L’ENTREPRENANT
Présenté par : Supervisé par :
ADABRA Abra Hélène Dr. SERGE K. EVELAMENOU
DZOTSI Junior Etienne
LOGOSSOU Amelé judith
UL|FSS|MS3-MS4|PHARMACIE|2023-2024
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION.........................................................................................................................1
I. Statut de l’entreprenant.....................................................................................................2
A. Les conditions relatives à la personne entreprenant.....................................................2
1. Les conditions inclusives.............................................................................................2
2. Les conditions exclusives............................................................................................2
B. Les conditions relatives à l’activité de l’entreprenant....................................................2
1. La déclaration de l’activité de l’entreprenant.............................................................2
2. La nature de l’activité de l’entreprenant....................................................................2
C. L’exercice d’une activité professionnel..........................................................................3
D. L’exercice d’une activité à titre personnel et indépendant............................................3
II. Le régime juridique de l’entreprenant...............................................................................3
A. Le particularisme du régime de l’entreprenant..............................................................3
B. La soumission à certaines obligations............................................................................4
1. Les obligations de déclaration d’activité.....................................................................4
2. Les obligations de comptable.....................................................................................4
3. Les obligations fiscales et sociales..............................................................................5
III. La cessation et le changement de statut d’entreprenant...............................................5
Conclusion.................................................................................................................................6
Bibliographie............................................................................................................................. 6
INTRODUCTION
D’après les dispositions de l’article 30, AUDCG, l’entreprenant est une personne physique, à
l’exclusion de toute personne morale, qui entreprend l’exercice d’une activité
professionnelle, qui peut être civile, commerciale, artisanale ou agricole, mais relativement
peu importante au regard du chiffre d’affaires. L’entreprenant conserve son statut si le
chiffre d’affaires annuel généré par son activité pendant deux exercices successifs n’excède
pas les seuils fixés dans l’Acte Uniforme portant organisation et harmonisation des
comptabilités des entreprises au titre du système minimal de trésorerie.
Ces seuils sont, selon l’article 13, AUCE :
- 30 millions de FCFA, pour les entreprises de négoce (activité commerciale),
- 20 millions de FCFA, pour les entreprises artisanales et assimilées, notamment
agricoles,
- 10 millions de FCFA pour les entreprises de services, qui peuvent être de nature
civile.
En revanche, lorsque durant deux années consécutives, le chiffre d’affaires de l’entreprenant
excède les limites fixées pour ses activités, il est tenu, dès le premier jour de l’année suivante
et avant la fin du premier trimestre de cette année, de respecter toutes les charges et
obligations applicables à l’entrepreneur individuel. Dès lors, il perd sa qualité d’entreprenant
et ne bénéficie plus de la législation spéciale qui lui est applicable en cette qualité. Il doit en
conséquence se conformer à la réglementation applicable à ses activités. En d’autres termes,
s’il s’agit d’un entreprenant commerçant, il abandonne son statut d’entreprenant pour celui
de commerçant, en se faisant immatriculé comme tel au RCCM, et en se conformant à
toutes les obligations, notamment comptables, inhérentes à l’exercice du commerce.
L’entreprenant est en effet dispensé d’immatriculation au RCCM et n’est soumis, pour
l’exercice de son activité, qu’à une simple déclaration sans frais au greffe de la juridiction
compétente ou à l’organe compétent (art. 39 & 62, AUDCG).
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I. STATUT DE L’ENTREPRENANT
A. LES CONDITIONS RELATIVES À LA PERSONNE ENTREPRENANT
1. LES CONDITIONS INCLUSIVES
Aux termes de l’article 30 de l’Acte uniforme, le statut d’entreprenant est uniquement
réservé aux personnes physiques. La préservation du statut n’est envisageable qu’en deçà
d’un seuil correspondant à celui de l’opérateur relevant du système minimal de trésorerie en
matière de comptabilité.
