Changement Climatique Et Agriculture Intelligente en Ci
Changement Climatique Et Agriculture Intelligente en Ci
MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE
ET DU DÉVELOPPEMENT RURAL
EN CÔTE D’IVOIRE
Changement climatique et
agriculture intelligente face au
climat (AIC) en Côte d’Ivoire
Changement climatique et
agriculture intelligente face au
climat (AIC) en Côte d’Ivoire
Publié par
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
et
le Ministère de l’Agriculture et du Dévéloppement Rural
Abidjan, 2019
Citation requise:
FAO et le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural. 2019. Changement climatique et agriculture
intelligente face au climat (AIC) en Côte d’Ivoire. Abidjan.
Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des données qui y figurent n’impliquent
de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou le Ministère aucune prise
de position quant au statut juridique ou au stade de développement des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs
autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Le fait qu’une société ou qu’un produit manufacturé, breveté
ou non, soit mentionné ne signifie pas que la FAO ou le Ministère approuve ou recommande ladite société ou ledit
produit de préférence à d’autres sociétés ou produits analogues qui ne sont pas cités.
Les opinions exprimées dans ce produit d’information sont celles du/des auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement les
vues ou les politiques de la FAO ou le Ministère.
Certains droits réservés. Ce travail est mis à la disposition du public selon les termes de la Licence Creative Commons -
Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 Organisations Internationales (CC
BY-NC-SA 3.0 IGO; [Link]
Selon les termes de cette licence, ce travail peut être copié, diffusé et adapté à des fins non commerciales,
sous réserve de mention appropriée de la source. Lors de l’utilisation de ce travail, aucune indication relative à
l’approbation de la part de la FAO ou le Ministère d’une organisation, de produits ou de services spécifiques ne
doit apparaître. L’utilisation du logo de la FAO ou le Ministère n’est pas autorisée. Si le travail est adapté, il doit
donc être sous la même licence Creative Commons ou sous une licence équivalente. Si ce document fait l’objet
d’une traduction, il est obligatoire d’intégrer la clause de non responsabilité suivante accompagnée de la citation
indiquée ci-dessous: «Cette traduction n’a pas été réalisée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO) ou le Ministère. La FAO/le Ministère ne sont pas responsable du contenu ou de l’exactitude de cette
traduction. L’édition originale français doit être l’édition qui fait autorité.»
Tout litige relatif à la présente licence ne pouvant être résolu à l’amiable sera réglé par voie de médiation et
d’arbitrage tel que décrit à l’Article 8 de la licence, sauf indication contraire contenue dans le présent document.
Les règles de médiation applicables seront celles de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (http://
[Link]/amc/fr/mediation/rules) et tout arbitrage sera mené conformément au Règlement d’arbitrage de la
Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI).
Documents de tierce partie. Les utilisateurs qui souhaitent réutiliser des matériels provenant de ce travail et qui sont
attribués à un tiers, tels que des tableaux, des figures ou des images, ont la responsabilité de déterminer si l’autorisation
est requise pour la réutilisation et d’obtenir la permission du détenteur des droits d’auteur. Le risque de demandes
résultant de la violation d’un composant du travail détenu par une tierce partie incombe exclusivement à l’utilisateur.
Ventes, droits et licences. Les produits d’information de la FAO sont disponibles sur le site web de la FAO ([Link]/
publications) et peuvent être acquis par le biais du courriel suivant: publications-sales@[Link]. Les demandes pour
usage commercial doivent être soumises à: [Link]/contact-us/licence-request. Les demandes relatives aux droits
et aux licences doivent être adressées à: copyright@[Link].
15
TABLES DES MATIÈRES
Remerciements v
Acronymes vi
Résumé exécutif vii-viii
1. Introduction générale 1
2. Méthodologie de l’etude 3
Conclusion
Recommandations
Annexes 133
Bibliographie 134
©FAO/Daniel Hayduk
iii16
Tableaux
Tableau1: Différences entre l’agriculture conventionnelle et l’Aic 05
Tableau 2: Effet comparé de la fibre de coco et du compost à base de résidus de soja sur le rendement de la tomate et 102
de la laitue
Tableau 3: Principaux facteurs contribuant à l’adoption des technologies 133
Figures et Graphique
Graphique1: Manifestations de la variation du climat a: Au niveau mondial b: Au niveau de l’Afrique Source: (Giec, 2007) 8
Figure 1: Fort tallage de la variété de riz WITA9 sous SRI dans le bas-fond rizicole de Bata à Daloa en 2015 (sortie de la 23
ville vers Man)
Figure 2: Le repiquage est aisé sous le SRI lorsque le planage est bien fait et que les points de repiquage sont bien 24
marqués sur le sol
Figure 3: Oreochromis niloticus 31
Figure 4: Heterotis niloticus 31
Figure 5: Aperçu d’une pépinière de riz 32
Figure 6: Repiquage du riz dans un étang non curé 32
Figure 7: Etang mis en eau après le repiquage 32
Figure 8: Opération de mise en charge des poissons dans un étang de rizipisciculture 32
Figure 9 Récolte du riz dans un étang 33
Figure 10 Poissons produits après un cycle d’élevage 33
Figure 11 Système de cultures associées à rang simple (une ligne de maïs alternant avec trois lignes d’arachide) 40
Figure 12 Association culturale Maïs-Cajanus cajan 43
Figure 13 Quelques stades de développement de cajanus cajan dans le système d’association avec le maïs au cour 45
de la première et seconde campagne de culture
Figure 14 Mise en place d’une parcelle de production de semenceaux d’ignames à partir de bouturage de tige Vue 52
Figure 15 d’une parcelle de bouturage d’igname nouvellement mise en place 52
Figure 16 Plants d’igname issus de bouturage de tige en végétation sous abri 52
Figure 17 Tas de semenceaux d’ignames récoltés sur plants issus de bouturage de tige 52
Figure 18 Présentation après cuisson de variétés de manioc de la série Bocou 56
Figure 19 Calibrage de racines tubéreuses de patate douce après récolte 60
Figure 20 Présentation après cuisson de variétés de manioc de la série Bocou 60
Figure 21 Répartition décadaire des dates de semis recommandées 64
Figure 22 Etapes du greffage apical de l’anacardier 69
Figure 23 Vue d’un germoir 73
Figure 24 Vue de l’intérieur d’un germoir 74
Figure 25 Calibrage des explants après séchage 74
Figure 26 Pousses sur un explant de rejet prêt à être sevrés 74
Figure 27 Rejets lavés avant le parage 75
Figure 28 Mise en place des explants dans un germoir 75
Figure 29 Plants de bananier en pépinière sous une ombrière 75
Figure 30 Développement des plantules 4 à 5 semaines après la mise en germoir 75
Figure 31 Panicum maximum C1 en cours de végétation 81
Figure 32 Bovins N’dama sur pâturage artificiel à base de Panicum maximum C1 82
Figure 33 Couple de mâchoiron prêts à être mise en casier de reproduction. 90
Figure 34 Casier contenant le couple de reproducteurs 90
Figure 35 Œufs de mâchoiron collectés 90
Figure 36 incubation des œufs de mâchoiron 90
Figure 37 Elevage larvaire de mâchoirons 91
Figure 38 Biopsie intra-ovarienne d’une femelle de Heterobranchus bidorsalis 94
Figure 39 Injection d’hormone HCG à une femelle de Heterobranchus bidorsalis. 94
Figure 40 Extraction du sperme de Heterobranchus bidorsalis au cours de la reproduction artificielle 94
Figure 41 Collecte des ovocytes 95
Figure 42 Aspersion des ovocytes par du sperme dilué 95
Figure 43 Incubation des œufs de Heterobranchus bidorsalis par étalage sur des œufs sur un amis de maille 1 mm 95
Figure 44 larves de silure dans un bac d’élevage 95
Figure 45 Vue de quelques déchets d’animaux et résidus végétaux divers 105
Figure 46 Exemple d’une série de trois fosses et d’une compostière construite 106
Figure 47 Exemple d’une série de trois fosses et d’une compostière construite 107
Figure 48 Quelques figures illustratives du processus de production du tourteau 110
Figure 49 Fours FTT de type Banda 118
Figure 50 Combustibles conseillés 119
17iv
REMERCIEMENTS
L
a réalisation du rapport Gcp/Raf/496/Nor «Soutenir la transition vers des systèmes alimentaires de
l’Agriculture intelligente face au climat» (Aic) a été possible grâce à un appui technique et/ou financier
de plusieurs Institutions internationales, nationales, des partenaires au développement et des structures de
recherche. Qu’il nous soit permis de remercier ici, le Royaume de la Norvège pour son concours financier
sans lequel la mise en œuvre du projet n’aurait pas été possible.
Nos remerciements vont également à l’endroit de la FAO, d’abord à son bureau régional à Accra au Ghana, ainsi
qu’à sa représentation à Abidjan en Côte d’Ivoire. Nous voulons également remercier le Ministère de l’agriculture et
du développement rural, plus particulièrement Monsieur ANON Bertin, coordonnateur du projet pour sa très grande
disponibilité.
La rédaction du rapport et la coordination de la rédaction du recueil de technologies ont été assurées par Dr
DOUMBIA Sékou, chercheur au Cnra, consultant FAO. L’ensemble de ce travail, à savoir la réalisation du rapport
et l’élaboration du recueil des technologies, ont bénéficié de la participation active de plusieurs ministères, des
structures sous tutelle, des universités, des instituts et des centres de recherche; ainsi que des membres de la société
civile présents à l’atelier de lancement qui s’est tenu à Dabou en juin 2017. Que tous ces participants trouvent ici,
l’expression de notre infinie reconnaissance.
Nous ne saurons clore ce chapitre, sans citer nommément les rédacteurs des 24 technologies retenues. Il s’agit de:
18v
Acronymes
19vi
Résumé exécutif
D
ans le cadre du Projet Gcp/Raf/496/ Nor dénommé «Soutenir la transition
vers des systèmes alimentaires de l’Agriculture intelligente face au
climat (Aic)» , la FAO a initié trois études afin de caractériser le contexte
de l’Aci en Côte d’Ivoire. La première a porté sur une analyse du
contexte national des changements climatiques et l’Aic. Quant à la
deuxième, elle a documenté l’engagement du secteur privé et public dans le
contexte du même système agricole en Côte d’Ivoire. A la suite de ces deux
premières études, l’on s’est attelé à analyser le contexte national en matière d’Aic
à travers l’identification de l’ensemble des parties prenantes, l’examen des
mécanismes de son financement.
vii 20
20
technologies. Cette analyse s’est articulée autour de six points: (1) la caractérisation
des entités engagées dans la mise à échelle des technologies; (2) des sources
de financement et du niveau de collaboration en vue de la mise au point des
technologies; (3) des contraintes liées à leur adoption; (4) des facteurs favorisant
l’adoption de ces technologies; (5) du niveau actuel de diffusion de celles-ci et
enfin; (6) de la contribution des technologies identifiées aux trois piliers de l’Aic.
Il ressort de cette recherche que la mise en œuvre des technologies Aic identifiées
est liée aux moyens de leur mise à échelle et de leur vulgarisation auprès des
producteurs. Les résultats de l’analyse des sources de financement et du niveau de
collaboration afférent à l’élaboration des technologies Aic indiquent d’une part, la
prépondérance des financements privés et de la recherche dans la mise au point
des technologies Aic; et soulignent d’autre part, la faible contribution du secteur
public et de la société civile au financement et au processus de mise au point des
technologies de type Aic.
21 viii
1. Introduction générale
1
public dans le contexte de l’Aic en Côte d’Ivoire».
L’objectif général de cette étude est de réaliser un recueil des résultats de la recherche
et le diagnostic des facteurs socio-économiques favorables à l’adaptation et l’adoption
des technologies appropriées de l’Aic chez les petits agriculteurs. Ce, en considérant les
barrières et contraintes à l’adoption et à l’intégration de cette étude aux deux autres
réalisées dans le contexte du projet Gcp/Raf/496/Nor et de l’organisation d’un atelier
national de validation.
©FAO/Olivier Asselin
2
2. Méthodologie de l’étude
Une grille d’analyse sous forme de tableau récapitulant les caractéristiques de chaque
technologie, relativement aux axes ci-dessus mentionnés, a constitué le principal outil.
Un exemple de chacun de ces tableaux se trouve en annexe à ce rapport.
3
©FAO/Believe Nyakudjara
4
3. Généralité sur l’agriculture
intelligente face au climat
3.1 Définition
L’Aic est un concept agricole élaboré par la FAO. Cette approche vise à créer les
conditions politiques, financières et techniques en vue de parvenir à un développement
agricole durable favorisant la sécurité alimentaire dans un contexte de changements
climatiques (FAO, 2013). Elle intègre les dimensions du développement durable
(économiques, sociales et environnementales) en ciblant à la fois les défis de la sécurité
alimentaire, de la gestion des écosystèmes et des changements climatiques. L’Aic se
différencie de l’agriculture conventionnelle par les technologies, les types d’intrants
agricoles, la gestion de la fertilité des terres et des ressources naturelles ainsi que celle
des systèmes de production et de distribution. Le tableau1 présente quelques différences
entre l’agriculture conventionnelle et l’Aic.
Intrants agricoles Utilisation accrue des engrais, pesticides Amélioration de l’efficience des engrais, utilisation
et herbicides. importante des engrais organiques.
Production & Spécialisation accrue dans les systèmes Plus grande diversification des systèmes de
de production et de distribution production et de distribution des intrants et des
distribution
agricole. extrants.
5
3.2 Composantes
La mise en œuvre de l’Aic, dont l’objectif approches et des technologies appropriées
est de renforcer la sécurité alimentaire en vue de la production, la transformation
tout en tenant compte de la nécessité de et la commercialisation des produits
l’adaptation et du potentiel d’atténuation, agricoles.
se base sur trois grands piliers que sont:
L’Aic permet de mettre en place
• l’augmentation durable de la
productivité et des revenus agricoles;
les mécanismes politiques,
techniques et financiers
• les pratiques agricoles mises en œuvre nécessaires à la diffusion des
doivent assurer une amélioration méthodes d’adaptation et
durable de la production avec
en appoint, un mécanisme de
d’atténuation aux changements
transformation et de commercialisation climatiques dans les secteurs
permettant une augmentation des agricoles et de construire
revenus des producteurs; une base de mise en œuvre
• l’adaptation et le renforcement de la
du développement agricole
résilience aux changements climatiques; durable.
