasse chez les larves et alevins de acceptable afin de pouvoir la pratiquer. Le
silure. coût d’acquisition et de la mise en place
d’une écloserie est relativement élevé et
La fréquence de distribution des repas peut être évalué à 60 000 000 Fcfa, avec
diminue de 6 à 3 repas par jour chez les un matériel capable d’être conservé sur
larves de silure avec une réduction de la plus de 15 ans.
quantité d’aliment tout en augmentant la
croissance et le taux de survie post-larvaire. C) Propositions d’actions de
En termes d’atténuation, la technologie
permet une incorporation d’au moins 50 mises à échelle
pour cent de sous-produits agroalimentaires
En termes de propositions d’actions pour
à moindre coût, tout en assurant une
la mise à échelle de la technologie,
augmentation de la croissance et le taux
l’implication effective des ministères
de survie post-larves du silure en écloserie.
techniques, est nécessaire afin d’accorder
des subventions, du matériel de
reproduction par l’Etat et les collectivités
Elle assure une production d’alevins à forte
locales. Il serait important de mettre en
densité par litre d’eau et n’autorise pas
place un processus participatif de tous les
l’usage d’antibiotiques, elle participe ainsi
acteurs impliqués dans le développement
à atténuer significativement l’impact de la
des productions halieutiques et sensibiliser
contribution de la production d’alevins de
tous les partenaires à des engagements de
silures aux changements climatiques.
financement. Toute chose qui assurera la
Les atouts de la technologie se résument
mise à échelle de la technologie à travers
en la réduction considérable de l’âge de
l’installation d’écloseries privées avec
première maturité sexuelle qui intervient
une volonté de renforcer leurs capacités
vers 2 à 4 ans, (avec une période de
concernant cette technologie.

96
©FAO/Tony Karumba

97
©FAO

98
7.3 Technologies de
l’agriculture intelligente
face au climat dans le
domaine de la foresterie,
l’environnement et la
valorisation

99
©FAO/Giuseppe Bizzarri

100
100
7.3.1 fabrication de
compost à base de résidus
de soja
A) Identification
2. disposer en couches les résidus pour
former des tas allongés de 1 à 2 m de
large, 1 à 1,5 m de hauteur et de 2 à 3
Le compost à base de résidus de soja
m de long;
est une technologie créée par le Centre
National de Recherche Agronomique
3. arroser abondamment le tas formé, puis;
(Cnra). Les recherches ont été menées
essentiellement à partir de fonds publics
4. retourner une fois par semaine le tas
(FAO) et fonds privés (Cnra). Elles ont
en le déplaçant pendant le premier
débuté en 2011 pour prendre fin en 2015.
mois de compostage, toutes les 2
C’est une technologie qui n’est pas encore
semaines pendant le deuxième mois
suffisamment diffusée, néanmoins toutes
du compostage et une fois par mois
les zones de production de légumes, en
jusqu’à la maturité du compost. La
particulier les ceintures maraîchères autour
maturation du compost intervient au
de grandes villes comme Bouaké, Korhogo
bout de trois mois, le compost prêt à
et Abidjan constituent des zones agro
être utilisé est apporté en pépinière, au
écologiques potentielles de diffusion de
champ ou dans des bacs de culture en
cette technologie
hydroponie.

B) Description Les atouts de cette technologie résident


dans le fait qu’elle correspond à une
méthode alternative d’amélioration de la
La technologie du ‘Compost à base de fertilité du sol à côté d’autres technologies
résidus de soja’ peut-être définie comme existantes comme la fibre de coco. En
une technique culturale améliorée, effet, en culture hydroponique, il n’existe
notamment de valorisation de sous-produits aucune différence significative entre l’effet
agricoles, avec pour objectif la fertilisation du compost à base de résidus de soja et
ou l’amendement du sol ou du substrat en celui de la fibre de coco.
culture hydroponique. Ces deux solutions nutritives vulgarisées sont
Les modalités de mise en œuvre de la utilisées aussi bien en culture de tomate
technologie s’articulent autour des points qu’en culture de la laitue.
suivants: La contribution de cette technologie est
surtout marquée pour le pilier1 de l’Aic,
1. hacher ou broyer les résidus de soja pour à travers l’amélioration de la sécurité
faciliter le compostage; alimentaire et la diversification des sources

101
Tableau 2: Effet comparé de la fibre de coco et du compost à base de résidus de soja sur le rendement
de la tomate et de la laitue

Intrants Rendement de la tomate Rendement de la laitue

Fibre de coco 37t/ha 16.7t/ha

Compost à base de résidus de 31t/ha 16t/ha


soja

de revenus que la production de légume C) Propositions d’actions pour la


favorise. Elle contribue également au
pilier3 de l’Aic à travers la séquestration du
mise à échelle
carbone et la réduction de la production
En dehors de la contrainte liée à la quantité
des gaz à effet de serre responsables du
de matière première pour la confection
réchauffement climatique.
du compost, la mise à échelle ne présente
pas d’autres difficultés majeures, car la
En plus d’améliorer la fertilité du sol ou
technologie nécessite peu d’intrants et
servir de substrat de culture en hydroponie,
sa faisabilité financière ne constitue pas
c’est une technologie qui protège
un écueil infranchissable. Les propositions
l’environnement tout en conservant
d’actions pour la mise à échelle de la
les caractéristiques organoleptiques et
technologie portent essentiellement sur:
nutritionnelles des cultures. La principale
contrainte liée à cette technologie réside
1. l’information et la sensibilisation des
dans la difficulté d’accès à des quantités
producteurs de l’existence et de l’effet
importantes de résidus de soja, notamment
bénéfique de cette technologie;
si l’objectif est d’améliorer la fertilité de
superficies quelque peu importantes. A
2. le renforcement des capacités des
titre d’illustration de cette contrainte, il faut
producteurs en les formant à l’utilisation
noter que:
de ce nouveau type de compost;
• 20 tonnes de compost sont nécessaire
3. la mise en place d’une politique pour
en moyenne à l’hectare;
encourager l’utilisation du compost.
• 60 tonnes de résidus de soja sont
nécessaires pour obtenir les 20 tonnes
de compost.