2. LES CONDITIONS EXCLUSIVES
Outre les règles de droit commun, en vertu de l’article 30, alinéa 6 AUDCG, l’entreprenant
est dispensé d’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier. De plus, le
cumul du statut d’entreprenant avec la qualité de commerçant immatriculé est
formellement prohibé par l’article 64, alinéa 3 AUDCG selon lequel « l’entreprenant ne peut
être en même temps immatriculé au registre du commerce et du crédit mobilier. Il n’a pas le
même statut que les personnes immatriculées au registre du commerce et du crédit mobilier
». La règle professionnelle prohibant le cumul doit également être pris en compte. Ainsi,
l’avocat ou le médecin ne pourra devenir entreprenant dans le secteur commercial. Le non
cumul ne découlerait cependant pas de l’Acte uniforme, mais de la réglementation
professionnelle.
Enfin, l’accès au statut d’entreprenant est fermé aux personnes que le droit commercial
général écarte de la vie des affaires. En effet, au moment du dépôt de sa déclaration
d’activité, le requérant doit fournir, au titre de pièce justificative, une déclaration sur
l’honneur attestant « - s’il est commerçant, qu’il n’est frappé d’aucune des interdictions
prévues par l’article 10 (…) », « - s’il n’est pas commerçant, qu’il n’a fait l’objet d’aucune
interdiction d’exercer en relation avec sa profession et qu’il n’a fait l’objet d’aucune
condamnation pour les infractions prévues par l’article 10 …) »
B. LES CONDITIONS RELATIVES À L’ACTIVITÉ DE L’ENTREPRENANT
L’entreprenant doit exercer une activité professionnelle de nature civile, commerciale,
artisanale ou agricole qu’il doit avoir préalablement déclarée.
1. LA DÉCLARATION DE L’ACTIVITÉ DE L’ENTREPRENANT
L’entreprenant est tenu de procéder, au moment même de l’option pour le statut, à une
déclaration d’activité au registre du commerce et du crédit mobilier tenu au greffe de la
juridiction compétente ou par l’administration compétente en la matière. Cette formalité est
gratuite. Elle est sanctionnée par l’attribution d’un numéro de déclaration d’activité.
2. LA NATURE DE L’ACTIVITÉ DE L’ENTREPRENANT
Aux termes de l’article 30, alinéa 1er, de l’AUDCG l’entreprenant exerce, sur simple
déclaration, mais à titre professionnel, une activité civile, commerciale, artisanale ou
agricole. Il n’empêche qu’un entreprenant exerçant une activité civile peut, à titre accessoire
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(pour les besoins de cette activité), accomplir des actes de commerce par nature. Des actes
mixtes, civils pour l’entreprenant mais commerciaux pour son cocontractant peuvent
également être accomplis par lui.
Entrent notamment dans la catégorie des activités civiles, les professions qu’exercent
notamment le médecin, l’avocat, l’architecte, l’expert-comptable. Mais ces activités
réglementées relèvent déjà d’un statut professionnel spécifique. Il est à craindre que dans
ces cas, le statut d’entreprenant s’avère superfétatoire, voire superflu ou encombrant.
Mais il existe d’autres activités civiles qui ne sont pas soumises à un statut professionnel
spécifique. C’est le cas, en règle générale, de toute personne qui désire exercer une activité
civile n’entrant pas dans le domaine d’un ordre professionnel ou qui n’est régie par aucune
réglementation professionnelle. L’activité agricole (singulièrement l’agriculture et l’élevage)
est généralement rangée dans la catégorie des activités civiles, bien qu’elle ait été assimilée
aux activités commerciales lorsqu’elle atteint une certaine dimension (élevage industriel, par
exemple). L’Acte uniforme fait l’économie du débat relatif à la catégorie à laquelle
appartient l’activité agricole et prévoit simplement que l’entreprenant peut exercer pareille
activité à titre professionnel.
En définitive, l’activité commerciale rapproche l’entreprenant du commerçant, l’un et
l’autre n’étant séparés que par l’existence d’un statut professionnel propre.