6
4. Politique et strategies
de lutte contre les
changements climatiques
dans le secteur agricole
4.1 Définition des changements climatiques
7
Graphique1 : Manifestations de la variation du climat
a: Au niveau mondial b: Au niveau de l’Afrique
Source: (Giec, 2007)
a b
Les analyses indiquent qu’une hausse des températures de 1,5°C à 2°C d’ici les années
2030 et 2040 entraînera une réduction de 40 à 80 % de la surface cultivable pour le maïs
(Banque mondiale, 2014); de même une baisse des rendements du cacao en Afrique
orientale et centrale de 145 Kg /ha sur les 50 dernières années a été enregistrée. Il est
également prévu des événements extrêmes comme la sècheresse, les inondations
et les vagues de chaleur qui vont impacter la disponibilité et la qualité des ressources
fourragères, l’accès aux ressources en eau et la mobilité du bétail. Par ailleurs, il est
très probable que les évènements extrêmes (inondations, sécheresse) deviennent plus
fréquents et entraînent des famines, des épidémies, un accès limité à l’eau potable, de
grandes migrations et conflits régionaux (Giec, 2007).
8
En 2014, les pluies diluviennes ont entrainé l’inondation de 1300 hectares de plantation
de bananiers, représentant 70 pour cent de la production nationale. Du fait de la
perturbation des calendriers culturaux, la campagne de coton 2014-2015 en Côte
d’Ivoire a enregistré une chute brutale de 30 pour cent par rapport à la campagne
précédente, à cause de la rareté des pluies. En 2016, des chenilles ont détruit près de 20
000 hectares de cacaoyers en un temps record. Les chercheurs du Cnra de Côte d’Ivoire
ont qualifié cette espèce de chenille de «nouvelles menaces pour la cacao culture
ivoirienne». Le verger de manguiers a dû faire face aux assauts de la mouche des fruits en
2017.
Les impacts des changements climatiques sont particulièrement visibles sur ce vaste sec-
teur. Les plus notables dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture s’observent
dans(1)la baisse du niveau des plans d’eau, (2) la diminution des prises de poissons et (3)
la disparition de certaines espèces de poisson et notamment la rareté de la prise de gros
poissons. La perte de la diversité biologique représente les conséquences les plus nettes
des changements climatiques sur le secteur des forêts.
9
©FAO/Daniel Hayduk
10
5. Parties prenantes de
l’agriculture intelligente face
au climat en Côte d’Ivoire et
leur niveau d’engagement
5.1 rappel du cadre juridique et Cadre politique au niveau national
politique au niveau international
• Elaboration d’une communication-pays
et régional pour mieux intégrer l’Aic dans le Pnia.
11
afin de modifier l’environnement juridique Les points focaux de ces conventions sont
et institutionnel et les politiques publiques tous issus du Ministère de l’environnement,
en matière agricole, aussi bien au niveau de la salubrité et du développement
international, régional que local pour une durable. La Côte d’Ivoire est à propos,
meilleure prise en compte de l’Aic. signataire d’au moins une douzaine de
conventions, dont les plus représentatives
Au plan régional sont :
12
• la loi n°98-755 du 23 décembre 1998 On dénombre ainsi:
portant code de l’eau;
• le Plan d’investissement forestier
• la loi n°98-750 du 23 décembre 1998 (Pif, 2016), axé sur la protection, la
modifiée par la loi n° 2001-635 du 09 conservation et la gestion durable
octobre 2001 instituant le fonds de des forêts. Il aborde la question de
développement agricole; l’atténuation et de l’adaptation aux
changements climatiques. Certains
• la loi n°2002-102 du 11 février 2002 projets prévus dans le Pif s’inscrivent
relative à la création, à la gestion et au dans l’Aic. Il s’agit notamment du projet
financement des parcs nationaux et des «agriculture zéro déforestation». Il vise la
réserves naturelles; gestion rationnelle du couvert forestier
ivoirien à travers l’intensification agricole
• la loi du 28 juillet 2004 portant code et l’augmentation des revenus des
Foncier Rural sur le Développement producteurs (Minef, 2016).
durable;
• le Plan stratégique de développement
• la loi n° 2005- 521du 27 octobre 2005 de l’élevage, de la pêche et de
permettant à l’Etat de Côte d’Ivoire l’aquaculture en Côte d’Ivoire (Psdepa
d’adhérer au protocole de Kyoto 2016-2020) axé sur la production,
(accord international visant à la avec toutefois, une composante de
réduction des émissions des gaz à effet l’amélioration de la gouvernance. Il a
de serre); pour objectif de contribuer à rehausser
le niveau de la sécurité alimentaire en
• la loi n°2014-390 du 20 juin 2014 matière de protéines d’origine animale
d’orientation sur le développement de qualité par: (i) l’amélioration de
durable; la productivité et la compétitivité des
filières animales et halieutiques, (ii) la
• la loi n° 2014-427 du 14 juillet 2014 professionnalisation des éleveurs et
portant code forestier; des pêcheurs ainsi que la structuration
des filières animales et halieutiques et
A ces lois, il convient d’ajouter d’autres qui (iii), l’amélioration de la gouvernance
sont du ressort du Ministère de l’agriculture, du secteur des ressources animales et
des ressources animales et halieutiques: halieutiques.
13
de la chaîne des valeurs. de rente (cacaoyers, caféiers, hévéa,
palmiers) des variétés améliorées précoces
• la Stratégie Nationale de à haut rendement et résistantes aux
développement des cultures vivrières maladies ont été également mises au point.
(Sndcv). La sécurité alimentaire est Le développement de l’agroforesterie
conditionnée par la disponibilité et constitue un des axes principaux de
l’accessibilité des aliments, notamment recherche en vue de l’amélioration de la
la production vivrière. Pour atteindre fertilité des sols avec les légumineuses.
cet objectif, la Sndcv met en œuvre Le Lanada apporte son appui technique à
plusieurs programmes à savoir: (1) l’amélioration de la qualité des productions
Le programme de modernisation de agricoles des principales filières,
l’agriculture familiale, (2) le programme notamment:
de développement de l’agriculture
périurbaine, (3) le programme de • L’accompagnement de la filière café-
développement des entreprises agro- cacao dans son programme 2Qc mis en
industrielles et (4) le programme d’appui œuvre par le conseil café cacao;
institutionnel à la gouvernance des
filières vivrières. • L’appui à l’amélioration de la qualité
des semences;
14
Les Universités et grandes écoles assurent revenus, et au pilier 3 soit par une utilisation
la formation initiale et le renforcement des raisonnée des engrais minéraux, soit par
capacités dans les différentes spécialités l’utilisation des engrais organiques. Ce qui
de l’agronomie, du climat, des ressources contribue à la réduction des gaz à effet de
en eau et de l’environnement. Au-delà serre.
de leur mission première de formation,
elles contribuent à l’amélioration de la
production agricole et animale, à la mise 5.4.2 Associations de
au point de technologies innovantes producteurs et faîtières
pour l’atténuation et l’adaptation aux
changements climatiques. Les domaines d’intervention des
D’autres structures interviennent associations de producteurs recouvrent
également. Il s’agit essentiellement des généralement le renforcement de
structures: capacités et la fourniture de services à leurs
membres. Elles se constituent également
• de mise au point de technologies, en structures de représentation de leurs
machines ou procédés; membres, des structures d’intermédiation
et de facilitation entre leurs membres et les
• de Conseil agricole ; pouvoirs publics. Plus rarement par contre,
ces structures contribuent à l’appui de
• de régulation de produits agricoles ; leurs membres en matière de recherche de
financement.
• d’Appui et de conseil dans le domaine
du climat; Ces associations pratiquent de plus en plus
la promotion de l’agroforesterie en vue de
• de financement de la Recherche et du réduire le recours aux engrais minéraux.
Conseil agricole; Elles contribuent aux trois piliers de l’Aic
par leur engagement sur le [Link]
• d’Appui à la commercialisation; contribution au pilier 1 de l’Aic se justifie
par l’amélioration de la productivité
• de la Chambre consulaire. des productions agricoles,l’accès
à l’information sur les marchés et la
diversification des sources de revenus.
5.4 Les structures privés
La contribution au pilier 2 de l’Aic se
réalise par la maîtrise de l’eau à travers
5.4.1 Etablissements privés l’irrigation pour une meilleure adaptation
aux aléas du climat. La contribution au
Ces établissements sont constitués pilier 3 se constate par l’utilisation raisonnée
essentiellement de fermes agropastorales, de l’engrais minéral et la promotion de
d’écoles et de cabinets de formation l’agroforesterie, ce qui se traduit par une
qui mènent des activités de production diminution des gaz à effet de serre.
végétale et animale. Ils se distinguent
surtout par la promotion et l’utilisation 5.4.3 Organisation non
d’engrais organiques et de bio-insecticides
en valorisant les déchets d’élevage (fiente gouvernementale
de poulets). Ces fermes contribuent surtout
au pilier 1 de l’Aic par l’amélioration de la Le renforcement des capacités constitue le
sécurité alimentaire et la diversification des principal domaine d’intervention des Ong
15
recensées, avec cependant des variantes, auprès des producteurs en qualité de
comme l’amélioration de la technicité des structures conseil et de renforcement des
apprenants dans divers domaines comme capacités dans le domaine du cacao.
la certification (cacao et anacarde) Elles interviennent aussi comme structures
par la fabrication et l’utilisation de bio- d’appui aux producteurs dans la fourniture
pesticides, le renforcement des capacités du matériel de plantation amélioré issu
à travers l’appui à l’apprentissage des de la recherche, ou comme une structure
bonnes pratiques agricoles, la fabrication de R&d agricole dans le secteur du café-
de compost, la commercialisation par cacao et de certaines cultures vivrières
les techniques de vente groupée et la dont le manioc et l’igname.
recherche de partenaires commerciaux.
Le renforcement des capacités au plan D’autres structures assurent l’encadrement
organisationnel des collectivités locales et des paysans, par l’appui-conseil agricole,
des Op. à l’approvisionnement en intrants et
Les Ong de manière générale, contribuent matériels agricoles, à l’entretien des
par leur intervention à des degrés divers au pistes cotonnières, à la collecte et
pilier 1 et pilier 3 de l’Aic, à l’exception du l’acheminement du coton des lieux de
pilier 2. production vers les usines d’égrenage.
16
6. Mécanismes de financement
existants de l’agriculture
intelligente face au climat
6.1 Fonds pour l’environnement Les agences suivantes représentent
les principales entités d’exécution
mondial (Fem) des financements du Fem. Il s’agit
essentiellement des agences du Système
L’essentiel des financements du Fonds des Nations Unies (Pnud, Pnue, Banque
pour l’environnement mondial est accordé mondiale, FAO, Onudi, Fida) et de la Bad.
aux pays en développement. Ces fonds
sont destinés à un certain nombre de
domaines spécifiques aux fins de réaliser
des projets ayant des retombées positives
6.2 Le Fonds vert pour le climat
pour l’environnement mondial et favorisant
des moyens de subsistance viables pour les Les fonds de cette structure sont destinés
communautés locales. préférentiellement aux pays en voie de
développement pour servir de catalyseur
Les ressources du Fem constituent le pour les actions d’atténuation et
principal fonds climat en Côte d’Ivoire pour d’adaptation à grande échelle. Aucune
le financement d’études et de microprojets entité d’exécution n’est clairement définie,
portés par la société civile. Les ressources ce qui laisse croire que la mise en œuvre
du Fem sont en général accordées sous des projets se fait en partenariat entre
forme de subventions ou de prêts à des l’Etat de Côte d’Ivoire et les représentants
taux concessionnels. désignés du Fonds vert pour le climat.
17
Conclusion partielle
18
7. Exemples des
technologies de
l’agriculture intelligente
face au climat en Côte
d’Ivoire
19
©FAO
20
20
7.1 Technologies de
l’agriculture face au climat
dans le domaine de la
production végétale
21
©BAD
22
22
7.1.1 Système de riziculture intensive (Sri)
A) Identification
Le système de riziculture intensive (Sri) est une technologie mise au point dans les années
1980 à Madagascar, par le père Henri de LAULANIE. La technologie a été adaptée en
Côte d’Ivoire par le Cnra en collaboration avec
l’Anader sur financement privé et public. Les
recherches d’adaptation de cette technologie
ont démarré en 2013 pour prendre fin en 2015.
©CNRA/Bouet Alphonse
Les tests d’adaptation ont été menés dans les
régions et localités suivantes :
• nord (Korhogo);
• nord-est (Bondoukou);
• centre (Sakassou et Yamoussoukro);
• centre-ouest (Daloa et Gagnoa);
• ouest (Man);
• sud-est (Tiassalé et Agboville).
Le Sri peut être diffusé dans toutes les zones Figure 1: Fort tallage de la variété de riz
agro écologiques où la riziculture irriguée et de WITA9 sous SRI dans le bas-fond rizicole de
bas-fond sont pratiquées en Côte d’Ivoire, avec Bata à Daloa en 2015 (sortie de la ville vers
cependant un avantage pour les zones nord, Man)
centre et centre-ouest où les aménagements
sous forme de bas-fond avec maîtrise de l’eau sont les plus nombreux. La population
cible est constituée de riziculteurs avec maîtrise de l’eau.
B) Description
C’est une technologie qui se définit comme une combinaison des éléments de la relation
sol-eau-plante-lumière de manière harmonieuse permettant à la plante d’exprimer son
potentiel de production. Elle améliore significativement le tallage fertile (voir illustration
figure 1), augmente le rendement dans une fourchette d’au moins 50 à 100%; voire plus
(67 pour cent en Côte d’Ivoire).