102
103
©Pixabay/jcesar2015
©FAO/Marina Mea

104
7.3.2 Production de
fumure organique à partir
de déchets divers
A) identification déterminées d’aération. C’est ainsi que
l’on distingue le compostage en phase
La technologie dénommée « Production et anaérobie et le compostage en phase
utilisation de la fumure organique à partir aérobie.
de déchets divers » a été implémentée
par l’Université Peleforo Gon Coulibaly
de Korhogo sur un financement privé
dans le cadre des mécanismes des fonds
compétitifs et de recherche commissionnés
du Coraf/Wecard de 2013 à 2014. Les

©Université PGCK/Dr N’guessan


zones agro écologiques favorables à
l’élevage, notamment les zones nord, Sud
et Centre de la Côte d’Ivoire constituent les
principales zones potentielles de diffusion
de cette technologie. Pour l’heure, on note
un début de diffusion surtout autour de
Boundiali et de Ferkessédougou (au Nord),
le taux de diffusion n’est toutefois pas
estimé. Ce travail reste donc à faire.

B) Description ©Université PGCK/Dr N’guessan

Le compostage se définit comme un


processus naturel de décomposition
de la matière organique par les micro-
organismes dans des conditions bien
définies. C’est une méthode simple qui
consiste à transformer le matériel végétal,
les déchets d’animaux, ou les ordures
ménagères (figure 43) en humus. Le
compost ainsi obtenu est un excellent
fertilisant des sols au profit des différentes Figure 45: Vue de quelques déchets d’animaux et
cultures. Les modalités de mise en œuvre résidus végétaux divers
se déroulent dans deux conditions bien

105
Compostage en phase anaérobie

Cette technique de production peut se faire soit en creusant des fosses ou en


construisant une compostière en briques (Figure 46). L’emplacement doit être choisi
à proximité d’un point d’eau permanent. Dans le cas d’un puits, il faut respecter une
distance minimale de quelques mètres pour éviter de contaminer le point d’eau. Creuser
ou construire une série de trois fosses de dimensions variables en fonction de la quantité
des déchets organiques. On peut considérer pour chaque fosse, les dimensions suivantes:
3 mètres de long, 2 mètres de large et un mètre de profondeur.

©Université PGCK/Dr N’guessan


©Université PGCK/Dr N’guessan

Figure 46: Exemple d’une série de trois fosses et d’une compostière construite

Ensuite il faut répandre une mince couche la succession des couches, arroser
de cendre pour protéger la fosse contre suffisamment au moins deux à trois fois par
les termites, procéder à l’étalage d’une semaine. Selon la nature des matériaux, au
première couche de débris végétaux bout de 60 à 90 jours, le compost est prêt à
grossiers (tiges de maïs, de sorgho ou l’usage (figure 47).
coques d’arachide, etc.) sur une épaisseur
de 20 à 30 cm et arroser abondamment et Compostage en phase aérobie
tasser le tout.
Construire près de la maison une fosse de
Procéder à l’apport d’une deuxième deux rangées de briques ou un contenant
couche de 10 à 20 cm d’épaisseur de pour la fabrication du fumier et y ajouter les
matériaux assez facilement décomposable restes de diverses matières organiques tels
comme le fumier de bovins ou d’ovins, que les excréments de bétail et matières
arroser suffisam- ment et tasser comme provenant des litières, ordures ménagères
précédemment. Disposer ensuite et cendre, matériaux issus des toits en
une troisième couche de 20 à 30 cm paille, etc.
d’épaisseur de matières végétales fines
(balles de riz, paille sèche etc.) et d’ordures La fosse ou le contenant doit, de
ménagères décomposables. Arroser préférence, être situé à l’ombre pour éviter
abondamment et tasser. Répéter cette le rayonnement solaire qui pourrait sécher
même succession de 2 à 3 fois jusqu’à les différents matériaux. Il faut créer un
une hauteur minimale d’un mètre, couvrir milieu suffisamment humide pour faciliter
soigneusement la fosse avec des nattes la multiplication des micro-organismes
ou des tiges. Retourner tous les 15 jours en actifs dans la décomposition des différents
veillant à ce que l’étage le plus superficiel matériaux.
soit le plus profond et ce, en respectant

106
©Université PGCK/Dr N’guessan
©Université PGCK/Dr N’guessan
Figure 47: Exemple d’une série de trois fosses et d’une compostière construite

C) Propositions d’actions pour la


(4) le maintien du niveau du pH du
mise à échelle sol proche de la neutralité grâce à une
meilleure action à la fois sur l’acidité et
La technologie contribue au pilier1 et pilier
l’alcalinité du sol;
3 de l’Aic. La contribution au pilier1 se
justifie par la restauration et amélioration
(5) et enfin l’enrichissement de la
de la fertilité des sols pour toutes sortes de
rhizosphère en éléments nutritifs, en
cultures. Elle permet donc d’améliorer la
particulier l’azote, le phosphore et le
productivité des cultures et de diversifier
potassium.
les revenus. La technologie contribue au
pilier 3 de l’Aic à travers la séquestration
Les principales contraintes de cette
du carbone et la réduction des émissions
technologie sont liées à la difficulté de
de gaz à effet de serre responsables du
produire des quantités suffisantes de
réchauffement climatique.
compost dès lors que les superficies en jeu
Cette technologie, si elle est bien menée
sont conséquentes. Cette contrainte est
comporte de nombreux atouts au nombre
en partie liée à la difficulté de disposer
desquels on peut citer:
de quantité de matériaux ou déchets
nécessaires à la fabrication du compost.
(1) l’amélioration du taux de matière
organique ainsi que l’activité des micro-
Les propositions d’action de mise à échelle
organismes utiles;
s’articulent autour de la sensibilisation et la
formation des paysans sur l’importance de
(2) la réduction de l’érosion du sol;
l’utilisation du compost et la nécessité de
disposer de moyens financiers pour soutenir
(3) l’amélioration du taux d’humidité du
les projets pilotes.
sol par une amélioration de la capacité de
rétention de l’eau du sol et une réduction
de la quantité d’eau évaporée;