C. L’EXERCICE D’UNE ACTIVITÉ PROFESSIONNEL
Le statut de l’entreprenant ne se justifie que pour une activité professionnelle. Le législateur
précise que, par définition, « l’entreprenant est un entrepreneur individuel, personne
physique qui (…) exerce une activité professionnelle civile, commerciale, artisanale ou
agricole ». Il en résulte que l’activité de l’entreprenant ne doit pas se baser sur des actes
isolés, mais revêtir un caractère professionnel. L’entreprenant œuvre dans le cadre d’une
entreprise et, en professionnel, il accomplit des actes répétés
D. L’EXERCICE D’UNE ACTIVITÉ À TITRE PERSONNEL ET INDÉPENDANT
Les principes posés à l’égard des commerçants sont nécessairement transposables à
l’entreprenant, car un statut n’a de sens que si celui qui en bénéficie exerce lui-même
l’activité qui y est liée. Le fait pour le salarié d’un entrepreneur d’exercer l’activité de ce
dernier ou le fait pour une personne d’accompagner son conjoint dans son activité
d’entreprenant ne fait donc pas de celle-ci ou de celui-là un entreprenant.
II. LE RÉGIME JURIDIQUE DE L’ENTREPRENANT
Le régime juridique de l’entreprenant a reçu bien des règles réservées au commerçant. Il
reste cependant, parfois en raison de quelques aménagements, un régime particulier
A. LE PARTICULARISME DU RÉGIME DE L’ENTREPRENANT
Nombre de dispositions du droit commercial général sont applicables au commerçant
comme à l’entreprenant : « sont également soumises, sauf dispositions contraires, au
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présent Acte uniforme et dans les conditions définies ci-après, les personnes physiques qui
ont opté pour le statut d’entreprenant ».
L’entreprenant jouit donc de la spécificité du régime du commerçant, notamment la liberté
de preuve, la prescription abrégée. L’entreprenant a le bénéfice du statut des baux
professionnels, mais certains avantages y relatifs ne lui sont pas reconnus. Ainsi, selon
l’article 134, al. 2 AUDCG, sauf convention contraire entre le bailleur et l’entreprenant, ce
dernier ne bénéficie ni du droit au renouvellement du bail, ni de la faculté de solliciter la
fixation judiciaire du loyer en cas de renouvellement du bail. Au contraire, l’entreprenant
n’est pas justiciable des tribunaux de commerce. A son égard, et à la différence de la règle
prévalant pour les commerçants, la solidarité ne se présume pas.
A l’instar du commerçant de fait, un entreprenant de fait n’échappera pas aux rigueurs des
dispositions du droit commercial applicables à l’entreprenant, mais ne saurait se prévaloir de
sa propre turpitude pour prétendre profiter des avantages offerts par les mêmes
dispositions.
L’entreprenant doit aussi se conformer aux législations spécifiques à son activité (en matière
alimentaire ou cosmétique, par exemple) ainsi qu’aux règles protectrices des droits des
consommateurs (notamment en matière de fixation et d’affichage des prix, de
l’établissement obligatoire des factures, de l’exécution des obligations de renseignements,
entre autres) et à diverses autres règles régissant la vie des affaires (droit de la propriété
intellectuelle, droit des assurances, droit des obligations, droit de la concurrence, droit pénal
des affaires, par exemple).
B. LA SOUMISSION À CERTAINES OBLIGATIONS
1. LES OBLIGATIONS DE DÉCLARATION D’ACTIVITÉ
C’est « sur simple déclaration » que l’entreprenant « exerce une activité professionnelle
civile, commerciale, artisanale ou agricole ». Aux termes de l’article 35 de l’Acte uniforme, le
Registre du Commerce et du Crédit Mobilier a pour objet : « (…) de recevoir la déclaration
d’activité de l’entreprenant, de lui délivrer, dès le dépôt de sa déclaration, son numéro de
déclaration d'activité, de recevoir ses déclarations modificatives et de prendre acte de sa
déclaration de cessation d’activité ».