Les apports significatifs du Sri résident dans l’amélioration du tallage fertile de la plante
de même que l’amélioration du rendement. Les modalités de mise en œuvre de la
technologie reposent sur les étapes suivantes: (1) d’abord procéder à un bon planage
(figure 2) et réaliser une pépinière spécifique (figure 3) de 10 à 15 jours d’âge (plants
de 12 jours conseillé); (2) ensuite, procéder au repiquage en ligne à un brin avec un
écartement de 0,25 cm entre les poquets (figure 4) et apporter une fertilisation organique
(fumure organique: 2 à 8 t/ha) et une irrigation bien maîtrisée,
• Urée perlée (46%N, 100 kg/ha), en deux apports: 1er apport au début de tallage (10 à
15 Jar) ; 2ème apport à l’initiation paniculaire soit 50 à 55 Jar.
23
Le Sri contribue au pilier 1 de l’Aic par l’amélioration de la productivité et les sources
de revenus, il contribue également au pilier 2 de l’Aic en réduisant le besoin d’eau
d’irrigation. Le pilier 3 est aussi concerné à travers une préférence p accordé aux engrais
organiques, avec pour conséquence la réduction significative des engrais de synthèse.
Les contraintes du système de riziculture intensive sont liées à une forte utilisation de main
d’œuvre, notamment au cours de la phase de repiquage et les difficultés d’accès à la
fumure organique.
• Urée perlée (46%N, 100 kg/ha), en deux apports : 1er apport au début de tallage
(10 à 15 Jar) ; 2ème apport à l’initiation paniculaire soit 50 à 55 Jar
De faciliter l’accès à la fumure organique et d’étendre les tests d’adoption aux zones
de la Côte d’Ivoire n’ont encore touchées par l’expérimentation. Les propositions
de mise à échelle devraient également faciliter l’accès des riziculteurs à la sarcleuse
mécanique, en encourageant l’installation d’artisans modernes à même de fabriquer ce
type de matériel et multiplier le nombre de champions (riziculteurs leaders maitrisant la
technologie) de Sri.
©FAO
Figure 2: Le repiquage est aisé sous le SRI lorsque le planage est bien
24 fait et que les points de repiquage sont bien marqués sur le sol
25
©BAD
©FAO/Olivier Asselin
26
26
7.1.2 Calage du cycle du
riz pluvial
A) Identification
• variétés de riz de cycle court (90 à 110
La technologie dénommée «calage du jours): semis du 15 juin au 15 juillet;
cycle du riz pluvial» a été mise au point
par le Cnra dans le cadre du projet • variétés de riz de cycle moyen (115 à
Waapp1C à partir d’un financement privé. 125 jours): semis du 31 mai au 15 juin;
Les recherches ont démarré en 2013 pour
prendre fin en 2016. Cette technologie est • variétés de cycle long (130 à 145 jours):
susceptible d’être diffusée partout en Côte semis du 1er au 31 mai
d’Ivoire où les conditions agro-écologiques
sont favorables à la culture du riz pluvial. B- L’exemple de la région de
La population cible est constituée de Ferkessédougou.
riziculteurs en pluvial.
Variétés de riz de cycle court (90 à 110
jours): semis du 15 juin au 15 juillet
B) Description
Variétés de riz de cycle moyen (115 à 125
La technologie se définit comme la
jours): semis du 1er au 30 juin
«technique de calage du semis du riz» à la
bonne date. Son rôle est de permettre à
la culture du riz d’échapper aux périodes
II) Zone bimodale
de stress hydriques en cours de culture.
Les modalités de mise en œuvre de la
A- L’exemple de la région de San Pedro.
technologie varient selon que l’on se situe
en zone de pluviométrie monomodale ou
Les dates de semis recommandées sont à
en zone de pluviométrie bimodale.
moduler en fonction de la première ou de
la seconde saison des pluies:
I) zone monomodale
• Première saison des pluies: semis du 11
A- L’exemple de la région de Man.
mars au 03 mai;
Les dates de semis recommandées sont
• Deuxième saison des pluies: semis du 24
à moduler en fonction de la longueur du
août au 28 septembre.
cycle de la variété:
27
majeure constituée par le nouveau
B- L’exemple de la région de Dimbokro contexte de variabilité climatique
(arrêt brutal des pluies après la mise en
• Première saison des pluies: semis du 15 place) dans le nouveau contexte de
mars au 14 avril ; variabilité climatique, il faut donc l’appuyer
par les prévisions saisonnières des pluies
• Deuxième saison des pluies: semis du 24 locales à partir de différentes sources dont
au 28 juillet. les bulletins d’information de la Sodexam.
©FAO
28
29
©FAO/Sebastian Liste/NOOR
©FAO/Olivier Asselin
30
30
7.1.3 Rizipisculture
A) Identification suivants: disposer d’un étang-barrage et
s’approvisionner en alevins soit auprès
Dénommée technique de la rizipisciculture, des pisciculteurs multiplicateurs privés, soit
cette technologie a été introduite en auprès du Cnra.
Côte d’Ivoire et a fait l’objet de recherche La densité moyenne d’empoissonnement
et développement de la part du Cnra est de 2,2 poissons au mètre carré au prix
et d’une Ong, l’Apdraci en vue de son de 35 Fcfa l’unité (alevin), cela revient à 7
adaptation aux conditions locales. Le 70 000 Fcfa pour empoissonner un hectare
Pasres et de deux sources de financement d’étang.
privé que sont le Consortium Bas-fonds
(Cbf) et le Firca ont contribué à son Production de poisson
financement.
La principale espèce de poisson proposée
Les recherches d’adaptation ont démarré est le tilapia Oreochromis niloticus (Figure
en 2003 et ont pris fin en 2016. 4). Cette espèce peut être associée à
Les principales zones agro écologiques Heterotis niloticus, (Figure 5) surtout dans les
de diffusion actuelles de la technologie étangs-barrages.
correspondent au centre-ouest (Daloa,
B) Description
La technique de la rizipisciculture peut
être définie comme une technologie
permettant soit d’associer, soit d’alterner
la production de riz avec l’élevage de
poisson en fonction du niveau de l’eau
dans l’étang-barrage. L’objectif ici est de Figure 4: Heterotis niloticus
rentabiliser l’exploitation d’un espace limité
à travers la production du riz et du poisson.
31
Option 1: Alternance
Cette option d’exploitation, qui comprend deux modalités est surtout pratiquée au
centre – ouest autour de Daloa. Elle intervient surtout lorsque l’on n’est pas assuré de
disposer d’une bonne épaisseur de lame d’eau sur une longue période.
©FAO/Marina Mea
Figure 5: Aperçu d’une pépinière de riz Figure 6: Repiquage du riz dans un étang non curé
Figure 7: Etang mis en eau après le repiquage Figure 8: Opération de mise en charge des
poissons dans un étang de rizipisciculture
32
©FAO/Marina Mea
©FAO/Marina Mea
Figure 9 : Récolte du riz dans un étang Figure 10: Poissons produits après un cycle
d’élevage
Il est procédé au semis de manière échelonnée du riz dans les zones les moins
submergées du bas-fond à mesure que la lame d’eau diminue jusqu’à ce que toute
l’étendue du bas-fond soit ensemencée. Le cycle moyen de production est de trois mois,
avec un rendement moyen en station de 2,5 à 3 t/ha.
OPTION 2: Association
Cette option est surtout pratiquée dans le Sud-ouest, notamment dans la région de
Méagui et à l’ouest (Kouibly). Elle intervient lorsqu’on est assuré de disposer d’une bonne
épaisseur de lame d’eau sur une longue période dans le bas-fond. On commence
par repiquer le riz, et lorsque la lame d’eau atteint environ 50 cm, on procède à
l’empoissonnement du bas-fond à la densité de 2,2 poissons par mètre carré. La ration
alimentaire est identique à celle recommandée pour l’option 1, le cycle d’élevage dure
également de 9 à 10 mois avec un rendement en station variant de 1,5 à 2 t/ ha en
station ; le cycle de production est d’environ six mois avec des niveaux de rendement
comparables à celui de l’option 1.
Au nombre des atouts communs aux deux options, on note la disponibilité du riz et du
poisson à l’échelle de l’exploitation agricole, ce qui se traduit par l’amélioration de la
sécurité alimentaire et des revenus. On peut également signaler l’amélioration de la
33
fertilité du sol au profit du riz, de même que l’amélioration de la productivité du foncier à
travers le cumul de production de riz et de poisson sur la même parcelle. L’amélioration
au profit des poissons mérite également d’être notée, de même qu’une meilleure
protection de l’environnement du fait du non recours aux pesticides.
L’option1 a pour atout spécifique, l’amélioration de l’adaptation aux changements
climatiques. Quant à l’option 2, elle permet une meilleure valorisation de la main
d’œuvre au niveau de l’exploitation agricole, une réduction de la prolifération d’insectes
de même que la réduction de la prolifération de vecteurs de maladie (anophèles/
paludisme).
34
©FAO/Tony Karumba
35
35
©FAO
36
36
7.1.4 Rotation
maïs/arachide
A) Identification sont identiques aux rendements observés
en culture pure, tandis qu’on note une
amélioration substantielle du rendement
La technologie dénommée «rotation maïs/
du maïs de l’ordre de 3,98 t/ ha après
arachide» a été mise au point par le Cnra à
un apport de trois quarts de la dose de
la station de Ferkessédougou dans le Nord
l’engrais recommandée.
de la Côte d’Ivoire. Les recherches ont
débuté en 2013 et ont pris fin en 2016. Elles
C’est une technologie qui contribue aux
ont été entièrement financées par le Cnra.
trois piliers de l’Aic. Dans la mesure où
Toute l’étendue du territoire national
elle améliore la productivité des deux
constitue la zone de diffusion de cette
cultures, surtout celle de la céréale qui
technologie, dont les petits producteurs
succède à la légumineuse. La technologie
représentent les principaux utilisateurs
de la rotation maïs/céréale contribue au
potentiels. C’est une technologie en voie
pilier 1 de l’Aic. Elle contribue au pilier 2
de diffusion.
de l’Aic par l’amélioration des propriétés
physico-chimiques des sols favorable à
B) Description une utilisation plus efficiente de l’eau. Elle
contribue enfin au pilier 3 de l’Aic par la
La technologie se définit comme une réduction de la quantité d’azote à utiliser,
technique culturale qui fait se succéder sur réduit de ce fait les risques de pollution de
la même parcelle, une légumineuse, en la nappe phréatique.
l’occurrence l’arachide et une céréale, le
maïs. Le rôle de cette technologie est de Les atouts de la technologie résident dans
briser la monoculture au profit de la rotation la réduction de 25 pour cent des quantités
culturale dont les bénéfices sont avérés. d’engrais apporté, la bonne productivité
Les modalités de mise en œuvre de de la culture principale, à savoir le maïs et
la technologie reposent sur les étapes le maintien du niveau de fertilité du sol.
suivantes: La principale contrainte réside dans la
nécessité de protéger les fanes d’arachide
• Préparer le sol, puis, semer la contre le bétail en zone d’élevage et
légumineuse selon l’itinéraire technique contre les feux de brousse. Somme toute,
recommandé en culture pure; c’est une technologie relativement simple
• maintenir à la récolte, les fanes à mettre à échelle.
d’arachide sur la parcelle afin de
pouvoir restituer au sol les éléments
minéraux fixés dans les résidus de
C) Propositions d’actions pour la
récolte; mise à échelle.
• semer la céréale selon les techniques
culturales recommandées en culture Pour la mise à échelle de la technologie,
pure, en apportant notamment de il faudra encourager l’enclosure dans
l’engrais sur le maïs. les zones d’élevage en ayant recours à
des haies d’épineux et en sensibilisant les
Les résultats obtenus indiquent qu’en populations contre les feux de brousse.
moyenne, les rendements de l’arachide
37
©FAO/Olivier Asselin
38
38
7.1.5 Association culturale
maïs-légumineuses
A) Identification le processus de fixation symbiotique/
biologique de l’azote;
La technologie dénommée «Association
culturale maïs/légumineuse» a été mise • procéder au semis de la légumineuse
au point par le Cnra, sur un financement environ 15 jours après le semis de la
privé. Les recherches ont débuté en 2015 céréale (maïs);
et ont pris fin en 2017. La région nord de
la Côte d’Ivoire représente la principale • les deux cultures sont semées en lignes
zone de diffusion de cette technologie, alternées (80 cm entre les lignes) mais
actuellement en cours de diffusion. Les chaque culture est semée à la densité
producteurs de maïs et de légumineuses optimale recommandée en culture
(arachide) représentent les principaux pure (maïs, 50 cm entre deux poquets;
utilisateurs potentiels de cette technologie. arachide, 20 cm entre deux poquets);
39
l’utilisation des engrais azotés. C) Propositions d’actions pour la
Les atouts de cette technologie s’articulent
mise à échelle.
autour;
C’est une technologie dont la mise à
• d’une productivité globale améliorée
échelle ne présente pas de contraintes
des cultures, de même que de
majeures car elle est déjà largement
l’amélioration de la fertilité du sol;
pratiquée en milieu paysan avec un
faible recours aux in- trants chimiques.
• de la préservation de l’environnement
La principale proposition d’actions pour
ainsi que de la diversification des
sa mise à échelle consiste à encourager
revenus. Les contraintes à l’adoption
les recherches dans la mise au point de
de cette technologie ont pour nom
variétés de maïs résistantes à la verse.
; la difficulté de mécanisation de
l’exploitation agricole et celle de
l’application de produits phytosanitaires.