107
©Vinayaraj V R

108
108
7.3.3 Valorisation artisanale
de tourteaux d’hévéa en
alimentation animale

A) Identification (le décorticage des graines avant


pressage est facultatif selon le type de
La technologie se définit comme une technologie de transformation utilisé);
technique aboutissant à un résidu
d’extraction solide de l’huile des amandes 4. procéder à l’embouteillage de l’huile;
de graines d’hévéa. Son objectif
d’améliorer l’apport de protéines végétales 5. concasser le tourteau et procéder
en alimentation animale. Elle a été mise au au chauffage puis au séchage pour
point par l’Institut national polytechnique ramener la linamarine et l’acide
Félix Houphouët-Boigny (Inp-HB) de cyanhydrique (Hcn) à un taux
Yamoussoukro grâce à un financement acceptable pour la consommation
privé. Les recherches ont démarré en des animaux. Cette activité pourrait
2008 et ont pris fin en 2010. Les principales être réalisée avec du biodiesel issu de
zones agro écologiques de diffusion sont l’huile de l’hévéa pour un processus
constituées des zones sud et centre de la technologique écologique.
Côte d’Ivoire. Le taux actuel d’adoption
peut être estimé à moins de 30 pour cent. C) Propositions d’actions pour la
mise à échelle
B) Description
C’est une technologie qui contribue surtout
Les modalités de mise en œuvre de la au pilier 1 et pilier 3 de l’Aic. La contribution
technologie s’organisent autour des points de la technologie au pilier 1 se justifie
ci-dessous: par sa contribution à l’amélioration de la
productivité animale et par conséquent à
1. procéder au ramassage des graines et à la sécurité alimentaire;
leur transport à l’unité de transformation;
la contribution au pilier 3 est en rapport
2. procéder au lavage manuel et au avec la réduction de l’utilisation des
broyage des graines (le décorticage herbicides, donc de l’atténuation que
des graines avant broyage est facultatif cette technologie induit.
selon le type de technologie de Les principaux atouts de la technologie
transformation utilisé); sont à la fois d’ordre agronomique grâce à
la réduction du désherbage des plantations
3. procéder au pressage des graines que la technologie favorise ; d’ordre

109
environnemental car la technologie C’est une technologie qui est caractérisée
permet de réduire les surfaces culturales par une relative facilité de mise à échelle
de sources alternatives de protéines de dans la mesure où sa mise en œuvre
même que l’utilisation des herbicides nécessite peu de moyens financiers. Les
; d’ordre économique dans la mesure propositions d’actions pour la mise à
où la technologie permet de valoriser le échelle de la technologie comportent:
tourteau, l’huile insaturée et les coques,
et enfin d’ordre nutritionnel à travers 1. l’identification de technologies
l’amélioration de la qualité nutritionnelle performantes actuelles de valorisation
des produits animaux. des graines d’hévéa;

Les contraintes liées à cette technologie 2. la sensibilisation des producteurs ivoiriens


ont trait à l’insuffisance de sensibilisation à la valorisation des graines d’hévéa et;
et des producteurs d’hévéa et des
éleveurs quant aux possibilités de valoriser 3. la mise en place des unités pilotes de
le tourteau d’hévéa pour les uns et la valorisation des graines d’hévéa avec
possibilité d’incorporation du tourteau l’aide de l’Apromac.
d’hévéa dans l’alimentation des animaux
pour les autres.
© NPHB / N’goran Kouakou David

Graines entières d’hévéa Amandes décortiquées d’hévéa © NPHB / N’goran Kouakou David
© NPHB / N’goran Kouakou David
© NPHB / N’goran Kouakou David

Pressage après broyage des amandes Séchage du tourteau après concassage et


décortiquées chauffage

Figure 48: Quelques figures illustratives du processus de production du tourteau


110
111
©FAO/Marina Mea
©INPHB/N’goran Kouakou David

112
7.3.4 Enrichissement des
aliments en acides
gras-omega-3
A) Identification 1. récolter les graines d’une adventice,
Euphorbia heterophylla;
La technologie d’enrichissement des
aliments en acides gras oméga-3 à partir 2. procéder au broyage des graines
de Euphorbia heterophylla a été mise récoltées et incorporer la poudre à
au point à l’Inp-HB de Yamoussoukro en hauteur de 5 à 10 % aux aliments de
collaboration avec Agrocampus ouest volaille. Cette technologie contribue à
de rennes, en France sur un financement deux piliers de l’Aic. La contribution au
public. Les recherches ont démarré en pilier 1 se fait à travers l’amélioration de
2011, et elles continuent toujours dans le la santé et de la production animale,
sens de l’amélioration de la technologie. ce qui concourt à une amélioration de
Les zones agro écologiques de diffusion la sécurité alimentaire. La contribution
sont les régions sud, centre et nord de la au pilier 3 réside dans la réduction de
Côte d’Ivoire. Le taux actuel de diffusion l’utilisation des herbicides, donc à travers
de cette technologie est inférieur à moins une amélioration de l’atténuation.
30 pour cent. Les producteurs d’œufs
de volaille représentent les utilisateurs Les atoûts de la technologie sont
potentiels de cette technologie. essentiellement au niveau de:

• L’amélioration de la santé animale


B) Description à travers un enrichissement des
aliments pour animaux en acides gras
Cette technologie se définit comme une
(oméga-3). Ce qui renforce le système
technique d’enrichissement en oméga-3
immunitaire des animaux;
des produits animaux (œuf, viande et lait),
destinés à l’alimentation humaine avec
• L’amélioration de la santé humaine
pour objectif la prévention des maladies
à travers la baisse de la synthèse
nutritionnelles (hypercholestérolémie,
endogène (au niveau du corps humain)
accident cardiovasculaire, diabète de
des lipides totaux et des acides gras
type II,….) chez l’homme.
saturés chez l’homme, quand on sait
que les acides gras saturés augmentent
Les modalités de mise en œuvre s’articulent
la synthèse du cholestérol dans
autour de deux grands points, à savoir:
l’organisme humain ;