2. LES OBLIGATIONS DE COMPTABLE
L’entreprenant n’est astreint qu’à la tenue d’un système allégé de comptabilité. Il doit tenir
les livres de commerce conformément à l’Acte uniforme relatif au droit comptable et à
l’information financière. Il doit « établir, dans le cadre de son activité, au jour le jour, un livre
mentionnant chronologiquement l’origine et le montant de ses ressources en distinguant les
règlements en espèces des autres modes de règlement d’une part, la destination et le
montant de ses emplois, d’autre part. Ledit livre doit être conservé pendant cinq ans au
moins ».
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Lorsqu’il a pour activité, la vente de marchandises, d’objets, de fournitures et denrées ou de
fourniture de logement, l’entreprenant « doit tenir un registre, récapitulé par année,
présentant le détail des achats et précisant leur mode de règlement et les références des
pièces justificatives, lesquelles doivent être conservées ».
3. LES OBLIGATIONS FISCALES ET SOCIALES
L’entreprenant doit aussi faire face à certaines contraintes fiscales (paiement de l’impôt sur
le bénéfice, de l’impôt sur les revenus, collecte et reversement de la TVA et de diverses
taxes) et sociales (cotisations auprès des institutions de sécurité sociale). Mais les droits
nationaux peuvent mettre en place des mesures incitatives en ce domaine. A ce titre, des
exonérations ou des allègements fiscaux sont concevables.
III. LA CESSATION ET LE CHANGEMENT DE STATUT D’ENTREPRENANT
L’entreprenant peut décider de mettre un terme à son statut. Il peut y être contraint dans
deux circonstances :
- soit que le chiffre d’affaires annuel généré par son activité pendant deux exercices
successifs « excède les seuils fixés dans l’Acte uniforme portant organisation et
harmonisation des comptabilités des entreprises au titre du système minimal de trésorerie
», devenu acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière ;
- soit que durant deux années successives, le chiffre d’affaires excède les limites fixées pour
ses activités par l’Etat membre sur le territoire duquel il exerce.
En cas de dépassement du seuil, l’entreprenant est « tenu, dès le premier jour de l’année
suivante et avant la fin du premier trimestre de cette année » de se soumettre au statut du
commerçant immatriculé et de respecter toutes les charges et obligations y relatives. Dès
lors, il perd sa qualité d'entreprenant et ne bénéficie plus de la législation spécifique à cette
qualité.
L’Article 65, alinéa 5 de l’AUDCG précise qu’ « en cas de cessation d’activité, l’entreprenant
doit faire une déclaration à cet effet auprès du greffe compétent ou de l’organe compétent
dans l’Etat Partie ».
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CONCLUSION
L’entreprenant, bien que dépourvu de statut juridique formel, occupe une place essentielle
dans le dynamisme économique et l’innovation. Son activité, caractérisé par la prise de
risque, l’esprit d’initiative et la créativité contribue à façonner de nouveaux modèles
d’affaires et à stimuler la croissance.
Malgré l’absence de cadre légal spécifique, l’entreprenant à certaine obligation s notamment
en matière fiscale et sociale. Ce régime particulier lui permet de bénéficier d’une certaine
souplesse dans l’exercice de son activité indépendante, out en rattachant au système
réglementaire.
Cependant, la situation précaire de l’entreprenant qui n’a pas de statut officiel, peut
constituer un frein à la pérennité de son projet. C’est pourquoi il est essentiel que les
pouvoirs publics et les entreprises mettent en place des mesures de soutiens et
d’accompagnement adaptées afin de sécuriser le parcours de ses acteurs clés de l’économie.
BIBLIOGRAPHIE
1) Dr serge k. EVELAMENOU « Cours droit commercial général, 5 ièm, pharmacie, Ul »
6
2) Agrégé de droit privé et sciences criminelles « cours Droit commercial général,
2020 »
3) Daniel Bert, Fréderic planckeel « l’essentiel du droit commercial et des affaires » éd
Gualino 2017
4) Statut de l’entreprenant [Link] .org