©FAO
Figure 11 : Système de cultures associées à rang simple (une ligne de maïs alternant avec trois lignes d’arachide)
40
41
©DUNIA MEDIA
©Université Peleforo Gon Coulibaly Korhogo / Dr N’guessan
42
42
7.1.6 Association culturale
maïs - cajanus cajans
A) Identification
La technologie dénommée «Association
culturale maïs-Cajanus cajans» a été mise
au point par l’Ufr des sciences biologiques
43
L’entretien de la parcelle démarre par résiste à la longue saison sèche (octobre/
le premier sarclage qui intervient au plus avril). Pendant cette grande période de
tard deux semaines après le semis du chaleur, la plante développe davantage
maïs, avant l’application de l’engrais ses branches et son feuillage, protège le sol
Npk. Le deuxième sarclage intervient et assure une production de grains pouvant
avant l’application de l’urée. Un troisième servir dans l’alimentation humaine comme
sarclage peut être nécessaire en fonction animale (Figure 2). Le fourrage produit
de l’enherbement du champ. Au total, peut nourrir également le bétail pendant la
le sarclage se fait avec soin pour éviter saison sèche.
d’endommager les plants de maïs et de
Cajanus cajan. Enfin, la technologie contribue au pilier 3
de l’Aic car, Cajanus cajans à un système
La récolte du maïs se fait lorsque les plants racinaire pivotant puissant, capable
ont atteint la maturité physiologique d’explorer les horizons profonds et
complète, c’est-à-dire lorsque les feuilles décompacter le sol. Laissé en fourrage sur
jaunissent et meurent. Après la récolte du le sol et utilisé comme paillage en seconde
maïs, un sarclage des fanes de maïs est campagne, il permet d’enrichir le sol en
fait pour laisser les plants de Cajanus cajan matière organique améliorant sa fertilité et
continuer leur développement jusqu’à la réduit les érosions. La présence de Cajanus
fructification et à la maturité des gousses. cajans contribue ainsi à séquestrer le
Pour ce faire, il faut nettoyer les alentours carbone et à réduire la production de gaz
du champ sur 4 m de large pour protéger à effet de serre.
les plants et la biomasse de Cajanus cajan
des feux de brousse. Au total, les atoûts de cette technologie
La récolte des grains de Cajanus cajan s’articulent autour des points suivants :
se fait lorsque les gousses ont atteint
la maturité physiologique, c’est- à-dire • L’association culturale maïs-Cajanus
lorsque les gousses commencent à perdre cajan améliore la productivité du
leur couleur verte et deviennent sèches maïs, la fertilité du sol et préserve
(Figure 4 abcd). Il est conseillé de récolter l’environnement à travers la
les graines au fur et à mesure qu’elles séquestration du carbone et la
atteignent leur maturité physiologique. réduction des émissions de gaz à effet
de serre; responsable du réchauffement
Au dé but de la campagne suivante, la climatique.
préparation du sol se fait par la coupe des
tiges de Cajanus cajan à environ 10 cm • Cette technologie améliore le revenu
du sol. Elle est faite en début de saison de des producteurs et contribue à la
pluie suivante. Les tiges sont coupées puis sécurité alimentaire.
étalées dans le champ. Les techniques de
semi du maïs de la seconde campagne • Cajanus cajans résiste à la longue saison
sont identiques à la première (figure 4). sèche (octobre-avril). Pendant cette
L’association culturale maïs-légumineuse grande période de chaleur, la plante
est une technologie qui contribue aux trois développe davantage ses branches et
piliers de l’Aic. Elle contribue au pilier 1 de son feuillage, protège le sol et assure
l’Aic. En effet, elle induit une augmentation une production de grains pouvant servir
du rendement du maïs de l’ordre de 20 à dans l’alimentation humaine comme
30 pour cent en seconde campagne de animale. Les feuilles de Cajanus cajan
culture, améliorant ainsi sa productivité et sont bien appétées des petits ruminants.
le revenu des producteurs. La technologie Etant donné que la plante résiste à la
contribue également au deuxième pilier de saison sèche, elle constitue un excellent
l’Aic. aliment d’appoint en zones rurales
Après la récolte du maïs, Cajanus cajans (figure 2).
44
coût de production. Après le semis et
• Les plants de Cajanus cajans ont un lorsque le maïs est récolté, la culture de
système racinaire pivotant puissant, Cajanus cajan exige très peu de soins et
capable d’explorer les horizons profonds de main d’œuvre. La principale proposition
et de décompacter le sol. d’actions pour la mise à échelle de la
technologie consiste pour le moment à
C) Propositions d’actions pour la encourager les recherches dans la mise
au point de semences et/ou variétés de
mise à échelle Cajanus cajan à vulgariser auprès des
producteurs de maïs ; la contrainte majeure
L’association Maïs-Cajanus cajan est à l’adoption de cette technologie est la
facile à mettre à échelle avec un faible disponibilité des semences.
Figure 13 : Quelques stades de développement de cajanus cajan dans le système d’association avec
le maïs au cour de la première et seconde campagne de culture «a: première récolte des grains de
Cajanus cajan; b & c: jachère de Cajanus cajan respectivement 6 et 12 mois après semi; d: jeunes
plants de maïs en croissance sur parcelle couvert de débris de récolte de Cajanus cajan».
45
©FAO/Marina Mea
46
46
7.1.7 Variétés améliorées
d’ignames
A) Identification des points noirs. C’est également une
technologie économe en intrant (engrais
La technologie dénommée «Variétés minéral) avec de bonnes qualités culinaires.
améliorées d’igname» a été mise au point
dans le cadre d’une collaboration entre le Les modalités de mise en œuvre
Cnra en Côte d’Ivoire et l’Iita à Ibadan au s’organisent autour des points suivants :
Nigéria. Les recherches ont été financées Les plantations sont réalisées en saison
essentiellement par le Cnra et des projets pluvieuse d’avril à mai aussi bien en zone
et conventions. Les recherches ont duré de forêt qu’en zone de savane. La bouture
de 2000 à 2010. Les variétés améliorées utilisée est un fragment de tubercule ou
d’ignames sont en cours de diffusion, un tubercule entier de 200 à 300 g. La
principalement en zone forestière (centre- plantation est réalisée à une densité de
est) et en zone de savane (centre et centre 10 000 plants à l’hectare en raison d’une
nord). Les acteurs de la chaîne de valeur bouture par butte. Il faut sarcler la parcelle
de l’igname, notamment les producteurs, à la demande lorsqu’elle est enherbée et
les transformateurs, les commerçants, la maintenir propre surtout en début de
les consommateurs, les chercheurs, les culture. 3 à 5 sarclages seront nécessaires
agents du développement constituent les selon la vitesse d’enherbement observée
utilisateurs potentiels. sur le site. La parcelle d’igname ainsi
installée ne nécessite pas de protection
phytosanitaire particulière. La durée du
cycle de culture est de : 6 à 9 mois. Il est
B) Description recommandé de procéder à la récolte en
saison sèche de novembre à janvier. Les
La technologie se définit comme «des
tubercules ont une bonne aptitude à la
variétés améliorées d’ignames à haut
conservation.
rendement et tolérantes aux maladies»
avec pour objectif l’amélioration de la
sécurité alimentaire et des revenus des
Cette technologie contribue
producteurs.
essentiellement au pilier 1 de l’Aic. Elle
L’apport significatif de cette technologie
améliore la productivité, la sécurité
réside dans l’amélioration de la
alimentaire et offre une diversification des
productivité, la tolérance aux principales
revenus.
maladies de l’igname, notamment à
Les principaux atouts de la technologie
l’International brown spot ou Ibs également
demeurent la productivité élevée
connue sous le nom de la maladie
47
(20 à 30 t/ha en station), une tolérance à • de même que l’amélioration des
la sécheresse et aux maladies notamment conditions de conservation.
celle dites des points noirs, l’anthracnose Toutes ces actions doivent être portées
et les viroses, un faible recours aux intrants en priorité par la recherche et le
chimiques et la bonne qualité culinaire. A développement.
l’opposé, la pression foncière et la faible C) Propositions d’actions pour la
disponibilité des semences constituent les
principales contraintes à l’adoption de mise à échelle
cette technologie.
La facilité de mise à échelle réside dans le
faible niveau d’intensification de la culture de
même que les coûts de production qui restent
La facilité de mise à échelle réside dans le abordables. Les propositions d’actions pour la
faible niveau d’intensification de la culture mise à échelle de la technologie s’articulent
de même que les coûts de production autour de:
qui restent abordables. Les propositions
d’actions pour la mise à échelle de la • la nécessité de produire des semences de
pré-base et des semences de base;
technologie s’articulent autour de:
• l’évaluation de la tolérance vis-à-vis de
• la nécessité de produire des semences différents stress dont le stress hydrique et la
de pré base et des semences de base; pression foncière;
48
49
©FAO/Marina Mea
50
50
©FAO/Marina Mea
©CNRA/Dibi Konan
7.1.8 Technique de
bouturage à partir
des tiges d’igname
A) Identification Le bouturage des tiges aériennes
d’ignames est réalisé dans des poquets
La technologie dénommée «technique de confectionnés sur des planches. Un abri
bouturage à partir des tiges d’ignames» d’une hauteur de 1,5 m est réalisé sur
a été mise au point et financé en partie les planches pour réduire au maximum
par le Cnra et des financements privés de la pénétration des rayons solaires (au
projets et conventions. Les recherches ont repiquage des boutures) et assurer un
démarré en 2012 et ont pris fin en 2016, la ombrage suffisant. En saison pluvieuse, des
technologie est en cours de diffusion. boutures de 3 nœuds sont sectionnées
sur des rameaux secondaires des plants
La zone forestière (centre-est) et la d’ignames sains âgés de 2 à 3 mois.
zone de savane (centre et centre-nord)
demeurent les deux principales zones agro- Les boutures prélevées sont directement
écologiques de diffusion de la technologie. déposées et transportées dans un
Les acteurs de la chaîne de valeur de récipient (seau) contenant de l’eau
l’igname, notamment les producteurs, pour leur transport. Le repiquage est
les transformateurs, les commerçants, réalisé immédiatement après la coupe
les consommateurs, les chercheurs, les des boutures. Les deux premiers nœuds
agents du développement constituent les basaux de la bouture sont enterrés dans
utilisateurs potentiels. un poquet contenant de la balle de riz
carbonisée. Ils sont recouverts de terre
laissant à l’extérieur toutes les feuilles et le
B) Description troisième nœud. L’entretien consiste en
l’arrosage, le sarclage, l’apport d’engrais,
La technologie se définit comme une
le remplacement, le renforcement et
technique de bouturage à partir des tiges
l’éclaircissement des abris. La récolte est
pour la production de semence d’igname.
réalisée cinq mois après plantation.
Elle a pour objectif, l’amélioration de la
disponibilité de la semence d’igname au
La technique de bouturage à partir des
cours de la période de production.
tiges d’ignames est une technologie qui
Pour les modalités de mise en œuvre, les
contribue essentiellement au pilier1 de l’Aic
points suivants sont à prendre en compte.
à travers l’amélioration de la productivité
D’abord, il faut:
et de la sécurité [Link] atouts de
la technologie résident dans le fait qu’elle
• disposer du matériel végétal de base;
permet de doubler le taux de multiplication
• avoir une bonne maîtrise de la
classique de l’igname, ce qui accroit
technologie;
de manière substantielle la disponibilité
• disposer d’une source d’eau;
des semences d’ignames de même que
• bien suivre l’itinéraire technique
la productivité du système semencier.
recommandé.
51
L’amélioration des rendements consécutifs C) Propositions d’actions pour la
à l’adoption de cette technologie
constitue un atout non négligeable.
mise à échelle
Les propositions d’actions pour la mise à
Les contraintes liées à l’adoption de cette
échelle de cette technologie concernent
technologie ont trait à la nécessité de
le renforcement de capacités des
disposer d’un point d’eau et d’être formé à
producteurs de semence ainsi que le
la maîtrise de la technologie. La technique
renforcement du système semencier et à
de bouturage à partir des tiges d’ignames
terme, la vulgarisation de la technologie
doit être réservée aux professionnels de
à travers différentes approches dont les
la production de semence, elle demeure
champs écoles.
de ce fait une technologie relativement
difficile à mettre à échelle, même si dans
l’ensemble le coût de production demeure
abordable.
©FAO
©CNRA/Dibi Konan
Figure 14: Mise en place d’une parcelle de produc- Figure 15: Vue d’une parcelle de bouturage d’igname
tion de semenceaux d’ignames à partir de boutu- nouvellement mise en place
rage de tige
©FAO/Marina Mea
©CNRA/Dibi Konan
52
©FAO/Marina Mea
53
©FAO
54
54
7.1.9 Variétés améliorées
de manioc
A) Identification La plantation du manioc est réalisée à
partir de boutures prélevées sur des plantes
âgées d’au moins six mois; ces boutures
Cette technologie concerne une série
doivent mesurer de 20 à 30 cm de long,
de variétés de manioc, connue sous le
et présenter de 4 à 6 nœuds. La date de
nom de ‘Bocou’. La série des variétés de
plantation est fonction des grandes zones
manioc ‘Bocou’ comporte à ce jour huit
de cultures.
variétés, chacune d’elle présente des
Mais de manière générale, il est
caractéristiques propres qui la distinguent
recommandé de planter le manioc
des autres.
de mars à juillet et de septembre à
Les variétés de la série ‘Bocou’ ont été
octobre, ou en général lorsque le sol est
mises au point grâce à une collaboration
suffisamment humide pendant la saison des
entre Iita situé à Ibadan au Nigéria et le
pluies.
Cnra de Côte d’Ivoire. Les recherches ont
bénéficié d’un financement privé issu du
La position recommandée de la plantation
Cnra et des projets et conventions.
des boutures se présente comme suit:
• planter la bouture de manière oblique
Les recherches ont débuté en 1999 pour
(2/3 de la bouture enterrée) en cas de
s’achever en 2010. Les variétés de la série
période de forte pluviométrie
Bocou sont actuellement en cours de
diffusion. Les principales zones de diffusion
• planter la bouture de manière
sont la zone de savane du centre, la zone
horizontale (bouture entièrement
forestière (sud, ouest et est). La zone nord
enterrée à 10 cm) en cas de
est considérée comme marginale pour le
pluviométrie peu prononcée.
développement des variétés de manioc
de la série des Bocou. L’évaluation du taux
La densité de plantation recommandée
d’adoption par les producteurs reste à
est de 10 000 à 15 625 boutures par ha.
réaliser.