113
Hormis le coût élevé de l’équipement de
• L’augmentation de l’acide dosage des oméga-3, la mise à échelle
alpha-linolénique et de l’acide de cette technologie est relativement
docosahexaénoïque (deux oméga-3) facile, car la principale matière première,
des produits animaux (œuf, viande les graines de Euphorbia heterophylla sont
et lait) afin d’augmenter la teneur abondamment disponibles dans la nature.
sanguine en bon cholestérol (Hdl-
cholestérol) et de réduire par C) Propositions d’actions pour la
conséquent la teneur sanguine en
mauvais cholestérol (Ldl-cholestérol) mise à échelle
dans l’organisme humain ;
Les principales propositions d’actions de
• La diminution du ratio Acides gras mise à échelle de la technologie consistent
Polyinsaturés oméga-6/ Acides gras à:
polyinsaturés oméga-3 du régime (1) sensibiliser la population quant à
alimentaire de l’Homme. Un ratio l’importance des Agpi oméga-3 pour
inférieur ou de l’ordre de 4 à 5 limiterait la santé humaine;
la survenue de certaines maladies (2) proposer au consommateur
cardiovasculaires, inflammatoires, auto- des produits animaux enrichis en Agpi
immunes ou encore cancéreuses. oméga-3;
(3) tirer le meilleur profit de Euphorbia
La récolte des graines d’une plante jusque- heterophylla en
là considérée adventice par les agriculteurs cherchant à la domestiquer;
représente la principale contrainte à (4) poursuivre les travaux
l’adoption de cette technologie. Toutefois, d’enrichissement en oméga-3 sur d’autres
la répercussion du coût d’enrichissement espèces d’animales et si possible avec
ne se traduit pas par un renchérissement d’autres sources d’enrichissement
du coût des œufs de volaille de plus de 5 à disponibles en Afrique.
10%.

114
©FAO/Sonia Nguyen

115
©FAO/Sia Kambou

116
116
7.3.5 Fours FAO-thiaroye
de transformation (Ftt)
A) Identification représentés par les acteurs du fumage de
poisson.

La technologie Fours FAO-Thiharoye de B) Description de la technologie


Transformation (Ftt) a été mise au point
dans le cadre d’un programme conjoint Fumage indirect avec deux types de
FAO-Cfcti de Dakar et réalisé à Thiaroye au compartiments et le fumage indirect avec
Sénégal. Cette technologie a été introduite deux compartiments. L’étape de la cuisson
en Côte d’Ivoire en 2010 au niveau des ou de séchage est séparée de celle de la
entreprises artisanales exportatrices des fumaison. La cuisson se déroule dans les
produits de pêche. Ces entreprises avaient compartiments comportant des fourneaux.
été suspendues parce que n’ayant pas Tandis que la fumaison se déroule dans les
respecté les niveaux de teneurs en Hap compartiments disposant de générateur de
(Hydrocarbures aromatiques polycycliques) fumée.
dans les produits fumés. Les poissons sont transportés après 1 à 2
h de cuisson pour ensuite être enfumés
La technologie a été financée en Côte pendant 30 à 45 min dans le compartiment
d’Ivoire par des fonds privés issus des de fumaison.
bailleurs de fonds et des fonds publics
de l’Etat. La phase pilote a duré 22 mois, Le rôle de la technologie de Ftt consiste
soit de mai 2014 à mars 2016. Toutefois, le à améliorer les conditions de travail des
projet pilote continue de recueillir toutes les femmes et la qualité sanitaire (biochimique
observations des acteurs et des utilisateurs et microbiologique) du poisson fumé.
en vue d’améliorer le fonctionnement du Les modalités de mise en œuvre de la
four. technologie s’articulent autour des points
suivants:
Le Ftt a été diffusé et adopté sur 4 sites
pilotes: Abobo-doumé et Marcory- 1. regroupement des actrices en Scoop
Anoumabo (District Autonome d’Abidjan), (Sociétés coopératives) selon la loi
Braffèdon (Département de Grand- Ohada;
Lahou) et de Guessabo (Région du Haut
Sassandra). Ces sites regroupent à eux seuls 2. disposer d’un site de travail;
3807 acteurs.
Les principales zones agro écologies de 3. procéder à la formation des utilisateurs
diffusion sont constituées des zones de des fours et;
transformations artisanales des produits
halieutiques, tandis que les utilisateurs 4. trouver les financements nécessaires à
potentiels de la technologie sont l’acquisition du matériel.

117
Contribution de la technologie aux trois L’accroissement de la productivité: 2 à 3
piliers de l’Aic: Productivité: 2 à 3 sessions sessions de fumage au lieu de 1 à 2 dans
de fumage au lieu de 1 à 2 dans le cas du le cas du système traditionnel, la capacité
système traditionnel de charge des fours Ftt est 2-6 fois plus
- Fours Ftt type Banda: capacité de importante que celle des fours traditionnels.
production jusqu’à 150kg de poisson fumé/
jour On note une réduction des pertes liées à la
- Fours FTT de type Altona: capacité qualité et à la quantité des produits fumés
de production: avec les fours Ftt. L’utilisation des fours Ftt
450kg /jour contribue à la réduction des gaz à effets
- Adaptabilité : adapté aux méthodes de serre (Hap) en raison de la présence
de fumage habituelles des femmes: d’éponge végétale dans le casier à filtre.
facile à manipuler, améliore les conditions On note également une réduction de la
de travail quantité de combustibles utilisés (0,5 kg de
- Réduction des gaz à effets de serre bois au lieu de 5kg par kg de poisson frais
(Hap) en raison de la présence d’éponge fumé) avec les fours Ftt.
végétale dans le casier à filtre.
Le goût des poissons fumés avec les fours
La technologie des Ftt comporte un certain Ftt est meilleur et la couleur plus dorée.
nombre d’atouts dont: On note aussi une meilleure qualité
©FAO/Marina Mea