Après la plantation, le sarclage se fera à
Les utilisateurs potentiels sont constitués
la demande de 3 à 5 passages au cours
surtout des producteurs de manioc, des
du cycle de végétation, un traitement
transformateurs, des commerçants, des
herbicide est recommandé avant la
consommateurs et des agents de la
plantation.
recherche et de l’encadrement.
La date de récolte comme la date de
plantation sont fonction des grandes zones
B) Description de production.
55
les variétés telles que Bocou2 et Bocou5 vivrières sur des superficies conséquentes, le
peuvent être récoltées précocement à coût élevé des boutures de manioc estimé
partir de 11 mois. La récolte est conseillée à environ 100 000 Fcfa/ha, le caractère
à partir de 20 mois pour les zones à faible non fonctionnel du système semencier et
pluviométrie. Le rendement en milieu de la plateforme d’innovation constituent
paysan est fonction des grandes zones de autant de contraintes à l’adoption des
récoltes et varie de 15 t/ha à 35 t/ha. variétés améliorées de manioc. Malgré
ces contraintes, des facilités de mise à
Les variétés de manioc de la série ‘Bocou’ échelle existent. Elles s’articulent autour du
contribuent aux trois piliers de l’Aic de la caractère économe en intrants chimiques
manière suivante: signalé plus haut, en dehors du coût des
boutures, les autres coûts de production
Pilier1 (Productivité): Variétés productives demeurent accessibles. Le coût moyen
et nutritive; (Bocou2, a une teneur en de production varie de 184 000 Fcfa/ha
provitamine A plus élevée que celle des à 400 000 Fcfa/ha en fonction du niveau
variétés à chair blanche ou crème); d’intensification selon une étude menée
par la recherche dans la région de Dabou
Pilier2 (Adaptation): Variétés bien adaptées en 2008.
aux conditions de cultures traditionnelles
avec très peu d’apport d’intrants chimiques
©DUNIA MEDIA
Le succès des variétés améliorées de
manioc de la série Bocou repose sur un
certain nombre d’atouts, au nombre
desquels:
• (1) un réel gain de rendement potentiel
par rapport aux variétés traditionnelles,
30 à 40 t/ha en station contre 20 à 25 t/ha Figure 18: Présentation après cuisson de
pour les variétés traditionnelles ; variétés de manioc de la série Bocou
56
vis-à-vis des
stress hydriques et conditions de forte • rechercher des financements pour la
pression foncière; promotion
• améliorer les conditions de conservation des technologies;
des semences (au niveau de la
recherche et en milieu paysan, • promouvoir les technologies selon
promouvoir le système semencier); l’approche Chaîne de valeur et la
©FAO/Marina Mea
57
57
©FAO/Caroline Thomas
58
58
7.1.10 Variétés améliorées
de patate douce à haut
rendement et riche en
provitamine A
A) Identification Son objectif est d’améliorer la sécurité
alimentaire et de diversifier les sources de
La technologie dénommée «variété revenus des acteurs.
améliorée de patate douce» a été mise
au point en Côte d’Ivoire par le Cnra en Les modalités de mise en œuvre s’articulent
collaboration avec le Cip. Les recherches autour des points suivants:
ont été menées à partir de financements Les variétés de patates douces sont
privés issus du Cnra et des financements sur cultivées en zone de forêt et de savane
projets et convention. avec un meilleur rendement sur des
Démarrées en 2012, les recherches ont sols limono-sableux ou sablo-limoneux,
pris fin en 2016. Les variétés de patate légers, drainant bien et riches en matières
douce mises au point sont en cours de organiques. La plantation se fait n’importe
diffusion, principalement en zone forestière quand lorsque le sol est suffisamment
(nord-est) et en zone de savane (centre humide (pluie, bas-fonds, irrigation). Les
et nord). Toutefois, aucune estimation variétés de patate douce sont plantées
précise n’existe à l’heure actuelle en ce sur butte, sur billon ou planche avec
qui concerne le taux de diffusion, l’étude des densités de 30 000 à 50 000 plants
de l’estimation de ce taux reste donc à à l’hectare. Pour la plantation les tiges
réaliser. sont coupées en boutures de 15 à 30 cm
portant 3 à 4 nœuds. La plantation se fait
Les utilisateurs potentiels de cette en enterrant les boutures au deux tiers de
technologie demeurent les acteurs façon oblique. Pour des boutures de 3 ou
de la chaîne de valeurs de la patate 4 nœuds, mettre au moins deux nœuds en
douce, notamment les producteurs, les terre.
transformateurs, les commerçants, les
consommateurs, les chercheurs et les Il y a peu de travaux de sarclage (un
agents de l’encadrement, etc. ou deux sarclages) car la plante couvre
progressivement le sol. La patate douce est
souvent utilisée en rotation parce qu’elle
B) Description peut être cultivée à n’importe quelle
période de l’année. Elle est utilisée dans
La technologie se définit comme une
des rotations avec le riz, le tabac, la canne
«variété améliorée de patate douce à
à sucre, le soja; on la trouve également
chair colorée et riche en provitamine A».
59
comme plante intercalaire avec le maïs, bonne qualité culinaire et nutritionnelles
le manioc, le bananier, les haricots ou le constituent les principaux atouts de cette
cocotier. Les variétés proposées ont un technologie.
cycle de 3 à 5 mois. La faible disponibilité des semences
et la pression foncière représentent les
principales contraintes à l’adoption
La récolte doit se faire dès la maturation, de cette technologie. Malgré tout, la
sinon les rendements ne seront pas technologie demeure facile à mettre à
satisfaisants et les racines tubéreuses échelle car elle est économe en intrants
se conserveront mal. La récolte tardive chimiques et les coûts de production sont
donne des racines tubéreuses fibreuses, relativement abordables.
qui ont mauvais goût et sont attaquées
par les charançons de la patate douce et
d’autres pourritures. Les racines tubéreuses C) Propositions d’actions pour la
de patate douce ne se conservent pas
très longtemps en général à température mise à échelle
ambiante (3 à 6 semaines selon la
Les propositions d’actions pour la mise à
variété). Cette conservation peut aller
échelle devront prendre en compte la
jusqu’à six mois avec l’utilisation de fosses
promotion de plateformes d’innovation
emménagées.
de la patate douce. La mise en place
d’un système semencier, l’évaluation du
Cette technologie contribue surtout au
comportement en champ vis-à-vis de
pilier 1 de l’Aic par une productivité élevée
différents stress dont la pression foncière
en station (15 à 25 t/ha) et en milieu paysan
et le stress hydrique par la recherche sont
(8 à 20 t/ha); des besoins relativement
nécessaires.
faibles en intrants chimiques et une
©CNRA/Dibi Konan
©CNRA/Dibi Konan
Figure 19: Calibrage de racines tubéreuses de Figure 20: Présentation après cuisson de variétés de
patate douce après récolte manioc de la série Bocou
60
61
61
©FAO/Isaac Kasamani
©FAO/Swiatoslaw wojtkowiak
62
62
7.1.11 Détermination des
périodes optimales de
semis du coton
A) Identification de la répartition fréquentielle des pluies
dans chaque zone agro-climatique et
consolidées par les résultats des essais de
La technologie dénommée «détermination validation des nouvelles dates de semis.
des périodes optimales de semis du Les analyses agro-climatiques et les tests
coton» a été mise au point par le Cnra effectués au cours de trois campagnes
sur financement mixte, public d’abord à agricoles (2014/2015; 2015/2016 et
partir des fonds de l’Etat de Côte d’Ivoire 2016/2017) en milieu contrôlé et en milieu
et un financement de l’Union européenne. paysan, ont permis de déterminer (figure 5)
Les recherches ont démarré en 2013 pour deux périodes permettant de minimiser les
s’achever en 2017. risques d’échecs de la culture du coton en
fonction des zones de production:
Les principales zones agro-écologiques de
diffusion sont surtout constituées par les • Les 1ères et 2èmes décades de juin pour la
zones de production de coton en Côte zone au-dessus de 8° de latitude Nord
d’Ivoire, à savoir la zone des savanes et du bassin cotonnier (à partir des localités
certaines régions de la zone pré forestière. de Touba, Séguéla, Mankono, Katiola et
Les utilisateurs potentiels de la technologie Dabakala);
sont constitués des sociétés cotonnières,
des faîtières au niveau du coton et des • La 3ème décade de juin et la 1ère décade
producteurs de coton graine. de juillet pour la zone en-dessous de 8°
Il est difficile d’estimer le taux d’adoption de latitude nord du bassin cotonnier.
de cette technologie dans la mesure où sa
diffusion n’a pas encore commencé. La stabilisation du rendement demeure
l’atout principal de la technologie, à cet
B) Description atout principal il faut ajouter le gain de
temps lié au fait que le semis du coton est
La technologie se définit comme une effectué au cours d’un nombre restreint de
technique d’optimisation de la production décades. La principale contrainte demeure
du coton par l’actualisation des calendriers l’accès au foncier dans plusieurs localités.
culturaux, avec pour objectif de minimiser
les risques d’échec de la culture du coton
en respectant les nouvelles périodes de C) Propositions d’actions pour la
semis. mise à échelle
Les modalités de mise en œuvre de la
technologie reposent sur le fait que les La technologie est facile à mettre à échelle
périodes optimales de mise en place des car il s’agit de suivre scrupuleusement
cultures sont déterminées en fonction
63
l’itinéraire technique recommandé.
Les propositions d’actions pour sa mise Il faut donc appuyer cette technologie par
à échelle consistent en des séances les prévisions saisonnières des pluies locales
d’information des acteurs de la filière à partir de différentes sources dont les
coton, à savoir les sociétés cotonnières, bulletins d’information de la Sodexam. La
les producteurs, l’intercoton, les Opa, le stabilisation du rendement demeure l’atout
Conseil Anacarde-coton; etc. Toutefois, principal de la technologie. À cet atout
comme dans le cas de la technologie principal, il faut ajouter le gain de temps lié
du calage du cycle du riz pluvial, cette au semis du coton effectué au cours d’un
technologie se heurte à une contrainte nombre restreint de décades. La principale
majeure constituée par les chocs contrainte demeure l’accès au foncier en
climatiques (arrêt brutal des pluies après la maints endroits compte tenu du blocage
mise en place) dans le nouveau contexte foncier de plus en plus sévère.
de variabilité climatique.
64
©FAO/Swiatoslaw wojtkowiak
65
©FAO/Marina Mea
66
66
7.1.12 Technique de
greffage de l’anacardier
A) Identification Le taux moyen de réussite du greffage
est d’environ 75 pour cent. On estime à
La technique de greffage de l’anacardier environ 595 ha, les superficies couvertes en
a été mise au point par le Cnra grâce à plants greffés distribués dont 273 ha en 2015
un financement privé du Firca et à une et 322 ha en 2016. Dans l’hypothèse que les
expertise tanzanienne. plantations ont été effectivement réalisées
Les financements du Firca ont commencé et les reprises effectives, on peut évaluer
en 2009 pour prendre fin en 2017 avec actuellement à 550 ha la superficie totale
l’achèvement du projet «Amélioration en plants greffés d’anacardier.
variétale de l’anacardier, phase 2». Les
zones agro écologiques de diffusion de La technique de l’anacardier greffé
cette technologie sont constituées par contribue surtout au pilier 1 de l’Aic par
toute la zone de production de l’anacarde l’amélioration de la productivité et des
à savoir la zone de savane et la zone pré revenus des producteurs. C’est une
forestière. Les greffeurs, les pépiniéristes, les technologie qui provoque surtout un gain
chercheurs, les agents du développement réel de précocité par rapport à la situation
constituent les utilisateurs potentiels de de référence qui est le non greffage des
cette technologie dont le taux d’adoption plants. En effet, les plants greffés sont
peut-être actuellement estimé à moins de précoces; à un an après plantation, ils
10 pour cent au niveau des producteurs. entrent en floraison et en production,
contrairement aux plants issus de semis qui
entrent en floraison et en production à trois
B) Description ans après semis.
La technique de greffage de l’anacardier
peut être définie comme une technologie De manière générale au niveau de
contribuant à l’amélioration du matériel l’anacardier, la production dépend de
végétal de plantation de l’anacardier. Sa la variété et du respect de l’itinéraire
mise au point vise à mettre à la disposition technique. Celles issues du Cnra ont un
des producteurs du matériel végétal de rendement qui varie de 1,6 à 1,9 t/ha de
plantation performant. noix de cajou en station.
Les modalités de mise en œuvre de cette
technologie sont illustrées par les figures ci- La production de matériel végétal
dessous indiquées et se présentent comme performant et l’amélioration de la
suit: choisir un greffon, celui-ci est un productivité des vergers d’anacardiers
rameau végétatif lignifié de l’année, ayant constituent les deux principaux atouts
en son extrémité un bourgeon dormant. de la technologie. Comme contraintes,
Il est de couleur marron ou gris-clair. Le on peut noter qu’un bon usage de cette
greffon est issu de la variété à diffuser. technologie nécessite une ouverture
Idéalement, la période de greffage doit à l’innovation et à la formation aux
se situer en dehors des périodes des vents techniques du greffage.
secs (harmattan), et doit tenir compte de
la période du planting (de février à juillet).
67
C) Propositions d’actions pour la mise à échelle
De manière générale, la technique de greffage de l’anacardier peut être considérée
comme une technologie facile à mettre à échelle pourvu que la formation nécessaire
à la maîtrise de la technique suive. Les propositions d’actions pour la mise à échelle
de la technologie vont s’articuler autour de l’organisation annuelle de formation aux
techniques de greffage à l’attention des greffeurs, des pépiniéristes et des agents du
conseil agricole.
©CNRA/Dibi Konan
©CNRA/Dibi Konan
a: Tige de jeune porte-greffe d’anacardier b: Tige du porte-greffe sectionnée et fendu
©CNRA/Dibi Konan
©CNRA/Dibi Konan
68
©CNRA/Dibi Konan
©CNRA/Dibi Konan
e: Greffon inséré dans la fente pratiquée dans la f: Greffon emballé
tige du porte-greffe
69
©FAO
70
70
7.1.13 Gestion de l’eau
par paillage en culture
de la banane plantain
71
©FAO/Believe Nyakudjara
72
7.1.14 Technique des
plants issus de fragments
de tige (Pif)
A) Identification
B) Description
La technologie dite des Pif ou technique
d’obtention de plants issus de fragments La technique des Pif se définit comme
de tige a été mise au point au Centre une technique horticole de multiplication
africain de recherches sur bananiers et de masse de plants sains de bananiers
plantains (Carbap), au Cameroun. Elle plantains. Elle a été mise au point pour
a été introduite en Côte d’Ivoire par le répondre aux besoins de matériels de
Firca en 2013 sous financement privé production des exploitants de bananiers.
de 2013 à [Link] 1993 à 1998, deux La modalité de mise en œuvre de la
expériences complémentaires ont été technologie repose sur 4 piliers à savoir:
menées au Carbap en vue de mettre au
point la technique des Pif. L’activation des 1 disposer d’un germoir;
bourgeons latents et la prolifération in vivo. 2 disposer d’une ombrière;
Les résultats de cette recherche ont été 3 disposer d’un substrat;
publiés en 2003, sous le titre «Activation 4 disposer d’une source d’eau (elle doit
de bourgeons latents et utilisation de être proche et facilement accessible).
fragments de tige du bananier pour
la propagation en masse de plants en
conditions horticoles in vivo».
73
©ANADER/Yode Toh Emile
4. mise en germoir;
Figure 26: Pousses sur un explant de rejet prêt à être
5. sevrage des plants; sevrés
6. réactivation; - moyen à petit: 200 à 300 g
- petit: 100 à 180 g
7. gestion physique du germoir; - très petit: moins de 100 g
8. élevage des Pif.
Le classement par catégories permet de
NB: le calibrage des explants faciliter la mise en germoir des explants.
Le calibrage est la constitution des lots On distingue neuf activités de gestion
homogènes d’explants. Généralement il technique des Pif sous ombrière à savoir:
faut constituer entre 3 et 6 catégories qui
sont extra gros, standard, moyen à petit, 1. préparation du substrat;
petit, très petit: 2. ensachage du substrat + classement des
- extra: + de 800 g sachets en bandes;
- gros: 600 à 700 g 3. arrosage des sachets remplis;
- standard : 400 et 450 g
74
©ANADER/Yode Toh Emile
©FAO
Figure 27: Rejets lavés avant le parage Figure 28: Plants de bananier en pépinière sous une
ombrière
©ANADER/Yode Toh Emile
4. collecte et tri des plantules sevrées; contre 0 à 4 rejets par pied de plantain
5. repiquage des plantules et étiquetage; en 1 an. Par ailleurs, les observations sur le
6. arrosage des plantules repiquées; terrain indiquent que les plants issus de la
7. fertilisation; technique des PIF entrent en production
8. réarrangement des plants dans les précocement (apparition des fleurs entre 9
bandes; à 10 mois), tandis que les rejets classiques
9. régulation de l’ombrage. mettent 11 à 12 mois. De plus, les PIF ont un
La technique des Pif contribue rendement de 20 à 25 t/ha contre 10 à 15
essentiellement au pilier 1 de l’Aic, à tonnes pour les rejets classiques.
travers une amélioration notable de la
productivité des bananiers. En effet, le Les atouts de la technologie résident dans:
rendement des PIF est de 15 à 100 plantules • L’atténuation de la propagation des
environ par explant de rejet en 3 ou 4 mois maladies du plantain;
75
• La réduction du temps de production du C) Propositions d’actions pour la
matériel végétal (3 à 4 mois);
mise à échelle
• La disponibilité du matériel végétal de
La technologie relativement simple
qualité et en abondance;
à mettre à échelle eu égard aux
caractéristiques ci-dessous:
• La possibilité de créer des plantations
• Technique simple et accessible à tous
variétales sur de grandes superficies;
selon quel’on soit instruit ou pas.
• La précocité des plants issus de la
• Intrants disponibles dans le milieu du
technique des Pif;
producteur et à bon marché (rejets,
sciure de bois, matériaux locaux de
• Le rendement élevé 20 à 25 t/ha.
construction, etc.).
• Coût de production faible: 75 à 100
C’est une activité génératrice de revenu à
Fcfa/plant
fort potentiel de création d’emplois et de
multiplication du matériel végétal.
Etant donné l’introduction relativement
Les principales contraintes liées à l’utilisation
récente de la technologie en Côte d’Ivoire,
de la technologie des Pif se résument à
il serait souhaitable de procéder à une
la sensibilité au stress hydrique, surtout
étude approfondie du comportement
en début de plantation et à la nécessité
des Pif en plantation et de conduire des
de respecter scrupuleusement toutes
tests sur la qualité organoleptique des
les étapes de production, de la phase
fruits en comparaison avec les pratiques
préparatoire à la phase active.
courantes avant la diffusion de masse
Par ailleurs, les Pif ont un taux de mortalité
de la technologie. La technologie des
élevé en pépinière soit environ 10 à 15 %
Pif représentant une activité génératrice
lorsque les conditions d’acclimatation ne
de revenu et à fort potentiel de création
sont pas maitrisées. Le taux de pourriture
d’emplois. Le financement des petites
des explants est également élevé en
unités de production de 5 à 10 germoirs
germoir (20 à 25%) due à une mauvaise
pour la production de plants plantains
évacuation des eaux, due au non-respect
apparait comme une option prioritaire.
des normes de construction du germoir.
76
©FAO/Daniel Hayduk
77
©FAO/Pius Utomi Ekpei
78
7.2 Technologies de
l’agriculture intelligente
face au climat dans le
domaine de la production
animale et halieutique
79
©FAO/Hoang Dinh Nam
80
7.2.1 Création de
pâturages artificiels à base
de panicum maximum c1
©CNRA/Kouadja G Sévérin
de recherches continues en vue de son
amélioration. Mais les dates de début et de
fin des recherches ne sont pas précisées.
L’aire de diffusion de cette technologie
correspond à l’ensemble du territoire
national, même si la zone nord du pays à
vocation pastorale affirmée demeure la
première zone de diffusion.
Les éleveurs de ruminants et les vendeurs
de fourrage demeurent les utilisateurs
potentiels de cette technologie dont le Figure 31: Panicum maximum C1 en cours de
taux d’adoption est actuellement estimé végétation
à plus de 80 pour cent sur l’ensemble du
territoire national. Il faut enfin procéder à l’apport d’intrants
et à l’entretien de la parcelle. L’engrais
Npk est apporté à la dose de 250 kg/ha au
labour, l’urée, apporté à la dose de 180 kg/
B) Description ha fractionné en trois: La dose de 60 kg/
Panicum maximum C1 se définit comme ha est apportée successivement à 60 jours,
une technologie qui améliore l’alimentation 90 jours, et 120 jours respectivement après
du bétail, son rôle étant de constituer une semis. La durée de végétation du panicum
alternative à la savane naturelle dans le maximum C1 est d’un an.
cadre de l’alimentation du bétail. Quatre options existent pour son
Les modalités de mise en œuvre de la exploitation.
81
Option 4: Commercialisation du panicum
Option 1: Pâturage. frais.
Elle consiste à laisser le bétail pâturer sur la C’est le circuit d’exploitation le plus
parcelle de panicum maximum C1. Après court du panicum fauché, conditionné
chaque phase de pâturage, laisser la sous forme de balles et mis à la vente
parcelle au repos pendant environ un mois. directement sur les marchés à bétail le jour
même où dans les 48 à 72 h qui suivent.
Cette technologie contribue au pilier 1
de l’Aic en ce sens qu’elle contribue à
l’amélioration de l’alimentation du bétail et
par conséquent à la sécurité alimentaire de
même qu’à la diversification des revenus
©CNRA/Kouadja G Sévérin au niveau de l’exploitation agricole grâce
au commerce du fourrage bien développé
dans certaines agglomérations de la Côte
d’Ivoire comme Korhogo et Bouaké.
82
la nécessité de la part de l’agriculteur- rédhibitoires pour le petit paysan, ils
éleveur de disposer d’une certaine forme semblent néanmoins à la portée de
de technicité, et surtout de disposer d’un certains exploitants agricoles pour lesquels
capital foncier conséquent. En effet, il est la mise à échelle ne devrait pas poser
nécessaire de disposer en moyenne d’un de problèmes étant donné l’orientation
hectare pour 4 à 6 bovins. Le calcul est marquée de l’exploitation agricole vers
vite fait, l’agriculteur-éleveur doit être en l’élevage.
mesure d’immobiliser 10 hectares de terre
pour un cheptel de 40 à 60 bovins. Ce qui C) Propositions d’actions pour la
n’est pas toujours évident étant donné la
pression foncière de plus en plus élevée en mise à échelle
maints endroits de la Côte d’Ivoire. Enfin,
Les propositions d’actions pour la mise à
le coût d’implantation d’un hectare de
échelle de la technologie du panicum
panicum maximum est relativement élevé
maximum C1 devraient reposer en priorité
et est comparable au coût d’implantation
sur le renforcement des capacités pour une
d’un hectare de cultures vivrières, ce
meilleure maîtrise des itinéraires techniques
qui peut amener à conclure que le petit
grâce à l’appui du Cnra. Il s’agira
paysan ne constitue peut-être pas la
également d’encourager l’installation de
principale cible de cette technologie.
producteurs privés de fourrage par l’Etat,
Néanmoins, pour des exploitations agricoles les collectivités locales et les associations
d’éleveurs.
relativement évoluées, la technologie du
panicum maximum peut être considérée
comme facile à mettre à échelle.
Car si les coûts d’installation semblent
83
©FAO/Isaac Kasamani
84
7.2.2 Amélioration de
l’élévage traditionnel par
l’introduction de poules
améliorées
A) Identification La poule améliorée est introduite dans un
système d’élevage en semi-divagation
Cette technologie a été développée avec un bâtiment construit à cet effet,
par le Cnra dans le cadre du projet intégrant si possible une cour facilitant
Duras, grâce à un financement de type la semi-divagation. Il est recommandé
privé. Les recherches ont débuté en 2007 d’appliquer à l’élevage une prophylaxie de
et ont pris fin en 2010. A ce jour, il est base comportant notamment des vaccins
difficile de préciser le taux d’adoption contre les principales maladies aviaires
de cette technologie dont la diffusion est dont la maladie de Newcastle, la maladie
cependant en cours sur l’ensemble du de gumboro, et la bronchite infectieuse.
territoire national. L’apport d’un aliment composé de type
industriel en fonction de l’âge, matin et soir,
Peuvent être considérés comme des est également recommandé.
utilisateurs potentiels de cette technologie,
toutes les parties prenantes de la chaîne C’est une technologie qui contribue surtout
de valeur de l’aviculture en Côte au pilier 1 de l’Aic à travers la sécurité
d’Ivoire. À savoir les éleveurs de volaille, alimentaire et l’amélioration des revenus.
les revendeurs, les provendiers et les Les principaux atouts de cette technologie
consommateurs. résident dans l’amélioration des
85
C) propositions d’actions pour de poules améliorées un peu partout sur
l’étendue du territoire afin de rapprocher
la mise à échelle l’offre en poules améliorées de la
demande locale. Il s’agira aussi d’introduire
La mise à échelle de cette technologie
des poules locales dans l’élevage afin
est relativement simple en ce sens
d’améliorer la capacité de couvaison et
que l’infrastructure nécessaire à son
encourager les recherches dans le but
développement se réduit à la construction
également d’améliorer la capacité de
d’un bâtiment de type rudimentaire à
couvaison des poules améliorées.
partir de matériaux locaux. Par ailleurs, le
coût d’acquisition du noyau de base est
abordable car il est de l’ordre de 50 000
Fcfa.
Les propositions d’actions pour la mise à
échelle de cette technologie consistent à
encourager l’installation de producteurs
86
87
©FAO/Giuseppe Bizzarri
©FAO/Tony Karumba
88
7.2.3 Production artificielle
d’alevins de mâchoiron
(chrysichthys nigrodigitatus)
A) Identification mâchoirons(Chrysichthysnigrodigitatus) est
une technologie permettant de mettre à
disposition des pisciculteurs, des alevins
La technologie de production artificielle de mâ- choirons au bout d’un mois. Cette
d’alevins de mâchoirons (Chrysichthys technologie reste moins contraignante, car
nigrodigitatus) a été mise en œuvre les alevins de mâchoiron supportent une
depuis les années 1990 par le Centre de densité de mise en charge relativement
recherches océanologiques (Cro). Ce élevée, sont peu consommateurs en eau,
projet a connu plusieurs améliorations de même qu’ils sont moins exigeants à la
jusqu’à ce jour où elle est entièrement qualité d’eau.
maîtrisée par les chercheurs du Laboratoire
de Biologie de la Reproduction, du Elle assure une bonne productivité
Département Aquaculture. Cette des fermes grâce aux performances
technologie basée sur les biotechnologies zootechniques des mâchoirons qui
de la reproduction consiste à produire présentent un meilleur taux de croissance
dans un atelier adapté, des alevins de par rapport aux autres poissons d’élevage.
mâchoirons. Ce qui permet ainsi une meilleure gestion
des ressources en eau. Les modalités
Les activités de production sont de mise en œuvre de la technologie
principalement financées par le Cro et recommandent de renforcer les capacités
quelquefois, à travers des projets financés techniques et compétences pratiques des
par le Firca. La technologie est vulgarisée pisciculteurs ainsi que de leur assurer un
auprès des pisciculteurs en Côte d’Ivoire à appui financier à travers des faitières en
travers des formations pratiques et la mise vue de la mise en place d’au moins une
à disposition d’alevins aux pisciculteurs écloserie.
qui en font la demande. Les principaux
récipiendaires sont généralement les La technologie se pratique en deux phases:
pisciculteurs des plateformes installées la première à lieu sur le site de sélection
par le Cro dans les zones Sud, Sud-ouest des géniteurs qui seront utilisés pour la
et Sud-est de la Côte d’Ivoire, qui restent reproduction et la seconde, au laboratoire.
les utilisateurs de cette technologie. La
technologie est diffusée à un taux de Phase 1: Sélection des géniteurs
plus de 70 pour cent, car c’est la seule • Sélection des géniteurs
permettant à ce jour de fournir des alevins Les géniteurs sont conditionnés avec une
de mâchoirons aptes au pré-grossissement ration alimentaire de 3 pour cent de leur
et au grossissement en vue d’accroître la biomasse à 32 pour cent de protéines,
production piscicole ivoirienne. jusqu’à avoir un poids moyens d’au moins
500 g (figure 31). Les femelles choisies
B) Description présentent un abdomen renflé et mou puis
une coloration jaunâtre, avec une papille
La production artificielle d’alevins de protubérante très foncée. Une biopsie est
souvent réalisée pour apprécier la qualité
89
des ovocytes.