©FAO/Marina Mea

Figure 49: Fours FTT de type Banda

118
©MIRAH/Monney Monney
Charbon de bois Pierre SIPOREX Bois rouge Gaz butane

Figure 50: Combustibles conseillés

nutritionnelle grâce à la réduction


du temps de cuisson (environ 2h par
manipulation), accompagnée d’une C) Propositions d’actions pour la
faible quantité de Hap déposée (<
norme en vigueur) avec les fours Ftt mise à échelle
comparativement aux fours traditionnels.
Les contraintes liées à l’utilisation des fours Les propositions d’actions pour la mise à
Ftt résident dans la faible disponibilité des échelle s’articulent autour de:
combustibles recommandés de même que 1. la sensibilisation du gouvernement;
dans la difficulté d’accès à des marchés
plus rémunérateurs. Les coûts d’acquisition 2. l’implication des autorités locales et les
des fours sont relativement élevés bénéficiaires dans la mise en œuvre du
(environ 1000 USD pour un four à deux projet;
compartiments de capacités de 100 kg de
poisson frais). A cela s’ajoutent la nécessité 3. la mise en place d’un processus
de regroupement et d’organisation des participatif de tous les acteurs impliqués
opérateurs en Scoop de même que le et;
besoin de renforcement des capacités des
acteurs. 4. le financement du Pappac.

119
©BAD

120
7.3.6 Vulgarisation par voie
électronique/ e-extension

A) Identification Les modalités de mise en œuvre s’articulent


autour de trois instruments de base qui sont
La technologie connue sous le nom de constituées du serveur vocal, du centre
Vulgarisation par voie électronique ou d’appel et du réseau d’experts.
«E-extension» a été mise au point dans le
cadre d’une collaboration entre Prep-eez Le serveur vocal
et Anader, le financement a été assuré par
le projet PPaao/Waapp (Banque mondiale) C’est un outil permettant d’animer un
via le Firca. Le projet initial a duré de dialogue homme-machine au moyen
septembre 2013 à fin décembre 2016. de messages prédéfinis, enregistrés dans
différentes langues locales et intégrés au
serveur.
B) description Actuellement, les messages techniques
à diffuser sur le serveur vocal porte sur
L’état de mise en œuvre de la technologie
six filières de productions végétales et
et de son exploitation sont assurées
animales: banane plantain, manioc,
par l’Anader. La zone agro écologique
riz pluvial, riz irrigué, maïs, aviculture
potentielle de diffusion est constituée
traditionnelle, porc; en sept langues
de l’ensemble du territoire national et
locales (Agni, Attié, Abbey, Baoulé, Bété,
les acteurs du milieu rural en général et
Gouro, Malinké) et la langue française.
les producteurs agricoles en particulier
Tout producteur disposant d’un téléphone
représentent les utilisateurs potentiels.
cellulaire peut appeler le serveur vocal
Toutefois, aucun chiffre précis n’existe à ce
à un numéro d’accès (451 pour les
jour sur son taux de diffusion.
abonnés au réseau de téléphonie Mtn)
La technologie E-extension se définit
et écouter les réponses en rapport avec
comme un système de vulgarisation par
sa préoccupation. Le serveur vocal de
voie électronique. Il est complémentaire
l’Anader est fonctionnel 24h/24 et 7 jours/7.
au système classique (conseil agricole basé
sur le contact direct avec l’agriculteur), et
Le centre d’appel
repose sur quatre instruments principaux
que sont:
Il comprend des postes de travail
téléphoniques tenus par des agents
1. le serveur vocal à réponse interactive;
dénommés «téléopérateurs». Ces derniers
2. le centre d’appel (call center);
traitent les appels dans les différentes
3. le réseau d’experts et;
langues intégrées. Ils sont chargés de:
4. le laboratoire électronique (e-lab).

121
• répondre aux requêtes des appelants matériels agricoles;
en temps réel;
• enregistrer les requêtes non satisfaites; • les bonnes pratiques agricoles;
• rappeler le correspondant après
consultation des experts pour une • l’existence de nouvelles méthodes
solution satisfaisante. alternatives oucomplémentaires;

Le réseau d’experts • les prix aux différentes étapes de la


production commercialisation (bord
Il comprend l’expert interne qui est un champs et les prix sur les marchés
agent vulgarisateur de l’Anader ayant urbains).
une expérience avérée dans les filières
agricoles; et l’expert externe qui est Elle permet d’accroitre également
un chercheur dans un des instituts de l’efficience globale du conseil agricole en
recherche ou une université de Côte fournissant des réponses en temps réel aux
d’Ivoire. besoins d’accompagnement des acteurs
des filières agricoles.
Le « E-Lab » est un laboratoire électronique
virtuel administré par des agents Ces actions contribuent à l’amélioration de
dénommés «agents e-lab.» composé d’un la technicité des producteurs et donc de
portail web et des applications androïdes leur productivité.
pour smart- phones;
Elle contribue au pilier 2 de l’Aic, en ce sens
• Les smartphones à l’usage des qu’elle favorise la diffusion des informations
vulgarisateurs permettent d’enregistrer, sur:
de collecter les données, les alertes
et les préoccupations exprimées par • les espèces résistantes à la sècheresse;
les producteurs et les acheminées au
portail web; • les semences tolérantes aux inondations;

• le portail web (plateforme électronique Enfin, elle contribue au pilier 3 de l’Aic


offrant de nombreux services) est en par la fourniture d’informations et la
ligne. sensibilisation des exploitants sur divers
sujets comme:
Il met à la disposition du grand public des
informations techniques agricoles. • la lutte contre les feux de brousses, la
La technologie E-lab comprend des atouts déforestation, le reboisement, la gestion
à au moins deux niveaux. D’abord au des déjections animales, le recyclage
niveau des filières agricoles et ensuite au des résidus agricoles;
niveau de toute la Côte d’Ivoire.
Contribution de la technologie aux trois • le conseil et la promotion sur l’adoption
piliers de l’Aic. La technologie E-extension de technologies utilisant les énergies
contribue au pilier 1 de l’Aic dans la mesure renouvelables.
où elle facilite l’accès des producteurs à
l’information concernant: Les atouts au niveau des filières agricoles.

• la disponibilité et la localisation Accès des acteurs du milieu rural aux


des matériels de production, de informations et technologies nécessaires
reproduction, de divers autres intrants et à l’amélioration de leur performance

122
par l’utilisation des technologies de Contraintes liées à l’utilisation de la
l’information et de la communication (Tic). technologie E-extension. Ces contraintes
Cela se traduit par : sont la couverture insuffisante de l’ensemble
du territoire national par le réseau de
• l’amélioration de la productivité téléphonie mobile et le réseau électrique.
agricole; A ces deux contraintes techniques, il faut
ajouter une troisième contrainte d’ordre
• l’accès aux informations en temps réel; économique, à savoir le coût relativement
élevé de l’appel téléphonique.
• le renforcement de l’accès des
agriculteurs aux marchés (diffusion de C) Propositions d’actions pour la
l’information sur le marché; transport des
marchandises). mise à échelle.

• la promotion des technologies propres Les propositions d’actions de mise à


pour une agriculture durable. échelle reposent sur plusieurs points. Face
à l’importance du téléphone portable
Les atouts pour la Côte d’Ivoire ordinaire qui représente le principal outil de
travail au niveau du producteur, l’accent
La technologie constitue une puissante devra être mis sur sa maîtrise afin que son
courroie d’information entre le monde rural usage soit banal. Il s’agira également
et les autres acteurs de développement; d’accroître le nombre de langues locales
elle facilite la couverture des besoins en ali- utilisées dans le système de même que des
mentation de la population, la lutte contre messages prédéfinis adressant de nouvelles
les pires formes de travail des enfants, la spéculations.
lutte contre les inégalités basées sur le
genre, et la lutte contre les pandémies Equiper tous les agents vulgarisateurs
(Vih/sida, paludisme). en smartphones constituerait une option
intéressante également. La couverture à
Les atouts pour l’Anader 100 pour cent des villages par les réseaux
téléphoniques afin que tous les détenteurs de
La technologie E-extension contribue à téléphones portables aient accès au conseil
l’amélioration de la performance globale agricole par voie électronique constituerait
de la structure en renforçant sa capacité une bonne opportunité pour faciliter la
à toucher un plus grand nombre d’acteurs vulgarisation de masse du E-extension.
ruraux en temps réel, en réduisant ses coûts
d’encadrement, donc accroît l’efficience
et améliore le ratio de vulgarisation.

123
©Sebastian Liste/NOOR

124
8. Analyse du profil des
technologies de l’agriculture
intelligente face au climat
identifiées
8.1 Parties prenantes aux processus de creation des technologies
de l’agriculture intelligente face au climat

Les résultats du tableau 3 en annexe indiquent que la vulgarisation, les organisations de


producteurs et les entités de financement comme le Firca constituent les structures sur
lesquelles repose l’essentiel de l’effort de mise à échelle des technologies identifiées. Il
s’agira de la part de ces organismes de renforcer la structuration du milieu en organisant
les utilisateurs en coopératives dans le cadre de l’utilisation de certaines technologies,
dans les autres cas, l’effort devra porter sur la sensibilisation, le renforcement de capacités.
Plus généralement, pour la plupart des technologies, des financements additionnels seront
nécessaires pour la réalisation de projets pilotes.

La recherche va constituer la seconde entité la plus sollicitée pour la mise à échelle des
technologies identifiées. L’effort de recherche devra porter sur l’affinement de certaines
technologies, la poursuite des tests d’adaptation pour améliorer la portée territoriale au
plan national des technologies Aic identifiées.

L’Etat sera sollicité pour peser de tout son poids dans des domaines précis. Il s’agira,
par exemple pour l’Etat, d’encourager de concert avec les collectivités locales et les
associations du secteur, l’installation de producteurs privés de fourrage dans le cas de
l’utilisation du Panicum maximum C1. Tout comme la mise en place d’un cadre légal
et institutionnel pour garantir l’industrialisation par le secteur privé, de la production de
compost à partir de la collecte des déchets urbains et leur distribution aux paysans dans
le cadre des technologies relatives à la fabrication de fumure organique. Enfin, pour la
technologie E-extension, les pouvoirs publics doivent favoriser la vulgarisation et l’utilisation
routinière du téléphone portable en milieu rural par une politique de taxation favorable.

L’utilisation effective des technologies Aic identifiées ne sera une réalité que si des efforts
conséquents de mise à échelle sont fournis. A cet effet, trois groupes de structures seront
particulièrement sollicités, chacun dans son domaine de compétence. Il s’agit (1) de la
vulgarisation, des associations de producteurs et des structures de financement comme
le Firca, de (2) la recherche dans toutes ses composantes et enfin (3) de l’Etat dont on
attend la mise en œuvre de politiques incitatives et favorables au développement des
technologies Aic.

125
8.2 Principales sources de financement des technologies de
l’agriculture intelligente face au climat

Dans le cadre de l’élaboration des technologies de type Aic, le tableau 4 en annexe


indique que les projets et conventions et le secteur privé (Cnra/ Firca) représentent les
sources principales de financement. L’appui des structures publiques constitue par contre
la portion congrue des financements contribuant à la mise au point de technologies
de type Aic. Les résultats du tableau 3 indiquent également que le Cnra demeure la
principale structure pourvoyeuse de technologies de type AIC d’une part, et d’autre
part, la collaboration entre structures de recherche représente une voie très souvent
exploitée dans le cadre de la genèse de technologies Aic. Ce type de collaboration a
cours environ une fois sur deux (1/2).

Elle intervient essentiellement entre le Cnra et une structure étrangère de recherche, mais
parfois entre l’Inp-HB ou l’Anader et une structure étrangère. De façon exceptionnelle on
note dans la mise au point d’une technologie Aic un partenariat entre la FAO et la société
civile.

Les résultats de l’analyse des sources de financement et du niveau de collaboration dans la


mise au point des technologies Aic indiquent d’une part la prépondérance des financements
privés et de la recherche dans la mise au point de technologies Aic ; ils soulignent d’autre
part la faible contribution du secteur public et de la société civile dans le financement et le
processus de mise au point des technologies de type Aic. Par ailleurs, ils indiquent dans le
même temps, l’importance de la collaboration scientifique entre structures de recherche
dans le processus de création de technologies Aic en Côte d’Ivoire.