Les poissons sont mis par deux (mâle
et femelle) dans chaque casier de
91
©FAO/Marina Mea
92
7.2.4 Production artificielle
(heterobranchus longifilis)
et (h. bidorsalis)
A) Identification B) Description
La technologie de production artificielle La production artificielle d’alevins de silure
d’alevins de silure (Heterobranchus longifilis) (Heterobranchus longifilis) et (H. bidorsalis)
et (H. bidorsalis) a été initiée depuis les est une technologie permettant de mettre
années 1980 par le Cro. Cette pratique a à disposition des pisciculteurs, des alevins
connu plusieurs améliorations jusqu’à ce de silure au bout d’un mois. Elle assure une
jour où elle est entièrement maîtrisée par bonne productivité des fermes grâce aux
les chercheurs du Laboratoire de biologie performances zootechniques des silures qui
de la reproduction du département présentent un excellent taux de croissance
aquaculture. Cette technologie basée sur par rapport aux autres poissons d’élevage.
les biotechnologies de la reproduction,
consiste à produire au laboratoire ou dans Leur élevage reste moins contraignant,
un atelier adapté, des alevins de silure. car ils supportent une densité de mise
en charge relativement élevée, peu
Les activités de production sont consommateur en eau, de même qu’ils
principalement financées par le Cro sont moins exigeants à la qualité d’eau. Ce
et le Firca, de même qu’à travers des qui permet ainsi une meilleure gestion des
projets sous régionaux tels que le Sypiex, ressources en eau.
et Coraf / Wecard qui ont pris fin en Les modalités de mise en œuvre de la
2016. La technologie est vulgarisée technologie recommandent d’organiser
auprès des pisciculteurs ivoiriens et de les pisciculteurs en entreprises coopératives
la sous-région à travers des formations et en faitières de production, puis leur
pratiques et la mise à disposition d’alevins assurer un accompagnement en termes de
produits aux pisciculteurs qui en font la gestion selon les normes de l’ohada pour
demande. Les principaux récipiendaires une meilleure gestion des écloseries.
sont généralement les pisciculteurs des Il s’agira aussi de renforcer les capacités
plateformes installées par le Cro, dans les techniques et financières des faitières
zones sud-ouest, centre-ouest, ouest et en vue de la mise en place d’au moins
Sud-est de la Côte d’Ivoire. Ceux-ci restent une écloserie dans chaque grande zone
les utilisateurs de cette technologie. La piscicole de la Côte d’Ivoire.
technologie est diffusée à un taux de plus La technologie se pratique en deux phases;
de 80 pour cent, car c’est la principale la première à lieu sur le site de sélection
technologie permettant de fournir des des géniteurs qui seront utilisés pour la
alevins de silures de bonne qualité et aptes reproduction et la seconde, au laboratoire.
au pré-grossissement et au grossissement
en vue d’accroitre la production piscicole
ivoirienne sur toute l’étendue du pays. Phase 1: La sélection des géniteurs
93
femelles choisies est définie à partir de
Le plus gros individu mâle susceptible de la température de l’eau dans laquelle
produire beaucoup de sperme est choisi, est disposé le poisson pendant les
de même que les femelles qui présentent manipulations, à laquelle correspond un
un ventre bien arrondi sur les flancs temps de latence précis qui permettra
présageant de la présence de nombreux une extraction des ovocytes par massage
ovocytes dans les ovaires (figure 36). Une abdominal.
biopsie intra ovarienne est réalisée aux
femelles en vue de retenir celles dont le • Préparation des mâles
diamètre moyen ovocytaire est supérieur
ou égal à 1,5 mm.
95
reproduction privilégiée callée sur la saison
La technologie contribue aux trois piliers des pluies de l’espèce) à 11-12 mois en
de l’Aic en ce sens qu’en termes de élevage. De même l’on note une forte
productivité; elle permet d’obtenir des productivité d’alevins rustiques capables
dizaines de milliers d’alevins performants de survivre dans des milieux hydriques
par femelle au bout d’un mois, avec un de faible qualité physicochimiques et la
taux de survie post-larvaire de plus de technologie assure une économie en eau,
70 pour cent. Aussi, cette technologie car la production larvaire se fait en circuit
assure-t-elle une meilleure adaptation fermé réutilisant l’eau.
dans la mesure ou elle permet une amé-
lioration de la densité de mise en charge
larvaire chez le silure, de 2 à 5 larves/ La contrainte majeure liée à l’adoption de
litre actuellement. De même, une baisse la technologie est le niveau de technicité
significative de la ration alimentaire élevé de la technologie qui nécessite de
journalière est observée à 85 pour cent de la part du pisciculteur, un niveau scolaire
la biomasse chez les larves et alevins de acceptable afin de pouvoir la pratiquer. Le
silure. coût d’acquisition et de la mise en place
d’une écloserie est relativement élevé et
La fréquence de distribution des repas peut être évalué à 60 000 000 Fcfa, avec
diminue de 6 à 3 repas par jour chez les un matériel capable d’être conservé sur
larves de silure avec une réduction de la plus de 15 ans.
quantité d’aliment tout en augmentant la
croissance et le taux de survie post-larvaire. C) Propositions d’actions de
En termes d’atténuation, la technologie
permet une incorporation d’au moins 50 mises à échelle
pour cent de sous-produits agroalimentaires
En termes de propositions d’actions pour
à moindre coût, tout en assurant une
la mise à échelle de la technologie,
augmentation de la croissance et le taux
l’implication effective des ministères
de survie post-larves du silure en écloserie.
techniques, est nécessaire afin d’accorder
des subventions, du matériel de
reproduction par l’Etat et les collectivités
Elle assure une production d’alevins à forte
locales. Il serait important de mettre en
densité par litre d’eau et n’autorise pas
place un processus participatif de tous les
l’usage d’antibiotiques, elle participe ainsi
acteurs impliqués dans le développement
à atténuer significativement l’impact de la
des productions halieutiques et sensibiliser
contribution de la production d’alevins de
tous les partenaires à des engagements de
silures aux changements climatiques.
financement. Toute chose qui assurera la
Les atouts de la technologie se résument
mise à échelle de la technologie à travers
en la réduction considérable de l’âge de
l’installation d’écloseries privées avec
première maturité sexuelle qui intervient
une volonté de renforcer leurs capacités
vers 2 à 4 ans, (avec une période de
concernant cette technologie.
96
©FAO/Tony Karumba
97
©FAO
98
7.3 Technologies de
l’agriculture intelligente
face au climat dans le
domaine de la foresterie,
l’environnement et la
valorisation
99
©FAO/Giuseppe Bizzarri
100
100
7.3.1 fabrication de
compost à base de résidus
de soja
A) Identification
2. disposer en couches les résidus pour
former des tas allongés de 1 à 2 m de
large, 1 à 1,5 m de hauteur et de 2 à 3
Le compost à base de résidus de soja
m de long;
est une technologie créée par le Centre
National de Recherche Agronomique
3. arroser abondamment le tas formé, puis;
(Cnra). Les recherches ont été menées
essentiellement à partir de fonds publics
4. retourner une fois par semaine le tas
(FAO) et fonds privés (Cnra). Elles ont
en le déplaçant pendant le premier
débuté en 2011 pour prendre fin en 2015.
mois de compostage, toutes les 2
C’est une technologie qui n’est pas encore
semaines pendant le deuxième mois
suffisamment diffusée, néanmoins toutes
du compostage et une fois par mois
les zones de production de légumes, en
jusqu’à la maturité du compost. La
particulier les ceintures maraîchères autour
maturation du compost intervient au
de grandes villes comme Bouaké, Korhogo
bout de trois mois, le compost prêt à
et Abidjan constituent des zones agro
être utilisé est apporté en pépinière, au
écologiques potentielles de diffusion de
champ ou dans des bacs de culture en
cette technologie
hydroponie.
101
Tableau 2: Effet comparé de la fibre de coco et du compost à base de résidus de soja sur le rendement
de la tomate et de la laitue
102
103
©Pixabay/jcesar2015
©FAO/Marina Mea
104
7.3.2 Production de
fumure organique à partir
de déchets divers
A) identification déterminées d’aération. C’est ainsi que
l’on distingue le compostage en phase
La technologie dénommée « Production et anaérobie et le compostage en phase
utilisation de la fumure organique à partir aérobie.
de déchets divers » a été implémentée
par l’Université Peleforo Gon Coulibaly
de Korhogo sur un financement privé
dans le cadre des mécanismes des fonds
compétitifs et de recherche commissionnés
du Coraf/Wecard de 2013 à 2014. Les
105
Compostage en phase anaérobie
Figure 46: Exemple d’une série de trois fosses et d’une compostière construite
Ensuite il faut répandre une mince couche la succession des couches, arroser
de cendre pour protéger la fosse contre suffisamment au moins deux à trois fois par
les termites, procéder à l’étalage d’une semaine. Selon la nature des matériaux, au
première couche de débris végétaux bout de 60 à 90 jours, le compost est prêt à
grossiers (tiges de maïs, de sorgho ou l’usage (figure 47).
coques d’arachide, etc.) sur une épaisseur
de 20 à 30 cm et arroser abondamment et Compostage en phase aérobie
tasser le tout.
Construire près de la maison une fosse de
Procéder à l’apport d’une deuxième deux rangées de briques ou un contenant
couche de 10 à 20 cm d’épaisseur de pour la fabrication du fumier et y ajouter les
matériaux assez facilement décomposable restes de diverses matières organiques tels
comme le fumier de bovins ou d’ovins, que les excréments de bétail et matières
arroser suffisam- ment et tasser comme provenant des litières, ordures ménagères
précédemment. Disposer ensuite et cendre, matériaux issus des toits en
une troisième couche de 20 à 30 cm paille, etc.
d’épaisseur de matières végétales fines
(balles de riz, paille sèche etc.) et d’ordures La fosse ou le contenant doit, de
ménagères décomposables. Arroser préférence, être situé à l’ombre pour éviter
abondamment et tasser. Répéter cette le rayonnement solaire qui pourrait sécher
même succession de 2 à 3 fois jusqu’à les différents matériaux. Il faut créer un
une hauteur minimale d’un mètre, couvrir milieu suffisamment humide pour faciliter
soigneusement la fosse avec des nattes la multiplication des micro-organismes
ou des tiges. Retourner tous les 15 jours en actifs dans la décomposition des différents
veillant à ce que l’étage le plus superficiel matériaux.
soit le plus profond et ce, en respectant
106
©Université PGCK/Dr N’guessan
©Université PGCK/Dr N’guessan
Figure 47: Exemple d’une série de trois fosses et d’une compostière construite
107
©Vinayaraj V R
108
108
7.3.3 Valorisation artisanale
de tourteaux d’hévéa en
alimentation animale
109
environnemental car la technologie C’est une technologie qui est caractérisée
permet de réduire les surfaces culturales par une relative facilité de mise à échelle
de sources alternatives de protéines de dans la mesure où sa mise en œuvre
même que l’utilisation des herbicides nécessite peu de moyens financiers. Les
; d’ordre économique dans la mesure propositions d’actions pour la mise à
où la technologie permet de valoriser le échelle de la technologie comportent:
tourteau, l’huile insaturée et les coques,
et enfin d’ordre nutritionnel à travers 1. l’identification de technologies
l’amélioration de la qualité nutritionnelle performantes actuelles de valorisation
des produits animaux. des graines d’hévéa;
Graines entières d’hévéa Amandes décortiquées d’hévéa © NPHB / N’goran Kouakou David
© NPHB / N’goran Kouakou David
© NPHB / N’goran Kouakou David
112
7.3.4 Enrichissement des
aliments en acides
gras-omega-3
A) Identification 1. récolter les graines d’une adventice,
Euphorbia heterophylla;
La technologie d’enrichissement des
aliments en acides gras oméga-3 à partir 2. procéder au broyage des graines
de Euphorbia heterophylla a été mise récoltées et incorporer la poudre à
au point à l’Inp-HB de Yamoussoukro en hauteur de 5 à 10 % aux aliments de
collaboration avec Agrocampus ouest volaille. Cette technologie contribue à
de rennes, en France sur un financement deux piliers de l’Aic. La contribution au
public. Les recherches ont démarré en pilier 1 se fait à travers l’amélioration de
2011, et elles continuent toujours dans le la santé et de la production animale,
sens de l’amélioration de la technologie. ce qui concourt à une amélioration de
Les zones agro écologiques de diffusion la sécurité alimentaire. La contribution
sont les régions sud, centre et nord de la au pilier 3 réside dans la réduction de
Côte d’Ivoire. Le taux actuel de diffusion l’utilisation des herbicides, donc à travers
de cette technologie est inférieur à moins une amélioration de l’atténuation.
30 pour cent. Les producteurs d’œufs
de volaille représentent les utilisateurs Les atoûts de la technologie sont
potentiels de cette technologie. essentiellement au niveau de:
113
Hormis le coût élevé de l’équipement de
• L’augmentation de l’acide dosage des oméga-3, la mise à échelle
alpha-linolénique et de l’acide de cette technologie est relativement
docosahexaénoïque (deux oméga-3) facile, car la principale matière première,
des produits animaux (œuf, viande les graines de Euphorbia heterophylla sont
et lait) afin d’augmenter la teneur abondamment disponibles dans la nature.
sanguine en bon cholestérol (Hdl-
cholestérol) et de réduire par C) Propositions d’actions pour la
conséquent la teneur sanguine en
mauvais cholestérol (Ldl-cholestérol) mise à échelle
dans l’organisme humain ;
Les principales propositions d’actions de
• La diminution du ratio Acides gras mise à échelle de la technologie consistent
Polyinsaturés oméga-6/ Acides gras à:
polyinsaturés oméga-3 du régime (1) sensibiliser la population quant à
alimentaire de l’Homme. Un ratio l’importance des Agpi oméga-3 pour
inférieur ou de l’ordre de 4 à 5 limiterait la santé humaine;
la survenue de certaines maladies (2) proposer au consommateur
cardiovasculaires, inflammatoires, auto- des produits animaux enrichis en Agpi
immunes ou encore cancéreuses. oméga-3;
(3) tirer le meilleur profit de Euphorbia
La récolte des graines d’une plante jusque- heterophylla en
là considérée adventice par les agriculteurs cherchant à la domestiquer;
représente la principale contrainte à (4) poursuivre les travaux
l’adoption de cette technologie. Toutefois, d’enrichissement en oméga-3 sur d’autres
la répercussion du coût d’enrichissement espèces d’animales et si possible avec
ne se traduit pas par un renchérissement d’autres sources d’enrichissement
du coût des œufs de volaille de plus de 5 à disponibles en Afrique.
10%.
114
©FAO/Sonia Nguyen
115
©FAO/Sia Kambou
116
116
7.3.5 Fours FAO-thiaroye
de transformation (Ftt)
A) Identification représentés par les acteurs du fumage de
poisson.
117
Contribution de la technologie aux trois L’accroissement de la productivité: 2 à 3
piliers de l’Aic: Productivité: 2 à 3 sessions sessions de fumage au lieu de 1 à 2 dans
de fumage au lieu de 1 à 2 dans le cas du le cas du système traditionnel, la capacité
système traditionnel de charge des fours Ftt est 2-6 fois plus
- Fours Ftt type Banda: capacité de importante que celle des fours traditionnels.
production jusqu’à 150kg de poisson fumé/
jour On note une réduction des pertes liées à la
- Fours FTT de type Altona: capacité qualité et à la quantité des produits fumés
de production: avec les fours Ftt. L’utilisation des fours Ftt
450kg /jour contribue à la réduction des gaz à effets
- Adaptabilité : adapté aux méthodes de serre (Hap) en raison de la présence
de fumage habituelles des femmes: d’éponge végétale dans le casier à filtre.
facile à manipuler, améliore les conditions On note également une réduction de la
de travail quantité de combustibles utilisés (0,5 kg de
- Réduction des gaz à effets de serre bois au lieu de 5kg par kg de poisson frais
(Hap) en raison de la présence d’éponge fumé) avec les fours Ftt.
végétale dans le casier à filtre.
Le goût des poissons fumés avec les fours
La technologie des Ftt comporte un certain Ftt est meilleur et la couleur plus dorée.
nombre d’atouts dont: On note aussi une meilleure qualité
©FAO/Marina Mea
©FAO/Marina Mea
118
©MIRAH/Monney Monney
Charbon de bois Pierre SIPOREX Bois rouge Gaz butane
119
©BAD
120
7.3.6 Vulgarisation par voie
électronique/ e-extension
121
• répondre aux requêtes des appelants matériels agricoles;
en temps réel;
• enregistrer les requêtes non satisfaites; • les bonnes pratiques agricoles;
• rappeler le correspondant après
consultation des experts pour une • l’existence de nouvelles méthodes
solution satisfaisante. alternatives oucomplémentaires;
122
par l’utilisation des technologies de Contraintes liées à l’utilisation de la
l’information et de la communication (Tic). technologie E-extension. Ces contraintes
Cela se traduit par : sont la couverture insuffisante de l’ensemble
du territoire national par le réseau de
• l’amélioration de la productivité téléphonie mobile et le réseau électrique.
agricole; A ces deux contraintes techniques, il faut
ajouter une troisième contrainte d’ordre
• l’accès aux informations en temps réel; économique, à savoir le coût relativement
élevé de l’appel téléphonique.
• le renforcement de l’accès des
agriculteurs aux marchés (diffusion de C) Propositions d’actions pour la
l’information sur le marché; transport des
marchandises). mise à échelle.
123
©Sebastian Liste/NOOR
124
8. Analyse du profil des
technologies de l’agriculture
intelligente face au climat
identifiées
8.1 Parties prenantes aux processus de creation des technologies
de l’agriculture intelligente face au climat
La recherche va constituer la seconde entité la plus sollicitée pour la mise à échelle des
technologies identifiées. L’effort de recherche devra porter sur l’affinement de certaines
technologies, la poursuite des tests d’adaptation pour améliorer la portée territoriale au
plan national des technologies Aic identifiées.
L’Etat sera sollicité pour peser de tout son poids dans des domaines précis. Il s’agira,
par exemple pour l’Etat, d’encourager de concert avec les collectivités locales et les
associations du secteur, l’installation de producteurs privés de fourrage dans le cas de
l’utilisation du Panicum maximum C1. Tout comme la mise en place d’un cadre légal
et institutionnel pour garantir l’industrialisation par le secteur privé, de la production de
compost à partir de la collecte des déchets urbains et leur distribution aux paysans dans
le cadre des technologies relatives à la fabrication de fumure organique. Enfin, pour la
technologie E-extension, les pouvoirs publics doivent favoriser la vulgarisation et l’utilisation
routinière du téléphone portable en milieu rural par une politique de taxation favorable.
L’utilisation effective des technologies Aic identifiées ne sera une réalité que si des efforts
conséquents de mise à échelle sont fournis. A cet effet, trois groupes de structures seront
particulièrement sollicités, chacun dans son domaine de compétence. Il s’agit (1) de la
vulgarisation, des associations de producteurs et des structures de financement comme
le Firca, de (2) la recherche dans toutes ses composantes et enfin (3) de l’Etat dont on
attend la mise en œuvre de politiques incitatives et favorables au développement des
technologies Aic.
125
8.2 Principales sources de financement des technologies de
l’agriculture intelligente face au climat
Elle intervient essentiellement entre le Cnra et une structure étrangère de recherche, mais
parfois entre l’Inp-HB ou l’Anader et une structure étrangère. De façon exceptionnelle on
note dans la mise au point d’une technologie Aic un partenariat entre la FAO et la société
civile.
L’analyse des contraintes liées à l’adoption des technologies fait apparaître six (6) groupes
de contraintes d’inégale importance: (Contraintes socio-économiques, techniques,
organisationnelle, agronomiques, biologiques/biotiques et abiotiques). Les contraintes
socio-économiques, recouvrant le besoin élevé de main d’œuvre, les coûts élevés de
production, la difficulté d’accès à des marchés rémunérateurs et la pression foncière
représentent le groupe le plus important. Cette catégorie de contraintes, la plus fréquente,
constitue un frein à l’adoption de près de la moitié des technologies recensées.
Le groupe des contraintes techniques est constitué par la faible disponibilité ou l’accès
difficile à la matière première, la couverture insuffisante du territoire national par les réseaux
de téléphonie mobile et électrique, et la nécessité de la mise au point d’un outillage de type
nouveau. cette catégorie de contraintes représente en fréquence, le deuxième groupe le
plus important de contraintes et constitue une barrière à l’adoption de huit technologies
sur l’ensemble des 24 technologies répertoriées. Vient ensuite, la nécessité de structurer
le milieu par le regroupement des acteurs ou la création de coopératives, le besoin de
renforcement de capacité ou de sensibilisation.
126
Ce type de contrainte constitue un préalable à l’adoption de six technologies sur les 24.
Les contraintes agronomiques, avec la faible disponibilité du matériel de plantation et le
frein à la modernisation de l’exploitation constituent un obstacle à l’adoption de quatre
technologies sur 24 recensées.
Enfin, les contraintes biologiques/biotiques et les contraintes abiotiques représentent
les deux groupes de contraintes les moins fréquentes. Le premier de ces deux groupes
constitue une contrainte à l’adoption de deux technologies, et le second, c’est-à-dire,
les contraintes abiotiques, constitue un obstacle à l’adoption d’une seule technologie sur
l’ensemble des technologies.
Par ailleurs, certaines technologies sont contraintes par plus d’une catégorie d’obstacles.
C’est le cas des technologies de la technique des plants issus de tige et de la riziculture
intensive qui sont affectées par trois catégories de contraintes, et la technologie du Panicum
maximum C1 par deux catégories de contraintes.
L’analyse des résultats du tableau 7 en annexe indique que rares sont les technologies
qui connaissent un niveau important de diffusion. En la matière le Panicum maximum
C1 constitue une exception avec un taux d’adoption avoisinant ou supérieur à 50 pour
cent. Trois autres technologies se distinguent par des niveaux moyens de diffusion. Il s’agit
des variétés améliorées de manioc de la série des Bocou, de la poule améliorée et de la
vulgarisation par voie électronique avec des taux d’adoption supérieurs à 30 pour cent,
mais inférieurs ou égaux à 50 pour cent. La très grande majorité des technologies, sont
faiblement diffusées et connaissent des taux d’adoption largement inférieurs à 30 pour
cent.
Les technologies Aic identifiées sont caractérisées par un faible taux d’adoption.
Ainsi, plus de 80 pour des technologies connaissent un taux d’adoption au plus égal à
30 pour cent; environ 10 pour cent des technologies peuvent être considérées comme
jouissant d’une diffusion moyenne à l’échelle nationale. Seule une technologie, le Panicum
maximum C1 connait une large diffusion au plan national. Ces résultats laissent croire que
127
la mise à échelle de la plupart des technologies devrait commencer par leur vulgarisation
auprès des utilisateurs; ce qui va probablement entrainer un allongement des délais de leur
utilisation effective.
Par ailleurs, rares sont les technologies qui contribuent à la fois à chacun des trois piliers de
l’Aic, par contre environ la moitié des technologies identifiées contribue à au moins deux
piliers.
9. Conclusion partielle
L
analyse des financements dans l’élaboration des technologies de type Aic indique
la prépondérance des fonds privés. Au niveau de la recherche, le Cnra représente
la principale structure pourvoyeuse de technologies en Côte d’Ivoire. Il est à noter
par la même occasion l’importance de la collaboration entre les structures de
recherche dans le processus d’élaboration de ces technologies dont la plupart
contribuent surtout aux deux premiers piliers de l’Aic.
Par ailleurs, les technologies identifiées connaissent de manière générale, un faible taux
d’adoption à l’exception de la technologie du Panicum maximum C1. Pour pallier ce
résultat, il faut renforcer la vulgarisation des technologies auprès des utilisateurs. Trois
groupes de structures seront donc particulièrement sollicités, chacun dans son domaine
de compétence. Il s’agit: (1) de la vulgarisation, des associations de producteurs et
des structures de financement comme le Firca, (2) de la recherche dans toutes ses
composantes, et enfin de (3) de l’Etat dont on attend la mise en œuvre de politiques
incitatives et favorables au développement des technologies Aic.
128
©FAO/Riccardo Gangale
129
©DUNIA MEDIA
130
130
10. Conclusion et
recommandations
10.1 Conclusion
L’étude a révélé non seulement la réalité des changements climatiques, mais elle a aussi
mis en exergue l’impact de ces changements climatiques sur tous les secteurs productifs
importants de l’économie nationale. Par ailleurs, il ressort de notre analyse que les efforts
fournis par la Côte d’Ivoire en vue d’institutionnaliser l’Aic sont indéniables, étant donné
l’étendue de l’engagement et la diversité des parties prenantes à l’Aic sans oublier la
mise en place d’une importante disposition juridique. Toutefois, l’analyse du financement
de l’Aic indique que ce secteur demeure encore largement tributaire de la contribution
des partenaires techniques et financiers; avec une contribution relativement faible de
l’Etat et du secteur privé national.
On note, par ailleurs, que les activités menées sur le terrain au titre de l’Aic demeurent
encore peu nombreuses et de faible portée. Des efforts restent donc à fournir dans les
domaines de la mobilisation des ressources financières. Au plan national, notamment en
direction des secteurs public et privé. L’une des cibles prioritaires au plan du financement
demeure les fonds internationaux privés dont les guichets sont très peu sollicités par la
Côte d’Ivoire. Vingt-quatre technologies identifiées dans les domaines de la production
végétale, de la production animale et des ressources halieutiques, de la foresterie,
de l’environnement et de la valorisation ont permis d’élaborer un recueil. Chaque
technologie a été caractérisée par la présentation de ses principaux traits distinctifs
remarquables.
A cette fin, des recommandations ont été formulées aussi bien à l’endroit des structures
131
de recherche et développement qu’à l’endroit de l’Etat.
10.2 Recommandations
• mettre au point de nouvelles technologies Aic, notamment dans les domaines des
ressources animales, halieutiques et forestières;
• mettre l’accent sur de nouvelles technologies Aic qui portent sur l’adaptation et
l’atténuation des changements climatiques;
• vulgariser les technologies Aic dans les domaines des ressources animales, halieutiques
et forestières;
A l’endroit de l’Etat:
132
Annexes
Conditions de la mise à échelle des technologies Aic
133
BIBLIOGRAPHIE
Agbri Lako (2016): Diagnostic du contexte national en termes de changements
climatiques et d’agriculture intelligente face au climat. Version provisoire. 116 pages +
Annexes.
134
134
135
CHANGEMENTS CLIMATIQUE
ET AGRICULTURE INTÉLLIGENTE
FACE AU CLIMAT (AIC) EN ISBN 978-92-5-131307-7
CÔTE D’IVOIRE
9 789251 313077
CA3437FR/1/09.19
Royaume de
Norvège
136