8.3 Analyse des contraintes liées a l’adoption des


technologies de l’agriculture intelligente face au climat

L’analyse des contraintes liées à l’adoption des technologies fait apparaître six (6) groupes
de contraintes d’inégale importance: (Contraintes socio-économiques, techniques,
organisationnelle, agronomiques, biologiques/biotiques et abiotiques). Les contraintes
socio-économiques, recouvrant le besoin élevé de main d’œuvre, les coûts élevés de
production, la difficulté d’accès à des marchés rémunérateurs et la pression foncière
représentent le groupe le plus important. Cette catégorie de contraintes, la plus fréquente,
constitue un frein à l’adoption de près de la moitié des technologies recensées.

Le groupe des contraintes techniques est constitué par la faible disponibilité ou l’accès
difficile à la matière première, la couverture insuffisante du territoire national par les réseaux
de téléphonie mobile et électrique, et la nécessité de la mise au point d’un outillage de type
nouveau. cette catégorie de contraintes représente en fréquence, le deuxième groupe le
plus important de contraintes et constitue une barrière à l’adoption de huit technologies
sur l’ensemble des 24 technologies répertoriées. Vient ensuite, la nécessité de structurer
le milieu par le regroupement des acteurs ou la création de coopératives, le besoin de
renforcement de capacité ou de sensibilisation.

126
Ce type de contrainte constitue un préalable à l’adoption de six technologies sur les 24.
Les contraintes agronomiques, avec la faible disponibilité du matériel de plantation et le
frein à la modernisation de l’exploitation constituent un obstacle à l’adoption de quatre
technologies sur 24 recensées.
Enfin, les contraintes biologiques/biotiques et les contraintes abiotiques représentent
les deux groupes de contraintes les moins fréquentes. Le premier de ces deux groupes
constitue une contrainte à l’adoption de deux technologies, et le second, c’est-à-dire,
les contraintes abiotiques, constitue un obstacle à l’adoption d’une seule technologie sur
l’ensemble des technologies.

Par ailleurs, certaines technologies sont contraintes par plus d’une catégorie d’obstacles.
C’est le cas des technologies de la technique des plants issus de tige et de la riziculture
intensive qui sont affectées par trois catégories de contraintes, et la technologie du Panicum
maximum C1 par deux catégories de contraintes.

8.4 Facteurs facilitant l’adoption des technologies de l’agriculture


intelligente face au climat identifiées

Quatre grands groupes de facteurs contribuent à faciliter l’adoption des technologies


identifiées. Il s’agit des facteurs socio-économiques, techniques, agronomiques et post-
récolte (voir tableau en annexe).

8.5 Etat de diffusion des technologies de l’agriculture intelligente


face au climat identifiées

L’analyse des résultats du tableau 7 en annexe indique que rares sont les technologies
qui connaissent un niveau important de diffusion. En la matière le Panicum maximum
C1 constitue une exception avec un taux d’adoption avoisinant ou supérieur à 50 pour
cent. Trois autres technologies se distinguent par des niveaux moyens de diffusion. Il s’agit
des variétés améliorées de manioc de la série des Bocou, de la poule améliorée et de la
vulgarisation par voie électronique avec des taux d’adoption supérieurs à 30 pour cent,
mais inférieurs ou égaux à 50 pour cent. La très grande majorité des technologies, sont
faiblement diffusées et connaissent des taux d’adoption largement inférieurs à 30 pour
cent.

Les technologies Aic identifiées sont caractérisées par un faible taux d’adoption.
Ainsi, plus de 80 pour des technologies connaissent un taux d’adoption au plus égal à
30 pour cent; environ 10 pour cent des technologies peuvent être considérées comme
jouissant d’une diffusion moyenne à l’échelle nationale. Seule une technologie, le Panicum
maximum C1 connait une large diffusion au plan national. Ces résultats laissent croire que

127
la mise à échelle de la plupart des technologies devrait commencer par leur vulgarisation
auprès des utilisateurs; ce qui va probablement entrainer un allongement des délais de leur
utilisation effective.

8.6 Contribution des technologies aux trois piliers de l’agriculture


intelligente face au climat

L’analyse des résultats du tableau 7 en annexe fait appel à un certain nombre de


commentaires. Le premier est relatif à la contribution de chacune des 24 technologies
identifiées au pilier 1 de l’Aic, la contribution de ces mêmes technologies aux deux autres
piliers de l’Aic est en moyenne deux fois plus faible et variable en fonction des technologies.
Aucune des trois technologies du domaine de la production animale ne contribue au pilier
3 de l’Aic.

Par ailleurs, rares sont les technologies qui contribuent à la fois à chacun des trois piliers de
l’Aic, par contre environ la moitié des technologies identifiées contribue à au moins deux
piliers.

9. Conclusion partielle

L
analyse des financements dans l’élaboration des technologies de type Aic indique
la prépondérance des fonds privés. Au niveau de la recherche, le Cnra représente
la principale structure pourvoyeuse de technologies en Côte d’Ivoire. Il est à noter
par la même occasion l’importance de la collaboration entre les structures de
recherche dans le processus d’élaboration de ces technologies dont la plupart
contribuent surtout aux deux premiers piliers de l’Aic.

Par ailleurs, les technologies identifiées connaissent de manière générale, un faible taux
d’adoption à l’exception de la technologie du Panicum maximum C1. Pour pallier ce
résultat, il faut renforcer la vulgarisation des technologies auprès des utilisateurs. Trois
groupes de structures seront donc particulièrement sollicités, chacun dans son domaine
de compétence. Il s’agit: (1) de la vulgarisation, des associations de producteurs et
des structures de financement comme le Firca, (2) de la recherche dans toutes ses
composantes, et enfin de (3) de l’Etat dont on attend la mise en œuvre de politiques
incitatives et favorables au développement des technologies Aic.

128
©FAO/Riccardo Gangale

129
©DUNIA MEDIA

130
130
10. Conclusion et
recommandations
10.1 Conclusion

Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet Gcp/ Raf/496/Nor « Soutenir la transition


vers des systèmes alimentaires de l’Agriculture Intelligente face au Climat», la FAO a
commandité une étude visant à analyser le contexte national en matière d’Aic à travers
l’identification de l’ensemble des parties prenantes de l’AIC de même que l’examen des
mécanismes de financement de l’Aic en Côte d’Ivoire. Cette analyse a été complétée
par la réalisation d’un recueil de technologies de type Aic actuellement disponibles dans
tous les secteurs de l’agriculture ivoirienne.

L’étude a révélé non seulement la réalité des changements climatiques, mais elle a aussi
mis en exergue l’impact de ces changements climatiques sur tous les secteurs productifs
importants de l’économie nationale. Par ailleurs, il ressort de notre analyse que les efforts
fournis par la Côte d’Ivoire en vue d’institutionnaliser l’Aic sont indéniables, étant donné
l’étendue de l’engagement et la diversité des parties prenantes à l’Aic sans oublier la
mise en place d’une importante disposition juridique. Toutefois, l’analyse du financement
de l’Aic indique que ce secteur demeure encore largement tributaire de la contribution
des partenaires techniques et financiers; avec une contribution relativement faible de
l’Etat et du secteur privé national.

On note, par ailleurs, que les activités menées sur le terrain au titre de l’Aic demeurent
encore peu nombreuses et de faible portée. Des efforts restent donc à fournir dans les
domaines de la mobilisation des ressources financières. Au plan national, notamment en
direction des secteurs public et privé. L’une des cibles prioritaires au plan du financement
demeure les fonds internationaux privés dont les guichets sont très peu sollicités par la
Côte d’Ivoire. Vingt-quatre technologies identifiées dans les domaines de la production
végétale, de la production animale et des ressources halieutiques, de la foresterie,
de l’environnement et de la valorisation ont permis d’élaborer un recueil. Chaque
technologie a été caractérisée par la présentation de ses principaux traits distinctifs
remarquables.

En définitive, l’ensemble de ces technologies sont très peu connues


du grand public, ce qui invite à procéder au plus vite à leur mise à
échelle en vue d’accélérer leur diffusion et leur utilisation effective
par les bénéficiaires.

A cette fin, des recommandations ont été formulées aussi bien à l’endroit des structures

131
de recherche et développement qu’à l’endroit de l’Etat.

10.2 Recommandations

A l’endroit des structures de recherche, d’appui et de conseil:

• mettre au point de nouvelles technologies Aic, notamment dans les domaines des
ressources animales, halieutiques et forestières;

• mettre l’accent sur de nouvelles technologies Aic qui portent sur l’adaptation et
l’atténuation des changements climatiques;

• vulgariser les technologies Aic dans les domaines des ressources animales, halieutiques
et forestières;

• recenser les technologies/pratiques endogènes qui contribuent aux piliers de l’Aic;

• faire la promotion des technologies Aic.

A l’endroit de l’Etat:

• faire du lobbying auprès de l’ensemble des partenaires pour leur participation


financière à la promotion des initiatives Aic;

• apporter un appui financier à la promotion des initiatives Aic, notamment dans le


financement de la recherche et de la vulgarisation des technologies Aic;

• rendre fonctionnel la plateforme d’échanges entre chercheurs, vulgarisateurs et


acteurs de la chaine des valeurs.

A l’endroit des Partenaires Techniques et Financiers:

• apporter un soutien technique et financier à la promotion des initiatives Aic.

132
Annexes
Conditions de la mise à échelle des technologies Aic

Nom de la Barrières Solutions Responsables


technologie (obstales à l’utilisation de la préconisées indiqués pour la
technologie/Insuffisances…) levée des barrières

Principaux facteurs contribuant à l’adoption des technologies

Facteurs socio-éconmiques Facteurs techniques


• L’économie d’intrants (eau, semence, • La réduction du risque de zéro récolte
engrais minéral, herbicide, main d’œuvre • La simplicité de mise en œuvre de la
et combustible) technologie
• L’amélioration de la qualité culinaire ou • Le gain de temps
organoleptique • L’étendue du domaine d’application
• La faiblesse des coûts de production • La probabilité élevée de succès dans la
• La valorisation de la main d’œuvre mise en œuvre de la technologie, et
• L’alternative intéressante à une ressource • La facilité d’accès à l’information
rare ou litigieuse, et
• L’amélioration de la condition de travail
des femmes

Facteurs agronomiques Facteurs post-récolte


• L’amélioration de la souplesse du • L’amélioration de la conservation de
calendrier cultural longue durée, et
• Le gain de précocité ou de poids • L’élargissement de la gamme de produits
• L’amélioration de la disponibilité du de transformation culinaire
matériel de plantation, et
• La tolérance aux maladies

133
BIBLIOGRAPHIE
Agbri Lako (2016): Diagnostic du contexte national en termes de changements
climatiques et d’agriculture intelligente face au climat. Version provisoire. 116 pages +
Annexes.

Banque Mondiale (2014): The Economics of Adaptation to Climate Change: A synthesis


report, World Bank, Washington, Dc, pp. 135-139.

FAO (2013): Changement climatique et sécurité alimentaire. Agriculture intelligente face


au climat .Dossier de l’apprenant. Leçon 4

GIEC (2007) : Changements climatiques: impacts, adaptation et vulnérabilité. Aspects


globaux et sectoriels, 246 p.

N’Zue Kouakou Augustin (2017): Rapport diagnostic de l’engagement du secteur privé et


public dans le contexte de l’Agriculture intelligente face au climat en Côte d’Ivoire. 90
pages + Annexes.

Sodexam (2016): Climat de la Côte d’Ivoire et avantages socioéconomiques des services


climatologiques. Direction de la météorologie nationale, 15 p.

134
134
135
CHANGEMENTS CLIMATIQUE
ET AGRICULTURE INTÉLLIGENTE
FACE AU CLIMAT (AIC) EN ISBN 978-92-5-131307-7

CÔTE D’IVOIRE

9 789251 313077
CA3437FR/1/09.19
Royaume de
Norvège

136

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